‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 340 sur 462 · GHA · texte numérisé non relu

GHA

i!T "•. El fu mis en un pellorit tout nuef qu'on li (ïst emi le [la] chauchie de Lille, Chr. de Rains, 17:!. Si comme de lor moustiers réfère et de loi caucies ramender, beaum. xxi, 27. Cil l'empire [gale le chemin | qui deffet les cauchies qui furent fêtes por le quemin amender, id. xxv, 12. Par les boes de la chaucie Descendoit du chastel aval, Sans demander cher ne cheval, ruteb. ii, 178. Le roy ot conseil que il feroit faire une chaucie parmi la rivière pour passer vers les Sarrazins, joinv. 23o. || xivc s. Droit envers 1 ■ chastel ont leur voie aqueillie, Et puis vers le chastel vont toute le [la] cauchie, Baud. de Seb. ix, 535. Persone ne trova passant sus le [la] cauchie, Ne maison qui ne fuist fremée et verrouillie, ib. xi, 33. Chacuns en droit soy facent refaire les chaussées [des rues de Paris] , quand elles ne seront suffisantes. Ordonn. des rois de Fr. t. il, p. 3so. || xvie s. Aux réparations et entretenement de la chaussée du havre de Granville , Texte dans jal , Gloss. liant.

— ÊTYM. Picard, keuchie , cauchie; provenç. caussada ; espagn. calzada; porlug. calçada; de calciata (sous-entendu via, chemin), que Die/, tire de calx, chaux : chemin fait à la chaux; mais la chaussée est surtout une levée de terre où la chaux n'entre pas; aussi vaut-il mieux prendre calciatus, chaussé, puis foulé (voy. chausses), sens qui se trouve en effet dans le bas-latin (voy. du cange, calciare) , de sorte que la chaussée serait la terre foulée, pressée.

t 2. CHAUSSÉE (chô-sée) , s. /'. || 1° Espèce de sac que traverse la farine dans un moulin. || 2"Piè e de la cadrature d'une montre, qui porte l'aiguille des minutes.

CHAUSSE-PIED (chô-se-pié) , s. m. Instrument de corne, bande de cuir dont on se sert pour chausser plus facilement les souliers. j| Fig. L'héritière de Pyney éiait fort riche par le défaut des enfants du premier lit, dont l'état parut à M. le prince un chaussepied pour faire Boutteville duc et pair, st-sim. in, 189. || Au piur. Des chausse-pieds.

— iiist. xvic s. Un chaussepied, d'aub. Fœn. m, 3. Chausse-pied, pare, vi, 5.

— ÉTYM. Chausser, pied.

CHAUSSER (chô-sé), v. a. || 1" Mettre ses bas, sa chaussure. Chausser ses souliers, ses bottes. || Fig. Chausserlecothurne, composer une tragédie, s'exercer dans les rôles de la tragédie; et par extension, enfler son style. Mais quoi! je chausse ici le cothurne tragique; Reprenons au plus tôt. le brodequin comique, boil. Sut. x. || Chausser le brodequin, composer des comédies; s'essayer dans les rôles de la comédie. || Terme de manège. Chausser les étriers, y enfoncer les pieds trop avant. || 2" Chausser quelqu'un, lui mettre ses bas. sa chaussure. || On dit aussi chausser à quelqu'un ses souliers. || Chausser les éperons à quelqu'un, lui mettre les éperons en le recevant chevalier. L'officiant me chaussa les éperons en me donnant accolade, chateaub. Itinéraire, in, 39. Des éperons d'or que les Yseult, les Genièvre, les Oriane chaussèrent jadis à de vaillants chevaliers, id. Dern. des Abenc. 1 52. || Fig. et familièrement. Chausser de près les éperons à quelqu'un, poursuivre de près quelqu'un qui s'enfuit. || Terme de vétérinaire. Chausser une vache, envelopper le paturon d'une vache fatiguée. || Terme de fauconnerie. Chausser la grande serre d'un oiseau, entourer l'ongle du gros doigt de l'oiseau avec un morceau de peau qui lui sert d'entrave. || 3° Fane la chaussure, en parlant du cordonnier. Ce cordonnier me chausse depuis bien des années. || Absolument. Ce cordonnier chausse bien. || Fig. N'être pas aisé à chausser, se dit d'une personne qu'il est difficile de persuader, de contenter. Esprits ruraux volontiers sont jaloux, Et sur ce point à chausser difficiles, la font. Fér. || 4° Chausser bien, chausser mai, aller bien, aller mal, en parlant de la chaussure. Ce bas, ce soulier mechausse bien, ou, absolument, chausse bien. || Populairement. Cela me chausse, cela m'arrange, me convient. || 5° Fig. et familièrement, (.hausser sa tète, se mettre une idée dans la tète. J'aurai chaussé ma tête et l'on me contraindra ! Ah ! vous verrez comme on réussira, regnard, Folies amour, l'rot. || On dit aussi dans le même sens se chausser la tête. || Chausser une idée, son infatuer. se chausser une opinion dans ia tète. || 6 Terme d'agriculture. Chausser un arbre, une plante, entourer de loue le pied pour favoriser l'accroissement. || 7° V. n. s'emploie seulement dans ees phrases : chaussera six points, à sept points, à tant de points, porter des souliers de telle ou telle longueur. || Fig. Chausser à même point; être de même humeur. On a dit aussi dans

Cl. 'A

le même sens se chausser. Toutes, au fait d'amour, se chaussent en un point, Régnier, Sat. xtn. || Activement, en termes de musique, chausser les voix à leur point, proportionner l'étendue des chants tant au grave qu'a l'aigu, à l'étendue des voix qui doivent les chanter. || 8° Se chausser, v. réfl. Mettre ses bas, sa chaussure. Il ne peut plus se chausser lui même. || Fig. Se chausser d'une'cpinion, s'en infatuer.

— HIST. xie s. Au destre poing si lui faites chaicer [le gant], Ch. de Roi. ci.xxxix. Lur espérons [ils] ont en leur pie/, calcez, ib. cclxxxii. || xii" s. Et [il] li caucha son premier esperon, Ronc. p. 29. || xiiic s. Et Marchufles chauca errammenl les hueses vermeilles, par l'aie et par l'enortement des autres Grieus [Grecs] , villeh. xcvii. [Rerte avoit] La pour gent souvent, chaucie et revestue, Berte, eu. Dux Naymes lor ala les espérons chaucier, ib. c'xxix. Li rois estoit li plus larges [généreux] chevaliers qui onques cauçast esperon, Chron. de Rains, p. 56. Chaucies refu par grant m< strise D'uns solers decopésàlas, la Rose, 830. De mon lit tantost me levai Chaussaimoi et mes mains lavai, ib. 90. C'est un lions quienbiausostiez [hôtel] Mainsteniv moult sedelitoit; Cissechaueoit bien et vestoit. ib. 1120. Si comme s'il sunt tiové vestant ou cauchant du lit où il estoient coucié, hkaum.xxx, 103. Je laisse huit vins'livres parisispour vestir et chaucier les povresde ma terre, nu cange, calcens. || xve s. Et chaussant son espée [la mettant à la main] . et la levant contre mont pour feriret donner un coup, froiss. liv. iv, p. 154, dans lacurne. Je m'en vais chausser mes souliers, louis xi, Nouv. cxin. |1 xvie s. Pompeiusne sceut vaincre : et César luy chaussa bien aultrement les espérons quand cefeut à son tour, mont, i, 35 i. Considérant le pauvre mendiant à ma porte, souvent plus enjoué et plus sain que moy, je me plante à sa place, j'essaye de chausser mon ame à son biais, id. i, 28 i. En la jeunesse mesme, il m'est advenu de chausser ainsin un teinct et un port trouble et de mauvais prognostique, sans grand accident, id. iv, 280. Quand nous voyons un homme mal chaussé, nous disons que ce n'est pas merveille s'il est chaussetier; de mesme il semble que nous voyons souvent un médecin plus mal médecine, un théologien moins reformé, et coustumierement un sçavant moins suffisant qu'un autre, id. dans lacurne. Voiant que l'empereur avoit chaussé cette opinion, d'aub. Hist. i, 34 1. Quand on chausse des gants estroits, paré, iv, 29. .... En remparant les murailles avec de fine argile pestrie, dont elles seront chaussées et revestues autant hautement que.... o. de serres, 770. chausser ses lunettes [regarder avec attention], oldin. Ne vous moquez pas de mal chaussés, id. Monsieur [dit le connétable de Bourbon] , vous me chaussez les espérons de bien près. — Monseigneur [lui répondit Warthy], vous les avez meilleurs que je ne croyois, mignet, Le connétable de Bourbon, Revue des Deux-Mondes, 18«o, t. xxv," p. 901.

