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RETZ, IV

— ÉTYM. Voy. BROSSER 2.

t. BROUSSIN (brou-sin), s. m. Excroissance qui vient à quelques arbres, et particulièrement aux érables,et dont on se sert dans la tabletterie.

— HIST. xiiie s. Lors vont laver et puis mengier; La table sist sur deux coissins; Desor la nape ot deux broussins, Où il avoit cierges d'argent, Fabliaux mss. p. 264, dans lacurne. || xves. Un baston noullu [noueux] à plusieurs broz, du cange , broca. ||xvie s. Couteaulx à manches de brossin, de laborde, Émaux, p. 232.

— ÉTYM. Diminutif de broz ou broc, nœud, c'està-dire pointe, autre forme de broche.

f 2. BROUSSIN (brou-sin), s. m. Fromage délayé dans du vinaigre et du poivre, sorte de mets.

— Étym. Brousse.

t BROUSSURE (brou-su-r'),s. f. Carie du froment.

BROUT (brou) , s. m. || 1° Pousse des jeunes taillis au printemps. j| 2° Terme de vétérinaire. Mal de brout, maladie atteignant les animaux qui mangent le brout.

— HIST. xiii' s. Li sainglers encraisse.... De nois, de glans et de favine, Le brost desdaigne et la racine, Partonopex, 528. ||xve s. Si vient guerre, mort ou famine, Dont Dieu nous gard, quel train, quel mine Ferons nous pour gaigner le broust? villon, Bailler. et Malep. ||xvr s. Ils estoient la plus part du temps sans manger un jour entier, et leurs chevaux sans manger autre chose que du broult, m. du bell. 424. Ceulx qui ne bougent d'alentour des tables plantureuses et friandes, qui ne cherchenl que le broust, comme l'on dit, amyot, Comment dise, le flatt. 7.

— ÉTYM. Bourguig. brou, bourgeon; provenç. brèt, brolo; espagn. brote, brota. il y a deux fuîmes de ce mot : le provençal et espagnol sans s, et

BRO

le français broust avec s. Le premier se rapporte à l'ancien haut-allemand, broz, bourgeon; le second à l'ancien saxon, brustian, bourgeonner.

t BROUTAGE (brou-ta-j') , s. m. Terme de céramique. Soubresaut qu'éprouvent les blocs dans les moules.

— ÉTYM. Voy. brouter.

BROUTANT, ANTE (brou-tan, tan-t'), adj. Qui broute. Les bêtes broutantes, le cerf, le daim, la biche, etc. Ce roi vit un troupeau qui courait tous les champs, Bien broutant, en bon corps, la font Fabl. x, )0.

BROUTÉ, ÉE (brou-té, tée), part, passé. L'herbe broutée par les moutons.

f BROUTEMENT (brou-te-man), s. m. || 1- L'action de brouter. || 2" Terme de métier. Saccade qu'éprouve le tour à guillocher ou godronner.

— hist. xvi" s. Broutement, dans oudin.

— ÉTYM. Voy. brouter.

BROUTER (brou-té), v. a. || 1° Manger sur place l'herbe ou les feuilles des arbres. L'agneatt broute le serpolet, La chèvre s'attache au cytise, lamart.

Ilarm. I, 7 le cerf hors de danger Broute sa

bienfaitrice [la vigne] ; ingratitude extrême, la font Fabl. v, f 5. || Par extension. Nous [abeilles] ne broutons que des fleurs odoriférantes; nous ne faisons que du miel délicieux, fén.xix, 46. Tandis que des hommes créés à l'image de Dieu et rachetés de tout son sang, broutent l'herbe comme des animaux, auriez-vous la force d'y être le seul heureux? mass. Carême, Aumône. || Absolument. Dès que les chèvres ont brouté, Certain esprit de liberté Leur fait chercher fortune.... la font. Fabl. xn, 4. || Fig. et familièrement. L'herbe sera bien courte s'il ne trouve de quoi brouter, se dit de celui qui sait vivre, se tirer d'embarras là où d'autres ne le sauraient pas. || 2° Terme de métier qui se dit d'un outil ne coupant pas le bois nettement, et en rendant la surface inégale, par comparaison avec l'effet de la dent des animaux qui broutent. || Proverbe. Où la chèvre est attachée il faut qu'elle broute, se dit pour exprimer que le mieux est de se conformer à son sort, à sa situation, à la nécessité.

— HIST. xne s. Plus que la chievre ne s'apese Des chous bruster, s'ele en a ese, benoît, h, 12655. || xive s. Dame, dist Bauduins, par la vertut discrée, Kievre convient brouster là où est assenée, Baud. de Seb. x, 3i7. || xvr2 s. Sus, grand toreaux, et vous brebis petites, Allez au tect, assez avez brousté, marot, iii, 303.

— ÉTYM. Wallon broster; bourguignon, brôttai; provenç. brostar, brouter, ronger, brost, rongé (voy. brout). Brouter, dans le sens de mal couper, a donné dans les métiers broutement et broutage, au sens de saccade.

BROUTILLES (brou-ti-11', Il mouillées , et non brou-ti-ye), s. f. plur. || 1° Menues branches. || Au sing. Terme d'hortic. Bourgeon axillaire'fdelavigne]. || 2° Fig. et familièrement, futilités, petites choses inutiles et de peu de valeur. Il n'est occupé qu'à des broutilles. || Au sing. Amelot en était [des conseils], qui, à vrai dire, leur laissait la broutille ou les choses résolues, et faisait tout, ou seul ou avec la princesse des Ursins, st-sim. 243, 233.

— ÉTYM. Diminutif de brout. L'ancien français avait brousteler, diminutif de brouter.

f BROUTURE (brou-tu-r'), s. f. Branche broutée.

— hist. Kvie s. Par mesme remède sera guéri le venin provenant de la morsure des chèvres et autres bestes, après en avoir taillé les branches par dessous les broutteures, o. de serres, 197.

— ÉTYM. Brouter.

f BROWNIEN, 1ENNE (brô-niin, niè-n'), adj. Terme de médecine. Qui appartient au browni-::,

f BROWNISME (brô-ni-snr) , s. m. Système hypothétique de médecine, dans lequel, regardant la vie comme produite par l'excitabilité, on considéra ; les maladies comme produites par un excès ou pai un défaut de cette excitabilité.

— ÉTYM. Broun, médecin écossais de la fin du xvme siècle.

f BROWNISTE (brô-ni-sf), s. m. Médecin qui était partisan du brownisme.

f BROYAGE (bro-ia-j' ou broi-ia-j'), i. m. Action de broyer.

— ÉTYM. Broyer.

f ). BROYE (broî), s. f. Instrument en bois pôui rompre le chanvre et séparer la filasse de la chêne votte.

— étym. Broyer.

f 2. BROYE (broî), s. f. Terme de blason, qui signifie certains feston i dans des situations variées.

BKU

BRU

BRU

j 3. BROYE (broî), s. f. Voy. braye.

BROYÉ, ÉK, (bro-ié, iée; plusieurs disent broiié), part, passé. Son corps broyé par le wagon. || Pain broyé, petit pain de fine farine que les boulangers faisaient pour leur chef-d'œuvre quand on les recevait maîtres. || Fig. Cet embonpoint des plus brillants Est pétri de mets succulents Et broyé de vin de Champagne, regnard, Souhaits, 3.

t BROYEMENT (broî-man et aussi bro-ie-man), s. m. Action de broyer.

— ÊTYM. Broyer.

