‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 381 sur 462 · Je ne pourrais pas y jouer à colin -maillard. SÉV · texte numérisé non relu

Je ne pourrais pas y jouer à colin -maillard. SÉV

57G. Que puis-je leur répondre? c'est jouer à colinmaillard, volt. Lett. en verseten prose, i35. J'aimeà voir Colin d'Harleville , De Regnard émule charmant, Attraper dans son vers facile, L'esprit, la grâce et l'enjouement; Mais chez les nymphes d'Aonie, Colin d'Harleville au hasard, Voulant attraper le génie, Me semble un peu colin-Maillard, lebrun, / pigr. Deux tables de boston et un colin-maillard dans le salon que tu connais; tu peux t'imaginer comme on était à l'aise, p. l. cour. Lett. n, lus. Il Fig. C'est un colin-maillard, se dit de manèges, de démarches où chacun agit à l'aveugle.

— hist. xvie s. Il jouoit à colin maillard, rab. Garg. I, 22. Colin bridé peu d'enfantsj , oudin, Curiosités.

— ÉTYM. Colin, nom d'homme pris en un sens général, et maillard, sans doute tenant à maillot.

f COLIN-TAMPON (ko-lin-tan-pon) , s. m. Batterie des tambours suisses. || Familièrement. S'en moquer comme de colin-tampon, n'avoir pas le moindre souci d'une chose.

— IIIST. xvr s. Ainsi le palalalalan a emprunté ce nom du tambour des François; ainsi le colin tampon de celuy des Souisses, pasquier, Recherches,

— ÉTYM. Colin, nom propre, et tampon.

f t. COLIQUE (ko-li-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au côlon.

— ÉTYM. KwXi/.àç, de y.uO.ov, côlon.

2. COLIQUE (ko-li-k'), s. f. Terme de médecine. Douleur intense siégeant dans les entrailles. Grimaçant son discours, semble avoir la colique, Régnier, Sut. n. J'eus une colique très -fâcheuse, sév. 58. Mme de Brissac avait aujourd'hui la colique, id. 277. y Colique hépatique, douleur qui a son siège à la région du foie, et qui est souvent occasionnée par le passage de quelque calcul biliaire à travers les conduits cystique et cholédoque. || Colique métallique, colique des peintres, colique saturnine, colique due à l'absorption du plomb, et dont les principaux symptômes sont des douleurs abdominales très-aiguës. || Colique néphrétique, douleur qui a son siège dans les reins, et qui est due à l'irritation produite par quelque calcul formé dans les reins. || Colique sèche, maladie endémique à l'île Bourbon, au Sénégal, au Gabon et sur les côtes intermédiaires, ainsi que dans l'Inde française. || Colique d'estomac, sorte de douleur intense, névralgie qui saisit l'estomac. || Terme de vétérinaire. Coliques ou tranchées, nom générique des douleurs dans les organes du ventre. Colique rouge ou colique sanguine, colique procédant d'une congestion de la muqueuse intestinale, etoù les douleurs sontsoudaines et atroces. || Fig. et familièrement. Avoir la colique, avoir peur (parce que la peur relâche le ventre).

— HIST. xvi° s. Je me suis envieilly de sept ou huict ans; ce n'a pas esté sans quelque nouvel acquest; j'y ai practiqué la cholique, par la libéralité des ans, mont, ni, <og. Dont s'ensuit la colique passion, paré, Inlrod. 6. Aux gros boyaux, c'est ce que nous nommons proprement colique, qui a pris son nom de la partie malade qui est colon, c'est à dire la continuité des gros boyaux, mais principalement en celuy que nous nommons colon. — Colique néphrétique ou pierreuse, id. xv, 65 bis.

— ÉTYM. Colique i.

COLIR (ko-lir), s. m. Sorte d'officier en Chine, qui a la fonction de censeur universel. || On trouve aussi coli.

f COLSQUEUX (ko-li-keû), s. m. Celui qui est affecté de colique.

— ÉTYM. xvi° s. Et lors on lui vid faire des mines d'un colliqueux, rougir et paslir, d'aub. Fœn. iv, 4. La douleur coliqueuse, paré, xv, 65 bis. En dix huit mois ou environ qu'il y a que je suis en ce malplaisant estât, j'ay desja apprins à m'y accommoder; j'entre desja en composition de ce vivre choliqueux, mont, m, 1 1>7.

— ÉTYM. Colique 2.

COLIS ou COLI (ko-li), s. m. Terme de commerce. Caisse, ballot de marchandises expédiées. || Tout objet remis à une entreprise de transport.

— ÉTYM. ltal. colli, charges, pluriel de collo, cou (voy. cou), parce que la charge se porte sur le cou.

COLISÉE (ko-li-zée), s. m. Vieux amphithéâtre romain, bâti par Vespasien, et consacré par Titus son fils, où toutes les provinces de l'empire étaient représentées en statues, et Rome au milieu avec une pomme d'or à la main. Vieux palais ruinés, chefd'œuvre des Romains, Et les derniers efforts de leur architecture; Colisée où souvent ces peuples inhumains De s'entr'assassiner se donnaient tablature, scarron, Sonnet. || Nom donné à quelques

anciens monuments, qui sont des théâtres ou des amphithéâtres.

— ÉTYM. Bas-lat. coliseum, de colosseum, de colossus, de xoXoercôi; , colosse-, ainsi dit selon les uns à cause de son immensité, selon les autres à cause de la statue colossale de Néron qui en occupait jadis l'emplacement.

f COLISSE (ko-li-s'), s. f. Chacune des mailles entre lesquelles passent les fils de la chaîne d'une étoffe.

— ÉTYM. Le même que coulisse.

f COLITE (ko-li-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de l'intestin côlon.

— ÉTYM. Côlon.

f COLITIGANT (ko-li-ti-ghan) , adj. Terme de jurisprudence. Les parties colitigantes, les parties qui plaident l'une contre l'autre.

— ÉTYM. Co.... préfixe, et litigure, avoir procès (voy. litige).

COLLABORATEUR, TRICE (kol-la-bo-ra-teur , tri-s') , s. m. et f. Celui, celle qui travaille avec un autre à un môme ouvrage, à une même publication littéraire. Ouvrages charmants à voir, charmants à lire, où le soin d'une exécution toute littéraire s'allie heureusement à la vivacité du mouvement théâtral, et qui font grand honneur à M. Ancelot , quoiqu'il les ait composés en grande partie avec des collaborateurs, legouvé, Disc.de réception à l'Acad.

