DIN
— ÉTYM. Diminutif de bricot, petite pierre, dont sans doute le radical est le même que celui de brique.
f BRIDABLE (bri-da-bP) , adj. Qui peut être bridé.
— HIST. xve s. Se nous fussions l'un borgne l'autre louce, Mois et chetifs, bridables en la bouce.... G. chastelain, Expos, sur vérité mal prise.
— ÉTYM. Brider.
BRIDE (bri-d'), s. f. || 1° Harnais placé à la tèla du cheval et destiné à l'arrêter ou à le diriger, selon la volonté du conducteur. La bride se compose de trois parties principales : la monture, le mors et les rênes. Mettre une bride à un cheval. La main de la bride, la main gauche du cavalier. || 2° Les rênes seules, .te voudrais donc... Qu'un seigneur éminent en richesse, en puissance, Par la bride guidât son superbe coursier, rac. Esth. n, 5. || Serrer la bride à un cheval. Lâcher ou rendre la bride. Tourner bride, pour prendre la fuite. || Aller à toute bride, à bride abattue, proprement, mener son cheval au grand galop; et figurément, agir sans réserve ni retenue. Il s'en moquait à bride abattue, sév. 44. Elle a un amant à bride abattue, id. 435. La modestie m'empêche de vous louer à bride abattue là-dessus, id. )2. || 3° Fig. Obstacle, frein, retenue. Lâcher la bride à ses passions. || Tenir quelqu'un en bride, le contenir, le diriger. Et pour tenir en bride un peuple sans raison, corn. Pulchér. v, 3. Ils tenaient las soldats en bride, noss. Hist. m, 7. Le sénat tenait en bride les gouverneurs, id. Hist. in, g. Dieu qui tient en bride les esprits trompeurs, id. Hist. n, 9. Dieu qui tient en bride les flots de la mer, id. Polit. S'ils tiennent la bride à leur impatience, malh. u,i. Cependant notre grand Alcide, Amolli parmi vos appas, Perdra la fureur qui, sans bride, L'emporte à chercher le trépas, id. iii, i. Retenir la bride aux efforts du courroux, mol. F. sav. i, 2. Il doit tenir la bride aux grands empressements, in. Mis. i, 2. À le conjurer de tenir ses regards en bride, hamilt. Gramm. 8. || Tenir la bride haute, courte, à quelqu'un, le diriger, le traiter sévèrement. Il est bon de lui tenir un peu la bride haute, mol. l'Av. i, tu. || Lâcher la bride, mettre à quelqu'un la bride sur le cou, c'està-dire lui laisser toute liberté d'agir. Je jouis avec plaisir et modération de la bride qu'on m'a mise sur le cou, sév. 285. Elle est admirable, quand elle a la bride sur le cou, id. 239. Pour mettre une bride sur le cou, id. 335. Je ne veux point me Lâcher la bride à vous parler de mon amitié, id. 597. Que ne dirais-je pas de ma tendresse pour vous, si je voulais me lâcher la bride? id. 208. Je lâche la bride à toutes ses bontés, in. 226. Vous qui laissez la bride sur le cou de vos moitiés, hamilt. Gramm. 9. Tantôt Dieu retient les passions, tantôt il leur lâche la bride, boss. Hist. m, 7. || Fig. et familièrement. Aller bride en main, c'est-à-dire agir, procéder avec circonspection. Depuis ma dernière lettre, je vais bride en main sur la louange, volt. Lelt. en vers, 102. Il Fig. 11 a plus besoin de bride que d'éperon, il a plus besoin d'être contenu qu'excité. || Hocher la bride à quelqu'un, sonder ses intentions. || 4" Brides à veaux, sottes raisons, sots raisonnements, et aussi nouvelles absurdes, contes ridicules. De rien je fais brides à veaux, Régnier, Épitre m. Blasphèmes nouveaux, Vieux dictons dévots, Hapelourdes, pavots, Et brides à veaux, Que n'a-t-on pas mis Dans Sémiramis? piron, Chanson satirique sur la Sémiramis de Voltaire. Locution qui vient de ce que, les veaux ne se bridant pas, les brides à veaux ne sont rien. || 5° Lien pour retenir certaines coiffures. Brides d'un bonnet, d'un chapeau de femme. || Espèce de boutonnière qui se fait aux manches et aux cols des femmes pour les fixer à un bouton. La bride se fait en saillie sur l'étoffe-, c'est un feston sur des fils posés en demi-cercle et pouvant entourer le bouton. La bride n'est attachée à l'étoffe que par ses deux côtés, tandis que la boutonnière est dans l'étoffe même. || Points aux deux extrémités d'une boutonnière pour empêcher qu'elle ne se déchire. H Maille échappée dans un bas de soie. || Brides, petits tissus de fil qui servent à joindre les fleurs les unes avec les autres dans l'espèce ilv dentelle qu'on nomme point de France, de Venise, de Malines. y 6" Terme de chirurgie. Filaments membraneux que l'on trouve souvent dans le foyer des abcès ou dans les plaies profondes, et qui s'opposent à la sortie du puis, ou établissent des adhérences vicieu-
BRI
BRI
BRI
ses. Détruire les brides. || 7" Terme de marine. Sorte de grande crampe qui lie le bout de la quille avec l'étambot. |j 8° Pièce de la batterie d'une arme à feu. || Outil de charron. || Plaque de fer, du métier des plombiers, carrée et évidée en rond dans le milieu, pour tenir lieu de soudure. || Lien de fer pour assujettir une pièce de bois, un tuyau de conduite, etc. j| 9* Bride, sorte de point d'Alençon dont le tissu est beaucoup plus fort que le réseau. || Proverbe. X cheval donné on ne regarde pas à la bride ; c'est-à-dire un présent est toujours bienvenu, quand même il y manque quelque chose pour être complet.
— HIST. xnie s. N'onc ne la [la fortune] pot tenir Cresus, Qu'el nel tornast et jus et sus, Qui refu roi de toute Lyde, Puis li mist l'en ou col la bride, Et fu par ordre au feu livrés, la Rose, G5ie. En nos plors n'ot ne frains, ne brides, ib. 10557. || xrve s. Une bride à un tissu de rouge soye, à claus esmaillés, de laborde, Émaux, p. i 76. || xvc s. Â grant peine y [en Ecosse] recuevre l'on du fer pour ferrer les chevaux, ni du cuir pour faire harnois, selles, ni brides, froiss. u, n, 228. Tels y en avoit, dans la suite «lu duc de Bourgogne, leurs bouches de velours brodées, et, en lieu de grosses resnes de leurs brides, chaisnes d'or, de laborde, Émaux, p. 176. Dont jà sommes plus de cent mille Qui tous voulons tourner la bride, Et vous lairronstout esgaré, monstrel. liv. i, ch. 274. Complainte des laboureurs de France. || xvie Lascher la bride aux lamentations et aux larmes, mont, i, 63. Les stoïciens veulent de la bride mesme à l'estude, id. Il, 24). Le chartier prit les renés de la bride avec la main gauche, amyot. Cor. 40. Sylla l'envoya devant à bride abatue avec sept cens chevaux, id. Sylla, c. Il tourna bride tout court, id. Eum. 17. Quand il veit qu'il ne demandoit plus qu'à courir, alors il luy donna carrière à toute bride, id. Alex. 9. Les valets qui beu-
voient à toutes brides, carl. m, 8 etluy enmect
la bride sur le col [s'en rapporte à lui], id. vu, 19. Brides à veaulx, gënin, Récréât, t. n, p. 236.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. brida; ital. briglia; de l'anc. haut-allem. brittil, pritil, et, par contraction, britl. De pritil vient une autre forme italienne, predello.
BRIDÉ, ÉE (bri-dé, dée), part, passé. || 1° Cheval sellé et bridé. [| 2° Fig. Retenu, contenu. Bridé entre les menaces de la société et son inclination naturelle, se v. 449. U a l'imagination tellement bridée, que je crois.... id. 37. Je retrouve ce premier mal, quand je ne suis pas bridée par l'autre, id. 387. || 3° Oison bridé, oison à qui on a insinué une plume dans les ouvertures des narines pour l'empêcher de passer à travers les haies; et figurément, personne sans intelligence. Ou des oisons bridés, guenuches, éléphants, Régnier, Sat. xi. ||4° Terme didactique. Qui offre une ou plusieurs raies colorées allant du dos vers la tête.
f BR1DES1ENT (bri-de-man), s. m. Action de brider.
— HIST. xvie s. Grande gueule et bien fendue, pour le facile bridement, o. de serres, 3ui.
— ÉTYM. Brider.
BRIDER (bii-dé), v. a. || 1° Mettre la bride à un cheval, à un mulet, etc. Brider un cheval. || Absolument. 11 est temps de brider. || Fig. Brider son cheval, son âne par la queue, s'y prendre mal. || Brider la figure à quelqu'un d'un coup de fouet, cingler un coup de fouet au travers du visage. || 2" Par extension, trop serrer. Le béguin que vous avez mis à cet enfant le bride trop. || 3° Fig. Contenir. Blaye était solide, une place qui bridait la Guyenne et la Gascogne, st-sim. 6, 82. Charles XI [de Suède] s'affranchit de tout ce qui bridait l'autorité royale, id. 47, 38. Il bride la fureur de la mer, boss. Effic. 1. La crainte, en moi, fait l'office du zèle, bride mes sentiments.... mol. Fest. i, t. La raison, trop farouche au milieu des plaisirs, D'un remords importun vient brider nos désirs, boil. Sat. iv. Chacune vint pour briderce caquet, oress. Vert-Vert, ch. iv. || 4° Fig. Brider la bécasse, se dit en parlant de quelqu'un qu'on attrape et qui d'ailleurs n'a pas grande finesse. Ma foi, monsieur, la bécasse est bridée, mol. Am. méd. ni, 9. || Brider s'emploie seul, dans le même sens. D'un zèle simulé j'ai bridé le bon sire, id. retour, iv,i , || 5" Terme de pêche. Brider un filet, en serrer les bords. || Terme de cuisine. Brider une volaille, passer une ficelle dans les cuisses pour les assujettir. || Terme de fauconnerie. Brider les serres d'un oiseau, lier une seire de chacune des pattes. || Terme de marine. Lier ensemble des cordages parallèles. || Terme d'église. Brider les cloches, en lier les battants pour
carillonner. || Terme de carrier. Brider une pierre, l'attacher avec le bout du câble pour la tirer en haut. || 6° Terme de manège. Brider la potence, donner contre la potence, au lieu d'emporter la bague. || Se bien brider, se dit d'un cheval dont la tête est placée bien et perpendiculairement au sol. || Proverbe. Chacun bride sa bête, c'est-à-dire chacun se conduit à sa manière, à sa fantaisie.
— HIST. xve s. Ils lui voulurent oster son auctorité et le voulurent brider que il ne peust user de auctorité de roy, comm. v , 18. || xvie s. Occuper les esprits à certain subjet qui les bride, mont, i, 32. Faire brider l'asne par la queue, id. i, 72. Il feit commandement que l'on s'armast, et que l'on bridast les chevaux, amyot, Eum. 18. Cette trouppe n'eut pas loisir de brider le casque, qu'ils voient arriver Lusignan, d'aub. Hisjt. n, 354.
— ÉTYM. Bride. Brider la bécasse. Voy. bécasse. BRIDEUSE (bri-deû-z') s. f. Celle qui, repassant
la conduire, finit la bride, point d'Alençon.
f BRIDIER (bri-dié), s. m. Ouvrier qui fait les brides.
f BRIDOIR (bri-doir), s. m. Terme de manège. Mentonnière.
— ÉTYM. Brider.
t BRIDOISON (bri-doi-zon),s. m. Niais, sot, stupide.
— HIST. xvie s. Bridoije, nom, dans Rabelais, Pant. 39-43, du juge qui décidait les procès par un eoup de dés.
— ÉTYM. Brider, oison. Nom d'un personnage de la comédie du Mariage de Figaro, de Beaumarchais : En robe ici, seigneur Bridoison! ce n'est qu'une affaire domestique; l'habit de ville était trop bon, ni, 14.
| BRIDOLE (bri-do-P) , s. f. Terme de marine. Appareil servant à ployer les bordages courbes, pour qu'ils se joignent sur la membrure du bâtiment. '
— HIST. xve s. Engins, bridolles, mongonneaux Faisoit ou moult bons et moult beaux, Gloss. de l'hist. de Bret. dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Ce paraît être une autre forme de bricole, qui se trouve aussi écrit brigole.
BRIDON (bri-don),s. m. Bride très-simple à mors articulé, dont on se sert au lieu de la bride ordinaire, pour les chevaux de tirage commun, pour les chevaux de course, pour ceux que l'on promène ou que l'on conduit à l'abreuvoir. || Scier du bridon, tirer alternativement sur l'une et l'autre rêne, ce qui fait aller et venir l'embouchure du bridon.
— ÉTYM. Bride.
f BRIDURE (bri-du-r'), s. f. Terme de marine. Action de réunir des cordages pour en augmenter la force.
— HIST. xv° s. Que les jurez puissent arrestertous les draps où l'on trouvera barres ou biiduies ou gratisses, du cange, gratus.
— ÉTYM. Brider.
f I. BRIE (brie), s. f. Instrument du vermicellier servant à donner la dernière façon à la pâte. || Outil de bois analogue du boulanger et du pâtissier.
— ÉTYM. Broyer, qui s'est dit brier.
f 2. BRIE (brie), s. f. Voy. braye.
f 3. BRIE (brie), s. m. Fromage de Brie. Donnezmoi du brie.
— étym. Nom du pays, la Brie, où l'on fait ce fromage.
j-BRlEE (bri-ée), s. f. Quantité de pâte travaillée avec la brie.
— ÉTYM. Brie \.
BRIEF, BRIÈVE (bri-èf, bri-è-v'), adj. De peu de durée. Briève description. Briève sentence. || On ne le dit plus qu'au féminin.
— ÉTYM. Ancienne forme de Bref (voy. ce mot). t BRIER (bri-éj, v. a. Écraser la pâte avec la
brie.
— ÉTYM. Brie 1.
BRIÈVEMENT (bri-è-ve-man) , adv. En peu de mots. Nous avons monHré aussi brièvement qu'il a été possible, quelle est la dignité de duc et pair dans tous les âges delà monarchie, st-sim. 372, 198.
— HIST. xme s. Et briement la matière espondre et deviser, Berte, m. Briement, el [Beauté]fu jonete et blonde, Sade, plaisant, aperte et cointe, la Ro.se, -10)8. Un livre, par lequel cil qui désirent vivre en pais soient ensaignié briement comment il se détiendront, beaum. il. Si est bon que noz disons briement comment demande doit estre fête par devant justice, id. vj, 2. || xve s. Ils lui firent entendre [à Edouard III] que ledit comte de Kent le vouloit empoisonner , et le feroit mourir brièvement s'il ne s'en gardoit, froiss. i, i, 50. La quelle chose fut très briefvement faite, Bouciq. i, ch. 13. Il dit brièvement qu'il y pourvoiroit,
louis xi , Nouv. lxi. || xvie s. Il nous le faut brevoment expliquer et confermer, calv. Instit. 259. Et brefvement, je ne sçavois que faire, marot, i, 324.
— ÉTYM. Provenç. breumen ; espagn. et ital. brevemente; briement dans l'ancien français, de brie, pour brief, féminin dans la vieille langue; brièvement, de briève, féminin dans la langue moderne, et du suffixe ment.
