PALAYE
— ÊTYM. Brun. Ce verbe est fait comme verdoyer.
\ BRUSC (brusk), s. m. Nom vulgaire d'une espèce de bruyère.
— HIST. xvie s. Le romarin, lebrusc, les sermens de vigne, le jenest, o. deserres, 480. Sureaux, bouis, genevres, caddes, houx, bruscs ou houssons, id. 785. Brusc autrement dit housson,
— ETYM. Provenç. brus, bruyère; espagn. et ital. brusco; du latin ruscum, ruscus, fragon épineux. L'épenthèse du 6, ici manifeste, est un appui à l'opinion qui tire bruit de rugitus.
BRUSQUE (bru-sk'), adj. || 1° Qui a une rudesse mêlée de promptitude. Homme brusque. Ton brusque. Style brusque. Dans vos brusques chagrins je ne puis rien comprendre, moliêre, Misanthrope, i, i. Il a le repart brusque et l'accueil loup- : .ii.ni, id. Èe. des maris, i, 6. On voit des gens brusques, inquiets, qui, bien qu'oisifs et sans aucune affaire qui les appelle ailleurs, vous expédient, pour ainsi dire, en peu de paroles et ne songent qu'à se dégager de vous, la bruy. 5. || 2" Soudain, que rien ne prépare. Brusque départ. Prenant de brusques résolutions. Une brusque repartie. Une brusque attaque d'apoplexie. Quels sentiments contraires Par un brusque passage ont fait dans votre cœur À la sécurité succéder la terreur? lemerc. Bruneh. u, 1 .
— HIST. xvie s. Et, pincetant sur les chanterelles de son luth obéissant une mesure plus brusque, poursuivit en ces termes, yver, p. 526. Celuy qui a esté attainct au vif et deschiré d'une remonstrance, si on le laisse ainsi tout brusque, enflé et esmeu de cholere, il est puis après difficile à remettre, amyot, Comment dise, le flatteur de l'ami, 63. On cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met-on au dessus les guayes et claires, id. De la tranq. d'âme, 3). Petit vin, brusc, rude et aspre, paré, xxv, 27. J'ay d'une ardante et brusque fantaisie, Dès la mammelle, aimé la poésie, rons. 680. Il est très brave et vaillant et brusq ; jamais il ne refusa combat, Brantôme, J. A. Doria. Cingar tenoit un voulge [sorte d'arme] en main, et sur le cul avoit une large dague, faisant bien lebrusc avec un grand pennache qui voltigeoit sur son bonnet, et ne regardant que de travers, merlin coccue, t. i, p. t75, dans lacurne sainte-palaye. Ainsi que le diamant brusque [non poli], pasquier, liech. m, p. 259, dans LACURNE.
— ÊTYM. Espagn. et portug. brusco, de mauvaise humeur, emporté; ital. brusco, aigre, âpre. Le mot est italien et d'origine incertaine. Diez y voit l'ancien haut-allemand bruttisc, contracté en brutt'sc, sombre, colère. D'autres le rapportent au celtique : gaél. brisg ; kymri, brysg; bas-bret. bresg, vif, prompt. Enfin on peut croire qu'il est d'origine latine et que, tenant à bruscolo, brin de paille, brusca, brosse, bruscia, épine, broussailles, il se rapporte à brusco (voy. brusc) ; le sens du radical serait piquant, d'où brusco, aigre, âpre.
BRUSQUÉ, ÉE (bru-ské, skée), part, passé. il l°Hudoyé. Cet employé brusquéparson supérieur. Il 2° Pressé, hâté. Une aventure brusquée.
BRUSQUEMBILLE (bru-skan-bi-U' , /( mouillées), s.,f. Jeu de cartes qui peut se jouer à deux, trois, quatre ou cinq personnes. || Â ce jeu, nom des as ou des dix. L'as est la brusquembille supérieuie.
— ÊTYM. Mot qui paraît formé de brusque par quelque dérivation plaisante. Il y a eu un comédien bouffon du nom de Bruscambille , Hist. du Th. fr.
t. IV, p. 137.
BRUSQUEMENT (bru-ske-man) , adv. D'une manière brusque. Il lit, et se tournant brusquement par la place.... Régnier, Sat. vm. Je lançai un peu trop brusquement mon foudre contre un philosophe, d'ablancourt, Lucien, t. i, dans richklet. || Charger brusquement l'ennemi, le charger sans qu'il ait le temps de se reconnaître.
— HIST. xvr s. Le quel brusquement entrant, rab. Pant. ni, 43. Voy-tu cestuy-là qui se promené si brusquement? desper. Cymbal. too.
— ÊTYM. Brusque, et le suffixe ment.
