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BIL

rate. || Fig. Tristesse, ennui. Il no faut pas que vous vous fassiez de la bile noire, siïv. 88.

— ÉTYM Bilis. L'ancien français disait cole ou choie, de -/o'ir,, bile.

BILIAIRE (bi-li-ê-r'), adj. Terme d'anatomie. Oui a- rapport à la bile. Calculs biliaires. Canaux biliaires.

— étym. Biliarius, debilis, bile.

BILIEUX, EUSE (bi-li-eû, eû-z), adj. ||i° Terme

de médecine. Oui abonde en bile. Tempérament bilieux Complexion bilieuse. || Fièvre bilieuse, fièvre qu'on attribuait à une surabondance ou à une altération de la bile. Fièvre bilieuse des pays chauds, lièvre grave qui a généralement le caractère rémittent ou, comme disent les médecins, pseudo-continu. || 2° Fig. De mauvaise humeur, colère. Je suis bilieux comme tous les diables, et il n'y a morale qui tienne, mol. Bourg, gent. il, 6. J'ai aperçu l'ombre pâle et bilieuse de M. d'Épernon, qui s'approche avec toute sa fierté gas conne, fén. xix, 417. Et dites-moi : quand jadis la Fontaine.... De ses bons mots sur plus d'une matière Contre Lully, Quinault et Furetièie Fit rejaillir l'enjoùment bilieux, Fut-il traité d'auteur calomnieux ? i. b. bousseau. liv. i, Auxmuses. || 3° Substantivement. Les bilieux sont sujets à de grandes maladies. || Fig. Cette bilieuse Oui follement outrée en sa sévérité.... boil. Sat. x.

— REM. Bilieux est de trois syllabes en vers; cependant Béranger ne l'a fait que de deux, suivant, en cela, le parler ordinaire : Combien d'imperceptibles êtres! De petits jésuites bilieux! bérang. Infiniment petits.

— ÉTYM. Biliosus, de bilis, bile. Des gens qui parlent mal disent bileux au lieu de bilieux.

f BILIGULÉ, ÉE (bi-li-gu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est partagé en deux languettes.

— ÉTYM. Bi pour bis, et ligula, languette.

f BIL1NE (bi-li-n'), s.f. Terme de chimie. Principe extrait de la bile.

— ÉTYM. Bile.

f BILINGUE (bi-lin-gh'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a deux langues, jl Terme de philologie. Qui se sert de deux idiomes différents"; qui est en deux idiomes différents. Des inscriptions bilingues.

— étym. Bilinguis, de bi pour bis, et lingua (voy. langue).

f BIL1TÈRE (bi-li-tê-r') , adj. Terme de grammaire. Composé de deux lettres : ta, je, sont des mots bilitères.

— ÉTYM. Bi pour bis, et litera ou littera, lettre (voy. lettre).

BILL (bil. Des grammairiens recommandent de prononcer bill avec les II mouillées; à tort : il n'y a aucune raison de changer la prononciation anglaise de ce mot), s. m. Projet d'acte du parlement d'Angleterre, et aussi quelquefois, loi rendue. L'Angleterre publia des bilis afin de défendre aux sujets de S. M. britannique de porter des secours aux Américains, chateaub. Amer. 3)2. Après ce bill des miladys de l'ordre, Dans la commune arrive un grand désordre, gresset, Vert-Vert, ch. il. || Bill d'indemnité, expression qui, du parlement anglais, est venue dans le langage parlementaire, et se dit de l'absolution que la chambre donne à. un ministre pour quelque chose d'irrégulier, il est vrai, mais commandé par les circonstances.

— ÉTYM. Angl. bill, anciennement bille. Le baslat. billa , cédule , mémoire , contrat , n'est que le mot anglais latinisé. Bill ou bille, n'ayant de relations avec aucun mot germanique, est une altération de bulle , bulla , qui veut dire aussi cédule, rescrit (voy. bulle) , comme le prouvent billette et bullete qui avaient le sens de rescrit; la confusion entre bille et bulle est évidente. 11 y a eu peut-être aussi d'autres confusions : à l'article billot, on verra que ce mot a été dit pour pancarte , et cela parce que la pancarte était fixée à un pieu, à un billot; faudrait-il penser que, de la même façon , bille, pièce de bois (voy. bille 2) a influé sur l'assimilation entre bille et bulle? Quoi qu'il en soit, bill est un mot d'origine française.

