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|| Fig. Imitant noblement ces grâces mercennires, Qui, par couples nombreux, sur le déclin du jour, Vont aux lieux fréquentés colporter leur amour. gi *ses. || 2° Se colporter, v.réft. Être colporté, être dit ça et là. Cette nouvelle se colporte depuis hier.

— hist. xiîics. Nus ne puet ne ne doit conporter ne faire conporter par la vile de Paris, Liv. des met. 86.

— ÊTYM. Sans doute de col et porter: porter sur son cou. Cependant la forme ancienne est conporter, qu'on peut expliquer en disant qu'elle est pour conporter, li s syllabes on et ou se confondant facilement dans l'ancienne prononciation. Quoi qu'il en soit, conporter reste et rappelle le latin comportare. On trouve aussi au xvie siècle eontreporter.

COLPORTEUR (kol-por-teur), s. m. || 1" Originairement, petit marchand ambulant qui colporte si s marchandises sur son dos. || Marchand ambulant, qui porte ses marchandises dans les campagnes pour les vendre à des particuliers, et, particulièrement, marchand de livres. Mais dans les vers tous s'estiment docteurs, Bourgeois, pédants, écoliers, colporteurs, j. b. Rouss. Épit. m, i. || Par extension. I es Hollandais ont été les colporteurs des autres nations. || 2° Celui qui crie et qui vend dans les rues, avec permission de la police, les bulletins, les journaux, etc. || Fig. Un colporteur de nouvelles, celui qui va les débiter adroite et à gauche.

■ — HIST. xm° s. Nus chauciers de Paris ne puet conporter ne fere conporter par la ville de Paris chauces neuves de soie ne de toile, pour les fraudes qui sont telesque li conporteur ne sont conneu, Liv. des met. < 39. || xvic s. La dite dame en fournissoit (de nouvelles] les contreporteurs, Sat.Mén. p. <97. Les revendeurs de livres, qui les portent a leur col par la ville, sont appeliez contreporteurs, d'un moi corrompu au lieu de colporteurs, pasquier, llech. vin, p. 754 . dans lacurne.

— ETYM. Colporter.

f COLTIS (kol-ti), s. m. Terme de marine. Couple qui correspond aux points où commence la saillie des bossoirs.

tCOLUBRIN, INE(ko-lu-brin,bri-n'),(î(i/. Terme Âe zoologie. Qui appartient à la couleuvre. || S. m. Nom d'une famille de reptiles établie sur le genre couleuvre.

t COLUBRINE (ko-lu-bri-n'), s. f. || 1° Variété d'argile à poterie grise et sans tache. || 2° Un des noms de la bryone.

— ÉTYM. Colubra (voy. couleuvre). fCOLUMBAIRE ko-lon-bè-r) et COLUMBARIUM

(ko-lon-ba-ri-om'),i\ m. Terme d'antiquilé. Bâtiment sépulcral, qui contenait plusieurs niches propres à recevoir des urnes mortuaires.

— ÉTYM. Lat. columbarium, pigeonnier; les niches des urnes ressemblant à des trous à pigeons.

f COLUMELLAIRE (ko-lu-mèl-lè-r'), adj. Terme didactique. Qui a rapport à la columelle d'une coquille.

— ÉTYM. Columelle.

| COLUMELLE (ko-lu-mè-1') , s. f. || 1° Terme didactique. Petite colonne. || 2" Nom qu'on donne au fût, à la rampe, ou à l'axe intérieur d'une coquille, depuisle haut jusqu'en bas. || 3° Axe central de l'urne des mousses.

— ÉTYM. Lelatin columella, diminutif de columen (voy. colonne).

f COLUMELLE, ÉE ( ko-lu-mèl-lé, lée), adj. Terme de botanique. Qui est garni d'une columelle.

COLURE(ko-lu-r'), s. m. Chacun des deux grands cercles géographiques, qui s'entre-coupent à angles droits aux pôles du monde et qui passent, l'un par les points solsticiaux, et l'autre par les points équinoxiaux de l'écliptique. Delà ils tirent les noms, l'un de colure des solstices, l'autre de colure des équinoxes , parce qu'ils déterminent ces quatre grandes divisions et marquent par conséquent les quatre saisons de l'année. Comme on sait que les étoiles fixes ont un mouvement en longitude d'un degré en 72 ans, si on sait une fois qu'au temps de Chiron le colure des équinoxes passait par certaines étoiles fixes, on saura, en prenant leur distance à celles par où il passe aujourd'hui , combien de temps s'est écoulé depuis Chiron jusqu'à iious,fonten. Newton.

— ÉTYM. Kô/.oupo;, sous- entendu Ypap.(ir], ligne colure, de xôXovpoç, qui a la queue mutilée, de •/.6Xo;, mutilé, et oùpà, queue; ainsi nommés, dit

P us, parce que quelques-unes de leurs parties

ne sont pas accessibles à la vue.

COLZA (kol-za) , s. m. Nom donné à une variété de chou champêtre (crucifères), dont les graines fournissent une huile bonne à brider.

— ÊTYM. Wallon, colza, cjolza; rouchi, coha;

du holl. koolzaad, mot à mol semence de .hou. de

kool , chou, el zaail, semence. Ce mot est écrit, dans Richelet, coliat, qui est plus conforme à l'étymologie.

COMA (kô-ma), s. m. Terme de médecine. Sorte d'assoupissement dans lequel le malade retombe aussitôt qu'il cesse d'être excité.

— ÉTYM. Kûijj-a, assoupissement (comp. cimetière).

f COMARCHIE (ko-mar-chie), s. f. Fonction de comarque.

| COMARQUE (ko-mar-k'), s. m. Terme d'antiquité grecque. Gouverneur d'un village.

— ÉTYM. K<iu,apxo;, de v.ây.r, , village, étàpxsiv, commander.

COMATEUX, EUSE (kô-ma-teû , teû-z') , adj. Terme de médecine. Qui concerne le coma.

— ÉTYM. Coma.

