DER1E
[CHAUDRET (chô-drè), s. m. Voy. chauderet.
f CHAUDRETTE (chô-drè-f) , s. f. Terme de pèche. Voy. c.uDrette.
CHAUDRON (chô-dron), s. m. || 1° Petite chaudière pour les usages de la cuisine. Faites bouillir cela dans un chaudron. C'est en frappant des chaudrons qu'on rappelle les essaims fugitifs des abeilles, buff. De Fouie. Les trois sorcières [dans Macbeth] arrivent au milieu des éclairs et du tonnerre, avec un grand chaudron dans lequel elles font bouillir désherbes, voltaire, Letir. Duclos, 25 déc. 1761. || 2° Terme de marine. Calotte de plomb qui garaulit la pompe des ordures de la cale. || Calotte de cuivre clouée sur les habitacles au-dessus des lampes. || 3" Terme de mépris. Mauvais instrument à cordes qui sonne comme un chaudron frappé. Ce piano
CHA
n'est qu'un chaudron. C'est un chaudron que votre guitare. I| 4° Partie où l'on met les parfums, dans une cassolette. || 5° Espèce de baquet ou tonneau coupé pour mettre tremper les boyaux. || Proverbe. Le chaudron machure la poêle, c'est-à-dire un voisin diffame son voisin.
— SYN. chaudron, bassine (ustensiles de cuisine). La bassine est moins haute de bord: elle a deux poignées, tandis que le chaudron a une anse mobile qui permet de le suspendre.
— HIST. xiue s. Mort l'abat en un chauderon; Or n'i faut il, se poivre non, bvrb. Fabliaux, t. iv, p. 93. || xive s. Chaudières, chauderons et maint bon lit paré, Guescl. 19517. || xvie s. Si d'adventure il rencontroit gens aussi fols que luy, et, comme dit le proverbe, couvercle digne du chaudron, rab. Garg. i, Prologue. Deux chauderons d'argent blanc, à mettre potaige, laborde, Émaux, 209.
— ÉTYM. Dérivé de chaudière ou chaude rc ; l'ancienne orthographe étant chauderon. Picard, eaudron, keudron ; espagn. calderoh; ital. calderone.
CHAUDRONNÉE (chô-dro-née), s. f. Ce que contient un chaudron.
— ÉTYM. Chaudron; picard, couedronnée ; wallon, gadronéie.
CHAUDRONNERIE (chô-dro-ne-rie), s. f. L'art, le commerce, la marchandise du chaudronnier.
— ÉTYM. Chaudronnier.
CHAUDRONNIER, 1ÈRE (chô-dro-nié, niè-r'), s.
m. et f. Celui, celle qui fait ou qui vend les divers ustensiles de cuisine en cuivre, particulièrement les vases, chaudrons, bassines, casseroles, etc. Il Ad). Maître, garçon, apprenti chaudronnier. Il Chaudronnier planeur, celui qui ne fait que planer, polir et brunir des planches de cuivre pour la gravure.
— HIST. xive s. À Jehan de Richebourt, chaud eronnier, pour un long coffre de boys ferré par dedans, tout au long et par dehors , de laborde, Émaux, p. 202.
— ÉTYM. Chaudron; picard, kcudrier, keudrongner.
CHAUFFAGE (chô-fa-j'), s. m. Action de chauffer; manière de tirer le meilleur parti possible d'un combustible pour l'élévation de la température des enceintes closes. Méthode de chauffage. Bois de chauffage. J'ai payé vingt francs pour le chauffage. Le stère est l'unité pour le lois de chauffage. || Droit de chauffage, droit de prendre du bois dans une forêt pour son usage. || Terme de marine et de chemin de fer. Action de chauffer un navire à vapeur, une locomotive.
— ÉTYM. Chauffer.
CHAUFFE (chù-0 , s.f. || 1° Terme de métallurgie. Action de chauffer. Donner une chauffe. || Terme de fondeur. Le fourneau où brûle le combustible employé à la fonte des pièces. || 2" Surface de chauffe la partie d'un appareil que l'on doit chauffer || 3" Opération entière de la distillation. || 4" Temps employé au chauffage d'un appareil.
