‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 364 sur 462 · CIT · texte numérisé non relu

CIT

• i aura bois si fort camé, Roce, mon lagne ne citerne [antre], Ne lieu qui conforte el Beste.... froiss. Poésies mss. p. 178, dans xvi" s. La citerne est un réceptacle d'eau

me. o. de serbes, "74. Une autre sorte de cis- 1 filtrante ] a esté inventée par le seigneur Manfredo Bulbani, m. 781.

— ÊTYM. Bourguig. citane; provenç. cistema ; -i. et ital. citerna ; du latin cistema; de cista,

coffre, de xlotr].

CITERNEAO (si-ter-uô), s. m. Petite citen ù

l'eau laisse déposer les matières les plus grossières ; nie.iux reçoivent l'eau avant la grande citerne.

— HIST. xvi" s. Ce peut puits [qui recuit la pluie et l'envoie dans le filtre de la citerne] est appelle

mon, 0. DE SERRES, 78).

— ÊTYM. Diminutif de citerne.

f CITHARE (si-ta-r'), s. /'. Sorte d'instrument à cordes en usage chez les anciens. Nous suspendîmes nos cithares Aux saules qui bordaient ces ridés [N, MALFILÂTRE , Tralurl. <lu psaume

<3G. || Aujourd'hui, eu Allemagne, sorte de tympanon «loin lis cordes sont pincées avec les doigts, au lieu d'être, comme dans le Eympanon, frappées avec un plecl re.

— HIST. .\mc s. Et ot [il y eut] vieles et citoles, la Rose. 18684. || xivc s. Cithare, ce est cythole,

0RESME, dans MEUNIER.

— ETYM. Le même mut que guitare (voy. ce mot). Provene. cithara, cidra, cithola; espagn. citara; portug. ciihara; ital. citara; du latin cithara, du grec xtBâpoc. Il y a, pour ce mot, deux accentuations: l'accentuation latine, ciihara, qui a donné le provençal citra; et l'accentuation grecque kithâra, quia donné ci tara, et le vieux.français citole. On a dit Cithariser pour jouer de la guitare : Vous, Orpheus, tant bien citharizant, jean d'auton, Annales de Louis XII, ins. fu 1 3i , dans lacurne.

| C1THAKÈDE (si-ta-rè-d), s. m. Terme d'antiquité. Celui qui joue de la cithare.

— ÊTYM. Citharœdus, de xi6»pa>Soc, de xi6ocoa, cithare, et ào'.îô:, chantre.

t ClTUAItlSTE (si-ta-ri-sf) , s. m. Synonyme de citharède.

f C1THARISTIQUE (si-ta -ri-sti-k') , s. f. Terme d'antiquité. Art déjouer de la cithare.

| CITIGRADE (si-ti-gra-d'), adj. Terme de zoologie. Qui marche avec rapidité.

— ÉTYM. Latin citus, vite, proprement poussé, de rien, pousser, radical de cilare (voy. citer), et gradi. marcher (voy. GRADE).

| CITOLE (si-to-1'), s. f. Nom qu'on donnait dans le moyen âge à la cithare.

— ÉTYM. Voy. CITHARE.

CITOYEN, ENNE (ci-to-iin, iè-n'; plusieurs disent ci-toi-iin, iè-n'), s. m. et f. || i" Celui, celle qui jouit, du droit de cité dans un État. Exercer les droits de citoyen. Le titre glorieux de citoyen romain, corn. Nicom. i, 2. J'espère de vous l'aire voir qu'Archias est citoyen romain, patru, Traduction du discours pour Archias. Les comédiens n'avaient qu'à déclarer qu'ils n'exerceraient plus leur profession , jusqu'à ce qu'on eût traité les pensionnaires du roi comme les autres citoyens qui n'ont pas l'honneur d'appartenir au roi, volt, l.itt. à Mlle Clairon, 27 août 1761. Athènes était libre, c'était le centre d'une république, ses citoyens étaient égaux, la bruy. Discours sur The'oph. t.es citoyens de Paris et tout ce qui tenait à la robe voyait dans le parlement un corps auguste qui.... volt. Louis XIV, 4. || (jn bon citoyen, un homme soumis aux lois. Aussi bon citoyen que véritable amant, corn'. Ilor. I, 4. Vous pensez en excellent citoyen, et vous vous exprimez en grand poète, volt. Lett. Abbé Delille, 19 juin i7«i. || Absolument, dans le même sens que bon citoyen. Nous sommes tranquilles, et tous ces gens-là sont des perturbateurs ; nous sommes citoyens, et ils sont séditieux, id. Lett. Helvétius, 27 oct. 1760. Enfin le prince de Condé se résolut à une guerre qu'il eût dû cummencer du temps de la Fronde, s'il avait voulu être le maître de l'État, ou qu'il n'aurait dû jamais faire s'il avait été citoyen, id. Louis XIV, .:>. Les excellentes méthodes que vous avez données pour élever des jeunes gens en citoyens, id. Lett. laChalotais, 27 sept. 1764. Je me suis avisé de devenir citoyen, après avoir été longtemps rimailleur et mauvais plaisant, id. Lett. l'Abbé lrail, 4 déc. 1761. On lui sut à Paris beaucoup plus mauvais gré de la suppression de quelques rentes, qu'on ne fut sensible au bien général qu'il faisait : il \ avail plus de bourgeois que de citoyens, id. Louis XIV, 29. || Un grand citoyen, un homme dont tous les actes ont le bien du pays pour objet. || Titre qui, pendant

publique française, avail rei mol de

■ ur. Bonjour, citoyen. Le< toj m un tel. || Fa-

I I èrement et par plaisanterie. De voir autour de soi croître dans sa maison, Sous les paisibles lois d'une agréable mère, De petil citi yeni d< al on ci eue père, roil. Sat. x. y Plus familièrement encore. C'est un drôle de citoyen, c'est un homme bizarre, fantasque. || 2° Habitant d'une cité, d'un pays. Les diverses classes de citoyens. Rien n'est privé dans leur vie [des grands]; l'étranger, dans les cours les plus éloignées, a les yeux sur eux comme le citoyen, mass. Petit carême, Purification Que je ne conseillerais ni à une Parisienne

d'aller dans les Alpes ni à une citoyenne de nos rochers d'aller à Paris, volt. Lett. Mme du Défiant, 22 juillet 1761. On ordonnait, sous peine delà vie, à tous les citoyens de sortir en armes hors de leurs maisons, et de se ranger sous les drapeaux de leurs quartiers, id. Louis XV, 21. Nous voyons cent l'ois plus de diamants aux oreilles, au cou, aux mains de nos citoyennes de Paris et de -nus grandes villes qu'il n'y en avait chez toutes les dames de la cour de Henri IV, id. L'homme aux ioécus, Préambule. il y avait beaucoup plus de gens de robe et de simples citoyens que d'officiers, id. Louis XV, i . \\ Citoyen du monde, citoyen de l'univers, homme qui met les intérêts de l'humanité au-dessus de I patrie. Celui-là se pouvait dire citoyen du monde, avec autant de droit que cet autre des Athéniens qui s'en vtntait, voir. Lett. 126. || Fig.

II perd le droit et le privilège de citoyen des saints, mass. Prosp. On ne sera pas étonné qu'il [M. de Malezieu, de l'Académie des sciences et de l'Académie française] fût citoyen de deux États si différents, fonten. Malezieu. || Familièrement. Les citoyennes des étangs [les grenouilles] , la font. i'abl. vi, 12. Comme ils sont dodus et gras Ces bons citoyens du Marne! bérang. Chapons. || Dans le sens

icitoyen. Ils le vinrent prier de leur rendre leurs citoyens qu'il avait faits prisonniers, d'ablan- COurt, Arrien, liv. i, dans richelèt. Faire du bien à ses citoyens , boss. Hist. n, 6. || 3° Adj. Dévoué aux intérêts de son pays. Ministre, soldat citoyen. Oh! si ces vers, vengeurs de la cause publique.... Obtiennent de mon roi quelques regards amis, S'il prête à ma faiblesse un bras qui la soutienne, Ou verra de nouveau ma muse citoyenne Flétrir ces' novateurs. ... GiLB. Le XVIIIe siècle. Supposez que la passion de faire le bien de l'État, passion qui anime le gouvernement actuel sous un roi citoyen.... Éphémérides, t. n, p. 58, naa.

— hist. XIIe s. E se lu vols parler de mun povre lignage, Des citehains de Lundres fui nés en cel estage, Th. le mart. 87. ||xnr s. Li citien des villes ne deivent issir hors de la cité par allors que par les portes, Liv. de just. 65. Note que trois manières de causes sunt : criminel, espentel et citeenne; et la quarte est meslée, ib. || xive s. Et ancor quert il plus ou doit quérir félicité pour soy et pour les citoiens de sa cité, oresme, Et h. aie. Ceulx qui mettent et ordenent les loys, esludient, labeurent - i l'ont par lours loys que les citoiens se acoustument à estre bons par bonnes operacions, ib. 34. Et Clorians chevauche, li damoisiaus adrois, Les clntoiens assaut à six mil Boulenois, Baud. de Seb. iv, 32. Renonçons à toutes deffenses de l'ait e1 de droit canon ou citoyen [civil], du cange, civilis. || xvc s. Quand les citoyens virent la manière d'eux, ils fermèrent leur ville, afin que plus n'y en entrast, froiss. il, m, 88.

— ÉTYM. Provenç. ciutadan , ciptadan; catal. oiutadâ ; espagn. ciudadano, portug. cidadâo ; ital. cittadino; d'un bas-latin civitadanus, de civitas, cité.

f CITRAGON (si-tra-gon) , s. m. Un des noms de la mélisse, à cause de l'odeur de citron que, froissée, elle exhale.

CITRATE (si-tra-f) , s. m. Terme de chimie. Sel formé par la combinaison de l'acide citrique avec une base.

— ÉTYM; Citrique.-

CITRIN, INE (si-trin . tri-n'), adj. Qui est de la couleur du citron. Couleur citrine. || S. m. Le citrin.

— hist. xivc s. Semblablemi ni métal parfait, Qu'est or, vient à ung mesme effect, Mais qu'il demeure dans sa mine. Et meurisse en couleur citrine. Trait, d'alch. 424. || xvie s. [Les cholériques] ont la couleur citrine ou jaunastre, paré, Introd. 6. Rougeur tirant sur le citrin ou jaunastre , id. Vin, io. La couleur de visaige doit estre citrine ou brune, Rosier histor. i, 4.

— ÊTYM. Latin citrinus, de citrus (voy. citro

i GITRINE (si-tri-n'), s. /'. Teri le pharmai ie

Huile essentielle de citron.

] CITRIMTÉ (si-tri-ni-té), s. f. Couleur citrine.

— hist. xvie s. VA combien que la partie apparaisse rouge, toutes fois elle tend plus à citrinité, c'est à dire couleur jaunastre, qu'à la couleur sanguine, pare, xx, 9.

— ÉTYM. Citrin; provenç. citrinitat; ital. citrinità.

CITRIQUE (si-tri-k'), adj. Terme de chimie. Acide citrique, acide qui se trouve, libre ou combiné, dans un grand nombre de productions végétales, notamment les citrons, les groseilles.

— ÉTYM. Latin citrus (voy. citron).

CITRON (si-tron), s. m. || 1" Fruit du citronnier, d'un jaune clair et de saveur acide. Jus de citron. Citrons confits. Glace au citron. Sentez-vous le citron dont on a mis le jus Avec des jaunes d'oeuf mêlés dans du verjus"? boil. Sat. m. Ses cheveux blonds étaient farcis de ce ruban couleunle citron, hamilt. Gramm. 7. || Être jaune comme un citron, avoir le teint, la peau très-jaune, soit naturellement, soit par maladie. || 2° Nom de chien, tiré de la couleur. Son père s'appelait Castille, comme un chien citron, st-sim. -i 'iO , 134 Citron, Votre chien, vient làbas de manger Un chapon, raC. Plaid, il, 13. || 3° Adj. invariable. Qui est de la couleur du citron. Taffetas citron. Étoffes citron.

-- HIST. xiV s. Noisettes confites, chitron, Menagier, il, 4. || xvi" s. Jus de limon ou citron, paré, vin, 14. Les citrons, limons,... o. de serres, 707.

— ÉTYM. Dérivé, à Laide de la finale on, du latin citrus, citron.

f CITRONNAT (si-tro-na), s. m. Conserve de citron. || Dragées qui contiennent de l'écorce de citron.

— ÉTYM. Citron.

f CITRONNÉ, ÉE (si-tro-né, née), part, passé. Où l'on a mis du jus de citron. Tisane citronnée.

CITRONNELLE (si-tro-nè-1'), s. f. Nom de l'aurone et de la mélisse officinale. || Liqueur qui se nomme aussi eau des Barbades, et qui se fait avec des écorces extérieures de citron, bien mûres et séchées" au soleil, sur lesquelles on-verse une quantité proportionnée de la meilleure eau-de-vie.

— ÉTYM. Citron.

| CITRONNER (si-tro-né), v. a. Terme de cuisine. Imbiber de jus de citron.

— ÉTYM. Citron.

CITRONNIER (si-tro-nié; l'r ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie : les citronniers et les orangers, dites : si-tro-nié-z et), s. m. Genre de végétaux qui renferme deux espèces principales, l'oranger (citriu aurantium, L.)et le citronnier proprement dit ou de Médie (citrus medica , L.).

— HIST. xvi" s. 11 semble que les antiques n'aient cogneu que le seul citronier, pour ne faire mention aucune des oranges, limons, ne ponciles, o. de serres, 707.

— ÉTYM. Citron-.

CITROUILLE (ci-trou-ir, II mouillées, et non citrou-ye), s. f. || 1° Nom de certaines variétés delà courge (cucurbita pepo , L. cucurbila citrullus , L.). || 2° Le fruit qui se mange de diverses façons, et dont les semences, regardées comme adoucissantes, constituent une des quatre semences froides majeures des anciens. Potage à la citrouille. Citrouille fricassée. Dieu fait bien ce qu'il fait; sans en chercher la preuve En tout cet univers et l'aller parcourant, Dans les citrouilles je la treuve :'Un villageois considérant Combien ce fruit est gros et sa tige menue *. À quoi songeait, dit-il, l'auteur de tout cela? Il a bien mal placé cette citrouille-là! Eh parbleu? je l'aurais pendue X l'un des chênes que voilà, la font. Fabl. ix, 4. Tout le monde est comme Mathieu Garo qui recherche pourquoi les citrouilles ne viennent pas au haut des chênes, volt. Lett. Mme du Défiant, t9 fév. 1766.

— HIST. xm'-s. Citroles sont froides plus que concombre, alebrant, f° 57. || xvie s. Prenez des citrouilles pistées [pilées], et soyent appliquées dessus, paré, xxi, 21. Quant aux courges, de trois principales sortes en avons-nous, distinguées par ces mots, courges, cougourdes, citrouilles.... Quant aux citrouilles, l'engeance nous en est venue des roiaumes de Napleset d'Espaigne, de différentes espèces, dont les aucunes sont de monstrueuse grosseur et pesanteur, o. de serres, 547. Le citre est une autre espèce de citrouille qu'on esleve, principalement pour la graine servant en médecine, et sa chair pour viande aux pourceaux.... elle est noire, id. 647.

— étym. Berry, citrulle; ital. citriuolo; du latin citrus, citron, à cause de la couleur, qui est jaune.

f CIVADE (si-va-d), s. /'. Nom de l'avoine dans quelques cantons.

— ÉTYM. Espagn. cebada, orge; du latin cibare, nourrir, alimenter.

CIVADIÈRE (si-va-diê-r'), s. f. Terme de marine. Nom d'une voile à peu près abandonnée aujourd'hui, qui s'attachait à une vergue suspendue sous le mât de beaupré. Un coup de gouvernail donné et une civadière mise mal à propos mirent le vaisseau hors de son rang; mais Ruyter, qui était blessé, ne profita pas de cet avantage, Mcm. de Villette, dans jal.

— HIST. xvie s. Il abat et amure sa grand voile tout d'un coup, et hinsant la civadière.... d'aub. Hist. il, 50.

— ÊTYM. Espagn. ccbadera, sebadera, cevadera; portug. cevadeira; \l&\. zevadera, cirada, civadcra, civadit ru; génois, sivadea; grec mod. xÇiêtxîa.

CIVE (si-v:) ou CIVETTE (si-vè-f), s. f. Nom donné à plusieurs petites espèces ou variétés du genre ad , et principalement à l'ail schœnoprason de Linné, lesquelles sont appelées aussi ciboulette.

— HIST. XIIIe s. Oingnons, poiriauz, naviaus, civos, qui viennent par eaue ne parterre, doivent de chascune charetée deux deniers de tonlieu, Liv. des met. 334. As autres biens qui sunt forain, Ne tu, ne nul homme qui vive, N'i avés vaillant une cive, la liose, 5356. Lede estoit et sale et foulée Celé ymage, et megre et chetive, Et aussi vert cum une cive, ib. on. || xve s. En sang qu'on met en poylettes sécher Chez ces barbiers, quant plaine lune arrive, Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive, villon, Ballade. D'aulx et civots qui causent forte aleine, N'en mangeassent bise crouste frottée, id. Contredits de Franc Gontier.

— ÊTYM. Provenç. ceba; natal, cebeta; du latin esnpa . oignon.

CIVET (si-vè : le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Ys se lie : des si-vè-z épicés; civels lime avec traits, succès, paix),*, m. Ragoût de lièvre dans lequel il entre beaucoup de cives et d'oignons. ||On dit aussi civet de chevreuil, d'oie, d'outarde.

— REM. Régnier écrit civé (Blanchir en un civé, non en une lessive, Sat. xi) comme anciennement, ce qui est, vu l'étymologie, la bonne orthographe. C'est aussi celle de Furetière, de Richelet et du Dictionnaire de l'Académie jusqu'à l'édition de 1762 où elle écrit civet.

— HIST. xme s. Lièvres et connins au civé, Fabliaux, babbazan, t. iv, p. 88. ||xves. Fortes-sausses, oingnons ne aulx, Civez aguz, poivre ne graigne Ne ii ez, car trop l'ont mal et paine, e. desch. Poésies mss. f°485, dans lacurne. || xve s. Or y avoit un gros seigneur notable.... Faifeu l'alloit bien fort souvent esbattre, Et pour certain, sans faire long civé, À la maison il estoit fort privé, Légende de maistre Pierre Faifeu, ch. xxn.

— ETYM. Latin corpatum, de expa, cive (voy. cive) : mot à mot, plat à l'oignon. Cœpatum étant un participe passé a donné civé, comme amatus, aimé.

t. CIVETTE (si-vè-f), s. f. Voy. cive.

2. CIVETTE (si-vè-f), s. f. || 1" Quadrupède Carnivore semblable à une martre, dit aussi chat musqué (viverra civetta , /,.). || 2" Substance onctueuse, d'une forte odeur de musc, sécrétée par des glandes situées au-dessous de l'anus de la civette. Qui n'avait pas le goût du musc, civette, ou d'ambre, Régnier, Sat. xi. || Fig. L'on a beau faire bien, et semer ses écrits De civette, benjoin, de musc et d'ambre gris,

RÉGNIER, Sat. IV.

— HIST. xve s. Une petite boistelecte d'argent à meetre cyvecte, de laborde, Émaux, p. 242. Pour une cage pour mettre une civette nouvellement venue de Levant, id. ib. p. 2 5 3. Mais que ce jeune bachelier, Laissast ces jeunes bachelettes; Non, et le deust-on vif brûler.... Plus doulces lui sont que civettes, villon, Gr. Teslam. double bail.

— ÉTYM. Bas-grec, ÇareTiov, de l'arabe zabâd, la substance onctueuse que fournit la civette, desobad. écume.

CIVIÈRE (si-viù-r) , s. f. || 1° Engin propre à transporter.des fardeaux, qui a quatre bras et est porté par des hommes. Brissac me mit sur une civière à fumier et il me fit porter par deux paysans, retz, iv , 324. || 2" Terme de marine. Cordage tenant lieu de racage, à la vergue de civadière. Sorte d'élingue pour changer les canons d'affût. || 3° Nom du bouvreuil, dans quelques cantons. || 4° Dans la papeterie, sorte de filtre. || Proverbe. En cent ans bannière, en cent ans civière, ou cent ans bannière, centans civière, se dit pour exprimer que les plus illustres familles rentrent, à la longue, dans la foule vulgaire, en un mot que toutes les fortunes changent.

