OUDIN
— ÉTYM. Chercher.
f CHERCONNÉE (chèr-ko-née) , s. f. Terme de commerce. Étoffe indienne moitié coton moitiés
CHÈRE (chè-r'), s. f. || 1° Visage. Ce sens a vieilli. Il 2° Bon accueil, réception caressante. Voulant cacher ma honte et sa colère, Elle couvrit son front d'une meilleure chère, Régnier , Élég. iv. Ne sachant quelle chère me fa're, sev. 2SI. À qui la mère Pour
CHÈ
ne se découvrir fait plus mauvaise chère, Régnier, Sat. 11, S'il y avait auprès de vous une personne bien faite, qui vous fît bonne chère, voit. Lett. 187. Il Chez les cabaretiers, tant pour la bonne chère, tant pour le couvert et les autres menus frais. Ce sens a vieilli, y 3° Par extension, faire bonne chère a passé du sens de faire bon accueil à faire un bon repas, parce qu'un bon repas est une partis d'un bon accueil. Dans ce sens chère comprend tout ce qui regarde la quantité, la qualité et la préparation des mets. Aimer la bonne chère. Le lieu de la ville où l'on faisait la chère la plus délicate, hamilt. Gramm. m. Faisant chère et vivant sur la bourse publique, la font. Fabl. iv, 12. Hélas! que sert la bonne chère Quand on n'a pas la liberté? id. ib. iv, 3. Je dois faire aujourd'hui bonne chère ou jamais, id. ib. vm, 9. Alexandre disait que la bonne chère n'était point de saison, quand on avait de grandes affaires, du ryf.r, Supplément de Quinte- Cur ce, liv. 11, ch. 8. Repose-toi, fais grande chère, boss. Char. t. Elle disait hier à table, qu'en Basse-Bretagne on faisait une chère admirable, sév. 68. Votre intendant jure qu'on ne peut pas faire une meilleure chère, ni plus grande, ni plus polie, id. 427. Comment appelez-vous ce traiteur de Limoges qui fait si bonne chère? mol. Pourc. 1, c. Nous feras-tu bonne chère? id. l'Av. ni, 5. Il Faire petite chère, maigre chère, avoir un repas insuffisant en quantité ou en qualité. || Homme de bonne chère, celui qui aime la table et s'y connaît. C'était un homme de bonne chère; et il devient sobre et tempérant, bourd. Pensées, 1, 392. Vous avez dit que c'était un homme de bonne chère, mass. Panétj. St. Jean-Bapt. || Chère entière, grand repas suivi de plusieurs divertissements. || Chère de commissaire, un repas où l'on sert viande et poisson, locution qui vient du temps où il y avait des chambres mi-parties de catholiques et de protestants, les commissaires faisant les uns maigre les autres gras. || Faire grande chère et beau feu, faire une très-grande dépense. || Faire chère lie, faire bonne chère et vie joyeuse. La galante fit chère lie, la font. Fabl. m, 47.... lui-même ayant fait grand fracas, chère lie.... 11 devint pauvre tout d'un coup, id. ib. vu, 44. Il Proverbes. Il n'est chère que de vilain, c'est-à-dire lorsqu'un avare se résout à donner un repas, il y met plus de profusion qu'un autre. || Chère d'homme fait vertu, c'est-à-dire la face, la présence de l'intéressé fait vertu, rien ne vaut la présence d'un homme pour le succès de ses affaires.
— HIST. xic s. [Il] piore des oilz, toute sa chère embronche, Ch. de Roi. cclvi. || xii's. Li cons [comte] Rollant 0 [à] la chiere hardie. Ronc. p. 10. Le nez [il] ut beau et chiere de baron, ib. p. 211. || xmes. À moi pert [paraît] bien au vis et à la chiere, Que vostre amor m'est trop estrange et fiere.EUST. le peintre, dans Couci. A tant es vous la vieille qui fait moût lie chiere, Berte, xn. Sa fille [elle] a embracée, si la baise en la chiere, ib. [Elle] Moût faisoit laide chiere, et moût ert [était] emplorée, ib. xvi. Ysengrin n'iert pas endormiz, Saut sus, ne fist pas chiere morte, Ren. 20384. Car l'en a la chose moult chiere Qui est donnée à bêle chiere, la Rose, 2274. A regarder lores me pris Les cors, les façons et les chieres, Les semblances et les manières Des gens qui ilec karoloient, ib. 805. Ne ne faites chiere nesune De haine ne de rancune, ib. 7375. Combien qu'il facent fiere chiere, ib. 7650. Les gardes dou champ doivent partir le soleil, si .qu'il ne soit contre la chiere de l'un plus que de l'autre, Ass. de Jérus. I, 469. Il xiv° s. Le corps a grant et fort, et le viaire fier; 11 a moult bien la chiere de niaisement paier, Guescl. v. 4 3090. Car nuls homs n'est, s'il pert, qui ait la chiere lie, Baud. de Seb. vu, 4 54. || xve s. Et fit la porte de la ville ouvrir, et fit bien chère et manière de défense, froiss. i, i, 86. [Le roi d'Angleterre à ses chevaliers avant la bataille de Crecy] et leur disoit ces langages de si lie chère, que qui fust tout desconforté, si se pust il reconforter en lui oyant et regardant, id. i, i, 284. Quelque chère que ils fissent, ils n'estoient pas bien à seur, Bouciq. 11, ch. 6. Il nous fera, sans faillir, bonne chiere, en. d'orl. 4. Et sur ce leur monstra plusieurs inconveniens qui leur pourraient advenir, le plus gratieusement qu'il peut, et feirent bonne chaire au gentilhomme, juv. des ursins, Charles VI, 4382. 11 fut loué de sa fuyte; et plus encores de son retour lui fist chascûn bonne chère, comm. 1, 4. Après disner le duc et le roy se veirent en grant chiere, m. 11, 13. Homme de bonne chère et de plaisir, m. v, 10. Il me fit la plus grande chère du monde, id. vu, t. Le pelletier en fut content, Car il ne vouloyt que repaistre, Et alla tout incontinent Faire grant chère
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avec le prestre, villon. Repues. Je ne vous ai dit chose que je ne fasse, et faites bonne chère [soyez
tranquille], louis xi, .Voue, xlvii. || xvie s Et
puis appaisoit sa cholere Tout soudain qu'on luy faisoit chère, dubell. vu, 4u, rerso. Où recueillis y furent à bonne chère Des habitans et sans la vendre chère, j. marot, v, 4 50. Tout ainsi que si une femme impudique, pour navrer davantage le cœur de son mari, devant ses yeux faisoit chère à son paillard, Calvin, Instit. 284. Le tout est que je laissay le roy faisant, dieu mercy, très bonne chère [en santé], et commençant bien à se fortifier, mahg. L. 46. Le roy faict tousjours la chère que vous m'aviés promise, dont je sçay de plus en plus Uobligacion quej'ay à vous, id. ib. 4 40. Faictes leur tant de bonne chera qu'il vous plaira, mont, i, 74. Au milieu de leurs festins, et par my leur meilleure chère, id. 1, 76. Avec une chère basse et morne sans mot dire, amyot, Numa, 18. Il voulut que ceulx qui avoient porté leur part du labeur de cultiver la terre, eussent aussi part au plaisir de faire bonne chère des premiers fruicts d'icelle, id. Lyc. et Num. comp. 2. Valerius adonc descendit, avec un bon visage sur la place; et avec une chère ouverte fut le premier qui jura.... id. Publ. 3. Il ne se laissa eschapper de la bouche pas une parole insolente, ny ne monstra à sa face une chère joyeuse, id. Marcel. 50. Belle chère et cœur arrière, h. est. Précellence , 21 6 et 217. Belle chère vaut bien un mets, id. ib.
— ÉTYM. Norm. chère, visage; wallon, cairc, mine, air; provenç. et espagn. cara; du latin cara, face, qui se trouve pour la première fois dansCorippus, poëte du vic siècle, et qui est le grec xàpa, tête. On voit la série des sens: visage, puis bon accueil, c'est-à-dire bon visage, et enfin" bon repas, qui est une des manières du bon accueil.
CHÈREMENT (chè-re-man) , adr. || i° D'une manière affectueuse et tendre. Vous n'êtes aimée en nul lieu du monde si chèrement qu'ici , sév. s. Cela pourrait bien être , il m'aimait chèrement, corn. Poly.i,*. Cela peut être encore, ils s'aimaient chèrement, id. Sertor. 1, 2. Ne sois point rebelle à mon commandement Qui te donne un époux aimé si chèrement, id. Cid, v, 7. Si l'histoire de l'Eglise garde chèrement la mémoire de cette reine, boss Reine d'Anglet. Conservez ce livre chèrement, mol. Éc. des f. m, ?.. Jamais elle [ma douleur] ne quittera Un cœur qui chèrement toujours la gardera, m. l'Étcrur. 11, 6. Il 2" À haut prix. Payer, acheter, vendre chèrement une marchandise. On achète des étoffes chèrement, pasc. Prov. 8. Hazael m'acheta chèrement, fén. Tél. iv. La cour ne voulut pas les [Coligni et Bouteville] acheter assez chèrement, volt. Louis XIV, 6. Ah! c'est trop fort; vit-on jamais pareille usure? — Monsieur, je ne crois pas mériter cette injure Pour avoir obligé monsieur votre neveu; Je l'aimais chèrement. — 11 y paraît, morbleu! andrieux, les Étourdis, m, 3. || Fig. 11 paya cette courte joie chèrement. Une dignité qu'à la fin il voulut quitter comme trop chèrement achetée, boss. le Tellicr. || Vendre chèrement sa vie ou faire acheter chèrement sa vie, ne succomber qu'après avoir fait beaucoup de mal à l'ennemi. Maison, dans une plaine rase avec sept à huit cents hommes seulement devant des milliers d'ennemis, perdit tout espoir; déjà même il ne songeait plus qu'à gagner un bois pour vendre plus chèrement sa vie, quand.... ségur, Ilist. de Napol. xi, 42. || On dit au même sens, mais dans le langage familier, vendre chèrement sa peau.
