ROU
BOU
songerait au bas-latin bodium , qui, pour ia forme, a pu donner boge ou bouge, et qui, pour le sens, ■ habitation, demeure. Mais bouge 2 semble Le lien entre bouge, bourse, et bouge, logis. 2. BOUGE (bou-j'),s. m. || l°Lapartiela plus boml'un tonneau. Les dimensions des futailles sont de manière que lalongueur intérieure, le dia- 1. rieurdu bouge et le diamètre intérieur de uudes fonds soient dans toutes les pièces comme aibres 21, 18 et 16, legoarant. || 2° Terme de ruction navale. Courbure des baux suivant leur eur. Il 3° Terme de métiers. Outil à l'usage i^eleur. || Pièce de bois de charpente qui bombe en quelque endroit. || Partie du chandelier qui commence à la poignée et descend sur le pied ■asant. || Petite cuve qui sert à porter le raisin au pressoir.
— HIST. xv° s. La rivière estoit si grande qu'elle ne pouvoit demeurer en ses bouges, andré de la
, Voy. de tapies de Charles VI 11, p. <77,
- ; ACURNE.
— ÉTY'M. Ici bouge a le sens général de chose
lie; et, si d'une part on ne comprend guère m bouge signifiant chambre, édifice, aurait pu donner lieu à tous ces emplois, on comprend ut l'ancien français bouge ou boulge, signifiant bourse, a pu, inversement, produire bouge de tonneau, et celui-ci bouge, logis (voy. bougette).
■f BOUGEAGE (bou-ja-j') , s m. Terme d'eaux et forêts. Action de bouger.
— ÉTYM. Voy. bouger 2.
BOUGEOIR (bou-joir) , s. m. Chandelier bas de . avec un pied très-large et relevé en forme iupe ou de soucoupe, pour recevoir ie suif ou la cire fondus qui peuvent y tomber quand on le porte, et avec un manche ou un anneau attachés à ce pied, < t non au chandelier lui-même. Il y avait b ugeoir d'or au coucher du roi, et c'était une lion pour les seigneurs de le tenir. Monseigneur lui parle et- lui fait donner le bougeoir, sév, ' Le roi lui donna [à Portland] un soir le bougeoir à son coucher, qui est une faveur qui ne il qu'aux gens les plus considérables, st-sim. 1 i9.
— HIST. xvie s. Un bougeoir d'argent doré, Inv. Marie Stuart, delaborde, Émaux, p. no. Un
bougeoir à queue, un chandellier à tapisserie et un pot de chambre, le tout d'argent blanc, id. ib\ Un tir. d'argent, vermeil, doré, pour attacher au chevet du lit, où y a une cassonnette et trois petits chandeliers à mettre bougie, garni de flambe d'or, de rouge, Inv. de Gabriellc d'Estrées, ib.
— ÉTYM. Bouger, parce que c'est un chandelier itif. Cependant on a aussi indiqué bougie; le
fait est que l'italien nomme un bougeoir bugia ; mais il est pins difficile d'aller à bougeoir par que par bouger.
1. BOUGER, (bou-jé) , nous bougeons; je bougeais ; je bougeai; que je bougeasse; bougeant, v. n. Il 1" Se mouvoir, changer de place. Si vous bougez,
I >mberez. || Se remuer. Cette femme est avancée dans sa grossesse, elle a senti son enfant bou- . ou, elliptiquement, elle a senti bouger. H 2° Avec la négation, demeurer asridûment dans un lieu, auprès d'une personne; en ce cas on supprime
it pas ou point : Je n'ai presque point bougé oss. lett. Corn. 32. Vous qui.... touchés de
Lee, ne bougez plus comme elle [Marie Madeleine] des pieds du sauveur.... mass. Carême, La-
■le croyais que je ne bougerais d'ici ou de Vitré, sév. 70. M. de Larochefoucauld ne bouge plus de Versailles, id. 168. Je n'ai bougé toute nuit
irès d'elle, la font. Berc. Et mesurant les cieux
b u ; d'ici-bas, Il connaît l'univers, et ne se connaît pas, id. Fabl. vin, 26. Désormais je ne bouge et ferai cent fois mieux, id. ib. vu, 42. On
era insupportable de ne bouger de la ville,
Div. 2. Sans bouger de la terre, allez au firmament, regn. Sat. IX. [Plaisirs] qu'il abandonnait
ne bouger d'auprès de ses charmes, hamilt. 1 nm. 40. La famille du duc n'en bougeait, id.
;/).6. Du coin d'où le soir je ne bouge, J'ai vu le petit homme rouge, bérang.//. rouge. || 3° Fig. S'agiter, se soulever. Les mécontents n'osèrent pas bouger.
— REM. 1. Molière a fait de bouger un verbe actif et réfléchi : Et personne, monsieur", qui se veuille bouger Pour retenir des gens qui se vont égorger,
tm. v, 1. C'est un archaïsme (voy. l'historique) qui n'est plus usité : bouger est neutre maintenant, et ne peut plus devenir réfléchi. || 2. Les puristes du siècle de Louis XIV, Marguerite Buffet et Caillières trouvaient que bouger d'un lieu était un
terme fort rude ou une façon de parler bourgeoise; mais, comme on a vu, les meilleurs écrivains s'en sont servis.
— HIST. xiv° s Li verseïs [la chute] de Pierre
Oui dort ne ne se bouge ne que fait une pierre, Girart de Boss. 4 789. Se li consuls se bouge, isercheure, f" 47, ?tc(o. Il xve L'argent ne devoit estre contourné ailleurs ni bouger de Paris, froiss. ii, ir, 4 28. Le mareschal les convoya jusques à la vue de Galipoli, et de là ne se bougea afin de les secourir si aulcune chose leuradvenoit, Bouciq. 1, ch. 30. Tenez-vous saintement en cloistre; Là mettez peine à vous cognoistre; N'en bougiez; car le villoter Fait mains et maintes assoter, Miracles de sainte Geneviève. Je croy bien que je ne bougeray d'ici encore d'un mois, Bibl. des chartes, 4e série, t. 1, p. 2;. Et un peu de reconfort leur est venu, c'est que ladite dame, princesse de Castille et royne de Portugal, aesté grossed'un enfant bougeant, comm. vin, 17. Et- tira [le roy] à l'avant garde, qui jamais n'estoit bougée, id. vin, 6. Il xvic s. Ponocrates advisoyt quelque jour bienserain, onquel bougeoient on matin de la ville, et alloyent à Gentilly, rab. Garg.
I, 24. Maintenant je suis fort bien, et ay senti bouger mon enfant, marg, Lett. 58. Je vous prie encores me mander si l'intention du roy est que je ne bouge d'avecques la royne, id. ib. 4 47. Elle n'a bougé de couchée [de son lit] depuis vostre partement, sinon ung jour ou deux qu'elle alla jusques en la garderobe, id. ib. 46. Le dieu leur respondit qu'ils ne bougeassent rien, mont, i, 123. Il ne feut d'advis de bouger de sa place, id. 1, 342. Hz se desfirent l'un l'autre à combattre d'homme à homme au milieu de leurs deux armées, sans qu'elles se bougeassent, amyot. Boni. 24. Sa coustume esloit de frapper rudement, jamais ne bouger le pied, ny reculer en arrière, id. Caton, 3.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. bojar. Ménage a parlé de l'allemand icogen, s'agiter; mais wogen donnerait guoguer et non bouger. Diez a mis le doigt sur la vraie étymologie, remarquant, dans le provençal, bolegar, remuer, s'agiter, dont bojar et bouger sonHles contractions et qui répond à l'italien bulicare, bouillonner, qui est un fréquentatif du latin bullire, bouillir : bouillonner, et, delà, par métaphore, ne pas rester en place, bouger.
f 2. BOUGER (bou-jé), v. a. Couvrir déterre l'amas de bois destiné à faire le charbon.
— ÉTYM. Ici bouger, c'est faire quelque chose d'arrondi, et il se rapporte probablement à bouge -.
BOUGETTE (bou-jè-f), s. f. Petit sac de cuir qu'on porte en voyage. Vieux.
— HIST. xive s. Lesquels florins il afferma estre en unes bouges, Bibl. des chartes, 2e série, t. tu, p. 424. Il xv° s. Et lui mist on une belle bougette à l'arçon de sa selle pour mettre sa cotte d'armes , COMM. iv, 7.
— ÉTYM. Bourguig. boujôte; anc. franc, bouge ou boulge, bourse; de bulga, bourse de cuir, mot gaulois-d'après le dire des auteurs latins, lequel se trouve en effet dans le celtique : ancien irlandais, 60k'; gaélique, builg. De bougette , les Anglais ont fait budget, revenu de l'État.
BOUGIE (bou-jie), s. f. || 1° Chandelle de cire. Après que les ruches sans miel N'eurent plus que la cire, on fit mainte bougie, la font. Fab. ix, 4 2. Ils rallument le feu de leur bougie éteinte, boil. Lutr. m. Un homme qui vit sans réflexion ne regarde le soleil qui l'éclairé pendant le jour, que comme la bougie qui l'éclairé pendant la nuit, fen. Exist. 40. Pontchartrain n'avait [au conseil de régence] d'autre fonction que celle qu'il avait prise, d'y moucher les bougies, st-sim. 428, 499. || Aux bougies, à la lumière des bougies. || Pain de bougie, ditaussi rat de cave, bougie mince et flexible pliée en rond, qu'on porte dans sa poche pour s'éclairer au besoin dans une cave ou ailleurs. || 2° Terme de chirurgie. Instrument (ainsi dit par assimilation aux bougies de cire) qu'on introduit dans l'urètre, soit pour le dilater, soit pour- porter un caustique sur quelque point de sa surface.