BRIÈVETÉ (bri-è-ve-té) , s. f. |j 1° Courte durée. La brièveté de la vie, du temps. Que l'un et l'autre s'exécutât dans la brièveté de vos années, bourd. Dominicales, i, Afflict. des justes, 156. ||2° En parlant du style, concision. Cet auteur recherche la brièveté. La brièveté sous laquelle gémit nécessairement une matière si féconde, me fera supprimer une infinité de passages, st-sim. 372, 181.
— REM. MM. de Port-Royal voulaient qu'on dît breveté (voy. ce mot) ; mais Ménage remarque que la prononciation générale était brièveté.
— HIST. xiv° s Des queles alléguer je me passe
à présent pour cause de briefeté, orksme, Eth. 163. || xve s.Quejenenommeray pas pour briefveté, comm. i, 2. || xvie s. Lequel des deux t'a le plus gref esté, Ou la longueur du jour que desiras. Ou de la nuict la grande breveté, marot, ii, 293. J'en produi seulement un petit nombre, m'estudiant à breveté, calvin, Instit. 161. Les Athéniens s'esmerveillerent grandement de la soudaineté et brièveté de son langage, amyot, Caton, 25.
— ÉTYM. Provenç. brevitat, breugetat ; espagn. brevedad; ital. brevità ; de brevitatem, de brevis, bref.
f BRIFAUD ou BRIFAUT (bri-fô), s. m. || i" Gourmand; enfant mal élevé. Populaire. || 2° Nom de chien de chasse. L'autre fit cent tours inutiles, Entra dans cent terriers, mit cent fois en défaut Tous les confrères de Brifaut,LA font. Fables, ix, 14.
— HIST. xme s. Qu'est donc la treille devenue? Brifaut, vous l'avez brifaudée, Nouveau recueil de fabliaux, t.i, p. 74. || xve s. Ilfontentre eulx Dieu d'un brifault: Nostre auctorité point n'y fault, Ce vont-il preschant en leur prone, Martyre de Saint Pierreet .sain Paul. || xvie s. Et qui pis vaut, S'aucunbriffautVienten leur game, Tantost il faut Qu'il soit nigaut En brief espace, Le blason des faulces amours, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Brifer. Brifaud, celui qui brife, qui mange beaucoup.
t BR1FAUDER (bri-fô -dé) , v. a. Donner le premier peignage à la laine.
f BRIFE (bri-P) , .v. f. Gros morceau de pain. Mot populaire. || Redoublement d'appétit du veràsoie aux approches des mues.
— ÉTYM. Voy. bkibe, dont brife n'est qu'une forme dialectique.
f BRIFER (bri-fé) , v. a. || i° Manger avidement. Mot populaire. Par le bon accueil de mon père, Et par sa table où tu fis chère, Trinquas et briffas tout ton soûl, Seconde suite du Virgile travesti, liv. x. || 2° Familièrement. Froisser ou gaspiller du linge.
— hist. xvie s. Oh! le bon appétit ; voyez comme il briffe, du fail, Propos rustiques, xn.
— ÉTYM. Brife.
t BRIFEUR, EUSE (bri-feur, feû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brife, qui mange avidement. || Mot populaire.
— ÉTYM. Brifer.
f BRIFIER (bri-fié), s. m. Bande de plomb dans l'enfaîtement d'un bâtiment couvert d'ardoise.
BRIG (brigh) , i. m. Voy. brick.
BRIGADE (bri-ga-d'), i. f. || 1" Corps de troupes composé de deux régiments. Brigade d'infanterie, de cavalerie. Un général de brigade.- 1| 2° St-Simon l'a pris, dans l'ancienne armée, pour grade de brigadier. M. de Noailles procura un régiment à Genlis et le poussa fort brusquement à la brigade, st-sim. 25, 37. || 3° Par extension, troupe, bande. Le péril approchait, leur brigade était prête, corn. Cid, iv, 3. Et partout des passants enchaînent les brigades, boil. Sat. vi. || 4° Autrefois escouade de cavaliers en général, aujourd'hui réunion de deux ou plusieurs gendarmes sous les ordres d'un brigadier, qui résident en une localité. || Brigade de sergents de ville, réunion de quelques sergents de ville sous un chef, et pour un objet déterminé. || Brigade de sûreté, réunion de quelques agents de police veillant à la sûreté d'une ville, d'un quartier pendant la nuit. || 5° Dans les ports de mer, un certain nombre d'ouvriers ou de matelots réunis pour travailler. Une brigade de charpentiers, de calfats.
— HIST. xve s. Puis quant la bourgeoise est en galles, Une caterve, une brigade Vient jouer aux sons des cimbales, coquill. Droits nouveaux. Quant
BRi
lu seras en ta maison et cuideras estre bien sauvement, je te y mènerai tele brigade que tu ne oseras saillir ne yssir, du cange, brigata. Quant aux deux ducs, seigneurs anglois et les comtes dessus nommez, disnerent l'un avec l'autre comme en briir, t. ii, p. 178, verso, dans lacubne stk-palaye. A ces mots entra le preux Nozgel accompagné de deux escuyers, et salua toute la brigade, puis dist : Seigneurs.... Perccforrst , t. v, perso, dans lacurnb. Sire, combattons hardiement. combien qu'ils soient grant nombre de gens; car en la plus grosse brigade point ne gisl l'heur, ib. t. m. f° 47. verso. Quand la brigade [deux ou trois buveurs] fut bien repue, LOUIS XI, Nouv. vil. || XVIe s. La cavallerie qui estoit dedans, couroiten trois brigades, d'aub. Vie, ix. Les estrangers [au nombre de S"!'] se départent par brigades pour les garder, m. Ilist. il. 4 1 . Tes bocages soient toujours plains D'amoureuses brigades De satyres et de sylvains,
— ÊTYM. Bas-lat. brigata; ital. brigada ; du baslat. brigare (voy. brigues).
BRIGADIER fbri-ga-dié; IV ne se lie jamais; au pluriel l'.vse lie : les brigadié-z et les soldats), s. ni. || 1° Titre donné au soldat revêtu du grade le moins élevé dans la cavalerie. || 2° Dans la gendarmerie, le sous-officier qui commande une brigade. || 3° En termes de marine, le premier des matelots d'une embarcation. || 4" Autrefois brigadier des armées du roi , officier dont le grade tenait le milieu entre ceux de colonel et de maréchal de camp. Du titre et de la charge de brigadier d'armée, le p. daniel, Milicefr. ix, ch. 4.
BRIGAND (bri-gan : le d ne se lie pas dans le parler ordinaire; dans le parler soutenu on dit : un bi'igan-t armé; au pluriel, des bri-gan-z armés), s. m. || 1° Celui qui exerce le vol et la pillerie par la force et les armes. S'ils suivent au combat des brigands qui les vengent, rac. Mithr. ni, l. Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre, id. Phèd. iv, 2. Les brigands du midi , du nord et de l'aurore, volt. Tancr. i,t. || Fig. El toi, Byron, semblable à ce brigand des airs [l'aigle] . lamari. Méd. 1 , 2. || 2° Par extension , celui qui commet des exactions et des concussions. || Mirabeau a dit brigande au féminin : Estil besoin de vous rappeler qu'une nation, souveraine lorsqu'elle impose, n'est que débitrice quand elle paye? Et que la nation, souveraine quand elle impose, est brigande et voleuse quand elle ne paye pas ? Mirabeau, Collection, t. v, p. 9. Cet emploi du féminin, qui aujourd'hui n'aurait pas faveur, s'autorise aussi d'un exemple d'Amyot.
— HIST. xive s. Brigand, c'est une manière de gens d'armes courant et apert, à pié . du cange, brigancii. Pour Guillaume Colet archer à cheval, et quatre brigands à pied, id. ib. Légions par lesquelx Romain fesoient leurs batailles, si corne sont aujourd'hui servans oubrigans; quar comunement Romain se combatent plus à pié que h cheval, bercheure, f° i , verso. Par foi ! dist li heraus, qui vit la compaignie, Rien [il] resamble brigand qui les marcbaiis espie, Guescl. 2583. || xve s. Quand ils furent tous assemblés à Saint-Quentin [l'expédition du duc de Normandie contre les Flamands], ils trouvèrent qu'ils estoient bien six mille armures de fer, et huit mille, que brigands [soldats à pied], que bidaux, que autres poursuivans l'ost, froiss. i,i, i09..Quand une partie des fossés furent tous emplis, que on pouvoit bien aller sûrement jusques au pied du mur, il fit arrouter bien trois cent- archers, et, devant eux, passer bien deux cents brigands, tous pavois ses, qui tenoient grands pics et noyaux de fer,
id. i, I, 2'.:j. || xvi° s Semble au brigand qui, sur
les champs caché, L'innocent tue en caverne secrète, Et de qui l'œil povres passans aguette, marot, iv, 24:.. Il nettoya de brigands et de larrons tous le pais, amyot., Marins, 1. Les autres ont escrit que cette Phaea estoit une brigande, meurtrière, et abandonnée de son corps, id. Thés. \ l.
— ÉTYM. Provenç. bregan, soldat mal discipliné; espagn. bergante, coquin; portug. bargante, même sens; ital. brigante, intrigant, séditieux; bas-lat. brigancii, brigantes, brigandi. Le brigand dans l'origine était un soldat à pied, dont le nom, ce semble, ne se montre qu'au xiv° s. Les pillcries des gens de guerre, si fréquentes dans le moyen âge, firent passer le mot du sens honorable de soldat à celui de voleur et de pillard. Le brigandest celui qui appartient à une troupe, à une brigade (d'où -"1 dat) ; le brigand, la brigade dérivent de brigue (voy. ce mot) , qui a le sens général de occupation , affanv, réunion, association.
BRIGANDAGE (bri-gan-da-j'), s. m. || 1° Volerie à
BRI
main armée. Tu céderas ou tomberas sous ce vainqueur, Alger, riche des dépouilles de la chrétienté.... nous verrons la fin de tes brigandages.... et la navigation va être assurée par les armes de Louis, boss. Marie-Ther. || Volerie en général. Vous êtes pilier né de tous les lansquenets Qui sont pour la jeunesse autant de trébuchets; Un bois plein de voleurs est un plus sûr passage; Dans ces lieux jour et nuit ce n'est que brigandage, regnard , Joueur, i, 7. || 2" Par extension, concussion, exaction, déprédation. Une compagnie qui , dans son administration indienne, n'a subsisté que d'un secret brigandage, volt. Louis XV, 35. La régie était un chaos, l'ignorance extrême, le brigandage au comble, id. Louis XIV, 4.
— HIST. xv° s. Les brigandaiges de Dangier, ch. d'orl. Bail. '86. xvie s. Ce que les barbares jadiz appelloyent proesses , maintenant nous appelions briguanderies et meschancetez , rab. Gar. I, 46. Les Hespagnolz estimoient encore lors, que c'estoit une belle chose (pie vivre de brigandage, amyot, Marius, 7. Brigandages, larcins et tout ce que la nuit Renferme de mauvais quand le soleil ne luit , rons. Le bocage royal, i" partie, À lui-même.
— ÉTYM Brigand.
BRIGANDEAU (bn-gan-dô), s. m. Petit brigand. Il se dit d'un agent d'affaires qui met sesclients à contribution. || Par extension, jeune homme qui, emporté par la passion, fait une action blâmable. Chérubin : Oh! que oui, j'oserai ; tu prends sa place auprès de monseigneur, moi celle du comte auprès de toi; le plus attrapé, c'est Figaro. — Figaro : Le brigandeau! beaum. Mar. de Figaro, v, 6.
— HIST. xvic s. Brigandeau, oudin.
— ÉTYM. Diminutif de brigand.
BRIGANDER (bri-gan-dé), v. n. Se livrer au brigandage,' se conduire en brigand. Les principaux mandataires de l'autorité, dans cette province, sont accusés depuis 40 ans de brigander sur les grains, Mirabeau, Collection, t. i, p. 3i). || II se conjugue avec l'auxiliaire avoir, et est familier.
— HIST. xvie s. Qu'ils me respondent en brief, assavoir si l'ordre des diacres est une licence de desrober et brigander , calv. Tnstit. 880. Sans crainte [il] briganda le sceptre [pilla le royaume] des François, rons. 721.
— ÉTYM. Brigand.
BRIGANDINE (bri-gan-di-n) , s. f. Armure ancienne en forme de cotte de mailles.
— hist. xve s. Arbalestriers à pied armez de bonnes brigandines, salades et arbalestes bien garnies de viretons, juvenal des ursins, Hist. de Ch. VI, 14(6, p. 333, dans lacurne ste-palaye. || xvie s. Ouvriers parfaits de forger brigandines, st-gelais, Verger d'honneur.
— ÉTYM. Brigand, soldat à pied. Armure ainsi dite par ce que ces soldats la portaient.
BRIGANTIN(bri-gan-tin),s. m. || i°Petitbâtiment à un ou deux mâts, gréé comme un brick, et qui n'a qu'un pont. || 2° Petit vaisseau plat, léger et ouvert, qui va à la voile et à la rame, et qui sert à combattre ou à donner la chasse. || 3" Sorte de lit portatif de campagne.
— hist. xve s. Une manière de vaisseaux couraus, lesquels on nomme brigandins, froiss. t. IV,. ch. t8, dans nu cange. || xvie s. II ne laissa point de se mettre à la voile avec trois briguantins de la Grèce et autant de galiottes rhodiennes, amyot, Lucull. i.
— ÉTYM. Bas-lat. brigentinus; ital. brigantino , anciennement vaisseau île course. On a dit que ce mot venait de brig ou brick; mais brig ou brick ne comporte aucun suffixe de ce genre ; brig-antin. Il faut y voir un dérivé de brigant : brigant-in ; c'està-dire le vaisseau destiné à la course.
BBIGANTINE(bri-gan-ti-n'),s. f. || 1° Petit bâtiment en usage dans la Méditerranée. || 2° Voile particulière au brigantin.
— ÉTYM. Brigantin.
f BRIGAUT (bri-gô), s. m. Gros bois neuf à brûler. || Bout des branches des arbres qu'on abat.
t BBIGITTIN (bri-ji-tin),s. m. Ordre de religieux fondé en 1344 par sainte Brigitte, sous la règle de saint Augustin. Chaque monastère doit être double, l'un de religieux, et l'autre de religieuses.
f BRIGNE (bri-gn') , s. f. L'un des noms vulgaires du bar.
BRIGNOLE (bri-gno-1'), s.f. Prune desséchée qu'on tire de Brignoles, ville de Provence
BRIGUE (bri-gh'),s.f. || 1" Manœuvre par laquelle, poursuivant quelque objet, on engage des personnes dans ses intérêts. Brigues dans les élections. La brigue pour le consulat était plus animée que jamais.
BRI
Les candidats commencèrent leurs brigues. Lois contre la brigue. Convaincu de brigue. On fait sa brigue pour arriver à un grand poste, la bruy. 8. Je fus sourde à la brigue et crus la renommée, rac. Brit. iv, 2. Fermons l'œil aux présents et l'oreille à la brigue, id. Plaid, n, 4 4. Pour moi j'ai su déjà, par mes brigues secrètes, Gagner de notre loi les sacrés interprètes, id. Baj. i, 2. Combien pour le répandre [le sang romain] a-t-il formé de brigues? id. Cinna, I, 3. Fabius Ambustus fit une brigue si puissante que non-seulement il vint à bout de faire renvoyer le héraut sans satisfaction.... vertot Bévol. rom. m, p. 106. Ne descendons jamais dans ces lâches intrigues; N'allons point à l'honneur par de honteuses brigues, boil. Art p. iv. Des brigues, des partis l'un à l'autre odieux, Le Parnasse idolâtre adorant de faux dieux, gilb. Le XVIIIe siècle. || Fig. Sollicitation amoureuse. La secrète brigue Que font auprès de toi Don Sanche et Don Rodrigue , corn. Cid, i, I. || 2" La réunion des gens qui coopèrent à la brigue. La brigue est nombreuse et puissante. On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante, bac Phèd. i,4.