BILLARD (bi-llar, Il mouillées, et non bi-yar; le d ne se lie pas : un billard élégant dites : un bi-llar élégant; l's au pluriel ne se lie pas : des billards élégants, dites : des bi-llar élégants; cependant plusieurs lient l's; des bi-llar-z élégants), s. m. |.| ^Autrefois bâton recourbé avec lequel on poussait les boules, et aussi queue de billard. Le but est un cœur fier-, la bille, un pauvre amant; La passe et les billards, c'est ce que l'on pratique Pour toucher au plus tôt l'objet de son amour, la font, à Mme de la Fayette, en lui envoyant un petit billard.

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H 2° Jeu qui se joue avec des boules d'ivoire sur une table entourée de rebords rembourrés ci garnie d'un tapis vert. || La table sur laquelle on joue. || La salle dans laquelle est le billard. Montons au billard. || Petit billard, billard portatif. Ce billard est petit, ne l'en prisez pas moins ; Je prouverai pallions témoins Qu'autrefois Vénus en fit faire Un tout semblable pour son fils; Ce plaisiroccupait les amours et les ris, la font, à Mme de la Fayette. || 3° Fer qui sert à fixer la raquette du paumier. || Billard de terre, sorte de jeu qui consiste à ficher un ou deux anneaux en terre, pour y faire passer ensuite de petites boules ou billes que l'on fait rouler avec une palette. || 4° Terme de chasse. Morceau de bois se terminant en pointe d'un bout et recourbé de l'autre, dont se servent les oiseleurs. || 5° Terme de marine. Barre de fer ronde dont le gros bout ressemble à une masse de billard.

— HIST. xive s. Après avoir féru d'une voiture ou billars letavernier sur le bras, tant que l'espée qu'il [le tavernier] tenoit li vola du poing, Lclt. de Rémission, Arch. de Sens, fonds de St Rémy ; Transactions. || xvc s. Très fort vous avez combatu Et j'ay mon billart bien tenu, en. d'orl. Bond. Et un billard de quoi on crosse, villon, Petit, testament. || xvie s. Je vous prie nous envoyer ung jeu de billard et ung autre jeu que l'on nomme le trou madame, de laborde, Émaux, p. 4G5.

— ÉTYM. Bourguig. billard, boiteux, àcauseque les boiteux marchent avec un bâton qui s'est dit billard. Billard est proprement une crosse à crosser et vient de bille au sens de pièce de bois (voy. bille 2) ; et le nom du jeu actuel vient de la queue, qui était et s'est dite un billard ou bâton.

BILLARDER (bi-llar-dé. Il mouillées, et non biyar-dé), v. n. || 1° Toucher deux fois sa bille ou pousser deux billes à la fois. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || On dit aujourd'hui queuter. || 2° Terme de manège. On dit qu'un cheval billarde, quand, en marchant, il jette les jambes de devant en dehors. || 3° On dit des cornes d'un bœuf qu'elles billardent quand elles s'écartent beaucoup l'une de l'autre.

— ÉTYM. Billard.

f BILLAUD (bi-llô, Il mouillées), s. m. Instrument de bois recourbé et en pointe, dont se servent les ciseleurs.

— ÉTYM. Billes.

t. BILLE (bi-ir, Il mouillées, et non pasbi-ye), s. f. || 1° Boule d'ivoire servant au jeu de billard. || 2° Petites boules de pierre ou de marbre qui servent à des jeux d'enfants. || Fig. Être â billes pareilles, à billes égales, se dit de deux personnes qui dans une concurrence n'ont point d'avantage l'une sur l'autre. Ah! bien, bien, billes pareilles, baron, Coquette cl fausse prude, i, 8.

— HIST. xne s. Li trois enfant que il ot engendrez, Jeuent et rient et tiennent pain assez; À la billette jeuent desus le sel fies sacs de sel], Li charois de Nimes, 884. || xme s. Par foi n'i donroie une bille, Ce ditTybert, en elz n'en toi, Ben. 20580. .... Ceste closture Qui n'est pas faite en quarreure, Ains est si ronde et si soutille, Qu'onques ne fu beril en bille De forme si bien arrondie, la Rose, 2049G. Mais en vain me travaillerai ; Tout ne me vaudrait une bille, ib. 9375. || xive s. Alons faire [jouer] ceste quarte de vin au jeu des billes, du cange, billa. Quant Félix voulut biller son coup, il prit sa bille, et, la cuidant ferir, elle echeut à terre, ib. || xve s. Sont-ce coups d'esteufs ou de billes? ch. d'orl. Rondeau. Une bille d'or, servant à chappes, garnye de plusieurs perles, de rubis et de dy amans, de laborde, Émaux, p. n;.">. || xvie s. Jau [coq] sus braise et bille sur tabou r (Proverbe pour exprimer une chose mobile).