t . BRUSQUER (bru-ské) , v. a. || 1° Avoir, â l'égard de quelqu'un, un langage brusque, un ton bru -que. Pour peu que j'eusse parlé, je n'aurais pu m'empêcher de le brusquer, montesq. Lett. pers. 48. Les ministres du roi (Sully entre les autres) ne furent point d'avis qu'on brusquât ce jeune imprudent. anquetil, Ligue, m, 170. On ne saurait lui dire «ne parole qu'il n'éclate tout d'un coup et qu'il ne vous brusque sans modération et sans ménagement, bourd. Pensées, t. n, p. 240. || Absolument. Il semble toujours commander et brusquer, dider. S. I. caracl. || 2° Presser., hâter. C'était le moment de brusquer l'entreprise. Brusquer la victoire. || Brusquer la fortune, chercher fortune et principalement la chercher par des moyens prompts et hasardeux. En différents pays j'ai brusqué la fortune, Sans que l'on ait de moi reçu nouvelle aucune, regnard, Ménechmes, i, 2. Ce furent les Anglais et les Hollandais qui brusquèrent fortune, des font. A/cm. de Trév. 1724. || Brusquer une affaire, la faire vite et avec peu d'examen. J'avais un voyage en tète â brusquer dont je parlerai tout à l'heure, st-sim. 4t , 2£2. || Familièrement. Brusquer l'aventure, prendre brusquement son parti, au hasard de ce qui peut arriver. || Terme de théâtre. Brusquer un dénoûment, l'amener sans préparation. || Terme militaire. Brusquer une place de guerre, essayer de l'emporter par un coup de main. || 3" Surprendre en violentant. Nous avons, pour ainsi dire, brusqué la nature en amenant dans nos climats des chevaux d'Afrique ou d'Asie, nous avons rendu méconnaissables les races primitives de France, buff. Cheval. || Brusquer les dés, jeter les dés vivement et tout d'un coup. Le joueur qui pouvait, par un art illicite, flatter ou brusquer les dés selon l'occasion, montesq. Correspondance, 1.
— HlST.xvies. Il se trouva 200 italiens etc tuez,
qui s'escartoient par les villaiges deçà de-là, brusquant fortune et leurs commoditez, par trouppes, carl. v, 6.
— ÊTYM. Brusque; Berry, bruquer, heurter, choquer. Dans l'historique, brusquer aie sens de chercher, proprement aller par les broussailles; ce qui tend à confirmer l'étymologie latine indiquée pour l'italien brusco (voy. brusque). Bouhours remarque que l'emploi de brusquer dans le sens de rudoyer est récent, et que sans doute, du discours familier, il ne tardera pas à passer dans les livres ; cela est en effet arrivé.
f 2. BRUSQUER (bru-ské), v. a. || 1° Terme de marine. Chauffer un navire pour le caréner. || 2° Terme de cuisine. Brusquer une volaille, la passer à la tlamme après l'avoir plumée. || On dit aujourd'hui plus souvent la flamber.
— ÊTYM. Ane. catal. bruscar, passer à la flamme ; ital. bruscare, de brusto, brusc (voy. brusc), broussaille, à cause de la flambée que l'on fait avec les broussailles; étymologie qui vient en confirmation de celle qui a été donnée pour brusque.
BRUSQUERIE (bru-ske-rie), s. f. || 1" Caractère d'une personne ou d'une chose brusque. || 2" Action, discours brusque et offensant. Le maréchal de Joyeuse, qui ne se communiquait à personne et à qui il échappait des brusqueries fréquentes, st-sim. 29, 83.
— ÊTYM. Brusquer.
f BRUSQUET, ETTE (bru-skè, skè-t'), adj. Un peu brusque. || Substantivement, nom de chien. Et votre petit chien Brusquet, gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vontehez vous? mol. Festin, iv, 3. || Proverbe. À brus quin brusquet, c'est-à-dire, à celui qui parle d'une manière désobligeante, on répond sur un ton semblable. || Aussi chanceux que le chien à Brusquet, se
dit d'une personne à-qui rien ne réussit; le chien de Brusquet n'alla qu'une fois au bois, et le loup le mangea.
— ÊTYM. Diminutif de brusque.
f BRUSSOLES fbru-so-1'), s. f. plur. Terme de cuisine. Sorte de farce ou de ragoût.
— ÉTY'M. C'est peut-être, avec un b épenthétique, une forme de rissole, autrefois roissole.
BRUT, BRUTE (brut', bru-t' ; le t se prononce au masculin, même devant un mot commençant par une consonne ; il se prononce aussi au pluriel : des esprits brut'), adj. || i° Qui n'a rien que de grossier et d'informe, en parlant des animaux. De tous les quadrupèdes, le cochon paraît être l'animal le plus brut, buff. Cochon. C'est ainsi que devaient naître [de la terre et de l'eau] ces âmes vivantes d'une vie brute et bestiale [les bêtes], boss. Hist. n,t. || 21 F.g. Sans culture, sans éducation, sans politesse. Un homme, un caractère brut. || Familièrement. C'est une bête brute, une personne stupide. || 3° Qui est dans son premier état, avant toute maind'œuvre. Matière brute. Vous avez merveilleusement bien taillé et admirablement mis en œuvre ces pierres que je vous avais envoyées toutes brutes, voit. I.ctt. (26. Nous avons encore du plaisir, lorsque nous voyons un lieu brut et champêtre, montesq. Coût, Cur. || Terrain brut, terrain qui n'a pas encore été cultivé. || Fi g L'éducation qui d'ordinaire dans les autres hommes embellit ou cultive un fonds encore brut ou ingrat.... mass. Villcroy. || En termes d'histoire naturelle, corps bruts, les minéraux, par opposition aux corps organisés (végétaux et animaux). || 4" Terme de finance , d'agriculture, d'exploitation, etc. Produit brut, la totalité d'un produit avant la déduction des frais. || Recette brute d'un spectacle, d'un concert, tout ce qui a été reçu à l'entrée de la salle. || 5° Qui n'est qu'à l'état d'ébauche. Cette statue est encore brute. || 6° Patente brute, voy. patente. || 7° S. m. Cela nous prouve que la nature ne tend pas à faire du brut, mais de l'organique, buff. Animaux reprod. || 8" Adverbialement. Ce boucaut de sucre pèse brut cent kilogrammes, c'est-à-dire en comprenant dans le poids le fût et l'emballage.
