FÉN. XVII
— ÉTYM. Com, avec, et prêtre.
f COMPRIMABLE (kon-pri-ma-bP) , adj. Terme didactique. Qui peut être comprimé
— ÉTYM. Comprimer.
f COMPRIMANT, ANTE (kon-pri-man, man-t'), adj. Qui a la propriété de comprimer. Force comprimante.
COMPRIMÉ, ÉE (kon-pri-mé, mée), part, pusse. || 1° Qui a subi une pression. De l'air comprimé. || 2" Qu'on relient, qu'on ne laisse pas aller. Soupirs comprimés. Dors, murmurait Harold, d'une voix comprimée, Toi que je vais quitier lamart. Harold. vm. || 3" Fig. Qui est contenu par la force ou par l'autorité. La révolte comprimée par la troupe. Le ressort de la liberté, comprimé dans les âmes depuis des siècles, eut une activité incroyable et produisit les plus terribles phénomènes qu'on ait encore vus en morale, raynal, Hist philos, iv, <>. || 4° Terme d'histoire naturelle. Aplati sur les côtés. Le buffle a les cornes moins rondes et en panie comprimées, buff. Buffle. Son front [d'Hiéroclès| étroit et comprimé annonce l'obstination et l'esprit de système, chateaub. Mort. t28. ||Terme de botanique. Qui a plus d'étendue dans le sens de la largeur que dans celui de l'épaisseur.
COMPRIMER (kon-pri-mé), v. a. || 1° Terme de physique. Faire subir une pression à un corps. Comprimer de l'air dans un fusil à vent. Comprimer le bras avec un bandage. L'artère fut comprimée par un tourniquet. || 2" Retenir, ne pas lai aller. ICI le comprima ses sanglots. ||3°Fig. Comprimer les factions, les partis, les dompier malgré leur résistance. || 4" Se comprimer, v. réfl. Etre comprimé, L'air peut se comprimer. Les liqui I
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compriment très-peu. [|Fig. Les factions se compriment difficilement.
— hist. xive s. Aer comprimé peut soustenir choses pesantes, oresme, Thèse de meunier. Li rois s'en vint vers Rome pour apaiser et comprimer les mouvemens du pucple, bercheure, f° 27, verso. || xvie s. Hz avo.ent la teste sphericque, non doulcement comprimée des deux couste/, comme est la firme humaine, rab. Pant. iv, 32. C'estoit à Rome une signification de faveur de comprimer et baisser les poulces, mont, ni, ios.
— ÉTYM. Provenç. compremer ; espagn. etportug. eomprtmtr;îtaI. comprimere. Le seul italien a gardé la conjuga. son latine, comprimere ; si l'ancien français avait eu ce mot, il l'aurait sous la forme de compreindre , comme il avait preindre de premcre.
COMPRIS, ISE (kon-pri, pri-z'), part, passé de comprendre. || 1° Contenu, renfermé, impliqué. Les matières comprises dans ce livre. Il se trouva compris dans l'accusation. Employez-vous pour eux; faites auprès d'un père Qu'ils ne soient pas compris dans l'exil de leur mère, corn. Médée, i, 3. Les ouvrages de Dieu sont compris sous la miséricorde et sous la justice, boss. Aumône. Il n'a plus vu pour les hommes qu'une fatale et inévitable nécessité où le bien et le mal se trouvent également compris, id. Variât, xv, § 122. J'en ai rougi pour vous encor plus que pour moi : Je me trouve compris dans l'éclat que je voi, mol. l'Étour. iv, 4. || Y compris, en y comprenant. Non compris, sans y comprendre. 11 a dix mille francs de revenu y compris sa pension, et non compris la maison où il loge. || 2° Dont le sens est saisi. Ce passage mal compris des traducteurs.
— REM. Compris, non compris, y compris sont invariables quand le substantif suit, et variables si le substantif précède: Compris, non compris, y compris les aumônes, ou bien les aumônes comprises, non comprises, y comprises. Bien entendu, si compris était avant son substantif par une inversion, il s'accorderait: Déjà comprises au compte précédent, ces sommes n'ont pas dû figurer ici.
t COMPROMETTANT, ANTE (kon-pro-mè-tau, tant'), adj. Qui peut compromettre. Il tient des discours compromettants. Les théories, disait Fresnêl [le célèbre physicien], n'offrent quelque intérêt qu'à la condition d'être compromettantes, c'est-à-dire qu'elles doivent être conçues de manière à suggérer des expériences décisives. Homme compromettant, femme compromettante, homme, femme qui font concevoir mauvaise opinion de ceux qui les fréquentent.