— hist. xiii' s. C'est com le jeu de la civière, L'un va devant, l'autre derrière, C'en est l'usage,

crv

Choses qui (aillent en ménage. || xives. Et buvons tant de vins, parmi no cherveliere [vins qui nous portent à la cervelle, à la tête], Qu'il nous convient porter dormir à la chiviere, Baud. de Seb. i, 897. || xvie s. 11 y a un vieil proverbe françoisqui dit, en cent ans bannière, en cent ans civière: qui a esté inventé pour signifier, chacune chose avoir son acroissement et sa déclinaison, lanoue, 225. Un laquais, qui roulle une civière et une malle verte dessus, d'aub. Fœn. iv, 13. Et ceux qui [les peuples nomades] toutes saisons Leurs maisons Roulent sur une civière, rons. 442. Nostre Jacques, roy de Naples et de Sicile, qui, beau, jeune et sain, se faisoit porter par pays en civière, couché sur un meschant oreiller en plume, mont, m, 287.

— étym. Picard, chiviere; bourguig. seveire, <•■'veire ; vénitien, civiera ; milanais, scivera ; ital. civéo, civéa; du bas-lat. cœno-vehum, de cœnum, boue, et vehere, porter (voy. véhicule), la civière servant d'ordinaire à porter du fumier. L'italien, civéo, civéa, représente directement le bas-latin, dont les autres formes proviennent par dérivation.

CIVIL, ILE (si-vil, vi-P; au pluriel Ys ne se lie pas : des employés civils à tout le monde; dites civil-à.... cependant plusieurs prononcent cette s: ci-vil-z à....) , adj. || 1° Qui concerne les citoyens. La vie, la société civile. Guerre civile, guerre entre les citoyens. La France, sortie enfin des guerres civiles, commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe, boss. le Tellier. La vigueur qui, durant cinq ans, lui fit dévouer sa tête aux fureurs civiles,id. ib. Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles? corn. IJor. 1, 4. Et les proscriptions et les guerres civiles, id. Cinna, 1, 3. Un parti qui causa quelque émeute civile, mol. l'Étour. iv, 1. Soit qu'en sa dernière tète L'hydre civile t'arrête, malh. 11, G. Les vertus civiles, qui font toute la douceur et toute l'harmonie de la société, massillon, Conty. || Année civile, l'espace de temps qui est réglé, dans chaque État, pour la durée des affaires du barreau, des cours de justice, etc. || Année civile se dit par opposition à année astronomique. Comme celle-ci vaut à très-peu près 365 jours et un quart, pour éviter cette fraction de jour, en compte trois années de 365 jours, et la quatrième qu'on nomme bissextile en a 36G. D'un autre côté, l'année astronomique commence au solstice d'hiver, le 2t décembre, et l'année civile au i" janvier qui suit. || État civil, la condition d'une personne résultant de sa filiation, de ses alliances, de ses droits de famille. Il Actes civils, actes qui constatent l'état civil des personnes. || Officier de l'état civil, fonctionnaire qui est chargé d'enregistrer les naissances, les mariages et les décès. || Droit civil, l'ensemble des lois qui règlent l'état des personnes, les biens et les diverses manières d'acquérir la propriété. Se dit par opposition à droit politique, droit criminel, droit commercial, droit des gens, droit canonique. || Droits civils, ceux dont la jouissance est garantie par la loi civile à tout Français. Mort civile, privation complète des droits civils. || Liste civile, somme allouée sur le budget de l'Etat au souverain. || Jour civil, espace de vingt-quatre heures qui se comptera d'un minuit à l'autre. || 2° Terme de jurisprudence. Civil se dit par opposition à criminel. Code, procès civil. Tribunal civil. Matière, procédure civile. || Partie civile, celui qui agit en son nom et dans son propre intérêt contre un accusé. || Intérêts civils, le dédommagement dû sur les biens d'un criminel à celui qui a souffert du crime. Les effets civils d'un jugement criminel. || Requête civile, voie extraordinaire admise par la loi en certain cas pour faire rétracter un jugement ou arrêt rendu en dernier ressort. || Substantivement. Le civil, la voie civile, par opposition au criminel. Vous pouvez le poursuivre au civil, mais non au criminel. || 3° Civil se dit par opposition à militaire. Courage civil. Emploi civil. Les autorités civiles, militaires, ecclésiastiques. Bâtiments civils. Il Substantivement. Lecivilpar opposition au militaire. || Les militaires disent aussi un civil, pour un bourgeois. || 4° Se dit aussi par opposition apolitique. Ordre civil. |( Se dit enfin par opposition à religieux. || 5° Qui appartient à la société, paropposition à sauvage. Ces peuples ne se sont point formés eux-mêmes par degrés; ils ont été transportés du fond des forêts et de l'état sauvage au milieu des cités et de l'état civil, chateaub. Génie, m, m, 2. Il 6° Affable, poli, courtois. Civil à ceux à qui il ne pouvait être favorable, fléch. Lamoign. Aulrefois le rat de ville Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, À des reliefs d'ortolans, la font. Fiihl. 1, 9. La recherche [de ma fille] en pouvait être honnête et civile, mol. le Dép. ni, 8, Recon-

crv

naissez le héros qui, toujours égal à lui-m*ême, sans se hausser pour paraître grand, sans s'abaisser pour être civil et obligeant, se trouve naturellement tout ce qu'il doit être envers tous les hommes, boss. Louis de Bourbon.

— hist. xive s. Qu'il vousist se recorder de la civile compeignie en laquelle il estoit nez, bercheure, f" 64, recto. Il a convenu que les civiles privées discordes aient esté remises et delaiées, id. f° 42, verso. Et celle apert estre science ci ville . oresme, Eth. ni. Toute paine criminelle, corporelle et civllle, qu'il devroit ou pourrait avoir encourue ou deservie, Bibl. des chartes, 5e série, t. 1, p. 82. || xve s. Adonc (dit Tulles) un homme de grande authorité leur monstra le grand bien de la vie civile, c'est à dire de la communauté de gens, Bouciq. iv, ch. (0. Malet qui estoit civil et subtil home, nu cange, cirilis. Oster et meurtrir toute vie civile du roy et du royaume, gerson, harangue au roi Charles VI, p. <5. Il xvie s. Il est plus respectueux et civil de.... mont. 1, 51. Guerres civiles, id. i, <22. Le debvoir des armes et le debvoir civil, id. i, <I9. Requeste qui sembla raisonnable et civile, amyot, Flamin. 7, 3.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. civil; ital. civile; du latin civilis, de ciris, citoyen. Comparez à civis l'anglo-saxon, htv; goth. heiv.

CIVILEMENT (si-vi-le-man), adr. || 1° En matière civile. Poursuivre, juger civilement. || Être mort civilement, être frappé de la privation de tous ses droits civils. En cet état-là il est mort civilement, et s'est comme déposé soi-même, balz. 7e Discours sur la cour. || Être civilement responsable du dommage causé par une personne sur laquelle on a autorité, être tenu des réparations qui dépendent du droit civil, en cas de délit. || 2° Avec civilité, d'une façon honnête et polie. 11 m'a reçu fort civilement. Il en a usé le plus civilement du monde, hamilt. Gramm. 5. Je ne laisse pas de vivre civilement avec ceux qui ne le croient pas, fonten. Les mondes, 2e soir. Je n'ai garde d'insulter sur vos misères, comme vous le reprochez civilement, balz. Liv. v, h il. 3. C'est une grande bonté à vous de prendre la peine de m'écrire et de me traiter aussi civilement que si je ne vous avais pas les infinies obligations que je vous ai, voit. Lett. 1 29.

— HIST. xive s. Home est ordené à vivre civilment et en communité, oresme, Eth. vin, (i. L'on dit que telz gens conversent civilment, id. ib. <80. Il xvi° s. Qui repond pour un criminel corps pour corps, avoir pour avoir, n'en est pourtant tenu que civilement, loysel, 671. Et pource qu'il y a deux voies de se justifier, l'une civile et l'autre chevaleresque, je m'offre à deffendre civilement, que.... M. du bellay, 489. Sylla ayant du commencement usé moderéement et civilement de sa fortune , amyot, Sylla, 64. En quoy je ne sçay s'il feit sagement ne civilement, de prendre inimitié capitale à rencontre d'un tel personnage, id. Flam. 37.

— ÉTYM. Civile, et le suffixe ment ; provenç. civilment; ital. civilmente. Dans l'ancien français, civilment, civil est aussi au féminin, par la règle des adjectifs latins en is qui sont des deux genres.

f CIVILISABLE (si-vi-li-za-bl') , adj. Qui peut être civilisé.

— ÉTYM. Civiliser.

f CIVILISATEUR, TRICE (si-vi-li-za-teur, tri-s'), adj. Qui civilise, qui porte à la civilisation. Peuple civilisateur. Opinion, religion civilisatrice. || Substantivement. Pierre leGrand, le civilisateur de la Russ e.

— ÉTYM. Civiliser.

CIVILISATION (si-vi-li-za-sion; en poésie, dp six syllabes), s. f.\[ 1° Action de civiliser; état de eequi est civilisé, c'est-à-dire ensemble des opinions i mœurs qui résulte de l'action réciproque des arts industriels, de la religion, des beaux-arts et des sciences. Au commencement de la civilisation, turgot , Pens. et frag. || 2e Dans l'école de Fouri- i vilisation signifie la période particulière de la vie sociale où sontprésentementlesnationseuropt h

— REM. Civilisation n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de )S35. et n'a été beaucoup employé que par les écrivains modernes, quand la pensée publique s'est fixée sur le développement de l'histoire.

— étym. Civiliser.

CIVILISÉ, ÉE (si-vi-li-zé, zée), part, passé. Doté de civilisation. La Grèce civilisée par l'Orient. Les nations civilisées, par opposition aux nations barbares. || 5. m. Celui qui vit dans un pays civilisé.

CIVILISER (si-vi-li-zé) , v. a. || 1" Autrefois rendre civile une matière criminelie. Civiliser un procès. Civiliser une matière criminelle. || 2° Rendre civil , courtois. La société des dames l'a civilise.

CLA

CLA

il Par plaisanterie, corriger, battre. X moi, rustai.it, i, que je vous civilise, scarr. Jodelet, i, 2. || 3" Polir les mœurs, donner la civilisation. Le nerce des Grecs a civilisé les barbares. Je civitutant que je peux les Allobroges, volt. Leit. Albergati, 6 sept. 1700. || 4° Se civiliser, v. réfl. Fig. et familièrement, s'apaiser, s'arranger. Laquese civilise. Cetteaffaire se civilise. Locution prise du droit, où une affaire, de criminelledevenant civile, vilisait et devenait moins grave. || On dit, dans un sens analogue, qu'une nouvelle se civilise, pour exprimer que la chose annoncée est moins grave qu'on ne l'avait cru d'abord. || 5° Devenir civilisé. Les peuples se civilisent lentement. La France a été longtemps barbare, et, aujourd'hui qu'elle commence à se civiliser, il y a encore des gens attachés à l'ancienne barbarie, volt. Dialogues, 21. || 6" Deîenir poli. Cet homme se civilise.

— I1IST. xvie s. 11 avoit quelque façon externe qui potnoit n'estre pas civilisée à la courtisane,

MON r. I, 147.

— ÊTYM. Civil.

CIVILITÉ (si-vi-li-té), s. f. || 1° Bonnes manières à l'égard d'aulrui; usage du monde. On doit traiter tout le monde avec civilité. User de civilité. Etcomme je connais sa générosité, Nous ne nous combattons

que do civilité, corn. Poly. II, 5 Tant qu'on

m'a laissée en quelque liberté. J'ai voulu me défendre avec civilité, m. Iléracl. i, 2. Et vers moi tout l'effort de son autorité N'agit que par prière et par civilité, n>. Nicomède, i, 2. Mais enfin elle est reine, et cette dignité Semble exiger de nous quelque civilité, n>. ib. n, 4. Mais la civilité n'est qu'amour en Camille, Et l'amour en Othon n'est que

civilité, m. Othon, n, 2 Votre espoir trop

prompt prend trop de vanité Des termes obligeants de ma civilité, id. Rodog. iv, i. La politesse flatte les.vices des autres, la civilité nous empêche de mettre les nôtres au jour, montesq. Espr. xrx, 16. 11 faut trop de savoir et de civilité [à la cour], Et, si j'ose parler, trop de subtilité, régnier, Sat. m. Vous tâche/ a me contenter d'ailleurs et à couvrir une injustice avec beaucoup de civilité, voit. Lett. 30. Elle pensa hier rompre en visière à un neveu de .Mme le Challeux, qui lui faisait entendre, par manière de civilité, qu'il la trouvait bien faite, rac. I.ett. xxxm, à son fils. Les députés de Hollandenefurentpointreçusdes ministres de Louis XIV avec cette politesse française, qui mêle la douceur de la civilité aux rigueurs mêmes du gouvernement, volt. Louis XIV, to. || 2° S. f. plur. Démonstrations, protestations de civilité. Faire mille civilités à une personne, combler quelqu'un de civilités. Souffrez que je réponde à vos civilités, corn. Sertor. m, 2. Se fit-il un art de les attirer [les femmes dévotes] ou de les attacher à lui par des civilités, des visites de bienséance? flëchier, I'anêg. n, p. 421. Les civilités qu'il lui fit faire, boss. Var. 10. Il vous a fait des civilités, sév. 5B8. La Loire à qui vous avez fait tant de civilités, id. 19. Je reçois mille civilités, id. 155. Je fus promptement retrouver mon janséniste, à qui je dis, aprèsles premières civilités.... pasc. Vrov. i . Et tandis que tous deux étaient précipités Dans les convulsions de leurs civilités, mol. Fâcheux, i, I. || Au sing. La masque encore après lui fait civilité, mol. Sgan. v, t. Une visite dont je veux lui faire civilité, id. Festin, m, 7. || La Civilité puérile, ancien livre fait pour apprendre la civilité aux enfants. || Familièrement, il n'a pas lu la Civilité puérile, se dit de quelqu'un qui manque aux devoirs de civilité.

— REM. Voltaire, dans ses remarques sur JVicotnède, dit que civilité ne doit jamais entrer dans le langage héroïque. Cet arrêt est trop absolu, et tout dépend de la place et de l'emploi.

— SYN. civilité, tolitesse, courtoisie. Etymologiquement, la ci vi li té est ce q ui préside aux relations civiles, c'est-à-dire entre concitoyens; la politesse est la qualité de celui qui a été poli; la courtoisie, celle qui émane de la fréquentation de la cour, ou plutôt des cours féodales; c'est de là que le mot est provenu. Ces étymologies distinguent suffisamment les trois mots. La civilité est le premier degré; elle a son cérémonial, ses règles, qui sont de convention. La politesse est quelque chose de plus; elle ajoute, à l'idée de civilité, des manières et une faconde s'exprimer qui ont quelque chose de noble, de fin, de délicat. Pour pratiquer la civilité, il faut connaître les usages; pour avoir la politesse, la connaissance de ces usages n'est pas absolument nécessaire; et l'homme distingué d'esprit et d'éducation aune politesse naturelle La courtoisie implique, en plus, des sentiments cheva'eres-

ques, c'est-à-dire le culte envers les femmes, la générosité envers les adversaires et les ennemis, sentiments que ne renferment ni la civilité ni la politesse.

— HIST. xive s. Distribucion de honeurs ou de pecunes ou de quelconques autres choses qui sont partables entre ceulx qui communiquent en une civilité ou policie, orksme, Eth. (44. Civilité, c'est la manière, ordenance et gouvernement d'une cité ou communité, id. ib. 34. Et diffère leur civilité de la civilité de ceux qui entendent à faire les citoiens bons en la manière que une bonne chose diffère d'une malvoise, id. ib. 34. || xve s. Tant de ce les enhorta que il les attira à icelle civilité, et que il s'assemblèrent ensemble, Bouciq. iv, ch. 10. Pour la subtilité et civilité [adresse] du dit Malet, du cange, civilis. || xvi" s. Ceux qui vont en Allemagne, où les coustumes et civililez [usages] sont différentes des nostres, quand ilz sont revenus, on les trouve grossiers, LANOUE, 120. Ayant esté nourry à la guerre en discipline militaire plus que es civilitez de la ville, amyot, Marins, 2.

— étym. Provenç. civilitat ; espagn. civilidnil ; portug. civilidade ; ital. civilità; du latin civililatem. de civilis, civil.

CIVIQUE (si-vi-k'), adj. || 1° Qui concerne les citoyens. Devoirs civiques. Droits civiques, droits qui appartiennent au citoyen. L'élection des citoyens chargés de voix se renouvelant tous les ans, on serait moralement sur que les voix civiques seraient portées sur les plus dignes, turgot, Œuvres, 1844, t. n, p. 515. || Serment civique, serment d'attachenn'iit au nouvel ordre de choses qu'on demandait durant la Révolution. || Garde civique, garde composée de citoyens, autrement garde nationale. Gloire à la garde civique, Piédestal des lois! bërang. Restaur. || 2> Qui appartient à un bon citoyen. Les vertus civiques. L'objet de l'institution générale d'une bonne et civique éducation.... turgot, OEuv. t. n, p. 534. Il 3° Couronne civique, couronne de chêne qu'on décernait chez les Romainsàcelui qui, dans une bataille, avait sauvé la vie à un citoyen. Ces citoyens sauvés aux remparts de Nola, Qui d'un rameau civique honorèrent Sylla, jouy, Sylla, i, 4.

— ÉTYM. Lat. cicicus, decivis, citoyen (voy. civil). CIVISME (si-vi-sm'), s. m. Sentiments qui font

le bon citoyen; attachement à la cité, à la patrie. || Dans les lois de la Révolution, dévouement au gouvernement établi. Certificat de civisme.

— REM. Ce mot est un néologisme et ne se trouve dans aucune des éditions antérieures à 1835 du Dictionnaire de l'Académie. On a dit qu'il était dans Montesquieu : a Le civisme, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières. » Cette citation est fausse; la phrase est : Cet amour [des lois et de la patrie] demandant.... montesq. Espr. iv, 5.

— SYN. civisme, patriotisme. Le civisme est du bon citoyen; le patriotisme est de celui qui aime et sert sa patrie. On voit dès lors que patriotisme est plus étendu que civisme; car, pour avoir du civisme, il faut être citoyen, tandis que, pour le patriotisme, il suffit d'avoir une patrie. Les serfs russes montrèrent beaucoup de patriotisme dans la grande invasion que lit Napoléon en leur pays. Hampden, en refusant une taxe modique qui n'était pas légale, fit un acte de civisme.

— ÉTYM. Voy. CIVIQUE.

CLABAUO (kla-bô), s. m. || 1° Terme de vénerie. Chien à oreilles pendantes, qui aboie mal à propos, c'est-à-dire sans être sur les voies de la bête. Le veneur n'a point confiance en ce chien; c'est un clabaud. || 2" Par extension. Ce chapeau fait le clabaud, il est clabaud, il a les bonis pendants. Un chapeau clabaud par-dessus mon bonnet, j. j. nouss. Conf. vi. Demandez à votre écuyer si vous n'aviez pas votre chapeau eu clabaud et si vous n'étiez pas noir comme un diable etpoudreuxcommeuncourrier,à labataille de Foiitenoi, volt. Lettr. Richelieu, 16 juillet 1756. || 3° Fig. Personne qui crie beaucoup et sans cause.

— HIST. xvie s. Ces clabaux de village, dester.

Contes, lvi Sans lévriers, sans clabauts Avez

forcé le cerf et par monts et par vaux, Œuvres de

BAÏF, p. 57, danSLACURNE.

— ÉTYM. Picard, clabaud, qui a les oreilles pendantes ; wallon, clabot, clochette pendue au cou des animaux; du germanique : holland. klappen; allemand kir/J'en, bavarder, faire du bruit; ancien haut-allem. klaffôn (comp. glapi»). On voit la série des sens : chien qui aboie mal à propos; mais, ce chien ayant les oreilles pendantes, le mot prend aussi l'acception de pendant, tombant. Ce mot, qui n'est pas très-ancien dans la langue, paraît être venu par nos provinces du nord.

CLABAUDAGE (kla-bô-da j'), s. m. || i°Aboi de chiens. Le clabaudage des chiens dans un chenil. |l 2° Fig. Criaillerie sans motif. Son clabaudage ne m'effraye point.

— ÉTYM. Clabauder.

t CLABAUDEMENT (kla-bô-de-man) , s. m. Action de clabauder.

— HIST. xvie s. Aussi n'oyez-vous plus aux classes ce clabaudement latin des regens, Sat. Mén.j). 80.... Et ce clabaudement et abbayement est un pleur pour l'impatience de leur ire, paré, Animaux, 12.

— êtym. Clabauder.

CLABAUDER (kla-bô-dé), v. n. || 1" Terme de vénerie. Aboyer sans être sur les voies, en parlant d'un chien. Voilà maint basset clabaudant; Voilà notre renard au charnier se guindant, la font. Fabl. xii, 23. || 2° Fig. Crier sans cause. 11 clabaude contre tout le monde. Il jura qu'il s'en vengerait, et clabaude aujourd'hui contre moi chez monsieur le procureur général, volt. Lcll. d'Argcntal, 20 oct. (764. Un peuple aimable et vain [les Parisiens].... Qui vole au moindre bruit, et qui tourne à tout vent, Y juge les guerriers, les ministres, les princes, Rit des calamités dont pleurent les provinces, Clabaude le matin contre un édit du roi, Le soir s'en va siffler quelque moderne ou moi, volt. Ép. cix.