BROYER (bro-ié; plusieurs disent broi-ié), je broie, tu broies, il broie, nous broyons, vous broyez, ils broient; je broyais, nous broyions, vous broyiez; je broierai ; je broierais; que je broie, que nous broyions; que je broyasse; broyant, v. a. Réduire par l'écrasement en très-menues parcelles. Broyer une drogue dans un mortier. Les dents molaires broient les aliments. La lithotritie est une opération par laquelle on broie la pierre dans la vessie. Seigneur, je broie la ciguë, bern. de s. -p. Mort de Socr. Dieu! quelle masse au loin semble, en sa marche immense, Broyer la terre sous son poids, v. hugo, Odes, i, 6. || Broyer des couleurs, broyer des substances colorantes pour la peinture. Croyez-vous qu'un grand peintre passe son temps à broyer des couleurs et à préparer ses pinceaux? fên. Tél. xxn. L'autre broie en riant le vermillon des moines, boil. Lutr. n. Quelle main sur la terre en broie la couleur? Régnier, Sat. ix. || Fig. et familièrement. Broyer du noir, s'abandonner à de tristes et sombres pensées.

— HIST. xni" s. Broies les nois avoec sel et avoec oignons, et en faistes emplaistre, alebrant, f" 55. Atant cueilli en la gaudine Jehans d'une erbe la rachine ; Si l'a au pomel de s'espée Broiie et d'auwe destrempée, Bl. et Jeh. 35<G. ||xvie s. La teste desdits os a fait autre lieu ou cavité tenant la place desdits os, laquelle est broyée et calleuse, paré, xiv, 5.

— étym. Berry, broyer, brèyer; angl. tobray, écraser. Origine ultérieure inconnue; en l'absence de tout renseignement on peut conjecturer une dérivation de l'ancien français brai, boue : réduire en boue, bioyer; ou un rapprochement avec le provençal bregar., frotter, comme fricare a donné frayer ou froyer; ou avec leGoth. brikan, rompre.

BROYFX'R (bro-i-eur; plusieurs disent broi-ieur), s. m. Celui qui broie. Broyeur de chanvre. || En langage d'atelier, broyeur d'ocre, mauvais peintre.

— HIST. xvie s. Broyeur, cotgrave.

— ÉTYM. Broyer.

1. BROYON (bro-ion; plusieurs disent broi-ion), s. m. Terme d'imprimerie. Espèce de molette en bois qui sert à prendre l'encre et à l'étaler, quand on fait usage de balles, au lieu d'employer le rouleau.

— ÉTYM. Broyer.

f 2. BROYON (bro-ion), s. m. Terme de chasse.

Voy. BRAYON.

BRU (bru), s. f. Femme du fils par rapport au père et à la mère de ce fils. Quiconque à son mari veut plaire uniquement, Ma bru, n'a pas besuin de tant d'ajustement, mol. Tart. i, i.

— HIST. xii° s. Tant com s'entreamerunt et li fiz et li père; E li dui amerunt e la broiz e la mère, Th. le mart. 4 63. || xvr s. La bruz qui a survécu aura douaire sur les biens de celuy des dits père et mère qui auroit consenty le dit mariage, Coustumier général, t. u, p. 590, dans lacurne. Nous disons la bru et le brumen , aulieu de fiancée et fiancé , fabry, Art de rhét. liv. i, f° 7, recto, dans lacurne.

— ÉTYM. Norm. bru, nouvelle mariée; de l'aliemand : goth. bruths; ancien haut-allem. brut; allem. moderne, Braut; angl. sax. bryd ; angl. bride, fiancée, nouvelle mariée. L's dans les anciens textes provient de formes allemandes qui avaient une s.

BRUANT (bru-an), s. m. Voy. bréant.

— HIST. xvie s. La linotte hait tellement le bruant, que l'on tient pour asseuré que leur sang ne se mesle jamais, paré, Animaux, 2t.

f BRÙANTIN (bru-an-tin), s. m. Sorte d'oiseau dit aussi mangeur de riz.

BRUCELLES (bru-sè-F), s. f. plur. Terme d'arts. Sorte de petites pinces à ressort servant à prendre, à tenir de petits objets.

— ÉTYM. Origine inconnue.

r HRUCIIE (bru-ch'), s. m. Sorte de coléoptère qui attaque les grains; le bruche des pois (bruclius pisi).

— ÉTYM. Bruchus, hanneton, du grec (iç/o^xoç. ï BRUCINE (bru-si-n'). s. f. Terme de chimie.

Nom d'un alcaloïde qu'on nomme présentement vomicine (voy. ce mot).

— ÉTYM. Brucée (brucea antulysenterica), d'où on croyait à tort que provenait la fausse auguslure, qui fournit la brucine.

BRUGNON (bru-gnon) , s. m. Espèce de pêche ou de pavie à peau lisse.

— HIST. xvie s. Les deux briguons, gros et petit (sorte de prunes; —alias : groignon, espèce d'auberge), o. de serres, 683. Je paisteray ma dent et mes yeux Du rouge esclat de la pavie, Encore en ce brignon muscat Dont le pourpre est plus délicat, Jeu de Théophile, 3e partie, p. <50, dans lacuhxe.

— ÉTYM. Bourguig. breugnon. 11 y a dans l'italien brugna et prugna, prune, dans le milanais brugnoca et brugnôlo, dans le portugais brunho, même sens. Brugnon est de même racine; et ces mots conduisent à un radical prunea, dérivé de prunus, prunier (voy. prune). Le changement de p en b ferait grande difficulté dans le français, si l'italien ne servait ici d'intermédiaire. Groignon, qui se trouve dans Olivier de Serres, répond à l'espagnol gririon, abricot-pêche, mais tient à un autre radical. On disait dans le xvie siècle brignon, qui se dit encore mais n'est plus qu'un provincialisme.

BRUINE (bru-i-n'), s. f. Petite pluie très-fine et froide. Une rosée qui ressemblait à la bruine qui tombe sur la terre, volt. Phil. iv, t43. Ils se convertissent en bruine ou gelée blanche, desc. Météor. 6.

— HIST. xiic s. Une broïne commence à espoissier, Qu'on ne pooit veoir ne charoier, Li coronemens Looys, 2295. ||>xiir s. 0 vos, rosées et broïne, beneissiez à vostre seigneur, Psautier, f" 192. Et le joedi après, par un poi de bruin, Vœux du paon, f" so, dans Chevalier au cygne, Glossaire. 11 sont issu à camps [champs] , mais il faisoit bruine ; Falos, cierges, brandons et feux les enlumine, ib. Ne guerre ne bruin [querelle], Chevalier au cygne, v. 5280. Mettre en bruine [en querelle] , ib. v. 31941. Ils veoient la.montaigne pardessus la bruine, joinville, 282. Celi samedi leva une bruine et descendi de la terre sur la mer, et pour ce cuiderent nos mariniers que nous feussions plus loing 'le l'ille de Cypre que nous n'estions, joinville, 283. || xive s. La nuit y ot bruine, grande fu l'oscurtez; Encor veoient po quant solaux fu levez, Guesc 'illl . Le crestien [je] matai et mis à grant bruine, Bauà. de Seb. il, 21. ||xv° s. Or fut dit au roi de Castille.... Sire, sire, entendez à nous.... car une bruine [au figuré] trop felle et périlleuse se nourrit entre vous et le duc de Lancastre, froiss. ii, m, 109. Et la bruine chue [tombée], id. h, n, 197. Il faisoit si grand bruine qu'on ne pouvoit voir un demi

bonnier de terre loin, id. i, i, i 34. || xvie s Vit

eslever bruynes et frimatz Qui procedoientd'un vieil gouffre aquatique, J. marot, v, 60. Et tomba tant de bruine et de grésil, que les vignes et les olives gelèrent, amyot, Démétr. t5. Les bruines causent aux raisins des picotures noires, dont ils périssent, o. de serres, t54. Les costeaux soleillez de pampre sont couvers, Mais des hyperborés les éternels hyvers Ne portent que le froid, la. neige et la bruine,

DU BELLAY, VI, 6, reCtO.

