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il XIVe s. Nulz n'est en bon chemin, que l'on nien ne desvoie, Girarl de Boss. v. 788. || xve s. Partezvous-en et allez vostre chemin chacun en son pays, froiss. n, m, 8. Tant subtila , visa et imagina |Mahieu] qu'il trouva le chemin, id. ii, ii, 52. Et disent les Londriens que vous allez le droit chemin pour perdre votre lignage et le royaume d'Angleterre, id. m, iv, 03. Disant: oyseaulx, je vous voy en chemin De tout plaisir etjoye désirée, ch.d'orl. Bal. 67. Il fallut que il s'en retirast le droit chemin vers Bretaigne, comm. i, 15. Tant y a de mauvais chemins, id. ii, n.||xvie s. Durant le chemin, faictes.... mont, i, 7J. Les chemins y cheminent comme aniroaulx, et [je] vis que les voyaigiers demandoyent, où va ce chemin? rab. Pant. v, 26. Je y recogneu pareillement le vieulx quemin de Peronne à Saint-Quentin, id. ib. Pour la manutention de l'exercice de la religion catholique, nous sommes résolus d'espendre notre sang, à l'exemple du chef d'icelle, nostre seigneur Jesus-Christ, qui nous en a fait le chemin le premier, d'aub, Hist. il, 227. Le roy commençoit à se mettre à leur queue, non de si près qu'il peut rompre les chemins' aux soldats ou empescher la facilité des estappes.... m. du
bell. 508 Que si Pyrrhus se faschoit de vivre,
il avoit assez, de chemins ouverts pour aller à la mort, amyot, Pyrrh. 71 . Il faict bon aller son grand chemin et non tergiverser, brant. Pescayre. Combien avons-nous veu depuis force huguenots s'estre convertis et faits bons catholiques! Les chemins en rompent, id. Capit.fr. X. m, p. 172, dans lacurne. Les chemins allans de bonnes villes à autres doivent avoir soixante pieds, et les chemins des viscomties estant es villages et allans de l'un à l'autre doivent avoir trente pieds, Coustum. ge'nër. t. n, p. 876. Avec le florin, la langue et le latin, Par tout l'univers l'on trouve le chemin, leroux de lingy,
ProV.t. Il, p. 244.
— ÉTYM. Nivernais, semin; bourguig. chemi; champenois, chemî; picard, camin; provenç. cami; espagn. camino ; portug. caminho; ital. cammino ; du celtique: kymri, cam, pas; camen, chemin; bas-breton, kamm, pas; gaél. cam, pas; irland. ceim, pas.
fCHEMINEAU (che-mi-nô), s. m. Cheminée portative.
— HIST. xve s. Et renversa les busches en la cheminée sur les cheminaux [chenets], froiss. ii, m, 10.
— ÉTYM. Cheminée.
CHEMINÉE (che-mi-née), s. f. || 1° Endroit dans une chambre, disposé pour servir de foyer et communiquant avec le dehors par un tuyau qui donne issue à la fumée. Le foyer d'une cheminée. Un feu de cheminée. Cette cheminée fume. Ramoner la cheminée. || La partie inférieure et antérieure de la cheminée, celle qui est dans la chambre. Cheminée de marbre. Chambranle de cheminée. || La partie supérieure et extérieure, celle qui domine le toit. Il lit un grand ventqui abattit plusieurs cheminées. || Cheminée en hotte, celle dont le manteau fort large par le bas et en figure pyramidale est porté en saillie par des corbeaux de pierre. || Cheminée de cuisine, celle qui est avec hotte seulement, et le plus souvent sans jambage. || Cheminée à la prussienne, sorte de cheminée en tôle, qui s'adapte à une cheminée ordinaire et se termine par une espèce de tuyau de poêle caché dans le conduit de la cheminée. || Cheminée à la Rumford, cheminée dans laquelle on construit en briques des plans verticaux qui convergent en se rapprochant du fond de la cheminée, et sont coupés par un plan incliné à l'horizon, qui, partant du manteau, s'abaisse aussi vers le fond de manière à diminuer l'espace ordinairement laissé à l'entrée de l'air dans le tuyau, ce qui active le tirage. || Cheminée à la Lommond. celle où le foyer est enveloppé de tuyaux ou conduits par où passe l'air pris au dehors, lequel s'échauffe et vient se verser dans la chambre par une bouche de chaleur. || Fig. et familièrement. C'est une cheminée qui me tombe sur la tête, c'est un accident imprévu, 'tant de cheminées qui, pour ainsi dire, m'étaient tombées sur la tête en allant mon chemin, st-sim. 237, 156. || Fig. 11 faut faire une croix, ou il faut faire la croix à la cheminée, se dit à l'occasion d'un fait qui ne se produit que très-rarement, ou en voyant paraître une personne dans une maison où il y avait longtemps qu'elle n'était venue. Voyez cet avare, il se met en frais; il faut faire une croix à la cheminée. || Manteau de cheminée, la partie de la cheminée qui fait saillie dans la chambre au-dessus du foyer. Il Fig. Sous la cheminée, sous le manteau delà cheminée, secrètement et sans suivre les formes ordinaires, locutions prises des grandes cheminées sous
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lesquelles ou sous le manteau desquelles on pouvait se mettre pour causer. ChamiUartfit faire laFeuillade maréchal de camp sous la cheminée, st-sim. 104, 109. Ces lettres ne pouvaient passer pour contradictoires et pour juger, sans entendre les parties, un procès jiendant entre elles, et un procès de telle qualité et entre de telles parties, sous la cheminée, id. 18, 209. |j Mariage fait sous la cheminée, mariage secret et sans les formalités ordinaires. On a dit dans le même sens : un arrêt sous la cheminée. || 2° Tube de verre qui entoure ia lumière d'un quinquet, d'une lampe, et par où passe la fumée. || Terme d'arquebusier. Cheminée d'un fusil, la partie de la batterie d'un fusil à piston où se met la capsule. || 3° Terme de marine. Trou carré par où passe un mât de hune. || 4° Petit vide dans une pièce de métal fondu. || Trou d'une fosse d'aisances. Ouverture pour le travail des vidangeurs. || Tuyau de plomb ouvert aux deux bouts dans un orgue.
— HIST. xme s. Mainte tour, mainte sale et mainte cheminée, Berte, lxxxii. Une torRoonde come keminée, FI. et Bl 18H.... Bûches à charretées Por faire feu en cheminées, la Bose, (7874. Les iauesensont ensoufrées, Ténébreuses, mal savorées, Comme cheminées fumans, ib. 6049. ||xivs s. Et qu'il faisoitla char rostir à cheminée, Guescl. 918. La cheminée estoithoussée comme en estêdefraillonsoude aucune chose vert , de laborde , Émaux, p . 2 n . Trois choses sont qui chassent le preudomme hors de sa maison , c'est assavoir maison descouverte, cheminée fumeuse et femme rioteuse, Ménagier, i, 7. ||xve s. En ces galeries a une cheminée où on fait par usage feu quand le comte y séjourne,... froiss. ii, m, 10. Quant la dame veit que le chevalier n'estoit encore levé, cela dist à sa niepee et aux damoyselles qui les suyvoient : parlons coyement pour ce chevalier qui dort. Et certes, madame, dist la pucelle, c'est bien raison pour ung tel chevalier de cheminée; il deust jà avoir chevauché trois ou quatre lieues pour trouver aucune adventure où il peust exaucer son nom, Perceforest, t. v, f° 18. ||xvie s. Par cas c'estoit en esté, où l'on avoit mis des branches et feuilles dans la cheminée, ainsi qu'est la coustume de France, de laborde, Émaux, p. 21 1. Nouvelle cheminée est bientost enfumée, le roux de lincy, Prov. t. n, p. 163. En petite cheminée fait on bien grand
feu, COTGRAVE.
— ÉTYM. Ital. caminata, camminata; bas-lat. camminata dans un texte de l'an 584 ; d'un participe caminatus, garni d'un foyer, caminus, grec xâ|Aivo;.
f CHEMINEL (che-mi-nèl). s. m. Variété de poire avec laquelle on fait du poiré.
f CHEMINEMENT (che-mi-ne-man) , s. m. \\ 1° Action de cheminer. || 2° Terme d'art militaire. Marche progressive des travaux offensifs d'un siège. || Marcha comparée des armes ou troupes diverses.
— ÉTYM. Cheminer; bourguig. chemeneman.
CHEMINER (che-mi-né';, v. n. || 1° Faire du chemin, surtout en ce sens que le chemin est long, pénible, ou qu'on le parcourt lentement. Ils cheminèrent longtemps ensemble. Voit-on que j'aie besoin de carrosse ou de chaise pour cheminer'' mol. Mar. [or. 2. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé, L'autre portant l'argent de la gabelle, la font. Fabl. i. 4. ||2° Par extension. Voyez-vous cette main qui par les airs chemine [la main du semeur qui lance le grain]? la font. Fabl. i, 8. Au détour d'une eau qui chemine A flots puis, sous de frais lilas, Vous avez vu notre chauminë,BÉr ang. Hirond. Toutenuit enfin se termine ; La mienne seule a ce destin Que d'autant plus qu'elle chemine, Moins elle approche du matin, malh. v, 5. Je vis les montagnes abaissées au-dessous de moi ; je vis les vents et les nuées cheminer dessous mes pieds, voit. Lett. 9. || 3° Fig. Voyez dans quel sentier la vertu chemine, doublement à l'étroit et par ellemême et par l'effort de ceux qui la persécutent, boss. Reine d'Anglet. Celui qui le saurait, l'empêcherait de cheminer [faire sa fortune] , la bruy. vin. Médina Sidonia était de ces hommes à qui il ne manque rien pour cheminer et arriver dans les cours, st-sim. 8(, 49. || Cheminer droit, ne point tomber en faute. || L'affaire chemine, va son train. Cela chemine bien. || En parlant d'un ouvrage d'esprit. Ce poëme chemine bien , les diverses parties sont bien disposées, liées habilement. C'est un style juste et court, qui chemine et qui plait au souverain degré, sév. 125. || 4" Terme de guerre. S'avancer vers une place assiégée, en parlant des mineurs qui travaillent sous terre, ou de- l'artillerie et du génie qui poussent en avant leurs travaux.
