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CULTURE

t 2. COLON (ko-lon), s. m. Terme de grammaire grecque. Membred'une période, et, quelquefois an si, incise. || Dans la métrique, colon signifie deux pied 1 au commencement d'un vers finissant avec les eux-mêmes, sans aucune syllabe de reste. || Pause marquée par un point en haut, qui équivaut à deux points ou au point et virgule.

— éty.m. KùXov, membre d'une période (voy.

CÔLON).

CÔLON (kô-lon), s. m. Terme d'anatomie, Celui

des gros intestins qui fait suite au caecum. Esl ce la vessie ou le côlon qui vous tourmente? volt. Oreilles, 111.

— HIST. xvie s. Ces humeurs le plus souvent s'amassent au boyau nommé colon, paré, Introd. vi. Partie transverse du colon, id. 1, l.

COL

COL

ÉTYM. K<3àov, membre du corps, et, en particulier, un des intestins.

| COLONAGE (ko-lo-na-j'), s. m. Exploitation par un colon partiaire.

— ÉTYM. Colon i.

f COLONAILLE (ko-lo-nâ-lT , /J mouillées), s. f.

Terme de métier. Brin d'osier plus gros que les autres dans un ouvrage de vannerie.

— ÉTYM. Colonne.

j COLONAT (ko-lo-na) , s. m. Sous l'empire romain, état des agriculteurs, qui, sans en faire des esclaves susceptibles d'être vendus, les attachait au sol qu'ils ne pouvaient quitter. || Condition des colons de l'empire romain et du moyen âge. La période du colonat succède à celle de l'esclavage.

— ÉTYM. Colon l.

COLONEL (ko-lo-nèl), s. m. Le chef d'un régiment. || Officier qui, sans avoir de régiment, a le grade de colonel. Colonel d'état-major. || Autrefois, colonel général , dignitaire placé à la tète de tous les corps d'une même arme. Colonel général des hussards, des Suisses. || Colonel-lieutenant, nom qu'on donnait à l'officier qui commandait les régimentsdesprincesdu sang. || Colonel général de l'infanterie, celui qui commandait toute l'infanterie; charge supprimée en (66).

— HIST. xvie s. Sur la fin de ce différant arrivèrent les deux coronnels, rab. iv, 37. De la mesme façon que depuis nous appelasmes coronal de l'infanterie celuy qui la conduisoit: mot qui approche de la royauté, pasq. Rech. 44. Le couronnel des compaignies, la boétie, 134. C'est à elle de faire la revue de tout ce qui est, comme à un couronnel de la faire de ses compaignies, id. 186. Un coulonnel de mille hommes, amyot, Galba, il. Ce qu'ils firent en l'absence de leur coronal, sans ordre ni conduitte, m. du bell. G02. Le duc d'Albe eut pour mestre de camp gênerai ou, pour mieux dire, colonel commandant a tous (car tel l'avoit esleu le duc d'Albe) Chiapin Vicelly.BRANT. Capit. estrang. t. i,p. 79,dansLACURNE.

— ÉTYM. Bourguig. etBerry, coronel, prononciation qui est un provincialisme devenu fautif , comme colidor pour corridor où la permutation des liquides r et l est inverse; espagn. coronel; non pas de corona, couronne, comme le ferait croire cette prononciation, mais de l'italien colonello, qui vient de eolona, colonne, qui a aussi le sens d'une troupe de guerre.

| COLONELLAT (ko-lo-nél-la) , s. m. Ancien terme qui désignait l'emploi d'un colonel propriétaire de son régiment.

COLONELLE (ko-lo-nè-F), adj. f. || 1° La compagnie colonelle, ou, substantivement, la colonelle, la première compagnie d'un régiment d'infanterie, qui était commandée par le major. D'autre part la porte St.-Antoine était gardée par une colonelle de bourgeois, la roch. Mém. 2G9. Ici, d'Estampes devait, à l'heure donnée, faire battre le tambour par toute sa colonelle, retz, i, 40. Le bruit qu'il y eut dans le palais obligea le parlement à faire garder les portes du palais par les compagnies colonelles de' la ville, id. il, 339. Officier aux gardes de son métier, anspessade de la colonelle, dancourt, les Vendange*, \ 2. || 2" La femme d'un colonel. Madame la colonelle.