— HlST. xi" s. La mort Rolant [je] lur cuid chèrement vendre, Ch. de Roi. eexiv. || xue s. Moût chierement [la trahison] sera gueredonée , Ronc. p. 49. Ne me vout [voulut] pas Diex por néant donner Tous les soûlas qu'ai eus en ma vie; Ains les me fait chierement comparer [payer], Couci, xxn. Il xme s. Et il les achetaient moult volentiers et chierement, joinv. 234. || xves. Si les pria le dit roi chèrement, qu'ils volsissent si bien penser, froiss. i, 1, 4 26. Puisqu'ainsi est que loingtain de vous suis, Ma maistresse, dont Dieu scet s'il m'ennuye, Si chierement vous requiers que je puis, Qu'il vous plaise.... en. d'orl. Bal. 12. || xvie s. De tant de peine endurée Je ne me plains nullement, Mais de l'avoir declairée Je me repens chèrement, st-gel. i 40. Qu'ilz ne mourussent point sans vendre chèrement leur mort aux vainqueurs, amyot, Arist. 41. Oultré de douleur et de regret pour la mort de luy qu'il avoit aimé si chèrement, m. Eum. 3. Leurs filles, lesquelles tant chierement avoient nourries en tout exercice vertueux, rab. Pant. 111, 'ic. Cetluy-ci [un précepteur] qu'il ayoit fait venir exprès et qui estoit bien chèrement gagé, mont. 1, 4 93
CHE
CHÉ
CHÊ
— ÉTYM. Chère, et le suffixe nient; provenç. caramen ; espagn. et ital. caramentc.
CHÉRI, ÏE (ché-ri, rie), part, passé. Ce prince chéri de ses peuples. Une image chérie. Des cendres chéries. Femme et mère très-chérie et très-honorée, boss. Reine d'Anglet. Le juste semblera plus avan tagé, si on pèse son mérite; et le pécheur plus chéri, si l'on considère son indignité, boss. Marie-Thér. Mânes aux yeux charmants, vos images chéries Accourent occuper ses belles rêveries, a. chén. Elég.. xiv. || Le peuple chéri de Dieu, les Juifs. La nation chérie a violé sa foi, rac- Esth. i, 4. || Substantivement. C'est son chéri. C'est sa chérie. Pour en boire un peu [de vin], mon chéri, Vends mon anneau de mariage, bérang. Jacq.
CHÉRIF (ehé-rif) . s. m. Prince descendant de Mahomet par sa fil] • Fatime. || Prince arabe ou maure. Le chérif de la Mecque. Une fontaine bâtie par un chérif répandait son eau dans le chemin, CHATEAUB. Itin. 37.
— ÉTYM. Portug. xarife; de l'arabe sharif, noble, éminent.
f CHÉRIFAT (chéri-fa), s. m. Dignité de chérif. f CHÉRIP (cl)é-rip'), s. m. Moineau franc.
— ÉTYM. Ce parait être le verbe anglais lo chirp, gazouiller.
CHÉRIR (chè-rir), v. a. \\ 1° Avoir beaucoup (l'affection pour quelqu'un Chérir ses enfants. Un homme comme lui, de mérite et d'honneur, Et qui vous chérissait avec idolâtrie, mol. Mis. v, 6. Jamais œillade de daine. Propos flatteur et gracieux, Mot d'amitié ni doux sourire, Déifiant le pauvre sire, N'avaient fait soupçonner qu'il fût vraiment chéri, la font. Fabl. îx, 15. 11 est aimé des grands, il est chéri des belles, doil. Sat. vm. || 2" Aimer d'un amour qui a quelque chose du culte. Chérir sa patrie. Chérir la mémoire de ses amis. || 3° Tenir beaucoup à. Oui chérit son erreur ne la veut pas connaître, corn. I'ohj. m, 3. Alzire, jusque-là chérissions-nous la vie? volt. Alz. v, 5. J'ai chéri plus ■ in" toi la gloire de ta vie, id. M. de Ces. i, t . || Par analogie. L'occasion est belle, il nous la faut chérir, cobn. Hor. il, 3. Je chéris, j'acceptai, sans tarder davantage, L'heureuse occasion de sortir d'esclavage, rac. Baj. v, 4. Je ne suis pas de ces médecins qui ne. chérissent que leurs opinions et qui, plulôt que d'en démordre, aiment mieux laisser mourir un malade, HAUTEROCHE, Crispin méd. n, o. j| 4° Se chérir, i . réfl. Avoir une affection mutuelle. Très-sots enfants de Dieu, chérissez-vous en frères, volt. Ep. 97. || Avoir de l'affection pour soi-même. || Être chéri. La vertu ne peut trop se chérir.
— HIST. xn° s. Ne Olivier qui tant lit à chérir, llonc. p. ioi. Et li reisLoewis eFranceis l'unt chéri, Th. le niait. 95. Li prélat sunt serf Deu, li reis les deit chérir, ib. 70. |jxiues. Ma primeraine famme j'] amai moût et chieri, Berte, cvm. ||xve s. Se je vous ay en mes dictez [vers] chéri [caressé , célébré], e. desch. Poésies mss. f°366, dans lacurne. S'avança le roy, et embrassa Garder le jeune, et le baisa par moult de foys; si fist-il Nestor; et quant il eut les enfants assez chéri [caressé].... Perceforesl, t. n, f" 4, dans lacurne. || xvics. Combien qu'il eust entendu qu'en son absence le roi la chenssoit, si n'en put-il rien croire, marg. Nouv. m. Pourquoi il cherissoit ainsi ce jeune homme là seul, et abominoit tous les autres, amyot, Anton. 91. Madame, ces vers méritent que vous les chérissiez; car vous serez de mon advis qu'il n'en est point sorty de Gascoigne qui eussent plus d'invention et de gentillesse, mont, i, 222. Tout du long du chemin vendent chérir la belle Les loups et les lyons à la face cruelle, baïf, Œuvres, p. to", dans lacurne.
— ÉTYM. Cher.
CJIÉIUSSABLE (ché-ri-sa-bP), adj. Digne d'être chéri. La gloire la plus chérissable est celle qui naît de la vertu. Et me rendre peut-être, à moi seul, chérissable La gloire périssable Des stériles travaux qui font tout mon emploi, j. b. kouss. Odes, iv, 2.
— HIST. xve s. Mais manière plus convenable, Plus cheritable et resonnable Ne saroit nulz ymaginer.Cont;. de Si-Denis. \\ xvies. Chérissable, cotgrave.
— ÉTYM. Chérir.
f CHÉROLLE (ché-ro-P), s. f. Espèce de vesce.
f CUERP1LLE (chèr-pi-lF , Il mouillées), s. f. Usage du Beaujolais suivant lequel les pauvres pouvaient fane la récolte malgré les propriétaires, quand le grain était à maturité.
— ÉTYM. Ancien verbe charpiller, prendre, voler, dérivé de charpir. (Voy. charpir.)
t CUERSIE (kèr-sie), s. f. ou CIIERSITE (kèrsi-t'), s. 7n. Terme de zoologie. Tortue de terre.
— ÉTYM. Xép/jo;, terre.
CHERSONÈSE (kèr-so-nê-z') , s. f. Terme de géographie. Presqu'île. Chersonèse Taurique ou Politique, la Crimée. Chersonèse Cimbrique, le Jutland. Chersonèse deThrace, la Romanie, Chersonèse d'or, la presqu'île au delà du Gange.
— ÉTYM. X^ppivr^o:, de y.éppoç ou yÉpuo;, terre ferme, etvTJsGi;, île, c'est-à-dire île tenant à la terre ferme.
f CHERSVDRE (kèr-si-dr') , s. m. Terme de zoologie. Espèce de serpent de l'archipel indien.
— ÉTYM. Xepao;, terre, etîiowp, eau.
CHERTÉ (chèr-té), s. f. || 1" Prix des denrées qui
excède le prix ordinaire. Grande, excessive cherté de vivres. Le peuple était incommodé par la cherté des vivres, d'ablancourt, Tacite, dans richelet. || La cherté y est, se dit de certaines marchandises qui se vendent beaucoup, dont tout le monde veut avoir. Je n'y mettrai pas la cherté, je n'en achèterai pas. || 2° Prix élevé relativement à un prix tintérieur. Nous entrons dans une période de cherté. || Proverbe. Cherté foisonne, c'est-à-dire quand les choses sont chères, on les ménage; et aussi les marchands, attirés par le haut prix, en apportent des quantités.
