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COMMETTRE

COMMITTIMUS ( ko-mi-tti-mus' ) , s. m. || 1° Lettres royales que le roi donnait à ceux qui avaient leurs causes commises aux requêtes du Palais, ou au grand conseil, ou à quelque autre tribunal particulier; et, en général, privilège accordé à certaines personnes de plaider devant certains juges et d'y faire évoquer les causes où elles avaient intérêt. Appliqué à se servir d'un comniittimus, i.a bruy. xi. || Committimus du grand sceau, celui qu'on obtenait pour les causes qui étaient hors du ressort du parlement de Pans || Committimus du petit sceau,

celui qui n'était valable que dans le ressort d'un parlement. || 2° Le droit de committimus. On ôta le committimus à plusieurs communautés.

— ÉTYM. Latin committimus, nous commettons, de committere. commettre (voy. commettre).

COMMITTITUR (ko-mi-tti-tur), s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Ordonnance mise au bas d'une requête pour commettre un conseiller. || Requête de committitur, requête par laquelle on demandait qu'un rapporteur fût commis dans une affaire.

— ÉTYM. Latin, committitur, il est commis, de committere , commettre (voy. commettre).

f COMMIXTION (ko-mik stion), s. f. Terme didactique. Mélange intime de plusieurs choses différentes.

— HIST. xve s. Les elemens par proportionnée commistion, Prouffits chumpestres , n, 2. || xvr s. Â. plusieurs qui au paravant ne s'entreconnoissoyent quasi pas, il [le vin] leur a donné un commencement de commixtion et incorporation des uns avec les autres, lanoue, 523. La nature du corps humain, qui dépend de la commixtion et température des quatre premiers elemens, paré, Inlrod. 3. Cette commixtion et meslange est si grandement confuse qu'on ne peut séparer ny muscle ny cuir, ID. iv, 8.

— ÉTYM. Le latin commixtio, de cum, avec, et mixtio, mélange (voy. mixtion).

f COMMODANT (ko-mmo-dan), s. m. Cehr. qui prête par le contrat de commodat.

COMMODAT (ko-mmo-da), s. m. Terme de jurisprudence. Contrat par lequel une chose est prêtée gratuitement à l'emprunteur, à la charge de la restituer en nature. Le commodat est le prêt à usage.

— ÉTYM. Lat. commodatum, prêt , de commodare, prêter, de commodus (voy. commode).

f COMMODATAIRE (ko-mmo-da-tê-r'), s. m Terme de jurisprudence. Celui à qui l'on prête par le contrat de commodat.

t. COMMODE (ko-mo-d'), adj. \\ 1° Qui se prête à l'usage requis; qui offre des facilités; qui est favorable. Habit commode. Maison commode. Nous ne sommes pas ici dans un lieu commode. Jamais l'occasion.... Ne s'offre assez commode aux poltrons comme toi, rotr. Bélis. m, 5. Il y a cela de commode qu'on peut supposer que les morts sont gens de grande réflexion, fonten. à Lucien. L'Egypte était le pays le plus riche, le plus commode, boss. Hist. m, 3. Ils [les Carthaginois] ne cessèrent depuis de faire de nouveaux desseins sur une lie [la Sicile] si commode à leur assurer l'empire de la mer que leur république affectait, ic.tb. i, 8. || Vie commode, vie agréable et tranquille, et aussi, vie dans laquelle on a l'aisance, les commodités. Ce n'est point l'or et l'argent qui procurent une vie commode, c'est le génie; un peuple qui n'aurait que ces métaux, serait trèsmisérable, voi.t. Louis XIV, 30. || Cela est commode comme une chambre basse, c'est-â-dire cela est à portée. || Ironiquement. C'est commode, se dit à quelqu'un qui a trop de sans-gêne, ou d'une chose faite trop sans façon. || 2° D un caractère facile et qui ne gêne pas les autres. Personnes commodes, agréables, riches, qui prêtent et qui sont sans conséquence, la bruy. vin. || Être commode à vivre, être d'une humeur facile. || Cet homme n'est pas commode, c'est un homme sévère, exigeant, ou bien avec lequel on ne peut plaisanter. || Substantivement. La gouvernante n'aurait voulu faire la commode qu'en tout bien et tout honneur, hamilt. Gramm. 9. || 3° Relâché. Dévotion, morale, doctrine commode. || Mari commode, mari qui souffre les déportements de sa femme, ou même qui s'y prête. Si, pour vous plaire, il faut n'être jamais jaloux, Je sais certaines gens fort commodes pour vous, Des hommes en amour d'une humeur si souffrante.... mol. Fâch. n, o. || Dans le même sens, ou à peu près. Une mère commode, une mère qui se piête aux galanteries de sa fille. || 4" S. m. 11 faut distinguer troischoses, le nécessaire, le commode, le superflu : le nécessaire que la raison demande; le commode que la sensualité recherche; le superflu dont l'orgueil se pare et qui entretient le faste, bourd. Pensées, t. II, p. 493.

— HIST. xvi" s. La petitesse de la ville et la force du chasteau leur sembloit estre commode pour la défense et seureté de leurs personnes, condê, Mémoires, p. 549.

— ÉTYM. Berry, c'modc; bourguig. quemode; espagn. et ital. comodo; du latin commodus, de cum, et modus, mesure, convenance (voy. mode).

2. COMMODE (ko-mo-d'), s. f. || 1° Espèce d'armoire, en forme de bureau, dont le dessus est de ' ou do marbre, avec des tiroirs pour y renfermer

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du linge et des habits. || 2° Anciennement, sorte de coiffure. On portait dans ce temps-là des coiffures qu'on appelait des commodes, qui ne s'attachaient point, ST-SIM. 525, 246.

— ÉTYM. Commode t. Dans un dictionnaire de I7GO, on dit que c'est un meuble d'invention nouvelle et que sa commodité a rendu bien vite très-commun.

COMMODÉMENT(ko-mo-dé-man),adt'. || i- D'une manière commode. Être logé commodément. Ils ne pouvaient commodément tendre l'arc, vau gel. <J. C. viii, a, dans richelet. Les empereurs n'ont jamais triomphé à Rome si mollement, si commodément, ni si sûrement même, contre le vent, la pluie.... que le bourgeois sait à Paris se faire mener par toute la ville. LA bruy. vu. 11 a trouvé le secret de monter et de descendre autrement que par l'escalier, et il cherche celui d'entrer et de sortir plus commodément que par la porte, id. xiv. || Vivre commodément, avoir la vie commode. || 2° Avec opportunité. On parlera plus commodément, eu un autre endroit, des magnificences de Salomon, boss. Polit. À moins qu'on désirât les grandeurs pour offenser Dieu ou l'État plus commodément, pasc. Prov. 9.

— REM. Cet adverbe devrait être commodément ; mais il y a longtemps que la prononciation y met un accent aigu ( abus autorisé par l'usage, dit Chiiïlet au xvne siècle).

— H1ST. xvic s. Après l'avoir gardé trois jours, elle le fit conduire commodément à Gien avec toute la bande, d'aub. Vie, vin. Du labeur de tes mains tu vivras commodément, id. Conf. I, 8. C'est la vraye solitude et qui se peult jouir au milieu des villes et des courts des rois; mais elle se jouit plus commodément à part, mont. i. 27G.

— ÉTYM. Commode, et le suffixe ment; provenç. comodament; espagn. et ital. comodamente.

COMMODITÉ (ko-mo-di- lé), s. f. || 1° Qualité de ce qui est commode. Le voisinage du parc nous procure la commodité de la promenade. C'est d'une grande commodité. Avoir une chose à sa commodité. 11 fait le plan des bâtiments, exagère la commodité des appartements, ainsi que la richesse et la propreté des meubles, la bruy. v. Quelques auteurs traitent la morale comme on traite la nouvelle architecture, où l'on cherche avant tout la commodité, vauvën. Max. xxix. Les travaux de César ont procuré à tous la commodité de ne rien faire, dider. Ess. s. Claude. Il semble d'abord qu'il entre dans les plaisirs des princes un peu de celui d'incommoder les autres: mais non, les princes ressemblent aux hommes, ils songent à eux-mêmes, suivant leur goût, leurs passions, leur commodité, la bruy. ix. Ce fut en ce temps-là qu'on inventa la commodité magnifique de ces carrosses ornés de glaces et suspendus par des ressorts, volt. Louis XIV, 29. Le comte de Fiesque régla les dégagements, les commodités et jusqu'aux ornements de sa maison, stsim. "5, 229. L'art de diriger les grands chemins à travers la montagne, en conciliant la commodité avec l'économie, volt. Louis XIV, 29. ||.4it plur. Aises, agréments. Les commodités de la vie. Nous voulons tropavoir nos commodités, boss. ii, Pr. depol. 2. On veut bien prêcher la pauvreté de Jésus-Christ, mais on veut vivre dans les commodités et l'abondance, flëch. Panég. p. 309. Répandant en charités ce qui reste de leurs commodités ou du moins de leurs nécessités particulières, id. ib. n, p. 323. Hermippe est l'esclave de ce qu'il appelle ses petites commodités, la bruy. xiv. || 2° Fortune aisée. Vieux en ce sens. Jamais homme n'a eu moins que lui [d'Elbœufj l'art de se faire plaindre dans sa misère; la commodité ne le releva pas; et, s'il fut parvenu jusques à la richesse, on l'eût envié comme partisan, retz, ii, 2(6. |! 3° Facilité qu'offre le caractère. La commodité de l'humeur. Ces traits flatteurs qui enlevaient le peuple d'Athènes, ces manières insinuantes qui prennent les hommes par leurs commodités ne sont plus d'usage ici, fën. xix, 120. || 4° Temps opportun, occasion. Faites cela à votre commodité. La confession, si l'on en a la commodité, pasc. Prov. io. Ma sœur devait vous en faire un récit plus exact à sa première commodité, id. Lett. 4. Voici le fer encor destiné pour sa perte; Mais la commodité ne

s'en est pas offerte, rotr. Bélis. m, 5 Et leurs

jambes [des souris] coupées Firent qu'il les mangeait à sa commodité, Aujourd'hui l'une et demain l'autre, la font. Fabl. xi, 9. ij 5° Service de voitures; occasion de message. Avez-vous une commodité pour aller là? Je vous enverrai par la première commodité un ouvrage, boss. Lett. 78. À toutes les demi-heures il part de ces commodités qui vont.... regnard, Voy.de Flandre. || 6° Au plur. Lieux d'aisances. La princesse d'Harcourt ne se faisait faute

de ses commodités au sortir de table, qu'assez souvent elle n'avait pas le loisir île gagner, et salissait le chemin.... sT-siM. 113, 230. || Commodités à l'anglaise, siège dont le tuyau s'ouvre et se forme à volonté à l'aide d'un tampon mobile. || Proverbe. On n'a pas toutes ses commodités dans ce monde.

— HIST. xve s. Tandis que ils avoient lieu et commodité, Houciq. n, ch. 25. || xvie s. Montgommeri avoit depesché le capitaine la Meausse avec cinq barques chargées do poudre et autres commoditez, d'aub. Hist. n , t>0. Pour très grand ornement s'acompte le bon voisin, à cause des infinies commodités qu'on reçoit de sa douce et vertueuse conversation, o. de serres, 9. Il nepouvoit bonnement prendre la peine d'aguetter ses commodités, comme font les jeunes gens, desper. Contes, x. Y a-l-il profit, y a-t-il commodité, y a-t-il grandeur qu'on deust achepter si chèrement? conde, Mémoires, p. 075.

— ÉTYM. Bourguig. quemôditai; provenç. comodital; espagn. comodidad; ital. comodità ; du latin commoditatem, de commodus, commode (voy. commode).

; l. COMMODO (ko-mmo-do). De commodo et xncommodo , locution usitée dans le langage de l'administration et de la justice, et qui signifie : de l'avantage et, de l'inconvénient. Enquête de commodo et incommoda. Certaines usines ou manufactures ne peuvent être établies avant que le juge de paix ait reconnu les lieux et rédigé un procès-verbal de commodo et xncommodo, pour faire connaître les avantages ou les inconvénients de l'établissement projeté.

— ÉTYM. Latin de, sur, commodo, ce qui est commode, et incommodo, ce qui est incommode.

| 2. COMMODO (ko-mmo-do). Terme de musique qui signifie à l'aise, sans se presser, et'indique un mouvement intermédiaire eDtre la lenteur et la vitesse.

— ÉTYM. Ital. comodn, commode.

t COMMODORE (ko-mmo-do-r'), s. m. Titre, dans la marine hollandaise, d'un capitaine chargé du commandement de plusieurs bâtiments de guerre réunis. || Dans les marines anglaise et américaine, grade intermédiaire entre celui de capitaine de vaisseau et celui de contre-amiral, et correspondant au grade de chef de division, qui a existé dans la marine française. On fit Anson Commodore, c'est-à-dire chef d'escadre; on lui donna cinq vaisseaux, une espèce de petite frégate de huit canons, et deux navires chargés de provisions et de marchandises, volt. Louis XV, 27.

— ÉTYM. Les étymologistes anglais regardent ce mot comme étant probablement une corruption de l'espagnol comendador , commandeur.

fCOMMORATION (ko-mmo-ra-sion), s. f. Figure de rhétorique par laquelle un orateur insiste sur un des points qu'il a traités pour le graver plus profondément dans l'esprit de l'auditeur.

— ÉTYM. Le latin commoratio, action de s'arrêter, de cum , et morari, demeurer, tarder.

COMMOTION (ko-mmo-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Ébranlement violent. La poudrière sauta, et la commotion fut ressentie très-loin. || Commotion électrique, secousse produite par une décharge électrique. || En chirurgie, ébranlement, secousse communiquée à un organe par un coup ou une chute sur une partie, qui en est plus ou moins éloignée. La commotion du cerveau. || 2°Fig. Violente émotion morale. Cette dernière commotion a mis fin à ses jours. || Commotion politique, troubles violents dans un pays.

— hist. xiie s. leil qui par ceste mer vunt, Ce sunt li home de cest munt [monde], Qui sunt en grant comocion, wace, Vierge Marie , p. 54. || xive s. Conspiracions, commocions de pueple et autre deliz, Bibl. des Chartes, 6e série, t. i, p. 81. || xves. Imposicions dont la commune des halles s'esmut à commocion, Geste des nobles, dans viriville, p. 106. || xvie s. Quand je parleray de la commotion du cerveau, paré, iii, 4. En la commotion de l'air faite par le tonnerre ou artillerie, id. iv, iO. Il advient commotion ou esbranlementau cerveau, id. viii, t . Commotion ou esbranlement et concussion du cerveau, id. vm, 9. Pour obvier à tout scandale, sédition et commotion populaire, condé, Mémoires, p. 574.

— ÉTYM. Provenç. commocio; espagn. conmocion ; ital. commozione ; du latin commolionem, de commovere, de cum, etmovere, mouvoir (voy. mouvoir).

f COMMOUVOIR (ko-mmou-voir), i>. a. Causer des commotions.

— HIST. xue s. E commuverat li sire le désert Cades, Liber psalm. p. 34. || xv* s. Et qu'est venu faire ce duc Charles.... qui vient commouvoir tout

le royaume? g. chastelain, dans le Dictionnaire ti,' dochez.

— ÉTYM. Le latin commovere , de cum, et movere, mouvoir (voy. mouvoir).

tCOMMUABILITÉ(ko-mmu-a-bi-li-té).i-./'. Terme didactique. Qualité de ce qui peut être commué. La commuabilité des peines.

— ÉTYM. Commuable.

COMMUABLE (ko-mmu-a-bP) , adj. Terme de jurisprudence criminelle. Qui peut être commué.

— ÉTYM. Commuer.

COMMUÉ, ÉE (ko-mmu-é, ée). part, passii La peine de mort fut commuée en celle de l'exil, j. j. rouss. Écon. 2. Obtenir que telle peine qui lui est enjointe et à laquelle il n'est pas en pouvoir de satisfaire, lui soit commuée selon la plus juste compensation dans une autre à peu près égale, lourd. Prnsées, t i, p. 338.

COMMUER (ko-mmu-é), v. a. Terme de droit criminel. Commuer une peine, la changer en une peine moindre. Ils commuent les supplices éternels dans ces peines passagères, boss. Satisf. t. || On dit aussi commuer un «Bu.

— HIST. xvie s. Commuer une peine, d'aub. Vie, lxxxiv.

— ÉTYM. Le latin commutarc, de cum, et mutare, changer (voy. muer).

COMMUN. UNE (ko-mun, mu-n'; au singulier masculin, Vn se lie devant une voyelle ou une h muette: un commun intérêt, dites : un ko munn intérêt; d'autres, ne conservant pas à la syllabe un la nasalité, disent : un ko-mu-n intérêt), adj. || 1° Qui est de participation à plusieurs ou à tuus. L'air, la lumière sont communs. Par un mouvement commun à la nature Quelque maligne joie eu son cœur s'élevait, corn. Pomp.ui, i. Tout doit être commun entre de vrais amants, id. Cinna, v. 2. Le sentiment de l'immortalité leur est commun à tous, mass. Carême. Vérité d'un avenir. Hélas! on ne comprenait point alors que tout ne dût pas être commun parmi ceux qui étaient obligés de n'avoir qu'un cœur et qu'une àme, qui avaient la même foi, la même espérance.... mass. Confér. Usiye des ?■-venus rccli:>.iastiqiics. Vous voyez de là que l'amour de la retraite et du silence n'est pas commun à tous les dévots, pasc. Proc. 9. || Ta maison commune, l'hôtel de ville. || Terres communes, teries qui, n'ayant pas de possesseur particulier, servent aux usages d'une communauté, dans le territoire de laquelle elles se trouvent situées. || Des amis communs, des amis qui le sont des deux parties. Nos ennemis communs, rac. Andr. i, 4. || Le droit commun, la loi établie dans un état, l'usage général. de jurisprudence. Dont la jouissance est permis .i plusieurs personnes à titre égal. Escalier, puits, chemin commun. || Jugement ou an et commun, jugement exécutoire contre une personne qui n'a poinl été mise en cause ou qui a l'ait défaut, aussi bien que contre la partie qui a comparu. j| Epoux communs en biens, époux mariés sous le régime de la communauté. || Choses communes, les choses qui ne sont pas susceptibles de propriété publique ou privée comme l'air, la mer. || En termes de palais e' néalogie, l'auteur commun des parties.se dit quand mi parle du prie de deux frères ou sœurs qui plaident ensemble. || En arithmétique, diviseur commun, nombre qui divise exactement deux ou plusieurs autres nombres, h est un diviseur commun de 36, de 28 et de 52. || Le plus grand commun diviseur, le plus grand de tous les diviseurs communs à i\vu\ ou plusieurs nombres. Ainsi 84, 42, i-6, ont poui diviseurs communs 2, 4, 7, ii. Ce demii le plus grand commun diviseur des trois i i donnés. || Dénominateur commun , celui qui tient à plusieurs fractions données ou réduites au même dénominateur. || Terme de physique. 1; voir commun, en parlant de l'électricité, s'écoule et d'où semble sortir toute 1 sensi-

ble produite par nos machines. |f Termedegi Qui appartient à la fois à deux figures que Ton compare. || 2° Qui se fait en société, ensemble; qui est conjoint. À Sparte les repas des hommes étaient communs. Le travail commun resserre leur im:on. Un commun naufrage. Faisons de notre haine une commune attaque, rac. Andr. n. 2. Nos crimes communs, id. Brit. m, 3. Sa cause à tous les rois n'est-elle pas commune? rac. Athal. m, 6. || Faire cause commune.se dit de personnes qu'un intérêt, un motif quelconque pousse à réunir leurs efforts, à combattre pour un même objet. Elle s'était promis qu'il ferait cause commune avec elle contre son époux.... dider. Essai sur Claude. || Faire bourse commune, se dit de personnes mettant ensemble ■

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['argent qu'elles ont ou qu'elles gagnent, et vivant sinsi avec l'avoir les uns des autres. || Faire vie commune, vivre a frais communs. || La vie commune, la vie îles communautés. 1! Avoir quelque chose

mmun avec, n'avoir rien de commun avec, i n'avoir pas îles analogies, des rapports,

ssemblances avec. Qu'a de commun la censure de Home avec celle de France? pasc. Prov. G. Leur iiistoire n'a rien de commun avec celle du peuple de Hou, boss. Bist. i,7.Un tel mouvement n'a rien de commun avec entendre, m. Conn. de Dieu, 4. Il ne veut rien avoir de commun avec elle, mass. Avent, Conc. L'arnour a cela de commun avec les scrupules qu'il s'aigrit par les réflexions, la briy. iv. Qu'auraient donc de commun cette secte et ma flamme? volt. Zaïre, in, 4. ]| 3" Général, public.

