COMPTER
COMPTÉ, ÉE (kon-té, tée), part.passé.\\ i° Dont on a fait le compte. Les tètes de bétail ayant été comptées. Vous lui pourrez bientôt prodiguer vos bontés [à votre fils], Et vos embrassements ne seront, plus comptés, rac Andr. iv, 1. Les moments sont comptés; venez.... brikkault, Ninus II, 11, 7. Dans mon coffre tout plein de rares qualités. J'ai cent mille vertus en louis bien comptés, boil. Ép. v. Il Marcher à pas comptés, marcher avec lenteur et gravité. Trois vieilles rechignées Vinrent à pas comptés.... Régnier, Sat. 11. Un valet le portait, marchant à pas comptés Comme un recteur suivi des quatre facultés, boil. Sat. m. ||Fig. La vertu qui ne marche qu'à pas comptés, tioss. Amb. I. L'esprit ne va pasàpas comptés comme l'expression, dider. Ess. s. les sourds et muets. || Fig. Tout compté, et aussi, tout compté, tout rabattu, ou tout bien compté et rabattu, tout bien examiné. M. Bâcle qui tout compté n'était qu'un manant, j. j. HOUSS. Conf. m. Il 2° Réputé, dont on tient compte. Agripi'ine crie que l'adoption n'est comptée pour rien, iuder. Essai sur Claude. Mon père était ami de Colbert, la vertu était encore comptée, st-sim. iu, 123. Les services et non les aïeux furent comptés, ce qui ne s'était guère vu encore, volt. Louis XIV , v. Il Qui a du crédit, qui commande la considération. Cette fameuse Mme de Puysieux, si bien avec la reine mère, si comptée et si impérieuse avec le monde, st-sim. 55, 158. || Proverbe. Brebis comptées, le loup les mange, c'est-à-dire l'excès de précaution est plus nuisible qu'utile.
f COMPTE- FILS (kon-te-fil) , s. m. Loupe pour compter les fils de la chaîne ou de la trame d'une étoffe. |! Plaque circulaire portant des coches.
— ÉTYM; Compter, et fil.
f COMPTE-PAS (kon-te-pA) , s. m. Instrument faisant connaîire à celui qui le porte combien de pas il a faits en allant d'un lieu à un autre.
— ÉTYM. Compter, et pas.
COMPTER (kon-té), v. a. ||i° Faire un calcul. Compter de l'argent. Il compta les baliveaux. Et tout ce peuple ingrat pour qui je périrai, S'enivrant du plaisir de compter mes blessures, delav. \ épr. sicil. 11, G. Voyez, chrétiens, comme les temps sont marqués, comme les générations sont comptées; Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement, boss. Reine d'Anglet. En un mot, qui voudrait épuiser les matières, Peignant de tant d'esprits les diverses manières. Il compterait plutôt combien dans un printemps Guenaud et l'antimoine ont fait périr de gens, boil. Sat. iv. || Compter quelque somme à quelqu'un, lui faire un payement en comptant les espèces. Je lui ai compté mille francs. Il Fig. Ah! souffrez qu'un couvent dans les austérités Use les tristes jours que le ciel m'a comptés, mol. Tart. tv, 3. Sais-je combien le ciel m'a compté de journées? rac. Bèr.iv, 4. || Fig. Compter les heures, les jours, éprouver l'impatience que donne l'inquiétude ou l'attente. Il commençait à compter les moments dans l'attente de son retour, hamilt. Gramm. 7. Tu comptes les moments que tu perds avec moi, rac. 4ndr.iv, 5. Ces maximes sévères Qui font que les enfants comptent les jours des pères, mol. Écol. des Mar. 1, 2 || Compter par, signaler par. Vous ne corupiez vos jours que par des sacrilèges, mass. Avent. Jugcm. Vous compte/, tous vos jours et marquez tous vos pas Par des plaisirs affreux ou des assassinats, volt. Catilin. 1, 5. Et qui, faisant fléchir les plus superbes tètes, Comptera désormais ses jours par ses conquêles, la font. Fabl. Dédie, au Dauph. || Compter dix, vingt an- , nées de services, a\oir servi l'État pendant d:x, I vingt années. H Compter tant d'années, de siècles d'existence, se dit des monuments, des institutions, des peuples qui durent depuis tant d'années, de siècles. j| Poétiquement. Compter tant d'années, tant de printemps, tant d'hivi rs, être âgé de tant d'années. Cette jeune fille corn; tait seize printemps. Ce vieillard compte quatre-vingts hivers. |j Compter les morceaux, se dit d'un avare qui 1 grotte ee qu'il donne à manger. Compterles morceaux de quelqu'un,