— HIST. xne s. E quan il li conquist casteals e hérité, Tant le deust il plus tenir en grant chierté, Th. le mari. 54. ||xme s. Fors Bertain la rojne que [ils] tiennent en chierté [tendresse], Berte, lxvii. Cens qui plus les ont en chierté [affection], la Buse, 7580. Por ce avint si grant chierté en l'ost, que, tantost que la Pasque lu venue, un beuf valoit en l'ost quatre vins livres, joinv. 236. || xve s. Et lui conseille, comme doy, De toujours haïr faulcetô; Car quiconque l'a en chierté, Amour chastier l'en fera, ch. b'orl. Bal. 30. || xvr s. Hz avoient expressément procuré et moyené que ceste grande cherté advinst, amyot, Cor. (G. Combien c'est un sot déduit, qui ne le feroit valoir par fantasie et cherté,
— ÉTYM. Picard, querté ; provenç. caritat , cariât; espagn. caridad; ital. carità; du latin caritatem,de rarus, cher (voy. cher). Dans l'ancien français, cherté signifie également cherté et charité, tendresse.
CHÉRUBIN (ché-ru-bin), *'. m. || 1° Ange qui est nommé dans l'Ancien Testament. Dieu mit un chérubin à la porte du paradis terrestre, saci, sur la Genèse, dans richelet. || Nom de figures dont la forme n'est pas bien connue, mais qui du moins a\ aient des pieds de veau (Éiéchiel, 1,7), et qui étaient placées dans le temple de Jérusalem. Voulez-vous que d'impurs assassins Viennent briser l'autel, brûler les chérubins? rac. Athalie, v, 2. || 2" Dans le christianisme, nom des anges du second rang de la première hiérarchie. || Familièrement. 11 a une face de chérubin, il a un visage rond et coloré. || Rouge comme un chérubin. Joli comme un chérubin. || Terme d'amitié. Mon chérubin, mon petit chérubin. || 3" En peinture et en sculpture, tête d'enfant, avec des ailes, figurant un ange.
— HIST. xi" s. Deus y tramist son ange chérubin, Ch. de Roi. clxxiii. || xne s. E nostre sires muntad sur chérubin e volad, Bois, 206.
— ÉTYM. Cherubim, pluriel de cherub, mot hébreu qui est le nom d'un ange et des figures du temple.
f CUÉRUBIQUE (ché-ru-bi-k'), adj. Qui a rapport aux chérubins. || Hymne chérubique, hymne qui , dans l'église grecque, se chante pendant la messe.
CHERVIS (chèr-vî), s. m. Plante ombellifère et potagère (siumsisarurn , L.).
— KIST. xvie s. Les racines sont naveaux, pastonnades, carrotes, chervis ou giroules, o. de serres, 507. La plus asseurée manière de se pourvoir de chervis ou giroles, est par racines; ils sont originaires du pais septentrional, car c'est d'Alemaigne d'où l'empereur Tibère en fit transporter la race en Italie, id. 531.
— ÉTYM. Origine inconnue. Espagn. chirivia; portug. chérir ia.
f CHESTER (tchè-steur, ou, à la française, chèstèr), s. m. Fromage anglais renommé.
— ÉTYM. Chèsler , ville d'Angleterre.
CUÉTIF, IVE (ché-tif , ti-v'; les paysans des environs de Paris disent chéti et même cheti), adj. || 1° De peu d'importance, de peu de distinction, de peu de force, en parlant des personnes. Un ebétif garçon de boutique, patru, Plaid. 2, dans richelet. À
■ n il de ces hommes chétifs, la bru y. vi. Le monarque lui dit [au cerf] : Cliétif hôte des bois, Tu ris! tu ne suis pas ces gémissantes voix, la font. Fai.VHI, 14. 11 vint des partis d'importance, La belle les trouva
trop chétifs de moitié, id. ib. vu, 5. Tout chétif et tout misérable qu'il est, il a été détroussé en France, halz. liv. vi, Ictt. 5. Depuis les plus chétifs jusques aux plus fendants, Régnier, Sat. xm. Un chétif centenieï des troupes de Mysie, corn. Héracl. i, 2. Qu'entreprends-je, chétif, en ces lieux écartés? rotr. Si Gcn. m, 2. Éryphile n'est encore digne ni de vous ni du public, ni même de moi, chétif, volt. Lett. vers et prose, (7. Et celui qui chétif aux misères succombe, Sans vouloir autre bien que le bien de la tombe, malh. i,4. Quand Crésus vit Ésope, ils'étonna qu'une si chétive créature lui eût été un si grand obstacle, la font. Vie d'Ésope La chétive pécore S'enfla si bien qu'elle creva, id. Fab. i, 3. Quel toi., quel ascendant ne prennent-ils pas [les riches] sur les savants, quelle majesté n'observent-ils pas à l'égard de ces hommes chétifs que leur mérite n'a ni placés ni enrichis et qui en sont encore à penser et à écrire judicieusement! la bbuï. VI. || 2" En parlant des choses, qui n:a pas force, qualité. Une chétive récolte. Une plante chétive. Une mine chétive. Comme un chien qui fait fête Aux os qu'il voit n'être pas trop chétifs, la font. Juin. Une llamme pieuse autant comme chétive, corn, l'omp. v, i. Et mon liras n'est du sien qu'un chétif instrument Qui :;e meut et n'agit que par son mouvement, rotr. Bélis. i, i. Notre vigne n'esl point si chétive qu'on le voudrait bien faire croire, p. l. cour, i* lettre particulière. i| Avoir chétive mine, avoir la mine basse, et aussi avoir l'air malade. || 3° Misérable, pauvre. Une vie, une chère chétive. Dans quelque urne chetive en ramasser la cendre, corn. Pomp. n, 2.
— HIST. xie s. [Elle] 'Irait scschevels, si se clame caitive, Ch. de Bol. cclxxiv. Dist l'uns à l'autre : Caitif que deviendrons? ib. exc Que deviendrai, douloureuse caitive? ib. cxci. En France douce [elle] ert [sera] menée caitive, ib. cclxviii. || xue s. Ainsi nos, caitif, coniperrons [payerons] Les guerres de ces haus barons, crestien de troies, dans iiollanip, p. 266. Corne chaitis [captif] mené, Ronc. p. i .. Meurent paien corne chaitif dolent, ib. p. "7. A la chaitive [malheureuse] qui au mostier aient, ib. p. 173. Ceste chaitive qui de son dueil morra, ib. p. 174. Vous deùssiez querre leur délivrance [des prisonniers!: C'est grant péchés, ses [si les] i laissez chaitis, qùesnes, Romancero, p. 100. || nu* s. Oui caitif sert caitif loiier en sent, i.. passy, Fragm. d'Irist. lût. p. 89. Hé! las, chétif, où irai ? que ferai? anonyme, dans Couci. Etliccnsaus de l'empereour fu tiex qu'il s'iroit à lui combatre , pour secorre les chaitis et les chaitives que il enmenoit, villeh. clxiv. Neis [même] Avarice la chétive N'erl
à prendre ententive,/a Rose, 1 139. Moult est et fox nais Qui croit que ci soit son pais, ib. 5049. Etsene vous plet, si vous preingne pitié de ceste chietive qui ci gist, que vous attendes que je soie relevée, joinv. 252. Car qui à chétif seigneur sert,
Il en atent chétif loier, les Vers du monde Dan
Macrohe Vestu d'une chétive robe, Bat. des " arts. || xve s. Le plus petit, maigre et chétif cheval qu'il
put trouver, froiss.i, i, 23 biex ! doux valet,
Di-je lors, es-tu si quatis [caché]? Par ma foi, tu es uns quetis, Quant tous seuls tues en prison, froiss. Le dit dou florin. Ainsi ma vie se compassé, Mateureuse, chétive et lasse, En paineet inaulx dont trop recueil, ch. d'orl. Bond. Nuz [Dieu] les crea: et puis l'ame leur mist Ou chelif corps, sans faire différence, e. desch. L'Iiabit ne fait pa< l'homme. Vaut-il pas mieux avoir la couleur rouge et vive, Riche de beaux rubis, que si pale et chétive Ainsi qu'un buveur d'eau? bassklin, n. || xvie s. Aux cœurs chétifs tu remets l'espérance, rons. 7o3. De tous les animaux qui marchent sur la terre L'homme est le plus chétif : car il se fait la guerre Luy-mesmes à soy-mesme.... id. 815. Il [l'homme] n'est pas assez chestif, si par art et par estude il n'augmente sa misère, mont, i, 227.
— ÉTYM. Bourguig. cheti; Berry, ch'ti, au féminin ch'tite. chaitis; provenç. captiu, cailiu; anc. catal. caitiu; anc. espagn. captivo; espagn, mod cautiro; portug. cativo; ital. callivo;du latin cap* fin/»', prisonnier (voy. captif). Chétif, envieux fiançais, signifie captif, et de là, faible, misérable.
CUÉTIVE.MEXT (ché-ti-ve-man i . adv. D'une manière chétive. Cet homme vit chétivement. Lntreiemr une personne chétivement, patru, Plaidoyer 4, dans RICHELET.
— étym. Chétive. et le suffixe ment.
f CHÉTIVETÉ (ché-ti-ve-té) , s. f. Qualité de ce qui est chétif.
— HIST. xme s. La chaitivilet de Sion.... la nostre caitivetet, Psautier, dans raynouard, captitilat. Car se tu l'a voies pressé j ton cœur], je 1" tenroie
I chetiveté, la Rose, 2202. || xv« s Gens qui
dissent venté Pour son honour et pour leur con-
BO, S. m/, mal engin et sanz chetiveté, e. pesch.
I qui est nécessaire aux rous. Et après qu'il eut robe
toute la cité de Nicosie, et réduit le peuple en che-
tivel '. MONSTREL. II, 39.
— ÊTYM. Proveaç. captivitat; espagn. cautiridad; ital. cattività;'du latin captivitatem, de capti-
roy. captif et chétif). Chetiveté, dans l'ancien rrançais, signifie captivité et état chétif.
