BOO
lliier. |l Bonté divine! Bonté du ciel ! Bonté de Dieu! sorte d'exclamation qui exprime la surprise. || 4" Au plur. Actes de bienveillance. Que la roi ne a pour moi des bontés que j'admire! corn. Nicom. iv, 2. Où sont, Dieu de Jacob, tes antiques bontés? rac. Athal: \\ , 5. Thésée à tes fureurs [les fureurs de Neptune] connaîtra tes bontés, id. Phèdr. iv, 2. Henri victorieux voyait de tous côtés Les ligueurs sans défense implorant ses bontés, volt. Jlenr. Vin. J] 5° La bonté, des bontés, termes de politesse. Je suis confus de vos bontés. Ayez la bonté de m'apprendre ce dont il s'agit. Nous allons le remercier des extrêmes bontés qu'il nous fait paraître, mol. [mpr. iO. Si \ous aviez la bonté de me dire la même chose, vous m'obligeriez, pasc. Pror. \. || Ironiquement. Quand je parle, ayez la bonté de vous taire. Ayez la bonté de .sortir d'ici. |] 6° En parlant d'une femme. Elle a de la bonté, des -bontés pour lui, elle témoigne qu'elle a pour lui un sentiment tendre. Elle a quelque bonté pour moi, mol. l'Av. iv, 3. Après tant de bontés dont il perd la mémoire, rac. Andr. n, i. J'y suis encor, malgré tes infidélités, Et malgré tous mes Grecs honteux de mes bontés, id. ib. iv, 5. C'est trop me faire entendre, Madame, mon bonheur, mon crime, vos bontés, m. Brit. m, 7. De mes lâches bontés mon courage est confus, id. Andr. iv, 3. || 7° Trop grande facilité. Tu as trop de bonté pour lui. C'est pousser la bonté trop loin. || 8° Dans la phrénologie, d'après Gall, sentiment naturel de l'homme et des animaux auquel on attribue un organe placé au milieu de la partie supérieure du cerveau.
— SYN. 1. le bon, la bonté. Le bon est l'idée abstraite de ce qui est bien. L'homme vertueux a pour guide dans sa conduite l'idée du bon. comme l'artiste a pour guide dans ses œuvres l'idée du beau. La bonté est ce bon, cette idée abstraite, réalisée dans la pratique. || 2. bonté, humanité, sensibilité. L'homme humain soulage les souffrances, les infortunes. L'homme sensible en est ému, et y compatit. Mais bonté dit plus que tout cela; l'homme bon non-seulement ressent la miséricorde , non-seulement soulage effectivement, mais encore étend sa bonté sjr tous les autres rapports de la vie : il est bon avec ses enfants, avec sa femme, avec ses égaux, avec ses inférieurs.
— HIST. xie s. Que plus n'i a d'honneur et de bontôt, Cli. de Roi. xxxix. || xne s. Espeire el Seignur, e l'ai buntet, Liber psalm. p. 4C. [Il] Reclama Dcu et les soies bontez, Bonc. p. 53. Et je ne's [ne les] eslis mie pour le leur nuisement; Pour leur bonté [valeur] [je] le di; ne nul mal n'i entent, Sax. xxi. || xme s. Avec beauté vous est bonté donnée ; Si [je] me doi moultlouer et cher tenir, Quand j'ai beauté et bonté enamée, vidame de Chartres, Romancero, p. 1 15. Si qu'à Dieu et au siècle la bonté de vous père [paraisse], Bcrte, iv. Car mis n'est de si haut, lignage, Ne nus ne trueve l'en si sage, Ne qui tant ait autres bontés [qualités] Qui par amors no soit dontés, la Rose, 4353. Car bonté faite par prière Est trop malement chier vendue À cuers qui sunt de grant value, ib. 4728. Dites-moi que cist sont, Estatins l'Esnasés? — Estatins respondi : C'est des Frans li bontés [l'élite]; Li uns est Bruiemons par son nom apelés, Ch. d'Ant. n, 310. [| xve s. Et pour ce est il dit de plusieurs vaillants trespassés, de qui les noms et bontés sont, mis en mémoire, que ils ne sont pas morts, ains vivent, Bouciq. Prol. || xvi" s. Cette telle preud hommie naturelle et aysée et comme née avec nous, s'appelleproprement bonté, qualité d'ame bien née el réglée, charron. Sagesse, n, 3.
— ÉTYM. Provenç. bon'tat ; espagn. bondad; portug. bondade; ital. bontà; de bonitatem, de bonus
(Voy. BON).
t BON-TOUR (bon-tour), s. m. Terme de manne. Évolution d'un bâtiment affourché, qui évite de faire croiser les deux cables qu'il a dehors.
BONZE (bon-z'), s. m. Prêtre chinois ou japonais de la religion bouddhiste. Ce Dieu.... Méconnu par le bonze, insulté par vos maîtres, volt. Orphcl. î, «. La Mort auprès de lui [Dieu], fille affreuse du Temps, De ce triste univers conduit les habitants, Elle amène à la fois les bonzes, les brachman Du grand Confucius les disciples profanes, m,
Henr. va. || Au fém. Les Chinois et les Jaj ais
seuls ont quelques bonzesses, volt. Mœurs, 139, || Des dictionnaires donnent aussi bonzelle.
— étym. Japonais, bozu, prêtre.
f BONZERIE (bon-ze-rie), s. f. Monastère de bonzes.
— ÉTYM. Bonze.
f BOOTÈS (ho-o-tès'), s. m. Nom grec, quelquefois employé, de la constehVvm du Bouvier.
BOR
BOR
BOR
— ÉTYM. Boiôttic, bouvier, de poûç, bœuf (voy. hœuf).
fBOQUET (bo-kèi, s. m. Sorte de pelle creuse à l'usage des jardiniers et des sauniers.
f BOQUETEAU (bo-ke-tô) , s. m. Petit bois. Le renard fait la même manœuvre dans les boqueteaux où l'on prend les bécasses au lacet, buff. Renm d
— hist. xvc s. Si issirent tous hors, et mirent leurs armures hors, et entrèrent, à la couverte, en
un petit boquetel d'un aulnoy, fhoiss. ir, n, l!
Et s'en vinrent loger en un petit bosquetel, m. il,
— ÉTYM. Diminutif de bosquet.
f BOQUETTE (bo-kè-f) , s. f. Sorte de pinces à l'usage du coffretier.
| BOQUETTIER (bo-kè-tié) , s. m. Un des noms vulgaires du pommier sauvage.
BOQUILLON (bo-ki-llon, il mouillées), s. m. Bûcheron. Et boquillons de perdre leur outil, la font. Fab. v, l. Il est vieux.
— HIST. XIIIe s. Dire vous voel d'un chevalier Chevauchant, et d'un escuier, Et d'un boskillon moltpreudomme, Qui ert venus querre une somme De buschesau bos.... Mahommet, 226. ||xive s. Lors a chaseun mucié armeiire et espée; À loi de bosquillon ont chargié lorramée, Guescl. 902.
— ÉTYM. Autre forme de bûcheron (voy. ce mot); picard, bottillon, boukitlon. Boquillon se retrouve dans Bosquillon, nom d'un médecin qui a eu quelque réputation à Paris, au commencement du xix° siècle.
BOBACIQUE(bo-ra-si-k'), adj. Terme de chimie. Voy. BORIQUE.
t BORACITE (bo-ra-si-f), s. f. Substance vite euse qu'on trouve dans les carrières de plâtre (sous4)orate de magnésie).
— étym. Borax.
f BORASSEAU (bo-ra-sô), BORAXOIR (bo-raksoir), BOROCHOIR (bo-ro-choir), s. m. Botte contenant du borax, à l'usage des soudeurs.
— ÉTYM. Borax.
f BORATE (bo-ra-f), s. m. Terme de chimie. Genre de sels formés par l'acide borique avec les bases salifiables.
f BORATE; ÉE (bo-ra-té, tée), adj. Terme de chimie. Qui contient de l'acide borique. Magnésie boratée.
— ÉTYM. Borat e.
BORAX (bo-raks'), s. m. Sous-borate de soude.
— HIST. xvie s. Le bourras n'est que sel , l'alun sel, palissy, 22. Le borras des anciens qu'ils nomment chrysocolla , estoit pris es canaux d'eau qui distiloit des minières de cuivre et de saphre, id.
— ÉTYM. Arabe, bôrac, du persan bourah. BORBORYGME (bor-bo-ri-gm'), s. m. Terme de
médecine. Bruit sourd, murmure, produit dans l'abdomen par le déplacement des gaz intestinaux.
