ID. XX
— ÉTYM. Capillaris, de capillus , cheveu (voy. ce mot).
f CAPILLAMENT (ka-pil-la-man ) , s. m. Terme didactique. Petite fibre très-ténue, filamenteuse.
— ÉTYM. Capillamentum, chevelure, de capillus, cheveu (voy. cheveu).
f CAPILLARITÉ (ka-pil-la-ri-té) , s. f. Terme de physique. || 1° État de ce qui a la ténuité d'un cheveu. || 2° L'ensemble des phénomènes qui se passent dans le contact des liquides avec les solides présentant des espaces très-étroits ou capillaires. || Force particulière qui produit ces phénomènes, et qui ne paraît être qu'une variété de l'adhésion.
— ÉTYM. Capillaris (voy. capillaire).
t CAPILLIFOLIÉ, ÉE (ka-pil-li-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles capillaires.
— ÉTYM. Capillus, cheveu, ëtfvtium, feuille.
t CAPILLINE (ka-pil-li-n'), s. f. Terme de botanique. Champignon capilliforme (capillina).
— ÉTYM. Capillus, cheveu.
f CAPILLITIE (ka-pil-li-sie) , s. m. Terme de botanique. Tissu de filaments qui enlace les germas des lycoperdacées.
— ÉTYM. Capillitium , chevelure, de capillus, cheveu.
CAPILOTADE ( ka-pi-lo-ta-d' ) , s. f. Sorte de ragoût fait de morceaux de viandes déjà cuites. || Fig. et familièrement, mettre en capilotade, accabler de coups ou déchirer, ruiner de réputation. Le menaçant de mettre ses enfants en capilotade, hamilt. Gramm. 4 0. Si j'entre en furie, je vous mettrai tous deux en capilotade ; çà que l'on fasse trêve à cette heure, Francion, n, 79.
— HIST. xvie s. Cabirotades, longes de veau , rabel. Pant. iv, 59. Vous trouverez qu'il n'y a rien si fade, entre tous les mets de vostre table, que ce bel entretien de son ame, et que son discours et intentions ne valent pas vostre capirotade , mont, iv,
— ÉTYM. Bourguig. caipirotade ; espagn. capirotada; ital. capperottato. Quoique Ménage rejette bien loin l'étymologie de capirote, chaperon en espagnol, la forme des mots l'appuie fortement; il n'est pas difficile d'imaginer, quand on se rappelle les dénominations des sauces et des plats, que celui-ci ait été nommé le plat au chaperon.
\ CAPION (ka-pi-on), s. m. Terme de marine usité seulement dans le Levant. Capion de proue, étrave; capion de poupe, étambot.
f CAPIOU (ka-pi-ou) , s. in. Voy. cabiou.
CAPISCOL (ka-pi-skol), s. m. Doyen de chapitre, dans quelques provinces.
— ÉTYM. Espagn. capiscol; bas-lat. capischolu-; ; de caput, tête, chef (voy. cap), et de schola, école.
CAPISTRATE (ka-pi-stra-f) , adj. Terme de zoologie. Qui est muni d'un encadrement de la face comparé à une mentonnière.
— ÉTYM. Capistratus , de càpistrum, chevêtre.
f CAPISTRATION (ka-pi-stra-sion), s. f. Terme de chirurgie. Synonyme inusité de phimosis.
— ÉTYM. Capistrare, museler, de capistrnin , chevêtre.
t CAPISTRE (ka-pi-str'), s. m. || 1" Terme de chirurgie. Synonyme inusité du bandage dit chevêtre. || 2° Terme de zoologie. La partie de la tète, chez les oiseaux, qui entoure le bec.
— ÉTYM. Càpistrum, muselière (voy. chevêtre).