— ÉTYM. Espagn. billa; ital. biglia. Diez conjecture que ce mot vient du germanique : haut-allemand moyen, bickel; flamand, bikkel, osseletdont les enfants se servent pour jouer. Mais le sens n'est pas satisfaisant; et il faut plutôt songer à une assimilation vicieuse entre bille (voy. bille 2) et bulla (voy. boule), assimilation dont il reste une trace évidente dans billette et bullete (voy. bill).

2. BILLE (bill', Il mouillées, et non pas bi-ye), s. f. || i" I e de bois de toute la grosseur de l'arbre, destinée à être mise en planches. || 2° Bille d'acier, morceau d'acier carré. || 3° Jouer à la bille, faire sauter la bille. On dit plus ordinairement jouer au bâtonnet, faire sauter le bâtonnet. || 4" Bâton dont le paumier se sert pour tordre les peaux et serrer les balles. || 5" Outil du perceur d'aiguilles, de l'orfévre. || 6° Rejeton qui pousse au pied d'un arbre. ]] Branche d'arbre coupée par les deux bouts, propre à mettre en pépinière.

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— ÉTYM. Wallon, heie, bâton et quille; anc. franc, bille, quille, dans un texte du xivc siècle: quilliae, quœ in partibus illis [Bapaume] vocantur gallice billes, du cange, billa; bas-lat. billael billus dans un texte du xir siècle, branche, tronc d'arbre; du celtique : irland. bille; bas-bret. bill, pill; gall. pill, tronc d'arbre.

BILLEBARRÉ, ÉE (bi-lle-ba-ré, rée, Il mouillées), part, passé. Quand les sorciers font porter pierre ou anneaux avec des lettres ou figures ineptes et billebarrées, Statuts synod. de le Gouverneur, évê» que de St-Malo, art. 2) (t6i8).

BILLEBARRER (bi-lle-ba-ré, Il mouillées), v. a. Marquer- de raies de diverses couleurs.

— ÉTYM. Bille 2, et barrer : barrer avec des billes, des bâtons, c'est-à-dire faire des raies qui ressemblent à des verges.

BILLEBAUDE ( bi-lle-bô-d', Il mouillées) , s.f. Terme familier qui signifie confusion, désordre. Je suis fort aise de n'avoir point ici [à Vichy] le bon abbé, il y eût fait un mauvais personnage; quand on ne boit point, on s'ennuie; c'est une biliebaude qui n'est point agréable, sëv. 277. || Â la biliebaude, loc. adv. En confusion. || Tir à la biliebaude, tir irrégulier et à volonté, s'est dit autrefois soit à la guerre, soit à la chasse.

— ÉTYM. Origine incertaine. On peut cependant conjecturer que bille est pour belle (voy. billevesée), et que baude est le féminin, pris substantivement, de l'ancien adjectif baud, hardi, vif: le tout signifiant belle hardiesse, et de là hasard, confusion.

f BILLEBAUDER (bi-lle-bô-dé, Il mouillées) ,V.n. Terme dechasse. On ditque des chiensbillebaudent, quand ils chassent mal.

— étym. Biliebaude.

f BILLER (bi-llé, Il mouillées), v. a. Tordre une peau ou serrer une balle avec la bille. || Pousser à droite ou à gauche une pièce de bois en équilibre sur un appui. || Dans le halage des bateaux, attacher la corde à une pièce de bois courbée placée derrière le cheval. || Biller la pâle, l'aplatir avec un rouleau qui se nomme bille.

— ltym. llille 2.

