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pape sous le nom de Célestin V. Les célestins suivent la règle de St-Benoît avec les constitutions de l'instituteur. Quoi, dit-elle d'un ton qui fit trembler les vitres, J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres, Diviser cordeliers, carmes et célestins, boil. Lulr. i. || Voilà un plaisant célestin, locution vieillie qui se disait d'un homme divertissant ou ridicule, et qui provenait, dit Richelet, d'une certaine redevance dont, à Rouen, les célestins étaient exempts, à condition qu'un frère célestin marcherait en tête des charrettes chargées de vin, et sauterait d'un air gai en passant auprès de la maison du gouverneur de la ville. || Omelette à la célestine, omelette à la manière des célestins, omelette très-épaisse et succulente. Vieux. || Épinards à la célestine ou à la religieuse, épinards qu'on a réchauffés plusieurs jours de suite et qui sont en effet bien plus savoureux.
— ÉTYM. Cœlestinus, nom propre, dérivé de cœlum, ciel.
j- CÉLEUSTE (sé-leu-sf), s. ni. Terme de la marine ancienne. Celui qui donnait les ordres aux matelots et aux rameurs.
— ÉTYM. KeXeuaTï);. Voy. CÉLEUSTIQUE.
f CÉLEUSTIQUE (sé-leu-sti-k') . s. f. Terme didactique. Art de transmettre les commandements au moyen d'instruments de musique. || Adj. Qui a rapport à cet art.
— ÉTYM. KîXsua-Tixô;, qui commande, de xe- Xeôeiv, commander.
CÉLIAQUE (sé-lia-k') , adj. Voy. cœliaque.
CÉLIBAT (sé-li-ba ; le t ne se lie pas) , *-. m. État d'une personne non mariée. Vivre, demeurer dans le célibat. Garder le célibat. Ils quittaient leurs femmes pour embrasser le célibat , boss. Var. 2. Mais l'endroit où notre historien [le protestant Burnet] a épuisé toutes ses adresses et usé, pour ainsi dire, toutes ses plus belles couleurs, est celui du célibat des ecclésiastiques, id. ib. 7. Du célibat fidèle appui, Je vois avec colère L'amour essuyer aujourd'hui JLes larmes de son frère, bérang. Célib.
— HIST. xvie s. On y trouva [en Amérique] une bien expresse image de nos pénitenciers, l'usage des mitres, le cœlibat des presbtres , mont, n,
— ÉTYM. Caslibatus ou cœlibatus (les deux orthographes se trouvent), de cxlebs ; mot d'étymologïe difficile, pour lequel on a indiqué coe signifiant un et répondant à eka du sanscrit (voy. c-ocles, borgne, qui n'a qu'un œil), et libère ou lubere; ce qui signifierait : aimant à être un, seul.
CÉLIBATAIRE (sé-li-ba-tê-r') , s. m. Celui qui vit dans le célibat. Un vieux célibataire. || 11 se dit aussi en parlant des femmes. Est-elle mariée ou célibataire? Quelques femmes consacrées aux dieux avaient seules le droit de rester sans honte célibataires, ségur, Hisl. des Gaules. \\ Adj. Un vieillard sans enfants, riche et célibataire. Il a des goûts célibataires. Une vie célibataire.
— ÉTYM. Célibat.
f CÉLICOLE (sé-li-ko-f), s. m. Nom d'hérétiques qui adoraient le ciel en place de Dieu et qui furent du temps de l'empereur Honorius.
— étym. Cœlum, ciel, et colère, adorer.
f CÉLIDOGRAPHIE (sé-li-do-gra-fie), s. f. Terme d'astronomie. Description des taches de la lune ou du soleil.
— ÉTYM. KyjViç, tache, et Ypàçeiv, décrire.
f CÉLIDOGRAPHIQUE ( sé-li-do-gra-fi-k' ) , adj. Qui se rapporte à la célidographie.
f CÉLIUS (sé-li-us'), s. m. Une des sept collines de l'ancienne Rome.
— ÉTYM. Cœlius mons , le mont Célius ou Cœlius. t CELLA (sèl-la), s. f. || 1° Terme d'antiquité.
Nom latin employé quelquefois en français pour désigner la nef des temples anciens. || 2" Terme de botanique. Fruit à trois enveloppes.
— ÉTYM. Cella, loge.
f CELLAIRE (sèl-lê-r'), s. f. Terme de zoologie. Espèce de polype.
— ÉTYM. Cella, loge.
t CELLARIÉ (sèl-la-ri-é), s. m. ou CELLARIÉE (sèl-la- ri-ée), s. f. Terme de zoologie. Nom d'une famille de zoophytes.
— ÉTYM. Voy. CELLAIRE. # 1. CELLE (sè-F). Voy. celui.
f 2. CELLE (sè-F), s. f. Nom de différentes pièces des thermes chez les Romains. || Pendant le moyen âge, habitation destinée à des personnes de condition servile. || Aujourd'hui, nom de quelques localités. La Celle-St-Cloud.
— HIST. xii" s. Ne sufferrpnt qu'il soient en si
CEL
grant perte mis, Qu'il perdent leur catels et celles et païs, Th. le mari. 96. || xvie s. Or sur le vespre chacun sort de sa celle, et s'assemblent tous en un, afin d'ouïr leur père, lanoue, 534.
— ÉTYM. Provenç. cella; espagn. celda ; ital. cella; du latin cella', que les étymologistes regardent comme dit pour ced-la, de cedere, aller, se rendre. Le verbe celare, celer, ne rend pas compte des deux II
f CELLÉPORE (sèl-lé-po-r') , s. m. Terme de zoologie. Corail à cellules.
— ÉTYM. Cella, cellule, et ponts, pore.
f CELLÉRAGE (sè-lé-ra-j'), s. m. Droit seigneurial sur le vin, lorsqu'il était entré dans le cellier.
— HIST. xive s. Rentes appelées les celerages, du cange, celeragium. || xv" s. Afin que la dite ville ne puisse estre fraudée de ses droits de criages et celerages, id. ib.
— ÉTYM. Cellier.
f CELLÉRERIE (sè-lè-re-rie), s. f. Anciennement, office de cellérier dans un monastère.
— ÉTYM. Cellérier; provenç. celararia.
CELLÉRIER, 1ÈRE (sè-lé-rié* riè-r'), s. m. et f. Titre
d'office dans les ordres monastiques. Le cellérier, la cellérière, est un religieux, une religieuse, qui a soin des provisions et de la nourriture du couvent. || Adj. Le frère cellérier, la sœur cellérière. || Par extension, celui ou celle qui est chargée du même soin ailleurs que dans un couvent. Quelle personne es-tu? dit-il à ce fantôme. —La cellérière du royaume De Satan, reprit-elle; et je porte à manger  ceux qu'enclôt la tombe noire, la font. Fabl. m, 7.
— HIST. XIIe s. Il prist un pot, si l'adedens bouté, Mist à sa bouche, en son cors l'a coulé; Le cenelier en a forment pesé, Bat. d'Aleschans, 3927. || xrne s. Tu me deïs que d'un celier T'en avoit en [on] fet celerier, Ren. 14418. Un mien scelerier qui estoit né de Doulevens, joinv. 240. ||xive s. Le celerier et le consierge de la court le roi, du cange, celier irius. || xve s. Entre les autres qui furent décapités, le furent deux moines de Joy en Brie, c'est à savoir le celerier du dit lieu et dam Symon, monstr. i, 240.
— ÉTYM. Provenç. cellarier ; anc. catal. cellerer ,espagn. cillerero ; portug. cellareiro; ital. cellerajo; d'une forme cellariarius, de tellarium (voy. cellier).
t CELLICOLE (sèl-li-ko-F) , adi. Terme d'histoirenaturelle. Qui habite dans les caves.
— ÉTYM. Cella, celle, cave, et colère, habiter. CELLIER (sè-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel
Vs se lie : les sè-lié-z et les greniers), s. m. Lieu, au rez-de-chaussée d'une maison, pour serrer le vin et autres provisions. Nous n'avons qu'un cellier et pas de cave.
— HIST. xiie s. Et nos avons tel celier en parfont, Raoul de C. 286. Ou de mes gerniers, ou de mes celiers, que vols [que veux-tu] que jo te face? Rois, 369. || xme s. N'est sous ciel si orbes [obscur] celiers, FI. etBl. 49i.Carteiz [telz] a un puis devant son huis, qui n'a pas un tonel de vin en son celier, buteb. 259. Nous trouvasmes grant foison de la pourveance le roy, c'est à savoir, les celiers le roy et les deniers etlesgarniers, joinv. 210. Il doivent chascuns, chascun an, au roy, six auges pour son celier,. c'est à savoir auges de doux piez de lonc, Liv. des met. i (3. Se homme de Paris achate vin en grève, et il le met en son celier, il doit obole de rivage, ib. 301. || xive s. La dame demourra, moult fu ses coerz [son cœur] irés ; Par dedens un chelier s'est ses corps enfremés, Baud. de Seb. vm, 978. || xve s. Adonc furent traits hors de ces beaux celliers, au dam tous les vins qui là estaient, plus de six mille tonneaux. froiss. n, n, 158.
— ÉTYM. Bourguig. celey ; provenç. celier; catal. celier; espagn. celleiro; ital. cclliere, cellaio;de cellarium, garde-manger, office, de cella, loge (voy. celle 2).
7 CELLITE (sèl-li-t*) , s. m. Nom de frères laïques hospitaliers, dits aussi bongaris ou alexandrins, fondés par un homme de bien nommé Tobie vers l'an 1300, et qui prenaient un soin tout particulier de-; fous maniaques et des furieux. Leur habit est une tunique noire, une ceinture de cuir, un grand capuce pointu et un manteau de la même étoffe et couleur; ils sont unis à l'ordre des servîtes.
— ÉTYM. Celle, cellule.
f CELLULAGE (sè-lu-la-j'), s. m. Manière de construire, de tenir les cellules dans les prisons modernes.
CELLULAIRE (sè-lu-lè-r').od;- || 1° Pourvu de petites loges ou cellules, En anatomie, tissu cellulaire,
CEL
lissu Sui remplit les vides entre les tissus d'une importance plus grande et qui doit son nom à ce qu'on y développe artificiellement, par l'insufflation, des cellules ou cavités. On le nomme aujourd'hui tissu lamineur || En botanique, tissu cellulaire, tissu ■ de cellules. Plantes cellulaires, plantes qui ne renferment que des cellules de différents genres. | Théorie cellulaire, nom de ce fait général, que les êtres végétaux et animaux dérivent d'éléments anatomiques ayant l'état de cellule. || 2" Terme gislation. Système cellulaire, système d'après lequel les prisonniers sont renfermés dans des cellules séparées. || Terme d'administration. Voiture cellulaire, voiture à compartiments pour transporter des condamnés en les isolant les uns des autres. — ÊTYM. Cellule.