COMPROMETTRE (kon-pro-mè-tr'), je compromets, nous compromettons; je compromettais; je compromis: je compromettrai ; que je compromisse ; compromettant; compromis. || 1° V. n. Terme de droit. S'engager par acte à s'en rapporter au jugement d'un arbitre, sur un objet en litige. Ils ont compromis sur tous les chefs du procès. || 2° V. a. Fig. Mettre en compromis, c'est-à-dire remettre à la décision d'autrui et par conséquent exposer à quelque atteinte. Compromettre sa dignité. Compromettre les intérêts de quelqu'un. || 3° Mêler quelqu'un dans une affaire de manière à l'exposer à des embarras ou à des préjudices. N'osant lui parler comme paria, de peur de la compromettre, bekn. de st-p. CIi. ïnd. Je ne demande, pour assurer nos succès, que ces bontés générales qui ne compromettent personne, volt. Lett. Richelieu, 23 sept. 1771. || Compromettre quelqu'un, faire voir qu'il a part à la chose, afin que, une fois engagé, il entre dans nos intérêts. Si vous voulez qu'il vous aide, mettez-le en avant, compromettez-le. || Compromettre une femme, faire penser par des paroles ou des actions qu'on a une liaison amoureuse avec elle. ||4° Se compromettre, v. ré/l. S'exposer à des embarras, à des périls. Il se compromet par l'opposition qu'il fait au gouvernement. Il ne craignit pas de se compromettre pour un ami malheureux. Il se peut que le ministère ne veuille pas se compromettre, en demandant grâce pour ceux dont l'entreprise n'a pas été avouée par lui, volt. Lett. Richelieu, 30 mai 1772. || On dit qu'une femme se compromet, quand elle expose sa réputation. || Engager une lutte avec un adversaire indigne de soi Que vous avi'issiez l'honneur de votre rang Jusqu'à vous compromettre avec un misérable, volt. Scythes, iv, l.
— HIST. xve s. Le roy compromettra le traitté dessus déclaré es mains des dits cardinaux ambassadeurs, pour le tenir ferme et stable, j. chahtier, HUt. do Charles VU, p. 80, dans lacurne. || xvies. En la pluspart des occurrences, je compromettrois v loniiers à la décision du sort, mont, m, 63. Touts indifféremment se préparants et attendants la mort à ce soir ou au lendemain, d'un visage et d'une
voix si peu effrayée, qu'il sembloit qu'ils eussent compromis à cette nécessité, id. iv, 209.
— ÉTYM. Provenç. comprometre; espagn. comprometer; ital. compromettere ; du latin compromittere, de cum, et promittere (voy. promettre).
1. COMPROMIS. ISE (kon-pro-mi, mi-z'), part, passé de compromettre. Exposé à quelque dommage matériel ou moral. Sa place compromise par des démarches inconsidérées. Sa réputation compromise. Cet homme gravement compromis par les indiscrétions d'un ami infidèle. Homme compromis, femme compromise, homme, femme dont la réputation n'est pas intacte.
2. COMPROMIS (kon-pro-mi), s. m. || 1° Terme de jurisprudence. Acte par lequel on donne pouvoir à des arbitres de juger des procès ou autres différends. Dresser, signer un compromis. Mettre une affaire en compromis. Le compromis qu'il a voulu passer avec nous, boss. Sntisf. 1. || On disait que des élections de prélats étaient faites par compromis, lorsque des électeurs, ne pouvant s'accorder, donnaient le pouvoir à quelques-uns d'entre eux de faire l'élection. || Ètieen compromis, êtreen litige; mettre en compromis, remettre à la décision de. Son affaire mise en compromis dans mes mains, boss. Bel. 84. Ils n'ont pas craint de mettre leur foi en compromis entre les mains de quatre hommes, id. Exp. S'il fallait mettre en compromis la foi des premiers siècles, id. Avert. 1. Les droits disputés étaient en compromis depuis douze années, volt. Mœurs, (25. || Mettre en compromis, disputer. Ne pouvant souffrir qu'il y eût une nation qui lui mît en compromis le titre d'invincible, vaug. Q. C. 348. || Terme de l'ancien droit. Saisir. Il ne faudra qu'avoir de puissants ennemis qui vous défèrent et vous accusent d'être jansénistes, sur quoi on mettra votre bien en compromis, pasg. Prov. 19. || Mettre en compromis, risquer, compromettre. Sans mettre en compromis la majesté du souverain, perrot, Tacite, 39. Les cœurs généreux Ne mettent point les gens en compromis jiour eux, mol. le Dëp. v,7. Est-ce que je vous ai jamais mise en compromis avec elle? baron, Fausse prude, m, 12. À l'autel, c'est-à-dire quand la religion est en compromis et qu'il y va de l'honneur et de l'autorité de l'Église, vous devez oublier tout le reste.... bouhd. Pensées, t. n , p. 345. || 2° Dans l'usage général, on dit un compromis pour une transaction. || Accord, spécialement dans le langage politique, lorsque des adversaires se font des concessions.
— HIST. xiir' s. Si dirons liquel arbitrage valent et liquel non, et comment compromis doivent estre fet, beaum. xlii. || xvies. Il délibéra d'aller combatre contre le roy de Perse pour sa propre personne, et luy mettre en compromis ses richesses et ses délices, dont il jouissoit trop à son aise en ses haults pais, amyot, Agésil. 23. Fuyr à me justifier, excuser et interpréter, estimant que c'est mettre ma conscience en compromis, de plaider pour elle, mont, iv, 203. Le roi Charles VIII rompit le mariage qui s'estoit fait entre luy et Marguerite de Flandres, et osta la dite Anne [de Bretagne] à Maximilian son compromis [fiancé] et l'espousa, brant. Dames illustres, p. 2, dans lacurne.
— ÉTYM. Compromis i ; provenç. compromis; espagn. compromiso ; ital. compromesso.
f COMPROMISSA1RE (kon-pro-mi-ssê-r'), s. m. Arbitre choisi par compromis.
— ÉTYM. Compromis.
f COMPROMISSION (kon-pro-mi-sion), s. f. Action , parole par laquelle on se compromet. La politique actuelle n'affranchit pas suffisamment la France des compromissions auxquelles nous sommes exposés dans le maniement des affaires italiennes, Reçue des Deux-Mondes, t. xxv (1860), p. 483.
t COMPROMISSIONNAIRE ( kon-pro-mi-sionê-r'), adj. Acte compromissionnaire, acte fait par compromis. Arbitre compromissionnaire, arbitre choisi par compromis.
