‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 269 sur 462 · xur* s. La boucle d'une pierre fu, Qui ot · texte numérisé non relu

xur* s. La boucle d'une pierre fu, Qui ot

grant force et granl venu, la Rose, 1075. As dens

tesi la bougie Je l'escu, Agolant, 602, dans

lnge, boucleta. || xvi" s. Tenir la volonté et

I appétit soubs boucle, mont, i, 184.

— ÉTYM. Wallon blouke; picard, blouke el bluke; norm. et Berry, bloucque; provenç. bloca, bocla, la

du bouclier; anc. espagn. bloca, même sens; bas-lat. buculascuti, dans les Gloses d'Isidore ;dulatin lia, joue, jH-oprement petite bouche, diminutif de bucca (voy. bouche), puis la partie centrale d'un bouclier (ainsi dite parce qu'au centre on dessinait souvent une tète et une bouche d'homme ou d'animal), et, en bas-latin, de plus une boucle.

BOUCLÉ, ÉE (bou-klé, klée), part, passé. || l'Attaché avec une boucle. Petit coffre bouclé. Ceinture bouclée. Il 2" Garni de boucles. Souliers bouclés.

II 3° Qui a des boucles de cheveux. Une demoiselle toute bouclée, sév. 435. || 4" Terme de blason. Collier bouclé, collier d'un lévrier ou d'un autre chien qui aune boucle; buffle bouclé, buffle à la gueule duquel pend un anneau d'un émail différent du reste du corps. Il 5° Poissons bouclés, poissons qui ont le corps armé de pointes recourbées. Raie bouclée.

f BOUCLEMENT (bou-kle-man) s. m. Terme de vétérinaire. Action de boucler pour empêcher la génération.

— ÉTYM. Bouder.

BOUCLER (bou-klé), v. a. || 1° Attacher, serrer avec une boucle. Boucler ses souliers, sacravate. || 2° Mettre des cheveux en boucles. Boucler sa chevelure. Boucler un enfant, lui faire des boucles. || V.n. Ses cheveux bouclent naturellement. || 3" Terme de vétérinaire. Boucler une cavale, lui mettre des boucles pour empêcher qu'elle ne soit saillie. || Traverser le boutoir d'un porc par un anneau, pour l'empêcher de fouiller dans la terre. || 4" Boucler un port, en fermer l'entrée. Vieux en ce sens. ||5° Boucler des prisonniers, fermer sur eux les portes de leur cellule. |] 6" Terme de marine. Faire un nœud simple. Il 7" Y. n. i:u termes de maçonnerie, se dit d'un mur dont les parements s'écartent faute de liais m suffisante dans sa construction. Ce mur boucle, c'est-à-dire bombe en forme de boucle. || 8° Se boucler, v. réfl. Mettre une boucle. Prenez votre ceinture, et, bouclez-vous. || Arranger les boucles de ses cheveux. Elle est, tous les soirs, une heure à se . à se boucler. || Être fermé par une boucle. [êtres se bouclent par le côté.

— HIST. xnc s. A son col [il] pent son fort escu lez, Ronc. p. 36.||xui*s. Cil chevalier novele-

ment Fu venus d'ung tournoiement Où il ot faite pour s'amie Mainte jouste et mainte envaïe, Et percié maint escu bouclé, la Rose, H93. || xvr s. La Boulaye l'asseuroit que le marché estoit bouclé [conclu], et que la Magdelaine coucherait chez lui pour se trouver à l'assignation indiquée, d'aub. Vie, lv. Il porta luy-mesme de ses nouvelles aux fors de Nivelay et de Risbam investis et battus en mesme temps : les premiers furent contraints de boucler [boucher les passages] pour se sauver à la ville, les autres se rendirent, m. ib. 1,27. Averti que le duc le vouloit boucler [assiéger] en quelque lieu qu'il fust, id. ib. m, 28.

— ÉTYM. Boucle; provenç. blocar, garnir de bosses. Un escu bouclé ne veut pas dire autre chose qu'un écu bombé; c'est une épithète banale.

f BOUCLERIE (bou-kle-rie), s. f. Fabrication des boucles et anneaux de fer. Tenir la bouderie. Paris avait autrefois une rue de laVieille-Bouclerie.

— HIST. xm* s. Li aprentis qui aprend au mestier de bouderie, Liv. des met. 57.

— étym. Boucle.

t BOUCLETTE (bou-klé-t') , s. f. Petite boucle ou petit anneau.

