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B!IA

d'histoire naturelle. Poisson qui a les nageoires en forme d'ailes.

— ÉTYM. Bpayteov, bras, et utepàv, aile. J-BRACIIIOSTOME(bra-ki-o-sto-in'), s. m. Terme

d'histoire naturelle. Sorte de polypes dont la bouche est garnie de bras preneurs.

— ÉTYM. Boaxîiov, bras, et otôp.a, bouche.

t BRACHISTOCHRONE (bra-ki-sto-cro-n'), s. f. Terme de géométrie. Courbe que doit suivre un corps pesant pour parvenir d'un point à un autre dans le moins de temps possible.

— ÉTYM. BpàxiTTo;, le [dus court, et ypôvo;, temps. On avait d'abord cru qu'une boule roulant sur un plan incliné d'un point à un autre y arrivait dans le temps le plus court, puisque le chemin parcouru était plus court que tous les autres; mais l'expérience fit voir qu'il y avait une courbe, une portion de cycloïde qui, menée aux deux mêmes points, permettait à la boule d'arriver plus tôt au point inférieur, quoique parcourant un chemin plus long. Cette ligne fut nommée ligne de la plus courte descente ou du temps le plus court, brachictochrone.

BRACUMANE (bra-kma-n'), s. m. Voy. brahmane. M. le chevalier de Louville eut été accablé par le nombre excessif de visites qu'une folle curiosité lui amenait, comme s'il eût été un brachmane ou un gymnosophiste, fonten. Louvil e.

f BRACIIY.... Prélixe qui veut dire court et vient de ppa/uç, court.

f BRACIIYIilOTE ( bra-ki-bi-o-t'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la vie courte.

— ÉTYM. Kçtj.yy:, court, et pior/jç, vie (voy. vivre).

f BRACHYCATALECTE (bra-ki-ka-ta-lè-kt) et BRACHYCATALECTIQTJE (bra-ki-ka-ta-lè-kti-k'), adj. Terme de métrique ancienne. Nom des vers auxquels il manquait un pied.

— ETYM. Bpa/ùç, et z.aTa/.ïiXTixô;, qui finit.

t BRACHYCÉPIIALE(bra ki-sé i'a-1) , od;. Terme d'histoire naturelle. Nom donné aux races d'hommes dont la boîte crânienne, vue d'en haut, présente la forme d'un œuf, mais plus courte ou tronquée et arrondie en arrière. Les races brachycéphales.|| Substantivement, les brachycéphales.

— ÉTYM. Bpa/ù;, court, et xefaXr), tête.

f BRACUYCÈRE (bra-ki-sè-r'j, adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a les cornes courtes. || Le brachycère, coléoptère à cornes courtes.

— ÉTYM. Bpa/'jç, court, et xépaç, corne.

f BRACHYCHÔRÉE (bra-ki-ko-rée) , s. m. Terme de métrique ancienne. Pied formé d'une longue entre deux brèves. C'est la même chose que l'amphibraque.

— ÉTYM. Bpa/ù.-, court, et xopaoi;, chorée (voy. ce mot).

f BRACHYDACTYLE (bra-ki-da-kti-P) , ad/.Terme d'histoire naturelle. Qui a les doigts courts.

— ÉTYM. ppa/ù;, court, et oax-nj/o;, doigt.

t BRACHYGRAPUE (bra-ki-gra-f ; , s. m. Celui qui sait écrire par abréviation.

— ÉTYM. Voy. BRACHYGRAPH1E,

t BRACHYGRAPIilE (bra-ki-gra-fie) , 6-. f. Art d'éciire par abréviation.

— ÉTYM. Boayyi, bref, et ypâreiv, écrire.

f BRACUYLOGIE (bra-ki-lo-jiej, s. f. Vice d'élocution, qui consiste dans une brièveté excessive, et poussée assez loin pour rendre le style obscur.

— ÉTYM. Bpaxv:, couit, et Aoyoç, discours.

f BRACHYLOGIQUE (bra-ki-lo-ji-k') , adj. Qui a rapport à la brachylogie.

f BRACHYPNÉE (bra-ki-pnée) , s. f. Terme de médecine. Respiration courte et lente.

— ÉTYM. Boa/ù;, court, et 7iveïv, respirer.

f BRACHYPODE (bra-ki-po-d'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'une famille d'oiseaux (passereaux) qui ont le- pieds courts.

— ÉTYM. Bpaxùç, court, et 7toùç, pied.

f BRACHYPTÉRE (bra-ki-ptè-r'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'oiseaux aquatiques qui ont les ailes courtes.

— ÉTYM. Bpa/ùç, court, et mrepov, aile.

f BRACHYSCIÈN, IENNE (bra-ki-ssiin, ssiè-n'), adj. Terme de géographie. Dont le corps ne peut donner au soleil qu'une ombre très-courte; ce qui esl le eus des habitants de la zone torride. Tes peuples bra hysciens.

— ÉTYM. Bpoxùç, COUrt, el trxià, online.

t BRACHYSYLLABE (bra ki-sil la-b'), s. m ' de vers latin ou grec c m osé de trois brèves. On dit plutôt tribi aque.

— étym. Bp /■ . court, el syllabe.

f BRACHYURE (bra-ki-u-r') , adj. Ternie d'histoire naturelle. Qui a la queue courte.

BRA

BRA

BRA

— ÉTYM. Bpayjç, court, et oùpà, queue.

f BRACON (bra-kon), s. m. Terme d'architecture hydraulique. Poutre qui soutient les portes d'une écluse.

— ÉTYM. Voy. BRAIE 2.

BRACONNAGE (bra-ko-na-j') , s. m. L'ensemble des déprédations commises par les braconniers; action de braconner.

— HIST. xiiic s. Et il, comme sire de Mareuil, puet et doit avoir droit de braconage [droit de seigneur] sur filles et (illetes,en me [ma] dite seigneurie, du cange, braconngium.

— ÉTYM. Braconner.

f BRACONNÉ, ÉE (bra-ko-né, née), adj. Chien braconné, ancienne locution pour chien bien dressé.

— hist. xvic s. Un chien trop jeune ou trop peu braconné, Alector Romain, p. ni, dans lacurne

SAIHTE-PALAYE.

— ÉTYM. Braconner.

BRACONNER (bra-ko-né), v. n. Prendre ou tuer, à la dérobée, du gibier sur les terres d'autrui. Les pauvres gens qui n'auront pas braconné, J. J. rouss. Ëm. iv. || Fig. Avoir des galanteries cachées. Gabrielle [la maîtresse d'Henri IV] daignait permettre Qu'on braconnât dans son canton, bérang. Chasse. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xni° s. Si filles et filletes se marient et si le dit sire ne les braconne [n'use du droit du seigneur], escheent en deux sols envers le [la] dite seigneurie, du cange, braconagium.

— ÉTYM. Voy. braconnier; wallon, brakener. BRACONNIER (bra-ko-nié; IV ne se lie jamais;

au pluriel l's se lie : des bra-ko-nié-z audacieux), s. m. || 1° Celui qui braconne. J'aurai bientôt des braconniers à punir, j. j. rouss. Ém. iv. Comment.... ce braconnier? .... c'est pour un braconnier que tu me demandes la place de garde-chasse? Il débute bien! bayard et dumanoir, la Marquise de Prétintaille, scène 2. || Fig. Auprès de ta femme jolie Combien de braconniers voit -on! béuang. Chasse. || 2° Chasseur qui ne ménage pas le gibier et tue le plus qu'il peut.

— HIST. xnc s. Braconier maistre en fist li rois Pépin ; Les chiens li baille, cil volentiers les prist, Garin, dans du cange, bracco. || xine s. Li braconier les chiens descopient, Et li brachet au leu [loup] s'acoplent, Et Ysengrin moult se herice, Ren. (221. || xive s. Jehan des Chiens, serviteur et braconier de nostre amé et féal cousin Guy seigneur de la Trimouille, eu cange, escorca. \\ xvcs El que chacun prist sans plus un pain, et le troussast derrière lui, en guise de braconnier, froiss. i, i, 37.

— ÉTYM. Braconnier veut dire, d'après les anciens exemples, celui qui dirige les chiens braques, il vienl de braque (voy. ce mot); il a pris ensuite lésons détourné qu'il a maintenant.

t BRACTÉAIRE (bra-kté-ê-r'), adj. Terme de botanique Qui tient de la bractée.

— étym. Bractée.

f BRACTÉAL, ALE (bra-kté-al, a-P), adj. Terme de botanique. Qui concerne les bractées. Feuilles bractéales, celles qui avoisinent le plus les bractées et en ont quelques caractères.

— ÉTYM. Bradée.

f BRACTÉATE (bra-kté-a-f) , adj. fém. Terme de numismatique. Monnaie bractéate, et, substantivement, une bractéate, nom de plaques décoratives et de monnaies fabriquées avec une mince feuille de métal, avec un seul coin, et formant relief aux dépens du revers qui se . trouve purter le type en creux. On a fait usage de monnaies bractéates en Allemagne, en Pologne, en Alsace, en Suisse, depuis le xii° siècle jusqu'au xive. Les plaques décoratives appartiennent à l'antiquité ; cependant on conserve quelques bractéates d'or athéniennes que l'on croit être de petites divisions monétaires.

— ÉTYM. Bractea, feuille de métal.

BRACTÉE (bra-ktée), s. f. Terme de botanique.

Nom de petites feuilles distinctes des autres par leur forme et leur couleur et qui, placées au point d'insertion des fleurs, les recouvrent avant leur développement.

— ÉTYM. Bractea, feuille de métal.

f BRACTÉIFÈRE (bra-kié-i-fè-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte une ou plusieurs bractées.

— ÉTYM. Bractée, et ferre, porter.

t BRACTÉIFORME (bra-kté-i-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui est en forme de bractée.

— étym. Bractée et forme.

f BRACTÉOLAIRE (bra-kté-o-lè-r'), adj. Ternie de botanique. Qui a rapport aux bractôoles.

— ETYM. Bractéole.

fBRACTÉOLE (bra-kté-o-1'), s. f. Terme de bo-

tanique. Petite bractée. || Terme de métier. Feuille ou lame d'or: rognure de feuilles d'or.

— ÉTYM. Diminutif de braelee.

f BRACTÉOLE, ÉE (bra-kté-o-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est pourvu de bractéoles.

f BRADYPE (bra-di-p'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de l'animal dit paresseux.

— ÉTYM. Bpaoù:, lent, et jtoûç, pied.

| BRADYPEPSIE (bra-di-pè-psie) , *. f. Terme de médecine. Digestion lente et difficile. Je veux que vous tombiez dans la bradypepsie, mol. Mal. imag. ni, G.

— ÉTYM. BpaSuTteAia, de Bpaôùç, lent, et 7ié<ta-eiv, digérer, proprement cuire (voy. cuiRl .

f BRADYPODE (bra-di-po-d') , s. m. Terme d'histoire naturelle. Les bradypodes, les animaux appartenant à la famille des bradypes ou paresseux.

— ÉTYM. Voy. BRADYPE.

f BRAGUE (bra-gh'), s. f. || 1° Autre forme de braie. Culotte, caleçon. L'écuyer de Darius tint sa main cachée sous ses bragues, p. l. cour, ii, 19». Vieux. || 2" Ancien terme militaire. Partie du bas de la cuirasse. || 3° Terme de marine. Nom de cordages qui retiennent les affûts des canons. || 4° Morceau de bois placé au bout du corps du luth pour en cacher les éclisses.

— ÉTYM. Voy. BRAIES.

f I. BRAGUET (bra-ghè), «. m. Terme de marine. Cordage destiné à soutenir le poids du mât qu'on veut mettre en clef.

— ÉTYM. Diminutif de brague.

f 2. BRAGUET (bra-ghè), s. m. Voy. brachet. BRAGUETTE (bra-ghè-f), s. /'.Voy. brayeïte.

— HIST. xve s. C'est un chasseur sans sa trompe, Sans braguette un lansquenet, bassel. 5C.

f BRAHMA (brâ-ma), s. m. La première déité de la triade des Indiens et le formateur du monde. Mais je les convaincrai d'orgueil et d'imposture Ces élus de Brahma.... delà vigne, Paria, I, I.

— ÉTYM. Sanscrit, brâhmâ, la divine essence du monde; bràhmân, le dieu Brahma.

BRAHMANE (brà-ma-n"), s. m. Nom donné aux prêtres formant la première des quatre grandes castes chez les Indiens, et enseignant la doctrine des Védas ou livres sacrés. || On dit aussi brachmane, brame, bramine.

— ÉTYM. Sanscrit, bràhmân, homme de la caste sacerdotale, issue de Brahma.

BRAHMANIQUE (bra-ma-ni-k') , adj. Qui appartient, qui a rapport aux brahmanes.

— ÉTYM. Brahmane.

BRAHMANISME (bra-ma-ni-sm'), s. ut. Doctrine des brahmanes ou religion des védas.

— ÉTYM. Brahmane.

f BRAHME (bra-m'), s. m. Voy. brahmane.

I. BBAI (brê), s. m. Suc résineux qu'on tire du pin et du sapin. Brai sec, l'arcanson; brai liquide, le goudron ; brai gras naturel, sorte de bitume retiré de l'asphalte; brai gras artificiel, mélange de goudron, de brai sec et de poix grasse.

— HIST. xme s. Retraire le bray [fange] de l'yau de Somme, du cange, braium.

— ÉTYM. Provenç. brac, fange; ital. brago ; anc. franc, brai, fange; du Scandinave brdk, goudron, par assimilation entre le goudron et la fange.

j 2. BRAI ou BRAY (brè) , s. m. Terme de chasse. Piège pour les oisillons, composé de deux petites pièces de bois.

— ÉTYM. Voy. BRAIL.

j-3. RRAI ou BRAY (brè), s. m. Terme de commerce. Escourgeon, orge broyée pour la bière.

— HIST. xme s. Moudre nostre gru et nostre brais, du cange, brace. || xive s. Toutes les autres rentes soient en deniers, en blez, en avaines, en brès.... in. bresium. || xve s. Troys molins , dont l'ung nommé le rnolin braseret n'esloitque à moire braie, grain à brasser cervoise ou goudalle, id. brace.

— ÉTYM. Bas-lat. brace, brezium, sorte de blé (voy. brasser).