CHÉTODON (ké-to-don), s. m. Ternie de zoologie. Nom d'un genre de poissons qui ont les dents lines comme du crin. Les chétodons.
— ÊTYM. Xairr,, crinière, et ôôoù;, dent.
f CHÉTOPODE (ké-to-po-d'), s. m. Terme d'entomologie. Qui a des soies pour pattes. ||S. m. Les chétopodes.
— ÊTYM. Xocîty), crinière, et ttoû;, noSôç, pied. t CHKTOPTÈRE (ké-to-ptê-r'), s. m. Terme de
zoologie. Sorte d'annélide chétopode rapportée des Antilles. Leschétoptères sont desannélides nageuses.
— ÉTYM. XatT»]., crinière, et tcteoov, aile.
f CHÊTROX (ché-tron), s. m. Terme de métier. 1 iroir sur le côté d'un coffre.
; Clll VAGK (che-va-j'), s. m. Ternie de droit féodal. Droit du par tout chef de famille bâtard ou aubain (Étymologie : chef).
+ CIIKYAGE, s. m Action de donner au verre ramolli par la clinleurla forme l'un moule (Êtyni.c/iei'er).
■( CHEVAINE (che-vè-n) . s. f.Syn. dechevanne.
QHEVAL (che-val), s. m. || 1" Animal domestique de la famille des solipèdes, qu'on emploie à tirer ou ;\ porter. Cheval de charrette, de carrosse, de main, de bataille. La bouche d'un cheval. Panser, étriller, ferrer, seller, brider un cheval. Un cheval fin, ardent, plein de feu, souple, léger à la main, obéissant. Cheval qui porte bien sa tète. Un cheval vicieux, ombrageux, pesant à la main. De rage et de douleur le monstre bondissant Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant , bac. Phèd. v, 8. J'ai vu, seigneur, j'ai vu votre malheureux fils Traîné par les chevaux que sa main a nom ris, id. ib. Sous les pieds des chevaux cette reine foulée, id. Athal. i, t. On commença la course des chariots, que l'on distribua au sort; le mien se trouva le moindre pour la légèreté des roues et pour la vigueur des chevaux, ff.n. Tel. v. Lâchant les rênes à ses chevaux fumants de sueur, id. ib. .Me, chevaux s'animèrent et se mirent peu à peu en haleine, m. ib. Hippomaque poussant trop ses chevaux,le plus vigoureux s'abattit, id. ib. Mes chevaux, mieux ménagés que les siens, étaient en état de le devancer, in. ib. Malheureux, laisse en paix ton cheval vieillissant. De peur que, tout à coup efflanqué, sans haleine, 11 ne laisse en tombant son maître sur l'arène, boil. Ép. x. || Cheval de relais, cheval tout préparé dans les postes pour prendre la place de celui qui vient de faire une traite. On avait préparé des chevaux de relais, sur lesquels ils furent sur-lechamp conduits à Leipsic, où on les enferma étroitement, volt. Charles XII, 2. lien est ainsi de poste en poste dans le royaume; vous changez de jurisprudence en changeant de chevaux, id. Dial. 2. || Cheval de service, dans le langage de la féodalité, cheval dû par le vassal au seigneur. [| Tirer un criminel à quatre chevaux, écarteler un criminel, en attachant un cheval à chacun de ses membres, [j Fig. N'avoir ni cheval ni mule, être fort gueux || Chercher quelqu'un à pied et à cheval, faire toutes les diligences pour le trouver. || C'est un cheval échappé, c'est un jeune homme qui n'écoute ni autorité ni conseil. Athamare est un jeune cheval échappé, amoureux comme un fou, volt. I.ett. d'Argental, 27 avril 1767. || C'est un vrai cheval à la besogne, c'est un homme dur à la peine, grand travailleur. Mon esclave travaille comme un cheval, je le nourris mal, je l'habille de même, volt. Dial. x.xiv, 8. |[ Fig. et familièrement. Cheval de carrosse, cheval de bat, gros cheval, ou, simplement, cheval, homme rude, grossier, intraitable. C'est un vrai cheval. C'était [le chevalier de Nogent] une manière de cheval de carrosse qui était de tout temps ami de Saint-Pouange, st-sim. 191, 58. Comment, grand cheval de carrosse! mol. Bourg, n, 3. || Fig. C'est le cheval de bat, se dit d'un homme chargé, dans une maison, dans une communauté, de la grosse besogne. || Dans le pas d'un cheval, c'est-à-dire facilement, sans peine, sous les pieds. Croit-ilque mille cinq cents livres se trouvent dans le pas d'un cheval? mol. Fourb. n, H. Cinquante mille francs, c'est un joli denier, et, comme on dit, ça ne se trouve pas ious les jours dans le pas d'un cheval, cit. de ber- Hard, le Gendre, § e. || Aux enseignes des hôtelle-
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ries, un tel loge à pied et à cheval, c'est-à-dire un tel donne le logement aux hommes et aux chevaux. || Fig. C'est son cheval, son grand cheval de bataille, c'est l'argument dont il s'appuie, l'idée à laquelle il est attaché. La cérémonie est le cheval de bataille de lanoblesse campagnarde, hamilt. Gramm. 10. || Monter sur ses grands chevaux, prendre les choses avec résolution, avec hauteur, se gendarmer; locution venue de ce que les chevaliers allant en guerre et chevauchant sur de petits chevaux montaient, pour combattre, sur de grands chevaux. Je vous vois montée sur vos grands chevaux, sév. 537. Dessus ses grands chevaux est monté mon courage, mol. Sgan. 21 .Voyant qu'elle montait sur ses grands chevaux, hamilt. Gramm. 9. Mie monta sur ses grands chevaux au lieu de se justifier, id. ib. < l. Il Brider son cheval par la queue, s'y prendre à contre-sens dans une affaire. || Fièvre de cheval, fièvre violente. Il Médecine de cheval, médicament très-fort. || Familièrement. Écrire à quelqu'un une lettre achevai, écrire une lettre où on le gourmande vertement. || 2° Homme de cheval , un cavalier. Une troupe de gens de cheval. Soit de gens de cheval ou soit de gens de pied, rfgn. Sat. xi. 11 n'y avait point de meilleurs hommes de cheval que les Egyptiens, boss. Hisl. 111, 3. Du Plessis, écuyer de la grande écurie et le premier homme de cheval de son siècle, st-sim. 37, 174. Les Romains tireront de leurs alliés 700 000 hommes de pied, et 70 000 de cheval, montf.sq. Rom. 4. || Monter à cheval signifie quelquefois apprendre à monter à cheval. 11 a monté à cheval sous un tel. || Mettre quelqu'un à cheval, lui enseigner l'équitation. C'est un tel écuyer qui a mis ce jeune homme à cheval. || En termes de manège, cheval de deux cœurs, celui qui ne se manie que par contrainte. Cheval dans la main, celui dont l'encolure, la tète et le corps sont dans un paifait équilibre, cheval entier à une main, celui qui refuse de tourner d'un côté. Cheval de pas, celui qui va un grand pas fort à l'aise. || 3° À cheval, lue adv. Sur un cheval. Se promener à cheval. Montrez-lui comme il faut.... Passer les jours entiers et les nuits à cheval, corn. Cid, 1, 7. Pour les faire monter à cheval, boss. Hist. m, 5. M. le Chantre sera toujours prêt à monter à cheval, id. Letl. abb. 72. Sortis, il me demande: êtes-vous à cheval? ré- GMKi:,.S'af.vin. Il Elliptiquement, achevai, messieurs! c'est-à-dire montez à cheval. || Par analogie, à califourchon, jambe deçà, jambe delà. 11 était à cheval sur le haut du mur. || 'ferme de guerre. Etre à cheval sur un fleuve, sur une rivière, sur une route, avoir des troupes placées sur l'une et l'autre rive, sur l'un etl'autre côté de la route. || Fig. Etre à cheval sur quelque chose, n'en pas démordre, s'en prévaloir, y revenir sans cesse. Etre à cheval signifie aussi être solidementétabti. || Fig. Être mal à cheval, être mal dans ses affaires. || 11 se tient mieux à table qu'à cheval, se dit d'un écornifleur. || 4° .S', m. plur. Terme de guerre. Cavaliers. 11 avait dix mille hommes de pied, avec deux mille chevaux. C'était vous, intrépide Nemours, qui meniez ces fameux chevaux aux combats, chateaub. Natch. 1, 92. || Les grands chevaux, nom qui était donné aux quatre principales familles de la noblesse de Lorraine. Les petits chevaux, la noblesse inférieure de Lorraine. || 5°Cheval fondu, jeu d'enfants dans lequel l'un saute pardessus l'autre qui a le corps plus ou moins fléchi. Il 6° Cheval de bois, figure de bois sur laquelle on apprend à voltiger. [IIJ fait crever les courtauds en chassant aux forêts, Court le faquin, la bague, escrime des fleurets, Monte un cheval de bois.... Régnier, Sal. v. Il Anciennement. Cheval de bois, pièce de bois qui, taillée en arête et mise sur des tréteaux, servait à une punition de soldat. Ce soldat, ayant fait un faute, fut mis pendant deux heures sur le cheval de bois. || Cheval de Troie , cheval de bois renfermant des guerriers dans ses flancs, au moyen duquel les Grecs prirent la ville de Troie. Il Les courtisans du cheval de bronze, s'est dit jadis à Paris des ulous et personnes de mauvaise vie qui se tenaient sur le pont Neuf auprès de la statue d'Henri IV, pour y attraper quelqu'un. || 7" Cheval de frise, en termes de guerre, grosse poutre carrée, tra- \ersée par trois rangs de pieux de bois, dont les bouts sont armés de pointes de fer, ainsi dite parce (pie cet engin a d'abord été employé dans la FT-ise. Il Cheval de frise ou patte de coq, espèce de support dans une fabrique de poteries. || 8° Terme d'astronomie. Un des noms vulgaires de la constellation de Pégase. Il Petit Cheval, constellation de l'hémisphère septentrional. || 9° Cheval-vapeur ou simplement cheval, unité conventionnelle dont on se sert pour évaluer la force motrice des machines à vapeur,