— HIST. xme s. Il puet estre patrenostriers à Paris qui veut, c'est à savoir faisieres de toutes manières de patrenostres et de boucletes à soulers que on fait de laiton, de archal et de quoivre [cuivre] nuef et viez. Lier, des met. 97. || xive s. Et en chascun cordiau a une bouclette i'aicte des cordiaux mesmes, Modus, f" cxxm, verso.

— Étvm. Diminutif de boucle.

BOUCLIER (bou-kli-é : IV ne se lie jamais ; Vs se lie au pluriel : des boucliers épais, dites : des boukli-é-z épais), s. m. || Ie Partie de l'armure défensive des anciens. Le bouclier se portait au bras

gauche. Bouclier rond. Bouclier échancré. Bouclier d'osier. Les soldats armés de boucliers. Sur un bouclier noir sept chefs impitoyables Epouvantent les dieux île serments effroyables, boil. Longin , Sub un ■, )3. y Fig. Faire un bouclier de son corps à quelqu'un, parer les coups qu'on lui porte. Je lui fis si longtemps bouclier de mon corps, corn. D.San.

I, 3. ('1 vous hommes vaillants.... Qui faisant boucliers et remparts de vos corps.... mair. Sophon.

II, 2. ]| 2" Levée de boucliers, démonstration par laquelle les soldats romains témoignaient leur résistance aux volontés de leur général. |] Fig. Démonstration armée, attaque à main armée. Il y eut dans la Vendée une levée de boucliers. Cette levée de boucliers était le prélude d'une guerre sérieuse. Il Dans les affaires politiques, démonstration d'attaque ou d'opposition. Boileau [non le poëte] n'était pas content de ce que M. de Paris ne levait pas bouclier pour les jansénistes, st-simon, gs, 78. Il 3° Fig. Sauvegarde, protection, défense. Qui fut tantôt le bouclieret tantôt l'épée de son pays, flécii. Tur. .l'en parerai les coups du bouclier de la foi, rotr. St Gen. m, 2. Vous étiez son bouclier au milieu des alarmes, id. Antig. 1, 4. La crainte de déplaire aux ducs et à Mme de Maintenon lui fit faire [à Fénelon] bouclier de modestie et de ses fonctions de précepteur, st-sim. 3), 108. Couvert du bouclier de ta philosophie, Le temps n'emporte rien de ta félicité, lamart. Méd. 1, (2.||4° Terme d'astronomie. Nom d'une file de petites étoiles en ligne courbe, entre l'épaule gauche d'Orion et Aldébaran, la plus brillante étoile du Taureau. C'est cette forme et la position de ces étoiles qui les a fait nommer le bouclier d'Orion, et, par abréviation, le Bouclier. || 5° Dans les anciennes chroniques, et, d'après la physique d'Aristote et de Sénèque, jusqu'au xvir siècle, bouclier, sorte de météore rgné. Il 6° Terme d'artificier. Planche mince de bois léger, découpée en forme de bouclier. ||7° Partie du corps de certains animaux. || Nom marchand de coquilles du genre des patelles.

— HEM. Autrefois bouclier était, en poésie, de deux syllabes, et Rotrou a encore suivi cet archaïsme. Écrit bucler, comme il l'était souvent, ce mot était dissyllabique; écrit bouclier, quelques indices portent à croire que, dans la prononciation, une des consonnes tombait : boulier; de là l'usage de le faire dissyllabique, lors même que la prononciation avait changé.

— HIST. xie s. Tans coups [il] a pris sur son escu bucler, Ch. de Roi. ?xxix. || xm" s. Li bers fiertMatamar sor son escu bocler; De l'un chief dusqu'à l'autre li fait fendre et froer, Chans. d'An!, iv, 643. Il xvie s. Les hérétiques modernes font bouclier d'Yrenée et Tertullien,CALV. Instit. 375.

— ÉTYM. Provenç. bloquier ; anc. catal. braquer; espagn. etportug, broquel; du bas-latin buccularius, c'est-à-dire clypeus buccularius, escu bucler ou bouclier, comme on disait; dans escu bouclier, bouclier n'était qu'une épithète signifiant bombé (voy. boucle), épithète qui a fini par éliminer le substantif et devenir le nom même de l'écu.

BOUCON (bou-kon), s. m. Mets ou breuvage empoisonné. Donner le boucon à quelqu'un, l'empoisonner. D'Effiat se détourne, va à l'armoire, l'ouvre, jette son boucon, puis, entendant quelqu'un, s'arme de l'autre pot d'eau commune, st-sim. 94, 245. Ce mot a vieilli.

