‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 321 sur 462 · XX, H · texte numérisé non relu

XX, H

— ÉTYM. Catholique, universel ; d'où catholicon, remède universel.

CATHOLIQUE (ka-to-li-k') , adj. || 1" Universel, servant à tout; en ce sens usité seulement avec les mots suivants: gnomon catholique, gnomon qui indique les heures à toute élévation du pôle. Anciennement, en chimie, fourneau catholique, fourneau pouvant servir à toute sorte d'opérations. || 2° Qui appartient à la religion romaine et n'appartient qu'à elle. La foi, la religion, l'Église catholique. Des sentiments, des opinions très-catholiques. Avec quelle incomparable netteté d'esprit leur faisait-il voir l'antiquité et la vérité de la religion catholique ! boss. Louis de Bourbon. Quelle plus grande autorité que celle de l'Église catholique, qui réunit en elle-même toute l'autorité des siècles passés et les anciennes traditions du genre humain jusqu'à la première origine? in. Hisi. n, i3. Et que demain la France heureuse et catholique D'un roi chéri du ciel bénisse les destins, m. j. chénier, Charles IX, iv, 5. L'église est une, et par son esprit d'unité catholique et universelle, elle est la mère toujours féconde de tous les particuliers qui la composent, boss. Fr. Bourgoing. || Le roi Catholique, Sa Majesté Catholique, le roi d'Espagne. || Cantons catholiques, les cantons suisses qui professent le catholicisme. || Pays-bas catholiques, la Belgique, par opposition à la Hollande devenue protestante. || Fig. et familièrement. Cela n'est pas catholique, cela n'est pas conforme à la morale, au devoir, à la règle. || Substantivement, celui, celle qui professe la religion catholique. Un catholique. Une bonne catholique. Les catholiques d'Angleterre. || Fig. Catholique à gros grains, homme peu scrupuleux. || 3° S. m. Officier qui était chargé, de la levée des impôts dans l'empire grec. || Primat des églises d'Asie. Le catholique d'Arménie.

— HIST. xme s. Tu chez [tombes] , Se tu ne tiens foy catholique, j. de melng, Tr. 84. || xvi° s. Pourveu que comme bons catholiques vous vous sou • mettiez aux archi-catholiques princes Lorrains, et supercatholiques Espagnols, Sat.Ménipp. ei.Catholicissimes et zelatissimes, ib. sa.

— êtym. Provenç. calolic; espagn. eatolico; ital. cattolico; de catholicus , de xaOo;.'...o;, catholique, universel, de xaxà, indiquant compréhension, et SXo;, tout, dont le radical oX parait être le même que sol dans sol-idus (voy. solide).

CAT

CATHOLIQUEMENT (ka-to-li-ke-man) , adv. Conformément à la foi catholique.

— hist. xvie s. Le roi de Navarre mourut forl catholiquement et chn tiennement à Andelys, quelques jours après sa blessure, PALM A CAYET, dans le

de dochez. Mais ceux qui furent mis ce joui là hors de la ville plorerent catholiquement [uni lement]. pur avoir esté despossedez île l'estape des plus délicieux vins de la France, lanoue, 555. Les dames de Poissj n ligieuses] qui vivent très catholiquement. d'aub. Fœn. iv, t2. La SoTbônnr plus (le latin, et boit plus catholiquement que le consistoire de Rome, Sat. Ménipp. '";.

— ÊTYM. Catholique, el le suffixe merit.

t. CATI, 1E ka -n. tie), part, passade catir. Des étoffes caties.

2. CAT! (ka ti), s. m. Apprêt qui donne du corps et du toffes. 11 [le marchand] a le cali e1

les faux jour-, afin de cacher les défauts de sa mar chandise. la bruy. vi.

— ÊTYM. Catir.

f CATICHE (ka-ti-ch') . s. f. Terme de chasse. Trou où i es loutres et les autres amphibies,

ls des rivières et des étangs.

— HIST. xnr s. Les castiches des ponts ki sunt à Amiens seur le [la] rivière de Somme, du cange, caslicia. Li maire i I esquevin d'Amiens pueent et poi castichier ou faire cas-

lefaire le [lai castichc dus l'entrée du ! ; I dukay. m. ib. ||xiv s. Un ponl de grez ou de i, descendant aie [la] castiche, par laquelle on va de Bassecoin as prez des dits religi ux, in. ib. || xve s. Sera tenu le dit fermier de retenir bien el souffisamment les castices de le [la] rivière, depuis Bonnav jusques à Corbie, in. ib. Retenir et reparer les chaussées et cathiches estans autour et à l'environ du pays. in. ib.