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ne lui donner que le juste nécessaire. Compter les morceaux à. quelqu'un, tenir compte de ce qu'il mange et, en général, de ce qu'il dépense. || Compter ses pas, marcher lentement; et fig. Faire les choses avec mesure et circonspection. || Compter tous les pas de quelqu'un, l'observer de fort près. || Absolument, dans la musique , suivre la mesure sans jouer ni chanter. || 2° Faire le compte de. Compter la dépense. Comptez, je vous prie, ce que nous coûte notre séjour à l'hôtel. || Absolument. Avant de partir il faut comp- 1er. || 3° Comprendre en un compte , porter en compte. Comptez-vous ce que je vous ai avancé? Je ne compte pas cela. || Far extension. Vous ne devez compter à vous de vos revenus que ce qui est nécessaire poursoutenir l'état.... mass. Carême, Aum. |! Compter quelque chose à quelqu'un, mettre sur son compte : Il m'a tout compté, jusqu'à la bougie; et tig. lui en tenir compte. Servez donc ce roi immortel et si plein de miséricorde, qui vous comptera un soupir et un verre d'eau donnés en son nom, plus que tous les autres ne feront jamais tout votre sang répandu, boss. Louis de Bourbon. Il est doux pour un amant de faire des sacrifices qui lui soient tous comptés, J. J. rouss. He'l. I, 10. || Ne compter à rien quelque chose, n'en pas faire cas. Je ne vous compte à rien le nom de mon époux, corn. Poly. îv, 3. Depuis quand le retour d'un cœur comme le mien Fait-il si peu d'honneur qu'on ne le compte à rien? id. Suréna, il, 3. || 4° Ranger quelqu'un, queique chose parmi d'autres personnes, parmi d'autres choses. On comptait parmi les conjurés des hommes considérables. Rome comptait la Gaule parmi ses provinces. Je vous compte au nombre de mes amis. Vous que l'Orient compte entre ses plus grands rois, hac. Bérén. i, t. En combattant pour vous, me sera-t-il permis De ne vous point compter parmi mes ennemis? id. Andr. i, 4. Il vous compte déjà pour un de ses sujets, corn. Cinna, m, 1. || Compter parmi ses aïeux, ses ancêtres, avoir au nombre de ses aïeux, de ses ancêtres. Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux Et qui comptait Augusteaurang de ses aïeux, rac. Brit.i, i. || 5°Énumérer. Baruc, Daniel, sans compter les autres, boss. Iiist. il, 13. || 6° Dater. 'Rome] Du règne de Néron compte, sa liberté, rac. Brit. I, 2. || 7" Réputer, regarder comme. Mais peut-être que, prêt à mourir, on comptera pour quelque chose cette vie de réputation ou cette imagination de revivre dans sa famille qu'on croira laisser solidement établie, boss. le Tellier. Comptons donc comme très-court, chrétiens , ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit, id. ib. St Paul ne comptait pour rien d'être jugé des hommes , fléch. Serm. i, 222. Il comptait pour rien les hommes, fén. Tél. 11. Vous ne comptez pour rien l'immortalité , id. ib. vu. Pour quelque chose, Esther, vous comptez votre vie? rac. Esther, 1, 3. Et comptez-vous pour rien Dieu qui combat pour vous? rac. Athal. 1, 2. Comptez-vous vos soldats pour autant de héros? id. Mithr. m, t. Un esprit frivole et léger n'est, capable de rien; et tout ce qu'il entreprend, on le compte déjà pour échoué, mass. Carême, Inconstance. Cette passion honteuse ne compte-t-elle pas pour rien tous les devoirs? compte-t-elle pour beaucoup les bienséances mêmes? mass. Le jour de Noël. Si vous êtes désabusé du monde, pourquoi complez-vous encore pour quelque chose ses jugements? id. Carême, Resp. hum. \\ 8° Faire cas de. On ne daigne peser ni compter mon suffrage , corn. Suréna, 1, t. ||9° V. n. Calculer. Il sait lire, écrire et compter. || Savoir compter, être très-éveillé sur ses intérêts. On siffle le patriotisme; Ce qu'on sait le mieux c'est compter, bérang. Poète de cour. Il Pans compter, c'est-à-dire à pleines mains, quand il s'agit de prendre ou de recevoir ou de donner. Il Ne pas compter après quelqu'un, accepter de confiance ce qu'il dit ou croit, etc. Je trouve vos résultats si probables que je ne compte pas après vous, volt. Lett. Dionis du Séjour, 18 janv. 1775. || Compter patbref, c'est compter sommairement et sur de simples mémoires ou bordereaux de compte. || Cette femme ne compte plus, se dit d'une femine enceinte qui, près du terme, attend de jour en jour son accouchement. |l 10° Arrêter un compte. Nous comptons chaque soir, y C'est un homme qui ne veut ni compter ni payer, se dit d'un mauvais payeur. || Compter avec quelqu'un, régler le compte qu'on a avec lui. || Et fig. Ils comptaient en toutes choses avec eux-mêmes, la bruy. v. Comptons avec nous-mêmes avant que Dieu compte avec nous, mass. Orais. [un. Madame. Mon père devint tout à fait favori [de Louis XIII] et ne compta jamais avec aucun ministre, st-sim.
