‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 322 sur 462 · GAI · texte numérisé non relu

GAI

CAU

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— ÉTYM. Ainsi appelé rie la ville de Caudebec en Noi":i i

;- CAUDEX (kô-dèks), s. m. Terme de botanique. ■ Caudex descendant, la racine: caudex ascen-

— ÉTYM. Latin, caudex, tronc d'arbre.

\ CAUDICIFORME (kô-di-si-for-ra') , adj. Terme inique. Tige caudiciforme , lige qui ne se rapas.

l'YM. Caudex, tronc, el forma, forme.

fCAUDICULE (ko di-ku-1'), a'. /'. Terme de botanique. Petite queue.

i .i'ym. Diminutif de cauda (voy. queue). [ C. VUDIFÈRE kô-di-fê-0 et CAUDIGÈRE (kô-diadj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une queue; qui a des feuilles terminées en queue.

— ÉTYM. Cauda, queue, et ferre ou gerere, porter. f CAUDIMANE (kô-di-ma-n'), adj. Terme dezoo-

[ogie. Quiemploiesa queue comme une main. Singe caud mane.

— i rYM. Cau ta, queue, et marins, main.

î CAUDINES (kô-di-n'), âdj. /'. plur. Fourches es, l.uu ches mises eu potence sous lesquelles les Sami ites liront défiler les légions romaines qui furent ol ligées de se rendre. || Fig. Passer sous les fourches raudines. être obligé de l'aire quelque chose qu'on ne veut pas l'aire, qui est humiliant.

— ÉTYM. Caudium, lieu où les Samnites prirent les logions romaines.

| CAUDRETTE (kô-drô-tf), s. f. Terme de pèche. Truble sans manche et qu'on suspend dans l'eau.

f CAULESCENT. ENTE (kô-lè-ssan, san-t'), adj. Terme de botanique. Qui est pourvu d'une tige.

— ÉTYM. faillis, tige (voy. chou).

f CAULET (kô-lè), s. m. Nom, dans le nord, d'une espèce de 'hou que l'on donne aux bestiaux.

— étym. Diminutif de eaulis, chou (voy. chou). i CAULICOLE(kô-li-ko-l'), adj". Terme d'histoire

naturelle. Qui vit sur la tige des végétaux.

— étym. Caulis, tige (voy. chou), et colère, habi tet

CAULICOLES (kô-li-ko-1') , s. f. plur. Terme d'architecture. Tiges qui, sortant d'entre les feuilles d'acanthe, s'enroulent en volutes sous le tailloir du chapiteau corinthien.

— ÉTYM. Caidiculus, petite tige, diminutif de caulis, tige, chou (voy. chou).

f CAULICULE (kô-li-ku-1') , s. f. Terme de botanique. Petite tige. •

— étym. Diminutif de caulis. tige (voy. chou).

f CAULIFÈRE (kô-li-fê-r') , adj. Terme de botanique. Qui est muni d'une tige.

— ETYM. Caulis, tige (voy. chou), et ferre. porter.

fCAULIKLORE (kô-li-flo-r') , adj. Terme de botanique. Dont les Heurs naissent sur la tige.

— ÉTYM. Caulis, tige (voy. chou), et. fleur.

f CAULINAIRE (kô-li-nê-r') , adj. Terme de botanique. Qui appartient à la tige, qui en naît immédiatement. Feuilles caufinaires, feuilles qui sont situées sur la tige.

— ÉTYM. Caulis, tige.

f CAULINITE (kô-li-ni-tf) , s. f. Terme de géolo gie. Empreinte de tiges dans le calcaire grossier.

— ëtym. Caulis, lige (voy. chou).

jCAULOCAUPE (kô-lo-kar-p') , s. m. Terme do

botanique. 1 ige des plantes vivaces qui, persistant, produit plusieurs Fois des Fruits.

— ÉTYM. KauXèç, tige (voy. chou), el xapiroç, Fruit, f CAULORRHIZE ckô-lo-ri-z') , adj. Terme de botanique. Dont la tige émet des racines.

— ÉTYM. KauXo;, tige (voy. chou), et piÇa, racine.

| CAURE (kô-r'), s. m. Nom vulgaire du noisetier sauvage.

— ÉTYM. Autre Forme de coudre, s. m.

CAURIS ou CORIS (kô-ri), s. m. Petite coquille

blanche (cijprea moneta) qui sert de monnaie courante au Bengale et dans tout le centre de l'Afrique, lien fallait (en Afrique, de 4 84 9 à 1855) 25uo pour valoir cinq francs. Payer en cauns.

— ÉTYM. Cauri, mot indien signifiant petit coquillage.

CAUSAL, ALE (kô-zal, za-1'), adj. Qui appartient à la cause. || Terme de grammaire. Particule causale, même sens que particule causative. Toutes les fois que nous trouvons dans le discours ces particules, parce que, car, puisque, et les autres qu'on nomme causales, c'est la marque indubitable du raisonnement, boss. Connaiss. i, 13. |j II n'a point de pluriel masculin.

— ÉTYM. Provenç. causal; ital. causale ; du latin causa t i'.v , de causa cause.

CAUSALITÉ (kô-za-li-té), s. f. Terme didactique. Vertu par laquelle unecause produit un effet. Il n'y a entre ces choses aucun rapport de causalité. Nous supposons que les corps ne sont les uns aux autres que des causes occasionnelles du mouvement, qui n'ont aucune vertu ou causalité par leurs propres essences, fén. m, 286. || Principe de causalité, principe en vertu duquel on rattache un effet à sa cause. |) Une des catégories de Kant, comprise dans la relation. || L'une des Facultés réflectives de l'homme dans le système de Gall.

— ÉTYM. Causal; ital. causalità.

f I. CAUSANT, ANTE (kô-zan, zan-t'), adj. Qui agit comme cause. Toutes choses étant causées et causantes, pasc. dans cousin.