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et qui équivaut à une force capable d'élever un poids de 7;, kilogrammes à la hauteur d'un mètre dans l'unité de temps ou seconde. || 10° Dans les carrières de marbre, on appelle cheval de terre, un espace où le marbre manque et qui se trouve rempli d'une masse de terre. ||Trou rempli de terre qu'on trouve quelquefois dans un bloc. || 11" Terme de zoologie. Cheval cerf, nom d'un mammifère observé en Chine et qui paraît être l'antilope gnus (ruminants) dite vulgairement gnou. || Cheval du Cap, nom donné par quelques voyageurs au cheval quaccha, qui est le couagga de Buffon. || Cheval marin, cheval de rivière, hippopotame, et plusieurs poissons. Il Cheval du bon Dieu, grillon. || Cheval marin, animal fabuleux, qu'on représente avec le devant d'un cheval et le derrière d'un poisson. || 12" Terme de métier. Siège sur lequel l'ouvrier s'assoit pour façonner l'a;rdoise. || Proverbes. Cheval de foin, cheval de rien; cheval d'avoine, cheval de peine. Il Fermer l'écurie quand les chevaux sont dehors, c'est-à-dire prendre des précautions quand le mal est arrivé. || 11 fait toujours bon tenir son cheval par la bride, c'est-à-dire il fait bon être maître de ses affaires, de son bien. || Il est bien aisé d'aller à pied quand on lient son cheval par la bride, c'est-à-dire on souffre volontiers de petites incommodités quand on peut s'en délivrer aussitôt qu'on veut. || Des femmes et des chevaux, il n'en est point sans défauts. || Un coup de pied de jument ne fait point de mal au cheval, c'est-à-dire un homme doit prendre galamment les malices que lui font les femmes. || À un cheval hargneux, il lui faut une étable à part, c'est-à-dire il faut se tenir loin des hommes querelleurs, dil'licultueux, méchants. || Les chevaux courent les bénéfices, et les ânes les attrapent, c'est-à-dire les récompenses ne vont pas à ceux qui les méritent. || Je lui ferai voir que son cheval n'est qu'une bête, c'est-à-dire je lui ferai voir qu'il se trompe lourdement. Je voudrais bien qu'elle eût soufllé devant moi et qu'elle s'avisât de traverser ce que j'aurais résolu; je lui ferais bien voir que son cheval ne serait qu'une bète, iiauterociie, Crispin médecin, 1, 2. || Qui aura de beaux chevaux si ce n'est le roi? c'est-à-dire il n'est pas étonnant qu'un homme riche et puissant ait ce qu'il y a de mieux. Il II n'est si bon cheval qui ne devienne rosse, c'està-dire l'âge affaiblit les corps, les esprits les plus vigoureux. Et, en sens inverse, jamais bon cheval ne devint rosse. || A jeune cheval vieux cavalier, c'està-dire pour conduire un jeune cheval, et ligurément, pour diriger des gens inexpérimentés, il faut un homme expérimenté. || Il est bon cheval de trompette, c'est-à-dire le bruit, les menaces ne l'effrayent pas. || Changer son cheval borgne contre un aveugle, changer une chose mauvaise contre une autre plus mauvaise encore. || À cheval donné on ne regarde point àla bouche, à la bride, c'est-à-dire un don est toujours bienvenu. || Il n'est si bon cheval qui ne bronche, c'est-à-dire le plus sage, le plus habile peut commettre des fautes. || Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome, c'està-dire on ne se corrige pas en voyageant. || L'œil du maître engraisse le cheval, c'est-à-dire il faut surveiller ses affaires. || Après bon vin, bon cheval, c'est-à-dire quand on a un peu bu, on est plus hardi. Il L'âge n'est que pour les chevaux, c'est-à-dire il ne faut pas s'enquérir de l'âge des personnes. Laissons l'âge à part; aussi bien, comme on dit, il n'est que pour les chevaux, hauter. Crispin médecin, 1, 1. Il A méchant cheval bon éperon, c'est-à-dire il faut de la fermeté dans les affaires difficiles.
— SYN. HOMMES DE CHEVAL, GENS DE CHEVAL. Les
gens de cheval, c'est la cavalerie. Cette locution a toujours un sens collectif qui n'appartient pas à hommes de cheval; c'est pour cela qu'on dit mille hommes de cheval, et qu'on ne peut dire mille gens de cheval.
— HIST. xic s. Cil ki aveir [bétail] escut [relire] u chivalz u buefs, Lois de Guill. 6. Puisque il sont as chevals et as armes, Ch. de Roi. lxxxv. Sur Veillantif, son bon cheval courant, ib'. i.xxxix. Sire à pied estes, et je sui à cheval, 16, clvii. || xii* s. Chevausde pris, Roue p. 7. Seschevaus [son cheval] fu en vingt lieus assenez, ib. p. 9e. Je le defen à cheval etàpié, ib. p. 187. Sur leschevax [ils] montèrent qu'on leur tint au perron, Sax. xxn. Les chevals Saint Thomas tuz ensemble [ils] enmenereut, 77* . le mari. p. 162. Il xiii0 s. Et chascuns chevaus donra quatre mars, et chascuns bonis dui [deux], villeh. xiv. Lors furent li cheval trais des huissiers [vaisseaux] id. Lxnt. 1 hevaus, or el argent leur li>t on présenter, Berte. m. Il doit deus deniers de tonlièu jioiir chascun cheval, se li chevaus est vis [vif], Livre
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des nu1!. 316. Et la court deit coanoistre que la bataille deit estre à chevau, au quarantisme jor, Ass. de 1er. i, <62. Je voi que qui cheval acheté, N'iert ja si fox que riens i mete, Comment que l'en l'ait bien couvert, Se tout nel voit à descouvert, la Rose, 8707. Et quand les chevaus aus Sarrazins et aus Beduins avoient poour [peur] d'un hisson [buisson], joinv. 203. Qui n'a cheval si voist [aille] à piét, leroux de lincy, Pror. t. i, p. 163. Miex vault le cheval Bertran, Qui souvent menjue [mange] avaine Que cil qui fait la crevaine [qui crève], Ane. poésies fr. du Vatican, dans lacurne. Se ses quevax muertou afole, beaum. 64. Il xive s. Là où li chevaux chiet [choit], on le vait escorchant. Guescl. 10831 . || xve s. Par ma foy, mes chevaulx se lasse, Et dit que les nois [neiges] et la glace L'ont destruit.... e. desch. Poésies, f° 358, dans lacurne. Dix huyt cens hommes de cheval, conim. iv, i. Se l'autre son compagnon avoit bien fait du mauvais cheval et en maintien et en paroles, encore en fit il plus, louis xi, Nouv. xxxni. Un cheval a quatre pieds et si chiet [et pourtant tombe], leroux de lincy, Prov.t. i,p. (64. En vérité il m'est mescheu ; dont je suis dolent, mais c'est sur le tard , et me puis comparer à celluy qui ferme l'estable quant on lui a emblé son cheval, Perceforest, t. m, f" 88. || xvr s. Un esclave qui vint à tue cheval l'avertir, Mém. sur D. G. ch. xvm. Voyant rapporter le corps d'un homme de cheval, mont. i, 8. Se sentant eschapper du [tomber de] cheval, id. i, )6. Apprendre à montera cheval, id. i, t50. En sa mort, on sent Caton tousjours monté sur ses grands chevaulx, id. iv, t93. Il y eut quelques chevaulx légers numidiens, qui par le chemin rencontrèrent.... amyot, Marcell. 