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G, 81. La valeur et la capacité les plus réelles n'auraient pas suffi, il faut toujours dans de semblables choix compter avec l'opinion des hommes, fontkn. lUarsigli. Que les plaisirs vous couvrent de leurs ailes, Avec le temps vous compterez plus tard, bérang. Bon vieillard. || 11° Rendre compte. 11 faut examiner si M. Fouquet et tout autre surintendant peut être obligé; en aucun cas, de compter de son administration, pellisson, ii, 62. De cette pratique de vertu [la dévotion], le comble de toutes les autres pour le commun des hommes, il [le duc de Bourgogne] ne doit pas être en crainte d'en compter un jour devant Dieu, st-sim. 265, 74. || 12° Se proposer. Il compte partirdemain, Acad. Il compte de se retirer dans un village, fén. Tél. xxiv. Il compte d'aller à Versailles, sév. 609. On compte de faire rebâtir cet appartement, id. 20. C'est qu'ils comptent de n'être jamais hommes, j. j. rouss. Ém. iv. Je compte de me reposer le reste de mes jours, montesq. Correspondance, 20. Son inflexibilité leur assurait combien il comptait d'avoir pris le bon parti, fontfn. Chirac. Je n'ai qu'à vivre de la manière dont j'ai vécu jusqu'à présent; et pourquoi? parce que je compte de me repentir quelque jour, et de me repentir véritablement d'avoir ainsi vécu, bourdal. Pensées, t. 1, p. 387. Il Compter que, compter de, estimer, croire. Comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir. Dubois comptait d'avoir fait beaucoup en réduisant l'Angleterre à consentir à la disposition des successeurs de Parme et de Toscane en faveur des descendants d'Espagne, st-sim. 490, 118. Peutelle compter d'en être crue sur sa parole? mass. Myst. Assompt. Après la réprimande qu'elle comptait qu'on lui eût faite , hamilt. Gramm. 4. Il 13" Compter sur, avoir espoir, confiance. On ne pouvait jamais compter sur lui, hamilt. Gramm. 4. Personne n'ose lui dire qu'il ne doit plus compter sur la vie, mass. Mort. Nous comptons tous sur toi, comme si dans ces lieux Nous entendions Caton, Rome même et nos dieux, volt. Mort de César, m, 3. || 14" Dater. La république romaine compte de l'expulsion desTarquins. || À compter de, à partir, à dater de. À compter de demain, cet enfant ira au collège. || 15° Être compté. Une syllabe élidée ne compte pas dans les vers latins. Il compte parmi les hommes les plus habiles de sa profession. Les pleurs comptent pour le sourire, Les nuits d'exil pour de beaux jours, lamart. Harm. ni, 4. || Familièrement. 11 ne compte pour rien, il n'a aucune influence personnelle. Il Cela ne compte pas, n'entre pas en compte; et, figurémeut, cela ne fait rien à l'affaire. || 16° Se compter, v. réfl. Se mettre au nombre de. Je ne me compte point pour un de vos sujets, corn. Hor. 11, i. Elle apprend à se compter pour rien, boss. Lett. abb. 118. Le triste Antiochus Se compta le premier au nombre des vaincus, rac. Bérén. 1, 4 j| Être compté. Cela se compte. Cela ne se compte pas. || Proverbe. Qui compte sans son hôte compte deux fois, c'est-à-dire quand on fait son compte dans une auberge sans l'hôtelier, il se trouve qu'on n'a pas évalué la dépense assez haut, et, en général, quand on fait des arrangements sans consulter les personnes qui y sont intéressées, on court risque d'avoir des mécomptes.