—HIST. xivc s. Deux livres, bougie grosse et menue, trois sols quatre deniers la livre, Mënagier,
II, 4. Il xve s. À" Jehan Guerin en faveur de ce qu'il a apporté à madame des chandelles de bougye que envoyoit à ladite dame le comte de Beauvais, de laborde, Émaux, p. 202. || xvr s. Des chandelles toutes de cire, l'on fait aussi; la mère de famille en fera faire de diverses couleurs distinctes; des bougies aussi pour les usages ordinaires dont elle tirera service agréable avec espargne [la chandelle de cire est la bougie de cire, et la bougie le rat de «ave], 0. deserres, 880.
— ÉTYM. Bougie, ville de l'Algérie, où l'on fabriquait cette sorte de chandelle.
BOUGIE, ÉE (bou-ji-é, ée), part, passé. Etoffes bougiées.
BOUGIER (bou-ji-é), v. a. Arrêter les effilures d'une étoffe avec de la cire fondue.
— ÉTYM. Bougie.
t B0UG1LL0N (bou-ji-llon, Il mouillées), s. m. Qui ne peut pas se tenir en place.
— ÉTYM. Bouger. On dit aussi populairement bougeon, qui aime à bouger : un enfant bougeon. Bougillon et bougeon sont tout à fait populaires et ne peuvent pas s'écrire.
f BOUGON (bou-ghon), s. m. Grondeur, radoteur. Mot tout à fait populaire et qui ne peut s'écrire que dans le style le plus négligé. || Harengs bougons, harengs qui ont perdu la tête et la queue.
— ÉTYM. Voy. bougonner.
BOUGONNER (bou-go-né). || 1° V.n. Murmurer, gronder entre ses dents. Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Il 2° V. a. Réprimander. On le bougonne quand il rentre trop tard.
— ÉTYM. On trouve dans Du Gange, bas-latin boujonator, et vieux français boujoneur eXbougonneur , celui qui était chargé d'inspecter les draps et do faire observer des règlements. Bougonner viendraitil de là, attendu que les bougonneurs devaient souvent avoir lieu de réprimander et de blâmer? Bougonneur, en ce sens, dérive de l'ancien français boujon, qui signifie le règlement de la draperie (voy. boujon).
BOUGRAINE (bou-grè-n') ou BOUGRANE (bougra-n'), s. f. Voy. bugrane.
BOUGRAN (bou-gran), s. m. Terme de commerce. Toile forte et gommée, employée dans les doublures des vêtements.
— HIST. xne s. L'anfant a pris la dame au cors vaillant; Si Fenvoslepe en un chier boquerant, Raoul de C. 4. || xnr s. Dariere celi qui tenoit les trois COUtiaus, avoit un autre qui tenoit bouqueran entorteillé entour de son bras, joinv. 259. ||xive s. Se ne dévoie boire au voirre [verre] mon vivant. Ne avoir qu'une robe qui fust de bouquerrant, Guesc. 9010. L'escu li a rompu et le bon jazerant, Mais l'auqueton fu fort, qui fu de bouguerant. ib. 4 6t;82. Il xvie s. On met sous le malade une pièce de rharroquin, ou de camelot, ou de bougran, estofles qui ne retiennent que bien peu la chaleur, parë,xx:, 2.
— ÉTYM. Provenç. bocaran; calai, bocaram; ital. bucheramc. On donne pour étymologie bouc, boc, boc-ar-an, à cause que l'on suppose que le bougran l'ut d'abord de poils de chèvre; ou bien l'italien bucherare, transpercer, ce qui donnerait à bougran le sens étymologique d'étoffe à mailles peu sériées.
f BOUGRANER (bou-gra-né) , v. a. Terme de métier. Apprêter une toile comme le bougran.
— ÉTYM. Bougran.
f BOUGRE (bou-gr'), s. m. \\ 1° Nom de. certains hérétiques que l'on assimilait aux albigeois. || 2° Celui qui se livre à la débauche contre nature : dénomination venue de ce que les haines populaires accusaient les hérétiques de désordres infâmes. Il 3° Terme de mépris et d'injure, usité dans le langage populaire le plus trivial et le plus grossier. Dans ce sens, il a aussi le féminin bougresse : un vilain bougre, une méchante bougresse. Le bougre avait juré de m'amuser six mois; Il s'est trompé de deux.... la font. Poésies mêlées, clvi. Le dieu, qui vit la triste enluminure Et l'oripeau du poète glacé, Se prit 5 dire, en style moins pincé: Ce bougre-là n'aime pas la nature, lebrun, Épigramme sur les jardins de Delille. || 4° Jurement très-grossier. Ah! b....je me suis fait mal. Dans ce sens, ce mot ne s'écrit jamais que par sa première lettre; et, quand il s'écrit, il se prononce bé. Les B, les F voltigeaient sur son bec, gresset, Vert-Vert, iv.
— HIST. xme s. Ha! maie gent, bougre desloial, dist li papes, vous avôs desiervi à perdre cors et avoir, Chr. de Bains, 423. Quant aucuns est condampnés comme bougres, sainte Eglise le doit abandonner à le [la] laie [laïque] justice, beaum. xi, 2. Et li juys et li bougre aucunne fois donnoient loier as crestiens, en tele manière que.... id. xxxviii, 15. y xve s. Ces nouvelles s'espandirent, que Betisac avoit tenu un long temps l'opinion de boulgres, froiss. 111, iv. 7. Le cuer d'ire ou ventre me serre, De ce que ces faulz cresliens, Ces failli bougres, ces ruffiens Si vont nostreloy destruisant, Martyre de saint Etienne. Il faisoit publiquement trancher les testes, pendre les larrons et meurtriers, brusler les bougres, christ, de pisan, Charles V, part. 11, ch. 5.
— ÉTYM. Bulgarus habitant de la Bulgarie. Dans
BOU
le moyen Age, des doctrines religieuses semblables régnaient parmi les Bulgares et les Albigeois; de là le nom do bougres donne a ces hérétiques. En dehors du langage de l'histoire, bougre est resté dans le plus bas langage, comme une injure et un jurement.
f BOUGRERIE (hou-gre-rie), s. f. || 1° Hérésie des bougres. || 2° Débauche contre nature. || Bougrerie n'est plus usité en dehors du langage de l'histoire.
— HIST. xm" s. Quant l'en ara soupcenosun home do bogrerie, li juges ordenaires deit requerre le rei ou sa jostice, qu'il le prengne , £ùtc de just. 12.
— F.tym. Bougre.
f BOUGUIÈRE (bou-ghiê-r'), s. f. Terme de pèche. Filet très-délié.
f BOUHAUREAU (hou-ô-rô), s. m. Ancien nom du canard.
— ÉTYM. Nom. bourau, canard; picard, bour; bas-lat. boureta (du xive siècle).
f BOUILLAISON (bou-llè-zon, II mouillées), s.f. Fermentation du cidre.
— ÉTYM. Bouillir.
BOUI.LAN'T, ANTE (bou-llan, llan-f, U mouillées, et non bou-yan), adj. Qui bout. Eau bouillante. Poix bouillante. Le moût surtout, lorsque le bon Silène, Bouillant encor, le puise à tasse pleine, la font. Quinquina, u. || Fig. Vif, ardent. Homme bouillant, qui a le sang bouillant, d'un caractère bouillant. Bouillante colère. Bouillant de colère. Et déjà tout bouillant de vin et de colère, boil. Sat. ni. Et j'en ai vu l'effet si bouillant et si prompt, rotr. Vcncesl. m, 2. S'il est prompt et bouillant, le roi ne l'est pas moins, corn. Nicom.v, 5. On l'a pris tout bouillant encor de sa querelle, id. Cid, n, 7, Un bouillant mouvement, in. Cinna, 1, 1. Un souverain né avec une valeur bouillante, mass. Gloire. Le consul bouillant de jeunesse arracha quelquesunes de ses enseignes, et les jeta au milieu des bataillons ennemis, le p. catrou dans desfontaines. Il En termes de cuisine, pâtés bouillants, se disait des petits pâtés, ou pâtés de hachis de volaille.
— hist. xir s. .la soit ce ke il soit boilhanz del céleste deseir. Job, 469. || xnr s. Et quant il est chaus et boillanz Et talentiz et desiranz, Adonc [la dame] si le doit chastoier Et doctriner et enseignier Au point que el le vuet avoir, Lai du conseil. Hé Diex ! que feras-tu de cest chetif dolent ., De qui l'ame en ira en enfer le boillant, Et li maufez 1 diront à leur piez défoulant, ruteb. ii, 03. ||xves. Le comte de Sallebery. qui estoit un moult bouillant homme et de grand prudence, froiss. m, 111, 3a. [| xvi" s. La jeunesse bouillante s'eschauffe si avant.... mont. 1, 92. Ces vers ont je ne sçay quoy de plus vif et de plus bouillant, id. i, 222. Il les lit descendre en terre encore tous bouillans de l'ardeur de la première bataille, amyot, Cimon, 2).
t. BOUILLE (liou-11, Il mouillées), s. f. Longue perche, qui a pour tète un petit bloc de bois, et qui sert à battre l'eau pour la pêche.
— HIST. xiv" s. Icelle femme feri ledit Godart d'un baston appelle boullette, sur la teste, du cange, bola. Il xve s. Un baston appelle boule ou massue, id. ih.
— ÉTYM. Houle. Dans la Nièvre, on dit boule au lieu de bouille. Boule dans l'ancien français a signifié bâton terminé par un bloc, ce qu'est la bouille. Boule venant de bulla, bouille en est une dérivation où les deux II ont été conservées.
f 2. BOUILLE (bou-11', II mouillées), s. f. Terme d'administration ancienne. Marque que les commis mettaient à chaque pièce d'étoffe déclarée au bureau des fermes.
— ÉTYM. Bouille est une forme correctement dérivée de bulla (voy. bulle), ainsi dite parce que les bulhv, petites balles de plomb, servaient de marque officielle, de sceau.
f BOUILLE-ABAISSE (bou-lla-bê-s', U mouillées), s. f. Ternie de cuisine. Mets préparé en cuisant du poisson dans un peu d'eau douce, à laquelle on ajoute des oignons, de l'huile, du safran, etc. On sert le bouillon à part et la sauce sur des tranches de pain. Une bonne bouille-abaisse. Préparer la bouille-abaisse, legoarant. On trouve aussi ce mot écrit : bouille-à-baisse. || Au plur. Des bouille-abaisse.