(.BRAIES (brê), s. f. plur. || 1° Culotte, caleçon. Tous ces barbares [les Francs] portaient de longues braies, ciiateaub. Mart. 191. Vieux en ce sens. || Fig. et populairement. Il en est sorti, il s'en est tiré les braies nettes, il s'est tiré heureusement d'une mauvaise affaire. Moi, je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes [saines et sauves] , mol. les Prie. 1 2. || 2° Ausing. Une braie, couche ou lange qu'on met aux petits enfants pour les empêcher de se salir. || 3° Terme de manne. Morceau de grosse toile goudronnée que l'on cloue en certains endroits, pour empêcher l'eau d'entrer dans le bâtiment. || 4° Terme de métier. Traverse

de bois qu'on met sur le pailler d'un moulin à vent. || Morceau de papier dont les typographes garnissent la frisquette de leur presse.

— HIST. xir s. Après aveitla haire prè3 de la char vestue, Einsi apareillie que ne fust pas veiie, E-h j braies de haire plus près de !a char nue, Blanchebraies desus de teile chier vendue, lh. le taarl. I5C. Caries brais de sa haire lui firent si grant mal, il». 1 14. Celé a ses braies avalées Qu'ele avoit à son cul fermées, Rcn. 7159. Et puis ijue n'i ot braies traites. Ne huis brisiez, ne portes traites, S'ele m'a chic i et ele m'aime, Cil faits jalous de coi se claimeï il . 10997. Et li drois fu tel selonc les usages du paique le serjant vint en ma herberje deschaus el e braies, joinv. 288. Parla menaison [diarrhée] u avoit, il li convint le soir couper le fonz de ses braies, id. (92. || xv" s. Il cueillit en si grand hain son compagnon que, pour lui faire plus grau 1 blasme, il le fit prendre par ses varlets et le fit mener et courir tout nud en ses braies parmi la ville, froiss. ii, m, '7. Et se devestirent là ces six bouigeois [de Calais] en leurs braies et leurs chemises , id. I, i, 321.

— ÉTYM. Wall, brdie, bandage passant autour du ventre; provenç. braia, braga; espagn. bragas ; ital. brache; du latin braca, mot gaulois d'après le dire des auteurs, qui se retrouve encore aujourd'hui dans le celtique : bas-bret. brageî , braies, brôz, jupe; gaél. brigis, briogais, braies. On a là, dans nos textes, un exemple de brais écrit sans e et monosyllabe, tandis que braie était toujours de deux syllabes.

f 2. BRAIE (brê), s. f. Sorte de muraille servant de retranchement (voy. fausse-braie, au mot faux, adj.).

— ÉTYM. Bas-lat. braca, bracca, digue, levée; anç. franc, bracmi. braccon, qui parait signifier poutre; on ne sait d'où vient braca ou bracon.

f 3. BRAIE (brê), s. f. Terme de pèche. Sorte de grand entonnoir en filet, que l'on forme au bord de la mer, et que l'on soutient avec des clayonnagesou des pieux.

— HIST. xive s. Et que braie à chauce orbe ne queure [ne coure], du cange, brare.

— ÉTYM. Bas-lat. braca, braga; sans doute dite ainsi par assimilation avec les braies, vêtement

f BRAIL (brall, Il mouillées), s. m. Piège pour la chasse aux oiseaux.

—HIST. xirs. Que si sont pris come oiselet à broi, Gérard de Vienne, 3593. || xi:r s. Sise tenront en nostre loi, Tantqu'il nos aient pris al broi, Parton. 9017. || xvi' s. On peut aussi prendre oiseaux par autres manières, comme est au brail àuneguvette, à quoi l'on prend les petits oiseaux, du cange, brenexellus.

— ÉTYM. Il y a dans le provençal bretz, brer, bres, piège à oiseau, ancien français, bret (il eut peur d'estre prins au bret, dans raynouard, Lexique); espagn. portug. et ital. brete. Brail, le baslatin brenexellus, l'ancien français broi, dont brail n'est qu'une autre forme, le dérivé broion qui a le même sens, semblent être de même origine que bret; mais cette origine est inconnue (comn. briller 2).

BRAILLARD, ARDE (bra-llar, llar-d', Il mouillées, et non bra-yar), adj. Qui braille. Enfant braillard. Femme braillarde. || Substantivement Non.

non, c'est à vous [âne] de parler, À leurs orateurs [des hommes] de se taire; Voilà les vrais braillards, la font. Fab. xi, 15. Je fis entendre aux braillards que je soupçonnais quelque autre [du vol du manteau], p. l. cour. Lett. i, G8. || S. m. Terme de marine. Sorte de petit porte-voix de bord.

— ÉTYM. Brailler.

f BRAILLE (bra-ir. Il mouillées), s. f. || l°Terme dépêche. Pelle de bois à l'usage du sal ur de harengs. || 2° Terme d'agriculture. Balle du blé séparée du grain.

f BRAILLEMENT (bra-lle-man, U mouillées, et non bra-ye-man). s. m. || 1° Cri désagréable de certains animaux. Le braillement d'un chien, d'un cheval. || 2° Manière de parler des braillards.

— ÉTYM Bi ailler.

i. BRAILLER (bra-llé, Il mouillées, et non bravé), r. n. || 1° Parler d'une voix haute et assourdissanté. Cet homme ne cause pas, il braille. ||2" Crier d'une manièrp importune. Pourquoi braillez-vous si fort? || Substantivement. L'Angeli Ile fou de Louis XIV] dit qu'il n'aimail pas le brailler, volt. LouisXIV, 24. |i Familièrement. Mal chanter. Nous n'irons plus dans ;es Brailler en chœur i

l'Opéra, béuang. Concordai. || 3" Terme de chasse, Se dit d'un chien qui crie sans être sur la voie.

BRA

— iiist. xiu* s. Ains fiei-t et frape et roille et maille Celé qui brait et crie et braille, la Rose, 9 1 1 i. ||xvi« s. Son asne voltigeoyt après les elephans la gueule bée, comme s'il brailloytet, braillant marnent, sonnast l'assaut, rab. P.mt. v, 40. Il ne

pas l'avoine pour brailler, cotghave.

— ÊTYM. Bourguig. braillai; picard, brayer;pro-

brailar. Brailler parait formé de braire (qui avait jadis le sens général de crier), comme criailler l'est de crin- (voy. braire).

f 2. BU AILLER (bra-llé, II mouillées) , v. a. Terme de pèche. Remuer les harengs avec la braille en les saupoudrant de sel.

— ÊTYM. Braille.

BRAILLECR. EUSE (bra-lleur, leû-z', II mouillées, et non bra-yeur), adj. Qui braille, qui ne fait que brailler. Quel enfant brailleUr ! Cheval brailleur. cheval qui hennit très-souvent. || Substantivement. Diable soit des brailleurs! mol. Prol. de la Princ. El jamais, quelque appui qu'on puisse avoir d'ailleurs, On ne doit se brouiller avec ces grands brailleurs, moi. Mis. n, 4.

— ÊTYM. Brailler.

BRAIMENT (brê-man), s. m. Cri de l'âne.

— HIST. xme s. Tiercelin entent la losenge, Ovre la bouche et giete un bret [cri], Ben. 7277. Devant eus brait à vois série, Â si bas cri merci leur crie, Ou'envis puet l'en oïr le brait . la Bose, 15289. Quant li Turs les coisi [vit], si a un brai jeté, Ch. d'Ant. vi, 782. || xve s. Si ce n'eust esté la brairie Du costé devers la prairie, Oui disoit : Pierre, quefaictes-vous? Villon, Arch. de Bag. ||xvic s. Nenny; malgré rostre brayrie Vostre cause perdrez content, j. marot, v, 306. Il veut stimuler tant mieux ses vrais serviteurs à prier, quand ils voyent que les crisetbrayemens des gens profanes ne sont pas quelquefois sans profit, calvin, Instit. 690. Chasser aux bois, voiler aux grans prairies, Ouyr des chiens les abbois et brayries, marot, ii, 76. Encore que le bray d'vn asne ou la chanson D'vne importune rane ait beaucoup plus de son.... dubell. iv, 83, verso.

— ÉTYM. Voy. braire. L'ancien français était brait, qui, n'ayant d'autre sens que celui de cri en général, s'applique aussi bien à l'homme qu'aux animaux; puis sont venus brairie et brayement.

BRAIRE (brè-r'). || 1° V. n. Crier, en parlant de l'Ane. L'âne se mita braire. || Fig. et familièrement. Cet homme ne chante pas, il brait. Et puis viens-t'en me braire, Viens me conter ta faim et ta douleur, la font. Jum. Il faut huiler avec les loups, d'autres disent braire avec les ânes, p. i.. C00R. Lell il, 83. || 2" Substantivement. Il [l'homme] traite notre rire et nos discours de braire, la font. Fabl. xi, 5. Le prince de Conti avait un rire qui eût tenu du braire dans un autre, st-sim. 220. 211.

— HEM. D'après l'Académie, ce verbe est usité seulement à l'infinitif: braire; aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif : il brait, ils braient; du futur : il braira, ils brairont; et du conditionnel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère. D'abord un fabuliste, faisant parler des ânes, pourrait employer sans hésiter les autres personnes : je biais, tu brais, nous brayons, vous bravez ; de même au futur et au conditionnel. Puis rien n'empêche de se servir de l'imparfait : il brayait; et des temps composés : il a brait, il avait brait, etc.

— HIST. xic s. Et homes braire, contre terre mourir, Ch. de Bol. cclv. Cil d'Ociant i braient et henissent, ib. cclvii. I| xii° s. Mort [il] le trébuche sans braire et sans crier, Bonc. p. 62. Que que li felun l'unt féru edetrenchié, E del ferir se sunt durement esforcié, N'aveit brait, ne groni, ne crié, nehuchié, Ne pié ne main n'aveit à sei trait ne sachié, 27t. le mari. 150. || xme s. Au temps que les cornoilles traient, Qui por la froidure s'esmaient.... ruteb. ii, 66. Cil qui de chanter se fait cointe, commence de rechief à brere, Ben. "283. Quant les enfans aus Sarrasines breoient, elles leur disoient : tai toy, tai toy, ou je irai querre le roy Richart qui te tuera, joinv. 275. Grant pitié estoit d'oïr brere les gens parmi l'ost, auxquiex l'en copoit la char morte, m. 237. Il xive s. Du car [char] le [la] piour roe [plus mauvaise roue] ot-on bien souvent braire, Baud.de Seb.i, 10021. Il xve s. Si fut il bien en la porte, toudis huyant et bravant et faisant signe, bien une heure, froiss. ii, m, 43. Tantost fist.... les arbalestriers tirer druement sur celé chiennaille, qui là brayoient comme enragés, Bouciq. n, ch 21. || xvie s. J'ay icy longuement repeu mesyeulx, mais mon estomac'» brait de maie raige de fa'in, rab. l'ont, v, 31. Les Papistes, contre la défense de l'Apostre, chantent et brayent de langue estrange et incognue, en laquelle le plus souvent ils n'entendent pas eux-

BRA

mesmes une syllabe, calv. Tnxt. 712. Mais comme ilz ne cessassent point pour cela de crier et de braire contre luy. il se meit à leur faire ce compte, amyot, Phoc. 12 Ils brament comme les cerfs, ils brayent comme les asnes, paré, Anim. 25.

— ÊTYM. Normand, picard, wallon, braire. crier, pleurer; provenç. braire, crier. 11 y a dans le baslatin bragire, hennir, d'où braire aurait été fait, comme l'ancien français muire de mugire, bruire du bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l'irlandais breas, cri, bragain, crier; le bas-breton breûgi, braire; le kymri bragal, crier; le gaél. bragain, crier. À côté de bragire, Diez propose de considérer plutôt braire comme raire (voy. raire) fortifié par un b : b-raire. On remarquera que dans l'ancien français, dans le provençal et dans nos patois, braire a le sens général de crier, sens qui ne s'est limité que tardivement au cri de l'âne.

f BRAIRÈTE (brè-rè-f), s. f. L'un des noms vulgaires de la primevère.

BRAISE (brê-z'), s. f. || 1° Bois réduit en charbons ardents. Une belle braise. La braise donne beaucoup de chaleur. Uncerf dont les chairs n'avaient point encore pétillé sur la braise, ciiateaub. Natch. n, 89. Il [un génie qui anime et transforme la braise du feu du prisonnier] méfait voir, sur la braise animée, Des bois, des mers, un monde en peu d'instants, bérang. Feu du pris. || Gigot à la braise, gigot cuit dans une braisière. || Fig. Tomber de la poêle dans la braise, tomber d'un état fâcheux en un pire. Je tombai par malheur de la poêle en la braise, Régnier, Sat. x II Passer sur quelque chose comme chat surbraise, se dit pour exprimer qu'on glisse sur un sujet sans oser en parler à fond. Le garde des sceaux parla peu, dignement, en bons termes, mais comme un chat qui court sur la braise, st-sim. 514, 60. Harcourt, qui parla après [d'Estrées] , fut court et de même avis; Noailles parut comme un chat sur braise, id. 426, (53. || Le rendre chaud comme braise, se venger à l'instant. || Être chaud comme braise, avoir un tempérament ardent. Dans les gardes françaises J'avais un amoureux Fringant, chaud comme braise, Jeune, beau, vigoureux, vadé, Amante abandonnée. [| Fig. Être sur la braise, être en proie à une vive anxiété, à une extrême impatience. Il 2° Fig. Ardeur. Si vos yeux sont toute sa braise, Et vous la fin de tous ses vœux, malii.iii,!. || Vieux en cet emploi. || Les Calabraises sont noires dans la plaine, blanches sur les montagnes, amoureuses partout; Calabraise et braise, c'est tout un, p. l. COUrr. Lett. 1, 157. Il 3° Charbons éteints. Braise de boulanger. La braise est très-commode pour allumer le feu. La braise asphyxie comme le charbon.

— HIST. xue s. Et cil guardad e vit à sun chief un pain quit sur breze, et ewe en un vaissel, Bois, 320. Il xme s. Lors les ont mises sor la brese, Qui des tisons lor fu remese [restée], Ben. &27. En [on] vos deust ardoir en brese, Si que la poudre en fust ventée, ib. 4 2878. C'est amor qui soufle et atise La brese qu'il t'a ou cuermise, la Bose, 6424. Li remembrers m'en met la breise Au cuer de fine amor veraie, Boman de la poire.

— ÉTYM. Namurois, brèje; rouchi, bresse; provenç. et espagn. brasa; ital. brada , brascia, bragia; du germanique : flamand brase; ancien allemand, bras, feu, brasen, brûler; suédois, brasa, feu vif; anc. Scandinave, brasa, souder, braser. Il y a aussi dans le celtique (gaélique) brath, conflagration.

BRAISÉ, ÉE (brè-zé, zée) , part, passé. Gigot braisé, gigot cuit dans une braisière.

