BONS
— ÉTYM. Com, et pisser; provenç. compissar.
COMPITALES (kon-pi-ta-r ),*./■.;)/. Terme d'antiquité. Fêtes romaines à l'honneur des dieux domestiques, et qui se célébraient dans les carrefours.
— ÉTYM. Latin compitalia, de compitum, carrefour.
COMPLAIGNANT, ANTE (kon-plè-gnan, gnan-t'), adj. Oui se plaint en justice. || Substantivement. Dans le discours du complaignant, st-sim. 70, 152. Peu usité.
— ÉTYM. Complaindre.
t COMPLAINDRE (kon-plin-dr'), v.a. Témoigner de la compassion à quelqu'un. || Se complaindre, v. réfl. Faire sa complainte. || Vieux.
— HIST. xne s. À vous amans, plus qu'à nule autre gent, Est bien raison que ma dolor [je] complaigne, Coud, xxii. j| xm" s. Ainsi se complaignoit à rois, Chr. des Rains, p. 80. Et sont tenu à sainte l'.glise garder et garantir, toutes les fois que ele en i mestier et qu'ele se complaint à eus comme à ses jnfans beal'm. xi, 27. Au juge d'eulx [il] se complajndra, la Rose, 7832. || xiv s. Assez rueve [demande] qui se complaint, machault, p. 79. || xve s. Et quant le gentil chevalier eut ouï complaindre la f.ine si tendrement, froiss. i, i, 14. ||xvics. L'un que tourment poursuit et importune, Va complaignant sa mauvaise fortune, marot, i, 3H. Adonc le Complaignant renforce» la voix et commence» à
crier plus hault, amyot, Démosth. 16. Des mains, nous festoyons, resjouissons, complaignons, attristons, mont, ii, (69.
— ÉTYM. Com, et plaindre ; provenç. complanher , complagner, complanger ; catal. complanyer; anc, espagn. complaiiir ; ital. compiangere.
COMPLAINTE (kon-plin-f), s. f. \\ 1° Plainte que l'on fait entendre, i vous seul en pleurant j'adresse ma complainte, Régnier, Élég. v. Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes, malh. vi, 18. En ces propos mourants ses complaintes se meurent, id. i, 4. || 2* Chanaon populaire sur quelque événement tragique ou sur une légende de dévotion. La complainte sur l'assassinat de Fualdès (en 1816). La complainte du Juif errant. || 3° Action par laquelle celui qui est troublé dans la possession d'un immeuble demande à être maintenu en possession contre l'auteur du trouble. La complainte est une action possessoire. || En style de monitoire, faire complainte àl'Êglise. || Enmatièrebénéficiale, seditd'uneaction qu'on forme pour être maintenu en un bénéfice, après en avoir seulement pris possession.
— HIST. xm° s. Dame Dieux ouï ma complainte et ot merci de moi, Psautier, f° 36. Li chastelains de Couci aima tant Qu'onc pour amor nuls nen ot dolor graindre; Pour ce [je] ferai ma complainte en son chant, anonyme, dans Couci. Quand mes complaintes [elle] entendi, la Rose, 4240. Nos avons oï la conplainte, Or devons la response atendre Et l'un droit après l'autre rendre, Ren. 8754. Mestre, fait li rois, s'onc oïstes En vostre terre tex conplaintes Com à ma corta l'en fait maintes, ib. 8432. Li rois avoit mandé durement et asprement de maintes pleintes et compleintes qu'il avoit oies, Liv. dejust. 1 4. || xve s. Ces nouvelles et ces complaintes en vinrent à messire Jean de Hainaut [Philippe de Valois venait de ravager son territoire], froiss. i, i, 98. l| xvi* s. En complainte de nouvelleté, y a amende envers le roi et la partie, loysel, 753. Car ce sont cris, pleurs et complaintes, marot, i, 184.
— ÉTYM. Complaindre ; provenç. complancha, complansa, complanta, complainta; anc. catal. complancta, complanta; ital. compiania.