— ÉTYM. Compromis.
f COMPROMISSOIRE (kon-pro-mi-ssoi-r'), adj. Terme de droit. Qui tient au compromis. Clause compromissoire. || Peine compromissoire, peine prononcée par des arbitres.
t COMPROVINC1AL, ALE (kon-pro- vin- si-al, a-1'), adj. Qui est de la même province; ne se dit guère qu'en style ecclésiastique etdesévêques d'une même province, d'une même métropole. Le droit de l'élection de l'évèque réside dans l'assemblée des évêques comprovinciaux, fén. 11, (5, 9. || Substantivement. Quel pouvoir auront des évêques étant fortuitement à Paris, ou qui y seront mandés, d'accepter pour leurs comprovinciaux, destitués de procurations d'eux? Sï-SIM. 350, (08.
— ÉTYM. Com,- et provincial.
t C0MPTARILIA1RE (kon- la -bi-li -ê-r'), adj- Terme d'administration militaire. Qui est soumis à la comptabilité, qui s'y rapporte.
— ÉTYM. Comptable.
tCOMPTAIHLIAlREMENT(kon-ta-bi-li-ê-re-man),
adv. À la façon comptabiliaire.
■ — ÉTYM. Comptabiliaire, et le suffixe ment.
COMPTARILITÉ (kon-ta-bi-li-té), s. f. L'art, l'action de tenir des comptes en règle. || Comptes tenus. 11 a mis beaucoup d'ordre dans sa comptabilité. Il Comptabilité agricole, compte courant sur lequel l'agriculteur inscrit les détails de son exploitation, en ce qui concerne les dépenses et les recettes de toutes sortes. || Comptabilité en matières, ou comptabilité-matières, par opposition à la comptabilitéargent, celle qui se rapporte aux objets matériels en magasin. || Ensemble des agents comptables ou de ceux qui vérifient les comptes des comptables. Bureau, commission de la comptabilité nationale. Il Dans une administration, la comptabilité est la partie qui s'occupe des dépenses. Employé à la comptabilité. Chef de la comptabilité.
— ÉTYM. Comptable.
COMPTABLE (kon-ta-bl') , adj. || 1° Qui a des comptes à tenir et à rendre. Officier, «agent comptable. Il Où l'on tient et rend des comptes. Emploi, place comptable. || Quittance comptable, quittance en bonne forme et pouvant être reçue dans un compte pour le justifier. |l 2° Fig. Il est de tout son sang comptable à la patrie, Chaque goutte épargnée a sa gloire flétrie, corn. Uor. m, 6. Le pouvoir absolu n'a rien de redoutable , Dont à sa conscience un roi ne soit comptable, id. Perthar. il, 3. J'en suis comptable à tout le monde, id. Tite et Bér. iv , 4. Les rois de leurs faveurs ne sont jamais comptables, id. D. San. 1, 5. Elles [les personnes du monde] ne comptent être maîtresses de leurs actions que parce qu'elles croient n'en être comptables à personne, mass. Profession religieuse, sermon 3. C'est de le rendre comptable de ses actions à lui-même, j. j. rouss. Ém. iv. Il doit savoir que ce n'est point ainsi qu'on écrit l'histoire, qu'on est comptable de la vérité à toute l'Europe, volt. Lett Schouvalof, 9 nov. 1761. Si dans un long ouvrage le poëte ne me laissait rien désirer de cette justesse, de cet ordre, de cette clarté, de cette élégance dont la prose est toujours comptable, desfontaines, Dissert, sur le poème épique. || 3° S. m. Celui qui est tenu de rendre compte de deniers et de leur emploi. Un bon comptable. C'est le seul exemple d'un comptable de deniers publics avec qui ses maîtres et le public perdent, sans que sa probité en ait reçu le plus léger soupçon, st-sim. 72, 177. Il Terme d'administration militaire. Fonctionnaire autorisé à un maniement de valeurs en matières.
— REM. Comptable, appliqué aux personnes, régit non-seulement à, comme le montrent les exemples, mais aussi envers : Nous sommes comptables de nos talents envers la patrie.
— HIST. xve s. Fut ordonné le dit trésorier maire de la cité de Bordeaux ; et pareillement fut aussi ordonné Joachin Rohault contable du dit lieu, et en feit le serment en la main du dit chancellier, et le dit maire es mains d'iceux chancellier et contable,
MONSTRELET, t. III , p. 36, dans LACURNE. || XVIe S. Ils
estoient fort expérimentez au maniement des finances , et fidèles comptables, carl. vi, 41. C'est de la vie de l'homme qu'elle est comptable seulement, mont, n, 299. Les deniers du roy, lesquels il faudra qu'ils facent bons, quoiqu'il tarde, et en seront comptables, condé. Mémoires, p. 634.
— ÉTYM. Compter.
f COMPTABLIE (kon-ta-blie), s. f. Ancien terme d'administration. Droit d'octroi perçu à l'entrée des villes de Guienne.
— ÉTYM. Comptable.
f COMPTAGE (kon-ta-j'), s. m. Terme d'eaux et forêts. Action de compter et d'estimer les arbres.
— ÉTYM. Compter.