COMBAT (kûn-ba; le t se lie; au pluriel 1'.? se lie : des combats opiniâtres, dites : des kon-ba-z opiniâtres; combats rime avec appas, mâts, etc.), s. m. || 1° Action dans laquelle on attaque et l'on se défend. Un ange contre qui il eut un combat, boss. Hist. i, 3. Je dois aux yeux d'Alcmène un portrait militaire Du grand combat qui met nos ennemis à bas, mol. Amph. i, I. Si son esprit est haut, il le veut faire bas; S'il est propre à l'étude, il parle des iéophile, Sat. i. Qu'il lui suffise que l'Espagne, Réduite par tant de combats À ne l'oser voir en campagne, A mis l'ire et les armes bas, malh. III, I. || Combat naval, combat sur mer. || Combat singulier, duel. || Combat judiciaire, dans le moyen âge, combat, autorisé par le juge, de deux champions; le vaincu perdait sa cause. || Terme de l'ancienne chevalerie. Combat à outrance, celui qui se faisait avec l'épée tranchante, à fer émoulu. Combat à plaisance, tournoi que l'on faisait pour divertir les dames et qui était suivi de danses. || Être hors de combat, être par ses blessures hors d'état de combattre. || Mettre hors de combat, blesser ou désarmer son adversaire, de manière qu'il ne puisse plus combattre. Et (ig. L'affaire du syndic m'avait mise hors de combat, sév. (92. Vous étiez hors de combat, m. 61 l.|j En parlant des animaux. Combat de taureaux, de coqs. || 2° Au pluriel et dans le style soutenu, la guerre. Jechante les combats, boil.,-!?-/ p. ni. Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats, rac. Esth. i, 5. Nos défenseurs se pressaient sur vos pas; Les fleurs pleuraient, et des vierges pudiques Mêlaient leurs chants à l'hymne des combats, bérang. Déesse. || 3° On donne ce nom à certains exercices, à certains jeux dans lesquels deux ou plusieurs champions disputent un prix. Le combat du ceste. Les combats du cirque. || Fig. Combat littéraire, dispute d'un prix littéraire, ou lutte des écrivains qui se disputent la faveur publique. Dans les combats d'esprit fameux maître d'escrime, Enseigne-moi, Molière, où tu trouves la rime, boil. Sat. n. || 4° Par extension, lutte de forces contraires, physiques ou morales. Le combat des éléments. La fortune en tous lieux à l'homme est dangereuse; Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats, malh. v, 2. Cette vie est un combat perpétuel, et la philosophie est le seul emplâtre qu'on puisse mettre sur les blessures qu'on reçoit de tous côtés, volt. Lettr. Mme du

Di'lfanl, 3 oct. iiGi Sans rendre combal, tu

veux qu'on te surmonte, corn. Cid, v, 3. Je n'avais contre Attale aucun combat à rendre, m. Nicom. m, 4. Ce cœur si généreux rend si peu de combat, id. Cinna, iv, 5. Les combats qu'il a fallu rendre, boss. Anne. Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus! rac. Mithr. il, I. Je n'ai pu soutenir tes larmes, tes combats, id. Phèd. 1,3. Où sont-ils ces combats que vous avez rendus? id. Iphig. IV, 4. Sa douleur a si peu de combats [il se livre si facilement à sa douleur], malh. i, 4. ô rigoureux combat d'un cœur irrésolu! corn. Cinna, iv, 2. Mais en ce dur combat de colère et de flamme 11 déchire mon cœur sans partager mon âme, id. Cid, m, 3. Votre amour en tous deux fait ce combat d'esprits, id. Cinna, n, 1. Que je sens de rudes combats, id. Cid, i, 9. Je n'ai plus de combat à faire contre moi , id. D. Sanche, v, t. Ce qu'on ne dit point qu'après de longs combats, mol. Mis. îv, 3. La vie chrétienne est toujours une vie de combat, mass. Panég. mart. Quand le sort à ta mince étoffe Livrerait de nouveaux combats, biîrang. Habit. Napoléon ne se décide encore ni à rester ni à partir; vaincu dans ce combat d'opiniâtreté, il remet de jour en jour à avouer sa défaite, ségur, Hist. de Nap. vin, n. || 5° Louable émulation. Ce fut entre eux un combat de générosité. Qui de civilités avec tous font combat, mol. Mis. i, i. N 6" ferme de féodalité. Combat de fief, con-

testation entre deux seigneurs qui réclamaient la mouvance d'un même fief.

— RéM L'Académie dit : donner un combat: des grammairiens ont condamné cette expression, mais sans fondement.

— HIST. xv]e s. Assister au combat de taureaux, mont, i, 92. La douceur d'iceux vents et leur plaisant combat, rab. Pant. v, <8. Qu'il ne laisse devenir à ma court, l'asseurant. s'il demande la jouste, qu'elle ne luy sera refusée; si le combat- encores moins, D. Flores de Grèce, f° cl, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. COMBATTRE.

t COMBATIVITÉ (kon-ba-ti-vi-té), s. f. Voy. com-

BATTIVITI-.

f COMBATTABLE (kon-ba-ta-bl') , adj. Qui peut être combattu.

— HIST. xme s. Et Gauvain le bien combatable, la liose, 19092. || xve s. Le mareschal et bon combatable, eust. desch. Jfir. du mar.

— ÉTYM. Combattre. Dans l'ancien français tombatable a le sens actif: qui combat.

COMBATTANT (kon-ba-tan) , s. m. |J 1° Horami aine' pour la guerre. Thèbes pouvait faire sortir ensemble dix mille combattants par chacune de ses portes, boss. Hist. ni, 3. Sous couleur de punir un injuste attentat, Des meilleurs combattants il affaiblit l'État, corn. Cid, iv, 5. || Champion. Nommons des combattants pour la cause commune; Que chaque peuple aux siens attache sa fortune, corn. Hor. i. 3. Et croire que nous seuls armons ce combattant, corn. Pomp. v, i.||2° Soldat qui prend part à un combat. Le nombre des combattants était égal de part et d'autre. La déroute fut entière, Quoi que pût faire Artarpax. Psicarpax, Meridarpax, Qui, tout couverts de poussière, Soutinrent assez longtemps Les efforts des combattants, la font. Fabl. iv, 6. Et le combat finit faute de combattants, corn. Cid, iv, 3. Une nuée de traits obscurcit l'air et couvrit tous les combattants, fén. Tél. xx. Allez, vils combattants, inutiles soldats, Laissez là ces mousquets trop pesants pour vos bras, boil. Ép. i'. || Les combattants, eux qui, dans une armée, prennent part aux combats, par opposition au.-: non combattants, c'est-à-dire les officiers d'administration, les musiciens, les chirurgiens, etc. Napoléon, entré dans.Moscou avec quatre-vingt-dix mille combattantset vingt mille malades, en sortaitavec plus de cent mille combattants, ségur, Hist. de Napol. ix, i. || Familièremenl. Le bal. le jeu finit faute de combattants, faute de danseurs, de joueurs. || 3" Chacun des assistants et des tenants d un tournoi. ; 4° Par plaisanterie, combattant se dit de gens qui se battent à coups de poing; en ce sens il a un nin, combattante. On fut d'avis de jeter deux ou trois seaux d'eau sur les combattants.

— HIST. XIIe s. Vingt mile combatant , Ronc. p. 27. Sire, dit Guenes, Ogier li combatanz [le guerrier], ib. p. 31. Près [il] trovera le fort roi combatint, ib. p. 122. Vingt mille sont, hardi et combatant, id. p. 132. || xvie s. Cliascun pouvoit assembler cent mille combattants, mont, i, 229.