CAPITAINE (ka-pi-tê-n') , s. m. || i° Chef militaire. C'était un vaillant capitaine, un vieux capitaine. Il était plus soldat que capitaine. Et si Flaminius en est le capitaine, corn. Nicom. n, 3. Joignez à vos vertus celles d'un capitaine, id. Cid, i, 7. Ruiter qui est le plus grand capitaine de la mer, sév. 138. À la nuit qu'il fallut passer en présence des ennemis, comme un vigilant capitaine, il reposa le dernier, boss. Louis de Bourbon. Suus lui se sont formés tant de renommés capitaines que ses exemples ont élevés aux premiers honneurs militaires, id. ib. Il tenait pour maxime qu'un habile capitaine peut bien être vaincu , mais qu'il ne lui est pas permis d'être surpris, id. ib. Leur subtil conducteur [Cromwell] qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnagesdivers, en faisant le docteur et le prophète aussi bien que le soldat et le capitaine, id. Reine d'Anglet. ||2° Dans un sens plus spécial, chef d'une compagnie dans un régiment. Capitaine d'infanterie , de cavalerie. || On nommait capitaine-lieutenant celui qui commandait une compagnie dont le roi, la reine ou un prince était censé capitaine ; ainsi que le lieutenant de la compagnie colonelle d'un régiment. |] Capitaine des gardes, celui qui commandait une des quatre compagnies des gardes du roi, et capitaine aux gardes, l'officier qui commandait une compagnie du régiment des gardes françaises. || 3° Celui qui commande un bâtiment de mer. Capitaine de vaisseau, de frégate. Capitaine d'un navire de commerce. || Capitaine de pavillon, capitaine du vaisseau-pavillon ou vaisseau qui porte le pavillon d'un officier général. || Capitaine de port, officier préposé au commandement d'un port. || Capitaine de prise, officier qu'un bâtiment capteur détache sur un navire capturé pour le commander. || Capitaine au long cours, titre du marin qui peut commander pour les longs voyages les navires marchands de toutes les grandeurs. || Capitaine d'armes, autrefois officier, aujourd'hui sous-officier chargé de la police du bord. |J 4° Familièrement. Capitaine renard allait de compagnie Avec son ami bouc des dIus hauts encornés,
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la font, l'abl. m, 5. Ecoute, mouchard, mon ami, Je suis ton capitaine, berang. Faridmul. 5-" Chef d'une capitainerie ou circonscription terri- . l| lui Espagne, capitaine général, le plus haut ide militaire. || Dans les colonies, commandant ieur. H Capitaine de louveterie, celui qui a soin ;ui regarde la chasse dans une certaine étendue de pays. || 6° Nom qu'en donnait au gouverneur de certaines résidences royales (on dit présentement gouverneur), et à celui qui était chargé d'une capitainerie de chasses. \\ 7° Capitaine de voleurs, de bohèmes, etc. le chef d'une troupe de voleurs, etc.
— HtST. xi" s. À Rolant le cataigne, Ch. de Roi. cxxxvn. Il te donat [Durandal] à un comte cataigne, 'b. CXXIX. Demanderont: où est li quens [comte] cataigne'' ib. ccv. Cent mille sont de nos meilleurs cataignes, ib • cxxin. || xin0 s. L'emperere ot bien envoie cent chevaliers ; de cels si fu chevetaine Machaires de Ste Manehalt, villehard. dans le ]>ict. de dochez. H xive s. Faisons et establissons
is présentes lettres capitain gênerai, du cange, capitaneus. Serjens et mestres capitaines, m. ib. Se il devrait plus obéir à l'ordenance du capitaine de Fosl que à son père, oresme, Eth. 26). Robert Brambore «n fu cappitain redoubté, Guesclin, 842. i xvc s. C'est un bon homme d'armes pour le présent et un grand capitaine, froiss. il, m, )5. j| xvie s. Il avait gaigné neuf batailles estant capitaine gênerai d'Athènes , amyot, Péricl. 73. Le premier qui se prit à courir pour charger , fut C. Crassianus , capitaine de cent vingt et cinq hommes, id. Pomp. toi. En France , le lieutenant et enseigne d'une compaignie de gens de pied, ;>orte ce titre de capitainne; aux autres nations, non, carloix, v, 32. Boviez, sergent du queitaine, d'aï b. Fœn. i, 6. Nulle paix n'a jamais apporté un tel calme, jusques à ce que les moindres capitaineaux de France eussent obtenu des edicts, id. IIisl. m, 214. Capitaine estoit anciennement le seul nom qu'on donnoit à ceux qui commandoient d 's trouppes d'infanterie ; à quoy on a substitué ceux de mestre de camp et de colonel, brant. Capit. fr. t. iv, p. 48 et 55, dans lacurne. Il ne s'esmerveilloit si les gens de guerre estoient mauvais et sujects à la pince, veu qu'il avoit remarqué qu'aujourd'hui les soldats n'appelloient celui qui leur commande , non capitaine , mais mon cayntene ; que cela le faisoit penser qu'ils veulent dire que ce nom est venu de Caïn, qui fut le premier capitaine qui suivit la guerre, bouchet, Serées, liv. m, p. 42, dans lacurne.
