partie du stère
— ÉTYM. Centi.... et stère.
CENTON (san-ton), *-. m. \\ i° Vers ou fragments do vers pris de quelque auteur. On leur apprend à coudre en vers des centons de Virgile, j. j. Rousseau, Ém. n. Il Pièce de poésie composée de centons. Le centon d'Ausone. || Terme de musique. Centon ou pastiche, œuvre composée de morceaux de divers auteurs. || 2° Par extension, c'est un centon, c'est un ouvrage fait de morceaux empruntés.
CEîN
CEN
CKN
— HIST. xvie s. Cecy ne touche pas les centons qui se publient pour centons, et j'en ay veu de très ingénieux en mon temps, entre aultres un sous le nom de capilupus, ouître les anciens, mont.
— ÉTYM. Cento, couverture faite de plusieurs morceaux.
CENTRAL, ALE (san-tral, tra-1'), adj. || 1° Qui est au centre, qui a rapport au centre. Les points centraux. Feu central, feu ou du moins très-forte chaleur qui existe au centre de la terre. || 2° Par extension, province centrale, quartier central, qui est au cœurdu pays, de la ville. || Administration centrale, administration à laquelle tout aboutit. || Pouvoir central, par opposition à pouvoir local, pouvoir qui gouverne ou représente l'ensemble de la nation. || Écoles centrales, écoles qui, d'aprèsun décret de la Convention du 3 brumaire an iv, devaient être et ont été en effet établies dans les chefs-lieux des départements. L'enseignement y comprenait le dessin, l'histoire naturelle, les langues anciennes, les mathématiques, la physique et la chimie, la grammaire générale, les belles-lettres, l'histoire et la législation. Les écoles centrales, plus belles en théorie que dans la pratique, ont été remplacées, à la création de l'Université impériale, par les lycées et les collèges. Aujourd'hui il n'y a plus d'école centrale proprement dite; quand on emploie ce terme, on veut dire qu'on y a concentré tout ce qui se rapporte à tel ou tel enseignement, ou qu'elle est le centre où tout cet enseignement vient aboutir. Telle est l'école centrale des arts et manufactures. || 3° Terme de mécanique. Force centrale, force dirigée vers un centie, ou émanant d'un centre, ou se rapportant à un centre. || 4° Terme de géométrie ancienne. Règle centrale, règle d'après laquelle on se servait du cercle et de la parabole pour construire les racines des équations du 3e et du 4°degré.
— ÉTYM. Centralis, de centrum, centre; provenc. et espagn. central; ital. centrale.
f CENTRALISATEUR, TR1CE (san-tra-li-za-teur, tri-s'), adj. Qui centralise.
CENTRALISATION (san-tra-li-za-sion), s. /'.Réunion dans un même centre. Centralisation administrative, réunion, au centre du gouvernement, de toutes les affaires administratives. Centralisation politique, réunion de toutes les forces d'un État entre les mains du chef du gouvernement. On désigne en général par centralisation un régime qui soumet la gestion des intérêts locaux à la direction ou au contrôle de l'autorité centrale ou de ses agents immédiats.
CENTRALISÉ, ÉE (san-tra-li-zé , zée}, part. passi1. Les affaires de plus en plus centralisées par la monarchie.
CENTRALISER (san-tra-li-zé), v. a. Réunir dans un même centre. La fabrication de la monnaie a été centralisée à Paris. || Se centraliser, v. rèjl. Être réuni au centre, à un centre. L'action du pouvoir s'est centralisée. À mesure qu'on s'élève dans la série des animaux, les fonctions du système nerveux se centralisent davantage.
— ÉTYM. Central.
f CENTRALITÉ (san-tra-li-té) , s. f. Terme de physiologie. Phénomènesdecentralité, phénomènes nerveux qui se passent dans les centres cérébro-rachidiens et non dans les nerfs périphériques.
— ÉTYM. Central.
CENTRE (san-tr') , s. m. || 1° Le point situé à égale distance de tous les points de la circonférence d'un cercle ou de la surface d'une sphère. Séduit par les illusions des sens et de l'amour-propre, l'homme s'est regardé longtemps comme le centre du mouvement des astres, laplace, Expos, v, 6. || Par extension, le point, dans toute autre figure que le cercle ou la sphère, par lequel est coupée en deux parties égales toute droite menée à deux côtés opposés de la figure. Centre d'un carré, d'une ellipse. Dieu a voulu que le centre de notre petit monde fût le soleil, voi.t. Dial. 25. || Fig. et par exagération, le centre de la terre, les abîmes, les profondeurs. 0 cieux ! cachez ma honte au centre de la terre, ducis, Abufar, iv, 8. || 2 Par extension, le milieu d'un espace quelconque. Le centre d'un tableau. Cette place est au centre de la ville. Le centre du royaume. Les provinces du centre. || Par une autre extension, point d'où toutes les lignes menées ssmblal/lement sont égales. Centre d'un polygone, d'une étoile. || 3 Fig. Le point où les choses, comme sollicitées par quelque force, se réunissent et atteignent leur plus grande action, d'où elles émanent, se répandent et exercent leur influence, etc. Le voilà dans son centie, dans le milieu qui lui convient,
Être hors de son centre. La Bourse est le centre de ces sortes d'affaires. Il fit de cette ville le centre de sa domination. L'égoïste se fait le centre de tout, rapporte tout à soi. Au centre de la corruption, des plaisirs. La théologie est le centre de toutes les vérités, pascal, 2e Conv. Pour trouver sur la terre le centre et le point de la félicité humaine, bourd. Avent, Nat. deJ.C. 242. Vous êtes le centre de toutes les conduites et la cause de toutes les santés, sév. 589. S'il arrivait que cette nation devînt le centre des négociations de l'Europe, montesq. Esp. xix, 27. Christine se retira à Rome, où elle passa le reste de ses jours dans le centre des arts, volt. Charles XII, i. Les mêmes défauts qui dans les autres sont lourds et insupportables, sont cbez nous comme dans leur centre : ils ne pèsent plus, on ne les sent pas, la bruy. xn. Vous, madame, qui vivez dans le centre des plaisirs etdes grandes affaires, volt. Lelt. Mme du De/j'and. 26 nov. 1775. Si l'amiral Vernon, qui avait assiégé Carthagène sur la mer opposée, eût réussi, il pouvait donner la main au commodore Anson ; l'isthme de Panama était pris à droite et à gauche par les Anglais, et le centre de la domination espagnole perdu, id. Louis XV, 27. Je vois que, dans toutes les affaires, il y a un centre, un point principal contre lequel toutes les chicanes doivent échouer, id. Lelt. Delisle , 25 mars 1775. || En théologie catholique, le siège de Rome est le centre de l'unité de l'Église. || 4° Dans le langage de nos assemblées délibérantes, le centre, les députés ministériels qui occupaient sur les gradins de l'hémicycle les places en face du président, entre les partis extrêmes qui s'asseyaient vers la gauche ou vers la droite. Centre droit, centre gauche, la partie du centre qui inclinait vers les opinions de la droite ou de la gauche, et qui s'en rapprochait par la place qu'elle occupait. || 5° Terme militaire. Le centre d'une armée, par opposition aux ailes. Les officiers se placèrent au centre du carré. Le drapeau est au centre du bataillon. || Le centre, les compagnies d'un bataillon qui ne sont pas compagnies d'élite et qui sont placées entre les grenadiers et les voltigeurs. || 6° Point d'où émane une force, où s'exerce une action. Centre d'activité. Centre d'attraction, de chaleur. || Lieu où s'opère une concentration, un développement considérable d'actions sociales. Centre politique. Centre intellectuel. Centre industriel. Centre de production, de consommation. Les grands centres, les grandes villes. || 7° En physique, centre de gravité, le point d'un corps par lequel passe constamment la résultante des forces parallèles de la gravitation, dans les diverses positions qu'on lui fait prendre successivement par rapport à la direction de ces forces. || Centre d'inertie ou de massa, point central d'un corps ou d'un assemblage de corps à mettre en mouvement par une force artificielle. || Centre dynamique ou de mouvement, point central et symétrique d'un mobile, qui coïncide avec le centre d'inertie; l'un et l'autre se confondent avec le centre de gravité. || Centre d'oscillation, point particulier dans un pendule composé qui se meut précisément avec la même vitesse que s'il était luimême l'extrémité d'un pendule simple; la partie du pendule composé qui donne des oscillations moyennes entre celles des parties les plus rapprochées et celles des plus éloignées de l'axe oscillatoire. Il est situé au-dessous du centre de gravité. || Centre optique, point situé dans l'intérieur d'une lentille et sur l'axe principal, qui jouit de la propriété de laisser suivre, lors de leur sortie de la lentille, aux rayons lumineux qui la travt.sent, leur direction primitive ou une direction parallèle. || 8" En mécanique, centre de poussée, centre de gravité de la masse fluide déplacée par un corps solide plongé dans son intérieur. || Centre de pression, point de la paroi latérale des vases qui supporte la pression moyenne du liquide qui les remplit. ||9°En analomie, centre nerveux, endroit d'où plusieurs nerfs tirent leur origine. Le cerveau, la moeile épinière , les ganglions sont des centres nerveux. || Centre épigastrique , ganglions et plexus nerveux situis à l'épigastre. || Centre phrénique ou centre aponévrotique du diaphragme, ou centre ovale, l'aponévrose forte qui occupe la partie postérieure et moyenne du diaphragme. || 10° Terme de marine. Centre de voilure, point de la voile où se réunit l'action du vent. || 11° Terme de fortification. Centre d'un bastion, point où se rencontrent les deux demi-gorges.
— ÉTYM. Provenç. centre; espagn. et ital. centro; du latin centrum, du grec xévtpov, de xevxiûv , piquer à cause de la pointe du compas piquée au point autour duquel le centre est décrit.
t CENTRÉ, ÊE (san-tré, trée), adj. Terme de
physique. Lentille centrée, lentille dont l'axe est perpendiculaire au plan du contour extérieur.
f CENTRER (san-tré), v. a. Terme d'arts et métiers. Ramener au centre.
— ÉTYM. Centre.
t CENTREUR (san-treur), s. m. Pièce du moule à chandelles qui tient la mèche au centre.
— ÉTYM. Centrer.
| CENTRIER (san-tri-é), s. m. Se dit, dans un langage très-familier et par dénigrement, des députés qui siègent au centre de la chambre et votent avec les ministres.
CENTRIFUGE (san-tri-fu-j') , adj. Terme de physique. Qui tend à éloigner d'un centre. Force centrifuge, ceile qui fait qu'un corps mû rapidement en rond tend à s'échapper. Dieu a donné à la matière brute la force centrifuge, volt. Dial. 25. || Terme de botanique. Inflorescence centrifuge, disposition par laquelle les pétales s'éloignent du centre. L'évolution florale des dorsténies est centrifuge.
— ÉTYM. Latin fictif centrifugus, de centrum, centre, et fugere , fuir (voy. fuir).
t CENTRINE (san-tri-n'j, s. f. Nom d'un squale.