— HIST. xvie s. C'est un vertueux office, Avoir pour son exercice Force oiseaux, et force abbois, Et en meutes bien courantes Clabauder toutes ses rentes Par les champs et parles bois, dubell. ni, 87, recto. Les chiens abbayent et clabaudent oyans le bruit des trompettes, pake, Animaux, 12.

— étym. Clabaud.

CLABAUDERIE (kla-bô-de-rie) , s. f. Criaillerie sans raison et sans sujet. Peu troublé de toutes ce? clabauderies. Mais le seigneur plein de furie Fit cesser la clabauderie, scahron, Virg. trav. liv. vi.

— HIST. xvic s. Vous diriez, aies ouir criailler, que l'Estat s'en va perdu s'il manque de clabauderies affinées et de ruses pedantesques, sui.ly, dans le Dict. de dochez.

— étym. Clabauder.

CLABAUDEUR (kla-bô-deur) , s. m. j| 1° Terme de chasse. Synonyme de clabaud. j| 2° Fig. Clabaudeur, clabaudeuse, celui, celle qui crie beaucoup et sans raison. Quel clabaudeur assommant!

— HIST. xvie s. Les pedans clabaudeurs, après avoir questé avec grande estude et science pa'r les livres, en font monstre et.... charron, Sagesse, 1, 40.

— ÉTYM. Clabauder.

f CLADOPODE (kla-do-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes divisées comme des branches.

— étym. KXdtSoj, branche, de -Aiia, fendre (voy. clastique), et tcoû:, Ttoôèç, pied (voy. pied).

t CLADORRIIIZE (kla-der-ri-z'), adj. Terme le botanique. Qui a des racines rameuses.

— ÉTYM. K/â3o;, branche, et p£Ça. racine. CLAIE (klè), s. f. || 1° Ouvrage de vannier, en

osier, plat, long de quatre ou cinq pieds et large d'environ trois ou quatre, selon les choses dont on a besoin. Une claie à faire sécher des prunes. Une claie à nettoyer les habits. || Passer à la claie, jeter avec une pelle de la terre pierreuse contre une claie qu'on tient entre droite et couchée, de sorte que la bonne terre passe et que les pierres retombent au bas de la claie du côté du jardinier. |] Traîner sur la claie, punition infligée autrefois aux cadavres de ceux qui s'étaient tués volontairement, ou qui avaient été tués en duel, ou de condamnés à mort. Bruquement et Cavagnes furent traînés à la Grève sur la claie, volt. Mœurs, 171. || Fig. Ils ont beau traîner sur les claies Ce Dieu mort dans leur abandon ; -Ils ne font couler de ses plaies Qu'un intarissable pardon, v. hugo, Voix, 5. || 2e Treillage en bois ou en fer servant de clôture pour les parcs à bestiaux, les propriétés, d'abri pour les plantes, d'abat-jour, etc. || 3° Terme de pêche. Synonyme de nasse. || 4° Terme militaire. Assemblage de branches d'arbres qu'on charge de terre et dont on couvre un logement pour le garantir des feux d'artifice de l'ennemi. || Terme de fortification. Assemblage de branches entrelacées qu'on jette sur la boue d'un fossé récemment saigné, afin de pouvoir le passer sans enfoncer. || 5° Terme d'orfèvre. Espèce de faux plancher en bois, divisé en chambrettes, qui est mis sous l'établi pour recevoir les parcelles d'or et d'argent qui se détachent de l'ouvrage.

— HIST. xme s. El n'a, ce semble, point de ventre, Que tout le pis [poitrine, devant du corps].... Peut à la cloie de leschine, la Rose, 10210. Or est Raimbaus Créions à l'estaque où s'est pris; Contremont est rampes com chevaliers gentis De ci qu'à une cloie,

CLA

CFA

CFA

sus à genous s'est mis. Ch. d'Ant. îv, ait. Sos une s est muciés, L«i de Melion. Formaiges qui dedens esteient Et sur une cloiegiseient, marie, Fable 44. La charretée de cloies à eschafauder, Liv. des met. 323. Quant fête fu [La fosse] à sa devise, Une perche a par desus mise, Sur la perche met une eloie, lien. 74 1 I. || xives. Que le faulcon siée droictement sur le poing, non pas sur lacloie [dos de la main, ne dedens sur les dois, tlodus, f° lxxviii, verso. Le cop cheï sur elle, tellement qu'il lui fist une plaie à sanc sur la cloie de la main, ducange, daia. Le suppliant lui donnadelaclayedela main par le visage, id. ib. || xvc s. Le suppliant portoit une clede ou claye qu'il avoit faite, id. ib. cleda. La claye ou clide du champ, id. ib. Le suppliant s'enfouit au dit villaige jusques au dedans d'une clue près et au rez desrnaisons,lD.i6. Et avoient fait [les Flamands] ponts de nefs et de clayes sur l'Escaut, froiss. ii, h, 58. ||xvi° s. Les deux furent trainez sur des clies, et le peuple les poursuivit, et couvrit do fanges et d'opprobres, d'aub. Bist. n, 32. Les païsans roullerent dans le fossé force gabions, madriers, claies et fassines, id. ib. il, 56. Ceux du fort, qui n'avoient qu'un parapet de clies, l'abandonnèrent, id. ib. il, < 93. Sur des clies doubles, id. ib. m, 20. Les commissaires de l'artillerie, à cause des mauvais chemins, eurent quelquefois la peine de faire cheminer demie lieue l'artillerie sur des clies, id. ib. m, 226.

— ÉTYM. Picard, cloie; génev. clic; wallon, cleûse ; provenç. cleda; bas-lat. clida, clin, dans les lois des barbares et dans de vieux glossaires; le diminutif cletella dans Grégoire de Tours ; du celtique : ane. irlandais, cliatk ; kymri, clwyd; Cornouailles, du il; bas-breton, cloued; tous mots qui signifient claie. La cloie de la main , la cloie de l'échiné s'esl dit, dans l'ancienne langue, par comparaison de la structure osseuse de ces parties avec une claie.

f t. CLA1N (klin), s. m. Biseau que le tonnelier forme sur l'épaisseur de chaque douve.

— ÉTYM. Sans doute pour clin, de cl.iner inusité, mais se trouvant dans in-cliner, dë-cliner , en clin.

f 2. CLAIN (klin), a', m. Terme de coutume. Saisie. 11 y avait deux sortes de clains, l'un réel qui se pratiquait sur les biens du débiteur, l'autre personnel qui s'exerçait sur sa personne. || Clam de rétablissement, procédure pour rétablir le bailleur de fonds à rente foncière dans la possession de l'héritage, faute par le preneur de payer la rente.

— ETYM. L'anc. verbe français clamer, qui signifiait réclameren justice, du latin ctawtare(voy. clameur).

CLAIR, CLAIRE (klêr , klê-r') , adj. | | l'Qui a l'éclat du jour, de la lumière. Le bois sec fait un feu trèsclair. Mais, ô planète belle et claire.... malh. ii, 4. Adieu donc, clairs soleils si divins et si beaux, Adieu l'honneur sacré des forêts et des eaux! régnier, Plainte. L'étoile reparaîtra avec un nouvel éclat : vous la verrez marcher devant vous plus claire que jamais, et, comme les mages, vous serez transportés de joie, boss. Élévations sur les myst. vi. || 2° Qui reçoit beaucoup de jour. Cette chambre est fort claire. || Transparent. Des vitres bien claires. Clair comme le cristal. || 3" Luisant, poli. Des armes claires. Vaisselle claire. || Argent clair ou clairs deniers, argent comptant, et, par suite, argent qu'on est certain de toucher. Sa Majesté, dans les premiers jours de sa régence, épuisa l'épargne des plus clairs deniers, larochef. Mém. 23. || Par extension. Le plus clair de son bien, de sa fortune, la partie la plus sûre, la plus incontestable, par exemple de bonnes terres, de bonnes maisons, de bonnes rentes. Lesquels deux mille écus Du plus clair de mon bien seront pris et perçus, regnard, Légal, iv, 6. Son plus clair revenu consistait en bon vin, volt. Finances. || Argent clair s'est dit, ainsi que argent sec, pour argent comptant, a cause de l'éclat, ou, plaisamment, à cause de l'état sec que présentent des pièces de monnaie comptées pour un payement. il 4" Qui est d'une nuance peu foncée, en parlant des couleurs. Vert clair. Brun clair. Un teint clair. 11 suivait une pente où l'herbe, usée à peine, Sous

le sombre sapin et sous le clair bouleau masson,

Helv. n. || Clair-brun, clair-brune, qui est d'un brun clair. Cheveux clair-bruns. Cette fille est clairbrune. Dans cette orthographe, qui est celle de l'Académie, clair est adverbe. || 5" Qui n'est pas trouble. Vin clair. Eau claire. Le long d'un clair ruisseau buvait une colombe, la font. Fabl. ii, 12. Ainsi qu'un clair ruisseau, captif entre ses bords, cas. delav. Ép. à Lamartine. Clairs ruisseaux, sombre bois, qui la vîtes fidèle, Cessez de retracer à mon cœur affligé L'image d'une ardeur et si vive et si belle, chaulieu, Sur une infidélité. Savoure ce

nectar plus clair que le rubis, Gilbert, Nouvel Épicure. || Fig. Faire de l'eau .claire, ne pas réussir. Mais quoi ! que feras-tu que de l'eau toute claire ? mol. l'Êtour. ni, 1. 1| Par extension. Le temps, le ciel est clair. Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux, rac Phèd. iv, 6. Pour toi, toute fumée ondulant, noire ou gaie, Sur le clair paysage.... v. hugo, Voix intér. 19. ||6° Qui a peu de consistance, par opposition à épais. Cette purée est trop claire. || Un oeuf clair, œuf qui a été pondu par une femelle d'oiseau non fécondée. || Lait clair signifie quelquefois petit-lait. || 7" Qui n'est pas assez serré, dont les parties ne sont pas rapprochées. Une toile claire. Les blés sont clairs. j| Bois clair, bois dont les arbres sont assez éloignés les uns des autres. || 8" Net, aigu, en parlant de la voix et des sons. La voix des femmes est plus claire que celle des hommes. Et là d'une voix claire, Devant quatre témoins assistés d'un notaire, rac. Plaid, il, 4. || 9° Fig. Aisé à comprendre. Cet auteur n'est pas clair. Des termes clairs. Des idées claires. Un système suivi, méthodique, clair, marchant de conséquence en conséquence, volt. Dict. phil. Philosophie. Ne doit-on pas interpréter des édits vagues et obscurs par des lois claires et reconnues qui les expliquent? volt. Lelt. de la Voûte, 4 février 1 766. || Cette affaire n'est pas claire, elle est embrouillée. || Ce procédé, cette conduite, ces discours ne sont pas clairs, ils sont équivoques. || Familièrement. Est-ce clair? c'est-à-dire ai-je parlé d'une façon intelligible? || Le plus clair d'une affaire, tout ce qu'on peut y comprendre. || 10° Qui comprend aisément, en parlant de l'esprit. Avoir l'esprit clair. Ëtaient-ce impressions qui pussent aveugler Un jugements! clair? malh. v, 4. || 11" Évident, manifeste. Son droit est clair. La loi est claire et précise. Vous déguisez en vain une chose trop claire, corn. Hor. i, 2. Et vous pourrez avoir des visions plus claires , id. Nicotn. n, 3. Le jour est déjà grand; et la houte plus claire De l'apôtre ennuyé l'avertit de se taire, malh. i, 4. Maintenant ces deux âmes pieuses contemplent ensemble à découvert les lois éternelles d'où les nôtres sont dérivées; et si quelque légère trace de nos faibles distinctions paraît encore dans une si simple et si claire vision, elles adorent Dieu en qualité de justice et de règle, boss. le Tellier. Qui cherche la perfection, Loin de tout croire en téméraire, Pèse avec mûre attention Tout ce qu'il entend dire et tout ce qu'il voit faire; La plus claire apparence a peine à l'engager, corn. Imitation, i, 4. Ce que l'on peut prendre pour la cause de cet effet, étant clair que c'est la même chose de faire faire un pouce de chemin à cent livres d'eau que de faire faire cent pouces de chemin à une livre d'eau, pasc Équil. des liqueurs, n. Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droit trop clair? boss. le Tellier. Des prophéties plus claires que )e soleil, boss. Hist. n, 4. J'exigerais de ceux [les esprits forts] qui vont contre le train commun et les grandes règles, qu'ils fussent plus que les autres, qu'ils eussent des raisons claires et de ces arguments qui emportent conviction, la bruy. xh. || Familièrement. C'est un profit tout clair, un profit manifeste. Au lieu de dépenser mon argent, je l'ai placé, c'est un profit tout clair. Détaillons un peu les obligations que je vous ai : premier acte [de Tancrède], premier remercîment; la première scène du second, supprimée, profit tout clair, volt. Lett. d'Argental,2i sept. )76o. ||12° Clair, s. m. Clarté. Au clair de la lune. Notre promenade fut charmante au clair de lune, sév. 214. Les bigots.... criaient tous Disant : au clair de lune II [Guilain] fait danser les loups, bérang. Ménétr. de Meudon. || Terme de peinture. Un clair de lune, tableau d'une vue prise au clair de la lune. || Il fait clair, il fait jour, et aussi on voit clair. 11 fait clair dans cette galerie. || 13° Terme de peinture. Parties éclairées d'un tableau. C'est ainsi que la peinture divise en grande masse ses clairs et ses obscurs, montesq. Goût, Variété. || 14° Dans une tapisserie, les clairs, les laines, les soies de couleur claire. Cette tapisserie est presque achevée, il n'y a plus ijue les clairs à mettre. || Endroit d'une étoffe ou d'un bas où, les fils étant à moitié usés, le jour se voit à travers sans qu'il y ait un trou. Raccommoder, faire les clairs d'un bas. || 15° Tirer un liquide au clair, le mettre en bouteilles quand il a bien reposé. || Fig. Tirer une affaire au clair, l'éclaircir, en étudier toutes les circonstances. || Dans le même sens, mettre au clair. Chavigny, se voyant mis au clair [dévoilé], n'eut recours qu'au pardon, st-sim. vin, «8. || 16° Clair, adv. D'une manière claire, distincte. Voirclair. On lui vient dire qu'il verra clair [ne sera

pas aveugle) , sf.v. 6. || Entendre clair, avoir l'ouie bonne. Moins usité que voir clair. || Fig. Voir clair, être pénétrant, se rendre compte d'une chose. Et le sort, qui détruit tout ce que je consulte, Me fait voir assez clair que jamais ce tumulte N'aura paix qu'au tombeau, malh. v, 21. Ils se vantent de voir fort clair en leurs affaires, la font. Fiancée. L'œil qui voit dans lîs cœurs clair comme dans les cieux, Sait quelle aversion j'eus depuis pour tes dieux, rotr. St. Gen. m, 6. Je commence à voir clair dans cet avis des cieux, rac Athal. 11,6. Dieu voit clair dans nos cœurs, boss. i, Pent. 2. Elle voit bien clair à l'intérêt que j'y prends, sév. 382. On voitclairau" travers de mes paroles, id. 46. En venant à vouloir voir clair aux effets de notre marquise, mol. l'Av. îv, \. Qui peut aisément voir clair dans l'histoire que vous ferez, id. ib. v, 5. Vous avez vu clair et dans la vanité de toutes les choses humaines et dans les grandes vérités de l'éternité, mass. Car. Inconstance. Qui voudraient voir clair dans les secrets de Dieu, id. Car. Temples. Ceux qui voudraient voir clan- dans les voies éternelles de Dieu, id. Avent, Noël. Ma musique est une musique de conséquence, il faut voir clair à ce qu'on fait, regnard, Sérén. se. t8. Il Parler clair, parler avec une voix grêle et aiguë. Il Fig. Parler clair, parler clair et net, parler ouvertement, sans réticence ni ménagement. Déclarant haut et clair que celui qui se dit mon ami ne l'est point. || Fig. Cette ferme lui rapporte clairet net quatre mille francs par an, c'est-à-dire tous frais déduits. !| Clair, en espaçant, de loin en loin. Semer clair. Des épinards plantés clair. ■

— HIST. xie s. Que nous perdons clere Espagne la bêle, Ch. de Roi. iv. Bels fut li vespres, et li soleils fut cler, ib. xi. Cler en riant [il] l'a dit à Guenelon, ib. xlvii. Montjoie [il] escrie et hautement et cler, ib. cxlv. Li sanz touz clairs par mi le cors lui mie, ib. cxlvi. ||xir s. Princes e très cliers e granz ies[tu es] en ceste cité, Machab.i, 2. Mil graille sonent, moût en sont cler li son, Ronc. p. 71. Clere est la nuit et la lune luisant, ib. p. m. L'espée [il] ceint, dont li pons [la poignée] reluit cler, ib. p. 126. À cleres armes, à riches gonfanons, ib. p. 133. Cler luit la lune par la cité antie, ib. p. <4 7. Plus [j'] en auroie le cuer del ventre cler [satisfait], ib. p. 158. Mais se vos ieus, où l'on se puet mirer, Qui tant sont cler.... Coud, 11. Queli faus enfes [enfant] qui crie Pour la bêle estoile avoir, Qu'il voit haut et cler seoir, ib. m. Mais son cler vis et sa fresche bouchete, ib. VI. Et vos [votre] douz front qui plus est cler que glace, ib. xi. Le front poli et cler, les oils vairs et rianz, Sax. v. Ce fu à Pentecoste, que il fait bel et cler, ib. xm. || xme s. La fille [de] Blancheflor la ro^ne au cler vis. Berte, \\\ [Elle] cuida que il fust jour, pour ce qu'il faisoit cler, ib. xliii. S'en départ la royne, car la lune luist clere, ib. XLiV. [Votre père] Qui ça vous envoia bêle, plaisant et clere, ib. xcvin. Et l'autre partie par clers usages et par cleres coustumes, usées et acoustumées de lonc tans pesivlement [paisiblement] , beaum. <3. Bien seùst veoir cler, Qui i veïst un mauvais cas, ruteb. 306. Cis siècles est moult fel, si nous veut enganer; N'i a vraie justice; nus n'i peut veïr cler, Moult i convient grant garde por nos âmes salver, Ch. d'Ant. 1, 96. Si que je leur monsterrai tout cler, que je n'enporte point d'argent, joinv. 282. Il xiv' s. Il est tout clair que telles petites fortunes ne font pas.... oresme, Eth. 24. Et dit cilz d'Alebret : Je le dirai tout cler : On dit que vous tenez et faites enserrer Ung chevalier prison que je doi bien amer, Guescl. <3405. La paste est plus clere et est comme boulie clere, Ménagier, 11, 5. Laissiez reposer vos rainsseures; puis vuidiez le cler, et le coulez, ib. || xve s. De nuit on oyt moult clair, froiss. n, 11, 2)3. Et le comte qui sage et subtil estoit, et qui à ses besognes assez clair veoit, id. ii, m, 6. Et chevauchèrent ces François tous armés au clair, id. 1, i, 316. Je vois bien cler; jà ne faut qu'on me maine, ch. d'orl. Bail. 97. Pour estre de cette chose certainement et au clair informé, Bouciq. m, ch. 4. Le jour estoit ung peu au cler et esclarcy, comm. 1, 1 1. Ayant clere congnoissance de gens, iD.11, 6. Sire, dit elle qui de loing traire vouloit clere eaue [tirer des éclaircissements], plaise vous moy nommer celles qui sont mariées et à qui, Perceforest, t. 111, f* 74. y xvie s. C'est une chose claire comme le soleil en plein midi, calv. Instit. H 55. Au lieu que je declaire, Le fleuve Lot couve son eau peu claire, marot, i, 258. J'ay mis au clair le plus grand de mes doutes, J'ay descouvert cent secrets d'un traict d'œil, st-gel. 18). Le nom tout seul de François de la Tour Dira assez au clair sang de Turene Qu'il n'est pas mort, id. )96. Il y voyoit si

CLA

CLA

CLA

clair, d'un jugement si sain que.... mont, i, 147. Voir clair en ses affaires. ir>. n, «<>. Il faict clair [il fait beau soleil], id. Il, 358. Les accidents qui sont advenus aux cinq roys, qui régnèrent à Rome depuis Numa, ont rendu sa gloire encore plus claire et plus illustre, amyot. Numa, no. Ualbaen prit la hardiesse de dire publiquement hault et clair, qu'il.... ir>.P..Em 51. Si tost donques que le jour fut clair.... m. ib. 62. Si feit ses rencs clairs du commencement, pour engarder que les ennemis ne le peussent envelopper, m. Crassus, 44. Des sachets de toile claire, o. de serres, 2-.'5, Comme dans un miroir, on voit . les grâces Au clair de votre teint.... Œuvres de des portes, p. 155, dans lacurnh. Suppose que l'héritier offre accomplir le testament, et ce de bailler caution, ou de laisser es mains de l'exécuteur autant que se monte le cler du dit testament, Coustum. amer. t. i, p. 77.

