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— ÉTYM. Lat. cognntio, de cognatus, cognai.
t COGNATIQUE (kog-na-ti-k'), adj. Terme d'ancienne jurisprudence. Succession cognatique-; succession dévolue aux cognais à défaut do parents on ligne masculine.
— ÉTYM. Cognât.
COGNÉ, ÉE (ko-gné, gnée), part, passé. || 1" Un clou vigoureusement cogné. || Fig. Les règles de la grammaire cognées dans la tête de cet enfant. || 2° Populairement, battu. Cogné d'importance.
COGNÉE (ko-gnée), s. f. Sorte de hache pour couper le gros bois. Un bûcheron perdit son gagnepain, C'est sa cognée.... la font. Fabl. v, i. Sur son épaule il charge une lourde cognée, hoileau, Lulr. n. Et c'est en attaquant le chêne après le chêne Que la cognée abat les plus vastes forêts, masson , Hel\ tiens, vi. || Fig. Mettre la cognée a l'arbre, au pi dde l'arbre, commencer une entreprise. L'âme, de ses défauts saintement indignée, Doit jusqu'à la racine
enfoncer la cognée, corn. Imitation, i, H.|| Jeter le manche après la cognée, se rebuter par découragement, par dégoût. || Aller au bois sans cognée, entreprendre quelque chose sans avoir ce qui est indispensable pour réussir.
— HIST. xie s. X mailz de fer, à cuignées qu'il tinrent. Ch. de Roi. cclxviii. || xne s. Les ustils as ovrieis qui firent les degrez, Besague e cuignies en tint od els portez, Pur depecier les uis, ses [s'ils les] trovassent fermez, Th. le mari. 144. Le pâli/, [ils] tranchent à coignies d'acier; De sous lor pies lefontjus trebuchier, Honni de C. 58. || xni's. Deus coingnies fist aporter, Le chesne prenent à coper-, Bien. 1 1 925. En tel cas ne doit on pas faire l'execussion de la justice par fu [feu], mais abatre à cuignies et à martiax la partie du malfeteur tant solement, beaum. lu, 17. Et je regardai une coignée qui gisoit illec; si la levai et dis que je feroie la clef le roy, joinv. 250. || xv° s. Et aussi une cogniéte Abat bien souvent un grant arbre, Mir. de Ste Genev. Entre ces archers avoit autres assaiilans qui porloient cognies grands et bien tranchans, froiss. i, i, 207. Lors commencerent-ils a ferir et à frapper contre l'huis de grandes guignies pour derompre et briser la porte, id. n, ni, 23. La deuxième porte rompue et brisée par force quingnies, id. ii , m, 99. || xvr' s. Il ne faut pas ruer le manche après la coignée, leroux de li.ncy, Prov. t. a, p. IG4. Advint qu'il perdit sa coingnée; qui feut bien fasché et iniiii, , ce feut il; car de sa coingnée dependoitson bien e1 sa vie; par sa coingnée vivoit en honneur et réputation entre tous riches buscheteurs; sans coingnée mouroit de faim, rab. l'ont iv, Nouveau prologue. Le capitaine Martin du Bellay recite, au voyage de Luxembourg, avoir veules gelées si aspres que le vin de la munition se coupoità coups de hache et de congnée,se débitait aux soldats par poids, et qu'ils l'emportaient dans des panniers, mont, i, mi.
— ÉTYM. Berry, cognie^ cougnée, cougnie; genev. coignée; Saintonge, cougnée; picard, quignie; bas-lat. cuniada, dans un texte du vin° siècle (capitulaire de villis, 42); du latin cuncus, coin (voy. ce mot). La cognée, employée à enfoncer les portes, se disait aussi la clef le roi, parce que la justice avait le droit d'enfoncer une porte fermée ou qu'on refusait d'ouvrir.
COGNE-FÉTU (ko-gne-fé-tu) , s. m. Celui qui se ■ beaucoup pour ne rien faire. || Au plur. Des cogne-fétu ou cogne-fétus. || Cogne-fétu a signifié cardeur de laine. C'est comme si je disais que les cogne-fétus et cardeurs de laine.... garasse, Recherche des recherches, p. 239, dans lacurne.