CENTRIPÈTE (san-tri-pè-f) , adj. Terme de physique. Qui tend à rapprocher d'un centre. C'est ïa force centripète qui ramène vers la terre les corps qui tombent; c'est elle aussi qui fait graviter la lune sur la terre, la terre sur le soleil. Dieu a donné ;\ la matière brute la force centripète, volt. Dial. 25. |l Terme de botanique. Inflorescence centripète, disposition par laquelle les pétales se rapprochent du centre. Une évolution simple, ni centripète ni centrifuge.
— ÉTYM. Latin fictif centripeta, de centrum, centre, et petere, gagner, tendre à (voy. pétition).
t CENTRIPÉTENCE(san-tri-pé-tan-s'), s. f. Terme de physique. Tendanoe à se porter vers un centre.
— ÉTYM. Centripète.
f CENTRISQUE (san-tri-sk'), s. m. Nom d'un poisson, le centrisque cuirassé (cenlriscus scutatus).
— ÉTYM. Kevtpê<txoç , diminutif de xevipov, pointé.
t CENTROBARIQUE (san-tro-ba-ri-k'), adj. Terme de physique. Qui dépend du centre de gravité. Méthode centrobarique, méthode pour déterminer le volume des solides de révolution par le mouvement des centres de gravité.
— ÉTYM. Centre, et pâoo:, pesanteur.
f CENTRODONTE (san- tro-don-f), adj. Terme de zoologie. Qui a les dents pointues.
— ÉTYM. Kévtpov, piquant, et oôo-j;, ôSovto;, dent.
f CENTROGASTRE (san-tro-ga-str'), s. m. Terme de zoologie. Nom d'un poisson (centrogaster).
— ÉTYM. Kévtpov, piquant, et vao-Tr,p, ventre.
|- CENTROLOPHE san-tro-lo-f), s. m. Terme de zoologie. Nom d'un poisson (centrolophus).
— ÉTYM. Kévtpov, piquant, et ).6?o;, aigrette.
f CENTRONOTE (san-tro no-t'), i. m. Terme de zoologie. Nom d'une famille de poissons dont le dos est garni de piquants.
— ÉTYM. KévTpov, piquant, et v<5to:, dos.
f CENTROPODE (san-tro-po-d'), s-, m. Terme de zoologie. Nom d'un poisson (centropodus).
— ÉTYM. Ksvxpov, piquant, et itoù;, nageoire pectorale.
f CENTROPOME (san-tro-po-m'), s. m. Nom d'un poisson (eentropomus).
— ÉTYM. KÉvxpov, piquant, et ra5(j.a, opercule (des branchies).
f CENTROSCOP1E (san-tro-sko-pie), s. f. Partie de la géométrie qui traite du centre des grandeurs.
— ÉTYM. KÉvxpov, centre (voy. centre), et a/.otteïv , considérer.
f CENTROSCOPIQUE (san-tro-sko-pi-k') , adj. Qui a rapport à la centroscopie.
CENT-SUISSES (san-sui-s'), i. m. phir. Les centsuisses, corps de cent Suisses qui faisait partie de la garde royale. || Un cent-suisse, un soldat de ce corps.
— ÉTYM. Cent, et Suisse.
CENTUMVIR (san-tom'-vir), .s. m. Dans l'ancienne Rome, le tribunal des centumvirs, tribunal con de cent membres qui jugeait les questions d'état, de propriété, de succession.
— ÉTYM. Centumrir, de centinn, cent, et nV, homme (voy. viril).
CENTUMVIR AL. ALE (san-tom'-vi-ral, ra-1'), adj. Relatif aux centumvirs, qui est du ressort des centumvirs.
— ÉTYM. Ccntumriralis, de centumvir.
CENTUMVIRAT(san-tom'-vi-ra), *. m. Dignité
de centu'i vi-.
CEP
CEP
CEP
CENT.TJPLK (san-ti'-pr).||i0jidj. Oui vaut cent fois auiant. Mille est un nombre centuple de dix. || 2" S. m.
Dieu qui rend le centuple aux bonnes actions.
\ , S. Les lions de Cérès payaient Mélésichton au centuple du grainsemé, kén. xix, lOS. c'est un bien qui rapporte ici bas" même au centuple, mass. Car. Aiini. Ils n'ont neu fait pour Dieu que je ne l'aie fait ' 1 1 1 1 f >] f pour le momie , tlkss.Avênt, M. dupéch. les marchandises qu'on en rapportait se vendaient a Rome le centuple, montesq. Esp.xxi, te Et pourquoi faudrait-il renoncer au monde, si c'était là le centuple que Jésus-Chrisl nous eût promis? bourd. Pensées, t. h, p 36t. Un peu de lecture jetait dans son esprit des germes de pensées que la méditation fais. ni ensuite éclore et qui rapportaient au centuple, font! n. Ilenau.
— ÊTYM. Ceiituplus,de centum, cent.
CENTUPLÉ, ÉK (san-tu-plé, plée) , part, passé.
Une fortune centuplée par d'heureuses opérations à la Bourse.
CENTUPLER (san-tu-plé), v. a. Rendre cenUfois aussi grand; multiplie' par cent. || Se centupler, v. >•(''/'■ Devoir centuple. Cette somme s'est centuplée par L'intérêt composé.
— ÉTYM. Centuplicare, de centuplez, centuplicis, centuple.
CEXTL'KIATKITR (san-tu-ri-a-teur), s. m. Celui qui compose des centuries. Point ne sauriez, beau centuriateur, Quoi que fassiez , désormais assez dire De son esprit, son courage et son cœur, chauliku, Réponse de Saint-Maur, t. n, p. <80. || Cenlur ateurs, nom donné a quatre théologiens protestants de Magde bourg, qui ont divisé l'histoire de l'Église en centuries.
— ÊTYM. Centurie.
CENTURIE (san-tu-rie) , s. f. || 1" Dans l'ancienne Rome, centaine de citoyens. Le peuple romain fut distribué par centuries || L'une des divisions politiques du peuple romain. || 2° Centuries de Nostradainas, prédictions rangées par centaines de quatrains ou de sixains, et aussi chacun de ces quatrains ou sixains. De cettui preux qu'a prédit et chanté Nostradamus dans une centurie, Jà pour le los ne peut la flatterie Aller si loin qu'a fait la vérité, chaulieu, Réponse de Si-Maur, t. n, p. 180. Chez un chanoine de St-Maur Esi. une vieille centurie, Qu'il tira jadis du trésor De l'église Ste-Marie, Où le grand Nostradamus dort, id. Épit. en vieux langage au nom de M. le duc. t. u, p. 218. )| Titre donné à des annales rédigées par siècle.
— H1ST. xvic s. Ils montroient des centuries de Nostradamus et autres prédictions, d'aubig. Hist. Il, 230.
— ÉTYM. Centuria, pour centum uria, de centum, cent, et uria, né de la contraction de la finale um avec vir. homme. Cette étymologie, qui est établie par le sens, centuria, centaine d'hommes, decuria, dizaine d'hommes, l'est encore par ce qui paraît d'abord s'y opposer, à savoir un des sens de centurie, qui est contenance de deux cents jugères; le fait est que le nom de ces centuries territoriales vint de ce que, sur les terres prises aux ennemis, on faisait un lot de deux jugères pour cent hommes.
| CENTURIES (san-tu-ri-é), adj. plur. m. Terme d'histoire romaine. Comices centuries, comices assemblés par centuries.
— HIST. xvie s. Alléguant que les lois romaines ne permettoient point les résolutions de guerre, sinon par les grands estats qu'ils apeloient comices centuries, d'auh. Hist. u, 2<: -2 .
— ÉTYM. Centuriatus, de centuria, centurie. CENTURION (san-tu-ri-on) , s. m. Celui qui commandait cent hommes dans la milice romaine.
— HIST. xii° s. E après, Judas establi conestables sor le pople e tribuns e centurions, Machab. i, 3. || xiiic" s. Le centurion, c'est à dire le centenier qui est seigneur de cent hommes, j. de meung, Végèce, I, 25. || xve s. Vallet, va quérir en message Centurion au fier courage, La passion de N. S. J. C.
— ÉTYM. Centurio (voy. centurie).
CEP (se; le p ne se fait point sentir: un se de vigne; le p se lie : un sè-p et son échalas; au pluriel Vs se lie et le p ne se fait pas entendre : des sè-z et leurs échalas; ceps rime avec français, succès. Quelques-uns font entendre le p quand cep est final: le vent a cassé ce cep; ils prononcent sèp'; cela est moins bon; d'après Bèze, au xvi" siècle, le p se prononçait au singulier et non au pluriel), s. m. || 1° Pied de vigne. Nous sommes ici-bas comme des branches séparées de leur cep . mass. Carême, Mort. Les champs de Rome ont payé mes exploits, Et j'en rapporte un cep de vigne, bérang. Brennui. Il nous
ferait chanter la gloire D'un sol fertile en joyeux ceps, Et l'empereur dont la mémoire Reste en honneur chez les Français , id. Agent provocateur. || Cep de vigne, insigne des centurions. || 2° Partie qui porte le soc de la charrue. || 3° Terme de marine. Cep de l'ancre, le jas. ||4° Au plur. Lien ou espèce de chaîne. [Toi] qui naguère sauvas Manassé notre roi Des ceps de Babylone, garnier, les Juives, il. Tire ses pieds des ceps, etclément ledélivre, id. ib. v. || Vieux en ce sens.
— REM. Quelques personnes font cep du féminin; c'est une faute. Mais on le trouve de ce genre dans Palissy sous la forme de seppe, et en espagnol sous celle de cepa.
— HIST. xinc s. Se li crieurs mesprent es choses de leur mestier , le prevost des marchanz le fet mètre el cep tant qu'il oit le meffet bien espeni, Liv. des met. 27. El bois n'avoit sente ne triege Où il n'eiist cepel ou piège, lien. 8002. ||xves. Quand un Allemand tient un prisonnier, il le met en ceps et en fers, ni il n'en a nulle pitié , froiss. h, ii, 209. Lequel exposant apperceut deux charues demeurées aux champs, des quelles charues il arracha, print et emporta les ceps [soc], du cange, cippus. || xvie s. Je suis, dit il. la vigne, vous estes les ceps, et mon père est le vigneron; comme le cep ne peut porter fruict de soy, sinon qu'il demeure en la vigne.... non plus que fait un cep arraché de terre, et privé de toute humeur, calv. Instit. 2 1 7. Les buscherons, en couppant leurs taillis, laissoient la seppe ou tronc qui demeuroit en terre tout fendu, brisé, et esclatté, palissy, 25. Des paux [pieux] pour soustenir les seps de vignes, id. 26. Philippus souloit appeler la ville et le chasteau de Corinthe, les ceps et les fers de la Grèce, amyot, Aratus, t9. Si hors du cep où je suis arresté, Cep où l'amour de ses flesohes m'encloue, rons. ^ 13. Les sièges sont de tuf, et autour de la pierre Comme un passement verd court un sep de lierre, id. 742.
