‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 268 sur 462 · LEROUX DE LINCY · texte numérisé non relu

LEROUX DE LINCY

— ÉTYM. Picard, bouque; provenç. et espagn. boca ; ital. bocca; du latin bucca, que Ton rattache au sanscrit bhuj, manger.

BOUCHÉ, ÉE (bou-ché, chée), part, passé. Bouteille bien bouchée. Le trou dans la haie est bouché. Que ne puis-je aller à mon grôDansl'Olympe.... Mais le chemin m'en esl bouché, volt. É/iitres, 48. || Fig. Voilà encore une source de vices bouchée dans le cœur d'Emile, j. j. rouss. Ém. II. C'est en vérité avoir l'esprit trop bouché aux'choses célestes, boss. Messe. || Être bouché, manquer d'intelligence. Avoir l'esprit bouché, ne rien comprendre. Ils avaient l'esprit si bouché qu'ils ignoraient.... boss. Acert. G. Esprit bouché! dit le chevalier, iiamilt. Gramm. 3. Je n'étais pas assez bouché pour ne pas sentir cela, j. j. rouss. l'rom. 4. Je n'ai supposé ni un génie transcendant, ni un entendement bouché, id. Ém. iv. || En termes de musique, sons bouchés, sons qu'on tire du cor en introduisant la main dans le pavillon.

BOUCHÉE (bou-chée), s. f. || 1° Morceau qu'on met dans la bouche en une seule fois.- Bouchée de pain, de viande. || Par exagération. Il n'a mangé qu'une bouchée, il a mangé très-peu et à la hâte. || Ne faire qu'une bouchée d'un morceau, l'avaler en une seule fois ou tout au moins très-vite. Il ne fit qu'une bouchée du pâté. || Fig. et familièrement. Il n'en ferait qa'une bouchée, il en triompherait vite et sans peine. |] 2° Nom de différentes pâtisseries. Petites bouchées ou bouchées à la reine, très-petits vol-au-vent.

— HIST. xne s. Aporte mei un poi, se vels, une bouchie de pain, Rois, 3ii. || xme s. Novelement est acouchie , À chascun donoit sa bouchie, Mais n'avoit pas son chief covert, Ren. 304.

— Étym. Bouche; ital. boccata.

fBOUCHELLE (bou-chè-P), s. f. Terme de pèche. Entrée de la tour de la bourdigue.

— ÉTYM. Boucher, verbe.

t BOUCHEMENT (bou-che-man), s. m. Terme d'architecture. Action de boucher une ouverture. On a opéré le bouchement, en plein mur, de cinq grandes fenêtres.

| BOUCHE-NEZ (bou-che-né) . s. m. Ce qui sert à garantir des mauvaises odeurs. ||;lu plur. Des bouche-nez.

— ÉTYM. Boucher, verbe, et nez.

I . BOUCHER (bou-ché), v. a. || 1° Fermer une ouverture, un passage. Des chariots bouchaient le passage. Le conduit était bouché par une pierre. On boucha les fenêtres. Boucher les jours, les vues d'une maison, en murer les fenêtres. || Boucher la vue, l'intercepter, l'empêcher. Ces arbres nous bouchent la vue. || 2° Fermer avec un bouchon, avec un tampon. Boucher une fente. En bouchant le trou avec le pouce. Le procédé pour boucher les bouteilles de vin de Champagne. Le Nil bouche avec son limon les interstices de la terre. || Se boucher le nez, se garantir contre une odeur forte ou délétère. || Se boucheries yeux, les oreilles, ne vouloir point voir, entendre. Et se bouchant l'oreille au récit de ses vers, Régnier, Sat. il. La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles Et nous laisse crier, malii. vi, )8. Je fermerai les yeux, je boucherai mes oreilles, desc. Médit. 3. L'opéra toujours fait bruit el merveilles; On y voil les sourds Boucher leurs oreilles, bérang. Musique.

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Il Fig. et familièrement. Boucher un trou, payer une dette. || 3° Terme de doreur. Boucher d'or moulu, réparer les ouvrages d'or qui ont quelque petit défa ui après avoir été brunis. || 4° Se boucher, v.réfl. Se fermer. La voie par où les eaux s'écoulaient s'est tout à fait bouchée.