— ÉTYM. Picard, caucher; provenç. caussar; catal. calsar ; espagn. calzar; portug. calear; itat. cal zare ; du latin calceare, decalceus, soulier (voy. chausses).

CHAUSSES (chô-s'), s. f. plur. || 1° Ancienne espèce de vêtement. Les chausses étaient un caleçon ; on les appelait haut-de-chausses quand elles n'atteignaient que le genou; la partie qui continuait s'appelait bas de chausses; le pied se nommait chausson. jl 2° Culotte, caleçon. Prendre, mettre ses chausses. Chausses de velours. Je ne trouvai pas à propos de lui faire mettre chausses bas, sév. 492. -C'est la première chose qu'ils font de délier ieurs chausses, in. 434 || Chausses de page, chausses courtes et plisséesque portaient les pages et qu'on appelail aussi trousses. Prendre les chausses, quitter les chausses, se disait pour entrer dans les pages, cesser d'être page. Le maréchal de Bellefond totalement ridicule, parce qu'il avait négligé de mettre des rubans au bas fie ses chausses de page, de sorte que c'était une vraie nudité, sEv. 502. || Familièrement. N'avoir pas de chausses, être fort pauvre. Mme de Mailly était une demoiselle de Poitou qui n'avait pas ^l^ chausses, fille de St-Hermine, cousin issu de germain de Mme de Maintenon, st-sim. 3, 54. ||Fig. Tirer ses chausses, détaler, s'en aller au plus vite. Et me laissez tirer mes chausses sans murmure, mol. le Dép. i, 4. Oui, Seigneur, ce n'est point raillerie, j'en suis ce qui s'appelle disgracié; il m'a fallu tirer mes chausses au plus vite, et jamais vous n'avez vu un emportement plus brusque que le sien, id. la Princ. il El. v, i. La conversation finirait mai,

no l'on ta nions point, til'011S M"- o hausses, DANCOURT,

Vacances, i, 4. || Familièrement. Elle porte !os

CHA

CHA

CHA

chausses, se dit d'une femme qui est maîtresse dans la maison. Sa femme [au fils de Saumeryj était une grande créature qui portait les chausses et devant qui il n'osait pas souffler, st-sim. 71, (72. On dit plus souvent aujourd'hui porter la culotte ou les culottes. || Très-familièrement. Tenirquelqn'unau cul pi aux chausses, le serrer de si près qu'il ne peut s'échapper, et aussi examiner de près sa conduite, en dire tout le mal qu'elle mérite. Je vous dirai franchement que l'on n'est point plus ravi que de vous tenir au culetaux chausses, mol. l'Avare, ni, 5. || Être après les chausses de quelqu'un, le poursuivre vivement. Ils étaient une douzaine de possédés après mes chausses, mol. Pourc. il, 4. || Prendre son cul pour ses chausses, se méprendre grossièrement. || Faire dans ses chausses, avoir une grande peur. || Il a la clef de ses chausses, se disait d'un jeune homme qui était hors d'nge de recevoir le fouet.

— HIST. xne s. Chauces de fer blanches come auquoton, Ronc. p. 182. Chauces de paile qui mult font a proisier, llaau! de C. 2H>. ||xnrs. nuironques est chauciers a Paris, il puet fere chauces de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et chauçons, Liv. des met. 139. || xive s. Â. Jehan de Saumur, cordouanier, pour avoir semelé des paires de chausses, au pris de six sous la paire, laborde. Émaux, 210. [| xv s. Souliers, chausses à housser, bottines, esperons. fross. ii, m, 35. Ceux de Mortaigne n'avoient ni chausses, ni souliers au pied, id. ii, II, 30. Il avoit prins son père prisonnier à ung soir comme il se vouloit aller coucher, et mené cinq lieues d'Allemaigne à pied sans chausses par un temps très froil , cohm. iv, I .

— ÉTYM. Wallon, chase ; namur. chause ; rouchi, entiche; picard, cauches, keuches,, chausses, bas; norm. cauches, bas; provenç. calsa, caussa ; catal. calsas; espagn. calza; portug. calças ; ital. calzo, calsa ; du latin calceus, qui est devenu féminin dans les langues romanes; cependant l'italien a calzo, et le vieux frança.s dit quelquefois chaux, s. m. Il y avait, comme on voit à l'historique, des chausses de fer. sorte d'armure.

CHAUSSETIER (chô-se-tié; IV ne se lie jamais; au pluriel Ys se lie: des chô-se-tié-z et ....), s. m. Celui qui fait ou qui vend des bas et autres articles de bonneterie.

— HIST. xve s. Coupe Noie, clerc des eschevins, qui esloit çhàusselier, ayant grand crédit avec le peuple, comm. vi, 7. Il xvic s. Ce tailleur avoit une fois fait un manteau, d'un fin gris de Rouen, à un sien compère chaussetier, desper. Contes, xlviii.

— JÉTYM. Chaussette.

CHAUSSE TRAPE (chô-se-tra-p'), s. f. || 1° Machine île fer. qui sert de piège pour prendre des loups et d'autres bêtes. || 2" Terme de guerre. Fer à plusieurs pointes aiguës, dont quelques-unes s'élèvent, et qu'on sème dans un champ pour fermer les passages à la cavalerie. || 3" Terme de botanique. Chausse-trape laineuse, ou chardon étoile, [liante dont les fleurs sont armées d'épines (centaurea calcitrapa, L.). \\ Auplur. Des chausse-trapes : carie sens est une trappe qui chausse, qui saisit; ce qui montre qu'il en est ainsi et que ce n'est pas chausser, mettre en place une trappe, c'est que le mot est féminin: s il s'agissait de chausser une trappe, le mot serait masculin, comme il l'est dans les mots de ce genre : un porte-montre.

— REM. Trappe s'écrivant avec deux p, on ne voit pas pourquoi, dans chausse-trape , il n'y en a qu'un.

— HIST. xv" s. Et, ce fait, se despartirent les meurtriers, gectant après eulx des chauces-trappes par les rues, doubtans poursuite, Geste des nobles, virivii.le, f° m. Et y doit, on mètre pieux agus, chauche-trapes, et garnisons, encombrans à ceulx qui là se vouldroient dévaler, christ, depisan, Charles Y, 11, eh. 28. Mais d'orties et ronces y a tant. Cauppetrapes et lierre qui pourpraint, Qu'à fessarber sa chevance gasta, e. desch. Bail. Le jardinier. H XVI" S. Un gué que les Italiens du prince de Nevers avoient enpli de planches clouées de cercles et de chausse-trappes, d'aub. Hist. I, 220. Chausse trape , autrement carduus stellatus , est plante peu délicate, 0. de serres, 6H. Moins de mal en adviendrait es parties controverses marcher sus chausses trappes que de son droict soy déporter en leurs responses etjugemens, rab. Pant. m, 43. Le jeune Scipion, lequel accusa aigrement ses soldats de ce qu'ils avoient semé des chaussetrapes soubz l'eau à l'endroict du fossé par où ceulx d'une ville qu'il assiegeoit pouvoient faire des sorties sur luy, mont. 11, 95.

— ÉTYM Chausser, et 'rappe.

CHAUSSETTE (chô-sè-f), s. f. Demi-bas. Chaussettes de laine, de coton. Une paire de chaussettes.