CELLULE (sè-lu-F) , s. f. || 1° Petite chambre d'un religieux ou d'une religieuse. J'ai vu la Maransdans sa cellule, sév. 83. Veux-tu jusqu'en ton cœur la sentir vive et forte [la componction], Rentre dans ta cellule et fermes-en la porte Aux tumultes du monde, à sa vaine rumeur, corn. Imit. i, 20. Au grand dortoir il couchait d'ordinaire; Là de cellule il avait à choisir; Heureuse encor, trop heureuse la mère Dont il daignait, au retour de la nuit, De sa présence honorer le réduit, gresset, Vert-Vert, 1. I| Petit logement préparé pour chaque cardinal durant le conclave. || 2° Par extension, retraite, petit appartement où l'on se confine pour ainsi dire. C'est ma cellule. Il faut embellir sa cellule. H 3" Petite chambre dans les prisons modernes . où l'on renferme les condamnés pour les isoler les uns des autres. || 4° Par analogie, alvéole où l'abeille dépose son miel et son couvain. On verra qui sait faire avec un suc si doux Des cellules si bien bâties, la font. Fab. 1, 2L,]|5° Terme de botanique. Nom des cavités où sont logées et comme enchâssées certaines semences. || Terme d'anatomie Nom des interstices ou petits vides que présentent les mailles du tissu spongieux des os longs, l'intérieur des sinus et du corps caverneux. Il En anatomie générale, nom des éléments anatomiques végétaux ou animaux, dont les dimensions, généralement égales en tout sens ou à peu près, varient entre cinq millièmes de millimètre et un dixième.
— HlST. xvic s. Puis les fit enclore d'une cellule [cage] de fin cristal de Venise, yver, 547.
— ÉTYM. Cellula , diminutif de cella (voy. celle 2).
f CELLULE, ÉE (sè-lu-lé. lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des cellules, qui est divisé en cellules. || S. m. Dans les prisons, celui qui est mis dans une cellule. || En zoologie, les cellules , les polypes enfermés dans des cellules.
— ÊTYM. Cellule.
CELLULEUX, EUSE (sè-lu-leû, leû-z'), adj. Terme de botanique et d'anatomie. Divisé en cellules.
— ÉTYM. Celhtle.
f CELLULIFÈKE (sè-lu-li-fô-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui offre des cellules.
— ÉTYM. Mot hypothétique celluliferus, de eellula, cellule, et ferre, porter.
f CELLULIFORME (sè-lu-li-for-m'), adj. Qui a ia forme de cellule.
— ÊTYM. Mot hypothétique celluliformis , de cellula, cellule, et forma, forme.
t CELLULITÈLE (sè-lu-li-tè-F) , adj. Terme de zoologie. Insecte cellulitèle, insecte qui fait des toiles celluleuses.
— ÉTYM. Mot hypothétique cellulilela, de cellula. cellule, et tela, toile.
f CELLULOSE (sè-lu-lô-z'), s. f. Terme de chimie. Principe des corps organisés, caractérisé par sa solubilité dans l'acide sulfurique concentré, et son insolubilité dans la potasse caustique.
— ÉTYM. Cellule, et la finale ose que les chimistes ont attribuée à certains principes organiques.
f CELLULOSITÉ (sè-lu-lô-zi-té) , s. f. Terme didactique. Etat celluleux d'un tissu organique.
— ETYM. Celluleux.
t CÉLOTOME (sé-lo-to-m') , s. m. Terme de chirurgie. Ancien instrument pour l'opération de la hernie.
— ÉTYM. Kï|).ti, tumeur, hernie, et Téu.veiv, inciser, t CÉLOTOM1E (sé-lo-to-mie), s. f. Terme de
chirurgie. Opération par laquelle, incisant la peau et l'anneau aponévrotique, on débride la hernie.
— ÉTYM. Voy. CÉLOTOME.
T CELS1TUDE (sèl-si-tu-d'), s. f. Titre qui, durant le moyen âge, s'est donné à différents personnages éminents en dignité.
— ÊTYM. Celsitudo, hauteur.
t CELTE (sèl-f), s. m. Nom de la langue que par-
niCT DE t,\ J.A^GUS FRANÇAISE.
CEL
laient les Celtes, anciens peuples qui occupaient la Gaule, le nord de l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Irlande. Le celte est une des langues aryennes (voy. aryen) ; il est aujourd'hui représenté par le celtique moderne, dont les différents dialectes se parlent dans laBretagne en France (bas-breton), dans le pays de Galles en Angleterre (kimry, cambrien), dans les hautes terres de l'Ecosse (gaélique) et en Irlande. Celui de Cornouailles (comique) est éteint.
— ÉTYM. Celta, KéXTri;, nom que les Grecs et à leur suite les Romains donnaient aux Gaulois.
CELTIQUE (sèl-ti-k'), adj. Qui appartient aux Celtes. Monuments celtiques. Oh! la Bretagne antique! Dans la forêt celtique, Quelque donjon gothique! v. hugo, Odes, iv, 25. y Substantivement. Le celtique, la langue celtique.
— ÉTYM. Celte.
f CELTOMANIE (sèl-to-ma-nie), s. f. Travers d'une érudition systématique et incomplète qui a voulu voir dans la langue celtique l'origine de toutes les langues.
— ÉTYM. Mot hypothétique xEX-rop.avia, de KeXtyiç, Celte, et manie.
CELUI (se-lui), m. sing. CELLE (sè-F), f. sing. CEUX (seù), m. plur. CELLES (sè-F), f. plur. Pron. démonstr. || 1° Suivi de la préposition de. Je ne connais d'avarice permise que celle du temps. Celles de ma naissance ont horreur des bassesses, corn. Rodog. m, 6. L'amour est celui de tous les dieux qui sait le mieux le chemin du Parnasse, rac. Lett. 5, à M. le Vasscur. J'ai tout réduit à trois stances , et j'ai ôté celle de l'ambition , qui me servira peut-être ailleurs, rac. Lett. 29, à M. le Vasseur. Ceux de Crotone ont perdu contre lui deux batailles, fén. Tél. xi. Il 2° Suivi de qui, que, dont. Ceux qui font des heureux sont les vrais conquérants, volt. Lett. à Christian VIL Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, rac. Ath. 1 , t . Celui qui fait tout vivre et qui fait tout mouvoir, S'il donne l'être à tout, Fa-t-il pu recevoir? l. rac. Religion, 1. Aimer ceux qui vous haïssent, ceux qui vous persécutent, et les aimer lors même qu'ils travaillent avec le plus d'ardeur à vous opprimer', c'est la charité du chrétien, c'est l'esprit de la religion, bourdal. Serrn. pour la fête de St-Étienne. Mes craintes t'offensaient : tu n'étais pas de celles Qui font jeu de courir à des flammes nouvelles, a. chénier, 137. || Il n'y a celui, celle qui , c'est-à-dire il n'est personne qui. Il n'y avait celui qui ne prévît une prochaine rupture avec la famille de Lorge , de l'humeur si connue de M. de Lauzun, ST-S1MON, 28, 72.
— REM. 1. Celui, celle, ceux, celles ne pouvant être employés qu'avec la préposition de ou les pronoms relatifs qui, que, dont, il en résulte qu'ils ne peuvent être suivis d'un adjectif ou d'un participe. Les construire ainsi est une faute très-commune et ancienne. Girault-Duvivier en cite cet exemple de Racine : Je joins à ma lettre celle écrite par le prince ; et celui-ci de Montesquieu : La blessure faite à une bête et celle faite à un esclave. II faut mettre en regard cette phrase de Voltaire : Noussommes incertains si le paquet pour votre altesse royale et celui pour votre aimable ambassadeur.... Lettr. Prusse, 30.Domergue, Solutions grammat. a réuni plusieurs exemples pris à différents écrits de son temps : « Les nombres ordinaux se forment des cardinaux ; dans ceux terminés en f, on change f en vième. — Le goût de la philosophie n'était pas alors celui dominant. — Pline dit que Carès inventa les augures tirés des oiseaux, et qu'Orphée inventa ceux tirés des autres animaux. — Je ne puis mieux finir cette lettre qu'en vous faisant part de celle écrite par M. de Buffon à cette dame respectable. — Elle débite atout venant les choses les plus futiles et souvent celles les plus ridicules. » Dans tous ces cas il faut employer le relatif qui: celle. qui est écrite; celui qui est dominant; ceux qui sont terminés, etc. j 2. Celui, celle peut être suivi d'un adjectif ou d'un participe, quand l'adjectif ou le participe appartiennent à une incise, après laquelle vient qui. que, dont. Votre exemple et celui, si généreux, qu'a donné votre lettre. Ma lettre, et celle, écrite par mon ami, qui vous sera remise. || 3. Après celui qui, il arrivait souvent, dans l'ancien style, que l'on reprenait la phrase principale par il ou elle. Autrefois on regardait ce pléonasme comme donnant force et clarté; aujourd'hui on le regarde comme fautif. Celui qui méprise le remède, il touche de près à sachute, boss. Rech. 2. Il 4. Je ne suis pas celui qui vous a fait tort, et non pas, qui vous ai fait tort, le verbe s'accordant avec celui, qui est de la troisième personne. Cependant Bossuet a dit dans une phrase célèbre, en parlant
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de Dieu : Je suis celui qui suis. Cette construction n'était pas sans exemple dans l'ancienne langue: Je ne suis pas celui qui veux Paris reprendre D'avoir manqué si tost à Pegasis de foy, ronsard, <U. C'est d'ailleurs une imitation du latin : Sum qui sum.