— ÉTYM. Bas-lat. caslicia : , d'une origine inconnue, la présence de l's dans la forme ancienne empêchant de rattacher ce mot à catir, qui a voulu dire cacher.

| CATILINA (ka-ti-li-na), s. m.. Conspirateur, perturbateur. Des catilinas imberbes. Le petit Catilina, sobriquet du cardinal de Retz en IG4S, nemours. Mém. p. 45, dans lacurne.

— ETYM. Catilina, auteur d'une vaste conspiration que Cicéron fit échouer.

| CATILINAIRE (ka-ti-li-nê-r') , s. f. Nom de quatre harangues prononcées par Cicéron contre Catilina. || Fig. ei d'une manière générale, sortie véhémente, discours très-vif contre quelqu'un.

— ÊTYM. Catilina.

•j- CAT1LLAC (ka-ti-llak ou plus souvent ka-ti- 11a), CATILLARD (ka-ti-llar, Il mouillées), s. m. Poire d'hiver bonne à cuire.

CATIMINI (EN) (ka-ti-mi-ni), loc. ailv. En cachette. S'approcher , faire quelque chose en catimini. Terme familier. ■

— hist. xivc s. S'il venoit en catimini chevaucher parmy les bois, et ad viser Cherbourg de plus près, pour savoir si l'on pourrait mettre le siège devant, froiss. Lirr. II, p. 35, dans lacurne. ||xvies. Et si quelqu'un

.s espagnolisez a quelques doublons, et reçoit quelque pension du légal à catimini, Sat. Ménipp. 82.

— ÉTYM. Dans ce mot singulier, la syllabe mini fait tout d'abord soupçonner qu'il y a une corruption; en effet brouillamini, où elle figure, est la corruption, dans la bouche des maréchaux, de bolus armem.r, sorte d'emplâtre, qu'une corruption subséquente, agissant par assimilation, rapprocha, par le sens, du verbe brouiller. Quelque chose de pareil est arrivé ici; catamini a signifié les menstrues des femmes, du grec v.^a.\i:r^vx (voy. cataménial); en voici des exemples : Les femmes ayant leur catamini peuvenl obfusquer et éblouir la clarté dumiroire, bouchet, Scrées, liv. m, p. 213, dans lacurne. Les larrons sont en horreur aux abeilles, aussi bien que les femmes qui ont leur cataminy, ib. liv. n, p. 42; une femme qui a son cataminy, ib. p. (7u. Les femmes cachant avec soi i cet état, catamini, ou par altération catimini, apu prendre le sens de cachette, mystère, d'autant plus facilement qu'une de ces assimilations qui tendent si fort à la confusion des mots aura vu dans cata ou cati, soit le verbe rôtir , qui a eu le sens de cacher, soit ait, dit en picard pour chat.

I. CATIN (ka tin), s. f. || 1" Nom de fille el surtout de fille de la i ampagne, abréviation de Catherine. On dit aussi Catiche. Dans ce hameau, je vois de toutes parts De beaux atours mainte fillette ornée; Je gagerais que quelque jeune gars Avec Catin unil de tinée , nESHouLtÈREs, Bail, sur la néd'un peu de fortune quand on se mûrir.

CAT

Il 2° En mauvaise part , et dans un langage un peu libre, femme de mauvaises mœurs. Puisqu'elle est de si grande qualité, pourquoi s'est-elle fait catin? sév. 2ir>. L'une bégueule avec caprices, L'autre débonnaire et catin, voit. Roi dePrusse, 26. Cette liberté mitigée N'étanl ni prude, ni catin, id, Ép. 31. Demoiselle Labuté, comédienne assez, médiocre, mais assez jolie catin. in. Lett. vers.... 22. Quand même des catins la colère unanime Sans pitié m te rait l'honneur de leur estime, gilb. Apolonie. Vous croyez, monsieur et cher abbé, que je vais vous parler de moi, de nos académies et de nos coulisses, de nos acteurs, de nos catins et de nos auteurs, mi'KR. Lett. à Galiani.

— ÉTYM. Abréviation populaire de Catherine, Ca tha ' ina . nom propre qui dérive de x^apoç, pur.

2. CATIN (ka-tin), s. m. Bassin qui sert a recevoir un métal fondu.

— ÉTYM. Catinus, bassin, plat.

CATIR (ka-tir), r. n. Lustrer une étoffe. Catir du drap, a froid, à chaud. || Appliquer l'or dans les filets d'une pièce à décorer. ||Se catir, r. réfl. Être cati. Ces sortes de draps ne se catissent pas bien.