— HIST. xn" s. Cheminanz i passèrent e virent le cors jesir à terre, Rois, 289. ||xnics. [Ils] Tant vont
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et tant cheminent sans longue demorée.... Berte, civ. Renart prent congié, si s'en part. Si chemine tôt un essart, Ren. 24608. Proie li a qu'ele li die De lui et de sa compaignie, Quel part il voudront cheminer, iu'teb. il, <09. || xivc s. J'aime une fleur qui s'euvre et qui s'encline Vers le soleil, de jour quant il chemine, machault, p. 123. || xve S. Et tant chemina par ses journées que elle s'en vint à Paris, KROiss. i, i , g. || xvic s. Ainsi comme ilz cheminoient à grands pas, a travers la plaine, vers.... amyot. Arist. *3. L'homme ne sçait ny cheminer, ny parler, ny manger, ny rien que pleurer, sans apprentissage, mont. II, 161.
— ETYM. Chemin; bourguign. chemenè ; provenç. et espagn. caminar; portug. caminhar; ital. camminare.
CHEMISE (che-mi-z') , s. f. |j 1° Vêtement de linge qu'on porto sur la peau. Chemise de toile, de calicot. Le corps de la chemise, la partie qui couvre le corps. Le devant de la chemise, la partie antérieure du corps de la chemise. Un devant de chemise, la partie de la chemise qui couvre la poitrine, qui se voit et qui est ornée. || Être en chemise, être sans habit. Le matin en chemise il surprit les tranchées, Régnier, Épit. i. De se voir traîné en chemise par les vaincus, hamilton, Gramm 5. On l'a menée nue, en chemise et la corde au col, sey. 296. En chemise, à la croisée, Il lui faut tendre ses lacs, bérang. Frétill. || La chemise d'Hercule, don funeste , locution prise de la mythologie et de la chemise du centaure Nessus qui, donnée à Hercule, le fit périr. Accorder ce présent à l'ardeur qui vous brûle, Ce serait vous donner la chemise d'Hercule, mair. Sophon. iv, r>. Il Chemise ardente, chemise enduite de soufre qu'on mettait aux personnes condamnées à périr sur un bûcher. || Familièrement. Pontchartrain avait quitté le commerce du père de la Tour, comme une chemine sale, et n'en avait pas ouï parler depuis, stsim. 305. 242. || Fig. N'avoir pas de chemise, manquer de tout. || Jouer, manger, vendre, engager, donner jusqu'à sa chemise, c'est-à-dire tout ce qu'on a. Laissez faire; ils ne sont pas au bout; J'y vendrai ma chemise, et je veux rien ou tout. rac. Plaid, i. 7. || Mettre quelqu'un en chemise, le ruiner. Lorsqu'il ne tient qu'à lui qu'il ne mette en chemise ses petits voisins, balz. le Prince, eh. vi. || Fig. Cacher quelqu'un ou quelque chose entre la peau et la chemise, faire tout pour mettre en sûreté quelqu'un ou quelque chose. On dit aussi : Je le mettrai dans ma chemise. || Familièrement. Changer de, etc. comme de chemise, changer quelqu'un ou quelque chose très-souvent. Il change de domestiques comme de chemise. Ah! que j'ai de dépit que la loi n'autorise  changer de mari comme on fait de chemise, mol. Sgan. 5. || Demi-chemise, vêtement de toile à une seule manche dont certains verriers se servent pendant leur travail. || Chemise de laine, vêtement de laine qu'on porte sur la peau ou qu'on met pour aller se baigner. || 2° Chemise de maille, cotte formée d'annelets d'acier. || 3" Enveloppe de toile, de papier, etc. dont on se sert pour serrer certains objets. On met les dossiers dans des chemises. || La chemise d'une balle de soie, la toile qui enveloppe immédiatement la soie. || 4" Terme de botanique. Portion des enveloppes florales qui accompagnent le fruit à sa maturité. || 5° Terme de jardinage. Couverture de litière épaisse de o»,08 à om,)0, qu'on met sur les meules de champignons pour les garantir de l'action des agents extérieurs. I| 6" Terme de fauconnerie. Le duvet de l'oiseau. || 7° Terme de marine. Toiles ou nattes dont on tapisse la cale d'un navire qu'on charge en grenier. || Terme d'argot maritime. Compter ses chemises, vomir par l'effet du mal de mer. || Chemises à feu, pièces de toile trempées dans une composition de pétrole , de camphre et d'autres matières combustibles, dont on se servait, sur mer, pour brûler les vaisseaux ennemis, en les y attachant et y mettant le feu. ||8° Terme de construction. Maçonnerie qui enveloppe une conduite de poterie. || Muraille en briques au pourtour des calorifères. j| Terme de fortification. Mur dont un rempart ou un bastion est revêtu, pour soutenir les terres. || 9° Terme de maçonnerie. Crépi, revêtement. || Terme de sculpture. La couche de potée formant la chape d'un moule. || 10° Partie inférieure du fourneau où fond le minerai. || Canon de fusil ébauché. || Calotte pour revêtir la couronne d'un four de verrier. || 11° Terme de lapidaire. Petite croûte blanchâtre qui enveloppe diverses pierres. || 12° Chemise de clairon, de cornet, de trompette, partie opposée au pavillon, prolongement rectiligne de l'enroulement. || 13" Lettres en chemise ou à la duchesse,
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espèce d'écriture où les pleins tiennent la place des déliés et vice versa. || 14° Jeu d'hombre. Prendre une chemise blanche, écarter ses neuf cartes pour en prendre d'autres. || Proverbes. La peau est plus proche que la chemise, c'est-à-dire les intérêts personnels sont plus forts que les autres. On dit dans le même sens : La chemise est plus proche que le pourpoint. || Entre la chair et la chemise, il faut cacher le bien qu'on fait, c'est-à-dire il faut faire le bien sans le faire paraître.
— HIST. xii' s. Elle ot chemise de soie d'Aumarie, Itonc. p. 160. Sa chemise qu' [il] ot vestue, [il] M'envoia pour embrasser, Coud, Dame de Faiel. Dame Alaïs corut aparillier Chemise et braies et espérons d'ormier [pur] Et riche ermine depaile de quartier, Raoul de C. (49. || xme s. Vestu [elle] ot un bliaut par desus sa chemise, Berle, xxxi. La vieille de paour trembloit sous sa chemise, ib. lxxvi. Lasse! pourquoi ne crevé mes cuers [cœur] sous ma chemise? ib. c. Comment Amors très bien souef [doucement] Ferma d'une petite clef Le cuer de l'amant, par tel guise Qu'il n'entama point la chemise, la Ruse. 2008. Il demore, quant il est désarmés, en pure sa quemise, beaum. lxiv, 2. Li un vestent coutelle grise, Et li autre vont sans chemise, ruieb. 158. Ele veut avoir gent legiere En son servise, Une eure en cote, autre en chemise, id. 31. Le clerc s'en ala en pure sa chemise en son hostel, joinv. 209. Comme la chemise est plus près du cors que nul autre vestement, id. 260. || xive s. Ung bon messel, couvert d'une chemise de drap de damas blanc semé de marguerites, laborde, Émaux, p. 213. Unes chroniques de France, à deux fermoirs d'argent dorez, et ont une chemise de soye à queue, id. ib. p. 232. Un livre à une chemise de soie longue, nommé le Racional de l'Eglise, au fermoir d'argent esmailé, Gilles mallet, Inventaire des livres de la bibliothèque du Louvre, p. 44. Un livre à une chemise blanche de soie, à deux fermoers .d'argent, id. ib. Mais ma chemise m'est plus prez certainement Que ma cote ne fait.... Guescl. (7227. Mais je te veil dire et aprendre Que, pour resprendre ta chemise, Ne mes ton héritage en mise, machault, p. 109. || xvc s. Tout desboutonné, en une simple cote et sa chemise, froiss. ii, ii, 30. Tant despendon, que on n'achemise, vill. Bail. || xvie s. Les blasphèmes contre Dieu, les querelles contre les amis, les jeux jusques à la chemise, et les ordes amours des femmes impudiques, langue, M 9. Il fait toujours le brave au commencement, et puis se couëfe de sa chemise, d'aub. Fœn. ni, c. La pluspart esloignez de sa présence après y avoir mangé jusques à la chemise, id. Hist.m, 29<. Ne voit-on pas la jeunesse de ee temps porter le linon empesé au colet et aux poignets, bien que le corps de la chemise soit de grosse toile et pourrie? id. Conf. u, G. Ta chemise ne sache ta guise, gênin, Récréai, t. n, p. 250. Il m'en souvient aussi peu que de ma première chemise, oudin. Onques d'estoupes bonne chemise, leroux de lincy , Prof. t. u, p. 163. Et si les garentiroit de tous dangers belliques qui peuvent survenir au corps, en lui baillant la chemise de nécessité qu'on a accoutumé vestir quand on va à la guerre, laquelle est faitte de lin filé la nuit de Noël par des filles chastes au nom du diable, bouchet, Serées, liv. m, p. 25, dans lacurne. Le roi François ne faillit point, Quand il prédit que ceux de Guise Mettroient ses enfants en pourpoint Et tous ses sujets en chemise, Sat. Ménipp. Harangue de il. d'Aubray.