— HIST. xive s. Ce estoit commencement de brigue [querelle] ; car li tribuns commandaient au peuple que il s'en ajast, et li consulz ne le souffroient, bercheure, f° 54, verso. Comme la brigue fust un po apaisiée, id. f°47, verso. Vous savez que mes adversaires ont commencié la riote et la brigue [querelle] parleur ouhrage, Ménagier, 1,9. ||xvs que
c'estoit le duc de Guyenne qui vouloit eslargir ses limites et qui commençoit toutes ces brigues, comm. m, 8. || xvie s. À la nomination de ces juges il y eut de grandes brigues, d'aub. Hist. n, 232.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. brega; portug. et ital. briga; bas-lat. briga, querelle, rixe; d'un radical brig, qui paraît signifier agitation, occupation, mais qu'on ne peut rattacher à rien de connu d'ailleurs.
BRIGUÉ, ÉE (bri-ghé, ghée), part, passé. Il eût été difficile de lui refuser une grâce si peu briguée, fonten. Chazelles.
BRIGUER (bri-ghé) , v. a. || l°Tâcherd'obtenirpar brigue. Briguer les honneurs. On brigue ardemment cette magistrature. Les charges furentbriguées avec fureur, boss. Hist. ni, 7. Je me perdrai plutôt dans quelque affreux climat Qu'aller, tant qu'il vivra, briguer le consulat, corn. Sertor. iv, 3. Ainsi de tous les Grecs je brigue le suffrage, rac. Androm. i, i. || Absolument. Elle-même a brigué pour me voir souverain, corn. Pulchér. il, 4. Égisthe qui briguait en secret pour ce choix, lemerc. Agamemnon, n, 6. || 2° Solliciter, rechercher avec ardeur. Tous vos rois à l'envi briguent votre hyménée, corn. Sertor. n, 2. On briguerait en foule une si belle mort, id. Hor. n, 3. Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix.... in. Brit. îv, 2. Parmi tant de beautés qui briguent leur tendresse, id. Baj. i, 3. Et qu'un cœur accablé de tant de déplaisirs De son persécuteur ait brigué les soupirs, id. Androm. n, t.
— HIST. xvie s. Il alleguoit encore les misères d'une armée non payée; à faute de quoi, ils nepouvoient attendre qu'une mutinerie d'AÛemans : il briguoit les plus las de la guerre, d'aub. Hist.l, 232. Un nommé Melcio (qui briguoit parmi ces peuples désespérez pour empescher la paix) en obtint par ce moien la rupture', id. ib. i, 253. Hz briguoient eulx mesmes pour le faire continuer en cest office, amyot, Arist. 10. Ceulx qui briguoient ambitieusement et souvent les estats et offices de la chose publique, id. Caton, )6. Les satrapes se meirent à briguer et flatter les soudards, id. Fum. 30.
— ÉTYM. Brigue; provenç. briguar; ital. brigarc. BRIGUEUR, EUSE (bri-gheur, gheû-z'), s. m.
et f. Celui, celle qui brigue.
— hist. xve s. Ponsart, qui estoit un homme de mauvaise vie et gouvernement, brigueur joueur de dez, du cange, briga. || xvie s. Tous ces brigants ou brigueurs de la royauté ne sont ny propres ny suffisants ny à nostre goust. Sat. Mén. p. 179.
— ÉTYM. Briguer.
BRILLAMMENT (bri-lla-man , Il mouillées, et non bri-ya-man), adv. D'une manière brillante. Ce duo a été brillamment exécuté.
— ÉTYM. Brillant, et le suffixe ment.
BRILLANT, ANTE (bri-llan , llan-t'. Il mouillées,
et non bri-yan), adj. || 1° Qui brille. Tout brillant d'or. Couleur brillante. Rendre les outils brillants. Son plumage est alors plus brillant. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond des déserts, brillante de clartés? nxc.Athal. m, ~. Deux crocodiles se dispu-
BRI
BRI
BRI
Jent au printemps une femelle brillante, chateaubr. Natch. ni, igg. || 2° Fig. Frappant, remarquable. Brillant de gloire. Gloire brillante. D'une origine très-brillante. Tomber d'une position brillante. Brillant fait d'armes. Au moment le plus brillant de sa vie. Un génie brillant. Il n'y a jamais eu une fortune si longue et si brillante que celle du roi Louis XIV, bouhours, Nouv. remarq. On a fait à la mère des propositions brillantes, id. ib. C'est un parti sage à la guerre que de se tenir quelquefois sur la défensive; mais ce n'est pas le plus brillant, id. ib. Ses qualités n'étoient pas si brillantes que celles du roi, id. ib. La fin de ce discours démentit cruellement les brillantes espérances que le commencement m'avait données, J. J. rouss. Confess. m. Brillant éloge, corn. Sertor. il, 2. Jusqu'à cette faveur Dont je n'accepte point le brillant déshonneur, m. j. chén. Tibère, îv, 3. Est-ce là cette humeur inflexible et sauvage Qui fuyait de la cour le brillant esclavage? delav. Vêpr. sicil. i, 2. || En parlant des personnes, qui attire l'attention, l'admiration par des qualités brillantes. C'est un homme brillant. Un brillant orateur. Un officier brillant. [| Somptueux, magnifique. Des bals brillants. Une brillante fête. Une suite brillante. Un brillant état-major. || 3° Qui a de l'éclat, en parlant du style et des choses littéraires. Rendre le style brillant. Elocution brillante. Expressions brillantes. Les passages qui vous ont paru les plus brillants. || Vif, éclatant à l'oreille, en même temps qu'agréable. Des sons brillants. Un jeu brillant, en parlant d'un musicien. || 4° Florissant. Santé brillante. Brillant de santé. Des chanoines vermeils et brillants de santé, boil. Lulr. i. || 5° S. m. Qualité de ce qui brille. Donner du brillant à l'acier. Le brillant d'une pierre précieuse. Sur la broderie Éclatait le brillant de mainte pierrerie, Régnier, Épît. i. Pour donner aux instruments un brillant qui en émousse la force, mass. Car. Paroi. || Fig. La gloire dans les armes n'est tout au plus que la moitié du brillant qui distingue les héros, hamilt. Gramm. 4. Son frère aîné n'avait pas tant de brillant, m. ib. 6. Et que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux N'ôte point leur vieux lustre à mes premiers travaux, corn, ait Roi, surCinva, Pompée. Ne vous enflez donc point d'une si grande gloire Pour les petits brillants d'une faible victoire, mol. Mis. m, 5. Aux brillants d'une telle victoire, id. la Princ. i, i. Comme par son esprit et ses autres brillants II rompt l'ordre commun et devance le temps, id. Mélic. 1,4. Les alliances de beîlcs-nlles de ministres [Louvois, Colbert] les soutenaient dans ce brillant nouveau, st-sim. 44, 5. || Brillant se dit des œuvres des lettres et des arts. Il y a du brillant dans ce poème. Ce musicien a du brillant dans son jeu. || 6° Taille du diamant qui lui fait une face plane supérieure entourée de facettes, et une culasse composée de facettes allongées. Tailler en brillant. || Diamant taillé de cette façon. Brillant d'une très-belle eau. J'eus besoin d'argent il y a quinze mois , j'avais un brillant de cinq cents louis; on m'adressa à M. Turcaret, le sage, Turcaret, m, 5. || Pierre montée en brillant, à la manière des brillants, pierre montée à jour. || Par extension. [Il] sema de brillants les voûtes azurées, hotr. St Gen. m, 2. Mais voyant de ses yeux tous les brillants baisser, mol. Tari, i, t. || Faux brillants, diamants faux. || Fig. La plus belle couronne N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne, conx. Hér. i, <■ En vain l'ambition .... D'un faux brillant d'honneur pare son noir ouvrage, id. Sertor. I, \. Et toutes les vertus dont s'éblouit la terre' Ne sont que faux brillants.... boil. Sat. xi. || En parlant du style, faux brillants, pensées qui ont de l'éclat, mais un éclat trompeur, et s'évanouissant
devant la moindre lumière Jamais dans mes
discours Je n'ai d'un faux brillant emprunté le secours, boil. Sat. .xii. || 7° La carte principale au jeu de la ferme (le six de cœur).
BRILLANTE, ÉE (bri-llan-té, tée, Il mouillées, et non bri-yan-tê) , part, passé. || 1° Un diamant brillante. Un style brillante. || 2° Substantivement. Le brillante est une étoffe de coton blanc, à fleurs ou à dessins tissés de façon que ces dessins sont brillants à l'endroit et comme en relief. || Un brillante, une dentelle factice.
BRILLANTER (bri-llan-té, Il mouillées, et non bri-yan-té), v. a. || 1° Tailler un diamant à facettes par-dessus et par-dessous. || 2° Fig. Le syndicat n'était point alors brillante par une place permanente dans les États, mirab. Collect. t. i, p. io2. || Brillanterson style, le charger d'ornements d'un goût suspect.
— ÉTYM. Brillant.
t BRILLEMENT (bri-lle-man, II mouillées , et nonbri-ye-man), s. m. Etat de ce qui brille.
— HIST. xvie s. BriUement, oudin, cotghave.
— êtym. Briller.
i. BRILLER (bri-llé, H mouillées, et non bri-yé), ». ». || i° Être lumineux ou poli. La lune brille d'une lumière empruntée. Briller de l'éclat de l'or. L'or et les diamants brillent sur ses habits, volt. Scythes, i, I. On se menace, on court, l'air gémit, le fer brille, rac. Iphig. v, 5. Levant au ciel ses yeux mouillés de larmes Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes, id. Brit. n, 2. || Fig. Le feu brille dans ses yeux. Et d'un œil où brillaient sa joie et son espoir, rac. Androm. v, a. N'aurai-je vu briller cette noble chaleur... ? id. Iphigénie, i, 2. || Faire briller, montrer. Fais briller la couronne à ses yeux, rac. Phèd. m, 1 . || 2° Attirer les regards par l'éclat des couleurs, la beauté, la pompe. On admire ce qui brille. La gloire est plus solide après la calomnie. Et brille d'autant mieux qu'elle s'en vit ternie, corn. Nicom. îv, ). Parles hautes vertus et les illustres marques Qui font briller en lui le sang de vos monarques, id. Nie. H, 3. Tout ce qui brille moins remplit mal son attente, id. Hor. v, 2. L'âme du jeune Crasse et celle de Pompée, Le sang des Scipions protecteur de nos dieux Parlent par votre bouche et brillent dans vos yeux, id. Pomp. m, 4. Faut-il qu'à vos yeux seuls un nuage odieux Dérobe sa vertu qui brille à tous les yeux? rac. Phèd. v, 3. Le sang de nos aïeux qui brille dans Junie, in. Brit. i, 2. Alors qu'une œuvre brille et d'art et de science, Régnier, Sat. ix. Il y a vingt ans que vous brillez en Provence, sév. 508. Elle est partie de chez Bayard après y avoir brillé, id. 281. Il trouva le moyen de briller par mille petits récits, hamilt. Gramm. 4. Pour le voir brillera la cour de France, id. ib. C'était de mon temps Que brillait madame Grégoire, bérang. Mme Grégoire. || Briller par son absence, se dit d'une personne assez considérable ou d'une chose assez importante pour que l'absence en soit remarquée. || 3° Exceller, avoir la prééminence. Elle brilla dans toutes ses réponses, sév. 4in. Pour en venir à bout il faudra batailler. — Tant mieux, c'est où je brille, et j'aime à ferrailler, regnard, Folies amour. 1,6. Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier, volt. Henr. i. Je te promets que ces petits talents, dont on ne fait aucun cas chez nous, servent bien ici ceux qui sont assez heureux pour les avoir, et qu'un homme de bon sens ne brille guère devant eux, montesq. Lett. pers. 82.
— HIST. XVIe s. Sur tous autres brilloient d'ardeur de combatre les jeunes gentilz hommes et chevaliers romains, amyot, César, 55. Il lui sauta au col, et, s'en estant assuré par le moyen d'un poignard qu'il fit briller à ses yeux, il se rendit maistre de la dite porte, d'aub. Vie, cliv.
— étym. Provenç. et espagn. bn7Jar;portug. brilhar; ital. brillare. L'italien nedisantpas brigliare, le radical doit avoir II; par conséquent l'étymologie, donnéedepuislongtemps, debcrillus, sorte de pierre brillante, est bonne (voy. béryl). L'historique ne va pas plus haut que le xvie siècle. Ce mot, si ancien dans les autres langues romanes, serait-il venu par emprunt dans le français? ou plutôt ne faut-il pas penser qu'il gît dans quelque texte ignoré ou qu'il était vivant dans la langue populaire? Et en effet on trouve, dans un texte du xiv siècle : Deux brilleus mengenz à court, du cange, brilleus. Brilleus, de briller, homme de service qui éclaire. On trouve aussi le substantif bril dans le xvc siècle : Que diriezvous du froit mois de janvier, S'il se vouloit marier à avril, Qui fait les fleurs et printemps verdoier, Arbres et prez et chanter soubz le bril [sous l'éclat de beau temps] Le très plaisant rossignol, eust. desch. Poésies mss. f" 227, col. 3, dans lacurne saintepalaye. Bril, éclat, est aussi dans Oudin.
2. BRILLER (bri-llé II mouillées, et non bri-yé), v. n. Terme de chasse. || i° Bien quêter, en parlant d'un chien laisse ses chiens briller parmi les terres, bréb. Phars. iv. || 2° Chasser aux flambeaux.
— HIST. xme s L'escondit [l'homme éconduit]
rueve [demande] où aler briller, Ane. poés. dans lacurne ste-palaye. Il xivc s. À prendre les mauvis à briller a très bon déduit, et se faict en vendanges.... adonques doit on faire emmy la vigne une grant loge de feuilles, où il puisse tenir trois compaignons ou quatre, et a chacun un brillet qu'il boute parmy la loge et son pertuis par où ilz les boutent; et doit avoir ung huant ou une chuette sur une longue verge qui vient dedens la loge et le doit on aucune fois faire remuer, Modus, f' cxxxi. Et quant les autres vignes sont vendengiées, et il en demoure une
qui n'est mie vendengiée, là il fait bon briller, ib.
— ÉTYM. L'ancien français brail, piège àprendre les oiseaux.
f BRILLOTTER (hri-llo-té, Il mouillées, et non bri-yo-té), v.n. Briller un peu. Je ne doute pas qu'il ne brillotte fort à nos États, sév. 374. Mon fils brillotte à merveille, id. 377.
— étym. Briller.
BRIMBALE (biin-ba-F) , s. f. Levier qui est au sommet d'une pompe, et qu'on fait mouvoir pour tirer de l'eau. On dit aussi bringuebale.
— HIST. xvi° s. Un mulet avec ses brimballes et clochettes, sully, Mém. t. m, p. 17, dans lacurnb sainte-palaye. Les chevaux et mulets de charge prennent plaisir au son et musique do ces brimballes, bouchet, Serées, liv. v, p. 4i3,dans lacurne sainte-palaye.
— ÉTYM. Voy. brimbaler.
BRIMBALÉ, ÉE (brin-ba-lé, lée),part. passé. Les cloches brimbalées.
t BRIMBALEMENT (brin-ba-le-man), s. m. Action de brimbaler.
— HIST. xvie s. Je ne pouvois dormir à cause du sempiternel brimballement des cloches, rab. Pant. v, 7.
— ÉTYM. Brimbaler.