BILLET (bi-llè, Il mouillées, et non bi-yè; le t se lie : un billet amical, dites : un bi-llè-t amical; au pluriel l's se lie : des billets anneaux, dites : des hi-llè-z amicaux; billets rime avec traits, sue .'s, jamais), s. m. || 1° Missive, petite lettre qui n'a j as les formules usitées dans les lettres ordinaires. -Madame, dois-je croire un billet de Maurice? corn. Héracl. n, 6. J'ai trouvé ce billet enfermé dans son sein.... rac. Baj. iv, 5. Mais quels malheurs dans ce billet tracés.... id. Iphig. I, t. Il m'écrivit l'autre jour un fort joli billet, sév. C)4. Te voilà ravi d'écrire des billets à ta maîtresse, hamilt. Gramm. 4. Il reçoit des billets d'invitation pour un diner, j. J. rouss. Ém. n. || Paiiier plié à la manière d'une lettre. On jeta sur la scène un billet qui contenait des vers. || Billet doux, billet d'amour et de galanterie. L'un dans la main vous glisse un billet doux . L'autre à Passy vous propose une fête, volt. Épit. su. Billets de change étaient mes billets doux, id. J'aurre diable. On sait, pour lire un billet doux, Quel moyen prennent nos coquettes, bérangeh. B. Mmnan. || 2° Avis imprimé ou écrit. Billet de naissance. Billet de faire part ou billet de part, billet par lequel on fait part à ses parents et à ses amis d'une naissance, d'un mariage ou d'une mort. || Faire courir le billet, s'est dit autrefois pour avertir les membres d'une corporation de se rassembler, ou pour informer les orfèvres et les joailliers qu'un vol ayant été commis, ils eussent à arrêter ceux qui leur porteraient l'argenterie volée. || 3° Terme de commerce et de finance. Obligation souscrite par une personne au profit d'une autre personne; écrit qui la constate. || Divers papiers de crédit qui ont cours dans le public. Billet de banque, billet émis par une banque de circulation, et, plus spécialement, promesse de payer par une banque à vue et au porteur. Billet de change, promesse de fournir une lettre de change. Billet à ordre, billet payable à celui au profit de qui il est souscrit et de ceux à qui il aura été transmis successivement au moyen d'un simple endos. Billet au porteur, billet qu'on doit payer au porteur. Cet enfant de famille à qui nous prêtâmes l'année passée trois mille livres, et à qui je fis faire un billet de neuf par votre ordre.... lesage, Turearet, m, 9. || Billet de l'épargne s'est dit anc ennement d'une rescription payable sur le trésor royal qu'on appelait alors l'Epargne. || 4° Carte qui donne le droit d'entrer dans un théâtre, dans un lieu public. Je ne puis disposer que de dix billets pour cette représentation. || Petit morceau de pa-

bil

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BIL

h de carton qu'on délivra à ceux qui prennent

lace dansun chemin de fer. || 5" Bulletin qui. portant un numéro, est délivré à toute pel qui met à une loterie. || Bulletin, petit rouleau de ii sert à tirer au sort. || Tirer au billet, Choisir par le sort entre les noms <\c plusieurs perrits sur des billets. Que l'on tire au billet ceux iiel'oniloit élire, boil. Lutrin, i. || Tirerau billet s'est dit autrefois quand, sévissant sur des militaires, on mettait leurs noms sur des billets et tirait au sort qui serait passé par les ai mes. Rosen fut pris avec d'autres en maraude et tira au billet, st-sim. < ig, 3. |i 6" Bulletin, petil papier sur lequel est écrit le suf-

lansune élection, le vote dans une assemblée délibérante. || Billet blanc, bidet sansnom mis dans l'urne d'un scrutin. ||7° L'.illet de logement, écrit ut injonction a un habitant de loger un ou plusieurs soldats. || Billet de garde, billet portant ordre d'un sen ce militaire. |] Billet de confession, attestation par laquelle un prêtre certifie qu'il a en-

[uelqu'un en confession. || Billet de santé, certificat constatant que. dans le pays d'où vient un eur, il ne règne aucun" épidémie, jj Dans la marine, écril délivré aux marins, pour la solde ou la ration. || Bans les eaux et forêts, h Ilot d'afforestement, permis d'exploiter. Billet de contentement, déclaration de caution suffisante délivrée par le receveur des domaines. || Proverbe. Ah! le bon billet qu'a la Châtre! Se dit pour exprimer qu'une promesse est sans valeur. Ce mot est tonde sur ce que le marquis de la Châtre, amant de Ninon de Lenelos, obligé de partir pour l'armée, avait d'elle un billet où elle s'engageait à lui être lui'! Ce fut elle-même qui, à la première infidélité qu'elle lui fit, prononça ces mots, qui depuis passèrent en proverbe,

— ÉTYM. Angl. billet. Bien que le mot billet n'ait pas été rencontré dans dos textes français anciens, cependant on doit penser qu'il existait en français dès le XV siècle au moins; carie prédicateur Menot, qui remplissait son latin de locutions françaises, dit : Et cnin essem sic in pede crucis et sic desolatus, quod ego eraui in fine billeli met, du cange, bilktus;h la lin de mon billet, ceque nous dirions: au bout de mon rouleau. Billet et billelte (voy.ee mot) sont dus diminutifs du bas-latin billa, rescrit, cédule voy. bill).

fBILLETÉ, ÉE (bi-lle-té, tée, Il mouillées), adj. Terme de blason. Chargé de billettes.