— HIST. xni° s. Et puis reclost l'en la porte et la boucha l'en bien , aussi comme l'en naye [noie, jette à l'eau] un formel, join'v. 210. Assez près de Damiete trouvâmes un (lum qui issoit de la grant rivière; et fut acordé que l'ost séjourna un jour pour boucher ledit braz, id. 2)9. Dont je vis un Coremyn [Chorasmien]qui fu des gens l'empereour de Perse, qui nous gardoit en la prison, que, quant il ouvrait son sac, nous nous bouchions, que nous ne povions durer pour la puneisie [puanteur] qui issoit du sac, id. 265. || xivc s. Il saigna tant de sanc, bouchier ne pout sa plaie, Girart de Ross. 466*1 . || xve s. Sa cheminée il [l'avare] boschoit, Craignant perdre la fumée, bassi lin, xi.iv. Avoit la première les oreilles bouciées tant estroitement que à nulle rien fors qu'à propre affection ne voloit doner ascout, g. ciiastel. Expos, s. vérité mal prise. Icelle femme dist que son mari estait en ung lieu appelé les Arceiz, où il bouchoit son blé [mettait en gerbe], ducange, bouchellus. || xvie s. Alors le grand pontife tire la patiente toute bouchée [voilée] hors de la littiere, amyot, Numa, ts. 11 n'y a d'autre différence entre cecy et cela, sinon que le corps qui fait ces tene bres est plus grand que mon manteau qui te bouche les yeux, id. Péric. G7. Un caveau, lequel n a porte ny demie, sinon une grosse pierre dont on bousehe l'entrée, id. Philop. 33.

— ÉTYM. Ménage tire ce mot de pûÇstv, boucher, mais on n'a aucun intermédiaire qui justifie l'introduction directe de ce mot grec dans le langage vulgaire. Diez, se reportant à bouchon, dit que ce mot est l'équivalent du provençal bocon, etde l'italien boccone, qui signifient bouchée (ancien français boucon); de là boucher, avec le sens de ce qui remplit \a.bouche, et, en particulier, la bouche de la bouteille. C'est avec raison que Diez rapproche boucher de bouchon; mais est-ce bien à bocon, boccone qu'il faut rapporter bouchon? L'orthographe boscher, bouder, bouscher n'y conduit guère; le sens de mettre en botte que boucher a dans un de nos exemples n'y conduit pas non plus. Boucher ne peut venir de bouchon : l'un et l'autre supposent un substantif bouche, masculin ou féminin, qui voudra dire ce qui obture et ce qui fait gerbe ou botte; substantif qui existe réellement, comme on le voit dans cet exemple du xv siècle : Confessent iceulx habitâns devoir au' dit prieur, pour cause du disme de toutes leurs chanves qui est de dix bouches [gerbes], ung bouchot, nu cange, boteronus. Or un pareil substantif ne peut pas être rapporté à bouche, ouverture placée au visage; mais il appartiendra sans peine (car il est le primitif de bouchon de cabaret, voy. bouchon 2) à un radical qui se trouve dans bois, dans bosquet, d&nsbouquet , dans bâche, et qui, signifiant bois oumorceau de bois, aura facilement le double sens de tampon ou de bouchon, sorte de faisceau. En définitive, l'étymologie reste indécise entre deux conjectures: I" bouche, ouverture dans la face; bouchée, ce qui emplit la bouche; d'où boucher, obturer; à quoi on objectera que. historiquement, ni bouchée n'a jamais eu le sens de ce qui obture, ni boucher celui démettre en beuche (ce qui, si on l'avait trouvé, aiderait grandement cette étymologie), ni le provençal ftocon et l'italien boccone celui de bouchon (ce qui aiderait l'assimilation, en montrant que bocon et boccone sont les mêmes que le français bouchon); 2° bouche, faisceau de paille, de javelle, de branchage, d'où bouchon de cabaret, ce qui s'applique sans difficulté à tout ce qui bouche, obture.