BRAISER (brè-zé), v. a. Faire cuire de la viande à la braise.

— ÉTYM. Braise.

BRAIS1ER (brè-zié; IV ne se lie jamais), s. m. Huche où le boulanger met la braise quand elle est étouffée.

— ÊTYM. Braise.

BRAISlÈ:;i-; (brè-ziê-r'), s. f. || 1° Vaisseau dans lequel on fait cuire certaines viandes à la braise. Il 2° Grand étouffoir à braise.

— ÉTYM. Braise.

f BRAISINE (brè-zi-n'), s. f. Mélange d'argile et de crottin de cheval pour tremper l'acier.

— ÉTYM. Voy. BRASER.

BRAME (bra-m'), s. m. Voy. brahmane.

f BRAMEMENT (bra-me-man), s. in. Action de bramer. On n'y entendait d'autre bruit que le bramement des cerfs, bern.dest-p Paul et Virginie. Le désert ne répétait que les soupirs des vents, le bramement des cerfs et le chant des oiseaux, chateaubr. Natch. i 8G. J'écoutais le bruit d 1 vent dans

BRA

la solitude, le bramement des daims et des cerfs, id. Itinér. t" partie.

— ÉTYM. Bramer.

BRAMER (brâ-mé),t).n. Crier, en parlant du cerf. Dans ce val solitaire et sombre, Ce cerf qui brame au bruit de l'eau, Théophile, Œuvres, i,e partie, p. 149. dans lacurne ste-palaye. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xvie s. Le plus grand des elephans estoit cheul de travers tout au beau milieu de la porte, où il bramoit et empeschoit de sortir ceulx qui vouloient reculer en arrière, amyot, Pyrrhus ,75. Nous voyons le cerf estant en rut bramer et crier après les biches, paré, xvm, 3. Begayans de voix, et bramans comme asnes, puis hennissans ainsi que chevaux, id. xxiii, 44.11s brament comme les cerfs, ils bravent comme les asnes, id. Animaux, 25.

— ÉTYM. Berry, bermer, bremer, crier très-fort; génev. bramer, crier, hurler ; bourguig. braimai, crier; provenç. et espagn. bramar, crier; ital. bramare; paysdeCoire, brammar; du german que : ancien haut allem. breman; hollandais, bremmen, mugir ; comparez le grec ppôu.eiv. Marot a dit bramer en parlant des bœufs, 1, 318, et d'autres écrivains en parlant d'autres animaux.

| BRAMIN (bra-min), s. m. Voy. brahmane.

BRAMINE (bra-mi-n'J, s. m. Autre nom des brahmanes (voy. ce mot). Je serais curieux de savoir s'il reste encore quelque trace de l'ancienne langue des hrach mânes; les bramines d'aujourd'hui se vantent de la savoir, volt. Lett. Pilavnine, 23 avr. 1760.

BRAN (bran), s. m. || 1° Partie du son la plus grossière. || Bran de Judas, tache de rousseur au visage. Locution vieillie, et qui vient sans doute de ce qu'on se représenta Judas roux. || 2" Bran de scie, poudre qui tombe du bois quand on le scie. Il 3° Matière fécale. || 4° Interjection qui sert à exprimer le mépris. Bran de lui ! Surtout vive l'amour etbr<inpour les sergents, Régnier, Sat. xi. |) Vieux. Il Proverbe. Faire l'âne pour avoir du bran, se montrer plus simple qu'on n'est réellement pour obtenir quelque chose.

— HIST. xm s. Li talemelier [boulangers] qui sont haubanier sont quites du tonlieu des pors [cochons]1 qu'il achètent, por tant qu'il aient une fois mangié de leur bren [son], Livr. des met. c Eschalaz, bren, fuerre, tuile, ne doivent point de chaucie, ib. 278. ||xives. Pren des deux voies la meilleur; Laisse le bren et pren la fleur, bruyant, dans Ménagier, t. n ,p. 17. Chandelle mise en bran se garde souverainement, Ménagier, 11, 6. || xvi° s. Vendre à l'enchère autant bren que farine, j. marot, v, p. 21 6. Il n'est jour auquel on ne m'ouist gronder en moy mesmeet contre moy: bran du fat! mont, i, 270. Que cherches-tu, mon fils? — Quelques espoussettes, un miroir, une chaufferette, un manche de cuillère, du bran de froment [pour la toilette], d'aub. Fœn. 111, i. Nulle peste, nulle guerre, nul ennuy; bren de paourté, bren de souley, bren de melancholie ! rab. Progn. Pant. vi. [il] Faisoit de l'asne pour avoir du bran, id. 16. 1, 2.

— ÉTYM. Berry, bren, prononcé brin, ordure; provenç. bren, son; anc. espagn. bren de la farina; brenno, son dans plusieurs patois italiens; angl. bran; du cellique : gaél. bran ; kymri, bran ; basbret. brenn. Tous ces mots signifient son de farine; et pour le sens d'excrément que bran a aussi en français : gaél. breun; gall. brarn, mauvaise odeur.

t BRANCADES (bran-ka-d'), s. f. plur. Nom qu'on donnait aux chaînes des forçats.

— ÉTYM. Branche.

BRANCARD (bran-kar ; le d ne se lie jamais : le bran-kar et le malade; au pluriel Ys ne se lie pas ■ les bran-kar et les malades; mais plusieurs la lient : les bran-kar-z et....), s. m. || 1" Litière à bras sur laquelle on transporte un malade ou des objets fragiles. M. de Villeroy se fit emporter sur un brancard à Villeroy, st.-sim. 62, 45. Je disais que je me ferais porter en brancard, du mont Caucase où je demeure, sur les bords de l'Oronte, chez le grand ' Barmécide, volt. Mme de Choiseul, il lévr. 177).

Formant à la hâte un brancard de verdure,

nous marchons, Et dans ma grotte enfin mourant nous le couchons, lamart. Joc.m, 95. Faisant un brancard de nos bras, j. j. rouss, Ém. v. || 2" Brancard d'une charrette, deux pièces de bois entre lesquelles est placé le cheval. Cheval de brancard. Mettre le cheval au brancard. || Le brancard d'une voiture à timon et à quatre roues consiste en deux pièces de bois qui joigneni le train dedevanl à celui de derrière, et sur lesquelles porte la voilure. Le brancard d'une berline. En ce sens, on dit aussi les brancards. L'un les brancards est rompu.

BKA

BRA

BKA

— hist. xv° s. Icellui Gerart qui tenoit une fourquete en sa main, et le dit Olivier ung branquiart [gourdin], du cange, branchia. || xvics. En une procession où l'on trainnoit par la ville des images des dieux sur des brancarts, l'un des chevaux qui les tiroient. faillit à tirer, amyot, Cor. 40. Les rusches avec les abeilles dedans seront portées par des hommes, non au col, ai ns avec un brancas, o. de serres. 438.

— ÉTYM. Branche.

f BRANCARDIER (bran-kar-dié) , s. m. || 1" Homme de peine qui porte un brancard. En deux ou trois interrogations qu'ils firent au brancardier, scarr. Rom. com. chap. 7. || 2° Cheval qu'on met entre les brancards d'une chaise de poste. On dit aussi mallier.

— ÉTYM. Brancard.

BRANCHAGE (bran-cha-j'), .s. m. || i° L'ensemble des branches d'un arbre. Un branchage touffu. Creuser la terre, faire des huttes de branchages, j. j. rouss. Orig. 2. Le ciel permit qu'un saule se trouva. Dont le branchage, après Dieu, le sauva, la font. Fabl. i,i9. Quand l'hiver se dissout au souffle d'un orage. Tel se penche un sapin de neige tout chargé; L'eau tombe sourdement tout le long du branchage Et serpente en ruisseau sur le sol ravagé, masson, Helvétiens, vu. || 2° Parextension. Le branchage du cerf, son bois.

— hist. xvie s. Personne estrange du lignage et branchage , Coutumier général, t. I, p. 143.

BRANCHE (bran-ch'), s. f.\\ 1° Bois que pousse le tronc d'un arbre. Petite branche. Branche d'olivier. Menues branches. L'arbre étendait ses branches. Pousser trop de branches. Mère branche, grosse branche d'où sortent plusieurs autres branches. || Fig. De là l'Eglise étendait ses branches par toute la terre, boss. Ilist.u,!. || Fig. et familièrement. S'accrocher à toutes les brandies, recourir à tous les moyens pour sortir d'embarras. Il jure qu'il n'a aucune branche pour se reposer, sév. 67. || Fig. Sauter de branche en brandie, passer brusquement d'un sujet à un autre. || Fig. et familièrement. Se prendre, s'attacher aux branches, s'arrêter aux circonstances inutiles, et négliger l'essentiel. || Être comme l'oiseau sur la branche, être dans une position incertaine, sans garantie. Il Terme de jardinage. Branche gourmande, branche qui prend trop de développement et empêche les branches à fruit de se former. Franches de charpente, celles qui constituent la forme de l'arbre et portent les petites branches et les branches fruitières. Branches coursonnes sur le pêcher, celles qui sont placées entre la charpente et la branche à fruit de l'année. Branche chiffonne, petite branche grêle du pêcher qui a des boutons à fruits dans toute son étendue. Branche à bouquet, très-petite branche sur le pêcher de 2 à « centimètres qui porte à son extrémité quatre ou cinq boutons à fruits. Branche à demi-bois, celle qui, étant trop menue pour branche à bois et trop grosse pour branche à fruits, est coupée à deux ou trois pouces de long pour en faire de meilleures soit à bois, soit à fruit, la quintinye, Jardins, i" partie, Dictionnaire. || 2" Par extension. Les branches d'une racine, ses divisions. C'est une racine qui étend ses branches par tous les sens, boss. Comédie. || 3° Par analogie. Tout ce qui peut être comparé avec les branches des arbres. Les brandies du bois de cerf. Les branches d'un lustre. Lunettes à branches, lunettes qu'on fixe sur le nez au moyen de deux petites branches d'écaillé fondue, de métal, etc. qui s'appliquent le long des tempes. Le chemin se partage en deux branches. Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas, bérang. Sciences. || 4°Partage d'un cours d'eau principal. Le Nil se divise en plusieurs branches. || Les branches d'un fleuve, les petits affluents de ce fleuve. || 5° Terme d'anatomie. Les branches d'une veine, d'un nerf, veines, nerfs qui se détachent d'un tronc principal. La grande artère qui envoie ses branches par tout le corps, desc. Me th. 5,6. || Les branches d'une mine, les filons qui dérivent du filon principal. ||Terme de fortification. Les branches d'une tranchée, les boyaux d'une tranchée. || 6° En termes de généalogie, les familles qui proviennent d'une même souche. Brandie aînée; branche cadette. Ils sont issus de deux branchesdifférentes. Jusqu'à ce qu'il eût conduit ses ancêtres debi anche en branche jusqu'à Yolande, hamilt. Gramm 4. Le père du maréchal [deTallard] était puîné de la Tournon et fit sa branche, st-sim. 342, 226. La branche qui régnait en France était encore moins en état de disputer l'empire, montesq. Esp. xxxi, 3t. J'étais un conjuré, j'avais entrepris de faire passer la couronne dans une autre branche, p. l. cour. lett.

il, 7fi. j| 7" Partie, division. Une des branches delà littérature. Les différentes branches de l'administration, du commerce, etc. Les différentes branches des sciences naturelles. Ce fut encore [les pelleteries] une branche de commerce enlevée à Venise, volt. Mœurs. H9. L'envie de commander est une des brandies de l'orgueil, id. Métaph. 8. || 8° Terme d'architecture. Nervure saillante des voûtes gothiques. || 9° Terme de manège. Branche de la bride, chacune des deux pièces de fer courbées, portant l'embouchure, les chaînettes et la gourmette, et attachées d'un côté à la têtière et de l'autre aux rênes. j| 10°Terme de marine. Divisions de divers cordagesà l'effet d'agir sur plusieurs points. || ll°Terme d'art militaire. Branche d'armement, certaines parties de l'armement d'uniforme. || 12° Corps d'une épingle. || Partie de la poignée d'une épée. 1 1 Tige d'une clef. || Chacune des portions dans lesquelles une chaîne d'étoffe est divisée. || Planche à l'usage des verriers. || Proverbe. II vaut mieux se tenir au gros de l'arbre qu'aux branches, c'est-à-dire il vaut mieux s'attacher à celui qui a l'autorité supérieure qu'à celui qui n'a qu'une autorité subalterne.

— hist. xie s. Branches d'olive en vos mains porterez, Ch. de Roi. v. || xue s. Tous jours [il] ama le roi sans branche de renart [par allusion aux perfidies de Benart, dans le célèbre poëme de ce nom], Sax. xix. Cume li muls vint suz [sous] un grand chaigne e ki mult out branches, une des branches aerst Absalon par la tresce , Tîoi'.ç, 186. || xme s. Et la masenghe [mésange] saut sour une brance, et fu mervelles lie de çou qu'elle fut escapée, Chr. de Rains, 236. Quant le flum vient en Egypte, il jeté ses branches aussi comme j'ai jà dit devant, joinv. 220. || xve s. Et sachez que nous devons mieux aimer les branches et les membres qui viennent de si vaillant homme [Jacques d'Artevelle] que de nul autre, froiss. ii, ii, ioi. ||xvies. Ce bon Bacchus, qui de branches de vigne Guide le cours de tigres attelez, dubell. iv, 6<, verso.

— ÉTYM. Picard, bran ke ; bourguig. brainche; provenç. branca fém. et branc masc; ital. branca ; valaque, brëncë, patte de devant (bas-latin, branca leonis, pied de lion, sorte de plante, dans un texle du xie siècle). Diez remarque que branca doit être fort ancien et peut-être même avoir appartenu à la latinité, puisqu'il se trouve dans le valaque, qui fut, de si bonne heure, séparé du domaine de la langue latine. Il est disposé à le rattacher au celtique : ancien gaél. brac, cornw. brech , qui signifient bras (les branches d'un arbre sont ses bras) ; d'où le bas-breton brank, branche, qui alors n'auraitpas emprunté ce mot aux langues romanes.

BRANCHÉ, ÉE (bran-ché, chée), part, passé. || 1" Perché. Un faisan branché. || Fig. et familièrement. Un mousse branchésurunevergue. || 2° Pendu. Et le trio branché mourut contrit, la font. Orais.

f BRANCUELLIEN, ENNE (bran-chè-liin , Iiè-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Nom des hirudinées à branchies saillantes.

— ÉTYM. Branchies.

f BRANCHELLION (bran-chè-li-on), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom des vers nus à branchies dorsales.