— ÉTYM. Voy. CHAUFFER.
t. CHAUFFÉ, ÉE (chô-fé, fée), part, passé. Rendu chaud. Une pièce chauffée par un poêle. Du fer chauffé à blanc.
f 2. CHAUFFÉ (chô-fé), s. m. Espace où le fondeur allume le feu, sous le fourneau qui contient le métal à fondre.
f CHAUFFE-ASSIETTES (chô-fa-siè-f), s. m. Ce qui sert à chauffer et à tenir chaudes les assiettes. Il Au plur. Des chauffe-assiettes.
f CHAUFFE- CHEMISE (chô-fe-che-mi-z') , s. m. Espèce de panier d'osier, sous lequel on met un rechaud qui échauffe le linge étendu sur ce panier. Il Au plur. Des chauffe - chemise ou chauffe-chemises.
CHAUFFE -CIRE (chô-fe-si-r'), s. m. Officier de chancellerie qui avait la charge de chauffer la cire pour sceller. Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à pari, st-sim. 513, 38. Il Au plur. Des chauffe-cire.
f CHAUFFE DOUBLE ichô-fe-dou-hl'), s. f. Cuisson de l'eau-de-vie seconde avec de nouveau vin Il A11 plur. Des chauffes-doubles.
f CHAUFFE-LINGE (chô-fe-lin-j') , s. m. Synonyme de chauffe-chemise. || Au plur. Des chauffelinge.
j CHAUKFE-LIT (chô-fe-li) . s. m. Ustensile qui sert à chauffer lo lit. On dit plutôt bassinoire. || Au plur. Des chauffe-lit ou chauffe-lits.
t CHAUFFE-PIEDS ( chô-fe-pié ) , s. m. Chaufferette. Il Au plur. Des chauffe-pieds.
CHAUFFER (chô-fé), v. a. || 1° Rendre chaud. Chauffer de l'eau. Chauffer le four. Chauffer au
CHA
CHA
CHA
rouge, pousser la cnaleur au point que l'objet que l'on y expose devienne rouge; chauffer à blanc, cnauffer au point que l'objet devienne blanc, ce qui exige une température bien plus élevée. || Terme de marine. Chauffer un bâtiment, brûler de la paille sous la carène. || Chauffer les soutes, les sécher. || Tirerle soufflet dans une forge quand le fer est au feu. || Chauffer les pieds, donner la question par le moyen du feu appliqué aux pieds. || 2° Terme de guerre. Ghaufferun poste, lecanonnervivement.|j Fig. Chauffer quelqu'un, l'attaquer, le presser vivement par des raisonnements ou par des plaisanteries. || Cnauffer une affaire, la mener vivement. || Très-familièrement. Chauffer une femme, lui faire vivement la cour. | 3° Y.n. Produire plus ou moins de calorique. Ce bois chauffe plus que tel autre. || Être chauffé. Le bain chauffe. || Fig. Ce n'est pas pour vous que le fouichauffe, votre espérance et vos prétentions sont vaines. || C'est un bain qui chauffe, se dit lorsque, par un temps d'ondées successives, le ciel devient trèspur et que le soleil a toute sa force, parce que ce moment d'éclaircie est fort souvent suivi d'une forte pluie. || En parlant d'un bateau à vapeur, d'une locomotive, allumer son feu, s'apprêter à partir. Dépêchez-vous, le paquebot chauffe. || Fig. Cela chauffe, l'affaire chauffe, c'est-à-dire l'affaire est pressante, il faut se hâter. || 4° Se chauffer, v. ré/1. Recevoir l'action de la chaleur. Venez vous chauffer. || Fig. et familièrement. Allez lui dire cela et vous chauffer au coin de son feu, c'est-à-dire vous ne seriez pas bien venu à lui tenir ce langage en un lieu où il serait le maître. || Fig. S'il m'attaque, je lui ferai voir de quel bois je me chauffe, c'est-àdire je lui ferai voir à quel homme il aura affaire. Vous verrez de quel bois nous nous chauffons quand on s'attaque à ceux qui nouspeuventappartenir, mol. G. Dand. i, 4 (voyez à l'historique un exemple qui fait comprendre cette locution). i| Nous ne nous chauffons pas du même bois, c'est-à-dire nous ne nous ressemblons pas, nous n'avons rien de commun.