— HiST.xvies. Or ces villains, pour loyer de leurs gestes, Baillent boucons, ou leur couppent les testes, j. marot, v, 70. Voudroit-il bien à bailleurs de bouccons Donner lui-mesme à garder ses flaccons? marot, II, 318.

— ÉTYM. Provenç. bocon, morceau; ital. boccone, bouchée; de bocca, bouche (voy. bouche).

ï HOUDDHIQUE (bou-ddi-k'), adj. Qui appartient au bouddhisme.

•[BOUDDHISME (bou-ddi-sm') , s. m. Doctrine philosophique et religieuse qui est une réformation du brahmanisme et qui consiste essentiellement, au point de vue négatif, à nier que le sacerdoce soit inhérent à la caste des Brahmanes, et, au point de vue positif, à prêcher une morale ascétique dont le but est de délivrer l'être vivant de la nécessité de la transmigration. Le bouddhisme, chassé de l'Inde vers le vne siècle de l'ère chrétienne, après des guerres sanglantes, s'est propagé dans le Thibet, laTartarie, la Chine et le Japon, pays dans lesquels il compte des centaines de millions de sectateurs.

— étym. Buddha, nom du réformateur, qui appartenait aune famille de princes et qui vivait dans le vie siècle avant l'ère chrétienne. En sanscrit, buddha signifie sage.

t BOUDDHISTE (bou-ddi-sf) , s. m. Sectateur du bouddhisme.

BOUDÉ, ÉE (bon-dé, dée), part, passé. Ce mari boudé par sa femme.

BOUDER (bou-dé),u.n. || 1» Témoigner par une certaine expression chagrine du visage, et particulièrement des lèvres, qu'on a du mécontentement. Vous avez contrarié cet enfant; le voilà qui boude dans un coin. || 2" Avoir de lhumeur, du mécontentement. Lasse de bouder sans qu'on y prît garde sév. 460. La reine n'a point baisé Monsieur, qui en boude, id. 500. Madame de Cleveland bouda contre le roi, hamilt. Gramm. H. Il s'est apprivoisé pas à pas, jour à jour; 11 boude à mon départ, il saute à mon retour, lamart. Joe. m, 122. || Fig. C'est un homme qui ne boude pas , il est toujours prêt à répondre à qui l'attaque. Cet homme ne boude pas à table, c'est un bon convive. Cet officier passe pour bouder au feu, pour ne pas s'y exposer volontiers. Il Familièrement. Bouder contre son ventre, se priver d'un repas ou d'un mets qui ferait plaisir, et, par extension, se priver par dépit d'une chose agréable. Il 3" Terme du jeu de dominos. N'avoir pas de dé à jouer. Il 4° Terme de jardinage, qui se dit d'un arbre ou d'un arbuste qui ne profite pas. Ces jeunes pommiers boudent. || 5° V. a. Votre Majesté a peutêtre cru que je la boudais, volt. Lettr. à Cath. 1 13. Plus que jamais il t'aime; C'est ton tour maintenant de le bouder lui-même, A. chén. 23). Il Se bouder, v. réfl. Se faire mutuellement mauvaise mine. Ces deux amants se boudent.

— HIST. xvc s. Par ma foy vous ne boudez mie; Or povez bien, commant qu'il aille, Hardiement faire bataille; Tuit en sommes entalenté, La Pass. de N. S. J. C.

— ÉTYM. Diez rapproche de ce mot l'ancien français boudiné, bouton et nombril, le provençal moderne boud-enflâ , boud-ouflâ, boud-iflâ, gonfler, boudougno, bosse ; à cette liste on peut ajouter boudufe, qui se dit dans l'Angoumois pour toupie, chose de forme ronde. Ces formes conduisent à un radical bod, qui est dans le piémontais fé'lbodou, avancer la lèvre inférieure, et dans le rouchi boder, gonfler. Ce radical a déjà été trouvé dans borne (bod-ne). S'il est latin, dit Diez, il existe dans bot-ulus, boudin. Il y a, dans l'anglais, bud, bourgeon; mais, ce mot manquant à l'anglo-saxon, on ne sait s'il est propre à la langue anglaise ou emprunté.

BOUDERIE (bou-de-rie), s. f. Action de bouder; état d'une personne qui boude. Leurs bouderies continuelles sont impatientantes. Le maréchal d'Huxelles boudait de honte et ne sortait de chez lui que pour le conseil depuis son aventure du traité d'Angleterre ; Dubois fit entendre à son maître [le régent] qu'il ne fallait pas prendre garde à la mauvaise grâce ni à la bouderie, st-sim. dans lafaye, Synon. Cela eût été pris en pique et en bouderie, id. ib. J'ai eu un petit moment de bouderie [avec le roi de Prusse]; mais l'explication a bientôt tout raccommodé, volt. dansLAFAYE, ib. Cette affaire avait plus l'air d'une bouderie que d'une rupture, j. j. rouss. dans lafaye, ib. Nous ne permettons point la bouderie.... nous ne voulons jamais que nos amis restent brouillés plus d'un quart d'heure, mahmontel dans lafaye, ib.

