CL
CLE
ÉTYM. Wallon, cliché, clichetle; de l'allem. KHnke; suéd. Idinka; angl. dïncfc, loquet.
+ CLENCHETTE (klan-chè-f) , s. f. Voy. clenche.
CLEPHTE (klè-ff), s. m. Nom que les montagnards libres de l'Olympe et du Pinde se donnent à eux-mêmes. Les chants des clephtes. Trois oiseaux se sont posés au-dessus du poste des clephtes, fauriel, Chants populaires delà Grèce mod. P. i, n° i. Les Turcs se sont comptés trois fois, il en manque cinq cents; les enfants des clephtes se comptent, il leur manque trois braves, id. ib. n° 2.
— ÊTYM. Grec mod. xXÉ?6r,ç, du grec ancien jc^éitiïiç, voleur, de x^étcteiv, voler.
CLEPSYDRE (klè-psi-dr') , s.f.\\l° Machine qui indique l'heure par le moyen de l'écoulement de l'eau. Quoique les clepsydres ou horloges à eau, si usitées chez les anciens, aient été entièrement abolies parmi nous par les horloges à roues infiniment plus justes et plus commodes.... fonten. Amontons. || 2° Nom de certaines machines hydrauliques chez les anciens.
- ÉTYM. K).sJ/05pa, de xXÉwcew, dérober (voy. clephte), et iioeop, eau (voy. hydre); ainsi dite parce que, l'écoulement tari, l'eau pour ainsi dire se dérobe 11 y avait à Athènes une fontaine dite clepsydre parce qu'elle était intermittente.
CLERC (klèr; le c ne se prononce jamais, excepté dans' la locution clerc à maître, dites: clèr-k à maître- au pluriel Y s ne se lie pas: des clercs en vacances dites • des clèr.en vacances; cependant d'autres disent : des clèr-z en....), s. m. [| i" Par opposition à laïque, toute personne qui étudie pour entrer dans l'état ecclésiastique. Il naît un autre clerc pour remplir la place, la bruy. xiv. Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, estdécïamateur, id. xv. On sauve l'innocence des clercs de la contagion du monde, mass. Or. {un. ViUeroy. Il n'était pas permis [sous Charlemagne] de se dire clerc sans l'être, volt. Mœurs, 20. || Dans les anciens parlements, conseiller- clerc, conseiller qui était pourvu d'une charge affectée aux ecclésiastiques. M Clerc de la chapelle, ecclésiastique qui était un des officiers de la chapelle du roi. \\X Rome, clerc de la chambre, prélat officier de la chambre apostolique. || Fig. Parler latin devant les clercs, parler de choses devant des personnes qui les connaissent mieux que vous ne les connaissez. || Adjectivement. C'est qu'on avait toujours devant les yeux les tribunaux clercs, montesq. Espr. xxvm, 40. || 2° Autrefois, par extension, tout homme lettré ou savant. Salo'mon qui grand clerc était, la font. Joc. M. de Chatons, qui en affaires du monde n'était pas grand clerc, alla nasiller coup sur coup au régent, st-sim. 450, 38 Pour être, S'il se peut faire, en mal plus grands clercs que leur maître, Régnier, Sat. vi. N'en déplaise aux docteurs, cordeliers, jacobins, Pardieu, les plus grands clercs ne sont pas les plus fins, id. Sat ni. 1 1 Clerc du secret, ancien nom de ceux qu'on a appelés plus tard secrétaires d'Etat. || Adjectivement Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal, la font I-abl. vu, i. || 3" Celui qui travaille dans l'étude d'un notaire, d'un avoué, etc. Clerc d'huissier. Clerc de procureur. Aborder sans argent un clerc de rapporteur, boil. Lutr. n. George.... Qu'un million comptant, par ses fourbes acquis, De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis, id. Sat. i. || Maître clerc, principal clerc, premier clerc, le clerc qui dirige une étude. || Petit clerc, jeune homme qui, dans une étude, fait les commissions et rend les petits services. || Vice de clerc, faute qui, se trouvant dans un acte par l'étourderie d'un clerc, n'est pas imputable à l'auteur de l'acte, et peut se