— HIST x" s. Cel edre [lierre] sost [sous] que cil sedebat, Fragm. de Valérie, p. 468. Ci 1g edre fu sèche, ib. En celé duretie e en celé encreduliteit, ib. p. 469. Chi [qui] rex eret [était] à celsdis [jours] sovre pagiens, Eulalie. Ladomnizelle celle cose non contredist, ib. Il xie s. E se algons [aucun] meist main en celui qui.... L. de Guill. \. Cil sont montez qui le message firent, Ch.de Roi. vu. Par cels de France veut-il du tout errer, ib. xi. || xir s. N'i a celui qui de pitié ne plor, Roncisv. 37. Que si haut don [l'amour] sait merir [à] Ceus qui servent sans traïr, Couci, 3. Quant pour vous n'a de moi cure Celé à qui m'avez doné, ib. 4. Onques Tristans, cil qui but le breuvage, Plus loyaument n'aima sans repentir, ib. t9. Et quand l'haleine douce vente Qui vient de cel doux pais, Où cil est qui m'atalente, Dame de Faiele , dans Couci. || XIIIe s. Ilec trouvèrent Guillaume de Braiecuel et cex qui avoec lui estoient, villeh. t38. Et quand cil oïrent ce,in. 59. Cil [je] sui que demandez, sachiez le vraiement, Rerte, xlvii. Tout droit à celui temps que je ci vous devis, ib. v. À tous ceuz qui ces présentes letres verront ou orront, beaum. 76. H xve s. Comme celle qui ne savoit à qui ni en quel pays trouver confort ni soutenance, froiss. 1,1, t3. Adonc demandèrent à leurs varlets s'il y avoit celui qui voulut porter les lettres qu'ils avoient escrites, id. i, i, 228. J'en parle comme de celui que j'ai connu, en beaucoup de choses traité avecques lui, comm. vu, 2. Et se jeta à deux genoux devant moi comme celui qui cSidoit déjà estre mort, m. iv, 7. Je suis celui qui de ci ne partirai, louis xi, 18. ||xvies. Ceux de Besse, de Montsoreau et autres lieux confins , rab. Garg. t , 47. Les hommes de celui temps, id. Pant. 11, <. Il n'y eut celui qui ne beust vingt cinq ou trente muids, id. 11, 20. Mais qui est cil ne celle en cestui monde, En qui douleur par faux rapport n'abonde? marot, 1, 383. Ils estoient proches parents, comme ceux qui estoient enfants de deux cousins germains, amyot , Thésée, 8. Celui emportoit le prix, non qui estoit le plus viste entre les vistes,1 mais le plus vertueux entre les vertueux, m.Lyc. 55. C'est celui Philippe qui depuis fit la guerre aux Grecs pour leur oster leur liberté, id. Pélop. 48. Celui aime peu, qui aime à la mesure, laboétie, 44t. Que celui sorte de la cour qui veut estre pieux, d'aijb. Conf. 11, 9. Ceux de Bordeaux maintiennent que la verge de St-Martial est celle mesme d'Aaron, m. t76. Ceux estoient du nombre des pères, desquels l'on a dit que.... calvin, Inst- Dédie.
— ÉTYM. Picard, c/10, chelle , celle , cheule, même sens, cholle, chol, même sens, cheux, ceusses, ceutes, ceux, chelle-lo, celle-là; Saintonge, cheul , cheu, ce, cet, chéle, chelé, celle, chelés, ceux, celles; provenç. cel, celh, sel, sell. celui, cela, celha, cella, sela, celle, cil, cill, cilh, sill, ceux pour le nominatif pluriel, cels, ceux au régime, celui, selui, selhui, celui; anc. catal. cell, ce, cet, cells, ceux au régime, cella, celle; espagn. aquello; ital. quello, colui , colei. Le vieux français est cil ou cel , féminin celé, au nominatif singulier, ceiiuau régime singulier pour les deux genres; cil ou cel, féminin celés, au nominatif pluriel; cils, cels, féminin celés, au régime pluriel; cils ou cels ont donné le mot actuel ceux. Cil ou cel est formé de ecce-ille; celui, de ecce-illius, comme autrui de alterius (voy. il).
CELUI-CI (se-lui-si), CELUI-LÀ (se-lui-la), m. sing. CELLE-CI (sè-le-si), CELLE-LÀ. (sè-le-la), f. sing. CEUX-CI (seû-si). CEUX-LÀ (seû-la), m. plur. CELLES-CI (sè-le-si), CELLES-LA (sèle-la), f. plur. Pronoms démonstratifs, les mêmes que celui avec l'adjonction de ci et là, et rentrant dans la règle, exposée à ce, qui permet de mettre ci et là après les mots que ce détermine (ce-lui-ci, ce-lui-là, comme ce livre-ci, ce livre-là). Ils se rapportent le premier au nom ou à l'objet le plus rapproché, le second au nom ou à l'objet le plus éloigné. Turenne et Condé commandèrent des armées l'un contre l'autre; celuici était plus impétueux, celui-là plus réfléchi. La folie et l'amour jouaient un jour ensemble ; Celui-ci n'était pas encor privé des yeux, la font. Fabl. xn, a. Vivaient le cygne et l'oison: Celui-là destiné pour les regards du maître; Celui-ci pour son goût, m. ib. m, 8. Que le sort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en parait dans l'histoire, à qui leur audace a été funeste! mais aussi que ne font-ils pas quand il
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CEN
CEN
plaît à Dieu de s'en servir! il fui donné à celui-ci [Cromwell] de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois, boss. Reine d'Anglet. Deux mulots cheminaient, l'un d'avoine chargé. L'autre portant l'argent de la gabelle ; Celui-ci glorieux d'une charge si belle . N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé, la font. Fabl. i, 3. Deux sortes de gens fleurissent dans les cours, et y dominent dans divers temps, les lili. rtins et les hypocrites ; ceux-là gaiement, ouvertement; ceux-ci finement, par des artifices, la bruy. xvi. Tel est l'avantage ordinaire Qu'ont sur la beauté les talents; Ceux-ci plaisent dans tous les temps; Celle-là n'a qu'un temps pour plaire, volt, dans gir.ult-duvivier. Mes lettres se font avec une si véritable affection que, si vous les jugez bien, vous les estimerez davantage que celles que vous me redemandez ; celles-là ne partaient que de mon esprit, celles-ci partent de mon cœur: celles-là m'étaient à charge, et celles-ci me soulagent extrêmement; n'est- il pas vrai, madame, que je vous aurais fait grand dépit, si j'avais mis encore cinq ou six fois celles-ci et celles-là et que vous vous seriez étonnée de la nouveauté de ce style? voit. Lrttr. 46. || Celui-ci s'emploie aussi pour annoncer ce qui va être dit, et celui-là pour rappeler ce qui a été dit. Des deux exemples que j'ai de cette locution, je vous ai dit le premier; celui-là ne vous a pas convenu, celui-ci vous persuadera sans doute. || Celui-ci, celui-là, pris dans un sens distributif et comme l'un et l'autre. La fortune pourtant habite en ces demeures; Je la vois tous les jours entrer chez celuici. Chez celui-là.... la font. Fabl. vu, 12. || Celui-là, annonçant une proposition qui va suivre. Il n'est^nseignement pareil À celui-là, de fuir une tête éventée, la font. Fabl. IX. 8. || Celui-là, cellelà, pris absolument et signifiant cette chose, cette action, ce fait, cette assertion, qu'on ne veut pas nommer, mais que la tournure de la phrase fait assez comprendre. Je ne m'attendais pas à celle-là, c'est-à-dire à cette nouvelle, à cette sottise. Vous marier, vous, mon père! — Moi-même en propre personne. —Je ne m'attendais pas à celui-là, regnard, Sérén. e. |{. Celle-ci, sous-entendu lettre, se met quelquefois en commençant une lettre. Celleci est pour vous assurer.
— REM. 1. Celui-là, celui- ci, disent certains grammairiens, ne peuvent être suivis du pronom relatif, et celui-ci qui disait, celui-là qui chantait ne valent rien. Cette assertion doit être restreinte; celui-ci , celui-là étant déjà déterminés par l'adjonction des particules ci et là, ne permettent pas qu'on les détermine de nouveau par une phrase conjonctive; ainsi on ne dira pas: ceux-là qui aiment Dieu gardent ses commandements. Mais si cette phrase conjonctive est non pas déterminative, mais simplement explicative, rien ne s'oppose à ce qu'on la reçoive, par exemple : Turenne et Condé.... celui-là, qui fut tué d'un coup de canon, fut enseveli dans son triomphe ; celui-ci, qui finit sa vie dans son lit, jouit longtemps de l'éclat de sa renommée. Avec c'est, C'était, celui-ci, celui-là admettent sans contestation après eux le pronom conjonctif : c'est celui-là qui m'a volé; c'est celui-ci qu'il faut arrêter. || 2. Celui-là prend aussi après lui le pronom conjonctif, quand il y a quelques mots entre lui et le conjonctif. Celui-là est deux fois% grand, qui, ayant toutes les perfections, n'a pas de langue pour en parler. Âmes de bronze, humains, celui-là fut sans doute Armé de diamant, qui tenta cette route. Et le premier osa l'abîme défier, la font. Fabl. vu, 12. Celui-là peut bien faire, qui ne nous aigrit plus par une grande fortune, la bruy. xii. || 3. Autrefois celui-là, celui-ci prenaient après eux le pronom conjonctif comme celui le prend. Mais qu'il soit une amour si forte Que celle-là que je vous porte, Cela ne se peut nullement, malherbe, dans girault-duvivier.... Le feu qui brûla Gomorrhe Ne fut jamais si véhément Que celui-là qui me dévore, voiture, ib. Notre galant vous lorgne une fillette, De celleslà que je viens d'exprimer, la font, dans le Dict. de dochez.
— HIST. xvi" s. Et vraiement celui-là disoit bien, qui appeloit l'agriculture la mère et la nourrice de tous les autres arts, la boêtie, 1 47. Celle-là qui estoit en mal d'enfant et qui se tourmentoit, id. 305. Ce souverain bien académique et peripatetique, qui est vivre selon icelle [nature] , devient difficile à borner et exprimer; et celuy des stoïciens, voisin à celui-là, qui est consentir à nature, mont, iv, 305. Certes ceulx-ci [ces vers] ont je nesçayquoy de plus vif et de plus bouillant, comme il les fait en sa plus verte jeunesse et eschaufTé d'une belle et noble ardeur, ID. I, 222.
— ÉTYM. Celui, et ci, là.
CELUI-LÀ. Voy. celui-ci.
t CEMBRE (san-br'), s. m. Espèce de pin des Alpes et du Daupbiné.
CÉMENT (sé-man) , s. m. || 1° Matière diverse dont on entoure un corps métallique pour le soumettre à la cémentation. || 2° Terme d'anatomie. Substance qui, recouvrant la racine des dents, va en s'amincissant à mesure qu'elle se rapproche de l'émail de la couronne, où elle s'arrête.
■ — ÉTYM. Carmentum, fragment de pierre, moellon; àec.rdere, tailler, couper.
CÉMENTATION (sé-man-ta-sionï , s. f. Opération qui consiste à mettre la pièce à cémenter dans une boîte en tôle en l'entourant soit de poussier de charbon, soit de cuir carbonisé ou de corne, et à l'exposer à une forte chaleur qui a pour but d'amener la combinaison du métal avec le charbon. Acier de cémentation, acier produit en stratifiant des couches de charbon, mettant des barres de fer sur ces couches et chauffant à blanc.