— ÉTYM. Uiliette 2.

BILLETER (bi-lle-té. Il mouillées; le « se double quand la syllabe qui suit est muette : il billette, il billettera; cette orthographe est indiquée par billette, s. f. car, autrement, on pourrait écrire : il billète; l'Académie ne dit rien), v. a. || 1° Attacher des étiquettes sur les marchandises. Il a vieilli; on dit étiqueter. || 2° Loger par billets de logement. Les soldats furent billetés.

— ÉTYM. Billet.

f BILLETEUK (bi-lle-teur, Il mouillées), s. m. Toi nie de marine. Matelot qui reçoit la paye totale de plusieurs de ses camarades pour la leur distribuer.

— ÉTYM. Billet.

f BILLETIEK (bi-lle-tié, Il mouillées), s. m. Dans les douanes, commis qui expédie les billettes.

\. BILLETTE (bi-llè-tf, // mouillées, et non pas bi-v'-tj, s. f. || 1° Petit écriteau placé aux endroits où un péage est établi, pour .avertir les passants d'acquitter le droit. || 2" Acquit que le douanier délivie aux marchands.

— hist. xv" s. Deus bilhetes ou brevez [brevets], du cange, billa.

— ÉTYM. Billet, dont billette n'est qu'une autre forme. On a dit aussi bullete dans le sens de resci il : xive siècle : Et bailleront les gardes des dits pors bullete, autrement dite police, à ceux qui auront passé le dit sel. DU cange, bullcta.

' 2. BILLETTE (bi-llè-f, Il mouillées), s. f. || 1° Bois de chauffage fendu et séché. |.| Fagol du billettes, nom, dans quelques provinces, de ce Qu'on nomme, à Paris, cotret. || Bouleau de bois pour aplanir la terre à mouler. || Morceau de bois qu'on place le long du toit d'une veine de charbon minéral. || 2° Terme de blason, pièce d'armoirie solide, en forme de carré long, dont on cha l'écu. || 3" Cylindre ou bâton de jus de réglisse. || 4" Terme d'architecture. Série de'petii> parallélogrammes ou portions de cylindres séparés par rjes \ides, et dont les rangs, plus ou moins nombreuj , chevauchent.

— ÉTYM. Diminutif de pille 2 ; bas-lat. bilietum. f 3. BILLETTE (bi-llè-f, Il mouillées), s. m. Reli-

gieux ainsi appelés parce qu'ils portaient de petits scapulaires dits billettes pour leur ressemblance avec la billette du blason. La rue des Billettes. Ami, dit le billette. A tout pécheur Dieu fait rémission, j. b. rouss. Épigr. iv, 7.

BILLEVESÉE (bi-!e-ve-zée) , s. f. Discours frivole, idées chimériques, vaincs occupations. 11 traite de billevesées tout ce que nous croyons, mol. Fest.i. 2. Je n'ai parlé de ces sublimes billevesées que pour faire savoir les opinions de Newton, volt. Lett. vers, 80. Je suis accablé de tant de riens, si surchargé de billevesées, m. Lett. d'Argental, Ier mai 176). Toutes les billevesées de la métaphysique ne valent pas un argument ad hominem, dider. Pens. phil. n.

— hist. xvie s. Ayez en révérence le cerveau caseiforme, qui vous paist de ces belles bille-vezées, rab. Prol. du i" livre.

— ÉTYM. Lamohnoye , au mot bourguignon vexai, dit : « Yeze est une espèce de musette; de là gros vczé, pour un gros homme; veze, pleine de vent, dans Rabelais, iv, 43. » Leduchat tire billevesée de bille, boule, et vesée , soufflée. 11 est certain que vesée est ici l'équivalent de vessie; mais bille paraît une altération de belle : belle vessie, chose de vent, chose de rien. Cela se voit par ce vers du xine siècle : Car Mahomes ne vaut une belle vessie, Roman du chevalier du Cygne, dans schweighauser, De la Négation, p. 8t.