— HIST. xvic s. Il prit dix légions avec trois cohortes prétoriennes qui sont les compagnies coulonelles,ordonnéespour la garde du capitaine, amyot, Ant. 48. Prévost, enseigne de la coronalle de monsieur de l'Archan, paré, vin, 30. À mon regret diray cavalerie, infanterie, enseigne colounelle, esquadrons, au lieu de chevalerie, piétons, enseigne coronale, pasquier, Lettres, t. i, p. 105, dans lacurne.

— ÉTYM. Colonel.

f COLONIALRE (ko-lo-ni-ê-r), adj. Qui a rapport

à une colonie romaine. Soldat coloniaire. || Qui est relatif aux colons du moyen âge. Un manse colon ia ire. COLONIAL, ALE (ko-lo-ni-al, a-1') , adj. Qui provient des colonies, qui est relatif aux colonies. Produits coloniaux. Questions coloniales. || Système colonial, celui qui réserve le marché des colonies à la métropole et réciproquement, ou celui qui développe les établissements coloniaux en vue de l'extension des débouchés. Dans le premier sens on dit pacte colonial. Colbert et les autres partisans du système, colonial. L'Angleterre a renoncé au système colonial.

— ÉTYM. Colonie.

COLONIE (ko-lo-nie) , s. f. || 1° Établissement fondé

par une nation dans un pays étranger. Envoyer une colonie. Leurs terres où ils fondent une colonie, boss. Hist. i , 8. Les Grecs qui font sur cette côte des colonies, fén. Tél. xi. il 2° Possession d'une nation européenne dans une autre partie du monde. || Absolu-

ment, les colonies, se dit pour les Antilles françaises. Il est mort aux colonies. || 3° Réunion d'individus qui ont quitté un pays pour en peupler un autre. || Le lieu où ils se sont transportés. || Les gens d'un même pays habitant une localité étrangère. || Absolument, la colonie. On désigne ainsi dans certaines localités les résidents qui ne sont pas originaires de cette localité. || 4° Colonies agricoles, établissements agricoles inslitués à l'effet d'offrir du travail aux indigents et aux jeunes détenus, et d'augmenter les produits du sol en l'améliorant. || Colonie militaire, territoire dont les cultivateurs sont des soldats comme en Croatie, ou que des soldats habitent comme en Russie.

— HIST. xive s. Colonie ou coulongne est appelée quant aucune ville est gaigniée et aquise, et l'en [on] trametoit nouvel pueple pour habiter, bercheure, f° 10, verso. Colonie romaine estoit aucune ville qui ou commencement avoit esté fondée et peuplée de Romains, id. f 2.

— ÉTYM. Le latin colonia, de colonus (voy. colon i ). On remarquera , dans Bercheure , l'hésitation entre colonie et colongne; colonie est la forme moderne, calquée sur lalettre latine; colongne, Cologne est la forme antique calquée sur l'accentuation latine, colônia.

f COLONISABLE (ko-lo-ni-za-M'), adj, Qui est susceptible d'être colonisé.

— ÉTYM. Coloniser.

f COLONISATEUR (ko-lo-ni-za-teur) , s. m. Celui

qui colonise. Les colonisateurs de l'Amérique. || Adj. Un peuple colonisateur.

— ÉTYM. Coloniser.

COLONISATION (ko-lo-ni-za-sion) , s. f. Action

de coloniser; le résultat de cette action. La colonisation de l'Algérie. Colonisation civile. Colonisation militaire.

— ÉTYM. Coloniser.

COLONISÉ, ÉE (ko-lo-ni-zé, zée), part, passé.

L'Amérique colonisée par les Européens.