— ÉTYM. Bourguig. bruène; picard, breuaine, brouaine; wallon , brouhène ; nàmurois, bruhène ,bruivène ; rouchi, bruène. On a indiqué le latin pruina , gelée blanche ; mais le passage du p au b est toujours difficile à admettre en français ;de plus bruine veut dire non pas gelée blanche, mais brouillard qui tombe; c'est le sens actuel et. le sens des anciens textes. A la vérité, le sens de gelée blanche se trouve dans l'italien brina, provençal moderne brino, breino, milanais prinna, qui probablement viennent du latin pruina, et qui peuvent servir d'intermédiaire entre le p et le b, comme l'italien en sert pour brugnon avec prunus ; quant au sens, passer du brouillard qui tombe à la gelée blanche qui en résulte souvent est une métonymie admissible. On a dit bruin au masculin. Bruine a eu le sens de querelle, tumulte, comme on le voit dans un exemple de Froissart ; il y en a aussi des exemples plus anciens : c'est un sens figuré, sans doute analogue à celui de nuage, quand nous disons : il y a un nuage entre nous. Grandgagnage le tire du celtique bru, pluie.

BRUINÉ, ÉE (bru-i-né, née), part, passé. Des blés bruinés, blés gâtés par la bruine. Usité seulement en ce sen >.

t BRUINEMENT (bru-i-ne-man) , s. m. Action de bruiner; le résultat de cette action.

— HIST. xvie s. Bruinement, cotgrave.

BRUINER (bru-i-né), v. impers. Il se dit de la

bruine qui tombe. Il bruine, il a bruiné toute la matinée. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xvie s. Friteaux bruinés [saupoudrés] de sucre candy, cotgrave.

— étym. Bruine ; wallon, brouhiner; nàmurois, bruliinrr, bruwiner; rouchi, bruiner.

f BRUINEUX, EUSE (bru-i-neû, neû-z'), adj. Qu tient de la bruine.

— HIST. xve s. Air bruineux et couvert, christ de pisan, Charles V, part, n, ch. ).

— ÉTYM. Bruine.

] BRUIR (bru-ir), v. a. Terme de métier. Imbiber une étoffe de vapeur pour l'amollir.

— ÉTYM. Comparez l'étymologie qu'on propose pour brouée.

BRUIRE (bru-i-r'. Autrefois, dans bruire, brut était monosyllabe comme dans bruit; aujourd'hui il est dissyllabe), i'. n. Verbe défectif, usité seulement à l'infinitif ; au présent singulier de l'indicatif ; je bruis, tu bruis, il bruit; à l'imparfait : je bruyais, et les autres personnes; au futur et au conditionnel ; je bruirai, je bruirais; et aux temps composés : .il a bruit. || 1" Rendre un son confus. Le vent bruit dans la forêt. Les serpents à sonnettes bruyaient de toutes parts, chateaubr. Atala, 252. Mais quoi! n'entends-je pas, avec de sourds murmures, De ta base à ton front bruire les armures, Colonne....? v. hugo, Odes, m, 7. || 2° Faire bruire, faire retentir. || Fig. Faire bruire ses fuseaux, faire grand bruit dans le monde. Vous voyez depuis un temps que le vin émétique fait bruire ses fuseaux, mol. Festin, ni, i.

— REM. L'imparfait ancien et grammatical de bruire est je bruyais; toutefois l'usage commence à en introduire un autre : Les insectes bruissaient sousl'herbe, bernardin de st-pierre, dans giraultduvivier ; La ville.... Bruissait à ses pieds comme une ruche pleine, Lamartine. Ce serait absolument un barbarisme si cet imparfait ne s'appuyait sur son analogie avec bruissement. Pour que bruissement se soit établi, il faut supposer une conjugaison irrégulière et fautive, quiapris ce verbe commesi, s'écrivant bruir, il se conjuguait sur finir, et d'après laquelle l'imparfait je bruissais s'est formé. C'est de la même façon qu'on a fait un participe bruissant, et un subjonctif que je bruisse. Ce sont des procédés que l'usage tente pour combler les lacunes du verbe bruire devenu à tort défectif.

— HIST. xne s. Bruient h mont, et li val resona,

Bonc. p. 85. || xme s Et jure entre ses denz Que

quiconques il doie nuire, Si fera il ses grenons [mâchoires] bruire Ou de chapons ou de gelines, lien. 50)2. Vers une rivière m'adresce Que j'oï près d'ilecques bruire, la Bose, 105. Car quant el [Peur] ot bruire le vent, Ouele ot saillir deuslangotes [sauterelles], Si l'en prennent fièvres et gotes, ib. 3896. La rivière qui bruit, ruteb. 251. Tiex gens ne vont pas seuls en enfer le puant, Que leurs hoirs et leurs famés vont après eus bruant, Où il ne trouveront qui les aille chuant [choyant], Ains seront tuit ensemble tormenté li truant, j. de meung. Test. 1982. || xvie s. Et qu'il n'y ait gros canon raccourcy, Qui ceste nuit ne bruye par outrance, marot, II, 296. Tu dois en los par sus Mercure bruire, id. il, 378. Un cler ruisseau bruyant près de l'umbrage, id. m, 293. Sans fin bruira le nom et gloire de ce roy nompareil, id. iv, 299. Si faut-il toutefois que Bellay s'esvertue, Aussi bien que la mer, de bruire ta vertu, dubell. vi, 43, verso. Les grosses citez, que font-elles, sinon tirer tous les profits qu'elles peuvent, faire bruire leurs privilèges, et jetter sur le pauvre peuple champestte toutes les charges et les misères? lanoue, (3. La jeunesse de la cour bruyoit de ce voyage et s'en rejouissoit, carl. iv, to. Dès aujourd'huy je feray bruyre [annoncer] mon partement de ce lieu. id. vi, 40. Si commencèrent adonc les Romains a faire bruire des bassins et autres vaisseaux de cuivré, amyot, P. Mm. 29. 11 me dist que c'estoient toutes bayes ce qu'on bruyoit par deçà de la licorne , paré, Mumie, 7.

— ÉTYM. Provenç. bruzir, brugir; anc. catal. brugir; ital. bruire. Ménage propose, et Diez incline à admettre rugire, rugir, avec l'addition d'un b pour renforcer le mot. Il y a dans le celtique : basbreton, bnîd, bruit;kymri, broth; irland. bruia

qui sont tentants, maison ne voit pis comment, de ces mots, le g qui se trouve dans le provençal e talan serait venu. Bruire a été actif dans le xvi* siècle. f BRUISINER (brui-si-né), v. a. Moudre en gros le grain germé, dans les brasseries.

— ÉTYM. Dérivé de l'ancien verbe bruisier, bruser, qui signifiait briser, broyer; angl. tu bruise, et qui paraît se rapporter à l'anglo-saxon brysan.

