ABE
rangé suivant les lettres de l'alphabet. En ce sens, abécédaire ne diffère d'alphabétique qu'en ce qu'il est moins usité. || 2" Qui en est à l'Abc. Enfant abécédaire. Ignorance abécédaire. || 3° S. m. Petit livre où s'apprend l'Abc. Donnez un abécédaire à cet enfant. Les abécédaires ne sont pas aisés à faire.
— HIST. xvic s. La folle chose qu'un vieillard abécédaire; on peut continuer en tout temps l'estude, mais non l'escholage, mont.
— ÉTYM. Abecedarius, mot composé des quatre premières lettres de l'alphabet, et de la terminaison adjective arius.
ABECQUÉ ou ABÉQUÉ, ÉE, part, passé. Petits oiseaux abecqués par leur mère.
ABECQUEB ou ABÉQUEB (a-bè-ké), f. a. Donner la becquée. Abecquer un oiseau, et, par extension, abecquer un enfant.
— REM. Entre les deux orthographes indiquées par l'Académie ,Ja meilleure est abecquer, à cause qu'elle indique la prononciation de la seconde syllabe qui est celle de bec , un e moins fermé que l'e fermé proprement dit. De plus, ii n'est pas besoin de changer l'accent, ce qu'il faut faire avec abéquer, mettant un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : abèque, mais au futur abéquerai.
— ÉTYM. À et &ec;génev. àbécher.
ABÉE (a-bée) , s. f. Ouverture par laquelle coule
l'eau qui fait aller un moulin. On l'a aussi définie ouverture par où l'eau a son cours quand les moulins ne tournent pas.
— ÉTYM. À et bée, ouverture, aujourd'hui baie (voy. ce mot). On a prétendu, ce qui est possible, que abée est une corruption, une méprise, qui de la bée a fait l'abée, d'où abée. Abée se trouve dans laurière, Dict. du droit.
ABEILLE (a-bè-ll';U mouillées), s. f. Insecte qui produit le miel et la cire, et qui appartient au genre des insectes hyménoptères. Un essaim d'abeilles se compose d'une femelle , de mâles et de neutres ou ouvrières ; les femelles et les neutres sont armés d'un aiguillon long d'environ deux lignes. L'aiguillon de l'abeille reste presque toujours dans la piqûre, si l'insecte a été chassé brusquement. L'abeille recueille le miel dans les fleurs. Comme on voit les frelons, troupe lâche et stérile, Aller piller le miel que l'abeille distille, boil. Sat. i.'Les lieux où croît l'encens, où murmure l'abeille, nias. Abuf. 1, 5. Jo suis chose légère et semblable aux abeilles, A qui le bon Platon compare nos merveilles, la font. Ep. à Huet. Et semblable à l'abeille en nos jardins tclose, De différentes fleurs j'assemble et je compose Le miel que je produis, 3. b. rouss. Ode au C. de Luc. Le ruisseau n'apprend pas à couler dans sa pente, L'aigle à fendre les airs d'une aile indépendante. L'abeille à composer son miel, lamart. Nouv. méd. v Et que mes doux regards soient suspendus au tien Comme l'abeille avide aux feuilles de la rose, id. ib. x. Il La reine des abeilles. Autrefois on croyait que c'était un roi. Jusqu'au son de sa voix [de Louis XIV] et àl'adresse età la grâce naturelle et majestueuse de toute sa personne le faisaient distinguer jusqu'à sa mort comme le roi des abeilles, stsim. 406, 68. y Le manteau impérial et les armoiries de Napoléon étaient semées d'abeilles d'or. Aussi a-ton dit quelquefois les abeilles pour l'Empire. || Constellation australe qu'on nomme aussi Mouche in dienne.
— HIST. xme s. Et se il trovent aucun emblant ées (abeilles) en la forest, cil qui i seront trové feront au seigneur soixante sols d'amende, du cange, apicutant. Il m'avironnerent aussi comme es, Psarnier. f. H3. Il xve s. Le suppliant et Colin trouvèrent une bezanne [ruche] d'abeulles, la levèrent et en prirent tout' le couppeau et le miel de dedans, du cange, besana. Une multitude d'avilies, ce sont mouches qui font la cire et le miel, id. avillarium. ||xvr= s. Les ruches sont pleines quand les abeilles chassent opiniastrement de leurs ruches les freslons ou abeillauds, ol. de serres, 4i7. Les abeilles ou avettes, les guespes, les freslons, paré, 23, 34. Ainsi qu'au mois d'avril, on voit de fleur en fleur, De jardin en jardin, l'ingénieuse abeille Voleter et piller une moisson vermeille, rons. Sonn. à des Cannes.
— ÉTYM. Berry, avette; picard, es, eps; provenc. abelha; espagn. abeja; ital. apc. L'ital. ape, l'anc. franc, ée, le picard es , eps viennent de apis; le berry vient d'un diminutif en ette ,apette ou avette; le français, lé provenc. et l'espagn. d'un diminutif apicula. Dès les premiers temps du bas-latin, on trouve une tendance à substituer le b au p du mot primitif ; par ex. De furtis abium, Lex Sal. laspeyres, p. 26.