— ÉTYM. Berry, cep prononcé ce; provenç. cep; espagn. etportug. cepa; ital. ceppo ; dulatin cippus, palissade , tronc d'arbre. Ce mot est dans le celtique : gaél. ceap, tronc; kymri, kyf; bas-bret. kef.
f CÉPAGE, ÉE (sé-pa-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a rapporta l'oignon.
— ÉTYM. Capa, oignon.
f CÉPAGE (sé-pa-j'), s. m. Plant ou variété quelconque de vigne cultivée. Un bon, un mauvais cépage. Les cépages de la Bourgogne. Cépage rouge, blanc.
— HIST. xvi» s. Voyez quand le soleil sur nos testes remonte Et que tout le pais de verdure est couvert, Si la vigne n'a rien où son pampre elle monte Pour dessus appuier son beau cépage vert, Ni du jardin ni d'elle on ne fait point de conte, Et son ombre et son fruit toute sa grâce perd, baïf, Œuvres, p. 62, clans LACURNE.
— ÉTYM. Cep.
CÈPE (sè-p') ou CEPS (sèps'), s. m. Terme de botanique. Sorte de champignon bon à manger (boletus edulis, hulliard).
— ÉTYM. Ce mot est probablement le même que cep, à cause delà comparaison de ce champignon avec un tronc.
f CÉPEAU (sé-pô) , s. m. Sorte de billot dont on se servait dans la fabrication des monnaies.
— ÉTYM. Cep.
CÉPÉE (sé-pée), s. f. || 1° Touffe de bois sortant d'une même souche. || 2° Terme de chasse. Bois d'un an ou deux.
— ÉTYM. Cep.
CEPENDANT (se-pan-dan). || l°Adv. Pendant cela, pendant ce temps-là, au moment, même. Sur cela il alla chercher ses livres, et je dis cependant à mon ami y en a-t-il quelque autre qui parle comme lui? pasc. Prt v. i. Allez, et cependant aux pieds de nos autels J'irai rendre pour vous grâces aux immortels, corn. Ilor.i, 4. Rodrigue, cependant il faut prendre les armes, id. Cid, v, 8. Je m'en vais voir ce qu'elle me dira, cependant promenez-vous ici, mol. Princ. d'Élide, ni, 2. Il cache un temps sa passion à l'objet aimé et. cependant lui fait plusieurs visites, id. Précieuses, 5. Vous reviendrez bientôt, je fais vœu cependant De dormir en vous attendant, la font. Fabl. vu, <2. Le premier jour de juin on continua les travaux à la sape, l'artillerie ruinant cependant les défenses des assiégés, rac. Siège de Namur. Que faisaient cependant eos braves janissaires? id. ttaj. i, I. Vous cependant allez Disposer promptement vos amis assemblés, id. ib. iv, 6. Vous, cependant ici veillez pour mon repos, id. Milhr. n, 5. j| 2° Conjonction qui, par une transition à peine sensible, au lieu de pendant ce temps.
prend un sens adversatif et est synonyme de néanmoins, pourtant, toutefois. Quelqu'un aurait-il jamais cru Qu'un lion d'un rat eût affaire ? Cependant il avint.... la font. Fabl. u, H. Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi, Cependant c'était voire faute, id. ib. v, H . Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte; Cependant je rends grâce au zèle officieux Qui sur tous mes périls vous fait ouvrir *es yeux, rac. Ath. i, ).||3° Cependant que, con/'o/icf.Pendantque.Sa lumière [du soleil] pâlit, sa couronne se cache; Aussi n'en veut-il pas, cependant qu'on attache À celui [Jésus] qui l'a fait des épines au front, malh. i, 4. Cependant que Eélix donne ordre au sacrifice, corn. Poly.u, t. En sorte que le sien passe ici pour mon frère, Cependant que de l'autre il croit être le père, id. Hér. n, i. Cependant qu'insensible à ce qu'elle a d'appas, id. Sert, i , t. Cependant que chacune après cette tempête Songe à cacher aux yeux la honte de sa tète.... mol. L'Élour. v, t4. Cependant que mon front au Caucase pareil Brave l'effort de la tempête, la font. Fabl. i, 22. Cependant qu'ils sont en danger, id. ib. n, t 3. || Cependant que ne se dit plus qu'en poésie. En prose on dit pendant que.
— SYN. cependant, pourtant, néanmoins, toutefois. Étymologiquement, cependant est pendant cela; pourtant est pour une si grande chose; néanmoins est nullement moins; et toutefois est parmi toutes les fois. Il a bon visage, cependant il est malade; pourtant il est malade; néanmoins il est malade; toutefois il est malade. L'interprétation étymologique est : t° Bien que cela existe, il est malade; 2° Pour bon que soit le visage, il est malade; 3° Cela n'empêche pas, il est malade; 4° En tout cas, vous direz ce que vous voudrez, il est malade. On a ici un exemple de synonymie complète dans le sens, bien que les idées qui entrent dans ces mots soient fort différentes. L'analyse des quatre mots est certaine, et malgré cela on ne voit pas de raison pour employer l'un plutôt que l'autre.
— HIST. xv° s. Ce pendant que ledit duc mist à venir, comm. ni, to. Et, en ce temps pendai.t, la fille s'accoucha, louis xi, Nouv. xiv. || xvi" s. Combien qu'ils ayent tousjours ce mot en la bouche, cependant neantmoins ils monstrent en quelle estime ils en ont l'usage, calvin, Instit. I8G. En ce pendant arriva le seigneur de Langey vers le Roy, m. du bellay , 444. Cependant [en attendant la mort] s'empescher du pensement de chose si esloingnée, ce seroit folie, mont, i, 73. Bebius, cependant qu'il.... id. i, 74. Cependant que l'empereur sejournoit à Cologne, le pape recommença déplus belle à.... sleidan, 30.
— ÉTYM. Ce et pendant, mot à mot, cependant, cela étant pendant, en suspens.
f CÉPHALA1RE (se fa-lê-r'), adj. Terme de minéralogie. De la grosseur de la tête.
CÉPHALALGIE (sé-fa-lal-jie), s. f. Terme de médecine. Douleur de tête.
— ÉTYM.- Keça).a>YÎa, de -/.scpaAJj , tête (voy. CÉPHAlique), et algie (voy. algie).
f CÉPHALALGIQUE (sé-fa-lal-ji-k') , adj. Quia rapport à la céphalalgie:
t CÉPHALANTHE (sé-fa-làn-f). || i" Adj. Terme de botanique. Qui a les fleurs réunies en tête. || 2° S. m. Joli arbuste d'Amérique.
— ÉTYM. KetpaXr, , tête, et àvOo;, fleur.
t CÉPHALÉ, ÉE (sé-fa-lé, lée), adj. Terme de zoologie. Qui est muni d'une tête distincte et séparée.
— ÉTYM. KsçaXr], tête.
f CÉPHALÉE (sé-fa-lée) , s. f. Terme de médecine. Mal de tète violent et opiniâtre, quelquefois périodique.
— ÉTYM. Kiçalr,, tête.
CÉPHALIQUE (sé-fa-li-k'), adj. Terme de médecine. De la tête, propre à la tête. || Remèdes céphaliques, remèdes qui sont propres à guérir les maladies de la tète regardées comme nerveuses : ce sont des antispasmodiques. || Terme d'anatomie. Veine céphalique, et, substantivement, la céphalique, une des veines du bras, ainsi nommée parce qu'on croyait que la saignée, pratiquée à cette veine, agissait sur la tête. || Terme de zoologie. Charnière céphalique, charnière d'une coquille bivalve, qui est située à l'extrémité où se trouve la tête de l'animal.
— hist. xvi° s. Esaffections internes de l'œil faut ouvrir la veine céphalique, paré, iv. 6. Après on y doit mettre dessus des pouldres cephaliques, comme racines d'iris de Florence.... id. vin, 4. [Préparations] cephaliques ou capitales, c'est à dire de la teste, id. xxv, o.
— ÉTYM. KesaXixô:. de x-.ïa/r. tète. le radical
CER
CER
CER
du mot grec xe? est le même que celui du mot latin tapiit (voy. chef).
f CÉPHALOBRANCHE (sé-fa-lo-bran-ch') , s. m. Venue de zoologie. Nom de vers dont les branchies sont à la partie antérieure du eorp^.
ÊTYM. KeçaMj, tête, et branchies.
| CÉPHALOGRAPHIE (se - fa- lo-gra- fie), s. f. Description anatomique de la tête.
— ÊTYM. Ki.acx.Xi), tête, etypâçeiv, décrire.
t CÉPHALOIDE (sé-fa-lo-i-de), adj. Terme didactique. Qui est en forme de lète.
— ÉTYM. KsçiXr, , tète, et ei&oç, forme (voy. idée).
f CÉPIIALOMANCIE (sé-fa-lo-man-sie) , 4'. f. Divination au moyen de la tète d'un àne posée sur un brasier.
— ÉTYM. K.£ça'/.ri, tête, et manae (voy. mancie suffixe).
f CÉPHALOMÈTRE (sé-fa-lo-mè-tr'), s. m. Instrument employé peur mesurer les diamètres de la tète de l'enfant nouveau-né.
— ÊTYM TtEoaXr), tète, et mètre.
f CÉPHALOMÉTRIE (sé-fa-lo-mé-trie), s. f. Emploi du céphalomètre. || Mesure des dimensions de la tête dans l'étude des races humaines.
— ÊTYM. Céphalomètre.
i CÉPHALO-PHARYNGIEN, 1ENNE (sé-fa-lo-farin-jiin, jiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui tient à la tète et au pharynx. Muscle céphalo-pharyngien.
— ÉTYM. KeçxXïi, tête, et plianjngien.
I eÉPHALOPHOUE (sé-fa lo-fo-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte une fleur en forme de tête.
— ÉTYM. Kcra/r;. tète, et çopàç, qui porte. {CÉPHALOPODE (sé-fa-lo-po-d'), s. m. Terme
de zoologie. Ordre de la classe des mollusques contenant des animaux dont les tentacules, servant à la iision, mais noua la locomotion, s'insèrent sur la tête autour de la bouche.
— ÉTYM. KezaXr), tête, et itou?, pied (voy. pied); la dénomination est inexacte, puisque ces tentacules sont non pas des pieds, mais des mains; ces mollusques seraient mieux nommés céphalochires.
i CÉPHALOPTÈRE (sé-fa- lo-ptê-r') , adj. Terme de zoologie. Qui porte à la tête une houppe de plumes semblable à une aile.
— ÉTYM. KeqpaXri, tête, et nxEpov, aile.
f CÉPHALOSCOPIE (sé-fa-lo-sko-pie), s. f. Examen, d'après le système de Gall, de la tête pour en déduire l'état des facultés intellectuelles.
