‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 363 sur 462 · CITÉ I · texte numérisé non relu

CITÉ I

CITATEDR (si-ta-teur) , s. m. Celui qui habituellement fait des citations dans sa conversation ou dans ses écrits. || Titre de livres contenant des recueils de citations.

— ÉTYM. Citer.

CITATION (si-ta-sion; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. || 1° Terme de droit. Ajournement par acte notifié par huissier, pour comparaître devant le juge. Céilule de citation. Citation en conciliation devant le juge de paix. || L'acte qui constate la citation. Les témoins doivent représenter la citation qui leur a été donnée. || 2" L'ordre que le grand maître envoyait à tous les chevaliers de se rendre à Malte, en certaines occasions. || 3" Passage emprunté à un auteur qui peut faire autorité. Des citations multipliées. Je justifierai dans cette lettre la vérité de mes citations contre les faussetés que vous m'imposez, pasc. Prov. i3. Jamais Li. j à souper ne prie Un pédantàcitations, volt. Lett. en vers et en prose, si.

— HIST. xiv s. Un tribun a cité Ceson devant le peuple; laquelle citation.... bercheuhe, f" 54, verso. || xv s. Paisibles soit sans mouvoir guerre, Citacion, contempt, ryote, e. deschamps, Poésies mss. f" 557, dans LACURNE.

— ÉTYM. Provenç. citation; espagn. citacion ; ital. citazione; du latin citationem, de citare, citer.

f CITATOlliK (si-ta-toi-r'), adj. Terme d'ancienne jurisprudence. Qui cite, qui ordonne de comparaître.

— ÉTYM. Citer; provenç. citatori.

t. CITÉ (si-té), s. f. || 1° Autrefois territoire dont les habitants se gouvernaient par leurs propres lois. Les cités de l'ancienne Grèce. Les membres d'une cité libre. En ce sens, une cité pouvait ne renfermer que des bourgades ou des lieux fortifiés. || Le droit de cité, la jouissance de tous les droits politiques communs aux citoyens. || Corps des citoyens. En ce sens on oppose la cité à la famille. || 2° Ville. Les grandes cités d'un pays. Les florissantes cités de l'Italie durant le moyen âge. Lyon est une cité industrielle, ô palais de David et sa chère cité, rac. Alliai, il, 9. Le seigneura détruit la reine des cités, id. ib. m, 7. Rebâtissez son temple et peuplez vos cités, id. Eslh. il, 9. Nous avons vu à ses pieds la pécheresse de la cité, mass. Temples. Deçà, delà luttait mainte troupe rangée; Mainte grande cité gémissait affligée, Régnier, Ép. ï. 11 vit son éléphant couché sur l'autre rive; Il le prend, il l'emporte, au haut du mont arrive, Rencontre une esplanade, et puis une cité; Un cri par l'éléphant estaussitôt jeté; Le peuple aussitôt sort en armes, la font. Fabl. x, 14. Mais du discours enfin l'harmonieuse adresse Rassembla les humains dans les forêts épars, Enferma les cités de murs et de remparts, boileau, Art p. iv. Persécuteur nouveau de cette cité sainte [la Mecque] , D'où vient que ton audace en profane l'enceinte? volt. Mahomet, ï, 4. Il fonde les cités, familles immortelles, Et pour les soutenir il élève les lois, Qui, de ces monuments colonnes éternelles, Du temple social se divisent le poids, lamart. Harm. n, (0. || Fig. L'Église catholique, cité sainte, dont toutes les pierres sont vivantes, boss. Marie- Thér. || La cité sainte ou céleste, le séjour de Dieu et des bienheureux. Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur, racine, Athalie, il, 9. || La sainte cité, Jérusalem. Pauvres chevaliers de la sainte cité, les templiers. || La cité future, le paradis. || Cité de Dieu, titre d'un ouvrage de saint Augustin. !| 3° La partie la plus ancienne d'une ville ; celle où se trouve la cathédrale. On divisait autrefois Paris en ville, cité et université. || 4° Ensemble de maisons qui, dans une grande ville, se tiennent et ont quelques règles spéciales et une sorte d'association. || Cités ouvrières, nom qu'on a donné à de grands bâtiments conçus récemment et destinés à loger les ouvriers, qui y seraient soumis à quelques arrangements économiques communs.