— ÊTYM. Wallon, ch:r; Eerry, clar, cl mouillés; bourguig. clar; provenç. clar; espagn. claro; ital. chiaro; du latin clarus, clair.

f CLAIRÇAGE (klèr-sa-j') , s. m. Dans les fabriques de sucre, indigène ou exotique, opération qui consiste à filtrer, à travers le sucre cristallisé et encore enfermé dans les formes, un sirop de sucre blanc fait à froid, afin que ce sirop dit clairce, incapable de dissoudre d'autres sucres, remplisse les vides qu'il produit en déplaçant et faisant écouler les parties colorées dont les cristaux sont salis, le-

G0ARANT.

— ETYM. Claircer.

| CLAIRCE (klèr-s'), s. f. Sirop de sucre blanc qui sert au clairçage.

— étym. Clair.

t CLA1RCÉE (klèr-sée), s. f. Voy. clairëe.

t CLAIRCER (klèr-sé), v. a. Dans les fabriques de sucre, épurer le sirop, et, mieux, pratiquer le claire.

— ÊTYM. Clairce.

) . CLAIRE (klè r'), s. f.\\ l" Terme d'affineur. Cendres lavées, os calcinés dont on fait des coupelles. || 2° Chaudière du raffineur de sucre. || 3° Pour les bas, une claire, un endroit où les mailles sont retachées, rompues. Bêlais tes claires avec soin, Georgette, si tu veux que tes lias n'aient jamais de trous, HDMBF.RT, Gloss. gêner. 1 1 On le fait d'ordinaire masculin, un clair, du moins a Paris. || 4° Claire des gardes, nom donné à l'étoile la plus brillante du carré de la Tetite Ourse; elle a une teinte rougeâtre.

— ÊTYM. Clair.

f 2. CLAIRE (klê-r') (SAINTE-),*, f. Nom d'un ordre religieux de filles, fondé au treizième siècle par saint •François d'Assise. Il s'est divisé en deux branches, l'une nommée les Damianites, qui sont les anciennes; l'autre, qui prit le nom d'Urbanistes, du pape Urbain IV, qui mitigea leur règle.

— ÉTYM. Claire, nom de la première supérieure. Clair'1, nom propre, n'est pas autre chose que l'adjectif clair au féminin.

f CLA1REE (klè-rée) ou CLAIRCÉE (klèr-sée), s. f. Il 1" En tenues de raffinerie de sucre, synonyme de clairce. || 2" Clairée, réservoir d'un marais salant.

— ÊTYM. Clair.

7 CLAIRE-ETOFFE (klê-ré-to-f), s. f. Voy. claire-

SOUDUHE.

CLAIREMENT (klê-rc-man) , adv. D'une manière claire, nette. J'ai clairement entendu ce que vous dites. Parler clairement. Tu penses que d'Ivry la fatale journée Où ta belle vertu parut si clairement, malh. vi, 22. Que nous apprendrez- vous, bon vieillard, qui sans yeux Lisez si clairement dans le secret îles cieux, rotrou, Antig. v, 5. C'est ce que de la tour j'ai clairement pu voir, id. ib. 1, 2. Ce silence forcé parle trop clairement, id. Bélis. III, 3. Si vous vous expliquiez un peu plus clairement, corn. Scrlor. iv, I. Je vois trop clairement quelle main le produit, id. Perihar. ni, 4. Vous voyez clairement que votre songe est vain, in. Polij. 11, 3. [Elle].... fait voir clairement les merveilleux effets Qu'en un cœur irrité produisent les bienfaits, id. hfc'déc, iv, 4. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, boil. Art p. 1.

— SYN. clairement, distinctement. On voit clairement un objet toutes les fois qu'il est assez éclairé pour qu'on puisse le reconnaître en général; on ne le voit distinctement que lorsqu'on approche d'assez près pour en distinguer toutes les parties.

— H1ST. xne s. Et s'escria clerement à haut ton, Ronc. p. 59. Qui voldreit clerment à la raisun guarder, Miel/, vient de basse gent estre bon e muuter, Que de halte gent estre e en enfer aler, Th. le mail. 88. I] xme s. Et clerement fu scii prochainement des Grieus et des François, comment il avoit esté es-

tranglés, villf.ii. xcvm. Et peut-on clairement connoistre leur afaire, Berte, lxix. Il voit tout clerement qu'ele a esté traie, ib. xc. Si comencha haut et clerement à canter le premier vier [vers] , car il cantoit très bien, Chr. de Rains, p. 55. Il fu regardé que le [la] première convenence fu fête par fraude tout clerement, beaum. xxxiv, 49. Quand il oy ce, si commença à rire moult clerement, joinv. 266. Il xive s. Et par ce appert-il clerement que, pour dire un homme beneuré, il ne convient pas ensuir les fortunes, oresme, Eth. 23. |j xv* s. L'escuyer de Portingal qui est ici venu le m'a esclairci moult clerement , froiss. 11, m, 32. Mesmement le comte leur sire ne s'osoit clairement tenir en Flandre son pays [craignant d'Artevelle] , id. 1, 1, 67. || xvic s. Cela se pourra plus clairement veoir par le récit de ses faits, amyot, Flamin. m.

— ÉTYM. Claire, et le suffixe ment; provenç. clarament ; espagn. claramente; ital. chiaramente.

7 CLAIRER (klè-ré), v. a. Terme dé fonderie. Laver.

— étym. Clair

fCLAIRE-SOUDrjRE(klê-re-sou-du-r') ou CLAIRE- ÉTOFFE, s. f. Nom d'une sorte d'alliage, qui est composée de plomb et d'étain.

CLAIRET (klê-rè), adj. m. [| 1° D'un rouge clair, en parlant du vin. Le suc des raisins noirs se convertit en vin clairet, desc. L'homme- || Substantivement. Boire du clairet. || 2" S. m. Infusion déplantes odorantes dans du vin miellé et sucré. || 3" Terme de joaillier. Pierre d'une trop faible couleur. || 4° Terme de pêche. Maille de la partie supérieure d'un filet.

— HIST. xne s. Li rois Pacointe del plus riche barné; Puis le servi del vin et del claré, Raoul de C. 16. Il xme s. Et de l'iauve simple bevoient, Sans querre piment ne claré, N'onques ne burent vin paré, la Rose, 84)9. || xive s. Car en che paradis est un riex [ruisseau] establis, Qui se partist en trois, en che noble pourpris; En l'un coert li clarés, d'espisses bien garnis, Baud. de Seb. xi, 5i).||xves. Et donnoit cette fontaine, par ses conduits, claret et piment très bon et par grands rieus, froiss. m, iv, ). Et que le vin clairet, qui est de sa contrée, basselin, xxvill. Après il print les esguieres, Le vin, le clairet, l'ypocras, villon, Repues (r. ||xvies. Leur bruvage est faict de quelque racine et est de la couleur de nos vins clairets, mont, i, 237.

— ÉTYM. Clair; génev. claret, vin; provenç. claret; espagn. clarete , sorte de vin ; ital. chiaretto, clairet, claretto, sorte de vin.

| CLAIRETTE (klê-rè-f) , s. f. || 1° Maladie des vers à soie dans laquelle ils deviennent demi-transparents. || 2° Un des noms de la mâche. || 3° Sorte de vin blanc, mousseux et très-léger du midi de la France. La clairette de Die. |J 4" S. f. plur. Bernardines.

CLAIRE-VOIE (klê-re-voî), s. f. || 1° Ouverture fermée seulement par un grillage en bois ou en fer. || Au plur. Des claires voi 's. || À claire-voie, loc. adv. X jour. Une palissade faite à claire-voie. Une porte à claire-voie. Toile a claire-voie, toile à tissu peu serré. || Semer à claire-voie, jeter la graine à terre en la dispersant le plus possible. || 2" Terme de marine. Sorte de panneau formant loit pour l'écoulement des eaux. || 3° Terme de manufacture. Le jour qui reste quelquefois entre les fils de la chaîne, après que les draps ou autres étoffes de laine sont travaillées en toile.

— HIST. xvie s. Il se vid avoir affaire à trois troupes et non à une, si bien que pour fournir aux diverses faces chacun prit parti à ce qu'il devoit affronter; cela fit faire une clair-voie entre ce qui donnoit aux deux cousins, d'aub. Hist. m, 54, 55. Une couppe plate, d'argent doré, à tout son couvercle, dont le pyé est faict à clervoises et lectres, de laborde. Émaux, p. 2)6.

— ÉTYM. Norrn. claire-vaie. L'étymologie parait être claire et voie; pourtant, outre que le sens n'est pas satisfaisant, on remarquera que dans les exemples, peu nombreux il est vrai, de l'historique, clair demeure invariable; ce qui porterait à croire que, dans la fin du mot, il faut chercher autre chose que voie, peut-être quelque formation irrégulière du verbe voir.

7 CLAIR1ER (klè-rié), s. m. Levain plein de mousse.

— ÉTYM. Clair.

CLAIRIÈRE (klè-riê-r') , s. f. || 1° Certaines parties de bois où les arbres ne sont point si touffus que dans d'autres. Dans la brune clairière où l'arbre au tronc noueux Prend, le soir, un profil humain et monstrueux, v. hugo, Voix intér. vu. Bien des fois, n'est-ce pas? à travers la clairière, Pâle, effaré,

n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté.... id. ib. x. || 2° Partie claire d'un tissu. Il y a des clairières dans cette toile. || 3° Terme de manufacture. Voy.

ÉBOULAGE.

— REM. Au xvne siècle, on disait clarière. On faisait environ deux mille pas dans le bois, puis on rencontrait une clarière qui servait comme de parvis au temple, la font. Psyché, n, p. 158.

— ÉTYM. Clair.

CLAIR-OBSCUR (klê-rob-skur, au pluriel comme au singulier), s. m. || 1° Terme de peinture. En général, manière de traiter les jours et les ombres. On dit d'un peintre qu'il entend bien le clair-obscur, lorsqu'il détache bien ses figures, par une heureuse disposition des ombres et de la lumière. Les Italiens ignoraient l'art de la perspective et du clair-obscur, voi.t. Mœurs, )2i . || Un dessin au clairobscur, ou, simplement, un clair-obscur, dessin dont les ombres sont de couleur brune et les jours rehaussés de blanc. || 2° Effetde lalumière, éclairant les surfaces qu'elle frappe, et laissant dans l'ombre celles qu'elle ne frappe pas. Ajoutez à cela le clairobscur du soleil et des ombres, j. j. rouss. Hêl.iï, 3. \\ Au plur. Des clairs-obscurs.

— ÉTYM. Clair, obscur.

1. CLAIRON (klè-ron), s. m. || 1° Sorte de trompette à son clair et perçant. C'était le clairon des barbares Qui vous annonçait nos revers, béranger, Orage. || Dans les régiments d'infanterie, cornet des voltigeurs. || 2° Celui qui sonne du clairon. || 3° Un des jeux de l'orgue, à l'octave de la trompette. || Proverbe. A bête sûre il ne faut pas de clairon, c'est-à dire quand on est plein de confiance en l'honnêteté d'une personne , il est inutile de la surveiller.

— HIST. xme s. Leroy qui venoit à un terrible tempestierdetrompetes.cleronset cors,DucANGE,c/rtrasius. || xve s. Quand ce vint le samedi au matin .on sonna trompettes et claronceaux à grand foison parmi l'ost, froiss. il, m, 19. Et moy tantost depietonner ;Car, quant on ouyt clarons sonner, Il n'est couraige qui ne croisse, villon, Archer de Bagnolet. Et les menestriers se mirent tous devant, sonnans trompes, clairons et cors sarrasinois, cimballes et tabours, et menoient si grant deduyt.... Perceforesl , 1. 1, f" 1 05.

|| xvie s Chanta les vers que dessus déclarons,

Plus haut et cler que trompes et clairons, marot, ii, 282. Il n'a point les trompettes et clarons sonans autour de luy, ains marche à pied avec des pantoufles, amyot, Marccll. 35. Sonnant grand nombre de clairons, decornetset de trompettes, id. Sylla, 3). A pain et oignon, trompette ne clairon, cotgrave. Les clairons, hault-bois et trompettes du tournoy, condé, Mém. p. 546. Il est accoustumé de mectre en la dicte gallere trompettes et clairons. Les [ails de mer, dansJAL, clairon.

— ÉTYM. Bas-lat. clario; ital. chiarina; du latin clarus, clair: instrument qui donne un son clair.

f 2. CLAIRON (klè-ron), s. m. || 1° Terme de marine. Partie du ciel qui paraît dans une nuit nbscure. || 2" Terme de pêche. Torche de paille allumée pour éblouir le poisson la nuit.

— ÉTYM. Picard, clairon, éclat passager de lune ou de soleil pendant une nuit ou un jour obscur; de clair : c'est-à-dire chose qui donne de la clarté.

CLAIR-SEMÉ, ÉE (klêr-se-mé, mée), adj. Peu serré, répandu de distance en distance. Du blé clair-semé. Desorges clair-semées. Un bois de chênes clair-semés. || Fig. Les beautés sont clair-semées dans ce poème. L'argent est clair-semé chez lui, il en a fort peu.

— REM. Clair est invariable dans ce mot, qui signifie : semé à clair.

— HIST. xiii" s. Cels pris [je prise] , cels aim [j'aime ceux-là! , et si je doi; Cels doit l'en bien monstrei au doi; Qu'il sont el siècle clersemé, ruteh. 230. || xive s. Et est vraisemblable que telesamistés soient cler semées et non pas communes, oresme, Eth. 235. || xvie s. Qu'on loge un philosophe dans une cage de menus filets de fer clair-semez, mont, ii, 365. Tels à la vérité sont si clair-semez, qu'il seroit bien difficile d'en trouver quinze à la douzaine, froumenteau, Finances, ni0 livre, p. 437.

— ÊTYM. Clair, et semé.

| CLAIRCRE (klè-ru-r'), x. f. Terme de manufacture. Endroit, d'une étoffe de laine où les fils ne se joignent pas bien.

— étym. Clair.

CLAIRVOYANCE (klêr-vo-ian •': plusieurs disen.

• i ian-s'), S. f. || 1° Discernement par lequel

onvoil le fond des choses, il a trop de clairvoyance

\>ou\- qu'on puisse le tromper. || 2° Vue attribuée aux

idormies du sommeil magnétique et qui

CLA

CLA

CLA

leur permettrait de voir à distance ou à travers les choses opaques.

— REM. On a dit que ce mot était dû à Port- Royal ; il est beaucoup plus ancien.

— HIST. xvr s. Ce n'est pas par discours ou par nostre entendement que nous avons receu nostre religion, c'est par auctorité et par commandement estrangier; la foiblesse de nostre jugement nous y ayde plus que la force, et nostre aveuglement plus que nostre clairvoyance; c'est par l'entremise de nostre ignorance plus que de nostre science que nous sommes sçavants de ce divin sçavoir, mont.

— ÉTYM. Clairvoyant.

CLAIRVOYANT, AME (klêr-vo-ian, ian-t' ; plusieurs disent klêr-voi-ian , ian-t') , adj. || 1° Qui voit clair; dont la vue est bonne. || Substantivement. C'est un clairvoyant qui est directeur de l'Institution des aveugles. La dame à qui nous venons de parler est une clairvoyante. || 2° Fig. Qui voit clair dans les affaires. Un homme, un esprit clairvoyant. Cette ruine fait entendre aux moins clairvoyants l'accomplissement de la prophétie, boss. Hisl. H, 4. Et, alin que cette suite du peuple de Dieu fût claire aux moins clairvoyants, Dieu la rend sensible et palpable par des faits que personne ne peut ignorer, in. ib. h, 13. La princesse palatine croyait voir partout dans ses actions un amour profane déguisé en vertu; plus elle était clairvoyante, plus elle était tourmentée, m. Anne de Gonz. Les efforts que vous feriez pour l'empêcher, ne serviraient qu'à faire connaître aux moins clairvoyants que vous avez eu peur, pasc. l'rov. 15. Les mystères du cœur sont souvent si cachés Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés, corn. Nicom. m, 4. Si le ciel s'est ouvert, si ton œil clairvoyant Peut voir ce qui n'est pas et lit dans le néant, brébeuf, Phars. v.

— HIST. xm° s. Et qui serait bien cler veans, Il verrait que maus est neans, Car ainsinc le dit l'Escripture, la llose, 6320. || xvie s. Or avez vous

I l'esprit si clervoyant, Que nul destour, tant soit il fourvoyant, Vos pas certains pourrait tromper.... Du bellay, vu, 31, recto. Selon le jugement des plus clairs voyans et plusadvisez, conde, Mémoires, p. 558. Dirons nous pas que ces simples gents là se sont laissez piper aprez le vulgaire, pour n'estre pas clairvoyants comme nous? mont, i, 203.

— ÉTYM. Clair, et voir; bourguig. clarvoyan.

f CLAMABLE (kla-ma-bl'). adj. 'ferme de coutume. Bien clamable, bien sujet à l'exercice d'un retrait.

— ÉTYM. Voy. CLAMANT.

| CLAMANT (kla-man), s. m. Terme de coutume. Le demandeur, le saisissant, le retrayant.

— ÉTYM. L'anc. franc, clamer, réclamer, du latin clamare, appeler.

| CLAMEAUX (kla-mô), s. m. plur. Clous ou crampons à deux pointes coudées pour des constructions provisoires.

— ÉTYM. Sans doute dérivé de clamp (voy. ce mot).

CLAMEUR (kla-meur) , s. f. || i° Ensemble de cris tumultueux, souvent de mécontentement, de réprobation. Une bruyante clameur. 11 s'éleva une clameur universelle. Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute Que chacun au bruit accourant Crut qu'elle accoucherait sans faute D'une cité plus grosse que Paris, la font. 1 ail. v, m. Les bons papes trouveront l'Eglise en clameurs, pasc. P. Jés. 4. Partout où il a passé ç'aété des clameurs [cris de douleur], sév. au. Justice qui fait semblant d'être vigoureuse, à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres et peut-être aux clameurs d'un peuple irrité, boss. le Tellier. J'entends de tous côtés les clameurs des soldats, volt. Adélaïde, i, 1. Les clameurs des soldats par la crainte étouffées, delav. Paria, I, l. || 2° Réclamation à haute voix. Les dieux plus pitoyables 5. nos justes clameurs se rendent exorables, corn. Me'dée, v, 4. La forte clameur que vous poussez pour eux vers le trône de votre fils, mass. Pass. 2. Les grenouilles, se lassant De l'état démocratique, Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique, la font. Fabl. in, 4. || La clameur publique, l'indignation publique. || Clameur de haro, terme de pratique, qui se disait autrefois, en Normandie, de la sommation de comparaître sur-lechamp devant le juge. Voy. haro. || 3° Criaillerie. Braver les clameurs des sots. Il a trop craint les clameurs de la cabale. Osant braver les clameurs de leur sexe, 3. j. rouss. Ém. 1. À ces vaines clameurs on ne répondait pas, volt. Œdipe, v, i.

— SY.N. cri, clameur. Cri est le mot général:

clameur le particularise. Le cri est la voix poussée avec effort, mais sans être nécessairement articulée. Un homme qui souffre beaucoup peut jeter des cris, mais non des clameurs; la clameur suppose toujours un sens et des paroles; elle emporte l'idée de plainte, de demande, d'accusation, de réclamation.

— HIST. xie s. Cent solz al clamur por la teste, Lois de Guill. 4. || xlv* s. Les meies paroles o tes oreilles receis, sire; entent la meie clamur, Psautier, dans Missions scientifiques, t. v, p. 146. Un en doit faire clamour, Couci, ni. Ne jà certes [jej n"en feïsse clamor, Se j'eusse de moi venger puissance, ib. xvi. || xme s. Grains [attristé] et marriz, [il] fist tant par sa maistrise [adresse], Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour, audefr. le bast. Bomancero , p. 6. Li mestre marischaus a la joustice de tous les forfais apartenans à leur mestiers, et de toutes les clameurs qu'il i font li uns seur l'autre, Liv. des met. 46. Je vous ains [aime], dit-il, par amors; Si en ai fait maintes clamors, Ben. 41 o. Comment, par le conseil d'Amours, L'amant vint faire ses clamours X ami, à qui tout compta, la Bose, 3(20. Quant le [la] clameurs est d'aucun cas qui touque à l'eritage de son seigneur, beai'M. 30. Et se il est requérant, qu'il die le plus brief qu'il pora; car en brieve clamor a deus proufiz; l'un est que la court retient et recorde mieus le court que le lonc, Ass. de Jér. 46. || xvr s. Petits plaisirs, longues clamours, Or taschons à trouver la chose Que je cherche au temple d'Amours, marot, i, ifli. Et alors se leva une clameur de joye que le peuple jetta si haulte, qu'elle fut entendue jusques en la mer, amyot, Flamin. 20.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. clamor; ital. clamore; du latin clamorem, cri.

f CLAMEUX , EUSE (kla-meû, rneû-z') , adj. Terme de vénerie. Chasse clameuse, chasse qui se fait avec grand bruit, pour effrayer le gibier. || Par exteasion. Les hirondelles de mer, dans les temps de nichée, sont plus inquiètes et plus clameuses que jamais, buffon, dans le Dict. de poitevin. || S. m. Nom d'un oiseau, le bruyant, qui a la voix forte.