BRU

f BRUISSANT, ANTE (bru-i san,san-t'),adj Qui bruit. - li fifre aigu, la trompette sonore Et les longs te du bruissant tambour, masson, in. La petite ville d'Aix en Savoie, toute :; bruissante des ruisseaux île ses eaux ei iulfu euse >, i vmart. dans le Dict. de :, Les 1 •< de la mer qui apportent et remaillages bruissants, id. ib.

— ÊTYM. Nouveau participe (lu verbe bruire (voy.

incorrect etfait d'après bruissement.

BRUISSEMENT (bru-i-se-man) , s. m. Espèce de bruit confus. I e bruissement des vagues. Bruissement d'oreilles, bourdonnement qu'on y perçoit sans qu'il y ait aucun bruit extérieur. Entend-elle le bruissement d'un carrosse . la bruy. vu.

— ÊTYM. Bruire. Reçu, mais néologisme barbare du xviie s. Au xvt" s. Cotgrave dit bruiement.

BRUIT (brui; le t se lie : un brui-t injurieux; au pluriel ['s se lie: des brui -z injurieux), s. m. || 1° Mélange confus de sons. Les taureaux furieux n'auraient pas fait un bruit aussi affreux, fén. Tél. xv. Cette vieille lit du bruit aune porte, id. Tél. vin.Ils me fout un bruit enragé, sëv. 420. Les dieux mêmes,

ux de l'Olympe habitants, Qui d'un bruit si terrible épouvantent les crimes, rac. Phèd. iv, 6. Sa voix tumultueuse [du peuple] assez souvent fait bruit, corn. Hor. v, 3. Mes sœurs, j'entends du bruit dans la chambre prochaine, rac. Esther, n, 9. Le Rhin, tranquille et (1er du progrès de ses eaux, Appuyé d'une main sur son urne penchante, Dormait au bruit flatteur de son onde naissante, boil. Ép. iv. Il mesure au bruit des combats Tout le bruit de sa renommée, bérano. Bonheur. L'opéra toujours Fait bruit et merveilles, bërang. Musique. Queleséjour de l'homme est divin, quand la nuit De la vie orageuse étouffe ainsi le bruit1 i vmakt. Harm. n, 4. || Familièrement. Faire plus de bruit que de besogne,

plusqu'on n'agit. || Bruit de mer, nom donné au bruissement que l'on perçoit en appliquant une coquil e univalve contré l'oreille. || 2° Dires, nouvelles qui circulent dans le public. Bruits de bourse. Il y a des bruits de guerre. Il n'est bruit que de cela. J'ai fait semer ce bruit, corn. Hér. n, e. Un faux bruit s'j coula touchant la mort du roi, id. Rod. [, l. Crains-tu si peu le blâme et si peu les faux bruits0 id. Cid, m, 'i. C'est une chose étrange que les mauvais bruits qui courent de lui, sév. 4)4. Le bruit m un que je vais en Provence, id. 20. Un bruit qui courait d'elle en toutes ces provinces, la font. Fianc. J'ai rencontré un orfèvre qui, sur le bruit que vous cherchiez quelque beau diamant en bague.... mol. Mar. forcé, -r>. Ou qu'on tâche à semer de méchants bruits de vous, ïa.Mis. 1, I. Mille bruits en courent à ma honte, rac. Brit. iv, 2. Croyez-moi, hâtonsnous d'en prévenir le bruit, id. Baj. 1, 2. Un bruit

trange est venu jusqu'à moi, Seigneur, je l'ai trop peu digne de foi.... m. Iph. iv, 6. Au bruit que l'on menait Bélisaire au supplice.... rotr. Bélis. v, 7. Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace, boil. Disc, au roi. .1" fus soudain frappé du bruit de son trépas, rac. Mithr. 1, I. Déjà de ma faveur on adore le bruit, id. Brit. v, 3. Au bruit de sa marche, vertot, Rérol. rom. liv. xiv, p. 295. || Le commun bruit, la voix publique. Contraire en jugement au commun bruit de tous, Régnier, Sat. il. j| En jurisprudence, bruit public, commune renommée, qui peut tenir lieu de preuve. || 3" L'éclat que fait une chose dans le monde. Tout autre que moi Au seul bruit de ton nom pourrait trembler d'effroi, corn. Cid. 11, 2. Votre sévérité, sans produire aucun fruit , Seigneur, jusqu'à présent a fait beaucoup de bruit, id. Cwwia.iv, 4. Et je vous demandais quel bruit fait par La ville De Pompée et de moi l'entretien inutile, m. Sertor. iv, 3. Et de votre grand nom diminuer le bruit, rac. Mithr. III, I. Ils ont à soutenir le bruit de leurs exploits, id. Baj. I, I. Surtout ne craignez point qu'une aveugle douleur Remplisse l'univers du bruit de mon malheur, m.Bérén.

1, * Le bruit de sa fierté, id. Phèd. n, 1. La

beauté de Mlle Stwart commençait à faire bruit, hamilt. Gramm. G. Il n'était bruit que des charmes de Mlle Jennings, id. ib. 9. Cette nouvelle ne fait aucun bruit à Versailles, sév. 335. Ce livre fait un grand bruit, id. 480. Leur conversation a fait du bruit, id. 430. Il remplit l'univers du bruit de sa sainteté, ross. liist. 1, H. Il fait du bruit dans le monde, id. t , Prof. I. Les sociniensfont peu de bruit dans le monde, id. Avert. g. Ceci se passa avec peu de bruit sous son pontificat, pasc. Prov. (7. Cette opinion des jansénistes qui fait tant de bruit, id. Prov. t. L'habit est propre et riche, il fera du bruit ici , mol. M. de Pourc. 1, 5. Votre esprit fait du bruit, id. Vàch. n, 4. Les peuples tremblaient au seul bruit