— étym. Causer t .

f 2. CAUSANT, ANTE (kô-zan, zan-t'), adj. Qui parle volontiers. Je ne suis plus si causante qu'à Paris, sév. 305.

— étym. Causer 2.

CAUSATIF, IVE (kô-za-tif, ti-v'), adj. || i° Terme de grammaire. Qui annonce qu'on va donner la raison de ce qui a été dit, Car, parce que, sont des conjonctions causatives. || 2° Voix causative, voix qui rend tous les verbes actifs, à l'aide du verbe faire , employé comme une sorte d'auxiliaire : Je vous fis voir l'autre jour, c'est-à-dire je fis en sorte ou je Fus cause que vous vissiez; Mon père ne m'a pas Fait étudier, c'est-à-dire n'a pas fait en sorte que j'étudiasse. On n'emploie jamais le passif de la voix causative; on dit bien: qu'on a fait mourir un assassin, mais non que l'assassin a été fait mourir.

— ÉTYM. Provenç. causaliu; ital. causativo; du latin causatirus, de caasari, causer I.

f CAUSATION (kô-za-sion), s. f. Terme didactique. Action de causer, de produire un effet.

— ÉTYM. Causer I.

f CAUSATIVEMENT ( kô-za-ti-ve-ment ) , adv. Terme didactique. En agissant comme cause.

— ÉTYM. Causative, et le suffixe ment.

CAUSE (kô-z'), s. f. || 1° Ce qui l'ait qu'une chose

est ou s'opère. Cause instrumentale, matérielle, formelle, efficiente, physique, morale, occasionnelle , prédisposante, occulte. Causes éloignées, prochaines. Point d'effet sans cause. Le ciel règle souvent les effets sur les causes, corn. M. de Pomp. v, 2. Nos sens, étant eux-mêmes les effets de causes que nous ne connaissons point, ne peuvent nous donner des idées que des effets, et jamais des causes: il Faudra donc nous réduire à appeler cause un effet général, et renoncer à savoir au delà, buff. Théor. de la terre, 4" dise. L'homme aujourd'hui sème la cause, Demain Dieu Fait mûrir l'effet, v. HUGO, Crép. 5. Oh! que ne puis-je, instruit des principes des choses, Connaître les effets, approfondir les causes, deulle, Géorg. n. || Cause première, cause des causes, Dieu. || Causes secondes, celles qui sont dérivées de la cause première, les créatures. |! Causes finales, les causes pour lesquelles on suppose que chaque chose dans l'univers a été faite La doctrine des causes finales. || Dans le langage général, cause finale, le but qu'on se propose, la fin en vue de laquelle on agit. Voilà quelle doit être la cause finale de nos actions. || 2" Ce qui produit ou occasionne, en parlant des personnes ou des choses Cet événement fut cause ou la cause de son bonheur. Mes affaires sont cause que je ne puis sortir. Être cause, ou la cause involontaire, innocente d'un malheur. Il fut cause de la perte de tous les siens, boss. Hist. m, 5. Elle en mourra, Phénix, et j'en serai la cause, rac. Andr. il, 5. La cause de nos maux doit-elle être impunie"? corn. Nicom. v, 7. || 3° Raison, sujet, motif. Vous connaissez la cause qui m'a fait agir. Je désire savoir pour queile cause.,.. Quelle était la cause de leur voyage"? Pour une cause légère. Sans cause. Non sans cause. Assurez-vous sur lui qu'il en ajuste cause, corn. Poly. i, 3. Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison , Toujours serail-ce à juste cause Qu'on le dit bon [le malheur] à quelque chose, la font. Fabl. vi, 7. Mon malheur est parti d'une si belle cause? rac Milhr. îv, 2. De sa mort en ces lieux la nouvelle semée Ne vous a pas vous seule et sans cause alarmée, id. ib. v , i. || 4" En termes de jurisprudence . cause d'une obligation, avantage moral ou matériel que se propose le contractant : dans le contrat à titre onéreux, l'équivalent de l'obligation de l'autre partie; dans le contrat à titre gratuit, la bienfaisance. || Cause d'un billet, d'un effet de commerce, équivalent exprimé de l'engagement souscrit dans le billet. Pas d'obligation valable sans cause. Cause fausse, illicite. L'obligation dont la cause est contraire aux bonnes mœurs est nulle. || Parler avec

connaissance de cause, agir en connaissance de cause, parler, agir avec pleine connaissance des faits. || En style de chancellerie. À ces causes, nous avons déclaré et déclarons.... en considération de ce qui vient d'être exposé, nous avons déclaré.... || Familièrementetelliptiquement. Etpourcause, non ,-,ans motif, avec raison, se dit quand les motifs sont évidents ou qu'on veut les taire. Or, ai-je dit un jeune homme, et pour cause , Car.... la font. Mandr. Venez, singe; parlez le premier, et pour cause, m. Fabl. i, 7. Je laisse la distribution à votre discrétion et pour cause, boss. Lett. nbb. 46. La richesse que des frondeurs Dédaignent, et pour