— ÉTYM. Latin fictif collaborator , de collaborare, collaborer.

f COLLABORATION (kol-la-bo-ra-sion ; en poésie, de six syllabes), 4'. f. Participation à un travail littéraire. Si l'art dramatique français règne partout, si l'on ne représente à Saint-Pétersbourg, à Madrid, à Naples, à Londres, à Vi-enne, que des ouvrages français, à qui le devons-nous? à la collaboration qui, décuplant le nombre des productions ingénieuses et même originales, permet seule à l'imagination française de devenir, pour ainsi dire, l'imagination du monde, legouvé, Disc, de réception à l'Acad. H Terme de jurisprudence. Travaux, soins communs du mari et de la femme.

— ÉTYM. Latin fictif collaboratio , de collaborare , collaborer.

t COLLABORER (kol-la-bo-ré), v. n. Travailler avec une ou plusieurs personnes à un ouvrage d'esprit. C'est un ouvrage auquel ils ont collaboré.

— ÉTYM. Collaborare, de co.... et laborare, travailler (\oy. labeur).

COLLAGE (ko-la-j') , s. m. || 1° Action de coller du papier de tenture dans un appartement. || Collage de bois, jonction de pièces de bois, par le 1 de la colle forte. ||2°Terme de papeterie. Action d'imprégner de colle le papier, pour qu'il ne boive pas. Il 3° Clarification du vin , à l'aide de la colle de poisson ou du blanc d'oeuf.

— ÉTYM. Coller.

f COLLA1RE (kol-lê-r'), adj Terme de zoologie. Qui a rapport au cou.

— ÉTYM. Col.

COLLANT, ANTE (ko-lan, lan-t'), adj. Qui colle. [1 Pantalon collant, pantalon si juste qu'il dessine les formes.

f COLLAPSUS (kol-la-psus'), s. m. Terme de médecine. Diminution de l'excitabilité du cerveau, ce qui fait qu'il cesse de remplir ses fonctions ou les remplit irrégulièrement.

— ÉTYM. Collapsus, chute, du latin cum, et lapsus, chute.

COLLATA1RE (k ol-la-tê-r') , s. m. Celui en faveur de qui le droit de collation est exercé.

— ÉTYM. Voy. collation.

COLLATÉRAL, ALE (kol-la-té-ral, ra-1"). adj. Il 1° Qui accompagne, qui marche à côté. || Terme d'architecture. Nef collatérale, nef des bas côtes ou ailes d'une église; et, substantivement, les collatéraux (l'une église , les bas côtés. || Terme d'anatomie. Artères collatérales, celles qui, s'échappant d'une autre artère, suivent à peu près la même direction que celle qui les a fournies. || 2" terme de jurisprudence. Qui est parent hors de la ligne directe. Parents collatéraux. Et que le ciel vous envoie des héritages d'Amérique; car il est bien flatteur d'être ainsi collatéral, picard, le Collatéral. 1, 6. Il En termes de généalogie, ligne collatérale, celle qui est à côté de la directe et où sont les cousins, neveux, oncles, tantes, etc. Succession collatérale, la succession qu'on recueille d'un parent en ligne collatérale. Héritier collatéral, celui qui hérite d'un parent en ligne collatérale. || Substantivement. Un collatéral éloigné. Les collatéraux. || 3° Terme de géographie. Points collatéraux, les points qui sont au milieu de deux points cardinaux. Le nord-est et

COL

cor,

COL

le sud-ouest, le nord-ouest et le sud-est, sont les i points collatéraux.

— ms r. xvi" s. Si les père et mère roturiers ou l'un d'eux marient leur fille et lui donnenl de leurs

5, elle peut renoncer à succession paternelle, maternelle et collatérale à escheoir, Coust. génêr. t. 11, p. '.88. Le foye est lié et attaché par trois ligamens, à sçavoir deux collatéraux et un supérieur, paré, i, 18. Les polemarches sont certains officiers qui assistent aux roys a la guerre comme leurs collateraux, AMYOT, Lijc. is. Il s'embarqua, ayant pour

conseillers et collatéraux trente Spartiates, comme il avoit eu à son premier voyage, m. Agé-

. 62. Non content d'estre collatéral a son père

cié a son sang], le voulut, pour son premier coup d'essai, supplanter de sa dignité impériale, PASQUISR, Lettres, t. il, p. 5(9, dans lacurne. Hz ont fleury et multiplié tant en ligne directe que collai,Malle, llozii r histor. i, t .

— ÊTYM. Co.... préfixe, et latéral.

t C01XATÉRALEMENT (kol-la-té-ra-le-man), adv. En ligne collatéral .

— iiist. xvie s. Uetraict se fera de l'immeuble qui

scheu au vendeur par droit de succession de ère et mère ou collaterallement d'autres siens parens, Nouv. coust. génér. t. n. p. 855.

— ÊTYM. Collatérale, et le suffixe ment.

t COLLATÉRAJJTJÊ (kol-la-té-ra-li-té), s. f. Qualité de col'. itérai.

— HIST. xvi* s. Collateralité, cotgrave.

— ÉTYM. Collai rai.

eOUATEUR (kol-la-teur),s.m. || l°Celui qui avait le droit de conférer un bénéfice. Si on donne un bien temporel pour un bien spirituel non pas comme pi i\ , mais comme un motif qui porte le collateur à le donner, est-ce simonie? pasc. Prov. 12. Le P. Tellier, tirant sur le temps et sur le peu de considi ration du ci llateur, fit entendre au roi qu'il ne convenait pas qu'un particulier fît sans lui un évêque dans son royaume, st-sim. 352, 131. Grégoire VII avait conçu le dessein d'ôter à tous les collateurs séculiers le droil d'investir les ecclésiastiques, volt. Mœurs, 4i>. Une très-grande partie des bénéficesc m ii-. était à la disposition des patrons ou collateurs laïcs, et ces laïcs en disposaient, mirabeau, Collection, t. v, p. 290. || Collateur ordinaire, ou, simplement, ordinaire, celui qui de droit commun conterait le bénéfice. || 2° Celui qui confère.