50. Il y mourut, non en capitaine, ains en cheval léger et en avant coureur, id. Pélop. et Marcell. comp. 5. Dix mille hommes de pied, mille chevaux, et une flotte de cent voiles, id. ib. 51. Faire du cheval eschappé, id. Caton, 55. Ou'es-tu toy? archer, picquier, homme d'armes ou cheval léger? id. Quelavertu se peut apprendre , 8. La Rivière, le plus diligent et laborieux caval léger qui fust au service du roi, d'aub. Hist. I, 333. On faisoit bouillir les cuirs, les peaux de cheval et de chiens, id. ib. n, 56. Ils firent du pain de paille hachée et d'ardoise, y meslant du fumier de chevaux, id. ib. n, 57. Ne trouvant dedans autres garnisons que quelque peu de soldaU pour garder les grands chevaux de Joieuse, id. ib. n, 58. Il perce un grand pais de Beausse tout semé de chevaux-legers, id. ib. n, <88. En cheval léger, id. ib, m, 213. Pour forcer les villes : béliers, chevaux, vignes, tortues, balistes, paré, ix, Préface. Leurs trompettes et clairons ronfloient et sonnoient boutte selle, boutte selle, monte achevai, monte à cheval, boutte selle, monte à caval, à caval, id. t. m, p. 703. Tu resembles au viel cheval de mon père, tu ne veulx poynt marcher jusques à tant que tu soyes picqué, palsgr. p. 427. Et comme l'on dict, nous vendons nostre cheval pour avoir du foin, charron, Sagesse, i, 22. N'achapte cheval jouant de la queue, génin, Récréât, t. n, p. 245. Quand plus ne peult ne haut ne val, à la charrue va le cheval, id. ib. p. 248. Se houseret n'avoir chevalin, ib. p. 249. Cheval courant, sépulture ouverte, leroux de lincy, Prov. t. i, p. 159. Cheval fait et valet à faire, cheval fait et femme à faire, id. ib. Cheval rogneux n'a cure qu'on l'estrille, id. ib. X nouveau cheval, nouvelle selle, id. ib. p. )60. À cheval rueur, d'avant passe . id. ib. Aux chevaux maigres va la mouche, id. ib. Bien mérite d'aller à pied qui n'a soin de son cheval, id. ib. p. )6i. Bride et esperon font le cheval bon, id. ib. Il fait comme les bons chevaux, ils'eschauffe en mangeant, id. ib. p. 1 6 2. Il ne faut pas lier les asnes avec les chevaux, id. ib. Un bon cheval fait les lieues courtes, id. ib. p. («3. Un cheval est bien meschant [mauvais] s'il ne peut porter sa selle, id. ib. p. t84. Comment, dit Mandragor, vous parlez achevai et fort glorieusement pour une femme ; par Dieu, si vous ne lussiez aussi bien au pouvoir de la royne vostre maistresse qu'elle mesine est en celuy du roy mon maistre, je vous ferais bien abaisser vostre caquet, Don Flores de Grèce, f'xxxvi, dans lacurne. Ny estoit coustume de venir à telz biens par force ny en parlant à cheval, veu que tous ceux qui se humilioient jusqu'à terre et qui ne servent que d'obeïr et complaire, à grand peine y peuvent ilz parvenir, Aresta amorum, p. 13«, dans lacurne. On doit estre maistre de son cheval, compagnon de son chien et valet de son oiseau, fa vin, Théâtre d'honn. t. 11, dans lacurne. On touche toujours sur le cheval qui tire, cotgrave. Il n'y a cheval si bien ferré qui ne glisse, id. Qui n'a cheval ne chariot, il ne charge pas quand il veut, id,
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— ÉTYM. Picard, kevau, guevau, gval, keval ; wallon, c/»rd;bourguig. chevau; Berry , gevau , un chevau, des chevals; Saintonge, chevau; provenç. eavalh ; ratai, eaball ; espagn. caballo; ital. cavallo ; du latin caballus, cheval de fatigue; grec, xaêà),av)ç, qui paraît être un mot de la Grande-Grèce, et, par conséquent, de l'Italie et qu'on rapproche du sanscrit tchapala, rapide. Dans l'ancien français, nominatif singulier chevals, chevax, chevaus, régime cheval; nominatif pluriel cheval, régime chevals , cherax. chevaus. On voit que notre distinction de cheval, chevaux, est un reste de la déclinaison de l'ancien français.
f CHEVALÉE (che-va-lée), s. f. Charge d'un cheval.
— HIST. xv° s. Et lors de la monnoie dessus dite valoit une chevalée de blé sept ou huit francs, mons-
TRELET, liv. I, Ch. 247.
— ÉTYM. Cheval.
CHEVALEMENT (che-va-le-man), s. m. Terme d'architecture. Appareil formé par des planches ou madriers placés sur des étais pour supporter un mur qu'on reprend en sous-œuvre.
— ÉTYM. Chevaler.
CHEVALER (che-va-lé), v. n. || 1° Faire des allées et venues, des démarches pour une affaire. Il m'a bien fait chevaler. Vieilli en ce sens. || 2° Terme de manège. Chevaucher, passer sur les voltes en croisant les jambes de devant. || 3° Faire usage d'un chevalet. Les scieurs de long chevalent. || 4° V. a. Chevaler les cuirs, les travailler sur le chevalet. || 5° Chevaler un mur.Pétayer avec des chevalements.
— HIST. xvc s. Vous cheez par une recrue souffrance en leur servitute, comme les perdris qui, en fuiant à despourveue négligence le perdrieur qui les chevale [poursuit], cheent en sa tonnelle, a. chartier, l'Espérance, p. 272, dans lacurne. || xvie s. Avec les caphardes paroles De ces moines à testes folles Qui vous chevalent [tâtonnent] pour leur bien, marot, iv, (87. Ainsi font les grands voleurs et les fameux coursaires : les uns descouvrent le pays, les autres chevalent les voyageurs, la bcétie, 64. C'estoient de son costé principalement, que l'une des poinctes de la bataille des ennemis s'approchoit le plus près, et le chevaloit pour l'environner par derrière, amyot, Crassus, 47. Il ne luy voulut pas courir sus à toute oultrance, ains seulement le feit chevaler tout alentour, commandant à ses soudards qu'ilz l'espargnassent luy et ses gens, id. Brutus, 32. Ces trois harpies avoient, tout le matin, au desceu l'un de l'autre poursuivi, importuné et chevale sa majesté, pour engloutir ce bénéfice, carl. II 10. Se voyant à toute force chevalé, picqué, esperonné et, pour mieux dire, suborné, pasquier, Lettres, t. n, p. 38, dans lacurne. Dans Lyon on avoit projette de faire assassiner le roy, soudain après sa conversion; et sur ce projet il avoit esté chevalé jusques dans Melun par un meschant homme , lequel y fut prins, id. ib. p. 272. Et après l'avoir par longs ambages chevalé, tasté et tenté, id. ib. p. 343. Ce pauvre esprit, de ceste façon chevalé, se laisse aller à la volonté et discrétion de celui qui le mené d'une parole amadouante, id. Recherclies, liv. m, p. 298. jamais personne accusée ne fut tant chevalée par un juge pour estre surprise que lapucelle d'Orléans, et toutesfois personne ne respondit plus à propos que cette-cy, id. ib. liv. vi, p. 472.
— ÉTYM. Cheval.
CHEVALERESQUE (che-va-le-rè-sk') , adj. Qui appartient à un chevalier; digne d'un chevalier. Bravoure, franchise chevaleresque. Conduite chevaleresque.
— ÉTYM. Ital. cavalleresco ; catal. caballeresc; espagn. caballeresco (voy. chevalier). Ce mot est récemment emprunté à l'italien; il ne se trouve ni dans les éditions du Dictionnaire de l'Académie avant celle de 1 835, ni dans Furetière ni dans Richelet. L'ancien français disait chevalereux , usité jusque dans le xvie siècle. On a dit aussi chevaleresse pour femme de chevalier, litière chevaleresse pour litière appartenant à un chevalier.
tCUEVALERESQUEMENT(che-va-le-rè-ske-man), adv. D'une manière chevaleresque.
— ÉTYM. Chevaleresque , et le suffixe ment. CHEVALERIE (che-va-le-rie) . i. f. || i° Institution
militaire, propre à la noblesse féodale et consacrée par la religion. Les siècles de la chevalerie. Voilà où aboutit une aventure [descente du prince Edouard en Ecosse] qui eût réussi dans les temps de la chevalerie, mais qui ne pouvait avoir de succès dans un temps où la discipline militaire, l'artillerie et surtout l'argent décident de tout à la longue, volt. Louis XV, 25. || La chevalerie errante, les chevaliers
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errants. || Romans de chevalerie, romans où sont décrits les exploits, les caractères, les mœurs, les aventures, les amours des chevaliers tels que l'imagination les avait idéalisés. || Faire chevalerie, se disait, dans la langue du moyen âge, des actes de vaillance ou de courtoisie que faisait un chevalier. || 2° Le corps des chevaliers, la cavalerie noble. Hodrigue, à la tête de sa chevalerie, subjugua le royaume de Valence, volt. Mœurs, 44. |] Fine fleur de chevalerie, se disait pour l'élite des chevaliers et aussi pour un chevalier accompli. || 3" Qualité, rang de chevalier.|| 4° Ordre de chevalerie, distinction honorifique instituée par divers somerains. Etre décoré de plusieurs ordres de chevalerie. Non, d'aucune chevalerie Je n'ai le brevet sur velin, bérang. Vilain. || 5° Bace noble. Cette maison est d'ancienne chevalerie. || La noblesse. Un roi entouré de sa chevalerie.