— HIST. xvi" s. Il le lit deschausser, et voyant ses chausses et pieds nets, avec la petite chaussette bien blanche et déliée, telle chose le confirma d'avantage estre homme à payer quelque bonne rançon, pare, m, 719.

— ÉTYM. Diminutif de chausse.

t CHAUSSINE (chô-si-n'), s. f. Houille sèche propre à la cuisson de la chaux.

— ÊTYM. Chaux.

CHAUSSON (chô-son) , s. m. I| 1° Chaussure qui n'enveloppe que le pied , et qu'on met sur ou sous les bas. En se levant, le pli d'un chausson lui a déplu [àMelanthe]; toute la journée sera orageuse, fën. xix, 449. Il Un peigne dans un chausson, locution qui s'est dite pour exprimer un état de fortune chétif ou délabré. [La toilette d'un débauché] Où le luxe mis hors d'arçon Ne montre pour tout équipage Qu'un peigne dedans un chausson, st-amand, dans richelet. M. d'Irval [plus tard dit le comte d'Avaux] est parti pour Lyon; l'équipage de Jean de Paris n'était qu'un peigne dans un chausson au prix du sien, sëv. Lettre du 13 mai 1672 (t. il, p. 430, Paris, édit. de 1828). y Fig. Tout son équipage tiendrait dans un chausson, se dit de quelqu'un qui a peu de linge et de hardes. Non baron de qui l'équipage Se transporte dans un chausson, Mais baron d'un haut parentage , chauliku , A la duchesse du Maine. I| Chaussure d'étoffe ou de lisière que, dans les temps de verglas, on met par-dessus ses souliers, et aussi pour se baigner sur les plages où il y a du galet. Il Soulier plat dont on se sert pour faire des armes ou jouer à la paume. || Chaussons de bal, souliers forts légers propres à la danse. || 2° Sorte de pâtisserie contenant ordinairement de la marmelade de pomme. || 3° Sorte de combat où le pied joue un grand rôle, dit aussi savate. Professeur de chausson. Mot populaire.

— HIST. xmc s. Quiconques est chauciers à Paris, il puet fere chauces de soie et de toile, sanz chaux [souliers] et sanz chauçons, Liv. des met. 139. Il xvie s. S'ils n'ont garde que leurs chaussons Passent par dessus leurs souliers, L'amant rendu cordelier, p. 583, dans lacurne.

— ÉTYM. Dérivé de chausse; picard, cauchon ; espagn. cal zones ; ital. calzoni, haut-de-chausses.

CHAUSSURK (chô-su-r'), s. f. || i° Tout ce qui sert à chausser les pieds. || Fig. Trouver chaussure à son point, ou à son pied, rencontrer juste ce qui convient, et aussi, rencontrer quelqu'un qui peut nous tenir tête. || Fig. Une chaussure à tous pieds, chose banale, doctrine qu'on accommode de manière qu'elle puisse plaire à des esprits très-opposés. Il 2° La somme nécessaire pour entretenir quelqu'un de souliers, de bottes, etc. Ma chaussure me coûte tant par an.

— HIST. xme s. En Ydumée estandré ge ma chauceure, Psautier, f" 135. Et la dame s'est devestue De son mantel grant aleùre Et de sa propre chauceure, riiteb. ii, 204. || xvie s. La chaussure patricienne ne guarit pas de la goutte des pieds, amyot, De la tranq. d'dme, t. -Qu'ils se desplaisent de cette vilaine chaussure qui montre si à descouvert nos membres occultes [la braguette, dont la forme était si indécente, comme on le voit dans des gravures du temps], mont. 1, 338.

— ÉTYM. Chausser; picard, cauchure. Chaussure, chausseiire, répond à un substantif calciatura.

CHAUVE (chô-v') , qdj. H 1" Dont les cheveux sont tombés en totalité ou en partie par l'effet de l'âge ou de la maladie. Chevelu sur le front et chauve par derrière, Régnier, Sat. x. 11 n'est tête chauve qui tienne, la font. Fabl. 1, 17. Le chef branlant, la tête chauve, beaumarch. Barb. de Sén. Il, 13. Il S. m. Un chauve. Phèdre dit que deux chauves se battirent pour un peigne qu'ils avaient trouvé. Ceux qui n'ont rien ne laissent pas d'y faire des pertes, et on y arrache les cheveux aux chauves, balz. liv. vi , lett. 5. Il 2° Se dit d'un oiseau qui a la tête dégarnie de plumes. || Se dit d'une graine, d'un fruit dépourvu de poils, d'aigrette, etc. || 3" S. f. Une chauve, veine blanche dans une carrière d'ardoise. Il Proverbe. L'occasion est chauve, il est difficile de la bien saisir. Villeroy eut ordre de tenter tout pour le secours de Namur; mais l'occasion, qui est chauve, ne revient plus, st-sim. 3i, ioo.

— HIST. xne s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz, Banc. p. 149. Petiz enfanz eissirent hors de la cited, si l'gaberent, si li distient : or en vien, dan calf, or en vien, Bois, 351. || xnr s. Ne remest en la ville ne chauf ne chevelu, Berle, cxxxvn. Si vous aviés passé le flum Jordain, vous n'i atende-

riés ni cauf ni kevelu, Chr. de Bains, 203. Après mengier, savez que firent; Hastivement se départirent, Qu'il n'i remist ne bons ne maux, Fors eulx, ne chevelox ne eaux, Ben. 12672. || xvie s. Tous ayment mieulx estre chenus que devenir chauves, génin, Bécréat. t. 11, p. 250. De commodité, j'en tirois peu ou rien [de l'arjent] : pour avoir plus de moyens de despense , elle [la despense] ne m'en poisoit pas moins; car, comme disoit Bion, autant se fasche le chevelu comme le chauve, qu'on lui arrache le poil, mont, i, 31.').

— ÉTYM. Provenç. cale, qitalv : espagn. et ital. calvo ; du latin calrus. Ne chevelu ne chauf étail une locution habituelle dans l'ancienne langue pour dire : âme qui vive.

CHAUVE-SOURIS (chô-ve-sou-ri ; Y s se lie dans le parler soutenu : la chau-ve-sou-ri-z et la belette), s. f. |l 1" Petit mammifère qui a des ailes membraneuses et qui ressemble à la souris par la forme de son corps. Une chauve-souris donna tête baissée Dans un nid de belette.... la font. Fabl. 11, 5. Il 2° Terme d'architecture. Toile en appei.tis pour garantir des rayons du soleil. || 3° Terme de marine. La partie la plus élevée de la ferrure du gouvernail, s'étendant en ailes, tribord et bâbord de l'étambot. || Au plur. Des chauves souris.

— REM. La Fontaine a dit souris-chauve : Je connais maint detteur [débiteur], qui n'est ni sourischauve, Ni buisson, ni canard, ni dans tel cas tombé.... Fabl. xii, 7.

— HIST. xine s. Quant ta parole est blanche et ta pensée est fauve, Tu voles en ténèbres comme une soris chauve, j. t>S meung. Test. 1474. Ce estoit chauve la soriz, Et Pelez li ras ses mariz, Que dant Henart ot estranglé, Ren. -M 866. Samblanz sui laiz à la chauve souriz de leu [lieu] seul, Psautier, f° (20. Quant la chauve suris les vit, Moult Ii pesa k'od eus n'esteit, marie, Fable 3). X tuz jurs mais en est houniz, Come fu la chauve souriz. Qui ne deit mes par jur voler, Ni ne deit plus en court parler, id. i'u. || xive s. Deux pots dorez et esmaillez aux chauves soriz, pesant xxi marcs, laborde, Émaux, 21) .