— ÉTYM. Expression provençale qui veut dire bouillon abaissé , réduit par l'évaporation.
t BOUILLEAU (bou-llé, Il mouillées), 4-. m. Seau dans lequel on mettait la soupe des forçats.
— ÉTYM. Bouillir.
i.BOUILLEK (bou-llé, Il mouillées), v. a. Troubler l'eau avec une bouille.
— HIST. xvl s. Lesdi/. compagnons bouloient aux boules.... et ainsi qu'il/, bouloient, Regnaudin du
BOU
Prayel se seoit joignant desdites bouloueres et avoit ses piez en icelles, du cange, bola.
— ÉTYM. Bouille f . Dans le patois de la Nièvre on dit bouler.
2. BOUILLER (bou-llé, Il mouillées), v. a. Bouiller une étoffe, y mettre la marque que devait porter chaque étoffe déclarée au bureau des fermes.
— ÉTYM. Bouille 2.
f BOUILLERIE (bou-lle-rie , Il mouillées), *-. f. Distillerie d'eau-de-vie.
— ÉTYM. Bouillir.
| t. BOUILLEUR (bou-Uour, Il mouillées, et non bou-yeur), s. m. || 1° Industriel qui convertit le vin en eau-de-vie, et aussi l'ouvrier employé à cette opération. || 2° Chaudière d'une machine à vapeur.
— ÉTYM. Bouillir.
f 2: BOUILLEUR (bou-lleur, Il mouillées), s. m. Celui qui trouble l'eau avec une bouille.
— ÉTYM. Boitiller l.
t. BOUILLI, IE (bou-lli, ic, Il mouillées, et non bou-yi), part, passé. Bœuf bouilli. Viande bouillie. Il Cuir bouilli, cuir de vache endurci à force de bouillir, y Visage de cuir bouilli, homme qui a le teint noir, la peau épaisse et rude.
2. BOUILLI (bou-lli, Il mouillées, et non bou-yi), s. m. Viande qui, cuite dans l'eau, a servi à faire le bouillon. C'est le plus souvent du bœuf, de sorte que, quand on dit du bouilli sans avoir désigné auparavant la viande dont il s'agit, on entend toujours du bœuf bouilli. Nous avons mangé du potage et du bouilli tout chaud, sév. 425. Cet homme [l'évèque de Chàlons] se contentait de son bouilli avec deux petites et grossières entrées, st-sim. "8, 15.
— HIST. xive s. Quint mets : un boulli lardé, ris engoulé, anguilles renversées, Ménagier, 11, 4. Il xve s. Et devant estre serviz honestement de rost et boest et leur sauxe appartenante avecques eulx, Bibl. des chartes, 4e série, t. iv, p. 373. || xvie s. Mais celuy là qui jamais n'est content Que son rosty ou bouilly le soit tant, amyot, Comment refrén. la colère, 31. Bouilly ou rosty ; beurre ou huy le, toutm'est un, MONT. IV, 123.
— ÉTYM. Bouillir.
BOUILLIE (bou-llie, Il mouillées, et non bou-yie), s. f. Il 1° Aliment fait de lait ou d'un autre liquide et de farine bouillis. Si l'on veut absolument faire de la bouillie, j. J. rouss. Ém. 1. || Cela s'en va en bouillie, cela a perdu sa consistance pour avoir trop bouilli. Elle y fut en bouillie en un moment, sév. 282. Il Fig. C'est une Ame de bouillie, sév. 44. || De la bouillie pour les chats, de la besogne perdue; de la peine sans profit. || 2° Pâte formée avec les chiffons bouillis, pour faire le papier et le carton.
— HIST. xm" s. Je di que boine boulie Et viande demaisnie Vaut mieus.... Bibl. des chartes , 4e série, t. v, p. 348. Nous savons bien que li quens Renaus a brasset ceste boulie, pour le descort dou conte de Saint-Pol, Chron. de Rains, 145. Ceste l'aleta de son lait, N'ot autre boulie à li pestre, la Rose] 10)83. Il xivc s. Là junerent deux jours, mengant pain et boulie, N'i a chel à pité qui ne pleurt ne larmie, Baud. de Seb. xi, 778. || xvie s. Il ne vous faut plus donner de bouillie, vous estes tout dru, oudin, Curios. fr.
— ÉTYM. Bouillir.
BOUILLIR (bou-llir, Il mouillées, et non bou-yi r), je bous, tu bous, il bout, nous bouillons, vous bouillez, ils bouillent; je bouillais; je bouillis; je bouillirai; je bouillirais; bous, bouillons, bouillez; que je bouille, que nous bouillions; que je bouillisse, que nous bouillissions; bouillant; bouilli, bouillie, v. n. H 1° Produire des bulles qui crèvent au fur et à mesure, en parlant d'un liquide soumis à la chaleur ou à la fermentation. Le café bout. Le vin bout dans la cuve. L'eau bout dans le vide. || On dit, en prenant le contenant pour le contenu, le pot bout. Il Par extension. Dès qu'un certain acide en notre corps domine, Tout fermente, tout bout, les esprlts, les liqueurs, la font. Quinquina, n. || Être brillant. La tête me bout. || 2° Se cuire en bouillant. Quand les olives auront assez bouilli. La viande bouillait lentement. || Fig. et familièrement. N'être bon ni à rôtir ni à bouillir, n'être propre à rien. Il Bouillir du lait à quelqu'un, lui être agréable en parole ou en action. Cette locution est le seul cas où bouillir soit employé activement. Colbert mort, et Pelletier contrôleur général de la façon de M. de Louvois, le roi lui donna ordre de chasser Desmarets et de lui faire une honte publique : c'était bouillir du lait à une créature de Louvois, st-sim. 77, 256. Il 3" Faire bouillir. Faire bouillir des marrons dans de l'eau. En faisant bouillir de la viande. On dit, dans le même sens, mettre bouillir. || Au
BOU
fig. Cela me fait bouillir le sang dans les ve cela me cause une vive impatience. Les esprit il n'y a point de remède font bouillir le sang. 42. Il Familièrement. Cela fait bouillir la marmite ou le pot, cela procure les moyens de vivre. || Faire bouillir, ancien supplice qui consistait à faire le condamné dans une chaudière bouillante. J'i bouillir leurs corps dans la poix et les flammes, rotr. St Genest, m, 2. || 4" Fig. Bouillir de co surtout d'impatience. Je bouillais. Jeune hou. qui le sang bout. Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines, mai.ii. 11, 12. Lorsqu'aux veim Grecs le sang bouillait encore, rotr. Antig. 1, g. Du frêle arbuste où bout la noble sève , La moindre fleur parfume au loin les airs, bérang. Damoclès.
— HIST. xie s. Dessouz le front lui buillit [bout] la cervelle, Ch. de Roi. clxiv. ||xnr s. Mais es noeces ot joie molt; Toute li cours fremist et bon gite] ;Toutenuitdansentetcarolent, 7îoî Guilla
p. 9), dans du cange, Gloss. français, au mot boudre. Adont fist Salehedin prendre or et argent, et le fist fundre en une pouele de fier, puis li Si t avaler en la gorge tout boudant, et maintenant 11 convint morir, Chron.de Rains, H2. Renarl m l'iave sor le feu, Et la fist trestote boillant. 1091. Tant burent à leur volenté Qu'à Primaut le cervel bolut, id. 315). Ou sera bouillis en chaudières, Ou rostis devant et derrières, la 19475. Qui porroit paradis avoir Après la moi son avoir, Bon feroit enbler et tolir; Mes il les covendra boillir Ou puis d'enfer sans jà reembre [sans rançon], ruteb. 189. || xivc s. Que depuis icellui Mesnagier ait esté pris par nostre bailli de Coi tin, et par icellui pour ladite cause [de fausse monnoie] sa confession oye, condempnéà mort et à estre bouli.... Et quant ledit Mesnagier fu mis en la chaudière, du cange, bullire. Cuers démentir, c vêles boudre, guiart, t. 1, p. HO. ||xvie s. En 1 bouillant, marot, iv, 24. Et puis on va, pour faire bouillir, L'herbe nouvelle à la lune eu dubell. iv, 21, recto. L'herbe nouvelle on fa au cler serein, Pour la bouillir dedans vais d'airein, m. iv, 74, recto. Le moust bouillant d un vaisseau pousse à mont tout.... mont, ii, 12. Si elles en prennentun à qui la vigueur de 1 aage i encores, id. m, 327. Ils faisoient bouilli souliers et de vieilles burettes à buyle pour en ti rer quelque saveur, amyot, Sylla, 30. L'enfant le couvercle de la chaudière où estoit l'eau toute bouillante, et saultant dedans s'y houlut et est id. Démétr. 30. Il faut bouillir la dite gerbe en 1 et miel, paré, v, 29. En lieu de vin, il usoit bouillie et souvent toute pure, id. v, 30. Prenez racines de tintimal, boullues en vin, id. xv, 26. 1 que l'eau bouil, o. de serres, 84g. Vous les fer buillir une onde dans l'eau claire, id. 847. V01 bouillirés un peu en l'eau claire, id. 848. Si le courroux bout encor en son cueur, rons. gos.
— ÉTYM. Picard, boulir , botir; wall. boûr ; pn venç. bulhir, bolhir, buillir; catal. bullii bullire; du latin bullire, de bulla (voy. buli wallon boûr suppose un changement de conju son, bullere au lieu de bullire, avec l'accent tonique sur bul au lieu de l'accent sur li; cette forme se trouve aussi dans l'ancien français, mais elle appartient à Guiart qui était flamand; de sotte que cette conjugaison serait du nord de la France. La conjugaison est régulière au présent; car le latin bullio, bullis, bullit, ayant l'accent tonique sur la première syllabe, n'a pu donner jadis que :je bous, tu bous, il bout.
f BOUILLITOIRE (bou-lli -toi-r', Il mouill s. m. ou f. Opération qui consiste à faire bouillit I flans du monnayeur dans un liquide pour les décrasser.
f BOUILLOIR (bou-lloir, Il mouillées), s. m. Terme de monnayage. Vaisseau de cuivre da quel on fait bouillir les métaux pour les déo
BOUILLOIRE (bou-lloi-r', Il mouillées, et non bou-yoi-r'), s. f. Vaisseau de métal destiné à faire bouillir de l'eau, et particulièrement vase en f de cafetière qu'on met devant le feu.