BILLION (bi-li-on), s. m. Terme d'arithmétique. Dix fois cent millions ou mille millions, un milliard, qui est plus particulièrement usité dan, le langage de la finance et dans le langage ordinaire.

— hist. xvie s. Ung billion vault mille milliers de millions, est. de la roche, Arismetique , f° 7. L'on peut diviser les figures de six en six, en commençant toujours à dextre, et sus la première figure d'une chescune sixiesme, la première exceptée, l'on peult mètre ung petit point; et doit on savoir que toutes les figures, depuis le premier point jusques au second, si tant en y a, sont tous million,; et du second au tiers sont millions de millions; et du tiers au quart sont millions de millions de millions; et ainsi des aultres pointz, en proférant ce vocable million autant de fois comme il y aura de pointz; ou, qui veult, le premier point peult signifier million, le second point billion, le tiers point trillion, le quart quadrillion, etc. id. ib.

— ÉTYM. Mot formé sur le modèle de million, avec bi pour bis, le degré au-dessus du million. Ces formes, billion, trillion, etc. ont été créées dans le xvic siècle pour signifier des tranches de six en six chiffres, les unités représentant, à partir de la droite, les six premiers rangs de chiffres; le million représentant les chiffres du 7e rang au 12e; le billion représentant les chiffres du 13e rang au t8e, et ainsi de suite. C'est pour cela qu'Est, de la Roche dit qu'un billion vaut mille milliers de millions. Ce n'est qu'au milieu du xvne siècle qu'il fut réglé que les tranches, au lieu d'être de six en six chiffres, seraient de trois en trois chiffres; ce qui revint à diviser par <000 l'ancien billion, l'ancien trillion, etc. Ce mode de compter ne fut admis que tard en Angleterre, puisque Locke, Essai sur l'entendement humain, il, 16, reproche à ses compatriotes de ne pouvoir compter les grands nombres qu'en redoublant le mot de million.

t. BILLON (bi-llon, Il mouillées, et non bi-yon), s. m. || 1° Autrefois composé d'un métal précieux avec d'autres métaux qui sont en proportion plus considérable; nom qu'on donnait à l'or ou à l'argent, lorsque l'alliage était au-dessous du carat prescrit par les ordonnances. || 2° Aujourd'hui toute espèce de monnaie décriée et défectueuse. || 3 Monnaie de cuivre pur ou mêlé d'un peu d'argent. Une des raisons qui fit augmenter chez eux la valeur numéraire des monnaies, c'est-à-dire établir le billon, fut la rareté 'le l'argent, montesq. Esp.xxi, 16. || 4° Bas argent affiné avec de la casse d'orfèvre, sans usage d'< au forte. || 5" Lieu où l'on porte toute monnaie en décri OU de faux poids. Envoyer au billon. H Fig. Etre, mettre au billon.

— hist. xnie s. Quand je vaurai [voudrai] savoir ke li mars de billons à cinq deniers va Ira [vaudra].... Comput, r° 23. || xive s . Et vous mandons que vous deffendez et fatetes deffendre que nulles autres monnoyes, tant d'or comme d'argent, faictes tant en nostre royaume comme dehors, ne ayenl aucun cours, mais soyent portées à nos plus prochaines monnoyes, au marc pour billon, et que nul ne soil si hardi de poi ter ou faire poi ter hors de nosti e royaume billon d'or ne d'argent en masses ne en billes n'en plates ne autrement ne nulles autres tnonnoyes,

