CLERGÉ
t CLÉRODENDRON (klé-ro-din-dron) , s. m. Terme de botanique. Genre de la famille des v< bénacées, dont les espèces sont des plantes d'ornement.
— ÊTYM. K/.fipoc, lot, choix, et cevî.ov, arbre.
f CLÉROMANCIE (klé-ro-man-sie) , s. f. Arl prétendu, chez les anciens, de deviner ou de dire la bonne aventure, en jetant le dé ou en tirant les lots
— ÉTYM-, K)r,poç, sort (voy. clerc), et le suffixe mande.
f CLÉROMANCIEN (klé-ro-man-siin) , s. m. Celui qui pratique la cléromancie.
f CLÉRONOMIE ( klé-ro-no-mie) , t. f. Terme d'histoire ancienne. Partage de biens par le sort.
— ÊTYM. K).r,povouîa, de •/.XyJ'jo;, sort, et v&ao;, loi.
CLICHAGE (kli-cha-j'), s. m. Terme de typographie. Art ou action de clicher.
— ÊTYM. Clicher.
CLICHÉ, ÉE (kli-ché, chée), part, passé. Feuilles clichées. || 5. m. Planche en relief obtenue par le clichage. || Terme de sculpteur. Empreinte d'un coin de médaille qu'on fait dans de l'étain eu fu-don, et par laquelle on juge jusqu'à quel point le travail est a\ ancé.
CLICHER (kli-ché), V. a. Terme de typographie. Couler de la matière fondue dans l'empreinte qu'on a prise d'une page composée en caractères mobiles; ce qui donne par le refroidissement un bloc présentant le même relief que les lettres mêmes; bloc qui , employé pour l'impression au même usage que les caractères, permet de tirer, s'il y a lieu, un très-grand nombre d'épreuves sans faire une nouvelle composition. Clicher un ouvrage classique. On dit aussi clicher un fleuron, une vignette. || Absolument. Cet ouvrier cliché bien. || Se clicher, v. rêfl. Être cliché. Cet ouvrage se clichera-t-il ?
— hist. xve s. Et en ce faisant fut la noise ouïe de la ville, dont les gens, tout esmus, en grand nombre vinrent au chastel et tirèrent le pont qui n'estoit ni cliqué ni verrouillé, monstrel. Il, ta.
— ÊTYM. Clicher parait être le même, prononcé différemment, que cliquer, dans le sens de fixer, assujettir, qui se rattache a l'allemand Klinke, loquet (voy. clenche). Dans le wallon, cliché signifie un loquet.
CLICHEUR (kli-cheur), s. m. Celui dont la profession est de clicher.
— étym. Clicher.
- f CLIDOMANCIE (kli-do-man-sie) , s. f. Divination avec une clef qui, attachée par un fil à une Bible, donnait, tournant ou ne tournant pas, un présage.
— ÉTYM. KXeï;, -/>Ei3àç, clef, et le suffixe mancic. CLIENT (kli-an), s. m. || l°ARome, plébéien qui
était sous le patronage d'un patricien. Que veulent les consuls avec la suite immense D'affranchis, de clients vendus à leur puissance? m. j. ciién. t'.rucques, i, 2. || 2° En général, toute personne qui se met sous une protection. Mon char est salué d'un peuple de clients,, v. iiugo, Odes, iv, 8. Non loin de ce palais où je rends mes oracles, Est un vaste séjour des mortels révéré Et de clients soumis à toute heure entouré, boil. Lutrin, vi. || Fig. Moi, je me plus toujours, client delà nature. Avoir son opulence et bienfaisante et pure, a. chénier,. 225. || 3° Client, cliente, s. m. et f. Toute personne qui confie ses intérêts à un homme d'affaires. Cet avocat a beaucoup de clients. Le nom d'un pareil avocat fera bien de l'honneur à son client, volt. Lett. d'Argental, (5 juin (765. Nul ange n'a jamais eu, depuis le démon de Socrate, un si importun client: tantôt tragédies, tantôt farces, volt. Lett. d'Argental. 14 août
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I7G:s. Il II ?c dit aussi des parties à l'égard de leurs juges, y Celui, celle qui use habituellement des soins d'un médecin; celui, celle qui fréquente une boutique ou un établissement ouvert au public. Mais ce néologisme n'est pas bon : un médecin a des malades ; un marchand a dis pratiques et non des clients. C'est à tort que de clientèle on a conclu a client.
— HIST. xvie s. [Avocats] Assez vous aurez d'autre temps Pour d'avarice Faire exercice Sur les clients, j. le houx, vu. Les procureurs et gens de langue en fournissant quelques procès seront tenus de fournir en mesme temps une procuration en forme de leurs maistres ou cliens, Nouv. coustum. génér. t. 1, p.