— SYN. cité, ville. Ville, plus général que cité, exprime seulement une agglomération considérable de maisons et d'habitants. Cité, même en éliminant le sens antique, ajoute à cette idée et représente la ville comme une personne politique qui a des droits, des devoirs, des fonctions.

— HIST. xr s. Mur ne citet n'i est remès [resté] à fraindre, Ch. de Roi. ï. || xnc s. Au temps cestui fit Romulus La cité de Rome et Remus;Frere furent.... Roman du Brut, f" te, dans lacurne. Cité n'i a qui contre lui se taigne [tienne], Ronc. p. i. Clair luit la lune par la cité antie, ib. p. 1 47. Il fut normant, de la cit. de Costance, ib. p. tes. La sainte cité, quant ele fu donée es mains des enemis, Macliab. ï, 2, Vous irez à Cologne la fort cité garnie, Sax. vu. Ne volt rien pur els faire : dune s'en sunt returné, E li sainz arcevesque ala à sa cité, Th. le mari. <26. ]| xiue s. Et pour noient demandissiés plus bêle cité ne plus fort, villeh. xi.iv. à Paris la cité [j'] estoie un venredi, Berte, ï. Et je fui amenée en la cit do Paris, ib. xxx. Droit vers Paris s'en vont, la cité noble et gent, ib. cxxxiv. 11 n'i a mais nul franc, ne prelas, ne baron, N'en chité, ne à ville, ne en religion, ruteb. 234. ||xv s. Donné le jour Saint Valentin martir, En la cité de gracieux désir, Où avons fait nostre conseil tenir Par Cupido et Venus souverains, ch. d'orl. Im lectrede retenue. Elles désirent les citez, Les doulz mos à eulx [elles] recitez, Festes, marchiez et le théâtre, e. i>esch. Poésies mss. f° 528, dans lacurne. En pluseurs villes et citez des pais et royaumes du monde, id. ib. f* 395. Requit au dit ambassadeur qu'ilz lui fissent faire ouverture par le dit des Cordes de la cité d'Arras ; car lors il y avoit murailles entre la ville et la cité, et portes fermans contre la dite cité; et maintenant on a l'opposite, car la cité ferme contre la ville, comm. Mém. p. 394, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. du, civilat, ciutat, ciptat ; calai, ciutat; espagn. ciudad; portug. cidade ; ital. città;àM latin ciiitatem, cité. On remarquera l'ancien

français cit, et le provençal du, qui viennent non de civitâtem où l'accent est sur ta , mais de chitas où l'accent est sur ci; de sorte que cit et ciu est le nominatif, et cité, ciutat , le régime: c'est un des trèsrares exemples où, dans le français et le provençal, les noms en as ont conservé le nominatif et le régime latins.

2. CITÉ, ÉE (si-té, tée), part, passé. || 1° Sommé de comparaître. Cité devant le juge. || 2° Allégué en forme de ciiation. Les passages de l'Écriture cités par Bossuet. L'auteur cité. || 3° Nommé, renommé. Il e=t cité pour sa bravoure.

f CÎTEAUX (si-tô), s. m. Nom de la princ pale maison de l'ordre des Bernardins, qui, émané de celui de St-Benott, a eu pour instituteur saint Robert, abbé de Molême. Cet abbé, en 1098, se retira avec 20 de ses religieux dans un lieu appelé cîteaux, à 5 lieues de Dijon, diocèse de Chalon-sur-Saône, et saint Bernard en M 13 y conduisit 30 de ses compagnons. En France on appelle Bernardins tous les religieux de l'ordre de Cîteaux. Il y a des religieuses de cet ordre appelées récollettes de Cîteaux.

— ÉTYM. Voy. cistercien.