'Qnl. de )3C5, t. iv,p. &52.QuenjIznes'enlrcmecte de faire courretaige d'or, d'argent, ne de nulbdlon, quel qu'il soit, ne de bidonner en l'ostel ne dehors.... Ordonn. t. m, p. 90. Que toutes personnes puissent sauvement porter à les échanges ou bullion, et no mie ailleurs, argent en plate.... — Que toutz marchauntz puissent sauvement porter plate d'argent, billettes d'or et tut autre maner d'or à nostre bulione, Ordonnances des rois d'Angleterre (Passages où bullion signifie lieu où se fabrique la monnaie, el qui sont cités dans : Transactions of the philological socicty, (858, pari, i, p. i). Icellui du Rut trouva un petit sachet où il y avoit mitaille qui est apelée billon, nu cange. mita. \\ xvc s. Je l'aleve bien [l'argent] sans essai, Ne sans envoyer au billon, froiss Le dit clou florin. Il n'a tente ne pavillon Qu'il n'ayt laissé à ses amys, «Et n'a plus qu'un peu de billon, Qui sera tantost à fin mys, villon, Pet. test. Enfans, bâillon Force billon Pour conquérir telle pourprise, g. crétin, Poésies, p. 163. || xvie s. Si je montrois une masse de plomb et. quo je disse : ce billon d'or m'a été donné par un tel prince; on m'estimeroit un fol insensé, calv. Instit. 155. Puisque tu as desja veu nos richesses et nos thresors, et combien nous avons d'or en billon.... les Œuvres de Luc i an de Samosate traduites par j. BEAunoiN, fg 94, verso.

— étym. Provenç. bi llo ; espagn. vellon; portug. bilhâo; ital. biglione ; bas-lat. billio, bullio; angl. bullion. Billon a cer ainement voulu dire primitivement masse. « L'or et l'argent en masse est celui que l'on appelle culot, soit qu'on le laisse refroidir dans le creuset, soit qu'on le jette dans quelque récrient creux et profond. L'or et l'argent en bille est celui que l'on jette en lingot dans une espèce de machine qui est appelée lingotière. L'or et l'argent en plate est celui que l'on jette, quand il est fondu, dans un vase moins creux que celui où l'on jette lei masses, Note dans Ordonnances des rois de France, t. iv, p. 553. » Billon ou billette ou bille d'or ou d'argent est le métal qui a pris la forme d'une bille (voy. bille 2). Cependant une difficulté se présente : comment alors expliquer l'anglais bullion, bas-latin bullio? D'abord remarquons que ces deux formes n'en font vraiment qu'une, le bas-latin bullio ne se trouvant que dans des textes anglais et n'étant par conséquent que la transcription du bullion anglais. Cela posé, et la forme anglaise restant isolée, il faut seulement y voir une altération du français billon. Maintenant quelle est la série des sens? Le sens primitif est lingot, soit d'or, soit d'argent; puis lieu où l'on fait des billons, où l'on fabrique la monnaie; en troisième lieu, monnaie bonne ou mauvaise qu'on porte au billon, à l'hôtel des monnaies pour y être refondue; en quatrième lieu, mauvaise monnaie, cuivre avec alliage d'argent, et même cuivre seulement,

2. BILLON (bi-llon, Il mouillées, et non bi-yon), s. m. || 1° Terme d'agriculture. Bande de terre élevée par la charrue au-dessus du niveau environnant. Le billon est formé par deux ou un plus grand nombre de tranches adossées; la largeur en varie donc avec le nombre des tranches. || 2° Sarment taillé fort court. || 3° Terme de construction. Pièce de bois de sapin équarrie.

— ÉTYM. Ce mot dans le sens de sarment vient du bas latin billa, pièce de bois, rameau (voy. bille 2); dans le sens de ados, il est vraisemblable qu'il en vient aussi par l'assimilation de Fados à une poutre, à une solive,

l.BlLLONNAGE(bi-llo-na-j, ZÎ mouillées, et non bi-yo-na-j'), s. m. || 1° Délit de celui qui fait untra* fie illégal de monnaies défectueuses. || 2° Terme de monnaies. Opération dite aussi triage, qui consiste

à trier les pièces qui excèdent le poids | r les

fondre. || 3° Sur-achat de monnaies d'or ou d'argent , pour les exporter ou les fondre. || 4° Mélange prohibé des matières de billon.

— étym. Billonner I.

2. BILLONNAGE (bi-llo-na-j', Il mouillées), s. m. Terme d'agriculture. Labourage en billons.

— étym. Billonner 2.

BILLONNEMENT (bi-llo-ne-man , Il mouillées), s. m. Action de billonner.

— ÉTYM. Billonner l.

t. BILLONNEK (bi Uo-né, Il mouillées, el non bi-yo-né), ». a. l'an' un trafic illégal de monnaies défectueuses. || Acheter les monnaies d'or ou d'argent poui i ' ''.j'"11 ter ou les f ndre.

— hist. xvie s. Vous ne faites que commuer, altérer et billonner tout Lu, ni qui vient de France,

CARLOIX, VI, 9.

— ÉTYM, Billon i,

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