— REM. Plusieurs bons auteurs ont écrit, avec un e final, brute au masculin comme au féminin. Que lui reviendrait-il de ces brutes ouvrages? volt. De la liberté. Moi! complaire à ce peuple, aux monstres de Scythie, À ces brutes humains pétris de barbarie! id Scyth. v, 4. Il n'y a aucune raison pour ne pas imiter, en poésie, cet exemple.
— HIST. xive s. Il souffri que l'en li bailla le sournom de Brutus, pour ce que il se portoit à guise d'une beste brute, bercheure, f' 28, recto. H xvi" s. Les choses estoient encore brutes et très incertaines.... Mém. s. Du G. ch. (9. J'ay veu aultrefois parmy nous des hommes amenez par mer de loingtain pais, desquels parce que nous n'entendions aucunement le langage.... qui de nous ne les estimoit et sauvages et brutes! mont, ii, <78. Le capitaine de l'ille d'Ischie advertit par trois volées de canon que la mer estoit brute; ils usent de ces mots pour dire qu'il y a des corsaires en mer, brantôme, Cap. estrang. t. n, p. 62, dans lacurne.
— ÊTYM. Provenç. brut; espagn. et ital. bruto, brute, et brutto, laid; du latin brutus, lourd, pesant, stupide.
BRUTAL, ALE (bru-tal, ta-1'), adj. || 1° Tenant de la brute. Il y a tant de gens qui se laissent entraîner à leurs appétit» brutaux, descaktes. Les pauvres.... au fond de leurs demeures champêtres, vivant au gré d'un instinct brutal et à peine encore hommes, mass. Villars. \\ 2° Grossier, violent, en parlant des personnes ou des choses. Leur brutale vertu veut qu'on s'estime heureux.... corn. Hor. iv, 4. Tel porte jusqu'aux cieux leur vertu sans égale, Et tel l'ose nommer sacrilège et brutale, id. Ilor. m, 2. Il fallut satisfaire à son brutal désir, id. Bodog. ii, 3. Apprenez en deux mots leur brutale insolence, id. Poly. m, 2. Qui le pourrait croire, si l'expérience ne nous faisait voir qu'une erreur si stupide et si brutale [l'idolâtrie] n'était pas seulement la plus universelle mais encore la plus enracinée et la plus incorrigible parmi les hommes? boss. Hist. u, 3. Ils se sont laissés aller à des actions brutales, id. Lot de Dieu. Qu'en un lâche silence Phèdre ensevelirait ta brutale insolence, rac Phèd. iv, 2. Dites-lui [au roi] que, toute la nuit, ses satellites étrangers, gorgés d'or et de vin, ont prédit, dans leurs chants impies, l'asservissement de la France, et que leurs vœux brutaux invoquaient la destruction de l'Assemblée nationale, mirab. Coll. t. i. p. 323. Nos brutales perfidies, malii. m, 2. Ce n'était pas de ces con-
BRU
quérants brutaux et avares qui ne respirent qn i le pillage, boss. Uxst. m, 6. |.| 3° S. m. Bête. Sauvemoi des lions, sauve-moi des licornes, Et de tous les brutaux pleins de rage et d'erreur, r,\c. Psaum.z i . Inusité aujourd'hui eu ce sens. || Celui qui a une violence grossière, qui est livré a des passions brutales, qui manque de savoir-vivre. Je ne serais pas surpris île l'extrême vaillance d'un brutal qui ne connaît ni le plaisir ni les douleurs, méré, dansBOUhours, Ifouv. Rem. La licence efl'rénée de ces brutaux avait renJu le nom des Macédoniens odieux, valgel. dans bouhours, ib. La fortune avec toute sa puissance ne pourra jamais apprivoiser un brutal et polir la rudesse des mœurs, balz. dans bouhours, ib. La conquête de l'Egypte se fit par Cambyse; ce brutal ne survécut guère à Smerdis, son frère, qu'un songe ambigu lui fit tuer en secret, boss. Hist. i, 8. || Populairement, homme qui bat, qui maltraite. || En langage de soldat, le brutal se dit pour le canon.
— HIST. xvie s. Nous sommes acharnés à une vie brutale, laquelle est pire que mille morts, calv. 235. Si on demande aux plus idiots, voire aux plus brutaux du inonde, pourquoi c'est qu'ils vivent, ils n'oseront pas simplement dire que ce soit pour boire et manger et dormir, id. 2J5. On ne peut pas discerner en quoi diffère l'aine de l'homme d'une ame brutale, id. Inst. 454. Quelle brutale stupidité! mont, i, 72. L'ivrongnerie, entre les aultres, me semble un vice grossier et brutal, id. ii, 12. Tout homme noble doit tant faire en ses jours que son nom ne se passe point en silence, comme le nom des brutaux [bêtes] , fabri, Art de rhét. liv. I, f° 81 , dans lacurne.
— ÉTYM. Brut; provenç. et espagn. bridai; Liai. brutale.
BRUTALEMENT (bru-ta-le-man), adv. Avec brutalité. Qui hait brutalement permet tout à sa haine, corn. Pcrthar. i, 2. Reprenez tout ce sang de qui la lâcheté A si brutalement souillé la pureté, id. llor. v, t. Agamemnon déclare brutalement qu'il aime autant Briséis que son épouse parce qu'elle fait d'aussi beaux ouvrages, chateaub. Génie, n, il, <2.
— HIST. xvie s. Vray est que telles gens arguent trop brutalement, ou plustost abusent de l'ignorance des hommes, calv. Inst. 23.
— ÉTYM. Brutale, et le suffixe ment.
BRUTALISÉ, ÉE (bru-ta-li-zé, zèe),part. passé.
Maltraité. Cet apprenti brutalisé par son maître.