— hjst. xvi" s. Ce ne sont pas les evesques seulement qui confèrent les bénéfices : et encore quand ils en sont collateurs, calv. Instit. 873.

— ÉTYM. Collator, celui qui confère, de collatniii, supin de enferre, conférer, cum, avec, et latum, supin de ferre, porter (voy. lé).

COLLATIF, IVE (kol-la-tif, ti-v'), adj. Bénéfice collatif, bénéfice susceptible d'être conféré.

— ÉTYM. Voy. COLLATEUR.

i . COLLATION ikol-la-sion ; on prononce les deux Il . ce qui le distingue du suivant), s. f. || 1° Terme de jurisprudence. Droit de nommer à un bénéfice ecclésiastique; action de conférer un bénéfice ecclésiastique. 11 n'y a rien à dire de ma part sur les collations , tioss. /.<it. abb. 13. || La provision du collateur. Avoir la collation de l'ordinaire. || 2" Action de conférer un titre, un droit. || Action d"e conférer un grade, par faveur et indépendamment des examens, en des circonstances exceptionnelles. || 3" Action de conférer, de confronter une copie avec l'original pour en constater l'exactitude. Les clercs delà vie commune, aux Pays-Bas, s'occupaient de la collation des originaux dans les bibliothèques, chateaub. Génie, iv, vi, 5. Après axoir copié tout le morceau inédit, j'achevai la collation du reste avec ces mes- ■ leurs, p. l. cour, i, 08. || 4°'lerme de libraire. Action de collationner. || 5° Mot qui s'est quelquefois dit en grammaire pour comparaison.

— HIST. xivc s. Par collacion et composicion de l'un à l'autre faite, oresme, Etii. 66. Pour la cause d'exemple et pour probacion Es simples et es rudes, j'en fais collation [je les mets sous les yeux; il s'agit d'exemples], Girart de Hoss. v. 5861 . ||xvc s. Si viieil [je veux] avoir conseil et collation avecque vous, comme je me pourray maintenir contre les I.issebonois et Portugalois , frûiss. liv. ni, p. 50, dans lacurne. Et maistres on théologie et divinité de liais ordres d'i glise Un plot [au roij souvent oyr en ses colacions [conférences] , christ, de pisan, Charles Y , i, ch. 15. Et fuifaicte une collation [discours] par un frère des Jacobins toute tendant à lin de miséricorde, Chr. de saint Denis, t. ni, p. lu, dans lacurne. Maitre Jean commença sa petite collation [allocution] , comme il s'ensuit, louis xi, Nouv. xxxn. || xvi" s. Quant est de la collation des

bénéfices, laquelle chose estoit anciennement eon- [ointe avec la promotion.... calv. Instit. 872. Jesçay bien qu'il y en a qui veulent prouver par collation des lemps que ce soit une fable controuvée à plai- - i . imyot, Solon, ">o. Par collation de plusieurs pas âges respondants l'un à l'autre, id. Moral. Épit. p. 15.

— ÉTYM. Provenç. collation; espagn. colacion ; ital. collazione ; du latin collalionem (voy. collateur).

2. COLLATION (ko-la-sion; en poésie, de quatre syllabes; on ne prononce qu'une seule l. ce qui le distingue du précédent), s. f. || 1° Repas léger que les catholiques font au lieu de souper, les jours de jeûne. Plus la nourriture est forte, plus on est en état de garder la règle du jeûne en ne faisant chaque jour qu'un seul repas avec une petite collation, fén. xvin, 479. || 2° Par extension, tout repas fait dans l'après-dînée et qu'on nomme aussi goûter ; anciennement petit repas fait entre le dîner et le souper; et aussi petit repas donné par politesse, par galanterie. Je n'ai pas songé à vous donner un peu de collation avant de partir, mol. l'Av. m, 12. Il nous a donné la collation, id. Fourb. 11. 1 1. Après cela, on fit une jolie collation, sÊv. 78. Les soirs il \ a ut faire collation avec nous, id. 504. On fit collation, on soupa, etc. id. 47. Je lui dois donner une très-bonne collation, id. 414. A dîner, on me servit des tubéreuses et puis des peaux d'Espagne ;

I i n'eus que des jonquilles à collation, fén. xix, 40. || 3° Petit repas qu'on fait, entre les repas, en hâte, -m passant, ou par une circonstance quelconque.

II 4° Anciennement, repas qu'on servait la nuit dans les bals. Il y eut bal et grande collation.

— HIST. XVe s. Pour faire une collation pour le l'ait du curé de saint Jaques, Bibl. des Chartes, 5e série, t. 1, p. 226. Après qu'ilz eurent tous soupe et joué, le dit Beauchamp fist hucher pour faire collation d'après souper, nu cange, collatio. Allèrent visiter les Gantois de lieu à autre, et prindrent la collation de vin en la tente de Gand, et de là passèrent parmi Bourbourg , et allèrent loger emprès Gra vélines , monstrkl. t. 11, p. 132, dans lacurne. Il xvie s. Et qu'autre chose il n'ha, sans point mentir, Qu'une rostie àsacolation, marot, t. m, p. 06. J'ai prins coutume de ne souper plus, et de faire seulement un petit de collation au soir, nF.spER. Contes, lix. S'il la veut venir voir à ce soir, elle luy donnera la collation entre huit et neuf heures, id. ib. xxxm. Faisant collation d'une bourrée [fagot], devant qu'aller au lit, id. ib. xcvn. Le duc mesme, y arrivant sur le poinct de la collation et se fiant qu'on n'auroit pas touché à sa bouteille, en print à son tour, mont, i, 253.

— ÉTYM. Provenç. collation; bas-lat. collatio (voy. collation 1). Ce terme vient des coutumes ecclésiastiques. Dans les monastères, on faisait, après le souper, qui avait lieu de bonne heure, une lecture de l'Ecriture sainte ou des Pères. Les moines échangeaient leurs observations sur le texte ; les uns faisaient des objections, d'autres y répondaient. Cet exercice, que nous appelons une conférence, ils l'appelaient collatio (de confeire). Au sortir de là, on prenait quelques légers rafraîchissements, et l'on s'allait coucher : de là le sens de petit repas donné à collation, génin, Récréât, t. 1, p. 429.

COLLATIONNÉ, ÉE (kol-la-sio-né , née), part. passé de collationner (. Copie dûment collationnée.