CITER (si-té), v. a. [| 1° Appeler à comparaître devant le juge. Citer un débiteur en conciliation. On le cita au concile. Cette dernière aurore éveillera les morts ; L'ange rassemblera les débris de nos corps; Il les ira citer au fond de leur asile, la font. Odes, vi, 8. || 2° En parlant du grand maître de Malte, sommer les chevaliers de se rendre à Malle. Tous les chevaliers furent cités à Malte, parce que l'Ile était menacée par les Turcs. || 3° Rapporter un texte à l'appui de ce que l'on avance. Quoique je ne fasse que rapporter simplement et citer fidèlement leurs paroles, pasc. Prov. 7. Ce passage que S. Paul cite ici, boss. Hist. n, 7. Il citait la Ste Écriture et les Pères, sév. U6. Là-dessus il cita Virgile et Cicéron, Avec force traits de science, la font. Fabl. ix, 5. On citait d'Apollon l'oracle solennel; On menaçait ce fils du meurtre paternel, volt. Œdipe, m, 4. || Absolument. Hérille, soit qu'il parle, qu'il harangue ou qu'il écrive, veut citer, la bruy. xii. || Familièrement. Citer son auteur, nommer celui de qui l'on tient une nouvelle. Vous pouvez répéter ce que je viens de vous dire, mais ne me citez pas. || 4° Indiquer, désigner une personne, une chose digne d'attention. On cite partout cette femme pour son élégance. Caligula, Néron. Monstres dont à i je cite ici le nom, rac. Bérèn. n, 2. .le pourrais vous citer des pontifes ingrats, m. j.cik.n. Chéries IX, m, 2. Au rang de ces grands noms nous pouvons être admis; Soyons cités comme eux au rang vrais amis, a. chén. 184. || 5° Se citer, v. réfl. Rien n'est plus désagréable qu'un homme qui se cite luimême à tout propos, larochef. Réf. div. 173, c. Leurs officiers étaient dignes d'eux ou le devenaient; car, pour conserver l'ascendant de son grade sur de pareils hommes, il fallait avoir à leur montrer des cicatrices et pouvoir se citer soi-même, ségur, Hist. de Napol. m , 3.

— SYN. citer, allëgler. Alléguer est plus général que citer. On allègue toutes sortes de choses, des faits, des raisons, des passages d'auteurs. Mais on ne cite que des passages empruntés à des écrivains, ou des paroles entendues.

— HIST. xive s. Quant il virent que li père citez ne venoient pas en sénat, bercheure, f° 03, verso. i| xvi° s. Citer les auteurs par centons, card. du perron , dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. citar; ital. citare; du latin citare, mettre en mouvement, faire venir,

i itei . fréquentatif de ciere, mouvoir.

CITÉRIEUR, EURE (si -té- ri- eui eu i I, adj. Terme de géographie. Qui est en deçà, de notre côté. Les Alpes citérieures. L'Inde citérieure, 1 Inde en deçà du Gange.

— ÉTYM. Latin citer ior, de ris, en deçà. CITERNE (si-tèr-n'j, s. f. || 1° Réservoir où l'on

recueille et conserve les eaux pluviales. || 2" Terme de marine. Petit navire pour porter l'eau douce aux bâtimentsenrade.|| 3°Termed'anatomie.Citernelornbaire ou réservoir de Pecquet, dilatation que présente le canal thoracique à son origine, dans la région lombaire, et où aboutissent les vaisseaux chylifères.

— HIST. xii' s. Et li alquant se muscierent en fosses, e en rochiers, e en cisternes, 7{oii', 42. Rendez-vous bonement, puis esterez vous en bone pais, et tendrez voz bêles vignes, et voz bones cisternes et vos riches mauantises, ib. no. || ïiu' s. Ce est les eves des cisternes qui sunt de pluie, mua Dieux en sanc, Psautier, f°95. Tandis que il les emmenoit, une vielz citerne sur quoi il passa, li fondi desous; li trois cheval et il alerent au fons, joinv.

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