2. BOUCHER (bou-ché; IV ne se lie jamais; au pluriel i's se lie : des bouchers enrichis, dites: des bou-ché-z enrichis), s. m. Celui qui tue les bestiaux, les débite, et en vend la chair crue. || Gai boucher, celui qui aide le boucher dans sou travail. || Fig. C'estun boucher, se dit d'un homme cruel, ou d'un chirurgien inhabile et maladroit, «t encore d un général prodigue de sang. || C'est un rire do boucher, ilne passe pas le nœud de la gorge, se dit de quelqu'un qui témoigne à l'extérieur qu'il esl content, quoiqu'on effet il ne le soit pas trop. Locution qui vient île ce que les bouchers tiennent leurs couteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrer 1rs dents et faire une contorsion de lèvres imitant le ris.

— nisr. xiii0 s. lit un cotel qui souef tranche Cou ce fust cotel à bochier. Ren. I5U77, Li bochierd'Or-

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liens prennent sor chascune beste six deniers, ef metent en une boete.à défendre cels de lor bore contre autres genz, Liv. de just. 7. Parce que noz veisines qu'il estoit tués d'un seul coup de mail ou de machue, noz preismes un boucier, li qm\ avoit soupe la nuit devant aveques li, beaum. xl, 20. Quant les bouchiers et les autres bornes de l'ost et les femmes qui vendoient les danrées oïrent ce, il levèrent le cri en l'ost, joinv. 233. || xivc s. Olivier de Clisson par la bataille va ; Il tenoit un martel qu'à ses deux mains porta ; Tout ainsi qu'un bouchier, abati et versa, Guescl. g 135. Que les pères l'avoierrl rué non pas cousu] pour gouverner, mes bouch'ier juin- tourmenter et murdrir le peuple, bercheure, f° 48, recto. \\ xve s. Et Pappelloit on le boucher, pource que, à besongnesoù il estoit contre les Ànglois, il en prenoit peu à rançon, juvénal, Charles VI, i ît)7. Chier filz, c'est pour vous reprouchier Que n'avez pas cuer de bouchie'', Mir. de Ste Geneviè\ e.

— étym. Provenç. bochier; catal. botxi; ital. beccaio, beccaro. Une analogie apparente semble d'abord indiquer bouche comme primitif de boucher; mais l'italien beccaio s'y oppose. Remarquant que becco en italien signifie bouc, et que la forme française et la forme provençale peuvent être sans peine rattacbées à bouc, on acceptera cette étymologie qui, indiquée avant Baynouard, a été établie par lui. Le boucher est proprement le tueur de boucs (la partie pour le tout . Ainsi, pour le mot boucherie, à côté de bocaria, le provençal avait brecaria, qui, venant de berbix, signifie proprement la tuerie de brebis (encore la partie pour le tout). Bien qu'il semble très- étrange que le boucher ait été nommé d'après le bouc ou le chevreau, cependant, étymologiquement, il n'y a aucun moyen d'écarter l'italien beccaio, ni de rapporter le provençal bochier et le français boucher à bouche.

t BOUCHERAIE (bou-che-rê) , *'. f. Un des noms vulgaires de l'engoulevent.

BOUCHÈRE (bou-chè-r') , s. f. Celle qui vend de la viande crue ; la femme d'un bouclier.

— ÉTYM. Boucher 2.

BOUCHERIE (bou-che-rie), s. f. \\ 1° L'endroit où l'on tue les bestiaux; lieu où l'on débite et où l'on vend la chair crue des bestiaux. Vous avez [àParis] des boucheries dans de petites rues sans issue, qui répandent en été une odeur cadavéreuse, capable d'empoisonner tout un quartier, volt. Lett. Paulct, 22 avril 1768. Quand au mouton bêlant la sombre boucherie Ouvre ses cavernes de mort, a. chénier, '268. || Viande de boucherie, la grosse viande, boeuf, veau et mouton. |j 2" Le corps des bouchers. Toute la boucherie de la place aux Veaux fut sur le point de prendre les armes, retz, iv, 28). || 3" Fig. Tuerie, massacre. Ce ne fut pas un combat, ce fut une boucherie. La boucherie qu'on fit de plus de 600 citoyens, volt. Mœurs, 130. || Mener, envoyer des soldats à la boucherie, les exposera une mort presque certaine. Pendant que M. de Contades mène à la boucherie tous les descendants de nos anciens chevaliers et leur fait attaquer quatre-vingts pièces de canon, comme don Quichotte attaquait des moulin .'i vent, volt. Lettr. Mme d'Argenlal, 15 août )7r>s. || Proverbe. Il n'a pas plus de crédit qu'un chien à la boucherie, se dit de quelqu'un qui est sans crédit, qui ne peut rien.