— ÉTYM. Bouillir.
BOUILLON (bou-llon, U mouillées, et noi yon), s. m. || 1" Bulle qui se forme au fond 01 l'intérieur, et qui vient crever à la surface 1 quide qui bout. Jeter un bouillon. L'eau qui bouilli à petits bouillons, à gros bouillons. Il : faut qu'un ou deux bouillons. || 2° Petit 1 que forme un liquide qui s'échappe et qui toml ruisseau qui tombait à gros bouillon , 1 1 Cependant sur le dos de la plaine liqui gros bouillons une montagne humide, rac.
BOU
v. o. Mes yeux ont vu son sang Coulera grosbouil Ions de son généreux flanc, corn. Cid, II, 9. Son de Charles IX] à gros bouillons de son corps Vengeait le sang français par ses ordres . volt. Henr. m. Bouillon d'eau, sorte de jel I 3" Fig. Les bouillons de la colère. Dans les premiers bouillons de l'impatience. Et il ne faut qu'un commencement de passion, qu'un faible bouillon de colère, BALZAC, ie Disc, sur la cour. a qu di ant les bouillons de mon âme, . Sat. xm. Toi [Chiron] qui connais tant de remèdes, n'en as-tu point quelqu'un pour g ougi e, ce bouillon de sang, plus dan{ qu'un dente? fén. xix, 23). Modère ces
ta oïl. Sot. vu. Le jeune
homme, inquiet, ardent, plein de courage, À se sentit des bouillons d'un tel âge, Qu'il soupira pour ce plaisir lâchasse], la font. Fab. vin, 16. Aux premiers mots proférés dans cet je débat, j'ai ressenti les bouillons du patrioplus violent emportement, mira- , i. iv. p. 236. || 4° Aliment liquide on prépare en faisant bouillir, dans de l'eau, , isl in» - animales, et le plus ordina ri menl de la chair de bœuf, ou quelquefois seulement des légumes el d is herbes. Du bouillon de veau. Unbouiltortue. Un bouillon aux herbes. Une tasse de hauffe un bouillon, boil. Sat.x. Nos - manquent de bouillons, de linge et de médicaments fen. xxii, 502. Les filles-Dieu portent et relit çà et là les bouillons, la charpie, chateaub. iv. m, 6. Une soupe à bouillon perlé [bon bouillon, blanchi par du lait d'amandes] , mol. Bourg. . iv, i. || Bouillon coupé, bouillon affaibli par 'un mélange d'eau. || Être au bouillon, ne prendre aucune nourriture solide. Elle prend des bouillons, 148. || Bouillons médicinaux, bouillons prépamr un but thérapeutique, et dans lesquels on fait entrer des substances médicamenteuses. || Fig. et familièrement. Boire un bouillon , faire une perte considérable, par suite d'une fausse spéculation. || Bouillon d'onze heures, ou, simplement, bouillon, breuvage empoisonné. || Par plaisanterie, bouillon pointu, lavement. || 5" Plis boudants qu'on fait à certains vêtements. || 6" Bulle d'air dans le verre, dans les métaux fondus. || 7° Dans les salines, l'évaporation de l'eau salée par l'action du feu. || Dans la teinturerie, dégraissage des laines avant de les teindre. || Dans la passementerie, petit fil d'or ou d'argent tourné en rond. || Terme d'agriculture. Eau de fumier. || Terme de vétérinaire. Excroissance de chair qui se développe dans les plaies des chevaux.
— SYN. bouillon, bouillonnement. Le bouillon est la bulle même qui se forme dans l'intérieur et vient crever à la surface du liquide qui bout ou du liquide qui s'échappe ou qui tombe. Le bouillonnemont est l'acte qui produit les bulles, les bouillons; c'est le mouvement de l'eau qui bouillonne. La formation des mots indique les nuances : de bouillon on fait bouillonner, verbe qui exprime l'action de faire îles bouillons; et bouillonnement est cette action même, tandis que bouillon, primitif de ces deux
. exprime simplement l'état de l'eau qui bout. L'eau qui bout a des bouillons; l'eau qui bouillonne fait des bouillons, a le bouillonnement.
— HIST. xm0 s. Se li bollon n'aloit à droit, À la chair qui cuit mescherroit, li Romans (1rs Franceis.
preïst or ne miel ne sucre; Ams eslut ilec son sepucre Entre les sulphureus hoillons, la Rose, !72:.:s. || xivc s. C'est un chemin moult destravé, Plein de boulions [bourbiers] , tout enravé, bruyant dans Ménagier, t. h, p. <s. Faictes boulir un bouillon, puis dreciez par escuelles, Ménagier, n, 5. Pource que l'exposant, poure valet saunier faiseur de sel, lui avoit recous [préservé] deux boulions de sel, nu canoë, bullio. Un hanap de madré à boellon d'argent [ciselure] , id. bolinus. \\ xvc s. Boil-
l'argent de ma salade [casque], m.ib. Icelles femmes prindrent le corps du dit Vallé et le portèrent en un boullon ou bourbier, m. bullio. Cestuy . , quint du nom, fu coroné nonobstant le bullon de si mené aage, christ, de pisan, Charles V, i, ch. 3. Dont la venue du daulphin vers ce duc fut matière du plus aygre et du plu, périlleux bouillon qui oneques s'y trouva, o. chastel. Chron. des ducs de Bourg, i" Proesme. Item
i i, Qui m'am; boillon Et de cestuy pas Si lu
noillon Qu'il m'en laisse toute la joye, villon . Gi . Test. || xvi° s. Dedans uni verte • ée
dent i cy pai là -i' : I lions de feu qui fluent
contin ient, imyoi . Sylla, 55. ]
le boi patient en pn ndi i ' i fai-
BOU
sant bouillir un bouillon avant chasque prise, paré, xv. 38. Bouillon gras, eau de chair, id. xxiv, 22. Ne souffre de mon sang le bouillon refroidir, Et tousjoursde tes yeux aiguillonne moyl'ame,RONS.256.
— ÉTYM. Bouillir.
BOUILLON-BLANC (bou-llon-blan, Il mouillées), s. m. Plante bisannuelle très-commune (verbascum thapsus. L.), dont les lleurs sont employées comme pectorales et béchiques, et les feuilles comme émollientes. \\ Au plur. Des bouillons-blancs.
— nisr. xvi" s. Vinaigre dedans lequel on aura fait bouillir tormentille, genest ou bouillon-blanc, paiié, ix, 23. Bouillon-blanc : de plusieurs sortes de bouillon y-a-il, qu'on esle\e par graine, la semant au printemps, o. de serres, C08.
— ETYM. Bouillon, blanc.
BOUILLONNANT, ANTE (bou-llo-nan , nan-f, Il
mouillées, et non bou-yo-nan), ««//.Qui bouillonne. Une liqueur bouillonnante. Charybde bouillonnant
BOUILLONNÉ, ÉE (bou-llo-né, née, Il mouillées) , part, passé. Garni de bouillons. Une étoffe bouillonnée.
BOUILLONNEMENT (bou-llo-ne-man. //' mouillées, et non bou-yo-ne-nian), s. m. ||1" Etat d s tation d'un liquide qui bouillonne. || 2° Fig. .l'aurais tiré de ce méchant une vengeance soudaine, mais. songeant que j'exposais Lopez, j'apaisai le bouillonnement de mon cœur, chateaub. Nalch. v, 228.
— HIST. xvic s. Ce qui cause le bouillonnement et les petites bubes qu'on voit eslever en l'eau, pare, Licorne, i 5.
— ÉTYM. Bouillonner.
BOUILLONNER (bou-llo-né. Il mouillées, et non bou-yo-né), v. n. || 1" Former des bouillons, en parlant d'un liquide. Cette source bouillonne. Et le sang qui bouillonne Forme un si gros torrent que lui-même il s'étonne, corn. Attila, v, 6. Que l'airain écume et bouillonne, Que mille dards en soient formés, Que sous nos marteaux enflammés  grand bruit l'enclume résonne, j. b. rouss. l'an! || 2" Fig. Bouillonner d'ardeur, de colère. 1 phocleàcentans charmait encore Athènes ; Tel bouillonnait encor son vieux sang dans ses veines, Disaient-ils à l'envi, lorsqu'Œdipe aux abois De ses juges pour lui gagna* toutes les voix, corn. Au roi sur Cinna, Pompée, etc. Un sang ni uveau bouillonne dans mes veines, delav. Paria . v, 3. Voi briller dans mes regards Tout le feu dont mon sang bouillonne, bérang. Bacchante. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. ||3° V. a. Fairedes bouillons à une étoffe. Bouillonner une robe, une collerette.
— HIST. xvie s. Une façon de parler bouffie et bouillonnée de poinctes, mont, i, 383. La vraye licorne, estant mise en l'eau, se prend à bouillonner, faisant eslever petites bulles d'eau comme perles, paré, Licorne, i 5. Comme les eaux bouillonnent d'une grosse source et ample, calv. Instit. 23.
— étym. Bouillon.
BOUILLOTTE (bou-llo-f, Il mouillées, et non bou-yo-t'), s.f. || i°Synonymede bouilloire. || 2" Sorte de jeu de cartes. [A Paris] vous avez bien d'autres affaires [que de songer à nous] : la hausse et la baisse, les faillites, la bouillotte, p. l. cour. Lett. i, toc. Eh bien! monsieur Hector, vous refaitesvous au lansquenet des pertes de la bouillotte ? bayard et jaime, le Réveil du lion, n, 7.