— ÉTYM. Branchies.

f BRANCHEMENT (bran-che-man), s. m. Division en branches, suivant les besoins, des tuyaux qui conduisent de l'eau, du gaz dans les maisons, dans les jardins.

— ÉTYM. Brancher.

BRANCHER (bran-ché). || 1° V. n. Terme de chasse. Percher sur des branches d'arbres. Le faisan, la perdrix rouge, le coq de bruyère branchent. || 2" V. a. Pendre, attacher à une branche d'arbre. Jadis on branchait les faux-sauniers. Les faux-sauniers furent battus, leur sel pris, et leurs prisonniers branchés, st-simon, 507, 174. || 3" Fig. Partager en branches. Il fallait faire détruire [au roi Philippe IV d'Espagne] son propre ouvrage, la consolation delà fin prématurée de ses grandeurs temporelles, en les laissant dans sa maison qu'il branchait à l'exemple de Charles V, st-sim. si, 53. || 4"Terme de fauconnerie. Donner la première éducation à un oiseau de haut vol. || 5° Terme de plombier. Embrancher une sous-division de tuyaux. On fera [tasser les tuyaux près de votre maison, et vous pourrez brancher. || Terme de verrerie. Mouvoir la branche dans l'ouverture de la bosse.

— HIST. xvie s. Force fut au misérable, pour ne pouvoir plus brancher, de se cacher en terre, yver, p. 626. Le prevost de l'hostel les fist bientost brancher aux premiers chesnes de la forest, carl. m, 20. Les vignes arbustives ou branchées, soustenues des

arbres, o. de serres, 156. Tant que tige fait souche, elle ne branche jamais, cotgrave.

— ÉTYM. Brandie; provenç. brancar, pousser des branches

| BR ANCHETTE (bran - chè-t') , s. f. Petite branche.

— hist. xive s. Pren deux branchettes, et les fiche parmy les laz contre terre, Modus, f° xi.vii, verso. Branchettes fourchées de trois fourchons, Ménagier, n, 5. || xvie s. Tournelles tissues de laurier, de lierre, de jasmin ou de houblon, dont les branchettes, lentement repliées et tortillées, n'osoient passer leurs bornes défendues, yver, p. 524. tes meuriers produisent leurs vers jetons, longs, sans branchetes traversantes, o. de serres, 470.

— ÉTYM. Diminutif de branche.

BRANCHE-URSINE (bran-chur-sin') ou BRANC-*

URSINE (bran-kur-si-n') , s. f. Nom vulgaire de l'acanthe sans épines (acanthus mollis, L.).

— HIST. xvie s. Branche-ursine, en latin acanthus; des anciens architectes est venue la coustume d'entailler les feuilles de branche-ursine es chapiteaux des colonnes corinthiennes, pour laquelle cause a esté communément appellée par les Romains marmolaria, o. deserres, 624.

— ÉTYM. Branche et ourse ; provenç. branca orcina; espagn. branca ursinn ; ital. branca orsna.

| BRANCHIAL. ALE (bran-chi-al, a-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux branchies. Les veines branchiales. Les arcs branchiaux.

— ÉTYM. Branchies.

fBRANCHIÉ, ÉE (bran-chi-é, ée), adj. Terme de zoologie. Qui est muni de branchies.

— ÉTYM. Brandîtes.

BRANCHIER (bran-chié), adj. m. Terme de fauconnerie. Oiseau branchier, jeune oiseau qui, n'ayant point encore de force, vole de branche en branche en sortant du nid.

— HIST. xive s. Esprevier branchier, c'est cehiy qui est prins nouvellement yssu du nid, et a esté ung peu à soy, Modus, f° xcv, verso. L'esprevier est dit branchier ou ramage, pour ce que. quant il soit pris, il vole sur les rainceaux ou sur les branches, Ménagier, m, 2. || xve s. Ouquel bois le suppliant avoit fait une loge de branches de chesne, pour prendre des oyseaulx de proye, ramages ou braLchiers, du cangk. branca.

— ÉTYM. Branche.

BRANCHIES (bran-ch iei, s. f. pUir. Terme d'anatomie. Appareil respiratoire des animaux destinés à vivre dans l'eau et à respirer l'air qui se trouve en dissolution dans ce liquide.

— ÉTYM. Bpdtyx"*, branchies.

fBRANCHIFÈRE (bran-chi-fè-r'), adj. Terme de

zoologie. Qui porte des branchies.

— ÉTYM. Branchie, et ferre, porter.

t BRANCH1LLON (bran-chi-llon, Il mouillées), s. m. Petite branche.

— HIST. xvie s. Leurs ver-jetons, n'estans retenus par les brancbillons, s'allongeraient par trop, o. PB serres, 470.

— ÉTYM. Diminutif de branche.

tBRANCHIODÈLE(bran-chi-o-d''-l'), s. m. Terme

d'histoire naturelle. Nom de vers qui ont les branchies visibles à l'extérieur.

— ÉTYM. Branchies, et Srj).o;, visible.

f BRANCHIOGASTRE (bran-chi-o-ga-str'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de crustacés à branchies ventrales.

— ÉTYM. Branchies, et yaaTYip, ventre.

f BRANCH10PNONTE (bran-chi-o-pnon-f), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom des animaux inve.tébrés qui respirent par des branchies.

— ÉTYM. Branchies, etTtvsïv, respirer.

f BRANCHIOPODE (bran-chi-o-po-d'), î.m.Ti d'histoire naturelle. Nom de crustacés qui oni les branchies aux pieds.

— ÉTYM. Branchies, et t.o'j:. T.'Zh:, ] tBRANCHIOSTËGK (bran-chi-o-stè-j) . adj. Tenue

d'histoire naturelle. Qui recouvre les branc Membrane branchiostège. || S. m. Lesbran ostèges, poissons cartilagineux qui ont une membrane branchiale sans opercule.

— ÉTYM. Branchies, et ctéysiv, recouvrir, téger.

f BRANCHIOSTOME (bran-chi-o-sto-m'). s. m. Terme d'anatomie. Ouverture par laquelle les branchies communiquent au dehors. "

— ÉTYM. Branchies, et exocet, bouche

MATITE).

f BRANCHIS (bran-chi), s. m. Terme de fauconnerie. Billot sur lequel on fixe l'oiseau de que l'on veut élever.

— ÉTYM. Branche.

BRÀ

BRANCHU, DE (bran-chu, chue), adj. \\ l°Qui a beaucoup de branches. Un arbre branchu. |] 2" Fig. i deux branches, deux alternatives. Croyezvous que cette idée [d'accepter ou < I v n'accepter pas les honneurs qui lui sont offerts] branchue. et af- ■ dans l'une et dans l'autre de ses deux branne l'effrayera pas [le comte de Toulouse] ? stsim. ",io, -J83. || 3° Canard branchu, espèce de canard. Les canards branchus, les linottes bleues brillent dans la verdure des arbres, chateaub. Voy. Amérique, 398.

— Hisr. xnie s. Un freisne [elle] vit lé et branchu, E mult espès e bien ramu, marie, Frêne. Mes il n'orent gères erré Qu'il ont levé un cerf branchu De quatre branches et menbru, Ren. 33343. Ormes i ot branchus et gros, Et avec ce charmes et fos [hêtres], la Rose, 1367. || xvr* s. L'érable est tout branchu, depuis la racine jusques aux branches, palissy, 28. Le millet-sarrazin a le tige branchu, o. de serres, ho.

— ÊTYM. Branche; provenç. brancut.

| BRANC-URSlNi: (bran-kur-si-n') , s. f. Voy.

HB-URSTNE.

f BRAND (bran), s. m. Dans l'armement du moyen âge, grosse épée qu'on maniait à deux mains.

— HIST. xic s. Sanglant en ert li branz entresqu'à l'or, Ch. de Ro>. lxxxi. || xiic s. Et par maistrie fu ses ver brans fonduz, Roncisv. p. 54. Il tient l'espée, dont bien trenche li brant, Raoul de C. 178. || xiii" s. En son poing [il] tenoit le brant fourbi d'acier, Berle, xix. .là te verras tôt detrenchier; Ne vois-tu ci mon branc d'acier? Ren. 2)820. || xive s. Ànçois se défendirent aux bons asserez brans, Tant r;ue de nous occirent trois escuiers vaillans, Guescl. 16276. || xvie s. Luy secouant au poing un brand armé de doux, X la poincte d'acier, qui traneboit des deux bouts, bons. 839.

— ÉTYM. Provenç. bran, brenc; ital. brando; de l'anc. haut allemand, brant, tison; ancien scandinave . hrandr. épée; le nom de tison ayant été donné à l'épée par une métaphore facile à comprendre.

IIRANDADE (bran-da-d') . s. f. Terme de cuisine. Préparation de la morue à la provençale, avec de la crème, de l'huile et de l'ail.

— ÊTYM. Probablement brande 2, à cause de la vive saveur de l'ail.

t. BRANDE (bran-d'). s. f. || 1° Sorte de bruyère qui croît dans les campagnes incultes. || 2° Lieux incultes où croissent ces arbustes. 11 s'égara dans une brande.

— HIST. x\" s. Le suppliant s'en alla droit à certaines brandes appartenant à son père, du cange, branda. || XVI" s. Le prince donna au comte d'Hobenloo six troupes de cavalerie d'environ six vingt chevaux, pour au grand trot gagner parles brandes le costé de l'année qui marchoit, d'aub. Hist. m, 4ii. Ainsi que j'allois de Xaintes à Maresmes, passant par les brandes dçSWSorlin, pAlissy, 46. Deux paysans furent trouvez dedans les brandes ou guarrigues, qui là s'estoient mussez de peur, m. du

— ÉTYM. Bas-lat. branda. Origine inconnue, à moins qu'on ne suppose que le radical soit le même que dans le provençal brandar, remuer, et le français brandir.

f 2. BRANDE (bran-d'), s. f. Terme de marine. Sorte d'artifice pour les brûlots.

— ÉTYM. Allem. Brand, embrasement.

BRANDEBOURG (bran-de-boUr) , s. m. || i° Ornement en broderie ou en galon sur un vêtement. Une robe garnie de brandebourgs, j. j. rouss. Conf. n. || 2° S. f. Autrefois, casaque à longues manches.

•|| 3° Espèce de pavillon ou berceau de jardin. J'ai fait faire deux petites brandebourgs pour la pluie, l'une au bout de la grande allée dans un petit coin du mail, l'autre au bout de l'infinie; il y a un plafond, j'y ai l'ait peindre des nuages, sév. 445.

— ÉTYM. Brandebourg . nom d'une province d'Allemagne, qui fut donné d'abord à une sorte de casaque, à cause que les gens de l'électeur de Brandebourg, lors d'une invasion en France dans l'année .'674, portaient des casaques de ce genre.

f BRANDERIE (bran-de-rie), s. f. Se dit dans quelques provinces pour usine où l'on fait de l'eaude-vie.

— ÉTYM. Allem. Brand, brùlement.

BBANDEVIN (bran-de-vin) , s. m. Eau-de-vie de

vin. Encore eût-il fallu qu'il [le bourreau] eût été ivre de brandevin, volt. Dial. xxiv, :s.

— ÉTYM. Allem. Branntwein, de brennen, brûler (voy. brandon), et Wein, vin (voy. vin).

BRANDEVIN1ER , 1ÈRE (bran-de-vi-nié , niè-r') ,

BRA

s. m. et f. Celui, celle qui vend du brandevin à la troupe, et aussi, dans quelques provinces, celui qui alu ique de l'eau-de-vie.

— .ÉTYM. Brandei in.

BRANDI, IE (bran-di, die'), part, passé. L'épée brandie d'un bras vigoureux. || Tout brandi, c'est-àdire comme la personne ou la chose se trouvent. Le seul Ragotin n'avait plus envie de rire, et sa colère s'était tournée contre l'Olive, qui le porta toutbrandi, comme on dit à Paris, sur le lit que faisait la servante, scarr. Rom. com. n, ch. 7.

fBBANDILLE (bran-di-ll', Il mouillées), t. f. Terme de charpentier. Se dit de trous faits dans les chevrons pour y mettre des chevilles.

— ÉTYM. Brandir.

BBANDILLÉ, ÊE (bran-di-llé, liée, Il mouillées, et non bran-di-yé), part, passé. La corde brandillée par cet enfant.

BRANDILLEMENT (bran-di-lle-man), s m Mouvement de ce qui est brandillé.

— ÉTYM. Brandiller.

BBANDILLEB (bran-di-llé, Il mouillées, et non bran-di-yé). || 1° V. a. Agiter deçà et delà. || 2° V. n. Un vieux linge brandillait à une branche d'arbre. || 3° Se brandiller, v. rèfl. Se mouvoir, s'agiter en l'air sur une corde, une escarpolette, etc.

— SYN. brandiller, branler. Ce qui distingue ces deux verbes, c'est que l'un est un diminutif et

j l'autre ne l'est pas. Aussi brandiller a-tTil toujours un sens ou de plaisanterie ou d'ironie ou de dénigrement, sens qui est tout à fait absent de la signification de branler.

— HIST. xme s. Mais moult fu durement lassés Que des cops que del brandeler, Ren. t 8647. || xv° s. Et doit estre la lance avant brandelée de fort bras, qu'elle soit lanciée; car elle perce mieux, et en donne plus grant coup, christ, de pisan, Charles V, n,27, || xvie s. L'autre, ayant esté accusé de peculat, a esté vu brandiller à une potence dans un tableau, sully, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Brandir.

BBANDILI.OIRE (bran-di-lloi-r', Il mouillées, et non bran-d i-yoi-r'), s. f. || l°Balançoire lormée avec une corde ou des branches. Peu usité. || 2" Sorte de charrue sans avant-train.

— ÉTYM. Brandiller.

BRANDIR (bran-dir), v. a. || 1° Agiter dans sa main avant de lancer ou de frapper. Brandir un javelot, une épée. Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre innocent, bérang. Carabas. || Fig. Puis, quand ce trône ose brandir son foudre. De vieux fusils l'abattent en trois jours, bérang. Adieu chansons. || 2° Terme de charpentier. Arrêter, affermir, au moyen d'une cheville, deux pièces de bois l'une contre l'autre.

