On met sur les billets à ordre : bon pour
le 'le....). |! Fig. Mettre son bon à tout, être
extrême facilité. || 2° Billet qui autorise à re-
! une certaine chose; garantie écrite. Bonde
. bon pour une certaine quantité de pain.
: rv.M. Bon, adj.
BON ACE (bo-na-s') , s. f. || 1° Calme de la mer après
un orage. Nous eûmes une grande bonace. || t Fig.
Un orage si prompt qui trouble une bonace, corn.
Cid, n, s. .le changeai d'un seul mot la tempête en
s, id. le Ment, n, 5. Tout nous rit et notre
navire A la bonace qu'il désire, malh. m, 2. Nous
n'avons rien qui menace De troubler notre bonace,
i >. n. ii. 'l'a bonace la plus profonde N'est jamais -ans
[ue vapeur, rotr. St Gen. îv, I. Quand les cho-
adouciront, il ne s'endormira pas, pour cela,
la bonace, balz. Avis écrit. Aussi abject dans
■ ;er qu'audacieux dans la bonace, il tenta tout pour prévenir sa chute, st-sim. m , 64. || Ce mot,
Lins le xvne siècle, au figuré, ne l'est ère maintenant en ce sens.
— HIST. xvic s. Hz passèrent en la Sicile si seurement et en bonace si grande, qu'ilz tiroient leurs
. ulx après eulx par lus renés, nageans au long de leur- bateaulx, amyot, Timol. 28. Le fonds du estant eschauffé par la bonasse du temps, sera :-é de fois à autre, 0. de serres, 267. Jusques à ce que la terre, par labonnasse de la saison, naturellement se revest de nouveaux herbages , id.
— éïym. Provenç. bonassa; espagn. bonnaza; portug. bonança; ital. bonaceia; de h/mus, bon.
f BON-AIR (bo-nêr'), s. m. Au jeu de l'hombre,
i <j ni a lieu quand l'hombre joue sans prendre
avec quatre matadors.
| BONAPARTISME (bo-na-par-ti-sm'), s. m. At-
mentau gouvernement impérial fondé parNa-
n, et à sa dynastie.
— ÉTYM. Bonaparte.
t BONAPARTISTE (bo-na -par-ti-st') , s. m. et f. Celui, celle qui appartient au bonapartisme.
| BONARD (bo-nar), s. m. Ouverture des arches s verreries
BONASSE (bo-na-s'), adj. Qui est d'unebonté trop simple. C'est un homme bonasse et peu respecté dans sa famille. Je l'aurais déjà poussé si je lui avais trouvé quelque disposition , mais il a l'esprit trop bonasse, cela ne vaut rien pour les affaires, lesage, Turc, n, 5.
— HIST.xvics. Encor la mer maintesfois est bonnasse; Le vent parfois est paisible et serein, laboétie, 502. Selon que l'eau est ireuse ou bonnasse, mont. Il, 3, Sotte, bonasse et vicieuse facilité, qui
[u on veut plaire à tous et ne desplaire ni offener personne, charron. Sagesse, n, 3.
— ÉTYM. Le même sous une autre orthographe que bonace, c'est-à-dire l'adjectif bon avec une désinence ace ou asse d'un sens péjoratif.
f BONBANC (bon-ban), s. m. Sorte de pierre tén- [u'on tire des carrières de Paris.
1 ! YM. Bon et banc.
f BONBEC (bon-bèk') , s. f. Sobriquet par lequel 1" peuple désigne une femme bavarde. C'esl une - c. On dit aussi, dans le même sens et familièrement, Marie bonbec.
— ÉTYM. lion et bec.
BONBON (bonbon), s. m. Dragées, sucreries. us une boîte bien garnie de bonbons, j. j. roi ss. Km. n. L'évêque successeuretneveu [deM.de Chartres] en était pour ainsi dire encore à recevoir du bonbon de sa main [de Mme de Maintenon], st- , 289, 20). Avec les charmes de l'amour, Vous ive u. jusqu'à ce jour, Plus de bonbons que de
-GS, ST-LAMBERT, À Mile ....
— ÉTYM. Bon, adjectif, répété.
t BONBONNE (bon-bo-n') , s. f. Sorte de damejeanne, et aussi, dans le Midi, vase en fer-blanc p iur mettre l'huile.
BONBONNIÈRE (bon-bo-niô-r1) , s. /". || 1° Petite boite à bonbons. |j Fig. Une bonbonnière, une petite maison élégante et commode, et, dans un sens de '■ement, ce qui est trop petit ou n'est pas assez élevé pour son objet. Cette église n'est qu'une bonbonnière. || 2" Espèce de voiture.
- ÉTYM. Bonbon.
BON-CHRÉTIEN (bon-kré-tiin) , s. m. Sorte de
■ poire. Il Au plur. Des bons-chrétiens.
— REM. Des grammairiens ne veulent pas qu'on dise bons-chréliens , et recommandent de dire toujours des poires de bon-chrétien L'u âge a tran-
ché la question et permis de changer, par une ellipse, la qualification du mot poire en un substantif; mais, comme l'ellipse peut toujours être supposée, il admet aussi des bon-chrétien.
f BONCORE (bon-ko-r') , s. m. Sorte de narcisse.
BOND (bon; le d ne se lie jamais : un bond agile, dites : un bon agile; au pluriel l's se lie : des bonds agiles, dites : des bon-z agiles), s. m. || i° Mouvement d'un corps qui, heurtant un autre corps, rejaillit. Le boulet a fait plusieurs bonds. Juger le bond d'une balle encore en l'air, j. j.eouss. Ém.u. || Prendre la balle au bond, la saisir au moment où elle bondit; et figurément, faire une chose au moment opportun. Si nous manquons de la prendre au bond [la paix], elle tombera comme les autres, retz, ii, 326. Il est au guet pour prendre au bond l'occasion, sÉv.51 1. Il Prendre la balle entre bond et volée, saisir l'occasion. ||Tant de bond que de volée, d'une manière quelconque, comme on peut. Soit de bond soit de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis]? pasc. Prov. 9. d Faire faux bond, en parlant de la balle, dévier en bondissant; et figurément, manquera un engagement. Toi qui mourrais plutôt que lui faire un faux bond, Régnier, Sat. vi. Etre obligée de faire faux bondàLivry, sËv.32i. Nos commensaux nous ont fait faux bond, id. 40. Rien ne lui a fait faux bond jusqu'ici, id. 486. || Faire faux bond à son honneur, commettre une faute grave, en parlant soit de la probité d'un homme, soit de la conduite d'une femme. Mais s'il faut qu'à l'honneur elle fasse un faux bond, mol. Éc. des f. m, 2. || Fig. La balle n'a été prise que du second bond, on ne s'est pas mis à cette affaire aussitôt qu'il aurait fallu. Il 2" Saut. La course du chat n'est qu'une succession de bonds. Satan part; du premier bond il touche à la ceinture étoilée, chateaob. Mart. 282. || Fig. Sa muse.... Ne s'élève jamais que par sauts et par bonds, boil. Art p. m. Comme c'était [d'Aubigné] un homme de sauts et de bonds, on lui persuada de quitter ses débauches, de vivre à son aise, st-sim. r>i , 100. Style incohérent, qui va par sauts et par bonds, volt. Phil. iv, 480. || 3" Terme de manège. Saut que le cheval exécute subitement, et après lequel il retombe à peu près à la même place.