COMPLAUtE (kon-plê-r'), je complais, il complaît; je complaisais; je complus; je complairai; que je complaise; que je complusse; complaisant; complu, v. n. || 1° Acquiescer pour plaire, pour faire plaisir. Il ne cherchait qu'à plaire et qu'à complaire. Moins vous l'aimez, et plus tachez de lui complaire,
rac. Mithrid. iv, 2 Et sans plus me complaire
Vous refusez l'honneur que je voulais vous faire, id. ib. iv, 4. Non que, si jusque-là j'avais pu vous complaire.... id. Brit. iv, 2. Se faire petit pour complaire, s'abaisser, s'effacer devant un supérieur, p. l. cour. Lett. n. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° Se complaire, v. réfl. Mettre sa jouissance, son plaisir dans une chose toute personnelle. Il se complaît à rendre service. Il se complairait à vous tourmenter. J'avais prévu ma chute en montant sur le faîte; Je m'y suis trop complu : mais qui n'a dans la tête Un petit grain d'ambition? la font. Fab. x, 10. Dieu se complaît, ma fille, à voir du haut des cieux Ces grands combats d'un cœur sensible et vertueux, volt. Agathocle, il, 1 . Tu te complais peut-être en ta funeste erreur, delavig. Vêpres sicil. in, 2.
— REM. Faut-il dire : cette femme s'est complu ou complue à se parer; ils se sont complu ou complus à vous obliger. L'Académie ne dit rien là-dessus, mais au mot plaire, elle donne, dans des constructions analogues, le participe passé invariable : elle s'est plu à se parer; ils se sont plu à vous obliger. C'est la règle que donne aussi bien pour complaire qus pourpZoireGirault-Duvivier dans la Grammaire des grammaires. Cette règle est bonne; on doit la suivre, interprétant (et c'est l'interprétation la plus naturelle) se complaire par complaire à soi. Mais d'autres grammairiens écrivent : elle s'est complue, ils se sont complus; et cela aussi ne déroge pas à la grammaire ; seulement l'explication est différente : dans celle-ci on considère complaire comme un verbe neutre construit avec le pronom personnel, tel que se taire, s'écrier, s'enfuir, et, dans l'ancien français, se dormir, se gésir, etc. tous verbes qui sont des verbes réfléchis absolus et dans lesquels le participe passé est variable : ils se sont tus, écriés, enfuis, etdansl'ancien français, ele s'est donnie.etc. De la sorte on peut faire, avec complaire, le participe variable ou invariable suivant le point de vue où l'on se placera, c'est-à-dire suivant qu'on le considérera comme un verbe réfléchi indirect ou comme un verbe réfléchi absolu (voyez, pour la théorie de cette construction du pronom personnel, le verbe aper-
cevoir). Mais l'usage le plus général est dt faire complu invariable.
— SYN. complaire, plaire. Complaire c'est s'accommoder au sentiment, au goût de quelqu'un, dans la vue de lui être agréable. Plaire c'est effectivement être agréable, beauzêe.
— HIST. xv* s. Ainz le mentir en pluseurs [j'] apperçoy, Qui aux princes cuident par ce complaire, E. desch. Ce qui est nécess. aux rois. La pluspart des gens taschent à leur complaire [aux princes] , comm. Prol. || xvie s. Aymant complaire à Dieu par foy et observation de ses sainctz commandements, rab. Pant. m, 30. X Vulcan donc son dueil elle declaire, Qui tout subit, pour à Venus complaire.... marot, i, 390. Tels complaisoient à ceulx-cy, qui, à ceste venue, les eussent abandonnez, carl. vm, 9. Il souloit louer les médecins qui ne complaisoient jamais aux voulentez et appétits desordonnez de leurs patiens, amyot, Pompée, 96. Se complaire oultre mesure de ce qu'on est, en tumber en amour de soy indiscrète, mont, ii, 62. Que l'ame l'assiste et favorise [le corps] et ne refuse point de participer à ses naturels plaisirs, et de s'y complaire conjugalement, id. iv, 300.