— HIST. xie s. [La lance] Par tel air estroussée et brandie, Ch. de Roi. lv. [Il] Empeint [empoint] le bien, fait lui brandir le corps, ib. xci. [Il] brandist son cop, et li Sarrazins chet, ib. cxvi. || xne s. Par tel vertu [il] l'a [la lance] crolée et brandie, Ronc. p. 33. S. tant s'en torne, s'a son escu saisi; Ce fut mervelle, quant il nul n'en feri, Et ne porquant s'ot il l'espieu brandi, Raoul de C. 87. || xmes. Lors vint un vilein o sa lance ; Si li refet une envaïe, As deux meins l'a forment brandie, Parmi le cors le volt ferir, Ren. 2)858. Et Franchise qui bien s'en cuevre, Brandistla hante de sa lance, Et contre le vilain la lance, la Rose, 15545. || xive s. Eau se bat contre feu; contre eau Feu brandist et fouldre et carreau, Trait. d'Alchim. 142. || xvi" s. Elles n'ont que la guerre empreinte en leurs courages, Le brandir de la pique, et do bien manier Sur le sablon poudreux un beau cheval guerrier, rons. 844.

— ÉTYM. Brand; provenç. brandir et brandar; espagn. et portug. brandir; ital. brandirc. Brandir, c'est agiter comme un brand, comme une épée.

l. BRANDON (bran-don), s. m. || 1° Bouquet de paille enflammé, dont on se sert pour s'éclairer. || 2" Débris enflammé qui s'échappe d'un incendie. Des brandons du bûcher qui va le mettre en cendres Embrasons les palais de ces fiers conjurés, volt. Mortde César, m, S. || Fig. Les brandons de guerre civile. Des factions.... Il éteint le dernier brandon, v. Hugo, Odes, n, 7. L'intolérance est presque éteinte; Qui rallumera ses brandons? bérang. Mort du diable. || 3" Dimanche des brandons, le premier dimanche de carême, ainsi dit à cause de l'habitude de porter, en ce jour, des brandons allumés. || Danse des brandons, sorte de danse rustique ou plutôt course dans la campagne avec des brandons, à l'occasion de certaines fêtes. || 4" Un brandon de glands, un bouquet de glands. Inusité en ce sens. Son rabat [de Mascarille] se pouvait appeler un hon-

BRA

nête peignoir, et ses canons semblaient n'être faits que pour servir de- cache aux enfants qui jouent à cligne-musette; un brandon de glands lui sortait de sa poche comme d'une corne d'abondance, Rvrii en prose et en vers de la farce des précieuses, Paris

— HIST.. xnie s. Nusbaudroyers ne puet ne ne doit ouvrer entre les brandons et la saint Rémi, puisque complie est sonée à Nostre-Dame, Liv. rfe.y met. 225. Et vous baignerés en l'estuve Où Venus les dames estuve; Biensai, le brandon sentirés, la Rose, 12957. Bel-Acueil , qui sentit l'aïer [chaleur] Du brandon sans plus d^laier M'otroia ung baisier en dons, Tant fist Venus et ses brandons, ib. 3484. Ele tint ung brandon flamant En sa main destre, dont la liante A eschauffée mainte dame, ib. 3434. Par nuit obscure a tel clarté Qu'il n'estuet [n'est besoin] à nul garçon Porter lanterne ne brandon, FI. et Bl. )828. y xive s. Olivier de Clisson venoit moult puissamment \ falos, à brandons, 0 lui hommes cinq

cent, Guescl. 21749 Deable d'enfer issirent, par

maistrie, Getans brandons de l'eu, pour lui faire hasquie, Baud. deSeb. v, )o. Le dimenche que l'en dist des premiers brandons, du cange, brando. Comme il soit de coustume de faire chascun an, le jour des brandons, après soupper, feux aux quels les bonnes gens ont accoustumô d'eulz assembler, id. ib. Et en sa dextre main tenoit Un dart qui bien estoit ferré, Et en l'autre avoit un brandon De feu que gettoit grant randon, machault, p. )5. || xvi°s. Devant l'image [de] Cupido Brusloit le brandon de détresse, marot, i, )75.

— ÉTYM. Bas-lat. brando; provenç. brando ; anc. catal. brando; espagn. blandon, torche; de l'allem. Brand, (eu, incendie, de brennen, brûler; angl. to burn.

2. BRANDON (bran-don), S. m. Morceau d'étoffe, et maintenant, d'ordinaire, paille tortillée au bout d'un bâton et plantée aux extrémités d'un champ pour indiquer qu'il est saisi. || Saisie-brandon, acte par lequel un créancier fait saisir les fruits, pendants par branches et racines, des biens de son débiteur

— HIST. xve s. Faire exécution ou mettre un brand sur chacune personne, du cange, brando. || xvie s. Un seigneur censuel peut procéder par voye d'arrest ou brandon sur les fruits pendans par les racines, Coustumier généra! , t. 1, p. )86.

— étym. Bas-lat. brando, brandeum, brandium, sorte de voile qu'on mettait sur les terres saisies; ital. bran do ne, lambeau, et, par contraction, brano; anc. espagn. brahon, morceau d'étoffe. îl y a dans l'ancien français braion , dans le provençal bradon, brazon, braon, qui signifient le gras des chairs, le fessier (anglais braun, partie charnue), et qui viennent de l'ancien haut-allemand brdlo, accusatif brdtun, brdton, partie charnue, mollet; Diez croit que de ce sens on est venu à celui de lambeau de chair et puis lambeau d'étoffe; une pareille dérivation parait très-douteuse. On peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que brand, brandon, est un substantif dérivé de l'ancien verbe brander, contracté de brandeler (voy. branler), une chose qui brandillé pouvant sans peine se dire d'un morceau d'étoffe fixé à un pieu ou bâton.

BBANDONNÊ, ÊE (bran-do-né, née), part, passé. Terre brandonnée.

BBANDONNER (bran-do-né), 1.'. a. Terme de pratique. Planter des brandons aux extrémités d'un champ dont la récolte est saisie.

— HIST. xive s. Nous avions tout droit d'y saisir, brandonner, sceller, du cange, brando. || xve s. Le quel sergent dit au suppliant, qu'il avoit brandonnô ses vignes à la requeste d'un nommé Acart, id. ib.

— ÉTYM. Bas-lat. brandonare (voy. brandon 2). f BBANÉE (bra-née), s. f. Boisson préparée avec

du son, pour les porcs que l'on engraisse.

— ÉTYM. Bran.

BRANLANT, ANTE (bran-lan,lan-t'),adj. || 1° Qui branle, qui n'est pas stable. Une poutre branlante. Avoir la tête branlante. || Fig. Château branlant, chose peu solide, personne qui n'est pas ferme sur ses jambes. Cet enfant commence à marcher, mais c'est un château branlant. Il en était au lit [d'une opération au pied] , quand nous sommes arrivés; il marche présentement, mais c'est comme un château branlant, sév. 58. || 2" Branlant, s. m. Anciennement, croix sans coulant terminée en pendeloque.

— HIST. xive s. Pour la façon d'un char branlant qui doit se faire pour madame la duchesse d'Orléans, de laborde, Émaux, p. 20s. || xvs. Et si en ay ung autre [parement] qui est de satin cramoisy tout semé de hranlans [clinquants] d'or, Jeh. di *aint.

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BRA

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cli. 23. jj xvie s. Faisans au reste des courses si braillantes, que l'on pensoit à toute heure qu'ils deus-

ber, CARL. VII, 25.

BRANLE (bran-l'), s. m, || 1" Mouvement d'un corps qui \a tantôt d'un côté tantôt de l'autre. Le branle d'une cloche. Sonner en branle, donner aux cloches tout le va-et-vient qu'elles peuvent avi À l'église c'était grande cérémonie, cierges allu-

:s, faux-bourdon, procession, cloches en branle, p. l. cour, i, 268. [0 mer!] je ferme au branle de ta lame Mes regards fatigués du jour, LAMART. Mêd. il, 21. Elles ont dû se mouvoir du même branle que la matière du ciel, desc. Monde, 9. 'tout est dans un branle perpétuel et par conséquent tout change, font. Les inondes, 6e soir. Ainsi de notre espoir la fortune se joue, Tout s'élève ou abaisse au branle de sa roue, corn. Mus. comique, v, 5. Qu'à son gré désormais la fortune me joue, On m i '.rua dormirau branle de sa roue, boil. Epil.v. 1 Terme de physique. Espace parcouru par le régulateur d'une pendule dans une oscillation. |j 2° Fig. Impulsion donnée à une chose. Je demande quel moteur a donné ce premier branle à la machine de l'univers, un. Exist. 81. C'est la cause secrète qui le branle à tous ces mouvements qui cesseaussitôt qu'on aurait su le véritable état de vos disputes, pasc. Prov. 18. 11 faut avouer que l'ordre de notre naissance donne presque le premier branle à celui de nos destinées, mass. Villars. Je vais donner ie branle et pousser à la roue, trist an, Marianne, n,

4 ce que je me propose Pourrait déjà donner un

! branle à la chose, baron, l'Andrienne,m,9.

Ce sont eux qui donnent le branle à la réputat ,

mol. IcsPréc. io. Luther donne le branle à ces mouvements, boss. Var. I. La France commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe, id. le Tell. L'imprudence, la coutume, le respect humain, la cupidité, sont les grands ressorts qui donnent le premier branle aux diverses destinées des hommes, mass. Carême, Vocation. Si nous remontions jusqu'à celui de leurs ancêtres qui donna le premier branle à l'infortune de sa postérité.... id. Carême, Enfant prodigue. Il donnait le branle et le mouvement à tout, id. Villeroy. Claudius penchait tantôt d'un côté et tantôt d'un autre selon le branle qu'on lui donnait, perrot d'abl. Tacite, 339. Mlle de Grignan donnera un branle à vos résolutions, sév. 44 i. || Familièrement. Être en branle, se mettre en branle, être, se mettre en mouvement pour faire une chose. Mettre quelqu'un en branle, lui donner le branle, Je mettre en train, en disposition d'agir. [[ 3" Espèce de danse. Le branle ou branle gai e^t le nom générique de toutes les danses où un ou deux danseurs ci induisent tous les autres, qui répètent ce qu'ont fait les premiers. Le grand-père et le cotillon sont des branles. Il y a ou plutôt il y avait des branles sérieux; ceux qu'on donnait aux bals de Louis XIV, et qui sont décrits dans le Maître à danser du sieur Rameau , étaient fort graves, [j Branle de sortie, retraite forcée et précipitée qu'on est obligé de faire en quittant un lieu ou une personne. Danser un branle de sortie. Et que, quand on se frotte avec les courtisans, Les branles de sortie en sont fort déplaisants, Régnier, Sat. xi. || Fig. Mener le branle, ouvrir le branle, commencer le branle, c'est-à-dire donner le premier exemple d'une chose, être le chef d'une association d'intérêt ou de plaisir. || Être fou comme le branle gai, comme branle gai, être d'une gaieté excessive. || L'air sur lequel on danse un branle. || 4° Lit des matelots, ainsi nommé à cause qu'il est suspendu. On dit aujourd'hui hamac. || 5" Terme de manège. Branle de galop, mouvement que fait le cheval pour prendre le galop, ou action qu'il conserve dans cette allure. || G" Terme de fauconnerie. Vol de l'oiseau, lorsque, au-dessus de la tête du fauconnier, il tourne en battant des ailes et en remuant la queue. || 7" Mâchoire d'étau.

— HIST. xve s Le pays d'Angleterre estoit en

branle et en différend l'un contre l'autre, froiss.ii, h, 4. Les gens de pied dudit duc ne fuyrent point, si en furent-ilz en quelque bransle, comm. vi, 6. || xvie s. Si vous avez prins garde au bransle des quatre saisons, mont, i, 86. Nous sentons nostre corps agité au branle de nos imaginations, m. i,92. Ceux qui donnent le bransle à un estât [qui le troublent], id. 1,12). Irayje songer au bransle du monde [l'ordre, la construction] ? id. i, 174. Aymer mieulx tumber une fois, que de demeurer tousjours en branle, id. i, 251. Il apprenoit à danser aux chambrières de leans les branles de Gascogne, mai g Vouv. xxviii. Il amena le premier à la cour les branles du haut Barrois, cari., vi, 37. Ils se mirent à chanter

force branles de Poitou, yver, p 573. Le troisième est une barre faite en pince par un bout et par l'autre en douille, pour loger un pau, avec lequel elle s plus de branle, d'aub. Ilist. n, 372. Ce que.vous ferez dans une heure donnera bon ou mauvais branle à tout le reste de votre vie, et vous fera roi ou rien, id. ib. ni, 184. Les prebstres de St Medard avoyent sonné leurs cloches à tout bransle, condé, Mémoires, 612.

— ÉTYM. Voy. branler; bourguig. branne, sorte de danse.

BRANLÉ, ÉE (bran-lé, lée), part, passé. Un javelot branlé par le bras qui va le lancer. Sa tète branlée à chaque nouvelle demande.

BRANLE-BAS (bran-le-bà), s. m.\\ 1° Terme de marine. Action de détendre les branles ou hamacs, pour se disposer au combat. Faire branle-bas, c'est ôter non-seulement les branles, mais tout ce qui est sur le gaillard et dans Pentre-pont, et le jeter à fond de cale, pour se disposer au combat. || 2° Familièrement, bouleversement. C'est un branle-bas dans cette maison. || Au plur. Des branle-bas.

— ÉTYM. Branle, bas.

BRANLEMENT (bran-le-man), s. m. Mouvement de ce qui branle. Branlement de tête.

— HIST. xive s. Les mouvemens du corps ou les doubteus branlemens des javeloz et des armes, bercheure, f° )5. || xvie s. Toute la noblesse qu'avoit avec lui le Prince, estant tombée malade du branslement, et non pas lui, ce ne furent que conseils tendans à esquiver ou le mal de mer, ou le péril du combat, d'aub. Hist. n, 296. Si le branlement des dents vient par coups ou cheutes, paré, xv, 27. Les Athéniens ne tiroient que dards, flesches et traicts, dont le branlement des vaisseaux tardoit et empeschoit le droit fil^ amyot, Nicias, 45.

— ÉTYM. Branler.

f BRANLE-QUEUE (bran-le-keue) , s f. Nom vulgaire de la bergeronnette ou de la lavandière. \\Au plur. Des branle-queue.