— ÉTYM. Combattre. L'ancien fiançais avait le substantif combatere, combateor, qui a subsisté jusque dans le xvie siècle. Irrépréhensible, de bonne doctrine, non pas combateur ni avaricieux, calv. Instit. 870. Combattant ne. remplace pas exactement combatteur : comme il n'est autre que le participe présent de combattre , pris substantivement, il a le sens de celui qui combat actuellement, tandis que combatteur, c'est celui qui a l'habitude ou qui fait le métier de combattre.

f COMBATT1YTTÉ (kon-ba-ti-vi-té). s. f. Terme du système phr Jnologique qui exprime le penchant que les animaux et l'homme paraissent avoir pour le combat.

— - ÉTYM. Combattre.

COMBATTRE (kon-ba-tr'), je combats, non ballons; je combattis; je combattrai; que je combatte; que je combattisse; combattant; combattu, v. a. || i° Se battre contre un ennemi . soit qu'on attaque, soit qu'on se défende. Combattre un adversaire. Combattre les bêtes féroces. ■•■i à combattre les bêtes farouches; lespremier^ hérosse signalèrent dans ces guerres, boss. Hist.i, i.\\ Faire la guerre. Combattre les ennemis de son pays. || Dans le langage élevé ou poétique. Mon père.... plein du grand combat qu'il avait combattu. En racontant sa \ie enseignait la vertu, lam. Harm. m, 2. Bien: aimez vos amours et combattez vos guerres, v. uigo, Odes, n, <0. Cet emploi se justifie par l'exeni; lèbre de Bossuet : Dormez votre sommeil, grands de la terre, le Tellier. || 2° Fig. Combattre les préjugés Combattre l'hérésie, Un scrupule continuel la

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corabal dans celte jouissance, pas.:. Cour, des P. Rol ms mon cœur combat encor mon père, corn.

i .3. Car enfin ce n'est rien d'avoir a combattre ; •] iifférence ou les rigueurs d'une beauté qu'on aime, KOL. Sicilien , 3. De cent peuples pour lui combattre la rigueur, rac. .indrom. i,4.Me faudra-t-il combattre

vos cruautés? m. ib. i, *. C'est un.' ingratitude de combattre les intentions de son bienfaiteur, patru, Plaidoyer 3, dans richei.et. Nos vrais ennemis sont en nous-mêmes, et Louis combat ceux- \\ plus que tous les autres, boss. Marie- Thérèse. || Combattre la nature, lutter contre les obstacles qu'elle présente à l'homme. Il nous a fallu reprendre

.... en une saison en laquelle, outre les hommes, nous avions encore le ciel à combattre, voit. lett. 74. Les chefs et Mortier lui-même, vaincus par r m (Vi h lie qu'ils combattaient depuis Irento-six heures, y vinrent [au Kremlin] tomber d'épuisement et de dés- ■,SÉGUR,.ffïîf. de ./VopoZ. vin, 6. || Essayer de réfuter ou de détruire les opinions qu'un autre avance. Cet orateur combattit le ministère. Aristote combat

i Platon. Je tiens aussi difficile de combattre un ouvrage que le public approuve, que d'en défendre un qu'il condamne, mol. Fâcli. Préface. On voit que les grands noms ne lui en imposaient pas; il combat quelquefois Morgagni en le respectant, et Haller en l'estimant, condorcet, Bertin. || 3" Combattre un mal, une maladie, y opposer les moyens qui peuvent en procurer la guérison ou en arrêter les progrès. || 4° V. n. Livrer combat. X ce que je puis voir vous avez combattu, Prince, par intérêt plutôt que par vertu, corn. Nicom. n, 3. Je combattais, Seigneur, avec Montmorency, volt. Zaïre, il, 3. Mon Dieu, j'ai combattu soixante ans pour ta gloire, m. £6. n, 3. Je suis l'un des guerriers qui sont venus de France Combattre parmi vous pour votre indépendance, masson, Helv. il. Deux taureaux combattaient à qui posséderait Une génisse avec

1 empire, la font. Fabl. n, 4. Les Maehabées étaient vaillants, et pourtant il est écrit qu'ils combattaient par leurs prières plus que par leurs armes, boss. Marie- Thérèse. || Par extension. Et comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour nous? rac. Ath. I, 2. C'est ainsi que M. de Bea-umont défend à Paris l'innocence des Sirven, après avoir si glorieusement combattu pour les Calas, volt. Lett. à M*"*, mars I7G7. [| Lutter. Pollux.... ne combattait pas mieux du ceste, fén. Tél. xvi. || Fig. Être en état de lutte, faire des efforts. Pour ne la plus aimer j'ai cent fois combattu, rac. Bérén. v, 7. Par elle [la tentation] sa vertu plus vivement éclate, Et l'on doute d'un cœur jusqu'à ce qu'il combatte, corn. Imit. I, -13. || 5" Combattre contre, au propre et au figuré, lutter, engager, soutenir la lutte. 11 combattit contre les ennemis. Combattre contre les tentations. Combattre contre la faim. Il essaye, il fait des efforts, il combat contre le danger, mass. Avent. Délai de la convers. || Dans le style élevé. [Ile] Bordée de rochers affreux contre lesquels la mer va follement combattre, fén. Tél. vin. || Combattre pour, concourir au succès au triomphe de. Los maladies qui désolèrent l'armée ennemie combattirent pour Louis XIV, volt. Louis XIV,

2 1. || Combattre de civilité, de politesse avec quelqu'un, faire assaut de civilité. || 6" Se combattre, r. réfl. Se battre l'un contre l'autre; être opposé l'un a l'autre. Us se combattirent avec fureur. || Fig. Ces raisons se combattaient dans son esprit. L'auteur se combat lui-même, boss. Somm. de lu iloctr.