— ETYM. Bourg, cheminze, chaiminge ; picard, kemise ; provenç. et espagn. camisa ; portug. camisa; ital. catnicia, camiscia; lat. camisia, dans St-Jérôme; c'est le plus ancien exemple de ce mot, qui paraît signifier un vêtement en usage dans les camps, et avoir été un mot du langage populaire (volo pro legentis facilitate abuti sermone vulgato ; soient militantes habere lineas, quas camisias vocant). L'ancien haut-allemand fournit hamidi, hemidi, chemise, où 17* pourrait se changer en c, mais qui n'explique pas le suffixe trio. Ce suffixe n'est pas non plus expliqué par Isidore qui tire camisia, de cama, lit. L'ancien français, à côté de chemise, a chainse, étoffe de lin, italien câmice, qui suppose un radical cam ; ce radical pourrait se trouver soit dans le celtique ( kymri camse, long vêtement, ancien gaélique caimis, génitif caimse , chemise; mais le celtique ne paraît avoir aucune racine pour ces mots), soit dans l'arabe qdmiç, vêtement de dessous, mot qui se trouve déjà dans le Coran, mais pour lequel l'arabe non plus ne fournit point de racine. La conclusion de cette discussion empruntée à Diez est que les langues romanes ont
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eu un radical cam, et une forme camis, d'où la forme adjective camisia; et qu'on ne sait à quelle langue rattacher cam ou camis.
t CHEMISER (che-mi-zé), v. a. Terme de laboratoire. Garnir une cornue d'un enduit préservateur.
— ÉTYM. Chemise.
f CHEMISERIE (che-mi-ze-rie) , s. f. Magasin de chemises.
— ÉTYM. Cliemise.
CHEMISETTE (che-mi-zè-f), s. f. || 1° Partie antérieure et supérieure d'un corps de chemise qui se met sur la chemise même. Les hommes mettent quelquefois des chemisettes quand ils ne veulent pas mettre une chemise blanche. || 2° Petit corsage décolleté en forme de chemise, brodé et garni ou plissé, que les femmes mettent en dessous de leurs corsages ouverts ou décolletés, et qui dépasse un peu la robe.
— HIST. xvc s. Pour faire unes chemisectes aux petites heures du roy, de laborde, Émaux, 2< i . Ung petit messel, couvert de cuir rouge, garni d'une chemisette de chevrotin rouge, du cange, camisa.
— ÉTYM. Diminutif de chemise ; bourg, chemisôle. t CHEMISIER, 1ÈRE (che-mi-zié. ziè-r'), s. m.
et/. Celui, celle qui fait ou qui vend des chemises.
— ETYM. Chemise.
f CHÉMOSIS (ké-mô-zis'), s. m. Terme de médecine. Bourrelet très-élevé et rouge que forme la conjonctive, dans certaines ophthalmies accompagnées d'un afflux considérable dans le tissu cellulaire sous-muqueux.
— ÉTYM. Xrm«o<7i;, de X^'li trou, à cause que, dans ces cas, la cornée paraît comme au fond d'un trou.
CHÊNAIE (chê-nê) , s. f. Lieu planté de chênes.
— HIST, xvie s. Voiant les belles chesnaies d'un costé: de l'autre les chasteneraies, les ormaies....
— ÉTYM. Chêne; Berry, châgnaie.
CHENAL (che-nal), s. m.||l° Passage pratiqué dans une rivière ou à l'entrée d'un port. Un chenal profond. Des chenaux étroits. || 2° Courant d'eau pour le service d'un moulin, d'une usine. |j 3° Courant d'eau bordé de terre, soit naturellement, soit par le travail de l'art, où les vaisseaux peuvent passer. || Passage entre des rochers, des bancs, des terres. || 4" Canal le long d'un toit conduisant les eaux d'une gouttière. Dans ce sens on dit mieux chéneau.
— HIST. xiie s. Alsi com les aiwes en lur chenals. Job, 470. || xme s. Avient ainsi que il [le fleuve] vient tout en un chanel jusques en Egypte, joinv. 219. || xive s. Et crut si la rivière par droite force vive, Qu'elle issit du chenel, n'y out si haute rive, Girart de Ross. v. 3925. ||xvr s. Les goutieres alloyent jusques en terre, ou finoyent en grandz eschenaulx, qui tous conduisoient en la rivière par dessoubz le logiz, rab. Car. 1, 53. Ceste langue do terre, environnée par tout de la mer et des achenaulx, d'aub. Hist. u, 297. Et s'estant fait passer l'achenal par intelligence qu'il avoit au pais, id. ib. 11, 298. Ce qui pouvoit venir en la ville par les achenaux et marais de ce costé là jusques à la mer, id. ib. Il, 437.
— ÉTYM. Forme ancienne de canal (voy. ce mot) ; génev. chend; wallon, chènd; angl. channcl.
f CHENALER (che-na-lé), y. n. Terme de marine. Chercher un chenal, suivre les sinuosités d'un chenal.
CHENAPAN (che-na-pan), s. m. Vaurien, bandit. C'est un vrai chenapan.
— étym. AJlem. Schnapphaha, de schnappen, attraper, et Ilahn, coq.
]■ CHENARD (che-nar), s. m. Un des noms vulgaires duchènevis.
— HIST. xvr" s. Au lieu du bon froment est soity la nielle, Chardons pour artichaux, chenarde pour safran, rons. 747.
— ÉTYM. Le radical paraît être le' même que dans chèneris.
f CHENAVARD (che-na-var), s. m. Sorte de feutre grossier.
CHÊNE (chê-n'), s. m. || 1° Arbre de la famille des amentacées, qui produit le gland. Le chêne craint le voisinage des pins, des sapins, des hêtres, et de tous les arbres qui poussent de grosses racines dans la profondeur du sol, buefon, Exp. sur les végét. 2e mém. Le chêne un jour ilii au roseau : Vous avez bien sujel d'accu m- la nature: l'n roitelet pour vous est un pesant fardeau, lafont. Fables, 1, 22. Il Chêne vert, yeuse, variété 'le chêne qui conserve
i feuilles en toute saison. || Chêne rouvre, autre variété très-grande (quercus robur). || Familièrement.
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Payer en feuilles de chêne , payer en effets sans valeur. || Pomma de chêne, voy. noix de galle. || Il se porte, il est fort comme un chêne , se dit d'une santé très-robuste. || Fig. L'Académie, moins hardie que nos grands écrivains, ou, si l'on veut, plus timide en masse que dans chacun de ses membres, n'avait-elle pas trop restreint les richesses de notre langue, trop ébranché le vieux chêne gaulois? villemain, Préf. du Dict. del'Âcad. (835. || 2° Le bois de chêne travaillé. Un buffet de chêne. || Le bois de chêne à brûler. Je ne brûle que du chêne. || 3° Chêne-saule, arbre d'Amérique. Les chênes-saules dont la rivière était bordée y répandaient l'ombre, chateaubr. Amer- n, 4 37. || Petit chêne, un des noms vulgaires de la germandrée. || 4° Terme d'astronomie. Chêne de Charles II, petite constellation méridionale. || Proverbes. Petit homme abat grand chêne, c'est-à-dire une force petite mais intelligente vient à bout de grandes choses. || On n'abat pas un chêne du premier coup.
— hist. xne s. Cume li muls vint suz [sous] un grand chaigne e ki mult ont branches, une des branches aerst Absalon par la tresce, Rois, 4 86. || xur s. Li pors li vint gole baée, Et li chevaliers tint s'espée; À un chesne s'est afichié, Ben. 22507. Il xtvc s. L'amour d'une pucelle n'est pas si tost gaingnie ; Au premier cop li kaisnes, che dist-on, ne kiet( tombe] mie, Baud.de Seb.v, 666.||xvies. Les autres meirent à l'entour de leurs testes des chapeaux de branches de chesne, amyot, Pyrrhus, 22. Et jusques à mon temps encore monstroit on un vieil chesne, que ceulx du pais appeloient communément le chesne d'Alexandre, id. Alex. 43. Le nom de chesne a esté particulièrement donné au quercus, estant le robur appelle roure, et l'ilex l'yeuse. L'yeuse est aussi appelle en France chesnevert, 0. de serres, 794 et 795. || Proverbes. Petit homme abbat bien un grand chesne, et douce parolle grand ire, Gabriel meurier, Trésor de sentences durées, dans lehoi'x de lincy, t. i, p. 62. D'un petit gland sourd [sort] un grand chesne, leroux de lincy, ib.
— ETYM. Berry et saintongeois, chdgne ; picard, quène, caine ; Berry, chaigne; provenç. casser; bas-lat. casnus. Casnus est dans des textes du ixe siècle, c'est la plus ancienne forme que nous connaissions: le provençal casser est pour casne;et les formes de la langue d'oil répondent aussi à casnus. Mais d'où vient casnus? Diez le tire d'un adjectif quercinus . de quercus, chêne, attesté par l'italien quercina, contracté en querçnus, d'où casnus, chêne, que étant changé en ca ou cha comme dans cascun, chascun, de quisque-unus. L's qui est dans casnus, la plus ancienne forme, écarte l'étymologie celtique par tann, chêne, qui, prononcé chann, aurait donné chêne; mais il n'est pas impossible que le celtique ait agi pour s'assimiler le mot originairement latin et pour lui donner la forme singulière qu'il a prise.
CHÉNEAU (chê-nô), s. m. Jeune chêne.
— HIST. xvie s. Romulus couppa un beau grand et droit chesneau, et l'accoustra en forme de trophée, amyot, Rom. 25. Ceux qui entent des pommiers, poiriers, pruniers, sur des chesneaux, ormeaux, o. deserres, 057.
— ÉTYM. Diminutif de chérie.
CHÉNEAU (che-nô). s. m. Sorte de canal en bois ou en plomb, portant à la gouttière les eaux du toit.