— ÉTYM. Bouillir.
f BOUIN (bouin), s. m. Terme de teinturier. Poignée d'écheveaux de soie.
f BOUIS (boui), s. m. Terme de chapellerie. Façon donnée aux vieux chapeaux. || Terme de cordonnier. Voy. buis.
f BOUISSE (boui-s') , s. f. Terme de cordonnier. Voy. buisse.
BOUJARON (bou-ja-ron) , s. m. Terme de marine. Petite mesure de fer-blanc qui sert dans la cambuse à distribuer les divers liquides à l'équipage, et contient le seizième d'une pinte (un peu moins du seizième d'un litre).
— ÉTYM. Espagn. Imjaron, sorte de pot (voy.
BOUCARO).
f BOU.IEAU (bou-jô), s. m. Assemblage de deux bottes de lin placées tête-bèche, afin de tenir moins de place au rouissoir.
f BOUJON (bou-jon), s. m. j| 1° Outil à plomber. || 2° Espèce de marque qu'autrefois l'on mettait aux étoffes dans les manufactures de draps.
— HIST. xiv" s. Selon le boujon et ordonnance de ladictedrapperie, ducangi . boujonator. ||xves.Item
jurez puissent arrester tous les draps, se iceulx uesontduboujoiidela ville d'Evreux, id. ib.
— ÉTYM. Il y avait, dans l'ancien français, boujon, bougon, qui signifiait une barre, une verge (le-
BOU
quel, sansdoute, était le même que houjon, bateon, ital. bolsone, sorte de trait à tète mousse, que Diez tire de huila . boule, à cause de cette disposition). Le boujon commercial aura été une marque due boujen par une assimilation quelconque avec le projectile militaire.
f BOUJONNER (bou-jo-nél, v. a. Ancien terme de commerce. Marquer du boujon.
| 1SOU.IONXKUR (bou-jo-neur), s. m. Se disait autrefois d'un juré du corps des drapiers.
— HIST. xivc s. Le maire et les boujonneurs île draperie de nostredite ville de Rouen, du cange, boujonator. Nous leur vueillons octroyer qu'il aient visiteurs et boujonneurs ou dit mestier de drapperie, id. îl). || xv' s. Ne pourra nul mouiller les draps, jusques à ce qu'ilz soient scellez tous escruz. ou qu'ilz aient prins congié aux boujonneurs de I brouer seulement, id. ib.
f BOULAGE (bou-la-j'), s. m.\\i° Terme de blanchisseur. Quantité de linge que l'on met à bouillir dans une chaudière. || 2° Terme de sucrerie. Se dit de la formation du sirop lorsque les betteraves sont placées dans la cuve et foulées.
— étym. Bouillir.
BOULAIE (bou-lè), s. f. Lieu planté de bouleaux.
— ÉTYM. Voy. BOULEAU.
BOULANGÉ, ÉE (bou-lan-jé, jée), part, passé. Pain bien boulangé.
I . BOULANGER , ÈRE (bou-lan-jé, jê-r') ,s.m. et f. || 1° Celui, celle qui faitet vend du pain. Garçon boulanger. || Boulangère, sœur converse qui fait le pain. I1 2" S. f. La boulangère, espèce de danse ou plutôt de ronde qui commence par un grand r ni , lequel un cavalier fait la grande chaîne, c'està-dire donne alternativement la main droite et la main gauche aux dames, en décrivant le cercle entier jusqu'à sa propre danseuse; alors le grand rond recommence, et le cavalier qui vient après lui l'ait la chaîne à son tour. || L'air sur lequel la L n langère se danse. C'est un air à six-huit, comprenant d'abord dix mesures pendant lesquelles on fait le grand rond, et ensuite un refrain de quatre sures qu'on répète à volonté pour la chaîne. L'air a probablement donné son nom à la danse, parce qu'il séchante sur les paroles: la Boulangère a des écus, etc.
— HIST. xme s. Et s'il ia boulengier ne boulengiere là ù li eswardeur viennent pour le pain i swarder.... tailliar, Recueil, p. n-.. Bouîenghier qui estoienl relevé pour pestrir, Chron. de llains, 9fi. || xvt° s. Imitant tant que faire se pourra les boulengers, o. de serres, 822.
— ÉTYM. Wallon bolegl; namurois, bolègî; ! lat. bulengarius, dans un texte du xne siècle (voy. boulanger, verbe.)
2. BOULANGER (bou-lan-jé). v. a. Pétrir et faire cuire le pain. || Absolument. La petite Madelon refuse ii- de Jean Bedout, encore elle ne sait ni boulanger ni traire, p. l. cour, u, 278.
— HIST, xine s. Bien [il] se sut de tout entremettre; Pain [il] fist venir ou boulengier, III. et Jell. i xvie s. Principalement de farines et de pains desja boulangez, carl. m, 20. X la plus robuste des servantes donnera charge la mère de famille de boulanger son pain, le paistrir et parfaire, 0. de serres, 822.
— ÉTYM. Berry, boulange, mélange de foin et de paille, préparé pour la nourritured - bestiaiu langer de la ] aille et du foin, en faire un mélange. Du Cange le tire de boule; d'où boulange qui se trouve en effet dans le Berry, et enfin boulanger, mêler, pétrir.
BOULANGERIE (bou-lan-je-rie), s. f. || 1" L'art de faire le pain; le commerce du boulanger. [|2°Lo lieu où se fait le pain. || Etablissement, fonds d'un boulanger.
— HIST. xve s. Les maistres du mestier et artifice de boulengerie et taillemelerie ie, arlificium. Il XVIe s. Charnier, boulengerie, fournil, serre-pain, 0. de serres, 20.
— étym. Boulanger.
f BOULAR (bou-lar), s. m. L'un des noms de la mésange à longue queue.
f BOULDURE (boul-du-r'), s. f. Fosse sous la roue des moulins à eau.
t. BOULE (bou-1'). s. f. H 1" Corps rond en tous sens. Boule de bois, de cuivre, d'ivoire. || Dans un lan- ,1 ;e à la fois poétique et familier, la terre. Jeté sur celle boule. Laid, chétif et souffrant, Bi location 1.1 extension. Une boule de neigi animal se roule en boule. || Etre rond comme une boule, être rond et replet. || 2° Jeu déboules, où l'on fait rouler une boule vers un but marqué par une boule plus petite que les autres, et qu'on
BOU
nomme cochonnet. || Lieu où l'on joue à la boule. Aller à la boule. H Avoir la boule, avoir l'avantage de jouer le premier. || Aller à l'appui de la boule,
sa boule de manière qu'elle pousse celle du ■ qui l'on est associé; et figurément, se-
ir. || Au jeu dd quillesj pied à boule, avertisseà celui qui joue à rabattre, (le tenir le pied
[mil où sa boule s'est arrêtée. | Tenir pied à
. tenir le pied a l'endroit même où la boule e; et figurément, tenir ferme, sans reculer. Je me suis mis à assiéger les bureaux de la guerre, et j'ai tenu pied à boule jusqu'à ce que l'on m'ait expédié votre brevet, g.duval, la Mouche du coche i il. || Faire tenir pied à boule, obliger quelqu'un à beaucoup d'assiduité. || Fig. Rendre la
. rendre coup pour coup. || S. la boule vue, ù
vue, précipitamment, avec peu d'attention. Cette locution a aussi signifié avec réflexion, en
issance de cause. Dans le premier cas, aussitôt la boule vue. sans réflexion; dans le second cas, après la boule vue, avec réflexion. || 3° Boule blanche, boule noire, à certains jeux, boules dont l'une fait gagner et l'autre fait perdre. || Fig. La boulé noire lui tombe toujours, c'est-à-dire la chance lui est toujours contraire. || Dans les scrutins, on se sert pour décider les questions de boules noires qui rejettent, de boules blanches qui approuvent. || Dans certains examens, boule blanche, témoignage complet de satisfaction; boule rouge, témoignage que l'examiné n'a satisfait que tout juste; boule noire, boule qui rejette
iné-. H a passé son examen avec trois boules blanches; avec une boule blanche et deux rouges. !| 4° Terme de pharmacie. Boules de mars, petites boules faites particulièrement avec le tarlrale de potasse et de fer, dites aussi boules d'acier et boules de Nam \ , parce qu'on les prépare à. une chartreuse près Nancy. || Eau de boule, liqueur tonique qu'on prépare en mettant infuser des boules de mars dans de l'eau-de-vie. || 5° Terme de botanique. Boule de neige, variété à fleurs doubles de la viorne obier, appelée aussi caillebotle et pelote de neige. || Boule de neige, nom vulgaire de l'agaric champêtre, dit encore champignon des bruyères. || 6" Enclume du chaudronnier. || Masse de fer dont l'orfèvre se sert pour planer. || Outil de l'opticien pour façonner les verres concaves. || Rouleau dont le carrier se sert pour transporter de grosses pierres. || Boite de boules, boîte servant à mettre le l'eu à une mine. || 7" Terme d'architecture. Boule d'amortissement, corps sphérique qui termine quelque décoration.
— HIST. xvie s. L'autre, qui estoit aussi fort que lui, lui ramen i la boule, et eust fait bon voir l'escrime de ces deux demi géants, d'aub. Fœn. îv, 5. L'artillerie du Duc aiant rendu la boule avec moins d'effet, d'une part et d'autre tout commença de branler, m. Hist. m, 230. Ils s'esbattoient à la longue boule : l'un . en faisant son coup,- faillit à bouler droit, et envoya sa boule dedans un jardin, desper. Coules, lxvii. Par cette voye nous trouvons nostre raison bien fondée, et discourons à boule veue. mont. ii. 2s.j. Aux grands jours d'esté [les vignerons du Berry] estoient tenus de prester pied à boulle à leur besongne depuis les quatre heures du malin jusques à huit ou neuf heures du soir, jaubert, Gloss. Et ainsi vous jouerez à boule vue [à coup sur], comme on dit, montluc, Mem. t. i, p. 3'J7, dans LACURKE.