— SYN. bond, bondissement. Le bondissement est l'action par laquelle on fait des bonds. Le bond est l'acte lui-même. Le chat court par bonds ; son allure est un bondissement continuel.
— hist. xv° s. Les Anglois, qui jà avoient desconfit la plus grand partie de l'ost, s'en vinrent en criant leurs cris celle part, et se boutèrent es plus drus de plein bond, froiss. 1,1, 230. Qu'il ne le me font Pour voir que feroye , Et si je sauroye Leur donner le bont, en. d'orl. Rond. Or ont les folz amans le bond, Et les dames prins la voilée, C'est le droit loyer qu'amours ont; Toute foy y est violée, villon, Bail, de la belle Heaulmière. Il lui avoit baillé le bont [il lui avait joué un lour], math, de coucy, Hist. deCharlesVIT, p. 703, dansLACURNE. Et disoiten soimesme qu'elle fera le guet sur celle qui lui faisoit tort de son ami, et qui lui a baillé le bond [l'a supplantée], louis xi, Nouv. xl. Le brayot rompil par le grant bont qu'il print au cheoir, Percefor. t. m, f" 102, dans lacurne. Le tuèrent de plainbont, martial, Vigiles de Charles 17/, t. n, p. 8, dans lacurne. y xvie s. Si ne voulut-il perdre son desjeuner, lequel estoit prest, que de bon que de volée, des per. Contes, xlvii. La fortune vous a voulu jouer un faux-bond, yver, p. 612. La balle, aiant fait un bond, donne dans le corps du mareschal de Biron et tua ce capitaine, d'aub. Hist. m, 267. Je donnerais plustost un faulx-bond à mon ame, qu'à la promesse que je vous ay faite, carloix, vi, 45. Ne plus ne moins que fait le ruzé champion de lucte, qui cherche tout moyen d'avoir prise sur son adversaire pour luy donner le bond, amyot, Fab. t2. Et l'air crevé d'une gresle menue Frappoit à bonds les champs île toutes parts, rons. 76. Et, le tirant, en arrache un morceau Qu'il list rouller bond a 1> > I desur l'eau, rons. 683. Peu souvent tombent ils en disette, pource que tousjours quelqu'un d'eux, soit de bond ou de volée, attrape du moyen, dont il communique libéralement aux autres, lanoue,208. Les passions ne sont que bonds et volées, accès et recès fiévreux de folie, saillies et mouvemens violens et téméraires, charron, Sagesse, n, f. Lesquelles paroles ayants esté prises au bond par un ou deux, Sat. Mén. La vertu du cathol. Avant-propos.
— ÉTYM. Voy. BONDIR; angl. binant . un bond. BONDE (bon-d') , S. /. || 1° Large ouverture de fond,
destinée à laisser écouler toute l'eau de l'étangquand on retire le tampon qui la bouche ordinairement. Il Par extension, la pièce de bois qui sert à boucher la bonde. Il 2° Trou rond par lequel on remplit un tonneau. || Le morceau de bois qui sert à boucher la bonde d'un tonneau. On dit plus souvent bon. Ion. Il Fig. Notre amante Lâche la bonde aux pleu/scette fois-là, la font. Court. En levant les bondes des digues, boss. Haine, 2. Je lâche la bonde à mes larmes, j.j. rouss. Conf. iv. À son cours violent je veux ouvrir la bonde, tristan, Panthée, v, 7. |l 3" Pièce de cuivre garnie d'un rebord et qu'on soude sur la faïence d'une cuvette de garde-robe.
— REM. Dans l'emploi figuré, quand onditlàcher, ouvrir la bonde, on considère l'ouverture. Quand on dit lever la bonde, on considère le tampon. La remarque deceux qui condamnent lever la bonde n'est donc pas admissible.
— HIST. xnic s. Et je otroie que li abes [abbé] et li convens devant dit fassent fossez entour leur bos, de bonde en bonde [borne] toutes les fois que il vourront, ducange, bondula. Tant que de son corps soit desvorce L'ame à qui donna si grant bonde [limite] Charité qui en lui habonde Que jusqu'au ciel monter l'efforcé, j. de mf.lng, Tr. nez. || xve s. Avoient rapporté les Normands que cette armée [anglaise] se mettoit sus à rencontre des bondes [frontières] de Normandie, froiss. h, ii, 22. C'est grant peine que de vivre en ce monde , Encore est ce plus peine de mourir; Si convient-il, en vivant, mal souffrir, Et, au derrain, de mort passer la bonde [borne], ch. d'orl. Rond. 45. Prince, monstrez à ces jeunes enfans Que leurs cuidiers ne les soit decevans; Car tost verront de vieillesce la bonde, Et mort qui fiert les petiz et les grans, e. desch. Les err. de. la jeunesse. [Le déluge] mortifia toute créature vivant en la terre, et en detîermant les bondes des abismes, aglouty les haultesses des mons, meismes les oiseaulx de l'air en la geulle des fons, chastel. Chron. du D. Philippe. Proisme. || xvic s. M espie ceux de qui la maison s'en est allée par les fe-
es, comme quand l'estang sort par la bonde, et sont demeurés à sec, d'aub. Conf. 1, 9. Poissons qui sont en estangs, après trois ans, ou la bonde estant levée, ou mis en huches, sauvouers ou reservouers, sont meubles, loysel, 215.
— éty.m. D'après Diez, de l'allemand: suisse, punt; souabe, bunte; ancien haut-ail. s-punt; angl. bung. Êtymologie très-vraisemblable, mais qui rencont»e une difficulté dans l'historique où bonde signifie borne (angl. bound). Que de bone, ancienne forme de borne, on ait fait bonde, c'est ce qui se peut trèsbien, par l'attraction de l'n pour le d. comme rendre dereddere; qu'on ait passé du sens de borne. soit en raison de l'usage, soit en raison d'une assimilation de forme, au sens de bonde; cela se conçoit aussi ; et dès lors, vu l'historique, il semble qu'on ne peut séparer bonde de bone ou borne (voy. borne).
RONDE, ËE (bon-dé, dée), part, passé. Navire bondé.
BONDER (bon-dé), v. a. Terme de marine. Charger un bâtiment autant qu'il est possible.
— ÉTY'M. Bonde.
f BONDIEU (bon-dieu), s. m. Gros coin, avec lequel les scieurs de long élèvent les pièces de bois qu'ils scient.
.— ÉTYM. Bon et Dieu, à cause du service que rend cet instrument.