— ■ HIST. xvr s. Si on oit des vents estre contenus au ventre inférieur, qu'Hippocrates appelle borborygmes, on juge estre une colique venteuse, paré, Introd. 23.
— ÉTYM. BopSopvyu.è;, de popêopûÇetV, gargouiller, de pôpêopo;, bourbe (voy. bourbe).
BORD (bor; le d ne se lie pas : un bord escarpé, dites : un bor escarpé; Vs au pluriel ne se lie pas : . des bords escarpés, dites : des bor escarpés; cependant plusieurs font la liaison : des bor-z escarpés), s. m. j| 1° Terme de marine. Côté d'un vaisseau. Le bord du vaisseau fut enfoncé par une lame furieuse. || Le bord du vent, le bord qui est du côté d'où le vent souffle, par opposition au bord sous le vent, qui est l'autre bord. || Bouler bord sur bord, éprouver un roulis continu. || Virer de bord, changer de route; et au figuré, changer de conduite. || Vaisseau de haut bord, autrefois, tout bâtiment qui naviguait au long cours, par opposition aux petits bâtiments plats qu'on désignait sous le nom de vaisseaux de bas bord; aujourd'hui vaisseau de guerre à plusieurs ponts. || Bord à bord , locution adverbiale qui s'emploie pour exprimer la proximité, de deux bâtiments. Les deux vaisseaux étant bord abord. || Par extension. La rivière est bord à bord du quai, elle est si haute que le bord de la rivière se confond avec le bord du ,iuai, elle affleure le quai. || 2° Bordée. Le navire courait des bords. Courir bord sur bord, louvoyer à petites bordées, de manière à ne guère changer de place || Le bon bord, la bordée qui rapproche du but; le mauvais bord, celle qui en éloigne; et au figuré, courir le bon bord, se livrer à la piraterie; et, par extension, faire des siennes. La connétable Colonne ne contraignit pas ses mœurs à Rome, ni
le çourii le bon bord, du vivant et surtout depuis la i lort de son mari , st-sim. i 4 o , 1 8.2. ||Fig. etdans le langage familier, être du bord de quelqu'un, être de son avis, de son parti. Il verra M. de Seignelay dans son bord, sév. 569. Nous disons maintenant, non pas dans son bord, mais de son bord. || Il est seul de son bord, il est seul de son avis. || 3° Le vaisseau même. Étant passé de son bord sur celui de l'amiral. Aller ou monter à bord. Aussitôt tous les équipages furent à bord. Mettre à bord.Achillas à son bord [au bord du vaisseau de Pompée] joint son esquif funeste, corn. M. de Pomp. n , 2. Vingt corsaires pourtant montèrent sur son bord, la font. Fianc. Le capitaine me prit à son bord avec mon domestique, chateaub. Ititi. 6. || Abord! commandementde revenir au vaisseau. || 4° Extrémité d'une surface quelconque, par comparaison avec le bord d'un vaisseau. Les bords d'un bouclier. Les bords d'un chapeau. Frotter d'un topique les bords d'une plaie. |] 5° Rivage de la mer. Il s'avança jusqu'au bord de la mer. Suivre le bord de la mer. Venir ou arriver à bord. L'honneur est comme une île escarpée et sans bords, boil. Sat. x. N'est-ce pas nous rendre au naufrage Après nous avoir mis à bord? malh. m, t. Un nautonier s'offre aie mettre à bord, Mais ce pilote est l'ami du naufrage, millev. l'Amour naut. || Par extension, en langage poétique, région, pays. Se fixer sur les bords ausoniens. Je demande Thésée aux peuples de ces bords.... rac. Phèd. I, t. Achille était absent, et, son père Pelée L'avait, tu t'en souviens, rappelé de ces bords, in. Iphig. I, f. Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée, id. Phèd. i, 3. || Les sombres bords, la demeure des morts. On ne voit point deux fois le rivage des morts, Seigneur; puisque Thésée a vu les sombres bords, En vain vous espérez qu'un Dieu vous le renvoie, rac. Phèd. n, r>. || Fig. Moi qui.... Pensais toujours du bord contempler les orages, rac. Phèdr. Il, 2. Alors sa charité rompit les bords, fléch. Aig. Faut-il sans boire abandonner ce bord [la vie]? Priez pour moi , je suis mort, je suis mort , bérang. Mort rivant. || 6° Le rivage d'un fleuve, d'une rivière, d'un lac, d'un torrent. Sur le bord d'un fleuve, d'un ruisseau. Les bords du Rhône, de l'Eurotas. Ensuivant les bords du lac de Genève. Couler à pleins bords. Tel en un secret vallon, Sur le bord d'une onde pure, Croît à l'abri de l'aquilon Un jeune lis, l'amour de la nature, rac. Aih. il, 9. En même temps que l'eau [d'un fleuve] les a rongés [ses bords], elle a élargi son lit, c'est-à-dire qu'elle a perdu de sa hauteur et de sa force ; ce qui étant arrivé à un certain point, il se fait encore un équilibre entre la force de l'eau et la résistance des bords, et les bords sont établis, fonten. Guglielmini. Mon lac est le premier; c'est sur ses bords heureux Qu'habite des humains la déesse éternelle, L'âme des grands travaux, l'objet des nobles vœux, Que tout mortel embrasse ou désire ou rappelle, La liberté.... volt. Épît. 76. || .7° Ce qui borde un puits, une fontaine, un fossé. Le bord d'un puits. Narcisse couché sur le bord de la fontaine. || Fig. Vieillard qui est sur le bord du tombeau, sur le bord de sa fosse. Il arrête un ami sur le bord de l'abîme. Être au bord du précipice.'Cette bouteille donna la mort au pape, et mit son fils au bord du tombeau, volt. Mœurs, 111. Vois-je l'État penchant au bord du précipice? rac. Bérén. iv, 4. Je leur semai de fleurs le bord des précipices, id. Athal. m, 3. Les dieux nous ont conduits jusqu'au bord de l'abîme, fén. Tél. vu. Quand nous sommes aux bords d'une pleine victoire.... corn. Sertor. il, 2. 11 n'était pas sur les bords du sommeil que.... la font. Rem. || 8° Limite d'un chemin. Maison de campagne qui est au bord de la route. || 9° Orifice d'un vase. Remplir un verre jusqu'aux bords. De peur que je n'en gronde, Verse au moins jusqu'au bord , bérang. Inf. de Lis. C'est l'orgie opulente enviée au dehors, Contente, épanouie, Qui rit, et qui chancelle , et qui boit à pleins bords , De flambeaux éblouie, v. hugo, Crépusc. 33. || Familièrement. Un rouge bord, un verre plein.de vin jusqu'au bord. Boire des rouges bords. Boire à rouge bord. Un laquais effronté m'apporte un rouge bord D'un auvernat fumeux qui, mêlé de lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage, boil. Sal. m. || 10° Bout en parlant des lèvres. Mouiller le bord de ses lèvres. || Avoir un mot sur le bord des lèvres, être sur le point de se le rappeler et de le prononcer. Avoir un aveu sur le bord des lèvres, être tout disposé à le faire. || Fig. Avoir l'âme sur le bord des lèvres,
mourir. || Tour des yeux. Il a le bord des yeux rouge et malade. || Bordure d'un vêtement. Tunique ayant un bord de pourpre. Heureux ceux
qui purent seulement toucher le bord de ses vêtements. || Ruban, galon, qui serl à border. Un mètre de bord. || Endroit oùla cloche a le plus d'épaisseur. || Bord de front, tresses qui se placent sur le bord d'une perruque.
— SYN. bord, côte, rive, !;ivace. En généralla bande de terre qui limite et contient une eau. Bord est le terme le plus général; toute eau a des bords; au lieu que la côte ne se dit que de la mer et s'élève audessus des flots qu'elle domine. Bord exprimant ce qui borde, ce qui contient, et côte ce qui domine et est élevé, rive et rivage expriment ce qui n'a ni l'une ni l'autre de ces conditions, et ne sont considérés que comme la langue de terre adjacente à un cours d'eau. La mer, les fleuves, les grandes rivières, qui ont seuls des rivages, ont des rives comme les ruisseaux.
— HIST. xme s. À tant se sontempaint en mer. En retraiant pour avoir bort; Toutes les nés issenl 'lu port, FI. et Bl. 1380. || xive s. Sa nef.... Tu en celé emprise douteuse Bort à bort contre l'orgueilleuse, Qui si fut très durement grande, Branche des royaux lignages, t.n.p. 375. À Huguelin de Champdivers, enlumineur de livres, pour sa paine et sallaire d'avoir enluminé parles hors et relié une grant heures pour monseigneur le duc de Thourraine, de laborde, Émaux, p. 169. Mais au bort du fossé vint li ducs chiere lie, Et voit les assaillants faisant gran envaïe, Guescl. 19997. || xvcs. Ne jouez plus de vostre sort, Car trop le passez oultre boit, en. d'ohl. Bal. 9i. H xvie s. Aratus non pour cela ne voulut oneques .y mener ses citoyens [au camp ennemi] , ains les arresta sur le bord d'une grande baricave qu'il y avoit entre deux, et les engarda de passer oultre, amyot, Aratus, 45.