BRUTALISER (bru-ta-li-zé), v. a. Traiter quelqu'un durement, grossièrement. Si l'on vous brutalise, est-ce ma faute à moi? regnard, Ménechmes, n, 5. || Mot du langage familier.
— ÉTYM. Brutal.
BRUTALITÉ (bru-ta-li-té), s. f. \\ 1° Caractère de la brute. Ils ne vivent pas comme des hommes, mais comme des bêtes, en se laissant conduire à la brutalité de leurs appétits, bouhours, Nouv.rern. Esprit lâche et grossier, quelle brutalité Te fait juger en moi tant de crédulité? corneille, Iléracl. iv, 6. Un homme qui, avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, mol. Mal. imag. ni, 3. || 2° Férocité, violence. C'est gloire de passer pour un cœur abattu Quand la brutalité fait la haute vertu, corn. Hor. iv, 4. || 3" Passion brutale. Assouvir sa brutalité. Quand Dieu voulut sauver la ville de Béthulie, il tendit, dans la beauté de Judith, un piège imprévu et inévitable à l'aveugle brutalité d'Holo • pherne, boss. Reine d'Angl. || 4° Grossièreté, manque de savoir-vivre, de politesse. Il faut avouer, disait l'une d'entre elles, que les hommes d'aujourd'hui sont bien différents de ceux que nous voyions dans notre jeunesse; ils étaient polis, gracieux, complaisants; mais aujourd'hui je les trouve d'une brutalité insupportable, montesq. Lettres pers. 59. || 5° Action brutale. Combien de fois entreprit-il d'arrêter les efforts des ministres de l'impiété et les brutalités d'un peuple barbare par les seules armes de L'Evangile, qui sont la douceur, la patience et la charité? fléch. Panég. n, p. 3U7. || Parole dure. Je suis las d'endurer ses brutalités.
— HIST. xvie s. Ils trouveront là mille sentences, lesquelles pour le moins resveilleront leur brutalité, calv. Inst. 44.
— ÉTYM. Brutal; ital. brutalità.
BRUTE (bru-t') , s. f. La bête considérée dans ce qu'elle a de plus éloigné de l'homme. || C'est une brute, se dit d'un homme qui n'a ni esprit ni raison. l 'eut-être eût-il passé pour une brute jusqu'à l'âge le raison, j. j. nouss. Ém. n.
— ÉTYM Féminin de brut, avec bête sous-entendu.
BRU
f BRUTIER (bru-tié), s. m. Oiseau de proie, que quelques naturalistes ne croient pas différent du butor, et qui ne peut être dressé pour la chasse.
— ÉTYM. Brut.
t BRITIFIER (bru-ti-fié), v. a. Abrutir. || 11 ne s'écrit point, et ne se dit que dans le langage le plus familier.
— ÉTYM. Brut, et le suffixe fier, dérivé de. facere, faire.
| BRUTUS (bru-tus'), s. m. Un brutus, se dit d'un républicain, en bonne et en mauvaise part.
— ÉTYM. Brutus, celui qui fut un des fondateurs de la république romaine et qui feignit d'être stupide (brutus) (voy. brut); et aussi le second Brutus, celui qui fut parmi les meurtriers de César.
BRUYAMMENT (bru-iaman ; plusieurs disent brui-ia-man), adv. Avec grand bruit. Louis, voici le temps de respirer les roses Et d'ouvrir bruyamment les vitres longtemps closes, v. hugo, Voix inter. xiv.
— HIST. xvie s. Endormy des eaux roulantes Bruyantement doux coulantes, Poésies de jaq. tahureau, p. 243, dans lacurne.
— ÉTYM. Bruyant, et le suffixe ment.
t. BRUYANT, ANTE (bru-ian, ian-t'; plusieurs disentbrui-ian), adj. || 1° Qui faitdu bruit. Musique bruyante. Agrippine jouit de leur bruyant hommage, m. j. chén. Tib. i, 4. Ainsi, bruyante abeille, au retour du matin, Je vais changer en miel les délices du thym, a. chén. Élég. 4. Loin de ce médisant infâme, Qui de l'imposture et du blâme Est l'impur et bruyant écho, gresset, Chartreuse. || Terme de chasse. Vol bruyant, se dit du vol de la colombe. || 2° Où il se l'ait du bruit J'ai fui la ville aux muses si contraire; Sur les pavés poudreux d'un bruyant carrefour Les poétiques fleurs n'ont jamais vu le jour, a. chén. Élég. 14. Fuyons leurs dieux, leurs mœurs et leurs bruyantes villes, volt. Minos, m, i. || Un homme bruyant, un homme qui parle beaucoup ou qui parle d'une voix retentissante. Tous ces galants de cour dont les femmes sont folles, Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles, mol. Tartufe, ni, 3. C'est un des bons convives que nous ayons; son humeur est douce et vive, sa gaieté n'est point bruyante, volt. l'Homme aux io écus, Grande querelle.
— HIST. xin8 s. Et li bruiant [les torrents] de feleniemetroblerent; ce furent li Jui, qui, ausi comme aiguë rade, couroient entour, Psautier, f" 23. Et comencierent à gieter grosses pierres et bruians qui confondoient quanques elles ataignoient, Chron. de Bains, 37. De l'ost s'en est issus tout soavet ambiant, Tout selon la rivière qui moult estoit bruiant, Ch. d'Ant. m, 632. || xive s. 11 furent si espris du tonnoirre bruiant, Guescl. 10433. || xve s. Une très belle, gente et jeune dame, et du quartier du pays où elle se tenoit, la plus bruyante, la plus mignonne et plus renommée, louis xi, Nouv. lxxxi. ||xvies. Le diable vostre ennemi circuit comme un lyon bruyant, cerchant quelcun à dévorer, calv. Instit. 115.
