‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 286 sur 462 · I. — bk · texte numérisé non relu

I. — bk

BRO

nonciation ancienne, encore usitée et qu'on entend souvent, est bro-ye-man, eu trois syllabes), s. m. Action de broyer.

— ÉTYM. Broyer.

f BROMATK (hro-ma-f), S. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide bromique avec une base.

f BROMATOLOGIE (bro-ma-to-lo-jie) . s. f. Terme didactique. Traité, description des aliments.

— ÉTYM. Bpwpa, aliment, de ppwaxco, je mange (lequel vient de fiopà, aliment, popto, dévorer, le même que le latin vorare ; voy. vorace), et Xoyo;, traité.

f BROME (brô-m'). s. m. Terme de chimie. Corps simple, métalloïde, intermédiaire au chloie et à I découvert eu 1826 par Balard.

— ÉTYM. Bpôiu.o(;, puanteur : ainsi dit à cause de sa mauvaise odeur.

t BROMÉLIACÉE (bro-mé-li-a-sée), s. f. Terme de botanique. Nom de la famille de plantes dont l'ananas (bromelia) est le type.

f BROMÉLIE (bro-mé-lie) , s. /. Terme de botanique. Nom de l'ananas (bromelia).

— ÉTYM. Ainsi nommée en souvenir du médecin suédois llromelius, qui s'était rendu célèbre par sa Flore gothique.

f BROMIQUE (bro-mi-k') , adj. Terme de chimie. Acide bromique, acide produit par la combinaison du brome avec l'oxygène.

— ÉTYM. Brome.

f BROMOGRAP1HE (bro-mo-gra-fie) , s. f. Terme didactique. Synonyme de bromatologie.

— ÉTYM. Bpùfjia, aliment, et ypà?^, décrire.

t BROMURE bro-mu-r'), s. m. Terme de chimie. Composé résultant de la combinaison du brome avec un corps simple métallique ou non métallique.

BRONCHADE (bron-cha-d') , s. f. Action de broncher. Son cheval fit une bronchade. Toutes les révérences et tous les pas qu'il fit en lui donnant la main furent autant de bronchades, scarr. Rom. com. I, 9.

— ÉTYM. Broncher.

BRONCHE Çbron-ch'),s.f. Double canal situé l'un à droite, l'autre à gauche, faisant suite àla trachée, et se distribuant dans les deux poumons. Les ramifications des bronches. Une bronche obstruée par un corps étranger.

— HlST. xvic s. Parquoy les artères carotides et ventricules du cerveau, et bronchies du poulmon estant ainsi estoupées.... paré, xxvti, p. 666.

— ÉTYM. Bc6r/.°;, gorge.

f BRONCHEMÊNT (bron-che-man), s. m. Action de broncher.

— ÉTYM. Broncher.

BRONCHER (bron-ché), v. n. || i° Mettre le pied à faux. Un cheval peut broncher par maladresse ou par- défaut d'aplomb. Le cheval reculait toujours, ronflant, soufflant, et bronchant comme un cheval effarouché qu'il était, scarr. Rom. com. n, eh. 13. Votre cheval bronchant vous laissait dans la plaine, rotr. Bélis. v, 5. Quand bronchant lourdement en un mauvais passage, regnier, Sat. x. Après ce mauvais pas où vous avez bronché, CORN, le Ment.iv, 5. || 2" Fig. Hésiter, faillir. Jamais au bout du vers on ne te voit broncher, boil. SaMi. Leur venin [de mes ennemis] qui sur moi brûle de s'épancher, Tous les jours en marchant m'empêche de broncher, boil. Épît. vu. On marche devant Dieu; mais, si on bronche, on se hâte de reprendre sa course, fén. xviii, 3S3. M. de Vendôme, secouru de M. du Maine, ne laissa pas Barbezieux broncher à son égard, st-sim. 29, 78. || Proverbe. Il n'y a si bon cheval qui ne bronche, c'est-à-dire les plus habiles se trompent, font des fautes. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xive s. Thibaut fery de la hache qu'il tenoit, sur les espaules de Colart si granteop qu'il le fist brunquier sur le col de son cheval, du cangk, broqut rius. || xvie s. Le grand colosse, à ce coup estonné, D'un sault horrible alla hruncher par terre, dubell. v. y, verso. Le pré aux clers en est tesmoing, Où il n'y a si petit coing De muraille, qu'à coups de pierre On ne face hruncher par terre, id. vu, 7G, verso. Le broncher d'un cheval, la cheute d'une tuile, mont. i. "6. Mon jugement ne marche qu'à tastons, chancelant, bronchant, et chopant, in. i. 155. C'esl un coup de la fortune de faire hruncher nostre ennemy, id. i, 242. Ce mulet passanl au travers d'une rivière, et y estant [ayant] brunché, id. ii, 186. le corps sans nom, sans chaleur et sans face, Comme un grand tronc broncha dessus la place, rons. 596 le bois estant bronché

[abattu] Fut par le fer artisan destranché, id. 599. ....empeschant que cet illustre ouvrage, Basty par

BRO

vous, n'est bronché de l'orage, amadisjamin, Poé-

sies, p. 14, verso et par là bronche contre bas

La plus dure espesseur des superbes murailles, id. ib. p. 32.

— ÉTYM. Norm. bru cher ; de l'ancien français bronche, qui signifiait branche ; ancien espagn. broncha } même sens; ital. bronco, tronc; d'où broncher, parce qu'on se heurte contre un tronc d'arbre. Origine inconnue. On l'a rapporté au latin bronchus, le même que brochus, dent saillante (voy. broche); mais le sens est peu satisfaisant. Diez met en avant l'ancien haut-allem. bruch, flamand brok, quelque chose de rompu, fragment; mais il n'y a pas assez d'intermédiaires pour qu'on sorte de la pure conjecture.

f BRONCHIAL, ALE (bron-chi-al, a-F), adj. Qui a rapport aux bronches. Les arcs bronchiaux. Bronchique est plus employé.

— ÉTYM. Bronche.

BRONCHIES (bron-chie), s. f. plur. Voy. branchies. Bronchies n'est plus usité.