BONDIR (ban-dir), v. n. || 1° Faiie un ou plusieurs bonds. L'eau tombe , écume et bondit. Les troupeaux de moutons qui bondissent sur l'herbe, 1 -en. Tél. xni. Pourquoi bondissez-vous sur la plage écumante. Vagues dont aucun vent n'a creusé le sillon? i.amart. Harm. 1, 3. || 2° Fig. Se soulever, en pailant de l'estomac. Un dégoût qui lui faisait bondir le cœur, sév. 43. La reine Gisèle était toute courbée, toussant et crachant toute la journée avec une saleté qui faisait bondir le cœur, 1 in. xix, 17. Plus la nature humaine, abandonnée à ellemême ou à la superstition, inspire des idées tristes et fait bondir le cœur, plus.... volt. Lettr. dArgentàl, 15 août 1766. H 3"Terme de vénerie. Faire bondir', se dit du cerf, du daim, du chevreuil, qui, poursuivi, fait partir de la reposée d'autres bêtes faines. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire aroir.
— HIST. xi" s. Sur tous les autres bundist [retentit] li olifant, Ch. de Roi ccxxv. || xme s. Et s'entremirent si très rudement de pis et de chevaus, que il faisoient toute la terre bondir , Ch rôti . de lia ins. p. es. Il xive s. Et fu la grande cloche sonnée et haut bondie, Là sont li Espaignol venus sur la chaude, Guescl. 8572. Il xve s. Ils font si grand noise avec
BON
grands tabours qu'il*: on1 aussi , que on L'ouït bien bondir largement de quatre lieues angloises par jour s de nuit, froiss. ii, m. 124. Les Escots commencèrent à bondir leurs cornets et àbruir sur leurs rs m. h, m, 12*. A tant le fiert de l'espée le col et le chappeau, et luy fist bondir la teste jus des espaules, Percefor. t. rv, l» 42. || xvie s. Les a aussi parmy les gros herbages Bondissent :i]s saults, dubell. iv, 76, recto. Ains, comme . d'vn grand sault [ils]Bondissoient en bas et en hault, id. vu, 4e, recto. Mais tantost veissiez d'antre part Gentilz hommes pensionnaires, Bondir courciers, et genetaires Faire ruades et grands sault/, j. marot, v, 167. Les chevaux, de la douleur, bondissoient en l'air, amyot, Crassus, 48. M. dosme après avoir rasé ledit chasteau, et fait bondir les tours, print le eliemin de Rouchauville, m. du bell. 80. Mille espèces d'animaux Inégaux Sur les campagnes bondissent, am. jamyn, liv. iv, Chanson, Orque le plaisant.
— ÉTYM. Provenç. bondir, retentir ; catal. bont'r, même sens. L'ancien français bondir signifie retentir; e1 on lui voit ce sens jusqu'au XVe siècle, où le sens de sauter apparaît. Ce qui l'ait croire qu'il est pourtant plus ancien, c'est qu'on le trouve dans l'anglais. Va bound, faire un bond, et que, dans un texte du XIVe siècle (du cange, bonduia), on trouve jouer à la bonde pour jouer à la paume. Il faut admettre que, du sens de retentir, on a passé au sens de bondir, en considérant le retentissement comme un bondissement qui fait tressaillir, qui ébranle. Et en effet, l'anglais to bound signifie à la fois faire un grand bruit et faire un saut. Le sens primordial de bondir étant retentir, Diez le tire du latin bombitmre, faire du bruit, avec un changement de la l" conjugaison en la 3« (le picard bonder est de la re conjugaison), comme dans tentir de tinnitare, et du t end, connue dans coude de cubitus. Quant au catalan bonir, le d aura disparu comme le t dans l'espagnol retinir, portug. retinnir, pour retentir.
BONDISSANT. ANTE (bon-di-san. san-t'), adj. Qui bondit. Le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant, rac. Phèd. v, 6. ô! que n'ai-je entendu ces bondissantes eaux, Ces fleuves, ces torrents v. CHÉN. Élég. 40.
BONDISSEMENT (bon-di se-man) , s. m. \[ 1° Mouvement de ce qui bondit. Les secousses des montagnes et des collines, ébranlées par un violent tremblement de terre, sont fidèlement représentées parles bondissements d'un troupeau, laharpe, dans laeayf-, Synon. [| 2e Bondissement de cœur, soulèvement d'estomac, nausées, dégoût profond.
— HIST. xve s. Et dura celle tempeste, et le bondissement [retentissement] de leurs cornets moult longuement.... et le grand bondissement de ces cornets se renouvela, qui dura une moult longue pièce,
FROISS. II, m, )2i.
— ÊTYM. Bondir.
BONDON (bon -don), s. m. || i° Morceau de bois court <«t cylindrique qui sert à boucher la bonde d'un tonneau. || La bonde même. || 2° Fromage de Neufchàtel affiné qui a la forme d'un gros bouchon.
— IHST. xme s. Et fu la plaie si large que le sanc li venoit du cors aussi comme le bondon d'un tonnel, joinv. 226. || xve s. Ainsi que un moust qui boust au tonel et par faillie de vent rompt la barre et le bondail.... al. chart. l'Espérance. La belle pièce à la poictrine, Tissu cramoysi, large à la boudiné, Et, du hault jusque au bondon, Elle est aussi droicte qu'un jon, coquill. Monol. de la boite de foin. || xvi" s. Chose pesante, pouvant entrer par le bondon dans le tonneau, o. DE SERRES, 204. Puis en estant le bondon bien bouché, roulerés le tonneau, ID. 205.
— ÉTYM. Bonde; provenç. bondon. Ce mot a, comme on voitdans l'historique, et comme l'a bonde, le sens d'ouverture que bouche un tampon.
BON'DONNÉ, ÉE (bon-do-né, née), part, passé. Un tonneau bondonné.
BONDONNER (bon-do-né), v. a. Boucher avec un bondon.
— ÉTYM. Bondon. Bondonner, dans l'ancien français, tient à bondir, et signifie sonner, retentir.
7 BONBONNIÈRE (bon-do-niê-r') , s. /'. Instrument dont le tonnelier se sert pour percer les tonneaux.
— ÉTYM. Bondon.
t BONDRÊE (bon-drée), s. f. Espèce d'oiseau de proie (faleo apivorus, /,.).
— ÉTYM. Peut-être bondir, anciennement retentir, à cause du cri de l'oiseau.
BONDEE (bon-duk), s. m Terme de botanique.
BON
Arbrisseau épineux, à fleurs légumineuses, qui croît aux rndes (guilandina bonducella, L.).
f BON-FIEUX (bon-fieû) ou BON-FILS (bon-fi), s. m. Membre d'une congrégation du tiers ordre de Saint-François.
— ÉTYM. Bon, fils (fieux est la forme picarde de pis).
BON-HENRI (bo-nan-ri), s. m. Terme de botanique. Plante herbacée qui ressemble àl'épinard; dite aussi épinard sauvage.
— ÉTYM. Bon, Henri.