— ETYM. Provenç. capitani; catal. capiiâ; espagn. capitan; portug. oapitâo; ital. eapitano ; anc. ital. caltano; angl. chteftain; bas-lat. capilanus , et aussi, dans un document du vie siècle, capitaneus, de capul, tête, chef (voy. chef). La plus ancienne forme est cataine, qui se conserva dans le langage populaire (voy. les textes de d'Aubigné et de Bouchet).
CAPITAINERIE (ka-pi-tè-ne-rie) ,s.f.\\ 1° Autrefois charge de capitaine des chasses ou d'une résidence royale. M. le prince embla à mon oncle la capitainerie des chasses de Senlis, st-sim. vi, 78. || 2° Le lieu affecté au logement de cet officier. Saint-Héron esta sa capitainerie, sévig. 290. || 3° L'étendue de la juridiction d'un capitaine des chasses. || 4" Circonscription territoriale qui avait un commandant militaire. || En Espagne, capitainerie générale, cir^ conscription territoriale répondant à peu près à nos divisions militaires.
— HIST. xve s. Avec la prevosté de Paris il tient les capitaineries de la ville de Chierbourg, dont il a par an six mille francs, et de Nemours, dont il a par an deux mille francs, monstrel. t. i, chap. 99, p. 159, dans lacurne. || xvie s. Toy Bethlehem, terre de Judée, qui est petite entre les capitaineries de Juda, calv. histit. 374. || Capitainie s'est dit pour habileté de capitaine. 11 avait ses chevaliers accoustumé à eux oser fier en sa capitariie, bercheure, f° 7) (xive siècle)
— ETYM. Capitaine.
f CAPITAINESSE (ka-pi-tô-nè-s') , s. f. Terme de marine. Galère que commandait le chef d'une divisiou de galères.
— HtST. xvie s. Sa galère capitainesse fut arrestée par un rémora, mont, h, 180. Lesquelles choses furent toutes portées à Athènes par Cimon sur sa galère capitainesse, amyot, Thésée, 45.
— ETYM. Capitaine.
CAPITAL, ALE (ka-pi-tal, ta-1'), adj. || 1" Où il s'agit de la tète ou de la vie; qui mérite le dernier supplice. Procès capital. Intenter une accusation capitale. Condamner quelqu'un à la peine capitale.
Et Cinna vous impute à crime capital La libéralité vers le pays natal, corn. Cinna, n, ). Abandonner mon camp en est un [crime] capital, id. Nicomède, n. 2. On a beaucoup Loué le regret que Néron témoigna de savoir écrire, à la première sentence capitale qu'il eut à signer, diderot, Claude et Néron. I! 2° Qui est la tète ou comme la tète de quelque chose. La ville capitale ou, substantivement, la capitale, la ville principale d'un Etat, d'une province. Dans cette ville capitale, bourdal. Carême, i, Aumône, )46. Hipparque et Ptolémée étaientà Alexandrie en Egypte, et ils la rendirent la capitale de l'astronomie, fonten. Chazelles. À l'âge de vingtun ans, Linné se rendit à Upsal, qu'on pouvait alors regarder comme la capitale littéraire de la Suède, condorcet, Linné. || 3° Lettre capitale ou, substantivement, une capitale, grande lettre, majuscule. En termes d'imprimerie, petites capitales, grandes capitales. La lettre capitale a été ainsi nommée parce qu'elle se met en tête de l'alinéa. || 4° Principal, essentiel. Le point capital. Clause capitale. Défaut capital. C'est un crime envers lui si grand, si capital, corn. Polyeucte, iv, 6. Il n'y a pas d'erreur si capitale contre la philosophie, boss. Préface. Il ne faut pas se flatter, les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales, id. Reine d'Ângl. Dans une affaire qui serait capitale àlui et aux siens, la bruy. 4. Tout devient capital dans la bouche d'un souverain, mass. Pet. car. Obst. Il est capital de n'offrir aux enfants que de bons modèles, fénelon, xvii, t7. On ne sait si on a réussi à corriger, par quelques beautés de détail, un vice si capital [dans une tragédie] , volt. Lettr. Richelieu, 19 juill. 1773. || En termes de peinture, tableau capital, œuvre principale d'un peintre, d'une école. || Les sept péchés capitaux, péchés source des autres. || Ennemi capital, ennemi mortel. Dieu les laisse aux diables, ses capitaux ennemis, boss. Démons, t. || 5° S. m. Ce qu'il y a d'essentiel. Le capital est d'avoir de quoi se pousser, bourd. Car. i, Richess. 9. La pénitence est le capital de notre paix avec Dieu, id. Avent, Nativité de Jésus-Christ , 228. Le capital pour une femme n'est pas d'avoir un directeur, la bruy. 3. Le sexe dévot qui fait son capital de dire beaucoup, bourd. Car. i, Prière, 3)6. Il ne devrait pas. faire son capilal d'être lieutenant général, sév. 264. Ensevelis dans l'amour des choses sensibles, ils feront leur capital des biens grossiers de cette vie, fén. xvii, 2(4. 