BRU

de mon 1 1. fén. Tél. vm. La 'noire des armes est

un vain bruit, mass. Conty. Remplir tout l'unii ers du bruit de son nom, id. Car. Resp. humain. Vous prévoyez que cela fera du bruit, et moi, je vous réponds qu'il y a des conjonctures où le bruit est nécessaire, bourd. Pensée*, t. 11, p. 475. C'est peu d'expérience à conduire sa vie, De mesurer son aise au compas de l'envie, Et perdre ce que l'âge a de fleur et de fruit, Pour éviter un bruit, malh. v, 5. ....vous le savez si c'est depuis un jour Que l'histoire fait bruit du nom de Fatencour, hauteroche, Nobles de prorince , 1 , t . Force gens font du bruit en France; Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance, l\ font. Fabl. v, 21. || Faire grand bruit de quelque chose, y attacher de l'importance, s'en prévaloir. Nos catholiques font grand bruit de l'autorité de l'Eglise, j. j. rouss. Ém. iv. Il a fait un grand bruit de l'amitié qu'il a pour moi, sév. 238. Ces vertus dont vous faites tant de bruit, id. 605. La matière qui y est décidée, n'étant qu'un simple point de fait, est bien loin de mériter tout le bruit qu'on en veut faire, pasc. Prov. <9. Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, mol. l'rcf. du Tart. On se résout à le laisser périr sans en faire bruit, boss. Amb. 5. || Le bruit, le tumulte du monde. Se retirer, vivre loin du bruit. || 4° Réputation. Le fameux Amphion, quelque bruit qu'il ait eu, N'a point fait de merveille.... malh. 1, (2. [Ils] ont acquis dans la scène un légitime bruit, rotr. St Genest, 1, 7. C'est un petit garçon qui a bien le meilleur hruitqu'on peut imaginer, sév. 225. Si je n'ai pas bon bruit, c'est à grand tort, la font. Contes, 66. Hé! là, là, Madame laNuit, Un peu doucement je vous prie; Vous avez dans le monde un bruit De n'être pas si renchérie, mol. Amph. prol. Pour vous donner bruit de connaissance, id. les Préc. 10. Des ministres aussi désintéressés que celui-là [Temple] sont bien rares; les nôtres n'en avaient pas le bruit [d'être désintéressés], st-sim. 65, 82. Les uns mentent pour abuser, les autres veulent acquérir bruit de sincérité, p. l. cour, n, 187. Gardez-moi un profond secret; il ne faut pas que mon nom paraisse ; je n'ai pas bon bruit, volt. Lotir. Veines, 2 janv. 1763. || 5° Tumulte, mouvement séditieux. On craint pour ce soir du bruit dans la ville. || 6° Querelle, éclat. Je ferai beau bruit, mol. le Dép. v, 9. Je serais d'avis que vous ne fissiez point de bruit, id. Fourb. 1, 6. Là-dessus nous n'aurons point de bruit, id. Éc. des femmes, 1, (. Mon Dieu, vous en parlez, mon frère , bien à l'aise, Et vous ne savez pas comme le bruit me pèse, id. F. sav. 11, 9. Je fais un grand bruit pour retrouver ce paquet, sév. 21. L'époux monte etfait bruit, la font. Fais. Vous êtes bien ridicules de faire du bruit pour les propositions, pasc Prov. 7. La belle raison de quitter sa femme et de faire un si grand bruit 1 la font. Psyché, n, p. 140. y 7° À grand bruit, locut. adv. D'une manière bruyante. Les cloches argentines Appelaient à grand bruit les chantres à matines, boil. Lutr. iv. Il Fig. Avec ostentation, avec faste. Là le chantre à grand bruit arrive et se fait place, boil. Lutr. v. Il Chasser à grand bruit, chasser à cor et à cri avec une meute et des piqueurs. || 8° Â petit bruit, loc. adv. Sans éclat. Je me divertirai à petit bruit, mol. D. Juan, v, 2. On le garde à petit bruit, sév. 21 \. Trop heureux de se sauver de la solitude à petit bruit, fléch. 11, 58. Il appelle les mages en secret et à petit bruit, id. Serin. 1, 225. || 9" Sans bruit, Icc. adv. Tout doucement, sans qu'on soit entendu; et figurément, tranquillement. On le fit entrer sans bruit. Trois quidams bonnesgens et sans bruit.... la font. Orais. Et forcez-la sans bruit d'honorer d'autres lieux.... corn. Sert. 11, 4. || Proverbes. Cet homme n'aime pas le bruit s'il ne le fait, se dit de quelqu'un qui prend des libertés et. qui n'en veut pas permettre aux autres. || Cet homme est bon cheval de trompette, il ne s'étonne pas du bruit, se dit d'un homme qui ne se déconcerte pas, ne s'effraye pas facilement. || Qui abruit.de se lever matin peut dormir jusqu'au soir, c'est-à dire celui qui a bonne réputation pourrait en abuser. || L'un a le bruit, l'autre lave la laine, se dit pour exprimer que pour quelque travail l'un a la récompense et l'autre la peine.

— HIST. xne s. Grans fu li bruiz de la gent paganie, Ronc. p. 54. ||xur s° Grant paour [ele] ot du vent qui menoit trop grant bruit, Berte. xxxvi. Un si fier bruit est en la court, Et si grant foule et si grant presse, Rom. de Robert le diable. || xvc s. Et pour ce que j'oe moult de painne De moi relever à mie-nuit, Ou temps que les cers vont en bruit, froiss. Le dit dou florin. Et ils firent tous le mieulx qu'ils peurent; mais ils n'en emportèrent gueres de bruit, j. de troves, Chron. lit». Et ont esté ceulx qui ont donné le bruyt [renom] à ceux qui sont ve-

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nus depuis [les premiers Suis es venu "n France], comm. 1, 11. il xvr s. il emportoit le bruit par-dessus ses compagnons, marc. Nouv. x. Il avoit eu le bruit d'estre plutost hardi et. gentil compagnon que bon chrestien, id. ib. xm. Cachez-vous m mou cabinet, et ne faites un seul bruit [le moindre bruit], id. ib. xxxvi. Elle connoissoit le contraire du faux bruit que l'on donnoit aux François, car ils estoient plus sages.... id. î'b.xiv. Il avoit" acquis un bon bruit pen. dant sa vie, desper. Contes, cxxvi. Il avoit le bruit d'avoir esté engendré par Neptune, amyot, Thés. 4i;. Cestuy Thaïes avoit bruit d'estre poète lyrique, et prenoit le tiltre de cest art là, id. Lijc. 4. H courut un bruit sourd qu'ilz avoient occis le roy Romulus, id. Num. 3. Ce qui plus augmenta leur gloire, et leur donna plus de bruit et de réputation, fut le renvoi qu'ilz feirent du tripié, id. Solon, 7. Et de peur que ses frères en montant ne feissent bruit, eile la [l'échelle] couvrit et fourra de laine premier que de la devaller, id. Pélop. 65. Qui a mis Hercules en bruit et renommée sempiternelle? RAB.Pant. v, 15. Aussi dit on que la plus méchante roue du chariot est celle qui mené le plus grand bruit, bouchet, Serées, 1. 1, p. 439, dans lacurne ste-palaye.

— ÉTYM. Wallon brut; bourguig. bru ; Berry, brut (voy. bruire). On trouve dans le bas-latin brugitus.

t BRÙLABLE (bru-la-bl') , adj. Digne d'être brûlé. Ces messieurs ont affecté d'imprimer le livre le plus dangereux et le plus brùlable, volt. Lettres vers, 20. Je m'aperçois que cette lettre est plus brùlable que.... id. Lettr. d'Àrgental, ic février I7ui. Deux tomes très-condamnables et très-brùlables que de charitables âmes m'ont l'ait la grâce de m'impuier, id. ib. 13 avril 17 73.

— HIST. xvic s. [Charles Quint mort] estoit indigne de sépulture en terre saincte et très bruslable comme fagot, brant. Charles-Quint. Je dy hereticque formé, hérétique clavelé, hérétique bruslable, rab. Pant. m, 22.

— ÉTYM. Brûler.

f BRÛLAGE (bru-la-j'), *■. m. Action de brûler les herbes desséchées dans un champ.

— ÊTYM. Brûler.