— étym. Lat. cliens. On le rattache au latin cluere, entendre; grec, -/.Kiev. goth. kliuth, ouïe; kymri, chjio , el bas-bret. kléô , ouïe ; sanscr. sçru, entendre.
'CLIENTÈLE (kli-au-tè-O, s. f. || i°* Terme d'antiquité romaine. Tous les clients d'un patron. || La protection que le patron devait à ses clients. Il était sous la clientèle de Scipion. || La relation de client à patron. || 2° L'ensemble des personnes usant habituellement des services d'un homme de loi. 11 a peu de clientèle. Grande clientèle. Quelqu'un disait que Roch, pour la première fois, Venait d'être attaqué d'une goutte cruelle : Pour la première fois! vous me la baillez belle, Reprit son procureur, homme des plus matois : Depuis plus de dix ans que j'ai sa clientèle, Roch m'a bien fait sentir qu'il a la goutte aux doigts, Bertrand, Épigr. dans richelet. Il L'ensemble des malades d'un médecin, considéré alors comme une sorte de patron de ses malades. Il Par extension, l'ensemble des pratiques, des chalands, en parlant de ceux qui fréquentent un magasin, une boutique, un établissement ouvert au public. Une nombreuse clientèle.
— HIST. xvi" s. Clientelle, cotgrave.
— ÉTYM. Le latin clientela, de cliens, client. CLIFOIRE (kli-foi-r") , s. f. Jouet que les enfants
se font avec une tige de sureau pour lancer de l'eau comme avec une seringue.
— ÉTYM. Sans doute un radical clif ou claf ou clap, qui se trouve dans clapet.
CLIGNÉ, ÉE (kli-gné, gnée), part, passé. Tenir les yeux clignés.
CLIGNEMENT (kli-gne-man), s. m. Mouvement par lequel on rapproche les paupières l'une de l'autre, de manière à ne laisser que très-peu d'intervalle entre elles, soit pour garantir l'œil d'une trop vive lumière, soit pour apercevoir plus facilement des objets éloignés, soit pour faire à quelqu'un des signes d'intelligence.
— HIST. xvi's. Clignement d'oeil , œil d'hypocrite, paré, xv, 5.
— ÊTYM. Cligner.
CLIGNE- MUSETTE (kli-gne-mu-zè-f) , s. f. Jeu d'enfants où plusieurs se cachent, tandis qu'un seul cherche. Jouer à cligne-musetle.
— HIST. xiv° s. Mais vie/, péchiez et vielles debtes Font à Dieu compter à clignettes, C'est à dire qu'il ni v<>it goûte, machault, p. n 5. || xvc s. M'avez-vous fait jouer à cligne-musette pour me faire ce desplaisir? louis xi, Nouv. lxxxvii. || xivc s. Il jouoit à cline-mucette, rab. Garg. i, 22.
— ÉTYM. Bourguig. clemisôtte; norm. climuchette; de cligner, fermer l'œil, et mussette, cachette, de musser : ferme l'œil , et mussons-nous. Musette est une altération pour mussette ou mucelte.
CLIGNER (kli-gné), v. a. Faire un clignement. Cligner les yeux ou l'œil. Tout ce qu'il y a dans le monde d'effroyable et de terrible, n'est pas capable de lui faire cligner un œil, balz. les Romains. || Absolument. Cligner de l'œil.
— HIST. xne s. Moult li a ris et moult clignié, Et maint semblant fait d'amisfié, Roman <i" Brut, ms. fn 65, dans lacurne. ||xme s. Adonc [il] clocha forment d'un pié, L'un oel ouvert, l'autre clingnié, La teste basse et les reins haut, Bl. et Jeh. 363 l. À cest mot s'en est retornez En la poudrière au souleil, Et commença à cliner l'oil; Ne doute que gorpil [renard] s'i mete, Ren. 1524. Qar les chapons [il] voit au soleil, EtChantecler [le coi]] qui cline l'ueil , 16. i'.iH'i. Li cox [lecoq] respunt : si dei-ge faire, Maudire l'ueil qui vient cligner, Alors qu'il devreitveillier, marie, Fab. 54. || xive s. Ivorine, la bêle, li va de l'oiel clignant, Qu'il se rendist briefment au pople mescreant, Baud. de Seb. xm, 385. || xvc s. S'ils eussent remandé leurs gens, onleseust pu excuser; mais nenntl, ainçois clignerent-ils les yeux et le souffrirent, fkoiss. 11, II, 61. En terre clinoie mes yeuls, id. Épinette amoureuse. Mes yeulx cligniez et mon oreille close, ch. d'orl. Songe en complainte. Chascun parle de divers gieux jouer, De cliner l'oeil,
de porter maie honte, e. desch. Poésies mss: f» 225, dans lacurne. Je suis content de cligner l'œil tant que l'on voudra, mais que guarison s'ensuive, louis xi, Nouv. LXXXVII.