— HIST. xiii° s. Et qui est assené sur rentes de

' i , / . si corne est fonde ou cheene ou loge ou boucherie, Ass. deJ.i, 274. || xivc s. Dessus la boucherie, là où sont li bouchier, Tous les jours qu'on vent, char, i font aler Gautier, Baud. de Seb. vu,

190 Depuis fut transporté on une autre prison, ap la lioui lu H' [à Pari [ui est prison très orrible et où plusieurs ;e sont désespérez et occis, nu cange, boucheria. Et mené non pas seulement on servage, mais on une chartre et on une boucherie [prison], bercheure, f° 35, verso. ||xve s. L'un estoit d .nuls navieurs, et l'autre estoit bou

cher, le plus grand de la boucherie et qui le plus y avoit de voix, froiss. ii, ii, 23:1.

— ÉTYM. Boucher 2 ; provenç. bocaria. Il serait possible que boucherie, au sens de prison, dans l'historique, vint de bouclier, verbe.

| BOUCHET (bou-ché) , s. m. Espèce de boisson faite d'eau, de sucre et de cannelle. Inusité aujourd'hui.

[ST. xiv° s. Une cuvée de hochet, qui mise y

our reffroidier, du cange, bochetus. Après

> dictes, liz alerent par compaignie lioire du

boischet, id. ib. Des vins de la cité aporter vous

fera, Et du bouchet aussi; car assôs en y a, id. ib.

Il xvc s. Le suppliant feust boire en une taverne en

la ville de Coustances en l'ostel d'une femme, qui lors vendoit boschet et servoise, id. ib. Cervoisc, ou bochet, ou bière, ou cidre, ou peré, ou telles manières de bruvaiges, id. ib. ||xvie s. Il usera de ptisane , eau bouillie, eau d'amendes, bouchet,

— ÉTYM. On ne sait d'où vient ce mot. .fBOUCHETON (À) (a-bou-che-ton), îoc. adv.

Terme de métier. Quand des pièces de faïence creuses, comme les saladiers, sont placées dans le four, on les met l'une sur l'autre par leurs bords, ce qu'on appelle les poser à bouebeton.

— hist. xve s. Icellui Pyocart regarda par une des fenestres de la chambre , et, pour ce faire, monta sur icellui Pommart, qui se mit à bouebeton [les mains sur ses genoux], du cange, bouchellus.

— ÉTYM. Bouche. Dans le langage populaire, tomber à bouchon c'est tomber sur le ventre, c'est-àdire, au propre, sur la bouche, sur la face, ce que nos anciens disaient tomber adenz [à dents, sur les dents].

BOUCHE-TROU (bou-che-lrou), s. m. || 1" Ce qui sert à boucher un trou. Un placard qu'on met devant un vide, dans une maison, est un bouche-trou. Il 2° Ce qui ne sert qu'à faire nombre. Vous trouverez dans cet ouvrage quelques bouche-trous. || 3° Une personne qui ne sert qu'accidentellement à remplir un emploi vacant. Il est familier. || Au plur. Des bouche-trous.

— étym. Boucher et trou.

f BOUCHETTE (bou-cliè-f) , s. f. Petite bouche, mot qui s'est dit comme un diminutif gracieux.

— hist. xiie s. Mais son clair vis et sa fresche bouchete, Coud, VI.

— ÉTYM, Bouche ; provenç. hoqueta; espagn. boquita; ital. bocchetta.

f BOUCHETU1Œ (bou-che-tu-i ■') , s. f. Ce qui sert à fermer un pré, une terre labourable.

— ÉTYM. Boucher.

f BOUCHEUR (bou-cheur), adj. Qui bouche.

— HIST. xvie s. Les deux obturateurs ou bouebeurs [nom de deux muscles], paré, iv, 42.

— ÉTYM. Boucher 1 .

BOUCHOIR (bou-choir), s. m. Plaque de fer qui sert à fermer la bouche d'un four.