— REM. L'Académie écrit chéneau avec un accent aigu; mais cet accent n'est justifié ni par l'étymologie puisque chéneau n'est qu'une forme de chenal, ni par la prononciation usuelle des hommes de métier.
— HIST. xvie s. Dedans le bout d'iceluy bois j'emmancherai une autre pièce de chenelle ou autre bois percé; et pour soustenir les dites chenelles.... palissy, 79.
— ÉTYM. Forme dialectique de chenal; Berry, échenet, échinai.
f CHÊNE-MARIN (chè-ne-ma-rin), s. m. Terme de botanique. Le fîcoïde vésiculeux et plusieurs de ses variétés. || Au plur. Des chênes-marins.
CHENET (che-nè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : les che-nè-/. et les pincettes; chenets rime avec traits, succès, jamais, etc.), s. m. || 1° Ustensile de cheminée, pour tenir le bois soulevé dans le foyer. Les pieds sur les chenets étendus sans façon, uegnard, Joueur, II, 4. Faisons comme un tison qu'on heurte au dur chenet Etinceler la vie, v. hugo, Crép. 33. || Fig. et familièrement. Avoir les pieds sur les chenets, ne se donner aucuiie peine, vivre commodément.
CHE
i l| 2° Terme de marine, machine de fer qui sert à donner le pli aux bordages que l'on chauffe.
— HIST. xi\" s. Pour quatre paires de chenetz de fer pour les chambres de la royne, de laborbe, Émaux, p. 24 l . L'n landier ou chienet, et un greil de fer, du cange, chenetus. Audoin a receu dampnablement un chienne/, pour mettre en cheminée d'un des commissaires du chastelet,iD. ib. Jehan feri ledit Simon d'un queminel appelé chienet sur la teste, à sanc et à plaie, id. ib. || xv° s. Pierre Labbé print en la cheminée un chiennet ou cheminel tout ardant, du cange, chiminalc. Icelluy Blondel dist au suppliant moult arrogammant et par grant air que s'il en parloit planté [beaucoup], qu'il le getteroit sur les chiennez, du cange, plenitudo. Une paire de chiennetz de fer, pesant chacun cinquante livres,
DE I.AB0RDE, ÉmaUX, p. 212.
— ÉTYM. Chien; mot à mot petit chien, a cause d'une assimilation avec un chien couché sur le ventre. Les Allemands nomment le chenet un bouc, Feucrbnck.
f CHÊNETEAU (chê-ne-tô), s. m. Terme d'eaux et forêts. Jeune chêne.
— HIST. xvie s. Desur deux chesneteaux je gravay.... rons. 745.
— ÉTYM. Diminutif de chêne.
i CHENETTE (che-nè-f), s. f. Terme d'imprimerie. Petite gouttière autour d'une presse.
— ÉTYM. Chéneau.
| CHÊNETTE (chê-nè-f), s. f. Terme de botanique. Nom vulgaire delà germandrée officinale (teucrium chamcvdrys, L.), dite aussi petit chêne des boutiques, ou, simplement, petit chêne.
— ÉTYM. Diminutif de chêne.
f CHÈNEVEAU (chè-ne-vô), s. m. 'ferme de pêche. Sorte de filet.
CHÈNEVIÈRE ( chè-ne-viê-r' ) , s. f. Terrain semé de chènevis, où croît le chanvre. Quand la chènevière fut verte, L'hirondelle leur dit : Arrachez brin à brin Ce qu'a produit ce maudit grain. Ou soyez sûrs de votre perte, la font. Fabl. i, 8. || Ëpouvantail à chènevière, mannequin pour éloigner les oiseaux; et figurément, personne difforme et ridiculement accoutrée. || Ce n'est qu'un épouvantail à chènevière, se dit d'une personne ou d'une chose dont on veut nous faire peur et que nous regardons comme plus redoutable en apparence qu'en réalité.
— HIST. xve s. Et ce n'est.... Qu'un espoventail de chènevière, Que le vent a cy abatu, villon, Archer de Uagnolet. || xvr s. C'est en la valée de Garonne que j'ai veu le plus de chenevieres, et les plus grandes qui se trouvent ailleurs, d'aub. Fœn. m, 15. Ils servirent, pour le moins, tant que la journée dura, d'epouvantail de chènevière, carl. i, 41 . À la façon qu'en hyver on cultive les chavenieres en Berri, o. de serres, 169. Toute la chènevière ne se descharge à la fois, y restant le masle après la femelle, id. 73 i. Chanvriere, id. 732. Et veux qu'Amour d'un petit De lin ou de chènevière [chanvre] Trousse au flanc sa robe légère, Et my nud me verse du vin, rons. 44 6. Ces mines fieres et tyranniques d'un homme qui n'a plus de sang ny au cœur ny aux veines, vrais espovantails de chènevière,
— ÉTYM. Génev. chenevier ; picard, canvriere ; norm. canivière; c'est la canivière au diable, c'est une chose embrouillée; Berry, chemière, chénebèrt ,■ de cannabaria, terre plantée de chanvre, de can nabis, chanvre (voy. chanvre).
CHENEVIS (chè-ne-vi ; l's se lie dans le parler soutenu : le chè-ne-vi-z et les oiseaux), s. m. La graine du chanvre.
— HIST. xiue s. Quiconques est huiliers à Paris, il puet faire huile de olives, de amandes, de nois, de chènevis et de pavoz . l.iv. des met. (59. Chanevuis en charrete doit deux deniers, ib. 283. Sire Renart, mien escient, Moult drue chanvre i croistroit, Qui [cui] chanevis i semeroit, Rcn. 19822. || xive s. Les petis oiseaulx sont peus de chènevis, qui est chault et sec, Ménagier, n, 5. || xvie s. Le chenevoi s'eschauffe soi-mesme, dont on tire un proverbe assez commun, d'aub. Fan. m, 45. Huile de channevy, paré, xxv, 24. La graine de chenevy est de grande efficace à eschauffer les poules, o. de serres, 354. Le chenevi qui est la graine du chanvre,
IIJ. 73n.
— i;tym. Berry, chenébou, cheneveu, chénoué, chenouis; génev. chenevar; d'un mot cannàbisum, cannabosum, de cannabis, chanvre (voy. chanvre).
CHÊNEVOTTE (chê-ne-vo-f) , s. f. Brin de chanvre dépouillé de l'écorce. Je tirais avec le pied des clu nevottes de mes voisins pour grossir mon tas,
CHÊ
j. j. nouss. Hêl. v, 7. || Fig. J'en fais autant d'état comme de chènevottes, hégnier, Sat. xi.
— HIST. xve s. D'estrain et de chenevotte Se chauffoit tous les yvers, basselin, 44. A petit feu do chènevottes Tost allumées, tost estaintes, villon, Regrets de la belle Jleaulmyere. || xvie s. C'est une peinture assez expresse de Pestât où on laisse la chenevotte avant de la donner au feu, d'aub. Fœn. ni, 4 5. Le charbon de saule ou de chènevottes, paré, îx, 2e dise.
— ÉTYM. Diminutif de chanvre, par un intermédiaire tel que chènevis; bourguig. cheneveuillc; Berry. chemenotte, chamenotte, chomenctte.
CHÈNEVOTTER (chê-ne-vo-té) , v. n. Terme d'agriculture. Pousser des rameaux trop minces, minces comme la chenevotte, en parlant d'un végétal.
— ÉTYM. Chenevotte.
t CHÉNICE (ké-ni-s'), s. f. Terme d'antiquité grecque. Sorte de mesure de capacité valant 4 '",08.
— ÉTYM. Xoîvit
f CHÊNIER (chê-nié), s. m. Terme de botanique. Champignon de chêne.
— étym. Chêne.
CHENIL (che-ni; 17 ne se lie jamais; l's se lie: des che-ni-z infects), s. m. || 1° Lieu où l'on renferme les chiens d'une meute. || 2° Par extension, bâtiment où sont logés les officiers et les équipages de chasse. M. de Mantoue alla voir les écuries et le chenil de Versailles, st-sim. 4 33, 218. || 3" Par dénigrement, logement sale et mal tenu. Quel chenil! C'est un vrai chenil.
— HIST. xvie s. Il n'appartient à nul de nommer chenil le lieu où il met ses chiens qu'à celuy qui a meutte de chiens royale, qui peuvent prendre les cerfs en tous temps sans autre ayde que de leurs chiens, Charles ix, De la chasse, p. C2, dans lacurne
— ÉTYM. Wallon, chinis; de canile, de canis (vo\ . chien).
CHKNILLE (che-ni-ir, // mouillées, et non cheni-ye), s. f. \\ 1° Larve des lépidoptères ou papillons || Fig. Une chenille, une méchante chenille, un misérable qui se plaît à mal faire. || Être laid comme une chenille, être d'une extrême laideur. Cessez donc, vieille chenille, Au travers de votre grille, D'épouvanter les passants . Chansons joyeuses. || 2" Sorte de passementerie veloutée en soie. À trèsbon marché je m'habille, Et, moyennant quelque aune de chenille, Je fais. d'un vieux droguet, que je tourne à l'envers, Du velours ciselé pour porter les hivers, Pompon à Babiole, dans richelet. || Anciennement, étoffe pareille à cette sorte de menterie. Des robes de chenilles veloutées, sév. 344. Vendre aux dames des rubans, de la chenille, j. J. rouss. Ém. m. || 3° Autrefois , un habillement négligé que les hommes portaient avant de faire leur toilette. Lorsqu'il me rendit visite, j'étais encore en chenille. || 4° Dans le costume militaire, chenille de casque, crinière non flottante et à poil court.