— ÉTYM. Génev. biole; Franche-Comté, bioule; provenç. et espagn. bola; portug. bolla; du latin huila, bulle, à cause delà rondeur de l'ampoule (voy. bui le).
f 2. BOULE. Meubles de Boule, meubles provenant des ateliers d'un nommé Boule, célèbre fabricant sous Louis XIV. || Aujourd'hui, meubles de boule, meubles à incrustations de cuivre et d'écaillé.
BOULEAU (bou-lô), s. in. Genre de' végétaux dont l'espèce bouleau blanc (betula alba, L.) <■ I un arbre contenant, au printemps, une sève abondante d'une saveur douce, sucrée et légèrement aigrelette, avec laquelle on prépare, dans le Nord, une liqueur aleooliq e au moyen de la fermentation. Comme une feuille morte échappée aux bouleaux Oui sur une onde en pente erre de Ilot, en Ilots, Mes jour, s'en vont de rêve en rêve. v. hugo, Orient. '>.
— hist. xiv' S. Boul est un arbre dont on failles balais pour netoyer les maisons, Propriétés des choses, bv. xvn, chap. I 55, manuscrit du temps de ('hurles V. Les dites femmes garnies de verges de boust, nu cange, bbulus. || XVe S. Lors me prendront branches et vams De boul, d'osieres ou d'orties.
BOU
Btr. de Ste Genre. || xvi" s. Cinq sortes principales d'arbres aquatiques y a-il : saules, peupliers, aunes, bouleau, oziers, o. de serres, 800. Les peupliers, trembles et boleaux, id. 801.
— ETYM. Berry, boula, boulas, boule, et aussi h: ton, et mémo peton; iiorm. bou, hu, et aussi boulard; wall. bèol; namur. bôle, bôli; rouchi, boule, boute; du latin h. lula. Betula ayant l'ai i sur bé, a donné correctement boule ou bout, et un diminutif bouleau. Le mot est aussi celtique : irland. beith.
BOULEDOGUE (bou-le-do-gh') , s. m. Race de chiens trapus, à mâchoires proéminentes, ayant des muscles temporaux volumineux dans une profonde fosse temporale, ce qui rend petite la boîte du crâne; ils sont meilleurs pour le combat que pour la garde.
— ÉTYM. Angl. bulldog; de bull , taureau, etdog, chien (voy. dogue) : chien à taureau.
f BOULÉ (bou-lé), s. m. Un des noms vulgaires du pluvier.
f BOULÉE (bou-lée), s. f. Sédiment qui reste au fond de la poêle dans laquelle on a fondu le suif. || Ratissure des caques de harengs.
f BOULEJON (bou-le-jon) , s. m. Terme de'pêche. Filet qui sert à prendre des sardines.
f \ . BOULEK (bou-lé). || i° V. n. Enfler son jabot, en parlant du pigeon. || Se rentier, en parlant du pain. || 2° V. a. Dans le langage populaire, bouler quelqu'un, le rouler par terre.
— HIST. xvie s. Les glace/, pelotions volans Que l'orage par les monts boule, Ne te soient durs ny violans, rons. 547. Ce gros monceau qui rompt, fracasse et foule Les bois tronquez, et d'un bruit violant Sans résistance à val se va boulant, id. C53.
— ÉTYM. Boule.
f 2. BOULER (bou-lé), v. a. Terme de pêche. Voy.
BOUILI-ER i .
BOULET (bou -le ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel \'s se lie : les boulets et les canons, dites : les bou-lè-z et.... Boulets rime avec traits, succès, jamais), s. m. |j 1° Globe, boule de fer fondu qui sert à charger les canons. Un boulet de calibre. Un boulet de vingt-quatre livres ou de vingt-quatre. Le sieur Brossier, qui vous rendra ce billet, prétend avoir inventé deux sortes de boulets creux propres à brûler les vaisseaux, et m'a demandé d'en faire l'épreuve à Toulon en présence des officiers de marine, seignelai, àArnoul, 21 janvier t678, dans jal. || Boulet ramé ou boulet à deux tètes, boulet de canon composé de deux demi-sphères de métal qui tiennent l'une à l'autre par une chaîne ou une barre de fer. || Boulet rouge , boulet rougi au feu avant d'être introduit dans le canon. Les Vénitiens tirent à boulet rouge sur les propylées et le temple de Minerve, chateaubr. Itin. i, 19». || Fig. Tirer à boulet rouge sur quelqu'un, en parler en termes offensants, l'attaquer d'une manière violente. || 2° Dans la législation militaire, boulet, peine infamante qui condamne les soldats et sous-officiers coupables de désertion à l'extérieur, et, avec certaines circonstances, de désertion à l'intérieur, à des travaux forcés dans les grandes places de guerre, et à traîner un boulet attaché à une chaîne de fer de deux mètres et demi de long. || Fig. Tu arrives exprès d'Amérique pour être mon compagnon de boulet, chateaubr. Natch. v, 219. || 3° Terme de vétérinaire. Nom que porte, chez le cheval, l'articulation du canon avec le paturon , sans doute parce que cette articulation forme, chez les chevaux fins, une éminence plus ou moins arrondie.
— HIST. xve s. Il fut frappé d'une coulevrine, et entra le boulet en sa jambe, l. chartieh, llist. de Charles VII, p. 154, dans lacurne. Plustost un c ii i <!" vin me perce et m'entre au corps Qu'un boulet qui, cruel, cent les gens si tost morts, bas- SELIN, xix. || x\tc s. Les gros bollets de fer et de
r rabel. l'ant. iv, M. Encores sur la retraite
ils firent quitter le reste des boulets et quelques autres munitions, d'aub. Hist. m, 15. U lia avec iceux [crins] fort serrés, le pied de la beste au dessous du boulet, vver, p. 642. Morts par coups d'harquebuses, dont le boulet ne pouvoit estre plus gros que le bout du doigt, paré, viii, 23.
— ETYM. Diminutif de bou e.
BOOLEÏÉ, ÊE (bou-le-té, tée), adj. Terme de vétérinaire. Cheval bouleté, cheval chez qui, le tendon venant à se raccourcir, le boulet, porté en avanl , ne p a me1 plus I appui que sur la pince.
— étym. Boulet.
BOULETTE (boudè-f), s. f. || 1" Petite houle. ]| 2° Pâte ou chair hachée, arrondie en boule. || 3" Populairement. Sottise, bévue. Faire une boulette.
BOU
— hist. xvi° s. Des bonnettes de verre [verroteries], des mirouers, des couteaux, des anneau \, de clochettes, d'aub. Hist. i,355. De petites boulettesd'or oud'argent, paré, xxi, 28.
— ÉTYM. Diminutif de boule; bourguig. bôlôlle. | BOULEUR (bou-leur),s. m. Celui qui bat l'eau.
— ÉTYM. Voy. bouler 2.
BOULEUX (bou-leû), s. m. Cheval de fatigue qui chemine bien. || Fig. C'est un bon houleux, c'est un homme laborieux et, qui remplit sa tache.
— ÉTYM. Ane. franc, bouler, rouler (voy. bouler i).
BOULEVARD ou (orthographe qu'admet aussi l'Académie) BOULEVART (bou-levar; le d ni le l ne se lient jamais : un boulevard élevé, dites: un boule-var élevé; au [dur. Vs ne se lie pas : des bou-levar-élevés; cependant plusieurs disent : des bou ! var-z élevés), s. m. || 1" Le terre-plein d'un rempart, le terrain occupé par un bastion, par une courtine Contemplez dans la tempête Qui sort de ces boulevards.... boil. Odes, 1. Boulevard hardi, volt. Al:. ii, 6. || Ce terme n'est plus en usage dans le langage des ingénieurs militaires. || 2° Par extension. Place forte qui met un pays à l'abri de l'invasion des ennemis. Malte fut longtemps le boulevard de la, chrétienté contre les Turcs. || Par analogie. Les montagnes de Norvège sont des boulevards admirables qui couvrent de ce vent les pays du Nord,MONTESQ. Espr. xvn, 3. || Fig. L'union des citoyens est le plus sûr boulevard de l'État. || 3° Promenade plantée d'arbres qui fait le tour d'une ville. Se promener sur le boulevard. Que ma gloire s'étende Du Louvre aux boulevards, bérang. Jean de Paris. || Aujourd'hui, par extension et par abus, on donne le nom de boulevard ;\ toute rue large, plantée d'arbres, qui traverse la ville, même dans son centre.
— SYN. boulevard, rempart. Au propre le boulevard étant en avant du rempart et le défendant, au figuré boulevard aura une' acception plus étendue que rempart. Une chaîne de montagnes est, suivant la nuance qu'on a dans l'esprit, le boulevard ou le rempart naturel des pays qui sont situés derrière; mais une place très-forte qui protège tout un pays sera regardée comme un boulevard, et non connue' un rempart.
— hist. xv° s. Es boulevers et lieux avantageux, cu.T)'op.L.Jiondel, 54. Auboulvechdelapoi I M Eloy , du cange, bolvetus. Un boulevart construit de b ds etde terre, mathieu de coucy, Hist. de Charles 17/, p. 606, dans lacurne. Le comte fit rompre plusieurs boulovars faicts par les Gantois, o. dm la marche, i, 2G, dans lacurne. Et avoit fait faire au fond des fossés d'ieelui boulevert de petites maisonnettes de bois où ses gens se tenoient pour faire leur guet, monstrel. liv. n, ch. 88. Hz firent ung boulevert de boys et de terre.... com. i, o. Incontinent, que le roy fut dedans [Arras], ii feisl faire des boullevers de terre contre la porte, in. v, 15. || xvic s. Lesquelz avoient ja tous les champs couvers De gens de guerre, et gros canons divers, Pour desmollir rampars et boulevers, j. mahot, v, 154. Boulevars et renfors, id. v, 148. Lesdites cornes avoyent esté formées non sans cause, et cela estoit autant de ballouars et défenses, pour la forteresse et retraitte dudit pourpre, palissy, 1 18. Il en avoit retranché deux bouleverts, cahloix, ii, 13. J.'espine avec ses apophyses sert comme de houlever et fortification à la moelle spinale, paré, xiv, 12. Une partie de ceux là voulurent faire ferme sur un grand boulevart d staché.... Ceux du balouart quittans d'effroi.... d'aub. Hist. m, 435.