— ÉTYM. Picard, casscuris , ca teseuris; wallon, chawe-sori ; namur. chau-snri , chèhau-sori ; rouchi. ijueue d'svri. La première idée qui se présente est qu'il s'agit d'une souris chauve, cet animal ayant pu être ainsi nommé à cause que ses ailes n'ont pas de plumes; mais Grandgagnage fait remarquer que les formes wallones veulent dire souris-chouette; de sorte qu'il y aurait là une paronymie qui aurait changé chawe, chouette, en chauve. Mais ce qui empêche d'admettre cette opinion, c'est que chauve souris se trouve dans les plus anciens textes sans variante, ce qui ne serait pas si chauve était une corruption de quelque autre mot.

CHAUVETÉ (chô-ve-té) ,s. f. Calvitie. || Il est vieux.

— HIST. xvie s. Oraison de Synese à la louange de la chauveté, duverdier, Bibl. p. 81, dans lacurne.

— ÉTYM. Chauve.

f CHAUVIN (chô-vin), s. m. Nom d'un personnage de quelques dessins populaires qui , exprimant des sentiments d'un patriotisme aveugle et étroit au sujet des succès et des revers de Napoléon Ier, est devenu le nom de celui qui a des sentiments exagérés et ridicules de patriotisme et de guerre. C'est tenir un langage de chauvin.

f CHAUVINISME (ehô-vi-ni-sm'), s. m. Sentiments du chauvin. Moi qui suis toujours si fière de me montrer en public à côté d'une gloire militaire' ... — Le mariage t'a jetée dans le chauvinisme, comme ils disent, ba yard et dumanoir, les Aides de camp. se. 2.

CHAUVIR (chô-vir), je chauvis, tu chauvis, .'. chauvit, nous chauvons, vous chauvez, ils chauvent; je chauvais; je chauvis, nous chauvimes; je chauvirai; je chauvirais, v. n. Usité seulementdans cette locution : chauvir de l'oreille , chauvir des oreilles, dresser les oreilles, en parlant des animaux qui ont les oreilles longues et pointues, tels que les ânes et les mulets. || Fig. D'un fardeau si pesant ayant l'âme grevée, Je chauvis de l'oreille et demeurant pensif.... Régnier, Sat. vin.

— HIST. xvie s. Ils baislent aux mousehes comme veaulx de disme, chauvent des aureilles comme asnes d'Arcadye onchantdes musiciens, rab. Pant. m, Pvol. Baislans aux mousehes, chouans des aureilles comme ung asne d'Arcadie on chant des musiciens, id. ib. v, Prol. Plaine mangeoire d'avoyne, laquelle quand les guarsons d'estable cribloyent, il leur chauvoyt les aureilles, leur signifiant que il ne le mangeroyt que trop sans cribler, id. ib. v, 7.

CHA

CHF.

CHE

Tout ainsi que l'on voit en un plaisant festin Le eompaignon gaillard qui se gorge de vin. Il te taste d'entrée, il chauvit de l'oreille, Et peu à peu gayment en beuvantse resveille, pasquier, Œuv. mes-

HtS, p. 4 18, dans l vci'RNE.

— eTTB. Rabelais dit chauver ou ch'uer; ce qui rend très- probable que chauvir, chauver ou chouer viennent de chowe ou choe , ancien nom de la chouette (voy. ce nom), et désignent ce mouvement des plume-, particulier à la chouette, qui figure des oreilles comme celles du chat.

CHAUX (chô; l'as ne se lie pas; de la chô et du sable; Chifllet. Gramin. p. 218, fait même remarque), s. f. || i° Substance très-répandue dans La nature, surtout en combinaison avec l'acide carbonique qui forme avec elle la pierre a bâtir et les marbres, ou avec l'acide sulfurique qui forme avec elle le gypse ou pierre à plâtre. || Chaux vive, celle qu'on a débarrassée de sou acide carbonique en la chauffant àgrand l'eu dans des fours a chaux. || Pierre à chaux, fragments ou morceaux de marbre et plutôt encore de pierre à bâtir commune qu'on veut réduire à l'état de chaux vive. || Chaux hydratée, Chaux \iw sur laquelle on a versé de l'eau, qui l'échauffé, la dissout et forme avec elle une pale fine ;t blanche douée de qualités alcalines très-énergiques. || Chaux éteinte, c'est la même chose que la chaux hydratée, lorsqu'elle est refroidie. C'est avec la chaux éteinte et le sable qu'on forme le mortier le plus solide. Bâtir à chaux et à sable, bâtir trèssolidement. || Chaux hydraulique, celle qui durcit sous l'eau. |j Chaux maigre, celle qui n'augmente pas au contact de l'eau. On dit dans le sens opposé chaux grasse. || 2° Lait de chaux, blanc de chaux, chaux éteinte étendue d'assez d'eau pour s'étaler avec le pinceau et couvrir les murs comme un badigeon. || Eau de chaux, eau qui tient de la chaux en dissolution. || 3" Terme de chimie. Protoxyde de calcium, alcali qu'on obtient en calcinant les carbonates calcaires naturels. || Dans l'ancienne chimie, chaux métalliques, tous les oxydes métalliques, de couleur plus ou moins blanche, obtenus en exposant les métaux à l'action du feu. || Proverbe. Cela est fait à chaux et à ciment, ou à chaux et a sable, se dit d'une affaire qui est faite solidement, avec toutes les formalités nécessaires. Etait à lui par hyménée Conjointe a chaux et à ciment, scarron, Virg. travesti, dans leroux, Dict. comique.

— HIST. XIIe s. E il fist cax et pierre atraire, Rom, I02H. || xme s. Et fist porter à tous communément la chaut et le mortier, h. de valenc. xi. Cil des vaissiaus lor jettoient chau vive es ielx, id. xxxii. L'en doit conter à droiture d'une teueure, puiser et abruver ses bestes, et droiture de pestre là, si et de fere i la chous, et de sablon foïr, Liv. de just. (4t. Boine chauc vive, alebrant, f" 34. Il xve s. Mais sa conséquence et sa preuve Ne tiennent à chaulx ne à sablon, coquillart, Plaidoyer de la simple et de la rusée. || xvie s. Et mettras en l'eaue quelque quantité de chaux esteinte pour mieux les blanchir, pare, iv, cha;>. compl. Prenez chaux vive lavée par neuf fois, puis incorporée avec onguent rosat, id. x, 9. Si très fort a esié cassé [le fondement de la justice]. Qu'il ne tient ne à chaux ne à sable, l'Ancien monde gottic, dans fabre, Études sur la Basoche, p. 272.

— ÉTYM. Wallon, chdse ; namur. chause; rouclii, cauche; picard, keuche, keux, caus; provenç. cals, caus-, quaus; catal. cals; espagn. et portug. capital, calce ; du latin calx, calcis.

t CHAVANT (cha-van), s. m. Un des noms vulgaires de la hulotte.

— ETYM. Radical chav ou chau, le même qui se trouve dans chouette (voy. ce mot et aussi chathuant à l'étymologie).

CHAVIRÉ, ÉE (cha-vi-ré, rée), part, passé. Une barque chavirée.

t CHAVIREMENT (cha-vi-re-man), s. m. Terme de marine. Action de chavirer; état d'un vaisseau qui chavire. Le chavirement de l'embarcation.

— ÉTYM. Chavirer.

CHAVIRER (cha-vi-ré), v. n. Terme de marine. Il 1" Etre tourné sens dessus dessous. La barque chavira. Nous fûmes deux fois près de chavirer. chateaub. Itin. 26v II Fig. et familièrement, mal tourner, ne pas réussir. Un jeune homme chavire quelquefois au début de la vie. Ce négociant a chaviré, y 2° V. a. Terme de marine. Retourner un objet, le mettre sens dessus dessous.

— REM. Chavirer se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on veut exprimer l'action : le navire a chaviré par un coup de lame ; avec l'auxiliaire être, quand on veut exprimer l'état : le navire est chaviré.

— ÉTYM. Cha ou ca pour cap, chef, tête (voy. ciii.f), et virer.

; ■ CHAVOCHE (cha-vo-ch'), a\ f. Un des noms \ ulgaire de la chevêche.

— ÉTYM. Voy. CHEVECHE.

t CHAVREAU (cha-vrô). s. m. Sorte de bêche triangulaire et un peu courbée.