BONHEUR (bo-neur; Ménage remarque que dans les provinces on prononçait bonhur; ce qu'il condamne; cette prononciation existe encore dans 1rs provinces du Midi; elle est tout à fait à rejeter), s. m. || 1° Evénement heureux; chance favorable. Il a eu le bonheur que l'âge ne l'a point miné lentement et ne lui a point fait une longue et languissante vieillesse, fonten. Lahire. Le bonheur peut conduire à la grandeur suprême, corn. Cinna, il, l. Puisqu'il tient à bonheur d'être l'un de nous deux, id. Bod. iv, t. J'ai craint un ennemi, mon bonheur me le livre, id. Iléracl. iv, 4. || Succès. Le bonheur des armes françaises. || Dans ce sens il s'emploie aussi au pluriel. Il lui pourrait arriver tous les malheurs et tous les bonheurs du monde, vaugelas, Remarques. Depuis un certain temps il lui est arrivé des bonheurs de toutes sortes, th. corn. Remarques. Il est toujours égal au milieu de tous les malheurs et de tous les bonheurs du monde, chifflet, Grammaire, p. 35. De combien de petits bonheurs l'homme du monde n'est-il pas entouré! marivaux dans laveaux. || Porter bonheur, annoncer, procurer bonne chance. J'avais fait venir M. Bailli pour me porter bonheur, sév. 53-1. || Avoir du bonheur, être favorisé par le hasard. || Jouer avec bonheur, être en bonheur, avoir la chance au jeu; etfigurément, jouer de bonheur, réussir contre toute espérance. || Familièrement. Au petit bonheur! Arrive ce qu'il pourra! || Par bonheur, par bonne chance. Un voyageur Qui s'était muni par bonheur Contre les mauvais temps.... la font. Fabl. vi, 3. || De bonheur, se dit dans le même sens. De bonheur pour elle, ces gens partirent presque aussitôt, la font. Psyché, n, p. H 8. || 2° Etat heureux, état de pleine satisfaction et de jouissance. Le comble du bonheur. Il n'est pas de plus grand bonheur. Après avoir joui d'un bonheur constant. La vertu fait le bonheur. Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule, rac. Athal. il, ". Je faisais le bonheur d'un héros tel que vous,id. Mithr. iv, 4.... Le sort, qui toujours change, Ne vous a pas promis un bonheur sans mélange, id. Tph. i, t. Le bonheur a cela de la mer et du flux Qu'il doit diminuer sitôt qu'il ne croit plus, mairet, Sophon. iv, t. Dieux puissants qui veillez au bonheur de la terre, brébeuf, Phars. vu. Le roi qui fait le bonheur de tant de peuples, fén. Tél. H. Je ferai votre bonheur, pourvu que vous sachiez en jouir, m. Tél. i. Près du bonheur extrême est l'extrême infortune, m. j. ché. Œdipe roi , v,4. Dans le cours de nos ans, étroit et court passage , Si le bonheur qu'on cherche est le prix du vrai sage-, Qui pourra me donner ce trésor précieux? volt. 2e Discours. Mais quel bonheur honteux, cruel, empoisonné.... id. Orphel. m, 4. Que sont ces biens peu sûrs, près des plaisirs du cœur? Tout l'univers vaut-il un instant de bonheur? Gilbert, Didon à Énée. Le vois-tu bien, là-bas, là-bas, Là-bas, là-bas? dit l'espérance; Bourgeois, manants, rois et prélats Lui font de loin la révérence; C'est le bonheur, dit l'espérance, bérang. Bonheur. Car Dieu mit ces degrés aux fortunes humaines; Les uns vont tout courbés sous le fardeau des peines ; Au banquet du bonheur bien peu sont conviés, v. hugo, F. d'automne, 32. || Le bonheur éternel, la félicité des élus. || 3° Le bonheur de, avec un infinitif, c'est-à-dire la satisfaction intime, le bonheur. 11 a eu le bonheur de conserver longtemps sa mère. Toutes deux d'une si heureuse consul ut ion, qu'elles semblaient nous promettre le bonheur de les conserver un siècle entier, boss. Marie-Thér. Le bonheur de lui plaire est le seul où j'aspire, rac. Bn't. ni, 8. || Avoir le bonheur de, formule de civilité. Depuis que j'ai eu le bonheur de vous voir. || 4" Bonheur du jour, sorte de petit meuble où l'on serre les papiers et les petits objets auxquels on tient. Parfois cependant il range à sa manière; ce matin, par exemple, il a ouvert le bonheur du jour, et vidé les tiroirs, Mme reybaud dans Rev. des deux mondes, I" juillet (859, p. t4.
— SYN. 1. BONHEUR, FÉLICITÉ, BÉATITUDE. Bonheur
veut dire proprement bonne chance, et, par con é quent, il exprime l'ensemble des circonstances, des
BON
conditions favorables qui font que nous commes bien, lia donc un caractère extérieur, objectif, qui en fail la nuance avec félicité. La félicité n'est point liée à ces conditions du dehors; elle est plus propre à l'âme même; aussi on ne dira pas: la félicité qi richesses procurent; mais on dira : le bonheui qu'elles procurent. La béatitude, qui est du style mystique, est la félicité destinée, dans une autre vie, à ceux qui auront pratiqué la vertu dans celleci. || 2. bonheur, chance. Ce qui distingue ces deux mots, c'est que chance est tout à fait indéterminé, et que bonheur ne l'est pas. Le bonheur est la bonne chance ; tandis que la chance peut être aussi bien mauvaise que bonne.
— HIST. xiic s. Et j'atendrai.... Joie d'amour, se bon eur m'i maine, Couct,xiv. || xiiic s. [Que] Dame Diex par sa grâce lui renvoit bon eur, Ben
Et miex vient de bon eûr nestre, Qu'estre de bons [ riches | , c'est dit pieça, Lai de l'ombre. \\ xv" s. Et prioit moult gracieusement que chacun se pei nastde bien faire la besogne et garder son bonheur, froiss. I, I, 41. || xvie s. Paoures humains, qui bon heur attendez, rab. Garg. i, 58. Si en allant en quelque voyage ils rencontrent une de cesbestes, ils le reputentde bon-heur, paré, XXI1I,27. Le pays à qui je dois Le bon-heur de ma naissance, rons. 43(.
— étym. Bon et heur (voy. ce mol). L'étymologie, appuyée en cela parla synonymie, montre que le sens propre et primitif est bonne chance, i I que le sens qui se rapproche de félicité estsecondaire.
BONHOMIE (bo-no-mie)', s. f. Qualité du bonhomme, de celui qui est à la fois bon de cœur et simple de manières. Une douce, une aima bit: bonhomie Montre moi un des nôtres qui ait conservé cette bon homie, j. j. rouss. Hél. vi, 9. C'est de cette retraite que je vous dis que votre procédé me désarme pour jamais, que bonhomie vaut mieux que raillerie, volt. Lettr. Trublet, 27 avril 176t. ||En un sens défavorable, simplicité excessive et crédule.
— ÉTYM. Bonhomme ; provenç. bonomia. L'Académie devrait écrire bonhommie par deux m comme on écrit bonhomme, ou écrire home et bonhome, comme l'étymologie l'indique, et comme on faisait dans l'ancienne langue.