corriger parce qui suit ou précède. Cette locution vieillit. || Familièrement. Pas de clerc, faute commise par ignorance ou par étourderie dans une affaire ; démarche inutile, maladroite. Et il n'est pas question d'aller faire ici un pas de clerc, mol. G. Dand. i 4. Ma langue en cet endroit a fait un pas de cîerc, id. le Dép. i, 4. Que sûtes-vous par le rapport de votre envoyé? Peu de chose; à la fin on imprime, tout devient public, et il se trouve qu'il n'y a point eu de conspiration; cependant les têtes étaient coupées; voilà un furieux pas de clerc, une bévue qui coûte cher, et que la liberté des journaux vous eût épargnée, p. l. cour, i, 216. Le parlement de Toulouse, qui voit qu'il a fait un horrible pas de clerc, empêche que la vérité ne soit connue, volt. d'Argenial, is mai 1762. || Compter de clerc à maître, rendre seulement compte de ce qu'on a reçu et déboursé, sans autre responsabilité. |î 4" Dans les paroisses, clerc de l'œuvre, celui qui a soin de certaines choses concernant l'œuvre de
la na isse || VUlrefois, chez le roi ou chez les grands
princes, clerc d'office, officier suivant les plats servis devant le roi et ayant soin des choses qui se faisaient dans l'office. || Autrefois, celui qui servait quelque corps de métier et qui en faisait partie. Le clerc des orfèvres. || Autrefois, clerc du guet, officier du guet dans les ports de mer et sur les côtes. || 5° Autrefois , clerc d'armes , jeune gentilhomme qui apprenait les exercices militaires et qui était un novice de chevalerie. || Proverbe. Les bons livres font les bons clercs, c'est-à-dire c'est dans les bons livres qu'on prend la science.
— HIST. xi" s. Ensemble od lui si clerc et si chanoine, Ch. de Roi. cclxvi. ||xnes. Li clers i vint sur un mulet ambiant, Ronc. p. -163. Faites fane en-amant Vos Chartres et vos bfiés [brefs] à clerz bien escrivanz, Sax. xxi. Sire clerz , tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon, ib. xxv. Arcevesques, evesques, e clerc de grant clergie, Th. le mart. il 3. As leis [lois] ecclesiaus deit laie leis servir- Nulz ne deit plaiz d'iglise, se n'est clers, maintenir, ib. 75. || xiii" s. Si vot li quens Gautiers que Jehans ses nus fust clers; mais il ne le vot iestre, Chr.deRains, 83. Homs qui aime ne puet bien faire, N'a nul preu de ce mont [monde] entendre; S'il est clers, il pertsonaprendre, laRose, 3058. Sel [si vous le] demandés as clers lisans, ib. 370. Cascuns des auditeurs pot avoir son clerc por escrire ce qui est dit enl'enqueste, beaum. xl, 26. Fors escoliers, autre clergié Sont tuit d'avarice vergié; Plus est bons clers qui plus est riches, ruteb.'227. ||xives. Au dit mestier n'aura que dix vendeurs tant seulement, lesquels vendront les dits poissons en leurs personnes, sans ce qu'il les puissent faire vendre par leurs femmes, par leurs clercs mesmes, ne par aucune autre personne que par eux, Ordonn. des rois de Fr. t. n, p. 358. Assez puet impetrer qui donne largement; Car li homs est bons clers qui a assez d'argent, Guescl. 17428. || xve s. Aussi [de même] les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, froiss. Prol. Escoutés donc ce qu'on dira; Aprenez, soyez clergeresse, coquill. Droits nouv. Les bons livres font les bons clercs , gerson , dans Hist. liltér. de la Fr. t xxiv p. 283. Clercs et femmes sont tout ung, leroux' de lincy, Frov. t. il, p. -121. Car chevaliers ont honte d'estre clers, eust. desch. Poésies mss. f" 137, dans lacurne. Maint sont clers où n'a que folie ; Car sans savoir sont hors du sens ; Si se puet l'en bien chevir sans Tels clers où science n'est mie, ib. f° 282. Il avoit plusieurs clercs [commis] et