— REM. 1. Racine a dit : Et l'on sait que toujours la Colchide et ses princes Ont compté le Bosphore au rang de leurs provinces, Mithr. 1, 1. On a critiqué compter au rang, objectant qu'on dit mettre au rang et compter au nombre. Mais cette critique n'est pas fondée; et l'on peut aussi bien compter dans un rang que dans un nombre. || 2. Compter de faire, ou compter (aire. L'un et l'autre se disent ; le dernter est plus usité présentement; l'autre l'était plus autrefois.
— HIST. xi" s. Je ai cunté, n'i a mais que sept lieues, Ch. de Bol. exciv. || xir s. Or menrez [mènerez] vous honteuse vie ci ; Si vous conte on avoec les recreans , hues d'oisi , Romancero, p. 103. Il xiii' s. Sans les autres richesses que je ne sai conter, Berte, xcvn. Et quant le [la] cozo faut, et il ont conté ensanlle de la perte ou du gaaing qu'il y orent, la compaingnie est faillie, beaum. xxi, 30. Et qui ainsi conte, il conte sagement et loialment, id. xxix, 14. Tuit li enfant d'un mariage, quant il vienent en compaignie avec le secont mariage ou avec le tiers, ne sont conté que por une sole personne, in. xxi, 8. Il xv° s. 11 [Charles VI] pensoit les [Bretons , Normands, etc.] embesogner sur les Parisiens qui avoient fait faire et forger les maillets; et compteroit-on à eux [leur demanderaiton compte], froiss. 11, 11, 103. Et si ne leur vint à nul profit qui à compter fasse, ID. 1, 1, 138. Au fui, martir on me devra nommer, Se Dieu d'amours fait
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nulz amoureux saints, Car j'ay des maulx plus que ne sçay compter, en. d'ori.. Bal. 10. Si veit [elle vit] que sa philozomiedonnoitàcongnoistre qu'elle comptast pou (peu] à une telle adventure dont elle se cotnplaignoit, Perceforest, t. 11, f°!37. Affermant que, s'il l'y trouvoit, il compteroit avec lui [aurait affaire à lui] et le feroit retourner outre son plaisir, louis xi, Nouv. Lxxm. H xvi« s. Compte nous entièrement l'ordre, le nombre et la forteresse de l'armée, rab. Pant. 11, 26 Vous comptez sans vostre houste, id. ib. Mon cousin, ce porteur vous sçaura bien au long compter de l'empeschement que j'ay eu jusques icy, marg. L. 29. Vous ne vous repentirés d'avoir prochassé de l'honneur à ceulx desquels vous pouvés conter la maison la vostre mesmes, id. ib. 147. En un beau corps il ne fault qu'on y puisse compter les os et les veines, mont, i, 192. Tout compté, il y a plus de peine à garder l'argent qu'à l'acquérir, id. i, 31 5. Je ne sçais compter ny à ject ny à plume, id. m, 59. Qui compte seul, compte deux fois, comme celui qui compte sans son hoste, loysel, 206. Comptant le nombre des victoires qu'il avoit emportées, amyot, Péric. 73.
— ÉTYM. Provenç. comtar, condar ; anc. catal. comptar; espagn. contar ; ital. coulure; du latin computare , compter, de cum, et putare , penser (voy. putatif).
f COMPTEUR, EUSE (kon-teur, teù-z'), s. m. etf Il 1" Celui, celle qui compte. S'il n'avait entendu son compteur à la fin Mettre la clef dans la serrure, Les ducats auraient tous pris le même chemin, la font. Fabl. xii, 3. || 2° S. m. Appareil qui sert à compter le temps, la vitesse en certaines machines. H Instrument qui serl à mesurer la quantité de gaz d'éclairage consommée par jour ou par mois dans une maison ou un établissement. || Terme de marine. Montre à secondes d'une exactitude éprouvée. || Terme d'ait militaire. Compte-pas. || Partie de l'orgue. || Cabriolet-compteur, cabriolet de place qui s'est vu quelque temps à Paris et dont le prix se réglait d'après le nombre de minutes pendant lesquelles la voiture avait marché.