— SYN. bouderie, fâcherie. Ce sont des mécontentements légers. Dans la bouderie, il y a un signe extérieur, à savoir l'expression du visage, le silence, la froideur. Au lieu que la fâcherie n'est pas nécessairement accompagnée de quelque signe. On peut être très-fâché sans bouder; on cache, on dissimule sa fâcherie; et l'on peut bouder sans être aucunement fâché; on feint alors une fâcherie qui n'est pas dans le cœur et qui n'est que sur le visage et dans les manières.

— étym. Bouder.

BOUDEUR, EUSE (bou-deur, deù-z'), ad].

Il 1° Qui boude habituellement. Un enfant boudeur. Il 2" Qui exprime le mécontentement. Air boudeur Une petite mine boudeuse. || 3° Substantivement C'est un boudeur.

— ÉTYM. Bouder.

BOUDIN (bou-din), s. m. || 1° Mets fait avec un boyau qui a été rempl de sang et de graisse de porc. Boudin noir. Nous sommesju ifs comme vous, ne mangeant point de cochon, point de boudin, voltaire, PMI. ni, 174. Les hommes au rang desquels vous ne voulez pas être, mangeront votre lard, vos boudins et vos jambons, fén. xix, 142 || Boudin blanc, boudin fait avec du lait et un hachis de blanc de volaille. Il Un boudin, une portion de boudin longue de 16 à 20 centimètres, et fermée parunnœud aux deux bouts. || Eau de boudin, eau dans laquelle on

BOU

BOl

lave les tripes à boudin, et qui n'a aucune utilité, j les fossés. Un tas de boue. J'ai été couvert de boue

|| Fig. et familièrement. S'en aller en eau de boudin, se dit d'une affaire qui se réduit à néant. jj Envoyer de son boudin à quelqu'un, lui servir quelque" plat de son métier, lui jouer un mauvais tour; se dit par allusion à l'habitude d'envoyer du boudin à ses amis quand on a tué un cochon. || 2° Toute chose qui, par la forme, a quelque ressemblance avec le boudin. Des boudins de grosse toile. Boudin de cheveux, boucle de cheveux en spirale. Il [Boudin] était boudin de figure comme de nom, fils d'un apothicaire du roi, dont personne n'avait jamais fait cas. st-sim. 28G, 142. || Fusée avec laquelle on met le feu à la mine. || 3° Petit portemanteau en cuir, et de forme ronde, qu'on attache sur le dos d'un cheval. || 4° Terme de serrurerie. Espèce de ressort formé d'une spirale de fil de fer. || 5° Membre d'architecture de forme cylindrique qui décore les archivoltes, les arcs-doubleaux, arcs-ogives, bandeaux, etc. || 6° Terme de marine. Bandeau placé autour d'un bâtiment à la hauteur du second pont. || 7° Boue qui sort d'un tuyau qu'on dégorge avec la sonde. || Rouleau de tabac. || Faire un boudin est un vieux proverbe, qui signifiait marier un gentilhomme avec une riche roturière, parce que. le mari étant le s ml "ii de la maison, la femme, qui est riche, fournit la graisse pour l'entretenir.

— HIST. xnic s. Que nuh du dit mestier ne puisse vendre boudins de sanc, à peine de la dite amende, Liv. des met. 1 77. || xiv3 s. Aler boire à Paris la chopine de vin, Et la soupe humer, et rostir le boudin . Guescl. 22010. || xvi0 s. La cuisine basse qui n'est pas seure, donnant la bassesse de ses fenestres facile accès au diabolique boudin [pièce d'artifice] et à autres inventions que nostre misérable siècle a produites, o. de serres, 22.

— ÉTYM. Berry, bodin. On a indiqué le latin botulus; mais il faut supposer quelque diminutif tel que botulinus, ou plutôt, par interversion, bollinus. On a indiqué aussi le celtique : bas-breton, bouzellen, boyau; irlandais, putog, boyau, boudin; kymri, poten. Enfin Diez a recours au radical bod (voy. bouder et borne) , qui signifie quelque chose d'arrondi.

j BOUDINADE (bou-di-na-d'J , s. f. Terme de cuisine. Quartier d'agneau farci de boudin et cuit à la broche.