BRÛLANT, ANTE (bru-lan, lan-t'), adj. || i° Qui est en flammes. Un foyer brûlant. Du bois brûlant. Des peuples qui, dix ans, ont fui devant Hector, Qui cent fois, effrayés de l'absence d'Achille, Dans leurs vaisseaux brûlants ont cherché leur asile, rac Andr. ni, 3. Entrant à la lueur de nos palais brûlants, id. Andr. ni, 8. || 2° Qui a une très-grande chaleur. Des marrons sortis du feu et brûlants. L'air est brûlant. Des sables brûlants. Né sous le ciel brûlant des plus noirs Africains, rac Baj. m, 8. || Fig. "Question brûlante, question qui passionne, et de laquelle il est difficile de traiter. On dit dans le même sens un terrain brûlant. || Très-chaud, en parlant du corps. La peau de ce malade est brûlante. Fièvre brûlante. La tête est brûlante. J'ai pris , j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes, rac Phèd. v, 7. ||3° Fig. Possédé dune passion. Brûlant d'amour. Brûlant du désir de vous revoir. César brûlant de décider la querelle. Il presse cet hymen qu'on prétend qu'il diffère. Et vous cherche brûlant d'amour et de colère, id. Iphig. m, i. Il 4° Vif, animé, en parlant des choses. Un zèle brûlant. Une piété brûlante. Une éloquence brûlante. Il ace ton brûlant et plein de vérité, Qui par les imposteurs n'est jamais imité, m. j.chén. Charles IX, n, 4. y 5° Terme de botanique. Se dit des plantes armées d'aiguillons dont la piqûre cause une douleur cuisante. L'ortie est une plante brûlante.

BRÛLÉ, ÉE (bru-lé, lée), part, passé. |l 1° Consumé par le feu. Les villes brûlées par les barbares. Il Fig. Animé. Brûlé du désir de rentrer dans sa patrie. Brûlé de plus de feux.... rac Andr. 1, 4. Il Un cerveau brûlé, une cervelle brûlée, un homme exalté, extravagant. Stairs et Bentivoglio étaient deux tètes brûlées qui n'avaient rien de sacré, st-sim. 440, 122. Le parti janséniste se récria contre l'injustice de lui attribuer l'hérésie de quelques têtes brûlées qu'il désavouait entièrement, id. 250, 80. Il 2° Trop cuit. Ce pain est brûlé. || 3" Vin brûlé, vin qu'on a fait chauffer avec des épi ces. Eau-de-vie brûlée, eau-de-vie à laquelle on a mis le feu. || Crème brûlée, sorte de mets fait avec dulait , des œufs et du sucre passé au feu. || 4° Échauffé excessivement. Une terre brûlée par le soleil. || Ancien terme d'astronomie. Astre brûlé, astre très-voisin du soleil. || 5"Hàlé.Avoir le teint brûlé parle soleil. || Terme d'histoire naturelle. De couleur foncée, noire ou noirâtre. || 6" Terme de chimie. La chimie pneumatique nomme corps brûlés

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les corps combinés avec l'oxygène. || 7° Au jeu, carte brûlée, carte mise île côté. || 8° Terme de pêche. Se dit d'une morue corrodée par le sel. || Harengs brûlés, harengs de rebut. || 9° S. m. Odeur d'une chose brûlée. Cela sent le brûlé, et, au figuré, l'affaire prend mauvaise tournure. || Terme d'orfèvre. Or ou argent venant de galons ou autres ornements qui, usés, ont été brûlés pour en retirer le métal.

|- BRÛLE-AMORCE (bru-la-mor-s'), s. m. Terme de marine. Petit instrument en Lois garni de cuivre avec lequel on fait feu comme avec un fusil pour les signaux. || Au plur. Des brûle-amorce.

— ÉTYM. Briller, amorce.

f BRÛLE-BOUT (bru-le-bou) , s. m. Le même que brûle-tout. || Au plur. Des brûle-bout ou brûlebouts.

f BRÛLÉE (bru-lée), s. f. Maladie des vers à soie.

— ÉTYM. Brûler.

T BRÛLE-GUEULE (bru-le-gheu-F) , s. m. Pipe très-courte. \\ Au plur. Des brûle-gueule. || Terme populaire.

— ÉTYM. Brûler, gueule.

BRÛLEMENT (bru-leman) , s. m. || 1° Action de brûler ou état de ce qui brûle. [Louvois dit au roi] Qu'il avait bien senti que le scrupule était la seule raison qui l'ait retenu de consentira une chose aussi nécessaire que l'était le brûlement de Trêves, stsim. 4ii7, 94. || Terme de charpentier. Action de brûler le pied des pieux qu'oivenfbnce en terre pour les préserver des effets de l'humidité. || 2° Sensation de brûlure. Avoir un brûlement à l'estomac.

— HIST. xvr s. Degasts de pais, saccagemens de villes, bruslemens d'édifices, lanoue, 56. La nuit, au diable la garde, bruloit le village qui vouloit; nos grands le bruloient, à la mode s'entend, c'està-dire qu'ils prenoient cent escus d'une paroisse pour la laisser vuide au milieu du département. — Vous avez bien fait de m'expliquer ce brûlement, je pensois que ce fust mettre le feu pour faire degast, d'aub. Fœn. iv, G.

— étym. Brûler.

BRÛLE-POURPOINT (A) (bru-le-pour-poin) , loc. adv. Tiier un coup de feu à brûle-pourpoint, le tirer de très-près et, pour ainsi dire, de manière à brûler le pourpoint. || Fig. Tirer sur quelqu'un à brûle- - pourpoint, l'attaquer par de vives paroles. || Y aller à brûle-pourpoint, parler ou agir sans ménagement. || Dire une chose à brûle-pourpoint, la dire en face. La jalousie [du duc de Gesvres] pouvait l'avoir excité à lui dire [au maréchal de Villeroy] à brûle-pourpoint des vérités fâcheuses à entendre, st-sim. 73, 197. || Ce qu'on dit à brûle-pourpoint n'est pas toujours quelque chose de désobligeant; il y a des éloges, des flatteries à brûle-pourpoint. || Raison, argument à brûle-pourpoint, raison, argument convaincant.

— ÉTYM. Brûler, pourpoint.

f BRÛLE-QUEUE (bru-le-keue), s.m. Cautère dont on se sert pour arrêter l'écoulement du sang après L'amputation de la queue du cheval. || Au plur. Des brûle-queue ou brûle-queues.

— ÉTYM. Brûler, queue.

BRÛLER (bru-lé), v. a. || 1° Consumer par le feu. Les Romains brûlèrent Cartilage. Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière d'Oise; nous pouvons voir de nos faubourgs la fumée des villages qu'ils nous brûlent, voir. Leil. "i. Brûlons ce Capitale où j'étais attendu, bac. Miller, m, i. Lisez ce qu'il cite d'Aristote, et vous verrez qu'après une autorité si expresse il faut brûler les livres de ce prince des philosophes ou être de notre opinion, pasc. Prov. i. || Fig. Brûler ses vaisseaux, s'engager dans une affaire de manière à ne pouvoir reculer. |j Brûler ses livres, tout faire pour réussir. Loculion tirée de l'alchimiste, qui, ayant tout tenté, brûle ses livres, désespéré de ne pas réussir, ou, ayant tout dépensé, brûle jusqu'à ses livres pour chauffer ses fourneaux. J'y brûlerai mes livres ou je romprai ce mariage, mol. Pourç. i, 3. J'y brûlerai mes livres, hac. Plaid, i, 7. Je vous la rendrai saine et entière, ou j'y brûlerai mes livres, sëv. I. || 2uFig. Mille convoitises le brûlent. Mais quelque ambition, quelque amour qui me brûle, rac. Baj. h, ». Vous me connaissez mal, la même ardeur me brûle, cohn. Poly. i, 1. N'imputez qu'à ce feu qui brûle encor mon âme.... volt. Zaïre, iv, e. Si ton ardeur est extrême, Même ardeur vient me brûler, bérang. Chatte || 3" Terme de métier. Brûleries métaux, leur ôter leurs qualités en les laissant trop chauffer. || 4° En parlant de quelques substances chimiques, corroder, consumer. Les acides concentrés brûlent la peau comme le fer rouge. || Brûler la terre, en parlant d'engrais, la rendre trop chaude et l'em-