— ÉTYM. Espagn. et ital. bordo ; de l'anc. haut allem. bort, bord d'un vaisseau. Il y a aussi dans le celtique :gaél. bord, planche; cornw. bord; kymri, burdd, table; et dans le germanique : anc. scand. bord; anc. haut allem. bort, table, planche. Le bord est donc proprement une planche; et l'étymologie permet de saisir l'enchaînement des significations. La première est celle de bord d'un vaisseau, c'està-dire ouvrage fait en planches; puis, par métonymie, ce qui borde, ce qui renferme, ce qui limite, ce qui est à l'extrémité.
1. BORDAGE (bor-da-j'), s. m. || 1° Terme de marine. Planches épaisses qui forment le revêtement île la membrure intérieure d'un navire. || 2" Ce qui borde une chose. Ce pont se posait sur deux gros cailloux qui servaient de bordages à 1 eau n cet endroit-là, la font. Psyché, n, p. 119. || 3° Action, manière de border un soulier, un chapeau, un habi || Le prix de ce travail. || Bandes de papier gris collées au pourtour des toiles tendues. H Dans les constructions hydrauliques, planches qui revêtent le coffre renfermant la maçonnerie pour fonder la jetée.
— étym. Border.
f 2.. BORDAGE (bor-da-j') , s. m. Terrr» d'ancienne coutume. Tenure, en Normandie, moyen nant une redevance pour la table.
— ÉTYM. Borde.
f BORDAILLE (bor-dà-lF, Il mouillées), s. f. Terme de marine. Le bord d'un navire considéré dans toute son étendue. || Planches non dégrossies servant à former l'enveloppe du navire.
— ÉTYM. Bord.
BORDA1LLER (bor-da-llé, Il mouillées), v. n. Terme de marine. Voy. borûf.\ek.
f BORDANT, ANTE (bor-dan, dan-f), adj. Qui borde. || S. m. Terme de marine. Le cordage inférieur d'une voile.
f BORD-CONTRE (bor-kon-lr'). Terme de marine. Courir à bord-contre, louvoyer, changer de bord, en se dirigeant toujours vers le même but.
f BORD-DROIT (bor-droi). Terme de marine. Courir à bord-droit, coupera angle droit la tion d'un autre navire
f BORDE (bor-d') , s. f. Nom employé dans que provinces pour désigner une métaii .
— HIST. xmc s. Je puis faire une borde [cab Liv. de just. 130. ||xvie S. Ce n'est pas tout d plaisante forme, Bordes, troupeaux, riche père «t puissant, marot, ni, 29G.
— ÉTYM. Provenç. catal. et ital. borda, cabane; de l'allemand : gotii. baurd; anc. scandin
aut allem. bort, table, planche. Le mot est celtique aussi : gaél. bord, planche. Ce mot i même origine que bord
1 . BORDÉ , ÉE (bor-dé, dée) , part, passé. [| 1" Tarme de marine. Vaisseau bien bordé, vaisseau dont les coutures sont étroites et égales. || Voile bordée,
BOR
eau vent || 2° Entouré, ga letteîleesi
rochers affreux, fén. Ti l. vin. Si ■ i ouge, égarés, seml ' >■.... ré-
. Sat. \. M. le duc, le le Conti trou-
ie chemins bordés de peuple, volt. l.XIV, iii. Le royaume d'Astracan bordi mer i aspienne, de l'autre par : -ues de
. voi i. Russie, i, i. Il n'y avait point . ; min pour y aller qu'un petil si ntier toul le ronces, i\ font. Psyché, u, p. no. I, 3" Terme il'1 blason. Qui i
île métal ou d'une couleur différente.
2. BORDE (bor-dé), s. m. Gaina d'or, d'argenl ou t!e soie, qui sert à border les vêtements, le, meu
fBORDEAU (bor-dô), s. m. Vieux pour bordel (voy. cemol). Qui mettent à l'encan l'honneur dans les . ' ; iv.... \ ivait au cabaret rir au bordeau, id. Sut. x. Mot trê
BORDEAUX (VIN DE) (bor-dô) ou vulgairetermes de commi rce, BORDEAUX, s. m.
Produit des vignobles des environs de Bordeaux. Bordeaux rouge. Bordeaux blanc. Bord a
rdeaux, Le rnursaulx, L'aï que l'on chant donc enfin tn'ètre connus, bërang. 50 éc
BORDÉE (bor-dée), s. f. || 1° Terme de marine. La bordée est toute la ligne d'artillerie qui est sur le flanc d'un \ ûseau. JJ 2° Décharge simultanée de tous les canons d'un même cô du va u. Essuyer une bordé iàcha à l'autre une bor-
dée, d. 20. L'amiral [Blake] lui lâche [à
Jean d i s] une bordée à boulets rouges, id.
Viol, xxiv, 9. || Fig. i I d'injures, injuri =
nombreuses el violentes. C'était le seul homme qui l'eût subjugué [M. le duc], et qui lui lâchait quelquefois des bordées effroyables, st-sim. 264, 30. M. Freind la ssa passer cette première bordée [d'objections] qui frappait toutes les imaginations, volt. Jciuii, 9. || 3" Chemin quefait un bâtiment, jusqu'à ce qu'il revire de bord. Courir à la même bordée ou, simplement, courir la même bordée, avancer du même bord. Faire plusieurs bordées, i <■■, fois de bord. Nous fûmes obligés de courir des borentre l'île et la cote d'Asie, chateaub. Itin.
— 1. rv. M. Bord.
BORDEL (bor-dèl), s. m. Lieu de prostitution.
Mot ti - et dont on ne se sert pas en bonne
compagnie.
— HIST. xiic s. Car qui veit le bordel son alumé, Il ad pour del suen.... Tli. le mart. 90. Que faites-vos, signor roi, que fui' ... ' reiz-vos donc un alaitant enfant en une vile bordele et envelopeit en vils dras1? beb i. 550. || xme s. [Homme qui] Miex ne : ;tre meser, Et ladres vivre en un bord I Qu mort avoir ne le trespas, FI. et Bl. 102*. Tout premier vou dirons d'un chevalier qui fu pris au bordel, ioinv. 267. || xvie s. Oster les bordels publicques.... mont, ii, 350. L'on envoyé la conscience au bordel, et l'on tient sa coin en règle; tout cela e ;t monstrueux, et ne se trouve rien de semblable iuj b .tes, charron. Sagesse
— ÉTYM. Dérivé de borde. Nancy, bordel, lavoirpublic avec un petit abri, provenç. bordel, lieu de prostitution; catal bordell; espa ital. bordello. Ce mot signifie proprement une cabane et a été ainsi employé par les plus a auteurs; mais, dès le temps de Joinville, il avail été dégradé au sens qu'il a aujourd'hui.
t BORDELAJE (bor-de-la-j'). s. m.
tienne coutume. Droh leigneurial, péciale
Nivernais, en vertu duquel le seigneur peu
tie des revenus de l'héritage.
— ■ ÉTYM. Bordel, dans le sens d'habh ition rurale f BORDELIER (bor-de-lié), s. m. Celui qui hante
les lieux i\a prostitution.
— HIST. xnie s. Li autre en seront diffamé, Ribaut et bordelier clamé, la Rose, 20964. || xve s. Le quel estoitung homme ribleux, bordelier, tavernier et de mauvaise vie, du cange, borda.
— éty.m. Bordel.
tBORDEMENT (bor-de-man) , s. m. Terme de
peinture. Manière d'employer les émaux clairs, en les couchant à plat, bordés du môme métal sur lequel on les applique. Ceux dont le champ est tout <i émail sont sans bordemeni || Saillie d'une plaque d or ou de cuivre qui sert à retenir l'émail.
— étym. Border.
tBORDKNEAU (bor-de-nô), s. m. 'terme de pêche. Voy. bo un i 1.
t BORDE-PLATS (bor-de-pla), s. m. Terme de
BOR
BOR
■. Cei tain découpures donl on garnit le lats |i .lit plur. Des borde plats.
— Etym. Border, p • t.