— ÉTYM. KseoaXr,, tête, etcxojtEÏv, examiner.
t CÉPHALOSOME (sé-fa-lo-so-m') , adj. Terme de zoologie. Se dit des poissons ayant le corps gros à la partie antérieure.
— ÉTYM. KE<pa>T), tête, et<rù>p.a, corps.
t CÉPHALO TE (sé-fa-lo-f) , adj. Terme de zoologie. Qui a une grosse tète. || S. m. Nom de familles de poissons, de chauves-souris, de coléoptères.
— ÉTYM. K-:cpo!)a)TÔç, qui a une grosse tête.
f CÉPHALOTHÈQUE (sé-fa-lo-tè-k') , s. f. Terme de zoologie. Enveloppe de la tête des chrysalides.
— ÉTYM. Keaakt), tête, et 6r,x7), loge.
f CÉPHALOTHORAX (se- fa-lo-to-raks) , s. m. Terme de zoologie. La tête et le thorax des arachnides et autres insectes.
— ETYM. kecpaW], tête, et thorax.
t CÉPHALOTOME (sé-fa-lo-to-m'J, s. m. Terme de chirurgie. Instrument servant à pratiquer la céphalotomie.
f CÉPHALOTOMIE (sé-fa-lo-to-mie), s. f. Terme de chirurgie. Opération qui consiste à. morceler la tête du fœtus mort, et à laquelle on a recours quand elle ne peut traverser le bassin.
— ÉTYM. KeçaXr,, tête, et to[j.t;, section.
t CÉPHALOTRIBE (sé-fa-lo-tri-b') , s. m. Terme de chirurgie. Instrument propre à broyer la tête du fœtus mort quand elle ne peut franchir le détroit.
— ÉTYM. KeçaW|, tête, et xpîëeiv, broyer. . CÉPHÉE (sé-fée), s. m. Terme d'astronomie.
Constellation de l'hémisphère septentrional.
— ÉTYM. Kt)®£ù;, nom d'un héros mythologique. + CKPS (s'ps'). s. m. Voy. cèpe.
| CÉRACÉ, ÉE (sé-ra-sé, sée), adj. Terme didactique. Qui a l'apparence ou la consistance de la cire.
— ÉTYM. Cera, cire (voy. cire).
| CÉRACÉE (sé-ra-sée), s. f. Nom, en Suisse, d'une sorte de laitage. La Fanchon me servit de la céraeée, J. i. rouss. Bel. vi, )n. La véritable orthographe est sérm.ée (voy. ce m >t).
| CÉRAME (sé-ra-m'), s. f. Terme d'archéologie. Nom de vases en terre cuite dont les Grecs se servaient.
— ÊTYM. Kjpauoç, argile et vase en argile.
| CÉRAMIE (sé-ra-mie), î. /'. Hante très-petite
et élégante qui a la forme d'arbuste et croît dans l'océan.
f CÉRAMIQUE (sé-ra-mi-k'). || 1» Adj. Qui concerne l'art du potier. Les arts céramiques, les arts qui ont pour objet la fabrication de la faïence, de la porcelaine, etc. || 2° S. f. Céramique, l'art du potier. || 3° S. m. Quartier dans l'ancienne Athènes.
— ÉTYM. Voy. CERAME.
t CÉRAMOGRAPHIE (sé-ra-mo-gra-fie) , s. f. Description des vases antiques.
— ÊTYM. Kepap-oç, vase en terre, et ypiçeiv, décrire.
t CÉRAMOGRAPHIQUE (sé-ra-mo-gra-fi-k'), adj. Qui a rapport à la céramographie.
| CÉRAS1NE (sé-ra-zi-n'j , s. f. Mucilage de la gomme du cerisier.
— ÉTYM. Cerasus (voy. cerise).
CÉRASTE (sé-ra-sf), s. m. Terme d'histoire naturelle. Vipère d'Egypte très-venimeuse, qui a sur la tête deux éminences en forme de cornes.
— H1ST. xvic s. Pour tout ce jour d'huy seront en seureté de ma salive, aspiez, cérastes, crocodiles, hab. l'ant. iv, 74.
— ÉTYM. KEpâff-trK, dexepa;, corne, de même radical que le latin cornu (voy. corne).
CÉRAT (sé-ra; le t ne se lie pas), s. m. Terme de pharmacie. Médicament externe plus ou moins mou qui a pour base la eue et l'huile.
— SYN. cërat, pommade. Les cérats di lièrent des pommades en ce que ceiles-ci contiennent des graisses et des onguents et que ceux-là contiennent de la cire.
— HIST. xvr s. On peut aussi user d'emplastres, onguens, cerots et limmens, pare, xxi, 20. Onguens, linimens,cerats, fards, in. m, g 37.
— ÉTYM. Ceratum, de x-opcoTÔv, de xïjpàç, cire (voy. ce mot).
t CÉRATINE (sé-ra-ti-n'), adj. f. Terme de scolastique. Question cératine, question captieuse, espèce de sophisme.
— ÉTYM. Képa;, corne : question dressée comme une corne. On appelait et on appelle encore le dilemme un argument cornu.
f CÉRAT10N (sé-ra-sion) , s. f. Terme de chimie ancienne. Opération qui rend une matière propre à se dissoudre ou à se fondre, afin qu'elle puisse pénétrer plus aisément les corps solides.
— ÉTYM. Cera, cire.
f CÉRATOCARPE (sé-ra-to-car-p') , adj. Terme de botanique. Qui a un fruit en forme de corne.
— ÊTYM. Képaç, corne, et xap7tô:, fruit.
t CÉRATOCÈLE (sé-ra-to-sè-F) , s. f. Voy. kéra-
TOCÈLE.
t CÉRATOGLOSSE (sé-ra-to-glo-s') , adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la corne de l'os hyoïde et à la langue. Le muscle cératoglosse, ou, substantivement, le cératoglosse.
— ÉTYM. Képi;, corne, et ylûacsa, langue.
f CÉRATOÏDE (sé-ra-to-i-d') , adj. Qui a la forme d'une corne.
— ÉTYM. KÉpaç, xépatoç, corne (voy. corne), et eIôoç, forme (voy. idée).
f CÉRATOLITHE (sé-ra-to-li-f), s. f. Terme de géologie. Corne pétrifiée.
— ÉTYM. Kjçaç, xépaxoi;, corne, et ÀiBoç, pierre. fCÉRATOPÉTALE (sé-ra-to-pé-ta-P) , adj. Terme
de botanique. Dont les pétales ont la forme do cornes.
— ÉTYM. Kgpa;, xspaToç, corne, et pétale. CÉRATOTHEQUE (sé-ra-to-tè-k), s. f. Enveloppe des antennes des chrysalides.
— ÉTYM. Kepaç, corne, antenne, et (jt)xï), loge.
f CÉRAUNIE (sé-rô-nie), s. f. \\ 1° Genre de gemmes que les anciens disaient semblables à des haches (peut-être les haches en pierre des temps anté-historiques). On trouve aussi céraunite. || 2° Synonyme de pierre météorique.
— ÉTYM. Ceraunia, sous-entendu gemma, pierre de foudre, de xcpawàç, foudre.
fCÉRAUNION (sé-rô-ni-on), s. m. Terme de paléographie. Sigle qui , ayant la forme d'une flèche renversée, servait à noter les vers improuvés.
— ÉTYM. Kepauvoç, la foudre, à cause do la forme de ce signe.
t CÉRAUNITE ( sé-rô-ni-t' ), s. f. Voy. CÉ- RAUNIE.
t CÉRAUNOMÈTRE ( sé-rô-no-mè-tr' ) , s. m. Terme de physique. Instrument propre à mesurer la foudre.
— ÉTYM. Kepauvè;, foudre, et mètre.
t CÉRAUNOSCOPIE (sé-rô-no-sko-pie) , s. f. L'art prétendu de faire servir les phénomènes delà foudre h la divination.
— ÉTYM. Kspotuvi:, foudre, et <7X0Tteïv , examiner.
CERBÈRE (sèr-bê-r'), s. m. || 1° Chien à trois têtes qui, selon la mythologie, gardait la porte des enfers. || 2" Fig. et familièrement, un portier brutal, un gardien sévère, intraitable Que ce chat
exterminateur, Vrai cerbère, était craint une lieue àla ronde, la Vont. Fabl. ni, (8. || 3° Terme d'astronomie. Petite constellation boréale, placée près de la constellation d'Hercule. || 4° Terme d'ancienne chimie. Le salpêtre.
— ÉTYM. Képëepo; ; la mythologie comparée en rapproche le sanscrit karbura, karbara, bigarré. qui paraît être le nom d'un des deux chiens infernaux chez les Indiens.
t CERCAIRE (sèr-kê-r'), î. m. Terme de zoologie Sorte d'animal infusoire à queue.
— ÉTYM. Ke'pxoç, queue.
f CERCE (ser-s'), s. f. Feuille de bois large et mince pour monter les cribles et les tamis. || Menuiserie qui entoure les meules d'un moulin. || Ustensile d'encastage pour les poteries.
— HIST. xine s. Li cerches [le cercle du haume] n'iere pas mauves, Blancandin, f" '0, dans lacurne. Nus mestres du mestier desus dit ne puet faire nul escrin au dit mestier, puis qu'il passe six deniers, qu'il n'i mete cerche [cercle] entour, s'il n'est de cuir de vache, Liv. des met. tes.
— étym. Autre forme de cercle.
CERCEAU (sèr-sô), s. m. [| 1" Se dit de diverses choses courbées en arc, en cercle, et spécialement des cercles de fer ou de bois des tonneaux, de ces cercles de bois légers que les enfants font rouler à laide d'un petit bâton, des bois courbés pour soutenir une toile sur une voiture, une barque, ou pour former le cintre d'un cabinet de verdure, et aussi des espèces de cercles que portent les femmes pour arrondir leurs jupons, etc. Mettre des cerceaux à une cuve. Jouer au cerceau. Et, par plaisir, la tiare essayant.... Passa dedans ainsi qu'en un cerceau, la font. Fabl. vi, 6. De longs détours marqueraient le projet [de les entourer] assez tôt à des ennemis bien postés, et qui, pour ainsi dire, n'auraient qu'à se retourner dans leur cerceau pour faire à temps face partout, st-sim. 209, 72. Il nous semble qu'elle [l'image de l'éternité chez les anciens, le Léthé] tue l'imagination, en la forçant de tourner dans ce cerceau redoutable, chateaib. Génie, II, v, t5. [Il] Vole au vallon, courbe un myrte en cerceau , Pour ombrager ton enfant qui sommeille, lamaht. Harold, 27. || Familièrement. Il a le dos fait comme un cerceau, en cerceau, il est tout voûté. On dit aussi : des jambes en cerceau. || 2° Terme de chasse. Sorle de filet d'oiseleur. Prendre des oiseaux au cerceau. || 3" En fauconnerie, nom des plumes du bout de l'aile d'un oiseau de proie. || 4" Sorte de bâti fait avec des bouts de cercle pour soutenir les couvertures, quand un blessé n'en (.eut supporter le poids. || 5° Cercle garni de crochets auxquels le cirier suspend les bougies. || Sorte de bâti en bois pour porter des seaux d'eau. || 6° Cerceau brisé, ancien pas de contredanse qui consistait à changer de place, sans lâcher la main de sa dame, avec les figurants de droite ou de gauche ou avec les vis-à-vis. Dans le premier cas c'était un quart de cerceau, dans le second un demi-cerceau. Ce terme n'est plus en usage. On dit plutôt demi-queue de chat.