et commun. L'opinion commune. Je n'ai pour ennemis que ceux du bien commun, corn. Sertor. m, 2. Je ne m'oppose point à la commune joie, id. Uéracl. v, 8. Déférez quelque chose au sentiment commun. ROTROU, Antig. iv, u. Asservi maintenant sous la commune loi, rac. Phèd. n, 2. Eh! qui n'éprouve hélas ! dans la perle commune Les tristes sentiments de sa propre infortune? volt. Orphel. i, t. Vos greniers [des fourmis] sont témoins que chacun-'de vous Tâche à contribuer au commun bien de tous, la font. Captivité de St-Malc. || La langue commune, la langue qui se parle le plus généralement dans un pays. En Alsace, l'allemand est la langue commune. || D'un commun accord, de concert, sans opposition aucune. || D'une commune voix, unanimement. 'Vous m'avez, avoué mille fois Que Rome le louaitd'une commune voix, rac. Brit. il, G. || La voix commune, l'opinion générale. || Faire preuve par la commune renommée, c'est-àdire par l'opinion publique, au moyen d'une enquête. || 4" Ordinaire. Devenir d'un usage commun. À la mode commune. Il sait les bruits communs, les historiettes de la ville, la bruy. h. Après l'invective commune contre les honneurs, les richesses et le plaisir, le prédicateur.... id. xv. || La vie commune, les mœurs générales, les événements ordinaires de la vie. La vie commune ne saurait être une vie chrétienne, mass. Carême, Élus. || Sens commun, faculté de juger raisonnablement des choses, en tant qu'elle appartient à la plupart des hommes. Le simple sens commun nous tiendrait lieu de code, la font. Fabl. I, 21. || Les mots, les termes communs de la langue, ceux qui sont usuels entre tout le monde, par opposition aux termes techniques". || Style commun, style qui n'a rien de remarquable ni d'élégant. || Vers commun, vers de dix syllabes, ainsi nommé par opposition au grand vers ou vers alexandrin, qui estde douze syllabes, et au petit vers, qui est de huit syllabes. || Le commun peuple , le vulgaire. C'est le commun peuple qui veut que ses maîtres soient les esclaves des évêques, volt. Mœurs, 46. Mais pour mm qui, caché sous une autre aventure , D'une àme pius commune ai pris quelque teinture, corn, llëracl. 111, 1. Personne n'a tiré d'une destinée plus qu'il n'a fait: l'extrême et le médiocre lui sont connus; il a brillé, il a souffert, il a mené une vie commune, la bruy. ix. Il Expédier en forme commune, en style de ladatene de Rome, expédier sans grâce etsans remise; et, ligurément, être expédié en forme commune, éprouver un sort fâcheux, une malencontre, perdre tout son argent au jeu, mourir entre les mains de mau- ■vais médecins, etc. || Délit commun, se disait d'un délit commis par un ecclésiastique et justiciable du juge ecclésiastique, par opposition à cas privilégie. Il 5° Fréquent, abondant, qu'on trouve facilement. Les bons muscats sont communs en Languedoc. Rien n'est plus commun que ce nom [d'amij, Rien n'est plus rare que la chose, la font. Fabl. iv, 47. Le changement, madame, est commun à la cour, rac. Brit. v, 3. L'exemple en est commun, m. Baj. n, t. Les grands talents sont rares; mais la science et la raison sont communes, volt. Lctt. Gallitzin, H août (7G7. || 6" Qui ne s'élève pa au dessus du niveau ordinaire. Un livre et un sermon, si communs qu'ils soient, apportent bien plus do fruit, pasc. Lett. à Mme Périer, 5 nov. IG48. On ne doit jamais refuser de lire ni d'ouïr les choses saintes, si communes et si connues qu'elles soient, lu t'6. .le ne murmure point qu'une amitié commune Se range du parti que flatte la fortune, rac. Brit. m, 7. Faites, faites paraître une àme moins commune, mol. F. sav.v, 4. || 7" Drivé de noblesse, île distinction. 11 a l'air commun, la figure commune. 11 n'y avait rien que de très-commun en lui , scarr. Bom. corn, ch. 13. || 8° Terme de grammaire. Nom commun ou substantif appellatif, celui

DJCT. DE t,A LANUUF. FRANÇAISE

qui convient à tous les individus de la même espèce; homme, cheval sont des noms communs. Il Nom commun ou épicène, nom qui change de . ou nom qui convient aux deux sexes: un bel enfant ou une belle enfant; une perdrix, qui se dit également du mâle et de la femelle. || Adjectif commun, adjectif qui, comme fidèle, a la même terminaison au masculin et au féminin. || Syllabe commune, syllabe qui. dans les langues où la quantité des syllabes fait le vers, peut être longue ou biève. Il Terme de grammaire grecque. Verbes communs, verbes qui ont à la fois le sens actif et le sens passif, avec la terminaison passive. || Dialecte commun, par opposition aux dialectes locaux, la langue littéraire commune à tous les écrivains grecs après Alexandre. [| Terme de rhétorique. Lieux communs, sorte de points principaux, auxquels les anciens rhéteurs rapportaient toutes les preuves dont ils faisaient usage dans leurs discours ; et par extension et en mauvaise part, idées usées, rebattues, pensées ou expressions banales. Il ne dit que des lieux communs. || 9" Année commune, l'une portant l'autre, bon an, mal an. J'ai vérifié qu'année commune il n'y naît [à Rome] que 3500 enfants, volt. Phil.m, 346. || S. f. Terme de bourse. Faire une commune ou moyenne, se dit d'une personne, qui, après avoir acheté des valeurs à un prix , les voit subitement baisser, sans que son opinion sur la hausse ait changé; qui alors achète en baisse la même quantité de valeurs qu'elle possède déjà (ce qui diminue le prix de revient de la totalité) ; et qui , quand la hausse reprend , vend aussitôt que les cours ont atteint ce nouveau prix de revient sans attendre, au risque de ne pas le revoir, son prix d'achat primitif. || 10° S. m. Le commun, ce que deux ou plusieurs personnes mettent en société. Il faut prendre cette dépense sur le commun. || Vivre sur le commun, vivre aux frais d'une société, sans rien faire; et aussi, vivre sur le tiers et le quart. H En commun, loc. adv. De société, de concert. Vivre, travailler en commun Ils mettaient leurs biens en commun, boss. 11, Pent. 2. || 11° Le plus grand nombre, la généralité. Le commun des lecteurs. Elle était plus grande que le commun des femmes, hamilt. Gramm. 6. Il passe le commun des amants, mol. Psy. iv, 2. Des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions, corn. Cid, 11, t. Ils naissent instruits, et ils sont plus tôt des hommes parfaits que le commun des hommes ne sort de l'enfance, la bruy. ii. || Cette chose est du commun, elle n'a pas grand prix. Soyez plutôt maçon si c'est votre talent, Ouvrier estimé dans un art nécessaire, Qu'écrivain du commun et poète vulgaire, boil. Art p. iv. || 12° La roture, les basses classes. Un homme du commun, mol. Mis. n, 5. Ces hommes du commun tiennent mal leurs promesses, corn. Nicom. 111, 7. Quand il en aurait eu [un sceptre, une couronne], c'aurait été tout un : Le nez royal fut pris comme un nez du commun, la font. Fabl. xii, )2. Le patron ne croyait mener que des gens du commun, sév. 4 98. Les gens du commun ne trouvent pas de différence enlre les hommes, pasc. P. div. 22. Ses proches eux mêmes, plus accoutumés à le voir de près [Moïse], le regardaient presque comme un homme du commun, mass. Conf. Fuite du monde. Sentiment < ; 1 1 1 distinguent les âmes royales d'avec les âmes du commun, fléch. Mont. Il Terme de liturgie. Le commun des martyrs, les martyrs pour lesquels l'Eglise prie en masse; et fig. Il est du commun des martyrs, c'est un homme que rien ne distingue. || 13" Le commun chez les rois, chez les princes et les grands, nom collectif qui signitie les bas officiers. Il a mangé à la table, du commun. || Chez le roi, grand commun, les offices destinées à la nourriture de la plupart des officiers de la maison du roi. Petit commun, certaines offices détachées du grand commun pour la nourriture de quelques officiers privilégiés de la maison du roi. il y avait les jésuites du grand commun et surtout les jésuites des femmes de chambre, volt. Ingénu, i3. Il acheta, ime charge de médecin du grand commun à Versailles, condorcet, Malouin. \\ 14° Dans les grandes maisons, les communs, les bâtiments affectés aux cuisines, écuries, remises, etc. D'Aubigné se mit à bâtir un vaste et superbe château, d'immenses basses-cours et des communs prodigieux, st-sim. 314, 103. y 15" Les communs se dil dans quelques provinces pour les commodités. || Proverbes. Qui sert au commun ne sert à pas un, c'est-à-dire personne n'a soin de ce qui n'est la propriété de personne. On dit. dans le même sens : il n'y a pas d'âne plus mal bâté que celui du commun. || En ce

m le ions les biens sont communs, c'est-à-dire ils

sont là, et il ne reste que les moyens de les avoir,

— REM. Une commune voix est la reunion de tous les suffrages prononcés unanimement; une roi.v commune est une voix ordinaire, qui n'a rien de plus remarquable qu'une autre : Le parterre a prononcé d'une commune voix que ce chanteur n'avait qu'une voix commune. Cependant, en certains cas, voix commune peut avoir aussi le sens d'opinion générale : Suivant ou selon la voix commune.

— HIST. ixc s. Pro Deo amur et nostro comun salvament, Serment. || xr s. E les choses qui sunt remeses [restées] en la nef, seient départies en comun, Lois- de Gui/1. 3s. r.a bataille est merveilluse et cumune, Ch. de Bol. en. || xmcs. Ensi furent desacointié li Franc et li Grieu, et ne furent mie si comun come il avoient esté devant, villeh. xci. Je ne voi orendroit nul home en nostre comun qui, avant moi, vous seilst conduire ne guerroier, in. xxxix. Et se il au comun de Venise pooit faire graer ce qu'il i avoit trové, id. xm. Entre aus [eux] deus doitestre tout un, Solaz et joie de commun. Lai du Conseil. Ce n'est mie chose commune, Comme le soleil et la lune, Que dam Denier [l'argent], Choses qui fii illent en ménage. Ains nous fit, biau filz, n'en doutés, Toutes por tous et tous por toutes, Chascune por chascun commune, Et chascun commun por chascune, la Rose, 14091. Et l'autre partie par le droit qui est communs à toz es coustumes de Franco, beaum. 17. Toutes justices qui sont à plusors parchonniers [co-propriétaires] doivent estre fêtes en liu commun as seigneurs, et doivent tenir lor jugemens en liu commun, la ù le [la] justice, est commune, id. xxii,ii. Et porce que li communs peoples sacen t comment il doivent estre puni s'il meffont.... id. xxx, I. Cil qui sont procureur por le commun d'aucune vile en le [la] quele il n'a point de commune, doivent estre mis et establi de parle segneur, id. ib. 80. Toz ciaus [ceux] et totes celles qui sont don comun dou murtri ou rie la murtrie, se il est de comune, Ass. de J. i3i. Dreit deit estro comun et igual, et il ne le sereit mie en cest cas, se einsi n'esteit, ib. tû2. || xiv's. L'en dit que choses d'amis sont communes entre eulz, et est dit pour ce que amisté est en communication, oresme, Eth. 245. Il xv s. Le commun peuple, froiss. 11, 11, 4. Le commun [les gens de la commune] avoit grand pitié du chevalier qu'ils aimoient durement, id. 1,1, 150. Seigneurs, vous allez en grand péril, car il y a mauvais commun [gens de la commune] en celle ville, id. n, 11, G7. Et aussi attendoient ils que tous les gens d'armes, les archers et les communes gens des bonnes villes et des villages fussent passés outre. id. 1, 1, 29. Qui commun sert, nul ne l'en paye; et s'il mesprent, chacun l'abaye, gerson, Harangue au roi Charles VI, p! n. Vous estes alez pluseurs foisVeoir Helot etEudeline, Et coucher aux femmes communes [filles de joie], e. desch. Poésies mss. f° 516, dans lacurne. Jours communs [jours ouvrables], ib. f"387. Et ont les Anglois ung mot commun que autreffois m'ont dit traictant avec eulx ; c'est qu'aux batailles qu'ils ont eues avec les François, tousjoursou le plus souvent ils ont eu le gain: mais en tous traitez qu'ils ont eu à conduire avecques eux , ils y ont eu perte et dommage, comm. m, 8. Il y estoit contrainct [Edouard] tant par le duc de Bourgongne que par le commun d'Angleterre, id. iv, 5. Il xvi" s. Le droit de commander a esté commun au Fils et au Saint Esprit aussi bien qu'au Père, cai . Instit. 95. [Cela] appartient en commun àJesus Christ et à tous ses membres, id. ib. lis. Seroit-ce que la hardiesse lui feust si commune (pie.... mont. i. 5 C'est un usage commun,. id. i, 22. Toutes les règles nous conduisent d'un commun accord à.... jd. i, 70. Le chargeant seul de leur faulle commune, id. 1, 97. Ailleurs les femmes sont communes sans péché, id. 1, 114. Cette considération n'a rien de commun avecques les offices de l'amitié, id. i, 21 8. Ils les rostissent et en mangent en commun, id. i, 239. Et sont les mariés communs en tous bien, loysi i , m. Il estoit commun [connu de tous] des Piémont qu'on alloit à Perpignan, m. du bell. 513. De ceste parole est demourée en usage entre les Grec . comme un proverbe commun, amyot, Pélop. 20. Qu'il possedoit luy seul les cueurs de tous les citoyens, qui dévoient estre communs, id. Agésil. 6. Il n'est pas tousjours nécessaire de multiplier tous les dénominateurs particuliers l'ung par l'aullre, pour trouver dénominateur commun, est. de la roche, Arismetique, f°)2, verso.

— ÉTYM. Provenç. comun, como; catal. cornu; espagn. comwn; itaï, commune; du latin communis, anc. latin, comomis, de cum , et mœne ou moinus, munus, mur, devoir (voy. mi

COMMUNAL, AUS (ko-mu-nal, na-l'),adj. || l°Qui

COxM

■ aune commune; qui la concerne. Propriété communale. Bois communaux. Collège cornil , collège qui est entretenu par une commune.

;; 2° S. m. Un communal, et, plus souvent au pluriel, les communaux, terre dont l'usage est commun aux habitants d'une commune ou de plusieurscommunes. Vache paissant dans le communal.

— MST. xie ? [Ils] tiennent l'enchalz [la poursuite], tuit en sunt cumunel [tous y prennent part], Ch. de Roi. 475. || xne s. Ferez, Franzois, tuit somes comunal, Roncisv. p. 61. Respondent Franc comunal à un ton, ib. p. 71. Vers lui chevauchent tuit maistre et comunal, ib. p. 78. Deux mille pauvres i métrai comunaus , ib. 4 93. Et pesout [pesait] la chevelure dous cens sicles al peis cumunai.Jîriw,4 74. || xnic s. Paradis est celestiaus; Mes n'est mie à toz coramunaus, lien. 6774. ||xve s. À ce ne failloitmie nostre prince : douls et humain, communal entre ses amis, fier et hardy contre ses adversaires, chr. de pisan, Charl. V, m, 4 0.

— ÉTYM. Commun; wallon, kimones, kimognez, terres communales ; namurois, comugnes , même sens; provenç. cominal, comunal, cumunal; espagn. comunal; ital. comunale.

f COMMUNALISTE (ko-mu-na-lis-f) , s. m. Nom donné dans quelques sociétés religieuses aux membres de la communauté. || Dans certains diocèses, ecclésiastique habitué dans une paroisse. . f COMMUNAUTAIRE (ko-mu-nô-tê-r'), adj. Qui a rapport au système de la communauté de biens. Régime, principe communautaire.

COMMUNAUTÉ (ko-mu-nô-té) , s. f. || 1° Participation en commun. Communauté de plaisirs et de peines. Communauté de sentiments. || 2° Terme de jurisprudence. Société de biens ou de gains. La loi 'remet en communauté les biens qui ont été partagés, boss. Polit, i, 5. || État d'indivision entre plusieurs propriétaires. || Communauté taisible , société qui se formait, dans certaines coutumes, par une habitation et une vie commune pendant un an et un jour. || Chez les auteurs de droit naturel, communauté négative, état de communauté antérieur à l'établissement de la propriété. || Fig. 11 ne touche point à tout le détail immense de la physique; sur quoi il semble que les modernes seraient bien généreux, s'ils voulaient se mettre en communauté de biens- avec Aristote, fonten. Leibnitz. Ne vous accoutumez pas à être en communauté avec la fortune, et distinguez toujours ce qui est d'elle et ce qui sera de vous, voit. Lett. 89. || Société de biens entre époux. Communauté légale , celle qui a lieu sans contrat. Communauté conventionnelle, celle qui est restreinte ou étendue par un contrat de mariage. || Le régime de la communauté, celui où les époux mettent tout ou partie de leurs biens en communauté. |i Dans le langage général, communauté de biens, organisation sociale proposée par certains philosophes ou socialistes, dans laquelle les biens sont possédés non par l'individu, mais par l'État qui en fait la répartition. Platon établit la communauté de biens dans sa République. || Communauté des femmes, état de société rêvé par certains sectaires, où les femmes seraient communes. || 3" La généralité des citoyens, le peuple, l'État. L'intérêt delà communauté l'exige. || 4° Groupe plus ou moins étendu, réuni par les mêmes croyances, les mêmes usages, etc. Les premières communautés chrétiennes. || Autrefois, corps des habitants d'une ville, d'un bourg, d'un village || Autrefois, corporation. La communauté des notaires. || Terme de blason. Armes de communauté, armes dps États, provinces, villes, corporations. || 5U Société de ; vivant ensemble et

soumises à une règle commune. Communauté religieuse. Je suis religieux et en communauté, pasc. Prov. 2. Les Perses eurent des communautés de cénobites, volt. Mœurs. 439. Et ne voyons-nous pas que c'est justement dans les communautés les plus régulières et les plus austères qu'on témoigne plus de satisfaction? boukd. Pensées, t. n, p. 367. || La maison religieuse même. Nous visitâmes la communauté. || Dîner à la communauté, dîner au réfectoire avec les autres. || Chez les capucins, la chambre où sont les habits.

— iiist. xme s. Et ceste compaignie se divise en deus manières, car l'une des communaltés, si est par reson de commune otroiée de segneur et par chartre, beaum. xxi , 2G.Le [la] communaltés du siècle, ôil qui avoient talent de vivre en pes, id. slv, 3-2. || xivc s. Et dient li bourjois . briefment response aurez, Mais parlé ainns à la communaltez, Guescl. 1XX07. || xve s. Au voir dire, ils n'estoient qu'une poignée de gens au regard de la communauté du royaume d'Angleterre qui là estoit assem-

COM

blée, froiss. i, i, 32. l.t envoya quatre chevaliers en la ville de Valenciennes, pour aider à garder et conseiller la ville, les bourgeois et la communauté, id. i, i, 405. Je le dis aussi bien pour les princes et seigneurs allyez ensemble, comme je faitz pour les villes et communaultez, comm.ii, 4. Venyse, Florence, Gènes, villes de communaulté, m. v, 8. || xvie s. La quelle perfection ne se pourroit jamais trouver en la communauté des hommes, calv. Instit. uni. Epaminondas remonstra à la communaulté, comme la guerre alloit augmentant la ville de Sparte seule, amyot, Agésil. 46. 11 y avoit eu entre eulx [César et Pompée] une si longue intelligence et société au maniement des affaires publicques, tant de communauté de fortunes, tant d'offices réciproques et d'alliances, mont, i, 268.

— ÉTYM. Communal; bourguig. quemenautai ; provenç. cominaltat, communautat ; ital. comunaltà.

| COMMUNAUTIER (ko-mu-nô-tié), s. m. Celui qui, chez les capucins, a soin de faire les habits.

— ÉTYM. Communauté.

COMMUNAUX (ko-mu-nô), s. m. pi. Voy. communal.

COMMUNE (ko-mu-n'), s. f. || 1° Dans le régime féodal, le corps des bourgeois d'une ville ou d'un bourg ayant reçu eharte qui leur donnait droit de se gouverner eux-mêmes. || Affranchissement des communes, acte par lequel Louis le Gros et en général tout seigneur octroya la liberté aux serfs sous certaines conditions. Nous avons considéré que, bien que l'autorité soit entière dans la personne du roi, nos prédécesseurs n'avaient point hésité à en modifier l'exercice, suivant la différence dès temps; que c'est ainsi que les commîmes ont dû leur affranchissement à Louis le Gros, Préambule de la charte constitutionnelle de 4814. Des libertés immémoriales prenaient l'air de concessions récentes; toute commune seinile une pure émanation de la volonté royale, et Louis le Gros, comme premier en date, a l'honneur de l'initiative; de là vient que Beauvais et Noyon passent pour les plus anciennes communes de France; assertion vraie si l'on réduit le nom de France à ses limites du xue siècle, et fausse si on l'applique à tout ie territoire sur lequel il s'étend aujourd'hui, a. Thierry, Lett. sur l'hist. de Fr. xiii. || Les communes, les milices fournies par les communes. || 2° Aujourd'hui, agrégation de familles rassemblées dans une certaine circonscription de territoire, et unies par des relations de voisinage et des intérêts communs, que gère une administration commune. || Division territoriale administrée par un maire et un conseil municipal. || L'être collectif représentant les habitants d'une commune. II assigna la commune devant le Iribunal. || Dans l'histoire de la Révolution, quand on dit la commune, on entend la municipalité de Paris qui s'organisa en 1789 sous la présidence du prévôt des marchands. || L'hôtel de ville, la mairie. 11 se rendit à la commune. || 3° En un sens restreint, lescommunes, les populations rurales. || Autrefois, les communes, biens communaux. Mener paître les troupeaux dans lescommunes. || 4° La bourgeoisie ou le peuple, par opposition à la noblesse. La commune s'allait séparer du sénat, la font. Fab. ni, 2. L'Église avait tout à craindre des grands et rien des communes, chateaub. Génie, iv, vi, 4t. || La chambre des communes, la chambre basse du parlement anglais, c'est-à-dire l'assemblée des députés élus par les bourgs et cités du royaume.