— HIST. xic s. Donc aurez fait gente chevalerie, Ch. de Bol. xliu. N'i a paien de tel chevalerie, ib. lxxv. || xne s. Tant est Rolans pleins de chivalerie [vaillance], Ronc. p. 28. [Il] Va demandant pris de chivalerie, ib. p. 58. Et là doit-on faire chevalerie, Où on conquiert paradis et honor, quesnes, Romancero, p. 93. Si faisons assembler nostre chevalerie, Sax. xxxii. || xnr s. À Paris la cité [il y] ot grant chevalerie, Berte, n. Je vueil qu'o vous s'en voist [aille] noble chevalerie [nobles chevaliers], ib. Lxxii [Roland] Qui fut preus et hardis, pleins de chevalerie, ib. cxliv. Atant se parti li chevaliers dou roi, sans saluer, et passa mer et trouva le roi Richart à Londres à tout grant chevalerie et li dist, Chr. de Bains, p. 59. Est- il greignor forsenerie Que d'essaucier chevalerie, Et d'amer gens nobles et cointes Qui robes ont gentes et jointes? la Rose, t2i32. Et li fust ostés li estas de chevalerie, beaum. xlv, 29. Fié [fief] qui ne deit servise que d'une chevalerie ne se part mie entre suers, Ass. de J. i, 224. Avec le conte de Brienne avoit un vaillant clerc qui estoit evesques de Rames, qui maintes 'bêles chevaleries avoit faites en la compaingnie le conte, joinv. 27). Chevalerie amors resanble, Si ont pris compaignie ensemble; Hardi covient estre ameor [amant], Ausi com le combateor, Ovide, Dearte, ms. f°97, dans lacurne. || xive s. Si comme médecine quert un bien, et chevalerie un autre bien, opesme, Eth. vu, 1 3. || xve s. Si s'avisera qu'il la conforterait [Tournay] tellement et y envoieroit si bonne chevalerie que la cité serait toute seure et bien conseillie, froiss. i, i, (26. Peu en affiert à moy de mercy, je ne suis que ung seul homme; la chevalerie qui avec moy estoit, qui les prouesses firent, en doivent avoir l'honneur. Sire chevalier, dit le roy, vous dictes vosiie plaisir, mais le bon chef fait la bonne chevalerie, Perceforest, t. n, f° 96. || xvies. Loyaux aides sont coutumierement dus pour chevalerie [réception comme chevalier] du seigneur ou de son fils aine, loysel, 605. Masistius, gênerai de la chevalerie des Perses, amyot, Arist. 34.
— ÉTYM. Chevalier; provenç. cavalaria, caralagria; espagn. caballeria; ital. caialleria.
CHEVALET (che-va-lè ; le t ne se lie pas ; au plu riel l'i se lie: les che-va-lè-z et...; chevalets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Support pour tenir l'olijet sur lequel on travaille. Chevalet de corroyeur, de scieur de bois, de peintre. || Terme de peinture. Tableau de chevalet, tout tableau d'une étendue quelconque et autre que les fresques et les plafonds. || Terme d'astronomie. Chevalet du peintre, petite constellation méridionale. || 2° Instrument de punition , sorte de cheval de bois dont le dos était fait en talus et sur lequel on mettait des soldats qui avaient commis quelque faute , en leur attachant des boulets aux pieds. || Instrument de torture analogue usité dans l'antiquité. Il expira sur le chevalet. || 3° Mince pièce de bois qui supporte les cordes tendues sur la table d'un violon, d'un alto, d'un violoncelle et de tous les instruments de la même famille. Le chevalet repose sur la table supérieure de l'instrument et lui communique les vibrations des cordes. || 4° Terme de construction. Grand tréteau en charpente. || Pièce d'étai dans les réparations. || Natte de paille que le couvreur place sous les échelles étendues sur les combles. || 5° Terme de chasse. Bâton garni de chevilles pour apprendre au chien d'arrêt à rapporter. || 6" Terme de pêche. Instrument du fabricant d'hameçons. || 7° Terme de métier. Banc de travail dans plusieurs métiers. || Boîte à l'usage du cartier. || Pi'ce d'une presse d'imprimerie. || Armature d'une fusée de guerre. || Machine à forer dont se servent les serruriers. ||8° Espèces de chevaux de frise en travers des rivières. || 9° Appareil de support pour les
?.rme< dans un camp. || 10" Terme de marine. Chacun îles deux montants qui portent la roue du gouvernail. IIMachine pour passer les cables d'un lieu à un autre. || 11° Terme de botanique. Nom vulgaire de l'arum vulgaire.
— HIST. xv° s. Et avec eux vinrent gens pour gagner, qui amenèrent sur petits chevalets [chevaux]
h petites mules, pain mal cuit, povre vin, froiss. i, i, 39. Et chargèrent douze petits chevalets de douze sacs, id. i,i, «31. Si devez savoir que tantost il monta sur son chevalet [se fâcha], car il avoil la teste chaude et fumeuse, louis xi, Nnuv. v. || xvies. Ils les detiroient sur le chevalet [supplice], amyot, l.ucull. 35. 11 fist desmonter environ 70 harquebuzes à croq de dessus leurs chevalets, et les fist porter par ses gardes, carloix, vi, (5.
— ÉTYM. Diminutif de cheval; wallon, chafolè; espagn. caballete; ital. cavalletlo.
CHEVALIER (che-va-lié; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie: les che-va-lié-z et leurs dames), s. m. || 1° Citoyen du deuxième des trois ordres dans la république romaine. Romulus partagea le peuple en patriciens, chevaliers et plébéiens. Ce nom leur fut donné parce que les chevaliers avaient un cheval entretenu aux frais de l'État. À la fin de la république les chevaliers avaient la ferme des revenus publics. Cicéron appartenait à l'ordre des chevaliers. I| 2" Au moyen âge, celui qui avait reçu l'ordre de la chevalerie. Le chevalier se disait miles dans le latin du moyen âge. Des chevaliers français tel est le caractère, volt. Zaïre, n, 3. || Armer quelqu'un chevalier, le recevoir chevalier, cérémonie dans laquelle on remettait au nouveau chevalier ses armes, ce qui se disait dans l'ancienne langue l'adouber. ; chevalier errant, chevalier qui allait par le monde se présenter aux tournois, jouter contre tout venant, et ainsi acquérir los et renom. Ferons-nous d'Emile un chevalier errant, un paladin ?j. j. rouss. Ém. iv. || Fig. Se faire le chevalier de quelqu'un, prendre sa défenseavec chaleur. || Le chevalier d'une dame, celui qui lui rend des soins assidus. || 3° Membre d'un ordre religieux et militaire. Les chevaliers du Temple, de Malte. || 4"Celui qui a obtenu la décoration d'un des ordres institués par un souverain; et, spécialement, celui qui a le dernier grade dans les ordres qui en comptent plusieurs. Chevalier de la Légion d'honneur. || Chevalier des ordres du roi, chevalier de Saint-Michel et du Saint-Esprit. || Chevalier de l'ordre du roi, chevalier de Saint-Michel. || Chevalier de l'ordre, chevalier du Saint-Esprit. || Chevalier est un titre de noblesse au-dessous de baron en France, et de baronnet en Angleterre. Votre fils le chevalier. || 5° Chevalier d'honneur, le principal officier de la maison de la reine ou d'une princesse , chargé de lui donner la main quand elle sort; et même quelquefois celui qui accompagne une dame, qui lui donne le bras. Si j'avais l'honneur insigne d'être le chevalier d'une aussi charmante femme (pie madame Gastoul, en. de bernakd, la Cinquantaine, ^t. || 6° Anciennement, chevaliers es lois, ceux qui avaient obtenu le titre dechevalier à cause de leur capacité dans la jurisprudence. Les chevaliers es lois prenaient le titre de maîtres. || Chevalier d'honneur, conseiller d'épée, qui avait séance et voix délibérative dans les cours souveraines. || 7° Chevalier du guet, commandant d'une compagnie de gardes qui faisaient le guet. || 8° Fig. Chevalier d'industrie, homme qui vit d'expédients, escroc. Grand auteur de la confrérie Des chevaliers de l'industrie, Adorable roi de Tunis.... En moi, ton pauvre Lazarille.... Influe un trait de ta clarté, Le Voyage de Sens, v. 93 {Poésies >t lettres dent, dassouci, Paris, itisa, petit in-t2, p. 139). Vous vous faites nommer monsieur le chevalier, Et vous êtes de ceux dont la chevalerie N'eut jamais à Paris d'ordre que l'industrie, montfleury, La fille capitaine, i, 8. Je n'ai pas besoin de connaître votre grief contre Laboissière pour savoir que c'est un vrai chevalier d'industrie, ch. de Bernard, le Gendre, § io. || 9° Chevaliers de l'arc ou de l'arquebuse, bourgeois formés en compagnie et s'exerçant au tir de l'arc ou de l'arquebuse. Je l'ai vu cette nuit, ce charmant petit dieu [l'Amour]; il planait dans les airs ; il était à la tête de toutes les brigades des chevaliers de l'arquebuse, dancourt, le Prix de l'arquebv.se, se. 5. || 10° Chevalier s'est dit autrefois au jeu des échecs pour cavalier. || 11° Terme de chasse. Petit chevalier, bécasseau. || 12° Ombre-chevalier, ou, simplement, chevalier, poisson du genre salmone. || 13" Au féminin, chevalière, femme qui a le rang de chevalier, ou épouse d'un chevalier. Ce terme n'est guère employé que dans le style badin. Voilà notre famille fort anoblie; mon capitaine
CHE
fera aussi ma sœur chevalière; il lui donnera tantôl l'accolade, dancourt, les Vacances, se. 23. Je suis son chevalier, elle est ma chevalière, id. le Prit de l'arquebuse, se. )9. || Fig. Pourvu que seulement La tour hospitalière Où je pendrai mon nid, Ait, vieille chevalière, Un panache de lierre Sur son front de granit, v. HUGO, Odes, v, '25. || 14° Bague à la chevalière, ou, simplement, chevalière, anneau large et plat. || Proverbes. Nul chevalier sans prouesse. || Faveurs, femmes et deniers font de vachers chevaliers.