COMPTANT (con-tan), adj. m. || 1° Il ne se dit guère que dans ces locutions : argent comptant, deniers comptants, payés sur l'heure et en espèces. Recevant dix mille francs argent comptant, pasc. Prot;. (2. Pour les revendre argent comptant, id. ib. 8. Qu'un million comptant par ses fourbes acquis, boil. Sat. i. Bonheur étrange ! Je buis et mange Sans un sou comptant, bérang. Coca-j. || Fig. C'est de l'argent comptant, c'est une valeur, c'est un engagement aussi sûr que si l'argent était comptant. |J Prendre une chose pour aigenl comptant, se fier aveuglément à des paroles. Prendri ns-ihuis tout ceci pour de l'argent comptai Sgçm
COM
22. Sa parenté prit pour argent comptant Un tel motif.... la font. Diable. || Avoir de l'esprit argent comptant, avoir de l'à-propos, la repartie vive. || 2° S. m. Le comptant, l'argent comptant. Ache-
l mdre au comptant. Il avait du comptant, Et
partant, Toutes voulaient lui plaire, la font. Fàbl.
i, 17. Que faut-il encore? Force comptant, id. Rem.
autrefois, petit comptant, bureau au trésor royal
in payait les sommes au-dessous de 4000 livres;
nid comptant, bureau où l'on payait les sommes au-dessus, || Ordonnance de comptant, ordre de payer que le roi donnait au trésor, sans indiquer la destination des fonds et sans aucune formalité pour le payement. || Terme de bourse. Opération au comptant, opération dont le règlement, c'est-à-dire la livraison et le payement de l'objet vendu, a lieu au moment même où se fait l'opération ou dans un délai excessivement limité. || 3° Adverbialement. Payer comptant, payer en espèces; et fig. Rendre immédiatement ce qu'on nous a fait, en bien ou en mal. Le plaisir de faire du bien nous paye comptant de notre bienfait, mass. Petit carême, Human. des gr.
— REM. Comptant est ici un participe actif, pris passivement, et dit pour qui se compte; comme dans couleur voyante, c'est-à-dire couleur qui se voit.
— HIST. xve s. Mil escus d'or content, comm. m, < I . Dieu a payé contant en nostre temps telles cruaultés sans attendre, id. vi, 9. || xvie s. Là recouvrerez argent à taz; car le villain en ha du content, rab. Garg. i, 33. Donner pour argent comptant des conjecteures, mont, i, <03. Payer à purs deniers comptants, id. i, t(9. Tout l'or et l'argent comptant, amyot , Rom. 4. Il achepta à deniers comptans l'ambition d'Epicydes, id. Thém. tt. Que les modestes et temporiseurs, se fiants en leurs services, le perdoient [l'avancement] tout comptant [tout net), carl. il, to. Pour Dieu, n'allègue ici les forces de vertu! Tu le perdrois contant [tu serais vaincu à l'instant], rons. 904.
— ÉTYM. Compter.
COMPTE (kon-t'),s. m. \\ l°Actionde compter; résultat de cette action. Faire un compte. Il sait le compte de son argent. Le compte estjuste. J'ai reçu des compliments sans compte, sév. tôt. J'ai perdu plus que tous les autres en chevaux et en effets, mais j'ai le compte de mes memhi es, p.l. cour. Let.j., 466. Cependant son dauphin d'une vitesse prompte Des ans de sa jeunesse accomplira le compte, malh. Prière pour le roi. || Ligne de compte, marge blanche qu'on laisse exprès à côté d'un compte, et contenant les chiffres répondant aux articles détaillés dans le compte; pour le calcul on ne regarde que ce qui est tiré en ligne de compte. || Fig. Mettre, faire entrer en ligne de compte, prendre en considération. Sans mettre en ligne de compte tous les savants qui y sont, MOL. Critique, 7. Si vous mettez en ligne de compte les incendies et les tremblements de terre, j. j. rouss. Orig. notes. \\ Compte borgne, se dit quand la somme est composée de fractions, et aussi quand le compte n'est pas clair. Et dans le même sens : mauvais compte. || Compte rond, nombre, somme sans fractions. 1 1 Cela n'est pas de compte, cela ne compte pas. || X compte, loc. adv. À valoir, en déduction. J'ai reçu mille francs à compte. Il dit à un valet de passer les parties à compte, la bruy. Théophr. 24. || .\-comple, 5. m. Somme donnée ou reçue en déduction d'un compte, d'une dette. J'ai déjà reçu plusieurs à-compte. || Au compte, suivant la manière de compter. Au compte de ces gens, Le marchand à sa peau devait faire fortune, la font. Fabl. v, 20. || Fig. Â. votre compte, selon vous, suivant votre manière de voir.... Suis-je un sot à ton compte, mol. l'Étour. îv, i. Oui, je suis donc un sot, un voleur à son compte, rac. Plaid, n, 3. || S. ce compte, à ce compte-là, d'après ce raisonnement. Â ce compte, ils en auraient plus qu'aucun de nous, desc. Méthode. 5, n. L'Église à ce compte-là approuverait tous les abus, pasc. Prov. G. A ce compte, arrogante, un fantôme nouveau Te donne cette audace et cette confiance, corn. Héracl. i, 2. Je les ai subornés contre vous, à ce compte, id. Nicom. m, 7. || Au bout du compte, tout bien considéré, après tout. Au bout du compte, je ne m'en soucie point du tout, sév. 134. Il n'est qu'un homme au bout du compte, pasc. dans cousin. On trouve au bout du compte que les choses sont bien comme elles sont, fontkn. Sapho Laure. Au bout du compte je n'ai que trois questions à fane au docteur indien, bern. de s. -p. Chaum. ind. || En fin de compte, linalement. || Bois de compte, huche de compte, se dit pour désigner un certain nombre de bûches qui se donne pour une certaine mesure en