— ÉTYM. Espagn. baiuarle; ital. baluardo; de Fallem. Bollwerk., défense, fortification; de Werk, ouvrage (voy. organe), et bollen, lancer, à cause des engins dont étaient armés les boulevards, cri, beaucoup plutôt, de Bohle, aïs, planche. Ce terme de guerre paraît être entré en usage dans le xv° .siècle, du moins Grimm n'en a trouvé aucun exemple dans le XIVe; de l'Allemagne il a rapidement pass dans les autres pays. Voltaire le tire de boule et vert : place verte à jouer aux boules; m
ble des formes contredit cette dérivation. ;
in/./ a pris le sens de promenade, pare : i i i
sur les boulevards, fortifications, après leur di hiion , qu'on a fait de boulevard -, . pi ome
| BOULEVARI (bou le-va-ri), .v. oc Te. me populaire, qui se dit dans la conversation, mais qui ne s'écrit pas. Grand bruit, grand lu;,
— étym. U est probable que le mot boule s'y trouve comme dan boulet , avec une fi qu'on rencontre aussi dans i
(voy. charivari), ou peut-être esl e une irruption de houn ai i.
BOU
t BOULEVERSANT, ANTE (bou-le-vèr-san, san-t' | , adj. Qui trouble, qui bouleverse. Cette nouvelle est bouleversante.
BOULEVERSÉ, ÉE (bou-le-vèr-sé, sée), part, passé. Une ville bouleversée par les bombes. Au siège de Candie tout le terrain des environs était bouleversé parles mines. || Fig. Sa figure bouleversée par la terreur. État bouleversé par les guerres civiles.
BOULEVERSEMENT (bou-le-vèr-se-man), s. m.
|| i° Ruine et confusion. Le bouleversement d'un remparl par une mine. Un bouleversement des éléments. || 2" Fig. Grand trouble, désordre. Au milieu de ces bouleversements. Mettre le bouleversement dans l'État. Dans ce renversement et ce bouleversement de l'ûme, pi ur s'exprimer de la sorte, est-on maître de recueillir son esprit? bourd. Pensées, t. n, p. 28. Il ne faudra que cette passion pour causer dans votre âme un bouleversement général, id. ib. t. i, p. 38 i. — ÉTYM. Bouleverser.
BOULEVERSER (bou-le-vèr-sé), V..a.\\ 1° Agiter, troubler avec violence. Les vents bouleversent 1 Il n'est pas question d'aller contre les vents Ni de bouleverser l'ordre des éléments, la font. Florentin. 3. EUe-même, tonnant du milieu des nuages, Bouleversa les mers, déchaîna les orages, delille, Enéide, i. L'ange fuit, et son vol a bouleversé l'air; L'éclair dans un ciel noir poursuit, croise l'éclair, cilb. Mort d'Abel, ch. vm. || 2°Déranger, mettre en désordre. Bouleverser tout dans une maison. Bouleverser les traits d'un visage, Spectat. franc. 4723, dans des fontaines. |] 3° Ruiner, abattre, renverser entièrement. La tempête a tout bouleversé. Je l'ai vu.... Bouleverser les murs d'un seul de ses regards, corn. Attila, n, a. Aux frayeurs qu'inspirait alors l'apparition des comètes, a succédé la crainte que,dans le grand nombre de celles qui traversent dans tous les sens le système planétaire, l'une d'elles ne bouleverse la terre, laplace, Exp. 4. || 4° Fig. Mettre dans un grand désordre. Bouleverser l'État. Les intrigues d'une marâtre bouleversaient le palais.-Bouleverser l'ancienne législation. Bouleverser les règles de la justice. Cette nouvelle lui bouleversa l'esprit. Cela bouleverse toutes mes idées. L'empire.... dont les Huns, les Goths, les Vandales, les Francs Bouleversent la masse et déchirent les flancs, corn. Pulch. i, i. Et ainsi, lui dis-je, un seul docteur peut tourner les consciences et les bouleverser à Son gré, et toujours en sûreté, pa.sc. Prov. 5. I les ménager eux-mêmes ces hommes scélérats , parce qu'on les craint et qu'ils peuvent tout bouleverser, fén. Tél. xxiv. Le mémoire que vous m'avez envoyé fait verser des larmes et bouleverse l'âme, volt. Lettr. Damilaville , o août itgg. La cour de Londres reprochait au prétendant d'être né catholique romain et de venir bouleverser la religion et les lois du pays, id. Louis XV, 24. || Absolument. Non, messieurs, on ne veut pas sincèrement l'ordre et lajustice; on ne veut que brouiller et bouleverser, mirabeau, Collection, t. iv, p. 338. || 5° Se bouleverser, v. réfl. Se troubler, éprouver une émotion très-pénible. Ne vous bouleversez pas. Cette femme va encore se bouleverser.
— HIST. xvie s. Regardons à quel fondement nous attachons cette gloire et réputation pour laquelle se bouleverse le monde, mont, i, 347.
— ÉTYM. Boule, elversare, tourner (voy. verser) : tourner comme une boule.
BOULEVUE (bou-le-vue). A boulevue ou à la boulevue (voy. boule).
f BOUL1CHE (bou-li-ch') ou BOULIÈCHE (bouliè-ch'), s. f. Terme dé pêche. Sorte de seine.
t. BOULIER (bou-lié), s. m. FiJet qu'on tend aux embouchures des étangs salés.
— étym. Provenç. boliel (dans du cange) , sorte de filet.
f 2. BOULIER (bou-lié), s. m. Pot de terre.
— ÉTYM. Bouillir, parce que le pot sert à faire bouillir; mais alors, le mot devrait s'écrire bouil- Her; ou peut-être boule, à cause de la forme arrondie.
f 3. BOULIER (bou-lié), s. m. Boulier compteur, appareil dont on se sert dans les salles d'asile pour enseigner l'arithmétique, et qui est formé de dix tringles sur chacune desquelles sont enfilées dix petites boules.
— ÉTYM. Boule I .
fBOULIGON (bou-li-gon), s. m. Terme do. pêche. Sorte de filet à mailles étroites.
BOULIMIE (bo; ■./■. Terme de médecine.
Irrégularité de la digestion qui consiste en une faim . , une quantité
-nis plus grande qu'à l'ordinaire.
— hist. xvic 5. Le duc de Savoye en avoit aussi
BOU
pris pour le guérir de la boulimie et gloutonnic, mais il revomit tout, Sat. Mén. p. (0.
— ÉTYM. BovAiu.b:, deBc-ùç, bœuf (voy. bœuf), et Xifièç, faim : mot à mot faim de bœuf, grande faim.
f BOULIMIQUE (bou-li-mi-k'), -adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la boulimie.
BOULIN (bou-lin), s. m. || 1° Pot de terre qui sert de retraite aux pigeons. || Trou pratiqué dans un colombier, pour que les pigeons y nichent et ; dent. 11 y a des pigeons qui préfèrent les trou dreux des vieilles murailles aux boulins les plus propres de nos colombiers, buff. Pigeon. || 2" Terme de maçonnerie. Trou laissé dans le mur par le bout des pièces d'échafaudage, à mesure qu'un élève le mur. |i On appelle aussi boulins les pièces de bois qui soutiennent les planches des échafaudages.
— HIST. xvie s. Ceux qui font leurs boulins ou nids de pigeon dans des paniers d'ozier, 0. de serres, 388.
— ÉTYM. Bas-lat. bolinus, travail en bosse, relevé en bosse, probablement de Loule ; le boulin ayant été dit ainsi à cause de sa forme arrondie; et le maçon ayant nommé les trous laissés par les pièces d'échafaudage, boulins par assimilation avec les trous des pigeonniers.
f BOULINAGE (bou-li-na-j') , s. m. Terme de marine. Action d'aller à la bouline.
— ÉTYM. Bouline.
BOULINE (bou-li-n'), s. f. Terme de marine. Nom de longues cordes, qui tiennent la voile de biais, lorsqu'on fait route avec un vent de côté. || Vent de bouline, vent de biais qui n'est pas favorable à la mute. H Aller à la bouline, se servir d'un vent de biais qui n'est pas favorable à la route. Les cygnes ont l'art de tourner ce plumage du côté du vent, et d'aller comme les vaisseaux, à la bouline, quand le vent ne leur est pas favorable, fén. Exist. 19. || Courir la bouline, se dit d'un châtiment consistant à faire passer le condamné entre deux haies de matelots qui le frappent avec des garcettes ou boulines.
— HIST. xne s. Estuins ferment et escotes, Et font tendre les cordes to tes, Utages laschent, tresayalent, Boelines sachent et baient, Brut, t.n,p.l4i. |[xvics. Ils se mettent à la bouline, et oourans bande sur bande viennent aux canonades, d'aub. Hist. n. 29». Un calme l'arresta premièrement, et puis une demi tourmente, laquelle pourtant, au dire des matelots, le pouvoit porter à la bouline dedans les Asnes, id. ib. 296.
— étym. Angl. bowline; dan. bugline ; holland. boelijn ; de bug , bow, boe, proue, et Une, corde.
BOULINE, ÉE (bou-li-né, née), part, passé.
BOULINER (bou-li-né). || 1° V. a. Terme de marine'. Haler la bouline. || 2° V. n. Aller à la bouline, naviguer avec un vent de biais. || Fig. et familièrement. Il va boulinant, se dit d'un homme un peu lourd , qui va d'un pas pesant, penchant du côté où il s'appuie. Peu usité.
| BOULINETTE (bou-li-nè-f), s.f. Terme de marine. Bouline de vent du petit hunier, orienté au plus près.
— ÉTYM. Diminutif de bouline.