— HIST. xne s. Il i ont mis du feu tout rasé ras] un tonnel; Les douves sont emprises, si rompent li cercel, Sax. ix. || xin" s. Cerciau ne doivent rien, se il n'i a cent ou plus, Liv. des met. 277. Ains ne porta corone d'or fin ne de metaus; D' l'or sain! Abraam li fu fais un ceichaus, Si li niist en son chief li bons rois des ribaus, Ch. d'Ânl. iv, 83, || xve s. Chariot à cerceaulx [en parlant du char ou fut portéle corps du feu roi], VigUesde Charles VII, t. it, p. 171, dans lacurne. Il xvie s. Droict an cerceau, dont la rondeur.... marot, iv, 8i. En la façon qu'on void les ailes esbranlées Des aigles en volant, qui depuis les cerceaux Se suivent près à près, à rangs tous inégaux, rons. 839.
— êtvm. Circellus, diminutif de cirais (voy. cirque). L'ancien français est cercels, cerceai au nominatif singulier; cercel au régime singulier; cercel au nominatif pluriel; cercels, cerceax au régime pluriel.
CERCELLE (sèr-sè-P), s. f. Voy. sarcelle. f CERCHE (ser-ch'), s. f. Le même que cerce.
— ÉTYM. Autre forme de cercle.
f CERCLAGE (sèr-kla-j'), i. m. Action de cercler des tonneaux. || Bois de cerclage, bois propre à faiie des cerceaux.
CERCLE (sèr-kr), s. m i° Sur] ice plane lit
CER
CER
CER
ji.ir une ligne courbe, dite circonférence, dont lous les p lints sont à égale distance du centre. Un cercle double ou triple d'un autre. Les cercles sont en-
I comme les carrés de leurs diamètres. || La
ature du cercle, problème longtemps poursuivi et qui, consistant à trouver une surface carrée
liant à un cercle, a été depuis longtemps reu irrésoluble et mis dans la catégorie des chosos chimériques et impossibles. || Fig. Chercher la quadrature du cercle, poursuivre un objet impossible à atteindre. || 2" Improprement, la circonférence elle-même. Faire des cercles. Tracer, décrire un cercle avec le compas. Arc de cercle. || Ceicle de Popilius, cercle qu'avec sa baguette Popilius Lénas, député de Rome, traça autour du roi de Syrie Antiochus Êpiphane, lui défendant de franchir cette limite avant d'avoir répondu catégoriquement à la demande du peuple romain ; d'où, figurément et par allusion, situation dont on ne peut sortir qu'en accomplissant une certaine condition. Il fallait me décider dans deux heures : c'était pour moi le cercle de Popilius. Enfin, comme il l'avait prévu, il [Louis XIV] voit ses ennemis, après bien des conférences, bien des projets, bien des plaintes inutiles, contraints d'accepter ces mêmes conditions qu'il leur a offertes, et sans avoir pu, avec tous leurs efforts, s'écarter d'un seul pas du cercle étroit qu'il lui avait plu de leur tracer, rac. Disc, à l'Ac. fr. récept. de Th. Corn. || Familièrement. Faire un demi-cercle sur ses talons, tourner sur soi-même pour éviter quelqu'un ou quelque chose. || 3° Cerceau, et, en général, toute bande de meta] ou d'autre matière discle autour d'une chose pour la maintenir, fa consolider ou l'orner. Cercle à tonneau. Une colonne, une p iutre reliée de cercles de fer. || Vin en
. vin en barrique. || Ternie de blason. Cercle perlé, couronne de vicomte. || 4° Dans les sciences ci 1rs arts, nom de certains instruments circulaires. Cercle d'arpenteur. Cercle répétiteur. || Cercled'équation, cercle que l'on ajoutait aux cadrans des pendules, pour marquer l'heure vraie du soleil. || En astronomie, nom de diverses pièces circulaires de la sphère armillaire et de courbes fictives qui représentent le cours des astres et des saisons, les divisions de la sphère, etc. || Demi-cercle, instrument d'arpentage , dit plus ordinairement graphomètre. || Terme de météorologie. Cercle magique, trace circtdaire que l'on remarque quelquefois sur l'herbe des prairies et qui est due à un phénomène météorologique. || 5° Terme de manège. La ligne circulaire décrite par le cheval, ordinairement entre les deux murs. || 6° Toute disposition de personnes ou d'objets rangés de façon à former une sorte de circonférence de cercle. Arbres plantésen cercle. Les bâtiments sont disposés en cercle , en demicercle. Les soldat-, formèrent le cercle pour entendre l'ordre du jour. Faisant un cercle autour du chevalier, hamilton, Gramm. 7. Les nymphes faisaient une espère de demi-cercle pour écouter, n:x. Tél. iv. Tous les courtisans taisaient un cercle autour d'eux, volt. Blanc et noir. || Particulièrement , la réunion des princesses et des duchesses assises circula irement on présence de la reine. || Par extension, société, assemblée d'hommes et de femmes réunis pour le plaisir de la conversation; les habitués euxmêmes d'une réunion de ce genre. Le mot plut à Monsieur, il le redit au cercle, eetz, ii, 82. On y tient le cercle [chez la princesse] une heure du jour, sëv. -m. Le soir on tient le cercle un moment, id. 4(7. Elle tient son cercle depuis huit heures du soir jusqu'à neuf heures et demie, id. 4(9. Il s'insinue dans un cercle de personnes respectables, la itiiuY. il. Mais la corruption à son comble portée, Dans le cercle des grands ne s'est point arrêtée, gilbeht, le XV III' siècle. Conte-nous les écueils de ta route orageuse, Le soir, d'un cercle étroit en silence entouré, v. hugo, Odes, n, 4. Voilà le cercle entier qui, le soir quelquefois, Â des vers non sans peine obtenus de ma voix , Prête une oreille amie et cependant sévère , a. chén. Élég. xvi. Il n'est jamais du nombre de ceux qui forment un cercle pour discourir : il se met derrière celui qui parle, recueille furtivement ce qui se dit, et se retire si on le regarde, la druy. vi. || 7° Association dont les membres se réunissent dans un lieu loué à frais communs pour s'entretenir, jouer, etc. Fonder un cercle. Cercle politique, littéraire, etc. C'est presque un cercle académique, Me disait maint esprit caustique, bérang. A cad. et Caveau. || 8° Fig. Etendue, limites. Étendre le cercle du devoir. Enfermer dans un cercle étroit. Embrasser tout le cercle des connaissances humaines. Ne sortons point encore du cercle de notre existence, volt. Ph. ignor, 13,
L'imagination de Dante, épuisée par neuf cercles de tortures, n'a fait de Satan qu'un monstre odieux. CHATeaub. Génie, n, v, 9. Il 9" Succession continue qui revient sur elle-même. Les années roulent dans Je même cercle. Le laboureur recommence le cercle de ses travaux. Parcourant sans cesser un long cercle de peines, Qui. revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que Cérès nous donne et vend aux animaux, la font. Fabl. x, 2. Ah! la vie est pour vous un cercle de douleur, volt. Oreste, ni, 4. Ce serait bien pis, si on faisait de toute sa vie un cercle continuel du péché à la pénitence, et de la pénitence au péché, fén. xvii, 73. || 10° Cercle vicieux, ou, simplement, cercle, sophisme par lequel on donne pour preuve la supposition même d'où l'on est parti. La faute que les logiciens nomment un cercle, desc. Méth.vi, 10. Dire que l'étendue est la raison suffisante de l'étendue, c'est faire un cercle vicieux, volt. Newton, i, 9. N'est-il pas clair qu'on tombe dans le cercle vicieux?J. j. rouss. Cont. i, 4. || 11° Division territoriale, en parlant de l'empire d Allemagne. Les Huguenots avaient déjà établi en France des cercles, à l'imitation des Allemands, volt. Lnuis XIV, 36. || Division secondaire dans certains États allemands et slaves. || 12° Dans les so lipèdes, renflement circulaire une l'on voit se destiner sur la paroi du sabot. || 13° Étui en argile de pièces de porcelaine. || 14° Escrime. Voy. demi-cercle.
— HIST. xiie s. Miens est li cercles de la terre e la plentet [abondance] de li, Liber psalm. p. ce. Le maistre cercle [il] en a jus avalé [du casque], lloncisv. 91. Aillent ces sales et fondent cil planchier; Tonnel esprenent, li sercle sont trenchié, Raoul de C. 59. Ilxin0 s. Et sur ces cercles jeteat piaus de moutons que l'on appelle piaus de Damas, joinv. 230. || xivc s. Les fortunes d'une mesme personne sont variables et sont bonnes et puis sont maies et après bonnes, item maies en retournant en manière de cercle ou de roe, oresme, Eth. 23. ||xvie s. Un gué que les Italiens du prince de Nevers avaient empli de planches clouées de cercles et de chaussetrappes, d'aub. Hist. i, 228. Les artificesde feux, les cercles et les chausse-trapes, id. ib. n, 58, Boulets, grenades, cercles et tous aultres artifices à feu, carloix, v, 32.
— ÉTYH. Provenç. cercle, sercle, selcle ; espagn. circulo; ital. cerchio; du latin circulus, diminutif de circus (voy. cirque).
CERCLÉ, ÉE (sèr-klé, klée), part. passé.\\ 1° Muni de cercles. Tonneau bien cerclé. || 2° Terme d'histoire naturelle. Qui offre des lignes circulaires colorées. || 3° Terme de blason. Tonneau cerclé, tonneau dont les cercles sont d'un autre émail que les douves.
CERCLER (sèr-klé), v. a. Garnir, entourer de cerceaux, de cercles.
— HIST. xvie s. Ne vueille aucun autour des doigts cercler Verte esmeraude ou diamant très cler, marot, IV, 14 8.
— ÉTYM. Cercle; wallon, sehlé.
f CERCLIER (sèr-kli-é),'s. m. Ouvrier qui fait des cercles.
— étym. Cercle.
f CERCODÉE (sèr-ko-dée) , s. f. Terme de botanique. Sorte deplantedelaNouvelle-Zélande (cercodea).
— ÉTYM. KÉpy.o;, queue, à cause de la configuration de la fleur.
f CERCOPE (sèr-ko-p'), s. m. Terme de zoologie. Genre d'insectes hémiptères de la famille des cicadaires.
-- ÉTYM. Kspy.wTm, de xépy.oç, queue.
f CERCOPITHÈQUE (sèr-ko-pi-tè-k'), s. m. Terme de zoologie. Espèce de singe à longue queue.