COLONISER (ko-lo-ni-zé) , v. a. Peupler par une colonie. || Se coloniser, v.réjl. Devenir colonisé. Avec le temps l'Algérie se colonisera.

— ÉTYM. Coloniser.

COLONNADE (ko-lo-na-d'), s. f. Terme d'architecture. Suite de colonnes qui forment galerie, et décorent un édifice. La colonnade du Louvre. L'or du commerce a élevé les fastueuses colonnades de l'hôpital de Greenwich, chateaub. Génie, m, I, 6. Là leurs gigantesques fantômes [des nuages] Imitent les murs des cités.... Là s'élèvent des colonnaoj lamart. Harm. i, <o.

— ÉTYM. Colonne; ital. colonnato.

f COLONNAISON (ko-lo-nè-zon) , s. f. Terme d'architecture. Façade ornée de colonnes.

— ÉTYM. Colonne.

f C.0L0NNAT10N (ko-lo-nna-sion) , s. f. Terme

d'architecture. Disposition, proportion des colonnes. || Peu usité.

— ETYM. Colonne.

COLONNE (ko-lo-n'), s. f. || 1° 'ferme d'architecture. Sorte de fût cylindrique avec base et chapiteau, portant un entablement. Auprès d'une colonne et loin de la clarté Qui suffisait à peine à ce lieu redouté, volt. Sémir. v, 6. Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d'un temple ruineux, lorsque ce grand édifice qu'elle soutenait fond sur elle, boss. Reine d'Anglet. || Colonne toscane, colonne qui a dans sa hauteur sept fois son diamètre; c'est la plus courte et la plus simple des cinq reconnues par Vignole. Colonne dorique, colonne qui a huit diamètres de hauteur, avec un chapiteau et une base un peu plus riches que la toscane. Colonne ionique, celle qui a neuf diamètres, et dont le chapiteau a des volutes. Colonne corinthienne, colonne qui a dix diamètres, etdontle chapiteau est orné de deux rangs de feuilles, avec des caulicoles, d'où sortent de petites volutes. Colonne composite, c'est la colonne corinthienne, sauf que l'on met au haut du chapiteau la volute ionique. || Colonne cannelée. Colonne torse. || Demi-colonne, colonne dont la moitié sort du mur, l'autre 'est présumée entrer dedans, || Colonne monumentale, monument qui a la forme d'une granae colonne isolée. La colonne de la place Vendôme, et, absolument, la colonne. Ah! qu'on est fier d'être Français, Quand on regarde la colonne! Chanson populaire. || Colonne milliaire, borne qui indique les distances sur une route. || Les colonnes d'Hercule, les montagnes de Calpé et d'Abyla, au détroit de Gibraltar, où l'Océan communique avec la Méditerranée et où Hercule borna, dit-on, ses voyages. || Fig. Le point le plus éloigné de la terre. Fais trembler

COL

suus les pas les colonnes d'Hercule, corn. Hor. i, i. Fusses-tu par delà les colonnes d'Alcide, Je me croirais encor trop voisin d'un perfide, rac. Phèd. iv. 2. || Fig. Ce sont autant de colonnes que vous

élevez à votre gloire, boss. Prov. I Du temple

des arts que la gloire environne, Vos mains ont élevé la première colonne, a. chén. 2. || Les colonnes de l'État, de l'Église, les personnes ou les choses qui en sont les soutiens. Recommander la cause de Dieu à ceux qui en ont toujours été les plus fermes colonnes, desc. Éplt. Ôter.... Un ministre à l'État, un père, à la patrie, Au trône une colonne, au prince un favori, rotr. Bélis. m, 5. Qui rencontre à son