— ÉTYM. Cémenter.
CÉMENTA TOIRE (sé-man-ta-toi-r') , adj. Relatif à la cémentation. || Cuivre cômentatoire, cuivre qui a été précipité par le fer d'une dissolution de sulfate de cuivre.
— étym. Cémenter.
CÉMENTÉ, ÉE (sé-man-té, tée), part, passé. Fer cémenté.
CÉMENTER (sé-man-té), v. a. Soumettre à la cémentation.
— ÉTYM. Cément.
f CÉMENTEUX, EUSE (sé-man-teû, teû-z'), adj. Qui a les caractères du cément.
— ÉTYM. Cément.
CÉNACLE (sé-na-kl'), s. m. || 1° Dans les Écritures, salle à manger, et, plus particulièrement, la salle où Jésus-Christ institua l'Eucharistie après y avoir soupe avec ses apôtres. Comme il descendit autrefois dans le cénacle, mass. Car. Conf. Ce souffle ébranla le cénacle et consterni les disciples, id. Panég. S. Franc. || La Cène de Léonard de Vinci [tableau très-célèbre] est nommée quelquefois le Cénacle. || 2" Par extension, réunion d'Hommes de lettres, d'artistes, etc., qui se voient souvent et sont accusés de s'admirer mutuellement. Est-il besoin de dire que dans son cénacle Joseph [Delorme] n'a introduit que quelques poètes.... unis enlre eux par des rapports intimes d'amitié et de voisinage? stebeuve, note à la fin de la 1™ éd. des Poésies et pensées de Joseph Delor.me.
— ÉTYM. Cœnaculum, de cœnare, souper (voy. cène).
f CENCHRE (san-kr'), s. m. Terme de botanique. Nom d'une graminée (cenchrus).
— ÉTYM. KÉYXpoç-
f CENCHRITÉ (san-kri-f), s. m. Terme de minéralogie. Diamant gros comme un pois.
— ÉTYM. KeYypîtïK, de xsYXP°îi grain du cenchre.
f CENDAL (san-dal), s. m. Sorte d'étoffe de soie, dont on se servait dans le moyen âge.
— HIST. xiii6 s. Se il eust fait ses atours de bon cendal enforcié de ses armes, joinv. 194. || xve s. Quand le roi de France fut retrait en son logis et en [on] ot tendu son pavillon de cendal, froissart, ii, ii, t98.
— ÉTYM. Provenç. cendal, cendat, sendat ; espagn. cendal; îtal. zendado, zendale; on le tire du latin sindon, grec «rivSùv, étoffe fine.
f C'EN DESSUS DESSOUS (san-de-su-de-sou), k>c. adv. Véritable forme de ce qu'on écrit aujourd'hui sens dessus dessous (voy. sens dessus dessous, où l'historique démontrera la vraie signification et orthographe).
CENDRE (san-dr'), s. f. || 1° Poudre qui reste après la combustion du bois et autres matières. Cendre chaude. Faire cuire sous la cendre, dans les cendres. Lessive de cendres, lessive faite avec des cendres. Mettre en cendre , réduire en cendre, brûler. Leurs trônes mis en cendres, corn. M. de Pomp. i, t. Brûlez votre recueil et faites-en des cendres, la font. On ne s'avise. Cet. édifice est réduit en cendres, boss. But. n, 8. Dussé-je après dix ans voir mon palais en cendre! rac. Andr. i, 4. Brûlez le capitule et mettez Rome en cendre, id. Mithr. m, t. Une ville qui sera mise en cendres comme Troie, fën. Tél. x. || La cendre qui couvre le feu, au propre et au figuré. Le feu couve sous la cendre. Il ne peut.... que se mettre au visage Sur le feu de sa honte une cendre d'ennui, malh. i, 4. Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre, corn. Rod. m, 4. Tout cela se préparait et se cuisait
sous la cendre, dès le temps que le roi parla à son neveu de ne plus retourner en Espagne, st-simon, 241, 2t3. Et tu veux qu'éveillant encore Des feux sous la cendre couverts, lamart. Méd. i, n . || 2° La cendre en tant que signe de deuil, de mortification, au propre et au figuré. Â ces vains ornemensje préfère la cendre, rac! Esth. i, 4. Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière, Revêtu de lambeaux, tout pâle; mais son œil Conservait sous la cendre encor le même orgueil, id. ib. n, 4. Tandis que toute l'Église combat sous la cendre et sous le cilice, mass. Car. Jeûne. Priam, les cheveux souillés de cendres, le visage baigné de pleurs, chateaub. Génie, il. n, 4. |! Fig. Faire pénitence avec le sac et la cendre ou dans le sac et la cendre, éprouver une vive affliction de ses péchés, des offenses commises contre Dieu. || Fig. C'est pourquoi déguisant les bouillons de mon âme, D'un long habit de cendre enveloppant ma flamme, Je cache mon dessein aux plaisirs adonné, Régnier, Sat. xiii. || Au plur. Les cendres, cendre des linges de l'autel ou des rameaux bénits dont le prêtre fait une croix au front des fidèles le premier jour de carême. Recevoir, prendre les cendres. Le jour des Cendres, le mercredi des Cendres. Boniface, donnant les cendres à un archevêque de Gênes, les lui jeta au nez, volt. Mœurs, 65. || 3° Reste, débris d'une chose qui a été consumée par le feu ou par ce qui est comparé au feu. De son vain orgueil les cendres rallumées Poussent déjà dans l'air de nouvelles fumées, corn. M. de Pomp. i, 2. Une autre Rome sort des cendres de la première, boss. Hist. ni, 1. Votre Ilion encor peut sortir de sa cendre, rac Andr. i, 4. Les vices des grands renaissent de leurs cendres, mass. Pet. Car. Vices. L'État renaît pour ainsi dire de sa cendre, j. j. rouss. Conlr. n, 8. || 4° Reste des morts (locution provenant de l'usage des anciens de brûler les cadavres) et, figurément, leur mémoire. Et qu'ont fait tant d'auteurs pour remuer leur cendre? boil. Sat. ix. Ah! ranimez les cendres de nos pères, mass. Car. Temples. Gémissez sur les cendres de l'époux qui vous a été enlevé, id. Or. (un. Villars. On craint que de la sœur les flammes téméraires Ne raniment un jour la cendre de ses frères, rac i'hèd. n, t. J'ai donné comme toi des larmes à sa cendre, volt. Alz. 1,4. Que j'unisse ta cendre à celle de ton père, a. chén. p. 41. Nous respectons les cendres de nos ancêtres, parce qu'une voix nous dit que tout n'est pas éteint en eux, chateaub. Génie, i, vi, 3. Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteinies Ëieins le souvenir, malh. vi, 17. C'est ainsi que la justice divine, justement irritée de notre orgueil, le pousse jusqu'au néant, et que, pour égaler à jamais les conditions, elle ne fait de nous tous qu'une même cendre, boss. Duch. d'Orl. Ces veuves qui s'ensevelissent, pour ainsi dire, elles mêmes dans le tombeau de leurs époux, y enterrent tout amour humain avec ces cendres chéries, id. Anne de Gons. Les morts du sein de l'ombre avec terreur s'élancent Pâles, et secouant la cendre des tombeaux, gilbf.rt, Jug. dernier. Nous avons cru devoir rendre ce témoignage aux vertus d'un sage dont l'envie n'a point respecté les cendres, condorcet, Maiouin. Il a dit à la mortelle : Vite ! éblouis ton amant ; Avant de mourir, sois belle; Sois un instant étincelle, Puis cendre éternellement, v. hugo, Voix wtér. xvu. |l 11 ne faut pas remuer ou troubler les cendres des morts, il ne faut pas dire du mal deceux qui ne sont plus. || 5° En chimie et dans les arts, certains résidus de la combustion. || Cendre bleue, oxyde de cuivre précipité de la dissolution du sulfate de ce métal par la chaux. || Cendre verte, couleur que les peintres emploient dans les paysages (variété terreuse de carbonate de cuivre). || Cendre gravelée, proprement la cendre des vrilles de ia vigne, ou la cendre du sarment; et par extension et plus particulièrement, le produit de l'incinération du tartre brut ou lie de vin desséchée. || Cendres du Levant, espèce de soude. || 6° Cendre de plomb, le plomb de chasse le plus menu ; on dit plutôt cendrée. || 7° Cendre rouge, variété terreuse de lignite brûlé. || Cendre noire, variété terreuse de lignite à l'état naturel. || Proverbe. Il faudrait les brûler pour en avoir de la cendre, se dit, pour exprimer la rareté des bons ménages, de deux époux excellents l'un pour l'autre.
— HIST. xnc s. Je ne pris [prise] pas plein poing de cendre Ta menace ne ton orgueil, la Charrette, 799. E vestirent eaus [eux] de haires, e mistrent cendres sor lor chef, Machab. i, 3. D'ire [il] devint vermeilz plus que carbuns sur cendre, Th. le mart. 44. || xme s. A l'entrée de quaresme, après ce que on prent cendres, villeh. vi. Por cel pais qu'il voloit prendre Et les cités livrer à cendre, FI. et Bl.
CEN
63. De toute teinture fors de graine en chanete un denier; neis [même] se il i a cendre clarelée qui appartient à teinture.... Lir. des mit- 284. Encor te veuil assez aprendre Demeslertainture avec cendre, Ren. 12 040. Bien le doit-on ardoir en cendre, ib. 9617. || xvi" s. Abattant boys, bruslant les grosses souches pour la vente des cendres, bab. Pant. n, 2. Elle se resoult en pouldre comme feroit de la chaux vive ou de la cendre, qui la fouleroit, amyot, Sertor. 23. Mieulx vault la cendre divine Que du monde la farine, le roux de lincy, Proverbes, t. i, p. 6. S'il ne s'en trouve après une exacte et diligente reeherche , il faudra exécuter sur toutes sortes de meubles jusques aux cendres du feu, avant qu'en venir aux immeubles. Nouveau coustumier génér.
t. II, p. 1094.
— ÊTYM. Picard, chaîne; bourguig. carre; provenç. cerne, cendre, cène; catal. cendra; ital. cenere; du latin cinerem, le même que le grec xévi;.