— ÉTYM. Le latin clamosus, criard, de clamare, crier (voy. clameur).

| CLAMP (klan) , s. m. Terme de marine. Pièce de bois, qui, étant appuyée contre un màt ou un pilier, sert à le soutenir et à le fortifier.

— ÉTYM. Wallon, clamm, crampon; norm. acclamée r , cramponner; de l'ancien Scandinave klampi; allemand moderne, Klammer, crampon.

j CLAMPE (klan-p'), s. f. Terme de charpentier. Sorte de crampon ou d'emboiture.

— ÉTYM. Voy. CLAMP.

I CLAMPIN (klan-pin), s. m. Terme militaire. Soldat retardataire, traînard, écloppé. || Populairement, clampin, clampine, un fainéant, une fainéante. Il Boiteux. Le duc du Maine, tout clampin qu'il est, Lett. gai. dans leroux , Dict. com.

f CLAMPONNTER (klan-po-nié), i. m. Terme de manège. Cheval long et jointe, ou qui a les paturons longs, effilés et trop pliants. || Adj. Cheval clamponnier.

I. CLAN (klan), s. m. En Ecosse et en Irlande, parmi les Gaëls, tribu formée d'un certain nombre de familles, régie par des coutumes déterminées, et ayant un chef appartenant à une famille 6m inente qui le fournit héréditairement. Un clan de montagnards. Chef de clan.

— ÉTYM. Gaélique, clann, enfanl descendant;

| 2. CLAN (klan), s. m. Terme de marine. Mortaise dans les murailles, au bout des vergue au pied des mâts de hune , etc.

— ÉTYM. Autre forme de clamp.

f 3. CLAN ou CLAND (klan), i. m. Instrument de parcheminier.

j CLANCULAIRE ( klan-ku-lê-r' ) , s. m. Nom d'une secte d'anabaptistes, qui s'assemblent secrètement pour les exercices de leur croyance, dans l'opinion qu'ils n'ont point de compte à rendre de leur foi au public.

— ÉTYM. Le latin clancnlarius , clandestin, de clam, en cachette.

CLANDESTIN, INE (klan-dè-stin, sti-n'), adj. Il 1" Qui se fait en cachette. Un écrit clandestin. Une réunion clandestine. Un mariage clandestin, la font. Fab. iv, I. Un hymen clandestin mit ce prince en son lit. rac. Iph. îv, 4. Un rapport clandestin n'est pas d'un honnête homme; Quand j'accuse quelqu'un, je le dois et me nomme, gresset, Méchant, v, 4. || 2° Par extension, caché. Il ne se renferme point dans les lieux clandestins de sa débauche, dider. lUoge de Bichardson. 11 m'est très-important que Genève, qui n'est qu'à une lieue de mon

séjour, ne passe point pour un magasin clandestin d'éditions furtives, volt. Lett. Damilaville, 2 févr.

— HIST. xiv° s. Par clandestine aliance, bercheure, f° 62, verso. || xvie s. Et si ses clandestins et secrets rapports poignans en derrière n'engendrent pas soudainement un ulcère, amyot, Comment dise, le fiait. 42. [La honte et la crainte] sorties du maudit et clandestin mariage de l'esprit humain avec la persuasion diabolique, charron, Sagesse, 1, 3i.

— ÉTYM. Le latin clandestinus , de clam, en cachette.

CLANDESTINE (klan-dè-sti-n') , s. f. Terme de botanique. Plante ainsi nommée parce que ses tiges croissent dans la terre ou sous la mousse ; dite aussi herbe cachée, herbe à la matrice, et madrate (lathrxa clandestina , L.).

— ÉTYM. Clandestin.

CLANDESTINEMENT (klan-dè-sti-ne-man), adi:

D'une manière clandestine. Assemblés clandestinement. Ils se sont mariés clandestinement. Le sort des accusateurs et des accusés, balancé clandestinement dans l'intérieur du palais, ne dépendra plus des intérêts d'un petit nombre de gens en faveur, dider. Essai sur Claude. Doté sur vos journaux d'une rente d'injures, Ou clandestinement diffamé par brochures, gilb. Apologie.

— HIST. xvi° s À ce qu'ils n'eussent plus à

lire clandestinement de nuyct, rab. Pant. 11, 17. Il y en a qui disent que Helpicine n'habitoit point clandestinement, ains publiquement avec son frère Cimon, comme sa femme légitimement espousée, amyot, Cimon, h.

— ÉTYM. Clandestine . et le suffixe ment.

CLANDESTINITÉ (klan-dè-sti-ni-té) , s. f. || 1° Caractère de ce qui est clandestin. C'est pour cette raison que Cranmer n'osa jamais déclarer son mariage durant la vie de Henri VIII, et il lui fallut ajouter à un mariage défendu la honte de la clandestinité, boss. Var. 7. Qu'on a eu tort de leur reprocher la clandestinité de leurs assemblées, m. ib. 15. Il 2° Terme de droit. Vice d'une chose faite eu secret, contrairement à la loi, comme en matière de possession, de mariage. || Clandestinité des hypothèques, se dit sous un système hypotliécairequi n'en ordonne pas l'inscription pour les rendre puln

— ÉTYM. Clandestin.

f CLANGUEUR (klan-gheur) , s. f. Terme de zoologie. Cri aigu et retentissant de certains animaux comme le son de la trompette.

— ÉTYM. Le latin clangor ; grec, x)àYY<"; crier bruyamment.

CLAPET (kla-pè), s. m. || 1° Soupape qui se lève et qui se ferme en forme de couvercle. || 2" Espèce de soupape pratiquée dans «ne écluse de manière à s'ouvrir et à se fermer par la seule action des eaux.

— ÉTYM. Allem. Klappe, de klappen; angl. to clap, faire du bruit en frappant.

CL API, IE (kla-pi, pie), part, passé, de clapir. Un lapin clapi dans son trou.

CLAPIER (kla-pié; au pluriel 1'* se lie : des clapiers et.... dites : kla-pié-z-et....), s. m. || 1° Ensemble de trous où les lapins se retirent dans une garenne. Un clapier bien peuplé. Le roi Charles IX s'amusant à chasser des lapins dans un clapier, volt. Mœurs, 1 7 1 . y 2" Réduit où l'on élève des lapins. Prends-moi d uis ce clapier trois lapins de garenne, Et chez mon procureur porte-les ce matin, rac. Plaid. 1. c. ]| Unlapin de clapier, ou, simplement, un clapier. En lapins de garenne ériger nos clapiers, boil. Sat. m. Il 3' Fig. Par le seigneur lui-même, père des belle, filles et mari de Babeau, cette terre fut nommée un clapier de p.... p. l. cour. Gazette du village, n°i. Il Anciennement, clapier tout seul signifiait un lieu de prostitution. Elles [les femmes publiques] avaient dans chacune de ces rues un clapier qu'elles lâchaient à l'envi de rendre propre, agréable et commode, saint- foix . Essais sur Paris. Œuvres, i m, p.73,dansP0UGENS. || 4" Terme dechirurgie. Sinus ou foyer qui se forme plus ou moins profondément dans des abcès étendus, sur le trajet des fistules.

— HIST. xvr s. Ogier aiant pendu un bazelaire [po1gnard] à sa ceinture et un planchon à sa main , disant qu'il estoit temps que la clapoire [lieu de prostitution] feust effondrée, du cange, claperius. || xve s. Les supplians misrent le corps d'icelluy brigant soubz un clappier et monceau de pierres, m. ib. Clappieret bordel publique, id. ib. S'une fois vous trouvez en mue, C'est assavoir en leur clapier, Fussiez-vous cent fois esprevier, Ils vous feront devenirgrue, Le blason des faulres amours, p. 235, dans lacurne. Il xvie s. Se retirèrent tous comme connins [lapins]

CLA

CLA

BU clappyer, jean d'auton, Annales de Louis XII , »>s. f° 90, dans lacurne. Le monaslere des cordelière de Paris, qui est le plus fertile clapier de moines qui soit d'ici à Home, lanoue, h i. Ce clapier-ci est par d'aucuns appelle garene, toutesfois improprement, o. deserres, 412. Lors faut fermer incontinent les trous des terriers qu'improprement aucuns appellent clapiers, id. 417.

— ÉTYM. Provenç. clapier, trou à lapins, clapiera. tas de pierres,' tiap, tas, monceau. Dans le bas-latin, on ne trouve claperius, clapcrium, clapota, avec le sens de clapier, que dans le commencement du xiv0 siècle, mais, antérieurement, avec celui de tas de pierres. Or clapus, qui est évidemment le primitif de clapcrium, signifie également tas de pierres et clapier-, on comprend la liaison des idées: un tas, puis, comme les lapins vivent en grand nombre dans les terriers, un tas de lapins, et finalement le terrier où ce tas se loge. Cette étymologie fait, tomber celle de Diez qui assigne à clapier de lapins le verbe latin clepere, dérober, pour origine, et celle de Du Cange qui assigne clapa, sorte de piège a prendre les lapins. Clapier au sens de tas est rattaché à deux origines différentes : par Diez , au kymri clap, clamp, masse; par d'autres étymologistes, à l'islandais, klaupp, roc; allem. Klippe. L'origine celtique paraît préférable.

CLAPIR (kla-pir), r. n. Se dit du cri des lapins. Les lapins clapissent. || Se clapir, v. réfl. Secacher dans un trou, en parlant des lapins.

— ÉTYM. Clap, ancien mot signifiant tas, de sorte que clapir c'est se mettre en tas (voy. clapier).

f CLAPIS (kla-pi), s. m. Grand éclat fait maladroitement en taillant le marbre.

— ÉTYM. Allem. klaffen, être ouvert.

CLAPOTAGE (kla-po-ta-j') , s. m. Mouvement vif

et rapide des vagues, et surtout bruit qutrèsultede ce mouvement que le vent communique à la mer et qui soulève à sa surface des ondes courtes et pressées.

t CLAPOTANT, ANTE (kla-po-tan, tan-t'), adj. Qui clapote. Une mer clapotante.

CLAPOTER (kla-po-té) , v. n. En parlant de la mer ou d'un lac, se couvrir d'ondes courtes et pressées qui font du bruit.

— ÉTYM. Allem. klappen, faire du bruit (voy. clapet).

CLAPOTEUX, EUSE (kla-po-teù, teû-z'), adj. Mer clapnteuse, mer qui clapote. Flots clapoteux.

— ÉTYM. Clapoter.

CLAPOTIS (kla-poti), s. m. Voy. clapotage.

| CLAPPEMENT (kla-pe-man) , s. m. Terme de grammaire. Bruit aigu que produit la langue se détachant brusquement du palais. || Articulation particulière à la langue des Hottentots.

t CLAPPER (kla-pé), v. n. Faire entendre un clappement.

— étym. Allem. klappen, faire un clappement. fCLAQUADE (kla-ka-d'), s. f. Terme familier.

Coups répétés.

— HIST. xvic s. La fouetter de claquades, brant. Dames gai. t. i, p. 372, dans lacurne.

— ÉTYM. Cloquer.

t CLAQUART (kla-kar), s. m. Variété de pigeon.

— ÉTYM. Claquer.

1. CLAQUE (kla-k'), s. f. || 1° Coup donné du plat de la main. Donner une claque sur les fesses à un enfant. || 2" Troupe de claqueurs dans un théâtre. La claque s'efforça en vain de soutenir la nouvelle pièce. || 3° Nom d une espèce de sandales que les femmes mettent par-dessus leurs souliers, pour se garantir de la crotte. Aux dominos que la dame rencontre Elle s'en va disant : «Que je vous montre Monsieur Grognard, un franc original, Mon cordonnier qui prend des airs de bal. » Lors d'un peu loin dirigeant ses attaques : « Tenez demain, pour trois heures un quart, Mes souliers prêts; entendez-vous, Grognard! — Oui, mais pour vous, point de souliers, des claques, » pons (de Verdun), Contes et poésies, p. 08.

— HIST. xivc s. Le dit Jacque avoit mis main à Andrieu Postel.... sus qu'il en temps passé avoit donné une claque à une certaine personne, du cange, claca.

— ÉTYM. Claquer.

2. CLAQUE (kla-k'), i. m. || 1" Chapeau qui s'aplatit et qu'on peut mettre sous le bras. Un claque est commode au bal. Rome verra sa broderie [de M. Millin], son claque et sa dentelle, p. l. cour. Lett. u. 68. || 2° Jouet d'enfant, papier plié de façon à paraître plat comme un claque, mais qu'un mouvement rapide de la main fait ouvrir avec le bruit d'un coup de fouet.

— ÉTYM. Claque 1 , à cause du bruit qu'il fait en se repliant

CLAQUÉ, ÉE (kla-ké, kée), par*, passé. || 1° Frappé d'une claque. Ce polisson claqué comme il le méritait. || 2° Applaudi. De tous les yeux vous êtes remarquée; De mille mains on vous verrait claquée, volt. Ép. lxxx. || 3° Souliers claqués, bottines claquées, souliers de femme ou bottines légères, garnis, auprès de la semelle, de cuir ou d'une autre substance moins perméable à l'eau que l'étoffe dont la chaussure est faite.

t CLAQUEBOIS (kla-ke-boî), s. m. Terme de musique. Sorte d'harmonica en bois, composé de dixsept bâtons qui vont en diminuant de longueur et qu'on fait résonner en frappant dessus avec des baguettes.

— ÉTYM. Claquer, et bois.

CLAQUEDENT (kla-ke-dan), s. m. || 1° Terme d'injure. Un gueux, un misérable qui tremble de froid. || 2° Familièrement, homme qui parle de lui-même avec jactance. D'où vient peut-être qu'on nomme ceux qui parlent beaucoup des claquedents. d'ablancourt, Lucien, dans le roux, Dict. comique.

— HIST. xve s. Claquedent [un de* satellites de Pilate], Mystère de la Passion, dans lacurne.

— étym. Claquer, dent.

CLAQUEMENT (kla-ke-man) , s. m. || 1° Bruit de choses qui s'entre-choquent. Le claquement de dents dans le froid de la fièvre. Le claquement des mains. Le moine maronite appelle par le claquement de deux planches l'étranger que la nuit a surpris, chateaub. Génie, iv, m, 5. || 2° Bruit du fouet lorsqu'on en frappe l'air.

— HIST. XVIe s. Quand il vit le bruit recommencer, avec un claquement gênerai des mains, Sat. Mén. p. 05.

— ÉTYM. Claquer.

CLAQUEMURÉ, ÉE (kla-ke-mu-ré, rée) , part. passé. Renfermé étroitement. Que voudriez-vous que le courtisan fit d'une dame Honesta claquemurée dans son ménage? p. l. cour, i, 3)6.

CLAQUEMURER (kla-ke-mu-ré), v. a. || 1° Mettre en une prison étroite. Il nous faudrait toutes Dans des couvents claquemurer, la font. Aveux. Ô Marc René [d'Argenson, lieutenant de police] , de qui la faveur grande Fait ici-bas tant de gens murmurer, Vos beaux avis m'ont fait claquemurer; Que quelque jour le bon Dieu vous le rende, volt. Bastille. || 2° Familièrement. Se claquemurer, v. réfl. Se tenir renfermé. 11 s'est claquemuré et ne veut voir personne. || Fig. Que vous jouez au monde un petit personnage, De vous claquemurer aux choses du ménage! mol. F. sav. i, i.

— ÉTYM. Claquer, et mur; proprement, claquer, c'est-à-dire, jeter dans des murs. Oudin, Dict., a claquemur, sorte de jeu qu'il traduit par abatttmuro.

f CLAQUE-OREILLE (kla-ko-rè-H', Il mouillées), s. m. Terme populaire. Chapeau à bords pendants. \\Au plur. Des claque-oreilles.

CLAQUER (kla-ké), v. n. || 1° Faire entendre un bruit sec et éclatant. Claquer des dents pendant un accès de fièvre. Claquer des mains pour applaudir. L'un claque, l'autre siflle; et l'antre du parterre, Et les cafés voisins sont le champ de la guerre, volt. Cabales. Faisant claquer un maudit fouet qu'il avait à la main . hamilt. Gramm. 3. Les monstres [crocodiles] poussent un cri, et faisant claquer leurs mâchoires, fondent sur les étrangers, chateaubr. Génie, i, v, tu. || Fig. Faire claquer son fouet, se faire beaucoup valoir, faire l'important. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre, Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre, rac. Plaid. i, i . || Faire claquer la rose, produire un petit bruit en pliant des feuilles de rose d'une certaine manière et les. frappant contre le front, sorte de badinage duquel on tirait un bon ou mauvais augure du succès de ses amours. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. \\ 2" V. a. Claquer quelqu'un, lui appliquer un ou plusieurs soufflets. || 3° Claquer un acteur, l'applaudir. Je vous avertis que je joue le grand prêtre dans Sémiramis et que je suis fort claqué, volt. Lett. d'Argcntal, nov. 1762.

— ÉTYM. Sans doute onomatopée, qui se trouve aussi dans l'allemand : moyen haut-allem. klac, bruit; holland. klakken , faire un claquement.

CLAQUET (kla-kè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriell'sse lie : les kla-kè-z et... ; claquets rime avec traits, succès, paix), s. m. Petite latte placée sur la trémie d'un moulin, qui bat continuellement avec bruit. || La langue lui va comme un claquet de moulin, se dit de quelqu'un qui parle sans cesse.

— HIST. xvtc s Que ton importun caquet [d'une

cloche] Soit fait compagnon du claquet [petit engin pour faire du bruit] , Du baril et de la besace D'un

ladre verd.... r. belleau, t. n, p. 69, dans lacurne. Elle claquette toute seule, C'est un moulin, c'est une meule D'un moulin qui tourne tousjours, in. ib. p. 13s. Quand les porcs courent au claquet du chaudron et tiennent leurs groings dedans l'auge, merlin cocaïe, t, i, p. 245, dans lacurne.

— ÉTYM. Claquer.

t CLAQUETER (kla-ke-té. Le ( se double quand la syllabe qui suit est muette : je claquette, je claquetterai, je claquetterais), v. n. On prétend l'avoir entendue [la cigogne] claqueter en passant devant les portes, buff. cigogne. || Il se dit particulièrement de la cigogne et aussi du cri des poules lorsqu'elles veulent pondre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xvie s. Il grince et claquette des dents, paré, Inlrod. 18. Un bruit d'un grand feu qui claquette, paré, xxix, 28. Clacquetant des dents, id. Anim. 18. Ils claquetent comme cigales, ils bourdonnent comme les mousches, id. ib. 25 Et de

coups redoublez l'un sur l'autre abondans, Font craquer leur maschoire et claqueter leurs dents, rons.

— ÉTYM. Claquet.

f CLAQUETTE (kla-kè -t'), s. f. || i" Sorte de crécelle qu'agitent les employés de la poste pour annoncer l'heure de la levée des lettres. || 2" Populairement, celui, celle qui aime à débiter des nouvelles. Cet homme est une claquette. || 3" Terme de musique militaire. Instrument garni de grelots et imitant le bruit d'un fouet. || 4° Espèce de livre formé de deux planchettes pour donner un signal en les faisant claquer. || 5° Espèce de carnet où les dames mettent leurs cartes de visite.

— ÉTYM. Claquer.

CLAQUEUR (kla-keur).s. m. En langage de théâtre, applaudisseur gagé. Une troupe de claqueurs. Il Approbateur. Cet écrivain a ses claqueurs.

— ÉTYM. Claquer.

f CLAREQUET (kla-re-kè), s. m. Conserve transparente de fruits.

f CLARET (kla-rè) , s. m. Nom que les Anglais donnent à toute sorte de vins rouges, surtout aux vins de Bordeaux.

— HIST. XVe s. De boire vous vueillez garder Ypocras, claré et garnache [grenachel , e. desch. Poésies mss. f°485, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. CLAIRET.

f CLARETTE (kla-rô-t), 4-. m. Sorte de petit vin blanc. Voy. clairette.

f CLARICORDE (kla-ri-kor-d'), s. m Terme de musique. Ancien instrument à cordes, dit aussi manicorde.