ABERRATION (a-bè-rra-sion) , s. f. || i" Terme d'astronomie. Mouvement apparent observé dans les étoi-
ABU
ni résulta du mouvement annuel de la L'étoile pouvait donner quelque marque d'aberration, \ ion, n, i. L'aberral i a des étoiles dépend ... de leur lumière, combinée avec celle bite, i vi i \ . ""■
d'optique. Aberration de réfrang des rayons lumim ux cona n te, qui dépend de diversement colorés d'ayant pas la même v bilitê, la lentille ne peut les c prolongement de son axe. || Aberration d Autre - m des rayons lumineui con-
s par un verre biconvexe, qui tient à ce que la des lentilles ne permet qu'aux de 1 axe de concourir sensiblement en un in, tous les autres, qui éprouvent une ■ n plus forte, coupant l'axe en deçà de ce point; d'où il suit que le foyer, au Lieu de rej ter un po nt, est réellement un espaced'une certaine étendue, el que l'image principale, celle qui duit ;\ l'end êunissenl le plus de rayons,
■mue offusquée par une multitude d imagesqui rendent la vision confuse. || 3 de jugement, égarement. Aberration des sens, du jurations 'le la philosophie sophistique. Des aberrations morales. Ce mol n'a sens Sguré que dans le courant du iviii" si slntroduisi usage qu'on en faisa
le langage scientifique.
— ÉTYM. Aberratio, de aberrare, de ab, loin, et errare ( voy. errer).
ABÊTI : ;i ques-uns di
bé-ti), part, passé, i » par de mauvais
traitements. Esprits abêtis par la superstition tout abêti.
ABÊTIR a bê-tir ; quelques-uns disent a-bé-tir). || 1° r. a. Rendrebéte. Lnie crainte perpétuelle abêtit l'esprit. Cela \ous fera croire et vous abêtira, pasc. Moyens , i. Us n'ont songé [le roi et \i Beauvilliers] , s'écriait-il [le duc de Berrj m'abêtir et a étouffer tout ce que je pi st-sim. 2-1.1, 263. || 2" S'abêtir, v. réfl, L'esp bêtitdans l'oisiveté complète. ||3" Abêtir, ». ». Devenir bête. Les enfants qu'un maltraite abêtissent de jour en jour.
— itF.M. L'Académie dans ses précédentes éditions écrivait abêtir ; c'est qu'en effet la prononc devant une finale aussi sonore, aune grande tendance a changer l'e ouvert en e fermé.
— S YN. abêtir, RABÊTIR. Rabêtir indique une action plus forte, de la résistance à vaincre dans le sujet. Un maître abêtit l'enfant, quand il laisse ses facultés sans exercice; il le rabêtit, si, tou fois que l'élève manifeste qui .1 se développer, le maître la n 1 abêtit peu à peu, lentement; on rabêtit par des réprimandes infligées par occasions. On a abêti cet enfant par uno mauvaise éducation. Il est tout rabêti par les reproches qu'il vient de recevoir, lafaye.
— insr.xvs. Etj'ai reprisâmes despens Ce de quoi jemehontioie [j'avais honte]: Dont grandemenl m'abestioie:Car mieux vaut science qu'argens, froiss. Buisson de jeun. Gens qui cuident estre si Qu'ils pensent plusieurs abestir, Si bien ne se sauront couvrir Qu'on n'aperçoive leurs courages, ch. d'orl. Rond. Il sembloit que ses ennemis fussent aveugles et abestis, cohh. vin, 4. |] xvr s. Combien ai-je veu d'hommes abestis par téméraire avidité de science! mont, i, 18t. Il nous fault abestir pour nous assagir, id. ii, 2 1 -ï . Laissant ces pompes de farces qui esblouissent les yeux des simples et abesl ssenl leurs sens, calv. Tnst. I0G2. En la lin, ayant là fiché leurs yeux el leurs sens il abestis, ro. ib. 59. Ung homme pai maulvais gouvernen peult abestir, palsg. p. 773. A sa contenance, il ressembla proprement à une personne estoin abestie, et qui a perdu le sens et l'entendement, ne se souvenant plus qu'il estoit le grand Pompeius, amyot, Pomp. (U2. Le plus souvent les princes s'abestissent De deux ou trois que mignons ils choisissent, RONS. 651.
— ÉTYM. A et bête.
| ABÊTISSEMENT (a-bê-ti-se-man) , s. m. Action
d'abêtir. L'état de celui qui est abêti. L'abêtissement de cet enfant.
AB IIOC ET AB HÂC (a-bo-ké-ta-bak , et non, comme quelques personnes, a-bo-ké-a-bal;). /m , et famil. Confusément, sans raison. Il parle ab hoc et ab hric.
— HIST. xvi° s. Il en prend ab hoc et ab hac [se dit d'un homme peu scrupuleux quant à l'argent]. h. est. Précell. p. 77.
— ETYM. Locution latine signifiant de celui-ci et