— ÉTYM. BpÔY/ta.

BRONCHIQUE (bron-chi-k') , adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport, qui appartient aux bronches.

— hist. xvr s. Ce muscle monte tout le long de la trachée artère (au moyen de quoy il est appelle bronchique), paré, iv, 15.

— ÉTYM. Bronche.

]■ BRONCHITE (bron-chi-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la membrane muqueuse des bronches.

— ÉTYM. Bronche, et la terminaison féminine ite (voy ite, suffixe).

f BRONCHOCÈLE (bron-ko-sè-F) , 4'. f. etm. Terme de chirurgie. Tumeur du cou. Quelquefois synonyme de goitre.

— REM. On trouve ce mot, dans les livres de médecine, tantôt féminin, tantôt masculin; il vaut mieux le faire toujours féminin.

— ÉTYM.Bpôyy.o;, gorge (voy. bronche), et xr,Xïi, tumeur.

f BRONCHOIR (bron-choir) , s. m. Appareil pour plier les draps.

f BRONCHOPHONIE(bron-ko-fo-nie), «./'.Terme de médecine. La résonnance de la voix dans les divisions bronchiques explorées au moyen du stéthoscope.

— ÉTYM. BpoYy.oç, gorge (voy. bronche), et «ptovr), voix.

f RRONCHORRHÉE (bron-ko-rrée), s. f. Terme de médecine. Nom de l'affection vulgairement appelée pituite, flux muqueux.

— ÉTYM. Bpoyyoç, gorge, et pîïv, couler.

f BRONCHOTOME (bron-ko-to-m'), s. m. Terme de chirurgie. Instrument destiné à l'opération de la bronchotomie.

— ÉTYM. Voy. BRONCHOTOMIE.

BRONCHOTOMIE (bron-ko-to-mie) , s. f. Terme de chirurgie. Opération par laquelle on pratique, en cas de suffocation, une ouverture aux voies respiratoires.

— ÉTYM. BpÔYy.oç, gorge (voy. bronche) , et Top.ï) , incision, de-rsp.vEiv, couper (voy. tome).

f BRONDISSAGE (bron-di-sa-j'), s. m. Introduction d'étoupes entre les joints des cadres du cuvelage d'un puits de mine.

— ÉTYM. Peut-être l'ancien français et provençal bronde, feuillage.

[ BRONTOLITHE (bron-to-li-ï), s. m. Pierre à tonnerre, nom de gros rognons de fer sulfuré, qu'on trouve dans la' craie* après des orages dont les violentes pluies les mettent à nu.

— ETYM. Bpovtri, foudre, et )i6o:, pierre. fBRONTOMÈTRE (bron-to-mè-tr'), s. m. Terme

de physique. Appareil pour explorer l'intensité de l'électricité atmosphérique en temps d'or

— ÉTYM. Bpovrri, tonnerre, et ijixpov, mesure. BRONZE (bron-z'),s.m. || l'Airain, alliage de cuivre

et d'étain connu depuis la plus haute antiquité; les proportions des deux métaux varient selon la destination de l'alliage. Une colonne de bronze. Les canons sont faits de bronze. Quel colosse de bronze et taillé doctement.... tristan, M. de Chrispe , i, 3. La tyrannie.... Monstre aux bouches de bronze, arme pour cette guerre Ses cent yeux, ses mille bras, a. ciikn. 2f>l. || Fig. Avoir un cœur de bronze, être dur, insensible. Âmes de bronze, humains! celui-là fut sans doute Armé de diamant, qui tenta cette route, Et le premier osa l'abîme défier! la font. Fab1. mi. 12. Ah.! si ton cœur pour moi n'est de bronze ou de fer, mol. l'Éiourd. m, 12. Le ciel ne m'a point fait l'Ame de bronze, id. l'Av. iv, i. J'étais de bronze pour tous ces esclaves qui vi-

BRO

vaient sous mes lois, montesq. Lett. pers. <5. Matheur à l'homme de bronze qu'elle ne fléchit pas, didf.r. Sur les caract. Un charme qui fait tomber les portes de fer et qui amollit les cœurs de bronze, volt. Ingénu, is.Ces affreux pi éjugés qu'ils appellent devoir Ont sur ces cœurs de bronze un absolu pouvoir, id. M. de Ce's.i, \. || 2" Toute sculpture en bronze. Un beau bronze. Que de cristaux, de bronzes, de colonnes, Tributs de l'amour à l'amour, bérang. Pauv. femme. [Henri !] Tout un peuple a voué ce bronze à ta mémoire, v. hugo, Odes, i. 6. || Les courtisans du chevalde bronze, s'est dit de filous qui se rassemblaient sur le pont Neuf, près de la statue d'Henri IV. || 3" Terme de numismatique. Monnaie desanciens frappée en bronze. On divise les anciennes monnaies en médaillons, grand bronze, moven bronze, et petit bronze. j| Dans le langage de l'archéologie, bronze désigne aussi bien le cuivre pur que le cuivre allié. || 4° Poétiquement, canons. Aux accents du bronze qui tonne La France s'éveille et s'étonne Du fruit que la mort a porté, lamart. Méd. i, 15. Folard, parvenu à sauver quelques bronzes, les place sur un tertre découvert, chateaub". Natch. il, 12. |l 5° Bronze jaune ou or en coquille, oripeau d'Allemagne réduit en poudre. || Bronze mou,voy. mou.

— REM. Bronze, féminin au xvie siècle, a été longtemps d'un genre indécis.

— HIST. xvie s. En la mortaise intérieure, estoyt une lame de fin assier, enclavée sur la bronze corinthienne, rab. Pant. v, 37.

— ÉTYM. Espagn. bronce; ital. bronzo; napol. nrrunzo; bas-lat. bronzium. Muratori, que Diez approuve, le tire de bruno, brun, par l'intermédiaire d'un dérivé brunizzo, bruniccio, avec déplacement de l'accent. Ce déplacement d'accent fait quelque difficulté; aussi peut-on penser au bas-latin bruntus, qui se trouve dans lesgloses d'yElfricus avec le sens de livide.