— HIST. xme s. Cel jor s'est bien chaufée Berte delez le feu, Berte, li. L'en puet bien à festes où fours cuisent et estuves chaufent communément, s'uevre apareillier sanz tistre [tisser] et sanz ourdir, Liv. des met. 390. || xve s. Pour ce que le suppliant ne se pouvoit mettre à si grant et grosse rançon, lui chauffèrent si fort et appreignirent les plantes des pies que les soles d'iceulx lui en sont cheutes, du cange, atiidere. Faites de l'eaue chaufer bien tost, la Nativité de N. S. J. C. || xvi s. Trop chantier cuit, trop parler nuit, jean d'auton, Annales de Louis XII, ms. f° ti9, dans lacurne. Que faictesvous? que dites-vous? brief de quel bois vous chauffez-vous? pasquier, Lettres, 1. 1, p. )8,dansLAcuRNE. Une partie des femmes s'amusent à chauffer leur bruvage . qui est leur principal office, mont, i, 237.
— ÉTYM. Picard, caufer; provenç. calfar; du latin calefacere, de cal, radical de calor, chaleur (voy. chaleur), et facere (voy. faire), par une formation irrégulière qui a transformé facere en far ou fer, de la I" conjugaison; autrement, le verbe serait ch au [faire.
CHAUFFERETTE (chô-fe-rè-f), s. f. || 1° Sorte de boîte à couvercle percé de trous, et dans laquelle on met du feu pour se chauffer les pieds. La devise de René était une chaufferette pleine de charbon, volt. Mœurs, 99. || 2° Petit réchaud qu'on met sur la table pour tenir les viandes chaudes. || 3° Coffret de bois garni de- tôle, dans lequel les ouvriers en soie allument du feu pour redresser le poil du velours.
— HIST. xivc s. À Guillaume Arode, orfèvre, demourant à Paris, pour avoir rappareillé et mis à point le bacin et la chaufferette d'argent blanc, la borde, Émaux, 2io. ||xvs. Pour avoir resouldé les deux chaufferettes de Monseigneur et de Madame [le duc et la duchesse d'Orléans], id. ib. Pour enfans fault bers et drapiaux , Nourrice, chaufette et bacin, Paellette à faire le pain, e. desch. Bail. Ménaye des nouv. mariés. || xvie s. Et adonc Ateius, s'en courant vers la porte de la ville, meit une chaufferette pleine de feu ardent tout au milieu de la rue, amï. Crassus, 3i. Vous posés le plat-escuelle sur une eschauffete, avec de la braise, o. de serres, 909. Si aucun veut faire cheminées, astres ou chauffrettes à l'enconire du mur moitoyen, il y doit faire contre-mur de thuileaux ou de piastre de demi pied d'espesseur, Grand couslumier de France, liv. n, ch. 38, p. 252, dans lacurne.
— ÉTYM. Chauffer.
CHAUFFERIE (chô-fe-rie) , s. f. Forge où l'on réduit le fer en barres. j| Partie du four à briques.
— ÉTYM. Chauffer.
UIAUFFEUR ;chô-feur), s. m. \\ 1° Celui qui en-
tretient le feu d'une forge, d'une machine à vapeur. || Âdj. L'ouvrier chauffeur. || 2° Nom par lequel, dans les guerres entre les Vendéens et les républicains, on désignait des brigands qui brûlaient les pieds de leurs victimes pour faire dire où l'argent était (voy. à l'historique de chauffer des exemples d'un pareil brigandage).
— ÉTYM. Chauffer.
CUAUFFOIR (chô-foir), s. m. || 1° Endroit d'un monastère, d'un hospice où l'on se réunit pour se chauffer. || Chauffoir public, chambre ouverte aux pauvres pendant les hivers rigoureux. || 2° Autrefois dans un théâtre, lieu où les comédiens et les spectateurs allaient se chauffer. On dit aujourd'hui foyer. || 3° Pièce de linge qu'on fait chauffer pour réchauffer un malade, ou garnir une femme en couche. il 4° Caisse de tôle dans laquelle le cartier fait sécher les feuilles de carton qu'il veut coller.
— HIST. xive s. Dans lesquelx bos [bois] a un cauffoir à faire eaux, du cange, calidus furnus.
— ÉTYM. Chauffer.
f CHAUFFURE (chô-fu-r'), s. f. Terme de métallurgie. Défaut du fer ou de l'acier qui, ayant été trop chauffé, s'écaille.
— ÉTYM. Chauffer.
CHAUFOUR (chô-four), s. m. Four à chaux. || Magasin où le chaufournier serre le bois, la pierre et la chaux.
— HIST. xiv« s. Le suppliant venant vers le chaufouroù les compaignons se chauffoient, du cange, calfatorium. || xve s. Le suppliant ayant le droit de la ferme de la couslume et passage appelé chauffour, du cange, calidus furnus. Il apperçoit le chaulfour qui tout derompu estoit, et le tiloel là où il escript les lettres, Perceforest , t. i, f" t!3, dans lacurne.