1. COLLATIONNER (kol-la-sio-né; ce verbe se distingue du suivant par la prononciation des deux U) , v. a. [1 1° Faire la collation d'une copie avec l'original; conférer deux écrits ensemble. 11 eût été intéressant de collationner le texte de ce manuscrit avec les textes que nous avons, chateaub. Itin. 98. Il -2° Terme de librairie. Vérifier s'il ne manque point de feuillets à un livre, soit par les signatures à l'égard îles cahiers, soit par les chiffres à l'égard des feuillets.

— ÉTYM. Collation 1 ; provenç. collationar ; espagn. colac.'onar ; ital. collazionare.

2. COLLATIONNER (ko-la-sio-né ; ce verbe se distingue du précédent parce qu'on n'y prononce qu'une seule /), v. n. Faire le repas appelé collation. Nous avons collationné ensemble. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— iiist. xvie s. Et de quoi collationnez - vous? desper. Contes, lix. L'ordre deCiteauxdisne bien, mais collationné mal [par un jeu de mol sur colla tionner, faire la collation, et collationner, donner un bénéfice, parce que les abbayes, l'ordre étant très-riche, dînaient bien, mais avaient peu de bénéfices dépendants d'elles], leroux, Dict. comique.

— ÉTYM. Collation 2,

COLLE (ko-f), s. f. y 1» Préparation molle et homogène qu'on obtient en délayant de la farine dans de l'eau, et en soumettant le tout à la chaleur, et qui sert à joindre d'une manière fixe certains objets. Il Colle forte, gélatine extraite des rebuts de substances animales, tels que les oreilles, les pieds, les rognures de peau. Il 2° Populairement, bourde, menterie, ainsi dite, parce qu'une attrape est comparée à une chose qui colle. En voilà une colle I Donner une colle. || Terme d'écolier ou plutôt d'aspirant à une école spéciale. Professeur ou maître de colles, examinateur qui vient à certains joui , aux aspirants des questions difficiles et auxquelles ils ne sont pas préparés, afin qu'ils apprennent à y répondre.

— HIST. xme s. Chose mollée [moulée] atachée à cole seur l'arçon, Liv. des met. 209. || xve s. Dames ne sont mie si lourdes.... Pour leur faire acroira merveilles, Elles changent si souvent leurs colh s, al. chart. La belle dame sans mercy. || xvic s. Prenez colle des menuisiers, fondue en eau chaude, paré, x, 9. Donner ou ficher la colle [attraper], oudin, Curios. fr.

— ÉTYM. Espagn. cola ; ital. colla; du latin colla, du grec y.6).)a.

COLLÉ, ÉE (ko -lé, lée), part, passé. || 1° Joint par de la colle. Le papier collé sur le mur. || Par extension. Les cheveux étaient collés sur la plaie. f! Papier collé, papier qui a reçu un apprêt permettant qu'on écrive dessus. || Fig. Faire tourner, des mots mal joints et mal collés, Régnier, Sat. iv. Il 2° Fig. Attaché à, fixé sur. Il était tous les jours collé sur les livres, hamilt. Gramm. 10, Nous nous écoulons en lui, nous y demeurons collés, boss. Somm. de la doct. Sa bouche tremblante collée sur le signe sacré de son salut, mass. Car. Impén. Le duc [de Beauvilliersl eut sans cesse les yeux collés .urmoi pendant que je lui parlai, st-sim. is, 169. C'est lui qui entre dans une église , et prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier.... la bruy. xi. Il passa trois ans collé sur ses barbouillages, j. j. rouss. Ém. m. Je me tenais collé à la fenêtre, chateaub. Itin. 176. [Le crucifix] Aux lèvres du mourant collé dans l'agonie. Comme un dernier ami, lamart. Méd. il, 22. Il Collé sur son cheval, collé sur la selle, se dit d'un cavalier solide sur sa selle. I] Terme de chasse. Chien collé à la«voie, chien qui ne s'écarte pas de la piste de l'animal. || Terme de jeu de billard. Touchant à la bande. Bille collée. Je suis collé. Il Terme d'écolier. Qui ne trouve rien à répondre, surtout dans un examen : 11 demeura collé. Et aussi pris en faute, puni : Je suis collé pour la promenade.

t COLLECTAIRE (kol-lè-k(è-r') , s. m. Terme de liturgie. Livre de prières qui renferme toutes les collectes de l'année.

— ÉTYM. Collecte.

COLLECTE (ko-lè-kf; d'autres disent kol-lè-kt'), s. /'."H 1" Anciennement, la levée des impositions. Il Le temps pendant lequel un collecteur était en fonction. || 2° Par extension, quête en vue d'uno œuvre de bienfaisance ou d'une dépense commune. On dîne, et, après le repas, on fait une collecte pour les pauvres, volt. l'hil. 11, 43. Une lettre pastorale qui demande une collecte pour nos soldats qui sont esclaves à Maroc, id. Lett. d'Argental, 10 fév. i7i;o. [| 3" 'ferme de liturgie catholique. Nom d'une prièro de la messe qui se dit avant l'Épitre et qui varie suivant les occasions. || 4n Collecte s'est dit jadis pour assemblée, en langage de l'ordre de Malte.

— HIST. xvie s. [Les mutins ayant] pillé leur gênerai, firent une collecte, fortifièrent pour eux la ville de S. Paul, d'aub. Iiist. m, 321. Gens de poeste [serfs, gens sous puissance de maitre] ne se peuvent assembler, ne faire gets ne collecte sur eux, ne faire ou passer procuration sans l'autorité et licence de leur seigneur haut justicier, Coustum. génér. t. 1, p. 848.

— ÉTYM. Provenç. collecta; espagn. colecta; ital. colletta; du latin collecta, du participe passé collectas, recueilli, de colligere (voy. cueilliu).

i COLLECTER (kol-lè-kté), t'. n. Faire une collecte. En isiu, le gouvernement de Genève permit do collecter pour les incendiés de Sallanches. Terme clair et ni lie, IIUMBER Y , Gloss.

— ÉTYM. Collecte.