— ÉTYM. Boudin.

j- BOUDINAGE (bou-di-na-j') , s. m. Action de tordre le fil de lin avant de le mettre sur les bobines.

— ÉTYM. Boudiner.

BOUDINE (bou-di-n') , s. f. Nom qu'on donne aux nœuds du verre, ou à la bosse qui demeure dans le plat du verre à l'endroit où il a été coulé.

— HIST. xv" s. Flambe ardente se bouta en ce lit

par un fiacre. 11 avait des brodequins à L'antique que les boues avaient gâtés, scarron, Kom. com. ch. 4. (| Payer les boues et lanternes, se disait autrefois de la taxe à payer pour boues et lanternes. Il Traîner dans laboue, traîner dans les rues boueuses. On avait commencé à la traîner dans la boue , FÉN. Tél. vin. Fig. diffamer. H De vieilles équivoques ramassées parmi les boues des halles (empruntées au langage le plus bas et le plus grossier). Il Familièrement. Ne pas faire plus de cas d'une chose que de la boue de ses souliers, ne s'en soucier aucunement. Ils [les traitants] sont méprisés comme de la boue, pendant qu'ils sont pauvres; quand ils sont riches, on les estime assez, montesq. Lett. pers. 98. || 2° Terre délayée. Des cahutes de boue et de paille. Toi que les éléments ont fait d'air et de boue, Ordinaire sujet où le malheur se joue, Théophile, Sat. 1. Il Maison faite de boue et de crachat, peu solide. || Fig. Bâtir sur la boue, se bercer de vaines espérances. C'est bâtir sur la boue que d'appuyer les fondements de sa fortune sur l'affection passagère d'une vile populace, vertot, Révol. rom. xiv, p. 303. Il Poétiquement. Cet amas de boue, ce tas de boue, le globe terrestre. Atomes tourmentés sur cet amas de boue, Que la mort engloutit et dont le sort se joue, Mais atomes pensants.... volt. Désastre de Lisb. || 3° 11 se dit des choses auxquelles on n'attache aucune valeur réelle. Le monde aujourd'hui ne m'étant plus que boue, malh. iv, 9. Ils [ses biens] lui échappent cependant; ce tas de boue fond à ses yeux, mass. Avent, Mort, du péch. C'est avoir perdu la foi , d'aimer mieux risquer son salut éternel qu'une fortune de boue, id. Car. Rechutes. La \ ertu de la parole de la croix n'est pas attachée à celle des ministres qui l'annoncent; la boue entre j les mains du Seigneur peut éclairer les aveugles, id. Car. Fausse confiance. || 4° Terme mystique. Le corps humain. L'auteur de notre être avait d'abord animé notre boue d'un souffle d'immortalité, mass. Car. Sur la mort. Il sent que cette maison de boue s'écroule; il se sent mourir peu à peu à chacun de ses sens, id. Avent, Mort du péch. Se persuadant qu'il n'est qu'une vile boue que le hasard a rassemblée, mass. Car. Vérité de la religion.Yous connaissez, ô mon Dieu, la fragilité de notre boue, id. Car. Rechutes. Voyez s'il n'en coûta rien autrefois à Augustin ; quels efforts pour s'arracher à sa boue, pour rompre la chaîne de fer qui liait sa volonté rebelle! id. I, ent . Délai de la conversion. || Nous sommes tous sortis de la même boue, nous avons tous la même origine. Tout s'étudie, tout s'empresse à leur persuader [aux grands] qu'ils sont pétris d'une autre boue que les autres hommes, mass. Car. Prospérité tempor. Ô mon Dieu, souvenez-vous que vous nous avez formés d'iine boue fragile, id. Profession religieuse, serm. '>■ || 5" État misérable. Aujourd'hui dans le

entre les linceuls, par telle manière que le roi fut | trône, et demain dans la boue, corn. Poly. iv

atteint de cette ilambe; on n'y put oneques venir à temps, ni lui secourir, qu'il ne fust tout ars, jusques à la boudiné [nombril], froiss. 11, 111, 9fi.... Estre en l'eau jusquesàla boudiné, id. ii, ii, 23t.

— ÉTYM. Ce mot, dans l'ancien français, signifiait extrémité obtuse, nombril. Diez y voit le même radical que dans boudi r.

f BOUDINÉE (bou-di-née) , s. f. Plat de boudin.

— ÉTYM. Boudin.

+ BOUDINER (bou-di-né), v. a. Exécuter l'opération du boudinage.

— ÉTYM. Boudin.

f BOUDINIÈRE (bou-di-ni-è-r') , s. f. Petit entonnoir de fer-blanc qui sert à faire du boudin.