— ÉTYM. Boucher t.

t. BOUCHON (bou-ebon), s. m. || 1° Ce qui sert à boucher une bouteille, une carafe, un flacon. Bouchon de liège, de cristal. || Faire sauter le bouchon, faire partir avec bruit le bouchon d'une bouteille de vin fumeux. Le bouchon part, l'esprit pétille ; I.a décence même y babille, bérang. Gourmands. || Familièrement. Aimer à faire sauter le bouchon, aimer à boire. || 2° Jeu dans lequel on met des pièces de monnaie sur un bouchon qu'il s'agit d'abattreavecun palet. Jouerau bouchon. || 3"Termede pêche. Morceau de liège pour soutenir la ligne sur l'eau. Il 4° Terme d'horloger. Pièce de laiton rivée dans les platines des montres ou pendules. || 5° Sorte de laine d'Angleterre. || Inégalité à la surface des fils de la soie. || 6° Sorte de couvercle métallique adapté à une bouche de chaleur. || 7° Terme d'artillerie. Bourre des bouches à feu.

— HIST. xvr s. yFole, comme estant le plus petit des dieux et. un bouchon seulement d'iceux, a pour du roj qui commande à la mer, merlin cocaïe, t. i, p. 349, dans lacurxe.

— ÉTYM. Il y a dans le provençal bpcon, dans l'italien boccone, et dansle français boucon, qui signifient bouchée, morceau. Diezpense que c'est là nolie mot bouchon, signifiant ce qui remplit la bouche, l'ouverture, et par suite, 00 qui bouche. Lalocution populaire tomber à bouchon, tomber sur I en

italien boccom ou bocconi, ventre à Lerre (il le l'ait choir à bouchon contre le sablon, oliv. de LA marche, Mém. liv. 1, p. 273), montre bien que boitchon peut appartenir à bouche, mai- a'esl pas un intermédiaire qui témoigne du passage du son- do bouche au son . do bouchon. Aussi les objecl mis qu'a soulevées le mm lu' boucher (voy. boucher t) restenl entières; et, bouchonne pouvant être séparé de botecher, c'o>t là qu'il faut examiner les deux étymologies ''litre lesquelles il y a débat : bouche do visage, et l'ancien français bouche, faisceau de branchage. L'espagnol buzon, bondon, bouchon, ne peut être rapporté ici: il tient à buzon, canal par où se vide un étang.

2. BOUCHON (bou-chonl, s. m. ||1° Bouquet, rameau de verd ■ 00 à un cabai et Et ravalant Phébus.... Font un bouchon à vin du laurier du P. 1 : -nier, Sat. iv. || Le cabi rel même. Les rouliers s'arrêtent à tous les bouchons. 1 H 2° Bouchon de foin, de paille, poignée de foin, I

de paille tortillée. On se sert d'un bouchon de paiiie pour frotter les chevaux et autres animaux domestiques, y Mettre un bouchon de paille à la queue d'un cheval pour indiquer qu'il est à vendre. || 3° Par extension, bouchon de linge, tas, paquet de linge. Les draps Qu'en bouchons tortillés elle avait sous les bras, Régnier, Sat. xi. || Familièrement. Elle est torchée comme un bouchon, elle est mal habillée. Il Fig. Petite fille négligemment habillée. C'est un joli petit bouchon qui nous réjouit fort, sëv. 242. Il Fig. et familièrement. Mon petit bouchon, terme de tendresse et de caresse. Vieux en ce sens. Hai, bai, liai, mon petit nez, pauvre petit bouchon, mol. hc. des mar. 11, < 4. Crispin : Allons donc, sans façon, çà le baiser de paix.... — Florine: Au retour. — Crispin: Souviens-t'en; ah! bouchon, tes attraits Sans cesse avec plaisir m'attirent.... hauteroche, Nobles de province, iv, 5.