COLLECTEUR (ko-lè-kleur; d'autres disent kollè-kteur), x. m. || 1° Celui qui avait charge da recueillir les imp isitions. || Celui qui reçoit des cotisations volontaires, par 1 temple dans les communautés protestantes; || 2" ferme de physique. 1.0 plateau supérieur du condensateur ou celui qui est en rapport direct avec la source d'électricité. || 3° Adj,

COL

1 e de botanique. Poi . appendices

, ; garnissent quelquefois le stigmate, et auxquels on attribue la fonction de recueillir le pollen.

— HIST. xvi° s. 11 fit mourir leurs collecteurs qui levoient et exigeoient la taille, amyot, Pyrrh. 51.

— ÉTYM. Provenç. colleclor ; espagn. colector ; ital. colletiore; du bas-latin colleclorem (voy. collecte).

COLLECTIF, IVÊ (ko-lè-ktif, kti-v'; d'autres disent kol-lè-ktif) , adj.\\ l°Qui contient un ensemble de personnes ou de choses, qui appartient à un ensemble de personnes ou de faits. Un tout collectif. L'homme à demi sauvage, dispersé, ne connaît pas sa puissance collective. Et la famille, enracinée Sur le coteau qu'elle a planté, Refleurit d'année en année, Collective immortalité! lamart. Joc. ix, 291. || D'une manière collective, en considérant les objets comme formant un seul tout. || Substantivement et au masculin. Transporter le raisonnement de l'individuel au collectif, de l'homme au peuple, chateaub. Génie., I, i, 7. || 2°Terme de grammaire, qui, exprimant la réunion de plusieurs individus de la même espèce, présente à l'esprit l'idée d'une collection. Peuple, armée, compagnie sont des noms collectifs. || Sens collectif, valeur collective, sens, valeur que prend un mot au singulier, qui, n'étant pas collectif de soi, le devient par l'emploi. Dans cette phrase : le renard est rusé, renard a un sens, une valeur collective#. || Substantivement. Un collectif. Les collectifs.

— ÉTYM. Lat. collectives (voy. collecte) ; provenç. collectiu; espagn. colectivo; ital. colkttivo.

COLLECTION (ko-lè-ksion; en poésie, de quatre syllabes; d'autres disent kol-lè-ksion), s. f. || l"Terme de pharmacie. Collection des drogues, l'approvisionul qu'on en doit faire. || 2" Terme descolastique. tion de parties. Il [Dieu] est l'être infini par inu, comme dit l'école, et non par collection, i tist. 293. || 3° Assemblage d'objets d'art ou de science. Une collection d'insectes, de médailles, d'armes de prix. Une collection de tableaux. Les collections [deCommerson ], qui existent encore au Muséum de Paris, figurent parmi les plus précieuses richesses que possède cet établissement, cap, Philibert Commerson. || Par extension, se dit 'des personnes et de toutes sortes d'objets dans le langage familier et plaisant. Une collection d'originaux, de beaux esprits. Vous avez là une belle collection d'habit-;, c'est-à-dire un grand nombre, une grande variété. || 4" Recueil de plusieurs ouvrages ou des divers numéros d'une publication ou de diverses pièces ou morceaux. La collection du Journal des ..mi. Le Spieilegium du P. d'Achéry est une i non de plusieurs pièces curieuses de l'histoire. || 5° Réunion d'extraits. Ce jeune homme a fait de bonnes collections. Peu usité aujourd'hui dans ce sens. || 6° Terme de médecine. Amas d'un liquide dans quelqu'une des cavités closes du corps. Collection purulente, amas de pus.

— HIST. xive s. Entre la collection des fruis passés et le labeur pour les fruis avenir. — Les collections ou commixtions de toutes les choses dessus dictes, oeesme, Thèse de meunier. || xvie s. Et pour ce qu'on ne peut bien mondifier telles playes, se fait collection de matière, dont en fin la mort s'ensuit, paré, vin 34. Nombre est pris icy largement, non pas tant seulement en tant qu'il est collection de plusieurs unités, est. de la roche, Àrismetique, f°42. Nombre est agrégation ou collection d'une ou plusieurs unités, m. ib. f" i.

— ÉTYM. Provenç. collectif); espagn. coleccion; ital. collezione , du latin collectionem (voy. collecte).

tCOLLECTIONNER (ko-lé-ksio-né). || i° V. n. Faire des collections. || 2° V. a. Collectionner des pierres précieuses, des insectes.

— étym. Collection.

f COLLECTIONNEUR, EUSE (ko-lè-ksio-neur, ïieû-z') , s m. et f. Celui , celle qui fait des collections.

— étym. Collectionner.

COLLECTIVEMENT (ko-lè-kti-ve-man ; d'autres

disent kol-lè-kti-ve-man) , adv. Dans un sens collectif. Dans la phrase : le tigre est féroce, tigre est pris collectivement.

— ÉTYM. Collective, et le suffixe ment. COLLÈGE (ko-lè-j' ; bien que l'Académie mette un

accent aigu, la prononciation est d'un accent grave), s. m. || 1° Corps de personnes revêtues de la même dignité. Il y avait à Rome un collège des augures, un collège des pontifes. || Collège d'artisans, nom donné aux corporations d'ouvriers dans l'empire romain. || Le sacré collège, le corps des cardinaux, divisé en trois ordres, évêques, prêtres et diacres. l| Anciennement, le collège des secrétaires du roi, la compagnie des secrétaires du roi. || 2° Collège