— ÉTYM. Participe présent du verbe bruire.
| 2. BRUYANT (bru-ian), s. m. Un des noms vulgaires du bruant jaune. || Bruyant-verdier, un des noms vulgaires du bruant commun.
— ÉTYM. Voy. bruant.
BRUYÈRE (bru-iê-r'; plusieurs disent brui-iê-r'), s. f. || 1° Terme de botanique. Genre nombreux de la famille des éricacées. Les bruyères sont des arbrisseaux communs dans les montagnes et sur les terres incultes. Les bruyères ont un feuillage toujours vert. || 2° Lieux, landes où croît la bruyère. Ombre vaine et semblable à la vapeur légère Qu'on voit au gré des vents errer sur la bruyère, ducis, Oscar, i, 2. || 3° Terre de bruyère, espèce de terre formée par la décomposition des bruyères dans la couche superficielle du sol, et employée par les jardiniers à la culture de plusieurs plantes délicates. || Plantes de bruyère, plantes qui ne viennent que dans la terre de bruyère. || 4° Coq de bruyère, oiseau qui vit dans les bruyères et qui appartient au genre tétras. Le dîner vient; la délicate chère, L'oiseau du Phase et le coq de bruyère, De vingt ragoûts l'apprêt délicieux Charment le nez, le palais et les yeux, volt. Pue. I.
— HIST. xne s. Qui tute lur larreit en bandun la rivière, De porcs et deberbiz voidreient [videraient] la bruiere, Th. le mart. 164. || xme s. Nient plus qu'en prés fleuris semble gaste bruiere, Berte, xu. Mont [nous] sommes en bel pré mis de pauvre bruiere, ib. cxxx. Lor anemis estaient près d'aus [d'eux], dejouste une bruiere, h. de valenc vi. Par un matin d'un vendredi Issi Renart de sa lesniere, Si s'eslestia par la bruiere, Ben- uooo. || xvi* s.
BUB
Les premiers mettoient pied à terre dans la bruere et menoient leurs chevaux par la bride, d'aub. Hist. n, 291.
— ÉTYM. Berry, bruere, breu, bru, bruée, bernée, beruère; picard, brevière; catal. bruguera; ital. brughiera; milanais, brug ; génois, briïgo ; bas-lat. brugaria; du celtique : kymri, brio g , buisson ; bas-bret. b[ruk, brug, brug en ; gaél. fraoch.
f BRYACÉ, ÉE (bri-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a rapport aux mousses. || S.f.plur. Les bryacées, plantes du genre des mousses, qui viennent sur le chêne.
— ÉTYM. Bryon.
f BRYOÏDES (bri-o-i-d'), s. f. plur. Le même que les bryacées.
— ÉTYM. Bryon, et eTSo;, forme.
t BRYOLOGIE (bri-o-lo-jie), s. f. Partie de la botanique qui traite de la classe des mousses et hépatiques (muscinées).
— ÉTYM. Bpûov, mousse, etXôyoi;, traité. BRYON (bri-on) , s. m. Mousse qui s'attache à l'é-
corce des arbres.
— ÉTYM. BpOov, mousse.
BRYONE (bri-o-n'), s. f. Terme de botanique. Plante delà famille des cucurbitacées (bryonia dioica, £.). À trop forte dose la bryone agit comme les poisons végétaux acres.
— ÉTYM. Bpucivri.
fBRYONINE (bri-o-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Principe trouvé dans la bryone.
fBRYOPIIILE (bri-o-fi-1'), adj. Terme de botanique. Se dit des végétaux qui se plaisent parmi ou sous les mousses.
— ÉTYM. Bpûov, mousse, et çîXo;, ami.
BU, BUE (bu, bue), part, passé du verbe boire. Le vin tiré et bu. || Santé bue, coup bu en l'honneur d'une personne. Ne croyez pas que votre santé ne soit point bue ici , sév. 75. || Fig. 11 a toute honte bue, il n'a honte de rien. || Trop bu, s. m. Sorte de droit sur les boissons.
f BUADE (bu-a-d'), s. f. Terme de manège. Mors à longues branches droites.
BUANDERIE (bu-an-de-rie), s. f. Lieu où l'on fait la buée, la lessive.
— HIST. xvie s. Fournil, buanderie, garde manger.... o. de serres, 20.
— ÉTYM. Buée.
BUANDIER, 1ÈRE (bu-an-dié, diê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait le premier blanchiment des toiles neuves. || Buandière, la femme chargée des lessives dans les grands établissements.
— HIST. xvie s. Tu laves ta lessive, dit l'eve^que? es-tu devenu buandier? est-ce Testât d'un prestre? desper. Contes, 36.
— ÉTYM. Buée.
BUBALE (bu-ba-P), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom vulgaire de l'antilope bubale.
— ÉTYM. Bubalus, de fSoûêocXo;.
BUBE (bu-b'), s. f. Bouton, ampoule qui vient sur la peau.
— HIST. xiii' s. Et' s'el n'a mains bêles et netes Ou de sirons ou de bubetes, Gart que tessier ne les i vueille, Face les oster à l'agueille, la Bose, (3528. Ou ses mains en ses gans repoingne | qu'il mette]; Si n'i perra [paraîtra] bube ne roingne, ib. 13532. || xvie s. La cause de ces hydropisies est l'imbécillité des facultés, principalement alteratrice et concoctrice du foye, provenante des petites bubes pleines d'eau qui s'engendrent en la membrane qui l'enveloppe, paré, vi, ii. Ces oignons prohibent qu'il ne se procrée bubes ou vessies, id. x, 9. Le cerveau n'est fait de sang comme les autres bubes [bulles, ampoules fœtales] et autres parties, id. xviii, 10. Faisant eslever petites bubes d'eau comme perles, id. Mum. et Lie. Dédie.