11 ne fait pas assez de cas de ce talent, pour faire son capital de l'étudier, ia bruy. 8. Comme le disent malicieusement vos pères Annat et Meynier, qui en font le capital de leur accusation, pasc. Prov. )6. Ma (6° lettre y avait assez répondu [à l'accusation d'hérésie]; mais vous en parlez maintenant d'un autre air; vous en faites sérieusement le capital de votre défense, id. ib. )7. || 6° Le principal d'une dette, d'une rente. Amortir, .rembourser un capital . Manger rentes et capitaux, Serait doux, je l'espère, bérang. El. de la richesse. || 7° Ensemble des produits accumulés. || En langage scientifique, somme des utilités acquises, et non des valeurs comme on dit à tort (voy. valeur), résultat du travail antérieur destiné à la satisfaction des besoins ultérieurs. On dit que les facultés acquises de l'homme sont un capital. L'homme fait est un capital accumulé, j. b. say, Cours d'économie politique, )843,t.i,p. 154. Le capital d'un artiste est son talent, m. ib. t. n, p. 164. [| Portion des produits accumumulés ou des utilités acquises, destinée à la reproduction, sous forme de provisions, de matériaux et d'instruments. Le premier chasseur était pourvu au moins d'un repas, auquel il a dû la force de saisir sa première proie; les armes qu'il s'est fabriquées ont été une grande augmentation de son capital ou de ses avances, dupont de nemours, Maximes du doct. Quesnay , édit. 1846, p. 39). Tout capital est un instrument de production, j. b. say. Cours, t. i, p. 158. || Plus spécialement, l'instrument de travail. Capital productif, celui qui est employé actuellement à la production. Capital improductif, inactif, oisif, celui qui n'est pas employé. || Capital-argent ou capital -monnaie, capital-matières, etc. celui qui a la forme de monnaie, de matières premières. || Dans un sens relatif, notion abstraite d'une somme d'utilités qui ne changent pas avec les objets auxquels elles sont incorporées , et que l'on peut retrouver après un certain temps ou certaines opérations. || Propriété de ceux qui vivent du revenu de ce qu'ils possèdent. || Capital d'un individu, somme des richesses que cet individu possède en produits accumulés; avoir d'une personne : c'est le sens de l'impôt sur le capital. || Portion de richesse que le possesseur a l'intention de conser-
ver ou de reproduire par le travail; actif d'une personne. Capital d'un commerçant; on y fait entrer la clientèle. || Capital social, cap'ital d'une société de commerce. || Capital social, capital d'une nation, somme des richesses existantes chez elle. Le capital d'une nation se compose de tous les capitaux des particuliers, j. b. say, Traité d'écon. polit. )840, p. 69. || Somme de ces richesses employées dans l'industrie nationale. Leur ensemble [des capitaux productifs] compose le capital d'une nation, id. Cours, 1. 1, p. 1 45. || On confond souvent le capital et le numéraire; delà, en termes de finances, capital, argent en circulation. Le capital se cache. || Fonds disponibles. Les capitaux sont rares. || Fonds dont un industriel, un commerçant, un agriculteur dispose pour la création ou l'exploitation d'un établissementou d'une entreprise. Capital ou fonds de roulement, argent ou produits immédiatement échangeables, servant à payer les dépenses d'exploitation. || Capital fixe ou engagé, celui qui sert sous une forme permanente, fixe, dans des objets qui durent et dont l'efficacité se perpétue sur un grand nombre d'actes de production, tels que les constructions, les machines, les améliorations foncières. Je ne parle pas ici des capitaux engagés dans un fonds de terre et qui sont aussi immobiles que le fonds, say, Traité, p. 409, note. || Capital circulant ou de circulation, celui qui se transforme dans l'opération productive, qui circule sans cesse et passe d'une matière dans une autre, telle que les matières premières . les provisions. La monnaie, capital fixe relativement à la société, est un capital circulant relativement à l'individu. || 8" Lie forte que laisse la potasse au fond des chaudières où l'on fait le savon. || 9° S. f. Terme d'art militaire. La capitale, la ligne de convention qui est censée partager un bastion en deux portions égales.