BORDER (boi , v. a. || 1° Terme de marine. Revêtir de bordages la membrure d'un navire. il 2" Étendre le long de certaines choses en forme de bords. I es ga sons donl un printemps éternel bor- 11 île, fén. Tel. 1. Il Par extension, border un champ de fossés, de haies. || Terme de peinture et vure. Entourer les figures d'un tableau dune iqui les fasse ressortir. Garnir de cire les bords i un planche de cuivre afin de retenir l'eau forte. irder une allée, un parterre, y mettre une bordure. U 3° Occuper le bord. Nous ne pouvons border tous ces retranchements, volt. Louis XIV, 19. Des légions entières Marchent sur son passage et bordent les frontières, id. Triumv. u, 2. Le gouverneur fit border d'infanterie la route que René devait suivre, chateaub. Natch. 11, 238. Il Border la haie, en parlant de troupes, être rangé en longue ligne sur le chemin que doit parcourir un coi La cavalerie bordait la haie. || Border la haie s'est dit aussi d'une manière particulière de tirer, lorsqu'une troupe d'infanterie étant sur trois lignes, la ' ' met un genou en terre, la seconde se penir l'épaule des premiers, et la troisième se tient debout, pour tirer ensemble sans crainte de se blesser mutuellement. || 4° Border un lit, replier le bord de la couverture sous le premier matelas. || -Terme de marine. Border une voile, la tendre par en bas. Border les écoutes a le même sens. || 5°Garnirle bord d'une étoffe, d'un vêtement avec un ruban, un galon. Border des souliers. || 6° Terme de marine. 1. La flotte ne fit que border les côtes. Border un vaisseau ennemi, le suivre de côté pour l'observer. || Dans un sens analogue. Si un mobile on une minute borde l'espace ACB qui contiendra tOO milles d'aire, il doit border en deux minutes un espace BCD de 200 milles, volt. Newt. m, 4. || Border les avirons, les mettre en place sur le bord de l'embarcation.
— HIST. XIIIe s. Nus ne nulle ne puet border d'or de Luque chapiaus ne ataches ne treçons à boines pelles [perles], fors de boin or ou de fine soie, Liv. des met: 193. || xv* s. Elle est d'ennuy si fort bor-
lieuscet quel'ay chiereachaptée, Sans gueres d'argent de plaisir, ch. d'orl. Rond. Le soleil ses rayes envoyoit et despartoit dessus la terre peinte et bordée de belles fleurs, louis xi, Nouvelles, xn. [J xvie s. Les nations qui bordent la mer Méditerranée, mont. 1, 231. Deux ruisseaux bordez de beaux arbres, id.ii, 46. Il fit border leur pavois tout alentour d'une lame de cuivre, amyot, tain. 68.
— etym. Bord; bourguig. bodai.
IIEREAU (bor-de-rô), s. m. Note explicative
et détaillée article par article. || État des espèces diverses qui composent une somme ou le montant
caisse. || Bordereau décaisse, note où sont 111-
un à un les payements et recouvrements à fau-e clans la journée. || Bordereau d'escompte, note méth idique et détaillée des billets, lettres de change ou valeurs présentées a l'escompte. Faire un bordereau, escompter, négocier les valeurs énumérées
ur le bordereau. || Bordereau de compte, récapitulation et balance du débit et du crédit. || Bordereau d'agent de change, état de ses opérations. C'est un de ces magasins de marchandises mêlées dont il n'y a proprement que le bordereau qui lui appartienne, dider. I.clt. sur les sourds et muets. Dans un an qu'il fera beau Voir le nourrisson d'Horace Dresser état, bordereau, Et tirer de place en place chaul. « J. B. Houss. Il Terme d'imprimerie. Compte remis parles ouvriers pour recevoir ce qui leur est dû. Il Bordereau d'inscription hypothécaire, état des créances à raison desquelles on requiert inscription d'hypothèque. Il Bordereau d'ordre, extrait du procès-verbal d'ordre délivré par le greffier du créancier colloque.
— ÉTYM. Diminutif de bord, petit bord de papier, de pâj 1 hemin.
t BORDERIE (bor-de-rie), s. f. Se dit, dans quel ques départements et surtout dans la Provence pour une petite métairie. j| En Poitou, la quantité de terres labourées par deux bœufs dans l'année.
— HIST. xvc s. Une borderie qui contient en soy six sexterées de terre, du cange, borda. ||xvies. Et donnèrent leurs fermes, borderieset métairies à tenir et cultiver à leurs serviteurs, yver, p. G5o. Me-
clozeries, borderies, cassines, carl. 11 m
— ÉTYM. !'■ fBORDEYER (boi le-ié), v. n. Terme de marine.
ner altéra tivement d'un côté et de l'autre, lorsqu'on n'a point le vent favorable. Nous bor-
deyâmes toute la nuit dans cette incertitude retz
— étym. Bord; ital. bordepgiare.
I.BORDIER(bor-dié), adj. || Ie Terme de marine Un bâtiment bord, ,T, et, substantivement, un bordier, bâtiment qui a un côté plus fort que l'autre. Il 2° Dans 1 ancienne administration, celui dont les terres touchaient au grand chemin.
— ÉTYM. Bord.
f 2. BORDIER (bor-dié), s. m. En certaines provinces, celui qui loue une ferme à condition départager les produits, métayer.
— HIST. xic s. Pur un diner que il [le seigneur] * donrat, si erent [seront] quite si bordier Lois de Guill. 18.
— étym. Borde.
BORDIGUE (bor-di-gh') , s. f. Terme de pêche. En-
ceinte formée avec des claies, sur le bord de la mer, pour prendre du poisson ou pour le conserver vivant'.
— ÉTYM. Bas-lat. bordigala, burdicala, bordigolum, burdigalum, burdiculum. Ce mot parait être quelque diminutif de borda , borde, cabane
f BORD-OPPOSÉ (bo-ro-po-zé) , s. m. Terme de marine. Route suivie par deux bâtiments qui, orientés sous des amures différentes, laissent derrière eux le sommet de l'angle de leurs routes.
t BORDOYER (bor-do-ié), v. a. Terme de peinture et de gravure. Border, entourer. || Coucher l'émail à plat sur une plaque de métal bordée. || Devenir louche, faire un mauvais effet, eu parlant des émaux clairs.
— étym. Bord. C'est le même mot que bordeyer bien qu'avec un sens différent.
BORDURE (bor-du-r'j, s. f. || 1" Ce qui garnit le bord de quelque chose. La bordure d'un chapeau. Il La bordure d'un bois, les arbres qui en forment la lisière. || La bordure d'une allée, les fleurs, les herbes dont on garnit le bord d'une allée. Une 'bordure de thym. || Bordure de pavé, rang de gros pavés qui retiennent chacun des deux côtés d'une chaussée. || 2" Cadre d'un tableau, d'une gravure. Il Fig. Le Meschascébé formait la bordure du tableau avec une inconcevable grandeur, chateaub. René, 168. Il Par extension. La reine Gisèle était boigne; ses yeux de travers avaient une bordure d'écarlate fén. xix, 7. Il 3" Terme de blason. Brisure qui entoure l'écu et qui est toujours différente de l'émail del'écu. Il 4° Terme de marine. Bord inférieur d'une voile. Il 5° Terme de jeux. Certain nombre de numéros, compris dans les colonnes droites, à la belle et au biribi.
— HIST. xme s. Auques [un peu] près de la bordeure, la Rose, 2t88i. || xive s. Esmerez fu vestis d'une robe jolie, Qui estoit de fin or, à broudure furnie, Baud. de Seb. 11, 870. || xvr s. Voyans la belle brodeure de canetille, rab. Garg. 1, 8. Pour ces guands furent mises en œuvre sezepeaulx de lutins, et troysde loups guarous, pour la brodeure d'yeeulx, id. ib. La robbe virile estoit une robbe longue pure sans brodure ny enrichisseure de pourpre, amyot, Anton. 92. Ils font premièrement monter la moitié de leur infanterie, qui en s'estendant se couchoient du ventre sur la brodure [du fossé] pour n'estre point veus, d'aub. Hist. 1, 312. Donnez-leur une guerre juste, profitable et facile, juste contre celui qui vous a rongné les bordures de la France, id. ib. u, 8. Les murtes, la lavande, la rosmarine, la trufemande et le bouïs sont les plus propres plantes pour bordures, 0. de serres, 580.
— ÉTYM. Border. Anciennement, bordure et brodure se confondaient.
f BORDURE, ÉE (bor-du-ré, rée) , adj. Garni d'une bordure. Étoffe bordurée.
— ÉTYM. Bordure.
BORE (bo-r'), s. m. Terme de chimie. Corps simple métalloïde, radical de l'acide borique.
— ÉTYM. Borax.