— ÉTYM. Képxoç, queue, et 7tî0ï)y.o:, singe. CERCUEIL (sèr-keull, Il mouillées), s. m. || 1° Caisse
de bois, de plomb, etc. dans laquelle on met un corps mort. Le corps fut embaumé et déposé dans un triple cercueil. Morte au sortir d'un bal qui nous mit tous en deuil, Morte, hélas! et des bras d'une mère égarée La mort aux froides mains la prit toute parée, Pour l'endormir dans le cercueil, v. hugo, Orient. 33. Son cercueil est fermé; Dieu l'a jugé, silence! lamart. Nouvelles médit. 1. || 2° Fig. De louanges, que les années Ne mettent point dans le cercueil, malh. iv, 5. Mais quoique ce combat me promette un cercueil, corn. Hor. n, 1. Ce frère et ton espoir vont entrer au cercueil, id. Héracl. ni, 3. La douleur aurait pu les conduire au cercueil, rac. Poés. t. Rhodes, des Ottomans ce redoutable écueil, De tous ses défenseurs devenu le cercueil, in. Baj. il, t. La liberté, nourrice du génie, Voit les beaux arts pleurer sur son cercueil,
bisrano, Censeur,
— iiist. xie s. En blans sarcous [il] fait mettre les seigneurs, Ch. de Roi. cclxix. || xne s. Et en sarquez poser et alouer [les corps], Roncisv. 176. jj xnr s. Là [ils] troverent sarcus de marbre de Persie; S'en osterent les cors de celé gent haïe, Ch. d'Ant. iv, 440. || xv° s. Et le comte de Douglas, qui mort estoit, fut mis dans un sarcueux et chargé sur un char, fhoiss. il, m, 125. Si ordonnèrent adonc sarcueil assez honorable, et le mirent dedans, id. 1, 1, 99. En ce propre jour fut apporté à Ortois et mis en un chercus le comte Gaston do Foix, id. ni, iv, 23. Et là fut vuidé et embaumé et mis en chercus de plomb, id. ib. Fut mis en son sarcueil [le connétable Bertrand de Claiquin] et appoité à St-Denis, id. ii, ii, 64.
— ÉTYM. Wallon, sarkô, caveau où l'on met les; morts; picard, sarkeu, sarkeul; Berry, sarqueu, serqueu, sarcu, sercœur; bas-lat. sarcus; latin sarcophagus. (Voy. aux additions.)
f CERDONIEN (sèr-do-niin), s. m. Nom de sectaires chrétiens du second siècle qui admettaient deux dieux, un bon et un autre méchant.
— ÉTYM. Cerdon, hérétique, disciple d'Héracléon. f CERDORISTIQUE (sèr-do-ri-sti-k') , s. f. Mot
proposé par Ampère pour désigner la science qui apprendrait à se rendre compte des profits et des pertes.
— ÉTYM. Ks'pSo;, gain, et ôpurrixôç, , qui détermine, de ôpîÇeiv (voy. horizon).
CÉRÉALE (sé-ré-a-P). || 1" Adj. qui ne s'emploie qu'au féminin et surtout au pluriel, et ne se dit que de plantes et de graines propres à fournir du pain. Plantes, graines céréales. ||2° S. f. L'orge est une céréale. La culture, le prix des céréales. L'exportation des céréales. La législation des céréales, dans le sens légal , comprend les farines de ces graines ou plantes. || 3° S. f. plur. Fêtes romaines en l'honneur de Cérès, déesse des moissons.
— ÉTYM. Cerealis, de Ceres (voy. cérès).
f CÉRÉALINE (sé-ré-a-li-n'), s. f. Terme de chimie. Principe coagulable des céréales, susceptible d'acquérir la qualité d'un ferment.
— ÉTYM. Céréale.
f CÉRÉAN, ANE (sé-ré-an, a-n') , adj. Terme de zoologie. Qui vit dans la cire.
— ltym. Cera, cire.
f CÉRÉBELLEUX, EUSE (sé-ré-bèl-leû , leû-z'), adj. Qui appartient au cervelet.
— ÉTYM. Cercbellum, diminutif de cerebrum . cerveau.
f CÉRÉBELLITE (sé-ré-bèl-li-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation du cervelet.
— ÉTYM. Voy. cérébelleux.
CÉRÉBRAL, ALE (se - ré-bral , bra-1') , adj. Il 1° Terme d'anatomie. Qui appartient au cerveau. Artères cérébrales. Nerfs cérébraux. || 2° Terme de médecine. Qui affecte le cerveau. Maladies cérébrales. Symptômes cérébraux. Fièvre cérébrale, terme vague qui n'est plus dans le langage médical, et qui indiquait toute fièvre intense avec du délire et des accidents cérébraux.
— HIST. xvr s. L'opinion ancienne a esté qu'en la partie cérébrale y avoit trois sièges que nous appelions ventiicules , distincts et séparés l'un de l'autre, pasquier, Lett. t. 11, p. (89, dans lacurne.
— étym. Cerebrum, cerveau (voy. ce mot).
| CÉRÉBRIFORME (sé-ré-bri-for-m') , adj Terme d'anatomie. Qui a la forme et l'apparence de la substance du cerveau. Tumeur cérébriforme.
— ÉTYM. Cerebrum, cerveau, et forma, forme.
f t. CÉRÉBRINE (sé-ré-bri-n'), adj. f. Terme des écoles de droit. Équité cérébrine, équité qui prononce non d'après un texte, mais d'après l'inspiration de la conscience.
— étym. Cerebrum, cerveau, intelligence individuelle.
t 2. CÉRÉBRINE (sé-ré-bri-n'), s. f. Terme de chimie. Nom donné à diverses substances trouvées dans le cerveau.
— étym. Cerebrum, cerveau.
f CÉRÉBRIQUE (sé-ré-bri-k'), adj. Terme de chimie. Acide cérébrique, la matière blanche du cerveau découverte par Vauquelin.
— ÉTYM. Cerebrum, cerveau.
| CÉRÉBRITE (sé-ré-bri-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation du cerveau.
— ÉTYM. Cerebrum, cerveau.
f CÉRÉBRO-RACHIDIEN, IENNE (sé-ré-bro-rachi-diin, diè-n'), adj. Ternie d'anatomie. Qui a rapport au cerveau et à la moelle épiniôrc.
— ÉTYM. Cerebrum, cerveau, et rachiilicn.
f CÉRÉBRO- SPINAL, ALE (sé-ré-bro-spi - nal, na-1'), adj Terme d'anatomie. Qui a rapport au
CER
CER
CER
cerveau et a la moelle épinière. Les nerfs cérébrospinaux. L'axe cérébro-spinal , l'ensemble du cerveau et de la moelle épinière.
— ÉTYM. Cert bruni, cerveau, et spinal.
f CÉRÉIFORME (sé-ré-i-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'un cierge.
— ÉTYM. Cereus, cierge (voy. ce mot), et forme.
f CÉRÉLÉON (sé-ré-lé-on) , s. m. Terme de pharmacie. Mélange de cire et d'huile qui ne diffère du cérat qu'en ce que la cire y entre en plus grande proportion.
— ÉTYM. Kr\ç,b;, cire (voy. cire), et êXaiov, huile (voy. UTILE).
j CÉRÉMONIAIRE (sé-ré-mo-ni-ô-r') , s. m. Prêtre ou clerc qui dirige les cérémonies dans les grandes églises.
— ÉTYM. Cérémonie.
f I. CÉRÉMONIAL, ALE (sé-ré-mo-ni-al, a-1'), adj. Qui concerne les cérémonies, qui y a rapport. Les préceptes cérémoniaux. N. S. J. C. a été soumis a la loi morale et cérémoniale. boss. Var. 12.
— HIST. xvie s. Les autres, considérant de plus près les paroles de S. Paul, voyent bien que cela proprement compete à la loy ceremoniale, calv. Instit. 2G9. Il n'y a doute que ce qui estoit cérémonial en ce précepte [du sabbat] n'ait esté aboli par l'advenement de Christ, id. ib. 296.
— ÉTYM. Crrimonialis, de cwrimonia, cérémonie.
2. CÉRÉMONIAL (sé-ré-mo-ni-al), s. m. || 1° La succession, établie par l'usage, des différentes parties d'une cérémonie religieuse ou politique. Le cérémonial varie selon les pays. Le cérémonial d'usage pour l'introduction des ambassadeurs. M. de Grignau devrait partir sans attendre qu'il ait fait son cérémonial pour l'arrivée de M. de Vendôme, sévig. 463. || Par extension, le cérémonial, le livre des règles du cérémonial. Le cérémonial français, romain. || 2° Entre les particuliers, l'ensemble des actes, des formules de civilité ou de respect que l'usage a établis. Avec ce cérémonial perpétuel qu'il faut observer, sévig. 224. 11 pratiqua tout le cérémonial de cette galanterie, iiamilï. Gram. 4. Comme je ne connais aucun cérémonial, Dieu merci, je n'ai jamais imaginé qu'il y en eût dans l'amitié, volt. Lettre à Thiriot, 26 août (740. || Être fort sur le cérémonial, être instruit du cérémonial, être pointilleux si.r les cérémonies, et fig. se montrer exigeant en fait d'égards. || 11 n'a point de pluriel.
— ÉTYM. Cérémonial I.
| CÉRÉMONIALISME (sé-ré-mo-ni-a-li-sm'), s. m. Attachement étroit aux formes et aux cérémonies du culte. Le cérémonialisme prévalait chez les pharisiens. [| Néologisme.