— REM. Cet adjectif se met d'ordinaire après le substantif : ville capitale, ennemis capitaux; cependant Bossuet a dit aussi : capitaux ennemis.
— syn. capital, richesse. Richesse , c'est l'ensemble des choses qui servent à la satisfaction de nos besoins. Capital, c'est l'ensemble des moyens de satisfaction résultant d'un travail antérieur. Le capital est l'un des trois éléments de la production : les agents naturels, le travail et le capital. Souvent on oppose capital à fonds de terre.
— HIST. xii8 s. Et ne remaindra hoem antif [homme âgé] en ta maisun, qui evesche seit de la lei chevel [loi capitale, la religion], Rois. lu. Cel capital [ce châtiment capital] ne deit ne clers ne lais suffrir; De saint Igliseen puetla dreiture périr, E as clers e as lais puet à perte venir, Th. le mart. 60. || xive s. Un tribun ha cité Ceson et li baille jour sur crime capital devant le peuple, bercheure, f° 54, verso. || xve s. Ledit conte de sainct Polestoit lors ennemy capital du duc de Bourgongne, comm. tu, 3. La grant compagnie mauldicte des sept vices capitaulx et mortels, gerson, Harangue à Charles VI, p. 15. || xvr s. Le prince de Galles prit si fort à cœur la protection de Pierre contre Henry, qu'il en fit tout son capital, Mém. sur Guescl, ch. 22. Tenailles ca;'tales [pour les fractures du crâne], incisives, dites bec de perroquet, paré, vin, 6. Ce fait, seront appliquées dessus des poudres capitales [céphaliques] de faculté dessiccative, id. xvi, 34. Ennemi capital du vice, rons. Odes, v, 23. L'on doit venir par action [en justice, non par saisie] pour loyaux aides ou chevels [aides capitales, dues uux chefs, seigneurs], LOYSEL,604.Ceste ville capitalle de vostre duché de Guienne et métropolitaine pour le faict de la religion, condë, Mém. p. 624.
— ETYM. Provenç. captai, capdal, capital, cheptel ; de capitalis, de caput, tête, principal (voy. chef). Capitale, le capital, a donné cheptel (voy. ce mot). La plus ancienne forme est chevel; capital a été refait, dès le xir siècle, sur capitalis.
f CAPITALEMENT(ka-pi-ta-le-man), adv. D'une manière capitale, sur toutes choses. Se tromper capitalement, boss. Lett. abb. 67. Noailles était capitalement en butte aux jésuites par sa doctrine, non suspecte, mais qui n'était pas la leur, STrSiMOiN,
— HIST. xive s. Et tels larrons sont à punir capitalement, bout. Somme rurale, p. 245, dans lacurne. || xvr s. Les mariages entre proches sont capitalement defi'endus entre nous, mont, ii, 345. Je hais capitalement la feinctise, id. ;n, '•'.
— ÉTYM. Capitale, et le suffixe ment ; provenç. captalmen.
| CAPITALISABLE (ka-pi-ta-li-za-bl'), adj. Q| peut être capitalisé.
f CAPITALISÉ, ÉE (ka-pi-ta-li-zé, zée^ f passé. Ajouté au capital. Les intérètsvcapitaVsés.