BRIMBALER (brin-ba-lé). || 1° F. a. Agiter par un branle continu, en parlant des cloches. || 2° V. n. Branler, osciller. De l'autre brimbalait une clef fort honnête, Régnier, Sat. x. || Familier en ce sens.
— HIST. xvie s. Prédisant l'avenir [il] ne voyoit sa femme brimballant, et onques n'en sceut les novelles, rab. Pant. ni, 25.
— ÉTYM. Origine inconnue. On ne sait quelle est la forme primitive, brimbale ou bringuebale. Avec bringuebale, on pourrait songer à la locution populaire mettre tout en bringues, tout bouleverser, et. dans Rabelais, bringuenarilles , fendeur de naseaux ; au contraire brimbale rappelle le picard brimber, aller et venir, hrimbette, jeune fille légère, brimbeux, vagabond (voy. bribe, dont brimbe est une forme) : il serait possible que de brimber or. eût tiré, par dérivation, brimbaler avec la signification de faire aller et venir.
| BRIMBELLE (brin-bè-P), s. f. Un des noms vulgaires de l'airelle.
BRIMBORION (brin-bo-ri-on), s. m. Chose sans valeur et sans utilité. Blancs d'œufs, lait virginal et mille autres brimborions que je ne connais pas. mol. les Préc. 4. M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans, Cette longue lunette à faire peur aux gens, Et cent brimborions dont l'aspect importune, m. F. sav. Il, 7. Une espèce de pyramide sur la tête, garnie de cent mille brimborions, hamilton, Gramm. 7. Je ne désire que les brimborions dont vous me faites l'honneur de me parler, volt. Leur Boi de Prusse, I2(.
— HIST. xvie s. Tous tels prestres, qui n'ont nul ouvrage ne loyer qu'à faire marchandise de messes et briborions, calv. Inst. 875. Briborions [prières mal prononcées], oudin. Le mot de brimborium dont nous usons quand nous disons que quelqu'un dit ses brimborions, vient du latin breviarium. pasquier, Rech. vin, p. 754, dans lacurne saintepalaye.
— ÉTYM. Le sens primitifparaissant être prières, l'étymologie de Pasquier devient très-vraisemblable : breviarium , prononcé comme on faisait, breviarion, et estropié en brîborion, brimborion. Ce qui rend difficile l'étymologie par bribe, et facile l'étymologie par breviarium, c'est la finale orion . qui s'explique dans la dernière hypothèse et ne s'explique pas dans la première.
f BRIMADE (bri-ma-d'), s. f. Argot des écoles militaires. Action de brimer.
f BRIMÉ, ÉE (bri-mé, mée), adj. Terme d'agriculture. Raisin brimé, raisin marqué de taches.
f BRIMER (bri-mé), v. a. Dans l'argot des militaires, se dit des anciens qui soumettent les nouveaux venus à toutes sortes d'épreuves plus ou moins pénibles.
BRIN (brin), s. m. |]1° Terme de silviculture. Jet de bois. Quand on coupe les taillis, on laisse les brins les plus hauts et les plus droits qui sont sur les souches pour venir en haute futaie. [| Arbre de brin, arbre qui n'a qu'une tige. L'arbre étant coupé, la souche restée en terre donne naissance à un ou plusieurs brins, qui deviennent autant d'arbres nouveaux, Bcvuc des deux mondes, t. xxv (1860), p. 467. Enlever les brins surabondants au fur et à mesure de leur développement, ib. p. 467. || En termes de chasse, le plus haut du buisson où se tient l'oiseau se nomme le brin. || Terme de char-
BKI
peut!-. Bois de brin, arbre qui n'a pas été scié, et qui est seulement équarri. Un chêne de brin, chêne de belle venue, assez gros pour sa longueur, et qui s'emploie en bâtiments, sans avoir besoin d'être scié pour être équarri, la oiintinye, Jardins, i" partie. Dictionn. || Terme de marine. Brins S)petites vergues qu'on ajoute par des anneaux de l'or aux grandes vergues pour porter des bonnettes. || Fig. et familièrement. C'est un beau brin d'homme,
j dire un homme grand et bien fait.Un beau brin de fille, de femme, c'est-à dire fille, femme grande et bien faite. || 2° 'fige menue, pousse grêle et allongée. Un brin d'herbe. Un brin de bouleau. L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain, la font. Fab. i, 8. [Il] Lui dit :Ehl parmi nous que venez-vous donc faire? — Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis, id. A. xii, 21 X l'appétit d'un bruit Qui nous
honore après que nous sommes sous terre, Et de te voir paré de trois brins de lierre, Régnier, Sat. IV.
me de marine. Cordage de premier brin, cordage fait avec du chanvre de première qualité. I| 3' Par extension, toute partie de certaines choses longues et ténues. Un brin de paille. Un brin de fil. m de soie. || Un brin de plume, une plume d'autruche. Vieux en cet emploi. || Familièrement, la moindre parcelle , la moindre quantité. Il n'y a pas un brin de vent, sêv. 433. Et qui pour elle aura le moindre brin de flamme, mol. Pastorale, 3. Ne t'attends pas que je t'aide un seul brin, la font. Pap. Sans qu'il se doute brin de ce que.... id. Cuv. Est-il possible qu'il ne te soit pas venu le moindre brin d'imagination? iiamilt. Gramm. 3. || Fig. et familièrement. Il y a un brin de dispute entre l'abbé et moi, sév. 43. Il y a dans ce qui vient de vous autres un petit brin d'impétuosité, id. <25. Je vous souhaite quelquefois un petit brin de ce que l'on a ici de reste, id. ho. ||4° Chevalet sur lequel on arrange les pièces d'artifice. || Chacune des petites pièces qui soutiennent le papier d'un éventail.
— HIST. xii° s. Dist Viviens, Bertran, sire cosin, Or vos enmainent li gloton de put lin, Guichart l'enfant et Girart le meschin. Las ! hui perdra Guillaumes lot son brin, la Bataille d'Aleschans, 337. X voix s'escrient toz ensemble à un brin , ib. I 664. Puis passerons là outre tuit ensemble à un brin.Sa-r. 118. Silemers et Buevon qui demainent grant brin, ib. <85. || xme s. De m'avangarde vos ai baillé le brin, Agolant, dans du cange, brin. Auques avons abatu de leur brin, id. ib. || xive s. Elle plouroit et demenoit grant brin, Baud. de Seb. i, igo. || xv s. Mais quand les Angloys l'avisèrent, Pour les François dedans navrer, Par tel party lors se tirèrent, Que nul brin ne s'osoit monstrer, martial de paris, Vigillesde Ch. FIT, 1. 1, p. 165, dans lacl'rne. || xvies. S'escurant les dents avecq ung brin de paille, Rabelais, Pant. lu, <8.La nous fit apporter myrobalans, brain de basme et zinzembre vert confit, id. ib. v,7. Deux petits brins de coral rougissant, dubell. ii, 25 , verso cent fois baisé les brins De ses boutons
-cinabrins, De ses lèvres pourperées, rons. 552. Celuy qui bouchera les hayes pourra se servir pour cela des breins ou branches des dittes hayes, Nouveau Coust. gênerai, i i, p. 931, col. 2, dans lacurne sainte-palaye. Je ne veulx pas reprendre, dist le chevalier, ni sa prouesse ni sa bonté; mais l'entreprinse qu'il maintient ne m'est un seul brin agréable, Don flores de Grèce, f° cxxxvn, recto.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. brin; portug. brim. Ce mot offre de grandes difficultés : jusqu'au xive siècle, il signifie force, orgueil, bruit, et, dans la locution à un brin, il signifie à la fois; puis, au xv siècle et au xvie, il prend la signification qu'il a aujourd'hui. Pour Diez, ce sont deux mots distincts : il rattache ie premier à l'ancien Scandinave brim, anglais, brime, le flot de la mer, mais avec peu d'apparence, à cause du sens; et le second, avec toute apparence au celtique : bas-breton , brienen, brin, d'où bran, son (voy. bran), d'un radical signifiant chose menue. Il est singulier que brin des anciens temps ne descende pas plus bas, et que brin des temps nouveaux ne remonte pas plus haut; il y a solution de continuité : ce qui fait qu'on ne peut savoir s'il n'y aurait pas quelque intermédiaire qui les rapprochât l'un de l'autre. Il faut remarquer que brin ne veut pas dire seulement une chose menue, mais qu'il veut dire toute espèce de tige, même les plus grosses; cette dernière signification est-elle aussi primitive que l'autre ou bien en estelle dérivée?
t BRINASSE (bri-na-s'), s. f. Seconde qualité d'étoupe.
— ÊTYM. Brin.
BRI
BRIN D'ESTOC (brin-dè-stok), s. m. Long bâton ferré des deux bouts. Vieux.
— HlST.xvi's. Ceux de Harlem trouvèrent encores moien de recevoir quelques rafraichissements par des soldats vestus en païsans, qui se savaient aider des brins d'estoc; mais on les empescha par gens de mesme condition, d'aub. Hist. H, 96-
— ÉTYM. Allcm. Springstock, bâton qui sert à sauter, de springen, sauter, et Stock, bâton (voy. estoc). Dans le mot français, il y a eu assimilation de spring à brin.
BRINB-E (brin-d'), s. f. Coup qu'on boit à la santé de quelqu'un. Boire des brindes, porter des brindes. Les brindes, les jambons, les grillades |en Allemagne], pellisson, Lett. hist. t. I, p. 121. || Familièrement . 11 est dans les brindes, il est ivre.
— ÉTYM. Lorrain bringuei, boire à quelqu'un; ital. brindisi; vénit. prindese; de l'allem. bringen, porter, dans le sens de porter la santé de quelqu'un.
BRINDILLE (brin-di-11, Il mouillées), s. f. || 1° Petite branche. || Terme de jardinier. Branche a fruit, mince et courte. || 2° S. f. plur. Terme de tapissier. Ornement fait sur papier du même fond.
— HIST. xiv° s. Des bringettes de fou [hêtre] , Modus, f" cxxi, verso. || xvie s. Et comme on voit les espics tronçonnez, Cassez, froissez en brindelles menues, r. belleau, Bergeries, t. I, p. 104, verso, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Brin. Cependant il y a dans l'ancien français brondille, et dans le provençal brondelh, qui viennent de bronde, branchage, et qui expliqueraient sans peine le d de brindilles.
f BRINGUE (brin-gh'), s. f. Terme de manège. Chevalmalconforme.il Populairement, femme mal bâtie. || En bringues, en pièces et en morceaux, en désordre.
BRINGUEBALE (brin-ghe-ba-F) , s. f. Voy. brimbale.
f BRIO (bri-o), s. m. Terme de musique. Caractère brillant et résolu d'une composition ou d'une exécution musicale.
— ÉTYM. Ital. brio, vivacité; provenç. briu; anc. franc, a-brivé, actif, prêt; du celtique très-probablement : gaél. brigh, force; anc. irl. brig.
BRIOCHE (bri-o-ch') , s. f. || 1° Sorte de pâtisserie qui se fait avec de la farine, du beurre et des œufs. I| 2" Populairement, bévue, gaucherie. Quelle brioche! Faire des brioches, faire des fautes, des sottises. || On dit, dans le même sens, faire une boulette.
— HIST. xvie s. Brioche, nicod.
— ÉTYM. Cotgrave donne à brioche le sens d'instrument qui sert à broyer le chanvre. « La meilleur griotte se fait avec de l'orge frais et nouveau quel'on rostit moyennement, puis on le fait moudre ; vulgairement on l'appelle brioche, » Épithètes de M. de la Porte. Ce texte, rapproché du sens que Cotgrave donne, montre que brioche signifie ce qui est moulu f broyé, et tient à broyer.
BRION (bri-on), s. m. Voy. bryon.
| BRIOSO (bri-o-zo) , adv. Terme de musique. Avec brio.
— ÉTYM. Brio.
fBRIOTTE (bri-o-f), s. /".Sorte d'anémone.
f BRIQUAILLONS (bri-kâ-llon , Il mouillées, et non bri-kâ-yon), s. m. plur. Vieux morceaux de briques cassées.
— ÉTYM. Brique.
BRIQUE (bri-k'), s. f. || 1° Pierre factice, de forme rectangulaire, composée d'une terre grasse ou rougeàtre, qu'on fait cuire au feu, et qui sert à bâtir. Un cent de briques. La brique crue est composée d'une terre blanchâtre, qu'on fait sécher longtemps sans l'aide du feu. Auguste se vantait d'avoir trouvé Roi/ e de brique et de la laisser de marbre, fonten. Csar Pierre. Il faut me fournir de la paille, si on veut que-je cuise des briques, volt. Lett. d'Argental, Ier nov. 1760. || Fig. Vous ne doutez pas, monsieur, de l'honneur et du plaisir que je me fais, de meitre quelquefois une ou deux briques à votre grande pyramide, volt. Lett. Diderot, 2G juin 1758. || Ton debrique, couleur de la brique rougeàtre. || 2° Par analogie. Brique de savon , d'étain, masse de savon, d'étain qui a la forme d'une brique.
— HIST. xni' s. Nul assaut [ils] ne doutent [craignent] la briche, g. guiart , t. i, p. 146. Le péril n'en doutent la briche, id, t. n, p. 57.
— ÉTYM. Bressan, breque de pan, morceau de pain; gônev. brique, débris, éclat, pièce, morceau; provenç. briga, brisa, miette, débris; ital. bricco , brique; angl. brick; de l'anglo-saxon brice, fragment : ainsi la brique est proprement un fragment, sens
BRI
qu'on retrouve dans nos patois et dans les exemples 'de G. Guiart, où la briche, signifiant petit morceau, renforce la négation, comme font mie, pas, point K BRIQUET (bri-kè; le (ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : des bri-kè-z ingénieux; briquets rime avec traits, succès, paix). s. m. fi 1" Petite pièce d'acier dont on se sert pour tirer du feu d'un caillou. Battre le briquet. || Familièrement et figurément, battre le briquet, se frapper les chevilles des pieds en marchant. || 2 Par extension, tout ce qui sert à fournir du feu. Briquet phosphorique. || Briquet pneumatique, petit appareil dans lequel on peut enflammer l'amadou par la compression brusque de l'air. || 3U Sabre court à l'usage de l'infanterie. Prends ton briquet, Francisque, et allons assommer ce Benjamin Constant, p. l. courier. i , 202. La Tulipe, homme de cour, a quitté son briquet pour se faire talon rouge, id. i, 227. || 4° Petit couplet de fer, servant à joindre des ouvrages de menuiserie qui n'ont pas besoin de s'ouvrir entièrement, comme des comptoirs, des tables, etc. || S. m. plur. Ornement quel'on nomme aussi trèfle et qui se taille sur une doucine.
— ÉTYM. Le briquet à faire du feu ne s'est dit que par comparaison avec le briquet, petit couplet de fer; du moins on ne trouve dansRichelet que celui-ci; et dans Furetière ni l'un ni l'autre ne figurent. Briquet à faire du feu ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1762. 1,'étymologie est inconnue; cependant on peut supposer que briquet aie même radical que brique et signifie un petit morceau (de fer).
f 2. BRIQUET, s. m. Petit chien bon pour la chasse des blaireaux et des renards. On peut chasser le renard avec des bassets, des briquets, buff. Benard.
— HIST. xve s. Près là, briquet aux pendantes oreilles, Tu suz que c'est de déduit de gibier, en. d'orl. Bonde.au, p. 270.
— ÉTYM. Probablement une autre forme de braque, braquet. Briquet, dans Cotgrave, signifie un levreau.
BRIQUETAGE (bri-ke-ta-j'),s. m. || 1° Maçonnerie de briques. ||2° Enduit rouge ou jaune sur lequel on dessine, avec une couleur blanche, des lignes représentant les assises des briques, de manière à donner à une construction l'apparence de la brique.