— HIST. XIe s. [Je] Puis m'en cumbatre [avec nos chevaliers] àCharle et à Franceis, Ch. de Roi. XLli. Assez est mieux que [nous] morions combatans, ib. exiv. A cels d'Espaigne moût s'i est cumbatuz, il), ci.. S'il ne cumbat à celé gent hardie, ib. clxxxiv. Li emperere, s'il se cumbat odmci, ib. ccxxxvm. One [je] ne \i gent qui si fust cumbatant, ib. cclvi. || xii" s. Bien [tu] peus combatre au roi et as Franzois, Roue p. 27. Et toute terre en [de mon épée] ai-je combatue, t'6. p. tos. Là se combat chascuns pour garantir sa pel, Sax. ix. L'arcevesque Thomas pur els se conbateit, Th. le mart. 26. || xin" s. Bien furent jusques à seize seur le mur, et se combatirent main a main de haches et d'espées, villeh. lxxvi. Et en cheval se combatti Pompeus de Rome contre Julius César, h. nE valenc. xv. Peur combattre à vos ennemis avez passé une rivière à noue [à la nage], joinv. 229. || xv" s. Ainsi que ces garçons se combattoient a aucuns de ces Anglois, froiss. i, i, 31. Et savoit bien [le roi d'Angleterre] que le roi de France le suivoit à tout son effort, et en grand volontédelui combattre, id. i, i, 278. Us ne cuidoient mie que nul François osast se combattre contre un Anglois, m. n, n, G9. Mais à présent Dieu pour toy se combat, ch. d'orl. Bail. il. Et fut celte bataille

fort combatue, comm. ni, 7. Monseigneur qui aux Sarrazins se combatoit, lolis xi, Nour. xvi, || xvie s. Quiconque combat les loix menace les plus gents de bien de.... mont, i, (85. Combattants cette opinion contre Platon, m. n, 253. Ceste bataille fut si asprement combatue de part et d'autre, que.... amyot, Fa/', g. Il s'en alla trouver Hannibal, non point en l'intention de le combattre, ains.... m. Fab. 11. Ils s'amusèrent à piller l'or et l'argent, se combattans à qui en auroit. id. Lucul. 31. Nous les frères puinez combaterons ensemble, Je dy Castor et moy, ou vous si bon vous semble, rons. 854. Et se combat furieusement de ceste corne, paré, Licorne, 13. Toute personne est tenue de combatre pour son pays, llozier histor. i, 2.

— ÉTYM. Le latin cum, et battre; provenç. combaltre ;espagn. combatir; ital. combattere. Dansl'ancienne langue, combattre est un verbe neutre qui quelquefois, comme tous les verbes neutres d'alors, se conjugue avec le pronom réfléchi; ce n'est qu'à partir du xve et du xvi° siècle qu'il devient actif.

COMBATTU, UE (kon-ba-tu, tue), part. passé de combattre. L'ennemi combattu pied à pied nefit que peu de progrès. || Fig. De mes plaisirs passés mon âme est combattue, -Régnier, Plainte. D'un soin cruel ma joie est ici combattue, rac. Iphig. n, 2. Oreste vous adore, Mais de mille remords son esprit combattu.... id. Andr. v, 2. Son cœur fut combattu par deux passions contraires, fén. IYLxvii. Combattus et flottants pendant tout le cours de notre vie, j. j. rouss. Ém. i. Et de quelques remords que je sois combattu, crébill. Bhadam. m, 2. Arrête.... malheureux! que je suis combattu! Il est donc vrai que l'homme en proie à la misère Malgré lui vers le crime est souvent entraîné, gilb. Plaintes du malheureux. Sachez que d'une fille on risque la vertu, Lorsque dans son hymen son goût est combattu , mol. Tart. n, 2. Les agitations d'un cœur combattu par la tendresse et le repentir, volt. Lett. Caillcau, (772.

-|- COMBE (kon-b'), s. f. || i" Petite vallée, pli de terrain , lieu bas entouré de collines. Dans ces espèces de plaines au-dessus des montagnes, il se trouve des terrains enfoncés, des vallons secs et froids qu'on appelle des combes, buff. Exp. sur les végét. 2e mém. Dans une combe, à vingt pas, j'aperçois une manufacture de bas, J. J. rouss. l'romen. 7. Mais au fond d'une combe ignorée et stérile Qui pourrait attirer les cupides soldats? mass. Helv. il. || 2° Terme d'art militaire. Esplanade peu étendue.

— HIST. xne s. Li os chevauche par tertres et par combes, Garin le Loherain, t. i, p. 96. Si descendirent lès une basse combe, ib. dans du cange, cumba. Li rois li çainst l'espée fort et dure; D'or fu li pons et toute la heudure, Et fu forgie en une combe oscure, jR. de Cambrai, 19. Par les grans combes la poudrere lever, Roncisv. p. t09. Ne combe oscure qui tant soit ennublée, ib. p. 157. Hxiv" s. [Ils] courent de toute part joiant [joyeux] à celle tombe, Qui estoit à l'iglise assise en une combe [crypte] , C.irart de Ross. v. 624-1. || xv° s. Icellui Carmen qui aloit en une combe ou valée pleine de bois, nu cange, cumba. || xvie s. En approchant de Bonne-Val, et prenant à droite le chemin qui tourne à Chartres, il trouve sortant d'une combe le nouveau gouverneur de Chartres, d'aub. Hist. ni, (72. Il s'embusque dans un hameau abandonné , à la couverture duquel et d'une combe qui y touchoit, il se tient clos et serré, id. ib. ni, 389.

— ÉTYM. Bourguig. combe, comme, vallée étroite; provenç. et espagn. comba ; piémont. conba ; pays de Côme, gomba ; dialectes anglais, comô, un vallon. Mot d'origine incertaine. 11 se trouve déjà dans un texte latin du vne siècle comme nom géographique. Il n'est pas non plus isolé dans les langues romanes : le provençal a comb, et l'espagnol combo, qui signifient courbé; et l'espagnol combar, courber. Du Cange y voit le latin cumba ou cijmba, barque , par assimilation de la concavité d'une barque à celle d'un vallon. Diez, qui trouve cette assimilation difficile, propose concava, qui, ayant l'accent sur la première syllabe, a pu donner combn , l'a bref disparaissant, et conc'va passant à conva ou comba. On a mentionné le latin inusité cumbere (radical de in-eumbere) , être couché; mais cumbere, outre le sens qui ne va pas de soi , n'a dans le roman aucune dérivation (voy. catacombes). On a proposé une origine celtique : bas-breton comb; kymri, cwm, vallée; à quoi Diez objecte que comb peut venir du français, et que, avec le gallois cwm, l'apparition du b dans les langues romanes fait difficulté; pourtant, jusqu'à plus ample informé, la dérivation celtique a le plus d'apparence.

' COMBIEN (kon-biin), adv. || 1" A quel point; dans

ce cas combien précède d'ordinaire le verbe. Combien il m'est pénible de vous parler ainsi ! Vous voyez combien il vous aime. Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense! rac. Brit. v, t. Vois donc combien c'est peu que la gloire ici-bas, a. demusset, Poésies nouv. Sonnet. || Cependant. combien peut, dans le style élevé, aussi précéder immédiatement l'adjectif. Qui ne voit combien vaines, mais combien courtes et combien fragiles sont encore ces. secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort! boss. le Tell. Tu sais combien terrible en ses soudains transports, De nos desseins souvent il rompt tous les ressorts, rac. Eslh. n, t. || 2° Quelle quantité, quel nombre; dans cet article, combien est, grammaticalement, un véritable substantif. Combien de livres y a-t-il dans cette bibliothèque? De combien d'hommes était-il suivi? A combien de personnes n'a-t-il pas rendu service ? En combien de lieux trouve-t-on ce coquillage? Par combien de liens n'est-il pas retenu? Combien d'argent avezvous? Dites-moi combien de blé est produit par ce champ. Combien de gens s'imaginent qu'ils ont de. l'expérience, par cela seul qu'ils ont vieilli! Vous verrez l'enchaînement des affaires humaines; et par là vous connaîtrez avec combien de réflexion et de prévoyance elles doivent être gouvernées, boss. Hist.