BBONZÉ, ÉE (bron-zé, zée), part, passé. Statuette bronzée. Un klephte a pour tous biens.... Un bon fusil bronzé par la fumée, et puis La liberté sur la montagne, v. hugo, Orient. 2t. || Souliers bronzés, souliers dont la peau est teinte en brun rougeàtre. || Un teint bronzé par le soleil, un teint auquel le soleil a donné une couleur de bronze. || Fig. Qui ne redoute rien, éprouvé, blasé. C'est un homme bronzé. || Terme de médecine. Maladie bronzée, maladie caractérisée par la couleur qu'elle donne à la peau et qu'on ne peut mieux comparer qu'à celle du bronze, et d'un bronze tirant plus sur le noir que sur le verdàtre.

BRONZER (bron-zé), v. a. || 1" Peindre en couleur de bronze. Bronzer une statue de plâtre. || 2° Bronzer un fusil, lui donner, parle feu, une couleur bleuâtre. || 3° Par extension, hàler. donnera la peau une couleur d'un brun foncéqu'on a comparée à celle du bronze. Il a plu à la Providence de bronzer les hommes aux Grandes Indes, volt. Belat. 1 79. || 4° Se bronzer, v. n. Prendre une teinte bronzée. || Fig. S'endurcir. Son cœur s'est bronzé.

— HlST. xvie s. Les chausses de taffetas et les bas de chamois bronzé, brantome. Capit. estr. t. il,

p. 172, dans LACURNE STE-PALAYE.

— ÉTYM. Bronze.

BROQUART (bro-kar), s. m. Bête fauve d'un an. On appelle vieux broquarts les chevreuils qui ont passé deux ans.

— HlST. xvie s. Il jugeoit un vieil cerf à la perche, aux espois.... Aux dagues, aux broquars bien nourris et bien forts, rons. 2)0.

— ÉTYM. Broquart a signifié proprement les petites cornes, puis l'animal lui-même; il vient donc de broque ou broche (voy. ce mot).

f BROQUE (bro-k'), s. f. Rejeton d'un chou frisé. Voy. brocoli.

f BROQUELINE (bro-ke li-n') . s. f. Terme de manufacture de tabac. Botte de feuilles.

f BBOQUER (bro-ké), v. a. Terme de pèche. Percer un petit poisson avec l'hameçon pour servir d'amorce.

— ÉTYM. Broque ou broche (voy. broche).

f BROQUETECR (bro-ke-teur) , s. m. Celui qui met les gerhes en tas, et les charge sur les voitures.

— étym. Rroche, signifiant foun BROQUETTE (bro-kè-t'), s. f. Petit clou à

tête. Fixer quelque chose à la muraille a\ec une broquette. Acheter de la broquette, acheter une certaine quantité de ces petits clous. Clouer avee de la broquette.

— HlST. xvie s. [Statue d'un jeune enfant] qui par si broquette [verge] donnoit eaue ruse, mons-

THELET, t. III, p. 55, dans LACl UNE SAIN 1 1". PALA YE.

— ÉTYM, Autre forme de brochette (voy. ce mot).

BRO

BRO

BRO

t BROSSAGE (bro-sa-j'ï, *'• m. Action de brosser. T.e brossage des chapeaux, des habits. || Terme de maçon. Action d'enlever la poussière qui s'est attachée à une pierre.

— étym. Brosser.

BROSSAILLES (bro-sa-Il', Il mouillées) , s. f. plur. Voy. bhoossaiu.es. Buffon dit constamment brossailles. Broussailles est aujourd'hui seul usité.

BROSSE (bro-s'), s. f. || 1° Plaque, ordinairement en bois, garnie de faisceaux de poils ou de crins, ou de brins menus de bruyère ou de chiendent, el servant à enlever, par le frottement, la poussière des vêtements ou dos meubles. Une brosse à habits. || Par analogie. Une brosse à tète. Une brosse à dents. Brosse à barbe, petit pinceau avec lequel on étend, pour se raser, le savon sur le visage. || Terme de manège. Sorte d'étrillé. || 2- Ternie de peintre. Pinceau fait de soies de porc. Peindre a la brosse. ||Fig. Une belle brosse, une belle exécution. Une grosse brosse, une exécution grossière. |] 3° Terme d'eaux et forêts. Buisson qui, bordant un bois, le défend des vents et des bestiaux. || S. f. plur. Bruyères, broussailles, terres incultes. || 4° Terme didactique. Houppe de poils sur le corps d'une chenille, et aux pattes de derrière des abeilles. || Terme de chasse. Paquet de poils qui vient aux bûtes fauves sur le haut des canons des jambes de derrière en dehors.

— HIST. xrae s. Conscience le foule, conscience le froisse, Conscience le point plus que serant [peigne de fer] ne broisse, s. de meung, Testam. )576. || xve s. Uns serens ou brouesse valant trente sols tournois, du cange, bru tia.

— ËTYM. Wall, brouche, brosse; brcûse, brosse de peintre; picard, brouesse, bruche ; Berry , breusses, brasses, broussailles; provenç. et catal. brossa, broussailles; espagn. et ital. broza, ce qui tombe des arbres, écorce, feuilles; bas-lat. brusta. D'après Diez, ces formes indiquent dans le radical st, et par conséquent conduisent à l'ancien haut-allemand burst, brusta, allemand moderne Bùrste, brosse; le sens propre est quelque chose de hérissé, d'où les sens divers de brosse.

BROSSÉ, ÉE (bro-sé, sée), part, passé. Un habit bien brossé. || Populairement, battu, et figurément, vaincu au jeu.

f BROSSÉE (bro-sée), s. f. Action de brosser, c'est-à-dire de battre. Très-familier.

1. BROSSER (bro-sé), r. a. || 1° Nettoyer avec une brosse. Depuis dix ans je te brosse moi-même, Et Socrate n'eût pas- mieux fait, bérang. Mon habit. || Par extension. Brosser quelqu'un, brosser les vêtements qu'il a sur lui, et aussi le frictionner. || Populairement. Brosser quelqu'un, le battre, le rosser au propre, et figurément, le gagner au jeu. Nous avons joué, je l'ai joliment brossé. || 2° Terme de manufacture. Coucher la laine sur le drap et en faire sortir la poussière et la crasse. || 3° Se brosser, v. réfl. Se nettoyer avec une brosse.