BORÉAL, ALE (bo-ré-al, a-1'), adj. Qui est ou
qui se montre du côté du nord. Le pôle boréal. Les climats boréaux. Autrefois nos nations de la zone tempérée n'imaginaient pas que la terre fût habitée au delà du cinquantième degré de latitude boréale, volt. Lettr. Bailly, 9 février (776. || Aurore boréale, phénomène lumineux qui se montre particulièrement dans les contrées boréales et qui dure peu. La philosophie pénètre dans le Nord; l'impératrice de Russie dit que ce n'est qu'une aurore boréale; et moi je pense que cette nouvelle lumière sera permanente, volt. Leltr. Marmontel , 20 déc. 1760.
— REM. Le pluriel masculin boréaux est fort peu usité; mais le langage scientifique emploie et recommande un pluriel qui est tout à fait utile.
— ÉTYM. Borealis, de Boreas, Borée.
BOR
BOR
ROR
BORÉE (bo-rée) . s. m. Le vent du nord. 11 est du style poétique.
— hist. xmc s. La boire ne laissa sa nef prendre, Uùt. OCcicL des Croisades, t. n, p. 3 lu. Devers la boire estoit le légat, ib. p. 337.
— ÉTYM. Bopéaç, qui, d'après Max. Mûller (Leetwres on the science of lenguage, 2* sér.. p. 8, n° 2), «-t proprement le vent des montagnes, de [iov.:, autre l'orme de ôpoç, montagne.
f BORGNAT (bor-gna), s. m. Un des noms vulgaires du roitelet.
BORGNE (bor-gn'), adj. || i° X qui il manque un œil, détruit ou devenu incapable de voir. Homme, femme, cheval borgne. Où toujours le héros passe pour sans pareil , Et , fût-il louche ou borgne, est réputé soleil, boil. Ép. ix. || Fig. Changer son cheval lwrgne contre un aveugle, changer une position médiocre pour une pire. || Jaser comme un pie b n gne, babiller, parler sans cesse. || 2° Fig. Chétif, sans apparence. La maréchale d'Humières se retira dans une maison borgne, au dehors des Carmélites du faubourg Saint-Jacques, st-sim. 23, U. || Un cabaret borgne, cabaret mal famé ou de mauvaise apparence. || Un compte borgne, compte dont les articles ne sont pas clairs. || Un conte borgne, un conte ridicule, sans vraisemblance. || Chou borgne, chou privé de bourgeon terminal, ce qui l'empêche de pommer. || Téton borgne, téton qui n'a pas de mamelon. Je m'aperçus qu'elle avait un téton borgne, j. j. rouss. Confcss. 2e part. liv. vu, i"4:j-i:ii. I! Terme militaire. Grenade borgne ou aveugle, celle uni s'allume en tombant. || Fenêtre borgne se disait, dans l'ancienne jurisprudence, d'une fenêtre qui donnait du jour, sans donner aucune vue. j| 'ferme de marine. Ancre borgne , ancre qui n'a qu'une patte ou qui est mouillée sans bouée. |] Terme de chirurgie. Fistule borgne, fistule qui n'a qu'une ouverture au dehors sans en avoir dans l'intérieur. || 3° Substantivement, personne borgne. Un vilain borgne. || Nom vulgaire de l'orvet, reptile saurien apode qui passe à tort pour venimeux. || Nom vulgaire de la mésange charbonnière. || Proverbe. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, c'est-à-dire parmi les incapables les gens médiocres ne laissent pas de briller.
— HIST. xne s. Si me disoient par reproche : borgne, borgne.... Liber psalm. p. I8i.||xme s. Un hume borgne unt encontre, Qui le dextre oill avoit perdu, marie de France, Fable 7t. || xiv" s. Mais ce qui plus va mon mal empirant, C'est ce que bien à mon borgne œil parçoy, Qu'à court de roy chascuns y est pour soy, machault, p. 90. || xvie s. Entre les capitaines anciens, les plus belliqueux, et qui ont fait de plus grandes choses par astuce et ruze de guerre inventée de bon esprit, ont esté borgnes comme Philippus, Antigonus, Hannibal et Sertorius, amyût, Sertor. I. Une borgne aime un garçon qui en rien De bonne grâce et de beauté ne cède, Tant il est beau, au troyen Ganimède, baif dans ménage. Borgne est roy entre aveugles, n. est. Précell. <«o.
— ÉTYM. Bourguig. bane; wallon, boigne; catal. borni ; ital. bornin; limousin, borli. Diez remarque que le sens propre de ce mot est celui de louche, comme on le voit dans le genevois bornicle, celui qui est louche, dans le Jura boumicler, loucher; ce qui le rapproche de l'espagnol bornear, courber, tordre. L'origine est inconnue ; il se pourrait qu'elle fut celtique; du moins il y a en bas-breton born, borgne; mais ce mot, ne se trouvant pas dans les autres langues celtiques, est suspect d'avoir été emprunté au français, au lieu de lui avoir donné naissance.
BORGNESSE (bor-gnè-s') , s. f. Femme ou fille borgne. || Adjectivement. J'ai encore vu Mme de Beauvais veille, chassieuse etborgnesse, à la toilette de la Daupliine de Bavière , st-sim. a, 159. |j Mot qu'il faut éviter, excepté quand on parle pour dénigrer ou pour se moquer. Une méchante borgnesse.
— ÉTYM. llorgne.
■f BORGNIAT (bor-gnia), s. m. Un des noms vulgaires de la bécassine.
| BORIN (bo-rin). s. m. Nom, dans le département du Nord et en Belgique, des ouvriers qui tirent le charbon des houillères
f BORINAGE (bo-ri-na-j'), s. m. L'ensemble des ouvriers qui travaillent dans les houillères, et aussi l'ensemble du travail des houillères.
— Ktym. Borin.
BORIQUE (bo-ri-k"), adj. Terme de chimie. Acide borique. Acide formé d'oxygène et de boie.
— ÉTYM. Bore.
BORNAGE (bor-na-j'), s. m. ||1° Terme de jurisprudence. Action de planter des bornes pour marquer les limites d'une propriété rurale. || 2"Termede marine. Navigation faite par une embarcation jaugeant 25 tonneaux au plus avec faculté de certaines escales.
— HIST. xine s. Li baillis n'a pas pooir de fere bonnage ne de vendre l'eritage son segneur etl'au-
trui, EEAUM. 31.
— ÉTYM. Borner ; Berry, bounage.