— ÉTYM. Sans doute l'ancien français chaver , creuser.

f CHEACS (che-ô), x. m. plur. Terme de chasse. Les petits du loup, du chien et du renard.

— HIST. xme s. Car après vinrent li chael, Et li venieres les semont, Ren. t. 1, p. 92.

— ÉTYM. Provenç. cadel ; catal. cadell; ital. catello; du latin catcllus, diminutif de canis (voy. chien).

CHEBEC (che-bèk), s. m. Terme de marine. Bâtiment à trois mâts de la Méditerranée, allant à voiles et 5 rames.

— ÉTYM. Ane. franc, chabek ; espagn. jabeque ; anc. portug. enxabeque ; port. mod. enxavrque, xaveco, chareco; ital. sciabecco, Uambeceo, zambecco; génois, sciabeca; tous mots qui signifient chebec, et dont l'origine est ignorée.

CHEF (chef; au pluriel Vs ne se lie pas : les chef et les soldats; cependant quelques-uns lient : les chef-/ et les soldats), s. m. || i°Tète. Le chef de saint Jean-Baptiste. Et que peut plus un corps dont le chef est àbas?ROTR. StGen.v, 2. Je veille sur les miens, mes soucis les conservent, Comme le chef a' soin des membres qui le servent, corn. Cid, 11, 7. Le corps n'est non plus vivant sans le chef que le chef sans le corps, pasc. Pensées, 11, (7. Et son chef couronné De cent fleurs de lis d'or, Régnier, Épil. 1. C'est sous cette croix terrible qu'elle baisse son chef sacré, mass. Car. Passion. La marque effroyable de royauté dont on l'a couronné déchire son chef auguste, id. ib. L'onction fut répandue sur son chef sacré, id Or. [un. Villcroy. Le chef orné de longs ehéVeux en tresses, volt. Ingénu, 1. Je creusai à mon général une fosse profonde, j'y réunis le tronc et le chef de Maurice, chateaub. Mart. 230. || Par mon chef, sorte de jurement autrefois en usage et qui. signifiant par ma tête, exprimequ'onmetsa tète pour garant. Par mon chef, c'est un siècle étrange que le nôtre, mol. VÉtour. 1, 6. || Par extension, tête de bétail. Il avait deux cents chefs de brebis. Il est vieux. || 2° Principal. Abbaye chef d'ordre, ou, simplement, chet d'ordre, la principale maison de l'ordre, celle dont les autres dépendent. || Terme de marine. Chef d'eau, synonyme de haute ou pleine mer. || 3° Premier ancêtre. Le chef de la famille des Montmorency. Ma famille eut pour chef Un des fils de Pépin le Bref, bérang. Carab. || Chef de famille, celui qui tient le premier rang dans une famille. Ce jeune homme, ayant des frères et des sreurs plus jeunes que lui, est devenu, par la mort de son père, chef de famille. || Chef du nom et des armes ou chef de nom et d'armes, celui qui est le premier de la branche aînée d'une grande famille. || Terme de jurisprudence. Du chef, d'où un droit procède. Venir à une succession de son chef. Il a tant de biens du chef de son père. Il a eu cette terre du chef de sa femme. Notre prince a des dépendants, Qui, de leur chef, sont si puissants, Que chacun d'eux pourrait soudoyer une armée, la font. Vabl. 1, <2. De son chef il ne devait rien, boss. i, Pass. t. Les enfants sont de leur chef associés à son droit, j. j. BOUSS. Éron. 3. || De son chef, de son propre mouvement, de son autorité privée. J'ai été voir de mon chef M. de Lamoignon. sév. 492. Vous m'écrivez de votre chef au coin du feu, in. Hi4. Monsieur, je vous respecte trop pour vous rien dire de mon chef qui vous déplaise, regnahd, Sérénade, 16. Il met de son chef des règles à tout ce qui nous est prescrit, montesq. Es/k iv, 2. Au lieu de vous dire de mon chef ce que je pense, j. j. rouss. Ém. iv. Il 4° Celui qui est à la tête, qui dirige ou commande. Le pape est le chef de l'Église. Les chefs des douze tribus. Ces mutins ont pour chefs les gens de Laodice, corn. Nicom. v, 8. Elle avait encore gagné un maire de Londres dont le crédit était grand, et plusieurs autres chefs de la faction, boss. Reine d'Anglet. L'homme de la nature est le chef et le roi, boil. Sat. vin. Ils n'attendent qu'un chef contre la tyrannie, rac. Mithr. ni, t. Je le fis nommer chef de vingt rois ses rivaux, rac. Iph. m, 6. C'est [Benoît XIV] le pape des savants; or les savants ne peuvent rien faire de mieux que d'avoir pour leur chef celui qui l'est de l'Église, montesq. Correspond. 49. || Le chef du jury, nom donné par extension a celui qui est désigné le premier pour faire partie du jury et qui doit porter la parole pour

dire oui ou non. || Chef, en parlant d'une femme. En mémoire de cet événement [l'affaire du Pruth|, il voulut que la czarine instituât l'ordre de Ste-Catherine dont elle serait chef et où il n'entrerait que des femmes, tontes. Cznr Pierre. || 5° Général d'armée. Il est du devoir d'un bon chef.... Ce t ce qu'a vu notre siècle; et, ce qui est encore plus grand il a vu un roi se servir de ces deux grands chefs [Condé et Turenne], et profiter du secours du ciel, boss. Louis de Rourbon. De là vient ce parfait concert qui fait agir les armées comme un seul corps, ou, pour parler avec l'Écriture, comme un seul homme; pourquoi comme un seul homme? parce que, sous un même chef qui connaît et les soldats et les chefs comme ses bras et ses mains, tout est également vif et mesuré, ross. ib. \\ Les officiers des différents grades. Obéir à ses chefs. Cette ardeur qui des chefs passe aux moindres soldats Anime tous les cœurs, fait agir tous les bras, corn. Les victoires du roi II Chef de corps, colonel dans l'infanterie, chef de bataillon dans les chasseurs de Vincennes, etc. Le ministre enjoint aux chefs de corps.:.. H Chef d'escadron, de bataillon, officier qui commande un escadron, un bataillon. ]| Chef de poste, celui qui commande un poste. || Chef d'escadre, autrefois officier supérieur de marine qu'on nomme aujourd'hui contre-amiral. |[ 6° Terme d'artillerie. Chef de pièce, l'artilleur qui dirige la manœuvre d'une pièce et qui la pointe. ||7° Chef de file, l'homme qui est le premier d'une file d- gens de guerre à pied ou à cheval. || Ternie de marine. Le vaisseau qui est le premier de la ligne de bataille, qui tient la tête de l'armée. || Fig. Chef de file, meneur. C'est lui qui est le chef de file de tous ces gens-là. Il 8° Terme d'administration. Chef de division, de bureau, celui qui dirige le travail des employésd'une division, d'un bureau. || Anciennement, chef de pont, synonyme de chableur. || 9° Dans l'industrie, chef d'atelier, celui qui dirige les travaux d'un atelier. || Chef industriel , chef d'industrie, chef d'un grand établissement industriel! || Terme de rorderie. Chef de roue , celui qui conduit la roue. H 10° Au théâtre, chef d'emploi , celui qui remplit en chef les rôles de même caractère. ||Chef d'orchestre, celui qui dirige un orchestre. || Chef d'attaque, musicien chargé de conduire les chanteurs qui, dans un chœur, chaînent la même partie. Les chefs d'attaque marquent les entrées. Il 11° Dans les choses de la bouche, chef d'office, de cuisine, et, absolument, chef, celui qui préside à l'office, à la cuisine. || Dans quelques cours, chef de gobelet, chef de fruiterie, le principal officier du gobelet, de la fruiterie. || 12° En chef, loc. adv. En qualité de chef. Ingénieur en chef. Ayant commandé des armées en chef, sév. i a*. || Être, travailler en chef dans une affaire, avoir la principale direction. Il 13" Article, division, point en discussion. J'ai réduit ce grand sujet à trois chefs, boss. Aumône, i. On peut classer la littérature sous ces trois chefs principaux : philosophie, histoire, éloquence, chateaub. Génie, m, 11. I . Ces lois avaient plusieurs chefs et l'on enconnaît trente-cinq, montesq. Espr. xxill, 21. Les chefs d'une requête, pathu, Plaid. 4, dans richelet. Voilà comme il parle sur tous ces chefs, et c'est sur quoi je m'imagine qu'il croit avoir le pouvoir de résister à la grâce, pascal, Prov. (8. Si l'ambassadeur est lésé dans quelques chefs qui ont été réglés, la bruy. x. Elle n'approuvait pas la réformation d'Edouard en tous ses chefs, boss. Var. to. Ils vivaient sous la foi des anciennes prophéties qu'ils avaient vues s'accomplir si précisément à leurs yeux en tant de chefs, id. Ilist. n, 5. Il y a grande apparence que vous gagnerez un chef de votre procès, volt. Dial. 2. || 14" Point d'accusation. L'accusation se réduisait à deux chefs, p.os^. Conc. L'auteur ne dit rien sur ce dernier chef d'accusation, m. Préf. Un de leurs plus grands chefs d'accusation et où ils insistaient le plus était celui-ci.... pasc. Prov (9. || Crime do lèse-majesté au premier chef, attentai, conspiration contre la personne du prince. Crime de lèse-majesté au second chef, attentat contre l'autorité du prince nu contre l'intérêt de l'État. Les crimes de lèse-majesté au premierclief, iwsc. Prou. 1 i. Dans le cas du crime de lèse-majesté au premier chef, montesq. Espr. v, ts. Il Fig. Attaquer ce préjugé, crime de lèsemajesté au premier chef, dider. Princ. de polit. B8. Il 15" Terme de manufacture. La tête d'une étoffe, le bout par lequel on a commencé à la fabriquer. H Terme de chirurgie. Les chefs d'une bande, les bouts, les extrémités de la bande. || Fig. Venir à chef, venir à bout.... aucun d'eux ne put venir à chef De son dessein, la font. Rem, Jean Chatel n'a ['as