cause, berang. El. de larich Laissez-moi passer

entre vous deux, pour cause; Je serai mieux en main pour vous conter la chose, mol. Prince d'Él. i, 2. || 5" Procès qui se plaide. Se charger d'une cause. Plaider une cause. Plaider sa cause. Gagner sa i anse. Perdre sa cause. Il était déjà mis en cause. Il faut remettre cette cause à un autre jour. Mettre quelqu'un hors de cause. Devant certaine guêpe on traduisit la cause.... Depuis tantôt six mois que la cause est pendante, Nous voici comme aux premiers jours, la font. Fabl. i, 2). Devant elle [lajusticej à grand bruit ils expliquent la chose; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, boil. Ép. il. || Cause grasse, cause plaisante et sur un fait inventé, que les clercs de la basoche plaidaient autrefois pour se divertir le jour de mardi gras, et aussi quelque cause plaisante qui se plaide au palais. || En tout état de cause, quel que soit l'état du procès. Dans le langage général, en tout état de cause, quoi qu'il en soit || Fig. Cela est hors de cause, il n'en est pas question , on ne le révoque pas en doute. En cette affaire, sa probité est hors de cause. || Fig. Avoir, donner gain de cause, ou cause gagnée, obtenir, accorder l'avantage dans une discussion. || Plaider la cause de quelqu'un, le défendre, le soutenir. |.| Familièrement. Cet avocat sans cause [sans clientèle] , nommé Duménil, volt. Lett. à Cath. 143. || 6° En droit canon, cause bénéliciale, cause dans laquelle il s'agit de bénéfices ecclésiastiques. Causes majeures, les grandes affaires de l'Église. || 7° Parti, intérêt. La bonne cause. La Fortune se déclara pour la bonne cause. Soutenir la cause du mensonge. Prendre en main la cause du peuple. Embrasser vivement la cause de la justice. Faire cause commune avec quelqu'un. Séparer sa cause de quelqu'un. Attirera sa cause. Laisse-les espérer, laisse-les entreprendre ; Il suFfit, que ta cause est la cause de Dieu, Et qu'avecque ton bras elle a pour la défendre Les soins de Richelieu, mai.h. u, 4 2. Sous la cause publique il vous cachait sa flamme , corn. Cinna, m, i. Son trop d'amour pour la cause publique, id. Hor. v, 2. Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune? rac Ath. ni, c. Grand Dieu, juge ta cause et déploie aujourd'hui Ce bras, ce même bras qui combattait pour lui, id. Prol. d'Esth. Il entend plaider devant lui la cause des médecins, sév. 412. Vous aviez soutenu une mauvaise cause, id. 4 4 0. Télémaque et moi nous combattrons pour la bonne cause, fën. Tél. xi. Je ne peux vous aimer, je ne peux à ce prix, Accepter un combat pour ma cause entrepris, volt. Tune, n, 0. S. Justin plaida la cause des chrétiens après Quadrat et Aristide, chateaub. Gén. i, I, 4. || Prendre Fait et cause pour quelqu'un, le soutenir, prendre son parti. Vous Faites trop d'honneur à Marie de Rabutin-Chantal de prendre son Fait et cause, sév. dans le Dict. de dochez. || Dans le même sens, prendre en main la cause. Des auteurs décriés il prend en main la cause, boil. Ép. îx. || 8° À cause de, locut. prép. Pour l'amour rie, en considéra lion de. À cause de lui. Â cause de cela. || 9" À cause que, locut. conj. Parce que. D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite point et qu'un esprit boiteux nous irrite? C'est à cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons, sans cela nous en aurions plus de pitié que de colère, pasc. Pens. i, 8. 11 est rare que les géomètres soient fins et que les esprits fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent traiter géométriquement les choses fines, m. ib. i, io. Je parle ainsi à cause que je pensais que vous ne voulussiez plus que je fusse heureux, balz. i, 22s. Vous ne lui voulez mal, et ne le rebutez Qu'à cause qu'il vous dit à tous vos vérités, mol. l'art, i, i À cause qu'elle manque à parler Vaugelas, id. Femm. savantes, n, 7. Ils ne découvrent pas la lumière à cause qu'ilsdétournent les yeux, boss. Serm. Quinq.* . Ceux qu'on nomme chercheurs à cause que, dix-sept cents ans après Jésus-Christ, ils cherchent encore la religion, id. Reine d'Anglel. Une justice qui fait

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semblant d'être vigoureuse à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres, id. le Tellier. Ce que le prince fit mérite d'être raconté à toute la terre non à cause qu'il est remarquable, mais à cause pour ainsi dire qu'il ne l'est pas, id. Louis de Bourbon. Les images de Philippique, son^successeur, ne furent pas reçues dans Rome, à cause qu'il favorisait les monothélites, et se déclarait ennemi du concile sixième, id. Hist. i, )i. Une fille sera heureuse d'ignorer les fables païennes toute sa vie, à cause qu'elles sont impures et pleines d'absurdités impies, fén. xvii, 41 . On n'est pas entendu à cause que l'on s'entend soi-même, la bru?, i. 11 lui cède même, à cause qu'il est plus âgé, l'honneur de faire porter devant lui les faisceaux des verges, vertot, Rév. rom. i, v,2. J'avais deux coupes de bois à vendre, à cause que je n'avais point coupé l'aimée précédente, p. L. COUR. I, 233.

—REM. Des grammairiens ont voulu bannir la locution conjonctive <i cause que; elle doit être conservée, étant appuyée par de bons auteurs, et, dans certains cas, d'un emploi préférable à parce que.