COL

électoral, assemblée d'électeurs, à l'effet d'élire des députés. Il Spécialement la réunion des électeurs appelés à voter pour une même élection. Un collège de département, d'arrondissement. Un collège peut être divisé en plusieurs sections. || 3° Etablissement d'instruction publique et secondaire. Aller, étudier au collège. Les élèves d'un collège. Vous ave/, bi au raisonner, monsieur est frais émoulu du collège, et il vous donnera toujours votre reste, mol. Mal. im. n, 7. Voyant l'autre jour écrit sur une grande porte Collegium, je devinai que cela voulait dire collège, m. G. Dandin, in, l. || Par extension, tous les élèves ou tous les pensionnaires d'un collège. Le collège est à la promenade. || Nom des diverses classes d'élèves distribués dans des cours différentes, selon leur âge. Le grand, le moyen, le petit collège. || Amitiéde collège, amitié contractée dès le collège. || Amis de collège, vieux amis et qui se regardent comme très-sûrs l'un île l'autre. || Sentir le collège, sentir son collège, avoir quelque chose de pédantesque. Certain enfant qui sentait son collège, Doublement sot et doublement fripon Par le jeune âge et par le privilège Qu'ont les pédants de gâter la raison, la font. Fabl. ix, 5. i| Collège se distingue de lycée en ce que le premier est un établissement municipal dont la gestion appartient à la ville qui paye le traitement des professeurs; dans le second, tout relève de l'État. L'enseignement est à peu près le même dans ces deux ordres d'établissements, les collèges se modelant autant que possible sur les lycées; mais, en général, dans les collèges, l'enseignement est moins élevé, moins développé, et le personnel moins complet (et non pourvu du titre d'agrégé). Collège de plein exercice, collège dans lequel il y a un professeur pour chaque classe. Les noms de proviseur, censeur, professeurs ne se disent que dans un lycée; dans un collège, il y a un principal et des régents. Avant 1848, il y avait collèges royaux et collèges communaux, termes changés depuis en lycées et collèges. || Collège de France, établissement fondé à Paris par François I", où l'on enseigne publiquement les hautes connaissances humaines, tant dans les lettres que dans les sciences et dans l'érudition.

— HIST. xiv° s. Pour ce [il] fist Dieu son hoir, si funda abaïes, Collèges, priortésqui or li font aies, Girart de Ross. v. 4285. Tuit y furent mandé et collège et chapitre, Et tuit cil du paiis qui orent croce et mitre, ib. 0059.. || xv° s. Plus n'ont nulles élections Les abbayes, les collèges, Abatu sont les privilèges,

st. desch. Poésies mss. f° 524, dans lacurne. Nous chrestiens qui sommes du collège de Jesus- Christ qui fut et est. Dieu et homme, Bouciq. iv, ch. 3. || xvie s. Les défaillis que nous trouverons en ce collège là [réunion choisie] , le monde les pourra hardiement bien advouer pour siens, mont, ii, 229. Un collège de religieux de l'observance de St Dominique, jean d'auton, Annales de Louis XII, p. 107. dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. collège; espagn. colegio ; ital. collegio; du latin collegium, de colligcre, réunir (voy. cueillir).

COLLÉGIAL, ALE (ko-lé-ji-al, a-1'), adj. || 1° Qui a rapport au collège. Écartons la muse empesée Qui, se guindant sur de grands mots, Préside à la prose toisée Des poètes collégiaux, gresset, les Ombres. || 2° Église collégiale, église qui n'est pas cathédrale et qui a un collège de chanoines, y Substantivement. Un de ses bâtards [à Bernard Van-Gallen] trouva le moyen d'être chanoine d'une collégiale, volt. Phil. n, 419. Plusieurs de ces églises des grecs sont des collégiales, id. Mœurs, 01.

— HIST. xv" s. Chantres, doyens, princes chanoines, Cathedraulx et collegiaulx, Registreurs et officiaulx, e. desch. Poésies mss. f" 405, dans lacurne. y xvie s. Ces escoliers furent eh la ville de Tholose appeliez collégiaux, comme enfans des collèges, et, en l'université de Paris boursiers, comme estans nourris et alimentez de la bourse commune de leurs fondateurs, paSQuier, Recherches, liv. vin, p. 79) , dans lacurne.

— étym. Collège.

COLLÉGIEN (ko-lé-jiin), s. m. Élève d'un collège.

— ÉTYM. Collège.

COLLÈGUE (kol-lè-gh') , s. m. Celui qui fait, avec d'autres, partie d'un même corps, et aussi qui exerce une fonction, une magistrature avec un autre, qui remplit la môme l'onction. Il est mon collègue au conseil d'Etat. Us sont collègues. Jurons-nous que des deux, qui que l'on puisse élire, Fera de son ami son collègue à l'empire, corn. Pulchérie, 1, 4. Ma vertu souffre trop en ce funeste lieu, Dont

COL

je ne puis chasser mes collègues impies, voltaire, Trium v. 1, 3.

— REM. L'Académie écrit collègue avec juste raison, puisque telle est la prononciation; mais elle écrit collège, où la position et la prononciation de l'e sont les mêmes. Cette anomalie complique inutilement l'orthographe.

— SYN. collègue, confrère. Collègue se dit de ceux qui sont revêtus des mêmes fonctions ou qui ont une même mission : on est collègue dans un collège, au sénat, au corps législatif, dans un conseil municipal, etc. Confrère se dit de ceux qui appartiennent à une même société, à un même corps, sans avoir rien à faire de particulier au nom de cette société. On est confrère à l'Académie et dans toutes les sociétés académiques. Les hommes revêtus des mêmes grades, comme les avocats entre eux, les médecins entre eux, les marchands qui vendent les mêmes objets, par exemple, les libraires entre eux, se traitent de confrères.

— ÉTYM. Le latin collega, de colligere (voy. cueillir).

f COLLÈME (kol-lê-m'), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes lichénoïdes dont le thalle est gélatinifortne quand il est humide.

— ÉTYM. KôXla, colle.

f COLLEMENT (kc-le-man), s. m. État de choses collées l'une sur l'autre. Le collement des paupières, dans une ophthalmie, par l'humeur qui est sécrétée.

— ÉTYM. Coller.