— ÉTYM. Brosv.

•2. BROSSER (bro-sé) , v. n. \\ 1° Terme de chasse. Courre à cheval ou à pied au travers des bois les plus épais. || On dit que le cerf brosse quand on l'entend marcher dans les bois. || 2° Familièrement, s'échapper , s'esquiver à travers. Il lui échappa même [au premier président] que d'Antin avait bien recordé le roi, il brossa à travers la compagnie et disparut, st-sim. 377, 97. M. l'archevêque, lui dit-il [le duc de Grammont], rerba volant, scriptu marient} l'archevêque brossa et ne répondit pas un mot, st-sim. (68, 263. || Activement. Je vis avec surprise sortir M. le duc d'Orléans, qui brossa la chambre et disparut, id. 268, ) 27.

— HIST. xvie s. Tu as, à face ouverte et sans effroi , humée Des bataillons croisez la poudre et la fumée, Brossé parmi les fers et nagé sur le sang, d'aub. Ilist.m, 538. Ils laissoient, tous quasi, leurs chevaulx, parce qu'ils ne pouvoient aisément brosser au travers des taillis, carl. v, 25. Lors en sursaut, où me guidoit la vois, Le fer au poing je brossai par le bois, rons. 75. 11 regarda deçà, il regarda delà, Il brossa longuement et longuement alla Sans trouver nulle proye.... id. 795. D'un fort espron je brosse le chemin, Qui me sembloit pavé de josimin, id. 817.

— ÉTYM. Brosse dans le sens de broussailles (voy. brosse) ; angl. to brush, passer brusquement , passer légèrement sur.

BROSSERIE (bro-se-rie) , s. f. Fabrique, commerce du brossier.

— ÉTYM. Brosse.

f 1. BROSSEUR (bro-seur), s. m. Nom du domestique d'un officier, et le seul nom. Un officier ne

dit jamais : mon domestique, mon garçon, mais toujours : mon brosseur.

— ÉTYM. Brosser 1.

f 2. BROSSEUR (bro-seur), s. m. Règle pour égaliser la longueur des plumes.

BROSSIER (bro-sié), s. m. Celui qui fait ou vend des brosses.

— ' ÉTYM. Brosse.

f BROSSITRE (bro-su-r'), s. f. Terme de teinturier. Couleur qui s'applique avec la brosse sur les peaux.

— étym. Brosse.

BROU (brou), s. m. Enveloppe verte de la noix. || En termes de botanique, nom de tout sarcocarpe plutôt coriace que charnu, tel que celui de l'amandier. || Brou de noix ou ratafia de brou de noix, liqueur stomachique faite d'eau-de-vie où on a fait macérer du brou de neix et du sucre.

— HIST. xvc s. Que nulz ne teigne en saine de broust, du cange, brustum.

— ÉTYM. L'orthographe broust rapproche ce mot de brout (voy. brout), en tant que chose verte.

f BROUAILLES (brou-à-lF, Il mouillées), s. f. plur. Terme de pêche. Intestins de poisson.

— HIST. XIVe s. Toute la brouaille [du cerf], excepté le foie, est pour la cuirie des chiens, Ménagier, n, 5.

— étym. Bas-lat. burbaMa, sans doute du baslat. burba, bourbe (voy. bourbe).

f BROUE (broue), s. f. Autre forme de broyé (voy. ce mot).

BROUÉE (brou-ée) , s. f. Brouillard. Et la brouée et les frimas, scarr. Virg. travesti, liv. i.

— HIST. xive s. Brouas, gelée du matin, du cange, bruma. || xve s. Que cuidez-vous qu'on verra, Avant que passe l'année? Mainte chose démenée Estrangement çà et là, Veu que des cy et des jà Court merveilleuse brouée, ch. d'orl. Bond. || xvie s. Ils abusent de l'ignorance des hommes, comme d'une brouée pour cacher leur impieté, cai.v. Tnstit. 23. Qu'il ne chasse toutes ces brouées de calomnies, id. ib. 163. Lui donnant, au matin. Du jus incarnadin Pour charmer la brouée, j. le houx, iv. 11 demandoit si c'estoit de peur que les ennemis ne le trouvassent, qu'il s'alloit ainsi cachant dedansiesnues et les brouées, amyot, Fab. 13. Et se leva de la rivière un gros brouillas, de sorte que toute la campagne estoit couverte de brouée, id. Timol. 36. On apperceut de loing comme une fumée non pas gueres apparente pour le commencement, ains ressemblant proprement aux brouées que l'on voit ordinairement autour des crouppes des montagnes, id. Flamin. 7. De Lescale (par le moyen d'une brouée et avis des assiégez) fut receu avec joie au Bourg, d'aub. Hist. i, 241. Et bon vin, s'ils en peuvent fournir, à fin de charmer la brouée, pabé, xxiv, 7. Ces raisins ne craignent pas trop les brouées, gelées, ni eschaudures, o. de serres, 149. Alors la nege espesse et les froides brouées, baïf. Œuvres, p. 6, recto, dans lacurne SAINTE- PALAYE.

— ÉTYM. Berry, berouée. Origine incertaine. Diez conjecture l'allemand Brodem, vapeur chaude, fumée; anglo-saxon, brodh.

BROUET (brou-è; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : des brou-è-z épais; brouets rime avec traits, succès, paix), s. m. || 1° Aliment liquide ouà peu près liquide, fait d'ordinaire avec le bouillon. Le régal fut petit.... Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair; il vivait chichement; Ce brouet fut par lui servi sur

une assiette, la font. Fab.i, 18 On plante un

grand potage; Le brouet était maigre, et n'est Nostradamus Qui, l'astrolabe en main, nedemeurât camus. S'il y pensait trouver une étoile de graisse, Régnier, Sat.x. ||2° Quelquefois, par mépris, mauvais potage. Quel brouet nous sert-on là! || 3 J Brouet noir, mets simple et grossier des anciens Spartiates. Je préfère au brouet noir la mémoire du seul poëte que Lacêdémone ait produit, chateaub. Itin. 106. || 4° Bouillon qu'on portait autrefois aux femmes en couches, et aux nouvelles mariées le lendemain de leurs noces, et qui était fait d'oeufs, de lait et de sucre. Le brouet de l'accouchée. || Proverbe. Cela s'en est allé en brouet d'andouille, c'est-à-dire est venu à néant, n'a abouti à rien.