— HIST. xnie s. Car ceus qui me contralioient Et sans caze mal me faisoieut, Psaumes en vers, dans Liber psalm. p. -204. Se prière ou mandemens est fes [fait] à aucun, et cil qui le [la] prière ou le mandement fist. muert en tant comme le [la] coze est encore entière, li mandemens li est falis — beaum. xxix, 10. Car on doit croire qu'il li ensegnast l'ostel Guillaume parce qu'il le creoit à bon et por cause de bone foi, id. xxxvi, 6. Se les quases des barres [oppositions] sontespeciaument devisées [exposées], Liv. de just. 94. Il xive s. Félicité est de Dieu principalement causée qui est généralement cause de toutes choses, oresme, Eth. 21. Et semblablement de ce que aucuns sont injustes ou incontinens, ils en sont en cause, id. ib. 33. Car trois manières de causes sont : c'est assavoir nature, nécessité, fortune, entendement et tout ce qui est cause de ce qui est fait par homme, comme est volenté et les sens naturels, id. ib. go. Un homme est cause de ses enfans en voye de nature, et est cause de ses operacions en voye de meurs, id. ib. 72. || xv° s. Et la cause pourquoi [ils] s'entreheoient.je le vous dirai, proiss. ii, il, 52. Quand GirauHon se vit ainsi attrapé, si fut tout esbahi et à bonne cause, id. ii, ii, 214. Et l'eust volontiers sauvé s'il l'eust pu, pour cause de pitié, id. i, i, 134. Car il se doubtoit, et non sans cause, ji.v. des uns. Ch. VI, 1392. Son maistre l'avoit batu, pour cause que un enfant s'estoit plaint, Boucic. 1, 3.... dont il estoit prochain parent à cause de sa mère, comm. m, 4. Pour lesquelles causes le roy soy trouvant chargé.... id. i, l. Tant de maulx venir par luy et par sa cause, id. i, 15. Le pauvre désolé, voyant sa bonne femme trop plus qu'il ne voulsist troublée, helas! et à sa cause [par sa faute], ne savoit que dire, louis xi, Nouv. i. Nul ne doit e.itre tesmoing en sa cause, le roux de lincy, Proverbes, t. ii, p. 357. Tel a bonne cause qui est condamné, id. ib. p. 419. || xvi" s. La cause efficiente de nostre salut est la ruiserieorde de notre Père.... la cause matérielle est Christ avec son obéissance.... de la cause qu'on appelle instrumentale , quelle dirons-nous qu'elle est, sinon lafoy?... quant à la cause finale, Papostre dit que c'a esté pour demonstrer la justice de Dieu et glorifier sa bonté, calv. Instit. ci 6. Ces nobles langues coustent beaucoup de temps et de peine à apprendre, à cause qu'elles sont mortes, amyot, Épit. Nous reputons les dieux pour estre autheurs de tous biens, et cause de nulz maulx, id. Peric. 74. A ceste cause ils vouloient.... id. Fabius, 8. Ceste vie dissolue fut cause de luy augmenter sa maladie, id. Sylla, 73. La cognoissance des causes appartient seulement à celuy qui a la conduite des choses, non à nous qui n'en avons que la souffrance [la tolérance, l'usage], mont, iv, 178. Pour cette cause [motif].... id.i, 25. Acette cause [parce que].... id. i, 30. Tuer un homme sans connaissance de cause, id. m, 195.

— ÉTYM. Picard keuse; provenç. espagn. et ital. causa; du latin causa. Voy. chose.

CAUSÉ, ÉE (kô-zé, zée), part, passé. ||1° Produit par une cause. Toutes choses étant causées ou causantes, pasc. dans cousin. || 2°Occasionné. Un incendie causé par un accident. || 3° Motivé. M. de Bouillon voulait une absence, et une absence causée et chargée d'affaires, pour revenir après sur un meilleur pied,ST-siM. 45, 16. M. d'Harcourt n'eut garde de s'opposer à un désir si ardent et si causé, id. sn, J40. Rare en ce sens. || 4° En termes de jurisprudence, qui a pour cause. Billet causé en marchandises.

i. CAUSER (kô-zé), v. a. Être cause, occasionner. Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage, Égratigné quelqu'un, causé quelque dommage, LA

70NT. Fabl. m, 18. Quel que soit le plaisir que cause la vengeance, C'est l'acheter trop cher.... id. ib. îv, 13. Je m'en tais, et ne veux leur causer nu! ennui, id. ib. iv. 8. Cela causa leur malheur, id. ib. îv, G. Le trop superbe équipage Peut souvent en un passage Causer du retardement, in. ib. iv, G. Vous savez ses malheurs, vous les avez causés, rac. Iphig. m, 4. Je veux l'attendre ici; les chagrins qu'il me cause M'occuperont assez tout le temps qu'il repose, id. Bnt. i, i. Si Dieu n'a rien en luimême par où il puisse causer en nous les volontés libres, boss. Libr. arb. 3.

— hist. xiv° s. ...en la manière que aucuns -le disoient et se causoieut [se fondaient sur] de ce que la fin est melleur que n'est la generacion de la fin, oresme. Elit. 220. || xvc s. Nostre roy est le seigneur du monde qui le moins a causé [été cause] de user de ce mot de dire : J'ai privilège de lever sur mes subgectz ce que il me plaist, comm. v, 18. || xvie s. Elle monstre que toutes ces choses sont causées [fondées] en Jésus Christ, comme en estant le fondement, calv. Instit. I0G6. Au moyen de quoi, lui fut facile de causer [motiver] son voyage là dessus, b. desper. Contes, v. Il' mourut d'une apoplexie que ce coup luy causa, mont, i, 74. Cela m'a causé me restraindre de tropgrande libéralité, b. de palissy, n. Donnant à entendre que.... : langaige causé [développé comme cause et motif] et contenu en ladicte ordonnance, carloix, viii, 3.

— ÉTYM. Cause; espagn. causât; ital. causare.