COLLER (ko-lé) , V. a. || 1° Joindre avec de la colle. Coller du papier. Coller une feuille d'acajou sur du chêne. Coller deux choses ensemble. || Enduire, imprégner de colle, d'apprêt. Coller du papier, coller de la toile. || Par extension. Le sang avait collé ses cheveux. || Coller du vin, y battre de la colle de poisson ou même du blanc d'eeuf pour le clarifier. Je croyais savoir coller le vin, j. j.rouss. Conf. vi. Il 2" Appliquer une chose contre une autre. 11 a collé son visage contre le mien. Cette attente d'une bataille en Flandre collait tout le monde aux fenêtres pour voir arriver les courriers, st-sim. 209, 65. | Fig. Au lieu de les coller sur des livres, j. j. rois.-. km. n. H Terme de billard. Coller une bille, l'envoyer tout près de la bande. On dit aussi : coller son adversaire, pour dire : coller sa bdle. || Populairement. Coller quelqu'un, lui fermer la bouche. lui dire queique chose qui le fait taire. || Coller un écolier et surtout un aspirant à une des écoles du gouvernement, lui faire une question à laquelle il ne peut répondre. || 3° V. n. Tenir comme avec de la colle. Tout cela avait collé ensemble. || Ce pantalon colle, il est juste, il dessine les formes. || 4° Se coller, v. réfl. S'attacher comme avec de la colle. La tunique s'était collée sur sa peau, fénel. Tél. xv. Il S'appliquer exactement sur une chose. Cette draperie se collait sur le corps. || S'attacher fortement. Il dit, baise mes pieds, les inonde de larmes, Se colle à nos genoux, delille, Enéide, ni 830 Sur sa pâle main [de Laurence] ma lèvre qui se colle La retint à la vie avec une parole, lamart. Joc. iv, 160. Il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la i encontre d'un prince et'sur son passage, et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place, la bruy. xi. || Fig. Tenir son esprit appliqué à une chose. L'immobile auditeur Se colle à la tribune où tonne l'orateur, segrais, Georg. m. Tillemont est le guide le plus sûr des faits et des dates pour l'histoire des empereurs ; Gibbon se colle à lui ; il se fourvoie et i quand l'ouvrage de Tillemont finit, chateaub. le Dict. de dochez.

— HIST. xiii' s. Si collèrent [tendirent] les voiles et s'en allèrent, villehard. p. )55. dans lacurne. || xvie s. Je voy plus de cent ruisseaux Colle/ de fange et de bourbe, du bellay, n, 5i, recto. Bons dieux! qui voudrait louer Ceux qui, collez sur un livre, N'ont jamais soucy de vivre ?rons. 417.

— ÉTYM. Colle.

| COLLERET (ko-le-rè), s. m. Terme de pêche. Espèce de seine.

— ÉTYM. Diminutif de collier.

COLLERETTE (ko-le-rè-f) , s.f. || 1° Petit collet

en linge fin, dont les femmes s'entourent le cou. Collerette de batiste. Dieux! il [le dard de la mouché] perce la collerette [de Lisette] ; Le sang : accourez, Amours, BÊhang. Mouche. || Collerette d'homme, collerette à la Henri IV. || 2° Terme de botanique. Involucre des ombellifères, composé de bractées verticillées sur un seul rang, qui le font ressembler à une collerette. || 3° Terme do pêche. Courtines volantes pour former un parc ou une

COL

4' Dans les bateaux à vapeur, couronne

; ; ; i \ m Diminutif de collier.

COLLET '■. ' le; le t ne se lie pas dans le parler ■lie : des collets en velours, dites:

en ....; collets rime avec traits, jamais, m. || 1" Partie d'un vêtement qui entoure i Collel d'habit. || Sauter au collet, sauter au ,i 11 yen eut une [harengère] qui sauta au collet gneur et qui l'embrassa des deux côtés . ■;. 9), 196. || Fig. et familièrement. C'est un profit.c'est une aubaine qui lui saute au collet, c'est un avantage qui lui arrive inopinément. || Prendre l'un i o Lle1 . le prendre par le haut de -nu avec Force ou avec violence. Entrer chez lui, ant au collet, la pont. Gag. L'homme élevé les gendarmes, qui craint que suit ombre ne le prenne au collet, p. l. oour. h, 258. Par exte sion. Prendre quelqu'un au collet, le l'écou .El quand la s irvitude a pris

l'homme au collet, kegnier, Sat. ai. Mais que plutôt son jeu mille fois te ruine, Que si la famélique et honteuse lésine, Venant mal à propos la saisir au collet, Elle te réduisait à vivre sans valet, bo*il. Sat. x. || Mettre la main sur le collet à quelqu'un, l'arrêter, le faire prisonnier. Moi qui dehors, sans plus, ai vu ! i. lit que jarnais sergent ne

saisit au co I a, Sut. v. || Fig. Prêter le

collet à quelqu'un, lutter contre quelqu'un, se battre avec lui. Je vous prêterai le collet en tout genre d'érudition, moi.. Ain. méd. n . i. Villars manqua plus d'une occasion de prêter le collet au ii ■, st-sim. 332, 90. Jamais Malboroug, m jonction [avec le prince Eugène], n'en i • ] noter le collet, à nus trois armées, m. 136, 2G5. I 2« Morceau d'étoffe arrondi qui se place sur les s et couvre une partie du corps. || Co! i de niante in , morceau d'étoffe rond qui est attaché audessus du corps du manteau et qui couvre les épaules. 3" Ornement de linge qu'on mettait autrefois sur le collet du pourpoint, pour la propreté, et qu'on nommait aussi rabat. Les gens du monde le portaient ample et souvent fort orné. || Un. homme à petit collet, ou, simplement, un petit colL t, un homme d'église, ainsi dit à caus i de ce collet que les ecclésiastiques portaient plus petit. , En mauvaise part, celui qui affectait de porter un petit collet et de se donner des manières dévotes. || Le petit collet, la profession ecclésiastique. Un génie tua à cet âge méprisait le petit collet, iiamh.i. Gramm m. Il [le prince Eugène] prit ensuite le petit collet, volt. Louis XIV, 17. || 4° Collet monté», collet que portaient les femmes; il était soutenu par des cartes, de l'empois et du fil de fer. Mignard aurait peint les courtisans du dernier siècle avec des fraises ou des collets montés, fén. xxi, 283. || Fig. C'est un collet moulé, c'est une personne affectée, pédante Cela est collet monté, bien collet monté, cela est contraint, guindé.... Oh! sollicitude à mon oreille est rude ; 11 pue étrangement sou ancienneté. — Il est vrai que le mot est bien collet monté; mol. Femmes sav. il, 7. Tes bons mots .... Son1 des collets moulés et des vertugadins, boil. Sat. xii. La critique qu'il fait eu collet monté, ma. 387. || 5° Collet de buffle, sorte de pourpoint fait de peau de buffle, qui était à grandes basques et sans manches. || 6° Terme de boucherie. Collet de mouton, de veau, la partie entre les épaules et la tête. || 7° Terme d'anatomie. Collet des dents, ligne dont le contour marque la séparation de la racine et de la couronne d'une dent. || Terme de botanique. Point idéal d'où s'élève la tige et d'où part la racine, et qui a reçu aussi le nom de nœud vital. || 8° Petit filet de corde tendu dans des haies ou passages étroits avec un nœud coulant, dans lequel se prennent les lièvres et les lapms. Chasser au collet. Prendre le gibier au collet. On tend les collets dans les passages que le gibier fréquente. || Terme de pèche. Espèce de nœud coûtant . employé pour la pêche de la carpe et du brochet. || 9° Terme de métier. Bourrelet qui termine le goulot d'une bouteille. || Collet de chandelier, la partie du chandelier qui s'élève sur le pied. || Collet de hotte, la partie la plus haut du dos de la hotte. || Collet d'une bougie, d'un cierge, le bout de la mèche de fll blanc qu'on aperçoit au haut. Collet d'une chandelle, le coton qui .-oit hors du suif. || Partie du clou voisine de la tète. || Rebord de la chaudière du distillateur. || Partie ronde et concave au-dessus ou au-dessous d'une pièce d'orfévreric. || Bois d'une raquette à l'endroit ficelé. || Collet de violon , la partie qui est au bout du manche et qui est faite en crosse. || Bout du manche d'uue pioche. || 10° Terme de construction. 1 a par-