— ÊTYM. Espagn. complacer; ital. compiaccre ; du latin complacere, decum, avec, etplacere, plaire.
COMPLAISAMMENT (kon-plè-za-man), adv. Avec ou par complaisance. Il m'a écouté complaisarnment. || Ironiquement, avec un sens de blâme. Il parle trop complaisamment de lui.
— ÉTYM. Complaisant, et le suffixe ment. COMPLAISANCE (kon-plè-zan-s'), s. f. || 1° Soin,
désir de complaire. Tant il a de complaisance pour les riches, pasc. Prov. xn. Je refuse d'un cœur la vaste complaisance Qui ne fait du mérite aucune différence, mol. Mis. i, 1. Goûtez, avec complaisance pour Adoam , les plaisirs qu'il vous offre, fén. Tél. vm. J'avais plus espéré de votre complaisance, rac. Iphig. m, 1. Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, boil. Sal. ix. Il est bon d'avoir votre suffrage, mais je veux l'avoir par la force de la vérité, et je ne vous prierai pas même d'avoir la plus légère complaisance, volt. Lett. Mme du Deffant, 30 juillet (773. || 2° Acte de complaisance. Vous voyez comme je m'y prends et les adroites complaisances qu'il m'a fallu mettre en usage pour rn'introduire à son service, mol. l'Avare, i, 1. Vous avez bien fait d'avoir cette complaisance pour M. de Grignan, sév. 657. C'est une simple complaisance de l'esprit à la volonté de Dieu, boss. Lett. abb. 145. Traître, pour les Romains tes lâches complaisances N'étaient pas à mes yeux d'assez noires offenses, rac. Mithr. ni, 1. Ces complaisances douteuses que vous avez pour cette personne, mass. Car. F. légères. Il ne me trouvait ni assez jeune , ni assez belle, et il me fut impossible d'en tirer aucune complaisance , fonten. Hélène, Fulvie. Si l'Évangile avait des distinctions à faire et des complaisances à accorder , mass. Car. Immutabilité de la loi. Le souvenir des complaisances d'Alexandre à Tilsitt et à Erfurt confirma l'empereur de France dans cette fausse opinion, ségur, Uist. de Napol. liv. m, t. \\ Terme de commerce. Billet de complaisance, billet exprimant une opération fictive. || 3° État de l'âme où l'on se complaît, soit à soi-même, soit à quelque chose. Parler d'une personne avec complaisance. Regarder avec un œil de complaisance. Se regarder avec complaisance, être satisfait, outre mesure, d< sa personne. Ne savez-vous pas que la bonne opinion de soi-même et la complaisance qu'on a pour ses ouvrages est un des péchés les plus dangereux? pasc. Prov. ix. La mère est regardée avec complaisance de celui qu'elle a rendu père , boss. Polit. Ce superbe.... se met au rang des gens désabusés [de la religion], il insulte en son cœur aux faible» esprits qui ne font que suivre les autres sans rien trouver par eux-mêmes; et, devenu le seul objet de ses complaisances, il se lait lui-même son dieu, boss. la Vallière. Ciel ! avec quel respect et quelle complaisance Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi I rac. Bérén. i, 6. Pour une fille.... Croitelle en ses valets voir quelque complaisance, boil. Sat. x. La complaisance qu'il avait eue à contempler sa modération, fén. Tél. xviii. Jupiter la regarda avec complaisance, id. ib. ix. Il sommeillait, mollement incliné; Et le vieillard, seul, assis en silence, Le soutenait d'un air de complaisance, malfil. Sortisse,th. n. 11 y a dans la domination et la supériorité une complaisance naturelle que le christianisme même a beaucoup de peine à -égler, fléch. i, p. 267. || 4" En style biblique, au pluriel, affection. Dieu dit dans l'Evangile : C:est ici mon fils bien-aimé.
COM
COM
COM
en qui j'ai mis toutes mes complaisances. Ce Messie, l'objet de ses complaisances ^de Dieu], boss. Hist. n, 4. L'homme est toujours .'objet des complaisances de l'Éternel, chateaub. tlart. n, 89.