Dessein général Je sais tout ce que j'ai commis,

Et combien de devoirs en un jour j'ai trahis, volt. Zulime, iv, 5. Combien de pleurs m'eût épargnés cette philosophie que vous traitez de grossière, bartiiél. Anachars. ch. 79. Combien de projets a-t-il faits ou reformés ! combien d'ouvertures a-t-il données! combien de services a-t-il rendus, dont il a dérobé la connaissance à ceux qui en ont ressenti les effets! fléch. Lamoign. Combien à vos malheurs ai-je donné de larmes! rac. Andr. i, (. Avec combien de joie ou y trahit sa foi! id. Brit. v, ). Combien de rois, de princes, de héros nous a-t-il représentés? racine, Disc. Thom. Corn. Ô combien lors aura de veuves La gent qui porte le tur- "ban! malh. iii, i. De combien de tragédies, Sans ton assuré secours, Étaient les trames ourdies Pour ensanglanter nos jours? id. ii, 2. Combien en as-tu vu (je dis des plus huppés) A souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés! rac. Plaid, i, 4 Combien en a-t-on vus Qui, du soir au matin, sont pauvres devenus Pour vouloir trop tôt être riches! la font. Fabl. v, 13. Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné, De combien ont rougi les champs de Macédoine, Combien en a versé la défaite d'Antoine! corn. Cinna , iv, 2. || Absolument, combien se dit pour combien de gens. Combien se sont perdus par leur imprudence! Combien qui ont la science et la piété, mais une piété sans expérience! fén. t. XVII, p. 545. || Combien, se dit aussi absolument quand le sens supplée sans peine le substantif qui est sous-entendu. Combien vaut cela? A combien vous revient cet habit? Il y a je ne sais combien que j'enrage du peu de liberté que mon père me donne, mol. Mar. forcé, 4. Je songe avec respect de combien je suis née Au-dessous des grandeurs d'un si noble hymênée, rac. Mithr. iv, 4. De combien près la menace a-t-elle été suivie du coupl boss. Duch. d'Orléans. Carde combien peut-on retarder le voyage? la font. Fab. vin, 1. 1| Combien que, loc. conjonct. Quelque prix que, quelque quantité que. Combien qu'on vous en demande , il faut l'acheter. || Combien que, quoique, encore que, bien que. Et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, malh. v, 24. Et combien qu'il ne sente Bien que le ciel présent et la terre présente, Pense qu'en se voyant tout le monde l'a vu, id. i, 4. Aussi combien qu'après la vie Son àme, d'honneur assouvie. Possède ce bonheur entier, Qu'à ses vertus le ciel octroie, ra'can. Ode au roi. Cette locution a un peu vieilli ; mais elle mérite d'être conservée. || Le combien, taux, prix non encore fixé. Il veut me vendre sa terre; mais le combien fait difficulté.

— REM. 1. Combien de larmes il a donnéesà cette perte; combien il a donné de larmes à cette perte. Lorsque le substantif joint à combien précède le verbe, le participe s'accorde avec le substantif; si, au contraire, ce substantif suit le verbe, le participe s'accorde avec le nom de quant lé combien qui est du masculin et du singulier. || 2. Le combien du mois tenons-nous? le combien est-ce aujourd'hui, le combien es-tu dans ta classe? sont des phrases détestables, qui se disent souvent, mais qu'il faut écarter loin du bon langage. On dira quel jour du mois avons-nous? quel jour du mois est-ce aujourd'hui? quelle place as tu dans ta classe?

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— 1IIST. xui" s. Parles escriz des propheti

terra il combien il aime celé cité. Psautier, f° 105. Combien que débonnaire soie, Se por honle ne le laissoie, Ne me tendroie de vous batre, lu Rose, 8557. Ceste amor, combien que profite, N'a los, ne blasme, ne mérite, ib. 5801. Combien que il aient mefl'et, ne de quelque meffet il soient pris, soient cler, soient lai, il y doivent avoir garant, beàum. xi, 15. || xivc s. 11 verraient de combien doleur seroit plus hardie a recouvrer liberté perdue que n'estoit convoitise à maintenir injuste seignourie, bercheure, f° c3, verso. Combien que tu soies de jeune aage, toutesvôîes de jour en jour t'assault la mort, Ménagier, i, 6. Combien que les stoyciens dient que.... oresme, l'.th. 223. Nez [même] il ne lui chaura combien oa vende blé. Guescl. 19289. Endurer aventures Paciemment convient, combien que soient du Complainte sur labataille de Poitiers. Bibliot. des Chartes, 3« série, t. n,p. 263. ||xv* s. Ceuxlà firent remparer la ville et fortifier maternent, combien qu'elle fust forte assez devant, froissart, ii, il, i. Belle, combien que de. mon fait Je croy qu'avez peu souvenance, en. d'orl. Bail. 22. Combien que aucunefibis les saillyes soient bien nécessaires, si sont elles bien dangereuses pour ceulx de dedans une place, comm. 11, m. H xvr s. L'odeur du vin, 0 combien est plus friant que d'buyle ! rab. Garg. 1, prol. Combien que la chose soit telle que, tant plus seroit remembrée, tant plus elle plairoit à vos seigneuries, id. ib. 1,1. Combien qu'il n'est ja besoin d'amasser passages pour prouver une chose si notoire, calv. Instit. 3^0. Combien y en a-il d'entre eux qui face mesmes semblant d'exécuter sa charge? id. ib. 876. Nous# voyons de quelles et combien ameres reprehensions il use, id. ib. s"7. J'avanceray mes journées le plus qu'il me sera possible, combien que je ne puis faire grant nombre de lieues, marg. Lelt. 43. Ce porteur vous dira combien de larmes de joye il a veu verser à ceste compaignie, id. 16. 84. Plus je voys en avant, et plus je congnois combien je suis obligée à vous, id. ib. 126. Ce qui n'a encores esté offert de nul serviteur, combien qu'il y en ait à qui il ne default que le bon vouloir, id. ib. 121. Voyez combien César se desploye largement ànous faire entendre.... mont, i, 57. 11 leur demanda pour combien ils vouldroient.... id. i, na. Là, sans autres aproches, on se mit sur le combien, et la place fut prise à coups de pistoles, je ne puis pas dire le prix, d'aub. Hist. m, 163.