facteurs sousluy, qui se mesloient des dites marchandises , Mathieu de coucy , Hist. de Charles VII, p 69) , dans lacurne. Mais dit le sage que tous ceulx ne sont pas clercs qui en portent le semblant, ne chevaliers qui portent espérons, Perceforest, t iv f° 42. Et combien qu'elle ne l'eust jamais vu exercer l'office de clergie, toutefois elle jugea tantost qu'il est très grand clerc, louis xi, Nouv. c. M xvic s. Divisons l'Eglise en deux estats : assavoir qu'elle contienne le clergé et le peuple. J'use de ce mot de clercs, pource qu'il est commun, combien qu'il soit impropre: par lequel j'enten ceux qui ont office et ministère en l'Eglise, calv. Instit. 965.... Mais trop plus est à craindre une femme clergesse, Scavante en -l'art d'amour, quand elle est tromperesse rons. 125. Il ne s'y entend comme clerc d'ar mes [il y est habile], h. est. Précell. p. 79. Jadis un antique prophète de la nation judaique mangea un livre, et fut clerc jusqu'aux dents; présentement vous en boirez un, et serez clerc jusques au foye, rab Pant. v, 46. Gens de condition ne peuvent faire leurs enfants clercs sans l'exprès consentement de leurs seigneurs, Coustum. génér. t. i, p. 880 Entre les clers, aucuns sont mariez, aucuns non ; les mariez jouissent de leurs privilèges si longuement qu'ils portent la tonsure et l'habit clérical et servent à une église, hospital ou séminaire, et à faute de ce ils les perdent, ib. t. n, p. 1057. Je ne parle point en clerc d'armes, je l'a y vu, Coules de cholières, f" 220, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. clor, clar; provenç. clerc, clergue, cierge; espagn. clerigo ; ital. chierico ; de clericus, de vMçv/.bq , de x).Y|po; , clergé, proprement lot, bon lot , terme appliqué dans les premiers temps aux chrétiens par opposition aux païens, et finalement à ceux qui avaient charge de prêtrise. Régnier s'est encore servi de clergesse dans le sens de femme habile : Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, Sat. xm. Dans l'ancien français, au singulier, nominatif li clers, et régime le clerc ;au pluriel, nominatif li cler, régime les clers.
CLERGÉ (klèr-jé), s. m. Le corps des clercs ou
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des ecclésiastiques d'une église, d'un pays, d'u ville. Le clergé séculier, les curés, évêques et archevêques. Le clergé régulier, les moines. Le haut, le bas clergé. Sous l'ancienne monarchie, le clergé était le premier des trois ordres, et composé en partie de personnes séculières, en partie de personnes régulières. Elle y voit aborder le marquis, la comtesse , Le bourgeois , le manant, le clergé , la noblesse, boil. Lutrin, 1. \\ Rentes du clergé, se disait autrefois des rentes constituées sur le clergé.
— hist. xii" s. Tous li clergiés et li home d'eage Qui en aumosne et enbienfaismainront.... quesnes, Romancero, p. 94. || xme s. Si i furent mandé li evesque et tous li clergiés, villeh. xcvin. Li clergiés vint encontre moût ordenéement, Perte, cxxxm
— ÉTYM. Clericatus, de clericus (voy. clerc). f CLERGEON (kl'r-jon), s. m. Ancien terme de
dénigrement, petit clerc de procureur. Si je savais à quel procureur vous êtes, je vous ferais châtier, petit clergeon.... Mais tout ce que je pus faire.... fut de lui dire que je n'étais point clergeon de procureur, etque j'étais gentilhomme, Francion, 1. iv, p. 17t. Il Vieilli. Onadit aussi clergeau et clergeot.
— HIST. xne s. Ke ne sai la kele leçons Est aie lire undesclerjons, Rou, 503. Cantent li mestre cler e cantent li clerjon, ib. 1626. || xme s. Savez rien de celui afere Que li maistres fait as clerçons, quant il lor aprent les leçons, Ren. 20929.