BONHOMME (bo-no-m'), s. m. || 1° Homme plei;i de bonté, de facilité. Le moine [envoyé en prison à Barbezières] se trouva un bonhomme qui , gagné par la compassion, alla avertir M. de Vendôme, stsim. <33, 224. || Faire le bonhomme, affecter la bonté, la simplicité. Dans ce sens : un faux bonhomme. || Adjectivement. Mélac, doux et très-bonhomme, souffrait tout de ses amis, st-sim. t m, isii Le Turc revint, après cette expédition, aussi bonhomme qu'auparavant, chateaub. Jtiu. 147.
|| 2° Homme simple et peu avisé. C'est un bonhomme qui se laisse mener. || 3° Homme qui com-' mence à vieillir. Le bonhomme Brousse! eut scrupule de souffrir que son nom fût allégué comme un obstacle à la paix, retz, iv, 232. Les comtes font traîner ce bonhomme en prison, corn. D.San. v, 4. || 4° Anciennement, parmi les gens de guerre, le bonhomme, le paysan. Vivre aux dépens du bonhomme. Jacques Bonhomme, le paysan français. || 5° Familièrement, et par opposition, un petit bonhomme, un petit garçon. On ne manqua pas de faire beaucoup babiller le petit bonhomme, j. j. ro.uss. Ém. n. || 6" Figure dessinée négligemment, et aussi, figure en plomb qui sert de jouet aux enfants. || 7° Nom vulgaire du bouillon-blanc, pituite. || 8U Outil du verrier. || Outil du vitrier. || 9" Bons-hommes, religieux établis l'an 1259, en Angleterre, parle prince Edmond; ils professaient la règle de St. Augustin et portaient un habit bleu. On donna en France ce nom aux Minimes à cause du nom de Bonhomme que Louis XI avait coutume de donner à saint François de Paule, leur fondateur. || Les Albigeois affectaient de prendre le nom de Bons-hommes. || Les bons-hommes, chefs de la république de Florence au xm" siècle.
— REM. Bonhomme fait, au pluriel, bonshommes : deux vieux bonshommes; mais, pour éviter l'idée de faiblesse ou de simplicité, on dit aussi, au pluriel, bonnes gens : Deux vieux amis qui ni taient pas vus depuis longtemps se rencontrèrent; ces bonnes gens se mirent à pleurer. Quand il signifie un petit garçon ou une figure de sinée, ila au i un pluriel qui est bonshommes : Ces doux petits bonshommes babillaient comme des pies. Il avait barbouillé des bonshommes m le tur. • in nonce : des bon /.o- ni'.
— HIST. xiv i i quele Jaquete dist au dit Lorens en lui présentant a boire : Tenez, bon homme
BON
BON
BON
buvez; lors le dit Lorens se prinst à courroucier : tu as menti comme fausse ribaude, je ne suis pas bon homme ; car ma femme est plus prude femme que tu n'es, du cange, boni homines. || xvc s. Le suppliant, sans penser à aucun mal, dist à celui Beluc : ....bon-homme.... à quoy respondit icelui Beluc telles paroles : comment bon homme? suis-je coqu? id. ib. Aliames fut detenuz prisonniers pour le souppechon de avoir esté en l'ost et bataille des Hurons nommez Jacques Bonshommes, à rencontre des nobles, du cange, jaquei. || XVIe s. Pourtant oy-.je fait vneu a St François le Jeune le quel est au l'iessis lez Tours reclamé de toutes femmes en grande dévotion; car il est le fondateur des bons hommes [Minimes], bab. m, 2i. Au temps que les soudards vivoient sus le bonhomme, ils vivoient aussi sus la bonne femme, desper. Contes, lxix. Us aiment la guerre et le trouble, parce qu'ils vivent du bien du bon-homme et ne sçauroient vivre du leur en temps de paix, Sat. Min. p. 463. Et ont toujours, en ce faisant, vscu dessus Jacques Bonhomme, th. debèze, dans le Dictionnaire de dochez.
— ÉTYM. Bon, homme; Berry, bounhoume, paysan, bounhoumerie , endroit habité pardes paysans; wallon, bouname ; namurois , boulome, homme, mari. On voit que le paysan se nomme lui-même bonhomme, c'est-à-dire l'homme, le mari, le maître de la maison; c'est de ce mot que les gens de guerre avaient fait un sobriquet.
BONI (bo-ni), s. m. Terme de finance. La somme restée sans emploi sur une dépense. || Au mont-depiété, ce qui revient sur un gage qu'on a laissé vendre. Payer les bonis.
— ÉTYM. Boni, génitif neutre latin, comme qui dirait : aliquidboni, quelque chose de bon.
\ BONIF ACE (bo-ni-fa-s'j , s. m. Nom propre qui se prend pour homme simple, crédule. C'est un boniface.
BONIFICATION (bo-ni-fi-ca-sion), s. f. Amélioration. La bonification de la terre par la culture. [| Augmentation du produit d'une affaire. || Bonification de tare, ce qui est accordé en sus de la tare réelle.
— ÉTYM. Bonifier.
BONIFIÉ, ÉE (bo-ni-fi-é, ée), part, passé. Du vin bonifié dans la cave.
BONIFIER (bo-ni-fi-é) , je bonifiais, nous bonifiions; que je bonifie, que nous bonifiions, v. a. Rendre meilleur. Moi, je travaille celle [la terre] que mon père a bonifiée, j. j. rouss. Km. il. || 2° Suppléer un déficit. Si la somme n'y est. pas, je vous bonifierai ce qui manque. || 3° Se bonifier, v. réfl. S'améliorer. En bouteille, le vin se bonifie.
— ÉTYM. Bonus, bon, et un suffixe ficare , fréquentatif de facere (voy. faire).
+ BONIMENT (bo-ni-man), s. m. || 1° Parade de charlatan. [| 2° Par analogie, manœuvres pour tromper. [| Mot très-vulgaire, et qui est presque d'argot.
— ÉTYM. Bon, c'est-à-dire action de faire quelque chose de bon, d'agréable.
BONITE (lio-ni-t'). s. f. Poisson de mer qui est à peu près de la grosseur d'une morue , et qui est une espèce de thon.
— ÉTYM. Bas-lat. boniton.
f BONJEAU (bon-jô), s. m. Couple de bottes de lin, liées ensemble, qu'on fait rouir.
fBON-.IÉSUS (bon-jé-zu). Ordre qui l'ut établi en 4538, par le prêtre Maluselli, disciple d'une sainte veuve, Gentile de Ravenne. Les religieux de cet ordre disaient matines à minuit.
BONJOUR (bon-jour), s. m. 'ferme de salutation. Je vous souhaite le bonjour. Et je vais lui donner le bonjour seulement, moi.. Tari, i, 3. S'il fallait vous dire tous les bonjours qui m'accablèrent, sév. ni. || Elliptiquement. Bonjour', monsieur. Bonjour à monsieur le docteur. Eh bonjour, monsieur du Corbeau ! la font. Fabl. i, 2. || Vol au bonjour, terme d'argot désignant une espèce de vol qui consiste à s'introduire dans une maison dont on croit les habitants sortis, et .i feindre, si l'on rencontre quelqu'un, une visite, un bonjour à souhaiter. || Proverbe. Le bonjour vient du dehors, c'est-à-dire, c'est à celui qui arrive dans une localité à faire les premières visites.