— ÉTYM. Génev. cliner, cligner; provenç. dinar, cour! er. baisser; ital. chinare, incliner: du latin dinar e , baisser, incliner. Cliner, très-ûsité dans l'ancienne langue, veut dire proprement baisser, puis baisser la paupière, c'est-à-dire cligner. Les deux formes cliner,- cligner, même cluigner, se confondant pour signifier tantôt cligner, tantôt incliner.
CLIGNOTANT, ANTE (kli-gno-tan, tan-t'), adj. Qui clignote. Yeux clignotants. Un homme enivré.... Dont la clignotante et débile paupière Lui laisse encore à peine entrevoir la lumière, volt. Disc. 2. Il Terme de zoologie. Membrane clignotante, membrane demi-transparente qui, chez les oiseaux, placée à l'angle interne de l'œil, entre le globe oculaire etles paupières, est tirée à volonté par l'animal comme un rideau pour se garantir de l'impression de la lumière.
CLIGNOTEMENT (kli-gno-te-man), s. m. Cligne^ ment prompt et répété, mouvement involontaire par lequel les paupières se referment et s'ouvrent continuellement et avec rapidité.
— ÉTYM. Clignoter.
CLIGNOTER (kli-gno-té) , v. n. Cligner continuellement. Il ne fait que clignoter. Clignoter des yeux. [| II se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xme s. Celui qui clingnete de l'eil, Hist. occid. des croisades, t. 11, p. 582. || xvie s. Leurs yeuxelinettent tousjours, paré, xxiii, 46.
— ÉTYM. Fréquentatif de cligner; bourguig. cleignoté.
CLIMAT (kli-ma; le t se lie; au pluriel Vs se lie: des kli-ma-z heureux; climats rime avec appas, attentats, etc.), s. m. H 1° L'espace compris, sur la mappemonde et les cartes géographiques , entre deux cercles parallèles à l'équateur terrestre. |) 2° Par extension, une étendue de pays dans laquelle la température et les autres conditions de l'atmosphère sont partout à peu près identiques. Les climats se divisent : en chauds, de l'équateur au 30e ou 35e degré de latitude ; tempérés , du 30e ou 35e degré au 50e ou 55e; froids, du 50e ou 65e au pôle. Des climats différents la nature est diverse ; La Grèce a des vertus qu'on ne voit point en Perse, corn. Agésil. v, 2. Si le climat avait tant de puissance, la Grèce porterait encore des Platon et des Anacréon, volt. Lett. Somarokof, 26 février 176 9. Dans leurs climats brûlants les Africains domptés, rac. Baj. n, 1. Les climats font souvent les diverses humeurs, boil. Art p. ni. Je n'ai jamais conçu qu'on ait abandonné le plus beau climat de la terre [la Louisiane] dont on peut tirer du tabac, de la soie.... volt. Lett, d'Argental, t" nov. I7C0. Comme on distingue les climats par les degrés de latitude, on pourrait les distinguer, pour ainsi dire, par les degrés de sensibilité : j'ai vu les opéras d'Angleterre et d'Italie; ce sont les mêmes pièces et les mêmes acteurs; mais la même musique produit des effets si différents sur ces deux nations, l'une est si calme et l'autre si transportée, que cela parait inconcevable, montesq. Esp. xiv, 2. La culture des terres est le plus grand travail des hommes; plus le climat les porte à fuir ce travail, plus la religion et les lois doivent y exciter, id. ib. xiv, 6. Ce sont les différents besoins, dans les différents climats, qui ont formé les différentes manières de vivre; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois, id. ib. xiv, 10. y 3° Pays, région. J'ose dire, seigneur, que par tous les climats Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'États, corn. Cinna, 11, E Délivrez nos climats de cette vagabonde, m. Scrtor. n, 4. Pour en donner l'exemple à cent climats divers, id. Sertor. 11, 4. Et jamais ces climats n'ont vu pompes si belles, id. Surena, 1, i. Il avait assez vécu dans une cour, et, quelques agréments qu'un philosophe y puisse avoir, il ne peut s'empêchei de sentir qu'il est dans un climat étranger, FONT. Hartsoeker. Tel est le sort de l'Inde et de ces beaux climats, Où jamais les hivers n'ont porté les frimas, st. -Lambert, Saisons, hiver. || En Bourgogne, nom de certains territoires propres à la culture de la vigne. Ce propriétaire a des vignes dans les meilleurs climats.
— hist. xiv" s. En chaus climas, H. de mondeville, l'° se. Il xvi° s. Le siècle auquel nous vivons, au moins pour nostre climat , est que, je ne dis pas l'exécution, mais l'imagination mesme de la vertu en esta dire, mont. 1, 263. Au dit comté et baillage d'Auxerre il y a plusieurs climats et territoires notoirement allodiaux, Coustum. génér. t. 1, p. 225.