— hist. xiii" s. Et bien se gart qu'ele ne moiile Ses dois en broez jusqu'as jointes, la Bose, 13613. || xve s. Bon vin [ils] ont souvent embrochez [en perce], Saulces, brouetz et gras poissons, villon, Grand Testam. Après sept heures du vespre, que l'en a acoustumé de faire et manger le brouet de l'espousée, du cange, brodum. || xvi° s. Des pru-

neaux cuits avec leur brouet [jus], o. de serres, 442.

— ÉTYM. Diminutif de l'ancien français, breu, bouillon; provenç. bro; espagn. brodio; ital. brodo et broda; bas-lat. brodium, brodum; angl. broth ; du celtique : bas-bret. berô ou berv, bouillon; irland. broth; gaél. brod; ou de l'ancien haut-allemand brod; anglo-sax. brodh; car ici . comme en plusieurs autres cas, le celtique et l'allemand se rencontrent.

BROUETTE (brou-è-t'), s. f. || 1" Petit tombereau à deux roues, aujourd'hui presque toujours à une seule roue et à deux petits brancards qu'on prend à la main. || Etre condamné à la brouette, c'est, dans certains pays, être condamné aux travaux publics. || 2" Espèce de chaise à porteurs , montée sur deux roues et traînée à bras. Les brouettes furent inventées par un sieur Dupin en 1069. Tout en poussant ma brouette, j'ai trouvé des gens qui n'étaient pas aussi contents que moi, mehcier , La brouette du vijiaigrier , i, 5.

—HIST. xmc s. Et chil qui porte la soie cose [sa chose] sor sen chefu en brouete, tailliar , Becueil, p. 20. || xive s. Caretles [ils] ont quises et cars, Dourouaites, ribaus, sommiers.... du cange, birotum. Car pour repos, j'ay enfollure; Pour le beau temps, j'ay engreslure ; Pour provision, des pouetes, Pour chariots, branslans brouetes, id. ib. Viandes mettre sur brouettes, m. ib. || xv° s. Ces ribaudeaux sont brouettes hautes, bandées de fer, froiss. ii, ii, 155. Chariots, charettes et brouettes qui estaient à l'entrée de Charles VIII à Florence, andré de la vigne, Voyage de Naplcs de Charles V11I, p. U9, dans lacurne. || xvic s. Les autres seront portées sur certains engins faits en forme de boyards ou brouettes, palissy, 73.

— ÉTYM. Berry, berouette; wall. berwète ; pour birouette, de bis, deux, et rouette, petite roue. L'italien biroccio, baroccio, l'espagnol barrocho ont le même radical avec un autre suffixe. Comparez le genevois barotte, brouette, barot, camion; le rouchi barou, brouette; le bourguignon barrô. Le birotum est un véhicule à deux roues , dont le nom est passé à la brouette qui a eu deux roues et qui n'en a plus qu'une.

BROUETTÉ, ÉE (brou-è-té, tée), part, passé. Du fumier brouetté jusqu'au bout du jardin.

•j BROUETTÉE ( brou-è-tée) , s. f. Charge d'une brouette.

— hist. xive s. Et des chevaux chargiés et mainte brouetée, Guescl. 1507. || xve s. Une broutée de poissons, du cange, broueta.

— étym. Brouetter.

BROUETTER (brou-è-té), v. a. || 1° Transporter dans une brouette. || 2° Mener dans une petite chaise à deux rques.

— HIST. xve s. Ces ribaudeaux sont brouettes, que ils seulent par usage mener et brouetter avequeseux, froiss. ii, ii, 155.

— étym. Brouette.

BROUETTEUR (brou-è-teur) , s. m. Celui qui transporte de la terre ou des fardeaux dans une brouette. || Celui quitraînaitles personnes en brouette ou vinaigrette.

— ÉTYM. Brouette.

BROUETTIER (brou-è-tié) s. m. Le même que brouetteur au premier sens.

— ÉTYM. Brouette; bas-lat. broetarius.

f BROUGNÉE (brou-gnée), s. f. Terme de pêche. Espèce de longue nasse.

BROUHAHA (hrou-a-a) , s. m. || 1" Bruit confus d'approbation ou d'improbation. On entendait les brouhahas. [Il] nous avertit qu'il faut faire le brouhaha, mol. Les préc. io. Voilà ce qui attire l'approbation et fait faire le brouhaha, in. Iinpr. i. || 2" En général, bruit confus. Quel brouhaha ! Ce brouhaha de passer dans la pièce d'audience était toujours assez long, st-sim. 64, 65.

— HIST. xv° s. Pour le parti des gabelles de France, je croy ce que vous me mandez et que les marchands adjudicataires ont fait, ut; grand brouhaha, sully, Mémoires, t. m, p. 371, dans lacurne sainte-palaye. Devois-tu faire ce grand brouhaha? en devois-tu seulement parler.' quier. Lettres, t. m, p. 90 1 , dans lacurne saintepalaye.

— ÉTYM. Onomatopée.

1. BROUI, IE (brou-i, ie), part, passé. Les vignes brouies par la gelée.

f 2. BROUI (brou-i), s. m. Tuyau par lequel on souffle la flamme de la lampe pour travailler en émail.

— ÉTYM. Brouir, qui veul dire proprement briller. | BROUILLAGE (brou-lla-j', Il mouillées), s. m.

BRO

BRO

BRO

Action de brouiller, d'étendre, à la surface du sol, les mauvaises herbes coupées par le ratissage. || Embrouillement, dérangement, dans les mines, de l'allure d'une couche ou d'un filon.