pêcher par là de produire; en parlant des plantes, l'épuiser rapidement. || En parlant du froid, causer un effet asseii semblable à celui de la brûlure. La gelée brûle la racine des arbres. La neige brûle les souliers. || 5° Employer comme combustible. Brûler du bois, du charbon de terre, de la tourbe. || Se servir d'une chose pour s'éclairer. Brûler de la chandelle, de la cire, de l'huile. || Fig. Brûler la chandelle par les deux bouts, c'est-à-dire compromettre sa fortune par des dépenses de tout genre, ou sa santé par des excès de tout genre. || 6° Faire subir le supplice du feu. On a longtemps brûlé les hérétiques. On prétend qu'il y a un conflit de juridiction , entre le Parlement et le Châtelet, à qui fera brûler le livre et l'auteur, volt. Lett. Morellct, 23 fév. 177C. || 7°Brùler des parfums. En vain sur les autels ma main brûlait l'encens, rac. Phèd. i, 3. || Fig. Brûler de l'encens devant quelqu'un, le flatter avec de grandes démonstrations de respect. || Brûler de l'eau -devie, mettre le feuàde l'eau-de-vie, faire du punch. || Brûler du vin, distiller du vin pour en faire de l'eau-de-vie. || Brûler du café, le torréfier avant de le moudre. || Brûler l'amorce d'un fusil, d'un pistolet, y mettre le feu. || Sans brûler une amorce, sans tirer un seul coup de fusil. La ville fut prise sans brûler une amorce. || Brûler la cervelle à quelqu'un, le tuer d'un coup de feu tiré dans la tête et de très-près. Se brûler la cervelle, se tirer un coup de feu dans la tête. || 8° Echauffer beaucoup, dessécher par un excès de chaleur. Un soleil ardent brûlait la campagne. || Par extension. Il a une fièvre qui le brûle. La soif les brûlait. || Fig. Brûler le pavé, courir, marcher très- vite. || Brûler le papier, écrire avec beaucoup de verve et une grande chaleur. || Brûler les planches, jouer un rôle d'une manière vive et entraînante. Il Brûler les yeux, faire mal aux yeux par une excessive lumière. La première fois que je lus votre ouvrage, je fus frappé d'une lumière qui éclairait mes yeux et qui devait brûler ceux des sots et des fanatiques, volt. Lett. Chalellux, 7 déc. 1772. || 9° Brûler la politesse à quelqu'un, le quitter brusquement, rompre une affaire. || Brûler l'étape, brûler un gtte, ne pas s'y arrêter. Nous brûlâmes ce village, et allâmes coucher plus loin. Je pris la résolution de brûler l'étape de *** et de passer tout droit, j. j. rouss. Conf. vi. || A certains jeux, brûler une carte, la mettre de côté. || En un sens analogue. Peu à peu elle [la duchesse de Bourgogne] en brûla [quelques-uns de ses cercles], et à la fin ils cessèrent sans qu'ils aient été rétablis depuis, st-sim. 41 , 67. || 10° V. n. Être consumé par le feu. Quand la maison du voisin brûle. La bûche continuait à brûler. || Fig. 11 était indécent qu'il [le duc de Bourgogne] languît dans l'oisiveté à son âge, tandis que sa maison brûlait [périclitait] de toutes parts, st-sim. -195, 104. || Flamber, être allumé. Le feu brûle. Flambeaux qui brûlent. Une lampe brûlait dans le sanctuaire. \\ Donner du feu, de la lumière. Ce bois brûle bien. Cette lampe brûle mal. || 11° Être brûlant ou très-chaud. La tête lui brûle. Je m'en sens tour à tour et brûler et glacer, tristan, Mort de Chrispe, i, 1. Je sentis tout mon corps et transir et brûler, rac. Phèd. i, 3. || Fig. Les pieds lui brûlent, il est impatient de sortir, de s'en aller. || 12° En termes de cuisine, être frappé par un feu trop vif; ce qui se connaît par l'odeur désagréable qui s'exhale. Le rôti brûle. Cette crème brûle. || Fig. Le rôtibrûle, c'est-à-dire iln'y apasdetempsà perdre, pas de* négligence à se permettre. || 13° Fig. Être possédé d'une passion violente. Brûler d'amour. Et si Rome savait de quels feux vous brûlez, corn. Nicom. i, 2. Un juste courroux dont je me sens brûler, m. Cinna, v, 2. Déjanire brûla de jalousie, fén. Tél. xv. Je brûle, je l'adore.... rac. Mithrid. îv, 5. Mon époux est vivant, et moi je brûle encore.... id. Phèd. iv, 6. Mais quelque noble ardeur dont ils puissent brûler, id. Athal. i, 2. Il n'en faut point douter, vous aimez, vous brûlez, Vous périssez d'un mal que vous dissimulez, m. Phèd. i, 1. Mon frère, ayez pitié d'une sœur égarée. Qui brûle, qui gémit, qui meurt désespérée, volt. Zaïre, ni ,4. Près d'un amant qu'elle aime et qui brûle à ses pieds, in. Zaïre, iv, 3. Je crois sentir les étincelles De l'amour dont Renaud brûla, bérang. Éducation. || Brûler pour, se dit de l'amour qu'on éprouve pour une personne. De la même ardeur dont je brûle pour elle, Elle brûle pour moi, malh. v, 21. Mais quoique je l'aimasse et qu'il brûlât pour moi, corn. Cinna, v, 2. || 14° Désirer ardemment. Il brûle d'être à Rome, afin d'en recevoir Du maître qu'il s'y donne et l'ordre et le pouvoir, corn. Sertor. i, 2. Elle brûle d'envie de revenir à Paris, sÊv. 13. C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûle de ré-

pandre, rac. Fphig. ii, 5 Vous brûlez que je

ne sois partie, id. ib. n, 5. Mais je vois que déjà vous brûlez de me suivre, id. Athal. rv, 3. U brûlait d'impatience de retrouver Mentor, i en Tél. xxn. Voici cet étranger Que vos tristes soupçons brûlaient d'interroger, volt. Mérope, il, 1. Et du peuple et des grands la colère insensée Brûlait de le punir de sa faveur passée, id. CEdipe, i, 3. Peuple accablé de ta tristesse, Tu n'as plus celui qui sans cesse Brûlait de zèle pour ta loi, malfil. Ode, Élie enlevé aux deux. Oui, mon cœur au mérite aime à rendre justice, Et je brûle qu'un nœud d'amitié nous unisse, mol. Mis. i, 2. ||15" Le tapis brûle, se dit à certains jeux de cartes pour avertir qu'un des joueurs a oublié de mettre au jeu. || À certains jeux d'enfants, brûler, se dit pour être tout près de l'objet qui est caché et que l'un des joueurs cherche. || Perdre la partie pour avoir fait trop de points. J'ai brûlé, j'ai deux points de trop. || 16° Se brûler, v. rèfl. Sardanapale se brûla lui-même avec ses femmes. || Fig. Se brûler à la chandelle, se jeter dans le péril en s'abandonnant à de trompeuses apparences. Locution prise des papillons qui le soir viennent effectivement se brûler à la chandelle. || Se brûler à la jambe, au pied, être atteint par un corps très-chaud. || 17° Se dessécher. Si on néglige ce premier âge, les enfants deviennent ardents et inquiets pour toute leur vie; leur sang se brûle, les habitudes se forment, fén. xvn, 13. || Proverbe. Graissez les bottes d'un vilain, il dira qu'on les lui brûle, c'est-à-dire il y a des gens qui ne veulent pas reconnaître les bons offices qu'on leur rend.