— HIST. xiie s. J'ai le transcrit des lettres (emsi n'eschaperez) , Qui vus ad de commune eclesial sevrez, Th. le mart. 424. ||xme s. Et fist l'endemain semonre devant li la comune de Namur, Chron. de Bains, 227. Cil qui sont procureur par le commun d'aucune vile en laquele il n'a point de ci mmune, beaum. 80. Et puis convient qu'il voist [aille] manoir hors du lieu de le [la] commune, iu. xxi, 26. Le jour meismes que elle [la reine] fu acouchée, li dit l'en que ceulx de Pise et de Gènes s'en vouloient fuir, et les autres communes, joinv. 252.

|| xvie s. La commune [le commun] de son armée, mont, i, 4. Laisser le gouvernement ez mains delà commune [du peuple], m. i, 4 4 3. Le sénat ne pouvoit venir à bout de la commune, qui à toute force vouloit tenir le party de Hannibal, amyot, Marcel. 4 4. Il s'amassa d'Auvergne et de Forest grand nombre de noblesse et de communes, qui furent dissipez parles Lionnois, d'aub. Hist. i, 145.

— ÉTYM. Commun; bourguig. lai quemeugne, la commune ; provenç. comuna, comunia; ital. comuna.

COMMUNÉMENT (ko-mu-né-man) , adv. Le plus ordinairement. Cela se dit communément. On les trouve communément dans les rues, voit. I.elt. 30.

COM

|| Communément parlant, à parler communément . selon l'opinion ou la façon de parler commune. Toutefois, communément parlant, semblables entreprises produisent semblables événements, balz. le Prince, chap. 42. Communément parlant et eu égard à l'ordre du monde, m. li v. iv, Lett. 4 3.

— REM. Cet adverbe devrait être commune ment ; mais il y a longtemps que la prononciation y met un accent aigu (abus autorisé par l'usage, dit Cliifflef au xvne siècle).

— HIST. xie s. Et li Franceis fièrent [frappent] comunement [tous ensemble] , Chr. de Roi. cix. Jusque il viennent au champ cumunement. ib. cxxvi. Cumunement [tous ensemble] li prometent leur feiz, ib. ccxlviii. || xne s. Hylaires de Cicesfre le greva durement, Gilebert Foliot de Lundres ensement : Li cardenal se tindrent al rei communément; Si qu'en tute la cuit n'out nul mainlienement, Th. le mart. p. 4 00. || xme s. Tousli païs i ert [était] venus communément, Berte, cxxxni. Ensi furent communément li Grieu et li Françoisensemble de toute'; cl

et de marcheandises et d'autres biens, villeh. lxxxvii. y xve s. Cils chevaliers et cils escuyers de Bigorre se recueillirent tous ensemble et firent leur amas à Tournay par où leur passage estoit communément, froiss. n, iii,9. Les Anglois sont communément envieux sur toutes estranges gens, quand ils sont à leur dessus, in. i, i, 4 6. Et se deslogerent [tous les seigneurs] tout communément, id. i, i, 84. Messire Bouciquaut avoit esté en sa jeunesse communément en Voyage avec le bon duc de Bourbon, Bouciq. part. I, ch. 46. j|xvi s. L'office de gi ner le monde lui compete communément [en commun] avec le Père, calv. Instit. 81. La fortune qu'on appelle communément, est possible conduite par un gouvernement caché, id. ib. 44). L'on appelle communément ces mottes les testes de chien. amyot, Pélup. 58. Les courtisans, qui n'ont communément pas l'authorité de la justice agréable, d'aub. Hist. I, 84. Je treuve que les premiers sièges sont communément saisis par les hommes moins capables, mont, i, 468. À rencontre de cette violente ordonnance, il fut veu communément des pères et mères se desfaisants eulx mesines, et d'un plus rude exemple encores, précipitants, par amour et compassion, leurs jeunes enfants dans des puits, pour fuyr à la loi, id. i, 297.

— ÉTYM. Commune, et le suffixe menti espagn. comunmente ; ital. comunemente.

f COMMUNÉRO (ko-mu-né-ro) , s. m. Partisan de la démocratie en Espagne.

— ÉTYM. Espagn. comunero, populaire, factieux; àecomun, commun (voy. commun).

COMMUNIANT, ANTE (ko-mu-ni-an, an-l'), s. m. et f. Celui, celle qui communie. || Premiers communiants, premières communiant font leur première communion. || Les communiants, ceux qui sont en âge de communier.

— HIST. xive s. Le jeudi devant la fesle de Pasques communiant, nu CANGE,pasc/i-a.Le mardi ,api ' s la quinzaine de Pasquescommunians, id. ib. || xv* s. La veille de Pasques commenians, id. ib.

f COMMUNICABILITÉ (ko-mu-ni-ka-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui peut se communiquer.

— étym. Communicable ; provenç. communicabilitat.

COMMUNICABLE (ko-mu-ni-ka-bl'), adj. \\ 1° Qui peut être communiqué. Ce droit n'est point municable. || Terme de jurisprudence. Cause communicable, cause dont les pièces doivent être soumises à l'examen du ministère public. || Fig. Un état plus calme vous rend communicable à a dehors, balz. liv. vu, Lettre 3. j| 2" Qui peut être mis en communication. Ces deux appartements, ces deux rivières sont communicables. Ces pluies devinrent une plaie pour le siège; les tentes du ru: n taient communicables que par des chaussées de fascines, st-sim. 4 , 27.

— ÉTYM. Communiquer.

| 4. COMMUNICANT, ANTE(ko-mu-ni-kan, kanl'), adj. Terme didactique. Qui communique, qui établit une communication. Deux artères, toutes deux situées dans le crâne, ont reçu le nom d'artères communicantes. || Tubes ou vases communicants, appareil employé dans les cours de physique, pour démontrer les lois de l'équilibre des liquides.

f 2. COMMUNICANT (ko-mu-ni-kan) , s. m. Nom d'une secte d'Anabaptistes du xvr siècle qui possédaient en commun leurs femmes et leurs enfants.

f COMMUN1CATEUR (ko-mu-ni-ka-teur), s. m. Terme didactique. Ce qui sert à mettre en communication.

— ÉTYM. Communiqués

COM

COM

COM

COMMUNICATIF, IVE (ko-mu ni-ka-tif, ti-v'),

■ :,:. que, >i gagne. Le rire est

2° Qui aîii i i c i imuniquer ses

m ■ n .. -, e I m éi '. lent peu

i80. ette bonté est communi-

lontl T à tOUS BOSS. Or. 10. Nous

llard retiré de la cour, qui est le plus savant homme du royaume et le plus commu- Cand. 18.

HIST. xiv1' s. Pour ce que le libéral est bien

„, Catif en exposanl h - pecunes, oresjie,

Elh. 1 07. il >:•'. i° s. Il se l communi tif à

personnes, et s'en trouvoit bien, desper.

,, vi. Ladite trefve de dix ans fut conclue,

ive entre les pays et sub-

jects de leurs dit -, m. du bellay, 476.

— r.iYM. Communiquer; provenç. comunicatiu; espagn. et ital. c '.vo.

COMMUNICATION (ko-mu-ni-ka-sion; en poésie, , s. f. || 1" Action de communiquer; iction. < ■ niiti iHii'-atiiui du mouvement. La communication des idées. Aujourd'hui l'Europe est si mêlée, et il y a une telle communication is.. . montesq. Correspondance, 39.

Mon préservatif esl de n'avoir aucune communication ■ ■ ! ; «tiférés, de tenir mes bœufs dans la plus gi reté, volt. Lett. Bourgelat, i s mars

1775. || 2e ferme de jurisprudence. Communication d'en donner connaissance à la partie adverse. Communication au ministère public, au parquet, remise que l'on fait au parquet de toutes les pièces du procès. On dit en ce sons donner, recevoir en communioal on. || Dans le langage général. Doninication d'une chose à quelqu'un, lui en faire part. Et dans le même sens, avoir, prendre,

imunication d'une chose. Obtenir comiM mil ation d'une Lettre. 1 lie ne pourra entreprendre aucune affaire de conséquence sans lui en donner communication, boss. Règl. || 3" Renseignement. J'ai une communication à vous l'aire. Il a reçu des communications d'un haul intérêt. || 4° Commerce, correspondance avec quelqu'un. Avoir, entretenir des communications avec les ennemis de l'Etat. J'aurais pour cela lies, >in de la communication de personnes savantes, pasc. Lett. à Jacqueline, ±6 janvi' r 1048. || Relation avec des êtres supérieurs. Socrate se di ut en communication avec un démon. Pour marque de la communicatii n qu'il aa\ pasc. .'/('/'. J 2. || Communication avec les accusés, celle qui se fait, après leur interrogatoire et en vertu delà permission du juge, avec leurs défenseurs, leurs parents, leurs amis. || 5" Passage d'un lieu à un autre, t es routes, les cai aux sont 'les moyens de communication. Faciliter, gêner les communications, i communication. Le czar coucha dans la communication qui fait à cette heure des

r la reine, st.-sim. 467, i 45, Vou

i o v i aucune commu-

iNten. 1rs Mondes, i' soirée. E1 par une ce, qui coupait les communicat' ns mor-

une maladiecom ouren ouvrir

il ■ ■ nui ores, il sauva ce peuple, qui avait perdu toute e ité, i i toute mesure de pru-

u. Mmii . On a conservé la carte sur laque le Pi rre traça la communication de la mei i a pienne ei de la m ir Soire qu'il avait pro- . Russie, i, 9- X l'extré n d la mer I est cette fameuse langue - n :

pelle l'islhn i Sue/, qui fait une bai ri' n eaux de la mer Rouge et empêche la connu oes mers, buffon, Théorie de la terre || Terme de guerre. Communication, conservation d'un passage entre une armée et la garnison d'une place, pour le transport des muni!

|| Lig le communication, fosaés profonds d'environ deux mètres, et larges de quatre, ru'on fait d'un fort à l'autre, d un quartier à l'antre, pour y passera couvert. || Communications, moyens pour une armée de communiquer avec ses dépôts, ses magasins. Garder sa îigno de communications. Intercepter lescommui , de l'ennemi. || G°Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur semble ou délibérer avec son adversaire sur ce qu'il doit faire, ou entrer dans ses son limenls pour le faire enii insuite dans les siens; par exemple : Que feriez-vous, messieurs, dans une occasion semblable'? || Communication dans les paroles, ligure par laquelle on rend commun à une ou plusieurs personnes ce qui ne se dit que pour d'autres; par exemple: Qu'avons-nous fait ? pour: Qu'avez-vous fait?

— iusr. xiv s. Par faire retribucion est maintenue et gardée communicacion et société humaine,

0 sme, Eth. 150. Selon amitié, qui appartient à communication de nature humaine, un ami se doit

esj lu bien de 1 mitre , lu.ib. 26. Etdonques amisté

communication, m. ib. 244. El les commuai semblent estre faites pour delettacion si comme de ceulx qui dansent, n>. ib. 24a. ||xvies. Une certaine loy a esté mise d'une communication [communion] en l'année : par laquelle il a esté fait que quasi tous, quand ils ont une fois communiqué [communié].... CALV. Tnstit. H44. On apprend toui ours quelque chose par la communication d'aultruy, mont, i, 56. Toute estrangeté est ennemie de communication et société, id. i, <84. La communication que l'homme avoit avecques les bestes en i ' ige doré, m. n, H57.

— ÉTYM. Espagn. com.unicacion; ital. comwiicaxiona; du latin communications (voy. communiquer).

| COMMUNICATIVEMENT (ko-mu-ni-ka-ti-veraan), adv. D'une manière commûnicative.

— ÉTYM. Commûnicative, et le suffixe ment.

f COMMUNK'.ATOIRE (ko-mu-ni-ka-toi-r') , adj. Terme didactique. Qui peut être communiqué. La partie communicatoire d'une affaire.

— ETYM. Communiquer.

COMMUNIÉ, ÉE (ko-mu-ni-é, ée), part, passé. Oui a reçu la communion. Le parlement de Paris ordonna que le malade serait communié , volt. Louis XV, 36.

I. COMMUNIER (ko-mu-ni-é). || 1° V. n. Recevoir la communion, le sacrement de l'eucharistie. Il a communié à Pâques. Il s'est donné à communier comme mortel en la cène, pasc. J. C. 34. Quoi qu'elle ne put assez communier pour son désir, elle ne cessait de se plaindre humblement et modestement des communions fréquentes qu'on lui ordonnait, boss. Marie-Thér. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° V. a. Administrer le sacrement de l'eucharistie. L'Église communiait les petits enfants, BOSS. 'ii ml. 11 faut que le prêtre avertisse les mourants soupçonnés de jansénisme qu'ils seront damnés, et les communie à leurs risques et périls, volt. Louis XV , 36. Lorsque, sur le point de les communier, il leur déclara.... bourdal. Pensées, t. III, p. 368.

— hist. xii° s. E de part Farcevesque [il] lur aveil denuncié Qu'il les asoleittuz, clers e lais, del pechié , Qu'as escumeniez orent comunié, Th. le mart. I a l . 1 1 xni" s. Soit chascuns confès et commeniés, villeh. clx. Delez le flun habiterai Por toi, que g'i atenderai ; Iluec serai communiée; Por après serai déviée [morte], ruteb. n , 139. || xvi" s. Ils vinrent mettre en pièces une assemM e des Refl'ormez, communiquans à la cène au village de la Tardiere, d'aub. Hist. m, 346.

— ÉTYM. Provenc. communiar, cumeniar , cumengar, cumenegar ; espagn. comulgar ; portug.

Commun <jar ; ital. communicare; du latin COinmu-

nicare, communiquer (voy. ce mot) , l'aire participant. Communier est la dérivation ancienne et légitime de communicare (la consonne se perdant en des cas pareils); communiquer a été refait, ensuite sur le latin.

f 2. COMMUNIER (ko-mu-nié), s. m. Terme d'ancienne législation. Nom donné à ceux qui étaient de h communauté d'une ville, d'une commune. La eul c ose qui me fasse un peu de peine [dans un ire d'avocat sur des mainmortables], c'est ce nreux aveu de vingt-quatre communiers en 'ai toujours peur que cette pièce ne serve de de contre vos excellentes raisons, volt. Lett. Christin, 12 août 1775.

— HIST. xvi" s. Habitans communiez n'autres gens particuliers ne peuvent prétendre avoir droit d'usage ne pasture en seigneurie et haute justice d'autruy , sans titre, Coustum. génér. t. i, p. 423,

— ÉTYM. Commune.

COMMUNION (ko-mu-nion; en poésie, de quatre syllabes), s. f.\\ i" Croyance uniforme de plusieurs personnes, qui les unit sous un même chef, dans une même église. La communion des fidèles. Les diverses communions chrétiennes. Pour les fidèles qui sont dans la communion de l'Église, pasc. Prov. 16. Un évêque qui est mort dans la communion de l'Église, ID. ib. 18. Les Bohémiens s'étaient séparés de notre communion, boss. Var. t. Ceux qui étaient en communion avec les évoques d'Italie, in. Hist. il, 12. Cette chanté qui les lie de communion avec nous, i». Asc. 2. 11 n'y a pas de communion entre Christ et Bélial, id. Averl. Tobie esl re gardé comme apocryphe par toutes les communions protestantes, volt. Phil. il, 8. Ces Ostrogoths n'étaient pas de la communion des empereurs d'Orient, I

id. Mœurs, 27. || La communion des saints, société de tous les membres de l'Église, tant les bienheureux dans le ciel qne. les fidèles qui composent ici-bas la véritable Église et les âmes du purgatoire, société considérée par rapport aux relations entre ces trois ordres de fidèles. |j Dans le langage général. Communion de sentiments, d'idées , accord parfait. || 2e Récepl on de l'eucharistie. Se préparer à la communion. Faire sa première communion. J'ai donné la communion de ma main à Mme Guyon, Boss. lii'laf. Je ne pourrai pas vous donner demain la sainte communion, id. Lett. Corn. 53. Ils ont pu admettre les luthériens à leur communion, id. Euch. 2. Ô grands vénérateurs de ce saint mystère, dont le zèle s'emploie à persécuter ceux qui l'honorent par tant de communions saintes, et à flatter ceux qui le déshonorent par tant de communions sacrilèges, pasc. Prov. i 6. || 3" L'antienne et le verset qu'on chante pendant que le prêtre communie. || La partie de la messe où le prêtre consume les espèces du pain et du vin. || Communion ecclésiastique, communion sous les espèces du pain et du vin. Communion laïque, communion sous l'espèce du pain seulement.

— hist. xvic s. La communion des tuniques internes, tant de la trachée artère, que de l'œsophague, paré, n, 19. Ceste unyon de l'Eglise tant amyable, tant désirable et tant nécessaire, puisque, hors de la communion et société d'icclle, il n'y a ni remission de péchez ni espérance de salut, condé, Mémoires, p. 554.

— ÉTYM. Provenç. communion, comunion ; espagn. comunion; ital. comunione; du latin communionem, decommunis, commun (voy. commun).

COMMUNIQUÉ, ÉE (ko-mu-ni-ké, kée) , par:. passé. Dont on a l'ait part; dont on a donné connaissance. Des pièces communiquées. Des nouvelles communiquées à l'oreille. || Transmis. Le mouvement communiqué par un choc. || Substantivement et au masculin. Un communiqué, un avis, une information donnée par l'autorité supérieure. Les journaux de ce matin contiennent un communiqué.

— REM. Saint-Simon a dit maisons communiquées, pour maisons qui communiquent; ce qui ne paraît pas à imiter : Mme Frémont, mère de la maréchale de Lorge, dont les maisons étaient contiguës et communiquées, st-sim. 28. 64.

COMMUNIQUER (ko-mu-ni-ké), v. a. || 1° Rendre commun, faire part, transmettre. L'aimant communique sa vertu au fer. Un corps qui communique son mouvement à un autre. || Fig. Il sut lui communiquer son zèle, sa gaieté. 11 détruit son pouvoir quand il le communique, corn. Pomp. i, 2. Vous élèverez les âmes en leur communiquant la vôtre, volt. Lett. Miranda, to août (767.||Se communiquer quelque chose, communiquer l'un à l'autre quelque chos". lisse communiquèrent leurs projets. Dans les monarchies, les juges prennent la manière des arbitres, ils délibèrent ensemble, ils se communiquent leurs pensées; à Rome et dans les villes grecques, les juges ne se communiquaient pas, montesq. Espr. vi, 4, [| 2" Donner communication. Je lui ai communiqué mon intention. || 3° V. n. Avoir ttions, être en rapport avec quelqu'un. Communiquer avec les savants. Le défenseur peut communiquer avec l'accusé. Qu'un censeur bien tyrannique De l'esprit soit le geôlier, Et qu'avec son prisonnier Jamais il ne communique, in Cens. || Avec un régime, faire part de, consulter. J'ai communiqué de cette affaire avec lui. 11 a donné sa démission sans en communiquer avec ses amis. || Être en communication. Ce canal communiqu h la mer. Cette porte communique a un corridor. Douze palais qui communiquaient ensemble, boss. Hist, m, 3. D'autres canaux devaient faire communiquer par des lacs le 'fanais avec la Duna, dont la mer Baltique reçoit les eaux à Riga, volt. Russie, i, 12. || 4" Se communiquer, r. réfl. Être communiqué. Le mouvement d'un corps se communique à un au ire. Certaines maladies se communiquent facilement. L'incendie se communique d'un quartier à l'autre. M. Bucquet avait fait, avec M. I avoisier, une suite d'expériences sur la manière dont la chaleur se communique à différents fluides plongés dans un même bain, condorcet, Bucqh t [| Être en communication. Ces deuj communiquenl par un corridor. || Communiquer à

autrui ses sentiments, ses idées se 0] ns. Chaque

individu, jouissant do lui-même avei une pleine indépendance, ne se communique qu'autant qu'il lui convient, boulainvilliers, lié fut. de Spinosa, p, 147, i iltention de tous h i eurs fut tou •

jours de rendre les hommes sociables; mais, pour

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l'être, ce n'est pas assez d'être rassemblés dans une ville, il faut se communiquer avec politesse; cette communication adoucit partout les amertumes de la vie, volt. Russie, i, 10. Je me communique fort peu; et de tous les gens que je vois je n'en connais aucun, montesq. Lett. pers. <45. On se communique moins dans les pays où chacun, et comme supérieur et comme inférieur, exerce et souffre un pouvoir arbitraire, que dans ceux où la liberté règne dans toutes les conditions, id. Esp. xix. 12. || Ouvrir son cœur. Le regret qu'il a de ne s'être pas communiqué à son fils et de lui avoir laissé ignorer la tendresse qu'il avait pour lui, sév. 379. |1 Se rendre familier, visible, accessible. Toutes les fois qu'il veut ^'asseoir sur le trône de ses pères et se communiquer avec les hommes, balz. le Prince, ch. g. Que le roi fuie le tumulte et se communique peu, montesq. Lett. pers. 37. Quand les dieux se communiquent aux mortels, fén. Tel. il. Dieu se communiquait à eux, boss. Hist. il, 4. Le Seigneur se serait communiqué à lui, mass. Car. Prière.