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comptant et sans mesurer. Les jeter tout vivants dans un bûcher composé de deux voies de bois de compte et de deux voies de fagots à doubles liens, volt. h tt. d'Argental, 22 janv. t775. || Monnaie de compte, voy. monnaie. || Par compte, à fur et mesure. Pour distribuer tout le linge par compte, sév. 43. Mme de Neuillan la chargea [Mlle d'Aubigné, plus tard Mme de Maintenon] de la clef de son grenier pour donner le foin et l'avoine par compte, st.-sim. 74, 2t4. || On dit qu'un homme ne tient ni compte ni mesure quand il laisse aller ses affaires en confusion. || Nombre de cent (ils dans la largeur d'une pièce de toile. || Compte se dit de plusieurs petites choses qu'on prend à la main ou qu'on jette ensemble pour compter plus rapidement. Les prunes se comptent deux à deux, trois à trois; les espèces d'or et d'argent deux à deux, trois à trois, quatre à quatre; et chaque prise ou jet se nomme un compte. Cette locution a vieilli, fi 2° Bon compte, bon marché. Le bon compte que l'on trouve chez ce marchand. Faire bon compte Ce marchand vous fera meilleur compte. || â bon compte, à bon marché, au propre et au figuré. Vendre, acheter à bon compte. Grâce aux bontés du ciel, j'en suis quitte à bon compte, mol. Éc. des f. n, «. En voici une, voire cent à meilleur compte, pasc. Prov. 9. Laisser passer une occasion de gagner les bonnes grâces d'un Dieu tout miséricordieux et tout puissant à si bon compte, fléch. Serm. il, t24. || De bon compte, en comptant bien, au moins. En peut donner au roi quatre cents [millions], de bon compte, mol. les Fâcheux, ni, 3. Six de bon compte, la font. Berc. || Être de bon compte, se disait d'un associé qui ne trompait pas son associé ou son maître. Un homme de bon compte , homme sincère, qui ne trompe personne. Être de bon compte, être loyal et accommodant en fait d'intérêts ; et fig. Convenir franchement d'une chose. Soyez de bon compte, vous ne vous attendiez pas à cette aubaine. || Manger, se divertir à bon compte, c'est-à-dire manger, se divertir sans se mettre en peine de rien, et aussi sans qu'il en coûte rien. || Recevez cela à bon compte, c'est-à-dire en déduction de ce que je vous dois. || 3° État de recettes et de dépenses. Solder un compte. Tenir un compte exact de ce qui leur est dû, fén. Tél. m. Je suis dans l'embarras d'arrêter un grand compte de dixneuf années, sév. 427. Je viens ici pour faire nos comptes ensemble, mol. le Bourg, gent. m, 4. Vous passeriez vos jours à tenir les comptes du ménage, hamilt. Gramin. 9. C'est quelqu'un qui monte Apporter le compte Du restaurateur, bérang. Cocag. || Familièrement. Tenu comme un compte de cuisinière, tenu sans aucune des formes de comptabilité. || De compte fait, le comptea^ant été fait. De compte fait, je vous dois cinq cents francs. || Fig. Tout considéré. Il a de l'esprit, mais dix fois moins, de compte fait, qu'il ne présume d'en avoir, la bruy. xi. N'avez-vous pas dans votre Église sept sacrements de compte fait? volt. Jenni, 3. || Être à compte à demi avec quelqu'un, être en société avec quelqu'un, partager pa^ moitié. Faire une chose de compte à demi avec quelqu'un, en partageant les dépenses et les bénéfices. || Pour le compte de quelqu'un, pour faire ses affaires. Il m'établit pour son compte et s'en trouva bien, j. j. rouss. Ém. v. || Faire le compte à un domestique, lui donner son compte, lui payer ce qu'on lui doit et le renvoyer. Et dans un sens analogue, le domestique demande son compte, quand il veut quitter la maison où il est. || Fig. Je lui ai donné son compte, je l'ai traité de fait ou de parole comme il le mérite. || Par extension , son compte est bon, son compte sera bientôt réglé, c'est-à-dire on lui fera un mauvais parti. || lien a pour son compte, il lui est arrivé quelque perte, quelque mésaventure. L'honnête homme morbleu ! vive monsieur Géronte! Ma foi, sans moi la belle en avait pour son compte, regn. le Bal , se. 18. || C'est pour son compte, tant pis pour lui. Et dans un sens favorable : Les applaudissements étaient pour son compte. || Régler ses comptes, établir ce que nous devons et ce qui nous est dû. || Fig. Pour régler ses comptes avec la justice divine, boss. Sulp.2. || Rendre ses comptes, justifier de l'emploi régulier des valeurs dont on a eu la gestion, j1 Avoir quelque chose en compte, en disposer à la charge d'en rendre compte. || Passer en compte, porter sur le compte de, mettre comme dû, au propre et au figuré. De même que j'ai été atteint du péché d'Adam, ma justice est passée en compte aux autres, chateai'b. Génie, n, v, if>. || Passer sur le compte de, être attribué à. Ce qui était le fait d'une humeur un peu bizarre, d'un esprit distrait et capricieux, passait sur le compte de la fermeté de ca-