CENDRÉ, ÉE (san-dré, drée), adj. || 1° De couleur de cendre. Gris cendré. Les peuples étaient de couleur cendrée au septentrion , volt. Mœurs , 14). Les sourcils sont plus châtains et les cheveux plus cendrés, j. j. rouss. Hél. n, 25. || 2° Terme de fonderie. Mêlé avec les cendres. || 3° Terme d'astronomie. Lumi're cendrée , lumière faible qui nous permet d'apercevoir les parties de la lune qui ne sont pas actuellement éclairées par le soleil. Cet effet est surtout sensible trois jours après la nouvelle lune; il est attribué par les uns à une qualité phosphorescente du globe lunaire, par les autres, avec plus de vraisemblance, à la lumière rélléchie de notre globe sur la lune.
— HIST. xvic s. De couleur cendrée ou livide,
— ÊTYM. Cendrer.
CENDRÉE (san-drée), s. f. || 1° Écume de plomb. || 2° Le menu plomb de chasse. Charger un fusil de cendrée pour tirer aux petits oiseaux. || 3° Cendrée de Tournay, poussière de houille et de chaux que l'on emploie comme ciment hydraulique.
— HIST. xnr s. Cil a bouté en la cendrée [les cendres du foyer], Qf tous jours sert sans atendre loier. Ane. poésies franc, dans lacurne. || xvi" s. Ils rendoyent le venus [argent] en lune [plomb], voire à tenir jusqu'à l'essay de la copelle ou cendrée , tahureau. Dialogues, p. 140, dans lacurne.
— ÉTYM. Cendre.
t CENDRER (san-dré), «. a. Donner une couleur de cendre. || Mêler de la cendre avec quelque chose.
— ÊTYM. Cendre.
CENDREUX, EUSE (san-dreû, dreû-z'), adj.
|| 1° Souillé de cendre. Un habit tout cendreux. Une table toute cendreuse. || 2° Fer cendreux, fer que le poli qu'on lui donne ne rend pas plus clair et auquel il demeure des taches couleur de cendre. || 3° Terme de gravure. Planche dont le métal n'est pas pur.
— HIST. xvie s. 11 commande à ses gens qu'ils amassent grande quantité de ceste terre légère et cendreuse , amyot, Sertor. 24. Au chat cendreux jamais ne tombe rien en gueule, cotgrave.
— ÉTYM. Berry , cendroux ; provenç. cendros , cenros ; ital. ceneroso ; du latin cinerosus, de cinis (voy. cendre).
CENDRIER (san-dri-é), s. m. || 1" La partie du fourneau qui est au-dessous de la grille ou du foyer, et où tombent les cendres. || 2° Vase dans lequel on met les cendres ou de la cendre.
— HIST. xive s. Un povre auqueton. aussi noir quechendrier, Baud de Seb. xn, )5".. || xve s. L'eaue est à la cendre meslée, Mais elle est par avant coulée Sur le cendier, si que ne passe, e. desch. Poésies mss. f° 539, dans lacurne. Bon Dieu que deviendra cette charongne sale? Faut-il point qu'au sercueil poudreux elle dévale, Pour estre le repas des animaux abjects? Où sera, pauvre corps, or tn gloire divine, Quand tu seras mangé parmi cette vermine Dans le mesme cendrier [lieu où sont les tendres, cimetière] qui couvre tes subjects? per- Rin, Poésies, p. 30, dans lacurne.
— ÉTYM. Cinerarium, caveau où l'on met les cendres des morts, de cinis (voy. cendre). Cendrier ou cendier signifiait, entre autres, le linge où l'on met les cendres quand on coule la lessive.
t CENDRIÈRE (san-dri-ê-r') , s. f. Un des noms de !a tourbe.
t CENDR[LLARD(san-dri-llarJU mouillées), s. m. Coucou d'Amérique.
— ÉTYM. Cendre, à cause de la couleurde cet oiseau.
t CENDRILLE (san-dri-U', Il mouillées), 6'. f. Nom vulgaire de la mésange.
— ÉTYM. Cendre, à cause de la couleur.
CKN
f CENDRILLON (san-dri-llon, Il mouillées, et non san-dri-yon), s. f. Nom, dans un conte de fée, d'une jeune fille qui, obligée de faire la cuisine pour ses sœurs, était continuellement près de l'àtre et des cendres. Il Par extension, petite fille qui ne quitte pas le feu ; servante malpropre. Terme familier.
— ÊTYM. Cendre.
t CENDRURE (san-dru-r'), 4". f. Ensemble des petits trous dont la surface de l'acier est parsemée quelquefois.
— ÉTYM. Cendre.
CÈNE (sê-n'), s. f. || 1° Le souper que Jésus-Christ fit avec les apôtres la veille de sa passion. Le jour de la cène Jésus-Christ lava les pieds à ses apôtres. || Tableau qui représente la Cène de Jésus-Christ. La Cène de Léonard de Vinci. || 2° La cérémonie où des princes, le pape, des prélats, des supérieurs de communautés servent les pauvres après leur avoir lavé les pieds, en mémoire dé la cène de Jésus- Christ. Les Lorrains ne se trouvaient jamais à l'adoration de la croix ni à la cène, à cause de la dispute de la préséance avec les ducs, st-sim. 27, 59. || 3° La communion, et spécialement la communion sous les deux espèces, comme la font les protestants. Ce n'est pas faire la cène que d'en recevoir les signes, boss. Déf. comm. Ils firent la cène avec Luther en signe de paix, id. Var. 4.
— HIST. xne s. He Dex, ce dist li rois, qui goustas à la çaine, Saxons, xxx. || xme s. Quant passée ert la quarantaine Et vendra le jor de la çaine, ruteb. ii, 138. Le mont Syon où Dieux conversa charneulment et fist la cène, Psautier, f° 'J5. Vos devez croire que nostres sires vint en terre por sauver lou pueple. et que il sist à lacienne, Merlin, f" 53, verso. || xiv° s. Chiés un hermite vinrent le soir ou [au] bois d'Ardene; Li sains lions fist bon feu, mais poure fut la cène [le repas], Girartde Ross. 1999.
— ÉTYM. Bourguig. faire la çaine, souper; provenç. espagn. et ital. cena ; portug. cea; du latin cœna et aussi cena qu'on trouve dans un très-ancien manuscrit de Plante.
f CENELLE (se-nè-P), s. f. Fruit de l'aubépine. || Fruit du houx.
— HIST. xme s. Framboises, freses et ceneles, la Rose, 8416. Il nel [ne le] prise [estime] or une cenele, Ren. H066. || xvie s. Le suc de senelles vertes délayé en oxyerat est un remède singulier,
— ÉTYM. Norm. chenelle; bourg, cinelle ; par contraction de coccinella (voy. cochenille) , forme dérivée du latin coccum, kermès : fruit ainsi nommé à cause de sa couleur rouge.
f CÉNESTHÉSIE (sé-nè-sté-zie), s. f. Terme de physiologie. L'espèce de sentiment vague que nous avons de notre être, indépendamment du concours des sens.
— ÉTYM. Koivàç, commun, et ataOriat;, sensation (voy. esthétique).
t CÉNISME (sè-ni-sm'), s. m. Terme de grammaire grecque. Mélange des dialectes dans un même écrit.
— ÊTYM. Koivi<7u.èç, de xotviÇgiv, rendre commun, de xoivôç. commun.
■f CËNOBIARQUE (sé-no-bi-ar-k') , s. m. Supérieur d'un monastère de cénobites.
— ÉTYM. Cénobite, et àpyeu, commander (voy. archonte).
CÉNOBITE (sé-no-bi-f), s. m. Moine qui vit en communauté, par opposition à l'anachorète qui vit isolé. Quoique tu sois grand cénobite, Quoique tu sois parfait hermite, Jamais, tant que tu vis, ne te tiensassuré, corn. Imit. i, 20. Du cénobite il apprend à souffrir, millev. Ch. à Pav. vi. Des cénobites se venaient prosterner à l'autel, chateaub. Génie, m, i, 8. || Ne se dit guère que des moines des premiers temps de l'Église. || Fig. Vivre en cénobite, vivre retiré.
— ÊTYM. Cœnobita, de cœnobium, couvent, de xotvéSiov, de xoivô;, commun, et pioç, vie(comp. vie).
CÉNOBITIQUE (sé-no-bi-ti-k'i , adj. Qui appartient au cénobite. La vie cénobitique. Dans le bouddhisme, à la simplicité primitive a succédé à la fois une mythologie compliquée, une cosmogonie bizarre, une métaphysique subtile, en même temps qu'un esprit cénobitique prononcé et une discipline ecclésiastique détaillée, nicolas , le Lamaïsme, Rev. germ. t. xn, p. 439.
— ÊTYM. Cénobite.
f CÉNOSE (sé-nô-z'), s. f. Terme de médecine. Évacuation portant sur toutes les humeurs du corps, telle que la saignée. || Inusité.
— ÉTYM. KévtoCTiç, action dévider.
CÉNOTAPHE (sé-no-ta-f), s. m. Tombeau vide,
dressé à un mort dont on n'a pas le corps.
CEN
— ÉTYM. Kcvotocçiov, de xevà;^ vide, et \imoc. tombeau.
CENS (san; quelques-uns font sentir \'s et disent sans') , s. m. || i" Dénombrement des citoyens romains et évaluation de leur fortune qui se faisaient tous les cinq ans par les censeurs. Faire le cens. Porter au rôle du cens. Le cens donna deux cent mille citoyens. || 2" Terme de jurisprudence féodale. Redevance que le possesseur d'une terre payait au seigneur. Donner à cens. Les Vaudois prirent à cens les héritages des environs, volt. Mœurs, 138. || Fig. Abandonner la terre pour le cens, renoncera un bien qui coûte plus qu'il ne rapporte. || 3° Dans l'ancienne Rome, quotité d'imposition payée par un citoyen. Qui paye le cens des chevaliers. || 4" Quotité d'imposition, de :cvenu, de propriété ou de loyer, nécessaire pour être électeur ou éligible. Le cens électoral. Le cens d'éligibilité.
— HIST. xie s. Cil qui custivent la terre, ne deit l'um travailer [tourmenter], se de lour droite censé non, Lois de C.uill. 33. || xnr s. Cil qui de tel uzage ne li rendoient cens ne rente ne redevances . beaum. xxiv, 6. C'est à savoir se li contens [contestation] fu de droit cens, id. xxiv, 9. Une autre manière de rente y a c'on apele sorcens ou cens costier, et de tix manières de cens a il moult es bones viles, id. xxiv, 20. Noz apelons vilenage, héritage qui est tenus de segneur à cens ou à rente ou à champart, id. xiv, 7. || xve s. Et qu'il [Ferdinand, roi de Naples] payeroit cinquante mille ducats l'an de cens, comm. vin, 12. || xvi" s. Le seigneur n'est exclus du retrait [droit de rachat] pour avoir reçu les cens, rentes ou autres redevances annuelles [mais seulement par les droits seigneuriaux de mutation], loysel, 466. Le cens n'est requerable, ains rendable et portable, id. 531. Cens sur cens n'a point de lieu [qui tient à cens ne peut bailler à cens, ce qui ferait deux seigneurs censiers] , id. 533. Terres tenues à champart, terrage, vinage, gros cens [ou croit de cens, contre-cens, surcens, par opposition à chefcens ou cens primitif], ou rente originaire et directe, tenant lieu de chef-cens, doivent lods et ventes au seigneur desdits champart, terrage, etc.