— étym. Briqueter.
BRIQUETÉ, ÉE (bri-ke-té, tée), part, passe. || 1° Fait de briques. Muraille briquelée. || 2" Rougeâtre, de couleur de brique. Ton briqueté. Urine briquetée.
BRIQUETER (bri-ke-té), v. «.Donner l'apparence de brique, en contrefaisant des jointures par des lignes blanches sur un fond rouge ou jaune.
— ÉTYM. Brique, par l'intermédiaire d'un diminutif briquette. || Je briquette , bi iquetterai.
1 . BRIQUETERIE (bri-ke-te-rie), s. f. Lieu où l'on fait de la brique.
— REM. Pourquoi l'Académie n'écrit-elle pas briquetterie comme elle écrit tabletterie, ou tableterie comme briqueterie ?
— ÉTYM. Briquetier.
f 2. BRIQUETERIE (bri-kè-te-rie) , s. f. Lieu où l'on fabrique les allumettes chimiques.
— ÉTYM. Briquet.
BRIQUETIER (bri-ke-tié; l'rne se lie jamais), s. m. Celui qui fait ou qui vend de la brique.
— HIST. xve s. Ung jeune homme briqueteur, du cange, brica.
— ÉTYM. Brique, par l'intermédiaire de briquette.
BRIQUETTE (bri-ké-f), s. f. Petite masse combustible faite de houille ou de tourbe.
— HIST. xvi° s. Briquettes [bagatelles], oudin.
— ÉTYM. Diminutif de brique. Le sens de bagatelle, dans Oudin, se rapporte à brique, menue chose.
BRIS (brî. L'Académie dit qu'on prononce Vs: cela est une erreur; on ne dit jamais que le brl de scellé), s. m. || i* Terme de palais. Rupture, faite avec violence, d'un scellé ou d'une porte fermée. Le bris de scellé. || Bris de prison, évasion avec fracture de clôture. || Bris de marché, violence exercée sur ceux qui portent des denrées au marché afin d'en empêcher 1« vente. || 2° Terme de marine. Débris d'un navire qui s'est brisé sur la côte. Du bris de mon navire au rivage amassé, Régnier, Élég. v. Les produits de bris et naufrages, non réclamés par les propriétaires, après le délai d'un an et un jour, appartiennent à la caisse des Invalides de la marine, legoarant. Il 3° En général, action de briser, débris, Peu usité en ce sens.
BRI
BRI
BRI
— HIST. xvc s. Le suppliant disoit que en faisant !e dit furt [vol], iln'avoit point fait débris, du cange, , brisare. \\ xvi" s. Si fut Mithridates bien fort desplaisant du bris et de la perte de ses machines, amvot. Lucull. 21. Ma vie au moins en ce naufrage Fera bris contre un bel ecueil. Amours de Tristan . p. 73, dans LACL'RNE ste-pai.aye. [Un ours chassé] qui, ayant six ou sept bris et tronçons de piques et hallebardes, embrassa sept ou huit arquebusiers avec les quels il se précipita du haut d'une roche, si lly, Mi! m. t. 1, p. I2:>. dans lacurne ste-palaye. Je prend à très grande obligation l'injustice que l'on exerce en ma personne, par le moyen de la quelle je ferai un bris de prison à tous mes malheurs , pour entrer en une béatitude éternelle, pasquier, Recherches, liv. vi. p. 508, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Voy. Priser.
tBRISABLE(bri-za-bl'), adj. Qui peut être brisé.
— étym. Briser.
f I. BRISANT, ANTE (bri-zan, zan-t'), adj. Poudre brisante , poudre douée d'une force explosive trop grande et qui brise rapidement les canons et les fusils.
2. BRISANT (bri-zan). s. m. Terme de marine. Écueil à fleur d'eau sur lequel la mer se brise. La bonté de Dieu a rendu l'écume des flots toujours plus éclatante parmi les brisants , chateaubr. Génie, i, v, 8. || Tout corps contre lequel la mer vient se briser. Placer des brisants en avant d'une construction.
— HIST. xvi' s. Brisants, oudin.
— ÉTYM. Briser.
t BRISAUDER (bri-zô-dé) , v. a. Faire le premier cardage.
— ÉTYM. Comparez blizaut ; bas-lat. blizaudus, autre forme de bliaut, sorte de vêtement.
BRISCAMBILLE (brï-skan-bi-11', II mouillées). Voy. brBsquembille.
f BKIS-D'IIUIS (bri-dui), s. m. Terme de blason. Longues pièces de fer pour soutenir les portes sur leurs pivots.
— ÉTYM. Le point où Yhuis, la porte se brise, c'est-à-dire tourne sur le gond.
I. BRISE (bri-z'), s.f.\\ 1° Terme de -marine. Nom générique qu'on donne au vent quand il n'est pas très-violent. Brise de terre, brise soufflant de la terre; brise de mer ou du large, brise soufflant de la mer. Brise carabinée, vent qui souftle avec une violence extraordinaire. ||2° En termes de météorologie, vent doux et irrégulier qui se fait sentir sur les bords de la mer. || 3° Dans le langage vulgaire, tout vent qui souffle sans violence. Dans les forêts que leur souffle balance Les brises du matin célèbrent son retour, delav. Paria, i, 6.
— REM. Brise n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 17G2.
— ÉTYM. Ital. brezza; espagn. briza, brisa, vent du nord-est; angl. breese. Origine inconnue.
f 2. BRISE (bri-z'), s.f.\\ 1° Terme de charpentier. Poutre posée en bascule servant à appuyer les aiguilles d'un pertuis. 112" S. f. plur. Terme de menuisier. Éclats de bois.
— HIST. xvic s. Barreaux de fer , grans brises traversai, menard, Hist. de B. Du Guesclin, p. 393, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Sans doute briser.
BRISÉ, ÉE (bri-zé, zée), part, passé. ||1° Rompu. Navire brisé par la tempête. Les idoles brisées par les chrétiens. Une branche brisée. || Fig. C'est une existence brisée, se dit de la vie d'un homme qui, par la perte de personnes chères ou d'une position, n'a plus ni but ni intérêt. Un caractère brisé, homme dont le moral a perdu sa force, son énergie par les coups violents ou répétés de la fortune. |l 2" Qui se plie en deux. Porte brisée. || 3° Coupé, saccadé. Accent, voix brisée. || 4" Fatigué, harassé. Je suis si fatiguée d'avoir été au lit que j'en suis brisée, sév. ifli. || 5° Accablé, souffrant. Brisé par la douleur. Le cœur brisé de douleur, mass. Tiéd. Le cœur brisé par la souffrance S'obstine et poursuit l'espérance Jusqu'aux pieds des sacrés autels, lamart. llarm. i,k. || 6" Rime brisée, sorte d'ancienne poésie française où, en brisant les vers, c'est-à-dire en lisant séparément et de suite les premiers ou les derniers hémistiches, on obtenait un sens nouveau, quelquefois contraire à celui que présentait la totalité. On en a un. exemple dans ces vers d'Etienne Tabourot sur les jésuites : « Soit du Pape maudit qui haït les jésuites! Celui qui en eux croit soit mis en paradis! Â tous les diables soit qui brûle leur: i Qui leur science suit acquiert de grands mérites. » En lisant les mêmes vers par hémistiches, on obtient ce sens, tout contraire au premier : «Qui
haït les jésuites Soit mis en paradis! Qui brûle leurs écrits Acquiert de grands mérites; Soit du pape maudit Celui qui en eux croit; À tous les diables soit Qui leur science suit, jullien, Grammaire. \\ 7" Terme d'architecture. Comble brisé, comble disposé pour y ménager de petits logements. || 8° Terme de gravure. Taille brisée, taille manquée, incomplète. || 9° Terme de blason. Écu brisé (voy. briser).
| BRISE-COU (bri-ze-kou), s. m. Passage, endroit, escalier, où l'on risque de tomber si l'on n'y prend garde. \\ Au plur. Des brise-cou.
— ÉTYM. Briser, cou.
BRISÉES (bri-zée), *'. f. plur. || i° Branches rompues par le veneur pour reconnaître l'endroit où est la bête. || 2° Fig. Suivre les brisées de quelqu'un, suivre son exemple. Aller, courir sur les brisées de quelqu'un, entrer en concurrence, en rivalité avec lui. De quel front aujourd'hui vient-il sur nos brisées Se revêtir encor de nos phrases usées? boil. lïpft. i. Sans me vanter d'avoir été sur ses brisées, sév. 302. Tu as l'audace d'aller sur mes brisées, mol. l'Av. iv, 3. Et qu'as-tu su répondre à ces belles pensées?— Que je ne voulais point aller sur vos brisées, regnard, IJgat. ni, 4. || Reprendre ses brisées, revenir sur ses brisées, reprendre une affaire, revenir à un sujet d'abord abandonné. Il faut reprendre nos brisées, la font. Lettr. à Mme de Sillery. || 3" Marques faites aux arbres par le passage d'une bête. || 4" Branches taillées pour marquer les bornes d'une coupe de bois. Chaque coupe forme un carré dont les quatre angles sont marqués par des fossés, des brisées, p. l. cour, i, 239.
— hist. xivc s. Où tu pu perdras la veue [du cerf], gette une brisée, quand tu t'en yras, Modus. f" x. || xvie s. Il les conjura de suivre leurs premières brisées, Mém. sur Du Guesclin, ch. 18. Si tu disvray, je te jure et promets, Par le haut ciel où je n'iray jamais, Que des enfers sortiras les brisées, marot, i, 253. Or pour me remettre sur mes brisées [sur mon propos], mont, m, IC3. Parquoy M. l'admirai se mit sur leurs brisées qui estoyent assez apparentes, et M. le prince marchoit après, lanoue, gs:j. Et prenant tous le chemin de Thionville, duquel il sçavoient les routes et brizées il y avoit long-temps, carl. vi, 25. Si mirent quelques brisé s et enseignes sur les plus hautes croupes des rochers, et que l'on pouvoit choisir à l'œil de plus loin, amyot, Caton, 2G.
— ÉTYM. Brisé.
BRISE-GLACE (bri-ze-gla-s'), s. m. Arc-boutant, pieu en avant des piles d'un pont pour briser les glaces. || Au plur. Des brise-glace ou des brise-glaces, suivant que l'on entend briser la glace ou les glaces.
— ÉTYM. Briser, glace.
f BRISE-IMAGE (bri-zi-ma-j') , s. m. Celui qui brise les images. Iconoclastes, c'est-à-dire briseimages, ross. Hist. i, 11. Calvin croit avoir assez fait d'écrire contre les brise-images, id. Yar. -10.
— ÉTYM. Briser, image.
| BRISE-LAMES (bri-ze-la-m') , s. m. Nom .i i mé à une construction faite à l'entrée d'un port pour amortir la violence des flots. Le brise-lames de St- Malo. || Au plur. Des brise-lames.
— étym. Briser, lame.
f BRISE-LUNETTE (bri-ze-lu-nè-f) , s. f. Nom vulgaire de l'euphraise.
— ÉTYM. Ainsi dite à cause des vertus qu'on attribuait à l'euphraise dans les maladies des yeux.
BRISEMENT (bri-ze-man), s. m. |] 1" Action de briser. Le brisement des images et des autels, boss. dans laveaux. || Fig. Brisement de cœur, vif repentir, douleur profonde. || 2° Choc des flots qui se brisent. Le brisement des flots contre la côte. Le brisement de la mer m'avertit que le vent s'était levé. chateaubr. Itin. 271.
— HIST. xvi° s. Brisement des images, emploi des reliques en monnoie, d'aub. Hist. i, 1 36. Les dents pour le brisement et mastication des viandes», paré, xviii, 30. Pilleries, brisemens d'images et saccageineiis de temples, conoé, Mémoires, p. B4G.
— ÉTYM. Briser.
j BRISE- MOTTES (bri-ze-mo-f), s. m. Cylindre pour écraser les mottes de terre. || j4m plur. Des brisemottes.
— étym. Brisa*, motte.
f BRISE-OS (bri-zô), s. m. Un des noms vulgaires de l'orfraie.
— ÉTYM. Briser, os.
f BRISE-PIERRE (bri-ze-piè-r'), s. m. Terme de chirurgie. Instrument pour briser la pierre dans la e. ||;li* plur. Des brise-pierres.
— ÉTYM. Briser, pierre.
briser (bri-zé), v. a. || Ie Mettre en . pièces.
Briser un roseau. La foudre brisa le chêne. Allons briser ces dieux de pierre et de métal, corn. Poly. ii, g. Emporter tout, ce qu'on peut, brïseï tout ce qu'on ne peut emporter, dider. Princ. de polit. 100. Il Par extension. Il semble qu'on entend les ondes gémissantes Briser contre un rocher leurs vagues impuissantes, brebeuf, Pliais. vi. || Terme de cardeur. Briser la laine, la démêler. || 2° Fig. Rendre impuissant, inutile. Briser les ressorts de l'ftme et de corps. Briser un traité. Briser des liens d'amitié. Briser son avenir, sa carrière, perdre, par sa volonté, les espérances qu'on avait de fonder son existence à venir, de réussir dans sa c;ini're. Briser l'effort des vents. La digue brise la fureur des flots. Alors que ta fureur à nous perdre s'apprête, Il tient le bras levé pour te briser la tête, corn. Attila, v, 3. Rome n'a point de lois que tu n'oses briser, m. Pomp.v, 4. Pour briser en vainqueur cet hymen s'il s'achève, id. Ser. m, 4 Que
si près du port, contre toute apparence, Un orage si prompt brisât notre espérance, id. Cid, m, i. Brisez votre alliance et rompez-en la chaîne, id. Uor. ii, 6. Bientôt Agamemnon, triomphant, redouté, Brisera ton injuste et frêle autorité, lemerc. Agamemnon, il, G. || Briser ses fers, briser le joug, s'affranchir d'une tyrannie. Il peut confondre Aman, il peut briser nos fers, Par la plus faible main qui
soit dans l'univers, rac. Esth. i, 3 jusqu'à
ce que ma main de ses fers le dégage ; J'irai jusque dans Rome en briser les liens, corn. Nicom. v, 6. Je brise avec honneur mon illustre esclavage, id. Bodog. ni, 3. || Briser l'orgueil de quelqu'un. Que n'ai-je point tenté? Que pouvais-je plus faire Pour fléchir, pour briser ton cruel caractère? voltaire, Oreste, u, 5. || Briser le cœur, causer une vive affliction. Elle me brise le cœur par l'état où elle est, SÉV. 1 26. || 3° Accabler. Briser quelqu'un de coups. || 4° Fatiguer, harasser, importuner. Je suis brisé. Briser le tympan à quelqu'un, l'étourdir. || 5° Terme de grammaire. Briser une période, en détruire l'ensemble et les proportions, ou, dans un sens favorable, la couper pour lui ôter ce qu'elle aurait de pesant ou de forcé. || 6° Briser un discours, cesser de parler. Brisons là ce discours, mol. la Prim IV, 4. || Absolument et familièrement. Brisons là, brisez là-dessus, ne continuons pas ce discours, n'insistez pas sur ce point. Brisons là, ce discours deviendrait ennuyeux, corn. Othon, iv. 4. Brisons là, je crains de trop entendre, id. Poly. iv, 5. Brisons là s'il vous plaît, mol. Éc. des f. iv, k. || 7°Terme de blason. Briser un écu, le charger de brisures. telles que Ïambe], bordure, etc. comme font les cadets qui portent les mêmes armes que leurs Guy prit le nom de Laval, et brisa la croix de Montmorency de cinq coquilles, st-sim. 188, 8. || 8" V. n. Terme de blason. Même sens que le précédent. La branche cadette brise d'une bordure de gueules. || Terme de mer. Heurter les rochers, en parlant de la mer. Le fracas des vagues qui brisent au loin sur les récifs, bern. de s. -p. Paul et Yinj. Et devant ces sommets abaissant leur orgueil, [les nuages] Brisent incessamment sur cet immense écueil, lamart. Méd. il, 3. || Terme de chasse. Marquer le chemin avec des branches. || Briser bas, rompre les branches des arbres et les jeter sur le sentier par où la bête a passé; briser haut, les laisser pendre à hauteur d'homme. || 9° Se briser, v. réfl. Eue mis en pièces. Vaisseaux en danger de se briser contre les rochers fék. Tél. il. Un verre se brise en tombant de son propre poids, boss. i ,,, ■„. ,,<• /;,, ,(> Vj ... || Avec suppression du pronom personnel. Il a vu briser son navire contre vos rochers, ri \. Tél. i. Combien à cet écueil se sont déjà brisés! corn. Cinna, i, 2. Quelquefois l'un se brise où l'autre s'est sauvé, id. Cinna, ii, i. Que toute hauteur soit vei briser contra la faiblesse de douze pêcheurs, St Franc, de Paule. Le Christ res es dou-
leurs; son cœur se brisait comme celui d'un homme, chateaub. Génie, iv, m, 1. 1| 10° Par analogie, rejaillir avec fracas contre un obstacle, en parlant des vagues. Les vagues qui vont se briser contre ces écueils, fén. Tél. H. L'onde approche, se brise et vomit à nos yeux.... rac. Phrd. v, G. || 11° Se plier l'une sur l'autre, en parlant de parties ou de pièces de certains ouvrages. Ce compas se brise. Ces volets se brisent. || 12" Terme de physique. Se réfracter. Les rayons lumineux se brisent en passant de l'air dans l'eau. || Proverbe. Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise, c'est-à-dire s'exposer souvent au même danger, commettre imprudence, la même faute, amène à la lin mécompte ou malheur.