HEM. St-Simon a dit communiquer pour faire

communiquer; cet emploi n'est plus en usage. Mon logement [à Versailles] tenait la moitié du .arge corridor qui est vis-à-vis du grand escalier qui communique la galerie basse avec la haute, st-sim. 350. no.

HIST. xive s. Or convient-il plus avant enquérir

de ceste chose quant as mors [mœurs], assavoir se il communiquent ou participent au bien ou as maulx qui adviennent à lour amis vivans, oresme, Eth. 27. Nulle telle beste ne participe ne ne communique de rien en telle operacion, m. ib. 2t. Telles delettacions esquelles autres bestes communiquent avecques homme, id. ib. 94. Ceulz qui communiquent ensemble par mariage, id. ib. 244. C'est forte chose de communer ou communiquer en toutes .choses, id. Thèse de meunier. || xvie s. Celui qui «st prince ou seigneur communique aucunement à l'honneur de Dieu, calv. Instit. 299. Quand nous verrons aucuns en poureté, que nous communiquions à leur indigence, et soulagions leur nécessité par nostre abondance, id. ib. 307. Certains jours ausquels on s'exerce à pénitence, avant qu'estre receus à communiquer à la grâce de l'évangile, id. ib. 4oi. Il ne communiqua à personne cet advertissement, mont, i, <27. La lumière qu'il plaist au soleil nous communiquer par ses rayons, id. i, 250. Tousjours les estai- ■ ! honneurs par trop communiquez sont mespnsez, castelnau, il. Je pardonne facilement à ceulx, qui s'opiniastrent à soustenir que Nurna et Pythagoras ayent hanté et communiqué ensemble, amyot, Num. 35. Faisant vertu de ne communiquer point aux malheurs et misères de leur pais, id. Selon, 35. Il les advertit qu'il avoit quelque chose à communiquer à Aristides, id. Arisl. 35.

— ÉTYM. Provenç. communiquât, cownnicar ; espagn. comunicar; ital. comunicare, du latin communicare , de communis, commun.

f COMMUNISME (ko-mu-ni-sm') , s. m. Système d'une secte socialiste qui veut faire prévaloir la communauté des biens, c'est-à-dire l'abolition de la propriété individuelle et la remise de tout l'avoir social entre les mains de l'État qui fera travailler et distribuera les produits du travail entre les citoyens. || Application du principe communiste à un ordre de faits sociaux; toute opinion qui tend à mettre aux mains de l'État un ordre d'intérêts.

— ÉTYM. Voy. COMMUNISTE.

t COMMUNISTE (ko-mu-ni-sf) , s. m. || i° Terme de jurisprudence. Celui qui a une propriété commune, qui possède à l'état d'indivision. || 2° Celui qui veut faire prévaloir le communisme. || Adjectivement. Les opinions communistes.

— ÉTYM. Commun.

j COMMUNITÉ (ko-mu-ni-té), s. f. Terme didactique. Qualité de ce qui est commun. Le nombre des propriétés qui sont communes aux animaux et aux végétaux est si grand que l'on conclurait de cette communité, qu'ils sont formés sur un plan analogue, LEGOARANT.

— REM. Ce mot, qui a existé, et qui manque aujourd'hui en tant que substantif de l'adjectif commun, pourrait être repris en des cas où il serait clair et bien employé.

— hist. xme s. Et soit entre eus communité De tous lor biens en charité, la Rose, 4705. || xive s. Home estordené à vivre civilement et en comunité, oresme, Eth. vin, 4 4. Politicques est art et science de gouverner royaumes et cités et toutes communités, id. Pro1. || xvi's. Toutes nos oraisons doivent estre tellement communes, qu'elles regardent tous-

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jours la communité que nostre Seigneur a mise en son règne et en sa maison, calv. Instit. 717.

— ÉTYM. Piovenç. communitat; du latin communitatem , de communis, commun.

C0MMUTAT1F, IVE (ko mmu-ta-tif, ti-v'), adj. Terme de jurisprudence. Qui concerne l'échange. Contrit commutatif, lorsque chaque contractant reçoit l'équivalent de ce qu'il donne, opposé à contrat aléatoire. Justice commutative , l'obligation de rendre, dans un échange, autant qu'on reçoit. C'est un effet de justice commutative que tout travail honnête soit récompensé ou de louange ou de satisfaction, pasc. Prov. 9.

— HIST. xive s. Et de ceste justice commutative sont deux parties ou deux manières, oresme, Eth. * 43.

— ÉTYM. Provenç. comutatiu; espagn. conmutatiro ; ital. commutativo ; du latin commutare , changer (voy. commun).

COMMUTATION (ko-mmu-ta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme de droit criminel. Action de changer une peine en une autre moins grande. || 2" Terme de grammaire. Figure qui consiste à changer dans un mot une lettre ou une syllabe; par exemple créance pour croyance. || Terme de rhétorique. Figure dans laquelle on oppose l'une à l'autre deux propositions ayant les mêmes mots, mais dans un ordre inverse, par exemple : il faut manger pour vivre et non vivre pour manger. || 3° Terme d'astronomie. Distance entre la terre et le lieu d'une planète réduit à l'écliptique. Angle de commutation.

— HIST. xive s. L'autre espèce de justice particulière est celle qui nous adresche en commutacions [échanges], oresme, Eth. 1 45. Commutations occultes, in. Thèse de meunier. || xvies. C'est un métal excellent, doué de belles qualités, et fort nécessaire pour aider à ce que la commutation de toutes choses se face avecques plus grande facilité, lanoue, 4 i ; 5 . Bien souvent d'un cas de petit moment, peut réussir un grand changement et commutation des choses,

— ÉTYM. Provenç. commutatio ; espagn. conmutacion; ital. commutazione ; du latin commulalionem, de commutare, changer (voy. commuer).

COMPACITE (kon-pa-si-té), s. f. Qualité de ce qui est compacte.

— ÉTYM. Voy. COMPACTE.

f COMPACT (ken-pakf), s. m. Nom donné à certaines conventions faites avec le pape ou confirmées par lui. Bulle du compact.

— ÉTYM. Corn.... préfixe, et pacte.

COMPACTE (kon-pa-kf), adj. || l°Qui doit sa solidité à sa condensation. Une masse compacte. || Terme d'anatomie. Substance ou tissu compacte d<ss os, la partie des os la plus solide, celle qui ne présente pas d'aréole à l'œil nu, par opposition au tissu spongieux. || En minéralogie, cassure compacte, cassure qui ne présente à l'œil aucune espèce de structure. || En agriculture, terre compacte, terre qui a une certaine ténacité, due à l'argile qui y domine. || Dans l'entomologie, le corps d'un insects est dit compacte, lorsque la tête, le tronc et l'abdomen ne sont point séparés par des incisures.|| 2"Fig. Une majorité compacte. Une foule compacte. Cet empire ne formait pas une nation compacte, et le lien manquait au faisceau, stael, Allem. part, I , ch. 2, Mœurs. Les charges vigoureuses et réitérées de ce régiment contre le ilanc gauche de cette masse compacte furent insuffisantes, ségur, Hist. de Nap. vi, 2. || 3" Terme de libraire. Édition compacte, édition en petits caractères, et qui renferme beaucoup de matière.

— REM. L'Académie écrit compacte avec un e, tandis qu'elle écrit intact sans e, bien que la finale latine aclus soit la même des aeux parts. 11 est certain, vu la prononciation, qu'il serait mieux de mettre un e à intact que de le retrancher à compacte.

— HIST. xvi' s. Je trouvay en la mammelle une substance grosse comme un œuf de poule, dure et compacte ainsi qu'une pierre, paré, v, 18.

— ÉTYM. Compactas, participe passif de compingere, réunir ensemble, de cum , et pangere, grec TnfjyviJEiv, rendre solide (voy. page, s. f.).

COMPAGNE (kon-pa-gn'), s. f. || 1" Celle qui accompagne une autre personne, qui partage son sort. Antigone, la compagne dévouée de son père. Compagne du péril qu'il vous fallait chercher , iuc. J'hcd. il, 5.... Venez, venez, mes filles, Compagnes autrefois de ma captivité, id. Esth. i, I. Que béni soit le ciel qui te rend à mes vœux, Toi qui, de Benjamin comme moi descendue, Fus de mes premiers ans la compagne assidue, id. ib. Compagnes d'un époux et reines en tous lieux, volt. Zaïre, i, l. Les bergers pleins d'effroi dans les bois se cache-

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rent, Et leurs tristes moitiés, compagnes do leurs pas, Emportent leurs enfants gémissants dans leurs bras, volt. Henr. vin. || Fille ou femme qui a quelque liaison avec une fille ou une femme de même condition; jeune fille, considérée par rapport aux autres jeunes filles d'une même pension. Elle est très-aimée de ses compagnes. Les compagnes d'Esther s'avancent vers ce lieu, rac. Esth. m, 2. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes, id. ib. i, 5. Elles [deux filles de marchands] ont été nourries ensemble et ont vécu dans cette familiarité que donnent un même âge et une même condition; l'une des deux, pour se tirer d'une extrême misère, cherche à se placer; elle entre au service d'une fort grande dame et l'une des premières de la cour, chez sa compagne, la bruy. vi. || 2° Fig. Ce qui est naturellement lié à d'autres choses. La démence de la magie est toujours compagne de la fureur religieuse, volt. Phil. u, 20. Les disgrâces, compagnes inséparables des grandeurs, iléch. Auj. || 3" Épouse. Prendre, se choisir une compagne. Si je n'ai vécu la compagne d'Achille.... rac. Iphig. v, 2. || Notre très-chère épouse et compagne , litre que le roi donnait, dans les actes publics, à la reine sa femme. || Il se dit aussi des animaux. La tourterelle gémit quand elle a perdu sa compagne. Que fais-tu dans ces bois, plaintive tourterelle? Je gémis, j'ai perdu ma compagne fidèle, focrcrgy, dans richelet. H 4° Terme de marine. Chambre du majordome d'une galère.

— HIST. xive s. Nonobstant que la dite fille du temps passé eust esté bonne compaigne, et de son corps sa voulenté eust fade — du cange, comp&niuiit. || xvie s. Je t'ay esté donnée pour estre parsonniere et compagne de toutes tes bonnes et mauvaises fortunes, amyot, BrniUS, . .Sa sçavoir [de la Boëtie] , les grâces compaignes ordinaires de ses actions, t/.ont. Lett. 4

— ÉTYM. Voy. COMPAG

COMPAGNIE (kon-pa-gnie) , s. f. |[ 1° Réunion de nés qui ont çuc-lque motif de se trouver ensemble. Je vous laisse parmi vos myrtes et vos oran- 5 ,mi- n'êtes jamais en meilleure compagnie ûue quand personne n'est avec vous, balz. hv. i, lett. 9. On se promène ou seule ou en compagnie, sév. 682. Ses biens aux pauvres départis, I! s'en va seul sans compagnie, la font. Oies. En compagnie

D'un sien ami, m. Berc Si notro compagnie j lui

dirent-ils, vous pouvait être à gré, Et qu'il vous plût achever cette traite Avecque mus. ce n rait honneur, la font. Orais. Dans la solitude, il [le perroquet] est compagnie; dans la convers a il est interlocuteur, buff. Perroquet. \\ Tenir, faire compagnie à quelqu'un, rester avec lui. l'entretenir. Personne ne me tient compagnie , sév. flR. Le cardinal me tient très-bonne compagnie, in. 21 fi. Votre aimable idée m'a tenu fidèle compagnie, m. 7t. Combien le feu tient douce compagnie! bérang. Feu du prison. On le porta en silence dans la chambre où il devait être enfermé; cette chambre [à la Bastille] était occupée par un vieux solitaire de Port- Royal, qui y languissait depuis deux ans: tenez, lui dit le chef des sbires, voilà de la compagnie que je vous amène, volt, fngénu . 9. || Dame, demoiselle de compagnie, dame ou demoiselle placée auprès d'une personne pour lui tenir compagnie. || En bonne compagnie, accompagné de beaucoup de monde. Je vais vous y remettre en bonne compagnie, corn. Nie. m, t. Ou qu'il voit la justice en grande compagnie, Mener tuer un homme avec cérémonie, boil. Sat. vin. y Fausser compagnie, se dérober d'une compagnie ou manquer à s'y trouver, quiiter les gens. Bon ! le voilà qui fausse compagnie, rac. Plaid. 11, 9. Il Jouer à la fausse compagnie, quitti r un parti, trahir ceux avec qui on est associé. I| De compagnie, ensemble. Prête à mourir de compagnie, la font. Matr. Deux grands auteurs rimant de compagnie, rac. Épig. Et mon àme et mon corps marchent de compagnie, mol. Fem. sav. iv. -2. \\ nous eût d'un bâton chargés de compagnie, id. / Élour. 1, 5. H 2" Société de personnes se voyant habituellement pour le plaisir de causer, de jouer, etc. Introduire quelqu'un dans une compagnie. Il e-t très-aimable en compagnie. Aimer la compagnie. Toute la compagnie arriva en bonne - Lett. 02. il pria la compagnie d'y souper, hamilt. Gramm. i. Nous nous sommes une compagnie, sév. 562. Mme Tambonneau avait trouvé le moyen de voir la meilleure et la plus importante compagnie de la cour, st-sim. 46, si. Mais que vois-jeî de bons amis Que rassemble un couvert bien mis; Asseyezvous, me dit la compagnie, bérang. Académie et caveau. || Être en compagnie, avoir du momie. ).

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est en compagnie, mol. Tart. v, 4. || On disait fois, mais on ne dit plus: 11 est compagnie, c'i si à-dire c'est une personne qu'on ne voit que rarement et en cérémonie; il se croit compagnie, c'est-à-dire ce subalterne se familiarise trop. || Bonne agnie, société de gens distingués par leur éducation et leur politesse. Il m'a dit qu'il voyait bonne compagnie, sév. si 5. Vous voyez ce que c'est que de voir bonne compagnie, id. 37. Il voit que le nom de bonne compagnie n'est pas un vain nom, quoiqu'il soit souvent usurpé, volt. Princ. de Babyl. 10. Ces croquants-là vous disent plus de sott, ses dans une brochure de deux pages, que la meilleure compagnie de Paris ne peut dire de choses agréables et instructives dans un souper de quatre s, id. VU. aux^oécus, Souper. Nos petitsmaîtres et nos petites-maîtresses s'y seraient ennuyés sans doute, ils prétendent être la bonne compagnie: mais ni M. André ni moi ne soupons jamais avec cette bonue compagnie-là, id. ib. J'ai souffert qu'elle ait vu les belles compagnies, mol. Éc. des maris, i, •-'. La bonne compagnie chez vous ne déjeune pas, parce qu'elle a trop soupe, volt. Lettr. Mme Du Deffant, 24 avril I7G9. Il Être de bonne compagnie, être bonne compagnie, avoir de lionnes manières. Mon fils est de bonne compagnie, sév. 44. Que je fusse peuple à la guinguette et bonne compagnie au Palais-Royal, j. j. rouss. Ém.iv. || Être de bonne compagnie, être aimable, agréable. Elle est toujours de très-bonne compagnie, sév. )8t. || En bonne compagnie, avec des gens comme il faut. Et par extension, votre portrait est dans mon cabinet en bonne compagnie. || Mauvaise compagnie, gens de mauvais ton ou de mauvaises mœurs. Il voit une mauvaise compagnie. Il est en mauvaise compagnie. || Eue de mauvaise compagnie, être mauvaise compagnie, tfvoir un mauvais ton. || Être de mauvaise compagnie, être mauvaise compagnie, être triste, maussade. Voilà ce qui compose une femme d'assez mauvaise compagnie, sév. 252. Nous nous vantons de ne nous point ennuyer; nous sommes si glorieux que nous ne voulons pas nous trouver de mauvaise compagnie, la rochef. Réflexions, Ht. || 3" Assemblée libre ou sous le patronage de l'État pour la culture des sciences et des lettres. L'Académie française est une compagnie. Il les a réunis [les gens de lettres] en une compagnie célèbre, la bruy. Disc, à l'Âc. fr. Comment oser blâmer les sciences devant une des plus savantes compagnies de l'Europe? j. j. nouss. Disc, sur h s sciences et les arts. || Compagnie se dit aussi des maisons religieuses et des collèges. La compagnie de Jésus est la société des jésuites. La compagnie de Sorbonne. La compagnie de l'Oratoire. Tout notre corps est responsable des livres de chacun de nos pères [jésuites); cela est particulier à notre compagnie, pas.:. Prov. 9. j| Se dit également de l'ordre des avocats, des anciennes corporations et de celles des officiers ministériels. || Anciennement, corps établi par autorité du roi pour rendre la justice. Léo parlements, les chambres des comptesétaient des compagnies souveraines ou supérieures. J'entends dire de quelques particuliers ou de quelques compagnies : tel et tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance, la bruy. xiv. || 4° Terme de commerce. Réunion de capitalistes, de négociants. || Société industrielle formée d'actionnaires. Les compagnies des chemins de fer. Compagnies d'assurances. Les grandes compagnies industrielles. || Un tel et compagnie (par abréviation Cie), formule de raison commerciale pour un tel et ses associés. || Compagnie des Indes, association établie par Colbert pour le commerce de l'Inde, avec privilège exclusif. La compagnie des Indes, fondée avec des peines extrêmes par le grand Colbert, fut pendant quelques années une des plus grandes ressources du royaume, volt. Louis XIV, 39. Lalli fut persécuté par plusieurs membres de la compagnie des Indes et sacrifié par le parlement, volt. Lett. Tolendal, 28 avril (773. || Bâtiments de compagnie, bâtiments armés par une compagnie considérable et privilégiée de négociants. || En Angleterre, la compagnie des Indes, société commerciale qui, ayant le privilège du commerce de l'Inde, a fini par faire la conquête de ce pays et par en expulser la compagnie française. Compagnie des grandes Indes, réunion de toutes les associations commerciales qui s'étaient formées en Hollande à la fin du xvi° siècle et au commencement du xvii». || Terme d'arithmétique. Règle de compagnie, règle de trois composée qui serl à trouver quelle part peut avoir à la perle ou au gain chacun des marchands à proportion des fonds qu'il a mis. || 5" Terme de guerre. Troupe de gens de

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guerre. || Corps de troupes ou division de corps de troupes cemmandéepar un capitaine. Compagnie de grenadiers. Compagnie de dragons. || Charge de capitaine. Il a eu permission du roi de vendre sa compagnie. Autrefois en France on avait le droit, comme on l'a encore en Angleterre, 'de se démettre, pour une somme d'argent, du droit de commander une compagnie. || Compagnie franche, troupe irrégulière qui ne fait pas partie des cadres de l'armée. || Compagnies d'ordonnances , c'étaient des compagnies franches de gendarmes, de chevau-légers du roi, de la reine, du Dauphin et de Monsieur; ces compagnies n'entraient jamais en corps de régiments. || Compagnies d'ordonnance, compagnies de gens d'armes organisées sous Charles VII. || Les grandes compagnies, troupes d'aventuriers qui s'étaient formées pendant les longues guerres entre l'Angleterre et la France au xiv" siècle, et qui ravagèrent ce dernier pays. |[ Compagnie de Jehu ou de Jésus ou du Soleil, associations royalistes qui se formèrent dans le midi de la France apr.'s la chute de Robespierre et qui égorgèrent pendant plus d'un an les adhérents du parti contraire. || 6° Terme de chasse. Une compagnie de perdrix, une troupe de perdrix. || Bêtes de compagnie, marcassins, jeunes sangliers qui vontencore en troupes. Ce sanglier a quitté les compagnies, il commence à aller seul. || Fig. Il est bête de compagnie, se dit d'un homme qui aime la société et qui se laisse facilement mener où l'on veut. || Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau est de bonne compagnie quand il n'est pas sujet à s'enfuir. || 7° Union charnelle de l'homme et de la femme. Vieilli en ce sens. Tu feras Que de ta fille il ait la compagnie, la font. Herm. || Proverbes. Par compagnie on se fait pendre, c'est-à-dire on fait, en faveur de la compagnie à laquelle on appartient, des choses condamnables. || Il n'est si lionne compagnie qui ne se sépare. || Il vaut mieux être seul qu'en mauvaise compagnie.