CÉRÉMONIE (sé-ré-mo-nie) , s. f. || 1° Formes extérieures et régulières du culte religieux, et aussi pompe et formalités qu'on emploie pour donner plus d'éclat aux solennités officielles. Les cérémonies de l'Église catholique. Les cérémonies du sacre des rois de France. La célébration des mystères d'Eleusis était accompagnée de grandes cérémonies. Les cérémonies qui se firent lors de l'entrée du roi. L'audience donnée aux ambassadeurs en grande cérémonie. Le coadjuteur faisait la cérémonie [le mariage], sév. 12. Il s'en va a St-Denis faire la cérémonie de Pâques, id. 132. Ils se marièrent sans cérémonie, id. 390. Enfin, toute la cérémonie, toutes les révérences, tout le manège demeurant arrêté, id. 502. Louis XV meurt, la nuit du lu de mai; on couvre son corps de chaux, et on l'emporte sans aucune cérémonie à St-Denis, auprès du caveau de ses pères, volt. Louis XV, il. Si les démons demandaient des cérémonies barbares et extravagantes, les païens les croyaient bizarres ou cruels, fonten. Oracl.i, 5. C'est une chose étrange qu'une petite cérémonie [le mariage] soit capable de nous ôter toutes nos belles qualités, et qu'un mari et un calant regardent la même personne avec des yeux si différents, mol. Impromptu, (. À chaque occasion de la cérémonie, corn. Poly. ni, 2. Ô toi qui n'attends plus que la cérémonie Pour jeter à mes pieds ma rivale punie, id. Rod v, 4. César en sait [du divorce] l'usage et la cérémonie, id. M. de P. 11, i. Madame, tout est prêt pour la cérémonie, rac. Iph. ni, 5. Le trône, les festins et la cérémonie, Tout est prêt, volt. Zaire, m, 5. || Grand maître, maître, aide des cérémonies, officiers qui dirigent les cérémonies dans les solennités officielles. Il Habit de cérémonie, habit prescrit par le cérémonial. Les jurisconsultes portèrent le manteau de cérémonie des chevaliers, volt. Mœurs, 85. Le chef à la tête, en habit de cérémonie ,.j. j. rouss. Ém. 11. Il En cérémonie, avec pompe. On le reconduisit en cérémonie. Elle fut fiancée hindi en grande céré-
'1 sév. 399. Il 2° L'assistance même, dans une
cérémonie. [Aux funérailles de la grande Mademoiselle] au milieu de la journée et toute la cérémonie présente, l'urne qui était sur une crédence et qui contenait les entrailles, se fracassa, st-sim. 5, 73. Il 3° Ensemble des formalités de civilité, de déférence entre particuliers, par opposition aux manières, aux habitudes intimes et familières. Me rit, me prend, m'embrasse avec cérémonie, Régnier, Sat. x. Un long séjour en Italie lui avait communiqué la cérémonie dans le commerce des hommes, et la défiance dans celui des femmes , hamilt. Gram. 9. Hé! mon Dieu, n'entrons point dans ce vain compliment; Rien ne me fâche tant que ces cérémonies; Et, si l'on m'en croyait, elles seraient bannies, mol. Éc. des f. ni. 4. 11 se mit aussitôt sur la cérémonie, Régnier, Sat. vin. Voici des gens bien pleins de cérémonie, mol. Le méd. m. lui, 1. 6. Quand tous [les frères et les sœurs] seront réunis en cérémonie, J. J. rouss. Ém. 1. Je vous vois le ton de cérémonie en particulier, in. Hél.i,i. || 4" Gêne qui résulte de la nécessité du cérémonialde politesse. Mais pour la renvoyer jusqu'en son Arménie Vous savez qu'il y faut quelque cérémonie, corn. Nie. 11, 2. Il faut bien des cérémonies avec ces sortes de gensci, mol. Mar. forcé, 6. Je suis un homme sans cérémonie, id. Impr. 2. Sans cérémonie II s'accommode, la font. Court. Volontiers, lui dit-il, car avec mes amis Je ne fais point cérémonie, id. Fab.
I, (8. Que cette amitié commence par bannir les cérémonies, volt. Lettres, Le Clerc, *6 mai )7Gi. N Fig. et familièrement. Il a fait bien des cérémonies pour se battre, pour prendre médecine , il a eu peine à s'y résoudre. || Il n'y fait pas tant de cérémonies, il va droit au but. || 5" Chose faite pour la forme. On laisse dire le prédicateur [sans mœurs] pour la cérémonie; mais on croit, on fait comme lui, fén. xxi, 30. Les sacrements ne sont plus qu'une gêne inutile 'et incommode, on s'en épargne la cérémonie, mass. Car. Inconst. || 6° Dans la glacerie, temps qu'on demeure sans tirer après le curage. Il Faire la cérémonie, attendre que le verre soit arrivé à un certain degré de consistance.
— HIST. xve s. Lesquelles serimonies royales n'accomplissoit mie tant au goustde sa plaisance, comme pour garder, maintenir et donner exemple à ses successeurs, chr. depisan, Ch. V, 1, <8. Autres vouloient sa prinse rondement sans cerymonie, comm.
II, 9. H xvie s. Combien que les cérémonies de la loy ayent pris fin pour n'estreplus en usage.... Calvin, Instit. 269. Ung aultre, sans cérémonie [sans scrupules], et d'authorité absolue, les eust mis en ses bouges [poches], carloix, vi, 2(.
— ÉTYM. Provenç. ceremonia, ccrimonia; espagn. et ital. ceremonia; du latin cxremonia ouca?rimonia ou ceremonia; cette dernière orthographe serait la véritable, si l'étymologie probable qui tire ce mot du sanscrit kar, faire, avec un suffixe mon, était assurée : la chose faite, c'est-à-dire la chose sacrée, la cérémonie. D'autre part, les auteurs latins ont indiqué pour étymologie la ville de Cxre en Étrurie, où les Romains, lors de la prise de Rome par les Gaulois, déposèrent les objets sacrés de leurstemples.
CÉRÉMONIEUX, EUSE (sé-ré-mo-ni-eû , eù-z'), adj. Il i° En parlant des personnes , plein de cérémonie. Il [le misanthrope] est civil et cérémonieux, la bru y. xi. H 2° En parlant des choses. Un ton cérémonieux. Des manières cérémonieuses. La parure cérémonieuse avec laquelle les femmes du peuple honorent le dimanche a quelque chose de grave , stael, Allem. Mœurs, 1. 2.
— HIST. xvie s. Que s'il est question d'estre si cérémonieux pour le choix desdits métaux, je trouve le fer plus propre à telle opération qu'aucun autre, paré, xv, 16. Ainsi voit-on comme les Egyptiens estoient cérémonieux, et grands idolâtres, id. Mumie, 4. J'ay aultresfois esté employé à consoler une dame vrayement affligée; la pluspart de leurs deuils sont artificiels et cerimonieux, mont, m, 29).
— ÉTYM. Carimoniosus, de cxrimonia, cérémonie.
CÉRÈS (sé-rès') . s. f. || 1° Dans le polythéisme gréco-romain, déesse qui présidait aux moissons. Le blé, riche présent de la blonde Cérès, Trop touffu bien souvent épuise les guérets, la font. Fabl. ix,i\. Ou bien lorsque Cérès de froment se couronne, Régnier, Sat. xv. Il Fig. Le blé, la moisson. La blonde Cérès, les épis mûrs. || 2° Petite planète découverte pu mot par Piazzi, astronome de Palerme, et qui fut la première de ce groupe aujourd'hui si nombreux de planètes tournant autour du soleil entre Mars et Jupiter; la révolution en est d'environ quatre ans et sept mois; ce nom lui a été donné pour
rappeler que la Sicile, anciennement comparée a Cérès, avait été le lieu de sa découverte. [| 3" Ancien nom de la Vierge.
— ÉTYM. Ceres, déesse de la religion romaine, le même que l'osque cerus, sorte de génie; du sanscrit kar, faire: l'être divin qui fait, qui crée (comp. créer).
CERF (sèr : un cerf dix cors, dites : un sèr dix cors; l'Académie ne dit rien sur la prononciation de ce mot, qui est loin d'être bien fixée; au singulier plusieurs font entendre Vf; Ménage écrivait cér , preuve que, de son temps, lYne se prononçait pas; quelques-uns veulent que 1Y se fasse entendre seulement quand cerf estisolé ou final : le chien a forcé le serf; mais cette exception ne paraît pas fondée sur un véritable usage; au pluriel Vf ni Vs ne se prononcent : les sèr; Vs ne se lie pas : les cerfs et les daims, dites les sèr et les daims; cependant quelques-uns disent : les sèr-z et les daims), s. m. || 1" Nom de genre d'un ruminant à cornes pleines ou osseuses, et caduques, rondes, ramifiées; et, en particulier, nom d'une bête fauve de nos forêts, cerf commun (cervus elaphus, L.). Le bois ou la tête d'un cerf. Les andoui 11ers de la tête d'un cerf. Lancer, détourner, courre, prendre le cerf. Être à la mort du cerf. Un cerf bien donné aux chiens est à demi pris. Le carnage du cerf se préparant aux chiens, rotrou, Vencesl. 1, i. Dans le cristal d'une fontaine Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois Et ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de fuseaux, la font. Fabl. vi, 9. Et nous conclûmes tous d'attacher nos efforts Sur un cerf qu'un chacun nous disait cerf dix cors; Mais moi, mon jugement, sans qu'aux marques j'arrête, Fut qu'il n'était que cerf à sa seconde tête, mol. Fdch. n, 7. || Les petits se nomment faons, pendant un an entier; daguets, la seconde année; cerfs à leur première tête, pendant la troisième; cerfs à leur seconde et troisième tète, pendant la quatrième et la cinquième; cerfs à dix cors jeunement, pendant la sixième ; cerfs à dix cors, pendant la septième; grands cerfs, à huit ans; et grands vieux cerfs,à neuf. Voy. tète et cors. || Familièrement. C'est un cerf, il court avec une trèsgrande rapidité. Il a des jambes de cerf, il a des jambes rapides ou minces comme celles du cerf. || Os de cœur de cerf, os qui, se trouvant dans le cœur du cerf, a été employé jadis dans les maladies du cœur, mais qui est tout à fait inerte. || Terme de blason. Cerf sommé, cerf ramé de 9, <o. )3 cors el quelquefois davantage. || Fig. Un cerf, un couard, un lâche. Je craindrais plus, disait un militaire, une armée de cerfs commandée par un lion, qu'une armée de lions commandée par un cerf. || 2° Terme de vétérinaire. Mal de cerf, nom vulgaire donné au tétanos chez le cheval , à cause de la roidure de l'encolure. H 3° Parc aux cerfs , petite maison où Louis XV avait une espèce de sérail.
— HIST. xie s. Si com li cers s'en va devant les chiens, Ch.de Roi. cxxxix. Les mains [ils] lui lient à courreies de cerf, ib. cclxxii. [Il] met lui au poing de cerf le destre gant, ib. cclxxx. || xne s. Si com li cers fuit devant le lévrier, Roncisv. 87. || xme s. Sur un bon chaceour [cheval] le cerf tant [il] parsuivi. Berte, cvni. || xive s. Car un proverbe dit par vraie auctorité : Nature fait le cerf trader au bois ramé, Guesclin, 20969. Le col estendu comme cerf en lande, Ménagier, 1, 3. Quand le lion voit ou treuve un serf ou une chievre salvage, oresme, l'th. 93. Il xvie s. Au cerf la bière, au sanglier ie miere [c'està-dire les plaies faites par le cerf sont mortelles; celles que fait le sanglier reclament le médecin; proverbe qu'on trouve aussi sous la forme : au cerf la bierre, au sanglier le barbier], le roux , Met. comique. Sers comme serf, ou fuy comme cerf, le roux de lincy. Proverbes, t. 1, p. 165.
— étym. Bourguig. car; provenc. cerv, cer ; espagn. ciervo ; ital cerro; du latin cervus; comparer le bas-breton, karô ou karv, cerf; l'anc. haut-allem. hir-us ; allem. mod. Hirsch.
CERFEUIL (ser-feull, Il mouillées), s. m. Plante potagère, à feuilles ressemblant à celles du persil, mais plus petites, et qui sert d'assaisonnement (scandix cerefolium, L.). || Cerfeuil musqué, nom vulgaire du myrrhis odorant, encore appelé cerfeuil d'Espagne, fougère musquée. || Cerfeuil sauvage, un des noms vulgaires du cherophyllum sylvestre, L., dit aussi persil d'Ane.