— HIST. xvi" s. Il ressemble coignefestu, il se tue et ne fait rien, oudin, Curios: fr. Il sembloit un coignefestu, et il ne vouloit rien faire ny laisser faire les autres, montlug, Mém. t. 1, p. 72, dans lacurne.
— ÉTYM. Cogner, fétu.
COGNER (ko-gné), v. a. || 1° Frapper sur un clou, une cheville, pour l'enfoncer. Cogner une cheville. Il Cogner un fétu, s'occuperde choses sans importance. Fiesque, loin des soins super 11 us, Fera quelque chose d'utile, Et, moins altéré,' plus tranquille , Ne cognera plus de fétus, chaul. À Mme de Lassay. || Fig. Nous tâchons de cogner dans la tête de votre fils l'envie de.... sév. 503. y 2° Cogner quelqu'un, le frapper avec quelque chose. Cet homme m'a cogné avec une planche qu'il portait. || Se cogner la tête, se heurter la tête contre quelque chose. || Fig. Se cogner la tête contre le mur, s'obstiner à une chose impossible. || 3° Populairement, battre, rosser. Tu te feras cogner. || 4° V. n. Frapper contre, heurter. Cogner à la porte. || 5° Se cogner, v. réfl. Se heurter, donner contre. Se cogner contre quelque chose. Il Se battre, en parlant de plusieurs. Ils se sont joliment cognés.
— HIST. xuc s. Il s'entrefierent et des cors et des piz [poitrines], Ensemble coignent les forz escuz voltiz [bombés], Et coronemens Loogs, v. 2537. Il xm" s. En un trou de tarière [ils] lui boutent er- 11 m ment Les deux pois [pouces], et les coignent moût angoisseusement, Berte, xcv. ||xve s. Alez-en que je ne vous coigne; De vos preschements n'ay-je cure, Mir. de Sic Genev. Il s'employe de bon cueur À. relier ses tonnaux, Et lui mesme congne; Pour remplir tost ses vaisseaux, Haste la besongne, bas- SELIN, l. [| xvie s. Le père y alla, le combatth et coigna [accula] jusques enMarroche, d'auu. Ilist. 1. 37. Il trouve la garnison dehors, la congne avi c tel effroi qu'elle abandonne la ville, id. ib. 1, 1 54. Les chevaliers et ceux de la garnison de la cité troublèrent son loisir, et le congnerent jusques dans son
gros, id. ib. 1, 239. Qui fut bien aise? Ce fut André Doria, lequell'ayant là accullé et coignié, qu'il n'en pouvoit jamais sortir sans sa miséricorde.... brant. Cdpit. franc, t. n, p. G7.
— ÉTYM. Cognée; Berry, cougner; wallon, counii, gounii. Dans l'historique on trouve à coigner le sens de frapper, et celui de pousser en un coin, acculer.
f COGNET (ko-gnè), s. m. Rôle de tabac formé en cône.
— ÉTYM. Diminutif de coin.
f COGNEUX (ko-gneù), s. m. Outil du fondeur en sable.
— ÉTYM. Cogner.
f COGNITIF, IVE (kog-ni-tif. ti-v'), adj. Terme de philosophie. Qui est relatif à la connaissance. Il Qui est capable de connaître. Les conditions de la cognition humaine, la constitution de l'organe cognitif de l'homme influent sur toutes ses connaissances, impriment leur sceau à tous les objets, sans qu'ils puissent lui apparaître d'une autre manière, villers, Kant, p. 119.
— HIST. xive s. Puissance cognitive, oresme, Thèse de meunier. La puissance cognoscitive , oresme, Eth. G5. Il xv" s. Des vertus qui sont cognoiscitives, une chascune, moins est matérielle, plus a perfaicte cognoiscence, christ, de pisan, Charles V, m, 65.
— ÉTYM. Voy. cognition ; provenç-. cognitiu.
' f COGNITION (kog-ni-sion), s. f'. Terme de philosophie. Acte intellectuel par lequel on acquiert une connaissance. Ces hommes sages qui avaient jeté un regard savant sur la nature de la cognition humaine.... villers,- Kant, p. 59. Le problème premier et par conséquent fondamental de la métaphysique est de livrer une bonne et scientifique théorie de la cognition humaine, d'expliquer comment l'homme connaît.... id. ib. p. G4.