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raisàchef son entreprise, volt. Mœurs, !74. 11 pense mettre à chef quelque belle entreprise, Régnier, Sat. ix. Celte tournure a vieilli, et venir à bout la remplace -< m raleraent. I| 16" Morceau de pâte réservé pour servir rie levain. || Côte à pie d'une carrière. || La partie du devant d'un bateau. || 17° Terme dépêche. Chef de brème, brème rouge. || 18° En termes de blason, le chef est une pièce honorable qui occupe le tiers le plus haut de l'écu. La qualité en est déterminée par quelque autre mot, comme chef paie, chef bandé, etc.

— IltST. Xe s. Ad une spede [il] li roveret [commanda] tolir lo chief [tète], Eulalie. Un edre [lierre] sore sen cheve, Fragm. de Valenc. p, 468. ||xie s. Assez est miex qu'il i perdent les chefs [tètes], Ch. de Roi. m. Dist l'archevesque : je irai, par mon chef [par ma tête] ! ib. lxii. Je lui toldrai la courone du chef, tô. clxxxix. Et si [il] chevauche au premier chef davant, ib. ccxxx. || xne s. Au chef [sommet] d'une montagne, Ronc. p. I. Clina son chief, ib. p. 7. En chief [tête] li lacent un baume poitevin, Rime. p. 50. D'un chief en autre [de bout en bout] [il] lui a fraite [la targe] et c.roisie, ib. p. 58. Si chevauchez au primer chef devant, ib. p. 4 34. Les chez fions, mainte barbe i ont blauce, ib. p. * 34. Et son col blanc, son chief blond et luisant, Couci, v. Â chief de tour [après tout] foloient li plus sage, ouesnes, Romancero, p. se. Li uns consoille l'autre à quel chef pourront traire [à quelle fin ils pourront arriver], Sax. xxxi. Il n'en venront à chief, mes cuers le senefie [l'annonce], ib. xxxn. E Adam e li clerc nen unt chief se deu nun. Th. 1e mart. 32. Bien vaigniés, dame, ce li a dit li rois. Diex vus saut, sire, dist la dame au chief blois, Raoul de C. 265. || xin' s. Perdue avoit la veue par une plaie qu'il avoit eue el chief, villeh. xl. Adonc pristrent un parlement au chief [à la fin] du mois à Soissons, id. xxv. Tel couronne [elle] ot ou chief, qui moût lui atalente, Berte, x. Dort la roïne Berte, sous son chief une pierre, ib. xl. Ce fu par un lundi, au chief de la semaine, ib. l. Ains que de ceste chose à bon chief [nous] ne venons, ib. lxxvii. Par la lance saint Jacques! dist li rois, fai ent çou qu'il te plaist: mais je croi que tu n'en venras à cief; car Knglois sont traïtour et félon, Ch. de Rains, 4 54. Et avint que Miles li esleus de Biauvais qui estoit ciés d'eaus [eux], s'en vot revenir en Franche, ib. 4»3. Mes le sens, qui le vuetacquene, Tant cum il puet vivre sor terre, Fait à son mestre compaignie, Et miex vaut au chief [bout] de sa vie Qu'il ne fist au commencement, la Rose, 83«4. À chief de pièce [à la fin], ib. 230t. Nus ne vit onques nului qui en uzast, qui en venist onques à bon quief, beaum. xi, 26. Et cil afere fust renvoiez de chief au roi, por ce qu'il ne fust pas prové que le conseil à l'autre fust requis en tens convenable, Liv. dejust. 48. Le chief seignor dou reiaume de Jérusalem peut fié [fief] douer dou demaine de sa seignorie, Ass. de J. i, 215. Quant fl se retournoit et veoit que les Turs estoient entrés par l'autre chief [bout], il leur recourait sus l'espée au poing et les en chaçoit, joinv. 25t. Le roy etnousalames jusquesau chief [au bout] du courtil, id. 285. Au chief de îx jours, les corsde nos gens que il avoient tuez vindrent au desus de l'yaue, id. 235. Babyloine [le Caire] estoit le chief [la capitale] de tout le royaume d'Egypte, id. 24 9. Le mestre s'agenoilla et tendit le chief de son mantel au roy, et abandonna au roy quanque il avoient à prenre pour s'amende, tele comme il la voudroit deviser [régler], id. 268. ||xves. Je la reprendrai [la chevauchée du duc de Lancastre] où je la laissai, car j'ai grand désir de la continuer et mettre à chef et conter comment elle se fit, froiss. h, ni, 82. Quand le duc d'Anjou vit qu'il n'en viendroit point à chef, id. ii, n, 20. Mais que vous me promettez que du corps mal ne lui ferez. Par mon chef, dit le comte, nennil, id, i, i, 454. À nud chef, et la hart au col [Eustache de St-Pierre], id. i, i, 321. Un escu d'azur à un chef d'argent, id. i, i, 34. Sa bannière [du sénéchal de Carcassonne] qui estoit de gueules à un chef d'argent et à deux demi chevrons au chef, id. i, i, (37. Or avint que, au chef de deux jours, ce tourment [tempête] cessa, id. i, i, 48. Londres qui est le chef d'Angleterre, id. i, i, 23. [Les chevaliers envoyés pour reconnaître les morts rapportent au roi] que onze chefs de princes estoient demeurés sur la place, id. i, i, 295. Je tiens amans pour folz, ne leur desplaise, De travailler sans riens mener à chef, en. d'orl. Rondeau. Lequel sembloit aussi bien prince et grant chief de guerre comme nul autre que veisse, comm. I, <•■ S. chef de pièce [à la fin], ce désiré jour fut assiené, louis xi, Nouv. i. Je ne doute pas que je