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ractère et de la supériorité de jugement, carrel, (Euvres, t. v, p. 202. || Mettre quelque chose sur le compte de quelqu'un, lui attribuer quelque fait plus ou moins répréhensible. || Prendre, mettre une chose sur son compte, se l'attribuer. Il prit cette complaisance sur son compte, hamii t. Gramm. 4. Grossesse que le roi voulut bien [.rendre sur son compte, id. ib. tt. II pourrait mettre les approbations sur le compte de son mérite, sév. 29). Vos soins aimables que je dois mettre sur mon compte, id. 450. Je mets sur mon compte toutes les bontés que vous aurez pour elle, id. 224. || Sur le compte do quelqu'un, en ce qui le concerne. Nous sommes fori inquiets sur son compte. On m'a donné sur son compte des renseignements qui ne sont guère favorables. || Pour le compte de quelqu'un, pour ce qui le regarde. Pour mon compte, je suis résolu à obéir. Pour votre compte, vous ferez bien de partir au plus vite. || Tenir compte à quelqu'un d'une chose, le dédommager d'une perte. || Fig. Lui savoir gré de sa conduite en une circonstance. || Faire son compte de, être dans l'intention de. Neptune peut bien taire compte De nous laisser avecque vous, malh. vi, 9. .1 avais toujours fait compte De ne m'en séparer qu'avecque le trépas, id. v, 29. Vous faites donc à la fin votre compte De me donner la baronne pour bru, volt. Nan. n, )2. Elle fait son compte d'aller faire un tour à la foire, mol. V Avare, 11, 6. Faites votre compte D'aller au Louvre accomplir mes souhaits, id. Impromptu, remerciment au roi. || Faire son compte que, être assuré que. Faites votre compte que si vous ne m'aimez pas.... sév. 39. Oui, croyez ma cousine, et faites votre compte Oue ce jeune éventé vous couvrira de honte, volt. Indiscr. se. )8. H Avoir son compte, avoir ce qu'on désire, ou être bien dans ses affaires; et ironiquement, être trèsmaltraité de fait ou de paroles; être ivre. || Entendre, savoir bien son compte, entendre bien ses intérêts. || Trouver son compte à, avoir profit, avantage à. Ils ne trouveront point ici leur compte, corn. Ex. de Poly. Trouve-s-y ton compte et j'en serai ravie, id. le Ment, iv, 9. Je trouve bien mieux mon compte avec l'un qu'avec l'autre, mol. 2e Interm. de la Princ. Si vous ne trouvez votro compte d'un côté, vous vous jetez de l'autre, pasc. Prov. 5. Il n'y trouvait pas son compte, hamilt. Gramm. 4. L'une et l'a-utre trouva de la sorte son compte, la font. Fab. ni, 8. Comparaison où il trouve son compte , la bruy. xiii. Nous trouvons aussi notre compte Avec tous les gens qui sans honte Savent dans un retour subit Changer d'habit, bérang. Vieux habits. || Dans un sens analogue. Je vous ai prêté vingt francs, vous m'en rendez dix-sept; ce n'est pas mon compte. || Fig. Cet hymen serait bien mon compte, la font. Nie. Amour fait tant qu'enfin il a son compte, id. Cuv. Tout autre eût été mieux mon compte, id. Nie. Pourvu qu'on crie, les jésuites auront leur compte, pasc. Prov. 3. Si vous y veniez tous deux, ce serait bien mon compte, sév. 594. Il voulut se retirer, ce n'était pas mon compte, hamilt. Gramm. 3. Oui; mais j'y suis blessée et ce n'est pas mon compte De souffrir dans mon sang une pareille honte, mol. F. sav. m, 6. || Fig. Vous ne trouverez pas votre compte avec cet homme-là, c'est-à-dire ne contestez pas contre lui; il est plus fort, plus habile que vous. || Être loin de compte, se tromper dans son calcul, dans ses combinaisons. Il était bien loin de compte, hamilt. Gramm. 4. Ainsi Luther était bien loin de son compte , boss. Var. 11. Vous voici bien loin de compte, j. j. rouss. Ém. n. Vous vous êtes trouvé loin de compte après avoir vécu parmi nous, id. ib.iv. || Par extension. Ils sont tous deux bien loin de compte, ils sont loin de tomber d'accord. || Fig. A bon compte, tout de bon, effectivement. Qui, l'ayant prise [ la lettre ] comme pour s'en divertir, la lut à bon compte, lesage, GilBlas, ix, 6. Il 4° Terme de droit. État do recette et de dépense des biens dont on a l'administration et des sommes que l'on a touchées, l.e tuteur doit rendre compte. Affirmation .clôture d'un compte Il 5" Terme de commerce et de finances. Etal d'opérations tenu dans une forme régulière, état de situation entre deux personnes qui se doivent réciproquement. Livre de compte. Le crédit et le débit d'un compte. Avoir un compte ouvert avec quelqu'un, prendre chez lui à crédit. Avoir des marchandises acompte, les avoir à crédit. || Terme de banque. Compte de retour, compte qui accompagne la retraite ou lettre de change tirée par le porteur d'une lettre protestée, et qui contient les frais et intérêts à rembourser au porteur. || Compte courant, situation de deux personnes qui s'engagent à faire l'une pour l'autre des versements et des encaissements,