— ■ HIST. xiii" s. Li quatre prudoume qui gardent le mestier doivent mestre et establir les conteeurs, Liv. des met. 272. || xive s Les compteurs [à la poissonnerie] ne pourront avoir de chacun millier de harans à compter, qu'un denier, c'est assavoir du vendeur maille et de l'acheteur maille, Ordonn. des rois de Fr. t. 11, p. 359. || xve s. Qui a le monde ainsi destruit, Et par qui sueffre il tant de maulx? Je le diray, entendez tuit: Puis qu'il vint tant de cardinaux, De compteurs [gens de finances], de divers papaux.... eust. desch. Poésies mss. f° 2G7, dans i.acirne.
— ÉTYM. Compter.
f COMPTEUSE (kon-teû-z') , s. f. Celle qui arrange les mains de papier.
— ÉTYM. Compter.
COMPTOIR (kon-toir) , s. m. \\ 1° Table petite ou grande sur laquelle le marchand compte son argent et où il l'enferme, et sur laquelle il fait voir la marchandise qu'on lui demande à acheter. La chambre, bien cadenassée, Permettait de laisser l'argent sur le comptoir, la font. Fabl. xn , 3. || Demoiselle, dame de comptoir, demoiselle, dame qui est assise au comptoir et qui y travaille et répond au\ chalands. i| Dans une grande maison de commerce, l'endroit où se font les recettes. || Fig. Passer sa vie derrière un comptoir, vivre obscurément dans les affaires du petit commerce || 2" Bureau général de commerce, établi en différentes localités de l'Inde ou de l'Afrique et ailleurs pour différentes natiuiis de l'Europe. Venise avait eu des comptoirs autrefois sur les bords du Tanaïs, volt. Mœurs, 119. Il 3°Éiablissement secondaire d'une maison de commerce, de banque. Le buisson, le canard et la chauvesouris , Voyant tous trois qu'en leur pays Ils faisaient petite fortune, Vont trafiquer au loin, et font bourse commune; Ils avaient des comptoirs, des facteurs, des agents, la font. Fabl. xn, 7. Il Comptoir de la banque, succursale de la banque de France dans les principales villes de province. Il Comptoir national d'escompte, sorte de banque créée pour aider le commerce par l'escompte de ses effets.
— HIST. xive s. Aucuns siens serviteurs lui avoient rapporté que ilz l'avoient veu furiller et aler autour le dit comptouoir, nu cange, computatorium.\\ xv°s. \prés entrer je le voye En ung co nptouer qu'il avoit, ch. d'orl. Bah 140. Le dit petit enfant au comptoir [bureau] estant où notre clerc escrivoit, louis xi, .\tiuv. xkiii. Il xvie s. Ces deux aidèrent à le porter [le mari] jusques dans sa chambre, où une fou le il-' p irens el de voisins accourans, le roi fui
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réduit dans le contouer accompagné de son second, d'aub. Uist. h, 332. Il falut ouvrir la porte, cacher les trois compagnons dans un comptoir, in. Conf. i, 8. M. Le Coq, procureur en cour d'Kglise, en serrant certains papiers qui estoient sur son contoir,
— étym. Compter. -
f COMPTORISTE (kon-to-ri-sf) , s. m. Celui qui tient le comptoir; celui qui a de l'habileté à faire les comptes du commerce. || Inusité.
— ÉTYM. Comptoir.
| COMPULSATION (kon-pul-sa-sion), s. f. Action de compulser.
— ÉTYM. Compulser.
COMPULSÉ, ÊE (kon-pul-sé, sée), part, passé. Registres compulsés avec soin.
COMPULSER (kon-pul-sé), r. a. || 1° Terme de jurisprudence. Proprementet anciennement , obliger un notaire ou autre per.-onne publique en vertu de lettres obtenues en chancellerie, à délivrer des actes dont il garde les minutes. || Aujourd'hui se faire montrer quelque pièce qui est chez un notaire ou autre personne publique. || 2° Rechercher dans des papiers ou des livres. 11 compulsa tous les auteurs.