— SYN. COMPLAISANCE , IlÉFÊRENCE , CONDESCEN- DANCE. La complaisance est le soin de complaire et est, par conséquent, plus étendue que la déférence qui, comme l'étymologie l'exprime, se déporte pour laisser prévaloir, par é^ard ou par respect, les idées, les opinions, les goûts , les volontés d'autrui. La condescendance serait la même chose que la déférence, s'il ne s'y joignait, étymologiquement , l'idée de descendre d'une hauteur et de se prêter à la satisfaction des autres, au lieu d'user de sa supériorité et de ses droits.
— HIST. xiv" s. Celui fet teles complaisances, affin que par ce li soit faite aucune utilité en pecunes, oresme, Eth. 4 32.
— ÉTYM. Complaisant ; provenç. etespagn. comvlacencia ; ital. compiacrnza.
COMPLAISANT , ANTE (kon-plè-zan, zan-t'), Adj. || 1* Qui a de la complaisance ou des complaisances.... S'il m'eût vaincu, votre esprit complaisant Lui faisait de ma tête un semblable présent, corn. Fomp. m, 2. Et, comme c'est m'aimer que me faire présent, Je suis toujours alors d'un esprit complaisant, corn, le Ment, iv, 4. Les uns , parce qu'ils sont méchants et malfaisants, Et les autres, pour être aux méchants complaisants, mol. Mis.i, 4. Vos désirs lui seront complaisants Jusques à lui laisser et mouches et rubans? id. Éc. des mar. I, 2. Mais au moins sois complaisante aux civilités qu'on te rend, m. Fr. a" El. n, 4. Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, Et pourrait bien avoir douceur de cœur pour elle, id. Tart. ni, 4. Les dieux à vos désirs toujours si complaisants, rac. Iphig. i, t. Elle était impérieuse avec ses enfants, mais complaisante à son mari, perrot, Tacite, 263. || 2° Qui se complaît à soi-même. Il vaut mieux ne pas jeûner et en être humilié que jeûner et en être complaisant, pasc. /*. div. 480. || 3° Suhstantivement, il se prend ordinairement en mauvaise part. Un grand et ses complaisants. Le caractère de celui qui veut hériter de quelqu'un rentre dans celui du complaisant, la bruy. vi. || En un sens particulier, celui, celle qui favorise les galanteries d'une autre personne.
— HIST. xvi" s. Le fil de nos discours nous obligeoit à parler non seulement des empereurs, rois, primats et potentats souverains, mais aussi des délicieux mignons, favoris et complaisans à tout faire, et des administrateurs à tout entreprendre, sully, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Complaire; itm. compiacente.
COMPLANT (kon-plan), s. m. Terme d'agriculture.
|| l'Assemblage de jeunes arbres qu'on plante dans quelque lieu. On dit plant aujourd'hui de préférence. i| Plant de vignes composé de diverses pièces de terre. || 2°Terme de féodalité. Portion que (e seigneur prenait sur les fruits des vignes par lui données à oomplanter et cultiver. || Champ dont on a accordé la jouissance par usufruit, à la charge d'y planter des arbres et particulièrement des vignes.
— HIST. xvi« s. L'aer, la terre et le complant ^ont le fondement du vignoble, o. de serres, 447. Tout homme ayant droict de complant se peut emparer, de son auctorité privée, sans offense, des vignes sujettes au dit complant, par defl'aut de les faire tailler dedans la St George, Coustum. génér. t. n, p. 642. Si aucun tient du seigneur vignes à comptants et chargées de cens ou rentes, ib. p. 675. ....J'ay de mes propres mains Planté un beau verger de si bonne aventure, 0ue le ciel tout bénin et la douce nature Ont tant favorisé qu'on ne voit rien de beau Qu'aisément on ne trouve en ce complant nouveau, r. bellf.au, Bergeries, t. i, p. 32, dans