— HIST. xie s. De vasselage [vaillance] fut assez chevaler, Ch. de Roi. m Sur pailes blancs siedent cil cevaler, ib. vin. Il nen i a chevaler ne baron.... ik ci.xxiv. || xne s. Entrez est à certes li cavaillers Pharo, ot [avec] carres et ot cavalers en la mer, Liber psalmorum,-p. 238. [Il] Se part di Cordes otout si chevalier, Ronc. p. 3). Il les regrete corn chevavaliers gentis, ib. p. 80. Itel valor doit avoir cheliers, ib. p. 87. Gautiers de Luz fut moût bon chevalier, ib. p. 94. Se je savoie un courtois chivalier, Qui de ses armes fu loués et prisiés, Je l'aimeroie de gré et volontiers, Romancero, p. 7t. Dune enveia li reis à lui ses chevaliers, Th. le mart. 43. || xiir s. Grans chevaliers ne va mie seus [seul], leroux de lincy, Prov. t. n, p. 74. Trois ans [il] fu chevaliers, pleins fu de courtoisie, Berte, u. Que Aleman estoient chevalier de haut prix, ib. v. Chevaliers ne bourgeois, vilains ne païsant, ib. cvn. Il dist qu'à Pentecoste chevaliers [il] les fera, ib. cvm. Chevaliers de plaiz et d'assises, Qui par vos faites vos justices Sans jugement aucunes foiz, Cuidiezvos toz jors ensi faire? ruteb. H 9. Nis se li pères estoit chevaliers et il espousoit une serve, siseroient tuit li enfant serf qu'il aroit de li, beaum. xlv, 15. Et je dis au connestable que je seroie son chevalier, et il m'en mercia moult, joinv. 227. Quant je reving à ma nef, je mis en ma petite barge un escuier que je fiz chevalier, id. 21 '». || xive s. Et pour ce les chevaliers semblent estre fors et avoir la vertu requise en batailles, oresme, Eth. 84. || xve s. Et mirent tantost et incontinent grand foison de clercs en œuvre pour assembler chevaliers et escuyeis de tous costés, froiss. 11, m, 77. Si elle te eust mené ainsy que doit mener chevalier errant son varlet, lequel il ne doit trop plaindre de ses travaulx, ne trop louer de ses bons services, ne trop enrichir devant la fin, Perceforest, t. n, f° un. Chevalier sans espée n'est que femme sans quenoille, ib. t. iv, f° 157. Il xvie s. La jeune vigne sera labourée de cette sorte d'œuvre appellée bouer ou fousser à chevalier; ce mot de chevalier vient de ce que le travailleur assemble la terre entre ses jambes, se faisant un relèvement sur lequel il se treuve comme à cheval; plus belle et plus utile œuvre est le double-chevalier, qui.... 0. de serres, 169. Les chevaliers [pièce aux échecs] sont mes escrits et ver;, Qui font un saut aux autres tant divers, stgelais, so. Chevaliers et gendarmes, brigands, leroux de lincy, Proverbes, t. u, p. 74. Faveurs, femmes et deniers Font de vachiers chevaliers, id. ib. Hier vacher, huy cht/alier, w.ib. Nul chevalier sans prouesse, id. ib. On appeloit communément messieurs de Bayard, de la Crotte et le capitaine Frontailles, chevaliers sans peur et sans reproche; qualité certes très-belle et des plus belles du monde à qui l'a mérité porter, voire plus que tous les noms des seigneuries du monde, brant. Cap. fr. t. 1, p. t26, dans lacurxe.
— ÉTYM. Cheval; bourguig. chevôlai; provenç. cavallier, eavaiier; espagn. caballcro ;portug. cavalleiro ; ital. cavalière.
CHEVALINE (che-va-li-n'), adj. f. Bête chevaline, un cheval ou une jument. Les races chevalines, les diverses races de chevaux. La population chevaline de la France s'élève à environ 3 000 000 de tel.es. J'ai, dit la bête chevaline, Une apostume sous le pied, la font. Fabl. v, 8. On a compté dans ladite élection, un peu devant l'année 1699, 1794 bètes chevalines que nous estimons à vingt sols de dîme par an, vaub. Z>ime,p. 157. || Substantivement. Faire la chevaline, faire le commerce de chevaux.
— HIST. xvie s Et la chevaline source [l'Hip-
pocrène] De sa course Avoit arresté les pas, du Bellay, v, to, verso. L'herbe appellée férule est aliment à l'asne, et est venin à toutes autres best.es chevalines, p,\ke, xxv, 1 . Le naturel de. la chevaline et de la muletaille est, qu'estans bien traiclées au soir et repaissans à la disnée, d'employer le reste du jour au labourage, comme en voiageant, 0. de serres, 85. Ce sont eux [les orges d'automne] qu'on appelle chevalins, pour estre leur herbe très bonne pour purger et engraisser les chevaux à la prime-
CHE
vere, id. us. Par la chevaline sont entendus les chevaux, juments, asnes, asnesses, mulets, mules. — Les bestes chevalines, id. 259.
— ÉTYM. Provenç. cabalin; du latin caballinus, de cabaVus (voy. cheval).
fCHEVALIS (che-va-li), s. m. Passage pratiqué dans une rivière dont les eaux sont basses.
— ÉTYM. Chevaler.
t CIIEVALON (che-va-lon) , s. m. Un des noms vulgaires du Muet.
CHEVANCE (che-van-s'), s. f. Le bien qu'on a. En leurs greniers le blé, dans leurs caves les vins : Tout en crève; comment ranger cette chevance? la font. Fab. vn, 6. Et rendre sa chevance à lui-même sacrée , id. ib. iv , 20. Ces gens sont sur le point d'emporter leur chevanc, id Orais.... tout 1 univers ne vaut pas la chevance Que je renco tre ici, id. Pet chien. Il est force que le peuple croisse, ayant repos, biens et chevance, peu de soldats et point de moines, p. L. cour. 1, 189. S'il triomphe, il épousera Yseult en dépit des clercs; s'il est vaincu, je confisquerai sa chevance, dusillet, Yseult de Dôle, ch. 1. ] j Ce mot vieillit, mais il peut encore être très-bien employé.
— HIST. xii° s. Pour ce vaut mieux Dieu servir, je vous di, Qu'en li n'affiert [n'importe] ne aeur [heur, fortune] ne chevance, quesnes, Romancero, p. 98. Il xmc s. Nos ne poons mais de ci movoir devant la Pasque, quar nous ne troverions mie chevance en autre leu, villeh. xlix. Espérance confort li livre [lui donne confort], Qu'il se cuide veoir delivre Encor par aucune chevance, la Rose, 2629. Por Dieu vos pri, frans rois de France, Que me doniez queilque chevance : Si feriez trop grant charitei, ruteb. ). Le roy amoit toutes gens qui se metoient à Dieu servir et qui portaient habit de religion ; ne nulz ne venoit à li qui faillist à avoir chevance de vivre, joinv. 298. Il xive s. Et vous jure que ce sont et estoient les plus honorables et notables de corps, de chevance et d'ancesterie de la ville de Calais, froiss. 1, 1, 321. y xve s. Qui bon conseil croit et quiert, Honneur et chevance acquiert, christ, de pisan, Charles V, 1, ch. 15. Il se devoit mieulx d«ire de luy qu'il perdit honneur et chevance ce jour, que l'on ne fist du roy Jehan de France, qui vaillamment fut prins à la bataille de Poictiers, comm v, ). Fortune, qui ennemie et déplaisante estoit de leur bonne chevance, fit tant, que le mari trouva la brigade en présent mefet, louis xi, Nouv. lxvii. || xvie s. J ay ainsi ma chevance mieulx logée qu'en des coffres, mont, iv, H. Stilpon estant eschappô de l'embrasement de sa ville, où il avoit perdu femme, enfans et chevance, id. i, 277. Feraulez, qui avoit passé par les deux fortunes et trouvé que l'accroist de chevance n'estoit pas accroist d'appétit au boire, manger, dormir.... id. i, 317. Perseus ne voulut pas, pour sauver sa propre personne, ses enfans et son royaume, despendre un peu de sa chevance, amyot, P. Mm. 1 9. Il [Persée] trainnoit après luy une grande chevance, id. ib. 37.
— ÉTYM. Ital. civanza, civanzo, profit, bénéfice, et civire, se procurer. Ce mot a même radical que chevir, c'est-à-dire chef ; la chevance est ce dont on est venu à chef, ce qui sert, ce que l'on possède. Comme l'italien civire ne peut venir de capo, qui répond à chef, Diez suppose que civire a été emprunté de chevir; ce qui vient, outre la forme du mot, à l'appui, c'est que civire, civanza ne sont cités que de Boccace dans le Dictionnaire de la Crusca.
f CUEVANNE (che-va-iv), s. f. Petit poisson du genre des ables, dit aussi meunier.
— ÉTYM. Origine inconnue. Génev. chavaine ; wallon, givenne, gevenne, ch'fenne.
| CHEVAUCHABLE (cbe-vô-cha-bl'), adj. Propre à être chevauché; où l'on peut aller à cheval.
— HIST. xve s. Temps chevauchable [temps pendant lequel on peut chevaucher], 0. de la marche, Mém. liv. 1, p. 385, dans lacurne.
— ÉTYM. Chevaucher.
f CHEVAUCHANT, ANTE (che-vô-chan, chan-t'j, adj. Se dit des parties qui empiètent l'une sur l'autre et se croisent un peu. || En botanique, feuilles chevauchantes , feuilles pliées en gouttières , qui s'emboîlenl réciproquement les unes dans les autres.
CHEVAUCHÉE (che-vû-chéc) , s. f. || 1° Promenade à cheval. || 2" 'fournée achevai que faisaient autrefois certains fonctionnaires inspecteurs. || 3° Procès-verbal pour reconnaître l'étendue et les limites d'une juridiction. || 4° Droit qui remplaçait les corvées de chevaux et de charrois au passage du roi. U 5° Tout le terrain que peut parcourir une bête de somme en un temps donné. || 6° Terme de féodalité.
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