— HIST. xii" s. Sicume fus [feu] chi brulle la selve, e sicume flamme brullant les monz, Liber psalm.p. M8. || xiii0 s. Brulle mes reins et mon cuer de la flambe du Saint esprit, Psauthr, f° 33. || xiv° s. Mucius ha mis sa destre dedens le l'eu, et, comme se" il eust le courage hors du sens, il la brûla, ardi et grailla, berciieure, f° 32, recto. || xve s. Et de grâce que le poure brulle [le pauvre homme dont la maison avait été brûlée] Retenue ait et confirmacion [de sa pension] , e. desch. Supplication au roi. || xvie s. [Il] Rendoit ma muse lente, Bien qu'elle fust bruslante De s'offrir à vos yeux, dubell. ni, •12, recto. Didon se brusle, et de son mal enclos Jà la fureur luy saccage les os, id. iv, 9, recto. 0 la fureur d'une bruslante rage, Qui maintenant transporte mon courage! id. iv, 17, recto. Qui contrefaict ce Tantale mourant Bruslé de soif au milieu d'un torrent, id. vu, 27, verso. Nous brûlons levilage, c'est à dire que nous faisons semblant d'estre fourriers; nous nous mettons de deux ou trois logis tout en un pour avoir argent des autres, d'aub. Fœn. ni, 1. De trop près se chauffe qui se brusle, cotgpave. Les criminels se viennent brûler à la chandelle, comme on dit en commun proverbe, h. est. Apol. d'Hér. p. 147, dans lacurnesainte-palaye.

— ÉTYM. Bourguig. brelai; provenç. bruslar ; ital. brustolare. Il y a dans l'ancien espagnol uslar, brûler, qui suppose un bas-latin uslulare. fréquentatif formé de ustum, supin de urere, brûler. L'slulare se retrouve dans l'italien br-ustolare , le provençal br-uslar, le français br-usler. Reste à expliquer br ; Diez le rattache au latin per, dans perusfus. brûlé tout à fait, d'où perustulare contracté en brustulare. M. Chavée, voulant éviter le changement du p en b, y voit le préfixe ber, bar ou b)c, qui a un sens péjoratif : brûler à mal, brûler tout à fait.

BRÛLERIE (bru-le-rie), s. f. Fabrique d'eaude-vie.

— ÉTYM. Brûler.

BRÛLE-TOUT (bru-le-tou), s. m. Sorte de bougeoir court , garni d'un rond qui fait bobèche, et surmonté d'une pointe sur laquelle on fiche le bout de bougie à brûler. || Au plur. Des brûle-tout.

— ÉTYM. Brûler, tout.

BRÛLEUR, EUSE (bru-leur, eû-z'), s. m. et f. || 1° Incendiaire. Ce passage pensa rompre notre entretien; car je fus sur le point d'éclater de rue de la bonté et douceur d'un brûleur de grange, pasc. Prov. 8. || Être fait comme un brûleur de maisons, être mal vêtu, avoir les vêtements en désordre. || 2° Fabricant d'eau-de-vie.

— HIST. xvr s. Il fit brusler le temple des reformez avec telle ardeur que trois des brusleurs y furent consumez, d'aub. Hist. i, 138. Touts en ordre comme brusleurs de maisons, rab. Panl. iv, 41.

— ÉTYM. Brûler.

\ BRÛLIS (bru-li), s.m. || 1° Terme d'eaux et forêts. Partie de forêt incendiée. || 2° Terme d'agricultu'-e. L'action de brûler ce qui est à la surface d'un champ

bru

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BRU

le fertiliser et le débarrasser. Le brûlis sur

des siliques de col/a.

H1ST. w s. Quand ce vint le lendemain que le feu fui estainct, le roy alla veoir le brûlis qui avoit bien demi lieue de lé, Perceforest, t. n, f"4, dans

v\.NTi:-PALAYE.

— i-.iym. Brûler.

MULOT (brn-lo; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel ï's se lie : les bru-lo-z ennemis: brûlots rime avec faux, travaux, repos, etc.), s. m. j| 1° Terme de marine. Bâtiment chargé de matières inflammables et explosives, et destiné à l'incendie et la destruction. Je fis une faute que personne n'a remarquée; je ne pensai pointa placer mes brûlots à la tète do la ligne des vaisseaux; si j'avais pris cette précaution, j'aurais assurément brûlé quelque pavillon ennemi. Mémoires de fillette, en 1690, dans jal. || 2" Fig. Homme de disposé à tout risquer. |j 3" Morceau très-poi- \ ré et très-salé. || 4° Eau-de-vie brûlée avec du sucre.

5 Synonyme de brûle-gueule. || 6° Nom donné à (les insectes qui, se trouvant dans l'herbe, s'attachenl aux jambes do ceux qui y marchent. || 7° Sorte de polissoir a l'usage du fabricant de glaces.

— ÊTYM. Brûler.

\ BKULOTIER (bru-Io-tié) , s. m. Terme de marine. Marin qui monte et dirige un brûlot.

— ÉTYM. Brûlot.

niU'LURE (bru-lu-r"), s. f. || 1° Lésion plus ou moins grave produite sur une partie vivante parle feu, par un corps très-chaud ou par une substance corrosive. La première cho*e à faire en cas de brûlure, c'est d'y appliquer de l'eau froide. La brûlure que cette lampe m'a faite, la font. Psyché, i,p. m. || Onguent pour la brûlure, onguent qu'on met sur les brûlures; et, figurément, remède, ressource contre les inconvénients et les maux. Les protestants n'ont pas trouvé D'onguent pour la brûlure, bébang. Miss. || 2° Action de brûler. Est-il vrai que la flotte russe ait brûlé toute la flotte turque dans le port de Lemnos? Le commerce de Marseille ne souffre-t-il pas un peu de toutes ces brûlures et de tous ces ravages? volt. le». Audibert, 2 oct. 1771. || Rare en ce sens. J| 3° Terme d'agriculture. Maladie des plantes consistant tantôt en un dessèchement de l'écorce qui se soulève et se fendille sous l'influence du soleil ou de l'eau congelée, tantôt en une altération des bourgeons et des jeunes pousses, qui deviennent noirs subitement. La brûlure se nomme hrouissure, quand elle frappe les céréales. || 4" Maladie des moutons.

— HIST. xvie s. St Paul ne défend pas seulement l'impudicité externe, mais aussi la bruslure intérieure du coeur, calv. Instit. 1022.

— étym. Brûler.

t BRUMAILLE (bru-ma-11', Il mouillées), s. f. " erme de marine. Sorte de brouillard peu épais.

— ÉTYM. Brume.

RRUMA1RE (bru-mè-r'), s. m. Le deuxième mois du calendrier républicain, commençant trente jours après l'équinoxe d'automne (du 23 octobre au 21 novembre). || Dix-huit brumaire, coup d'État de Bonaparte, qui fut ainsi nommé parce qu'il so fit le dix-huit brumaire, et qui eut pour résultat de renverser la République et d'y substituer le pouvoir d'un seul; et, par extension, coup d'Etat de même nature, c'est-à-dire qui renverse un gouvernement de discussion et y substitue un pouvoir absolu.

— ÉTYM. Bruma, solstice d'hiver, hiver (voy.

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