BRI
BRI
BRO
— hist. xi' s. HJ Tranche le pi/ ;poitri
lui brise les -s. Ch. de '>'<> , «ci. L'espée cruist [ré-
. ne froisse ne ae brise [se brise], ib. clxx.
!S murs briser. Ronc. p. 5.
•mu ;\ Hauteme, s'ont la vile brisie, Sax.
m. Tuz ses comandemenz su le fumir, E
ehastals e citez brisier el asaillir, E périls de o
des e uffrir, Th. le mari. 134.
Mais quant Richarz li Brez le vit si abatu E sur le pavement gesii tut estendu, Un poi en bescoz l'ail des autres colps féru, Qu'à la pierre ad brisié en deus sou branl moulu, ib. 150. Ja iert mes i si destrois, Que je craiu qu'il se brit la cui e, la Charrette. i«20. [| xinc s. Et là ot Guillaumes de Champlite le bras brisié d'une pierre, villeh. lxxv. isierent bien tresqu'à quatre «les portes, et entrèrent eus. il), cv. [Elle] ne briseroit son veu pour souffrir discepline, Berte, i.vi. Et i ot mainte lance brisie sur es, m, ib. cxxxvn. Et Crestien entrèrent cns par force '1" toutes parts par le mur qui estoit brisiés, et lu la cité pnse, Citron, de Rains, 39, I.i ru s rechut la lettre et brisa le seel et la lui, ib. |82. Si ne seroit mie bon que vous comencissie/. la mellée, ne luisissiez l'aloiance, ib. p. 217. Tant va pot à l'eve que brise, Heu. 13650. Quatre costes li ont brisié; X bien petit l'ont mort laissié, ib. 6435. Et croi que. se plusors osassent, Lor mariages en brisassent. Et de foi ne lor sovenist, la Rose, 14336. Et se tu ses lances brisier, Tu t'en pues moult faire prisier, ib. 2209. Si comme s'aucuns çst pris et mis en prison , et il bi ise la prison, béai m. xxx, ta. Li sergans qui va penre par commandement de segneur, pot et doit brisier ce qu'un ferme contre li. in. Liv, s. Et si n'est pas li establissemens brisiés. car l'entention des establissemens n'est pas por tollir autrui droit, id. xlviu, I. Si deïssiez à sa manière Qu'ele menjast (ce n'est pas fable) Plus que nus qui fus! à la table, Que çà et là le pain brisoit. ruteb. 11, 17). Mes neveus, yenés à inoy aidier et vous et vostre gent; caries Alemans brisent le moustier, ioinv. 234. Il y ot bien douze vins vessiaus, que grans que petiz, brisiez et perdus, id. 219. [| xiv s. Les aides des Latins brisées et faillies, bercheure , f° 35, recto. Miex estuit les courages esmeus ploier que briser, id. f° 36, recto. Il xv-' s. Cour ce qu'il avoit trespassé le commandement de son seigneur le roi et brisé son arrest et sa prison, et s'en estoil parti sans congé.... froiss. i, 1, 154. Et l'eust fait sans faute [pendre], si n'eust esté le dit mesure .lean de Hainaut, qui lui brisa son ire et excusa le dit messire Godemon, id. i. i, 29C. Et brisa le roi tout ce voyage.... [défendit l'expédition qui su préparait pour Isabelle], id. 1,1, m. Beau frère, jà a Dieu ne plaise que votre bon propos je vous brise ni oste, id. 1, i, 17. Et feroit [frappait! à tas de son espée sur le bassinet du seigneur de Sconnevort; mais le sire de Sconnevort , qui bien estoit armé et monté, brisoit les coups à la fois et les recevoit moult vassalment, id. i, i, lio. Quand le roi d'Angleterre entendit ces nouvelles, il fut moult pensif, et eut une espace une imagination et propos de briser son siège [le siège de Vannes où il étoit en personne], id. i, i, 209. || xvi" s. Navré du cautère de son pecbé, et comme brisé de terreur de l'ire de Dieu, calv. Instit. 46 1. Pour saisie brisée il y a amende de 60 sols, loysel, 827. Qui brise une franchise [ne peut être reçu en uu asile], brise toutes les autres [ne peut être reçu en aucune], m. 828. Le vent se renforça si violentement qu'il brisa, abbatit et froissa en un moment tous ces engins, amyot, Lundi. 20. Les lanskenets voyans les Suisses brisez de tant de charges, d'aub. mist. 1, les. Par coups de boulets ou autre chose brisante, paré, xiii, 14.
— ÉTYM. Wall, brihi; provenç. brisar. Diez le tire de l'ancien-haut allemand brestan (au présent bristii), briser: allemand moderne, bersten , crever. Le changement de l'st en s ne fait pas difficulté; voy. huissier, de ostium. Dans les patois anglais on trouve brise, brisse, briss, où l'st a déjà disparu. Il n'est pas sûr que le gaélique 6m, rupture, soit d'origine celtique. Il y a aussi dans le gaélique bruis, bris, morceau; angl. to bruise, meurtrir; ce qui fait difficulté c'est l'u dans bruis; mais le français supprime quelquefois un u devant une voyelle; voyez milan d'une forme telle que mil minus ; il se pourrait donc que briser vînt du celtique.
BRISE-RAISON (bri-ze-rè-zon) , s m. Personne qui parle à tort et à travers, qui agit sans discernement. Il Au plur. Des brise-raison.
— ÉTYM. Briser, raison.
BRISE-SCELLÉ (bri-ze-sè-lé), s. m. Celui qui
rompt un scellé dans une intention de vol. || Peu usité, y Au plur. Des brise-scellés.
— ÉTYM. Briser, scellé.
BRISE-TOUT (bri-ze-tou), s. m. Enfant ou personne soit étourdie, soit maladroite, qui brise tout ce qui se trouve sous sa main. [| Au plur. Des brisetout.
— ÉTYM. Briser, tout.
BRISEUR (bri-zeur), s. m. Celui qui brise. Les iconoclastes ou briseurs d'images. || Autrefois, briseurs île sel, officiers qui étaient chargés, quand le sel était trop sec, de le briser pour le faire charger.
— HIST. xvie s. Si ces briseurs [casseurs, bravi] eussent enfoncé la porte où ils estoient, trois rois et deux grands princes ne se pouvoient sauver que miraculeusement, d'aub. Hist. 11, lus.
— ÉTYM. Briser.
BRISE- VENT (bri-ze-van), s. m. Obstacle matériel opposé à l'action directe du vent, et composé de paillassons, de murs, de haies vives, de plantations en talus, etc. || Au plur. Des brise-vent ou brisevents.
— ÉTYM. Briser, vent.
BRISIS (bri-sî), s. m. Terme d'architecture. L'angle que forment les deux plans d'un comble brisé.
— ÉTYM. Briser. L'ancienne forme de ce mot , si on le trouvait, serait briseïs, dérivant d'un baslatin brisaticius.
| BRISKA (bri-ska), s. m. Calèche de voyage très-1 gère.
— ÉTYM. Mot russe.
BRISOIR (bri-zoir), s. m. Instrument pour briser le chanvre ou la paille.
— ÉTYM. Briser.
f BRISOU (bri-zou), adj. m. Feu brisou se dit, dans quelques mines, pour feu grisou (voy. grisou).
I5RISQUE (bri-sk'), s. f. || l°Jeu de cartes. || X ce jeu, une carte qui est atout. || 2" Au mariage, au bési et à la quarante, on appelle brisques les dix et les as, qui comptent pour )0 et qui enlèvent les autres cartes. Le coup fini, chacun additionne ses brisques. Combien avez-vous de brisques? J'ai trente, j'ai cent de brisques. Vous faites toujours toutes les brisques. Je ne veux pas jouer mes brisques, vous les couperiez.
— REM. Ce mot ne se trouve ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, ni dans Furetière, ni dans Kichelet.
f BRISSE (bri-s') , s. m. Terme d'histoire naturelle. Sorte de sangsue de mer.
— ÉTYM. Bptffaro;.
f BRISSOÏDE (bri-sso-i-d'), adj. Qui a la forme des brisses.
— ÉTYM. Bp£<7<ro;, et eiSo;, forme.
BRISURE (bri-zu-r') , s. f. || i" Partie brisée. Les
brisures d'une table de marbre. C'est Dieu qui voulait montrer qu'il donne la mort et qu'il ressuscite . qu'il secoue la terre et la brise et qu'il guérit en un moment toutes ses brisures, boss. Anne de Gonz. || 2° Pli, par charnières, d'une partie sur une autre dans un ouvrage. La brisure d'un volet. Il Terme de marine. Disposition d'un mât qui se lu ; e, c'est-à-dire qui est formé de plusieurs pièces guindées les unes au-dessus des autres. || 3° Terme de fortification. Prolongement de la ligne de défense dans le renfoncement d'un bastion à oriUons. Il 4" Terme de blason. Toute pièce d'armoirie que les cadets ajoutent à l'écu des armes pleines de la maison dont ils sortent. Les armes [des bâtards des princes anglais], qui sont toujours celles d'Angleterre, ont des sortes de brisures distinctes, st-sim. 277, 241. La goutte et le rhumatisme sont des frères; et ce dernier a seulement une brisure de cadet, parce qu'il ne revient pas comme cette cruelle goutte, SÉV. 449.
— hist. xnr's. Qui viaut [veut] apeler home de rap, ou de briseure de chemin, ou de force quelqu'elle seit, Ass.de J.i, 174. De celi qui dépêcha [mit en pièces] ses mesures, il vout[voulut] qu'il li auiendast, por ce qu'il li avoit brisiés et que par la briseure il fut atains du metlèt, beaum. xxvi, 15. (.niant on le veut fausser par briseure du seel, il convient que le [la] moitié du seel ou plus soit perdus ou depeciés, id. xxxv, i i. || xv* s. Celte brisure venimeuse par laquelle si longtempsle peuple chrestien a failli à vivre, monstr. i, ch. 33. || x\ic s. Car bras et corpsetdupied la brisure, Avec le cœur alloit tout démesure, marot, i, 28t. Embarrure du crâne , ou brisure en plusieurs esquilles ou fragmens , PARÉ , vin, l. Briseure, c'est à dire division de l'os en plusieurs esclats, id. mu, ( .
— ÉTYM. Briser.
f BRIZE (bri-z'), 4-. f. Terme de botanique. Planto graminée dite aussi amourette (briza média, L.).
— ÉTYM. BpïÇa.
BROC (bro; le c ne se prononce jamais en prose, pas même devant une voyelle ou une h muette ; cependant en vers on fait rimer ce mot avec roc, froc, etc; au xvie s. Bèze dit que le c se prononce; au pluriel Vs se lie : des bro-z emplis; brocs rime avec repos, faux, sauts, rôts, etc.), s. m. ||l°Vase à liquide, en bois cerclé de fer, quelquefois en étain, d'une capacité moyenne (comme de 5 à 10 litres), de la forme d'un cône tronqué, renflé un peu au-dessus de sa base, armé d'une anse et terminé par une ouverture assez large, mais resserrée à l'endroit par où le liquide doit couler. La vaisselle d'argent, les cuvettes, les brocs, la font. Fabl. 11, 27. Prends ton froc, Ton sac et ton broc! Sus, frère Boc, piron, Chanson à un frère quêteur. Il 2" Ce qu'un broc peut contenir. Aux Apollons des cabarets Paye un broc de Surènes, bérang. Faridond.
— HIST xine s. Et se nul homme avoit fait vendre vin à broche.... tailliar, Recueil, p. 19. Puis me prenez trestut iceo E metez cuire en vostre bro, Ms. St Jean. Et si ne le veut rechargier [le vin] , il ne paiera rien devant qu'il le vendra à broche ou en gros, Liv. des met. 296. De l'oysil [vinaigre], qu'on y vendra à broke, nu cange, acceplabulum. Quiconque est crieurà Paris, il peut aler en laquele taverne que il voudra et crier vin, por- tant qu'il y ait vin à broche, de laborde, Émaux, p. 176. Toute manière de vin qui sera vendu à broche, id. ib.
— ÉTYM. Provenç. broc; calai, broc, brocal; ital. brocca. Broche étant une des formes les plus habituelles, et signifiant vase à goulot, Diez remarque que broc ou broche a été ainsi nommé de broche, chose pointue, par assimilation de forme; ce qui rend cette étymologie très-valable, c'est qu'on trouve broche, cannelle qu'on met à un tonneau pour en tirer la liqueur (du cange, brocca:), etbrocart, sorte de vase qui verse la liqueur par une cannelle (id. brocheronnus). On a aussi indiqué le grec -Kpô/ou:, cruche; mais on n'a aucun intermédiaire qui montre comment ce mot grec serait entré dans les langues romanes; et d'ailleurs broche suffit à l'étymologie.
BROC (DE BRIC ET DE) (de-bri-kè-de-brok), loc. adr.Deçà et delà, d'une manière et d'une autre. De bric et de broc il s'est fait une jolie fortune. •
— ÉTYM. Peut-être avec le bric, sorte d'engin qui servait à la chasse des oiseaux et même à la guerre (voy. bricole), et avec le iiroc : c'est-à-dire de toute façon.
BROC (DE BROC EX BOUCHE) (de-bro-kan-bouch'), loc. adverb. En sortant de la broche. Manger une perdrix de broc en bouche. || Fig. Très-vite, aussitôt. On est un peu trop expéditif chez vous : on y roue les gens de broc en bouche, avant que le voisinage même en soit informé, volt. Lett. Beaumont, 26 sept. 1765. Cette locution vieillit.