— SYN. 1° compagnie , société , dans le sens d'association. Les sociétés savantes, les compagnies savantes; la société des jésuites, la compagnie des jésuites : entre ces locutions, il n'est pas possibie, dans l'usage, d'apercevoir aucune nuance réelle; sinon que quand il s'agit des membres rassemblés on dit plutôt compagnie que société : il lut son mémoire devantla compagnie. || 2° BONNE SOCIËTÉ;, BONNE compagnie. La bonne société c'est ia société composée des personnes qui occupent un haut rang dans une ville, dans le monde. À ce sens, bonne compagnie ajoutp une idée d'élégance, idée qui n'est pas nécessairement comprise dans bonne société.

— HIST. xi" s. Vingt mille Francs [ils] ont en lur cumpaignie, Ch. de Roi. xliii. || xh« s. Irai sans conpegnie, Ronc. p. t5. Tout primerains devant sa conpagnie, ib. p. 58. En sa compeigne maint nobile vassal, ib. p. 78. Beau sire Diex, grief m'est à consirer [me séparer] Du grant soûlas et de laconpaignie [de mon amante], Coud, xxn. 11 a en sa compaigne Escorfant de Lutise, Sax. xxni. Car bien pert [est évident] que cil a del mesrait compaignie, Ki ne volt contre-ester à l'aperte folie, Th. le mart. 72. L'arcevesques i vint Thomas od sa partie, E li reis Loewis od mult grant baronie, E li reis d'Engleterre od riche compaignie.... ib. M3. E à un jur avint que Helchana fist sacrefise, e, sulunc la lei, à sei retint partie, partie dunad à sa cumpaignie, Rois, 2. Pur quei ne portes cumpaignie à tun ami David, e ne vas od lui"? ib. (80. || XIIIe S. Lors seroiojoiansetenvoisiés Et à plusieurs de bone compaignie, jean de brienne, Romancero, p. 442. 11 et elle [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [la France] tiennent de compaignie, hues de la ferté, ib. p. 489. Il est einsi que nous, pour la plus haute chose qui soit, somes à compaignie à la plus haute gent du inonde, villeh. xxxix. Nous métrons cinquante galies armées en vostre conduit, par tel convenant que, tant comme nostre compaignie pourra ensemble durer.... in. xiv. Et sont en sa compaigne plus de mille et sept cent, Berte, ix. C'est hideus temps à dame qui compaignie n'a, ib. xxv. Chascuns lui porte honeur, douceur et compaignie, ib. lx. Com je vous ai porté mauvaise compaignie! ib. xc. Parmi le bois [il] s'en va tout seul sans compaignie, ib. cix. Et li livrèrent cou que mestiers li lu, deniers, reubes et chevaus et armeures et chevaliers de son linage, pour compaignie tenir el pour l'onneur de lui, Chron. de Ravis, 85, Par ci trespasse une compaingne, Qui vient parmi ceste champaingne, lien. 2456. Se cil qui tant iert tes amis, En bien amer a son cuer mis. Lois vau dra miex sa compaignie, la Rose, 2714. [Il] Fait à

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son mestre compaignie, ib. 8363. Douaires est aquis à la feme si tost comme loiax mariage et compaignie carnele est fête entre li et son maii, beaum. xiii, 25. Quant uns hons a compaignie à une feme hors de mariage, id. xviii, 2. Et ces compaignies de quoi noz volons parler, c'est des compaignies qui sont teles que par la compaignie li avoir vienent à partie [partage], quant la compaignie faut, ID. xxi, l. Que nulz n'eust compaingnie à autrui femme ne à autrui fille, se il ne vouloit perdre le poing ou la vie, joinv. 2G3. Quant aucunz riches homes mangoient avec li, il leur estoit de bone compaingnie, t'6. 290. Compagnie de un, compagnie de nul; compagnie de deux, compagnie de Dieu ; compagnie de trois, compagnie de rois ; compagnie dequatre, compagnie de diable, leroux de lincy, Proverb.t. il, p. 276. [Esperverie] est ung deduict trop plaisant, tant pour ce qu'on vole souvent, comme pour los beaux vols que ung esprevier fait, et aussi pour la compaignie avec qui on est, Modus, f° xcv, verso. || xve s. Les aucuns des seigneurs et des chevaliers d'Angleterre demeurèrent à Anviers pour lui faire compagnie [au roi], froiss. i, i, 7t. Monseigneur, si vous nous voulez faire bonne compagnie à mes compagnons et à moi, je vous rendrai le chastel, id. h, m, 8. Si comme ils ordonnèrent, ils firent; et s'en vinrent plus de trois cents d'une compagnie [les habitants d'Ypre venant implorer la clémence du comte de Flandre] , id. ii, ii, 89. Si je vous prie que vous y veuilliez regarder et entendre [à protéger une garnison qui a capitulé], et nous faites compagnie d'armes, in. i, i, 242. Sans point souffrir soing ou merencolie, Aucunement me tenir compaignie, ch. d'orl. 4°. Banny de bonne compaignie, id. Bal. 94. Allez, allez, soucy, soin et merencolie; Si jamais plus vous revenez Avesques vostre compaignie, Je prie à Dieu qu'il vous maudie Et le jour que vous reviendrez, id. Rondel. Quand vous estes seule sans compaignie , id. ib. 4 2. Honoré Collin n'estoit point bien assuré qu'on no leur jouast à ia fausse compagnie, monstrel. liv. n, ch. 4 92. Pour lui faire compaignée, se fist escripreetse mit en la prison avec lui, Bouciq. part, i, chap. 4 5. Et le lendemain le mareschal se partit à tout sa compaignée, ib. part, i, ch. 30. Des gens d'armes il n'y avoit que le dit Joachin et sa compaignie, comm. i, 2. Quant toute ceste compaignie fut passée que l'on estimoit cent mille chevaulx.m.i, 6.]| xvi's. Toute compagnie d'homineetde femme hors mariage est. maudite devant Dieu, calv. Jnstit 303. Le mari et la femme fidèle font bien, si pour quelque temps ils s'abstiennent de la compagnie du lict pour vaquer plus librement à jusne et oraison, m. ib. 997. Vous m'avez laissée en une compaignie tant aisée à vivre que je n'ay encores oui une seule parole que une seur ne deust dire à l'aultre, marg. L. xcviii. En la compaignie d'un chien, mont, i, 37. Vivre en bonne compaignie, id. i, 52. Ces compaignies-là [les parlements] sont plus fournies de science que de conscience, id. i, 4 48. Je pleurerois ayséement par compagnie, m. il, 4 27. Il estoit seul de sa compagnie, et avoit la contenance d'un nouveau venu, despkr. Contes, L. Je ne suis point dolent d'-e tre privé et séparé de ta compagnie, car je me rendray tantost par devers toy, amyot, Anton. 99. Il se leva une grosse compagnie de corbeaux, qui avec grands cris prindrent leur vol vers le bateau, id. Cicéron, 59. Quoy qu'il fust gay et récréatif en compagnie, id. Dc'métr. 3. Et prioit Alexandre de luy pardonner ce qu'il ne luy pouvoit faire plus longue compagnie, ains estoit contraint de se partir d'avec lui, id. ib. 49. Varius, l'un de ses familiers qui luy tenoit compagnie à boire, id. Anton. 22. Les cohortes prétoriennes, qui sont les compagnies coulonnelles, id. ib. 48. Petite compagnie, vie alegre et lie, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 371. Un matin qu'elle avoit compagnie françoise [son galant], bouchet, Scrces, liv. n, p. 4 24, dans LACURNE.

— ÊTYM. Génev. companie ; provenç. companha, companhia , cornpagnt'a; catal. companyia ; espagn. compafiia ; ponug. companha; ital. compugnia; voy. compagnon. L'ancien français a deux formes : compagne et compagnie ; l'une vient du bas-latin compdnia, avec l'accent sur pa, et l'autre de companha. avec l'accent sur ni.

COMPAGNON (kon-pa-gnon), t. m. || 1° Celui qui accompagne une autre personne, qui est associé à elle. Mais de qui savez-vous un désastre si grand'.' — Des compagnons d'Araspe el d Araspe mourant, corn. Nicom. v, 3. Gouvernez, si vous pouvez, tout seul les affaires, administrez la justice sans com-

pagnons, i ai./., liv. iv, lett. 48 Oui, mon fils,

c'est vous sur qui je me repose, Vous seul qu'aux

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grands desseins que mon cœur se propose, J'ai ■ lès longtemps pour digne compagnon, Rie. Mithr. il, 5. L'inexpérience indocile Du compagnon rie Paul-Émile Fit tout le succès ri'Annibal. j. b. roi -s. Ode à la Fortune. Venez, dignes soutiens de la grandeur romaine, Compagnons de César. ...volt. Mort de César, i, 3. || Se dit des religieux qui habitent ou qui marchent ensemble. Un moine ne doit point sortir de son couvent sans que son supérieur lui donne un compagnon. || Fig. Le bon cœur est chez vous compagnon du bon sens, la font. Fabl. su, 23. || Compagnon de la mate, s'est dit pour filou, voleur. Alors le drille voulut parler à son tour des compagnons de la mate, Recueil de pièces com. dans leroux, Dict. comique. || 2° Camarade. 11 pouvait, sans sortir, contenter son envie. Avec ses compagnons tout le jour badiner. Sauter, courir, se promener, la font. Fabl. vin, 16. || 3° Collègue, confrère. Le notaire : Moi! si j'allais, madame, accorder vos demandes. Je me ferais siffler de tous mes compagnons, mol. Femmes sai\ v, 3. || Compagnons d'armes, gens qui font la guerre ensemble. Il appelle ses compagnons de guerre, la bruy. Théophraste, 25. || 4° Un égal. Il ne peut souffrir ni compagnon ni maître. || En compagnons, sans cérémonie et comme il convient entre camarades. Je vous supplie, dit-il, vivons en compagnons, Régnier, Sat. vin. y Familièrement. Traiter quelqu'un de pair à compagnon, d'égal à égal. C'était un gros homme frais, rustre, très-volontiers brutal, pair et compagnon avec tout le monde, st-sim. 62,123. Comment, disait-il en son âme, Ce chien, parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame, Et j'aurai des coups de bâton I la font. Fabl. iv, 5. y 5° Autrefois, garçon qui, ayant fait son apprentissage en quelque métier et n'ayant pas le moyen de se faire passer maître, allait servir et travailler chez les autres. || Aujourd'hui, ouvrier qui a fini son apprentissage mais qui travaille pour un entrepreneur ou un autre ouvrier jouant le rôle d'entrepreneur. De simple compagnon, il est devenu chef d'atelier. Il a des compagnons qui travaillent sous lui, la bhuy. v. || Parmi les maçons, compagnon se dit, entre deux ouvriers, de celui qui aide à l'autre. || Dans la typographie, nom que se donnent ceux qui travaillent aune même presse. || Compagnons de rivière, ceux qui travaillent sur les ports à décharger et à serrer les marchandises. || Ouvrier membre d'une société de compagnonnage. Les compagnons duDevoir. La mère des compagnons, femme qui héberge, aux frais d'une société de compagnons, ceux des membres qui sont en voyage. || Travailler à dépêche compagnon, travailler vite et négligemment. C'est un ouvrage fait à dépêche compagnon. Il Se battre à dépêche compagnon, se battre à outrance, sans dessein de s'épargner. || 6° Homme gaillard, vif, résolu, galant. C'est un compagnon. En soi. temps aux souris le compagnon chassa, la font. Fabl. xi, 8. Il Être bon compagnon, aimer le in. la bonne chère, les plaisirs, ne pas reculer devant les dangers. Henri IV était bon compagnon. J'ai ouï dire que vous avez été autrefois un bon compagnon, mol. Fourb. 1, 6. Il Faire le compagnon, faire l'entendu. || C'est un hardi compagnon, c'est un homme déterminé. On a dit de même : il est gentil compagnon ; c'est un gentil compagnon. C'est un dangereux compagnon, c'est un homme capable > ■ faire de mauvais coups. || C'est un petit compigiion, c'est un homme sans importance. Mme de Guise passait les autres six mois à Alençon, où die régentait l'intendant comme un petit compagnon, st-sim. 35, 147. L'abbé Fleury était trop petit compagnon pour quitter sa charge par dépit, id. 63, 50. Jules Mazzarini, arrivant de son pays avec peu d'équipage et petit compagnon, estime les Français, p.-l. cour. 1, 202. y Proverbe. Qui a compagnon a maître, c'est-à-dire on ne fait rien sans le communiquer, quand on est lié de quelque manière avec une personne; on est souvent obligé de céder aux volontés des personnes avec qui on est associé.

— HIST. xic s. Ne Oliver, porce qu'est sis cumpainz, Ch. de Bol. xxiv. L'arere-garde des douze cumpaignons, ib. lxvi. || xir s. Josle lui fu ses compaing Olivers, Ronc. p. 36. Li conpaignon après lui vont siguant [sqivant], ib. p. 38. Si 'n apela [ainsi en apela] Rolant son conpagnon, ib. p. 44. S'il ne vient ci 0 cent mil compeignons, ib. p. H7. Dorénavant serons nous conpeignon, ib. p. 140. Onques teurtre qui pert son compaignon Ne fut un jour de [que] moi plus esbahie, Couei, xxiv. La fu morz Oliviers et ses compainz Rolanz, Sax. v. Laienz entra Thomas od mult poi conpaignuns, Th. le mart. 38. Compagnon d'armes avons esté sot ans, du cange,

compagus. || xm" s. 11 et si compaignon la laissèrent fuir, Berte , cm. Quant cil de Melans virent morir leur compaignon, Chr. de Rains, 118. Ainsinc, compains, esploiterôs, Quant as portiers venus serés, la Rose, 7697. Compains est à toutes les choses, uni surît en tout le monde encloses, ib. 19243. Li compainz à mon compaignon n'est pas mon compainz. Digeste, 1° 194. S'on pot savoir qu'il soient compaignon d'un malice, il doivent estre compaignon de rendre le domache, beaum. l, 9. Li quens ou li vesques li doivent baillierun compaignon, id. xii, 28. Quant ses compains sot que les detes.... id. xxi, 29. Et metent entr'ax [eux] peine ou manaces sor les compaignons qui lor avance ne tenront, id. xxx, 62. Il xvc s. Et si fit-on aucuns compagnons monter sur coursiers pour escarmoucher à eux, froiss.i, 1,4). Par l'ennort et conseil [de] messire Hervey de Lion, avec qui il avoit esté grand compain en Grenade et en Prusse, id. i, i, 151. François Acreman, qui estoit compaing en toutes choses a Philippe, id. 11, 11, 205. Lesdits pays, que on appeloit compagnons ou alliés, id. i, i, 125. Et sachez que chacun de ces soudoyés avoit chacun jour quatre compagnons ou gros de Flandre pour ses frais et pour ses gages, id. i, i, es. Quand notre bourgeois eut gagné la grâce du compagnon [artisan], louis xi, Nouv. 1. Sire, dist-elle, j'ay amy que je ne quiers faulser; puis s'en revint à ses compagnons [compagnes] et elle leur conta toute son aventure, Perceforesl, t. iv, f° 149. Et luy qui désirant estoit d'honneur conquerre, empoigne son glaive, et s'en vient vers son compaignon [adversaire] qui venoit sur luy roidement et fort, ib. t. 1. f° 108. || xvie s. Mais de la tienne, Dieu mercy, Compaignon, tu ne m'en dis rien, marot,i, 210 Ou pour

jetter des fruits jà meurs et beaux, À mes compaings, (|iii tendoient leurs chappeaux! id. i, 217. Les rois sont compaignons, sinon maistres, des loix, mont, i, 12. Gentil compaignon par tout ailleurs, id. i, 96. Quoy que die ce bon compaignon [Catulle], id. i, 270. Caesar, estant créé consul pour la tierce fois, ne prit pas Antonius, ains choisit Lepidus pour son compagnon, amyot, Anton. 13. Chiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers de compagnon et d'attache, d'aub. Fœn. 1, &• Les compagnons de la Malte [les filous], id. ib. ni, 1. Vous vivez trop en bon compagnon pour que nous vous supçonnions de faire tout par conscience, jd. Hist. ni, 291. Compagnon bien parlant vaut en chemin chariot branlant, le roux de lincy, Prov. t. n, p. 276. Le petit et inférieur fait du compagnon avec le grand, charron, Sagesse, p. 464, dans lacurne.

— ÉTYM. Bourguig. compaignon ; provenç. companh, compain, compenh, companho; anc. espagn. compano; ital. compagno, compagnonc. Si l'on examine les plus anciens textes rapportés dans l'historique, on y voit que compain est toujours employé comme nominatif, et compagnon comme régime; de même, dans le provençal, companh est le nominatif, et compagno, le régime; une telle formation suppose nécessairement un mot dont l'accent se déplace, compdnio, companifmem , qui vient de cum, avec, et panis, pain (voy. pain) : celui qui mange le même pain. Cette étymologie serait, si elle en avait besoin, confirmée par le provençal companatge, nourriture; anc. franc, companage, ce qu'on donne dans un repas au delà du pain et du vin ; comparez aussi apanage. Cela écarte définitivement compaganus, de cum et paganus, qui avait été proposé et qui d'ailleurs aurait donné compayen.

COMPAGNONNAGE (kon-pa-gno-na -j'), s, m.

Il 1° Temps pendant lequel un compagnon devait travailler chez son maître après son apprentissage. Il 2° Association entre compagnons. || Association entre ouvriers de même métier, en vue de se prêter des secours mutuels.

— ÉTYM. Compagnon.

f COMPAIN (kon-pin) ou COPAIN (ko pin), s. m, Terme d'écolier. Camarade avec lequel on partage toutes les petites douceurs.

— ÉTYM. C'est l'ancien nominatif de compagnon (voy. ce mot).

f COMPAIR (kon -pêr), s. m. Terme de droit féodal. Qui est pair avec. Les rois pouvaient déclarer l'élévation d'un de leurs sujets et vassaux ou manifestant, comme on parlait alors, un compair aux autres pairs, st-sim. 300 , 132. Les plus éloignés de l'extraction illustre de ces grands et puissants pairs, même souTerains, sont leurs compairs en tout ce qui est de la dignité, id. 372, 185.

— ÉTYM. Provenç. compar; du latin compar, de cum, avec, et par, pair.

f COMPAN (kon-pan), s. m. Monnaie d'argent

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des indes orientales valant à peu près 47 centimes

t COMPAR ABIL1TÉ (kon -pa- ra - bi - li - té) , s. f. Terme didactique. Qualité des choses comparables entre elles.

— ÉTYM. Comparai*!?.

COMPARABLE (kon-pa-ra-bP) , odj.Qui peul

comparé à ou avec. Un ho: iarable aux

plus grands hommes. Les biens les plus charmants n'ont lien de comparable Aux torrentsde plaii il qu'il répand dans nos cœurs, bac. Ks'h. m, '■>. Les des Titans n'ont rien de comparable Au moindre effet de sa fureur, j. b.rouss Cantate, ïlliiir. en effet n'étail comparable à l'attachement qu'ils se témoignaient déjà, bern. de st-p. Paul et Vira. Il Baromètres, thermomètres comparables, instruments par lesquelson connaltle nippon des échelles. En mesurant, avec des thermomètros qu'on u on soin de rendre comparables, la température.... condorcet, Bucquet. || Dans le même sens. Les relevés faits par les recenseurs dans les opérations de recensement doivent être comparables.

— ÉTYM. Le latin comparabilis , de comparare, comparer (voy. comparer).

| COMPAR A BLEMENT (con-pa-ra-b!e-man) , adr. D'une manière comparable.