— ÉTYM. Brouiller.

BROUILLAMINI (brou-lla-mi-ni, Il mouillées, et non brou-ya-mi-ni), s. m. || 1° Terme de maréchal. Sorte d'emplâtre pour les chevaux préparé avec le bol d'Arménie. [|2°Fig. Brouillement, confusion. 11 y a du brouillamini dans cette affaire. Il y a là dedans trop de tintamarre, trop de brouillamini, mol. le Bourg, u, ifl.

— êtym. Corruption de bol d'Arménie (voy. bol). Brouillamini, une fois corrompu de bol d'Armé nie. s'est une seconde fois corrompu en s'assimilant avec brouiller; double genre de fautes qui altère très-diversement une langui'.

*. BROUILLARD (brou-llar, Il mouillées, et non brou-yar; ledne se lie pas : un brou-llar épais; au pluriel l's ne se lie pas : des brou-llar épais ; cependant plusieurs la lient : des brou-llar-z épais) , s. m. || 1° Vapeur qui obscurcit l'air, ou, plus précisément, amas d'eau à l'état de vapeur vésiculaire, qui flotte dans l'atmosphère très-près de terre et trouble la transparence de l'air. Quand il fait brouillard, je ne sors point, sév. 589. Lui-même abandonnant le séjour des brouillards, Vient-il dans le désert s'offrir à vos regards? ducis, Oscar, i, 2. || N'y voir qu'à travers un brouillard, avoir la vue extrêmement affaiblie. || Familièrement. Je n'y vois que du brouillard, je n'y comprends rien. || Fig. Une créance hypothéquée sur les brouillards de la Seine, créance dont rien ne garantit le payement. || Être dans les brouillards, être un peu pris de vin. || 2" Fig. Obscurité. Vraiment vous me le dépeignez si fort au naturel que je crois encore l'entendre; c'est-à-dire si l'on peut; car, pour moi, je trouve qu'il y a un grand brouillard sur toutes ses expressions, sév. 24:i. Sans nous plonger dans les brouillards de la métaphysique, volt. Jenni, 9 Un

docteur orgueilleux Qui, le cerveau troublé des vapeurs d'un système, Prend ces brouillards épais pour le jour du ciel même, id. 2e Discours. || Un esprit plein de brouillards, un homme dont les idées sont confuses.

— HIST. xiv" s. Pour les fumosités et brouillas, l'en ne peut voir les rochers, obesme, Eth. 53. || xvc s. Ainsi, en yver le pluvieux, Qui vens et broillars fait lever, L'air d'amour epidimieux Souvent parmy se vient bouter, en. d'obl. Bal. HO. Fouir [fuir] ce brouillas de temps, alain chabt. Espérance ou consolât, des troisvertus. || xvie s. Mais une nuict, qui dessus luy s'arreste, U'un noir brouillas luy ombrage la teste, dueel. iv, 03, verso. Et dont le chef sans cesse couronné D'obscurs brouillards.... m. iv, 13, recto. Et voyla comme paix Misrent en l'air soubz les broillas espais De trahison, J. marot, v, 213. Comme le regard du soleil perce et dissipe un brouillas opaque, mont, ni, 64. 11 dict qu'il lui avoit semblé estre en une confusion de toute chose, et n'avoir rien veu qu'une espesse nue et brouillart obscur, id. iv, 322. Lelendemain au matin il feit d'adventure un brouillas fort espès, amyot, Publ. 39. Jà commençoit le brouillas à tumber, et l'air à s'esclaircir, id. Flamin. 12.

— ÉTYM. De même racine que brouée (voy. ce mot). Cependant il faut remarquer que, dànsbrouillard, l'assimilation avec brouillera agi pour le rapprocher de ce verbe; mais la forme brouas, qui est à l'historique de brouée, témoigne de l'identité de brouée et brouillard. Brouillas, brouas étaient plus usités que brouillard, qui pourtant est seul resté. Quelque orage.... A, comme d'un brouillas, ta personne couverte, Régnier, Ëp. i.

2. BROUILLARD (brou-llar, Il mouillées et non brou-yar). || 1° S. m. Registre, livre de commerce sur lequel on inscrit les opérations à mesure qu'elles se font. On dit dans le même sens brouillon, main courante. || 2° Adj. Papier brouillard, papier non collé dont on se sert pour filtrer les liquides ou pour sécher l'écriture fraîche.

— HIST. xvie s. Et n'oubliez pas le broillart De vos receptes à monceaulx, marot, v, 358.

— ÉTYM. Brouiller. Le premier est appelé brouillard, parce que c'est une première écriture faite sans soin et sur le moment même; le second, papier

, brouillard, parce que l'écriture s'y brouille.

f BROUILLASSE (brou-lla-s' , Il mouillées), s. f. Terme de marine. Brouillard peu épais.

— ÉTYM. Brouillas (voy. brouillabd i).

f BROUILLASSER (brou-lla-sé, Il mouillées, et non brou-ya-sé), v. n. impers. 11 brouillasse, un brouillard règne dans l'atmosphère. 11 brouillassait ce matin.

—REM. Ce verbe , très-usité dans le parler ordinaire , n'est pas reçu dans le langage écrit, bien que formé très-correctement de brouilla* (voy. bbouillard, i),

i . «ROUILLE (hrou-ir , Il mouillées, et non brouye), s. f. Querelle suivie de mesintelligence.il y a de la brouille dans le ménage. Être en brouille avec quelqu'un. Mot familier.

— ÉTYM. Brouiller.

f 2. BROUILLE (brou-11', Il mouillées), s. f. Brouille blanche, nom vulgaire d'une renoncule aquatique.