— HIST. xvic s. Compulser touts registres qu'ils verront, pour la preuve du faict, estre nécessaires, condë. Mémoires, f" 704.
— ÉTYM. Le latin compulsare, forcer, obliger, de cutn. avec, et pulsare, pousser (voy. pousser).
f COMPULSIF, IVE (kon-pul-sif, si-v'), ad;. Qui oblige, contraint. Il lui faut [à l'État J une force universelle et compulsive pour mouvoir et disposer chaque partie de la manière la plus convenable au tout, j. j. bouss. Contrai, H, 4.
— ÉTYM Lat. compulsum, supin de compellere , de cum, et pellere, dont pulsare est le fréquentatif (voy. poussi r).
fcOMPULSION (kon-pul-sion), s. f. || 1° Terme didactique. Contrainte, ou force qui contraint. || 2° Action de compulser Minutieuse et longue compulsion. On m'afait payer un droit de compulsion.
— HIST. xivc s. Compulsions de payer la ditte ayde. Ordonn. des rois de France , t m. p. G86.
— étym. Le latin compulsio, de compulsum, supin de compellere, de cum, et pellere (voy. pousser).
COMPULSOIRE (con-pul-soi-r'), s. m. Terme de j risprudence. Moyen d'instruction pour rechercher unepièee. |] Procédure dont l'objet est de contraindre un notaire, un greffier ou autre dépositaire de titres, actes, registres, à les représenter, ou à en délivrer ou à en laisser prendre copie. || Acte par lequel le juge donne permission de compulser les pièces qui sont chez un notaire ou autre personne publique. || Procès-verbal dressé en celte circonstance par l'officier public. || On désigne Souvent ainsi la vérification des registres d'un négociant. || Anciennement Lettres de compulsoire , lettres accordées en chancellerie pour obliger une personne publique à représenter des titres en dépôt chez elle.
— hist. xvie s. Tout aussi tost j'avale, Sans dans la grande sale Attendre un compulsoire, J. le houx, iv. J'en connois plus d'une douzaine en nostre ville à qui li peau et la plume démangent, et n'attendent qu'un compulsoire, pour faire extraits et vidimus de leurs Menippées beaucoup plus sanglantes que la première, Sat. Mén. p. 236.
— ÉTYM. Le latin compulsum, supin de compellere (voy. compulsif); provenç. compulsori; espagn. compulsorio.
COMPUT (kon-put'), s. m. Supputation qui sert à régler les temps pour les usages ecclésiastiques, et par lequel on entend les méthodes du cycle solaire, du nombre d'or ou de l'épacte, de la lettre dominicale et de l'indiction romaine.
— HIST. xni" HoraHlus fut li premiers entre caus [ceux] qui sorent latin, qui traita del compost et ordena le calendier, Comput, f° I. || xvc s. Ung frère du suppliant, qui va à. l'escolle et alloit estudiant le compoust, du cange, computus.
— étym. Comput (provenç. compot ; espagn. compulo) vient de computus, calcul (voy. compter); mais l'ancien français disait compost qui a été usité jusque dans le xvir siècle, et qui vient decompositum, arrangé, disposé (voy. composite).
t COMPUTATION (kon-pu-ta-sion) , s. f. Supputation de temps relative au calendrier. || Terme de jurisprudence. Computation d'un délai, sa fixation précise.
— ÉTYM. Le latin computatio (voy. computer) .
t COMPUTER (ken-pu-té), v. n. Supputer les temps relatifs au calendrier. On compute encore par
les ères julienne, grégorienne, etc. ckateauer. G ('■me. i, iv, I .
— HIST. xvie s. Socrates, pour n'avoir sceu computer les suffrages de sa tribu, mont, iv, <33. Il estoit pour lors gouverneur de l'Estat de Milan pour l'empereur, où Ferdinand de Gonzagues ayant mesme charge, cela se peut computer aisément, brant. Cap.fr. t. ii, p. 331, dans lacurne.
— ÉTYM. Le latin computare (voy. compter).
COMPUTISTE (kon-pu-ti-sf) , s. m. Celui qui travaille au comput. || Officier chargé de percevoir certains revenus de la chambre apostolique.
— ÉTYM. Comput.
f COMTAL, ALF. (kon-tal, ta-F), adj. Qui appartient à un comte. Il reste aux meilleurs bourgeois une certaine pudeur qui les empêche de se parer d'une couronne de marquis, trop satisfaits delà comtale, labruy. xiv.