— HIST. xmc s. Dame, dit-il, que très bon jour Vous doint cil que j'aime et aour [adore] , audefr. lebast. Bomancero, p. n. Primant, Diex beneïe vos, Fet Renart, et bon joraiez, Ben. 3027.
— ÉTYM. Bon , jour.
t BONJOUR1ER (bon-jou-rié), s. m. Toi nie d'argot. Voleur qui pratique le vol au bonjour.
— ÉTYM. Bonjour.
BONNE (bo-if), s. f. || 1" Femme de service; fille chargée de soigner un enfant. Mme la duchesse de Bourgogne appela Mme de Nogaret qu'elle appelait sa petite bonne, st-sim. (39,39. La poule ne voit pas qu'elle n'est que leur nourrice [des oiseaux étrangers qu'elle a couvés] ou leur bonne, buff. Poule. Petite bonne, agaçante et jolie, bërang. Vieux garç. Notre jeune marquis, que la bonne a nourri, Est un grand garnement, et j'en suis bien marri, volt. Chariot, i, t. || Contes de bonnes, contes dont les bonnes amusent les enfants. || 2° Terme du jeu de reversis. Nom de différents payements : la i'", la 2e bonne. || À la bonne se dit, au même jeu, quand on place le quinola ou un as sur la dernière levée, afin de recevoir un double payement.
— ÉTYM. Bon. Bonne, dans lésons de femme de service est un terme d'amitié de la part des enfants ou des maîtres.
-)■ l. BONNEAU (bo-nô), s. m. Proxénète. L'ami Bonneau. Pour colorer, comme on put, cette affaire, Le roi fit choix du conseiller Bonneau, Confident sûr et très-bon tourangeau : Il eut l'emploi qui, certes, n'est pas mince, Et qu'à la cour, où tout se peint en beau, Nous appelons être l'ami du prince, Et qu'à la ville, et surtout en province, Des gens grossiers ont nommé maquereau, volt. Pue. i.
— ÉTYM. Nom propre dont les vers de Voltaire ont fait un nom commun.
f 2. BONNEAU (bô-nô), s. m. Terme de marine. Morceau de bois ou de liège qui flotte au-dessus de l'eau pour indiquer l'endroit où une ancre est mouillée.
— ÉTYM. Peut-être, par métaphore, objet bon, utile, qui sert.
BONNE-DAME (bo-ne-da-m') , s. f. Terme de botanique. Plante potagère qu'on nomme autrement belle-dameouarroche. || Auplur. Des bonnes-dames.
— ÉTYM. Bon, dame.
f BONNE-ENCONTRE (bo-nan-kon-tr') , s. f. Bonne fortune, bonheur. De bonne- encontre, par bonneencontre.
— HEM. Ce mot, qui est dans le Dictionnaire de l'Académie de i69G,a vieilli; mais il se comprend très-bien, et peut être repris comme opposé à malencontre.
t BONNE ENTE (bo-nan-t'), s. f. Sorte de poire dite ordinairement doyenné. || Au plur. Des bonnesentes, prononcé comme au singulier.
— ÉTYM. Bon et ente.
BONNEMENT (bo-ne-man) , adv. || 1° De bonne foi, naïvement, avec simplicité. Un honnête homme vous dit une chose bonnement et comme elle est, sév. 86. Il nous en a toujours parlé tout bonnement, id. 576. Le roi causa une heure avec le bon homme d'Andilly aussi plaisamment, aussi bonnement, aussi agréablement qu'il est possible, id. 85. Il ditbonnement ce qu'il sentait dans le moment, boss. Oraison, 8. On se pardonne bonnement tous ses défauts de société, fléch. Serm. i, 246. 11 avait laissé bonnement à Londres la lettre de compliment, hamilt. Gramm. 8. D'Anthouard nous assemble et nous dit de quoi il s'agissait [le vote pour faire Napoléon Ier empereurj, mais bonnement, sans préambule ni péroraison, p. L. cour. Lettr. i, U". || 2° Bien, vraiment. En ce sens il ne s'emploie qu'avec la négation. Je ne puis bonnement oublier cette offense. Lorsque je compare Les plaisirs de ce singe à ceux de cet avare, Je ne sais bonnement auquel donner le prix, la font. Fab. XII, 3.
— HIST. xiic s. Ses mains [il] lui croise sur son piz bonement, Bonc. p. 102. Il s'agenoille soef et bonement, ib. p. i 52. En vers le roi [elle] s'acline bonement, ib. p. 472. || xme s. La dame [il] ot espousée, puis en fit ses delis; Bonementsonl ensemble corne amie et amis, audefr. le bast. Bomancero, \>. 35. si me feront aide, se Deu plait, bonement, Sax. xxi. || xive s. Ignorance d'aucunes circonstances que I en ne peut pas bonnement savoir, excuse et est appellée ignorance invincible, oresme, Eth.èi. ||xves. Une rivière forte etroide, pleine de cailloux et de grosses pierres, si qu'on ne la pust bonnement en haste passer sans grand meschef, moiss. i, i, 41. Et si avoient les Escots leurs deux premières batailles establies sur les deux croupes de montagnes, que l'on entend de la Roche, là où l'on ne peut bonnement monter, ni ramper pour eux assaillir, m. i, i, 41. || xvi" s. La nécessité des guerres porte à tous les coups de faire le gast, ce qui ne se peut faire bonnement en nos biens propres, mont.i, 355.11entreprit de faire une chose, laquelle n'estoit pas bonnement légitime ny totalement juste, A.MY0T, J'hilop. 27.
— ÉTYM. Bonne, et le suffixe ment (voy. ment);
provenç. bonamen; catal. bonament ; espagh. buenamente; portug. boamente.