— ÉTYM. Chaux, et four; picard, caufour. CHAUFOURNIER (chô-four-nié; l'r ne se lie pas;
au pluriel l's se lie : deschô-four-nié-z et....), s. m. Ouvrier qui fait la chaux.
— HIST. xvie s. Plusieurs chaufourniers ont aussi eu de grandes pertes, par un accident tout semblable, PAL1SSY, 301.
— ÉTYM. Chaufour.
CHAULAGE (chô-la-j'), s. m. || 1° Opération qui consiste à soumettre à l'action de la chaux vive, pulvérulente ou dissoute dans l'eau, les grains des céréales que l'on veut préserver ou débarrasser de la carie, du charbon. || 2" Terme de jardinage. Opération qui se fait avec du lait do chaux un peu épais, fraîchement préparé, et dont on badigeonne les arbres l'hiver pour détruire les insectes, la mousse, etc. || Opération qui consiste à asperger d'eau de chaux le raisin pour empêcher les passants d'en prendre. || 3° Terme d'agriculture. Opération qui consiste à répandre sur les terres, pour en augmenter la fertilité, de la chaux réduite en poudie, seule ou mélangée.
— ÉTYM. Chauler.
CHAULÉ, £E (chô-lé, lée), part, passé. Du blé chaulé. Une terre chaulée.
CHAULER (chô-lé), v. a. Passer du blé par l'eau de chaux avant de le semer. || Chauler un arbre, le laver avec un lait de chaux. || Chauler des raisins, pour empêcher qu'on n'en prenne. || Chauler une terre, y iépandre de la chaux.
— ÉTYM. Chaux; wallon, chastrer; naruur. chaustrer.
CHAUMAGE (cl)ô-ma-j'), s. m. Action d'enlever la partie des tiges de céréales qui reste attachée à la terre après la moisson. || Temps où on coupe le chaume.
— ÉTYM. Chaumer; bourguig. échaumage.
CHAUME (chô-m'), s. m. || 1° Portion de la tige
des céréales qui reste sur pied après la récolte. || 2° Terme de botanique. Nom de toute tige cylindrique, simple ou rarement ramifiée, le plus souvent fistuleuse, offrant de distance en distance des nœuds d'où partent des feuilles alternes et engainantes: c'est la tige des graminées. || 3° Champ où le chaume est encore sur pied. Les perdrix se réunissent dans les chaumes. Nous mimes une demiheure pour nous rendre à Athènes à travers un chaume de froment, chateaub. Itin. <7i.|| Terme d'ancienne coutume. Chaumes, landes et bruyères. || 4° La paille qui couvre les maisons de village. Le pauvre en sa cabane où le chaume le couvre, malh. vi, 18. Du chaume! des roseaux! voilà donc sa retraite! volt. Scythes, m, (. 11 [le roi d'Yvetot] faisait ses quatre repas Dans son palais de chaume, bërang. Yvetot. || Fig. Toit delà maison du paysan, du pauvre, et, par extension, cette maison même. Vous qui habitez sous le chaume, lit les princes verront les chaumes préférés Au faste ambitieux de
leurs palais dorés, corn. Irait, i, 24. La justice, fuyant nos coupables climats, Sous le chaume innocent porta ses derniers pas, delille, Géorg. m. Elle [notre gloire] épouvante encor les rois Et nous bannit des humhles chaumes, bérang. Ch. d'asyle. Dans les palais et sous le chaume Moi, dit la sœur, j'ai de mes mains Distillé le miel et le baume.... id. Deux sœurs de ch. \\ Être né, vivre sous le chaume, c'est-à-dire dans l'humble condition des paysans.