— ÉTYM. Comte; provenç. comtal ; espagn. condal. COMTAT (kon-ta), s. m. Le comtal Venaissin,
ou. simplement, le Comtat, le comté d'Avignon, territoire enclavé dans la Provence et qui a appartenu aux papes depuis l'établissement de Clément V à Avignon, en 1308, jusqu'à la réunion de ce territoire à la France pendant la Révolution.
— ÉTYM. Le latin comitatus (voy. comté).
COMTE (kon-tf) , s. m. || 1° Nom de certains dignitaires des derniers temps de l'empire romain et du bas-empire. Comte du sacré palais. || Spécialement, commandant militaire. || 2° Dans les États fondés par ies barbares, fonctionnaire gouvernant une division du territoire sous l'autorité du roi. Un comte franc. Charlemagne convoquait aux assemblées les évèques et les comtes. Les rois.... S'endormaient sur le trône, et, me servant sans honte, Laissaient le sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, boil. Lutr.u. || Sous le régime féodal, souverain d'une seigneurie du premier degré. || 3° Titre de noblesse, qui désigne le dignitaire d'un rang au-dessus des barons. Quand Napoléon Ier rétablit la noblesse, il créa des comtes et non des marquis; la Restauration rétablit le titre de marquis qui fut d'un rang plus élevé que le comte, bien que jadis il n'eût pas cette valeur. Le comte de Tufière est-il ici, mon cœur? — Oui, monsieur, le voici. — Cher comte, serviteur, oestouches, le Glorieux, n, <4.
— HIST. XIe s. E se alquens, u quens, u provost, mesfeïst, Lois de Guill. 2. 11 en apelet et ses dux et ses cuntes , Ch. de Roi. n. Et de Gascoigne li preuz quens Acelins , ib. xn. || xne s. Li cons Rollans, Ronc. p. 9. Deux de vos contes, ib. p. -io. Li uns fut dux, li autres cuens puissant, ib. p. 163. Li cuens de Blois devrait bien mercier Force d'amors qui lui donna amie, Coud, xxi. [Il mandera] Et le conte Richard où Normandie apent, Sax. xxi. Quant li cuens les y sut, moult lui fu bel et bon, ib. xxii. || xme s. Cil dui conte estoient cousin germain et neveu le roi de France et neveu le roi d'Engleterre, villeh. ii. Et par la grâce de Dieu si advint que li quens Thiebaus de Champaigne et de Brie prist la crois, id. iv. Que tout li grant seigneur, li conte et li marquis, Rerte , v. Li quens les heberja moût honorablement, ib. ix. Femme au duc de Sassoigne, qui ert [était] quens et marquis, ib. xxx. Duc est la première dignité, et puis contes, et puis vicontes, et puis barons, et puis chastelains, Liv. dejust. 67.
— ÉTYM. Provenç. coms , comte; catal. compte; espagn. conde ; ital. conte; du latin comitem, compagnon, puis titre de dignité dans l'empire romain et dans la féodalité. L'ancien français quens, cuens ou cons et le provençal coms sont le nominatif et viennent de cornes; comte est le régime et vient de comitem; au pluriel nominatif li comte, au régime les comtes, viennent de comités (toutes ces formes étant déterminées par l'accent latin qui reste toujours sur la première syllabe).
COMTÉ(kon-té),*.m. Terme de féodalité. || l°Titre en vertu duquel le possesseur de certaines terres prenait la qualité de comte. || 2° Territoire possédé par un comte. || Division territoriale ou seigneurie possédée par un comte. || 3" S. f. comté-pairie, v. pairie.
— REM. Comté a été féminin ; d'où la Franche- Comté, où le nom propre a conservé l'ancien genre, et une comté-pairie. Ils vont voir un comte dans sa comté, sév. 442. Au reste l'historique montre que le genre a varié et que le masculin est autorisé aussi.
— HIST. XIe s. Se il est inplaidé et seit mis en forfait en le countê, Lois de Guill. 3. || xme s. Et ci! qui est semons n'a riens en la conté de Clermont, beaum. 59. Le roy s'en vint par la contée de Provence jusques à une cité que en apele Ays en
Provence, joinv. 289. || xve s. La comté de Flandres,