— HIST. xne s. Se tant poit [peut] faire et Bernier et Geris Que il se fussent en cel bruellel [petit bois] quaitis [cachés], R. de Cambr. p. 247. || xivc s. ....D'escuierz jusqu'à dix Mena avœques lui, et si lésa quatis En un peut bosquet, B<md. de Seb. vi, 384.

— ÉTYM. Norm.se catir, se tapir; provenç. quait, tapi, caché, espagn. cacho, serré; ital. quatto, même sens; du latin conclus, pressé, serré, d'où dérive aussi cacher (voy. ce mot). Catir. autrefois d'un usage général, n'est resté dans la langue quecomme terme de métier.

f CATISSAGE (ka-li-sa-j') , s. m. Opération par laquelle on donne le lustre à une étoffe.

— ÉTYM. Catir.

CAT1SSECR (ka-ti-seur) . s. m. Ouvrier qui donne le cati aux étoffes.

— étym. Catir.

f CATISSOIR (ka-ti-soir) , s. m. Outil du doreur.

— ÉTYM. Catir.

fCATISSOIRE (ka-ti-soi-r') , s. /'. Petite poi le où l'on met du feu pour catir les étoffes.

— etym. Catir.

CATOGAN (ka-to-gan) ouCADOGAN (ka-do-gan), s. m. Nœud qui retrousse les cheveux et les attache près de la tête. Le catogan n'est plus de mode.

— ÉTYM. Celte dénomination, qui ne se trouve pas 'tans les anciens dictionnaires, est dérivée de Cadoghan, général anglais au service de la reine Ai. ne, mort en 1 72(1.

I. CATON (ka-ton) , s. m. Homme d'une vertu rigide ou qui en affecte les airs. M. Bignon, avocat général, et le Caton de son temps, retz, iv. (85. Il [Montrésor] avait la mine d'un Caton, mai i] n'en avait le jeu, retz, dans le roux de lixcy, Proverbes, t. n, p. 3t. Tu fais ici le Caton de Normandie, hamilt. Gram. G. S'étant retiré de certaines parties trop gaillardes, sans faire le Caton, sans se faire haïr, sév. 4U6. Vous êtes le seul sage et le seul éclairé, Un oracle, un Caton, dans le siècle où nous sommes, mol. Tari. 1, 6. Oui, devant ce Caton de basse Normandie, Ce soleil d'équité qui n'est jamais terni, hac. Plaid, m, 3.

— HIST. xvics. Aussi appelloit on communément, par manière de mocquerie, Gâtons, ceulx que l'on voyoit :a;n is et sévères en paroles et en faict desordonnez et vicieux, amvot, C. d'Utiq. 3u.

— étym. Cato, nom du célèbre Romain qui se donna la mort à Utique. Ce mot vient de cal us, au propre, aigu; au figuré, avisé, fin, habile.

f 2. CATON (ka ton) , i. m. Tringle de fer qu'on forge à bras pour la passer à la filière.

t CATONIEN, IENNE (ka-to-niin, niè-n')., adj. Qui a le caractère d'un Caton. Rigidité catonienne.

f CATON1SME (ka-to-ni-sm'), s. m. Caractère d'un Caton. Cette petite Vénus en abrégé [Mme de Choiseul] me parait un Caton pour les sentiments, et son catonisme est plein de grâces, volt. Lett. Mme du Deffant, la janv. <77l.

— ÉTYM. Coton t.

CATOPTKIQIJE (ka-to-ptri-k'), adj. || 1" Termi de physique. Qui a rapport à la réflexion de la lumière. Télescope catoptrique. || 2" S. /'. Partie de la physique qui traite de la lumière réfléchie, de la direction que suit la lumière lorsqu'elle rencontre une surface polie. Très-utiles pour la théorie de la catoptrique, desg. Gêoin. 2. Combien les anciens se sont abusés en leur catoptrique , m. Diopt. G. Ce principe [l'égalité des angles d'incidence et de réflexion] est le premier fondement de tous les mystères de la catoptrique, VOLT. Newt. II, 4

CAU

— ÉTYM. Kc.TOtîTptv.o;, de xàToicTpov, miroir, de •/.atà, dans, (t ôuTEdÔai, voir (voy. optique).

f CATOPTRIQUEMENT (ka-to-ptri-ke-man) , adv. Vu moyen d'une réflexion de la lumière.

— ÉTYM. Catoptrique, et le suffixe ment.

t CATOPTROMANCIE (ka-to-ptro-man-sie) , s. /. Espèce de prétendue divination qui se fait en regardanl dans un miroir.

— étym. KâTOTrrpov, miroir (voy. catoptrique), et le suffixe mande.

t CATTEUX (ka-teû), s. m. pi. Terme de droit coutumierdu nord de la France. Objets considérés comme meubles bien qu'adhérents au sol. Catteux verts, les arbres Catteux secs, les bâtiments.