— HIST. xnr s. A Paris [j'] emportoie chaume, busche et estrain. Berte, lxxiii. D'autre part surit li mur de bue, Qui n'ont pas d'espès plaine paume; S'est [la maison] toute coverte de chaume, la Rose, 6)32. Sor ung poi de chaume ou de fain [foin], ib. I0I7I. En yver, par la grant froidure, Se gisoit sor la chaume dure, Deux coûtes metoit desus soi, ruteb. n, 2(0. Premier ne demandèrent qu'un peu de repostaille, Atout un pou d'estrain ou de chaume ou de paille, m. I7G. Bien dire sans bien faire est comme feu de chaume Qu'on esteint de legier du pié ou de la paume, j. de meung. Test. 6»5. || xive s. Si tu sens que tes ennemis Viengne, prie tous tes amis Et fait tantost ton mandement.... Mais garde le contremander : Car li contremant du royaume Onl fait ardoir maint toit de chaume, machault, p. (08. || xve s. Cheurent par milliers morts ei navrez en grand confusion et désolation l'un sur l'autre, en telle manière que les mons et multitude de morts et navrez estaient, en plusieurs lieux, plus grans que ne sont les chaumes des moissons au mois d'aoust, monstrelet, t. i, ch. 47, p. 75, dans lacurne.
— ÉTYM. Le latin calamus. Le bas-latin calma répond à chaume féminin , qui se trouve quelquefois dans l'ancien français.
CHAUME, ÉE (chô-mé, mée) , part, passé. Un champ chaume.
CHAUMER (chô-mé), v. a. || 1" Couper, arracher le chaume. Il faut chaumer le champ. || V. n. Chaumer dans un champ, y couper le chaume. || 2° Terme d'eaux et forêts. Chaumer les arbres, mettre du feu à leurs pieds par malice pour les faire périr.
— HIST. xive s. Le dit Bourgeois venoit des champs de cueillir ou chaumer du chaume , du cange, calma.
— ktym. Chaume; bourguig. échaumer.
f CHAUMERET (chô-me-rè), s. m. Espèce de bruant, oiseau.
f CHAUMET (chô-mè), s. m. Instrument pour couper le chaume.
— HIST. xive s. En haussant une chaumette, qui est un baston long à manche, ou quel a au bout un fer qui est fait en manière de fauxille, du cange, calma.
— ÉTYM. Chaume.
f CHAUMIER (chô-mié), s. m. || 1° Celu* qui coupe le chaume. || Celui qui couvre de chaume ies habitations. || 2" Tas de chaume.
CHAUMIÈRE (chô-miè-r'), s. f. Maison des champs, couverte en chaume. Les grands peintres savent également exercer leurs talents sur les palais et sur les chaumières, volt. Letlr. ,1/mc du Bocage, 19 sepl. (764. Un silence pieux s'étend sur la nature; Les chemins sont déserts, les chaumières sans voix. Nulle feuille ne tremble à la voûte des bois, lamart. Harm. n, 4.
— REM. D'après Furetière, chaumière était de son temps un mot récent, en place duquel on disait auparavant chaumine.
— ÉTYM. Chaume; bourguig. chaumeire.
CHAUMINE (chô-mi-n'), s. f. Chétive maison de
paysan. Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée.... Marchait à pas pesants.... Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée, la font, l'abl. i. ie. Quintius fut contraint de se retirer dans une méchante chaumine qui était auprès du Tibre, vertot, lié vol. rom. liv. iv, p. 3n.Au détour d'une eau qui chemine À (lots purs, sous de frais lilas, Vous a\ez vu notre chaumine, bérang. Uirond.
— HIST. xvie s. Chaumin [qui a rapport au chaume] , cotgrave. Chaumine [cabane],. m. >ans difficulté ils entrenten la case chaulmine, mal bastb, mal meublée, toute enfumée, rabel. dans lacurne,
— ÉTYM. Chaumin, adj. formé de chaume; case chaumine. puis absolument, chaumine.
f CHAUMONTEL (chô-mon-tèl), s. m. Poire de Chaumontel, dite besi chaumontel, ou simplement le chaumontel, poire née d'un sauvageon dans le village de Chaumontel (Seine-et-Oise), arrondissement de Pontoise.
f CHAUNE (chô-n'), s. m. Terme d'épinglier Instrument pour couper les tronçons de laiton.
CUA
CHAUSSANT, ANTE (chô-san, san-t'), adj. Qu'on chausse racilement, en parlant des bas particulièrement. Un bas de soie est plus chaussant qu'un bas
— HIST. xiii° s. Estivaux [bottes].... estroiz es piez et Lien cbauçans, barbazan, Fabliaux, édit.MÉON,
t. IV. p. 180.
— ÊTYM Chausser.