— ÉTYM. Comparable, et le suffixe ment. COMPARAISON (kon-pa-rê-zon), s. f. |1 1° Action

de comparer. 11 n'y a rien que l'esprit humain fasse si souvent que des comparaisons. Et par la comparaison que je fais de leur sort au mien, ils me font jouir d'un bonheur négatif, bern. de st-p. Paul et Virg. p. 178. Et laissez votre sang hors de comparaison, cobn. Hor. in, 4. Une tendresse qui ne peut recevoir de comparaison, sév. 139. Vos empressements qui ne souffrent point de comparaison, id. 614. Il s'agit de faire comparaison de l'un et de l'autre , bourd. Aient, Resp. hum. 367. Ce remède se peut mettre en comparaison avec la poudre du bonhomme, sév. 338. Il n'y a pas de comparaison [entre l'un et l'autre], lui dis-je, tasc. Prov. 9. Ai-je peu de raison Quand de mes yeux aux siens je fus comparaison? corn. Tite et Bérén. 11, 7. Laissons là vos comparaisons fades, mol. Mis. 1, 1. [La violette que] le soc a touchée De ma peauséchée Est la com paraison, malh. Y, 28. J| Faire comparaison, entre, en comparaison. Je voudrais bien voir un homme poli, enjoué, spirituel, fût-il un Catulle ou son disciple , faire quelque comparaison avec celui qui vient de perdre huit cents pistoles en une si la bruy. xiii. H Sans comparaison. /or. adv. S. ms comparer d'une façon qui pourrait être inexacte 1 raître blessante. Il a fait, sans comparaison, comme le valet de la comédie. || Sans comparaison, infiniment. J'aime bien mieux , sans comparaison, être ici, sév. 588. Encore qu'ils fussent, sans comparaison , les plus puissants, boss. Hist. III, 3. S'il; avaient en main le timon, ils se trouveraient sans comparaison plus empêchés, dider. Ess. s. Claude. Jeanne, tandis que tu fus belle. Tu le fus sans comparaison, malh. iv, 16. L'orgueil à toutes deux a troublé la raison , Et leur extravagance est sans comparaison, rotrou, Antig. iv, 4. Ton ingratitude est sans comparaison De souhaiter sa perte, id. Bélis. in, s. Il Cette chose est sans comparaison, hors de comparaison, elle est excellente et sans pareille. Il Par comparaison . relativement. On est parfait par comparaison aux états inférieurs, boss. Or. vi. Mais c'est des péchés légers par comparaison, n. Marie-Th. || En comparaison, à l'égard de. au prix de. Cela n'est rien en comparaison de ce qu'ellp dit, boss. Hist. 11, 1. Ce n'est rien en comparaison de ce que j'ai pour vous, sév. 18. Cette félicité n'est rien en comparaison de celle qui lui était destinée, fên. Tél. xix. || Absolument. Et tous les maux de la nature Ne sont rien en comparaison, mol. Psyché, 1, l.|| X comparaison, même sens. Sans y employer que fort peu de pièces à comparaison de la multitude des os, desc MJth. b, 9. Ce n'était rien à comparaison des trésors qui se trouvent ici, vaug. dans bouhours, Nouv. remarques. C'est un petit mal à comparaison de ceux que l'amour me prépare, Àcadém. Sentim. sur le Cid. Tu es peut-être de ceux qui croient que la prose n'est rien à comparaison des vers, d'ablanc Lucien, dans bouhours, Nouv. rem. Faibles à comparaison de celles-ci . boss. Lett. abb. 246. Ils ne sont rien à comparaison de sa grandeur, id. Marie-Th. L'empire d sars n'était-il pas une vaine pompe à comparaison de celui-ci ? in. Hist. n, <0. || 2° Terme de philosophie. Faculté de comparer les idées. || 3° Terme de jurisprudence. Comparaison d'écritures, confrontation de pièces pour savoir si elles sont de la même main.

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. auxquelles on en compare d'autres donl l'authenticité esl contestée. || Écritures de compa- . signatures faites devant des personnes pulans un procès où il y a inscription en 4'i' jure de rhétorique. Comparaison ingéridicule. Homère abonde en belles compais. || Comparaison se dit aussi de ces brèves iraisons qui l'ont une des richesses et le principal caractère du style de la conversation. Beau comme l'amour. Prompt comme l'éclair. Bavard e une pie. Voleur comme une chouette. j| 5° Terme de grammaire. Degrés de comparaison : le positif, le comparatif, le superlatif. || Adverbe de comparaison, adverbe qui sert à établir un rapport ' de supériorité ou d'infériorité. aussi, plus, moins. || Proverbes. Toutes comparaisons sont odieuses, c'est-à-dire on blesse presque toujours l'amour-propre , en comparant deux pers unes ensemble. || Toute comparaison cloche, c'est a-dire il n'y a jamais de comparaison qui tacte. || 11 ne faut pas faire de compaplus grand que soi, c'est-à-dire un inférieur ne doit pas traiter de pair à compagnon teux qui sont au-des ;us de lui. On dit dans un gue : Trêve de comparaison; Point de 1 vous plaît || Comparaison n'est pas rai -à-dire une comparaison n'est pas une pre

— HIST. xil* s. E Adan e li clerc nen unt chief se Deu nun : Pur ru [ce] ai fait, ço m'est vis, dreite

raisun, Th. le mart. 32. [Jxiv0 s. Certes, dist j ungs, il n'a nulle compareson entre le déduit qui vient îles chiens et celuy qui vient des oyseaulx; car le déduit qui vient des oyseaulx vault mieulx et est plus plaisant que n'est celuy qui vient des chiens, Modus,t° cil. Et est semblable comme qui feroit comparaison d'une chose qui a ame à celle qui n'a poinl de ame, ohesme, Eth. 207. Dont n'estilpoint de comparaison ne entre la puissance des juges ne entt jugements, Ménagier, i, 3.

|| xve s. On dit que le plus honora] t, sans

comparaison, de prendre terre sur marche d'ennemis qu H, ni, 33. Beaulté res- 1 ",l "-ire, c'est bien raison Par dessus tous et sans comparaison, Que pour seigneur et souverain vous tiengne, en. d'orl. v. De printemps [je] pu comparaison Jusqu'à seize ans que notre enfance endure, id. idieu jeunesse. VA en ranchois esloient sans com lus que les t

NIN, 1415. || xvrs Duquel la pureté est si grande,

m d'icelle toutes choses sont souil-

w.v. Instit. 592. Et afin de

suivre 1 1 comparaison que nous avons commencé de

m. ib. 1019. Voyant celui qui n'a comparaison D'honneurs et biens , saillir de sa maison.... j. marot, v, 86. Laissons à part cette longue comparaison de la vie solitaire à l'active, mont, i, 27t. Là où il menoit une vie qui esloil bien dure et champestre à comparaison de la civilité et élégance de ceuh qui vivoient dedans les villes, amyot, Marins-, m.

— ÊTYM. Provenç. comparaso; espagn.com/wun'on;ital. comparazione ; du latin comparationem , de comparare, comparer (voy. comparer).

COMPARAÎTRE (kon-pa-rê-tr'), je comparais, il comparaît, nous comparaissons; je comparaissais; je comparus; je comparaîtrai; comparais; que je compara e; que je comparusse; comparaissant; comparu, v. n. Paraître ensemble, paraître devant. Les tilles de l'Egypte à Suze comparurent, bac. l-'.sih. i, t. Jupiter dit un jour: Que tout ce qui respire s'en nie comparaître aux pieds de ma grandeur, i <. font, l'abl. i, 7. Regarde avec quoi

i i tu pourras comparaître Devant le tribunal de

ton souverain maître, corn. Imit. I, 24. || Terme de procédure. Paraître devant un juge, un tribunal. Comparaître en justice. || Plus spécialement, sefaire représenter pat un avoué.

— REM. t "in. araitre se conjugue avec l'auxiliaire avoir, s'il s'agil d'exprimer l'acte de comparution : il a comparu devant le tribunal et a été acquitté. 11 se conjugue avec l'auxiliaire être, s'il s'agit d'exprimer l'état de comparution : cette femme est com parue devant le tribunal, et en ce moment même on Pin tern

— HIST. xive s. La journée assignée à Marcius fut venue ; mes Marcius n'iest pas comparus, uf.rcheurk, f° 40. || xvt" s. Ce fut la plus belle représentation, et Le pins honorable spectacle qui comparust en toute colle monstre, amyot. Marcel, tu. Quand Hannibal voit qu'il te- c imparoissoit personne de-sus les mutiles en innés, ro. ib, (5. Si tost qu'il fut com-

a la SI le, plusii urs de tou i il 1er nt

ren -v de grande affection autour de ltiy, id. JVicias, 3j.

— ÉTYM. Com.... et paraître ; provenç. compa reisser; catal. comparexer ; espagn. comparecer.

COMPARANT, ANTE (kon-pa-ran , ran-t'), adj. Terme de jurisprudence. Qui comparaît en justice ou par-devant un notaire. Tels et tels comparants en leurs personnes. || Substantivement. Les comparants. La comparante. Les non-comparants.

— ÉTYM. Comparoir.

t COMPARATEUR (kon-pa-ra-teur) , s. m. Celui qui compare. || Terme de physique. Instrument pour estimer des différences très-petites entre deux longueurs. || Adjectivement. Esprit comparateur.

— ÉTYM. Compan r.

COMPARATIF, IVE (kon-pa-ra-tif, ti-v'), adj. || 1° Qui établit une comparaison. Tableau, état comparatif des forces militaires de deux nations. !| Terme de philosophie. Faculté comparative, faculté de comparer. || Méthode comparative, méthode qui compare. || Anatonne comparative (dite plus souvent, mais moins bien, anatomie comparée), celle qui décrit les organes en les comparant dans toutes les espèces d'animaux. || 2° Terme de grammaire. Qui exprime le second degré dans la signification des adjectifs, c'est-à-dire le rapport de supériorité, ou d'égalité, ou d'infériorité. Les adverbes comparatifs. La forme comparative, celle qui par elle-même exprime une comparaison, existe dans le latin et le grec, et non dans le français. || S. m. Un comparatif- Meilleur, mieux sont des comparatifs.

— ÉTYM. Provenç. comparatiu; espagn. et ital. comparativo; du latin comparativus , de comparare, comparer.

COMPARATIVEMENT (kon-pa-ra-ti-ve-man),adi>.

D'une manière comparative, par comparaison. Cela n'est bon que comparativement.

— ÉTYM. Comparative, et le suffixe ment. COMPARÉ, EE (kon-pa-ré, rée) , part, passé. La

vie humaine comparée à un songe. Anatomie comparée (voy. comparatif).

COMPARER (kon-pa-ré), v. a. || 1° Examiner simultanément les ressemblances ou les différences, tte indifférence est une aversion, Lorsque je la compare avec ma passion, corn. liod. i, 7. Et vous ne ■■ votre exil et ma gloire Que pour

mieux relever votre injuste victoire, rac. Tphig. n, 5. Il faut des châtiments dont l'univers frémisse; Qu'on tremble en comparant l'offense et le supplice, m. Esth. il, l. Les vieillards qui avaient vu le premier [temple], fondent en larmes en comparant la pauvreté de ce dernier édifice avec la magnificence de l'autre, boss. Ilist. n, 4. On comparera vos afflictions avec celles de tant d'infortunés qui vous environnent, mass. Av. Afflict. Comparez les malheurs passés de l'empire à la tranquillité dont il jouit aujourd'hui, id. Car. Mélange. Après tout, ne comparez plus, si vous le voulez, les dangers infinis que vous trouvez dans le monde, à la sûreté des cloîtres et des déserts ; comparez seulement l'histoire de votre vie avec celle des saints pénitents qui les habitent, les satisfactions que vous devez à Dieu avec celles qu'ils lui doivent eux-mêmes, id. ib. Samaritaine. Que si l'on veut comparer notre procédure à celle des Romains et des autres nations, lamoignon, cité par volt. S. de L. XV, 42. || Terme cédure. Comparer les écritures, examiner si elles peuvent être, de la même main. || Absolument. En comparant nous étendons nos idées. Voilà mes raisons, écoutez les leurs eteomparez. || 2" Égaler à. Corneille comparait Lucain à Virgile. || 3" Terme de littérature. Assimiler. Homète compare Diomède au milieu des Troyens à un lion au milieu d'une bergerie. L'autre, en vain se lassant à polir une rime.... Dans la fin d'un sonnet te compare au soleil, boil. Disc, eu roi. Ce petit madrigal fut critiqué par quelques seigneurs de la vieille cour, qui dirent qu'autrefois, dans le bon temps, on aurait comparé Relus au soleil et Formosante à la lune, volt. Babyl. 1. 1| 4" Se comparer, v. réfl. S'assimiler, s'égaler à. Celui qui se compare à plus riche que soi. || Être comparé. Rien ne peut se comparer au bonheur d'une conscience tranquille. || Cela ne se compare pas, se dit souvent absolument pour signi fier qu'une chose est bien supérieure à une autre,

— SYN. comparera, comparer avec. Comparer à se dit plutôt quand on veut trouver un rapport d'égalité. Comparer avec se dit plutôt quand on confronte, quand on recherche les dissemblances et les ressemblances.

— HIST. xme s. Celé que j'aim est tant de bonté pleine, Qu'il m'est avis que la doi comperer \ l'es-

[u'on claime tremontaine [polaire], Dont la honte ne pnet onques fauser, Ilist. litlrr. t. xxm, p. 584. A-il mesaise au monde qu'à la mo:e compère, Berte, xvm. Si auras en cest avantage Amie de si haut parage, Qu'il n'est mile qui s'i compère, la Rose, 5839. || xiv« s. Je puis trop bien ma dame comparer À l'ymage que fist Pymalion; Qu'adès la prie [je la prie], et rien ne me respont, machault, p. 60. Et pour ce convient-il que toutes choses de quoy l'en fait commutation [échange] soient comparées aucunement et avaluées l'une à l'autre, oi Eth. 151. || xvie s. Il seroit trop long d'amasser tous les passages pour les comparer l'un à l'autre, calv. Instit. 569. Comparant la loy avec l'Evangile, m. ib. 595. Sans se comparer avec, les autres, id. ib. 6(7. Comparez [semblables] sont, et ainsi je l'afferme, Â ung beau vin qui n'a goust ne liqueur, i. marot, v, 291. Si nous la comparons à l'éternité, mont, i, 84. Comparer nos mœurs à un Mahometan, id. il, 141. Les victoires de ces jeux, qui les mettrait toutes ensemble, ne sont pas à comparer à l'une seule de tant de batailles que Pelopidas a combatues et gaignées, amyot, Pélop. 63.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. comparar ; ital. comparare; du latin comparare, de cum , avec, et parare, mettre de pair, de par, égal (voy. pair). L'ancien français, en raison de la tendance à atténuer les voyelles brèves, disait comperer.

COMPAROIR (kon-pa-roir), v. n. Usité seulement à l'infinitif. Terme de procédure. Comparaître en justice. Être assigné à comparoir. Ils [les juges] ont ajourné le dit Paul-Louis à comparoir devant les assises de Paris, p.-l. cour, i, 330.

— HIST. xve s. Le dit duc seroit adjourné à comparoir en parlement à Paris, comm. ni, i. Le jour de l'assignation vint, et se comparut le jeune chevalier au lieu où l'on lui avoit dit, louis xi, Nouv. xcviii. || xvie s. Puis nul ne comparant à l'encontre, rab. Garg. i, 48. Et commenda qu'ilz comparussent en la place, id. ib. I, 49. Hz se rendirent à luy sains et saulves, exceptez Epistemon qui ne se comparoyt point, id. Pant. n, 3o. Le jour et heure que les parties controverses comparent par devant vous, id. ib. m, 40. Il allégua plusieurs exceptions et subterfuges pour ne poinl comparoir, amyot, Marcel. n. 11 compar à l'assignation devant le censeur, accompaigné d'une sienne fille, o. de serres, 998. i

— ÉTYM. Provenç. comparer; ital. comparirc; du latin comparere, de cwm, avec, et parère, paraître (voy.ee mot). Ce verbe se conjuguait jadis: au présent, je compère; à l'imparfait, je comparoir; aufutur, je comperrai; au participe, comparant.

COMPARSE (kon-par-s'), s. f.\\ 1" Anciennement. Entrée des quadrilles dans le carrousel.JI Par extension. On laisse à penser quel effet opéra une telle comparse [le duc d'Orléans figurant à la procession comme le roi], fondée sur aucune sorte d'apparence d'usage, st-sim. 470, 223. Inusité en cet emploi. || 2° M. et f. Terme de théâtre. Personnage muet, figurant ou figurante. Il était parmi les comparses. Une comparse fut blessée par la chute d'une décoration. Un comparse.

— ÉTYM. Ital. comparsa, action de paraître et personnage muet, de comparirr (voy. comparoir).

COMPARTIMENT (kon-par-ti-man )"s. m.\\ 1° Case ou division d'un damier, d'un tiroir. || 2" Petite chambre. Diviser une grande pièce en compartiments. || Division d'une voiture de chemin de fer séparée par une cloison. Monter dans le même compartiment. Compartiment réservé. || 3° Disposition régulière et symétrique de figures ou de lignes, pour l'ornement des parterres de jardin, des plafond des pavés, des parquets, etc. Il y a diverses sortes de compartiments, qui dépendent de l'art et du goût. Employés par les jardiniers dans les compartiments de leurs parterres, desc. Diopt. 8. Tous les parterres [de Versailles] changeaient tous les joui compartiments de 11 ours, st si m. h 3, 227. Une table de compartiments qui figuraient des Heurs et des fruits, volt. Babyl. 3. || Par extension. Cn que je m'offre d'exécuter, si vous me vouiez faii de me le commettre, est de gagner, cette nuit 1 ces petits compartiments, pour ne pas due dehors, que les ennemis ont faits depuis la rive jusques à un des deux ravelins, Wém. t. m,

p. 85, dans lacurne. H 4" Dorures à peti mettent sur le plat ou sur le dos des livres. || 5° 1 ■ de mines. 1 ompat timents de feux di ; ilion d< ■ sau isons pour porter en m le feu aux

fourneaux.

— êtym. Ane. franc, compartir, partager, de com, et partir, partager (voy. PARTIR).

COMPARATEUR (kon par li teur), s. m. Term«

COM

de palais. Autrefois, celui des juges sur l'avis duquel la compagnie se partageait (cet avis étant contraire à celui du rapporteur).

— ËTYM. Compartir (voy. compartiment).

f COMPARU (kon-pa-ru), part, passe invariable de comparaître

COMPARUTION (kon-pa-m-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Terme de procédure. Action de comparaître en justice ou devant un officier public Mandat de comparution. En casde non-comparution.

— HIST. xvie s. Il pensa que le plus sur estoit de fuir, et qu'un bon défaut valoit mieux qu'une mauvaise comparution, yver, p. 647.

— ÉTYM. Comparaître ; génev. comparilion; provenç. comparution, ; espagn. comparution; ital. comparizione.

COMPAS (kon-pâ; l's se lie : un compas et ses branches, dites : un kon-pà-zet. ...),*•. m. || ^Instrument de métal, composé de deux parties, qui s'emboîtentl'unedans l'autre, appeléesjatnbes ou branches et qui s'ouvrent ou se replient l'une sur l'autre, pour tracer des cercles et prendre des mesures. || Compas d'ellipse, instrument qui, fondé sur les propriétés de l'ellipse, sert à tracer cette courbe. || Compas de trisection, instrument servant à partager un angle en trois parties égales. || Géométrie du compas, partie de la géométrie qui résout graphiquement les problèmes (la règle exclue). || Poétiquement, le compas, les sciences exactes. C'était le discret Fontenelle; AvecMairan il raisonnait, Avec Quinault il badinait; D'une main légère il prenait Le compas, la plume et la lyre, volt. Temple du Goût. Eh quoi! le lourd compas d'Euclide Étouffe nos arts enchanteurs, lamart. Méd. i, )0. Plus d'une erreur passe et repasse Entre les branches d'un compas, bérang. Sciences. || Familièrement. Avoir le compas dans l'œil, apprécier avec exactitude les dimensions à la seule vue. Quelques mois d'épreuves lui formèrent le compas visuel, j. j. rouss. Ém. n. || Faire toutes choses par règle et par compas, par compas et par mesure, faire tout avec ordre et exactitude. || 2° Fig. Règle, mesure. Au compas du devoir il règle son courage, Régnier. Sat. x. Au compas des grandeurs je ne juge le monde, id. Sat. xiv. Connaissez votre faute, et bornez vos pensée' En un jusie compas, malh. vi, 27. Bornez-vous, croyez-moi, dans un juste compas, id. v, 8. C'est peu d'expérience à conduire sa vie. De mesurer son aise au compas de l'envie, id. v,4. Mille raisons d'Etat que vous n'ignorez pas Sont de votre action l'excuse et le compas, mair. m, Soph. 5. || 3° Compas de proportion, instrument formé de deux branches plates portant certaines divisions. Il Compas de réduction , compas formé de deux branches de. cuivre terminées par des pointes d'acier disposées de manière à former toujours deux angles opposés par le sommet, lesquels avec les distances des points forment des triangles isoscèles et semblables; comme ces distances sont toujours proportionnelles aux longueurs des côtés des deux angles, et que ceux-ci, d'après le point où arrête la vis de pression, sont dans le rapport de t à 2, ou à :i ou à 4 , etc. en prenant les longueurs du côté des grandes branches, on en a d'autres du côté des petites qui ne sont que la moitié, le tiers, le quart, etc. des premières. || Instrument avec lequel le joaillier mesure les pierres lorsqu'il les taille. Il Compas de tonnelier, compas de bois rond par le haut, qui a des pointes de fer aux deux bouts, et dont le tonnelier se sert pour tracer les fonds des tonneaux. || Instrument, marqué de plusieurs points, avec lequel le cordonnier prend la mesure du pied. || Règle de bois, terminée au bout par un talon de crochet, dans lequel le fondeur fait entrer un des bords de la cloche. || Compas de chapelier, sorte de tube dans lequel entre à frottement un cylindre de même longueur. || Compas brisé, instrument qui est composé de deux branches de fer plat, jointes par le milieu avec un clou rivé et qui est à l'usage des doreurs sur tranche. || Terme de construction. Grand compas, instrument servant à tracer les plus grands compartiments d'un panneau. Compas à verge , instrument servant à tracer de grands cintres. || Compas sphérique, d'épaisseur ou de calibre, espèce de compas dont les branches recourbées prennent l'épaisseur des corps ou le calibre des cylindres creux. || 4° Terme de marine. Compas de route, ou, absolument, compas, la boussole. || Compas de variation, boussole qui indique les variations de l'aiguille aimantée. |j Compas azimutal, boussole munie de pinnules, qui sert à observer des azimuts, des amplitudes, et à faire des relèvements. || 5° Terme d'astronomie. Petite constellation australe.