— HIST. xiv" s. Se les chenilles menguent tes choulx, quant il plouvera, semé de la cendre par dessus les choulx, et les chenilles mourront, Ménagier, il, 2. Aussi doit l'en donner aux petis oiseaulx chenilles.... ib. n , 5. || xvie s. Les bestes venimeuses sont cantharides, buprestes, chenilles de pin, sangsues, et infinité d'autres, paré, xxiii, 9.
— ÉTYM. Picard, queneillc; Berry. cenille; provenç. canilha, dans guessard , Gramm. provenç. 2e éd. p. 63; de canicula , petite chienne, par comparaison avec un chien, comme en Normandie la chenille est dite, par comparaison avec un chat. limite pelouse, c'est-à-dire chatte poilue. .
f CHENILLÈRE (che-ni-llè-r', Il mouillées), s. f. Nid de chenilles; lieu infesté de chenilles. |] Fig. Lu ce peu de mots il y a une chenillère d'ignorances et d'impertinences , garasse , Recherche des recherches, p. G 18, dans lacurne.
— ÉTYM. Chenille.
CHEN1LLETTE (che-ni-llè-f, M mouillées, et non che-ni-yè-t') , s. f. Terme de botanique. Plante légumineuse, ainsi nommée parce qu'elle produit une gousse roulée sur elle-même; c'est le nom vulgaire de la scorpiiire.
— ÉTYM. Diminutif de chenille.
tCHÉNISQUE(ké-ni-sk'), s. m. || 1° Terme d'antiquité grecque. Bec de navire en forme de col d'oie. || 2' Terme de zoologie. Nom d'un oiseau du genre lie mâche.
— ÉTYM. Xï]vi<7xo;, diminutif de y r,v, oie.
f CHËNON (chè-non), .v. m. Terme de construction. Vitrage dont toutes les pièces paraissent liées comme les anneaux d'une chaîne.
— ÉTYM. Chaîne.
CHE
t CHÉNOPODE (ké-no-po-d'), ». m. Terme de botanique Genre de plantes, qu'on appelle vulgaireanserines ou pattes d'oie (chenopodium anthelminticum, L.; chenopodium bonus-Henricus, 1.; chenopi dium botrys, L. etc.).
— ÊTYM. Xr,v, oie, et itoùç, nooèç, pied.
f CHÉNOPODÉE (ké-no po dée), s. f. Terme de botanique. Les chénopodées, famille de plantes dont Le chénopode est le type.
— ÊTYM. Chénopode.
i HÊNOPODiACËE (ké-no-po-di-a-sée), ou CHÉffOPODIÉE (ké-no-po-di-ée) , s. f. Terme de bota- Synonyme de chc nopodée.
— ÊTYM. Voy. CHÉNOPODE.
CHENU, CE che-nu, nue), arfj. || 1° Tout blanc Une tête chenue. Hommes, enfants, les personnes chenues Lamentent pêle-mêle aux places et aux rues, garn. M. Ant. iv. four moi, je cède ,111 temps, et ma tête chenue M'apprend qu'il faut quitter les hommes et le jour, mainard, dansBiCHElet. Ce vieillard chenu qui s'avance, Le temps dont je subis les lois, volt. Ép. xlv. La vieillesse.... Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue, boil. Épil. x. Vos ans chenus, gabn. les Juives, m. || 2° Fig. Couvert de neige. Quoique les Alpes chenues Les couvrent de toutes parts, màlh. ii. 2. Montagnes.... Dessus vos têtes chenues, .le cueille au-dessus des nues Toutes les fleurs du printemps, ff.n. xxi, !89. [Superbes monts] Vous qui sur vos cimes chenues Voyez, dans le vague des airs. Les tonnerres et les éclairs, godeau, Poésies, ps. Ma, dans richelet. )| 3° Par analogie. Il ne va point fouiller aux terres inconnues, S. la merci des vents et des ondes chenues, racan, Pastorales. Oui compterait plutôt les arènes menues Que baigne l'Océan de ses vagues chenues, godeau, Poés. Égl. v. || 4° Arbre chenu, arbre dont la cime est dépouillée. j| 5" Fig. Hors d'usage. Les mêmes choses avaient b soin d'être récrites dans le fiançais nouveau qui devenait bien vite vieux et chenu, villemain, Préf. du Met. de l'Acad. 1835. || 6° Dans le langage populaire, chenu se dit pour excellent, fort, ri» he, à cause que ce qui est vieux s'est amélioré. Voilà du vin qui est chenu. Cet emploi est ancien fens Paris, Leroux en parle dans son Dict. comique. |] Substantivi ment. C'est du chenu.
— hist. xic s. Et Blancandrins i vint au canupeil, Ch. de Ho!, xxxvii. De Charlemagne qui est canuz et vielz, ib. xl. Fiers est li reis à la barbe canue, ib. cci.xvn. |j xii° s. Toz fuli poilz chenus, Ronc. p. U. De Charlemaine qui fu chenus et blans, ib. p. 20. Salomon [il] en apele et Buevon le chenu, Sax. xxviii. Assez i ad trové e joeuenes et chanuz, Th. le mari. 38. || xin's. Grant duel [deuil] font pour Bertain li joene et li chenu, Perte, ci. Mes foi que doi Deu et saint Jorge, J'ai tote chenue la gorge, Ren. 16008. Et Tybert [le chat].... Si ot toz les grenons chanuz, Et les denz trenchanz et aguz, Et les ongles grans por grater, ib. < si "> r, . Toute sa teste estait chenue, Et blanche cum s'el fust florie, la Rose, 346. Dans Pierres li ermites à la barbe canne, Ch. d'Ant. vin , H 34. Et amendent avec enlx un homme de grant \ ieilles.ee tout chanu, joinv. 24-2. Et si n'estoit mie pelée La penne qui d'ermine fu; D'un sebelin noir et chenu Fu li manteax au col coulez, Fabliaux mss. p. 238, dans i.acvrne. || xvc s. Comme ung chat, suis vieil et chenu, ch. d'orl. Rond. |! xvi" s. Je rend/ grâces à Dieu de ce qu'il m'adonne pouvoir veoir mon ajnticquité chanue reflourir en ta jeunesse, hab. Punt. 11, s. Non autrement qu'on voit parmy les mies Les haults sourcils des grands Alpes chenues, de bell. m, 5, r<<to. La foy chenue, alors non violable, Tiendra le lieu des punissantes loix, m. m, 0, verso. Mesme en ces tant jeunes ans, Ceste vertu tant chenue, in. m, t">, verso. Ces choses n'ont d'appuy qu'en la barbe chenue et rides de l'usage, mont, i, <18. [Léandre] dedans l'escume ehesnue S'enivra du Ilot amer, yver, p. 577. Depuis qu'il fu devenu vieil et chenu, amyot, Caton, iO.
— étym. Provenç. canul; ital. canuto; du latin canutus, dérivé de cânus, pour casnus ; sanscrit, lias, briller : ce qui est blanc est brillant (voy. candeur).
CHEPTEL (che-tèl) , s. m. || 1° Convention ou bail d'un maître avec son fermier, lorsqu'il lui donne un certain nombre de bestiaux pour les nourrir et les soigner, avec partage du profit. || Cheptel à moitié, cheptel où chacune des deux parties fournit le bétail par moitié. || Cheptel de fer, cheptel dans lequel le preneur doit, à l'expiration, rendre une valeur égale. Il Fig. Un roi ainsi élevé [aux écoles publiques] jamais ne penserait nous tenir à cheptel de Dieu ni d'aucune puissance, p. l. cour, i, 306. Il 2° Par extension, les bestiaux mêmes formant le
CHE
fonds du cheptel. Le preneur doit ses coins à la conservation du cheptel.
— HIST. xi" s. Dune il rendra le chatel, Lois de Guill. 4. Il xiir s. Car nus n'i saura jà tant mètre, Qu'il n'i perde tout le chaté, la Rose, )U833. Car quant cil a mis en restable Son destrier, ille puet revendre. Et chetel ou gaain reprendre, ib. <0822. Se vous aviez le chaté Oultre [plus que] sa valeur achaté, ib. 8245. Les unes des demandes .sont sor muebles et sor catix, et les autres sor héritages, beaum. vi, <8. Se li remanans de son héritage n'est pas si grans qu'il soufisse à la soustenance de ses enfans, et li mueble et le catel sont grant.... id. xii, 17. J'ai vescu de l'autrui chatei Que nom m'a creu et prestei, ruteb. i. Chatiex est ce que aucuns espargne ou qu'il désert par son servise que l'en li done. Digeste, f° <76. Il xve s. X tel charge avoir, y convient employer si chier chatel, comme la vie, le sang, les membres et l'avoir, christ, de pisan, Charles V, 11, ch. 4.
— ETYM. Norm. chatel, biens mobiliers; picard, chastel , objet quelconque en la possession d'une personne; génev. chédal, le bétail; prov. captai, capdal;à\i latin capita le, capital, l'avoir (voy. capital et. acheter à I'Etym.).
f CIIEPTELIER (chè-te-lié), s. m. Preneur d'un bail à cheptel.
— ÉTYM. Cheptel.
f CHÉPU (ché-pu), s. m. Billot sur lequel le tonnelier bûche le bois.
— ÊTYM. Voy. chapui.
t CHÈQUE (chè-k'), s. m. Terme de banque. Bon à vue détaché d'un livre à souche et donné, sur le banquii r qui a reçu provision préalable, par le débiteur ou payeur au créancier ou à la personne qui doit recevoir. Les chèques sont devenus, en Angleterre, une monnaie courante, une véritable monnaie fiduciaire. Le chèque est essentiellement à vue et au porteur. Le chèque barré est un chèque traversé par deux barres entre lesquelles on met le nom du banquier de la personne à qui le chèque est remis, ou tout au moins le signe Et Cie, ce qui oblige le porteur à faire encaisser le montant du chèque par son banquier dans le premier cas, et par un banquier quelconque dans le second, c'est-à-dire par une personne connue et qui ne l'aura elle-même reçu que d'une personne connue, Jules lechevalier st-andré, Question monétaire.