CHAUSSE (chô-s'), x. f- || 1° Sorte de sac d'étoffe de lame, de forme conique, que l'on emploie à fili er certaines liqueurs trop denses pour passer au filtre de papier. |J 2° Chausse de l'Université, ornement de ceux qui ont quelques degrés dans l'une des facultés. C'est une pièce de drap, froncée en son milieu, garnie d'un, deux ou trois rangs d'hermine, selon le grade, qui se place sur l'épaule gauche, à découvert, par-dessus ia robe, et pend sur la poitrine et sur le dos. || 3° Terme de blason. Espèce de chevron plein et massif, qui, étant renversé, louche de sa pointe celle de l'écu. ||4° Terme de costume militaire. Chausse du colback, partie supérieure du colback, formée d'un morceau de drap qui pend sur le côté. || 5° Chausse d'aisances, le tuyau des latrines.
— HIST. xvi" s. Il fut six sepmaines prisonnier daii^ un engein de bois pointu par le bas, que les questionnaires appellent chausse-d'hypocras, d'aub. Iiist. I, 75. Et lorsqu'on le voudra donner au patient, estant en la chausse ou canon à clystere, on y adjoustera une dragme d'huile de genièvre, paré, xv, 39. Les apothicaires usent de manche de drap faite en pointe, qu'on appelle chausse d'hippocras, id. ib. xxvi, <o. X l'endroit où l'isle se va estroissis- j sant en une longue chausse serrée d'un costé et d'autre de la mer, AMYOT, Phocion, 18. Que la ! chausse île l'aisement [latrines] soit distante de dix ' pieds du puys du voisin, Coustumier génér. t. i, I p. -J8 1.
— ÉTYM. Voy. CHAUSSES.
CHAUSSÉ, ÉE (chô-sé, sée), part, passé. || 1° A qui on a fait des chaussures. Chaussé par un bon cordonnier. || Fig. et familièrement. Elle est toute des mieux chaussées, se dit d'une femme élégante et du bon ton. Il ne s'adresse qu'aux mieux chaussées, il ne courtise que des femmes qui se font remarquer par leur élégance et leur rang. ||2° Âqui on a mis des chaussures. Cet enfant est chaussé par la bonne. Connaissez-vous sur l'Hélicon L'une et l'autre Thalie? L'une est chaussée, et l'autre non : Mais c'est la plus jolie, piron, Épigr. contre la Chaussée, || S'enfuir un pied chaussé et l'autre nu, fuir précipitamment, en toute hâte. Nous avons été contraints de nous sauver un pied chaussé et l'autre nu, en l'équipage que vous nous voyez, scarr. Roman corn. ch. h. || 3° En parlant du cheval, balzane haut-chaussée, balzane s'étendanten haut jusque vers le genou ou le jarret, ou dépassant ces régions. || 4°Terme de blason. Ecu chaussé, écu dont le sommet de l'angle e^t a la pointe d'en bas et au milieu de l'écu, et dont la ligne d'en haut forme la mesure de cet an gle. C'est l'opposé de chape. || 5° Fig. Etre chaussé d'une opinion, y tenir opiniâtrement. Chose étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion, mol. Kc.desF. i, 1. 1| Proverbe. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, c'est-adire on néglige d'ordinaire les avantages qu'on peut se procurer facilement.
i . CHAUSSÉE (chô-sée) , s. f. || 1° Remblai en terre sur le bord d'une rivière, pour contenir l'eau. || Construction qui, dans un étang, sert à arrêter et conserver l'eau. La chaussée se nomme quelquefois la tête de l'étang. On dit aussi la levée. || 2" Levée de terre servant de route. Jean-François Delagorgue, lieutenant général de la chaussée du Boulonnais, p. l. courier, il, 3G8. || 3° La p.uto.' bombée d'une route ou d'une rue. || 4° Le rez-de-chaussée, le niveau du sol. Le mur n'était encore qu'au ou qu'à rez-de-chaussée. || Toute pièce d'une maison au niveau de la voie publique. Il demeure au rez-dechaussée. Les rez-de-chaussée sont ordinairement humides. || 5° Ponts et chaussées, dénomination sous laquelle on comprend tout ce qui concerne l'administration des routes, des ponts, des canaux. |1 École des ponts et chaussées, école spécialement destinée à former des sujets pour les travaux de ce genre. || 6" Terme de géographie. Chaussée des Géants, localité d'Irlande où une immense quantité de colonnes de basalte s'avance dans la mer, formant une espèce de chaussée.
— HIST. xnr s. Les chaucies jonchées de fresche erbe et de jonc, Bcrie , cxxxm. Chaucie est une Coustume assise et estahlie aneieuement seur chars, seur charretes, seur somiers chargés, Liv. des met.