CAP
CAP
CAP
■j CAPITALISER (ka-pi-ta-li-zé). || 1= V. g,. Terme
de finance. Ajouter au capital. || Réaliser le capital. Capitaliser une rente. || Estimer la valeur d'un capital variable d'après les intérêts qui sont payés. Si l'on veut estimera un taux quelconque la véritable valeur d'actions dont les dividendes sont variables, on est obligé de calculer le capital qui. à ce taux-là, produirait le dividende donné; c'est dans ce sens qu'on dit et écrit (pie ces actions rapportent tant, et que le revenu, étant capitalisé, en est supérieur ou inférieur à la renie. || 2° V. n. Accumuler de manière a former un capital.
— ÉTYM. Capital.
CAPITALISTE (ka-pi-ta-li-sf), s. m. \\ 1° Celui qui possède un capital et qui vit de son revenu. Dans le monde, on n'accorde le nom de capitaliste qu'aux hommes dont l'unique ou du moins le principal revenu consiste dans l'intérêt de leurs capitaux, say, Cours d'écon. polit, t. n, p. es. || 2° Celui qui tire profit d'un capital. Nous avons donné ce nom à tous ceux qui possèdent un capital petit ou grand, une portion même d'un capital, id. ib, || 3° Celui qui prête son capital à un entrepreneur d'industrie. Le gérant sera-t-il fondé à refuser au capitaliste toute participation à une augmentalion de produits due en si grande partie àson capital? id. ib. p. 08. Réprouver les capilali-tescorqmeinutilesà la sociélé, c'est s'emporter follement contre les instruments mêmes du travail, MIRABEAU, Collection, t. iv,p. 279. || 4°CeIuiqui possède des fonds considérables. Un gros, un riche capitaliste. Ma sœur, que je ne pouvais garder avec moi, sr trouve à merveille chez ce vieux et respectable capitaliste, scribe, le Puff, i, 8.
CAP1TAN (ka-pi-tan), s. m. 'ferme de mépris. Homme qui fait le matamore, qui semble vouloir faire peur aux gens. Je ne veux point ici faire le capitan, mol. Fâch. i, to. Une manière dure, sauvage, étrangère, qui fait un capitan d'un jeune abbé, la bruy. i3. !| Personnage de la comédie italienne.
— ÉTYM. Espagn. capitan, capitaine (voy. ce mot); mot espagnol passé dans le français avec un sens défi v. -rallie.
CAPITANE (ka-pi-ta-n'), a'dj. et s. f. La galère capitane ou la capitane, nom qu'on donnait en Europe ;\ la principale galère d'un État, excepté en France. Le chevalier de Villeroy se noya dans la capitane de Malte qui coula à fond, st-sim. 74, 2) y. Don Juan d'Autriche et Veniero attaquèrent la capitane ottomane, volt. Mœurs. 160.
— ÉTYM. Espagn. et ital. capilana, de capitano, capitaine.
CAPITAN-PACHA (ka-pi-tan-pa-cba) , s. m. Amiral turc; le vaisseau amiral turc Quand brûlaient au sein des flots fumants Les capitans-pachas avec leurs armements, v. hugo, Orient. 5. Brûlons le capitan sous son triple canon, m. Orient 3.
— ÉTYM. Capitan, au sens de capitaine, et pacha.
CAPITATION (ka-pi-ta-sion), s. f. Taxe par tète. Impôt de cipitation. Vers ce temps-ci la capitation fut établie ; l'invention et la proposition fut de Basseville, st-sim. xxv, 38.
— ÉTYM. Capitatio, de caput , tête (voy. chef).
f CAPITÊ, EE (ka-pi-té, tée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de tête; qui a une grosse tête; qui est pourvu d'une tète. || S. /. Terme de botanique. Nom des plantes qui ont une tête, comme le chardon.
— ÉTYM. Capitatus , de caput, capitis, tête (voy. chef).
f CAPITEL (ka-pi-tèl), s. m. Extrait d'une lessive de cendre et de chaux vive démêlées, c'est-à-dire battues dans l'eau, lequel entre dans la composition du savon blanc et du savon noir.
— HIST. xvr s. Prenez cendre de gravelée, et en faites capitel dans une chausse d'hippocras, paré,