— ÉTYM. Provenç. buba ; espagn. buba et bua;, portug. bouba; mot tiré de bubon (voy. ce mot).
BUBON (bu-bon), s. m. Terme de médecine. Tumeur inflammatoire, siégeant dans les ganglions lymphatiques sous-culanés. |j Bubon sympathique, bubon produit par l'irritation qui, d'une partie enflammée ou ulcérée, s'est propagée jusqu'aux ganglions lymphatiques. || Bubon pestilentiel, bubon qui est un des phénomènes de la peste d'Orient. || Bubon scrofuleux, bubon dû aune irritation scrofuleuse. || Bubon syphilitique, bubon causé par l'infection syphilitique.
— HIST. xvie s. Bubo, ainsi nommé parce que les apostumes qui viennent es cavités des aines et aiscelles des malades, y sont cachées, comme Je hibou es creux des arbres, pare, Introd. 21. 11 chasse, ledit virus aux aisnes, et fait apostemes appellées bubons, vulgairement poulains, id. xvi, 2.
BUC
BUC
BUC
— ÉTYM. BovSwv, tumeur, proprement aine, parce que ces tumeurs viennent souvent aux aines. L'étymologie donnée par Paré est chimérique.
UUBONOCÈLE (bu-bo-no-sè-L), s. m. Terme de chirurgie. Hernie inguinale.
— HEM. Il serait mieux de faire ce mot féminin comme presque tous ceux qui sont composés avec le nom féminin XTjXri, tumeur. Il est toujours loisible de rectifier les erreurs commises à propos d'un nom scientifique, auquel manque l'usage populaire.
— étym. B&vëùv, aine (voy. bubon), et x^Xni, tumeur.
t BUCAILLE (bu-kà-11', II mouillées), s. f. Blé sarrasin.
— HIST. xvie s. Le millet sarrazin en est une autre espèce que l'on appelle bucail; il a la paille rouge, OL. de serres, HO.
— ÊTYM. D'après Olivier de Serres, de bockent, nom qu'on donnait de son temps, en Hollande, au blé sarrasin.
f BUCARDE (bu-kar-d'). 5. f. Terme de zoologie. Ooquille en forme de cœur de bœuf qui loge un mollusque.
— ÊTYM. Boû;, bœuf, et xapSîa, cœur.
t BUCARDIER (bu-kar-dié), s. m. Nom du mollusque logé dans la bucarde.
f BUCARD1TE (bu-kar-di-f), s. f. Terme de minéralogie. Bucarde pétrifiée.
BUCCAL, ALE (bu-kkal, kka-1'). adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la bouche, et particulièrement à la face interne des joues. Les muscles buccaux. || En grammaire grecque, les lettres buccales, et, substantivement, les buccales, le premier ordre des muettes ([i, tc, tp).
— ÉTYM. Buccalis , de bucca , bouche (voy. bouche).
f BUCCELLAIRE (bu-ksèl-lû-r') ou BUCCELLÉ, ÉE (bu-ksèl-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de petite bouche; qui est muni d'une petite bouche.
— ÉTYM. Buccella, diminutif de bucca, bouche.
BUCCIN (bu-ksin), s. m. Terme d'histoire naturelle. Coquille univalve tournée en spirale, ayant la forme d'un cornet, et où loge un genre de mollusques. Palissy a cru que les mines calcaires de Touraine étaient de* couches de buccins, volt. Colim. 3.
— HIST. xvic s. Il m'avoit fait présent de deux coquilles bien grosses, sçavoir est, de la coquille d'un pourpre, et l'autre d'un buxine, lesquelles avoient esté apportées de la Guinée, palissy, H8.
— étym. Buccinum, de buccina, cornet, trompette, ainsi dit à cause de sa forme; buccina vient de bucca, bouche (voy. bouche).
f BUCC1NAL, ALE (bu-ksi-nal, na-i'), adj. Qui est en forme de trompette, de buccin.
— ÉTYM. Buccin.
BUCCINATEUR (bu-ksi-na-teur), adj. m. Terme d'anatomie. Le muscle buccinateur ou, substantivement, le buccinateur, muscle situé dans la joue, et servant soit à mâcher, soit à souffler.
— HIST. xvic s. Ô bienheureux adolescent, qui as trouvé un tel buccinateur [trompette] de tes louanges, dubell. i, 27, recto.
— ÉTYM. Buccinator, de buccinare, soufller dans une trompette, de buccina, trompette, do bucca, bouche (voy. bouche).
| BUCCINÉS (bu-ksi-né) , s. m. plur. Terme de zoologie. Nom d'une famille de mollusques gastéropodes habitant la coquille buccin.
— ÉTYM. Buccin.
f BUCCINIER (bu-ksi-nié) , s. m. Le mollusque vivant dans le buccin.
fBUCCINITE (bu-ksi-ni-f), s. f. Buccin pétrifié.
t BUCCO-LABIAL, ALE (bu-kko-la-bi-al, al'), u<lj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la bouche et aux lèvres.
— ÉTYM. Bucca, bouche, et labial.
tBUCCOPIIARYNGlEN, IENNE (bu-kko-fa-rin-
jiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapporta la bouche et au pharynx.
— étym. Bucca. bouche, et pharyngien.