— ÉTYM. Provenç. cognicio; anc. espagn. cognition; ital. cognizione ; du latin cognilionem, dëcognoscere (voy. connaître).
| COGNOIR (ko-gnoir), s. m. Morceau de bois pour serrer et desserrer les formes typographiques.
— HIST. xvi" s. Coignoir, oudin, Dict.
— étym. Cogner.
| COGRAINS (ko-grin), s. m. pi. Terme de métallurgie. Parcelles de fer qui s'attachent à la filière dans les tréfileries.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et grain.
f COGUENOSCO (ko-ghe-no-sko), s. m. Terme de marine. Sorte de mastic dont on remplit les gélivures du bois, pour empêcher l'eau d'y pénétrer.
COHABITATION (ko-a-bi-ta-sion) , s. f. Terme de droit. H 1° État de deux personnes qui habitent ensemble. Il 2" État du mari et de la femme, qui vivent ensemble. || Se dit aussi de la vie en commun de deux personnes libres.
— HIST. xvr s. La sentence de Paphnutius fut reçue: lequel declaira que c'estoit chasteté, cohabitation de l'homme avec la femme, calvin; lnslil.
— ÉTYM. Cohdbitalio, de cohabitare, cohabiter. COHABITER (ko-a-bi-tê) , v. n. Vivre ensemble
en parlant des époux, ou de personnes libres vivant comme époux. Ils ont longtemps cohabité. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvie s. Il a fallu que les prestres levitiques, quand ils approchoient de l'autel, ne cohabitassent point avec leurs femmes, calv. Instit. 1004.
— ÉTYM. Cohabitare, déco.... préfixe, et habitare habiter (voy. ce mot).
f COHEN (ko-èn'), s. m. Dans la religion juive, sacrificateur.
— ÉTYM. Hébreu, cohen, prêtre.
f COHÉREMMENT (ko-é- ra-man), adv. D'une manière cohérente.
— ÉTYM. Cohérent, et le suffixe ment.
COHÉRENCE (ko-é-ran-s'), s. f. || 1" Terme de
physique. État de ce qui est cohérent. Dans le bois, la cohérence longitudinale est bien plus considérable q>.te l'union transversale, buffon, E.rp. su7 lesvégét. I" mém. || 2° Fig. Des idées sans cohérence,. Nos âmes se sont touchées par tous les points, et nous avons senti partout la même cohérence, j. j. rouss. Hél. 1, 11.
— HIST. xvie s. Ce qui se fait par une cohérence et glutinosité de matière visqueuse, ou de quelque excoriation, paré, iv, 14.
— étym. Cohssrentia, de cohterens, cohérent. COHÉRENT, ENTE (ko-é-ran, ran-t'), adj. || l°Qui
tient réciproquement ensemble. Les grains du grès sont très-cohérents. Les molécules du fer sont bien plus cohérentes que celles du plomb. || En botanique,
COH
étami nés cohérentes, étamines qui tiennent les unes au\ autres, soit par des poils, soit par une substance glutineuse. || 2" Fig. Ce discours est cohérent dans toutes ses parties. Rien de moins cohérent que ce mémoire.
— ÉTYM. Lat. cohxrens, de cohxrere, èlre cohérent, de co,ethasrere, être attaché (comp. hérétique).
f COHÉRITER (kô-é-ri-té), r. n. Etre cohéritier.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et hériter.
COHÉRITIER , 1ÈRE ko-é n-tié, tiè-r'), s. m. et/-.
Terme de droit. Celui, colle qui hérite avec un autre.
— ÉTYM. Co.... préfixe, et héritier.
COHÉSION (ko-ô-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de physique. Force en venu de laquelle les particules des corps solides se tiennent entre elles. Dans les corps la cohérence est l'effet delà cohésion. || Fig. La cohésion des parties d'un empire.
— ÉTYM. Cohxsum, supin de cohxrere (voy. cohérent).
t COH1BANT, ANTE (ko-i-ban, ban-l'), ad). Terme didactique. Oui isole. La propriété cohibaute de la résine à l'égard de l'électricité.