2 CAUSER (kô-zé), v. n. || 1" S'entretenir familièrement. Ils causent ensemble. De quoi causent-ils ? Nous causerons de cette affaire. Je veux me vanter d'être toute l'après-midi dans cette prairie, causant avec nos vaches et nos moutons, sév. Lett. 384. Voilà la chose du monde la plus heureuse pour lui; vous savez tout cela, mais on cause [c'est-à-dire je vous écris cela pour causer avec vous], id. 592. Pour mon fils, M. le maréchal n'a pas voulu le laisser venir ; il est le seul avec qui il cause de toute chose , id. ib. Le duc d'Orléans régent daigna un jour causer avec moi au bal de l'Opéra; il me fit un grand éloge de Rabelais, volt. Lelt. Mme du Deffant, 13 oct. 1759. || Familièrement. Causer de choses et d'autres, s'entretenir sans propos déterminé. || Fig. Causer de la pluie et du beau temps, parler de riens, de choses de peu d'importance. || Elliptiquement. Causer littérature, voyages, etc. causer de littérature, de voyages. || Familièrement. Ah çà! causons un peu, expliquons-nous, entendons -nous. || Passivement et impersonnellement, dans le parler familier, c'est assez causé, ou, simplement, assez causé, ne parlons plus, agissons, et aussi, taisez-vous, brisons-là. || 2° Familièrement, tenir des propos, parler avec légèreté et indiscrétion, ou avec malignité. Le monde, chère A

est une étrange chose! Voyez la médisance, et comme chacun cause! mol. Ec. des fem. n, G. Je ne m'étonne point si parfois on en cause, id. ProL d'Ampli. Voilà ce que c'est que d'avoir causé; vous n'en tAterez plus, et je vous laisse sur la bonne bouche, id. G. Dandin, n, 7. || 3° V. n. Terme de fauconnerie. Se dit du cri des perroquets et des pics.

— REM. Peut-on dire : il m'a longtemps causé de ses affaires; allez lui causer de cette nouvelle? C'est une façon de parler qui est très en usage. Mais observez qu'on ne pourrait pas dire, en mettant un substantif au lieu du pronom : j'ai causé de l'affaire à mon avocat; il faut avec mon avocat. Cela rend très-suspect l'emploi du pronom, et il sera mieux de dire : il a longtemps causé avec moi de ses affaires; allez causer avec lui de cette nouvelle. On ne cause pas à quelqu'un; on cause avec quelqu'un. Pourtant cette manière de parler se trouve dans J.J.Rousseau, qui n'est pas toujours très-pur, et sans doute dans d'autres. La première fois que je la vis elle était à la veille de son mariage; elle me causa longtemps avec cette familiarité charmante qui lui est naturelle, j. j. rouss. Confess. vu.

— hist. xiii0 s. Par poi Hersent n'enrage d'ire PorYsengrin, qui si la chose [gronde], Ren. 725. Moult de sa gent parler n'en osent, Mais par derrière moult l'en chosent [blâment] , Fabliaux, barbaz. i, ico. || xve s. Je vous ait dit et caubé [expliqué] toutes les avenues de Jean Bar, de Jean Pict.... kroiss. n, n, 239. Envie qui accuse et cause [blâme] Maintes personnes tout à tort, Myst. Resurr. de N. S. L'homme songeart il [le vin] fait causer et rire, basselin, xxxvii. Si voulez que je cause et prêche, Et parle latin proprement, Tenez ma bouche toujours freehe , De bon vin l'arrosant souvent , id. lviii. || xvic s. Ce fut un commandement nu et simple, où l'homme n'eut rien à connoistre et à causer [demander raison], mont, ii, 208.

— ÉTYM. Provenç. chausar, causciar, reprocher, disputer; espagn. causât, faire un procès; du latin causari, faire un procès, d'où disputer, reprocher, el simplement, causer. Diez et d'autres étymologistes font intervenir l'ancien haut allemand cliôïôn, allemand moderne kosen; mais le latin suffit à la forme et au sens du mot roman.

CAUSERIE (kô-ze-rie), s. f. Familièrement, action de causer; propos indiscret. Ces causeries finiront par nous compromettre. Nos filles nous font une grande causerie [sujet d'entretien] , sév. 222. Mais est-ce que je finirai cette causerie sans vous dire un mot de la grande entreprise? dider. Lett. à Volt.

— hist. xvie s. Le duc de Nemours dit, il y a quelques jours, à un des Seize qui parloit du roi de Navarre : Il n'y a plus que les sots qui ne voient bien comment il faut oster cette queue, et cela en sortant d'un conseil où on avoit estimé les conditions du fils aisné de Lorraine; Viiri, en sortant du mesme conseil, en jurant et despitant la causerie : Il vaut bien mieux, dit-il, servir le brave huguenot, d'aub. Hist. m, 293.

— ETYM. Causer 2.

t CAUSETTE (kô-zè-f), s. f. Petite causerie. Elie a plus fait pour moi dans une causette d'un quart d'heure que je n'aurais su faire d'une année, g. sand. La petite fadette. X 'aime le feu, les cricris, une salade de homards, une bouteille de Champagne et la causette, a. pichot, Trad. de Don Juan, I, <34. |[ Mot familier, mais très-reçu.

— étym. Causer 2.

CAUSEUR, EUSE (kô-zeur, zeù-z'), adj. || 1" Qui aime à causer. Quel homme causeur ! Il est d'humeur causeuse. || 2" S. m. et/-. Celui, celle qui aime à causer, qui sait causer. C'est un aimable causeur. Pour éviter la rencontre de ces grands causeurs, je m'enfuirais jusqu'au bout du monde, balz. liv. m, lett. 3. Les muses sont de grandes prometteuses ; Et comme vos sœurs les causeuses, Vous ne manquerez pas, sans doute, parle bec, mol. Remerciaient au roi, 1663. Gardez-vous-en bien, dit la causeuse [la corneille] à l'ourse, fén. xix, 43. Si Béranger n'était pas l'écrivain le plus populaire de l'époque, ce serait certainement l'un des plus ingénieux, des plus instruits, des plus attachants causeurs que l'on puisse rencontrer dans cette société qui l'a beaucoup recherché et qu'il a beaucoup fuie, carkel, Œuvres, t. v, p. 37G. || Celui, celle qui parle avec légèreté, indiscrétion. Ne lui confiez rien, c'est un causeur. Vous êtes donc un causeur, et vous allez redire ce qu'on vous dit en secret, mol. George Dand. n, 7. || Celui, celle qui dit, par raillerie, des choses auxquelles il ne faut pas trop se fier. Hé! mon Dieu! c'est une causeuse qui ne dit pas ce qu'elle pense; ne vous y fiez pas beaucoup, si vous m'en voulez croire, mol. Ci itique, se. 3. || Aucollége, un causeur, un écolier qui, au lieu d'écouter, parle perpétuellement à voix basse avec ses voisins.