— ÉTYM. Clair, et corde.

f CLARIÈRE (kla-riê-r'), s. f. \\ 1" Voy. clairière. Il 2° Terme de marine. Passage entre les banquises et les gros amas de glaces.

— ÉTYM. Clair.

CLARIFICATION (kla-ri-fi-ka-sion) , s. f. Opération qui consiste à séparer d'un liquide les particules solides qui s'y trouvent suspendues, et qui en troublent la transparence. La clarification se fait d'ordinaire par l'ébullition, la despumation et la filtration. La clarification arrive à de certaines liqueurs parle seul repos, charras, Pharmac. liv. 1, ch. si.

— HIST. xve s. Pour clarification [éclaircissement! et alegement de la pratique devant dicte, est. de la roche, Arismetique, f" 34. Et qui plus est, si la ténèbre obscure Ne peult [exister] avec clarification, Dieu qui estoit la clarté nette et pure.... j. marot, v, 295 et 296.

— ÉTYM. Clarificatio , de clarificare, clarifier; provenç. clarificacio ; espagn. clarifteacion ; ital. chiarificaisione.

CLARIFIÉ, ÉE (kla-ii-li-é, ée), part, passé. Rendu clair. Eau clarifiée par un filtre.

CLARIFIER (kla-ri-fi-é),t'. a. || 1° Rendre clair un liquide qui est trouble. 1 1 2" Par extension, purifier. Clarifier un sirop. || 3" En' langage mystique, rendre gloire à quelqu'un. Comme j'ai clarifié mon l'ère sur la terre, vous allez me clarifier, confesser mon nom et le porter dans tout l'univers jusqu'à la consommation des siècles, mass. Conf. de la vocation à l'état ecclésiastique. || Aujourd'hui la chaire ne paraît plus se servir de ce mot. ||4° Se clarifier, r. réfl. Devenir clairou limpide. Cette liqueur se clarifie.

— IHST. xne s. Coste apparicions nostre Signor clarifiet ui cest jor [aujourd'hui] . et li devocions et li honoremen/. des rois lo fait dévot et honraule, s. bern. 551. Il xv" s. Pour gloire et exaltation de cestuy très crestien royaulme, clariffié par battures et souffrance, G. CHASTEL, Chien, du duc Philippe. Proesme. || xvi's. Pour le trouble clariflier Et nostre

eu

CLA

honneur veriffier, Dictesqu'ennoustoutbien abonde, j. harot, v, 303. Affin de clariffier [illustrer] davantaige sa race, et donner à ses enfants une plus vive couleur de noblesse, carl. ix, 3. Tost après que l'ulcère fait par ledit cautère jette boue, la veue se clarifie, paré, viii, 25. On donne aussi le petit laict cuit et clarifié, id. xxi, 2. Si la doctrine rencontre les âmes mousses, elle les aggrave et suffoque, masse crue et indigeste; si desliées, elle 1rs purifie volontiers, clarifie et subtilise jusqu'à l'exinanition, mont, iv, 42.

— ÉTYM. Clarificare, de clarus, clair, et facere, faire (voy. faire); provenç. clarificar, clarifiai- ; espagn. clarificar; ital. chiarificare.

CLARINE (kla-ri-n'), s. f. || 1° Sonnette qu'on pend au cou des animaux lorsqu'on les fait paître dans les forêts. |] 2° Terme de blason. Animal qui porte une sonnette.

— HIST. xme s. Landris li connestables au col de son cheval pendi un clarain , autel com l'en atache au col de ces bestes qui vont en pastures, du cange, darasius. || xive s. Un chien au col du quel, par esbattement, il pandi une sonnette ou clare, que ont acoustumé de porter vaches, brebis ou moutons, id. ib. Robin trova un clarin de vaches, id. ib. || xvs. Ung elarant qu'on pend au col des beufz, id. ib.

— ÉTYM. finir; ainsi dit à cause du son clair.

| CLARINE, ÉE (kla-ri-né, née), adj. Terme de blason. Animaux clarines, animaux qui ont des sonnettes.

— ÉTYM. Clarine.

CLARINETTE (kla-ri-nè-tf) , s. f. || 1° Instrument de musique à vent, à bec et à anche. Jouer de la clarinette. || Jouer de la clarinette aveu son nez ou sur le bout de son nez, geste moqueur en usage chez les gamins et les jeunes soldats, qui consiste à tenir les deux mains aussi étendues que possible, le pouce gauche au bout du nez, le pouce droit touchant le petit doigt gauche, le tout dans la direction de la personne dont on se moque, et à remuer les doigts intermédiaires comme si l'on jouait de la clarinette. On dit dans le même sens jouer de la flûte sur le bout de son nez. || 2° Musicien qui joue de la clarinette. C'est une excellente clarinette,

— ÉTYM. Diminutif de clarine; génev. clarinette. f CLARINETTISTE (kla-ri-nè-ti-st'), s. m. Mot

qui se dit quelquefois pour désigner le musicien qui joue de la clarinette.

— ÉTYM. Clarinette.

f CLARISSE (kla-ri-s'), s. f. Nom des religieuses de Ste-Claire.

— ÉTYM. Claire, fondatrice de cet orare, et née à Assise en n 9 1 .

f CLARISSIMAT (cla-ri-ssi-ma), s. m. Titre de clarissime.

— ÉTYM. Clarissimalus , du latin clarissimus.

f CLARISSIME (kla-ri-ssi-m'), s. m. || 1° Titre d'honneur très-fréquent dans le bas-empire. 11 s'est employé aussi comme adjectif. ||2°Par plaisanterie. J'ai écrit au clarissime, dont j'ai lu la dissertation avec grand plaisir, p. l. cour, i, 48.

— ÉTYM. Clarissimus, superlatif de clarus, illustre (voy. clair).

CLARTÉ (klar té), s. f. \\ l°Ce qui éclaire. Les hibous fuient la clarté. C'est vouloir que la rose au pavot se compare Et le nuage à la clarté, malh. vi, 25. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles, corn. Cid, iv, 3. Enfin mes faibles yeux cherchèrent la clarté, rac. [phig. 11, t. Et la mort à mes yeux dérobant la clarté, id. l'hèd. v, 7. Il marche à la clarté de la lune, fén. Tél. xvm. Il s'en fallait de beaucoup que la ville de Paris fût ce qu'elle est aujourd'hui; il n'y avait ni clarté, ni sûreté, ni propreté, volt. Louis XIV, 29. Il Poétiquement. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond des déserts brillante de clartés? rac- Athal. m, 7. Dieu protège Sion.... Je vois de toutes parts sa clarté [de Sion] répandue, ib. m, «. Un rang qui l'expose aux yeux de tout le monde, Dont je n'ai pu de loin soutenir la clarté, id. Brit. 11, 3. Vos yeux sur cette nuit répandront la clarté, volt. Orph. 11, 7. Cet astre si brillant, si longtemps respecté, Penche vers son déclin sans force et sans clarté, id. Sémiram.. 11, 3. Si quelquefois les dieux pour des beautés mortelles Quittent de leur séjour les clartés éternelles, corn. Andromède , 1, t. Il 2" Flambeau. Faire apporter de la clarté. Demander de la clarté. Monsieur le commissaire, Votre présence en robe est ici nécessaire : Suivez-moi, s'il vous plaît, avec votre clarté, mol. Écol'. des mar. m, •">. Il Poétiquement. Les noms et ies vertus de ces clartés errantes Par qui sont nos destins et nos mœurs différentes, la font. Fabl. xi, 4. C'est que je vois les flots sombres, Toi, les astres enchantés!

Hélas! je compte les ombres, Quand tu comptes les clartés, v. Hugo. Voix intér. xvn. || 3° Fig. La clarté du jour, la vie. Perdre la clarté du jour. Revoir la clarté du jour, revenir à la vie. Ô frère, plus aimé que la clarté du jour! corn. Rodog. v, 4. Mais où vous a-t-il dit qu'il reçut la clarté? mol. l'Étour. vi,s. Il 4° Tout ce qui éclaire l'esprit. Quel effet a pu faire Des rayons immortels l'immortelle clarté? malh. 1 , 4. Les uns et les autres sont dans une extrême clarté naturelle, pasc. Géom. Pour se voir affranchi de la prison du corps, Et contempler de près mes clartés infinies, corn. Imitation, ni. 49. Quand, pour quelques clartés dont ton esprit abonde, Ton orgueil à quelque autre ose se préférer, id. ib. 1, 2. Étrange aveuglement! — Éternelles clartés! corn. Poly. iv, 3. Vous avez des clartés que mon insuffisance.... id. Sertor. 11, 3. Venez, derrière un voile écoutant leurs discours , De vos propres clartés me prêter le secours , rac. Esth. 11, 8. C'est à nous de chanter, nous a qui tu révèles Tes clartés immortelles, id. Athal. 11, 9. Je consens qu'une femme ait des clartés de tout, mol. Femmes sav. 1, 3. Et j'ai vécu depuis, sans que de ma maison J'eusse d'autres clartés [renseignements] que d'en savoir le nom, id. L'Étour. v, 14. Don Louis du secret a toutes les clartés, id. D. Gare, v, 5. Vous qui pour l'avenir avez tant de clartés, Ignorez-vous les maux qui vous sont apprêtés? lemerc. Agamemn. iv, g. Aux clartés des chrétiens si son âme est ouverte.... volt. Als.v, 7. Et si Dieu ne te donne une clarté nouvelle, Ta probité te parle, il faut n'écouter qu'elle, id. ib. v, 5. Le plus vil témoin et les moindres clartés Nous montrent quelquefois de grandes vérités, id. Mérope, 11, 1. Mais, sans tes clartés sacrées, Qui peut connaître, Seigneur, Les faiblesses égarées Dans les replis de son cœur? j. b. rouss. Ode 2, liv. 1. Aspirez aux clartés qui sont dans la famille, Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs Que l'amour de l'étude épanche dans les cœurs, mol. F. sav. I, 1. Comme vos yeux, votre âme a beaucoup de clartés, quinault, La comédie sans comédie, 11, 5. Lutèce, si petite.... Et qui jette aujourd'hui.... Sous le nom éclatant dont le monde la nomme, Plus de clarté qu'Athène et plus de bruit que Rome, v. hugo, Voix intér. vu. || 5° Netteté, en parlant des idées et des expressions. Le génie de notre langue est la clarté. Vous m'apprîtes qu'il n'y avait rien en votre personne ni àl'entour que vous ne connussiez avec une clarté merveilleuse, voit. Lett. 34. La clarté dans les affaires est le premier devoir auquel d faut s'attacher, en quelque genre que ce puisse être, volt. Lett. Richelieu, 25 mars -1775. || Avoir de la clarté dans l'esprit, dans les idées, avoir des idées claires et nettes. || 6° Transparence, limpidité. La clarté du verre. La clarté de l'eau. || 7" État de ce qui est clair, poli, uni. La clarté de son teint n'est pas chose mortelle, malh. v, t2.

— REM. Au commencement du xvn0 siècle, on di sait souvent clairlé. Je sais bien que mon sort n'eut jamais de clairté Qui ne fût un rayon de Votre Majesté, du ryer, Alcyonée, 11, 3. Et le ciel.... Blanchissait de clairté les peuples d'Orient, Régnier, Ép. 1.

— HIST. xr's. N'i a clartet, se li ciels ne s'i fent, Ch. de Roi. cix. Charles, chevauche; tei ne faudra clartet, ib. clxxv. || xue s. Jors ni solaus n'i va clarté faisant, Honc. p. 68. Très grant clartez li est au vis montée, ib. p. toi. ||xm's. La clarté [elle] fait oster, qu'on n'i put rien choisir [voir], Berte, xm. Nus boutoniers ne puet ouvrer de nuiz, quar la clartez de la nuit n'est mie souffisans à ouvrer de leur mestier, Liv. des met. (85. Je avoie l'ait une meson, là où je mangoie moy et mes chevaliers à la clarté de Puis, joinv. 278. Et s'il veut faire plus haute maison que la moie, je ne li puis deveer, tout soit ce qu'elle nuise à la clarté de ma maison, beaum. xxiv, 22. Il xv s. Celle clarté qu'il avoit apportée, Si m'esveilla du somme de soussy Où j'avoye toute la nuit dormy, ch. d'orl. BaL 67. || xvies. Comme une estoile diffère de l'autre en clairté, calvin, Instit. tf87. La dame laissa la porte ouverte, et alluma de la clarté là dedans, parquoi la beauté de cette fille pouvoit estre vue plus clairement, marg. Nouv. xvm. Parquoy s'ensuit qu'en toute clairté Son nom reluyt et sa vertu pululle, j. marot, v, 295 et 29G. S'estant esveillé en sursault tout emeu du bruit et de la clarté de la lune, qui rayoit dedans sa chambre, amvot, César, 8t.

— ÉTYM. Génev. clairté; Berry, clairté, cl mouillés; bourguig. clertai, datai; provenç. claritat, dardât, clartat ; espagn. claridad; portug. claridade; ital. chiarità; du latin claritatern, de clarus (voy. clair). L'ancien français avait un verbe darier.

clareier, être clair, brillant, qu'il est bien fâcheux d'avoir perdu.

CLASSE (klà-s'), s. f. || 1" Division du peuple romain suivant certaines conditions sociales et politiques. Servius Tullius [roi de Rome] établit le cens ou le dénombrement des citoyens distribués en certaines classes, boss. Hist. 1 , 7. || 2° Rangs établis parmi les hommes par la diversité et l'inégalité de leurs conditions. Les diverses classes de la société. Les hautes classes. Les basses classes. Au muyen âge il y a trois classes de personnes, les nobles, les vilains et les serfs. || Ensemble des personnes qui ont entre elles une certaine conformité d'intérêts, de mœurs et d'habitudes. Classes gouvernantes. Classes industrielles, agricoles, ouvrières. La classe des avocats, des marchands, des rentiers. || Les classes laborieuses, les ouvriers, celles qui travaillent spécialement. Il Par analogie. La classe des honnêtes gens. Cet ouvrage convient à toutes les classes de lecteurs. Il Un artiste, un peintre de la première classe, d'un mérite supérieur, d'un très-grand talent. || Familièrement. Un fripon de la première classe, fripon trèsadroit, très-audacieux. || 3° Ensemble d'objets qui sont de même nature, qui présentent les mêmes caractères. Classe de marchandises. || En histoire naturelle, classes, groupes généraux en lesquels se subdivisent les embranchements et qui sont formés par la réunion des ordres, comme ceux-ci le sont par celle des familles composées de genres, qui euxmêmes sont un assemblage d'espèces. L'homme seul fait une classe à part [parmi les animaux], buffon, Homme. || 4° Division. Partager en plusieurs classes. Classes de l'Institut. || Division a\ec l'idée de gradation, spécialement dans le langage polititique et administratif. Route de première 1 Médaille de première classe. || Classe de fonctionnaires, correspondant plutôt à des différences de traitement qu'à des différences d'attributions. t'n ingénieur de première classe. Une préfecture de première classe. Chaque ordre de tribunaux se divise en plusieurs classes. || Classe de contribuables d'après le chiffre de leurs impositions, 'ferres de première classe, les plus imposées. || Division d'après la qualité. Terresde première classe, terres les plus fertiles. Houille de première classe. || Div sion des places d'après leur commodité et leur prix dans les navires, les bateaux à vapeur, les chemins de fer. lue place de première classe, et par suite un convoi de première classe, par opposition à convoi omnibus. || 5° Ordre établi, pour régler le service dû à l'État, entre matelots et autres gens de mer, lesquels sont distribués par parties dont chacune se nomme une classe. || Les classes, en France, l'ensemble des gens de mer soumis à l'inscription maritime qui doivent leurs services à l'État pendant un certain nombre d'années. Les classes sont pour les gens de mer l'équivalent de la conscription pour les autres citoyens. Colbert distribua les pilotes et les matelots en trois, quatre ou cinq divisions, qui furent appelées classes, pour servir alternativement dans les armements de mer. || 6° Dans le langage administratif, l'ensemble des jeunes gens appelés chaque année à concourir au tirage pour le recrutement de l'armée de terre, ou de ceux qui, appelés sous les drapeaux, appartiennent à une même année. Les classes de 1812, 4 8(3, (814, furent appelées par anticipation. || 7°Terme de collège. Distribution des élèves selon les différents degrés d'études. Le cours des études universitaires comprend sept classes de la huitième à la seconde et est couronné par la rhétorique et la classe de philosophie. La classe de rhétorique. La classe de septième. Basses classes. Hautes classes ou classes supérieures. Il a fait toutes ses classes, il a fait un cours d'études complet. Le possesseur du jardin Envoya fane plainte au maître de la classe; Celui-ci vint, sun d'un cortège d'enfants, la font. Fabl. ix, •'>■ La classe, les écoliers. La classe a eu un congé. || La salle où se donnent les leçons. Il a été mis à la porte de la classe. || Le temps où les écoliers sont assemblés pour entendre la leçon; la leçon même. Troubler la classe. Il n'y a pas de classe aujourd'hui. La rentrée des classes. || Faire classe se dit aussi du professeur. Il n'est pas habitué à faire classe. II fait la classe de sixième. 11 n'a ou ne fait que cinq classes par semaine. H Ouvrir une classe, commencer à tenir école. Il Tenir classe, donner des leçons dans une classe. Il ne faut pas s'imaginer que Socrate tînt classe à la manière des autres philosophes, fén. Socrate. Il En dehors du collège, enseignement, Une classe d'histoire. Une classe de chant. Le.; classes du conservatoire. Classe de solfège. || Les classes, l'ensemble des études, des professeurs et des écoliers,

des ma resde penseï et de parlei du collégi l n

il aloi - dans es clai ses, la font, v, i i Un

gi mds principes de leur si ience et le fondement de leurs traité^du vide; on le dicte tous les dans le-> classes, pasc. Pesant, de l'air, Conclusion. [Ils] Ne vous parlent que d'Apollon, De Pé- ,i de Cupidon, Et telles fadeurs synonymes, ,ii que ce vieux jargon. Relégué dans l'ombre des classes, N'est plus aujourd'hui île saison, gresset, Chartreuse. 8" Populairement, endroit où les crocheteurs d'un quartier attendenl qu'on les emploie.

H1ST. xiv" s. Servius ordena tout le pueple ro-

ma: 11 en cinq grandes distinctions, lesquelles il aplasses, bebcheure, f" 21 , recto. || xvic s. Leurs class ss seroient plus décemment jonchées de fleurs que de tronçons d'osier sanglants, mont, i, t83.

— ÊTYM. Le latin classis, venant par contraction de culttre, appeler, convoquer (voy. calendes).

CLASSÉ. ÉE (klâ-sé, sée), part, passé. Mis dans un c rtain rang dit classe. Les végétaux classés par n. Les baleines classées parmi les mammifères. |j Familièrement. Il e>l classé, on connaît sa i . || Matelot classé, matelot inscrit sur U-s registres de l'inscriptu n maritime.

CLASSEMENT (klà-se-man) , s. m. || 1" Action de mettre dans un certain ordre. Faire un classement de papiers. Classement d'une bibliothèque. || Classement des fortunes en vue de l'impôt. || 2" État de ce qui est classé. Le classement des matièn s.

— rem. Classement n'esl dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures à l'édition de IS35.

— ÉTYM. ( OSSer.

CLASSER (klà-sé), v. a. || i" Distribuer par classes. Classer des plantes. Il faut classer tous ces papiers. 11 osa former le projet de. décrire et de classer tous les êtres de la nature, condorcet, Linné. I! Absolument. Un naturaliste qui classe. || Par extension. On le classa parmi les plus habiles. Quand le génie de Napoléon, la grandeur de son élévation, l'importance de son entreprise et l'habitude de leurs anciennes relations classaient encore Bernadotte [alors roi de Suède] comme son lieutenant.... ségur, Hist. de Napol. I, 4. || 2° Terme de marine. Inscrire un marin sur le legistre du quartier auquel il appar.tient. || 3° Se classer, être classé. Ces objets se classeront difficilement. || Être apprécié. Du premier coup il se classa parmi les premiers de sa profession.

— REM. Classer ne se trouve dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Ai m* nie antérieures à l'édition de t835.

— ÉTYM. Classe.

| CLASSEUR (klà-seur), s. m. Portefeuille à compartiments.

— êtym. Classer.

f CLASSICISME (kla-si-si-sm'),s.m. Néologisme. Système des partisans exclusifs des écrivains de l'antiquité, ou des écrivains classiques du xvii" siècle. êtym Classique.

f CLASSIF1CATEUR (kla-si-fi-ka-leur), s. m. Terme didactique. Auteur de classifications.

— ÉTYM. Clnssifier.