trône une ferme colonne, id. Vencesl. v, 9 Du

plus ferme empire ébranlant les colonnes, racine, Alex, n, 2. Bèze, Calvin qu'on regardait comme les colonnes du calvinisme, boss. Var. <4. C'était une des colonnes du parti protestant, id. Var. s. Bientôt l'État, privé d'une de ses colonnes, Se plaindrait d'un repos qui trahirait le sien, j. b. rcjss. Odes, liv. m, 6. Tu es le fléau du vice et la colonne de La fidélité, montesq. Lett. pers. 2. || 2" Colonne de lit, pièce de bois tournée qui pose à terre et qui aide à soutenir le fond du lit. || Terme de charpente. Pièce de bois qui se pose à plomb et qui soutient le faîtage d'un bâtiment. || Terme d'architecture. Colonne d'air, vide formé par le limaçon d'un escalier à vis suspendu. I| 3° En physique, on dit une colonne d'air, d'eau, de mercure, etc. pour indiquer une quantité de ces fluides d'une hauteur et d'un diamètre déterminés. || Colonne d'eau se dit aussi pour trombe. || Terme de fontainier. Quantité d'eau qui entre dans le tuyau montant d'une pompe. |1 Terme d'anatomie. Colonne vertébrale, nom donnéàl'ensemble des vertèbres superposées. || Colonnes charnues du cœur, faisceaux musculaires plus ou moins nombreux qui sont dans les cavités du cœur. || 4° Colonne dans un livre, dans une page d'écriture, partie d'une page séparée du reste par une raie ou seulement par un espace blanc. Ce tableau a huit colonnes. Une colonne de chiffres. La colonno des unités, des dizaines. Les journaux ont deux, trois ou quatre colonnes. M. de Cambrai fit un livre qu'il intitula Maximes des saint., et le mit en deux colonnes, st-sim.45, 13. || 5° Terme de guerre. Corps de troupes disposé par sections plus ou moins étendues ayant peu de front et beaucoup de profondeur.'Serrer, déployer la colonne. L'ordre en colonne. Colonne serrée, lorsque la l'une section est moindre que le front «les donne d'attaque. Plusieurs brigades, pris* I , couchèrent en colonne, comme elles se trouvèrent, stsim. 12, 144. D'un pas ferme et pressé, d'un Iront toujours égal, S'avance vers nos rangs la profonde colonne Oue la terreur devance et la flamme environne, volt. Fontenoi. || Colonne mobile, corps détaché' chargé de parcourir un pays pour contenir les mouvements hostiles. ||6° Terme d'horticulture. Arbre en colonne, tige simple. verticale, s'élevant jusqu'à la hauteur de6 mètres et plus, garnie seulement et régulièrement de rame: us à fruit depuis sa base jusqu'à son sommet. || 7- Colonne torse, jolie coquille univalve.

— hist. xiie s. Columpnesrundeski furent as mura justées, Rois, 247. || xme s. Il avoit [il y avait] une colombe en Constantinoble el milieu de la ville qui estoit une des plus hautes et des mius ouvrées de marbre qui onques t'ust veue, villeii. cxxvii.

— ÉTYM. Provenc. colonna, colompna, coronda ; espagn. columna; ital. colonna; du latin columna, de cotumen , soutien.

+ COLONNETTE (ko-lo-nè-f) , s. f. \\ i° Terme d'architecture. Petite colonne. || 2° Terme d'anatomie. Portiondeladent.M.Owenadit que les molaires des antilopes se distinguent de celles des chè qu'elles ne portent point de colonnettes interlob gaudry, Comptes rendus, Acad.dessc.t. lu, p. 297.

— ÉTYM. Diminutif de colonne. COLOPHANE (ko-lo-fa-n'), s. f. Ma

neuse, sèche, transparente, jaune ou brune qui est le résidu de la distillation de la tel || Résine avec laquelle on frotte l'archet des violons, basses et autres instruments de la même famille.

HtsT XVI» s. Ferez fondre vostre colophone et

résine avec' la cire et l'huile, paré, xxv, 26. Vous ferez lentement fondre la cire, adjoustant la poix et colophane, 10. ib. 27. Colofaigne, palissy, 208.

— ÉTYM. Provenç. colophonia: espagn. et ital. colofonia; de •/o).oçwvîïi , sous-entendu résine, résine de la ville de Colophon, en Asie mineure. Colophone, qui s'est dit d'abord, était plus correct.

f COLOQUINELLE (ko-lo-ki-nè-P) , s. f- Variété de courge, dite coloquinte fausse.