— HIST. xme s. Tu iez la droite Sarray, Tu yez la toison arouzée, Tu yez li bouchons [buisson] Synay, ruteb. 11, M. Il xive s. Seigneur, ceste forent, dont je fais mention, Fu moult grant et horrible; haut y sont ii boucon [buissons, bois], Guescl. 92 H. Le bouchon de chanvre d'un cent doit obole par terre, du cange, boteronus. || xvies. Il va gentiment prendre le chat, et lui aiant attaché un bouchon de paille à la queue met le feu dedans, desper CojU«,xxhi. Elle lui faisoit des moustaches et des bouc h licquaise, d'aub. Fan. iv, m. Aiant exagéré la foiblesse de la place, où il n'y avoit que des forts de bouschons, id. Hist. 11, 139. Il faut lui 1 doucement l'estrillc. le peigne, i'opoussete et'le bouchon sur le dos, 0. de serres, 306. Â bon vin rie faut point de bouchon, oudin, Curios. fr.

— ÉTYM. Namur. bouchon, buisson; wallon, bouhon, même sens, etbouhêie, touffe de plantes; de l'ancien français bouche, faisceau de branchage, de javelle ; voy. bois; allem. Busch, buisson. I.a forme boucon, que l'on rencontre, doit être une forme picarde, le picard changeant souvent ch en c ou k.

BOUCHONNÉ, ÉE (bou-cho-né, née), part, passé. Cheval bien bouchonné. Elle fut frottée, bien bouchonnée, SÉV. 544.

fBOUCHONNEMENT (bou-cho-ne-man), s. m. Action de passer sur le corps des animaux un bouchon de paille, une brosse ou tout autre corps sec.

— étym. Bouchonner.

BOUCHONNER (bou-cho-né), v. o. || 1° Mettre en bouchon, en paquet, chiffonner. || 2" Bouchonner un cheval, le nettoyer avec un bouchon de paille. Il 3° Familièrement, cajoler, caresser. Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai, mol. Éc. desf. v, ». Vieux en ce sens. || 4° Se bouchonner, r. réfl. Un verrat enveloppé de fange Se bouchonne partout, Régnier, Sat. x.

— hist. xvr s. Il la vous bouchonne, ii la v<>us estrille, il la traite si bien, qu'il sembloit qu'elle fust encore bonne beste, desper. Contes, x.wn.

— ÉTYM. Bouchon, 2.

| BOUCHONNEUX, El SE, adj. Soie bouchon,neuse , soie grossière qui a des bouchons.

BOUCHONNIER (bou-cho-nie), .«. m. Celui qui fait, qui vend des bouchons.

— ÉTYM. Bouchon 1.

f BOUCHOT (bou-cho), s. m. Terme de pêche. Parc ouvert du coté de la côte, pour prendre le poisson à marée basse. || Parc pour multiplier tes moules et autres coquilla

— étym. Probablement bouche, à cause de l'ouverture que présentent ces parcs.

f BOUCHURE(bou-chu-r'), s. f. Terme de campagne. Haie vive.

— étym. Boucher i.

f BOUCIROLLE (bou-si-ro-1'j . s. f. Un des noms vulgaires d'une espère de bécassine.

BOUCLE (bou-kF), .v. f. || 1" Anneau tic mi un ou plusieurs ardillons. Boucle de cein h ucles de jarretières, do souliers. || 2° \ âmes portenl aux oreilles comme Des boucles d'oreilles en brillant-. es de

... il 3- Anneaux que forment les cl ses. Trente filles de Corinthe dont les cheveux tombaient à grosses boucles sur les -1 Guide, 3. Il 4° Anneau de cuivre que l'on met \ cavales, pour les empêcher d'être d'architecture. Petit cercle en forme d'anneau qui sert d'ornement à une moulure ronde. (I b I vétérinaire. Nom vulgTaire donrr-j à 1 aphtheuse du porc. || 7° Aiguillon qui an de la raie bouclée. || 8° Terme de marine. Or; placé à côté d'un sabord pour la manœuvre du canon. Il Nœud simple. || 9° Heurtoir en anneau i\x& à une porte cochère. |j Sorte de pioche à larg

BOl!

BOU

BOU

Il Terme de métier. Velours à boucle, velours qui a

rail a l'épingle.

— hist. n.' s. Toute [il] lui freint la bucle de cristal,

Ch. de Roi. xcm. || xii" s. Le destrier broiche qui le

idonnant,Et fier! Fromanl sorson escu devant;

iz la boucle le va tout pourfendant, Raoul

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