COL

lie la plus étroite d'une marche tournante. || 11" trime de marine. Arrêt angulaire aux quatre lacs du haut d'un mât. || Collel d'un étai, son grand anneau.

— HIST. xiii" s. Colletés de cotes [sorle de robe], lu 'es met. 372. ||xrve s. Avant que vous partiez de vostre chambre, aiez paravant avisé que le colet de vostre chemise, de vostre Manchet ou de vostre cote ne saillent l'un sur l'autre, Ménagier, i, l. De la poictrine d'un beuf, la première pièce qui part d'emprès le colet est appellée le grumel, et est la 1 ur, ib. il, f. H xve s. Ne souffrist que homme de sa court, tant fust noble ou poissent, portast trop oultrageuses poulaines, ne femmes cousues en leurs r bes trop estratates, ne trop grans collez, christ, de pisan, Charles V. I, ch. 29. || xvi" s. Prestant le collet à tous ceux qui vouloient mesurer leurs forces avec luy.... Mém. s. du G. ch. i. Un corps, avec lequel j'oseroye bien prester le collet a un autre regiment tel qu'il fust des nations qui ne nous aiment pas, lanoue, 284. Elle cherchoit de l'œil un capitaine des gardes pour lui faire mettre la main sur le collet, d'aub. Vie, xxix. Qu'il avoit veu d'Aubigné on pistolet entre la cui- I de buffle du capitaine Metar, avant que de tirer, in. ib. xlviii. Torigni et Mongommeri, avec leurs compagnies entières, présentèrent le colet aux premiers poursuivans, id. llisl. ni, 263. Le roy luy faisant prendre un livre dans un coffre, duqui 1 le grand Prieur et Carmille luy passèrent le couvercle sur les reins, et cela s'appeloit parmi eux prendre le lièvre au collet, id. Conf. i, 7. Beaux lutteurs, qui n'en eussent crainct homme collet à collet, despeh. Contes, v. Un qu'on menoit au gibet disoit q ■ ne feusl pas par telle rue, car il y

avoit dangier qu'un marchand lui feist mettre la main sur le collet a cause d'un vieux debte, mont. i, 296. L'elephant luy mettoit quelquesfois la trompe dans le sein par dessoubz son collet, id. h, iss.

— ÉTYM. Diminutif de col; wallon, golé; espagn. coleto : ital. colletto.

COLLETÉ. ÉE (ko-le-té, tée), part, passé. Colleté par un homme plus fort que lui. || Terme de blason. Animal colleté, animal qui a un collier d un :. fièrent de celui du corps.

COLLETER (ko-le-té : IV muel de lèse change en è quand la syllabe suivante est muette : je colleté, je collèterai). || 1° I". a. Saisii j elqu'un au collet en cherchant à le terrasser. Il l'a colleté. || En parlant des animaux. Le dogue colleta le loup. || Terme de métier. Colleter une chandelle, descendre une chandelle clans le suif jusqu'au collet. || 2" V. n. Tendre des collets pour prendre du gibier Ce braconnier colleté sans cesse. || 3" Se colleter, v. réft. Se prendre au collet en luttant. Il [le comte d'Harcourt] eût eu tout l'avantage, si son épée ne lui fût tombée de la main en nous colletant, petz, i, 3.

— HIST. xvi" s. Saisissant Granson par le corps et le colletant avec tant de force qu'il le jetta sous luy, Mém. s. du C. ch. 31. Tout blessé qu'il estoit, il ne laissa pas de se relever, de se jetter sur l'autre et de le colleter, d'aub. Vie, xxvi. Afin que le seul l ton pust fournir à tout exemple de vertu, il semble que son bon destin lui feist avoir mal en la main de quoy il se donna le coup, à ce qu'il eusl loisir d'affronter la mort et de la colleter, mont. II, 388.

— ÉTYM. Collet.

f COLLETEUK (ko-le-teur),*'. m. Terme de chasse. Celui qui tend des collets.

—étym. Colleter.

f COLLETIN (Ico-le-tin), 4'. m. Synonyme de collet de buffle.

— étym. Collet.

f COLLÉT1QUE (kol-lé-ti-k'), adj. Terme de médecin''. Médicam mts collétiques, médicaments qui servent, à rejoindre les parties séparées d'une plaie ou d'un ulcère.

— hist. xvie s. Médicament colletique, c'est à dire agglutinatrf, paré, xxv, 17.

— ÉTYM. Colleticus, de KoXXirrixoç, de xo),;.àv, coller (voy. colle).

COLLEUR (ko-leur), s. m.\\ 1" Ouvrier qui colle ou qui f.iit le collage. || Anciennement, faiseur de carton. || Colleur d'affiches, ou , simplement, colleur, afficheur. || 2" Populairement, celui qui conte des colles, des bourdes. || 3° Dans l'argot des collèges, maître qui viunt non pour faire des cours, mais pom interroger le élèves qui vont passer des examens et se destinent aux écoles spéciales, el pour les ['réparer en leur posa ni des questions diffii ÉTYM. Ci

COLLIER (ko-lié; IV ne se lie jamais; au pluriel l'.v se lie : des colliers enrichis de piei i erie , dites : des ko-lié-z enrichis....), s. m, || 1° Ornemenl de

COL

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