— ÉTYM. Diminutif de clerc; provenç. clerzon; espagn. clerison; ital. chiericone.
t CLERGESSE (klèr-jè-s') , s. f. S'est dit autrefois pour femme savante, habile; c'est le féminin de clerc (voy. clerc, à l'historique et à Pétymologie), Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, Elle lit saint Bernard, la guide des pécheurs, Régnier, Sat. xm. H Vieilli.
f CLERGIE (klèr-jie), s. f. Instruction, savoir. Vieux. Il Bénéfice de clergie, privilège établi autrefois en faveur de certains criminels, dans le cas où ils possédaient les premiers éléments des lettres. Le bénéfice de clergie par lequel un criminel obtenait sa grâce, en cas qu'il sût lire, volt. Mœurs, 73. || Bénéfice de clergie, en Angleterre, usage encore subsistant, suivant lequel un meurtrier, dans les cas graciables, est sauvé du dernier supplice, lorsqu'il peut lire quelques lignes de vieux caractères saxons; un juge prononce alors : legit clericus; sur quoi le coupable obtient grâce de la vie.
— HIST. xir s. Et les leis que vus dites, à que li reis s'alie, Ne sunt de leauté.ainzsunt de felunie, Contre Deu et raisun, pour destruire clergie, Th. le mart. 40. || xme s. Corne l'on ne peut saveir totes clergiés, ne me semble il pas 'que l'on puisse saveir toz les plais, Ass. de Jér. 5). Toutes gens de religion tote clergie, tout chevalier et tout gentilhomme, Liv. des met. 309. Se clers est marceans, il ne pot pas affrancir sa marceandise par le privilège de sa clergie, beaum. xi, 36. || xve s. Si avisèrent un saint home de religion, pourvu de prudence et de clergie, et le chargèrent pour aller en France, froiss. m, iv, 33. [Paris] C'est la cité sur toutes couronnée, Fontaine et puis de sens et de clergie, e desch. Sur les beautés de Paris. Renommée en clergie et science, louis xi, Nouv. c. || xvie s. Mieux vaut plein poing de bonne vie qu'avoir un muy de clergie, cotgrave.
— ÉTYM. Clerc; provenç. clercia; espagn. clerecia; portug. clerexia; ital. chiericcia.
CLÉRICAL, ALE (klé-ri-kal, ka-l'|, adj. || 1" Qui est propre aux ecclésiastiques. Tonsure cléricale. Les ordres cléricaux. || Lettres cléricales, I écrites par le clergé d'une église, lorsque le siégt épiscopal est vacant. || Autrefois, titre clérical, le revenu dont chaque clerc devait faire preuve, d'être ordonné. || 2° Qui est favorable au clergé a l'Église. Le parti clérical. Tendances cléricales. M Substantivement. Les cléricaux.
— HIST. xiie s. As leis ecclesiaus deit leie [laïque] leis servir; Nuls ne deit plaiz d'iglise. se n'est clers, maintenir Ne laie leis ne deit la clergil davancir [devancer], Th. le mart. 75. || xvie s. Les uns font la première ordre de la tonsure cléricale, la dernière de l'evesché, calvin, Instit. M79. Les enfans masles d'une femme de servile condition ne peuvent prendre, avoir ou porter couronne ou tonsure cléricale sans administration, congé ou licence du seigneur dont ils sont serfs, Coustum. génér. t. I, p. 80. Matière d'opinion, non matière de foy; ce que je discours, selon moy, non ce que je ci Ion Dieu.... d'une manière laïque, non cléricale, mais très religieuse tousjours, mont, i, 401.
— ÉTYM Clericalis, de clericus, clerc; provenç.
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elerjal. Le vieux français clergil vient d'un cicricihx.
CLÊRICALEMENT (klé-ri-ka-le-mnn) , adr. D'une éricale. si las clercs cessent de vivre clésment, ils sont déchus de leurs privilèges.
— i.iym. Cléricale, et le suffixe ment.
f CLÊRICAT filé-ri-ka), s. m. Office de clerc de
mbre apostolique.
CLÉRICATURE (klé-ri-ka-tu-r') , s. f. L'état, la cond tion du clerc ecclésiastique. Lettres de clèrica- Vprès quatre ans de théologie faits comme ils r l'être par obéissance, il quitta la cléricaet par piété et par amour pour les mathématiques, fokten. Oxanam.
— iiist. xvi" s. r.e roy peut justicier ses offi clercs, pour quelque faute que ce soit commise en l'exercice de leurs charges, nonobstant le privilège de clericature, p. pithou, 38>
— ÉTYM. Bas-lat. clericatura, de clericatus, clergé