— HIST. xvie s. Il disoit que l'ancien Socrate n'estoit qu'un causeur et un séditieux, qui taschoit par tel moyen qui luy estoit possible à usurper tyranie, amyot, Calon, 48. 11 y en a un qui s'appelle Ropoperperethra, comme qui diroit grand causeur qui parle de toutes choses à la volée, id. Déxnosth. 14. Cor Dieu, nous avons trouvé ung causeur; monsieur le jaseur, Dieu vous guard de mal, tant vous avez la bouche fraische , rab. Garg. i, 12.

— REM. Montaigne, iv, 178, a employé causeur dans le sens de celui qui s'occupe des causes: llslaissentlà les choses, et s'amusent à traicter les causes ;

• plaisants causeurs!

— ÉTYM. Causer 2.

CAUSEUSE (kô-zeu-z'), s. f. Petit canapé où peuvent s'asseoir deux personnes.

— ÉTYM. Causeur.

f CAUSSETIÈRE (kô-se-tiê-r'), s. f. Terme d'architecture. Sorte de dégagement. Les communications qui existent entre la scène [d'un théâtre] et les étages inférieurs soit par la rampe soit par 1 scaussetières, Comptes tendus, Acad. des se. t. lu, p. 36.

f CAUSSINÉ, ÉE (kô-si-né, née), adj. Terme de métier. Se dit du bois qui, travaillé, se déjette.

CAUSTICITÉ (kô-sti-si-té), s. f. || i° Terme de médecine. Impression que font sur l'organe du goût les corps nommés caustiques. || Propriétés chimiques de certains corps qui, en se combinant avec la substance des parties vivantes sur lesquelles on les applique, en détruisent la texture. j| 2° Fig. Qualité caustique dans la parole, dans un écrit. Rien n'échappe à sa causticité. Un esprit, un ouvrage plein de causticité.

— étym. Caustique.

i. CAUSTIQUE (kô-sti-k), adj. || 1° Terme de

CAU

cau

CAL

icine.Qui brûle, qui corrode. Remède, substance mstique. \\S. m. Un caustique.

■ , ji [es caustiques || 2- Fig. Oui I dt >ur l'âme ression comparée à celle que fait un caussur le corps. Langage caustique. Dans le sexe mu la piété caustique, boil. Sat. x. Sénèque re fut d'une humeur caustique, dider. Ess. s. Claude, liv. n. || Par extension, dans le même sens, en parlant des personnes. Elle est trop caustique, elle emporte la pièce. Homme caustique. Le caustique Boileau, que l'envie de critiquer et l'étude ont rendu versificateur, boil. Esquisse en prose de la Sat. ix. || 3° S. m. Terme de métier. Substance qui procure plus d'adhérence à une autre substance, dans la peinture en badigeon.

— syn. caustique, MORnANT , sàtirique. Caustique est ce qui brûle; mordant est ce qui mord; satirique est ce qui fait la satire. Avoir l'esprit satirique, c'est avoir l'esprit disposé à voir le mauvais

les choses, ;\ chercher ce qu'elles peuvent avoir de blâmable ou de ridicule, et à le mettre en relief. Avoir l'esprit caustique, c'est appliquer une espèce de fer chaud sur ce qui est dit ou fait; on peut cire caustique sans avoir l'esprit satirique; avoir l'esprit mordant, c'est enfoncer les dents et s'acharner. Le caustique effleure la peau ; le mordant y pénètre; on peut donc être caustique sans être mordant.

— ÉTYM. Causticus , de xavTT'.xoç, de xaUiv , brûler.

2. CAUSTIQUE (kô-sti-k-). s. f. Terme de dioptrique et de catoptrique. Caustique par réflexion, courbe engendrée par l'ensemble des points de rencontre des rayons partant d'un point lumineux et réfléchis par une autre courbe: elle se nomme catacaustique. Caustique par réfraction, courbe engendrée de la même manière par des rayons réfractés; elle se nomme diacaustique.

— ÉTYM. Caustique, brûlant, parce que les points de concours des rayons lumineux qui déterminent ces courbes s >nt ceux où la chaleur est la plus intense (voy. le précédent .

\ CAUSTIQUEMENT(kô-sti-ke-man), adj. D'une façon caustique.

• — ÉTYM. Caustique , et le suffixe ment.

f CAUSUS (kô-zus') , s. m. Terme de médecine. Mot dont Hippocrate s'est servi pour désigner une espîce de fièvre rémittente caractérisée par une chaleur et nn« soif excessives.

— ÉTYM. Kaûffo;, de xaieiv, brûler.

f CAUT, CAUTE (ko, kô-t'). adj. Qui a de la précaution. Ce mot n'est plus en usage. Lassez-vous d'abuser les jeunesses peu cautes, malh. vi, to.

— HIST. xiii° s. [Il] la fist si très ferme et si caute, j. de meukg, Tr. 933, Il xvie s. 0 serpent grec cault et malicieux, la bonne fortune du roi t'a ici amené, amyot, Thém. r>t. Ce barbare, qui n'estoit pumt homme simple, ains malicieux et cault de sa nature, id. Aie. 47. En ce le chirurgien doit être caut, c'est à dire ingénieux à faire son pronostic, pars, xxvii, 654. L'un est un fin et cault renard, rab. Pant. iv, Nouv. Prol.