— ÉTYM. Latin census; provenç. ces, ses; catal. cens ; espagn. et ital. censo.
f CENSAL (san-sal), s. m. Nom des courtiers dans le Levant.
CENSE (san-s'), s. f. Nom qu'on donne aux métairies, dans certaines parties de la France et de la Belgique. Le roi à la tête de son armée couvrait Monsieur, qui assiégait Bouchain, et s'avança jusqu'à la censé d'Hurtebise, st-sim. 112, 218.
— HIST. xve s. Comme d'avoir bruslé maintz beaulx villages et maintes belles censés, comm. v, 14. Et descendit le roy en une censé ou métairie, id. vin, 6. || xvie s. Un petit village ou plustost censé, appellée la Catelle, m. du bellay, 387.
— ÊTYM. Wallon, seins, s. f. provenç. sensa; du bas-latin censa, fermage, cens, qui est devenu ensuite le nom de la ferme même; de census, cens.
CENSÉ, ÉE (san-sé, sée), adj. Regardé comme, réputé. Que tyranniques rois censés grands politiques, boil. Sat. xii. Il est toujours censé, par le droit naturel, que les engagements qu'il a pris avec l'Espagne sont subordonnés à ceux dans lesquels il est né, fén. xxii, 254. Les occasions qui sont attachées à l'état où la Providence nous met, ne sont pas censées en notre pouvoir, id. xviii, 221. Les Lapons moscovites sont aujourd'hui censés de l'église grecque, volt. Russie, i, i. Si le prince est prisonnier, il est censé être mort, montesq. Espr. v. 14. Chez les anciens, les prêtres et les prêtresses étaient censés commercer intimement avec le ciel, chateaub. Génie, i, I, 9.
— ÉTYM. Censerc, réputer, proprement compter, du même radical que census, cens.
| CENSÉMENT (san-sé-man) , adv. Mot du langage populaire qui signifie par supposition. Tu es censément le maître.
— ÉTYM. Censé, et le suffixe ment.
f CENSERIE (san-se-rie), s. f. Office de censal.
CENSEUR (san-seur) , s. m. || 1" Magistrat dans l'ancienne Rome. Les censeurs, qui étaient au nombre de deux, dénombraient les citoyens, estimaient les biens et veillaient au maintien des mœurs. || 2° Dans le langage général, celui qui censure la conduite, les actions d'autrui. Un censeur malveillant. Tout babillard, tout censeur, tout pédant Se peut connaître au discours que j'avance, la font. Fabl. I, 19. Tout ce que je désire Trouve en vous un censeur prêt à me contredire, rac. Rrit. m, 9. Ah! quittez d'un censeur la triste-
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diligence, id. ib. I, 2. Je converse avec moi-même comme avec le plus légitime censeur de ma vie, boss. Pensées chrétiennes, 32. On s'érige en censeur de ces faits éslatants, mass. Myst. Incarn.Vn censeur des défauts qu'on trouve en leur conduite, mol. D. Garde, n, 1. Jean-Baptiste devient le censeur d'une cour volupteuse, mass. Car. Mélang. Vous devez être un censeur rigoureux de votre propre conscience, id. Car. Parole. Des attentions si religieu- .<es trouvèrent des censeurs dans le monde, id. Panég. S. Louis. Ce rigide censeur, la bruy. xn. Ô juges, quelle majesté de vos séances! quel président [Dieu] de vos assemblées, mais aussi quel censeur de vos jugements! boss. le Tellier. Le public, rigide censeur des hommes de cette fortune et de ce rang, m. ib. || Adj. Les plus censeurs ne me reprochent rien, rotrou , St-Genesl, m, 2. || Celui qui censure les écrits, y relève les fautes. Je vous arrête à cette rime, Dira mon censeur à l'instant.... Maudit censeur! te tairas-tu? la font. Fabl. H. Ainsi s'expliqueront nos censeurs sourcilleux, boil. Ép. x. Puis-je lui dénier quelque part dans mes discours, après qu'il en a été si souvent et le censeur et l'arbitre? boss. Or. fun. Cornet. Et peut-être ta plume aux censeurs de Pyrrhus Doit les plus nobles traits dont tu peignis Burrhus, boil. Ép. vu. || 3° Agent préposé à l'examen des livres, journaux, pièces de théâtre, dessins, etc. Le censeur refusa son approbation. Censeur royal. Censeur dramatique. || 4° Officier de l'ancienne université qui examinait les récipiendaires. En Sorbonne, les censeurs donnaient leur suffrage par billets. || 5° Censeur des études, surveillant des études et de la discipline dans un lycée. Le censeur du lycée de Louis le Grand. || 6" Censeur de la banque, censeur d'une société commerciale, mandataire des intéressés pour le contrôle des actes des administrateurs.
— HIST. xiV s. Li cenceur nombroient le peuple, bercheure, f° 2, verso. || xve s. Quelques censeurs de ce temps ont descouvert que nous n'en feuilletasmes pas un, d'aub. Conf. u, 6.
— ÉTYM. Censor, censeur, proprement celui qui compte.
CENSIER (san-sié), adj. m. || 1° Terme de jurisprudence féodale. Seigneurcensier, ou, substantivement, censier, celui à qui le cens était dû. || 2°Censier, censière, celui, celle qui devait le cens. Les censiers, les vilains. || Celui , celle qui tient une censé àferme. || 3" Papiercensier, ou, absolument, censier, livre où s'enregistraient les cens.
— hist. xive s. La grange de Jean Leclerc, censier de Tremonvilliers, du cangk, censerhis. || xv* s. Et mesmement prirent et emmenèrent plusieurs charrues aux censiers du mont Saint-Eloi emprès Arras, monstr. n, 6. || xvie s. Les seigneurs censiers et rentiers peuvent procéder par saisie sur les héritages sujets à cens et rentes, loysel, 524. Le seigneur n'est tenu faire vue à son rentier foncier ou censier, id. 528. Le seigneur censier peut tenir, en sa main, les terres vacantes, et en faire les fruits siens, jusqu'à ce qu'il en soit reconnu, m. 549. Tous les valets de chambre, et officiers censiers, tant de son capitaine que des autres seigneurs.... carloix, ii, 18.
— ÉTYM. Bas-lat. censerius, de census, cens; wallon, seinsi, fermier.
CENSITAIRE (san-si-tê-r'), s. m. || l0Termedejurisprudence féodale. Celui qui devait cens et rente à un seigneur de fief. Les censitaires d'un fief. || 2° Adjectivement et dans le langage constitutionnel, électeur censitaire, celui dont le droit est fondé sur un cens.
— ÉTYM. Cens.
CENSIVE (san-si-v'), s. f. Terme de jurisprudence féodale. || 1° L'étendue des terres d'un fief qui devaient des cens. Il était dans la censive d'un tel. Si j'achetais une toise de terrain dans la censive de monseigneur l'abbé, je deviendrais serf de monseigneur, et tout mon bien lui appartiendrait, fût-il situé à Pondichéry, volt. Lett. Dupont, 23 févr. <7V6. || 2° Terre possédée sous la condition d'un cens, primitivement par des vilains, des roturiers. Certaines terres furent données en fief, d'autres en censives. || 3° Redevance en argent ou en denrées que certains biens devaient au seigneur dont ils relevaient. Le laboureur cultivant pour soi seul, sans ferme ni censive, p. l. courier, i, 322.
— HIST. xme s. Tybaut tient vignes, trois arpenz, qui sont en tel leu, en tel censsive, Liv. des met. 127. Et tout ainsi que comme noz disons des censix, disons noz de toz héritages tenus en vilenage, eeaum. xix, 24. Car autrement porroient avoir moult d'anui li segneur de qui les censives sunt tenues,
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:n. xlv, 2i. L'en doit semondre de chetel, segont la loi, et de héritages et de censives, à huit jorz, et de fiez, à quinze jors, Liv. de just. 83. j| xvie s. Pour les hommaiges, fiefs, denrées de censives, et tous les aultres droits seigneuriaux, carl. iv, 3). '
— ÉTYM. Bas-lat. censiva, de census, cens.
f CENSIVEMENT (san-si-ve-man), ad). Terme d'ancien droit. Avec charge de cens.
— ÉTYM. Censive, et le suffixe ment.
CENSORIAL, ALE (san-so-ri-al, a-1'), adj. \\ 1° Relatif à la fonction des censeurs à Rome. La magistrature censoriale. || 2° Relatif à la censure exercée par des magistrats ou des agents du gouvernement. Lois censoriales. Offices censoriaux. Loin que le tribunal censorial soit l'arbitre de l'opinion, j. j. Rousseau, Contr. 47.
— ÉTYM. Censeur.
CENSUEL, ELLE (san-su-èt, è-1'), adj. Terme de jurisprudence féodale. Qui a rapport au cens. La tenure féodale et la tenure censuelle. Ce capitulaire où Charles le Chauve parle des terres censuellesdont le cens avait appartenu au roi, montesq. Esp. xxx, 15. — HIST. xvie s. Le droit d'indemnité du seigneur [pour biens passant en main morte] s'estime au cinquième denier de la valeur de la chose censuelle [de la censHe], loysel, 80. Le seigneur féodal ou censuel [à qui le cens est dû], id. 465. Celuy qui tient héritage en censive doit, au jour et lieu accoustumé, payer le droit de cens au seigneur censuel, Coustumier génér. t. i. p. 106. De l'héritage censuel et roturier, l'acquesteur peut prendre saisine et possession, sans le consentement du seigneur censier et justicier, ib. p. (48.
— ÉTYM. Censualis, de census, cens; provenç. cessai ,-espagn. censal; portug. censual ; ital. censuale.
CENSURABLE (san-su-ra-bl') , adj. Qui peut, qui doit être censuré. Une raison qui n'est pas moins censurable, pasc. Prov. n. Leur censure, toute censurante qu'elle est, aura presque tout son effet pour un temps, id. ib. 3. Il est pernicieux et nécessairement censurable, boss. Lett. quiét. 221. Le P. Tellier avait dit au roi qu'il y avait dans ce livre plus de cent propositions censurables, st-sim. 423, 122.