BRANLER (bran-lé), v. a. || 1" Mouvoir d'avant en arrière, faire aller deçà et delà. Branlant le dard dont il le voulait percer, fén. Tél. xvi. Cette tête que je branle n'est point assoupie, desc. Méd. i. || Fig. Tant que je branle le menton, tant que je mange, c'est-à-dire tant que je vis. Oh! lu seras ainsi tenu pour un poltron. — Soit, pourvu que toujours je branle le menton, mol. Dép. amour, v, 1. 1[ Branler la tète, hésiter, ne pas accéder. Je branlais la tête à chaque somme, hamilt. Gramm. 3. || 2° V. n. S'incliner de côté et d'autre Nos destinées, Des

Alpes et des Pyrénées Les sommets auront fait branler, malh. vi, 8'. Il y avait une fois une reine si vieille, si vieille que sa tête branlait comme les feuilles que le vent remue, fén. xix, 3. Ma dent branle, sév. 378. Dents.... Qui, durant qu'il fait vent, branlent sans qu'on les touche, Régnier, Sat. xi. Faites que tout le ciel branle à votre cadence, id. Sat. ix. || Fig. Rien n'est juste de soi; tout branle avec le temps, pasc. Vrai bien, 4. Quelque terme où nous puissions nous attacher et nous affermir, il branle et nous quitte, iD.dans cousin. Les hommes qui ne branlent presque que par des secous ses, id. lmag. \. || Branler dans le manche, ou au manche, se dit d'un instrument qui n'est pas solide ment emmanché; et figurément, être menacé dans sa position, dans sa fortune, etc. || 3° Se remuer, se mouvoir. Ne branlez pas de là. On leur a dit qu'i" ne faut pas branler, ni aller et venir, sév. 55 1. Je pense qu'elle s'attendait que je dusse lui céder ma place; je lui devais une incivilité de l'autre jour, je la lui payai comptant, et ne branlai pas, id. 27. La Bretesche avait défenses expresses de branler, quelque combat qu'il entendît, st-sim. 47, 50. || Fig. Ces écoliers n'osent branler devant le maître. 11 y allait de la vie à branler tant soit peu sous le commandement du général, boss. Ilist. m, 6. || 4° Menacer de se révolter. On viendra dire qu'une province s'est révoltée et qu'une autre branle, balzac, Avis écrit. Toutes les provinces qui branlent déjà, ne se déclareront-elles pas? retz, ii, 300. || Proverbe. Tout ce qui branle ne tombe pas, se dit pour exprimer qu'une chose qui n'est pas solide peut durer, qu'une personne qui est maladive peut vivre longtemps.

— HIST. XIe s. Quant l'oit Guenes, l'espée [il] en a branlie, Ch.de Roi. xxxvi. De son espieu la batiste [il] en a branlée, ib. ccxl. || xir s. Lors [il] commença son tinel [massue] à branler, Bal. d'Aleschans, 5119. Tant espié fort branler et paumoier, Honc. p. 58. || xme s. Roonel mot ne respondi; Qar il ne pot, que trop restreint Li laz, et dant Renaît l'empaint Par les piez et le fet branler. Ben. 24757.

Tant par est la bataille fors, Lombart commencent à branler; Car il ne porent mais souffrir, guill. de palerme. Tuit li crestieu en branlèrent, Hist occid. des croisades, t. n, p. 3 12. || xiv" s. Quant le Breton les vit, le cheval va brochant, L'escu mist en cirante], la lance va branlant, Guescl. I5828.|| xvcs. Ft se tenoient cils à cheval pour réconforter les batailles qui branleroient, froiss. i, 1, 92. Marne l'ensaint; les haulz bois profitables Du noble paie puetl'en veoir branler, e. desch. Le bois de Vincennes. Et branloient toutes nos enseignes comme gens quasi desconfitz, comm. 11,2. |j xvie s. Louis Sforce, sous qui avoit si longtemps bransle toute l'Italie, on l'a veu mourir prisonnier à Loches! mont, i, 6C Nostre amené branle qu'à crédit, serve et captive soubs l'auctorilé d'aultruy, id. i, lei.La profession des pyrrhoniens est de bransler, doubler et enquérir, in. n, 230. Le soleil bransle, sans séjour, sa course ordinaire, id. ii, 261. Le ciel et les estoiles ont bransle 3000 ans; tout le monde l'avoit ainsi creu, id. n, 32'.). Tout ce qui branle ne tumbe pas, id. iv, 86. .le ne veulx pas que vous le poussiez, ny le bransliez; mais seulement ne le soubstenez plus, id. iv, 353. Ayant quelque temps branlé [dansé] à la lourdesque, yvf.r, p. 573. L'armée n'estoit point encore tournée en fuitle à val de roupte, mais bransloitdesjà et estoit en grand desarroy, amyot, Pélop. 60. Les eschelles branloient et plioient sous le faix, id. Aratus, 9. Le peuple, voyant L< gouverneur armé à l'Etape et au Martroy, branloit pour la pluspart à se jetter de son costé : mais.... d'aui>. Hist 1, • 34. 11 jugeoit à leur mouvement, s'ils branloient ou marchoient résolus, id. 111, 285. Les ilenis branlent par la relaxation des gencives, paré, xv, 27.

— ÉTYM. Bourguig. brannai; forme dérivée ae brandir (comme brandiller) , par l'intermédiaire d'un brandeler, contracté en branler. On trouve en effet brandeler : Targes, banieres, penonceaux, Selonc ce que les nés [vaisseaux] brandelent, En mil parties i fretelent, o. guiart, t. 11, p. 359; et même brander : Tute la terre brande, pensez del espleitier, j. fantosme, Chron. 958.

f BRANLETTE (bran-lè-P) , s. f. Terme de pêche. La seconde des trois pièces d'une ligne.

— ÉTYM. Branler, à cause du branlement de cette pièce de la ligne.

BRANLOIRE (bran-loi-r-), s. f. || 1° Planche qui, en équilibre, sert à deux personnes placées au bout pour s'enlever tour à tour. || On dit plus souvent aujourd'hui une balançoire, et, dans le langage trèsfamilier, un tape-cul. |] 2° Levier garni d'une chaîne de 1er qui meut le soufflet d'une forge. || Grand châssis fixé au plancher du séchoir dans un atelier de teinture. || 3° Terme de fauconnerie. Un héron est à la branloire quand, s' élevant très-haut, il tourne en agitant ses ailes.

— HIST. xvie s. Le monde n'est qu'une bransloire perpétuelle, toutes choses y branslent sans cesse, la terre, les rochiers du Caucase, les pyramides d'yEgypte, et du bransle publicque et du leur; la constance mesme n'est autre chose qu'un bransle plus languissant, mont, m, 2.

— ÉTYM. Branler.

BRAQUE (bra-k'),s. m. || 1° Race de chiens propre à la chasse, ayant le poil ras et les oreilles pendantes. Cette race a pour variétés le chien courant et le basset. || 2° Un étourdi, un écervelé. C'est un braque. H Adjectivement. Cet homme est braque.

— HIST. xii" s. Bradiez aveit fet demander, En bois voleit aler berser, Rou, 14940. || xine s. Qui remire la bêle chace Que fere soliiez jadis. Les vos braches entrer en trace, Çà cinq, çà sept, çà neuf, cà dix, ruteb. 89. Et ces ostoirs [autours] cr

ces braques glatir, Chans. d'Ant. v, 441. Li luaconier les chiens descoplent, Ft li brachet au leu [loup] s'acoplent, Ren. 1222. [La biche] Par l'abai des bracez sailli, marie, Gugemer. || xve s Et le daulphin luy donna deux très beaulx braches, à colliers d'or et belles laisses, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 44.

— étym. Provenç. brac; espagn. braco; Ltal. bracco; de Pane, haut allem. braceho, chien de dusse. Une des formes qui sont dans l'historique est brachet, diminutif de braque. Dans le provençal et le vieux français, le nominatif est brac, et le cégime bracon, d'où braconner.

BRAQUÉ, ÉE (bra-ké, kée), part, passé. Pointé vers. Les canons braqués contre la ville. Des enfants d'Uranie un essaim curieux, D'un tube de cent pieds braqué contre les cieux, Observait les secrets du monde planétaire, volt, i" Discours. \\ Tenant constamment les yeux braqués sur cette femme.

BRA

BRA

BRA

BRAQUEMART(bra-ke-mar), s. m. Epée courte ot [ai

— titsr. xive s. Pcrrotavoit pendu un bazelaireou

•inture.DUCANGE, bragamardus. Le dit ( amus geta un granl coustel <ill(' I'r" ,llsl bragamas, contre la teste du dit Huchon, id. ib. Qui te-

i tous entre leurs mains Baga mars et granl mes, id. ib. [| xvc s. Un grant coustel d'Allemaigno,

ié bracquemart, id. braquemardus. Ainsi que François se retourna, ce bastard, qui estoit un fort lasche parmi la teste un coup d'un bracquemarl si pesant, que il le pourfendu jusques aux dents, et l'abattit tout mort à terre, froiss. il, ni, 36. || xvi* s. Et avec son grant braquemart frap-

ii ces fuiarts à grant tour de bras sans se

• ni espargner, rab. i, 44. Prenant un braquemard de chasse qu'il portoit pendu, D. Floresde Grèce, !" vu, verso.

— ÊTYM. Bas-lat. braquemardus, bragamardus. On tire ce mot de 8pa-/.ùç, court, et \iâyaipa, épée; mais, outre qu'on ne voit pas les intermédiaires par où ce i erait arrivé, les formes diverses ne sont pas favorables à cette hypothèse. Grandgagnage voit, dans la première partie de braquemart, le wallon braket, grand sabre, brakèle, épée courte, qu'il rapproche du bavarois bràchsen , sorte de serpe, et par mépris, épée. Le rapprochement avec le wallon est plausible. Braquet était aussi en usage, même au commencement du xvn" siècle; par exemple : Lui voulant faire quelque mal pour avoir sa revanche, il l'appela à soi, et lui demanda à tenir un petit braquet qu'il portait au côté; Collinet l'ayant tiré du fourreau, le seigneur le prit.... Franc ton, liv. vi, p. m.

BRAQUEMENT (bra-ke-man) , s. m. Action île braquer.

BRAQUER (bra-ké), ». a. || 1" Diriger un canon, une lunette du côtéd'un objet. Braque tes lunettes, vieux sire [Jupiter s'apprêtant a lancer son foudre], Sur le front couronné par nous.... De la candeur c'est le sourire, De la bonté c'est l'œil si doux; Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de bluets ? bërakg. Bluets. || 2° Fig. Braquer ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose , les tenir arrêtés sut quelqu'un, sur quelque chose.

— HIST. XVIe s. Il braqua si a propos une couleuvrine, que.... mont.-i, 49. La ville [irise, ils braquent leurs pièces contre le chasteau, et tirèrent

plusieurs volées, carl. i, 3y Et que les cano-

niers ne se lassent de tirer incessamment, sans bracquer nymyrer, mais seulement à coups perdus et en ruyne, id. v, 25. F.t quand [Charles-Quint à Metz] environné de tant de gonfanons, Fit braquer tout d'un rang centpieces de canons , rons. L'oémcs, liv. i.

— ÉTYM. Génev. branquier; bourguig. braiqué; d'après Diez, do l'ancien Scandinave brdka, qui signifie affaiblir, mettre dessous; le sens laisse du doute sur cette étymologie, et on ne saisit pas bien l'enchaînement entre mettre dessous et diriger. Il y a dans l'anglais bral;c qui signifie la poignée d'une pompe; le mot aurait-il passé de la marine dans le langage militaire? enfin, comme le mot est récent, faudrait-il y voir un verbe formé de braque, avec la signification de chercher, pointer?

t BRAQUES (bra-k'), s. f. plur. Les pinces de l'écrevisse.

— étym. Brachium, bras.

| BRAQUET (bra-kè), s. m. Espèce de petits clous dont les paysans se servaient pour ferrer leurs souliers.

— ÉTYM. Braquet a aussi signifié poignard (voy.

LRAQl'EMART, il l'étyUlologie).

BRAS (['s se lie: un liras arrondi, dites : un bra-z arrondi), s. m. || 1° Nom, dans le corps humain, du membre supérieur et tenant à l'épaule. De la grosseur du bras, nui a de bons bras. Être em porté dans les bras. Il le prend entre ses bras féN, Tél. vu. Mentor tenait Télémaque serré entre ses bras, id. Tél. xn. Il vous tend les bras pour vous embrasser, id, Tél. xiv. Vous n'avez en ces lieux que deux bras comme un autre, corn. Nicom. I, l. Il Donner le bras, arrondir le bras pour qu'une autre personne s'y appuie. || Donner le bras, mettre son bras au bras de quelqu'un. Viens aux champs fouler la verdure, Donne le bras à ton amant, bérang. Cliamps. || Se donner le bras, se dit de deux personnes qui ont le bras passé l'un dans l'autre. || Prendre le bras, passer son bras autour du bras d'une autre personne. || Offrir son bras, se dit d'un homme qui demande à une dame si elle veut prendre son bras [unir passer d'une pièce dans une autre, pour l'aire une promenade, une course, etc.