— hist. xme s. Un chapel ot mis en son chief Qu'ert d'esglantier et de cerfeil , Ren. 20 987.
— ÉTYM. Saintonge et picard, chi rfeuil; ital. cerfoglio; du latin cœrefolium, de xatpsçviXXov , de yaipeiv, se réjouir (comp. cher), etçO/Xov, feuille (voy. feuille).
CEK
CUK
CÉR
fCERFOUETTE (sèr-fou-ô-f), s. f. Voy. SER- FOUETTE.
CERF-VOLANT (sèr-vo-lan), s. m. || 1° Un des noms vulgaires d'un gros insecte volant, le lucane o rf (coléoptères), ainsi nommé parce que ses grandes pinces ont été assimilées au bois du cerf; on le
r, : nu- aussi taureau volant, par une comparaison semblable 'les mêmes pinces aux cornes d'un taureau, et grand escarbot a cause de sa taille. || 2° Jouet nt, en l'orme d'une grande raquette, l'ait de p.ipier étendu sur dos baguettes, qu'on faitenlever parle vent en le retenant par une ficelle. La tête du cerf- volant, pointe triangulaire qui est à l'extrémité supérieure du cerf-volant. Queue du cerf-volant, bout de ficelle garni d'intervalle en intervalle de morceaux de papier, et qui, placé à la partie inférieure du cerf-volant, est destiné à le maintenir droit. Pour décider si Sommonacodom avait joué au cerf-volant, volt. Dial. 22. Des écoliers s'amusaient a guider des cerfs-volants, J. J. rouss. Km. il. Je revois les endroits où j'ai joué à la fossette et au cerf-volant; ces souvenirs me font plaisir, P. l. cot'R. Lett. ii, 95. || Fig. |La terre] cerf-volant dont la ficelle casse, Tourne en tombant, tourne et tombe toujours, bêrang. Comète. || En physique, cerfvolant électrique , cerf-volant maintenu par une corde entourée d'un lil métallique, et armé d'une pointe métallique pour soutirer l'électricité des nuage-, 3" Cuir tanné à forfait et dont le ventre a été ôté. il Au plur. Des cerfs-volants.
— HIST. xve s. Deux petites cornes de cerf volant garn.es au bout d'argent doré, de laboude, .Émaux, p. lus. Or vueil-je compter d'un songe qui lui [Charles VI] estoit advenu en celle saison, et sur quoi il s'ordonna de sa devise du cerf volant, froissart. h, il, (63. Au i'"\ fut présenté ung cerf volant, au duc d'Orliens un blanc chisne [cygne], g. CHAstkl. Chron. des ducs de Bourg, i, 2.
— êtym. Cerf, volant.
f CÉRIFÈRE (sé-ri-fè-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui produit de la cire.
— ÊTYM. Cera (voy. cire), et ferre, porter.
t CÉRINE (sé-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Voy.
CÉROTIQUE.
f CÉRIXTUE (sé-rin-t'j, s. f. Nom d'une plante delà famille des borraginées, dite aussi mélinet.
— ÉTYM. Latin cerintha.
t CÉRIQUE (sé-ri-k'),' adj. Terme de chimie. Acide cérique, acide formé par l'action de l'acide nitrique sur la cire.
— ÊTYM. Cera, cire.
tCÉRIROSTRE(sé-ri-ro-str'), adj. Terme de zoologie. Qui a le bec garni d'une membrane cireuse.
— ÉTYM. Cera, cire, et rostrum, bec.
CERISAIE (se-ri-zè) , s. f. Lieu planté de cerisiers.
— HIST. Nom très-ancien d'une rue de Paris.
— ÊTYM. Censé.
CERISE (se-ri-z'), s. f. || i" Fruit du cerisier; la peau en est rouge. || Rouge comme une cerise. Cette jeune tille a les joues rouges comme une cerise. || Terme de métallurgie. Rouge-cerise, rouge trèsvif et un peu clair, qui est l'indice d'une très-haute température. Fer chauffé au rouge-cerise. || 2° Par extension, le fruit du caféier. Du café en cerise. De nombreux esclaves s'empressent à recueillirla cerise du café, chateaub. Natch.u, 65. || 3" Terme de vétérinaire. Cerises, petites excroissances charnues, de couleur rouge, qui s'élèvent de la surface des plaies de la sole de chair du cheval.
— HIST. xne s. D'ire et de mautalent [il] rougit come cerise, Sas. xxin. ||xiii° s. Blanchefleur trairai [j'empoisonnerai] en pome ou en cerise, Bertc, lxxvi. Moult i ot de boues cerises, Et plusors fruiz de maintes guises, Tien. ( 285. )| xvr s. De beaux petitz arez pour tyrer dos noyauix de cerises contre les grues, rab, t'ant. IV, 7. En France on appelle cerise le fruit qu'en Languedoc on dit agriote, et la cerise de telle province est nommée en France guine.... S'en voient des grosses, moiennes, petites, rondes, longues, plaltes, refendues: des rouges, blanches, noires: des aigres, des douces: des molles, des dures.... La cerise ou agriote est plus aigre que douce, comme tirant son nom de là; au contraire la guine est plus douce que aigre.... La grosse agriote, aiant la queue courte, le noiau petit, estant de couleur rouge-brun, surpasse les autres en valeur.... Parmi les douces, paraissent pour les plus prisées les duracines, appelées aussi graffions, mot pris en Dauphiné pour toutes sortes de guines.... Merises sont guines presque sauvages et petites, tenans de l'amer dont elles portent le nom. Cœurs sont assés grosses, poinctues et fendues, ainsi dittes à cause de leurs figure ressemblant, et en
leur chair et en leur noiau, aucunement le cour d'une créature humaine, par aucuns, sans grande raison, appelées aussi cerises heaumées, et leurs arbres, heaumiers. Non plus pouvons-nous dire pourquoi d'autres cerises sont dites pinguereaux, rodanes , greffions et semblables; très-bien des musquates, dont le goust rend raison de leur appellation; ces noms sont donnés aux guines, non aux agriotes, o. de serres, 682. Le pigeon saoul trouve les cerises ameres, cotgrave. C'est folie de manger cerises avec son seigneur, id. Faire d'une cerise trois morceaux, id.
— ÊTYM. Provenç. cereira, serisia ; catal. cirera; espagn. cereza; portug. cereja ; ital. ciriegia; mots dérivés, à l'aide d'un suffixe féminin, du latin cerasus, qui vient de xspao-o;, dit ainsi de Cerasus, Cérasonte, ville du Pont d'où Lucullus rapporta le cerisier en Italie. Pline dit qu'un siècle après son importation en Italie, le cerisier avait déjà pénétré dans l'île de Bretagne.
t CERISETTE (se-ri-zè-f), s. f. Cerise séchée, qui est à la cerise ce que le pruneau est à la prune, il Espèce de prune rouge.
— ÉTYM. Diminutif de cerise.
CERISIER (se-ri-zié; IV ne se lie pas; au pluriel Vs se lie : les se-ri-zié-z et les pruniers) , s. m. Arbre de la famille des rosacées (prunus cerasus, L.). || Bois de cerisier. Meubles en cerisier.
— HIST. xme s. Liement s'en vet et joiant Tant qu'il trova en un pendant Un cerisier trop bien chargié, Ren. 2512). ||xvies. Les ceriziers et guiniers se délectent d'estre entés, o. de serres, 683.
— ÉTYM. Cerise.
f CERISIN (se-ri-zin) , s. m. Un des noms du serin.
f I. CÉRITE (sé-ri-tf) , s. f. Terme de minéralogie. Mine composée d'oxyde de cérium, de silice, et d'oxyde de fer.
— ÉTYM. Kriitm;, sorte de pierre, de voipèç, cire, f 2. CÉRITE (sé-ri-f), s. f. Terme de zoologie.
Genre de mollusques à pied court, à coquille tortillée, f CÉRIUM (sé-ri-om'), s. m. Nom donné à un métal découvert en 1804 dans la cérite.
— ÉTYM. Nom dérivé de Cérès.
| CERMOISE (sér-moi-z'), s. f. Variété de tulipe.
CERNE (sèr-n'), *•. m. \\ 1° Cercle, rond qui entoure quelque chose. Faire, décrire, tracer un cerne. Il me faut leurs deux noms dans un cerne graver Pour rendre de tous points ma figure accomplie, racan, Berg. i, 2, Poli*thène. || 2" Rond livide qui entoure les yeux battus ou une plaie en mauvais état. || 3° En termes d'eaux et forêts, se dit des cercles concentriques qu'offre la coupe d'un arbre. Un arbre aautant d'années que de cernes. ||4° Terme de chasse. Enceinte pour traquer le gibier. || 5" Terme de fauconnerie. Vol à grand cerne, vol des oiseaux qui vont haut et bas.
— HIST. xive s. Le cerne d'entour la prunelle de l'ueil [de l'épervier], Modus, f° xcvi. ||xve s. Si les gouverne Et enivre du vin de sa taverne Amours, qui cloz les tient dedans son cerne, al. chart. Débat des deux fort. Premièrement fit un cerne, plusieurs caractères et autres choses superstitieuses, monstr. i, 39. Le maréchal, lequel, comme celui qui tenoit sa vie pour perdue et cher la vouloit vendre, avoit faict entour lui à force de coups si grand cerne de morts et d'abatus que nul ne l'osoit approcher pour le prendre, Bouciq. liv. i, p. ioo, in 4°, Paris, 1620, dans lacurne. || xvie s. Et voyant que tous estoyent dedans le cerne des chordes, soudain cria : tyre, tyre, rab. Vaut, il, 25. Environné d'un grand cerne dépeuple, paré, Animaux, 12. Et sans qu'il fallut que nostre cavalerie fist un grand cerne pour passer les fossez , nous les eussions combattus et peut estre deffaits, montluc, Mém. t. i, p. 1 74, dans lacurne.
— ÉTYM. Espagn. cercen; portug. cerce; ital. cercine; du latin circinus, cercle, dérivé de circus (voy. cirque). L'accent est en espagnol et en italien sur la première syllabe comme dans le latin circinus.
CERNÉ, ÉE (sèr-né, née), part, passé. || 1° Marqué d'un cerne. Ses yeux caves, cernés par un sillon d'azur, lamart. Joc. v, 179. || Absolument. Yeux cernés, yeux battus. || 2° Entouré. L'attroupement cerné par les gendarmes.
CERNEAU (sèr-nô), s. m. Moitié d'une noix, tirée de la coque avant la maturité. Faire, éplucher, crier des cerneaux. || Vin de cerneaux, vin rosé bon à boire dans la saison des cerneaux, Dict. de l'Acad.
— HIST. xvie s. Cerneaux sont viandes de seigneurs , et noix vieilles , viandes de laboureur .