— ÉTYM. Plur. de caltel, chaptel, le même que cheptel.

t CATUS (ka-tu), J'. m. Cas. aventure. S'étant fait raconter derechef Tout le catus, la font, l'sau'. Inusité.

— étym. Corruption badine du mot cas.

CAUCALIDÉE (kô-ka-li-dée), s. f. Terme de

botanique. Tribu de la famille des ombellifères dont le t\ pe esl le genre caucalis.

— ÉTYM. Latin, caucalis; grec, xauxaAîç.

f CAUCASIEN, IENNE (kô-ka-ziin, ziè-n'), adj. Qui appartient au Caucase, chaîne de montagnes d'Asie. Race caucasienne, nom donné à la race humaine blanche, supposée issue du Caucase et des environs.

t CAUCHE (ko-ch'), s. f. Terme de pêche. Anse ou les aloses se tiennent pendant la chaleur du jour.

CAUCHEMAR (kô-che-mar). s. m. j| 1° Sentiment d'un poids incommode sur la région épigastrique, pendant le sommeil, avec impossibilité de se mouvoir, de parler, de respirer; état qui finit par un réveil on sursaut après une anxiété extrême. Avoir le cauchemar. || 2" Par extension, tout rêve effrayant. Ma nuit a été troublée par des cauchemars horribles. || 3° Fig. Pensée affligeante ou effrayante qui nous poursuit sans cesse et dont nous ne pouvons nous débarrasser. Vous tirez mon âme endormie Du cauchemar des mauvais jours, berak . Cinquante ans. Toujours ce cauchemar ! mon amour n'est donc pas assez puissant pour vous guérit > e vi ire folie? en. de bernard. le Persécuteur, § i. Il Homme qui pèse sur nous d une façon quelconqui mais très-importune. Cet homme là est mon ca mar, bayard et iaime, le Réveil du lioti, 11, 7. || On dit aussi : Cet homme donne le cauchemar.

— HIST. xvie s. Démons, cacodemons, incubes, succubes, coquemars, gobelins, lutins, paré, xix, 26.

— étym. Wallon, chaukemar ; rouchi, < mar; roquemor, dans Paré; d'un ancien verbe courtier, qui existe dans le picard cauquer, le bourguignon côquai , et qui signifie presser; provençal, râleur; ital. rnlrare; du latin cateire, fouler (voy. chausses) ; et d'un mot germanique niar, démon, incube, allemand Nacht-mar, anglais night-mare, incube de la nuit, li n s i1 languedocien 1" cauchemar se dit chaouche-vielio , la vieille qui presse; Paré l'a nommé, entre autres, chauche-poulet.

f CAUCHER jkô-clié). s. m. Assemblage de feuilles de vélin dans lesquelles on enferme l'or battu.

— ÉTYM. Gaucher, ancien verbe, signifiant presser, serrer (voy. cauchemar).

CAUCHOIS, OISE (kô-choî, choî-z'), adj. Qui est du pays de Caux. Pigeon cauchois, gr pigi Caux en Normandie. En lapins de garenne 1 nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en su] ramiers, boil. Sat. m Coiffe cauchoise, s. nie de coiffure très-élevée que portent les femmes de ce pays

— étym. Came, de Caletcs , nom. du peuph lois qui habitait cette contrée.

f CAUDAL, ALE (kô-dal, da-1'), adj. Terme de e. Qui appart en\ à la queue. Nageoire t tudale, nageoire placée à la queue des poissot ■. par ellipse, substantivement, la caudale.

— ÉTYM. Cauda (voy. QUEl e).

CAUDATAIRE (kô-da-tê-r*) , s. m. || i° Celui qui

porte la queue de la robe d'un cardinal. i: ctivement. Gentilhomme caudataire. || 2° Homme qui se fait valet, obséquieux à l'excès, prêt à porter la queue, s'il faut, de celui qu'il flatte.

— ÉTYM. Caudatarius, de cauda, queue (voy.ee mot).

-fCAUDË, ÉE (kô-dé, d'his-

toire naturelle. Qui aune queue. || 2° Terme de blason. Étoile caudée. Comî .e caudée.

— ÉTYM. Voy. Ql

CAUPEBEC (kô-dc-bèk 1, s. m. Espèce de chapeau de laine. Et chez le chapel er du coin de notre place, Autour d'un caudebec j'en ai lu la préface, boil. Ép. vi. Ce qu'il a perdu, son étui, sa tasse, son caudebec, sev. 209. Vieux.

Page 1