DICT. pE LA T.ANOTTE FRANÇAISE,

|| Avoir les bras retroussés jusqu'au coude, avoir la manche du vêtement retroussée. || Familièrement. Gros comme le bras, se dit pour exprimer une flatterie qui consiste a donner à quelqu'un avec affectation; en lui parlant, un titre qu'il a ou qu'il n'a pas. Dans la conversation il le traita de comte, gros comme le bras. || Avoir des bras, en termes de danse, c'est les porter, les remuer avec grâce. || Familièrement. Les bras m'en tombent, ma surprise est extrême. || Couper bras et jambes à quelqu'un, lui enlever ses moyens de réussir, ou encore lui ôter tout courage. || Demeurer les bras croisés, rester sans rien faire. Mais je le laisse aller après un tel indice, Et demeure les bras croisés comme un Jocrisse, mol. -Coc. imag. te. || Faire les beaux bras, se donner de grands airs. || Faire les grands bras, affecter un crédit, une importance qu'on n'a pas. || Fig. Tendre les bras à quelqu'un, lui offrir secours et protection; l'inviter à approcher. Rome tend les bras à César, boss. Hist. i, 9. La Sicile De là nous tend les bras, boil. Epit. I. Par cette conduite accommodante ils tendent les bras a tout le monde, pasc. l'ror. 5. Ainsi je tends les bras à mon libérateur, id. Juifs, <9. || Tendre les bras, implorer du secours. Le pape, a qui Charles Marti 1 était nécessaire, lui tendait les bras, montesq. Esp. xxxi, H. Il Arrêter, retenir le bras de quelqu'un, à quelqu'un, l'empêcher de frapper ; et, figurément, arrêter sa colère, sa vengeance. || S'appuyer sur le bras de quelqu'un, être soutenu par son bras; et, figurément, avoir son appui. || S'appuyer sur un bras de chair, dans le langage mystique, mettre son espoir aux choses temporelles. |! Recevoir quelqu'un à bras ouverts, le recevoir avec empressement, avec amitié. Elle fut reçue à bras ouverts de son mari, sév. 422. Cette flatterie m'est si agréable que je la reçois à bras ouverts, id. 142. Un oncle qui la chérissait lui fut enlevé au moment où elle l'attendait, les bras ouverts, à son retour d'Egypte, dider. Ess. s. Claude, liv. il. || Avoir quelqu'un sur les bras, en être embarrassé ou chargé. Au diantre tout valet qui vous est sur les bras, Qui faligue son maitre et ne fait que déplaire  force de vouloir trancher du nécessaire, mol. Fdch. i, )• Il y a des gens pressants qu'on a sur les bras, sév. 22). Tu m'as abandonné dans un grand embarras; Un malheureux neveu m'est tombé sur les bras, rf.gnard, le Légat, ni, 4. || Avoir beaucoup d'affaires, de grandes affaires sur les bras, en être accablé. Nous n'aurions plus qu'une affaire sur les bras, balz. Liv. i, lelt. 7. Il fallut songer aux grandes affaires qu'il avait sur les bras, sév. 2ii. Il se trouve que j'ai le gouvernement de Provence sur les bras, m. I ic. Je me trouvai une violente affaire sur les bras, volt. Scarmcntado. || Se mettre sur les bras, s'attirer sur les bras, c'est-à-dire s'attirer l'inimitié. Voudriez-vous, madame, vous opposer à une si sainte pensée, et que j'allasse, en vous retenant, me mettre le ciel sur les bras? mol. D. Juan . i. a. Qui en choque un se les attire tous sur les bras, id. ib. v, 2. Et je me jetterais cent choses sur les bras, in. Mis.x, 1. 1| 2° Embrassement, sein, giron. Il le prit dans ses bras. Quand il vous pressait dans ses bras. Appelez votre frère, oubliez dans ses bras.... bac. Brit. iv, a. || Fig. Il se jeta dansles bras de l'armée. Tirer quelqu'un des bras de la mort. 11 s'arrachait des bras du sommeil. Tel qu'au soir on voit le soleil Se jeter aux bras du sommeil, malh. vt, 10. Le dieu que vous servez vous adopta pour fille, Vous êtes dans ses bras, il parle à votre cœur, volt. Zaïre, iv, ». Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas, Que le hasard peut-être a jeté dans leurs bras, rac. Alhal.m, 3. Hippias se jette entre les bras de Darius, boss. Hist. i, 8. Rome est contrainte de se jeter entre les bras des Français, id. ib. m, V. J'ai horreur de mes péchés; je me jette entre les bras de votre infinie miséricorde, fén. xviii, 183. Dieu, appuyant les fausses religions par des miracles, jetait l'univers entre les bras de ses ennemis, volt. Mœurs, Oracles. \\ 3° Fig. et poétiquement, amour, mariage, union. Vous veniez de mon front observer la pâleur Pour aller dans ses bras rire de ma douleur, rac. Andr. iv, 6. Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre! corn.

Poly. h, 2 Voir tout ce que j'aime entre les

bras d'autrui. id. Sertor. m, 2. On fallait mettre entre les bras d'un rustre, la font. Mandr. || 4" Personne qui travaille. Campagnes qui manquent de bras. || Ne vivre que de ses bras, ne vivre que de son travail. || 5° Ce qui agit, par opposition à ce qui conçoit. Il n'a été que le bras d'un autre. Le bras droit de quelqu'un, celui qui agit,

travaille pour lui L'un est votre cœur si

l'autre est votre bras, rotr. Ver,çesl. i, i, 11 se-

rait désormais le bras droit de notre monarque, boss. Ilonn. 3. Les conseillers d'État se portèrent à chasser la Berlips et le prince de Darmstadt, de haine pour la reine et pour ses deux bras droits, ST-sim. 81, 55. H 6" Fig. Force, courage guerrier. Un

bras victorieux Je n'ai point de bras Quand il

faut conserver ce qui ne vous plaît pas. cobn. Cid, v, l .Trois sceptres à son trône attachés par mon bras,' id. Nicom.i, t. Remettez à leurs bras les communs intérêts, m. Cinna, i, 2. S'il avait comme lui son bras à mon service, id. D. Sanche, n, 4. Je vous offre mon bras, rac. Andr. i, 4. || 7" Pouvoir, puissance. Toutes les choses humaines sont sons le bras de Dieu. Un tyran appesantissait sur la ville un bras de fer. Les prières devraient arrêter le bras du Seigneur, mass. Temples. Sion, le jour approche où le Dieu des armées Va de son bras puissant faire éclater l'appui, rac. Esth.i, I. || Le bras séculier, la puissance, l'autorité temporelle par opposition à l'autorité ecclésiastique, et aussi la justice temporelle par opposition à la juridiction ecclésiastique. Dérober un coupable au bras de la justice, corn. Ilor. v, 3. 'I Fig. et familièrement. Avoir les bras longs, avoir beaucoup de crédit, d'influence. || 8" Un des courants d'un fleuve. La Meuse reçoit un bras du Rhin. Se diviser en beaucoup de bras. La rivière ayant réuni ses deux bras. || Bras de mer, détroit. Ils sont séparés par un bras de mer. || 9° Sorte de chandelier à une" ou plusieurs branches qu'on applique au mur. Un bras doré.Dqux bras d'argent. || 10" Dans le langage anatomique, région du membre antérieur ayant pour base l'humérus. || Membre thoracique des animaux invertébrés, ou seulement son premier article. || Terme de vétérinaire. Partie de la jambe du cheval qui s'étend depuis l'épaule jusqu'au genou. || Les bras d'une baleine, ses nageoires. || Bras du polype, ses tentacules. || Bras do i'écrevisse, ses pinces. || Les bras du Scorpion, constellation. I| 11° Ce qui est configuré en forme de bras. Les bras d'une machine. Les bras d'une équerre. Bras de fauteuil. Siège à bras. Les bras d'un fauteuil, d'une civière, d'un brancard, d'une vergue. Le bras d'un aviron. Bras de la vigne. Bras de balance, les deux parties qui sont de chaque côté du point. |j Bras de levier, la portion du levier comprise entre le point d'appui et le point d'application des forces. [| Terme de charpentier. Bras de chèvre, les deux longues pièces qui portent le treuil. || 12° Terme d géognosie. Rameau de montagne qui, déliassant le pied général de la chaîne, s'avance dans la plaine. || 13" A bras, loc. adv. Avec les bras seuls, et sans machine. Les cabestans enlèvent des fardeaux que les hommes n'auraient pas pu remuer à bras, volt. Dial. iv. On leur [aux nègres] fait tourner à bras l'arbre des moulins à sucre, id. Mœurs, ).">2. Il fallait porter la caisse à bras jusqu'à une certaine distance, j. j. bouss. Conf. m. || X force de bras, même sens. Ils montèrent le canon àforce de bras. || À tour de bras, loc. adv. De toute sa force. Il frappait à tour de bras. || A bras raccourci , sans quartier. Frapper à bras raccourci. || 14° A bras-le corps, loc. adv. Par le milieu du corps. Il le prit à bras-le-corps. || 15° Bras dessus, bras dessous, loc. adv. En se donnant le bras. Monseigneur descendit, le roi voulut descendre aussi ; monseigneur lui embrassa les genoux; le roi lui dit : ce n'est pas ainsi que je veux vous embrasser; et sur cela bras dessus, bras dessous, avec tendresse de part et d'autre, sév. 488. Bras dessus et bras dessous, S'en vont Colin et Colette, bérang. Bon ménage. || Fig. Être bras dessus, bras dessous, être dans une grande intimité. || S'embrasser bras dessus, bras dessous, s'embrasser avec beaucoup d intimité. Je commence par- vous embrasser bras dessus, bras dessous, montesq. Lettre 51. || Proverbe. Sion lui en donne long comme le doigt, il en prend long comme le bras, c'est-à-dire il n'a point de discrétion, il abuse.

— HIST. xi° s. Donc perdreit Charles le destre braz du cors, Ch. de Bol. xliv. A bras se prenent ambedeus pour luter, ib. clxxxi. || xnes. S'ilaveient talent [désir] de guerre, Dès or en unt toz pleins les braz, benoIt, n, 8723. Entre ses bras nulle fois ne gisrez, Ronc. p. 82. Sur la jointe du bras où il l'a assené, ib. p. 195. Et ses beaus bras et son cors bel et gent, Coud, v. Mais [ils] n'i voient riensquifasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton, ib. n. Ses deus fils [il] vitocire as bras de sa moillier, Sax. xi. Quant il furent caeit [tombés] andui el brac, Gérard de Ross. p. 360. || xm" s. Et pristrent port devant le palais l'empereour Alexis, qui cil apelés I alcidoines, et fu encontre Constan- Linoble de l'autre part du bras devers la Turkie, villkii. i.xn.La duchoise, sa suer, entre ses bras la

IfflA

prent, Perte, ix. Nus boutonier ne puet faire bou-

u'il ne soient bien soudé et loialraent, c'est à

saioir li dui bras de la queue,- et li boutons en mi-

ement . / iv. des met. 185. i.t se aposturne

■, ra tantosl sainier de l'i e

\nt. P 12. Une ewe ki desuz cureit; lira/, fu r, hafne [havre] i aveit, maeie, Gugemer Vu lierc ior devant l'avesprer , [ils] Par vinrent à un brac de mer. FI. et Bl. 1501. Assez près de Damiete trou- 3 un flum qui issoit de la grant rivière; et fut acordé que l'ost séjourna un jour pour boucher ie dit braz, par quoy en peust passer, doinv. 219. Là le rescourent le connestable de France et plusieu jans le roy avec li, qui le ramenè-

rent par les bras jusques à son paveillon, id. 218. s. [Celui qui porte le faucon] doit tenir son brach et son poing ferme, Module F lxxviu, verso. || xv s. Et saillent de terre, et embrassent un homme , srriere, et le tirent jus; car ce sont trop for- :is de bras, froiss. ni, iv, 42. Et en pensant mainteffoiz m'est advis Que je vous tiens entre mes i , m'amve. en. d'orl. Bail. 12. Bel Acueil prmt ir le bras, m. ib.A. Puis passeront Gaubra marin; Le poure Anglet destruiront si lierre, e. desch. Bail, sur laproph. de Merlin. nt soy estre l'ung des bras principaux du royaulme, g. chastel. Chron. du duc Philippe, Fnrard et Conrard se prindrent à bras, et s'en vont voir leurs chevaux, louis xi, NouV. xxvi. lien avoit tout au long du bras et autant qu'on en pourroit entasser à toute force au cœur d'un amoureux, id. il), xxxni. Si se tourna tost devers lui et le print à bons bras de corps, n>.t&. xi.iv. || xvi° s. Elle passa un lacet de sa robe dans l'un des bras de sa chaize, mont, m, 153. Comme les galères des Barbares eussent environné les isles tout à l'entour, et l'issue du bras de Salamine, amyot, Ârist. 21. Il se feit porter par ses serviteurs dedans une littiere à bras, j usai sénat. Ses gendres et ses enfants, le prenant essoubz les bras, le conduisirent au dedans, Pyrrh. 39. Pionniers, charpentiers et autres telles gens de bras, id. Lucull. 49. Comme nous avons dit en la fracture du petit bras [avant-bras] l'os qui demeure entier sert à son compagnon, paré, xjii , 23. Comme l'on fait es boutiques des marchands , par l'aune, la cane, le bras; et semblables, o. de ,i i . Et à grands tours de bras forcez moy la marine, Bandez vous au travail, rons. 844. Il jette la pierre et cache le bras, cotgrave.

ÉTYM. Bourguig. brai ; picard, bros; wallon, ne bratz . catal. bras; espagn. braso ; portug. braço; ital. braccio ; du latin brachi u m ,grec Ppoyjuv. Dans l'ancien français, le nominatif est bras, le régime est brac. C'est le nominatif qui a formé le mot actuel; de là vient Vs que nous y mettons.

| BRASE (bra-z'), s. f. Dans les arts chimiques, synonyme de charbon.

. — ÉTYJÏ. Voy. braise.

BRASÉ, ÉE (bra-zé; zée), part, passé. Un fusil fusil auquel on a remis une pièce par le brasement.

f BRASEMENT (bra-ze-man), s. m. Action de braser.

1. BRASER (bra-zé), r. a. Joindre deux pièces de fer, d'acier ou de cuivre l'une avec l'autre par une soudure particulière où entre du borax, et que l'on fait fondre sur un brasier ardent.

— HIST. xii° s. Ainsi fu la cité brasée Et destruite et essilliée, Brut dans lacurne ste-palaye. || xvie s. Moy trop heureux qui , vivant dans la flame De Cupidon, suis consommé et ars, Sentant braser dedans mon corps une ame Par un doux ris, par de friands regards, pasquier, Jfenop/it'Je, p. 75, dans lacurne ste-palaye.

— ÉTYM. Ane. scandin. brasa , souder (voy. braise): ainsi dit parce que le feu, le brasier, la braise sont employés dans la soudure. Braser, dans l'ancien français, signifiait brûler.

f 2. BRASER (bra-zé), v. a. Terme de salines. Casser la croûte de sel qui se forme dans les marais salants.

f BRASERO (bra-zé-ro) , s. m. Vase contenant des charbons allumés, et avec lequel on se chauffe en e appartements pendant les froids.

— ÉTYM. Espagn. brasero, brasier.

BRASIER (brâ-zié,rrne se lie jamais : un brasier ardent, dites : brà-zié ardent ; au pluriel Y s se lie: des brazié-z ardents) , s. m. || i° Feu de charbons ardents. Sur ce brasier souffle donc en silence, Ou d'un vieux

nterroge les mots, bérang. Âlchim. || 2° Par extension. La maison brûlait et ne fut bientôt qu'un brasier. Et ce brasier croissant les repousse au de-

BRA

hors, mair. Mort d'Asdrub. v, 2. Des hommes extrêmement ignorants condamneront au brasier un livre qu'ils n'auront pas lu, volt. Léltr. d'Argenlal, 25 avril 1763. |1 3' Fig. De l'indigne brasier qui consumait mon cœur, 11 ne me reste plus que la seule rougeur, rotr. Venceslas. n, 2. || Son corps esl un brasier, il a une fièvre ardente. || Sa tète est un brasier, il est dans une grande exaltation. || 4° Grand bassin de métal où l'on met de la braise pour chauffer une chambre.

— HIST. xiii0 s. Haister [rôti] [il] quisseit [cuisait] sur le bracer D'un sengler parcreu et grant, Lai del désiré. Qui donc veïst cel asne ocire et destrenchier. E mètre en la caudiere et sor le grant brasier.... Ch. d'Ant. vu, 899. ||xve s. Sur mol duvet assis ung gras chanoine, Lez ung brasier, en chambre bien nattée, villon, Bail. Contredit de Franc gantier.