— ÉTYM. Censurer.
CENSURE (san-su-r'), s. f. || 1° Dans l'ancienne Rome, dignité et fonction de censeur. || 2° En langage ecclésiastique, improbation, condamnation de propositions, d'ouvrages où il s'agit de dogmes. 11 y a eu une censure de la Sorbonne contre tel livre. Il Censures ecclésiastiques, les menaces que fait l'Église des peines qui seront encourues si Ton contrevient à ce qu'elle ordonne; ou les peines mêmes quand elles sont encourues, telles que l'excommunication, l'interdiction, la suspension, etc. Toutes les provisions de la cour de Rome portent absolution des censures. Il a été permis a ce complaignant, pour avoir preuve du vol à lui fait, de se pourvoir par monitoires et censures ecclésiastiques, furetii're. j| 3" Peine disciplinaire que prononcent contre un de leurs membres les corps de magistrature, l'ordre des avocats, les chambres des notaires, des avoués, et les assemblées délibérantes. || 4° Critique à l'effet de corriger. J'ai besoin d'un remède et non pas de censure, mairet, Solim. i, 2. Tels abus méritent censure,la font. Fianc. Les censures que vous dites que je vous ai faites, bossijet, Lett. 147. Cette censuçe que nous exerçons sur nos frères, id. Jug. t. N'allons point nous appliquer à nous-mêmes les traits d'une censure générale, et profitons de la leçon, si nous pouvons, sans faire semblant qu'on parle à nous, mol. Crit. 7. Craignez-vous pour vos vers la censure publique, Soyez-vous à vous-même un sévère critique, boil. Art p. i. On a beau se farder aux yeux de l'univers; À la fin, sur quelqu'un de nos vices couverts, Le public malin jette un œil inévitable, Et bientôt la censure au regard formidable Sait le crayon en main marquer nos endroits faux, boil. Sat. XI. Les compagnons d'Ulysse enfin se sont offerts; Ils ont force pareils en ce bas univers, Gens à qui j'impose pour peine Votre censure et votre haine, la font. Fabl. xn, i.||5° Examen des écrits, journaux, pièces de théâtre, dessins, fait avant qu'ils paraissent, par des agents du gouvernement. Les journaux furent soumis à la censure. Abolir la censure. La censure dramatique. || Le corps même des agents qui examinent. La censure refusa son approbation.
— HIST. xvie s. La censure tourmente les pigeons, laissant aller les corbeaux libres, cotgrave.
— ÉTYM. Censura, de census, cens; provenç. et espagn. censura.
CENSURÉ, ÉE (san-su-ré, rée),part. passé. Opinion malsonnante et censurée par l'Église.
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CENSURER (san-su-ré), v. a. || 1° Relever, reprendre ce qui paraît digne de blâme. Cette seule rebelle, entre tous mes sujets, Censure mes édits, attaque mes projets, rotr. Antig. iv, 6. Il [le peuple] aime à censurer ceux qui lui font la loi, corn. Pulchérie, m, 1. Socrate un jour faisant bâtir, Chacun censurait son ouvrage, la font. Fab. iv, 17. Celui qui a la mémoire fidèle et une grande prévoyance est hors du péril de censurer dans les aulies ce qu'il a peut-être fait lui-même, la bruy. xn. Prompte à nous censurer, leur adroite éloquence Ressaisit par degrés sa première influence, c. delavigne, Vêp sic. n, 2. Il est avantageux qu'on blâme, qu'on censure Nosplus sincères actions, corn. Tmit. I, !2.j|2"En matière de dogme, condamner Quand on eut censuré ses livres à Rome, pasc. Prov. 6. Sa doctrine a été censurée par l'université, id. ib. 13. || 3° Dans certains corps, infliger la peine disciplinaire de la censure. Cet avocat a été censuré par l'ordre. || 4° Se censurer, v. réfl. Faire la censure l'un de l'autre. Jupin les renvoya s'étant censurés tous, Du reste contents d'eux.... la font. Fabl. i, 7.
— HIST. xvie s. Mais je ne suis pour censurer Vostre mestier : Tous estats tendent à l'argent, j. le houx, vu.
— étym. Censure.
CENT (san; le t se lie devant une voyelle ou une h muette : cent hommes, dites : san-t hommes ; au pluriel Ys se lie : deux cen-z hommes ; le r ne se lie pas dans cent un; dites san un. Prononcez de même, c'est-à-dire sans faire sentir le t : deux cent un, cent une, deux cent une, le cent-unième, le deuxcent-unième, le cent-onzième, le deux-ceni-onzième, etc. et cent huit, cent huitaines, le cent-huitième), adj. numéral ou nom de nombre. || i" Dix fois dix. Cent ans. Cent livres pesant. Deux cents hommes. Cent un, cent deux, cent trois, etc. Dans cent un ans. Nous partîmes cinq cents; mais, par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port, corn. Cid, iv, 3. Sait-il bien ce que c'est que cinq cents écus? — Oui, monsieur, il sait que c'est mille cinq cents livres, mol. Sapin,
u, 2 A fait de méchants vers douze fois douze
cents, boil. Vers en style de Chapelain. La Suède et la Finlande composent un royaume large d'environ deux cents de nos lieues, et long de trois cents, volt. Charles XIL, i. On assure que les portefaix ou crocheteurs de Constanlinople portent des fardeaux de neuf cents livres pesant, buff. Hùt. nat. de l'homme. || Entre mille et deux mille on énonce souvent les centaines, c'est-à-dire qu'on prononce onze cents, au lieu de mille cent, treize cents au lieu de mille trois cents, et ainsi de suite jusqu'à dix-neuf cents; mais on ne dit point dix cents pour mille, ni vingt cents, trente cents, pour deux mille, trois mille, etc. || Parier cent contre un , donner quelque chose comme tellement certain qu'on offre de parier cent contre un. || Le conseil des Cinq-Cents, une des deux assemblées législatives dans la constitution directoriale de la république française. || Les Cent-Jours, règne de Napoléon Ier après son retour de l'Ile d'Elbe; il dura cent jours, (\u 20 mars 1815 au 28 juin de la même année. || 2" D'une manière indéterminée, un grand nombre. Faut-il vous le dire cent fois? Il a cent moyens de se tirer d'affaire. Il y en a plus de cent dans le même cas. C'est cent fois pire. Ni sur l'éclat d'un nom cent et cent fois vainqueur, corn. Nicom. i,i. Après avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, la font. Fabl.u, 20. Sans répéter de nouveau ce qu'ona dit cent et cent fois, boss. Rép. n, 20. Les chirurgiens aimeront mieux cent fois briser la lancette et le bistouri que de s'abaisser aune obéissance servile,DiDER. Lett. || En un mot comme en cent, c'est-à-dire quoi qu'on dise, bref. En un mot comme en cent, vous n'aurez jamais dansce pays une armée à vous, p. l. cour, i, 289. || Locution familière. Je vous le donne en cent, essayez tant que vous voudrez. || Locution familière. Faire quelque chose de cent en quatre, se dit d'une action qui ne se répète que de loin en loin. Locution obscure et que Génin explique conjecturalement par : faire quelque hose de cent tanz quatre, c'est-à-dire quatre fois sur cent ; tans dans l'ancien français signifiant fois. || 3" Terme de finance et de commerce. Cinq, dix, cent pour cent , etc. c'est-à-dire intérêt, gain, produit qui est de cinq francs, dix francs, cent francs, pour cent francs. Prêter à cinq pour cent d'intérêt, ou simplement, à cinq pour cent, ou, plus simplement encore, à cinq. Rente à cinq pour cent. Rente cinq pour cent. || Il y a cent pour cent à gagner dans cette affaire, -c'est-à-dire on doublera sa mise
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de fond*, on fera un gain très-considérable. || Substantivement, le trois pour cent, 1»' quatre et demi pour cent, nom des rentes françaises inscrites sur le grand livre. Le cinq pour cent a été converti en quatre et demi il y a quelques années. || 4° Centime. Page cent. Numéro cent. || 5° S. m. Le nombre cent. Le produit de cent multiplié par cent. || 6" Centaine. Un cent de marrons. Deux cents d'œufs, de fagots. Trois cents de paille, de foin. Vendit', acheter un cent de . etc. Joie à brûler un cent de lampions. bÊrang. Belges. !! Un cent pesant, un poids de cent livres, un quintal. || Un cent de piquet, un cent de dominos, une partie en cent points. || Familièrement. Il a des mille et des cents, il est fort riche. Tl ne parle jamais que par mille et par cents, il joue le gros capitaliste; et, quelquefois, il est exagéré dans tous ses propos. Oh! nous ne gagnons pas des mille et des cents; mais, pourvu que j'aie le nécessaire, cà me suffit, clairville et thîboust, la Corde sensible, se. 13. || 7" Terme de commerce. Le grand cent, se dit pour les marchandises vendues àla pièce ou au poids, et dont le vendeur cède quelques pièces ou quelques kilogrammes au-dessus du cent sans les faire entrer en compte. ||8° Monnaie. Un cent, la centième partie du dollar. || Monnaie de cuivre du royaume des Pays-Bas, qui était la centième partie du florin.
— UEM. 1. Cent reste invariable : <° quand il est suivi d'un autre nombre, ou qu'il peut se rendre par le terme centième; ainsi il ne prend pas d's dans trois cent mille francs, mille sept cent trente, les deux cent-troisièmes, le numéro quatre cent; cela est arrivé en mil sept cent, etc. On voit que les lieux derniers exemples reviennent à : le numéro quatre-centième ou le quatre-centième numéro; 1 année mil-sept-centième, ou la mil-sept-ceutième année. 2° Quand il n'est pas multiplié par un autre nombre, et lors même qu'il serait suivi d'un pluriel: les cent hommes engagés, les cent premiers numéros. Cent prend l's, lorsque , se trouvant multiplié par un autre nombre, il est suivi ou censé suivi d'un substantif pluriel, accompagné ou non d'un qualificatif: Il a composé deux cents jolies romances; Cette ville compte plus de trois cents belles maisons; Cette salle peut contenir neuf cents personnes; Nous étions sept cents hommes, et nous ne sommes revenus que trois cents; Je les ai trouvés au nombre de six cents. || 2. On entend souvent des phrases comme celle-ci : mon argent est placé à cinq du cent. C'est une locution vicieuse, dites à cinq pour cent. Cinq du cent voudrait dire cinq du cent de francs; or on ne dit jamais : un cent de francs.