BUCENTAURE (bu-san-to-r'), s. m. || 1° Vaisseau
de cérémonie que montait le doge de Venise quand i! épousait la mer. j| 2° Sorte de navire à rames usité anciennement dans les mers d'Italie.
— ÉTYM. Ital. bucentoro, bucinloro; de pou;, bœuf, et /.évraupoç, centaure; sans doute à cause de la représentation d'un centaure à corps de bœuf. Cependant on a cherché d'autres étymologies, qui ne paraissent pas mériter d'être rapportées ici.
BICÉPHALE (bu-sé-fa-T), s. m. Cheval d'Alexandre. || Par analogie, cheval de parade ou de bataille. J| l'ai ai liplirase, mauvaise ros •■>.
— REM. On a quelquefois écrit bucéphal, comme Sl-Gelais en ces vers sur l>e cheval que montait François I": Joli, gentil petit cheval, Bon à monter, bon à descendre, Sans que tu sois un bucéphal, Tu portes plus grand qu'Alexandre, dans d'olivet, Prosodie fr. art. ni, ne 6.
— ÉTYM. Bovy.éçïXoç, de (ioù:,bœuf (voy. bœuf), et xEçaXf,, tête (voy. céphalique); à cause que la tête du cheval d'Alexandre avait quelque ressemblance avec celle du bœuf.
BÛCHE (bû-ch') , 4-. f. || 1° Morceau de bois taillé pour le chauffage. Bûche de Noël, grosse souche de bois qu'on met au feu la veille de Noël, et qui doit durer toute la nuit, parce que c'était autrefois la coutume de veiller la nuit de Noël pour assister à la messe de minuit et, plus tard, à celle de l'aurore. || Fig. et familièrement, personne stupide, lourde. Cet homme est une vraie bûche. || Il ne se remue non plus qu'une bûche, il n'a pas la moindre activité. Et l'on demande l'heure, et l'on bâille vingt fois Qu'elle s'émeut autant qu'une bûche de bois, mol. Mis. il, 5. || 2° Par extension, bûche de charbon de terre. || Bûche économique, espèce de brique préparée avec de l'anthracite en poudre, de la houille et un peu d'argile. || 3J Terme d'horticulture. La tige des orangers étètés qui viennent de Provence et de Gênes. || 4" Établi du tréfileur, de l'épinglier. || Barre de fer dont se sert le verrier. || Jauge pour régler l'épaisseur des pains de savon.
— HIST. xne s. E les jugs [jougs] des boes pren pur busche pur faire sacrese, Bois, 219. ||xme s. Li fenix quiert la buisse et le sarment, Par quoi il s'art et giete hors de vie, Thibaut, Chansons, dans lacurne. Ei\eenla buscherieprentladisisme [dixième] boise, Bertc, lxii. à Paris [j'] emportoie chaume, busche et estain, ib. lxxiii. Et pour ce que en aucun temps, huche, charbon sont plus chiers une fois que autre, se aucun se douloit, atrenpement convenable y sera mis par prevost de Paris, Liv. des met. (80. Et li feus fu tost alumez, Qu'il orent huche à grant plenté, Ben. 925. Si comme il avient que uns gentix lions ou une meson de religion a es bos d'un segneur une caretée de buce le jor, et il en envoie querre deus ou trois, beaum. xxiv, te. N'ai pas busche de chesne, ruteb. 7. Nobles ne set engin ne art, Ne qu'uns des asnes de Senart Qui busche porte, ib. <99. Luxure est un pechiés que glotonnie aluche, Et si le fait flamber plus cler que seiche huche, 3. de meung, Test. 1750. || xive s. [Qu'ils] abaissent arbres et noyers, pommiers et tout ce qu'ils trouveraient de bûche, Chr. de Saint- Denys, t. h, f" 52, dans lacurne. || xve s. C'est à entendre que ils doivent [les serfs anglois] de droit et par coutume.... la busche couper et amènera l'hostel et toutes telles corvées, froiss. ii, ii, iog. L'autre dit : ce n'est qu'un monstre Et ainsi que busche vestue ; Or ne fait rien et si se tue, eust. deschamps, Poésies mss. f° 512, col. 3, dans lacurne. || xvie s. Il devint sec comme une busche, et son ventre creux comme une lanterne, desper. Contes, lxxv. Des souliers de busche [sabots] , ib. lxxxi.
— ÉTYM. Wallon, boiclie; rouchi, boisse ; provenç. busca; sicil. vusca ; de môme radical que bois (voy. ce mot).
BÛCHÉ, ÉE (bu-ché, chée), part, passé. Pierre bûchée.
f BÛCUEMENT (bu-che-man) , s. m. Terme de maçon. Action d'enlever une partie de pierre faisant saillie.
— ÉTYM. Bûcher 2.
i. BÛCHER (bu-ché; IV ne se lie jamais; au pluriel l's se lie: des bu-ché-z allumés), s. 'm. || 1" I ieu où l'on serre le bois à brûler. || 2° Amas de bois sur lequel les anciens mettaient les morts pour les brûler. Cet époux si cher A-t-il reçu de toi les honneurs du bûcher? corn. Pomp. v, t. Romains, pri verez-vous des honneurs du bûcher Ce père, cet ami qui vous était si cher? volt. )l. de Ces. ni, 8. Déjà Troie en alarmes Redoute mon bûcher et frémit de vos larmes, rac. Iphig. v, 2. Sur un autel sanglant l'affreux bûcher s'allume, La foudre dévorante aussitôt le consume, j. b. rouss. Cantate, Circé. Il fait de tous ces arbres un bûcher sur le sommet de la montagne, FÉN. Tél. xv. ||3" Amas de bois sur lequel on brûlait les personnes condamnées au feu, les livres réprouvés. Un tribunal impuissant Au bûcher livra l'Emile. bErang. Muse en fuite. || Fig. Elle avait dressé de ses propres mains le bûcher où elle devait consommer son sacrifice, kléch. Mar. Th.