— ÉTYM. Boudin.

7 BOUDINOIK (bou-di-noir), s. m. Machine qui sert à bondiner la soie.

— étym. Boudiner.

f BOUDJOU (bou-djou), s. m. Pièce d'argent, unité monétaire dans l'Algérie. Le boudjou est compté pour 1 fr. 80 centimes.

— étym. Mot arabe.

BOUDOIR (bou-doir), s m. Cabinet élégant attenant à l'appartement d'une dame. Je l'avais, dès la veille, Fait fuir de ton boudoir, bérang. lnf. de Lisette. Crains que la révolte ennemie Dans ton boudoir ne trouve accès, id. Polit.

— étym. Bouder, ainsi dit parce les dames se retirent dans leur boudoir quand elles veulent être seules.

+ BOUDRIÊRE (bou-dri-ê-r') ou BOUDRINE(boudri-n'), s. f. Nom rural de la carie du froment.

BOUE (boue), s. f. Il i° Mélange de terre, de sable, de substance organique, plus ou moins consistant, qui recouvre le pavé des villes ou remplitles égouts.

Les peuples sont soulagés, les vicieux laissés dans la boue, mass. Petit carême, Exemples. Lorsque la fortune à sa roue Attache mille ambitieux, Les précipite dans la boue, Ouïes élève jusqu'aux cieux, bérang. Tournebr. || Tirer quelqu'un de la boue, le tirer d'une position basse et misérable. || 6° Bassesse, impureté. Ces âmes que le ciel ne forma que de boue, corn. Pomp. 1, 3. Mais son sang que le ciel n'a formé que de boue, id. D. San. 1, t. Dès que ce poison a gagné le cœur, on trouve des âmes de boue, mass. Obst. Ses efforts impuissants pour s'arracher à sa boue, id. Samar. N'avezvous pas traîné votre cœur sur la boue de mille passions? id. Disp. à la comm. Un cœur qui se traîne encore sur la boue et qui ne sait s'élever au-dessus des créatures, id. ib. Tirez-moi de cette boue où je ne saurais marcher sans enfoncer tous les jours davantage, id. Car. Sur les causes ordinaires de nos rechutes. || 7° Boues minéiales, limons que l'on trouve près des sources de quelques eaux minérales, et qui, imprégnés des matières contenues dans ces eaux, jouissent de propriétés analogues à celles des eaux elles-mêmes. || 8° Terme de géologie. Couches de boue noire, contenant beaucoup de lignite terreux et des troncs d'arbres conifères. ||9° Boue d'émeri , potée qui se forme sous les roues ou meules des lapidaires, et qui sert à polir le marbre. Il 10° Dépôt épais qui se forme au fond d'un encrier. Cette encre n'est que de la boue. || li° Pus qui sort d'un abcès. On lui ouvrit l'apostume ; il en Sortit beaucoup de boue.

— HIST. xne s. Jo's osterai [je les ôterai] si cume la puldre de la terre; si cume la boe de la strae [de ta rue] les defulerai, Rois. 209. || xme s. Quant de si haute honor [je] sni chcûc en la boe, Bcrtc,

BOU

xxxm. Ele [fortune] a une roe qui torne; Et quant e.le veut, ele met Le plus bas amont ou sommet, Et ccli qui est sor la roe Reverse à un tor dans la boe, la Rose, 4000. Entai ou en bohe, tailliar, Recueil . p. 148. Il xvc s. Et quant ils sont tous eslevés et ils cuident estre au plus sur , fortune les retourne en laboue et les met plus bas que elle ne les a eus de commencement, froiss. ii, iii. 49. || xvie s. Enl'ouverturc d'un empyeme, il faut que la boue qui en sort.... paré, Jntrod. 17. Ce mot, qui est en françois appelle boue, en latin pus, et en grec py on, signifie un humeur putride, id. xi, 2. On la [une villej disoit n'estre faite que de boue et de crachat; de tels mots usoit on pour monstrer sa foiblesse, urant. Capit. fr. t. 11, p. <78, dans lacurne.

— ÉTYM. Picard, baue et beue. L'étymologie parait être dans le celtique : kymri, baie, boue, budhijr, boueux. Le lorrain bodère, qui tient sans doute de boue, veut un radical avec unedentale. Le lombard boga, boue, est douteux. Le celtique garde la probabilité, sans tout expliquer.