n'en vienne bien à chef, id. ib. m. Elle lui va dire, de chef en chef et de bout en bout, tout le fait, m. ib. xiv. Lors lui va conter, de chef en bout, l'avertissement et conseil, id. ib. xxvi. || xvie s. Ce dist Paris : |e suys le chef de France, j. marot, v, 24g. Comme si le chef et principal de toutes vertus eust esté, calv. Instit. 17t. Pour aller veoir Jésus Christ nostre chef, marot, i, 274. Ou si au chef lui trouvez attaché Chappeau de fleurs, qu'il luy soit arraché, id. i, 362. Et n'est doctrine escripte, ne verballe, Qu'un vrai poète au chef ne deust avoir, m. n, 169. Si luj a dit à chef de temps ainsi : Que cherches-tu en ce palais icy? id. iv, 58. Ce jour premier fut la cause et le chef Et de la mort, et de tout le meschef, dubell. iv, 44, recto. Un qui veit à chef de pièce [à la fin] un sien esclave fuitif qui le suivit, la boetie, 307. Le chef [commandant] d'une place assiégée, mont, i, 23. Celuy qui debvoit conduire l'entreprinse à chef, estoit.... id. i, 1 27. Chrysippus et Zenon, chefs delà secte stoïcque, id. i, 240. Xantippus feit enterrer son chien sur un chef [cap] en la coste de la mer qui en a depuis retenu le nom, id. n, 4 35. De respondre à un propos où il y eust plusieurs divers chefs, il n'est pas en ma puissance, i». m, 54. Sur cette roule, au chef [bout] de ebasque journée, il y a de beaux palais, id. iv, 26. Leurs lieutenants leur ont mis à chef de grandes entreprises, id. m, 90. Finablement, ayant conduit l'œuvre totale à chef, amyot, Épîi. Far le dénombrement du peuple il fut trouvé cent trente nulle chefz contribuans, en ce non compris les enfants orphelins ni les femmes vefves, id. J'ubl. 23. Au long du port de Pirœe à venir de devers le chef [cap] de Alcimus , id. Thém. 58. Ce lieu estoit fatalement destiné pour estre une fois le chef de toute l'Italie, id. Cam. 54. Les longs cheveux de ton beau chef doré, id. Flamin. 25. Pendant qu'il avoit esté seul en chef capitaine, id. Nicias, 38. Peu de jours après se présenta devant le chef [cap] de Caux trente cinq navires anglesches, m. du Bellay, 595. La ligature ou bande retentrice se lait quelques fois avec un chef, ou avec plusieurs, paré, vu, 5.

— ÉTYM. Berry, ché ; wallon, chîf; di chif à coive, de chef en queue, du commencement à la fin; provenç. cap ; espagn. xefe, chef; calo, bout; ital. capo; du latin caput, tète. Dans le vieux français, nominatif singulier, ehés ou chies; régime, chef.

CIIEF-D'OEUVRE (chè-deu-vr'), .y. m. || 1° Ouvrage que faisait un aspirant ou une aspirante pour se faire recevoir maître ou maltresse dans le métier qu'ils avaient appris. Les jurés ou les jurées donnaient le chef-d'œuvre à l'aspirant ou à l'aspirante, qui le devaient faire devant un certain nombre de maîtres ou de maîtresses. Qu'il fasse toujours son chef-d'œuvre, et que jamais il ne passe maître, j. j. rouss. Ém. ni. Nul artisan n'est agrégé à aucune société ni n'a ses lettres de maîtrise sans faire son chef-d'œuvre, la bruy. Préface au Disc, à l'Ac. française. Les gens de métier font leurs chefs-d'œuvre à jeun, mais le parasite ne vaut rien s'il n'a mangé, et il fait tous ses chefs-d'œuvre à table, d'ablancourt, Lucien, dialogue du parasite. || Aujourd'hui, ouvrage auquel un ouvrier met tous ses soins, toute son habileté, pour s'en faire honneur. || 2° Œuvre parfaite et très-belle en son genre. Un chef-d'reuvre d'architecture. L'homme est le chef-d'œuvre de la nature. Les chefs-d'œuvre de Corneille. Mais quoi ! c'est un chef-d'œuvre où tout mérite abonde, Un miracle du ciel, une perle du monde, Un esprit adorable à tous autres esprits, malii. vi, 25. On n'a guère vu jusqu'à présent un chef-d'œuvre d'esprit, qui soit l'ouvrage de plusieurs, la bruy. i. L ignorance et l'erreur à ses naissantes pièces [de Molière], En babils de marquis, en robes de comtesses, Venaient pour diffamer son chef-d'œuvre nouveau, Et secouaient la tête à l'endroit le plus beau, boil. Ép. vu. J'ai eu soin d'avertir plusieurs fois qu'on ne doit juger les grands hommes que par leurs chefsd'œuvre, volt. Lettr. Maillet, 20 nov. 4 768. La tragédie de Macbeth qu'on regarde comme un chefd'œuvre de Shakspeare, volt. Lettr. Duclos, 25 déc. 4 76t. Forçons l'antre funeste où l'on tient enfermé Ce miracle d'amour, ce chef-d'œuvre animé, botrou, Anlig. v, 3. |j 3° Fig. Toute œuvre, toute action qui mérite quelque louange. C'est un chefd'œuvre d'avoir réconcilié ces deux adversaires. J'ai fait un chef-d'œuvre : j'ai été voir Mme de Ricouart, sév. 505. Si vous étiez moins hasardeuse, j'aurais plus de repos; mais vous voudrez faire des chefsd'œuvre, passer où jamais carrosse n'a passé, sév. 435. Il Un chet-d'œuvre d'habileté, de patience, une œuvre où éclate l'habileté, la patience; et ironique-

ment, un chef-d'œuvre de malice, de bêtise, d'impertinence. Cette harangue était un chef-d'œuvre d'impertinence , balz. dans richelet. || Ironiquement. Un beau chef-d'œuvre, une œuvre, une action dont il n'y a pas lieu de se vanter. Voilà de ses chefs-d'œuvre. La drôlesse, un matin, s'en vint, bon jour, bonne œuvre. Jusqu'à notre maison porter ce beau chef-d'œuvre [un enfant trouvé], regnard, Démocr. v, 5. Ils vous auront beaucoup d'obligation, et vous avez fait là un beau chefd'œuvre, volt. Platon. Il Au plur. Des chefsd'œuvre, c'est-à-dire des choses capitales en fait d'oeuvres.

— REM. Au pluriel , Malherbe a donné une s à chef-d'œuvre : Tous ces chefs-d'œuvres antiques, 11, 2. En poésie, cela pourrait se dire; car, en définitive, des chefs-d'œuvre peuvent être consii.'jrés comme des chefs d'oeuvre en général, ou comme des chefs d'œuvres en particulier pour chacune des opérations qui les ont produits.

— HlST. xiii" s. Se li aprentis set faire un chief d'eevre tout sus [seul], Liv. des met. 2tG. Chief de cevre de deux piaus ne doit noient, ib. 28). || xvie s. Ung chef d'ouvraige, J. marot, v, 481. Françoises sont chefs d'oeuvre de nature, id. v, 251. Tu as fait un beau chef d'oeuvre, ayant fait élire consul Lepidus le plus estourdy fol qui soit en toute ceste ville, amyot, Sylla, 70 Et pour ce, sire, estant ceci un chef d'œuvre [une somme] , et l'amas de tous les travaux d'un de vos serviteurs et sujects, paré, Dédie. L'ame ostée de ce beau chef d'œuvre [le corps], ce n'est plus qu'un vaisseau plein de corruption, id. Au lecteur.

— ÉTYM. Chef, de, œuvre.

CHEFECLER (ehè-fe-cié), s. m. Voy. chevecier.

j CHEFEERIE (chè-fe-rie), s. f. Circonscription dans laquelle un officier du génie exerce ses fonctions.

— ÉTYM. Chef.

CHEF-LIED (chèf-lieu), s. m. || 1° Autrefois principal manoir d'un seigneur, d'un chef d'ordre. Il 2° Aujourd'hui, ville ou bourg, siège d'une division administrative. Chef-lieu de département ou de préfecture, d'arrondissement, de canton. || Au plur. Des chefs-lieux, c'est-à-dire des lieux qui sont chefs.