COL

COL

COL

— ÊTYM. Voy. CO) OftDINTE

COLOQUINTE ko-lo-kin-t') , s. /'. Concombre forl [eucumis colocyntliis , t.). Amer comme coloquinte, Les bignonias, les coloquintes s'entrelacenl au pied de ces arbres de toutes les formes, cha- Atala, 20*. || Coloquinte fausse, variété de qui n'a aucune amertume. || Dans un langage •ivial, la tête, ainsi dite par assimilation de me. Un coup de poing sur la coloquinte.

— HIST. xvi" s. Faites fumigatii n de graines de ointes, et de moutarde, paru, xv. 26. Hue,

olocynthe, id. xxu, .">.

ÊTYM. KoXoxûvfla, citrouille; Suidas dit ce mot médique. Espagn. et ital coloquintida.

COLORANT. AMi: (ko-lo-ran, ran-t'), adj. Qui colore. Substance colorante. Les principes col

t COLORATION (ko-lo-ra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action par laquelle un corps devient coloré; ré ultat de cette action. La ci loration des fruits par la chaleur du soleil. || État, apparence d'un corps coloré. La coloration de la peau, du vis

— HiST. XVIe s. Coloration, oudin.

— ÊTYM. Colorer; provenç. coloratio; espagn. coloration ; ital. a lorasione.

COLORÉ, ÉE (ko-lo-ré,rée>, part. passé. || 1° Quia reçu de la couleur. L'horizon coloré par l'aurore. || Avoir le teint coloré, l'avoir rouge et vermeil. j| Vin coloré, vin plus rouge que paillet. || En botanique, feuille colorée, feuille qui a une autre couleur que ia couleur verte. || Fig. Style c 1 iré, style dont on compare les effets à des teintes vives et agréables. | £ Qi i a uneappai snce ca iable de séduire, de per. Il n'a pas même un titre coloré. Vous nous i!orées, mol. Tart. îv, (.Cette un refus coloré ? corn. Tais, d'or, i, 3. On ne p mvait | as pro] osera un roi une vue politique mieux col irée, boss. Po it. Cette Égli i n'a pas même une succession apparente et colorée, m.Réfl.

ï COLOREMENT (ko-lo-re-man I rme de

dessin. Colorement de l'ombre, manière d'ombrer d'après les teintes du modèle.

— ÊTYM. Colorer; provenç. colcrameht; anc. es- ; color'amiento ; ital. coloramento.

COLORER (ko-lo-ré), v. a. || 1° Donner de la couleur. Le soleil colore 1 s fruits. J'ignorais [ce] que ce pouvait être, Qui lui colorait ce beau teint, malii. iv, t. Celle noble pudeur colorait son visage, BAC. J'hi\l. n, b. Il le revit [l'incendie de Moscou] dansti nce; t ute cette cité lui parut une

va te troml [iii s'élevait en tourbillonnant

jusqu'au ciel e le colora t fortement, ségur, Hist. a,' \ ipol. vin, 7. || 2° Fig. Embellir. Son imagination lui colore tout. || 3° Présenter sous un jour, sous un aspect favorable. Je n'ai point d'éloquence Pour r un fait, 'm détourner la foi, Régnier. Sat. m. Je ne sais pas ce qu'on peut dire pour colorer tant de violences, patru, Plaid, v, dans richelet. Pour en rompre les nœuds et colorer ses crimes, rotrou, Vencesl. u, i. Et pour en colorer l'emportement honteux, corn. Sertor. i, i. L'ingrat d'un faux orant son injure, rac. Brit. I, i. Et par là de son fiel colorant la noirceur, id. Alliai, i, l. Dans leur rébellion les chefs des janissaires Cherchent à colorer leurs desseins sanguinaires, id. Baj. ii, i. Quelle excuse pouvons-nous trouver doux colorer nos rébellions? boss. Purif. 2. Le monde n'a plus rien à nous dire pourcolorersesdéréglements, mass. Panég. St-Louis. Des raisons dont la flatteuse adresse \ mes yeux éblouis colorant vos refus.... volt. Zaïre , iv. 2. nue d'un prétexte heureux la trompeuse a] parence Colore ces apprêts.... delille, Enéide, iv, 416. || 4° Se colorer, r. rêfl. Prendre de la couleur. Le; raisins commencent a se colorer.