BOUÉE (bou-ée), s. f. Terme de marine. Morceau de bois, baril et tout corps flottant destiné à marquer la place d'une ancre ou à indiquer un danger, une passe difficile. On dit d'une bouée qui est toute prête à être mise à l'eau quand on jette l'ancre, qu'elle est à la veille. Les uns [oiseaux] se placent à 40 et 50 lieues d'une terre inconnue et deviennent un indice certain pour le pilote qui les découvre, flottants sur l'ende comme les bouées d'une ancre, chateaub. Génie, 1, v, 8. || Bouée de sauvetage, grand plateau de liège qu'on jette à un homme en danger de périr.

— HIST. xvie s. En allant à ceste isle, nous trouvasmes plusieurs bouées. Journal du voyage de J. Parmenticr, dans jal.

— ÉTYM. Norm. boie; espagn. boija ; portug baie; angl. buoxj ; allem. Boje; du latin boja, chaîne, lien , parce que la bouée est un morceau de bois flottant, mais fixé par un lien (boja). C'est à bouée qu'il faut rapporter ce texte du xve siècle : Pour ce que ledit batel estoit bouyant et petit, icellui Houf chey en la rivière, du cange, bullire. Bouyant veut dire flottant, chancelant sur l'eau, et répond à l'anglais buoyant.

f BOUEMENT (boù-man), s. J». || 1° Action de bouer. || 2° Pièce de menuiserie dont les parties unies sont assemblées carrément à tenon et à mortaise.

— étym. Le même que bouvement (voy. ce mot). f BOUER (bou-é), v. a. Lorsque la monnaie se

frappait au marteau dit bouard, on appelait bouer l'action de frapper sur les flans, pour leur donner les formes convenables avant que de les blanchir.

— ÉTYM. Voy. BOUVARD.

f BOUETTE (bouè-f), s. f. Terme de pêche. Voy. boitte.

BOUEUR (bou-eur), s. m. Charretier chargé de l'enlèvement des boues.

— ÉTYM. Boue.

BOUEUX, EUSE (bou-eû, eû-z'), adj. || 1° Plein

de boue. Un chemin boueux. Ce funeste lac dont les eaux nous sont représentées si noires et si boueuses, balz. le Prince, Av. propos. Le juste ici-bas ressemble à ce feu sacré que les Juifs retrouvèrent caché dans les entrailles de la terre; il ne leur parut d'abord, dit l'Écriture, qu'une eau épaisse et boueuse, mass. Carême, Resp. humain. || 2" Impression boueuse, celle dont l'encre s'étend et taehe le papier. Estampe boueuse, estampe mal venue et tirée sur une planche où il était resté du noir entre les hachures. Écriture boueuse, écriture qui répand l'encre au delà du trait et tache le papier. Il Maçonnerie boueuse, maçonnerie mal ragréée. || Menuiserie boueuse, menuiserie mal profilée, y Terme de marine. Ancre boueuse oudetoue, la plus petite des ancres.

— HIST. XIVe s. Jusqu'à tant qu'il se fustbouté Droit au chemin de povreté. Qui tant par est boueux a ort, bruyant dans Ménagier, t. 11, p. 34.||xves. La terre estoit boueuse et mauvaise, froiss. ii, 11, 184. Il xvie s. Puis passant le marets le dernier de tous avec grande difficulté à travers do l'eau boueuse et fangeuse, partie à nage, et partie à pied, il feit tant à la fin qu'il gaigna l'autre rive, amyot, Ces. 20. L'urine estant boueuse, on cognoist le m avoir ulcère aux reins, ou vessie, ou autre p paré Introd. 23. Je me jecte dans le battu, le plus boueux et enfondrant, mont, h, 47.

— ÉTYM. Boue.

BOUFFANT, ANTE (bou-fan , fan-t'), adj. j|-l°Qui

bouffe, qui paraît gonflé. Étoffe, garniture bouffante. Ces deux têtes charmantes, renfermées sous ce jupon bouffant, me rappelèrent les enfants de Léda,

BOU

' s. de st-p. Paul et Virg. [| 2- Bouffante, s. f.

Espèce de guimpe gaufrée que portaient autrefois

Petil panier qui servait aux femme i .î

bouffer leursjupes. ||3" Bouffant, s. m. Partie

le li manche d'une robe.

— êtym. Bouffer.

f BOl'FFAllDK (bou-far-d') , s. f. Pipe, dans le parler familier. Fumer sa bouffarde.

— ÉTYM. Bouffer.

t. BOUFFE (bou-f ), ad)". || 1° Bouffon. Opéra bouffe, genre d'opéra opposé au genre sérieux. || Chanteur -, chanteur qui joue un rôle plaisant dans un opéra. || 2° Substantivement. Acteur qui joue dans les opéras italiens. || Au plur. m. Les bouffes, le théâtre italien à Paris.