— ÉTYM. Wallon, kiben; bourguig. combé ; de l'anc. franc, corn, qui signifie comme, et bien, adv.

f COMB1NABLE (kon-bi-na-bl') , adj. Qui peut être combiné.

— ÉTYM. Combiner; espagn. combinable.

COMBINAISON (kon-bi-nè-zon), s. f. || 1° Assemblage de plusieurs choses deux par deux, trois par trois, ou, en général, nombre par nombre, dans un ordre déterminé. Faire des combinaisons de chiffres, de cartes, de couleurs, de lettres. La mer et le continent semblent être dans une guerre éternelle ; chaque instant produit de nouvelles combinaisons, montesq. Lelt. pers. 113. || Terme d'algèbre. Produit qu'on peut former avec un nornbre donné de lettres, chaque groupe différant des autres au moins par une des lettres qui y entrent. Il Terme de chimie. Union de plusieurs corps en un certain nombre de proportions, toutes déterminées et constantes, d'où résulte un composé possédant des propriétés différentes de celles de ses composants. L'azote et l'oxygène sont dans l'air atmosphérique en simple mélange, tandis qu'ils sont en combinaison dans l'acide azotique. || 2° Mesure que 1 on ilispose en vue du succès d'une entreprise. Faire bien ses combinaisons. Les combinaisons de la politique. La combinaison réussit. Toutes les combinaisons que ce plan exige demandent beaucoup de temps, volt. I.etl. d'Argental, (« août 1763. || Combinaison ministérielle, composition d'un ministère dans lequel on fait entrer des hommes politiques qui puissent agir d'accord. || Esprit de combinaison, aptitude à combiner les choses. Ceux qui ne peuvent atteindre à l'esprit de combinaison, vauven. Du jeu.

— HIST. xiv° s. Et une conjugacion ou combination qui est faite selon dyametre fait la retribucion estre selon proporcionalité , oresme , Elh. 150. || xvic s. Il y a une combination de masle et femeile aux choses végétatives, paré, Animaux, 21.

— ÉTYM. Lat. combinai m . de combinàre, combiner; espagn. combinacion; ital. combinas ione.

t COMBINATEUR (kon-bi na-teur), ^. m. || 1° Celui qui combine. Un Écossais, grand joueur et grand combinateur [law.], était venu en France dans les

derniers temps du feu roi, st-sim. 441, 144. ||2°.4i//. Toutes les combinaisons sonl parties de l'être combinateur de foute éternité, volt. Dial. xxrv, 17.

— ÉTYM. Combiner; ital. coiiibinalore. '

| COMMINATOIRE (kon-bi-na-toi-r'), adj. Terme didactique. Qui a rapport aux combinaisons; qui les produit. Art combinatoire.

— ÉTYM. Combiner.

COMBINÉ, ÉE (kon -bi-né , née) , part, passé. Il 1° Objets combinés deux à deux. || Armée, flotte combinée, armée, flotte formée des forces réunies de deux ou plusieurs puissances. || Terme de chimie. Réuni par combinaison. L'oxygène et l'hydrogène combinés font l'eau. || Substantivement, un combiné, le produit d'une combinaison. || Dans la minéralogie, cristaux combinés, cristaux composés de plusieurs ordres de facettes. || 2" Fig. Disposé pour un but, pour une réussite. Mesures bien combinées.

COMBINER (kon-bi-né), v. a. || 1° Faire une combinaison. Combiner des cartes, des lettres, des chiffres. Combiner des idées. || Absolument. Ceux qui ont l'esprit assez net et l'imagination assez forte pour combiner sans géométrie et calculer sans algèbre, buff. Homme, arithm. morale. \\ Terme de chimie. Unir, en proportions déterminées . les substances qui ont de l'affinité. Combiner l'oxygène avec l'hydrogène. || 2° Fig. Disposer ses moyens en vue d'un résultat. Henri III combina l'assassinat du duc île Guise. Il combina sa marche avec celle du premier corps d'armée. || 3° Se combiner, v. ré/1. Recevoir combinaison. Les quatre lettres a, '», c, d, se peuvent combiner de vingt-quatre manières différentes. Les vérités en se combinant se multiplient. Nos idées se combinent de plusieurs manières. Le gaz oxygène se combine avec les métaux pour faire les oxydes. Cette opinion fait le malheur des hommes, lorsqu'elle se combine avec la religion , bern. de st-p. Chaum. ind.

— hist. xiv" s. Hz peuvent estre combinez ensemble, oresme, Thèse de meunier. || xv" s. Un petit pont si estroit que un seul homme à cheval seroit assez ensonnié [embarrassé] de passer outre : deux hommes ne s'y pourraient combiner, eroiss. i, 1. 133.

— ÉTYM. Provenç. combinar ; du latin combinare, de cum, avec, et bini , deux.

f COMBLAU ou COMBLEAU (kon-blô) , s. m. Nom, dans l'artillerie, de grosses cordes servant à traîner le canon. Quelques-uns disent comblan.

1. COMBLE (kon-bl'), s. m. \\ l°Ce qui tient audessus des bords d'une mesure déjà pleine. Le comble d'un boisseau. || 2° Fig. Le dernier degré, le plus haut point. Cette ombre de pitié n'est qu'un comble d'envie ; Vous m'avez envié le bonheur de ma vie , corn. Œdipe, m, 3. S'il ne m'obéit point, quel comble à mon ennui! id. Cid, 11, 3. La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces, rac. Baj. 11, 3. Sans doute, c'est pour moi le comble des malheurs, id. Mithr. 11, 6. Que le trouble [dans une pièce de théâtre] , toujours croissant de scène en scène, À son comble arrivé se débrouille sons peine, BOIL, Art p. m. Lorsque les abominations de Sodome furent montées à leur comble, mass. Carême, Imp. Les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité, pasc. Prov. 13. Elle nous mène jusqu'à la mort qui est un comble éternel, id. Vrai lien, 1. C'était là le comble de ses souhaits, la bruy. vi. Les vieux capitaines dont la réputation et l'expérience étaient au comble, fén. Télém. xv. Encore une parole, j'étais au comble du bonheur, id. ib. ix. L'iniquité vint à son comble, boss. Hist. il, 4. Los iniquités n'étaient pas au comble où il les attendait, id. ib. 11, 3. Sa gloire parut alors élevée au comble, id. Hist. 1, 9. Ses iniquités étaient montées jusqu'au dernier comble, id. Bonté, 2. La mesure semble être au comble, id. Avert. I. Ses plaisirs sont au comble, et n'ont rien de mortel, gilb. Le jugement dern. Le comble à cette vraisemblance était que les marées sont plus hautes à la nouvelle et à la pleine lune, volt. Newt. m, 10. || Mettre le comble à quelque chose, en combler la mesure. Pour mettre le comble à leur malheur, fén. Tél. xiv. Pour mettre le comble à sa félicité, hamilt. Gramm. 7. || Pour comble de, pour dernier surcroit. Et demandons aux dieux, nos dignes souverains, Pour comble de bonheur l'amitié des Romains, corn. Nicorn. v, 10. Veux-tu qu'un médisant, pour comble à sa misère, L'accuse d'y souffrir l'assassin de son père? id. Cid, m, 1. Pour comble à sa noire aventure, id. Pomp. 11, 2 Pour comblé d'ennui, Mon