— ÉTYM. Lat. cohibere] arrêter, de co, ethabere, avoir, tenir.
f COHIBITION (ko-i-bi-sion), s. f. Terme didactique. Empêchement d'agir.
— ÉTYM. Voy. COHIBANT.
t COHIER (ko-ié), s. m. Terme d'eaux et forêts. Espèce de chêne pédoncule.
— ÉTYM. Queue : c'est-à-dire qui a une queue, un pédoncule.
COHOBATION (ko-o-ba-sion), s. f. Terme de pharmacie. Action de cohober.
— ÉTYM: Cohober.
COHOBÉ, ÉE (ko-o-bé, bée), part, passé. Une liqueur cohobée. || Ce mot technique est assez mal employé dans ce passage de Rousseau, où il n'a pas un eus exact : Les esprits vivifiants retenus et cohobés dans son sang, j. j. bouss. Ém. iv.
COHOBER (ko-o-hé). v. a. Terme de pharmacie. Distiller plusieurs fois de suite une liqueur sur son résidu, ou mieux sur de nouvelles substances, pour qu'elle se charge davantage des principes volatils.
— ÉTYM. Origine inconnue.
COHORTE (ko-or-f), s. f. || l-Terme d'antiquité. Troupe d'infanterie chez les Romains qui était la '0e partie de la légion. ||2" En général, troupe de combattants. Pouvions-nous le surprendre ou forcer les cohortes Qui de jour et de nuit tiennent toutes les portes? cobn. Héracl. iv, c. Il parle, et, défiant leurs nombreuses cohortes, Du palais à ces mots il fait ouvrir les portes, bac. Milhr. v, 4. De ses fiers étrangers assemblant les cohortes, id. Alliai, i, ^. N'y reste-t-il que vous et vos saintes cohortes [les lévites]'? m. ib. ni, 7. 11 sort demi-paré; mais déjà porte II voit de saints guerriers une ardente cohorte, Qui tous, re-mplis pour lui d'une égale vigueur.... boil. Lutrin, v. || 3° Familièrement, toute sorte de gens réunis en troupe. Et bravant des sergents la timide cohorte, boil. Sat. v. || 4° Sous l'Empire de Napoléon Ier. division déterminée de la Légion d'honneur. || Troupe de gardes nationaux mobilisés, en (8)4, au début de l'invasion.
— HIST. xiv° s. Cohorte n'estoit autre chose que une certaine flote ou compaignie de genz aimez, bercheure, f°2. Les cohortes esleurent leurs centurions, id. f" 74. || xvi°s. [ils] Sont venus voirla royalle cohorte, Amour, triumphe, et beauté souveraine,
— ÉTYM. Le latin cohors.
COHUE (ko-ue), s. f. \\ 1° Autrefois, dans quelques provinces, nom du lieu où les petites justices se tenaient. Le procureur était à la cohue. || 2" Assemblée bruyante et tumultueuse. Toute cette cohue se dispersa, hamilt. Gramm. 3. Si.... En pareille cohue on me peut retenir, boil. Sat. m. Minerve seule à Samos descendue Avait du ciel suivi les souverains; Mais du Dieu Pan, des Faunes, des Sylvains, Elle évitait l'indécente cohue, malfil. Narcisse, ch. m. Et votre complaisance un peu moins étendue De tant de soupirants chasserait la cohue, mol. Mis. il, i. Je serais mort en quatre jours, s'il me fallait vivre en homme du monde: je suis tranquille au milieu du tintamarre et solitaire dans la cohue, volt. Lett. Mme Florian, <2 oct. 1767. || 3" Confusion dans une assemblée trop nombreuse. Il y avait trop de cohue à ce bah || 4° Anciennement, criaillerie, clameur. On lui a fait une cohue dont il a été fort touché, scabron, dans ri-
CHELET.
— HIST. xiii" s. Cohue [sorte de tribunal], dans un titre do 1235, Bibl. des Chartes. 4esér. t. m, p. 450.
jjxiv's. À Raoul eA donnée la garde du guichet et