CLASSIFICATION (kla-si-ii-ka -sion) . s. f. Action de distribuer par classes. Classification des marchandises || En histoire naturelle, distribution dune collection d'êtres, d'objets, de choses, de quelque nature qu'ils soient, en classes, ordres, genres, espèces et variétés. Classifications naturelles ou méthodes, celles qui sont fondées sur l'ensemble des caractères. Classifications artificielles ou systèmes, celles qui sont fondées sur la considération d'un seul caractère. || Classification des maladies ou nosoloj

— SYN. classement, classification. Le classement est l'action de ranger effectivement d'après un certain ordre : le classement des papiers. La classification est l'ensemble dès règles qui doivenl présider au classement effectif ou qui déterminent idéalement un ordre dans les objets.

— étym. Classifier.

\ CLASSIF1EK (kla-si-fi-é), v. a. Néologisme. Faire, établir des classifications.

- étym. Latin fictif classifieare, de classis, classe, et le suffixe ficare, faire.

CLASSIQUE (kla-si-k') , adj. \\ 1° Qui est à l'usage des classes. Les livres, les auteurs classiques. || Qui appartient aux classes. Exercices classiques. || Livre classique, nom donné, soit aux auteurs grecs ou latins expliqués, soit aux auteurs modernes ou aux livres admis dans les classesdes lycées, des collèges, ou dans les écoles. || Substantivement. Les classiques grecs, latins || 2" Auteur, poète, ouvrage classique, celui qui est regardé comme un modèle Vous me fai-

CLA

tes grand plaisir en m'appren'ant que l'Académie va rendre à In France et à L'Europe le service de publier un recueil de nos auteurs classiques, avec des notes qui fixeront la langue et le goût, volt. Lett. Duclos, m avril I7G). || Par extension, tout auteur, tout ouvrage qui fait autorité. Les ouvrages de ce jurisconsulte, de ce médecin, sont devenus classiques. || 3" Qui appartient à l'antiquité grecque ou latine. L'antiquité classique. Les langues classiques, le grec et le latin. || Par analogie. L'algonquin est la langue classique du désert, chateaub. Amer. no. || Terre classique, la Grèce ou l'Italie antique. || Fig. Terre classique des beaux-arts, pays où ils furent cultivés avec le plus de succès. La Grèce est la terre elassi que delà liberté. Cette ile fameuse [l'Angleterre], cet inépuisable foyer de si grands exemples, cette terre classique des amis de la liberté, Mirabeau, Collection, t. i, ]>. :î:sh. H 4" < lassique, par opposition à romantique, qui est conforme ou qui se conforme aux règles de composition et de style établies soit par les auteurs de l'antiquité grecque et latine, soit par les auteurs classiques du xvil" siècle. Poète classique. Poés e elassi [ue. Le genre classique, et, simplement, le classique. || En termes d'arts, qui rappelle la manière antique. Pureté classique. Cet artiste suit les traditions classiques.

— ÉTYM. Classe. Les grammairiens anciens appelaient écrivains ou poètes classiques ceux qu'ils mettaient dans la première classe; les modernes ont donné le même nom à ceux qu'on étudie dans les classes; d'où la série des sens : qui est donné comme modèle et qui, à ce titre, appartient à l'antiquité, et enfin qui est opposé à romantique.

I CLASTIQUE (kla-sti-k'J , adj. || 1° Terme de géologie. Terrain, roche élastique, terrain, roche qui présente des traces évidentes de fracture. j[ 2° Anatomie élastique, pièces artificielles d'anatomie qui peuvent se démonter de manière à montrer les parties sousjacentes.

- ÉTYM. lO.aixô;, brisé, de xXàto, briser.

f CLATHRE (kla-tr'), *-. m. 'ferme de botanique. Genre de champignons.

— ÉTYM. Latin clathri, barreaux, traverses.

CLATIR (kla-tir), v. n. Terme de chasse. Redoubler son cri, en parlant du chien qui poursuit le gibier. Peu usité.

— ÉTYM. Bas-latin, clatire, pour glatire (voy. glapir).

CLAUDE (klô-d'. Chifflet, Gramm. p. 225, recommande de prononcer glaude, prononciation que quelques personnes ont conservée), 4'. m. Imbécile, niais. C'est un vrai claude. || Adj. Il n'est pas si claude qu'il en a l'air.

— ÉTYM. Claude. En latin Claudius, pris (comme Jcannot, par exemple) en un sens général et défavorable.

CLAUDE (reine-), s. f. Voy. eeine-claude. CLAUDICATION (klô-di-ka-sion) , s. f. Terme didactique. Action de boiter.

— Hisr. xvi" s. La cause de la claudication et de l'emaciation est, que 1 humeur aura jette l'os femo-

rs de sa boette et lieu naturel, paré, xxi, 12.

— ÉTYM. Le latin claudicatio, de claudicare , boiter, declaudus, boiteux; provenç. claudicatio ; esp. claudicacion ; ital. claudicazione.

f CLAUJOT (klô-jo), s. m. Un des noms locaux du gouet ou pied-de-veau.

CLAUSE (klô-z'), s. f. Terme de droit. Disposition particulière qui fait partie d'un traité, d'une loi, d'un contrat ou de tout autre acte public ou particulier. Clause expresse. Clause tacite. Clause dérogatoire. Clause irritante. Contrat qui porte une clause avantageuse, patru, Plaidoyer 12, dans richelet. Sans laquelle clause Le présent testament sera nul, et pour cause, regnard, Légataire, iv, 6. Le parlement de Toulouse ordonna une procession annuelle pour célébrer la mémoire de Jacques Clément, en ajoutant la clause qu'on pendrait quiconque parleraitjamais de reconnaître pour roi Henri IV, volt. Lett. d'Argenlal, 1 août 1762. || Clause de six mois, celle qui résilie un bail à la condition de s'avertir six mois d'avance (propriétaire ou locataire). Bail sans clause, bail qui ne contient pas cette clause. Il Clause résolutoire, celle qui entraîne l'annulation d'un acte, soit dans le cas où l'une des parties n'exécute pas ses obligations, soit dans le cas d'un événement prévu. || Clause pénale, celle qui, dans un contrat OU un testament, soumet à une peine pécuniaire ou indemnité le contractant ou le légataire qui n'accomplira passes obligations. || Clause comminatoire, clause qui menace seulement, qui n'est pas encourue de plein droit et ne s'exécute pas

à la rigueur.

CLA

— Hisr. xne s. Li vers est d'une rime en cinc clauses cuplez : Mis langages est bons, car en France fui nez, Th. le mort. \m. |] xive s. Tant chief, tantes sentences: chascun en dit sa clause, Gimrt de Iliss. v. 530. H xv« s. Je sçay bien qu'il a bonne cause; Mais vous y trouverez bien clause, Si voulez, qu'il l'aura mauvaise, Patelin. ]\ xvr s. Il y a quelqu'un des vieillards qui, le matin avant qu'ils se mettent à manger, près, lie en commun toute la grangée. en se promenant d'un bout à aultre, et redisant une mesme clause à plusieurs fois, jusquès à ce qu'il ayt achevé le tour, mont, i, 237.

— ÉTYM. Provenç. clauza; du bas-latin clausa, fermeture, chose fermée, bornée, déterminée, de clansus, participe passé de claudere, clore (voy. clore). D'ailleurs le bas-latin clausa s'est confondu avec le latin classique clausula, qui avait un sens qu'on retrouve dans les exemples de l'historique Dans la première moitié du xvie siècle, Maigret, en son traité de grammaire française, appelait clause la proposition comme renfermant une pensée parfaitement terminée.

f CLAUSICONQUE (klô-zi-kon-k'), adj. Terme de zoologie. Qui a une coquille fermée.

— ÉTYM. Lat. clausus, fermé, et conque.

f CLAUSOIR (klô-zoir) , s. m. Dans les constructions, dernière pierre d'une voûte.

— ÉTYM. Lat. claudere, fermer (voy. clore). CLAUSTRAL, ALE (klô-stral, slra-I'), adj. Qui

appartient au cloître. La vie, la discipline claustrale. La passion de posséder les bénéfices claustraux ou affectés aux religieux était une pomme de discorde dont l'abbé [de Cluny] savait profiter, st-sim. 279, 17. Ces biens [ecclésiastiques] partagés en divers lots prirent le nom de bénéfices manuels, simples, claustraux, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Offices claustraux , certains bénéfices qui sont du corps d'une abbaye ou d'un prieuré. || Prieur claustral, le religieux qui est le supérieur des autres.

— ÉTYM. Claustralis, de claustrum (voy. cloître).

f CLAUSTRATION ( klô-stra-sion ) , s. f. Néologisme. Action d'enfermer dans un lieu étroit et resserré.

— ÉTYM. Lat. claustrum (voy. cloître).

f CLAUSTRE ou CLOSTRE (klô-str'), s. m. 'ferme d'architecture. Les claustres sont des demi-cylindres creux de poterie, employés à garnir une balustrade.

— ÉTYM. Lat. claustrum, barrière (voy. cloître).

f CLAUSULE (klô-zu-1'), s. f. Conclusion, sentence. Peu usité. [| Terme de métrique ancienne, plus usité dans cet emploi. Petit vers jeté au milieu de grands vers de même espèce, quichehat, Tr.de versification latine, eh. 27. Clausule signifie aussi la terminaison d'un vers, le dernier pied ou les derniers pieds, id. ib.

— HIST. xvie s. Par quoi l'apostre , disent-ils, comprend tout ceci par une clausule, qu'il faut que tous comparoissent devant le siège judicial du fils de Dieu, calvin, 56.

— ÉTYM. Provenç. et ital. clausula; du latin clausula, de claudere, fermer (voy. clore).

f CLAVAIRE (kla-vê-r'), s. f. Terme de botanique. Genre de champignons à substance charnue ou tubéreuse et ordinairement en forme de massue. Toutes les grandes clavaires à chair tendre sont comestibles, mais particulièrement la clavaire coralloïde (clavaria coralloïdes, L.) , connue vulgairement sous les noms de mainotte, menotte, chevaline, barbe de bouc.

— ÉTYM. Le latin clava, massue.

f CLAVALIER (kla-va-lié), s. m. Arbre d'ornement.

f t. CLAVÉ, ÉE (kla-vé, vée), adj. Terme de marine. Être clavé, être serré dans une banquise, se dit parmi les marins qui fréquentent Terre-Neuve.

— ÊTYM. Ane. franc, et patois, claver, fermer à clef; du latin clans, clef (voy. ce mot).

f 2. CLAVÉ, ÉE (kla-vé, vée), adj. Terme didactique. Qui est en forme de massue.

— ÉTYM. Latin clava, massue, de clavus, clou (voy. clou); à cause de la l'orme de la massue.

1. CLAVEAU (kla-vô), s. m. || 1° Terme d'architecture. Pierre taillée en coin, qui sert à fermer une plate-bande; à former le dessus d'une fenêtre ou d'une porte carrée ou d'une corniche Cette pierre s'appelle voussoir, lorsque ces portes ou ces fenêtres sont en arcade. C'est le temps qui creuse une ride Dans un claveau trop indigent; Qui sur l'angle d'un marbre aride Passe son pouce intelligent, v. hugo, Voix, 4. Il 2° Terme de construction. Pièce de bois disposée en biais, de manière à tendre vers le centre d'une arcade. || Pièce en saillie au milieu d'une arcade.

CLE

— HIST. xne s. Raous le fiert, cui mervelles fu bel. Que li escus ne li vaut un mantel, Et de l'auberc li rompi le clavel [clou], Raoul de C. v. ion.

— ÉTYM. Provenç. clavel, clou, hameçon, dard; catal. cluvell; ital. chiavello; du latin clavellus, diminutif de clavus (voy. clou). Le claveau des anciennes armures est une sorte de clou ; le claveau des architectes est une pierre taillée en forme de coin.

2. CLAVEAU (kla-vô), s m. Terme de vétérinaire. Maladie éruptive et contagieuse propre aux bêtes à laine, et qui paraît avoir beaucoup d'analogie avec la petite vérole. || Nom donné par les vétérinaires à la matière claveleuse, susceptible de transmettre le claveau par inoculation.

— ÉTYM. Lat. clavellus, petit clou, diminutif de clavus (voy. clou); à cause qu'on a comparé la pustule du claveau à un clou.

;. CLAVECIN (kla-ve-sin) , s. m. Instrument de musique à clavier età cordes métalliques, abandonné aujourd'hui, remplacé par le piano, et dans lequel les cordes pincées par un bec de cuir donnaient des sons trop uniformes. Un clavecin bien accordé ne fournit que des touches qui expriment la juste valeur de chaque son. fën. xxi, )4G. Il ne doit jamais chanter qu'au clavecin, j. j. rouss. Ém. il. On a un vieux clavecin tout dérangé; Emile l'accommode et l'accorde, il est luthier aussi bien que menuisier, ID. ib. v. Toutes ces désinences heureuses [en e muet dans le français] laissent dans l'oreille un son qui subsiste encore après le mot prononcé, comme un clavecin qui résonne quand les doigts ne frappent plus les touches, volt. Lelt. Tovaxii, 24 janvier 1761. || Clavecin à ravalement, celui qui a plus de touches que les autres. Clavecin organisé, clavecin dont le clavier fait jouer un petit orgue,

-ÉTYM. Ital. gravicembalo, clavicembalo ; de clavicymbalum , du latin clavis, clef, clavier (voy. clavier), et cymbalum , cymbale.

f 2. CLAVECIN ou CLAVESIN (kla-ve-sin), s. m. Terme de marine. Partie de la dunette consacrée à. la distribution des chambres d'officiers; salon au milieu de l'espace occupé par ces chambres.

| CLAVECINISTE (kla-ve-si-ni-sf), s. m. et f. Celui, celle qui jouait du clavecin.

f CLAVEL (kla-vèl), s. m. Terme de chimie. Soude d'une qualité inférieure.

f CLAVELADE (kla-ve-la d'), s. f. Terme de vétérinaire. Synonyme de claveau 2.

— ÉTYM. Claveau 2.

CLA VÊLÉ, ÉE (kla-ve-lé, lée), adj. Terme de vétérinaire. Attaqué du claveau.

— HIST. xvi" s. Il est, par la vertu Dieu, hèretique; je dis hérétique formé, hérétique clavelé, hérétique bruslable, rabel. l'anl. ni, 22.

— ÉTYM. Claveau 2.

CLAVELÉE (kla-ve-lée), s. f. Terme de vétérinaire. Synonyme de claveau 2.

— HIST. xvc s. Et puis je lui fesoie entendre, Affin qu'il ne m'en peust reprendre, Qu'ilz mouroient de clavelée, Patelin, 1096.

— ÉTYM. Clavel, ancienne forme de claveau (voy. claveau 2); génev. gravelle.

t CLAVELISAT10JV (kla-ve-li-za-sion), s. f. Terme de vétérinaire. Inoculation de la clavelée. La clavelisation a été préconisée par un grand nombre de vétérinaires et d'agriculteurs.

f CLAVELISER (kla-ve-li -zé) , v. a. Terme de vétérinaire. Pratiquer l'opération de la clavelisation.

— ÉTYM. Clavelée.

f CLAVESIN (kla-ve-sin), s. m. Terme de marine. Voy. clavecin 2.

f CLA VET (kla-vè) , *'. m. Terme de marine. Fer de calfat, ou calfat double.

— étym. Diminutif de clavus, clou (voy. clou). CLAVETTE (kla-vè-f), s. f. Petite cheville plate,

qui passe au travers d'une plus grosse pour l'arrêter.

— HIST. xn" s. Nis [même] la cuoule [le capuchon] e l'estamine En aveit il en une archete [boite] Que desfermout ceste clavete [petite clef], benoIt,

— ÉTYM. Diminutif de clavis, clef (voy. clef). fCLAVICORDE (kla-vi-kor-d'), s. m. Terme de

musique. Espèce de clavecin.

—ÉTYM. Lat. clavis, clavier, et corde.

f CLAVICORNE (kla-vi-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a les antennes en massue.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, et corne.

f CLAVICULA1RE ( kla-vi-ku-lè-r') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la clavicule.

— HIST. xvi" s. De la luxation de l'os claviculaire ou jugulaire, paré, xiv, U.

— ETYM. Clavicule.

CLAVICULE (kla-vi-ku-F), s. f. || 1" Petite clef,

usité seulement dans cette locution, la clavicule de Salomon, titre d'un livre de magie attribué faussement à Salomon. || 2° Terme d'anatomie. Os qui sert d'arc-boutant à l'épaule, et que l'on a ainsi appelé parce qu'on l'a comparé à la clef d'une voûte; ou, selon d'autres, parce que la forme en est la même que celle des verrous anciens.

— HIST. xvi" s. Les clavicules semblent estre connexes avecques le sternon par un moyen os cartilagineux, paré, il, 4. À la teste des dits omoplates, attacheras les os clavicules ou furcules, en les bien joignant avec le sternum, m. iv, Ch. compl.

— ÉTYM. Lat. clavicula, petite clef, de clavis, clef (voy. clef).

CLAVICULE, ÉE (kla-vi-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Pourvu de clavicules. Animaux clavicules.

— ÉTYM. Clavicule.

f CLAVI-CYLINDRE ( kla- vi-si-lin-dr'), s. m. Terme de musique. Instrument à clavier dans lequel le son est produit par le frottement des cordes sur un cylindre de verre tournant.

CLAVIER (kla-vié; IV ne se lie jamais; au pluriel l'.v se lie : les claviers et.... dites: les kla-vié-z et....), s. m. || 1° Petite chaîne ou anneau de fer pour réunir les clefs. Anciennement, le clavier faisait partie de la parure des femmes. || 2° Terme de musique. Assemblage des touches de certains instruments, le piano, l'orgue, la vielle. sur lesquelles on appuie les doigts pour tirer les sons. Sur le clavier quand votre main brillante Joue avec art une pièce savante, stlambert, Épitre. Selon les diverses façons que l'organiste remue les doigts sur le clavier, desc. L'homme. Ces jours sont loin, poursuit-elle [la fée], où ton âme, Comme un clavier, modulait tous les airs, he-

rang. Adieu chansons Vous dont la main de

flamme Fait parler au clavier la langue de votre âme, v. hugo, F. d'automne, 34. || Présenter quelqu'un au clavier, lui mettre les doigts sur le clavier, lui donner les premières leçons de piano. Savonson clavier se dit de l'enfant qui commence à apprendre et qui sait distinguer les touches. Posséder son clavier, toucher le clavier d'une manière exercée et habile. || 11 y a des claviers de pédales, c'est-à-dire qui se remuent avec les pieds, dans les orgues. || L'étendue d'un instrument quelconque. || La portée générale, tableau indiquant les rapports des diverses clefs. || 3° Dans les métiers, morceau de fil de fer ou de laiton plié en anneau vers le milieu.

— HIST. xvie s. Le très glorieulx clavier [porteclefs] de paradys, sainct Pierre l'apostre de Jesucrist, jean d'auton, Annales de Louis Ail, ms. f° 56, dans lacurne. Moy je joueray sur le clavier, et feray resonner les orgues, paré , t. m, p. 688.

— ÉTYM. Lat. clavis , clef (voy. clef). Clavier, dans l'ancien français, signifiait celui qui porte les clefs; et le clavier, dans la musique, a pris ce nom parce qu'il est la réunion des clefs.

f CLAVIÈRE (kla-viè-r'), s. f. Poisson de la Méditerranée (genre labre).

fCLAVIFOLIÉ, ÉE (kla-vi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en forme de massue.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, et folium, feuille. fCLAVIFORME (kla- vi-for-m') , adj. Terme didactique. Qui est en forme de massue.

— étym. Lat. clava, massue, et forme.

f CLAYTGËRE (kla-vi-jè-r') , s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, etgerere, porter.

f CLAVI-IIARPE (kla-vi-har-p'), s. m. Terme de musique. Sorte île piano où les marteaux frappent des cordes de harpe ou disposées comme dans la harpe.

— ÉTYM. Lat. clavis, clef, clavier, et harpe.

f CLAVI-LYRE (kla-vi-li-r'), s. m. Terme de musique. Espèce de clavi-harpe.

— ÉTYM. Lat. clavis, clavier, ellyre.

f CLA VIN (kla- vin), s. m. Autre nom de la clavelée.

— ÉTYM. Lat. clavus, clou.

| CLAVIPALPE (kla-vi-pal-p'), adj. Terme d'entomologie. Qui a les antennes en forme de massue. || S. m. Genre de coléoptères.

— ÉTYM. Lat. clava, massue, et palpe.

f CLAYER (klè-ié) , s. m. Grosse claie.

— HIST. XVe s. S'il y a aussi bourbe qui nuyse à passer, car en ce cas il fauldroit porter des claiers ou des fagotz.... leJouvencel, f"28, dans lacurne.