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sous la condition de régler à une certaine époque leur position réciproque. On dit que ce compte est courant, parce qu'il reçoit des articles successifs jusqu'à la clôture définitive. Être en compte courant avec la banque. || Compte courant, état des opérations intervenues entre les personnes eu compte courant. || Anciennement. Chambre des comptes, cour souveraine qui allait à côté du parlement et qui connaissait, en dernier ressort, des finances et du domaine du roi. || Aujourd'hui, Cour des comptes, cour supérieure établie pour examiner et juger les comptes de ceux qui ont manié les deniers de l'État. ||6" Considération, cas. Le compte que l'on fait de lui. Le compte où l'on tient le livre publié par ce savant. Le peu de compte qu'il a fait de me répondre. || En ce sens, compte ne se dit guère qu'avec les verbes faire et tenir. || Faire compte, faire cas, tenir en estime, donner attention. Se plaignant que sa faute vient d'elle, Il n'en veut faire compte, malh. I, 4. Et brisant tous ces nœuds dont j'ai tant fait de compte, Régnier, Élég. il. Non plus que de farceurs je n'en puis faire compte, id. Sat. xiv. D'un si faible service elle fait trop de compte, corn. Cul, jv. 3 D'un vain songe peut-être elle l'ait trop de compte, nAc. Athal. m, 4. Et dont alors on faisait plus de compte, la font. Faucon. Mais lui , ferme et constant, n'en a fait aucun compte, mol. Fâch. i.i. i.'uel compte devez-vous faire d'une amitié qui aboutit à votre réprobation? bourd. Dominicales, i, Société des justes, 189. D'abord l'habitant ne fit pas grand compte de ces deux enfants pauvrement vêtus, dern. de s.-p. Paul et Virg. Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs que la Grèce Aux champs de Maralhon prodiguait aux vainqueurs; C'est là leur diadème; ils en font plus de compte Que d'un cercle à fleurons de marquis ou de comte, volt. Ép. 7G. || Tenir compte de quelqu'un, de quelque chose, l'avoir en considération. Il ne tient aucun compte de ce qu'on lui dit. J'aurai donc nommé ces beaux yeux Tant de fois mes rois et mes dieux, Pour aujourd'hui n'en tenir compte, malh. v, (7. J'accepte le présent, ei crois pouvoir sans honte, L'ayant de votre main, en tenir quelque compte, corn. Othon, iv, 4. C'est et d'elle et de lui tenir bien peu de compte, id. Rod. m, 5. Il n'en a tenu compte, rac. Plaid, t, 1. 1| Cette femme ne tient pas compte d'elle, se néglige, ou bien ne ménage pas sa réputation. || 7° Rapport circonstancié. Demander, rendre compte d'un événement. Un valet.... Qui rend comme espion compte exact de ta vie, Régnier, Élég. il. Il s'en retourna rendre compte de sa commission, i'én. Tél. m. Il lui rendait compta de tout ce qu'il pouvait découvrir, id. ib. xm. Il ne faut pas qu'un roi fasse le détail, c'est la fonction de ceux qui travaillent sous lui, il doit seulement s'en l'aire rendre compte, id. ib. xxn. On rendait compte au roi de leur conduite, boss. Hist. ni, 5. Je vous rendrai compte de ma journée, sév. 39. Au lieu de déplorer la mort des autres, grand prince, dorénavant jeveux apprendre de vousà rendre la mienne sainte; heureux si, averti par ces cheveux blancs du compte que je dois rendre de mon administration, je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint, boss. Louis de Bourbon. || Rendre bon compte à, parler ou agir à la satisfaction de. Tu m'as commis ton sort, je t'en rendrai bon compte, corn. Ilor. il, 5. Je vous en rendrai un très-bon compte, sêv. 3io. Elle vous rendra un bon compte de cette affaire, id. 14. Je vous rendrai bon compte de tout, id. 517. || Dans un sens tout différent. Vous me rendrez bon compte de votre conduite, c'est-àdire je vous en ferai repentir. || Se rendre compte de quelque chose, en pénétrer la cause, le secret. || Rendre compte d'un ouvrage dans un journal, l'apprécier en l'annonçant. || Compte rendu, récit, exposé d'un fait ou d'une question. Compte rendu d'une séance, d'une audience. Compte rendu, exposé d'une situation, d'un ensemble d'opérations. Compte rendu présenté au roi, au mois de janvier 4781 , par Necker. Compte rendu des travaux des ingénieurs des mines. Le compte rendu , exposé de principes politiques fait par les députés de la gauche en 1832. || Justification , explication, responsabilité, avec les verbes devoir, rendre, demander. J'en dois compte au sénat et n'y puis consentir, corn. Nicom. v, 5. Et voua devez aux dieux compte de tout le sang.... id. Cinna, n, l.Quelui dirai-je enfin? je dois lui rendre compte, in. Cid, ri, 1. Jamais un souverain ne doit compte à personne lies diymié.s qu'il fait et des grandeurs qu'il donne, id. 1). Hanche, lu, 4. .le ne rendais qu'à moi compte de mes désirs, rac. Bérén. Il, 2.