— SYN. colorer, colorier. Colorer, c'est donner une couleur naturelle ou artificielle, mais sans autre intention que cette couleur même. Colorier, c'est' apposer avec art des couleurs sur quelque chose. Un verre coloré est un verre qui a une teinte de couleur quelconque comme un verre bleu, un verre rouge, et en général les vitraux de nos églises; un verre colorié est un verre qui représente quelque dessin uu'on a tracé dessus, comme les verres de la lanterne magique, sur lesquels on a peint en couleurs transparentes des figures qui se reproduisent amplifiées sur un linge blanc.

— HIST. xii° s. Trois fois se pasme sur l'erbe colorie, Honc, p. H6i Blanche char [ellej ot comme finis espanie ; Lace vermelle coin rose i

Raoul de C. 148, || xm« s. [La femme] Or est un peu P ' m] i era bien colorées Contenance

... Gfl que il . 1 il eUsl aHOUE

ienr . m n p urroit il ■ ouleun t son dil ?

oresme, Eth. 297. Les petiz [corps], disons nous que il sont bien formez, bien mesurez ou bien colorez, m. ib. iih. Il le dist pour applaudir [faire approuver] .et coulourer son fait , du cange , applausivus. || xv s. Et leur fit. dire et démontrer tant de belles raisons colorées que.... froiss. i, i, 3 1 o. Ne jamais il ne doibt estre receu à dire le contraire de sa confession, ne à la coulourer ou justifier autrement, juven. Charles VI, I4ii. Tous se coulouroient sur le bien publique du royaulme, comm. i, 2. || xvie s. Il employoit à tout propos ce qu'il avoit appris de Anaxagoras . coulourant ses raisons de philosophie naturelle par l'artifice de rhétorique, amyot, Péricl. xiii. Ces beaux pavois de pourpre coulourez, D'yvoire et d'or richement labourez.... id. Timol. 41. Luy qui ne demandoit que quelque occasion colorée, id. César, 16.

— ÊTYM. Berry, couleurer ; Saintonge, coulourer; provenç. et espagn. colorar; portug. corar; ital. colorare; du latin colorare, de color, couleur.

f COLORIAGE (ko-lo-ri-a-j'), s. m. La mise en couleurs. Le coloriage des cartes de géographie.

— ÊTYM. Colorier.

COLORIÉ, ÉE (ko-lo-ri-é, ée), part, passé. Planches, cartes coloriées. || Fig. Nos historiens ne songenl qu'à faire des portraits fortement coloriés,

J. J. ROUSS. Ém. IV.

COLORIER (ko-lo-ri-é). || 1° V. a. Appliquer des couleurs sur un objet. Colorier un dessin, une statue. || 2° V.n. Terme de peinture. Employer les couleurs. Ce peintre colorie mieux qu'il ne dessine.

— ÊTYM. Colori, ancien participe du verbe colorir. dil à côté de colorer; ital. colorire.

t COLORIFIQUE (ko-lo-ri-fi-k') , adj. Terme de physique. Qui produit de la couleur.

— ÊTYM. Le latin color, couleur, et facerc, faire, f COLORIGRADE ( ko-lo-ri-gra-d';, s. m. Voy.

colorimètre.

— ÉTYM. Lat. color, couleur, et gradus, degré.

f COLORIMÈTRE (ko-lo-ri-mè-tr') , s. m. Terme de physique. Appareil imaginé pour déterminer le pouvoir colorant de certaines matières colorantes, garance, indigo.

— ÉTYM. Le latin color, couleur, et mitre, mesure. f COLORINE (ko-lo-ri-n') , s. f. Sorte de teinture

jaune.