COM

— HIST. xii° s. Cil à cheval e cil à pié. Si corne il orent comencié, Tindrent lor eire e lor compas, Seiréement lor petit pas, Ke l'un l'altre ne trespassout, wace, Rou, v. 12827. || xme s. Merci trovasse, au mien cuidier, S'eie fust en tout le compas Del monde , là où je la quier, Poésies >nss. avant ) 300, t. m, p. 1262, dans lacurne. Un pot lavoir d'argent à une fuellie desus le couvercle, semeis d'escuchons et de compas esleveis, laborbe, Émaux, p. 22i. Â son semblant et à son vis [visage] Port [parait] que fu faite en paradis, Car Nature ne seust pas Ovre faire de tel compas [mesure], la Rose, 3000. Li murs qui la clôt [la ville] n'est plus bas; 'lot entor est fais à compas, FI. et RI. )789. || xive s. Un collier d'or à compas pour le roy, de labobde, Émaux, p. 22). || xve s. Soubtil sens, couchié par compas, Enveloppé en beau langage, Musse le vouloir du courage, en. d'orl. Rond. Jamais vous n'ouvrez [agissez] par compas, id. Rai. 9t. Et se tu peux passer ce pas, Recorpore le par compas [proportion], En revenant au faict premier, la font. 762. Les chevaulx frais vont mieux à droit compas, eust. desch. Poésies mss. f° 234, lacurne. Ils se boutèrent tous à tas, À l'enseigne du plat d'estaing, Où ilz repurent par compas [ruse], Car ilz en avoient grant besoing, villon, Repue franche des galants sens souci. ||xvies. Et pour autant qu'oyr ne vouloit pas Les instrumensqui sonnoient par compas, marot, 1,285. Sanscompas [à tort et àtravers,sans mesure], id. m, 33. Loyauté ronde, et mesurée Au compas [à proportion] de vostre beauté, id. m , 205. Sa bouche [il] veoit petite par compas , Dont le seul veoir ne le satisfaict pas, id. iv, 39. Il est nécessaire qu'une jambe du compas soit appuyée fermement pour couper de l'autre jambe, paré, vin, 20. La pourtraicture de l'empereur moderne , Charles Ve de ce nom, tirée après le vif et faicte par compas, de laborde, Émaux, p. 22). Hors reigle et compas je ne sçay degré ni pas, génin, Récréât, t. 11, p. 24o. La raison, qui doit commander en nous, ne veut point de ces officiers là qui font de leur teste sans attendre son ordonnance; elle veut tout faire par compas, a. charron, Sagesse, p. )40, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenc. compas; espagn. compas; portug. compasso, compaço; ital. compasso. On a indiqué le celtique: kymri, kwrnp, elhivinpas, qui en dérive, cercle. Mais si l'on remarque le sens primitif du français qui est : marche d'ensemble, marche régulière, on ne doutera pas que compas vienne de com et pas (voy. ce mot).

t COMPASCU1TÉ (kon-pa-skui-té), s. f. Droit de pacage qui appartient en commua à plusieurs communautés d'habitants.

— ËTYM. Com...., et le latin pascuum, pâtis (voy. pacage).

f COMPAFSAGE (kon-pà-sa-j'), s. m. Terme de métier. Classement des cartes à jouer, par séries de points, depuis I jusqu'à X. || Division du compas.

COMPASSÉ. ÉE (kon-pà-sé, sée) , part, passé. Il 1° Disposé. Ces anciennes cités sont ordinairement si mal compassées, desc. Méth. 2, 1. Tout cela était bien compassé, sév. 604. Tout est compassé avec une admirable justesse, balz. le Prince, ch. xiv. Son festin si magnifique et si compassé, 3. j. rouss. Ém. ni. Il 2° Régulier. La vie compassée de la jeune princesse, sév. 437. || Être compassé dans ses discours, parler avec circonspection. || C'est un homme trop compassé, c'est un homme dont les manières n'ont rien de libre ou de simple.

COMPASSEMENT (kon-pà-se-man), s. m. || 1° Action de compasser; résultatde cette action. || 2" Fig. Régularité trop étudiée. Le compassement de ses discours, de ses mauières. || 3° Terme de mineur. Règle pour espacer les fourneaux de mine.

— ÉTYM. Compasser.

COMPASSER (kon-pâ-sé), v. a. |] 1" Mesurer avec le compas des degrés, des distances sur une caite, sur un plan. || Exécuter avec exactitude certains ouvrages à figures. Il s'en sert à compasser la broderie de quelque parterre, desc. Diopt. 8. || 2° Fig. Compasser ses actions, ses démarches, les soumettre à une règle minutieuse. On a beau compasser dans son esprit tous ses discours, boss. Polit. On voit des gens sincères, qui toujours sont à s'étudier, à compasser toutes leurs paroles et toutes leurs pensées , fén. xvin, 444. Et quant à moi je trouve, ayant tout compassé, Qu'il vaut mieux être encor trompé que trépassé, mol. Sgan. 11. || 3" Terme de marine. Compasser sa carte, marquer avec la pointe d'un compas le lieu où se trouve le vaisseau. || 4° Terme de relieur. Compasser un livre, le mesurer avec le compas pour le rogner. || 5" Terme de mineur. Compasser les feux, les disposer de manière qu'ils pren-

nent tous ensemble, pour produire un plus grand effet. || Anciennement. Compasser la mèche, disposer la mèche pour mettre le feu à l'arquebuse. La sentinelle n'osa me tirer, parce que, lorsque je le vis compasser la mèche, je lui criai que je le ferais pendre s'il tirait, retz, iv, 3I8.

— HIST. xne s. Cil qui primes l'edefia Et qui le chastel compassa, Moult fu sages et cortois, Roman de Rou, ms. p. )), dans lacurne. || xmes. 11 n'a futur ne prétérit; Car qui bien la vérité seust, 'luit li trois tens i sunt présent, Li quiex présent le jour compassé, la Rose, 20217. Jason qui premiers la passa [la mer], Quant les navires compassa Por la toison d'or aler querre.... ib. 9544. Quant Diex biautéli compassa, ib. 9098. Puis que cis mons [ce monde] fu compassés, ib. 5424. Li murs si est si compassés, Qu'il est de droite quarreure, ib. 3824. || xive s. [Les cheveux] pendans par les espaules, par œvre compassée, Raudouin de Seb. I, 973. || xve s. Et y avoit grand foison de charpentiers et d'ouvriers qui l'avoient compassée et ouvrée [une machine] et savoient comment elle devoit aller, froiss. ii, m, 35. El compassa fort bien son temps et faisoit une merveilleuse diligence, comm. m, 9. Il xvie s. Estienne, ce plaisant mignon, De la danse du compagnon , Que pour vous il a compassée. M'a ja fait maistresse passée, marot, 11, 1)0. Beauté en tout compassée [proportionnée, irréprochable], id. m, 223. Si son nom propre à dire on me semond, Je respondray, qu'à son loz se compassé [répond], id. m, 282 Ou en beau grec quelque œuvre compassez, in. m, 283. Ils sont toutesfois experts à bien choisir et esbaucher la pierre ou le boys, et à compasser [mettre au point] les traits et membres pour relever de ceste peine les plus subtils et diligens entailleurs, m. du bei.l. Prolog. L'un, se promenant en une salle, regarde à compasser ses pas d'une certaine façon sur les carreaux ou tables du plancher, charron. Sagesse, 1, 38.

— ÉTYM. Compas ;provenç. et espagn. compassar; ital. compassare.

f COMPASSEUR (kon-pâ-seur), s. m. Celui qui compassé. Compasseur de phrases.

— HIST. xvie s. Et, l'un jugement subvertissant l'aultre sans cesse, cette favorable proposition n'estoit qu'une risée qui nous menoit à conclure, par nécessité, la neantise du compas et du compasseur,

mont II, 31).

— ÉTYM. Compasser.

COMPASSION (kon-pà-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Sentiment qui nous fait compatir. Vous n'avez pas assez de compassion pour ceux.... pasc. Prov. 8. Si vous pouvez trouver dans ma compassion.... corn. Hor. v, 2. Le grand César blâme votre action Avec moins de courroux que de compassion, id. Pomp. iv, 2. Votre rébellion Mérite plus d'horreur que de compassion, id. Rod. iv, 3. Je ne demande point que par compassion Vous assuriez un sceptre à ma protection, in. Piicom. iv, 2. Ouf! je me sens déjà pris de compassion, rac. Plaid, m, 3. Le peuple touché de compassion pour l'enfant, fén. Tél. v. Ce qui pouvait lui donner de la compassion, id. ib. iv. Combien devez-vous avoir plus de compassion pour le peuple, id. ib. xxiv. Votre compassion, lui répondit l'arbuste, Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci, la font. Fabl. 1, 22. La santé, la richesse ôtent aux hommes l'expérience du mal, leur inspirent la dureté pour leurs semblables; et les gens déjà chargés de leurs propres misères sont ceux qui entrent davantage, par leur compassion, dans celles d'autrui.LA bru y. xi. || Faire compassion, être digne de pitié. || Fig. Cela fait compassion, cela ne mérite que du mépris. || Terme de liturgie. Fête en mémoire des douleurs de la Vierge, le vendredi de la semaine de la Passion.

— HIST. xrve s. Le bon cuer est tousjours lié [joyeux] des biens de son proisme [prochain], et est courroucié et a compassion de ses adversaire s [adversités], Ménagier, 1, 3. Celui qui est vertueux a bien aucunes foiz compassion, doulour ou joie. oresme, Eth. 39. [| xve s. Ils sont chrestiens comme nous sommes : on doit avoir compassion l'un de l'autre, froiss. ii, m, 85. Premier il doit D l'Eglise amer; Humble cuer ait, pitié, compassion, e desch. Des vertus nécess. au prince. || xvi* s. Convulsion se fait par repletion, ou par inanition, ou par compassion, c'estàdire de quelque douleur, paré, vu, 8. Et d'iceux doit-on avoir grande compassion, lanoue, 37). Quelle compassion [pitié] de voir.... yver, p. 624. Tous les autres se tourmentoient de sa fortune; lui seul monstroit au dehors n'en sentir ' passion aucune ny avoir compassion quelconque de soy mesme, amyot, Cor. 32. Cocceius Nerva n'eut aultre cause de se tuer que la compassion du

COM

misérable estât de la chose publique romaine, mont. h, 36. J'ay avecques despit veu des maris haïr leurs femmes, de ce seulement qu'ils leur font tort; au moins ne les faut il pas moins aimer, de nostre faulte; par repentance et compassion au moins, elles nous en debvoient estre plus chères, id. iii, 324.

— ETYM. Provenç. compassio; espagn. compasion; ital. compassione ; de compasaionem , de cum, avec, et passio, souffrance, passion; proprement souffrance avec, douleur communiquée, douleur qu'on partage.

+ COMPASSIONNER (SE) (kon-pa-sio-né), V. réfl. Avoir compassion.

— REM. Ce mot est formé comme affectionner l'est d affection, et n'a contre lui que d'être peu usité.

— HIST. xv* s. Devant la trinité estoit la passion, c'est à sçavoir comment nostre seigneur fut prins, battu, mis en croix, et Judas qui s'estoit pendu; et ne parloient riens ceux qui ce faisoient, mais le monstrerent par jeu de mystères, et furent les manières bonnes et bien jouées et vivement compassionnées et moult piteuses , monstrelet , t. il, p. 147, dans lacurne. || xvi* s. Je me compassionne fort des affections d'aultruy, mont, h, 127. Il semble que l'université des choses soit compassionnée à nostre estât, id. h, 380. Quant à moi, n'estant moins compassionne de ceste mort, l'Amant ressuscité, p. 538, dans LACURNE.

ÊTYM. Compassion.

t COMPATERNITÉ (kon-pa-tèr-ni-té), s.f. Alliance spirituelle qui se contracte entre le parrain et la marraine ; entre ceux-ci et le père et la mère de l'enfant.

— Etym. Corn, et paternité.

COMPATIBILITÉ (kon-pa-ti-bi-li-té) , s. f. Qualité

des personnes ou choses qui peuvent demeurer et subsister ensemble. Ils n'ont entre eux aucune compatibilité d'humeurs. Compatibilité de fonctions. || Anciennement, lettres de compatibilité, lettres par lesquelles le prince permettait de posséder en même temps deux charges qui ne pouvaient être exercées par une même personne.

— ETYM. Compatible; espagn. compatibilidad ; ital. compalibilità.

COMPATIBLE (kon-pa-ti-bl') , adj. Qui peut compatir, s'accorder avec un autre (personne ou chose). Zes deux fonctions sont compatibles. Ces deux hommes ne sont pas compatibles. Ne vous figurez point qu'une telle moitié Soit jamais compatible avec uotre amitié, corn. Sophon. îv, 3. Ahl que n'est mou bonheur plus compatible au vôtre? id. Attila, i, 3. La Bretagne et la Provence ne sont pas compatibles [je ne puis faire à la fois ce que j'ai à faire dans ces deux pays], sêv. 67. De ces péchés enfin compatibles avec la probité, mass. Car. Prospér. lempor. La géométrie, genre de travail qui était le plus compatible avec la vie active et agitée qu'il était obligé de mener, condorcet, d'Arci.

— REM. Absolument, compatible ne se dit qu'au pluriel, ou, au singulier, avec quelque mot qui ait un sens collectif : Leurs humeurs ne sont pas compatibles. L'eau ici, le feu là, cela n'est pas compatible.

— hist. XVIe s Pour tousjours les accoustumer

de se rendre plus compatibles [sociables] les uns avec les autres, lanoue, 300. Ce sont fins différentes et pourtant compatibles, mont, m, 324.

— ÊTYM. Compatir; espagn. compatible; ital. compatibile.

COMPATIR (kon-pa-tir) , v. n. ||1° Être touché, attendri des maux d'autrui. Bien qu'à ses déplaisirs mon âme compatisse, corn. Cid, n, 8. Mon Dieu, de quelle humeur, Dorine, tu te rends I Tu ne compatis point au déplaisir des gens, mol. Tart. il, 3. Vous étiez né dur et hautain.... mais enfin vous êtes devenu homme , et vous commencez , par l'expérience de vos maux , à compatir aux maux des autres, fén. Tél. xxiii. On sait compatir aux peines d'autrui, id. ib. xxi. J'entre dans vos peines et j'y compatis, boss. Letl. Corn. <2I. Je sens qu'à sa douleur je pourrais compatir , rac. Bérén. ni , 4. Oui ne sait compatir aux maux qu'on a soufferts? volt. Zaïre, u, 2. || 2° Avoir une tolérance charitable. Compatir à la faiblesse humaine. Il [Dieu] compatit d'en haut à l'erreur qui le prie; À défaut des clartés, il nous comptfi un désir, lamart. Harm. 1, 6. || 3° S'accorder, vivre, avec. Vous dites tous les jours qu'une autre [personne] enfin est toute pétrie d'humeur et de caprice, et que dans l'enceinte de sa maison personne ne peut compatir avec elle, mass. Car. Injust. du monde. Vous vous plaignez que votre frère vous déplaît et qu'il n'est pas eu vous de le supporter et de compatir avec lui, id.

COM

Car. Pardon des offenses. Ceux qui font sonner ie plus haut les défauts de leurs frères, sont ceux mêmes avec qui personne ne peut compatir, m. ib. Tous ensemble [la ligue des Lorrains] aspiraient à gouverner un prince qui, n'étant que dauphin, les faisait tous compatir dans la vue de se soutenir, st-sim. 270, 447. || En parlant des choses, se concilier, être compatible. J'ai expliqué comment cela peut compatir avec la bonté de Dieu, desc. liép. II. Cette vertu impitoyable ne peut compatir avec votre générosité, voit. Lett. 22. Une étroite amitié l'un à l'autre nous joint; Mais enfin nos désirs ne compatissent point, corn. Attila, i, 3. L'engagement ne compatit point avec mon humeur, mol. D. Juan, in, 6. Une paix qui ne peut compatir avec le péché, bodrd. Av'ent, Sur la pénit. 206. La pénitence ne compatit pas avec des péchés, boss. Far. 4. On en prend tout ce qui peut compatir avec le sérieux de son état, mass. Aient, Délai. Le respect est de glace et l'amour est de flamme, Ils ne sauraient tous deux compatir dans une âme, chaul. à madame D. L. Madriaal 2.

— HIST. xvi" s. Celui qui demeure longtemps sans se ranger à une telle association, est estimé semblable à un cheval hargneux, qui ne peut compatir avec les autres, lanoue, 297. Cette inhumanité ne peut compatir avec les autres courtoisies de ce prince, d'aub. Hist. I, <7o. Je ne me saurois compatir avec ses humeurs, carl. i, 36. Ces deux grands seigneurs qui ne se pouvoient compatir, jouoient à boute-hors, id. ib. u, 9. Ils ne sauroient jamais bien compatir ensemble, brant. Cap. fr. t. lu, p. 361 ,

dans LACURNE.

— ETYM. Provenç. compatir; ital. compatire ; du bas-latin compatire, dit pour compati, de cum, avec, et pati, pâur ( voy. pàtir). L'espagnol dit compadecer, de compaliscere.

COMPATISSANT , ANTE ( kon-pa-ti-san , san-f) , adj. || 1* Qui est touché des maux d'autrui. Cette âme bienfaisante Que l'approche des dieux rend si compatissante, volt. Catil. i, 2. || 2° Que la compassion inspire, en parlant des choses. Regards compatissants. Pour aimer à donner des soins compatissants, volt. Fanât, m, 8.

— ÊTYM. Compatir.

COMPATRIOTE (kon-pa-tri-o-f) ,s. m. et ,'. Il sa di» de personnes qui ont une patne commune. L.'est ainsi à peu près qu'un Italien, un Français et un Allemand passeraient à la Chine pour compatriotes, fonten. Lahire. Il faut bien quelquefois se battre contre ses voisins, mais il ne faut pas brûler ses compatriotes pour des arguments, volt. Lett. Gallitiin, 19 juin 1773.

— HIST. xvi* s. Que mes frères et compatriotes facent leur profit de la bonne affection que je leur porte , Légende du cardin. de Guise , Préf. Nous trouverons que, s'il est quelques animaulx moins favorisez en cela [la beauté] que nous, il y en a d'aultres qui le sont plus, voire des terrestres nos compatriotes, mont, ii, 2oi. Retrouvent-ils un compatriote en Hongrie, ils festoyent ceste adventure,

— ETYM. Lat. compatriota, de cum, avec, etpairia, patrie.

f COMPATRIOTISME (kon-pa-tri-o-ti-sm') , s. m. Néologisme. Relation de compatriote.

— ETYM. Compatriote.

f COMPEIXATIF,rVE(kon-pèl-la-tif, û-v').adj. Terme de grammaire. Qui indique qu'on auresse la parole à quelqu'un. Particule compellative. || Par quoi ou adresse la parole. Phrase, proposition compellative.

— ETYM. Latin compellare, apostropher, de cum, et l'inusité pellare; mot fait comme ap-pellare, appeler.

t COMPENDIEUSEMENT (kon-pan-di-eû-ze-man), adv. En abrégeant.

— REM. C'est une faute ridicule d'employer un mot qui signifie en abrégeant, pour dire avec détail, sans rien omettre, tout au long. Il n'est pas sûr que Racine n'ait pas voulu la faire faire à son faux avocat dans ces vers : Je vais, sans rien omettre et sans prévariquer, Compendieusement énoncer, expliquer, Exposer à vos yeux l'idée universelle De ma cause et des faits renfermés dans icelle, rac. Plaid, m, 3. « Au reste, dit M. Géruzez, dans une remarque sur ce vers, compendieusement exprime si bien le contraire de ce qu'il signifie, que bien des gens y sont pris et lui donnent le sens île longuement. »

— ÊTYM. Compendieuse , et le suffixe ment.

t COMPEND1EUX, EUSE (kon-pan-di-eû, eù-z'), adj. Qui est abrégé. || Vieilli.

— HIST. xy« s. Jhesu Crist parla par figures, car

COM

ycelle manière est pius compendieuse, chrjst. de pisan, Hist, de Charles V, m, 68.

— étym. Latin compendiosus , abrégé, accourci, de compendium (voy. ce mot).

COMPENDIDM (kon-pin-di-om') , » m. Abrégé. Un compendium de philosophie, de médecine.

— ÊTYM. Lat. compendium , économie, et, par métaphore, abrègement , de cum, et pendere, dépenser : resserrer la dépense (voy. pension).

t COMPENSABLE (kon-pan-sa-bl') , adj. Qui peut être compensé.

— HIST. xvie s. Compensable, oudin, Dict.

— ÉTYM. Compenser.

t COMPENSANT, ANTE ( kon-pan-san , san-t'), adj. Qui est propre à compenser.

\ COMPENSATEUR, TRICE (kon-pan-sa-teur, tri-s'), adj. || i° Qui donne une compensation. || Substantivement. Invoquons sans cesse le contrôle universel; c'est l'unique surveillant, le seul et puissant compensateur de toute constitution vicieuse, mirabeku, Collection, t. i,p. 340. || 2° Terme de physique. Pendule compensateur , pendule disposé de manière à demeurer toujours semblable à lui-même malgré les variations thermométriques. || Substantivement. Mécanisme destiné à produire un tel effet. Pendule muni d'un compensateur. || Compensateur magnétique, appareil qui fait connaître les déviations que cause à la boussole l'action du fer employé dans le vaisseau.