— ÉTYM. Braise; espagn. brasero.

BRASILLÉ, ÉE (bra-zi-llé, liée, Il mouillées, et

non bra-zi-yé) , part, passé. Des poires brasillées. BRASILLEMENT (bra-zi-lle-man, Il mouillées , et non bra-zi-ye-man), s. m. Effet de la mer qui brasille. Le brasillement est un effet non d'électricité, mais de phosphorescence.

— ÉTYM. Brasiller.

BRASILLER (bra-zi-llé, U mouillées, et non brazi-yé). || 1° V.a. Faire griller sur de labraise. || 2° V.n. Présenter une traînée de lumière, en parlant de la mer frappée obliquement par des rayons lumineux, ou devenant phosphorescente dans la trace du bâtiment.

— HIST. xve s. Avecque leurs compères Et voisines, en hiver, En brazillant les poires, [ils] S'arroyent à deviser, bassel. xxvi.

— ÉTYM. Braise.

BRASQUE (bra-sk'), s. f. Mélange d'argile et de

charbon pilé, dont les fondeurs enduisent la surface rie leurs creusets.

— ÉTYM. Milanais, brascà, allumer. C'est un dérivé de braser.

BRASQUÉ, ÉE (bra-ské, skée), part, passé. Creuset brasqué.

BRASQUER (bra-ské), v. a. Enduire de brasque la surface des creusets.

— ÉTYM. Brasque.

T BRASSADE (bra-sa-d') ,. s. f. Terme de pêche.

Filet dont les mailles ont plusieurs pouces d'ouverture et dont on fait la manche du boulier.

f BRASSADELLE (bra-sa-dè-P), s. f. Embouchoir du fusil de munition.

(.BRASSAGE (bra-sa-j'), s. m. || l'Action de brasser de la bière. || 2° Travail des ouvriers qui brassent ou remuent les métaux dans les ateliers de monnaies. || Droit qui était accordé au fermier des monnaies, sur chaque marc d'or, d'argent et de cuivre mis en œuvre, pour les frais de la fabrication.

— ÉTYM. Brasser i .

\ 2. BRASSAGE (bra-sa-j'), s. m. Terme de marine. Brassage d'une vergue, endroit d'un étui, de i haubans, des galhaubans, où porte une vergue sée au plus près.

— ÉTYM. Brasser 2.

BRASSARD (bra-sar; le d ne se lie jamais; au

pluriel Vs ne se lie pas : des bra-sar-élégants ; d'autres disent en liant : des bra-sar-z-élégants), 6'. m. || 1° Partie de l'ancienne armure qui couvrait le bras. || 2° Tout ornement porté au bras, en signe de reconnaissance. || 3° Garniture de cuk dont on se couvre le bras pour jouer au ballon. || Manche pour garantir le bras du verrier.

— HIST. xvi° s. Je ne specifieray point autrement ces grands coups qui fendent un homme jusques à la ceinture, et coupent un brassai et un bras tout net, lanoue, 146. Avec les cuissots, demi brassais et la b'ourguignote, puis une bonne et longue pistole. id. 237. Il osta ses brassards avant que d'aller à la charge, d'aub. Vie, xlv. Guirlandes, chapelets et brassards de roses, et de toutes aultres fleurs, carl.

v, il.

— étym. Bras. On a dit aussi brassai ; Italien, bracciale.

brassard

seul est resté f BRASSARDÉ, ÉE (bra-sar-dé,dée),adj.Armé de

brassards. Itbbal ne doutait pas qu'étant casqué, brassardê, il ne vint à bout du champion, volt. Zadig, 21.

— étym. Brassard.

BRASSE (bra-s'),s. f. \\ fMesure qu'on prend avec les deux bras étendus, c'est-à-dire d'un bout à l'autre, et qui passe à peu près pour celle de cinq pieds anciens oui™ 62; on l'appelait aussi pas géométrique , valant deux pas ordinaires. Un chapelet.... Long d'une brasse et gros outre mesure, la font. Herm.

BRA

Combien de brasses doit avoir notre ligne? j.j.rouss. Ém. u. || Terme de marine. Mesure de cinq pied . Nous donnâmes fond par six brasses, ciiatkalb. Itin. ii,18. On vient mouiller à telle brasse quel'on veut, m. ib. ni , in. Les plus grandes profondeurs oùles plongeurs puissent descendre, qui sont de vingt brasses, buff. Théor. delà terre, 2e discours. || Être sur les brasses, être sûr d'avoir fond. || 2" Pain de brasse , fort grand pain de 20 à 25 livres. || 3" Brasse, d l'Académie, manière de nager dans laquelle on tire les bras alternativement hors de l'eau, les rame nant, alternativement aussi, auprès du corps; mais, d'après plusieurs gymnastes, manière de nager qui consiste à mettre les mains réunies sous le menton, les coudes près du corps, les jambes repliées, et les pieds placés de manière à pouvoir être lancés à droite et à gauche; puis allonger vigoureusement les bras en avant, en donnant simultanément deux forts coups de pieds à droite et à gauche ; et, finalement, ramener les pieds et les mains à la première position; dans ce dernier sens, on dit : faire une brasse. Il sait à peine nager, il ne fait que deux ou trois brasses. Dans le sens de l'Académie, on dit, à Paris : la coupe; nager à la coupe.

— HIST. xic s. Li reis a pris Tierri entre sa brace, Ch. de Roi. cclxxxix. Sanglant [il] en a et l'haubert et la brace, ib. cm. || xu° Des champions chascuns a brace fiere; Bien s'entrefierentet devant et derrière, R. de Cambrai, 198. || xme s. Mes une grant borse pesans, Toute farsierie besans, Se la veoit sailliren place, Tost i corroit à plaine brace, la Rose, 8390. Calabre vint encontre sa mère la senée; Contre le roi [elle] ala lie, brace levée, Ch. d'Ant. 1, uô4. || xive 's. Li rois de Bel-Marin li fait belle assemblée, Et li baille son filz à la brace quarrée, Guescl. 15507. Il xv° s. Si deux parois de piastre fussent à une brasse l'une près de l'autre, à force de bras et de jambes il monteit tout au plus hault, sans cheoir au monter ne au dévaler, Bouciq. 1, ch. vi. Il xvie s. Jà de la mer la fureur à grans brasses Avoit couvert et mottes et terrasses, marot, iv, 28. Un puits profond de cent brasses, paré, xxiv, 3 Le monarchique loge le roy quelques brasses au dessus de dieu , mont, iv, 30.

—étym. Picard, foraefte ;provenç. brassa ; espagn. bram; portug. oraça. L'étymologie est brachia, pluriel de brachium . brasse signifiant proprement, dans l'ancien français, les deux bras; les pluriels neutres ont donné au vieux français plusieurs noms collectifs du féminin, par exemple aumaiUe, à'animalia, merveille , de mirabilia.

1. BRASSÉ. ÉE (bra-sé, sée), part, passé. Bière brassée. || Fig. .Cette perfidie, brassée depuis Longtemps.

2. BRASSÉ. ÉE(bra-sé, sée), part, passe. Terme de marine. Voile brassée au plus près.

BRASSÉE (bra-sée) , s. f. \\ 1 I te que les bras peu vent entourer et contenir. Brassée de bois, de paille. Colonnes de six brassées de grosseur, boss. Hist. 111, 3. Il en tira une brassée de papiers, >fv. 504. Il 2° Le mouvement des bras dans la nage. Il put à peine faire quelques brassées, et il enfonça. || 3° Certaine mesure de terre, autant qu'un homme peut en labourer dans un jour. || 4° Terme de commercé. Brasséede soie, quantité de brins de soie qu'un métier emploie pour l'ourdissage des chaînes.

— HIST. xine s. Et l'endemain par matin, fist li rois Philippes assalir efibreiement, et fist gieter Maie Voisine, sa boineperriere,qui abattoit, àcescun cop qu'elle gietoit, une grande brachie de mur, Chron. de Bains, 39. De son lit saut tôt effreez, Ses chiens' apele et sa mesnie, Du fuerre prent une brade, Et si l'a el fournier jeté, lieu. 2924. li xvi .-. Faire la poignée plus grande que le poing, la ! plus grande que le bras, mont. 11, 379. Une trenchée de dix brassées de largeur, et autant de profoi àMYOT, Arlax. 8. Un puits profond de cent brassées, pake, ix. 15. Le remède estoit prendre une brassée de l'herbe nommée armoise, m. xxiv, 27.

— étym. Brasse; bourguig. brassie; provenç. brassada ; espagn. brazado; ital. bracciata.

]• BRASSEÏER(bra-sé-ié), v. a. Terme de mai me. Voy. brasser 2.

1. RRASSER (bra-sé). v. a. \\ 1° Opérer les mélanges nécessaires pour la fabrication de la bière. Brasser de la bière. I|2° Remuer, agiter ensemble. Brasser de l'or et de l'argent fondus dans le creuset. Brasser la paillasse d'un lit. Disant ceci, toujours son lit elle brassait, Régnier, Sat. xi. || 3" Fig. et en mauvaise part, tramer, pratiquer secrètement. Brasser une trahison, une perfidie. L'empereur ne savait rien rie ce qu'on brassait contre sa famille, perroï d'abl. Tacite, 255. Méchante femme! A ton

BftA

mari lu brassaisun teltour, la font. Coc Sansqu'il ute....- De ce qu'amour en dehors vous lui :;. Cuv. J'étais venu afin de brasser i ce mage Sun rdis], p. l. cour. h. 185. || Se bras ei

' Etre brassé, tramé. Il se brassait une conspiration conçue à Vienne, tramée à Rome.i d'éclat . -i sim. 107, 136. || 4° Terme de

pêche. Agiteret troubler l'eau avec desbouloirs poui faire donner le poisson dans les filets.

— HIST. XIIe s. Mais ore oiez que il li brace. Qu'il engigne, qu'il li porchace Sa mort e sa destruction, benoît, il, 69t. || xme s. Nus ne puet ne ne doit vendre cervoise ailleurs que en l'ostel où en

s met. 30. Tant a bracié la

i et tant s'en est peinée.... Berle, xvi. Qui a

fait a nia fille brassier si t'ait chaudel ? ib. i.xxxv.

Nous savons bien que li quens Renaus a brasset

cestexboulie, pour le descort dou conte de saint

• !ir. île Rains, 145. Chantecler, n'en sui pas

en dot, Avez ceste traïsontote, Ce m'est vis, quise

et porchaciée ; Mainte mauvestié as bradée, !:<■».

i [il] tornoie et brace Por issir,

mes riens ne li vaut, ib. 5088. Dames lor braceront

■ lor la/, cheoir, Qu'il lor en

mescheoir,ia H< se, I0934.j'ai parmoi-meïsme

Mesaise que tousjours aurai, Bl. et Jeh.

1044. Jherusalem, ahi ! ahi ! Gom t'a blecié et es-

bahi Vaine gloire, qui toz maus brasse, rites. 104.

|| xiv s. Et il dit quepar vous en fu li fais lu

Band. de Seb. \i. 700. ||xv" s. [Jean Lyon] veoit

bien que Gisebrest Mahieuavoit en ce voyage brassé

aucune chose contre lui, froiss. u, n, 53. ||xvie s.

De mal brasser vient 1'. mère boisson, J. mahot, v,

Î09. Adverti d'une conjuration que luy brassoit

Cinna, MONT, i, 128 D'àultres rendent la gorge à

sr un Ifct de plume, m. i, IS4. Ainsi

comme Menestheus brassoit ceste menée, la guerre

survint là dessus, amvot, Thés. 41. Perseus, voyant

qu'/Emylius ne se remuoit point du lieu où il cs-

toit, ne se doubtoit point aussi de la venue qu'on

luy brassoit, id. /'. Mm. 36. Brassant et versant de

l'eau île puits d'un verre en autre, paré, xx, 23.

— ÉTYM. Wallon, bréser; bas-lat. brassare, braciare, brochure, brasiare, braxare, brassicare. bratsare; anc. espagn. brasar; allem. brauen; angl. lo breic. On regarde ordinairement brasser comme venant de bras, et comme signifiant remuer avec les bras ; mais quand on prend on considération brasium, braseum, bracium, brace, qui signifient orge trempée dans l'eau, le wallon brd, an-

■■. illon bra ï, le namurois lirai , blé préparé pour faire de la bière ou du genièvre, le wallon bralii . torréfier le blé germé pour en faire du brd; le rouchi grain bragé, braisé, brésé; on reconnaît que brace, mot qui se trouve dans les auteurs latins et qu'ils donnent pour gaulois, est l'origine de brasser. Ce mot existe en effet dans le celtique : kymri, brag ; ;aél. brocha, bran-!:, grain fermenté; bas-breton, / ragez, germe de grain. Les germanistes accordent que l'allemand brauen vient du bas-latin braxari . et non bru r re de brauen. La véritable orthographe serait non brasser, puisque le mot ne vient pas de 6ms, niais braccr, comme on l'écrivait généralement dans l'ancienne langue.

2. BRASSER (bra-cé), v. n. Terme de marine. Mouvoir les bras d'une vergue pour changer la direction de la voile qu'elle porte. On dit aussi brasseïer, brasseyer. Brasser au vent, manœuvrer les vergues du côté d'où vient le vent. Brasser sous le pposé au vent. 1 1 Faire la manœuvre des cordages pour tendre ou détendre les branles.

— ÉTYM. Bras.

BRASSERIE (bra-se-rie) , s. f. Lieu où l'on fait de la bière. || Lieu où l'on vend de la bière au détail, et où il n'y a que des bancs et des tables de bois. Remarquez que brasseur ne se dit pas de celui qui tient un pareil établissement.

— ÉTYM. Brasser I.

BRASSEUR, EUSE (bra-seur, seû-z'), s. m. et

f. Celui, celle qui brasse de la bière et qui en vend en gros.

— HIST. xvc s. [Philippe d'ArtevelIe] Fils d'un brasseur de bierre, froiss. h, il, 160. ||xvi s. liras seurs de bierre, boteleurs de fein, portefaix, faulcheurs, recouvreurs, rab. Progn. Pant. v. Les Mamans firent un duc qui estoit brasseur de biei

Mén. p. 102.

— KTYM. Brasser I. Autrefois on disait non pas

brasseur absolument, mais brasseur de bierre.

fBRASSÉYAGE (bra-sé-ia-j'), s. m. Terme de marine. L'action de brasser une ou plusieurs vergues (voy. brassage 2).

— ÉTYM. Brasseyer.

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