— ÊTYM. Le latin color, couleur.

COLORIS (ko-lo-ri),x. m. || 1° Partie de la peinture par laquelle on donne aux objets qu'on peint la couleur qui leur convient. Ce tableau pèche par le coloris. || 2" Par extension, éclat des couleurs au teint et sur les fruits. Le coloris d'une prune. L'autre broie en riant le coloris des moines, boil. Lutrin, n. Quand j'ai bu du vin de Champagne, j'ai, le lendemain, le coloris obscur , les nuances brouillées et des erreurs au teint qui me vieillissent de dix années, regnard. Critique du lég. 8. || 3° Fig Éclat du style qui permet de le comparer aux reflets de la peinture. Il n'y a point de si petits caractères qu'on ne puisse rendre agréables par le coloris : le fleuriste de la Bruyère en est la preuve, vauven. Nouv. max. 65. Né avec cet enjouement qui répand un coloris de finesse sur la raison, et d'aménité sur les vertus, dider. A mon frère. Il ne s'agira plus que de retoucher le tableau et de lui djnner du coloris, volt. Lelt. d'Argental, 12 sept. <764. De sa main triomphante ii [le roi de Prusse] me trace une épltre, Une épître où son cœur a paru tout entier; Je vois le bel esprit, et l'homme et le guerrier; C'est le vrai coloris de son Ame intrépide, id. Ép. li. || Fig. Ce qui masque. J'ai vu mille peines cruelles Sous un vain masque de bonheur, Mille lâchetés infidèles Sous un coloris de candeur, gresset, Chartreuse.

— ÊTYM. Ancien participe colori (voy. colorier). Si compaignon fièrent [frappent] de lor brans coloris, Ch.d'Ant. vin , 977. Ital. colorito. L'orthographe de ce mot aurait dû être colori , et non coloris, où "s ne s'explique pas.

f COLORISATION (ko-lo-ri-za-sion) , i. f. Terme de physique. Apparition d'une couleur quelconque. |.| Ternie de pharmacie. Changement de couleur qui arrive aux substances en diverses opérations de la nature ou de l'art. || Action d'appliquer des couleurs. Colorisation électro-magnétique.

— ÉTYM. Verbe fictif colorùer, de coloris. COLORISTE (ko-lo-ri-sf), a\ m. || 1" Peintre habile

dans le coloris. C'est dans les écoles vénitienne et flamande qu'on trouve les meilleurs coloristes. Jean- ■ . aura toujours entre les littérateurs le mérite d i.aiids coloristes en peinture, uider. Em, s. Claude. || Los coloristes, les peintres qui se distin gnent par la couleur, par opposition è ceus qui e distinguent pai le des m || se dit au-, i des écrivains.

C'est un coloriste. || 2° S. m. eif. Celui, celle qui colorie des estampes, des cartes.

— ÉTYM. Coloris.

COLOSSAL, ALE (ko-lo-sal , sa-1'), adj. || i°Qui est extrêmement grand, comme l'est le colosse. Des monuments colossaux. Statue colossale. Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, Troublent les morts couchés sous le pavé des salles, v. hugo, Bail. 14. Il Par extension, qui appartient à un colosse de puissance ou d'orgueil. Du meurtrier [du duc d'Enghien] les nations vassales Courbent leurs fronts tremblants sous ses mains colossales, v. hugo, Odes, m, 5. || 2" Fig. Vaste, étendu. L'empire des califes fut de peu de durée, mais colossal.

— ÉTYM. Colosse.