BONNET (bo-nè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie: des bonnets élégants, dites : des bo-nè-z-élégants; bonnets rime avec traits, succès, jamais), s. m. j 1 1° Coiffure d'homme sans rebords. Bonnet de laine, de soie; bonnet de coton. Tous les valets en bonnet de nuit, sév, 20. Sitôt qu'il fait un peu de bruit, Je lui mets son bonnet de nuit, bérang. Le 3e mari. || Bonnet de police, coiffure des militaires quand ils sont en petite tenue. || Bonnet à poil, coiffure très-élevée, arrondie, en poil noir, et qui est portée par quelques troupes d'élite d'infanterie et de cavalerie. Les grenadiers à cheval, dans l'ancienne armée impériale, portaient des bonnets à poil. || Fig. et familièrement. Je jetai mon bonnet par-dessus les moulins, phrase par laquelle on terminait les contes que l'on faisait aux enfants, et qui signifie je ne sais comment finir le conte. Voilà ce que Moreuil m'a dit, espérant que je le vous manderais; je jette mon bonnet par-dessus les moulins, et je ne sais rien du reste, sév. dans le Dictionnaire de dochez. Dans un autre sens, aujourd'hui usité, jeter son bonnet par-dessus les moulins, braver l'opinion, les bienséances. || Prendre une chose sous son bonnet, imaginer un fait sans fundement. || Ce sont deux tètes dans un bonnet, c'est-à-dire ils sont toujours de la même opinion, du même sentiment. Voilà trois bonnes tètes dans un bonnet, la vôtre, celle de l'empereur des Romains et celle du roi de Prusse, volt. Lelt. à Cath. -H9. || Familièrement. Mettre la main au bonnet, saluer. Avoir toujours la main au bonnet, avoir des manières extrêmement civiles et révérencieuses. || C'est un personnage dont il ne faut parler que le bonnet à la main, c'est un homnuB très-respectable. || Coup de bonnet, salutation faite en ôtant son bonnet. || Être triste comme un bonnet de nuit, être chagrin, d'une mélancolie extrême. || C'est bonnet blanc et blanc bonnet, il n'y a point de différence entre ces choses, l'une vaut l'autre. || Parlera son bonnet, se.parler à soi-même, parler sans adresser la parole à personne. || Mettre son bonnet de travers, entrer en mauvaise humeur. || Avoir la tête près du bonnet, être vif, emporté, colère. Où sonl donc ces têtes si près du bonnet? sév. 80. || Prendre le bonnet vert, porter le bonnet vert, locution employée autrefois pour signifier faire cession de biens afin d'éviter d'être poursuivi comme banqueroutier : cela se disait ainsi parce que celui qui faisait cette cession était obligé de porter un bonnet vert. Les voilà sans crédit, sans argent, sans ressources, Prê1 à porter le bonnet vert, la font. Fab. xn, 7. Et que d'un bonnet vert le salutaire affront.... boil. Sat. i. || Les bonnets ou le parti des bonnets, parti politique en Suède au xvni' siècle, opposé au parti des chapeaux. || 2" Coiffure des docteurs, des avocats, des juges, des professeurs. Un avocat en soutane et le bonnet entête, pasc. Imag. 2. || Prendre le bonnet de docteur, ou simplement, le bonnet, se faire recevoir docteur. Faut-il avoir reçu le bonnet doctoral.... boil. Épit. xn. Quitte là le bonnet, la Sorbonne et les bancs, id. Sat. vin. Antigone disputait le bonnet de grand prêtre et même le vain titre de roi des Juifs, volt. Phil. v, s.
B îet carré, coiffure des docteurs en théologie.
Et que les docteurs n'eussent de bonnets carrés.... tasc. Imag. 2. || Fig. Un gros bonnet, un personnage important dans son corps. Les supérieurs [des Jésuites] consultèrent les gros bonnets à quatre vœux, et le résultat fut qu'il fallait céder à L'orage, st-sim. 45, 20. Il [le cardinal de Bouillon] ne voulutvoir que quelques gros bonnets îles Jésuites. id. 297, 21. Le P. de la Chaise et les prim bonnets ne demandèrent pas mieux que de vir son fils [de Mme de Soubise], id. 9(i, 238. || Opiner du bonnet, ne faire qu'ôter son bonne! en si^ne d'assentiment, accéder, sans aucune modification, à l'avis des autres. Il opine du bonnet ci un moine en Sorbonne, pasc. Prov. ^. M. le marquis sera dispensé de parler, et peu! opiner du bonnet p. l. cour, ii, 3i2. || Cette affaire a passé du bonnet, au bonnet, elle a passé tout d'une voix, sans discussion. || Y jeter son bonnet, ne pouvoir résoudre la difficulté proposée. L'affaire est consultée, et tous les avocats, Après avoir tourné le cas, Y jettent leur bonnet, se confessant vaincus, la font. Fabl. n, 20. || 3° Coiffure de gaze, de mousseline, de tulle, de dentelle, etc. à l'usage des femmes. Monter un bonnet. Garniture de bonnet. || 4° Bonnet phrygien, sorte de coiffure que l'antiquité donnait aux Phrygiens. Paris est représenté
BON
avec le bonnet phrygien. || Aujourd'hui, bonnet phrygien, coiffure assez semblable à cette coiffure antique el qu'on donne ordinairement aux images de la Liberté, de la République. [| Bonnet rouge, coifture adoptée par les sans-culottes en 1793, et depuis lors symbole de l'esprit révolutionnaire. C'est un bonnet rouge, c'est un homme qui appartient au parti révolutionnaire. L'homme rouge venait En sabots, en bonnet, bérang. Homme rouge. || 5° Bonnet chinois, dit aussi chapeau chinois, instrument de musique militaire garni de sonnettes, qui sert avec la grosse caisse à marquer les temps forts de la mesure. || 6° Terme d'anatomie. Le bonnet, le Ld estomac des animaux ruminants. || 7° Bonnet turc, sorte de potiron. || Bonnet-de-prêtre ou d'électeur, bonnet-à-prêtre, nom vulgaire d'une espèce de courge. || Bonnet carré, nom vulgaire du fusain. || 8° Terme de vénerie. Bonnet carré, la tête du cerf quand il a du refait aussi haut que les oreilles. || 9" Terme de .fortification. Bonnet à prêtre, pièce détachée, dont la tète forme deux angles rentrants et trois angles saillants. || 10° Partie supérieure d'un encensoir. || Sorte d'écrou dont le trou ne perce pas d'outre en outre. || Genouillère des bottes des courriers. || Bonnet carré, espèce de foret à quatre ailes. || Proverbes. Janvier a trois bonnets, c'est-à-dire, en ce mois il se faut bien couvrir la tête. || Je m'en moque comme un âne d'un coup de bonnet, c'est-à-dire cela m'est bien égal.
— HIST. xne s. Un chapel [il] ot de bonet en sa teste, Li charois de Nymes, 1047. || xve s. Quant n'ont assez fait dodo Ces petis enfanchonnès [enfants], Hz portent soubz leurs bonnes Visaiges pleins de bobo, en. d'orl. Chanson 5. Afin de pouvoir trouver et recouvrer ses diz chaperon et bonnet, Bibl. des Chartes, ire série, t. v, p. 489. ||xvi" s. Un Picard a la teste près du bonnet, desper. Contes, îv. La pudicque modestie requise et ordonnée à ceulx de son bonnet [il s'agit d'un cardinal], carloix, vi, 35. Le roy-luy dist qu'il avoit mérité le pendre, et que jamais plus il ne setrouvastà la cour. Mon valel de chambre s'en alla avec ce bonnet de nuict, paré, t. m, p. 690. J'osteray humblement mon bonnet, et tiendra y la teste nue devant mon supérieur, car ainsi le porte la coustume de mon pays, charron, Sagesse, it, 2.
— ÉTYM. Berry. hounet, bonnette, coiffure de femme; bourguig. boni); provenç. boneta ; anc. cala), bonet; espagn. et portug. bonete; bas-lat. boneta, bonelus, bonelum, sorte d'étoffe, comme on le voit par ce passage de Guillaume de Nangis, en la vie de saint Louis : « Ab illo tempore numquam induit tus estsquarleta vel panno viridi seu bonneta. » De fjim, à cause de quelque qualité? cfcapeZ de bonet, puis botte* . comme chape.au de castor, puis castor.