— HlST. xvie s. Le nouveau vassal doit aller trouver son seigneur en son chef lieu, là. demander s'il y est, ou autre pour lui, ayant pouvoir de le recevoir en foi, ioysel, 556. Le cheflieu ou maistre manoir [du fief], id. 64 4.

— étym. Chef, lieu.

f CUÉGROS (ehé-grô), s. m. Terme de cordonnier. Fil enduit de poix.

— étym. Chef, gros.

CHEIK. ou SCHEIK (chèyk, en une seule syllabe; on l'entend aussi prononcer chèk), s. m. Chef de tribu arabe. Ils jugèrent que mon domestique était le scheik, chateaub. ltinér. n, 403.

— HlST. xnic s. Il avoient fait chevetain [capitaine] d'un Sarrazin qui avoit à non Scecedm. le filz au seic, joinv. 221. ,

— ÉTYM. Arabe, scheikh, vieillard.

f CHEIL.... Pour les mots scientifiques composés de cheil.... /t'O.o:, lèvre, voy. cuil....

t CHÉIR.... Pour les mots scientifiques composés de che'ir.... y.sip, main, voy. chir....

t CHÉIROPTÈRE (chéi-ro-ptê-r') , adj. Voy. cmroptèhe.

f CHELEM (che-lèm', et, ordinairement, chTem), s. m. Coup, au whist et au lioston, qui consiste à faire à deux toutes les levées. Je crains un chelem. Il Adj. invariable , signifiant qu'on n'a fait aucune levée. Faire chelem. Nous sommes chelem.

f CHÉLICÈRE (ké-li-sê-r'), s. f. Terme d'entomologie. Nom de deux pièces de la tête des arachnides représentant les antennes intermédiaues des crustacés décapodes.

— ÉTYM. Xr.Ari, pince, et xÉpac, corne.

CHÉLIDOINE (ké-li-doi-n'), s. f. || 1° Terme de botanique. La grande chélidoine, vulgairement nommée éclaire (chelidonium majus, L.). qui croit dans les murailles et les décombres, et contient un suc jaunâtre, caustique, très-amer. || 2° Terme de minéralogie. Pierre précieuse. || Petits cailloux appartenant aux agates, on dit aussi pierres d'hirondelle.

— HlST. xme s. Se vus avez as oilz manjue [démangeaison], Dune prenez celidoine et rue, Ms. St Jean. || xvr s. Aussi les guérit le jus de chélidoine, le lait de tithymal, paré, v, 2).

— ÉTYM. Xe>.io6vtov, de y.f-ÀiSùv, hirondelle, à cause qu'on disait que l'hirondelle se servait de cette plante pour rendre la vue à ses petits.

CHE

| CHÉLIDONINE (ké-Ii-dô-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Principe trouvé dans la chélidoine.

CHELINGDE (ch e-lin-gh'), s. f. Terme de nu- Bateau a tond plat dont on se sert sur les côtes de l'Inde.

CHÉLODONTE (ké-lo-don-f), adj. Terme d'enigie. Oui a les dents en forme de pince. || S. m. Les chélodontes, famille d'arachnides.

— ÉTYM. Xr,)ir;, pince, etôooù;, dent.

t CHELOÏDE (ké-lo-ï-d'). s. f. Terme de chirurgie. Tumeur irrégulière qui a le plus ordinairement son siège sur la partie antérieure de la poitrine, et qui offre souvent des digitations.

— ÉTYM. Xvr;, pince d'écrevisse, et eîSo;, forme. L'étymologie montre que l'orthographe kéloïdc qu'on trouve quelquefois est mauvaise.

f CHELONIEN (ké-lo-niin), s. m. Terme de zoologie. Ordre premier de la classe des reptiles, auquel la tortue a donné son nom et qui renferme les reptiles quadrupèdes à queue rudirnentaire pourvus d'une carapace.

— ÉTYM. Xs)<»vy), tortue.

jCHÉLOMTE (ké-lo-ni-f), s. f. Tortue pétrifiée, pierre de tortue.

— ÉTYM. Xe).«ivr,.

t CHÉLONOGRAPHE (ké-lo-no-gra-f) , s. m. Naturaliste qui s'occupe particulièrement des tortues.

— ÉTYM. X;) (.')'/?] , tortue, et ypâjîiv . décrire.

t CHÉLONOGRAPHIE (ké-lo-no-gra-fie) , s. f. Description îles tortues.

| CHÉLONOPHAGE (ké-lo-no-fa-j') , adj. Qui vit de tortues, qui mange des tortues.

— ÉTYM. Xe/wvii, tortue, etçayeîv, manger.

t CHËLOPODE (ké-Io-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pieds armés d'ongles crochus.

— ÉTYM. Xr,)-!-,. pince, et Tioûç, Ttooô;, pied.

| CHELOUP (che-loup'), s. m. Terme de marine. Petit navire caboteur.

— ÉTYM. Forme altérée de j?oop.

CHËMER (SE) (ché-mé), r. réfl. Maigrir, tomber en chartre. Voilà un enfantqui sechême. Vieilli.

— HIST. xnr s. Mais je feroye à Karle l'arne du cors semer, tes quatre fils Aymon, v. 500.

— ÉTYM. Berry, semer, sener, cener, couper, châtrer ; provenç. semar , priver, sem, privé; anc. catal. sem, privé; ital. scemare, diminuer, amoindrir; scemo, anciennement semn, amoindri; piémontais, semé; bas-latin, semus, mutilé, simare, sandre, mutiler; sematioetscematio, mutilation ; du latin semis, demi; de sorte que cliemer, semer, semar, scemare, c'est proprement réduire à moitié. On remarquera le changement de l'a latine en ch ou se.

t CHEMÉKAGE (che-mé-ra-j') , s. m. Terme de droit féodal. Droit d'aînesse en vertu duquel les puînés tenaient de l'alné leur portion de fief en hommage. ,

— étym. Chemier.

f CUE.MIER (che-mié), s. m. Terme de droit féodal. L'aîné d'une famille noble qui jouissait du chemérage.

— ETYM. Contraction de chef premier.

CHEMIN (che-min' , s. m. || 1" Toute voie qu'on

peut parcourir pour aller d'un lieu à un autre. Se détourner de son chemin. Un chemin facile. Enseigner, montrer à quelqu'un son chemin. Hamilton se trouvant sur son chemin.... il le prit dans son carrosse, hamilt. Gramm. ». Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats, malh. v, 2. Le reste m'a suivi par un autre chemin, hac. Baj. v, 8. Prends ton chemin vers Suse, id. Esth. 1, 1 . Les rois d'Assyne apprirent le chemin de la terre sainte, iioss. Uist.i, ~i . Et si l'envoyé moscovite à Vienne n'avait adroitement fait évader ces malheureux par divers chemins, ils étaient tous livrés à leurs ennemis, volt. Charles XII, a. || Le bon chemin, le chemin qui conduit où l'on veut aller; le mauvais chemin, celui qui n'y conduit pas ; et figurément, bonne conduite, mauvaise conduite. Qu'il est aimable ! qu'il prend un bon chemin! sév. 555. Elle crut en avoir assez fait pour le mettre dans le bon chemin, hamilt. Gramm. 4. Elle se peut vanter d'être dans le bon chemin de la convalescence, sév. 318. || Par voie et par chemin, pai tous les chemins qui s'offrent. Courir par voie et par chemin, aller de tous les côtés, beaucoup courir. L'ambitieux, ou, si l'on veut, l'avare, S'en va par voie et par chemin, la font. Fab. vu, 12. y Le chemin du paradis, un chemin étroit, un défilé où l'on ne va qu'un à un. || Sur les chemins, en roule, en voyage. Sur les chemins que t'est-il arrivé? mol. Ampli. 11, i. || Être en chemin, aller vers; se mettre en chemin, partir, se rendre à sa destination. Sans oser répliquer, en clie-

r>!CT. I>E LA LANGUF FRANÇAISE.

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