cour, mon lâche cœur s'intéresse pour lui, rac. Andr. Y. 1. Pour comble de gloire et de magnifi-

cence, id. Eslh. 11, 5. Pour comble de maiheur, les dieux, toutes les nuits, Me venaient reprocher ma pitié sacrilège, id. Tphig. 1, 1. La fortune pour comble de maux me l'a enlevé, fén. Tél. iv. || Absolument. Mais, pour comble, à la fin, le marquis en prison Sous le faix des procès vit tomber sa maison, boil. Sat, v.

— hist. xve s. Quiconque amènera poissons en panier à Paris . il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble ou sans comble, Ord. des rois de Fr. t. 11, p. 359. On ne trouverait nul homme terrier à qui nostre seigneur donnast tant de grâces comme il te appreste : il te donna beaulté à comble; il te donna sens et discrétion à congnoistre le bien du mal, Lancelot du lac, t. ni, f°7.8. y xvr s. Comment nous oserions nous glorifier d'avoir adjousté quelque comble à la juste mesure, calv. Instit. 614. Sa libéralité vient jusques à ce comble, de ne rejetter pas nostre obéissance imparfaite, id. ib. 250. Ce que dessus suffira pour faire conoistreque l'injustice ap roche de son comble, lanoue, 13. Droit de mouture est que les meuniers doivent rendre du rès [ mesure de grain rase ] le comble [mesure de farine comble], loysel, 262.

— ÉTYM. Provenç. comol; espagn. et ital. colmo ; portug. cumulo, etcômoro, combro, tas déterre; du latin cumulus.

2. COMBLE (kon-bl'), adj. || 1° Qui est remplijusque par-dessus le bord. Boisseau comble. || Fig. La mesure est comble, c'est-à-dire les choses sont arrivées à ce point qu'on ne peut plus les endurer. Voyant enfin la mesure comble, boss. I, Pass. 3. Les temps étaient changés, la mesure était comble, von. Mœurs, 128. || Par extension. La salle de spectacle était comble, elle était pleine à ne pouvoir contenir personne de plus. |i 2° Terme de vétérinaire. Pied comble, nom donné au sabot dont la sole porte seule à l'appui, dépassant, par cette convexité morbide, le bord plantaire de la muraille.

— HIST. xnc s. Estre comble, Roncisv. p. r. Il xmc s. De joie fu sa famé pleine, Quant el vit son seignor venir, Les pocins à son col tenir; Por comble se tient et por riche. Ren. 17785. ||xivc s. Et regardez si le cheval a pies gras et combles, Ménagier, 11, 3. || xve s. Princes, ceulx des citez sont gratis, Bien aisiez, riches, combles, frans, Et de jour en jour s'enrichissent, e. desch. Poésies mss. f° 448, dans lacurne. Ta grand richesse et tes combles trésors sont bien vains, louis xi, Nouv. c. Il xvi° s. L'amitié en seroit plus pleine et plus comble, mont. 1, 210. Il en a sa brassée toute comble, il n'en peult saisir davantage, id. i, 350. Quand t jus mes cinq sens dénature seroient combles de liesse.... id. 11. 252. Lesquels il fit encore couvrir de terre, jusqu'à ce que la fosse fust comble , desper. Cont. xv.

— ÉTYM. Comble 1 ; provenç. comol ; ital. colmo.

3. COMBLE (kon-bl'), s. m. || 1° Construction couronnant le sommet d'un édifice. Du temple tout à coup les combles s'entr'ouvrirent, volt. Œdipe, iv, 1 . Il n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée que le couvreur d'avoir monté sur de hauts combles, la bruy. 11. L'aigle déjà perché sur le comble des tours semblait dire : Ici je bâtirai mon aire, châtiai n. Gaul, 2G4. Apprends à monter sur un comble, j. j. rouss. Ém. m. L'homme est tombé en ruine par sa volonté dépravée, le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement, boss. la Vallière. \\ Terme d'architecture. Comble brisé, celui qui est disposé sur deux pentes, l'une inférieure fort roide, l'autre plus douce. || Terme de vannier. Intervalle entre les têtes d'un ouvrage. || Terme du blason. Le chef de l'écu lorsqu'il est diminué. j| 2 De fond en comble, loc. adv. Entièrement. La \ille fut renversée de fond en comble, boss. Hist.u, 8. Cette conduite de Gervaise n'allait pas à moins qu'à la chute d'un si merveilleux édifice [la Trappe]; M. île la Trappe le sentait, lui qui l'avait construit et soutenu de fond en comble, st-sim. 61, 22. j| Ruiner quelqu'un de fond en comble. Ruiner un système, une doctrine, de fond en comble. || 3° Fig Monter au comble, s'élever au plus haut point. Le mérite en repos s'endort dans la paresse ; Mais par les envieux un génie excité Au comble de son art est nulle fois monté, boil. Ép. vu. Qu'ils n'arrivent jamais au comble frivole de notre gloire, plutôt que de l'acheter au prix des vices et des malheurs où elle nous a précipités, mass. Louis le Grand. Il est au comble de ses vœux, rac. Andr. v, 2. Quand je vous élevais au comble de la gloire, id. Mithr. iv, 4. Au comble des douleurs tu m'as fait parvenir, id. Andr. v. 5.

— HEM. De même que comble 1 . qui vient de cumulus, et comble 3, qui vient de culmen, ont

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influé l'un sur l'autre pour s'assimiler dans la forme, de même on trouverait dans les emplois figurés de , i des exemples qui iraient aussi bien à e S; mais il a paru qu'il valait mieux laisser mble des locutions si voisines plutôt nue de les oiner, en suivant rigoureusement un principe .logique. D'ailleurs on peut conserver dans

'espril cette nuance-ci : quand on dil qu'un homme ou un être personnifié arrive au comble de..., on doit entendre qu'il s'agit du faite; quand on dit qu'une chose est à son comble, arrive a son comble, on doit entendre qu'il s'agit du surcroît que comporte une mesure.