COLOSSE (ko-lo-s'), s. m. || 1" Statue d'une grandeur extraordinaire. Le colosse de Rhodes. || 2° Par extension, homme, animal de haute et forte stature. Qui n'admira que notre corps, qui tantôt n'était pas perceptible.... soit à présent un colosse? pasc. dans cousin. Il jugea qu'à son appétit Dame baleine était trop grosse; Dame fourmi trouva le ciron trop petit, Se croyant, pour elle, un colosse, la font. Fabl. i, 7. [Le CGmte de Bagliani] C'était une espèce de colosse en hauteur et en grosseur, st-sim. toc, 128. || 3° Fig. Empire ou souverain très- puissant; personnage très-considérable. Un colosse d'État qui de vous seul attend L'âme qu'il n'a pas de lui-même, CORN. Agésil. m, l. Voici de quoi détruire et de quoi renverser Ce colosse orgueilleux si fort à terrasser, rotr. Bélisairc, iv, 5. Ce colosse effrayant dont le monde est foulé, volt. Mort de César, m, 4. Cet effroyable colosse, Cazaux, l'appui des mutins, A mis le pied dans la fosse.... malh. ii, 5. J'ai du regret de voir Tite-Live jeter ses fleurs sur ces énormes colosses de l'antiquité; je voudrais qu'il eût fait comme Homère, qui néglige de les parer, montesq. Romains, 5. Ces colosses d'orgueil furent tous mis en poudre, malii. ii, t-2. Trente années détruiront ces colosses de puissance qu'on ne voyait bien qu'à force de lever la tête; nous disparaîtrons, moi qui suis si peu de chose, et ceux de qui j'espérais toute ma grandeur, la bruy. viii. Que c'était un assez grand résultat pour y sacrifier Moscou tout entière; que peut-être le ciel, pour leur accorder une aussi grande victoire, voulait un aussi grand sacrifice, et qu'enfin il fallait à cet immense colosse un immense bûcher, ségur, Hist. de Napol. vin, G. || Le colosse du Nord s'est dit très-souvent pendant un temps pour le czar de Russie, l'empire lusse.

— HIST. xvie s. Le bruit sempiternel du colosse érigé sus la sépulture de Meinnon, hab. Pant. v, I. Le sage peult bien, sans interest de son debvoir, leur quitter [accorder aux passions humaines] d'en haster ou retarder son pas, et ne se planter comme un colosse immobile et impassible, mont, i, 339.

— ÉTYM. Le latin colossus, de v.oXoaaôi, statue colossale.

t COLOSTRATION (ko-lo-stra-sion), s. f. Terme de médecine. Maladie des enfants nouveau-nés, qu'on supposait produite par le colostrum.

— ÉTYM. Colostrum.

COLOSTRUM (kodo-strom'), s. m. Terme de médecine. Le premier lait des femmes après l'accouchement.

— ÉTYM. Lat. colostrum.

fCOLOUGLI (ko-lou-gli) ou COULOUGL1 (koulou-gli), s. m. Nom des habitants de l'Algérie nés de pères turcs et de femmes indigènes.

— ÉTYM. Mot turc, de koula, esclave, et oghli, fils.

f COLPOCÈLE (kol-po-sè-F), s. f. Terme de chi rurgie. Hernie du vagin.

— ÉTYM. K6).no;, vagin, et xf{kri, hernie.

f COLPOPTOSE (kol-po-ptô-z), s. f. Terme de chirurgie. Proeidence du vagin.

— ÉTYM. KoXîtoç, vagin, et Ttxô>a:c, chute.

f COLPORRUAGIE (kol-po-rra-jie) , s. f. Terme de médecine. Hémorrhagie du vagin.

— ÉTYM. Kùhtot;, vagin, et payi, éruption.

COLPORTAGE (kol-por-tu-j'), s. m. Action de colporter; métier de colporteur. Les règlements sur le colportage.

— étym. Colporter.

COLPORTÉ, ÉE (kol-por-té, tée), part, passé. Des marchandises colportées dans les campagnes || Fig. Des bruits colportés par la malveillance.

COLPORTER (kol-por-té), V. n. Il 1» Porter dans les \illes ou les campagnes des marchandises pour les vendre, marchandises qui sont dans nue banni» porté'' sur le dos ou sur uni' ; .i i à wiiuiv. Colporter ., s IfPai extension. Colporter une nouvelle, une histoire, aller la raconter à l'un et à l'autre.

COL

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