— HIST. xvr s. S'entresbattans à qui humera l'ame de Baminagrobis, et qui premier, de broc en bouc, la pourtera à messer Lucifer, rabel. Pant. m, 23. Et promit double paye et notable appoinctement à quiconques luy en apporteroyt une de broc en bouc, id. ib. iv, 46. La perdrix [il] vire; au sel de broque en bouche La dévora.... marot, m, p. 64.
— ÉTYM. Il y a deux versions de cette locution : la première de broc en bouche ; là broc est le baslatin brocus, brocha, broca, broche (voy. ce mot); l'autre de Rabelais, de broc en bouc, signifie de broc en outre, c'est-à-dire mise du broc dans une peau de bouc pour le transport immédiat; ce dernier sens, aujourd'hui, n'est plus ni usité ni entendu.
f BROCAILLE (bro-kà-lb, Il mouillées, et non bro-ka-ye), s. f. Petits pavés de rebut dont on garnit les chemins.
BROCANTAGE (bro-kan-ta-j'), s. m. || 1° Action de brocanter. || 2° Commerce du brocanteur.
— ÉTYM. Brocanter.
f BROCANTE (bro-kan-t') , s. f. Tous les ouvriers appellent improprement brocante un ouvrage inattendu et de peu de valeur qu'ils font pour leur compte pendant les heures de repos et sans nuire à l'intérêt du maître qui paye leur journée. Cet ouvrage n'est qu'une brocante. Il a l'ait une brocante qui lui a valu trois francs. || On appelle une brocante un petit marché : je n'ai eu, je n'ai fait, dira un marchand , que deux ou trois petites brocantes aujourd'hui.
— ÉTYM. Voy. brocanter.
BROCANTÉ, ÉE (bro-kan-té, tée), part, passé. Des marchandises brocantées.
BROCANTER (bro-kan-té), r. n. Acheter et re-
BRO
BRO
BRO
vendre ou troquer des marchandises de hasard. Il fie maréchal d'Estrées] allait toujours brocantant, st-sim. H4, 264. C'est une illustre au moins! et qui sait en secret Couler adroitement un amoureux poulet, Habile en tous métiers, intrigante parfaite. Qui prête, vend, revend, brocante, troque, achète, Met à perfection un hymen ébauché, Vend son argent bien cher, marie à bon marché, regnard, le Joueur, v, 2. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire aroir. || V. a. X force d'être brocantée une belle boîte d'or devient un mince colifichet, j. j. rouss. Ilél. v, 2.
— êtym. Angl. tobroke, brocanter ;bas-lat. a-brocamentum, action d'acheter-en gros et de revendre en détail. Origine inconnue.
BROCANTEUR, EUSE (bro-kan-teur, teû-'z'), s. m. et f. Celui, celle qui brocante. Elle [la maréchale d'Estrées] était avare à l'excès, et en riait la première: avec cela brocanteuse, se connaissait aux choses et aux prix, st-sim. 357 , 207. || Fig. Et les brocanteurs de louanges Répétaient sur leurs harpes d'or, bëkang. Sahuch.
— ÉTYM. Brocanter.
i. BROCARD (bro-kar; ledne se lie pas : unbrokar-injurieux; au pluriel l's ne se lie pas non plus : des bro-kar injurieux; cependant plusieurs la lient: des bro-kar-z injurieux), s. m. || i° Terme d'ancien droit. Nom des principes ou premières maximes du droit, telles que celles qu'a faites Azo, dites par lui brocardica juris. \\2° Paroles mordantes, trait piquant. Rendant par ses brocards ton audace flétrie, hégnier. Éptt. i. Aux brocards de chacun vous alliez vous offrir, mol. Tart. n, 2. Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards, boil. Éptt. x. Dieu sait les brocards que l'on jetait au pauvre gouverneur, hamilt. Gramm. 8. Et conseillez-lui fort de s'armer de courage, Afin de recevoir galamment aujourd'hui. Certains petits brocards qui vont fondre sur lui, destouches, Philosophe marié , iv, 9. Sous la brutale injure et le brocard sanglant L'harmonieux Racine expia son talent, millev. Jalons. littéraires. Mais nous, qui de maints brocards Poursuivons jusqu'aux mouchards, Parlons bas, bérang. Judas.
— SYN. brocard, raillerie. La raillerie peut être méchante; mais elle peut aussi être légère, innocente , inspirée par une simple gaieté d'esprit. Le brocard a toujours quelque chose de blessant.
— HIST. xvie s. Les jeunes coquars, D'amour prins et ars, Jecterent brocars, j. marot, v, i"ô. Ciceron commencea les trupber et mocquer avecques brocard/ aigres et piquans, comme très bien sçavoyt le style, rab. Pant. iv, 39, La vraye etymologie de procès est en ce qu'il doibt avoir prou sacs; et en avons brocards [règles, principes] deificques, m. ib. lit, 40. Bien souvent elles leur donnoient en passant quelque brocard à poinct, touchans au vif ceulx qui en quelque chose auroient oublié leur devoir, amyot, Luc. 25. Les amis de Fabius luy rapportaient tous ces brocards, w. Fab. 14.
—ÉTYM. II y a, dans le bas-latin, brocarda, brocardicum, brocardicorum opus, qui signifient sentences de droit contenues dans un ouvrage que compila, dans le xie siècle, Burchard, évoque de Wonns. Burchard ou Brocard donna son nom au livre, burcardus, aux sentences brocardiques ; et les sentences mêmes ont donné, par extension et plaisanterie, le leur aux brocards, paroles moqueuses.
\ 2. BROCARD ( bro-kar ) , s. m. Terme de chasse.
Yoy. BROQUART.
— ÉTYM. Ainsi dit à cause des broches (cornes) qu'il porte.
BROCARDÉ, ÉE (hro-kar-dé, clée), part, passe. Brocardé de tous côtés.
BROCARDER (bro-kar-dé), v. a. Attaquer de brocards. Quanta moi, tournant sa fâcherie en risée, je recommençai à le brocarder, Francion, vi, p. 222. || Absolument. Adieu, c'est assez brocarder, chaulieu, Couplets irréguliers.
— hist. xvc s. Aucuns Anglois injurièrent Les François en les brocardant, martial de paris, Vigiles de Charles VIT, p. 217, dans lai r e sti PALAYE. Il xvi° s. Que nous n'affections punit une plaisanterie d'honnesteté, et une grâce de brocarder et mordre en riant les uns et les autres, calv. Instii. 309. (.lue font-ils autre chose que brocarder Dieu mesme?iD. ib. 1 194. En son plaidoyer, il brocarda plaisamment toute la secte des philosophes
tes à cause de Caton, amyot, Cicér. et Démos. 3, n lant à celle façon insolente de railler, dont il usoit ordinairement en se mocquant et broquardant
un chascun, elle portait avec soy sa médecine, id. Anton. 29.
— ÉTYM. Brocard.
BROCARDEUR, EUSE (bro-kar-deur,deû-z'),s.m.
et f. Celui, celle qui lance des brocards.
— hist. xvi" s. Nos farceurs et brocardeurs françois, brant. Capit. estrangers, t. 1, p. 1 1 , dansLA-
CliRNE STE-PALAYE.
— Etym. Brocard.
BROCART (bro-kar; le t ne se lie pas : un bro-kar élégant; au pluriel l's ne se lie pas : des bro-kar élégants; cependant plusieurs la lient: des bro-kar-z élégants), s. m. Etoffe tissue d'un mélange de plusieurs couleurs, et d'or ou d'argent enrichi de fleurs et d'une variété de figures. Ce nom était borné autrefois aux étoffes d'or et d'argent, il se donne aujourd'hui à toutes sortes d'ouvrages à fleurs. C'est pour eux qu'elle étale et l'or et le brocart, boil. Sat. x. Quelques enfants couverts de brocarts d'or tout déchirés, volt. Cand. 17. A juger d'une jupe ou de l'air d'un manteau Ou des beautés d'un point ou d'un brocart nouveau, mol. F. sav. m, 2.
— HIST. xve s Ha! Guillaume, 11 ne fault point
couvrir de chaume Icy ne bailler ces brocars, Fatel. 53).
— ÉTYM. Brocher, suivant la prononciation picarde broquer ; ital. broccato.
BROCATELLE (bro-ka, tel'), s. f. || 1" Etoffe qui imite le brocart. Un homme vêtu de brocatelle et suivi de sept ou huit laquais, pasc. P. div. 137. Il 2° Marbre ainsi nommé à cause des couleurs qui le nuancent et qui l'ont l'ait comparer à l'étoffe.
— HIST. xvie s. Certes les perles et le brocadel y confèrent quelque chose, et les tiltres et le train.
— ÉTYM. Ital. broccalello, de broccato, brocart, de broccare, brocher (voy. brocher).
BROCUAGE (bro-cha-j'), s. m. Action de brocher des livres; résultat de cette action. Un atelier de brochage.
— ÉTYM. Brocher.
BROCHANT (bro-chan). Voy. brocher.
BROCHE (bro-ch') , s. f. \\ 1" Longue verge de fer qu'on passe à travers les viandes pour les faire rôtir. Mettre un gigot à la broche. Il vit des bergers pour leur rôt Mangeant un agneau cuit en broche, la font. Fab. x, 6. Six broches chargées de gibier devant le feu, hamilt. Gramm. il. Des gens enfournent; D'autres défournent; Aux broches tournent Veau, bœuf et mouton, dérang. Cocag. Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche, rac. Plaid. 1, 4. Ils mirent un petit enfant à la broche, sëv. 243. Le mal n'est pas de les mettre à la broche [ses ennemis], le mal est de les tuer, voyr. Lettr. Prusse, 31. Nous risquons à tout moment d'être mis à la broche, id. Cand. 1 7. L'âme de l'empereur Antonin n'est point à la broche dans l'enfer, id. L'homme aux 40 écus, grande querelle. Il Un tour de broche, un tour que fait la bruche mue par le tournebroche. Il faut encore un tour de broche â ce morceau de bœuf. || Fig. J'ai été à la mort ; un petit tour de broche de plus, on aurait dit : il est mort, volt. Lett. en vers, t58. || Fig. et familièrement. Faire un tour de broche, se mettre trèsprès du feu pour se chauffer. Cela ne se dit que dans une compagnie où la politesse défend d'occuper longtemps le foyer; on dit à celui qui a froid : Faites un tour de broche, c'est-à-dire chauffezvous de tous les côtés, mais un instant seulement. Il 2" Petites verges de fer qui reçoivent la bobiné. Filature à deux cents broches. || Drap à double broche, drap épais, serré, solide, ainsi nommé parce qu'on le faisait autrefois en plaçant dans les intervalles des broches deux fils au lieu d'un. || 3° Grosses aiguilles pour tricoter. Broches à tricoter. Il 4" Cheville pour boucherie trou qu'on fait au tonneau avec le foret, soit sur le sommet du tonneau pour introduire de l'air, soit dans le plein du tonneau pour tirer quelques gouttes du vin afin de le déguster. || Fig. Couper broche à quelque chose, empêcher qu'elle ne continue, comme on interrompt le cours du vin quand on a coupé la broche du tonneau. || Baguette de bois pour enfiler les harengs. Il La pointe de fer d'une serrure, qui entre dans le trou d'une clef forée. || Petite verge de fer ■ au milieu d'un carton où l'on tire au blanc. Il Long clou sans tète pour arrêter les lambris. Il Baguette sur laquelle le chandelier embroche les mèches. || Petit bâton où pendent les chandelles. Il Ustensile de boucher pour parer la viande. || Pivol de fer traversant la verge de la balance appelée romaine. || Outil de cordonnier pour mettre des clous au talon. || 5° Grosse épingle à l'usage des femmes.
Il Bijou garni d'une longue épingle et dont les femmes se servent pour attacher les châles ou les cols et qu'elles mettent pour ornement au haut du coi ige des robes. || 6° Terme de chasse. Les broches, les défenses du sanglier. || Les broches, la première tête du cerf et du chevreuil. || 7° Terme de marine. Baguettes qui, représentant les divers diamètres des mâts d'assemblage, guident les ouvriers dans leur travail. || 8° Terme de banque. Broches, billets de commerce de peu de valeur, inférieurs à 500 fr. ou tooo fr. Il Proverbe. Il ne faut pas mettre tout son rôt à une même broche, c'est-à-dire il ne faut pas mettre tout ce qu'on a sur une seule chance.
— HIST. xiii" s. Li leus [loup] besa le heriçon; Et cil s'ahert à son grenon , À ses lafres [lèvres] s'est atakiez, Et od ses brokes [piquants] afiebiez, marie de France, t. n, p. 264. De recliief il est ordené que quiconques ouverra à broche d'or que il couse de soie, Liv. des met. 381. Renart s'en va, pas ne sejorne, Si esperonne son cheval; Par unes broches (voy. brosse) lez un val S'en va fuiant par une plaine, Ben. 1910. Et deit aveir en l'escu deus broches de fer, l'une enmi l'escu et l'autre ou pié dessouz, Ass. de J. i, I/O. Et comme li chevaliers eust hiaume, el quel il avoit tout plain de broces par derrière, il requerroit que il li fu ostés, BEAUMAN. lxi, 63. || xive s. Un chandelier à trois broches, par manière de lys, de labokde, Finaux, p. 203. Vn estuy de cuir boully, garny de trois pignes, un mirouer et d'une broche pour pigner le chief de la dite dauie, id. ib. || xve s. Un baston noullu [noueux] à pluseurs bros [pointes], du cange, broca. Un broc ou fourche de fer à charger foing, id. ib. Il print la broche de son chariot, et s'en vint au devant du suppliant, auquel i donna tel cop de la dite broche qu'il le abatit. id. ib. [Pour les cuisines] Faut poz, paelles, chauderons, Broches de fer, hastes de fust, E. desch. Poésies mss. f" 497, col. 2. Elle chut en une dangereuse et déplaisante maladie que communément on appelle broches [hémorrhoïdes], louis xi ,
Nouv. 11. H xvie s En telle sorte que la broche
soit coupée à toutes tergiversations, calv. Jnst;t. 120. La mort peult, quand il nous plaira, coupper broche à tous aultres inconvénients, mont, i, 71. Quand il fut mort, l'on ne trouva rien qui soit en sa maison, sinon une petite broche de fer [obole, monnaie], amyot, Fab. 54. Hz allèrent en une rostisserie, où ils saisirent des broches, des eoupperets et cousteaux de cuisine, id. Crassus, a. D'autre part seras tu tombé entre les mains d'un babillai d, n'aye point de honte, mais romps luy tout court la broche, et t'en va ton chemin pour faire tes affaires, id. Mauv. honte, 6. Le roi leur déclara que tout ce qu'ils voioient estait par son commandement, qu'il n'avoit eu autre moien pour couper broche à toutes les guerres et séditions, d'alb. Hist. 11, 19. A cesle
on luy rompit alors la broche [on lui imposa silence] en luy remonstrant.... m. du bell. 204. Tirer la broche devant que le rost soit prest, génin, Bécréat. t. n, p. 250.
— ÉTYM. Wallon, broke; picard, broque , fourche en fer; provenç. el espagn. broca, broche, pointe; ital. brocca; d"u latin brocchu>; ou broccus. dont saillante; dé là les significations pointe, crochet.
BROCHÉ, ÉE ( bro-ché , chée), pari, passé. Il 1" Étoffe brochée. || 2" Livre broché. Cherchez parmi mes livres deux volumes in-8°, brochés en carton vert, p. l. cour. Lett. 1, 12. || 3° Travail broché, travail fait à la hâte et mal.
BROCHÉE (bro-chée), s. f. || 1" La quantité de viande qu'on fait rôtir à une broche en une fois. Il 2° Quantité de mèches ou de chandelles placées sur une broche.
— étym. Brocher.