— ÉTYM. Claie.

f CLAYÈRE (klè-iè-r'), s. f. Parc inondé, sorte de grand marais ou de grand étang rempli d'eau de mer dans les grandes marées et dans lequel on jette les huîtres après les avoir pochées, pour les y nourrir et engraisser.

— ÉTYM. Claie, à cause de la clôture de ces parcs.

t CLAYETTE (klè-iè-f), s.f. Nom donné à l'assemblage de vingt-quatre maniveaux de champignons.

— ÉTYM. Diminutif de c'aie.

t CLAYMORE (klè-mo-r') , s. f. Grande et large épée des Gaëls d'Ecosse, et dont le nom leur sert de cri de guerre.

— ÉTYM. Mot celtique, contraction du gaélique claidheamh, épée, et mor, grand : grande épée.

CLAYON (klè-ion) , s. m. || Ie Sorte de petite claie en jonc ou en paille, servant à différents usages, et entre autres h faire égoutter les fromages. || Petite claie ronde sur laquelle on porte les pâtisseries. || 2° Claie servant de clôture. Comme un clayon léger qui parque des brebis, Nous avions devant nous vu tomber nos murailles, mass. Ilelvvt. m. || 3° Terme de ponts et chaussées. Brin de bois flexible servant â la construction des clayonnages. ]| 4" Carré d'osier dont l'arçonneur se sert pour ramasser au milieu de la claie l'étoffe qui est éparse. [| Natte dont on couvre les cuviers de lessive.

— ÉTYM. Claie.

CLAYONNAGE (klè-io-na-j'), s. m. Assemblage de pieux et de fascines sous forme de claies, destiné à soutenir des terres ou à défendre contre les eaux les bords des rivières. L'Académie peut en juger par le fragment de clayonnagequejemets sous ses yeux; la quantité d'huîtres n'y est pas moindre que sur les fragments de roche, coste, Comptes rendus, Acad. des se. t. lu, p. 120. || Faire un clayonnage, enfermer quelque espace avec des claies qui empêchent les terres de s'ébouler.

— ÉTYM. Clayon.

CLÉ (klé) , s. f. Voy. clef.

f CLÉCHÉ , ÉE (klé-ché , chée) , adj. Terme de blason. Se dit d'une pièce ouverte à. jour qui laisse voir le champ de Vécu.

— ÉTYM. Clef. Cléché s'explique étymologiquement par une forme fictive clavicatus.

CLEF ou CLÉ (klé; Vf ne se prononce jamais; au pluriell'sse lie: les clefs étaient.... dites : lesklé-z étaient), s. f. || 1° Instrument ordinairement en far, servant à ouvrir et à fermer une serrure. Une clef de caisse, de secrétaire, de bureau. Il est bien assuré que l'angoisse qu'il porte Ne s'emprisonne pas sous les clefs d'une porte, malh. i, 4. La foi, l'honneur et la raison Gardent la clef de leur prison. MALH. VI, 10. bans une armoire dont j'ai la clef, boss. Lettr. Corn. H2. J'en garde la clef, mol. l'Étour. V, \. Un endroit dont il gardait toujours la clef, fén. Tél. vin. La clef du coffre-fort et des cœurs, c'est la même; Que si ce n'est celle des cœurs, I est du moins celle des faveurs, la font. Le petit dm n. || Fermer à clef, à la clef, avec la clef, fermer à un, deux tours. C'est un miracle.... qu'il ne m'ait.... Enfermée à la clef, mol. Éc. des maris, i, 2. Fermantsur lui la porte àla clef, j. j. rousseau. Ém. n. || Cette porte fermeà clef, elle est munie d'une serrure. Les poi ti is de beaucoup de maisons ne fermaient point à la clef, bern. de s.-f. L'aul et Virg. || Fausse clef, clef mutée ou non, dont les voleurs se servent pour ouvrir les serrures. || Gentilshommes de la clef d'or, certains grands officiers de la cour d'Autriche. d'Espagne et autres, qui ont le droit d'entrer dans la chambre des princes, et qui, en signe, portent une clef d'or à leur ceinture. || Clef de chambellan, charge de chambellan. || Fig. Jeter, mettre les clefs sur la fosse, renoncera la succession d'une personne parce -qu'elle doit trop : locution qui vient de ce que, dans l'ancien droit, la personne qui renonçait mettait effectivement les clefs sur la fosse. || Fig. Moitié la clef sous la porte, déménager furtivement. Le premier, mourant de faim, a mis la clef sous la et son 'est allé, p. l. cour, ii, 286. || Fig. Pi la clef des champs, s'évader, prendre la fuite. 1) la clef des champs, donner la permission de sortir, de s'en aller. || Avoir la clef des champs, être en liberté d'aller où l'on veut. CalisteN'eut pas la clef des champs, qu'adieu les livres saints, la font. Coupe. Il [mon génie] veut, pour se produire, avoir la clef des champs; C'est lors qu'il court d'haleine et qu'en pleine carrière, Quittant souvent la terre en quittant la barrière, Puis d'un vol élevé se cachant dans les cieux, 11 rit du desespoir de tous ses envieux, corn. Excuse à Ariste. || Fig. Sous clef . en prison. Une lettre de cachet le tenait sous clef. || Dans un autre sens, tenir sous clef, tenir caché. Il tient la vertu dans le cabinet ou sous la clef, boss. Himn. 3. M. de Noailles, tout dévotement, était sournoisement dans le même goût [des filles et des pots] sous cent clefs, st-sim. 95, 7. J'écris à Cramer

CLE

ri je lui mande qu'il mette les autres exemplaires ilef, volt. Lett. liidu'îieu, i " juillet 1773. de blason. Il y a des clefs posées eu pal, en «au ti m, , ou couchées, ou adossées selon la disposition des pannetons. Le pape porte deux clefs posées en sautoir. || 2" Les clefs d'une ville, les clefs qui ferment irtes de la ville. Présenter les clefs d'une ville au vainqueur, se rendre. Utreclu envoya ses clefs et capitula avec toute la province, volt. Louis XI V, 9. Qu'aisément ils [les étrangers] ouvraient les portes Dont nous avions livré les clefs, bêrang. Cocarde. Il 3° Fig. Passage, place par où l'on peut avoir aclans un pays. Les Thermopyles sont la clef de la Il livra le Havre de Grâce, c'est-Vdire la clef du royaume, boss. De'f. Pour le Guipuscoa, c'était un leurre de le prendre pour une clef d'Espagne, st-sim. 82, «9. || 4° Terme de théologie. La puissance des clefs, la puissance d'ouvrir et de fermer le paradis, de lier et de délier, de condamner et d'absoudre, que Jésus-Christ donna à ses apôtres. || Les clefs de saint Pierre, l'autorité du saint-siége. || Les clefs du royaume des cieux, la puissance de lier el de délier. Le grand principe de MM. Claude et Jurieu est que Jésus Christ a donné les clefs non au corps des pasteurs, mais au corps de toute l'Église, fén. il, 29. || 5° Ce qui ouvre, ce qui prépare, ce qui explique. Ne leur donnez jamais la clef de vos affaires, fén. Tél. xxiv. Les gens artificieux avaient trouvé la clef de son cœur, m. ib. xvi. Tout autant de dévotions que vous trouverez dans ce livre sont autant de clefs du ciel, pasc. Prov. 9. Les langues sont la clef ou l'entrée des sciences, et rien davantage, la brut. xii. C'est une des clefs qui ouvrent l'intelligence des prophéties, boss. Hist. h, 9. La générosité étant comme la clef des autres vertus, desc. Pass. 16 1. Nous aurions en main la clef du mystère, boss. Avert. 2. Â moins qu'on n'ait la clef de tout le mystère, id. Var. '*. Peut-être tirerait-ondes mêmes principes la clef des faux jugements, j. j. rouss. lié!, iv, H. Ceux qui n'auraient vu dans la chimie qu'une suite d'expériences curieuses, de théories abstraites, apprenaient ;\ la regarder comme la clef de l'histoire naturelle, condorcet, i'un/m'/. || La clef du caveau. Voy. caveau. || 6" Convention d'après laquelle on peut lire une écriture secrète. || Clef du chiffre, alphabet convenu d'avance qui sert soit à chiffrer soit à déchiffrer les dépèches secrètes. || Explication de caractères énigmatiques, ou de noms supposés. La clef de la cabale. Les clefs du livre des Caractères de la Bruyère. Ajouter une clef à un ouvrage, faire connaître le nom des personnes àqui il est fait allusion. || 7° Par extension, ensemble de connaissances ou de renseignements nécessaires pour comprendre une chose. La clef d'un système de philosophie. La clef d'une affaire. Vous pourriez prendre certaines vues justes qui vous donneraient une clef générale de tous les détails, fén. xviii, 380. Voilà, sublime dervis, la clef de la nature, montesq. Lctt. prrs. 97. El qu'est-ce que la vie? En réveil d'un moment ! Labyrinthe sans clef! question sans réponse! larm. llnrm. ni. 9. |j Clef des fêtes mobiles, indication à l'aide de laquelle on connaît les jours où tombent les fêtes mobiles. || 8° Terme de musique. Caractère de musique posé au commencement d'une portée, pour déterminer le degré d'élévation de cette portée dans le clavier général et indiquer le nom des notes placées sur la ligne de la clef. Il y a trois clefs, la clef de fa, la clef de sol et la clef d'ut. On voit que, pour rapporter une clef à l'autre, il faut les rapporter toutes deux sur le clavier général, au moyen duquel on voit ce que chaque note de l'une des clefs est à l'égard de l'autre; c'est par cet exercice réitéré qu'on prend l'habitude de lire aisément les partitions, j. j. rouss. Dict. de musique, clef. De quelque caractère que puisse être une voix ou un instrument, pourvu que son étendue n'excède pas à l'aigu ou au grave celle du clavier général, on peut lui trouver une portée et une clef convenables, id. ib. || Fig. Laisse-moi ton bémol, prends la clef de nature, régnier, Sat. x. \\ 9" Ce qui, dans les arts, sert à ouvrir, à fermer, à serrer, à détendre, à monter et à démonter des instruments, desappareils, des machines, etc. || Fig. Que l'argent est la clef de tous les grands ressorts, mol. Éc. des f. I, c. || La clef d'un robinet, la partie mobile qui sert à l'ouvrir et à le fermer. || La clef d'un poêle, petite bascule de la largeur du tuyau a l'intérieur duquel elle est placée, et qui est posée sur un axe mobile qui sert à la faire mouvoir. || La clef d'une montre, d'une pendule, petit instrument creusé en carré avec lequel un monte le ressort. || La clef d'un piano, d'une harpe, instrument qui sert à tourner les chevilles sur lesquelles les cordes sont enroulées. || Les clefs

CLE

d'un instrument à vent, les pièces mobiles au moyen desquelles le musicien ouvre et ferme les trous de l'instrument. || Clef de pressoir, lavis qui serre et desserre le pressoir. || Une clef de voiture, l'instrument qui sert à monter, à démonter et à serrer les écrous. || Clef de lit, instrument avec lequel on tourne les vis pour monter et démonter un bois de lit. || Clef de pistolet, de carabine, d'arquebuse à rouet, se disait autrefois de l'instrument avec lequel on bandait ces armes. || Clef d'étau, morceau de fer qui sert à serrer l'étau. || Clef anglaise, espèce de marteau à deux mâchoires, dont une se meut par une vis et qui sert à serrer et à desserrer. || Clef de forceps, petit instrument de fer destiné à fixer le bouton qui unit les branches du forceps. Clef de trépan, petit instrument d'acier qui sert à monter la pyramide du trépan et à la démonter quand la voie de la couronne est assurée. || 10° 'ferme d'architecture. Clef de voûte, pierre du milieu et du haut d'une voûte, et qui, étant plus étroite en bas qu'eu haut, presse et affermit toutes les autres pierres composant la voûte. [Il voyait] ....les feux dispersés dans des nuits embaumées, Calculant sans compas leurs courbes enflammées, Sous la voûte sans clef flottant de toutes parts, lamart. -Harm. n, (2.||Fig. Le point capital d'une affaire. Les règlements ne sont que le cintre de la voûte dont les mœurs forment la clef, j. j. rouss. Contr. il, 12. || Clefs du crâne, nom donné autrefois aux os wormiens, || 11° Dans les métiers, ce qui sert à fixer, tenir ferme, élargir. || Clef de poutre, courte barre de fer dont on arme chaque bout d'une poutre et qu'on scelle dans les murs où elle porte. || Clef de charpenterie, pièce de bois qui est arc-boutée par deux décharges pour fortifier une poutre. | Clef de menuiserie, tenon qui entre dans deux mortaises, collé et chevillé pour l'assemblage des panneaux. || Terme de tourneur. Espèce de coin de bois, d'un pied de longueur et d'un pouce d'épaisseur qui, entrant dans une mortaise ménagée à la queue des poupées, les affermit sur les jumelles, par-dessous lesquelles ces clefs sont placées. || Terme de cordonnier. Clef de forme, morceau de bois qu'on fourre dans une forme brisée pour élargir le soulier. Clef d'embouchoir, morceau de bois que l'on met dans l'embouchoir pour élargir les bottes. || Clef de relevée, tige à anneau servant de tête de sonde. Clef de retenue, canal où glisse une tige de sonde. || Dalle de pierre mobile placée sur la voûte d'une fosse d'aisance pour en boucher l'entrée. On dit aussi tampon. || 12"Terme de marine. Pièce de charpente placée horizontalement pour tenir un bâtiment droit dans sa forme. Clefs de ber, arcs-boutants dont un bout s'appuie sur les bords de la cale. || Petit billot qu'on enfonce entre les varangues des bâtiments en construction. || Gros boulon carré traversant la caisse des mâts de hune pour les supporter. || Être en clef, en parlant d'un mât supérieur qui, ayant atteint sa hauteur, repose sur la clef seule. || Demi-clef, sorte de nœud très-simple dont la propriété est de se serrer beaucoup lorsque le cordage est fort tendu, et de se défaire très-aisément lorsque le cordage est lâche, jal. || 13° Terme de dentiste. Clef anglaise ou clef de Garengeot, instrument qui sert à arracher les dents. || 14° Terme de vénerie. Clefs de meute, les meilleurs chiens d'une meute. Les clefs de meute, parvenues X l'endroit où pour mort le traître se pendit. Remplirent l'air de cris, la font. Fabl. xn, 23. || Fig. et familièrement, clef de meute se dit d'un homme qui a beaucoup de crédit dans sa compagnie, dans son parti. || Ternie de fauconnerie. Se dit des ongles de derrière d'un oiseau de proie. || 15" Terme de pêche. Sorte de nœud qui sert à attacher les hameçons aux empiles , les poids aux cordes et les cordes aux piquets. || 16" Clef-de-montre, nom d'une plante, la lunaire commune (lunaria annua , L.).

— HIST. xie s. Tenez les clés de ceste citet large, Cli.. de Roi. i'. Il xiic s. De Saragoce les clés emporterez, Itonc. p. 31. X prince terrien ne volt amc Deus baillier Les clefs del ciel, qu'il poent lier et deslier; Mais as ordenez fait sa poesté traitier, Th. le mart. 9t. || xni's. [Elle] De tout portoit les clés, qu'ele l'ot deservi [mérité], Berte, lix. Le postic [elle] refreme à la clef. Lai d'Ignaures. Li rois Jehans et la crestientés de France et de Lombardie et de Toscane et d'Alemaigne ont assise [assiégé] Damiette, et bien savent que c'est li clés de la terre, Chron. de Rains, 89. C'est la clef de nostre terre, et par illeuc nous vient toute nostre pourveance, ib. 90. Toutes les fois qu'on va penre [prendre] por dete par justice, et cil sor qui on va penre ne veut debonerement monstrer ses chozes, les clés le roi

CLE

[la force qui ouvre tout] doivent estre fêtes, beaum. liv, 8. [,i boens rois de Navarre, qui lait si bêle terre, Que ne sai où plus bêle puisse on troveir ne querre; Maishom doit tout laissier por l'amor Dieu conquerre, Ciz voiagesest cleis qui paradix desserre, ruteb. 138. Et je regardé une coignée quigisoit illec, si la levai et dis que je feroie la clef le roy, joinv. 2ûo. || xiv" s. Se tu pues sentir ou veoir Que les ennemis asseoir En bourc, en chastel ou en ville Te veillent, aie tant de guide Qu'adès aies la clef des chans, machault, p. 113. || xve s. Un très fort chastel qui est la clef et l'entrée de Bretagne, froiss. i,i, 155. En le gardant en loyaulté, Soubzclef de bonne voulenté, en. d'orl. Bal. 32. Mais la desparlie [séparation], sans double, Est la clef de nostre œuvre toute, la font. 654. Il n'y raiiloit [à l'arbalète] ne corde ne clef pour la descocher, Perceforest, t. îv, f° 22. Quant aux autres qui ne se peurent sauver assez à temps dans icelle ville, ils prirent les clefs des champs à l'adventure, les uns par eaue et les autres par terre, jean CHARtier, p. 266, dans lacurne. Là [apr's la mort de Philippe, duc de Bourgogne] renonça la duchesse Marguerite sa femme de ses biens meubles, pour la doubte qu'elle ne trouvast trop grands debtes, mettant sur sa représentation sa ceinture, avec sa bourse et les clefs, comme il est de coustume, monstrel. i, 17. || xvies. Il le conjura fort confidemment de luy donner la clef de ce mystère, Mém. s. du G. ch. 7. Ils passeront deux ou trois heures à jouer au dus, à la séquence, à la condemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage, choliêkes, Contes, f° 174, dans lacurne.

■ — ÉTYM. Bourguig. clar; provenç. clau; anc. espagn. clave; espagn. mod. llave ; portug. chave ; ital. chiave; du latin. clavis, clef, dont le radical est dans clau-dere, fermer.

f CLEIDO. ... préfixe mal orthographié, venant de %ldç, x/Eiôèç, clef, et devant s'écrire clid, l'ec se rendant en français pari. Voyez les mots commençant par clido.. .

CLÉMATITE (klé-ma-ti-f) , s. f. Plante grimpante, du genre clcmalis. La clématite en fleurs se suspend aux arcades, lamart. Harold, v.

— ÉTYM. K/ïiuattTt:, de x>Y)|/.aiàç, menue branche, de xXvjaa, branche, de xXôtv, rompre.

CLÉMENCE (klé-man-s') , s. f. Vertu qui, chez une personne puissante, consiste à pardonner les offenses, et à adoucir les châtiments. Un acte de clémence. La clémence est la plus belle marque Qui fasse à l'univers connaître un vrai monarque, corn. Cinna, iv, 4. Une aveugle clémence, Loin d'arrî ter le crime, en nourrit la licence, rac. Esth. ni, 4.... Le sceptre d'or que vous tend cette main Pour vous de ma clémence est un gage certain, id. ib. il, 7. Que lui peut-on reprocher, sinon la clémence? boss. Reine d'Ânglet. Songez que ma clémence a

surpassé mes crimes, volt. Als. v, 7 Lassant

enfin les clémences célestes, Le monde à ces signes funestes Ose répondre en les bravant , v. hugo, Odes, i, il. Sans jamais écouter ni pitié ni clémence Qui te parle pour eux, malh. il, 12. Coupables, approchez : De la chaîne des ans les jours de la clémence Sont enfin retranchés, Gilbert, Jug. dernier. || Indulgence d'un père pour ses enfants. On doit toujours espérer en la clémence d'un père.

— HIST. Xe s. Par souue [sa] clementia, Eulalie. || xvic s. Qu'ilz n'abusent de la clémence dont avons usé envers les simples, condé, Mémoires, p. •■•'>i.

— ÉTYM. Le latin clementia, de démens, élément. CLÉMENT. ENTE (klé-man. man-t'), adj. Qui a

de la clémence. C'était la force et la sévérité qui sortait du doux et du clément, mass. Or. fan. Dauph. Je veux bien avouer de lui [Charles lc,j ce qu'un auteur célèbre a dit de César : qu'il a été clém ut jusqu'à être obligé de s'en repentir, boss. Reine d'Anglet. Ainsi mourut César; il fut clément et brave, volt. Triumv. iv, 2. Elle calma souvent la colère du czar, et le rendit plus grand encore en le rendant plus clément, volt. Russie, n, l. || En termes de dévotion. Dieu est clément et miséricordieux. || Un ciel clément, un climat doux, propice; et fig. un destin prospère

— ÉTYM. Le latin clemens.

CLÉMENTINES (klé-man-ti-n'), s. f. plur. j|l° Le

septième livre des décrélales rédigé par le pape Clément V, et publié par le pape Jean XXII. || 2" Ouvrage en huit livres, attribue au pape Clément I (de l'an 91), mais reconnu coi ryphe.

— étym. Clemens, nom propre.

| CLENCHE (klan-ch'), s /'. Pièce principale d'un loquel . la ; tell :, reçue par le mentonnet, tient la porte fermée. On dit aussi clei i nette ou clinche.

Page 1