— ÉTYM. Ital. bu/fa, plaisanterie (voy. bouffon). | 2. BOUFFE (bou-f), s. f. Air bouffi, morgue. Il

n'a point avec nous la bouffe de gouverneur, sév.

— étym. Bouffer.

t 3. BOUFFE (bou-f), s. m. Sorte do chien àlong poil. Les chiens à longs poils, fins et frisés que l'on nomme bouffes et qui sont de la taille des plus j barbets, viennent du grand épagneul et du barbet, BUFF. Chien.

— ÊTYM. Bouffer: à cause que le poil de ce chien semble bouffer.

BOUFFÉE (bon -fée) , s. f. || 1° Souffle qui sort de la bouche d'une personne. 11 sort de la bouche de ces Ivrognes des bouffées qui soulèvent le cœur. Il m'envoyait des bouffées de tabac à m'étouffer, HAMILT. Gramm. 3. || 2" Onde d'air ou de vapeur qui semble ven t d un souffle de bouche. Le vent soufflait par bouffées. Il sorta t de la cheminée des bouffées de fumée. Des bouffées de chaleur. L'autre jour que nous eûmes une bouffée d'été, sëv. 42. || 3° Fig. Accès subil et passager. Ma tante a eu une bouffée de fièvre, SÉV. 96. Elle est dans une bouffée de coliques, m. C08. || Bouffée d'humeur, d'orgueil, de gém rosité. Je ne puis oublier cette bouffée de philie que vous me vîntes soufller, sév. )88.|| Familièrement. Ne faire une chose que par bouffées, ne s'en occuper que par boutades. || 4° Terme de médecine. Bouffée de chaleur, sensation de chaleur à la face survenant rapidement et disparaissant de même ou peu a peu. ([Terme de vétérinaire. Sorte d'accès des maladies épizootiques pendant lesquels un pins grand nombre d animaux sont frappés. La clavelée, par exemple , attaque les moutons par bouffées. || 5° Terme d'hydraulique. Secousse.

— HIST. xiv s. yuan! les bouffées do vent viennent, Mutins, f" nui, verso. || xvie s. Ils cognoissoient que ce n'est qu'une bouffée de vent, que les saincts ont a endurer tribulation, que les grâces qu'ils doivent recevoir sont éternelles, calv. Tnstit. 3i!6. 11 leur t'ait sentir sa miséricorde présente comme par une bouffée, in. ib. 42". Lors il se leva soudain une bouffée de veut impétueux qui enflamma incontinent tout le bûcher, amvot, Sylla, "G. Comme le bateau poussé par le vent et les avirons, quibransle et marche inégalement, par secousses, boutées et bouffées, charron, Sagesse, n, 3.

— ÉTYM. Bouffer.

BOUFFKU (bou-fé), r. n. || 1° Témoigner par un certain gonflement de la face qu'on est en mauvaise humeur; être dans une colère qui n'éclate pas. Il bouffe. Le grand écuyer [après cette sottise] se releva le nez de dessus la table, regarda toute la compagnie, toujours bouffant, st-sim. i~7, no. ||2°Se soutenir sans s'affaisser en parlant de certaines étoffes. Ce taffetas bouffe. || Par extension. 11 [le duc de Bourgogne] avait des cheveux châtains si crépus et en telle quantité qu'ils bouffaient, à l'excès, st-sim. 322, 2i(. || 3° Se gonfler, en parlant de la pâte qui ressent dans le four l'effet de la chaleur. Le pain avait déjà bouffé. || Terme de maçonnerie. Le plâtre bouffe, il gonfle. Un mur bouffe, il pousse en dehors. || Terme de jardinage. Un fruit bouffe, quand il grossit plus d'un côté que de l'autre. || 4° V. a. Terme de boucherie. Souffler une bête tuée pour en rendre la chair plus belle.

— RJÏM. Le langage populaire confond bouffer avec hnfrer : il bouffe bien; sans doute à cause de la rondeur des joues, quand la bouche est emplie. Mais ce n'en est pas moins une locution rejetôe par le bon usage.

— H1ST. xiii" s. Li rois l'entent, boufe et sospire, Tristan, IS69. dans lacurne. || xivs. Icelluy Tail-

sant qu'il buffast, et qu'il lui don-

roit une buffe, du cange, buffare. [|xv s. De ceste

uffez [fâché], villon, Bail. \\ xvie s. Hz

lyenl leur peau pour y l'aire bouffer la

grosse, ne plus ne moins qu'on desebuppe le haut

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