BOULINGRIN (bou-lin-grin) , s. m. Parterre de
gazon pour l'ornement d'un jardin. Chacun quitte son petit palais pour s'assembler au boulingrin , hamilt. Gramm. io. Un grand parterre; des boulingrins vis-à-vis des ailes, sév. 541. Il veut mettre le jeu de paume en boulingrin, id. 588. Nous changeons nos prés en jardins, En parterres nos champs fertiles, Nos arbres fruitiers en stériles, Et nos vergers en boulingrins, lafare, Ode \. A votre place j'y ajouterais un boulingrin-, et je t'étendrais dans la forêt, bern. de s. -p. Ch. Ind.
— ÉTYM. AngL bowling green, de bowl, boule (voy. boule), et green, vert : gazon pour jouer à la boule.
jBOULINGUE (bou-lin -gh'), s. f. Terme de marine. Petite voile du haut du mât.
— HIST. xvie s. Ils n'y sont pas si propresny exercez [aux joutes, etc.] comme à la bolingue [navigation], carloix, n, 4. Ne changez jamais vostre lance, vostre cheval de bataille, ny vos espérons dorez à une voile boulingue ou trinquet, id. v, 27.
— ÉTYM. Bouline.
fBOULÏNIER, 1ÈRE (bou-li-nié, niê-r'), adj. Terme de marine. On dit d'un navire qu'il est bon boulinier, lorsqu'il va bien à la bouline.
— ÉTYM. Bouline.
|BOULLEUR(bou-lleur, Il mouillées), s. m. Terme
;he. Celui qui bouille.
— ÉTYM. Voy. bouiller 1.
.. (bou-loir), s. m. Instrument qui sert à remuer la chaux ou à faire le mortier. || Instrument
BOU
pour remuer les peaux. || Terme de pêche. Longue perche pour battr ■ :
— ÉTYM. Vieux franc, bottier, rouler, tourner, de boule (voy. bouler 2 et bouiller -i).
f BOULOIS (bouloi), s. m. Morceau d'amadou pour mettre le feu au saucisson d'iina mine.
BOULON (bou-lon), s. m. Grosse cheville de fer, qui sert à soutenir les poutres et les barres de fer dans les édifices. Elle a, d'un côté, une tête ronde, et de l'autre une ouverture où l'on passe une clavette de fer pour l'affermir. || Moule de fer rond pour faire les tuyaux de plomb. || Pièce du métier de tisserand. || Outil de cordonnier. ||Axe sur lequel tourne une poulie. || Boulons d'écartement, grandes tringles en fer sous les marches d'un escalier en bois. |l Sorte de clous que le relieur emploie.
— HIST. xve s. Une très belle. Bible, à deux fermouers d'argent, dorez, esmaillez de Adam et Eve, et cinq huilons de cuivre dorés sur chaque ais, de laborde, Émaux, p. I70. Un livre de mirouer des dames à deux fermouers de laton hachiez, et cinq bullons de mesmes sur chacune ais, tous plains, m.ib.
— ÉTYM. Boule, à cause de la tète en boule du boulon.
f BOULONGEON (bou-lon-jon), s. m. Terme de papeterie. Étoffe grossière et de rebut.
BOULONNÉ, ÉE (bou-lo-né, née), part, passé. Poutre boulonnée.
BOULONNER (bou-lo-né) , r. a. Arrêter av. boulon.
— hist. xve s. Une couppe i dorée, tortinée et boullongnéê; une couppe blan
et boullongnée, de laborde, l I70.
— ÉTYM. Boulon.
f BOULONN1ÈRE (bou-lo-niê-r') , s. f. Sorte de tarière.
— ÉTYM. Boulon.
f BOULOT, OTTE (bou-lo, lo-t'), adj*. Terme populaire. Gros et gras, qui a la forme d'une b iule. || Substantivement. Un gros boulot. Une petite boulotte.
— ÉTYM. Boule.
f BOULURE (bou-lu-r') , s. f. Terme d'horticulture. Rejeton qui pousse sur la racine d'un arbre.
BOUQUE (bou-k'), s. f. || 1° Terme de n Passe étroite. Vieux. || 2" Terme de pêche. 1 d'entonnoir en filet, qui sépare les chambres des bourde
— HIST. xvc s. Et vindrent à passer devant une bonne ville qui sied à l'entrée delà bo
mer majour, Bouciq. 1, ch. 32. || xvie s. Le Tybrc croist par les vens austraux qui, soufflans droict e;< sa bouque près Hostie, suspendent son cours. Sciomachie.
— ÉTYM. Autreprononciation du mot bouche (voy. bouche).
BOUQUE, ÉE (bou-ké, kèe),part. passé. Une poupée bouquée par l'enfant.
BOUQUER (bou-ké), r. a. || 1° Baiser par force, en parlant d'un singe ou d'un enfant qu'on force à baiser ce qu'on lui présente. || 2° Fig. Faire bouquer quelqu'un, lui faire baiser ce qu'il ne veut pas baiser, le forcer à faire ce qui lui déplaît, .'ut procès qu'il nous ont sottement intenté, Moi seul j'ai fait bouquer toute la faculté, :
h, io. J'ai déjà fait bouquer messieurs du domaine, je l'emporterai encore sur eux, car j'ai raison . Lett. d'Argental, i 7 mars 1 7C0. || 3° Terme de cl Faire bouquer le renard, le blaireau, le lapii faire sortir de leur terrier avec des chiens ou des furets (les faire venir à la bouche du terrier).
— HIST. xvie s. Il y a plus de braverie et de d daing à battre son ennemy qu'à l'achever, et faire bouquer que de le faire mourir, mont, ih, i lu.
— ÉTYM. Diez tire ce mot des niques: bucka, subjuguer; mais, le sens
étant proprement baiser, il vient de bouche, prononcé bouque. Bourguig. boquai.
i. BOUQUET (bou-kè; ie t ne se Darler ordinaire; au pluriel, Ys se lie : des l.ou-kè-z embaumés; bouquets rime avec traits, jamais, succès), s. m. H 1° Bouquet de bois, ou, simplement, bouquet, une partie de bois, un bosquet. 11 a voulu vendre un petit bouquet qui faisait une assez grande beauté, sév. 429. Les montagnes commençaient à se couvrir de bouquets de bois, chateaub. llin. G8. Il 2° Faisceau de fleurs liées ensemble. Un bouquet de violettes, de roses. Puisque c'est à bon droit que je vous recherche, je crois qu'il n" île ga-
lanterie que je ne puisse faire; et qu'a fait des vers pour vous, je puis bien vous em . C des bouquets, voit. Lett. 73. Rama ser les pour faire des bouquets, boss. u, Ass. i. El
BOU
- îmblons pour lui plaire , Dan i calions et dans leursdontli tceautrel lycère, volt. Ép. 15. Je pi ts les I tnquets, À m ; des bouquel - . bé-
tton cure. || Bouquel
u ■ p irtent les □
rge. 'i Autrefois, donner le bouquet s'est e i;i p i] tess i reçue, à eau e qu'un
nstances. |[ Avoir le bou-
, : lit des animaux auxquels on
sur la tête pour indiquer qu'ils
sont .'i t, figurément; cotte fille a le bou-
quel sut 1 oreille, elle esl S m trier ; c
[uel sur L'oreille, elle est à vendre. || 3' parfum qu'exhale le vin, par assimilation ai
tir d'un bouquet. Béni sois-tu, vin détesi maître de ce banquet Des flatteurs bouquet, bérang. Les car. || 4" Petite pièce I iur une fête; petite pièce g
êdes temps héroïques, aussi supérieure tiquant d'aujourd'hui que la poésie d'Hotux bouquets à Iris, p. !.. cour, i, 23. |j 5° « l'on fait à une personne à Pocte. Je lui ifl te année des livres pour bouquet. || 61' Pièce finale d'un feu d'artifice l I quet fut magnifique. || Fig. C'est le bouquet, voilà le bouquet, cela couronne le tout, ou, ironiqu lia le mécompte, la mésaventure qui combl la m server une chose pour le bouquet, la donner, la dire à la fin comme ce qu'il y a de mieux, ou, ironiquement, comme ce qu'il [[ 7" Faisceau de certaines choses. Un bouquet de cerises. Un bouquet de persil se met dans le tue s pour les relever. La queue de l'éléinée par un bouquet de soies menton un bouquet de barbe. || Bouquet de paille que l'on met à la queue ou au c iu 'i s chevaux, pour indiquer qu'ils sont à vendre. | i '-rate de typographie. Une feuille vient \ est distribuée tnégalement ' voit i i barbe par bouquets, l'avoii lement répartie sur le visage. || 8° Outildu relieur, || 9" Tera e de marine. Réunion des poulies d'amures, d'écoute et de cargue-point, qui a lieu aux angles inférieurs des basses voiles des bâtiments dits à traits carrés.
— itisr. xvi" s. Selon ce conseil, le jeune homme se mit, comme on dit, le bouquet sur l'oreille; mais il ne fut longtemps en ce pourchas amoureux' ™ :- P- eii- Près du poulailler sera bon d'y avoir tl i I rts buissons ou quelques tou)
aussi tel bouquet qnelquesfois en esté de
retrt s poules, o. de serres, 349. Par
escusson aussi se sert-on à. enter plusieurs planti ■ à fleurs, à bouqu its, .i 1 1 me lecin :, m. 670.
— ÉTYM. Bourguig. bôquai; wall. buscai; provenç. / etit bois; espagn. bosquete, même sens; lat. boschettum, du bas-lat. boscum (voy. dois). Bouqt gnifie proprement bosquet, et, de là, assemblage de fleurs.
2. BOUQUET (bou-kè), s. m. Terme de \ naire. Bouquet ou noir museau, espèce de dartre qui affecte ordinairement le museau dus I i dite, suivant les pays, bouquin, bique, k quet, faux-museau, charbon, faux-nez, p verveine, feu sacré.
— ÉTYM. Bouc, comme le prouvent les synonymes (noir museau, bouquin, bique, barbouquet, feux museau).