— HIST. xie s. Set cenz charnels e mil autours mue?., Ch. de Roi. ix. Puis icel jour en fut cent ans déserte, ib. lu. Meurent paien à miller et a cent, ib. cix. || xiie s. Un petitz biens vaut mieux, si Diex me voie , Qu'on fait courtoisement , Que cent greignor fait envieusement, Couci, xvi. Ja n'en reviendra pieds [homme], se nous estiens cent, Sarons, xxi. ||xiiies. Li cens d'aloses doit seize deniers, tailliar, Recueil, p. 15. Il me convient servir mon meslre Qui moult plus riche me fera Cent mile tans quant li plaira, la Rose, 6936. Le cent de pièces pesant de suif , Liv.mét. 162. ||xiv"s. En tel doleur sont cil qui sont jalous, Qu'il vauroit [vaudrait] miex, cent contre un, estre cous, machault, p. 58. || xvc s. Nous ne savons que nos gens rapporteront, ou paix ou guérit- c'est cent contre un que nous vinssions à paix, froiss. Il, II, 55. .... Car il [mon creur] a de maulx doloreux Plus d'un cent, non pas ung ou deux, en. d'orl. Rai. 24. Contre un inconvénient qui pourra advenir par exécution de justice, cent en adviendront, si on procède par autre voie, monstr. r, 48. || xvie s. Il lui dit qu'il r.'en savoit peint de meilleur que de jouer aux cents [piquet] , marg. Nouv. Lut. L'aprèsdisnée fut passée à jouer au cent, d'aub. Conf. il, 6.
— ÉTYM. Wallon, sain; picard chint; provenç. cent, cen; espagn. cien, ciento; portug. cem, cento ; ital. cento; du latin cenlum; grec, ê-xavôv; basbreton, kant; zend et sanscrit, cala.
i. CENTAINE >an-tè-n'), s. f. \\ 1" Nombre de cent ou environ. Une centaine d'années. À centaines, par centaines, en grand nombre. || La centaine, cent ans de vie. Je souhaite à M. le président Hénault la centaine au moins de Fontenelle, volt. Lett. Mme du Deffand, (4 févr. 1762. || 2° Dans les états fondés parles Germains, division de la population, agrégation de cent familles ou environ sous un chef, et plus tard division correspondante du territoire. Si un centenier trouve un voleur dans une autre centaine que la sienne, montesq. Esp. xxx, 22.
— HIST. xii* s. E li prince de Philistins en ve-
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neient od centeines e od milliers de cumbatcurs , Rois, M 2.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. cenlena ; de centum, cent.
2. CENTAINE (san-tè-n'), s. f. || 1" Le brin qui lie ensemble tous les fils d'un écheveau : ce brin appartient à l'écheveau même et est formé par les deux bouts; c'est l'un de ces bouts que l'on prend pour dévider l'écheveau. || Fig. Perdre la centaine, ne plus savoir où l'on en est. || L'Académie remarque qu'on trouve aussi l'orthographe sentène. Il 2° Terme de marine. Liure pour tenir les paquets de petits cordages.
— ÉTYM. Le nom de centaine vient-il de ce que le nombre des tours d'un écheveau est souvent de cent, ou multiple de cent? L'orthographe sentène ne s'y accorde pas facilement. On remarquera que, dans les dictionnaires delà fin du xvi" siècle, Oudin, Cotgrave, se trouve centine, mot d'origine d'ailleurs inconnue , avec le sens de moyeu de roue , occhio délia ruota; y aurait-il quelque rapport entre centine, oeil de roue, et ce qu'on pourrait appeler œil d'écheveau ?
CENTAURE (san-to-r'), s. m. Être mythologique, moitié homme et moitié cheval. Achille fut élevé par le centaure Chiron. Le combat des centaures et des Lapithes. Le point principal du système chronologique de M. Newton est de rechercher, en suivant avec beaucoup de subtilité quelques traces de la plus ancienne astronomie grecque, quelle était au temps de Chiron le centaure la position du colure par rapport aux étoiles fixes, fonten. Newton. Il Terme d'astronomie. Une des constellations de l'hémisphère austral.
— ÉTYM. Kévraupo:, que la mythologie comparée a rattaché au sanscrit gandliarva , génie à tête de cheval.
CENTAURÉE (san-tô-rée) , s. f. Terme de botanique. Il 1° Genre de plantes dont quatre espèces amères et toniques sont employées en médecine : la grande centaurée (centaura centaurium, L.); la jacée (centaurea jacea , L.) ; le bluet (centaurea d/anus, L.); et la chausse-trape (centaurea calcitrapa, L.). || 2° La petite centaurée (genliana centaurium, L.), d'une autre famille, très-commune dans les bois; elle est le meilleur fébrifuge indigène après la gentiane. On m'avait guéri d'une fièvre avec de la petite centaurée, chateaub. [tin. 74.
— HIST. xvr' s. Le centaurium a pris son nom de Chiron le centaure, paré, Préf. Je lui feis injection, en laquelle adjoustay centaure, ahsynthe, aloès, m. vin, 32. La pervenche, la centaurée, id. xvi, 3:>. Petite centaure, id. xxviii, 63. Gentiane, centaure-petit, fumeterre, id. xxv, 7, Centaurée, ceste herbe a prins son nom de Chyron centaure.... Elle est aussi appelléefiel de terre, pour sa grande amertume, 0. de serres, 609.
— ÉTvm. Centaurea, centaureum, ainsi dit du centaure Chiron , rangé parmi les habiles médecins.
f CENTAUROMACHIE (san-tô-ro-ma-chie), s. f. Combat des centaures et des Lapithes.
CENTENAIRE (san-te-nê-r') , adj. Qui a, qui contient cent ans. Nombre, prescription, possession centenaire. Un vieillard centenaire, ou suhstantivement, un centenaire. Mon grand-père, qui est mort centenaire, était apothicaire de Cromwell , volt, les Oreilles, 1 .
— HIST. xvie s. Possession centenaire et immémoriale vault titre, loysei. . 727,
— ÉTYM. Centenarius , de centum, cent.
CENTENIER (san-te-nié; l'r ne se lie jamais; au
pluriel l's se lie : les san-te-nié-z et leurs soldats), .?. m. || 1° Centurion, officier romain qui avait cent hommes sous se-; ordres. J.-C. guérit la fille du centenier. Un chétif centenier des troupes de Mysic, corn. [1er. 1, 2. y 2° Dans certaines villes de France, officier de la garde bourgeoise au xvie siècle. || 3° Le chef ou magistrat de la centaine. Si un centenier trouve un voleur dans une autre centaine que la sienne, montesq. Esp. xxx, 22. Les comtes avaient sous eux des officiers qu'on appelait centeniers, id. ib. 17.
— HIST. xv* s. [Jean Lyon] ordonna secrètement aux centeniers, et leur dit, froiss. ii, ii, 53. Il xvie s. Chacun propriétaire peut aussy gager ceux qui font dommages et sont trouvez en mesus sur son fond, à condition de rapporter les gages incontinent à la justice ou au centenier, Nouveau coust. génér. t. il, p. 35t. Le roy a constitué des centeniers dans la ville de Paris, pasquier, Lettres, t. 1, p. 271 , dans LACURNE.
— ÉTYM. Centenarius , de centum, cent; provenç. centenier; anc. catal. centener.
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CENTESIMAL, ALE (san-té-zi-mal, ma-1'), adj.. Terme d'arithmé'ique. Par centièmes. Fraction centésimale. Deux pour cent, quatre pour cent, sont des fractions centésimales. || Division centésimale, celle qui contient cent parties ou un multiple de cent Dans le thermomètre centigrade, chaque division de l'échelle est un degré centésimal. Quand une circonférence est partagée, ou censée l'être, en quatre cents parties , chacune d'elles est un degré centésimal. Les degrés centésimaux.
— ÉTYM. Centcsimus, centième, de cenlum (voy. cent).
f CENTÉSIMO (san-té zi-mo), adv. Pour le centième article. Primo, secundo.... centésimo.
— ÉTYM. Centésimo loco, au centième lieu.
| CENTI.... Préfixe employé dans beaucoup de composés, et particulièrement dans le système des mesures nouvelles, où il signifie un centième.
CENTIARE (san-ti-are) , s. m. Le centième de l'are, valant un mètre carré.
— ÉTYM. Centi.... et are.
CENTIEME (san-tiè-m'). || 1° Adj. numéral ordinal de cent. La centième année. 11 est le centième sur la liste d'admission. On dit de même : La deuxcentième année; vous êtes le trois-centième, et ainsi de suite avec cent et le nom de nombre qui le multiplie. || D'une façon indéterminée. C'est la centième fois qu'on vous avertit. Vous n'êtes pas le centième à qui cela est arrivé, c'est-à-dire cela est arrivé a bien d'autres que vous. || 2° Terme d'ancienne législation. Centième denier, ancien nom d'un droit de mutation immobilière. || Ancien terme de finance. Le centième denier, un pour cent. || La centième partie, chaque partie d'un tout divisé en cent parties. On dit de même la deux-centième partie, la six-centième partie. || 3° S. ?n. La centième partie. Prenez le centième de cette somme. Deux centièmes, qui s'écrivent en chiffres -j-f-j; trois centièmes, qui
et ainsi de suite. On dit deux trois-cen-
s'écrivent en chiffres
de même un deux-centième,
tièmes, jfj, etc.
— ÉTYM. Provenç. centesime, cenlen; catal. centi, centessim; espagn. centésimo et centeno; ital. centesmo; du latin centesimus, dérivé de centum (voy. cent).
CENTIGRADE (san-ti-gra-d') , adj. Divisé en cent degrés. Thermomètre centigrade , thermomètre dont l'échelle au-dessus de zéro est divisée en cent degrés.
— ÉTYM. Mot latin hypothétique centigradus, de centum, et gradus (voy. grade), degré.
| CENTIGRAMME (san-ti-gra-m') , s. m. Centième partie du gramme.
— ÉTYM. Centi.... et gramme.
f CENTILITRE (san-ti-li-tr'), s. m. Cenlième partie du litre.
— ÉTYM. Centi.... et litre.
CENTIME (san-ti-m'), s. m. Le centième du franc. Cinq centimes font un sou. Un franc quinze centimes, et par ellipse, un franc quinze. || Dans le langage financier, impositions évahrées en cenlimes répartis au marc le franc du montant des contributions directes auxquelles elles s'ajoutent. Centimes additionnels. Centimes spéciaux. On frappa une taxe de quarante-cinq centimes. Voy. franc.
— REM. C'est une faute très-commune de faire centime du féminin; ce qui y conduit, c'est la terminaison qui est féminine.
— ÉTYM. Centesimus, centième.
CENTIMÈTRE (san-ti-mè-tr), s. m. La centième