— ÊTYM. Angl. check, du verbe to check, signifiant, en comptabilité, contrôler, vérifier.
CHER, CHÈRE (cher, chê-r'), ad/'. || 1° Auquel on est attaché par une vive affection. Un homme cher à sa famille. Vous parlerai-je de ses pertes et de la mort de ses chers enfants? boss. Marie-Thér. Hermione, seigneur, peut m'être toujours ch^re, rac. Andr. I, 2. Ah ! si je vous suis cher, ma princesse, vivez, id. Iphig. ni, g. Je pouvais de ma mort accuser.... Tout l'univers plutôt qu'une si chère main, id. Bérénice, iv, 5. Carde son cher tyran l'injustice fut telle.... corn. Sertor. 1, 2. Une main qui nous fut bien chère Venge ainsi le refus d'un coup trop inhumain, id. Rodog. v, 4. Je te fis après lui mon plus cher confident, id. Cinna,v, \ . Contre ma douleur j'aurais senti des charmes, Quand une main si chère eùtessuyémes larmes, id. Cid, 111, 4. || Il s'emploie comme expression affectueuse. Mon cher ami. Mon cher oncle. Je crains Dieu, cher Abner, et n'ai point d'autre crainte, rac. Athal. 1, t. || Elliptiquement et familièrement. Mon cher, ma chère. Le renard dit au loup : Notre cher, pour tous mets J'ai souvent un vieux coq ou de maigres poulets, la font. Fabl. xii, f». || Aujourd'hui, dans le langage très-familier, on supprime même l'adjectif possessif. Bonjour, chers. Çà va bien, très-chers? Venez-vous, chers bons?||2° Par extension, à quoi on tient. Son estime m'est chère. Sa mémoire vous est chère. Et [ô Dieu!] n'ayant rien si cher que ton obéissance, Où tu le fais régner, il te fera servir, malh. 11, ' 1 . Un bien que j'ai si cher, id. v, 4. [Que l'amoureux] N'aime rien que ce joug et toujours s'étudie X tenir en humeur sa chère maladie, thêoph. Sat. 1. Même de vos rivaux la gloire vous est chère, corn. Nicom. 111,8. Ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien; ainsi puissiezvous profiter de ses vertus, boss. Louis de Bourbon. Hélas! loin de vouloir éviter sa colère, La plus soudaine mort me la rendra plus chère, rac. Brit. v,7. Et que, finissant là sa haine et nos misères, Il ne séparât point des dépouilles si chères, id. Andr. in, G. Chers pleurs, id. Rérén.iv , 5. Et ce cher intérêt est le seul qui m'amène, id. lUithr. îv, 2. Ma gloire vous serait moins chère que ma vie, id. [pli. v, 3. Mais l'offrande à mes yeux en doit être plus chère, id. Phèd. Il, 2, Pour moi, je tiens plus chère
CHE
et plus digne d'envie Une honorable mort qu'une honteuse vie, wn.Antig. m, 5. Et la plus prompte mort dans ce moment sévère Devient de leur amour la marque la plus chère, rac. Raj. iv, 5. Lorsqu'aux dépens d'une santé qui nous est si chère.... boss Louis de Bourbon. Rendre la royauté non-seulement vénérable et sainte, mais encore aimable et chêne aux peuples, id. Reine d'Anglet. Mes regrets m'étaient chers; mais mon âme affaiblie Tombant dans les langueurs de la mélancolie.... st-lambert, Saisons, hiver. X tous les cœurs bien nés que la patrie est chère! volt. Tancr.m, \. ||3° En parlant du temps, précieux. Vous me faites perdre un temps qui nous est cher, molière, Impr. t. Le temps est cher en amour comme en guerre, la font. Orais. Et ce moment si cher, madame, est consumé X louer l'ennemi dont je suis opprimé, rac. Brit. 11, 6. Soit que le temps trop cher la pressât de se rendre... id. Baj. m, 4. Le temps est cher, seigneur, plus que vous ne pensez; Tandis qu'à me répondre ici vous balancez, Mathan, près d'Athalie, étincelant de rage, Demande le signal et presse le carnage, id. Ath. v, 2. Allez, le temps est cher, il le faut employer, id. Mithr. ni, 5. Les moments me sont chers; écoutez-moi, Thésée, id. Phèd. v, 7. Les moments sont trop chers pour les perdre en paroles, id. Baj. v, 4. Il faut les secourir; mais les heures sont chères; Le temps vole.... id. Esth. 1, 3. || 4" Que l'on caresse en idée. C'est mon vœu le plus cher. C'est ma plus chère espérance. Laisse-moi mon erreur, puisqu'elle m'est si chère, corn, lléracl. v, 3. Je connus votie erreur; mais que pouvais-je faire? Je vis en même temps qu'elle vous était chère, rac. Baj. v, 4. Cette grandeur sans borne à ses désirs si chère, volt. Henr. ch. m. Et mêler des remords à mes plus chers souhaits, mol. Don Garcie, ni, 2. Il 5° Qui est d'un prix élevé. Une marchandise chère. Ce drap est fort cher. Les vins sont chers cette année. Il Substantivement. Pour me régaler du plus cher [du vin le plus cher], Au beau coin m'attend dame Jeanne, bérang. Bedeau. || C'est chère épice, se dit d'une chose qu'on fait trop cher. || Qui exige une grande dépense. La vie est chère. Un voyage cher. Il Une chère année, une année pendant laquelle le blé a été beaucoup plus cher qu'à l'ordinaire. Comme il [le menu peuple] est beaucoup diminué dans ces derniers temps par la guerre, les maladies, et par la misère des chères années qui en ont fait mourirde faim un grand nombre.... vauban, Dîme, p. 97. y Qui vend à haut prix. Ce marchand est très-cher. C'est un magasin très-cher. Cet ouvrier est habile, mais il est cher. Vous pouvez voir ailleurs, messieurs; on vous accommodera peut-être; moi, je suis cher, je vous l'avoue, dancourt, La maison de campagne, se. 30. || 6" Cher, adv. X haut prix. Vendre, acheter cher. Ces étoffes coûtent cher. On compte, avec cette masure, Un quart d'arpent, cher affermé, bébang. Jacques. || il fait cher vivre dans cette ville, tout ce qui sert à l'entretien de la vie y est d'un prix élevé. || Fig. Coûter cher, être obtenu au prixde grandssacrifices, de grandes souffrances, de grandes pertes. La victoire coûtera bien cher. Que vos plaisirs coûtent cher à ces infortunés! Votre générosité vous a pensé coûter cher, voit. Lett. 23. || Vendre cher, faire obtenir au prixde grands sacrifices. Payer cher, obtenir au prix de grands sacrifices. Il me payera cher cet outrage. C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt, De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font, corn. Cinna, 11, t. Fais-lui payer bien cher un bonheur qu'il ignore, rac. Brit. 11, g. Et tu peux concevoir Que je lui vendrai chérie plaisir île le voir, id. ib. 11, 2. Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains, id. Baj. v, I. Mon père paya cher ce dangereux honneur, id. Mithr. 1, 3. || Vendre sa vie bien cher, la venger glorieusement avant de la perdre. || Familièrement, lime le payera cher, ille payera plus cher qu'au marché, cela lui coûtera cher, c'est-à-d"re je le ferai repentir de ce qu'il a fait. — REM. 1. Voltaire a dit: On avait vendu les vivres trop chers à ses ambassadeurs [de Pierre le Grand], Charles XII, 2. C'est une faute; cher est ici adverbe et, par conséquent, invariable; chers ne pourrait être adjectif que s'il se rapportait à vivres; et le sens serait alors qu'on leur avait vendu des vivres que la délicatesse ou la rareté rendait trop chers; or ce n'est pas le sens que Voltaire veut faire entendre. || 2. Cher signifiant d'un prix élevé, se met toujours après le substantif ; une marchandise chère. Il faut en excepter l'expression chère année que l'on emploie quelquefois pour dire une année pendant laquelle le blé a été beaucoup plus cher qu'à l'ordinaire,
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— HIST. xic s. E li plaiez [blessé] jurra [jurera] sur saints que pur mes [moins] nel pot faire, ne pur haûr [haine] si chier nel fist. Lois de Guill. 1 1, D'or et d'argent et de garnemenz chers, Ch. de llol. vin. Les douze pairs que Charles a tant chers, ib. xl. Tel as occis que moût cher [je] te cuid [pense] vendre, ib. cxxn. Dreiz empereres, cher sire, si ferons, ib. clxxiv. | J xne s. Se je chier neli vent, Ronc. p. 4 5. Guenelon sire, je vous ai forment chier, ib. p. 30. Par cui il est amez et chier tenuz, ib. p. 81. Pempres morrai, mais chier me sui vendu, ib. p. 93. Chers [riche] est li lieus, si est digne l'église, ib. p. 170. [Elle] comperroit [payerait] ciersa folie, Court , ni. Vous merci-je, ma douce amie chère, ib. xvm. I.i cristien rei soient saint, iglise obéir; Lais [un laïque] ne deit clerc fuler, mais chier le deit tenir. Th. le mart. 75. || xnr5 s. Pour ce que [elle] vous ressemble, assez plus chiere [jej l'ai, Berie. vu. Cotte [elle] ot d'un blanc bliaut et mantel moût très chier, ib. xix. Là n'y verrez joiel, tant soit de chère vente, Que je ne vous acheté.... ib. cxi. Coveitise ne set entendre A riens qu'à l'autrui acrochier; Coveitise a l'autrui trop cher, la Rose, 193. Chascun se fait si chier pource que il s'en welent âler en leur pais, que nous ne leur oserions donner ce que ils demandent, joinv. 257. || xvc s. Et aussi cher avoit-il prendre la mortavec celle noble dame [Isabelle] comme autre part [qu'ailleurs] , froiss. i, i, 16. Et eut adonc en plus cher la délivrance de messire Hervey de Léon que du seigneur de Cliçon, id. i, i, 2(2. Et se taille celle chevauchée à "durer un long temps, et par ainsi vous seront cher vendus les gages que vous avez pris, id. ii, m, 18. [Les cardinaux] aimoient plus cher à mourir confesseurs quemartirs, id. ii, h, 2). Il leur enchargea, si cher qu'ils le vouloient obéir, que son mignon ne fust servi d'autres choses que de pastés d'anguille, louis xi, Nouv. x. Il aimeroit autant ou plus cher mourir que son malheureux cas fust connu, id. ib. xiii. Nevous trouvez jamais devant moi, si cher que vous aimez votre vie, in. ib. xlviii. J'ai aussi cher [j'aime autant] de n'en faire rien,iD. ib. lxxxii.[| xvic s. Elle nous vend trop cher ses denrées, mont, i, 75. J'aimerois aussi cher [autant] que mon escholier èust passé le temps à jouer à la paulme, ib. i, 4 45. On l'acheté trop cher, m.- 1, 4 93. Je n'ayme pas une vertu si sauvage et si chère [coûtant si cher], id. i, 224. Les Romains auront maintenant à cher un prince doulx et aimant la justice, amyot, Numa, 4 0. À ce compte un homme n'auroit cher ny l'honneur, ny la science, quand il les possederoit, de peur d'en estre privé, id. Solon, (0. Ceste ville est merveilleusement chère, le vin de Chio couste dix escus, id. De la tranq. d'âme, 20. Je veux reciter une histoire laquelle me fut bien chère [me coûta cher] , paré, xiii, 23. L'on ne peut faire de cher fils ou d'enfant de prédilection, et faire l'un d'eux donnataire, et pardessus cela le faire entrer en partage comme un autre, Nouv. coust. génér. t. i, p. H 93. Fille trop veue, robbe trop vestue n'est pas chère tenue, cotguave.