BORNE (bor-n'), s. f. || 1° Tout ce qui sert à séparer deux champs l'un de l'autre. Le grand législateur des Juifs maudit celui qui change les bornes de l'héritage de son prochain, fén. xxii, p. 357. Pics de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain, bép.ano. Sainte alliance des peuples. Astracan est la borne de l'Asie et de l'Europe et peut faire le commerce de l'une et de l'autre, volt. Russie, i, i. || Colonne qui marquait le bout de la carrière dans les cirques anciens. I| Borne milliaire, borne qui servait à indiquer, sur les chemins romains, chaque distance de mille pas. Par extension, sur nos routes, les bornes qui marquent les distances en kilomètres ou même en moins demètres. || Au plur. Tout ce qui sépare un Etat d'un autre. Fixer les bornes d'un empire. Pour étendre les bornes de son royaume, fén. Tél. xiv. |j 2° Extrémité, (in de l'étendue, de la durée. Régions qui n'auraient pas de bornes. Les bornes de la vie. Le ciel qui est sans bornes. Une durée qui n'avait point de bornes. Empire qui n'aura point d'autres bornes que celles du monde, boss. Hist. n, 4. Quand la gloire t'appelle aux bornes de l'Asie.... volt. M. de César, I, \. || 3° Fig. Il donnait la satiété pour borne à ses désirs. Quelles doivent être les bornes de l'affection? Les bornes que je me suis fixées à moimême. Lorsque les passions ont passé toute borne. Douleur sans borne. La nature elle-même y mettra des bornes. Enfermer quelque chose dans des bornes étroites. Rester dans de justes bornes. Il a peine à ne point passer les bornes du devoir. Encore fautil donner des bornes à cette lettre , SÉv. 377. Jésus- Christ n'a pas donné d'autres bornes à sa durée, iioss. Hist. il, t3. Donner des bornes à ses conquêtes, id. ib. ni, o. Les succès de ce prince avaient leurs bornes marquées, id. ib. il, 5. Vous sortez des bornes étroites de votre âge, id. ib. Préf. Ce n'est pas à mon âge, aux bornes de la vie.... volt. Fanât. 1,1. Il fait demeurer la malice Aux bornes de quelque devoir, malh. n, 3. Ce grand esprit à qui Dieu n'a point donné de bornes, balz. Liv. i, lelt. 2. Les mers mettront des bornes à nos fureurs, SÉv. 423. Son orgueil s'éleva au delà de toutes bornes, boss. Hist. m, 4. Passer les bornes de la soumission, id. m, Vêt. t. Le peuple était retenu dans certaines bornes parles périls, id. Hist. m, 1. Franchir les bornes de toute pudeur, pasc. Prot;. \t>. Leur cupidité qui ne souffre point de bornes, id. Prov. <2. Son esprit a des bornes et sa vertu en a aussi, fén. Tél. xn. Qui donnera des bornes à ce torrent? id. ib. xxii. De l'austère pudeur les bornes sont passées, rac. Phèd.m, 3. Quiconque apu franchir les bornes légitimes, id. ib. iv, 2. Sa douleur a été au delà des bornes, sév. 4)5. Ils ne donnent aucunes bornes à leurs attentats, boss. Hist. n, 7. C'est les bornes qu'il faut garder, pasc. Pror. e. J'ai dit quelque chose de la licence où se jettent les esprits quand on ébranle les fondements de la religion et qu'on remue les bornes une fois posées, boss. Reine d'Anglet. Cette grandeur sans borne et cet illustre rang, corn. Cinna, il, A. Vous n'avez point de borne, et votre affection Passe votre promesse et mon ambition, id. Nicorn. iv, 5. Mets enfin quelque borne au mal qui me possède, m. Cid, i, 2. L'ambition s'es-t jouée, sans aucune borne, de la vie des hommes, boss. Hist. n, t. Je saurai mettre une borne à tes dérèglements, mol. Fest.iv, 6. Dans ses prétentions une femme est sans borne, boil. Sat. x. Son orgueil est sans borne ainsi que sa richesse, rac. Esth. n, 9. N" 'li m ne point de borne à ma reconnaissance, id. ib. n, 5. Et leurs opinions [des anabaptistes] mêlées au calvinisme ont fait naître les indépendants, qui n'ont point eu de bornes, boss. Reine d'Anglet. || Sortir des bornes, faire ce qu'il ne convient pas de faire. Ah! le mauvais garnement! Sans respect il sort des bornes, bérang. M. d'école. || 4° Pierres plantées près des murs, à l'encoignure des édifices, à côlô des portes, pour les préserver du choc des voitures; ainsi nommées pour leur resi imblance avec les bornes des chemins, et appelées j : ! I i-iite-roue. || Fig. Il est là planté comme une borne, il ne bouge non plus qu'une borne, il reste debout sans remuer. || Borne-fontaine, petite fon-
taine en forme de borne. || 5° Carreau de vitre en forme de losange.
— hist. xnc s. Laù les bodnes furent mises, Chron. des D. de Norm. 8431 . || xme s. Et quant les bones [à laterrej imetoient, Mainte fois s'entrecombatoient, Et se tolurent ce qu'il porent; Li plus fort les greignors pars orent, la Rose, 9637. Envie fet homme tuer, Et si fet bonnes remuer, Envie fet rooingne» terre, Envie met ou siècle guerre, rùteb. ii, 36. . || xvr s. Je y ay esté jusques on tiou de Gilbathar, et remply les bondes de Hercules, et ay abattu des plus meures, rab. Pant. n, 30. La borne, qui la veult garder, est un bien qui bride la puissance; et qui ne la veult garder, est une preuve et tesmoignage qui argue l'injustice, amyût, Numa, 28. La nature a mis une borne aux richesses, id. Coin m eut lire les poêt. 57.
— ÉTYM. Bourguig. boone ; Berry, bune, hune; bas-lat. bôdina, bôdena, avecl'accent sur bo, comme l'indique l'ancien français bodne ; angl. bound. on trouve dans le celtique bun, l'uni] , bas; kyrnii, bon, base; mais les anciennes formes bodina, bodne, ne permettent pas de recevoir cette étymologie; m il faut recourir, comme Diez, au radical bod , qui subsiste dans le provençal bos-ola, borne, contracté en bola, boula; bas-latin, bodu la; ce radical bod est, d'après Diez, le même que celui de boudin , bouder. La forme régulière est bodne, prononcé et écrit bone ou bonne; bonde est le même avec le déplacement du d; borne est due à l'intercalation accidentelle d'une r, comme dans hurler pour huiler, intercalationqui n'étaitpas rare dansl'ancienne langue et dont il reste quelques traces dans la moderne. La borne serait la chose renflée.
BORNÉ, ÉE (bor-né, née), part, passéeladj. || 1° Qui a reçu des bornes. La France bornée au midi par les Pyrénées. || 2° Restreint, resserré, au propre et au figuré. Borné par le temps. Borné par mon sujet. Borné dans sa durée. Vue bornée par un bois. L'instruction très-bornée des paysans. Appellerai-je homme d'esprit celui qui, borné ou renfermé dans quelque art ou même dans une certaine science.... la bruy. (2. Et nous vous ferons voir tous nos désirs bornés  vous donner en nous des sujets couronnés, corn. Rodog. iv. 3. Les dieux me sont témoins qu'à vous plaire bornée Mon âme à tout s*on sort s'était abandonnée, rac. Mithr. m, 5. [Il n'eût].... vu sa faute bornée D'une [terminée par une] chute infortunée, malh. ii, 2. Raison sur laquelle on peut conclure que les êtres bornés et particuliers ne peuvent jamais être conséquents de l'existence de la substance infinie, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. 5). || 3° Peu considérable. La nature nous a donné des besoins bornés. Une fortune bornée. || 4- Petit, restreint, en parlant de 1'inielligence, de la capacité. Intelligence bornée. Homme d'un esprit borné. Ses lumières sont fort petites et son esprit le plus borné du monde, mol. Pourc. m , i . Le cardinal Fleury , haïssant tout système parce que son esprit était heureusement borné, volt. Louis XV, 3. || Sans capacité, sans intelligence, en parlant des personnes. C'est un homme borné. Que cet enfant est borné! Claude, quelque borné qu'on le suppose, dider. Essai sur Claude. La plupart des législateurs ont été des hommes bornés que le hasard a mis à la tète des autres, et qui n'ont consulté que leurs préjugés et leurs fantaisies, montesq. Lett. pers. 1 29.
BORNER (bor-né), v. a. || 1° Séparer deux choses par des bornes. Borner un champ. || Terme de jardinage. Rapprocher la terre avec le plantoir autour des racines d'un jeune plant qu'on repique. || 2" Fixer les limites, limiter. Le Rhin bornait l'empire romain. Le ciel que rien ne borne. Ma propriété est bornée par un cours d'eau, ou, dans le même sens, je suis borné par un cours d'eau. Ce bois, devenu grand, bornera votre vue. Quoi! jeverrai, seigneur, qu'on borne vos États.... corn. Nie. n, 3. Je sais qu'il [ton État] doit s'accroître, et que tes grands destins Ne le borneront pas chez les peuples latins, id. ib. i, 1. L'Euphrate bornera son empire et le vôtre, rac. Bérén. m, <■ || 3° Fig. Restreindre, circonscrire. Nous avons borné l'enseignement aux premières règles du calcul. Borner son discours. Etre borné par le temps. Ici , dans un vallon bornant tous mes désirs, J'achète à peu de frais de solides plaisirs, boil. Ép. vi. Si vous m'aimez, seigneur, nos mers et nos montagnes Doivent borner vos vœux ainsi que nos Espagnes, corn. Sertor. iv, 2. Et c'est à vous, seigneur, de borner les rigueurs OÙ contre les vaincus s'emportent les vainqueurs, id. Othon, v, 4. Ne borne pas ta gloire à venger un afi front, in. Cid, ni, c. Si votre amour trop prompt
BOS
rient borner sa conquête, ir>. Sertor. i, 3. Pour recel hymen et borner sa grandeur, in. Vtc.
i. 5 si vous trouvez des charmes X. pousser plus
la gloire de vos armes. Nous ne la bi
, yjcom. h. 3. Vous résoudrez-vous point
ce mépris? malh. v, 13. Le ciel en qui
i ie a borné ses amours, m. vi, 12. Porus
i ■- voeux à conquéi r un cœur, i \.c Alex.
iii i ne doit le borner dans sa charité, mass.
i ai ligion n'a pas, comme la ; loute sa gloire à essayer de former un sage ;j, ,..M,> siècle ; elle en a peuplé toutes les villes, duvivier. Mais pour borner enfin s vague propos.... non.. Sat. xi. Voulez-vous | tisseF finir t Quelle fureur les
ni milieu de leur cours? rac. Phèd. i, 3. ml borna la fortune de ce prince, anquetii , Ligue, m, 3» 9'. Borneriez-vous ainsi la supuissance? Lui défendriez-vous d'exercer sa volt. Désastre de Lisbonne. || 4° Se borrêfl.Se prescrire des bornes, se restreindre, sr à. Se borner au strict nécessaire. Qu'il ne i<- pas à des peines légères , bac. Phèd. iv, 6. us dire simplement les l'an -, I.,n. Trudaine, 23 déc. 1775. || Absolument. Qui no borner ne sut jamais écrire , boileau, Artp. i. || 5» Être borné. De qui toute l'envie Est de voir ta grandeur aux Indes se borner, malh. i, 12. || On a dit, mus moins bien, se borner dans. Sa vue, qui aurait dû s'étendre sur tout le royaume, se bornait dans l'enceinte de la cour, mably. h, p. i36.|| Se borner n ciproquement. s ii est des contraires dans l'ordre el l'arrangement de l'univers, ce sont ces différents degrés de force qui se bornent les uns les autre , . Réfutation de Spinosa .