— HIST. Jtiii* s*. Et avoit un trau el comble deseure, par quoi il reprendoit s'alaine, Clir. de Bains, p. 95. || xivc s. l'ne litière fist tantost aporterlà, Et dessus la litière, sus le comble, rouva à mètre sa baniere, si que on la verra, Baud. de Scb. ix, 406. || xv' s. Ces engins jetoient nuit et jour pierres et mangonneaux a grand foison, qui enfondrbient et abattaient les combles des tours, des chambres, des salles, froiss. i, i, us. Messire Guillaume de Douglas, qui s'arme d'azur à comble d'argent, et dedans le comble trois estoiles de gueules, id. i, i, (68. Si tost que la nef fut approchée des deux basteaulx, ung chevalier se mist au comble [tillac] de la nef, Perceforest, t. vr, p. 46. Carleir frappa premièrement le roy en la lumière du heaulme et lui abattit jus du chief ; le roy le va atteindre sur le comble de l'escu, ib. t. i, p. 25. || xvie s. Ce temple fut reedifié par Vespasien de fond en comble, amyot, Public. 28. La couverture est un seul comble rond, id. Péricl. 29. L'office du censeur, qui estoit à Borne la cyme de dignité, et le comble d'honneur le plus hault où pouvoit atteindre un citoyen, id. Caton, 32. Tout l'exercite en armes luy dressa un comble de terre en forme de tombeau, id. Alex. 94. Lorsque le peuple athénien estoit au comble de sa prospérité, amyot, Péricl. et Fab. comp. 4.

— ÉTYM. Espagn. cumbre; portug. cume ; ital. colmn; pays de Coire, culm, montagne; du latin culmen, faite.

COMBLÉ, ÉE (kon-blé,blée), part, passé. || 1° Rempli jusque par-dessus le bord. Un boisseau comblé. || 2" Rempli. Un fossé comblé avec des gravats. Les tranchées comblées de morts. Quand un carrosse fait de superbe manière, Et comblé de laquais et devant et derrière, mol. Fâcheux, i, <. || 3" Fig. Il est comblé d'honneurs. Je partage les maux dont je la vois comblée, corn. Serlor. iv, 3. Comblé de douleur amôre, sév. 4(2. Ainsi pour vous venger tant de rois assemblés, D'un opprobre éternel retourneront comblés, rac. Ipliig. i, 2. || Absolument, très-satisfait. Vous êtes trop bonne, j'en suis comblée, siîv. 74. M. d'Arrouy est comblé de vos honnêtetés, id. 73. Ce bon homme en paraît l'àme toute comblée, cokn. 1). San. v, 5. M. de Bièvre se promenait à la campagne avec un très-gros homme qui s'arrêta au bord d'un fossé et dit : Je le sauterais bien, mais je pourrais tomber dedans. — Ah! monsieur, repartit de Bièvre, il serait comblé de vous recevoir, Bievriana, p. 98.

COMBLEMENT (kon-ble-man) , s. m. Action de combler un creux, un vide. Le comblement d'un puits. || En termes de géologie, terrain de comblement, terrain formé par des matières qui ont rempli un vide.

COMBLES (kon-blé), ». a. || 1° Remplir une mesure, un vaisseau jusque par-dessus le bord. Combler un boisseau. || Fig. Combler la mesure, commettre une dernière action qui rende toute patience, toute indulgence impo sible. Me crimes désormais ont comblé la mesure, rac. Ptièd. iv, 6, || Fig. Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie, Lui ravir tout d'un coupla parole et la vie, rac. Phèd. iv, 2. Quand le ciel en colère De ceux qu'il persécute a comblé la misère, volt. Orphel. v, ( . Ses prédécesseurs avaient commencé la ruine des mœurs; il la comble, dider. Ess. sur Claude. || 2° Remplir un creux ou un vide. Combler un fossé. Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit; Comble-moi cette ornière.... la font. Fabl. vi, 48. || Par extension. Cette ligne, fournie par les manuscrits, comble une lacune dans le texte. || Combler un déficit, fournir l'argent qui manque dans une caisse. || Fig. Combler les vœux, les désirs, les souhaitsde quelqu'un, lui procurer tout ce qu'il souhaite. || 3° Faire avoir en surabondance. J'étais lasse d'un trône où d'éternels malheurs Me comblaient chaque jour de nouvelles douleurs, corn. Bodog. ii, 3. Qu'il comble d'épouvante et Grenade et Tolède, id. Cid, iv, 3. Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise Combler vos ennemis d un mortel désespoir, id. Médée,is, 6. Ce choix pouvait

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combler trois familles de gloire, corn. Hor. i, 2. Cette déesse qui nous comble de biens, fén. Tél.i. Il nous combla de présents, id. ib. i. Vous me comblez de joie en m'apprenant que les stoïciens subsistent encore, fonten. Sénèque et Scarron. Cet hommage rendu à l'Académie par un savant illustre que l'Europe avait comblé de titres littéraires, honore à la fois cette compagnie et la nation, condorcet, Linné. || 4° Elliptiquement. Combler quelqu'un, le satisfaire entièrement. Vous me comblez. Entre ces tilleuls sans feuillage, Nous regarder comblait nos jours, bérang. Maudit printemps. || 5° Se combler, v. réfl. Être comblé. On a vu plusieurs vallées se combler par des éboulements.

— HIST. xne s. Por de besans pleine mine comblée Ne vous voudroie.... guill. d'orange, Variantes, t. il, p. 294. || xive s. Et de draps y avoit mainte pile empilée, Et de lange et de linge mainte huche comblée, Gucscl. 20398. Et en l'un des bachins pûmes [pommes] je meteroie, Et l'autre par dechà de florins combleroie, Baud. de Seb. i, (037. Les gens de guerre avoient rompu et comblé en partie ung puis qui estoit en la maison, du cange, abosatio. || xves. Le cheval n'estoit mye frais; car il avoit erré grant journée ; et il se combla des pieds de devant et cheut en une crevace moult grande, et le chevalier tomba dessoubz, Lancelot du lac, t. i, f° 43. || xvr s. La mer comblant de limon et de sable les fosses d'entre deux, mont, i, 231. Combler un bras de mer, amyot, Thémist. 31. Je vous conseille de combler ici vos victoires, et de pendre vostre espée au croc, d'aub. Hist. ii, 483. Celuy est bien mon oncle qui le ventre me comble, cotgrave.

— Étym. Provenç. cumular; espagn. coltnar ; ital. colmare, cumulare; du latin cùmulare, combler. Dans l'exemple de Lancelot du lac, se combler veut dire chopper, et vient du bas latin colmus, embarras dans un chemin, qui se trouve dans encombrer (en-combr-er), et qui vient de cumulus ( voy.

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