BROUILLÉ, ÉE (brou-llé, liée; U mouillées, et non brou-yé), part, passé. || 1° Mêlé, battu ensemble. Des œufs brouillés. || Terme de géognosie qui se dit d'une roche veinée dans toutes sortes de directions. || Fig. Mes idées sont toutes brouillées là-dessus Il a si bien veillé Et si bien fait qu'on dit

que son timbre est brouillé [qu'il est fouj, rac. Plaid, i, i. || 2° Obscurci,. troublé. Et comme j'ai l'esprit de chimères brouillé, Régnier, Sat. v. || 3° Désuni, qui n'est plus ami. Amis brouillés. Être brouillé avec quelqu'un. D'où sais-tu qu'ils sont brouillés? Je crois que j'en suis brouillée avec le coadjuteur, sév. 222. On recommence à dire que je suis fort brouillé avec Rome, boss. Lclt. abb. 251. Il Brouillé avec la justice, se dit, par une sorte de plaisanterie, de celui qui a quelque affaire criminelle devant la justice. || Par extension. Brouillé avec le bon sens, se dit de celui qui n'a pas de bon sens. En faisant le métier de délateur et d'homme un peu brouillé avec la vérité, volt. Lclt. Hume, 24 octob. 1766. || Brouillé avec l'argent comptant, se dit de celui qui n'a pas le sou.

BROUILLEMENT (brou-lle-man, Il mouillées, et non brou-ye-man), «.m. Action de brouiller; résultat de cette action.

— HIST. xvi" s. Qui se faisoit pour la pourriture acquise par le brouillement du sang, paré, xxiv, 4.

— ÉTYM. Brouiller.

BROUILLER (brou-llé, Il mouillées, et non brouyé), v. a. Il l°Mettre pêle-mêle, mêler. On a brouillé mes papiers. Un des noms reste encore, et le prélat par grâce Une dernière fois les brouille et les ressasse, boil. Lutr. 1. Il Absolument. Elles filaient si bien, que les sœurs filandières Ne faisaient que brouiller auprès de celles-ci, la font. Fabl. v, 5. Il Fig. Brouiller les cartes, semer la discorde, mettre le désordre. || Dans le même sens : Tu courus chez Satan brouiller de nouveaux fils , boil. Sat. xn. Il Brouillerdes œufs, les battre et les mêler. || Brouiller du vin, remuer du vin dans un tonneau, dans une bouteille, de manière que le dépôt se mêle avec le vin, ce qui le trouble. || Brouiller le teint, en- troubler l'uni et la fraîcheur. Ma mère en est la cause; etee qu'elle me dit Me brouille tout le teint, me sèche et m'enlaidit, begnard, Distrait, ni, I. Il Brouiller une serrure, la déranger. || 2° Fig. Brouiller Jes affaires. Brouiller la vue. Brouiller l'esprit, les idées. L'amour lui a brouillé la cervelle. Brouiller la populace, corn. Perthar. m, 4. Elle brouille tout notre sort, id. Héracl.v, i . Là ma douleur trop forte a brouillé ces images, id. Poly. 1, 3. Je n'ai qu'à dire un mot pour brouiller bien des choses, id. Olhon, iv, 1. Les soucis, les ennuis nous brouillèrent la tête, bégnier, Sat. vi. L'empereur Constance brouillait tout dans l'Église, boss. Hist. 11, 12. Les hommes brouillaient les idées qu'ils avaient reçues, id. Hist. 11, 2.Hérode brouille toutes choses, id." Hist. 11, 5. Les musiciens ont étrangement brouillé ces distinctions, j. j. rc-uss. Ém. 11. Ronsard qui le suivit, par une autre méthode, Réglant tout, brouilla tout, fit un art à sa mode, boil. Arlp. 1. Non, non; faisons toujours ce que le ciel prescrit, Et d'aucun autre soin ne nous brouillons l'esprit, mol. Tari, iv, ). J'avais les plus belles pensées du monde, et vos discours m'ont brouillé tout cela, id. Festin, 1, 2. Il 3' Brouiller quelqu'un, lui ôter la netteté de ses idées, l'embarrasser. Ce mot de grâce me brouille, je n'y suis point accoutumé, pasc. Provinc. 4. Les détails frivoles de son domestique le brouillent comme les affaires les plus importantes, vauven. La libéralité. Sévère incessamment brouille ma fantaisie, corn. Poly. m, i. |I4° Confondre les choses en parlant. Que nous brouilles-tu ici de ma fille? mol. VAvare, iv, 3. || 5° Brouiller dupapier, barbouiller du papier, écrire des choses inutiles. Il 6° Désunir des amis. Ils s'efforçaient de me brouiller avec vous. J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, boil. Lutrin, 1. Plus on veut les brouiller, plus on va les unir, racine, Andr. 1, \. La déesse Discorde ayant brouillé les dieux, Et fait un grand procès là-haut pour une pomme, la font. Fabl. vi, 20. Ah! ne me brouillez point avec la république, corn. Nicom. 11, 3. || 7° V. n. Semer l'in-

trigue et le trouble. Appréhendant que les Français tranquilles chez eux ne portas-vent du secours aux rebelles des Pays-Bas, il saisit avidement cette' ccasion de brouiller, anquet. Ligue, 11, 254. || 8" Se brouiller. v. réfl. Se troubler, devenir confus. Ma mémoire se brouille. Les affaires de Babylone se brouillent; et le temps marqué par les prophéties pour le rétablissement de Juda arrive parmi tous ces troubles, noss. Hist. 11, 4. Tout se brouille en Occident, îp. Hist. 1, II. Les affaires de l'empire se brouillaient d'une terrible manière, id. Hist. 1, -10. Les affaires parurent ensuite se brouiller un peu, id. Belat. Cela s'était brouillé dans ma tète, sév. 462. Les idées se brouillent dans l'esprit du monde le plus net, boss. Nouv. myst. io. || Le temps se brouille, le ciel se couvre de nuages; et figurément : Le jeudi, le temps se brouilla [les affaires allèrent mal], sév. i 2. Il Se brouiller en parlant, s'embarrasser, se troubler. Il 9" Cesser d'être ami. Il se brouilla avec tousses parents. Licinius se brouille avec lui, boss. Hist. 1, 10. Pompée et César s'unissent par intérêt et puis se brouillent par jalousie, id. Hist. m, 7. || Se brouiller avec, renoncer à.... Et ne nous brouillons point avec nos bons destins, corn. Scrtor. iv, 2. Les jansénistes ne se brouillent ni avec la foi ni avec la raison, pasc. Pror. 2. || Familièrement. Se brouiller avec la justice, faire quelque action qui expose à être poursuivi en justice. Je n'ai pas l'esprit comme toi de me brouiller avec la justice, molière, Fourb. 1, 2. Il 10° Terme de manège. On dit qu'un cheval se brouille quand, trop ardent, il confond ses mouvements, ou quand il ne peut bien se manier par la faute de celui qui le monte.