— ÉTYM. Compenser.

COMPENSATION (kon-pan-sa-sion : en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de compenser. || Horloge, montre de compensation, horloge, montre munie d'un appareil compensateur. || Terme de marine. Table de compensation, table numérique destinée à suppléer au compensateur magnétique. || Terme de palais. Compensation de dépens, se dit quand chacune des parties supporte les dépens qu'elle a faits, sans que l'une puisse rien demander à l'autre. || 2° Dédommagement proportionné aux avances faites, à la peine prise, au mal souffert. Cela fait compensation. Il y a compensation. Cela doit entrer en compensation. || Système des compensations , système de philosophie , qui prétend qu'au fond toutes les conditions se compensent. On se demande si, en comparant ensemble les différentej conditions des hommes, leurs peines, leurs avantages, on n'y remarquerait pas un mélange ou uns espèce de compensation de bien et de mal, qui établirait entre elles l'égalité, ou qui ferait du moins que l'une ne serait guère plus désirable que l'autre la bruy. ix. || 3° Libération réciproque entre deux personnes débitrices l'une de l'autre, de manière que l'une retient ce qu'elle doit en payement de ce qui lui est dû. || Terme de bourse. Substitution d'une personne à une autre, dans un marché à terme. Ainsi, Pierre est acheteur chez Paul et vendeur chez Jean de la même quantité d'une même valeur, mais à des prix qui peuvent être différents; il substitue Jean chez Paul à son nom et évite ainsi de prendre inutilement livraison.

— HIST. xvi" s. Compensation n'a lieu, si la dette qu'on veut compenser n'est liquide et par escrit, loysel, 706.

— ÉTYM. Provenç. compensacio ; espagn. compensacion; ital. compensazione ; du latin compensationem, de compensare, compenser.

f COMPENSATOIRE (kon-pan-sa-toi-r') , adj. Qui établit une compensation.

— ÊTYM. Compenser.

COMPENSE, ÉE (kon-pan-sé, sée), part, passé. Les maux compensés par les biens. || ferme de palais. Dépens compensés.

COMPENSER (kon-pan-sé), v. a. || 1° Terme de droit. Déclarer équivalente la valeur de deux chose;-. Compenser une dette. || Compenser les dépens, ordonner par jugement que chaque partie restera chargée des frais qu'elle a faits. || 2" Par extension, venir en dédommagement de quelque préjudice, d'un désavantage. Hector compense seul tous mes destins contraires, luce db lancival, Hector, v, •). Compensant les satisfactions avec les injures, flech. M. de Mont. || 3° Se compenser, v. réfl. Être compensé. Des erreurs qui sa compensent et qui n'affectent pas le résultat.

— HIST. xvi" s. Les fautes sont compensées par œuvres de supererogation, calv. Inslit. 6 1 3. La remission gratuite ne peut estre compensée d'aucuns biens procedans de nous, id. ib. 630. l'olyerates, pour interrompre le cours de son continuel bonheur, et le compenser, mont, u, 259. Cette douleur estoit compensée par le plaisir que.... id. lu, 4 2.

— ÊTYM. Provpuç. compensar, compessar; espagn,

COM

COM

COM

compensar; ital, compensare , du latin compensare , de com, etpcnsare, peser (voy. peser).

COMPERAGE (kon-pè-ra-j'), 5. m. || l'Affinité spirituelle entre le parrain et la marraine, et entre chacun d'eux et le père et la mèredel'enfant.|| 2°Fig. Connivence de celui qui sert de compère à un charlatan. || Connivence et complicité dans toute espèce de supercherie.

— hist. xiii" s. Renart ne dote [craint, respecte] mariage, Ne parenté ne comperage , Ren. 828G. Note que ce qu'est establi generaument , si cum comperage, n'empeeche pas mariage à fere solement, mes il depiece le fet, Liv. de just. 4 99. Le comperage qui estoit entre eus, beaum. lxi, 64. Il xvr* s. Ce renard, sous ombre de comperage, trompoit les pauvres renards et les mettoit en la gueule des chiens, desper. Contes, xxxi.

— Étym. Compère.

COMPÈRE (kon-pê-r'), s. m. ||l"Le parrain, par rapport à la marraine et au père ou à la mère de l'enfant; il désigne également le père relativement au parrain et à la marraine. C'est mon compère. || 2° Nom très-familier et d'amitié que l'on donne aux hommes avec qui on est en relation habituelle. Comment vous portez-vous , compère? Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus, Savetier, mon compère, bérang. El. de la rich. || La plupart des bourgeois se nomment compères comme les gentilshommes de campagne s'appellentcousins, de cailliêres, 4690. || Un compère, un homme, un enfant, vif, résolu. Un gros compère. Il n'y a point de bien qu'on ne dise de ce petit compère, sév. 558. || C'est un rusé compère, un homme adroit. D Un vigoureux compère, un homme résolu, courageux. || Familièrement. Être compères et compagnons, être très-liés, vivre, agir habituellement ensemble. || 3° Nom donné par plaisanterie aux animaux. Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne, la font. Fabl. i, 4 8. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours; Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère, id. ib. vu, 4. Eh bon jour, mon compère le brochet [nom donné familièrement dans une société au duc d'Enghien, le vainqueur de Rocroi], je m'étais toujours bien doutée [c'est la carpe qui parle] que les eaux du Rhin ne vous arrêteraient pas, voit. Lett. 4 43. || 4° Fig. Celui qui , sans qu'on le sache, est d'intelligence avec un escamoteur et aide à l'exécution des tours. Les charlatans ont ordinairement des compères. Je suis muet quand on ne m'interroge pas : je suis un vieux polichinelle qui a besoin d'un compère, volt. Lett. Mme du Deffant, 30 juillet 4768. || Celui qui en seconde un autre pour faire quelque supercherie. || Proverbe. Tout se fait ou tout va par compère et par commère, c'est-à-dire tout se fait par faveur, protection, recommandation.

— HIST. xiii* s.. À la parfin se porpensa Que son compère [il] proiera Que por Dieu li doint, sil conmande. Ou poi ou grant de sa viande, Ren. 964. Il est compaires de Dieu, porce qu'il est en estât de grâce et sans pechié, beaum. Concl. Frère Hugue, compère le roy du conte d'Alençon [compère du roi, dont il avait tenu un des fils sur les fonts baptismaux], joinv. 268. || xv*s. Quand le roi d'Angleterro entendit que ceux de Gand avoient occis Jacques d'Arlevelle son grand ami et son cher compère.... froiss. i,i, 249. Un autre très honneste bourgeois se leva et dit tout ainsi qu'il feroit compagnie à son compère sire Eustaehe de Saint-Pierre, id. I, I, 321. || xvi' s. X. la droite des compères [les Suisses] prenoit place en marchant le régiment de Sarlabons, d'aub. Hist. I, 305. Le roi de Navarre s'alla jetter dans le lict du duc de Guise, et avec les alliances qu'ils avoient fait de maistre et de compère, eurent plusieurs familiers discours, id. ib. il, 487. Et n'avoit rien si odieux que l'on eust dit de luy, qu'il estoit parvenu par compère ou par comere, carl. i, 49. Plus sont de compères que d'amis, lenoux de linct, Prov. t. il, p. 373. Il n'y a ni compère ni commère, l'enfant est chrestien, oudin, Curios. franc. Qui de mastin fait son compère, plus de baston ne doit porter, cotgrave.

— ÊTYM. Picard et wallon, copère; provenç. compaire; catal. compare; espagn. et ital. compadre; de com.... et père.

f COMPÈRE -LORIOT (kon-pê-re-lo-ri-o), s. m. || 1° Le loriot commun. || 2° Populairement, petit furoncle au bord de la paupière de l'œil, dit aussi orgelet. ||.4u plur. des compères-loriots.

— ÉTYM. Compère, et loriot, ainsi dit, peut-être, à cause de la couleur variée que présente cette petite tumeur.

A COMPERSONNIER (kon-pèr-so-niê),.?. m. Terme

de droi; féodal. Celui qui tient une terre avec d'au- j très à charge d'une redevance pour laquelle tous | sont tenus solidairement. || Fig. Celui qui partage avec, qui agit avec. Je trouvai un grand avantage j pour M. le duc d'Orléans de rendre M. le duc com- i personnier dans le fait de la prison de Mme du Maine, st-sim. 523, 204. Le marquis d'Effiat, le compersonnier du chevalier de Lorraine, id. 328, 42. IJ Vieux.

— HIST. xvr" s. De partage, licitation et adjudication entre cohéritiers ou comparçonniers , ne sont dus lods ne ventes, lotsel, 642.

— ÊTYM. Com.... et l'anc. franc, parsonier , celui qui est partageant; de l'anc. franc, parson, partage, du latin partitionem, de partiri, partager (voy. partir).

COMPÉTEMMENT (kon-pé-ta-man), adv. D'une manière compétente. Il en parle compétemment. Rien n'est plus contradictoire que de prétendre re- j présenter compétemment la nation, tandis qu'une ! grande partie de cette nation soutient qu'elle ne peut être représentée que dans une assemblée générale de ses trois ordres, mirabeau, Collection, t. 1, p. 37.

— hist. xv" s. La sage administracion du père le fist introduire en lettres moult suffisamment et tant que competenment entendoit son latin, et suffisanment sçavoit les règles de grammaire, christ, de pisan, CharlesV, 1, ch. 6. Et feitmandement de gens de guerre et en assembla compétemment, juvén. Charles VI, 4 385. d xvr s. Si la saignée n'est faite et promptement et compétemment, ou le malade meurt bien tost, ou il se fait un abcès, paré, xx, 86. Je croy, qu'à un chascun sa langue puisse compétemment communiquer toute doctrine, ddbell. 1, 4 4, recto. Avoir le corps en sa disposition naturelle, jouissant ordonéement et compétemment des functions molles et tlateuses par lesquelles il luy plaist [à Dieu] compenser de sa grâce les douleurs de quoy sa justice nous bat à son tour, mont. IV, 302.

— ÊTYM. Compétent, et le suffixe ment; provenç. competentment ; espagn. et ital. competentemente.

COMPÉTENCE ( kon-pé-tan-s' ) , s. f. || 1° Terme de droit. Attribution, pouvoir d'un tribunal, d'un fonctionnaire, d'un officier public; mesure de ce pouvoir. Décliner, reconnaître la compétence d'un tribunal. La compétence des notaires. || Juger la compétence, décider à quel tribunal appartient la connaissance d'une affaire. Clotaire II règle la compétence entre les juges des églises et les officiers, montesq. Espr. xxx, 21. || 2° Fig. Habileté reconnue dans de certaines matières et qui donne un droit de décider. La compétence de Vaugelas dans les questions grammaticales. || Familièrement. Cela n'est pas de sa compétence, iln'est pas en état de juger, de décider. Du moins devrait-il se taire sur les choses qui ne sont pas de sa compétence, volt. Lett. en vers et en prose, 43. Elles se borneront aux choses de leur compétence, J. 3. rouss. Ém. îv. Ces matières ne sont pas de ma compétence et je ne m'en mêle pas, dider. Ess. s. Claude, \\s. n. || 3° De compétence, comme il convient. Cet habit cependant n'est pas de compétence. — Vous savez que l'habit ne fait pas la science, regnard, Folies amour, i, 5. Vieilli en ce sens, qui, d'ailleurs ici, paraît attiré par science. || 4° Rivalité. La moindre ombre de compétence avec un fils de France a un grand air de ridicule, retz, li, 82. Des gens, qui avaient voulu élever leur aîné jusqu'en compétence de M. le duc de Chartres, n'étaient pas pour s'accommoder de celles [prérogatives] des princes du sang, st-sim. 72, I7u. Peu usité en ce sens.

— ÉTYM. Le latin competenlia, de competens, de competere, compéter.

COMPÉTENT , ENTE ( kon-pé-tan , tan-f) , adj. || 1" Terme de droit. Qui a droit de connaître d'une matière, d'une cause. Le tribunal s'est déclaré compétent. Le mariage doit être contracté devant l'officier public compétent. Il est vrai qu'ils [les légistes] n'ont jamais prétendu être compétents des causes majeures, st-sim. 373, 208. || Partie compétente, celle qui a qualité pour être partie au procès. || Âge, temps compétent, l'âge, le temps requis, voulu légalement. Âge compétent pour le mariage. || Portion compétente, part à laquelle des enfants ou héritiers peuvent prétendre dans un bien. || 2° Par extension , capable de bien juger certaines choses. Personne n'est plus compétent que lui dans l'archéologie du moyen âge.

— HIST. xv* s. Quand ce vint au matin à heure compétente, ce Berthault fit signifiera ces seigneurs que ils seroient respoudus , froiss. n, m, 9(. Je

n'ai plus soif, tarie est la fontaine; Repeu je suis de compétent viande, ch. d'orl. Bal. 4 05. Lequel roi en son temps eut plusieurs fils et filles: desquels, c'est à savoir de ceux qui vécurent jusqu'à âge compétent, les noms s'ensuivent, monstrel. liv. i, ch. 4 . Prenez jour brief et compétent et tel que la prochaineté des lieux le peut demander, id. ii, 65. || xvi" s. Il nie donc que l'Empereur soit juge compétent d'une si haute matière, Calvin, Instit. 984. Forcer les loix de nature en faisant des mariages hors d'aage competant , amyot , Solon , 38. Leur ayant expressément enjoint , sitost qu'ilz auroient mis ensemble un nombre compétent, qu'ilz le luy envoyassent, id. Sertor. 30.

— êtym. Compéter; provenç. compétent.

COMPÉTER (kon-pé-té. L'accent aigu se change

en accent grave devant une syllabe muette : il compète; bonne orthographe de l'Académie, mais qui est en contradiction avec celle que l'Académie suit dans abréger, où elle écrit abrège: sans doute l'Académie écrirait, bien qu'elle n'en dise rien, compétera, compéterait, pour être d'accord avec régner, qu'elle conjugue règne, régnera), v. n. || 1° Terme de droit. Appartenir en vertu de certains droits. Ce qui lui peut compéter dans cette succession. || 2° Être de la compétence. Cette affaire ne compète point à tel tribunal.

— HIST. xiv" s. Et ceste passion , c'est assavoir vercunde [vergogne] , ne compete pas et n'est pas convenable à tout eage, oresme, Eth. 4 38. Et il monstre comme ces deux membres de la division dessus ditte compétent et convienent à diverses gens, id. ib. 69. || xv" s. Laissez le roi d'Espaigne et le roi de Portingal faire leur guerre ensemble, car elle ne vous compete en rien, froiss. ii, ni, 4 8. Sire, dit Utran, je ne sçay quelle chose celluy aura qui achèvera l'adventure; mais, au regard de moy, je ne vouldroye nullement descouvrir chose qui peust desplaire ou compéter à autruy, Perceforest, t. v, f° 25.

1 1| xvi" s. Ils alleguoyent que ceste charge mieulx competoyt à ung orateur qu'à ung sophiste, rab. Gar. i,4 7. Me semble que doresnavant venez en eage à ce compétent, id. Pant. m, 48. Touchant de créer les prestres, ils disent que le droit leur eu compete, calv. Instit. 87 4.

— ÉTYM. Provenç. competir; espagn. compéter, ital. competere ; du latin competere, de cum, avec, et petrre, aller vers (voy. pétition).

COMPÉTITEUR, TRICE (kon-pé-ti-teur, tris'), s m. etf. Celui, celle qui poursuit le même objet qu'un autre. Us étaient deux compétiteurs à l'empire. Et contre les grands noms de ses compétiteurs Sa jeunesse eût trouvé d'assez froids protecteurs, corn. \Pulch. u, 4. La fortune lui suscita deux compétii teurs dans la possession.... hamilt. Gramm. 9.

— HIST. xvi* s. Un ennemi du siège romain, et ; compétiteur de la dignité du Pape, calv. Instit. 94 4 .

Cesdeux compétiteurs et corrivaulxfaisoient.... carl. yi, 37. Quand il vint à briguer l'estat de prœteur, encore qu'il eust beaucoup et de grands compétiteurs, il fut le premier de tous déclaré eleu, amyot, Cicéron, xi. On pioposoit à l'un de nos roys lo choia de deux compétiteurs en une mesrne charge, desquels l'un estoit gentilhomme , l'aultre ne l'cstoil point, mont, ni, 320.

— ÊTYM. Le latin competitor ; de competere, do cum, avec, et petere, demander (voy. pétition).

f COMPÉTITION (kon-pé-ti-sion), s. f. Prétcniiun rivale.

— ÊTYM. Le latin competitio (voy. compétiteur.,' COMPILATEUR (kon-pi-la-teur), s. m. Celui qui

compile. || Dans un sens favorable. Celui qui réuni! en un seul corps des documents dispersés. Ducliêno qui a donné cinq volumes de l'histoire de France, est un utile compilateur. Tribonien, compilateur du droit romain, boss. Hist. i, 4 4. Si le public doit savoir gré à ceux dont le travail pénible rassemble depuis quelques années les traités, actes et mémoires.... la reconnaissance due à leurs soins serait encore plus juste, si ces compilateurs eussent écarté Ùe leurs ouvrages le mensonge.... torcy, Mcin. t. i, p. 4. || Dans un sens défavorable, celui qui n'a rien d'original ni de propre à lui. Ce n'est qu'un compilateur. Il y a des esprits, si j'ose le dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies; ils sont plagiaires traducteurs, compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé, la bruy. i. Pour l'achever [l'écrivain], quelque compilateur. Froid gazetier, jaloux d'un froid auteur. Vient l'entamer de sa dent mercenaire, volt. Ép. 82.

— ETYM. Lat. îompiïafor, de compiUire. compiler

COM

COM

COM

COMPILATION (kon-pi-Ia-sion; en poésie, de c.nq syllabes), s. f. || 1° Action de compiler. || 2° Ouvrage composé d'extraits de divers auteurs. Ce livre n'est qu'une compilation. Nous portâmes chacun notre réponse chez M. de la Rochefoucauld; il s'en fit une assez mauvaise compilation , st-sim. 36, -16* . Loi qui n'a pas été mise dans la compilation de .lustinien, montesq. Esp. xn, 15. Vous avez raison, les * oinpilations de Grotius ne méritaient pas le tribut d'estime que l'ignorance leur a payé, volt. Dial. xxiv . i" entretien.

— HIST. xv* s. Sera recité par moy véritablement et sanz aucune adulation le principe et mouvement de ceste présent petite compillation , cur. de pisan, Charles V, i, Prologue.

— ÊTYM. Provenç. compilatio ; espaç mpilacion; ital. compilazione ; du latin compUationem , de compilare, compiler.

COMPILÉ, ÉE (kon-pi-lé, lée), part, passé. Des documents compilés sans choix.

COMPILER (kon-pi-lé), v. a. || 1° Mettre ensemble des extraits de divers auteurs, des documents provenant de différentes sources. Il a compilé cette théologie de vingt-quatre de nos pères, pasc. Prov. 5. || 2° Absolument. Au peu d'esprit que le bonhomme avait, L'esprit d'autrui par supplément servait; Il entassait adage sur adage, Il compilait, compilait, compilait.... volt, le Pauvre diable.

— HIST. xiv s. L'histoire est telle, et ne la doy pas corriger ne faire autre; car plus sage de moi la compila et intitula, Ménagier, i, 6. || xve s. Les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, froiss. Prol. Et avois , de pourveance, fait escripre, grosser et enluminer et recueillir tous les traités amoureux et de moralité, que, au terme de trentequatre ans, je avois faits et compilés, id. m, iv, 40. Et à grant joye me fut dit par le trésorier du dit seigneur, qu'il luy plairoit que je compillasse un traictié sur certaines matières, christ, de pisan, Charles V, I, ch. 2. Car pour moi c'est mal compilé, Mal entendu et mal filé, De prendre fuseau sans peson, coquillard, Blason des armes et des dames. || xvie s. L'esprit humain ne se sçauroit maintenir, vaguant en cet infini de pensées informes, il les luy fault compiler en certaine image à son modèle, mont, i, 246. Une sorte de pilulles compilées de cent et tant d'ingrédients, id. m, 228. L'aucleur qui compila ce livre vouldroyt qu'il fust en sa puissance de faire plus grant service à son pays, palsgr. p. 49). J'ai recueilly sommairement des mémoires que j'ay, de longue main, compilez pour mon particulier, amyot, Tranq. de l'âme, 1.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. compilar ; ital. compilare; du latin compilare, proprement piller, et par suite, piller les ouvrages d'autrui, de com, vtpilare, piller (voy. piller).

t COMPISSER (kon-pi-sé), v. a. Arroser d'urine. Tu m'as tout compissé, pisseuse abominable, scarr. D.Japhet, Vf, 12. || Vieux et burlesque.

— HIST. xiv" s. Il fait à l'un la moe, l'autre compissera; Et si est nice et ors, ne say qu'on en fera, Guescl. variante du vers H8. || xvr s. Que les mastins paillards la compissent tousjours !

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