— ÉTYM. Espagn. et ital. cauto; du latin cautus, prudent (voy. caution).

CAUTÈLE (ko-tè-P), s. f. || 1° Précaution mêlée de défiance et de ruse. || 2° Terme de droit canon. Absolution à cautèle, absolution de précaution.

— HIST. xiiic s. Car trop scet li traïstres d'agaiz et de cauteles Por les plus fors survaincre, j. de meung, Test. 1825. || xive s. Aucuns, pour leur mauvaise cautele, se sont efforcés à corrompre vos ordonnances , du cange, audaciter. Et ce font par faintise et cautele, et les a l'en de legier en despit, oresme, Eth. 135. || xve s. Dame qui cuidiez trop savoir. Mais vostre sens tourne en folie, Et cuidiez les gens décevoir, Par vostre cautelle jolie, en. d'orl. Bail. (28. Le vaillant capitaine qui contre ses ennemis se dehvoit aider de plusieurs sages cauteles, Boueic. I, 12. Lt que toutes ses coustumes fussent mises en françois en ung beau livre pour éviter la cautelle et la pillerie des advocatz, comm. vi, c. [Le Turc] plus usant de sens et de cautelle, que devaillanceet hardiesse, id. vi, 13. \\ xvie s. Pendant l'appel comme d'abus de l'octroy ou publication d'une monition, la cour du roy peut ordonner que, sans préjudice des droits des parties, le bénéfice d'absolution à cautele sera iraparty à l'appelant, soit clerc ou lay, pithou, 36. Il se transforme es mœurs des Candiots usant de leurs ruzes, catltelles, surprises et embusches à rencontre d'eulx mesmes, amyot, Philop. 22.

— ÉTYM. Cautela, de cautus, caut (voy. ce mot) : provenç. espagn. et ital. cautela.

CAUTELEUSEMENT. (kô-te-leu-ze-man ) , adv. D'une manière cauteleuse. Le premier écuyer sourdemenl el cauteleusement était attaché au duc du

Main.', s I MM. i"-,,; . 154.

— hist. xve s. Il fut avis que ils estoient là cauteleusement traits pour trahir le pape, frcjss. il, n, 51. || xvi' s. Il n'y alloit point cauteleusement ny malicieusement, ains rondement suivant le droit chemin de juste accusateur, amyot, C. d'Utiq. 33.

— ÉTYM. Cauteleuse, au féminin, et. ment; provenç. cautéloxament ; espagn. et ital. caulelosamente.

CAUTELEUX. EUSE (kô-te-leû , leû-z') , adj. Oui a de la cautèle. Un homme cauteleux. Une eau teleuse réponse. II est fin, cauteleux, la bruy. viii. La femme est un animal fin et cauteleux, d'ablanc. Lucien, t. i, Prométhée. Plus de sagesse dans l'administration municipale aurait prévenu les désor dres; c'est pour les punir que la procédure a été prise: mais des mains cauteleuses ont su la diriger vers un autre but, Mirabeau, Collection, t. n, 389.

— HIST. xve s. Ce roi de Navarre cauteleux et malicieux, froiss. h, m, t3. Le duc de Bretagne est. un cauteleux homme et divers, in. u, n, 70. La septième [condition] plus nécessaire, que. ilz doivent estre sages el çautilleux ou mestier des armes, chr. de pisan. Charles V, n, 24. || xvi" s. Considérez comment le tentateur cauteleux luy remembra au premier mot la deflfense sur ce faicte, rab. Pant. m, 33. Ils le trouvoient fin et cauteleux, qui faisoit la plus part de ses faicts de guerre par tromperie et surprise plus tost qu'autrement, amyot, Iajsand. 1 1.

— ÉTYM. Cautèle; provenç. cautelos; espagn. canteloso.

j HAUTEMENT (kô-te-man), adv. D'une manière caute. Terme vieilli.

— HIST. xve s. Car il [la fourmi] se pourvoit cautement, Et porte en son trou le froment, e. des- CHAMps, Instr. pour la cour. Mais que si cautement feust que on ne l'aperceust, Boueic, n, 19. || xvie s. Mercure qui endormit cautement Argus qui avoyt cent yeulx, rab. Pant. n, <4.

— ÉTYM. Caute, et le suffixe ment; espagn. cautamente.

CAUTÈRE (kô-tê-r'), s. m. Terme de médecine. || 1" Agent chimique ou corps brûlant dont on se sert pour désorganiser une portion des tissus organiques, et la convertir en eschare. || Cautère actuel, instrument de métal qu'on fait chauffer pour eau tériser. Cautère potentiel, toute substance qui a chimiquement la faculté de brûler. || 2" Petit ulcère artificiel, arrondi, que l'on ouvre dans les parties où abonde le tissu cellulaire. Panser, entretenir, supprimer un cautère. L'une se plaint des reins et l'autre d'un cautère, Régnier, Sat. xi. Le vieux galant passait pour être garni de cautères, st-sim. 127, 146. [| Fig. et populairement. C'est un cautère sur une jambe de bois, c'est-à-dire c'est un remède inutile, une chose qui ne peut avoir aucun résultat. || Par plaisanterie, cautère royal s'est dit autrefois pour la marque que la justice infligeait à certains condamnés. Le nuage est fort épais; j'ai bien peur que, s'il vient à crever, il ne grêle sur mon dos force coups de bftton, ou que, par quelque ordonnance plus forte que toutes celles des médecins, on ne m'applique tout au moins un cautère royal sur les épaules, mol. Le médecin volant, 14.

— HIST. xive s. Et en médecine c'est legiere chose de savoir ce que il est dit du miel et du vin et de ellébore et de cautères et de incisions, oresme. Eth. 164. || xvie s. .le dis derechef qu'il n'est besoin de paroles à ceux qui ont esté quelquefois piqués du cautère de la conscience, calv. 68. Le pécheur navré du cautère de son péché , et comme brisé par la terreur de l'ire de Dieu, in. Instit. 4Ct. Médecines, pulsations, cautheries , saignées et scariffi cations , carloix, VI, 50.