Seigneur, je ne rends point comptede mes desseins, id. Iphïg. iv, G. J'en dois compte, madame, à l'empire romain, m.Brit. 1,2. Il me faut de leurs cœurs rendre un compte fidèle, id. Mithr. Il, 3. Ô Dieu, devant qui je dois rendre un compte exact de toutes mes actions, pasc. Prière. Je demanderai compte aux hommes de la vie des hommes, id. Pror. 14. Rendre comptede leur administration, boss. Hist. i, s. Pour y rendre compte du sang qu'elles auront répandu, m. Polit. Le prélat ayant répondu selon sa coutume qu'il ne devait compte qu'à Dieu seul, son temporel fut saisi , volt. Louis XV, 3G. Il faut travailler, il faut être utile; on doit compte de ses talents, dider. Lelt. à Volt. \\ Proverbes. À tout bon compte revenir, c'est-à-dire on ne doit pas craindre de compter une seconde fois, quand on n'a point trompé la première. || De méchant compte on revient au bon, c'est-à-dire les erreurs de compte peuvent toujours se rectifier. || Erreur n'est pas compte, même sens que les deux précédents. || Les bons comptes font les bons amis, c'est-à-dire on ne peut être ami sans garder la foi et la justice les uns aux autres. || On dit qu'un homme est trésorier sans rendre compte, pour exprimer qu'il dispose du bien d'autrui comme il lui plaît et sans être obligé d'en rendre compte. || Chacun veut avoir son compte, c'est-àdire personne ne veut rien relâcher de ses intérêts. || Chacun son compte, il faut que chacun ait ce qui lui revient.
— HIST. xie s. Cinquante mille chevaliers [ils] ont par cunte, Ch. de Roi. eexxu. || xnr s. Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre venduz à conte, Liv. des met. 270. Il loisl bien as hoirs de celi qui fit testament, qu'il demandent conte as exécuteurs des biens qu'il orent por le testament acomplir, beaum. xii, au. Il doit estre renvoies au liu qu'il garda, tant qu'il ait rendu bon conte à son segneur, id. 43. Cil qui est establis à autrui dete recevoir, doit dire : Je les ai recheues, et en doit rendre compte, id. xxix, 13. 11 se vesti de povres dras, E si se mist de haut en bas, Onques de rien conte ne tint , Grégoire le Grand , p. 84. Mes une remembiance m'espoente et affronte, Que qui plus tient de Dieu, plus a à rendre conte, j. de meung, Test. 258. || xivc s. Et semblablement est il \le ceulz qui no tiennent compte de exposer leur pecunes largement, oresme, Eth. 280. Estre acoustumé de non tenir compte ou creindre trop choses terribles, id. ib. 37. Nonpourquant fut ainsnez Bertran, si l'a dit on; Mais compte n'en tint on nés [même] plus que d'un mouton, Guescl. 85. || xve s. Et les cardinaux et riches hommes d'Avignon s'obligèrent à ce qu'ils le garderoient de si près, qu'ils en rendroient bon compte, froiss. m, iv, 67. Et ne faisoient les seigneurs nul compte d'autres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaumes et à tymbres couronnés, id. i, i, 64. Et il ne fit point grand compte des François quand ils vindrent , id. n , n , 227. À brief parler et sans faire long compte, en. d'orl. i. Fin de compte, puisqu'est ainsi, Fermons nos cuers en aliance, id. Rondeau.... sinon que ayez Lesmaulx d'amours trop petit essayez, Et que jà sont de vos comptes rayez Et oubliez, a. chartier, Débat des deux fortunes. Et que ceux où loquence habonde, Et qui ont belle théorique Et de parler bonne pratique En faiz de beaus comptes compter, Choses nouvelles rapporter, Et Testai des pays voisins, eust. desch. Poésies mss. !" 4(3, dans lacurne. Il faisoit bien son compte que il les rameneroit bien à la raison, comm. ii, 4. nui en a, il est bien venu; Qui n'en a point , on n'en tient compte, villon, Bail, des Ecoulants. || xvi° s. 11 conviendra quelque jour laisser le monde [mourir] pour aller rendre compte de son entremise et recevoir son loyer, Hozier histor. 1, 3. Seigneur, n'entre point en conte avec ton serviteur: car nul vivant ne sera justifié devant toy , calvin , Instit. 679. Appeler à conte, id. ib. 680. Mais aussi, à ce compte.... mont. 1, 25. Â leur compte, id. 1, 212. Elle a meilleur compte d'incorporer une fois pour toutes.... id. i, 93. L'escrivain n'a à rendre compte que d'une venté empruntée, id. 1, 103. Le peu de compte en quoy il tenoit les.... id. i, 118. Triumpher à bon compte, id. ib. Les menus comptes, payements, etc. m. 1, 257. Les plus hardies sectes sont contrainctes de se plier à la loy civile, au bout du compte, id. 11, 244. Quant à ceulx qui avoienl la superintendance sur les trouppeaulx du roy, ilz n'en faisaient compte, et ne se soucioient point de leurs courroux, amyot, Rom. 1 .... Sans qu'il soit tenu de rendre compte de ce qu'il fait, id. Cam. 31. Il résolut de s'en aller tout droit devant Sutrium, faisant son compte qu'il trouveroit les Thoscans en desarroy, id. ib. 59. Quant à
la soude [solde] ordinaire de ceulx qui porteraient les armes pour luy , qu'il la leur payerait, non point à compte, mais à mesure, id. Artnx. 6. Ils succéderont à compte de testes, que l'on dit in capita, et non par branches, que on dit in stirpes, Couslum. génér. 1. 1, p. 766. À vieux comptes, nouvelles disputes , cotghave. Qui vit à compte , il vit à honte, id.
— ÉTYM. Provenç. compte, comte; espagn.
cuenla; portug. conta; ital. conto ; du latin computus , compte , où l'accent est sur com { voy.