— ÉTYM. Picard, cair.kier, quier; rouchi, lier; provenç. car; espagn. et ital. caro; du latin canis.
| CHERCHE (chèr-ch'), s. f.\\ 1° Ne se dit que dans cette locution : être en cherche d'une personne, d'une chose, la chercher. || 2° Terme de construction. Nom de tout ce qu'un seul trait de compas ne peut représenter, et qui demande divers points pour être décrit, comme les panneaux qui servent à former le cintre d'une voûte, etc. La cherche d'un escalier en est le cintre.
— HIST. xvc s. Et lorsqu'il faisoit la dicte cerche, il ouit nouvelles que le comte d'Eu avoit esté arresté à Damas, Bouciq. i, I5.|| xvie s. Qui sera en cherche de science, si la pesche où elle se loge, mont, ii, 98. Les sceptiques disent qu'ils sont encores en cherche de la vérité, id. ii, 230.
— ÉTYM. Voy. CHERCHER.
CHERCHÉ , ÉE (chèr-ché, chée) , part, passé. || 1° Qu'on tâche de trouver. Un passage longtemps cherché dans les régions arctiques. L'ennemi cherché et vaincu. Par le milieu des eaux, par le milieu des flammes, On passe au repostant cherché, corn. Imit. i, 22. || 2° Affecté. Rien de cherché dans son style. || Terme de beaux-arts. Œuvre cherchée, œuvre dans laquelle l'artiste a trop visé à l'effet.
t CHERCHE-FICHE (chèr-che-fi-ch'), x. m. Terme de serrurier. Outil pour dégager l'aile d'une fiche. Il Au plur. Des cherche-fiches.
j- CHERCHE-POINTE (cher-che-poin-f) , s. m. Synonyme de cherche-fiche. || Au plur. Des cherche-pointes
— ÉTYM. Chercher, et pointe.
CHERCHER (chèr-ché). v. a. || 1° Tâcher de trouver. Que cherchez- vous? Je cherche ma bourse, mon livre. Je cherche mon fils qui s'est séparé «le moi dans la foule. Son chien le chercha longtemps. Et les hommes jamais ne cherchent qui les fuit, corn. Imit. i. 21. Grande reine, est-ce ici votre place? Quel trouble vous agite, et quel effroi vous glace? Parmi vos ennemis que venez-vous chercher? rac. Ath. n, 5. Mon cœur pour le chercher volait loin devant moi, id. lph. n, 3. || Familièrement. Chercher quelqu'un par mer et par terre, par monts et par vaux, à pied et à cheval, le chercher partout. || Chercher Dieu, avoir l'Ame remplie du désir de se conformer à sa volonté. Âmes chrétiennes, sachez que qui cherche Dieu de bonne foi, ne manque jamais de le trouver, boss. la Vallière. Que peut-on imaginer de plus malheureux que de ne pouvoir conserver la foi sans s'exposer au supplice, ni sacrifier sans trouble, ni chercher Dieu qu'en tremblant? id. Reine d'Anglet. Nous résistons à Dieu, sous prétexte de le chercher, mass. Pet. Car. Soum. || Chercher le Seigneur, se disait, dans le langage mystique des puritains anglais du xvnc siècle, d'un état mental de dévotion où l'esprit était entièrement tourné vers Dieu. || Fig. Chercher une aiguille dans une botte de foin, faire une recherche sans résultat possible. || Fig. et familièrement. Chercher midi à quatorze heures, chercher ce qui ne peut se trouver (voy. midi). Vous qui vivez dans ces demeures, Étes-vous bien , tenez vous-y , Et n'allez pas chercher midi A quatorze heures, volt. Inscript, pour un cadran solaire. \\ Terme de manège. Un cheval cherche sa cinquième jambe quand il se porte sur la main et y cherche un point d'appui. || Terme de marine. Chercher la sonde en venant du large, approcher des côtes pour trouver le fond avec la sonde. || Fig. 11 cherchait l'occasion de gagner de l'argent. Les Mèdes ne cherchaient ni l'or, ni l'argent, mais la vengeance. 11 cherche le danger pour le danger lui-même. Pourquoi chercher des preuves d'une vérité que le Saint-Esprit a prononcée par une sentence manifeste? boss. Reine d'Anglet. Sans chercher d'excuse dans le mauvais état où se trouvaient ses affaires, boss. Anne de Gonz. Pour lui des Persans bravant l'aversion, J'ai chéri, j'ai cherché la malédiction, rac. Esth. m, i . || Absolument, Je cherche, et ne trouve rien qui me plaise. On chercherait longtemps chez les plus beaux génies de Rome et de la Grèce, avant d'y trouver rien qui soit à la fois aussi simple et aussi merveilleux [que la naissance du Christ], chateaub. Génie, n, vi, 2. Celui qui demande, on lui donne; celui qui cherche, il trouve, boss. la Vallière. || Chercher dans sa tête, interroger ses souvenirs. || 2° Aller à la recherche de quelqu'un, de quelque chose. Page, cherchez Rodrigue et l'amenez ici, corn. Cid, n, 4. Ne cherche plus ta sœur où tu l'avais laissée, id. Hor. iv, 5. Et par tout l'univers cherchons-lui des vengeurs, rac. Milhr. v, 5. Sans le chercher aux bords de l'Escaut ou du Rhin, La paix l'offre à mes yeux plus calme et plus serein, boil. Ép. i. Mais que, sans m'avertir du piège qu'on me dresse, Vous me laissiez chercher jusqu'au fond de la Grèce L'ingrat qui ne m'attend que pour m'abandonner, Perfide, cet affront se peut-il pardonner? rac. Iph. n, 5. || Aller chercher, venir chercher, aller, se rendre auprès de quelqu'un. On ne viendra pas me chercher dans cette retraite. J'irai le chercher à Lyon. || Aller chercher quelqu'un, venir chercher quelqu'un, se rendre auprès de lui pour quelque besoin, pour le mener quelque part. Allez chercher le médecin. On est allé chercher la garde. Je viendrai vous chercher quand il en sera temps. Mme Manchon vint avant-hier me chercher, fort alarmée d'une lettre que vous lui avez écrite, rac. et boil. Lellr. vu. || Fig. Aller chercher n'a guère d'autre sens que chercher et renforce seulement l'expression. Que jamais du sujet le discours s'écartant N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant, boil. Art p. i. Mais je sais bien aussi que, s'il dépend de vous De me faire chérir un souvenir si doux, Vous n'empêcherez pas que ma gloire offensée N'en punisse aussitôt la coupable pensée; Que ma main dans mon cœur ne vous aille chercher Pour y laver ma honte et vous en arracher, rac. Mithr. n, 6. Quand son épée allait chercher mon sein, m. Phèdre, m, i . Un censeur.... dont le crayon sûr aille d'abord chercher L'endroit que l'on sent faible et qu'on se veut cacher, boil. Art p. iv. || Envoyer chercher quelqu'un, quelque chose, obtenir parun message que quelqu'un vienne, qu'une chose soit apportée. Il envoya chercher ses amis. || 3" 11 se dit des choses. L'eau cherche un passage. L'aiguille
aimantée cherche le nord. Les honneurs vinrent chercher Cincinnatus. Le malheur me cherche, mol. Fest. il, 10. Mon maître est un vrai enragé d'aller se présenter à un péril qui ne le cherche point, id. ib. m. 4. Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule, iiac. A th. n , 7. Un courroux qui ne cherche que moi, id. Andr. m, t. Et de ses volontés une amoureuse étude Les cherche jusque dans ses yeux, mol. Psyché, iv, 4. || 4° Tâcher de se procurer, d'acquérir. Chercher une place. Chercher son salut dans la fuite. Nous cherchons notre bonheur hors de nous-mêmes. Il cherchait les moyens de parvenir. || Chercher la solution d'un problème. || Chercher femme, chercher à se marier. || Chercher de l'argent, tâcher de s'en procurer par un emprunt. || Chercher son pain, mendier. || Chercher sa vie, chercher les moyens de subsister. |j Chercher malheur, chercher son malheur, l'aire des choses capables d'attirer sur soi quelque mal. || Chercher l'ennemi, aller à sa recherche pour lui livrer bataille. || Chercher querelle, noise, susciter une querelle, un différend. Il chercha querelle à un homme qui n'en pouvait mais. || 5° Chercher à quelqu'un, faire des recherches pour quelqu'un. Je l'ai prié de me chercher un logement. Cherchez-lui un secrétaire. Il s'accusait, il se cherchait des crimes. Et je veux me chercher dans cette illustre envie Les moyens glorieux de sortir de la vie, mol. D. Garde, iv, 14. || Cette