— H1ST. xiii° s. Donques, convient il que cil qui veut bonnet, bonne en se [sa] terre tant solement, sans passer en le [la] terre de son voisin, i xxiv, 26. ||xvi* s. Ce fut Numa qui premier borna le territoire de Rome, ce que Romulus n'avoil jamais voulu faire, amyot, Numa, 29. Il se borna plus loing [étendit les bornes de l'empire], il rompit le pouvoir De l'heureux adversaire, et trompa son sçavoir, dubell. vin, 25, recto.
— ÉTYM. Borne; Berry , bouner; provençal, bo}ilar.
fBORNOrS (bor-nous'), s. m. Voy. bournous.
BORNOYÉ, ÉE (bor-no-ié, iée), part. passé. Allée non boni
BOBNOYER (bor'-no-ié); je bornoie, tu bornoies, ilbornoie, nous bornoyons, vous bornoyez, ils bornoient; je bornoyais, nous bornoyions, vous bornoyiez; je bornoyai; je bornoierai; je bornoii que je bornoie, que nous bornoyions, que vous bornoyiez, qu'ils bornoient; bornoyant; bon ». a. H 1" Regarder d'un oeil en fermant l'autre, pour r un alignement, pour juger si une règle est droite, une surface plane. || 2" Placer des jalon, de distance en distance pour tracer la ligne des fondations d'un mur, ou d'une rangée d'arbres.
— uem. Bornoyer est pour borgnoyer, adoucissement imposé par la prononciation.
— HIST. xnie s. Lors vi qu'Envie en la painture Avoit trop lede esgardeiire; Ele ne regardoit noient, Fors detraversen borgnoiant, la Ruse, 282.
— ÊTYM. Borgne; wall. boirgni. Bornoyer, c'est faire le borgne, c'est-à-dire fermer un œil pour viser.
| BOROCIIOIR (bo-ro-choir), s. m. Voy. dorasseau.
f BORR.UilNÉE [bo-rra-ji-née . s. f. Terme de botanique. Famille de plantes dont la bourrache esi le type.
— étym. Borrago (voy. bourrache).
fBORTJRE (bo-ru-r'), s. f. Terme de chimie. Combinaison du bore avec un autre corps simple.
— ÉTYM. Bore.
BOSAN (bo-zan) , s. m. Breuvage turc fait avec du millet bouilli dans l'eau.
— ÉTYM. Mot turc.
BOSEL (bo-zôl), Terme d'architecture. Membre rond qui est la base des colonnes, et qu'on nomme plus communément tore.
— ÊTYM. Dit ainsi sans doute par altération de boissel, bossel (boisseau), et par assimilation de forme.
BOSPHORE (bo-sfo-r'), s. m. Nom du détroit qui sépare la Thrace de l'Asie Mineure, et de celui qui l'entrée de la merd'Azof. || Par extension, tout détroil de peu '1 étendue.
— ÊTYM. Bosphorus ou Bosporus, de p6c7topo;, de poO;, boni (voy. bœuf), et rcôpoç, passage, de
BOS
weipetu, traverser (voy. pore) ; a cause qu'un bœuf a la nage pouvait en effectuer le trajet, ou plutôt d'après le récit mythologique qui faisait traverser à Io, changée en vache (jioOî), ce détroit en nageant.
BOSQUET (bo-skè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : des bosquets agréables, dites : îles bo-skè-zagréables; bosquets rime avec traits, jamais, succès), s. m. Petit bois, touffe d'arbres. Si nos armes du Mède abaissant l'ine De vos sacrés bosquets protègent le silence, piciiat, Léonidas, iv, l.||Fig. et par plaisanterie. Sa barbe.... En bosquet s'élevait, RÉGNIER, Sal. X.
— iiisr. xiuc s. Et si vet [il va] la dame proier Que le soir en un bosebet viengne, uuteb. 29G. Il xve s. Et plusieurs autres se sauverentet eschapperent par un bosquet qui là estoit, froiss. i, i, 179. [Les Flamands] s'en vinrent en une bruyère au dehors d'un bosquet, id. ii, ii, 193. || xvi° s. Ayant jette ses arebuziers dedans un bosquet, lieu fort 1 t. près le chemin que dévoient faire les ennemis, m. du eell. 566. Chacun tascha à se sauver ou dedans les bosquès, ou dedans les cassines, id. 571.
— ÉTYM. Bas-lat. boschettum; provenç. bosquet; espagn. bosqueie; ital. boschetto ; diminutif de bos ou bois (voy. ce mol 1.
BOSSAGE (bo-sa-j'), s. m. Nom que les architectes donnent à certaines grosses pierres qui excèdent la surface d'un mur, soit qu'elles y soient laissées pour être taillées en figure, soit dans quelque autre vue. Il y a différentes sortes de bossages : bossage rustique, bossage vermiculé, bossage à chanfrein, etc. || Terme de charpentier. Rondeur ou bosse que font les bois courbés ou cintrés.
— ÉTYM. Bosse.
\. BOSSE (bo-s'), s. f. H 1° Enflure, tumeur par suited'une contusion, d'une chute. S'il tombe, s'il se fait une bosse à la tète, 3. j. rouss. Ém. 11. Il a dit qu'il avaitileux bossesà la tète, sév. 20. || Familièrement. Ne demander, ne chercher que plaie et bosse, rechercher ou exciter les querelles. Nous ne demandons que plaie et bosse, sév. 71. Souhaiter plaies et bosses à tout le monde, id. 395. || Terme de vénerie. Première apparence du nouveau bois d'un cerf, qui a mis bas l'ancien. || 2° Dans le système phrénologique, protubérance en certain point du crâne, considérée comme indiquant quelquesunes des facultés fondamentales du cerveau. Le langage vulgaire s'est emparé de cette idée systématique et dit : avoir la bosse de quelque chose, pour : avoir des dispositions. Il a la bosse delà musique. Il 3° Protubérance, grosseur contre nature qui se forme au dos, et qui se manifeste aussi à la poitrine. Une bosse est produite par une déviation de l'épine dorsale. || Protubérance naturelle qui est au dos de quelques animaux. Le chameau a deux bosses; le dromadaire n'en a qu'une. Il 4° Toute élévation sur une surface. Un plat d'argent plein de bosses. Ce terrain offre quelques bosses. Il Terme d'anatomie. Éminence arrondie qui se voit sur certains os. Bosse frontale, occipitale. Il 5° Terme du jeu de paume, endroit delà muraille, du côté de la grille, lequel renvoie la balle dans le dedans. Attaquer la bosse. Donner dans la bosse. Il Fig. Donner dans la bosse, être dupe. Il 6° Terme de maçonnerie. Petit bossage laissé dans un parement pour indiquer qu'il n'est pas métré. I| 7° Terme de sculpture et de peinture. Relief. Ouvrages de ronde bosse, de plein relief, les statues.
I >u\ rages de demi-bosse, les bas-reliefs dont certaines parties sont détachées et saillantes. || Peindre, dessiner d'après la bosse, peindre, dessiner d'après une figure moulée. Il me fallut d'abord apprendre le dessin; je dessinai d'après la bosse; je dessinai d'après nature, p. l. cour. Lett. n, 217. ||8n Terme d'arts. Convexités extérieures servant à l'ornement. Ce beau carrosse Où tant d'or se relève en bosse, mol. F. sav. 111, 2. Vois-tu ces boucliers...? Leurs bosses reluisentaux rayons du matin, chateaub. Dargo, 219.