— ÉTYM. Kauxripiov, de xaiEiv, brûler (voy. caustique); provenç. cauteri; esp. et ital. cauteria.

CAUTÊRÉTIQUE'(kô-té-ré-ti-k'), adj. Mot admis par l'Académie, mais qui doit être effacé comme étant une corruption barbare de cathérétique (voy. ce mot).

CAUTERISATION (kô-té-ri-za-sion), s. f. Action de cautériser; effet d'un caustique. La cautérisation n'a pas été assez profonde. L'épilepsie n'était réputée incurable que quand elle avait résisté à la cautérisation du cnïne, dider. L. s. la chir.

— ÉTYM. Cautériser; provenç.. cauteri zacio ; espagn. crniteriziiiiim ; ital. cauterizzazione.

CAUTÉRISÉ, ÉE (kô-té-ri-zé, zée), part, passé. || 1" l no plaie cautérisée avec un fer rouge. || 2° Terme

de morale chrétienne. Des hommes dont la conscience est. cautérisée [endurcie], boss. Var. II. Voysin était dans la plus intime confiance des chefs de ce redoutable parti et avait l'âme aussi cautérisée qu'eux, ST- sim. 3sr>, 192.

CAUTÉRISER (kô-té-ri-zé), v. a. Appliquer un cautère, brûler au moyen d'un cautère. Cautériser une plaie.

— hist. xvie s. Ils ont bu toutes leurs hontes et monstrent avoir leurs consciences cawterlsées, calvin, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Cauterizare . de cauterium, cautère* provenç. eau lerisar ; espagn; cauterizar ; ital. cauterixxare.

CAUTION (kô-sion; en poésie, de trois syllabes), s. f. || 1" Engagement que l'on prend pour un autre, et, par extension, la personne même q,ui prend cet engagement. Être caution de quelqu'un. Se rendre, se porter caution. Donner, fournir caution. Admettre, recevoir une caution. Mettre en liberté sous caution, moyennant caution. II se constitue caution pour les insolvables, boss. h, Pass. 2. Il a trouvé une caution capable de payer pour lui , in. Hist. n, c. Elle n'était pas caution des articles secrets du traité, hamii.t. Cram. 9. Je me rends caution pour Sophie qu'elle accepte le traité, j. j. rouss. Am. v. || En matière civile , engagement de satisfaire à une obligation au défaut du contractant. En matière correctionnelle, garantie donnée qu'un prévenu se représentera quand il en sera requis. Élargir quelqu'un à la caution d'un autre. || Caution bourgeoise, caution solvable et facile à discuter. ..On ne veut point prêter aux grands seigneurs sans caution bourgeoise, furetière. Je m'en vais gagner au pied, ou je veux caution bourgeoise qu'ils [leurs yeux] ne me feront pas de mal, mol. Préc. rid. lo. Le marquis: Parbleu! je la garantis détestable [la comédie]. — Dorante: La caution n'est pas bourgeoise; mais, marquis, par quelle raison, de grâce, cette comédie est-elle ce que tu dis? in. Critique, 6. || Caution judicatum solvi (caution que ce qui sera jugé sera payé), garantie de frais et dommages qu'on peut exiger de l'étranger qui intente une action en France contre un Français. || 2° Sujet à caution, qui doit donner caution, el par conséquent suspect. Ces choses-là sont un peu sujettes à caution, moi.. Malade, i, 4. Ce pays-ci est un peu sujet à caution, id. Pourc. i, 6. Ma divine moitié, soit dit sans vous déplaire, Vous me semblez un peu sujette à. caution, regnard, Fol. am. Divert. Encore, de la manière dont j'entends parler, les astres eux-mêmes sont-ils sujets à caution, fontén. Erasistr. et Hervé. Ce certain goût de banne latinité est bien sujet à caution, dider. Lett. à Galiani. '| 3° Fig. Témoin, témoignage de la réalité d'une chose. Je vous suis caution qu'il est très-honnête homme, mol. Sgan. i, i. Les épreuves que tout le monde a vues de l'infaillibilité de mes prédictions sont les cautions suffisantes des promesses que je puis faire, id. Am. magn. ni, (.

— SYN. caution, garant, répondvnt. Termes qui désignent un homme qui se fait fort ou qui s'engage pour un autre. On donne caution, on est caution, quand on s'engage à payer pour quelqu'un, s'il n'- paye ou s'il ne se présente pas là où il est requis. Garant est plus général : on est garant nonseulement d'une somme à payer, mais de toute espèce d'ohligati on : ainsi on est garant des droits de quelqu'un : un État est garant d'un traité. II faut remarquer que, tandis que caution se dit des personnes, garant s'étend aux choses. Répondant ne se dit que des personnes; c'est celui qui répond d'un autre, qui témoigne de son honnêteté, de sa capacité, de son aptitude. Ce domestique a de bons répondants.

— HIST. xiii" s. Car il convient que li procureur face caution, beaum. 83. Et se ceste cauckon est obliée, li avoés a bone caucion contre l'a voeor, Liv. de just. et. || xvie Mais la caution et prévention dont les fourmis usent à ronger le grain de froment.... mont, il, t86. Les cautions judiciaires n'ont point de lieu entre les François, i.oysei. , sns. À cettui-ci [l'ordre du Saint-Esprit] il apporta dos caution pour empescher d'y entrer ceux qui ne pouvoient prouver leur noblesse, d'aub. llist.u. 330 11 faut tirer du sang; avec ceste caution que, s'il sa monstre noirastre et espais, il le faut, laisser couler, paré,

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