tournure ne s'emploie guère qu'avec les pronems compléments du verbe et placés devant lui ou après l'impératif : cherchez-lui un logement. On ne dirait pas aussi bien : je cherche un logement à Frédéric, mais pour Frédéric. L'expression chercher querelle à quelqu'un fait exception. || 8° Suivi d'un infinitif précédé delà préposition à, tâcher, s'efforcer de. Et vous, ne cherchez point à formerdes discords, corn. Nicom. u, 3. Je cherche à te rejoindre et non à t'en défendre, id. Rodog. v, 4. Vos deux États voisins . qui cherchent à s'unir, rac. Bérén. m, 2. Mon cœur court après elle et cherche à s'apaiser, id. Andr. n , 5. Oui, c'est Joas ; je cherche en vain à me tromper, id. Athal. v, 6. La foi véritable qui ne cherche qu'à se développer de ses ténèbres et, en dissipant le nuage, se changer en pure lumière et en claire vision, boss. le Tellier. || Familièrement. Cherchera se faire battre, faire des choses qui exposent à être battu. || Avec la préposition de, dans le même sens. Que le cœur affligé.... Cherche d'être allégé, malh. vi, 18. Vous ne trouverez pas étrange que nous cherchions d'en prendre vengeance, mol. Fest. m, 6. || 7° Se chercher, v. réfl. Être en quête l'un de l'au- 1re. Ces gens se sont cherchés longtemps. De leur furtive ardeur ne pouvais-tu m'instruire? Les a-t-on vus souvent se parler, se chercher? rac. Phèd. îv, 6. || Fig. Essayer de connaître ce que l'on est, ce crue l'on peut. C'est une époque où cet artiste se cherchait encore. Maintenant je me cherche et ne me trouve plus, rac. Phèd. n, 2. || Se chercher, chercher la retraite pour n'être point distrait de ses pensées. Lasse de vains honneurs et me cherchant moi-même, id. Esth. i, ). Mon amour m'entraînait, et je venais peut-être Pour me chercher moi-même et pour me reconnaître, id. Bérén. v, 6. || Obéir à l'amour de soi. Cette âme qui s'est tant aimée et tant cherchée ne se peut plus supporter aussitôt qu'elle est seule avec elle-même, noss. la Vallière. Malheur à moi, si, dans cette chaire, j'aime mieux me chercher moi-même que votre salut, et si je ne préfère à mes inventions, quand elles pourraient vous plaire, les expériences de celte princesse qui peuvent vous convertir ! boss. Anne de Gon:. D'un cœur qui t'aime, Mon Dieu, qui peut troubler la paix? Ii cherche en tout ta volonté suprême, Et ne se cherche jamais, rac. Ath. m, 8. Ne nous chercher en rien alors que tout nous quitte, Ne vouloir rien qui plaise alors que tout déplaît, corn. Imit. u. 9. || Proverbe. Le bien cherche le bien, c'est-à-dire le bien vient d'ordinaire à celui qui en a déjà beaucoup. || Il cherche midi où il n'est qu'onze heures, se dit d'un écornifleur, par allusion à l'habitude où l'on était jadis et où l'on est encore dans plusieurs provinces de diner à midi. || En cherchant on trouve, ou qui cherche trouve, c'est-à-dire en se donnant de la peine on finit par réussir.
— HIST. xr s. [Il] cerce [parcourt] les vais, et si cerce les monz, Ch. de Roi. clx. || xiic s. La cité [ils] cerchent qu'est d'avoir replenie, Ronc. p. 4 47. Toute France [il] a cerchie comme tapins truanz, Sax. v. Par ces noveles furent mult li moine esmaié, E purçol'unt [le corps du saint] es crûtes [cryptes] enterré e mucié; Mais primes unt les dras e le cors tut cergié Th. le mart. 4 55. [Ils] Firent les porz
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cergier, e gaitier, e guarder, Que, seli arcevesques isl ariver, Qu'il li fussent en contre, prezdelui desturber, ib. iaa. || rat' s. Dedens ces neuf jours issi une compagnie de nostre ost pour aler en fuerre . hiei la contrée, villku. lxiv. Par trestout le ils vont la terre cerchant [fouillant le pays], Berte, cvn. Qui cercheroit jusqu'en Cartage, Et it en Occident.... la Rose, 5394. Li marinier qui par mer nage, Cerchant mainte terre sauvage, Tout regarde-il à une estoiie, ib. 7588. L'en seurche guerre et bataille, Il ne me chaut, mes que bien aille, riiteb. 202. Il doit scercier les escomeniez et les larrons et les murtriés , Lie. de just. 72. Il xv s. L'avant-garde qui ehevauchoit devant avoit quis et cerché et cerchoit dessus et dessous la rivière à tous le/, froiss. 11, 11, 71. Et fit à savoir à ceux du pays qu'il donnoit trêves trois jours pour chercher les champs de Crecy et ensevelir les morts, id. 1, 1, 295. Et n'attendit mie que ils le venissent cercher, ai ns alla sur leur pays, Bouciq. m, ch. 2. Mes sommiers estoient assez loin; et estoit trop tard pour les cercher, comm. vm, 6. Princes qui cherchent gaigner gens, m. 1, 9. || xvr s. Nous qui cherchons de former non un grammairien.... mont. 1, 187. Ceuh qui cherchent à troubler et changer Testât de nostre police, id. I, 22u. lis cherchent qu'on les contredise, pour.... m. 11, S3t. Chercher une querelle d'Allemaigne, id. iv. 40. Et telle nous degouste D'un amoureux chercher [poursuite], yver, p. 57:.. Il cherchoit de complaire à la commune, amyùt, Kicias, 3. 11 les avoit rendus plus refroidis à chercher la guerre, in. ib. 4 5. On cerche plustost d'obtenir un peu de renom, lanoue, 197.
— ÉTYM. Picard, cerquier; Berry, cercher, charcher, sarcher, sercher; Hivernais, sercher; bourguig> charchai; génev. cercher, sarcher; provenç. cercar, serquœr; anc. portug. cercar, parcourir; espagn. cercar, enfermer, enclore ; ital. cercare, parcourir, chercher; du latin circare, faire le tour de, parcourir, de cireus, cercle (voy. cirque). Le sens primitif du mot français est parcourir pour trouver.
CHERCHEUR, EUSE (cher-cheur, cheû-z'), s. m. et f. H 1° Celui, celle qui cherche. Ha! seigneur don Juan, l'on vous a bien cherché. — L'on devait me trouver, je n'étais pas caché; Et qui sont ces chercheurs? scarron, Jodelet, iv, 3. Tout l'ancien territoire de la baie d'Hudson qui n'était jadis parcouru que par des chercheurs de pelleteries, sera bientôt une riche annexe du Canada, mauky, Rapport de géogr. p. 25. || En mauvaise part.... Lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus Qui n'en étaient pas revenus, la font. Fabl. vm, 8. Quatre chercheurs de nouveaux mondes Presque nus, échappés à la fureur des ondes, id. ib. x, 16. Un chevalier errant grand chercheur d'aventures, id. Fianç. Il Chercheur de franches lippées, un écornifleur, un parasite. || Les chercheurs de midi à quatorze heures, savoir le joueur de gobelets, le batteur de fusil, l'espagnol, la vieille, le procureur, le ramoneur, le charlatan, le vendeur de lunettes, Ballet dansé au Louvre le 29 janvier 1620, beauchamp, Recherche des théâtres, t. [II, p. 80, dans lacurne. || 2° Un chercheur, celui qui cherche avec activité et persévérance des faits, des documents, des livres ou autres pièces de collection. || En mauvaise part. Celui que j'ai vu est un chercheur de pointes et un faiseur d'antithèses, balz. Socrale chrét. dise. 7. || Une chercheuse d'esprit, femme pédante et prétentieuse. j| Chercheuse d'esprit se dit aussi, d'après le conte de La Fontaine qui porte ce titre, d'une jeune fille innocente qui cherche aventure. La Chercheuse d'esprit, opéra de Far art. \\ Adj. Un esprit chercheur. Une imagination chercheuse. || 3° Nom d'une secte chrétienne en Angleterre et en Hollande, qui, admettant les Ecritures, prétend qu'elles ne sont bien expliquées par aucune des sectes chrétiennes qui les reçoivent, et en cherche le sens avec beaucoup de zèle. Et ceux qu'on nomme chercheurs, à cause que, dix-sept cents ans après Jésus-Christ, ils cherchent encore la religion et n'en ont point d'arrêtée, boss. Reine d'Anglet. || 4° Terme d'astronomie. Petite lunette subsidiaire, à court foyer, adaptée au télescope.
— HlST. xvie s. Chercheur de barbets [voleur] ,