II Vaisselle en bosse, \ aisselle taillée en relief, par opposition à vaisselle sans ornement. || Serrure à bosse, serrure en saillie à l'intérieur d'une porte. || 9° Terme d'artillerie. Bosse à feu ou, simplement, bosse, grande bouteille de verre, qu'on remplissait de poudre, avec plusieurs mèches pendantes et allumer . ei qu'on jetait avec une corde, afin que., se brisant dans sa chute, les mèches enflammassent la poudre. Il 10" Partie des aplatissoires dans une forge. || Forme sphérique que le vitrier donne au verre. || Terme de maréchalerie. Appendice que l'on place sous le fer de i né à remédier aux défauts d'aplomb; c'est une variété du crampon. || Paquets de chardons à l'usage du foulon 11 11° Maladie du froment dite aussi
BOS
chardon. || Maladie des porcs dite aussi soie. Il 12" Terme de marine. Les bosses sont des bouts de cordes, qui servent à rejoindre des parties séparées, ou à saisir des cordages et d'autres choses. Prendre une bosse, amarrer une bosse à quelque manœuvre. H Dans l'argot maritime, partie de plaisir ou de débauche. De là vient lalocution populaire ,' se donner une bosse, faire un bon repas; à moins qu'elle n'ait été suggérée par l'idée que. quand on a bien mangé, le ventre s'arrondit. Ces gaillards-là se font une fameuse bosse.
— iiiSTxines.Tiexcoplor<lonraisorlestesics, Que lever 1 ferai tex boces, Qu'il en perdront mitres et croces, la ltn.se , I \m. Car toutes boces [il] peut crever Et son cuer jusqu'au vif ca ver, Pour garir tous mors [morsures] de serpent, J .de meung, Tr. 622. || xve s. Et en y mourut de boce [bubon, peste] et de mal du corps plus de vingt mille personnes, froiss. ii, in, 30. Et estoit en devant le jeune seneschal de Hainaut, mort sur sou lit de la bosse, m. n, ir, 94. Et tantost lui vinrent quatre bosses, dont elle fut très bien guarie, louis xi, Nouv. lv. y xvi" s. Au demeurant il fera bonne bosse, avec la dédaigneuse altesse de son infante, qui servira plus à la ruiner qu'à l'agrandir, Sat. Mén. p. 179. Ils dressent des figures enlevées en bosses ou en plaies peintures, paré, Mumîe, 5.
— ÉTYM. Picard, boche; norm. bosche , ulcère; provenç. bossa; ital. bozga; bas-lat. bocia, bor.ium. Diez le rattache à l'allemand butze, butzen, qui signifie quelque chose d'émoussé, d'obtus; flamand, butse, bosse. Il faut en rapprocher le cellique : basbret. bos, bosen, tumeur pestilentielle; kymri , bôth, tumeur.
f 2. BOSSE (bo-s'), s.f. Tonneau qui contient de cinq à six quintaux de sel.
— ÉTYM. Autre forme de botte , tonneau. BOSSÉ, ÉE (bo-sé, sée) , part, passé. Un câble
bossé.
BOSSELAGE (bo-se-la-j'), s. m. Travail en bosse sur la vaisselle. Travailler en bosselage.
BOSSELÉ, ÉE (bo-se-lé, lée), part, passé. || 1° Travaillé en bosse. Argenterie bosselée. || 2° Déformé par des bosses. Soupière d'argent toute bosselée.
BOSSELER (bo-se-lé); je bosselle, je bosselais, je bosselai, je bossellerai, je bossellerais, que je bosselle, que je hosselasse, bosselant, bosselé, v. a. Il 1° Travailler en bosse de la vaisselle, de l'argenterie. Il 2° Déformer par des bosses. Que vous êtes maladroit! vous avez bosselé cette cafetière d'argent. H 3° Se bosseler, v. réjl. Être déformé par des bosses. Cette écuelle s'est bosselée en tombant.
— HEM. L'Académie admet que l'on peut dire bosseler pour bossuer, surtout se bosseler pour re bossuer; et de la vaisselle toute bosselée, pour de la vaisselle toute bossuée. Des grammairiens réprouvent cette confusion de bosseler et bossuer, et demandent que les deux verbes soient tenus séparés dans le Dictionnaire de l'Académie , qui doit défendre, tant qu'elle peut, la correction du langage. Mais l'Académie est aussi la gardienne de l'usage; et l'usage de bosseler pour bossuer est fort ancien.
— iiist. xme s. Tous plains de nouz [nœuds] et bocerés Fu li ars [arc] dessous et dessore [dessus] , la Iiose, 916. Il xvic s. Aucunes fois aussi les os se caventet bossellent, comme l'on voit aux pots d'eslain et de cuivre, paré, xiii, i. Tels meubles sont jettes sur le pavé indiscrètement, où ils se bosselent et percent, 0. de serres, 882. Tableaux, tapisseries eslevées et bossées d'or et d'argent, rons. 585. La nape grande et large est couverte de pla's Entaillez en burin, où s'enlevoienl bossées Des Dieux' et des Titans les victoires passées, id. 902.
— ÉTYM. Bosse.
f BOSSELURE (bo-se-lu-r'), s. f. || 1" Produit du travail en bosse. Sorte de bosse sur une pièce d'argenterie. H 2° Déformation par des bosses.
— IIIST. xvie s. Enfonsure du cranc, sans fracture ny division, ainsi que la bosselure en vaisseaux d'estain et de cuivre, paré, vin, i.
— ETYM. Bosseler.
BOSSEMAN (bo-se-man), s. m. Terme de marine. Autrefois sous-officier de marine ayant Le grade intermédiaire entre ceux de contre-maître et de quartiermaître. Le bosseman était particulièrement chargé du soin des câbles, dos ancres, des bouées, etc.
— ÉTYM.Allem. Bootsmann, deBool, bateau (voy. bateau), et Mann, homme.
BOSSER (bo-sé), v. a. Terme de marine. Retenir avec des bosses,
— ÉTYM. Bosse.
t BOSSETIER (bo-se-tié), s. m. Verrier qui souffle le verre en boule.
— ÉTYM. Bosselle, au sens de petite bosse.
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iiOSSETTE (bo-sè-f), s. f. Ornement en bosse aux deux côtés du mors d'un cheval. Il demandait des housses, des aigrettes, Un beau harnois, de l'or sur les bossettes, volt. Étr.auxsots.
— Hisr. xive s. Loutre a le fons dupié bosseté de petites bossettes. Modus, f° xli, verso. || xvie s. La bossette d'un mois de cheval, c.u.v. )fi;î. À l'endroil de la racine et de chacun poil, se trouva une bossette, lesquelles bossettes sont mises par un si bel ordre, qu'elles rendent la coquille plaisante et admirable, PALISSY, 38.
— ÉTYM. Diminutif de bosse.
BOSSOIR (bo soir), s. m. Terme de marine. Chacune des deux grosses pièces de bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres. |] Fig. En langage de marin, avoir l'œil au bossoir, surveiller avec vigilance.
— ÉTYM. Bosse.
BOSSU, CE (bo-su, sue) , adj. || 1° Qui a une bosse au dos, par un vice de conformation. Un homme bossu; une femme bossue. || Substantivement, personne bossue. Une petite bossue. Ce" bossu est fort amusant. Cette bossue aime un bossu Qui, je pense, est amoureux d'elle, Épigr. de lebrun (écouchard). || Rire comme un bossu, rire de bon cœur, aux éclats, par allusion a la voix stridente et chevrotante des bossus, qui éclate surtout dans le rire. || Fig. Or je ne doute point que ces esprits bossus, Qui veulent.... Régnier, Sat. vi. || 2" Inégal, montueux. Terrain bossu. Peu usité. || Faire les cimetières bossus, ancienne locution pour dire : causer beaucoup de morts.
— HIST. xnc s. Quant il soi ajoint à la règle, si voit il com de grant torture il soit bocheus; quar la fors trenchanz droiture chose [blâme] ce ke li deceus oez [œil] loeuet [loue], Job, 489. || xnr s. Li chevalier se sont asis Dejoste le boçu.... Ren. 22766. || xive s. Les cimeters en sont boçuz; Femmes vueves et orflelins Encombroient forment les chemins, l.ii. du htm Jehan, 368. || xvi" s. Je ne vis jamais père, pour teigneux ou bossé que feust son fils, qui laissast de Fadvouer, mont, i, 154. Louez un bossu de sa belle taille, il.... mont, m, 3 1 4. Il laissa son cheval et marcha à pied à travers lieux bossus et rabotteux, pleins de ruisseaux et de fondrières, amyot, Philop. 9. La figure de la ratte est aucunement triangulaire et bossue du costé qu'elle s'attache aux costes et diaphragme, paré, i, 20. Le nombril [cordon ombilical] est en divers lieux bossu, en forme de nœud eslevé seulement d'un costé,