BONNETADE (bo-ne-ta-d') , s. f. Coup de bonnet, salut. Il a vieilli.
— insr. xvie s. Quand il sera en jalousie et en Caprice, nos bonettades le remettront-elles'? mont.
— ÉTYM. Bonneler.
fBONNETAGE (bo-ne-ta-j') , s. m. Papier qu'on colle sur l'amorce d'une pièce d'artillerie.
— ÉTYM. Boum t.
BONNETE. ÉE (bo-ne-té, tée), part, passé. Bonneté par les uns. caressé par les autres.
BONNETER (bo-ne-té), je bonnète, je bonnetais, je bonnèterai, je bonnet irais, bonnète, quejebonnôte; l'Académie ne conjuguant pas ce verbe, d'autres l'écrivent en doublant le l : je bonnette, je bonnetterais, v. a. \\ 1° Rendre des respects et des soins assidus, surtout en parlant de sollicitations humbles et fréquentes. Il était nécessaire D'être toujours après ces messieurs bonneter, Régnier, Sut. vin. || 2° Fig. Opiner du bonnet, n'avoir pas d'avis. Il fut répondu qu'il s'était tenu un conseil de guerre à Mons-en-Puelle pour discuter le pour et le contre de l'attaque des ennemis; que d'O et Gamaches bonnetèrent ; les officiers généraux b'ur représentèrent.... ST-SIM. 208, 5e. || 3° Couvrir l'amorce d'une pièce d'artillerie avec un papier collé.
— HIST. xvic s. Bonetant et faisant la cour, tantost à celui-ci, tantost à l'autre, Contes d'Eutrapel, dans le Dictionnaire de dochez.
— ÉTYM. Bonnet.
BONNETERIE (bo-nè-tc-rie. Quelques-uns veulent qu'on prononce bo-n'-trie ; mais, outre (pie cette prononciation n'est point généralement usitée, elle est contraire à l'analogie de notre langue qui vont que el suivie d'un e muet devienne sonnant. L'Académie devrait établir une analogie orthographique entre bonneterie et tabletterie), s. f. || i°Mélier, ou-
BON
vrage, commerce de bonnetier. || 2" Anciennement,
corporation des marchands bonnetiers.
— HIST. xvic s. Les marchands qui achètent les chaulons, les assortissent pour divers ouvrages de draperie et bonneterie, où ils les emploient, o. de serres, 738.
— ÉTYM. Bonnet.
BONNETEUR (bo-ne-teur) , s. m. || 1° Celui qui prodigue les révérences et les compliments. ||2° Il s'est dit particulièrement de certains filous qui, à force de civilités, tâchaient d'attirer les gens pour leur gagner leur argent.
— ÉTYM. Bonneter.
BONNETIER, 1ÈRE (bo-ne-tié, tiê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait ou qui vend des bonnets, des bas et d'autres objets de tricot.
— HIST. xvie s. Les chardons à drap , dits aussi à foulon et à bonnetier, o. de serres, 737.
— ÉTYM. Bonnet.
t. BONNETTE (bo-nê-tf), s. f. Tonne de fortification. Ouvrage avancé qui est au delà de la contrescarpe, en forme de petit corps de garde, et dont les deux faces forment un angle saillant.
2. BONNETTE (bo-nè-f), s. f. Terme de marine. Petites voiles qu'on ajoute aux grandes pour présenter une plus grande surface au vent.
— ÉTYM. Bonnet.
t BONNE-VILAINE (bo-ne-vi-lè-n'), s. f. Variété de poire. || An plur. Des bonnes-vilaines.
BONNE- VOGLIE (bo-ne-vo-11', II mouillées), s. m. Homme qui se louait pour ramer sur les galères de Malte.
— ÉTYM. Buoh a voglia, bonne volonté, de buono, bon (voy. bon), et voglia, volonté, de vogliere, vouloir (voy. vouloir) : mot à mot, homme de bonne volonté.
f BONNIER (bo-nié), s. m. Mesure agraire qui, dans la Flandre française, valait l hectare 40 ares.
— HIST. xvc s. Il faisoit si grant. bruine qu'on ne pouvoit voir un demi honnier de terre loin, froiss. i, i, 134. Si alla bien chacune bataille en cel estât un grant honnier de terre avant, m. i, i, 41.
— ÉTYM. Wallon, bount; du wallon bonc, borne (voy. borne).
fBONOSIEN (bo-no-ziin), s. m. Sectaire du ive s. qui prétendait que Jésus-Christ n'était fils de Dieu que par adoption.
— ÉTYM. L'évêquc macédonien Bonosus, hérésiarque de la fin du l\"' siècle.
f BON-PLEIN (bon-plin) , s. m. Terme de marine. Porter bon-plein, gouverner bon-plein, gouverner de manière à présenter les voiles du navire directement à l'action du vent.
f BON-QUART (bon-kar) ! Cri des marins à chaque demi-heure de la nuit.
BONSOIR (bon-soir), s. m. Terme de salutation pour le soir. Et nous couchant- au jour, leur donner le bonsoir, Régnier, Sat. iv. Il Elliptiquement. Bonsoir, monsieur. Bonsoir à monsieur votre frère. || Fig. Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse , Souhaitons-nous un gai bonsoir, bérang. Bonsoir. || Populairement. Dire bonsoir à la compagnie, mourir. J'aurai bientôt quatre-vingts ans; Je crois qu'à cet âge il est temps De dédaigner la vie ; Aussi je la perds sans regret, Et je fais gaiemeni mon paquet; Bonsoir la compagnie, lattaignant. || Bonsoir s'emploie aussi dans le langage familier pour exprimer qu'une affaire est manquée. Tout est dit , bonsoir.
— ÉTYM. Bon et soir. On disait autrefois bon vêpre : Je donne le bon vêpre à l'honorable compagnie, mol. Escarb. 17.
BONTÉ (bon-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est bon. Bonté des terres. Bonté d'un pays. Bontéd'une marchandise. Bonté d'un vin. Bonté de l'air. Bonté d'un fruit. || 2° Justice. Bonté d'une cause. Comptant sur la bonté de sa cause. || 3° Douceur, indulgence, bienveillance. La bonté de Dieu. Plein de bonté. Homme d'une extrême bonté. 11 a tant de bonté que.... Votre bonté pour moi. Traiter quelqu'un avec bonté. Je ne pouvais être reçu avec plus de bonté. Parlabontédu ciel. Vous, Seigneur, dont la bonté infinie n'a rien donné aux hommes de plus efficace pour effacer leurs péchés que la grâce de les reconnaître, iioss. Anne de Gonz. Nous demandons, de l:i;'i o. encore un moment; le roi a de la bonté; et il sait bien que la chose a été précipitée, mol. Impr. î. Point de pitié officieuse? point de secourable bonté"? point d'affection agissante? id. VAv. iv, I . Il est vrai que du roi la bonté secourable Jette enfin sur la muse un regard favorable, mut.. Sat. i. Je m'occupe, je pense, et j'ai pour volupté Ce charme que le ciel attache à la bonté, st-lambert, Saiso/is,