BBOCUER (bro-ché), v. a. || 1° Passer, en tissant, des fils sur le fond uni d'une étoffe, pour y former des dessins. Brocher une étoffe d'or et d'argent. H En termes de blason, brochant sur le tout, se dit des pièces qui, brochées sur d'autres, pa d'un côté de l'écu à l'autre. Il porte d'azur au lion d'or, à la fasce de gueules brochant sur le tout. Il Fig. Brochant sur le tout, en outre, de plus, comme complément. Il a mal parlé de vous, et, brochant sur le tout, il vous a desservi auprès du ministre. || 2° Coudre ensemble les feuilles d'un livre préalablement pliéi mettre une couverture
de papier. || 3" Familièrement, faire sans soin, ou, simplement, faire à la hâte. 1 1 1 êc ilier broc devoirs. J'ai broché un sous-seing comme j'ai pu; il fallait bien signer quelque chose, r. l. cuir. Lett. n, 197. Et qui vous dit, mes dii que je brochais un drame? volt. Leur. d'Argenlal, 13 juillet 1763. Il 4" Terme de maréchal. Enfoncer
RRO
BRO
RRO
k coups de brochoir les clous à travers les trous du fer et la corne, pour fixer le fer du cheval et du filer les épingles dans les anneaux qui en - têtes. || Terme de boucherie. Pratiquer des trous dans la peau du bœuf assommé, afin de || Terme de couvreur. Brocher la tuile, la passer entre les lattes pour que le couvreur l'ait tous la main. || 5" Donner un léger binage à la vigne. || 6" V. n. Pousser, en parlant d'un arbre nouvellement planté. Cet arbre commence à brocher. l'eu usité.
— HIST. xi° s. Son cheval [il] broche [pique], et monte en un larriz, Ch. de Itol. lxxxvii. || xuc s. Le destrier [ilj broze [pique], il cort par tel randon.... Uonc. p. 52. Il broche le cheval, de lui ferir s'atire, Sas. x. De l'ost se partent trois glouton pautonnier, De ci al bore ne finent de broichier, Raoul de C. 87. || xme s. Mère, de quoi me chastiez? Est-ce de coudre ou de taillier ? Ou de filer ou de broissier?Ousec'est de trop sommeillier"? Romancero, p. 54. Atant es vous un message broçant à espourons qui descendi as degrés de la sale, et monta amont et demanda le roi, Chr. de Bains, p. 65. || xv' s. [On vit] les deux chevaliers partir de leur lez, et brocher leurs chevaux des
is rudement, et porter leurs lances arréement, froiss. nr, iv, 12. Lors se retourna-t-il le glaive au poing devers ses ennemis; aussi firent les deux frères et plusieurs autres compagnons, et brochèrent aux premiers venans, m. i, i, i"7. || xvr"s. Qu'ils débridassent leurs chevaux et brochassent à toute force des espérons, mont, i, 3C7. Le cheval du tyran, qui estoit courageux et fort, et d'avantage se sentoit broché des espérons d'une part et d'autre jusques au sang, se bazarda de vouloir franchir le fossé, amyot, Pltilop. 17. Hz brochèrent leurs chevaux des espérons l'un sontre l'autre, les espées aux poings, avec grands cris, m. Eum. 13. Et estoit vestu de robbes de pourpre brochées d'or, id. Démétr. 57. Puis en brossant [éperbnnant] les lianes de son bayard,
— étym. Rroche; provenç. brocar, brochar; ital. hroccare. On remarquera dans l'historique que le ch est souvent remplacé par ss; probablement par une confusion avec brosse, brossailles (voy. ces mots). On y verra aussi que tous les sens de brociier se rapportent sans peine à piquer avec une pointe ou broche.
BROCHET (bro-chè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Ys se lie : des brochè-z énormes; brochets rime avec traits, jamais, succès, paix), s. m. Poisson d'eau douce, du genre des ésoces (mangeurs). Le brochet est très-bon à manger; mais ses œufs ont quelquefois une action pu.gative analogue à celle des œufs du barbeau. Ma commère la carpe Avec le brochet son compère, la font. Fabl. vu, 4. || Brochet carreau, celui qui a plus de dix-huit pouces entre œil et bat.
— HIST. xiii' s. Quiconques est pescheur des eaues le Roy, il puet prendre toute manière de poisson fors quatre, c'est à savoir broches, barbeauz.... Lie. des met. 202.
— ÉTYM. Broche, à cause de la forme allongée de sa tète. L'ancien nom du brochet était lus, du latin lucius.
| BROCHETER (bro-che-té), je brochette, je brochetais, je brochetai, je brochetterai, je brochetterais, v. a. || 1" Fixer avec des brochettes. || 2" Terme de marine. Mesurer, à l'aide de brochettes fixées de place en place, certaines parties des navires.
— ÉTYM. Brochette.
t BROCHETEUR (bro-che-teur), s. m. Ouvrier qui brochette.
BROCHETON (bro-che-ton), s. m. Petit brochet.
— HIST. xiv' s. Espaules de mouton farcies, brochetons à un rebouly, Ménagier, il, 4. || xvie s. J'ay tendu pour ung brocheton, mais je pense que je prendray une gienouille, palsgravk, p. 602.
-- étym. Diminutif de brochet.
BROCHETTE (bro-chè-f) , s. f. || 1° Petite broche de fer qui maintient les grosses pièces de viande, en se fixant dans un trou de la broche principale. || Petite broche servant ;ï faire rôtir de petites pièces de gibier, des rognons ou de petits poissons, etc.. Brochette d'éperlans, d'alouettes. "Des mauviettes enfilées dans des brochettes d'or, volt. Babyl. 3. || 2° Petit bAton pour donner la becquée aux pelits oiseaux. Élever des oiseaux à la brochette. || Fig. Élever un enfant a la brochette, l'entourer de beaucoup de soins, l'élever avec trop de délicatesse et de mollesse. || 3° Petite broche qui sert à tenir le moule des boutons. || Terme d'imprimerie. Fiches oui tiennent la frisquette accolée au grand tympan. || Au plur. Rognures de peau de mouton et de veau
qui servent à faire une colle employée dans la peinture en bâtiment.
— HIST. xive s. Et doit estre pendue une brochette à une cordelette, de laquelle on doit manie]', raplanier le faulcon, Modus, f° lxxviii. Foies rostis en une brochette sur le gril , Ménagier, il, 5. || xvie s. L'on usoit de petites brochettes de fer, au lieu de monnoye, dont est encore jusques aujourd'huy demouré le nom d'obole en usage, qui signifie en langage grec broche, amyot, Lysand. 32.
— ÉTYM. Diminutif de broche; picard, brokette; wall. brokète; provenç. broqueta.
BROCHEUR, EUSE(bro-cheur, cheû-z'), s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui broche des livres.
— ÉTYM. Brocher.
BROCHOIR (tro-choir) , s. m. Terme de maréchal. Marteau qui sert à enfoncer les clous dans la muraille, et à fixer le fer sous le pied du cheval.
— étym. Brocher.
BROCHURE (bro-chu-r'), s. f. \\ 1° Action de brocher des livres. || 2° Etat de brocheur, de brocheuse. 11 est dans la brochure. || 3° Petit ouvrage de peu de feuilles et qui n'est que broché. Ils font contre vous des brochures que vous ne lisez pas, volt. Jeannot. Presque toutes les brochures de nos jours ressemblent à cette foule innombrable de moucherons qui meurent après avoir bourdonné un jour ou deux, volt. Letl. Pierre Rousseau, 19 nov. 1764. || 4° Se dit des figures et des ornements qu'on ajoute au fond d'une étoffe, nommée alors étoffe brochée.
— ÉTYM. Brocher.
BKOCOLI(bro-ko-li), s. m. Chou d'Italie. Un plat de brocolis. || Petit rejeton que le tronc d'un vieux chou pousse après l'hiver.
— ÉTYM. Ital. broccoli, pluriel de broccolo, tendron, rejeton, debrocco, rejeton, proprement branche pointue, pique, de même radical que broche (voy. ce mut).
[BRODE (bro-d'), s. f. Cordon uni et serré sur les traces (dentelle à réseau, point d'Alençon).
BRODÉ, ÉE (bro-dé, dée), part, passé. || i° Un mouchoir brodé. J'en connais d'autres qui se sont bien trouvés d'introduire dans les conversations des choses inanimées, et d'y faire parler leur habit brodé, leur perruque blonde, leur tabatière, leur canne et leurs gants, montesq. letl. pers. 82. || 2° Amplifié. Le récit brodé par le narrateur.
BRODEQUIN (bro-de-kin), s. m. || 1° Chaussure antique qui couvre le pied et une partie de la jambe. Dès que la belle Aurore eut annoncé le jour, le fils d'Ulysse mit ses brodequins, fén. xxi, 457. Eudore attache à ses pieds des brodequins gaulois formés de lapeau d'une chèvre sauvage, chkieavb. Martyrs, 99. || 2° Chaussure à l'usage des acteurs qui jouaient la comédie. Eschyle dans le chœur jeta les personnages, D'un masque plus honnête habilla leurs visages, Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé, boil. Art p. ni. || Fig. La comédie. Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique ; Reprenons au plus tôt le brodequin comique, boil. Sat. x. || Chausser le brodequin, composer une comédie, jouer la comédie. || 3" Bottines à l'usage des femmes et des enfants. Gageons que son brodequin Nous cache un pied de bouquin [diable], bérano. Gott. || 4° Rougeur des pieds après un bain de pieds. Prenez le bain de pieds assez chaud pour qu'il se produise un brodequin. 1 1 5° Au plur. Brodequins, nom d'une espèce de torture, où l'on serrait les jambes du criminel entre des pièces de bois, avec des coins, sur lesquels on frappait pour augmenter le serrement. || 6" Terme de manège. Sorte de petits bas à étrier à l'usage des jeunes académistes, et qui faisaient que la botte, bien remplie, ne grimaçait pas.
— HIST. xve s. Le roy Richard mort, il fut couché sur une litière, dedans un char couvert de brodequin tout noir, froiss. liv. iv, p. 348, dans lacurne ste-palaye. Sur iceux chevaux avoit deux pages houssez de petits brodequins jaunes et sans espérons, olivier de la marche, Mém. liv. il, p. 534, dans lacurne ste-palaye. || xvie s. Elleseleva toute seule et print des brodequins et son manteau , marg. .Votai, xv. Et, après qu'il eut fermé la porte et osté sa robe et ses brodequins fourrés, s'en alla se mettre au lit. id. ib. xviii.
— ÉTYM. Espagn. borcerjui; ital. borsacchino; du flamand broseken, anciennement brosekin, d'après Diez qui soupçonne que le mot flamand a été formé debyrsa, cuir, par interversion. Brodequin, dans l'ancien français, a signifié une sorte de cuir.
BRODER (bro-dé), v. a. l| i" Faire avec l'aiguille, sur une étoffe, des dessins, des ouvrages en relief. Broder un chiffre, une fleur. Broder de soie, d'or.
Broder au crochet, au tambour. || Absolument. Ello s'use la vue à broder. || Fig. La fleur capucine brodo de ses chiffres de pourpre les mur.s sacrés, chateaubr. Génie, ni, v, 2. || 2° Ecrire d'une écriture perlée et parfaitement formée, de manière à flatter l'œil. || 3° Fig. et familièrement, amplifier, embellir un récit. Broder une histoire, un conte. Cette princesse vous écrit de sa belle écriture, elle m'a montré la belle morale qu'elle vous a brodée, sév. 443. Qu'un autre.... Brode encor des fables antiques, .le veux de neuves vérités, volt. Ép. 47. Ne se permettre aucune fiction, ne broder aucune circonstance, j. j. rouss. Prom. 4. || Absolument. Il brode à merveille, il sait embellir ses récits. Broder sur un texte, amplifier un récit, une nouvelle. Même on dit que l'hymen d'elle et de son amant, De cette intrigue enfin fut l'heureux dénoùment. —Ah! vous brodez, monsieur, andrieux, les Étourdis, II, 12.
— étym. Wallon, brosder; provenç. broydar-; catal. Iirodar; espagn. bordar ; bas-latin, brusdus, brustus, brosdus , brodé, dans de très-anciens textes. On a rapporté broder à bord, parce que la broderie est une bordure. Mais il y a dans le celtique : basbreton, broud, aiguillon, brouda, aiguillonner, piquer, broder; kymri, brodio; anglais, brailler; ce qui donne une étymologie suffisante pour la forme et pour le sens. Le wallon brosder, le bas-latin brustus, brosdus, ont un autre radical, mal déterminé, qui est peut-être, d'après Diez, le gothique bruzdôn, piquer.
BRODERIE ( bro-de-rie), s. f. || 1" Ouvrage que l'on fait en brodant. "Broderie au métier. Broderie de soie, d'or. Une étoffe ornée de broderies. Dans un camp si pompeux, des guerriers si bien mis, Tant d'habits comme au bal chargés de broderie, Et parmi des canons tant de galanterie, corn, les Victoires du Roi. Prince, si vous avez de la broderie, les valets de chambre en porteront, fén. xxii, 275. || 2° Fig. Ce qu'on ajoute pour amplifier ou embellir un récit. Comment, dans ce récit, distinguer du fond la broderie? Aquaviva manda d'être en garde contre tout ce qui viendrait des Français, avec force broderies pour appuyer cet avis, st-sim. 456, (73. Plutarque n'a choisi que des parcelles de l'histoire romaine; lorsque nous rejoignons au tout les membres qu'il en a séparés, sa broderie passe de beaucoup le riche fond des autres écrivains, le p. catrou, dans l'abbé desfont aines. || 3° Terme de musique. Ornements, c'est-à-dire notes que le musicien ajoute à sa partie dans l'exécution.
— HIST. xive s. Se le lit est couvert de sarge, de broderie ou couste-pointe de cendail, Ménagier, H, 4. || xve s. Le temps a laissié son manteau De vent, de froidure et de pluye, Et s'est vestu de brouderie De souleil luisant . cler et beau, ch. d'orl. Hond. Les aornemens des sales, chambres d'estranges et riches brodeures à grosses perles d'or et soyes à ouvrages divers, christ, depisan, Charles V , i, ch. 20. || xvie s. Il prand sur son harnoys sa casaque de toille d'or à broderie de feuilles moresques de velours noir, carl. vi, 15.
— ÉTYM. Broder.
BBODEUR, EUSE (bro-deur, deû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui brode. || Brodeuse, celle qui s'occupe du contour du dessin et recouvre toute la trace (point d'Alençon, dentelle réseau). || Autant pour le brodeur, se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi à un récit.
— HIST. xme s. Il n'est orfèvres ne lormiers, Esmailleurs, broudeurs ne seliers, -Dit des Peintres. Sachent tuit cil que il est acordé et ordené de tout le commun des broudeeurs et des brouderresses de la ville de Paris, especialeraent de Jehanne.... [iti. des met. 379. || xvie s. Argentiers, fourriers, brodeurs, apotiquaires et barbiers, carl. iv, 10. Bordeur que nous employons pour un insigne menteur, quand, un homme nous ayant payé d'une bourde, nous en souhaitons autant pour le brodeur, pasquier, Recherches, liv. vin, p. 753, dans lacurne stepalaye.
— étym. Broder.
f BRODOIR (bro-doir) , s. m. Métier à galons. || Petite bobine pour broder.
— étym. Broder.
f BROGUES (bro-gh') , s. f. ]>!i<r. Nom de souliers à courroies des montagnards écossais.
BROIE(broî), s. f. || 1° Instrument propre à broyer la tige du chanvre et du lin pour détacher la filasse de la chènevolte. || 2° Brisoir, sorte de machine employée dans les exploitations rurales.
— étym. Broyer.
BROIEMENT ou BROÎMENT (broî-man; la pro-