— SYN. BROUILLER, EMBROUILLER. Brouiller est le

simple, sans aucune idée accessoire; aussi peut-il également s'employer en bien comme en mal : on brouille des drogues, on brouille des œufs, c'est-àdire on les mélange comme ces substances doivent être mélangées. Au contraire, embrouillera toujours un sens défavorable : c'est porter un brouillement qui trouble et qui met le désordre. Puis, même dans les cas où ces deux verbes ont le même sens, c'est-àdire expriment désordre et confusion, ils n'ont pas le même emploi : brouiller est encore ici plus général : on brouille toute espèce de chose, du vin,, des papiers, du fil; maison n'embrouille que ce qui, étant brouillé, se trouve dérangé et mal en ordre. Par une conséquence analogue d'idées, embrouiller implique maladresse, malhabileté, ce que brouiller n'implique pas du tout : brouiller les affaires peut être un acte d'habileté, malfaisante sans doute. mais réelle; tandis que embrouiller les affaires, c'est y porter le désordre par défaut d'intelligence et de lumières.

— HIST. xiiic s. Nus poissonniers de Paris ne puet ne ne doit brooueiller poisson, corne morue salée, maqueriau salé et harenc blanc. Liv. dev mit. 272. [j xv' s. Meschant est qui te brouille [qui mêle le vin avec de l'eau]; Je parle aux taverniers, bassklin, xviii. Vecy un passage que je ne sçay comment tu feras passer ton acteur [auteur] parmi, sans estre broullié beaucop; car il est moult estroit, g. chast. Exposition sur vérité. Hélas! avticats emparlés, Mainte fois nous avez brouillés. Et maintenus en plaidoyers, monstrel. Complainte du commun de France. Il n'eut guère allé, avant que le centre lui brouillast tellement qu'il fut contraint de.... louis xi, Nguv. lxxix. |[xvies. Combien qu'aujourd'hui beaucoup de sottes bestes se meslent de brouiller le papier, calv. 3(3. Soillez, brodiez de leur sang.pluye et fanges, j. marot, v, 138. Peut estre aussi que les ans, Après un long et long aage, Par estrangers courtisans Brouilleront nostre langage, dubell.- ni, 34, recto. Que l'éternelle tempeste Qui brouille dedans ma teste Mille tourbillons enclos, in. m, 78, recto. Là fut le vase, où les sorts se brouilloient.iD.

iv, 40, verso car la guerre en avoit la serrure

brouillée, id. VI, 33, recto. Il bat et brouille l'eau pour d'aultres pescheurs, mont, i, 12). Les avirons desrobbant le vaisseau soubs nous, je me sens brouiller la teste et l'estomach, id. iv, 4. Si ta force et vertu [du vin] surprend Et brouille nostre fantasie, jean leiioux, xn. Nous l'augmentons , et la brouillons encore davantage [la colère], amyot, Comment refrên. la col. 42. Un vin brouillé et demy d'eau, straparole, Nuits, t. 11, p. 160, dans lac urne stepalaye.

— ÉTYM. Provsnç. bruelhar, brolhar, brml'.ar, bourgeonner, surgir; catal. brollar, même sens; ital. brogliare, brouiller, remuer; d'après Diez, du même radical que breuil (voy. ce mot) : la série des sens étant bourgeonner, surgir, pousser, remuer, troubler. On ne peut le rattachera brouillard, qui,

BRO

eu raison de la forme brouas. ne concorde pas par les lettres, et qui n'a pas le sens de brouiWer. Sche- »r, écartant le prov. brolhar, voit dans brouillci l'ail, brudeln, bouillonner.

BROUILLERIE (brou-lle-rie, H mouillées, et non brou-ye-rie) , s. f- || 1" Désunion entre des personnes unies. Je prévois une brouillerie entre nous, sêv. 150. Il connaît le fond et les causes de la brouillerie des deux rrères, la bruy. 2. Je suis assuré que lui-même, dans toutes les brouilleries qui se sont passées, vous avait toujours conservé son inclination, balz. liv. IV, lett. 5. || 2° Troubles civils. Ce prince, attiré par les brouilleries du royaume d'Israël, venait l'envahir, boss. Hist. unir, i, c. Durant les brouilleries de la Grèce, Ëpaminondas. thébain, se signala par son équité et par sa modération autant que par ses victoires, m. ib. I, 8. Mariasses excita des brouilleries parmi les Juifs, id. ib. I, 8. Sur quelque brouillerie en la ville excitée, cohn. Pompée, IV, 2. Lorsqu'on voit paraître quelque signe de changement de temps et le moindre présage de brouillerie.... balz. Le prince, 17. || 3° Difficulté, contradiction. En faisant comparaison des lettres, je trouvais de la brouillerie avec les autres, boss. Lell. abb. 137.

— HIST. xv" s. Par cela vous pouvez veoir et congnoistre quelz sont les brouillys es royaulmes aux mutations, comm. i, 5. Se dressa de grans brouilliz entre les serviteurs du roy de Castille, m. H, 8. || xvie s. De leurs seigneurs la rapine notoire, Les cruaultez, traysons et brouilliz, j. marot, v, 148. Il reprendra à tous coups de choses petites et légères, comme qu'il sera un peu subject à jouer, ou à faire bonne chère, ou quelques telles brouilleries, amyot, Comment dise, le fait. 60. Marius s'alla attacher [attaquer] sur son vieil aage à de jeunes hommes en brouillis de gouvernement, amyot, Lucull. 77. Vous desiriez acheter quelques brouilleries [bagatelles], sllly, Mém. t. m, p. 12, dans LACURNE STE-

Page 1