— HIST. xvi* s. Une petite garse qui couchoit au buscher, s'en aperçut, desper. Contes, xxxi.
— ÉTYM liArhe.'
2. BÛCHER (bu-ché), v. a. || 1° Terme de charpentier de marine. Dégrossir une pièce de bois. || Détruire une pièce qu'on veut remplacer par une meilleure. || Terme de maçon. Bûcher une pierre, en enlever la partie qui fait saillie. || 2" Terme de fauconnerie. Mettre l'oiseau sur un bloc ou sur une perche. || 3° Populairement, battre, frapper. Il Ta bûché vigoureusement; et, v. réfl. Ces deux hommes se sont bûches. || 4° V. n. Populairement, travailler beaucoup, péniblement. On dit aussi, en parlant de quelqu'un qui frappe à tour de bras : bûcher comme un sourd.
— HIST. xive s. Pour ce s'en vont fuiant; l'un brait et l'autre crie; Et Bauduins li bers bûche encore une fie, Baud. de Seb. II, 67. || xve s. Vinrent messagers invisibles qui commencent à buscher et ;\ tempester, froiss. ii, iv, 22. Le suppliant estoit à un bois où il buschoit et abatoit du bois, du cange, boscairare.
— ÉTYM. Bûche. L'italien buscare, l'espagnol buscar répondent à bûcher pour la forme, non pour le sens qui est chercher, fouiller; ils remontent aussi à bosco , bois, et signifient proprement fouiller un bois. Voyez, à l'historique de brusquer, une signification toute semblable.
BÛCHERON (bu-che-ron), 4'. m. Ouvrier qui abat du bois dans une forêt. Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait à pas pesants, la font. Fab. i, )6.
— HIST. xine s. Et s'en vint droit à la vile, en guise d'un viiain boscheron, une grant coigniée à son col, Merlin, f°4i. || xive s. Les hocherons ne ouvriers quelconques ne feront abatre arbres, Ordonn. des Rois de France, t. vi, p. 220.
— ÉTYM. Bûcher 2;Berry, baucheton.
BÛCHETTE (bu-chè-f), s. f. Petit morceau de
bois sec et menu ; menu bois qui , restant dans les forêts après l'exploitation, est abandonné aux pauvres. || Tirer à la bûchette, c'est tirera celui qui, ayant la bûchette la plus courte, perdra. On dit maintenant : tirer à la courte paille. Tenez donc voici deux bûchettes : Accommodez-vous et tirez, la font. Fab. ni, 8.
— HIST. xive s. Engins d'aiselles [planchettes], apuiées sur bûchettes que les bons serviteurs font, Mcnagier, II, 3. ||xve s. Peut estre qu'en autrui œil tu vois la bûchette petite, mais au tien propre tu ne vois pas le sommier bien gros que tu y portes, g. chastel. Expos, s. rérilc mal prise. De bois avoit une bûchette en l'un de ses yeux, Vie d'Isabelle. à la suite du Joinville, 1 77 , dans lacurne. || x\ i' s, .... Où avec petites buschettes le sécha le mieux qu'il put, marg. Noue. Préf.
— ÉTYM. Diminutif de bûche; picard, buketle; wallon, bouhete, courte paille; namurois, bouchéte; rouchi, buquète, busquèle.
tBÛCHILLES (bu-chi-lT, Il mouillées), s. f.plnr. Fragments de bronze qui se détachent des bouches à feu pendant qu'on les travaille.
— ÉTYM. Diminutif de bûche.
t BUCOLIASTE (bu-ko-li-a sf), s. m. Poète bucolique. Bernardin de St-Pierre nous semble a\oii surpassé les bucoliastes de l'Italie et de la Grèce. chateaub. Génie, n, ni, 6.
— ÉTYM. Bo'jxoXiatnnf;; (voy. bucoliqi ie).
BUCOLIQUE (bu-ko-li-k') , adj. \\ 1° Qui se rapporte à la vie des pasteurs; qui parle de leur vie. La poésie bucolique. Poêle bucolique. Ces airs bucoliques qui rappellent au Suisse exilé son père, sa mère, ses sœurs et les bêlements des troupeaux de sa montagne, chateaub. Génie, iv, 2, 7. Nous aimons qu'on nous charme en des chants bucoliques, v. hugo, Odes, m, l. Elle [la muse] a vu, me suivant dans mes courses rustiques, Tous les lieux il lustrés par des chants bucoliques, a. chén. Idyll. Épilogue. \\ 2" Terme de prosodie ancienne. Vers bucolique, vers hexamètre dont la césure se faisait après le quatrième pied. ||3°S. f. plur. Poésies pastorales. Les Bucoliques de Virgiie. Le Pentateuque se chantait à Jérusalem. comme des bucoliques, sur un mode plein et doux, chateaub. Génie, ni, \ , 4. || 4" Fig. et familièrement, ramas de choses sans importance et sans valeur, comme papiers, nippes et aussi, mais par raillerie, les objets qui servent à quelqu'un pour faire quelque chose. Le fils de Coste me fit aller à une porte qu'on tenait, et qui me fut ouverte dès que je parus; j'y trouvai le garde des sceaux et la Vrillière avec toutes leurs bucoliques,
— HIST. xiir s. Car es bucoliques Virgile Lisons ceste vois de sébile Du saint Esperit enseignie, la
Ji'riiS . I93G9.