ON
CON
cluent, pasc. dans cousin. || Impersonnellement. II se conclut de ce passage que.... pasc. Prov. 13. Il se conclut fort bien de vos maximes qu'en évitant les dommages de l'Etat on peut tuer les médisants en sûreté de conscience, m. ib. 7.
— HIST. xm8 s. Qant ge l'oi fait dou tôt conclus, Ge m'en parti, il n'i ot plus, Ren. 21129. Jurés fort et la foi bailliés, Ains que conclus vous en ailliés, la Rose, 7490. Car riens qu'il voil, el ne refuse; S'il opose, el se rent concluse; S'ele commande, il obeist, ib. 2U42. Et celé, qui ot grant esmoi, Au miex que pot de ce s'excuse; Mais la dame la fist concluse Par les resons quel li sot rendre, Si que plus ne se pot défendre, ruteb. 268. ||xives. Doncques puis je bien encore conclure que la consideracion et le propos de nostre bon roy Charles est à recommander, qui fait les bons livres et excellens translater en françois, oresme, Prol. Et de celles choses faire ses moyens et aussi conduire telles conclusions, id. Eth. 1H. Nous en avons conclu par raison, id. ib. 17. Une raison sophistique qui nie et conclude faulz, id. ib. 194. Et pour ce n'est il pas comme nous concludion en une doubte ou raison dessus mise, id. ib. 211 . Et ce que ceste raison conclut est bien vérité selon les vertus natureles. id. ib. (90. Et pour ce vouloit il conclurre que l'en [l'on] ne le devoit pas lier ne enchaîner, bercheure, f°69, verso, y xve s. Voulez-vous que ces besognes se concilient? froiss. 11, m, 72. Fut conclud envoyer devers eulx et entreprendre la pacification, comm.
I, 8. Quelque chose que sçaivent faire les hommes en telles matières, Dieu y conclud à son plaisir, id. ni, 2. Vos semblans et décevantes paroles m'ont conclue et rendue en vostre obéissance, louis xi, Nouv. xxxm. y xvie s. Par quoy un faict courageux ne doibt pas conclure un homme vaillant, mont.
II, 7. Aprez plusieurs remontrances, il conclud que le plus beau estoit.... id. n, 36. Des humeurs des princes, ils en concluent les conseils, id. h, iiu. Cette incitation est si mal concluante , que' je la treuve plus forte au revers, id. m, (33. Le: capitaines des Thebains ayans desja conclud de se retirer, amyot, Agèsil. 54. si fut pour ce jour là l'assemblée rompue sans y rien arrester uy conclurre, id. Pomp. 40. Et concluant à mort contre elle, là feit condemner et exécuter, id. Démosth. 21. De là ils commencèrent de traitter avec respect pour conclure sans seureté ; ils en faisoient assés pour offense, non pour défense, d'aub. Conf. n, 5. Et tout en l'instant la paix fusconclucte et arrestée par sa dicte majesté, carl. ix, 6).
— ÊTYM. Provenç. conduire, conclure; catal. conclouer; espagn. concluir ; ital. conchiudere; du latin concludere, de cum, et cludere pour claudere fermer (voy. clobe).
CONCLUSIF, IVE (kôn-klu-zif, zi-v'), adj. Qui indique une conclusion. Proposition conclusive. Conjonction conclusive.
— ÊTYM. Provenç. conclusiu; espagn. et ital. conclusivo; du latin conclusum, supin de concludere conclure.
CONCLUSION (kon-klu-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1- Arrangement final d'une affaire La conclusion de ce traité, de cette affaire a présenté de grandes difficultés. On dit qu'un homme est ennemi de la conclusion, pour exprimer qu'on ne peut terminer une affaire avec lui. || 2» Par extension, résultat final, terminaison, dénoùment La conclusion d'un roman. Ce concile eut une heureuse conclusion, boss. Hist. 1, u. Ce premier point eut par fortune Malheureuse conclusion, la font. Tabl. Il 3" Résultat d'une délibération. La conclusion fut que l'on marcherait incontinent vers l'ennemi Il 4" Terme de logique. La déduction d'un raisonnement, d'un discours. La conclusion de son discours fit beaucoup d'impression sur l'auditoire. La majeure est inepte, la mineure impertinente et la conclusion ridicule, mol. Mariage forcé 6 Qui ne tirât de vos principes quelque méchante conclusion pasc Prov. 7. H en tire des conclusions admirables ' id. ib. Voici la conclusion que vous devez tirer' mass. Avent, Jug. J'en tire mes conclusions pour là thèse générale, sév. 443. Belle conclusion et digne de lexorde, rac. Plaid, m, 3. Rjen de plus dangereux eu physique que ces conclusions trop générales, bonnet, Ubserv. Pucerons. || Adverbialement, dans le style familier, bref, en un mot Conclusion je n'en veux rien faire. Conclusion qu'il ne la put fléchir, la font. Faucon. \\h° Au plur. Terme de procédure. Énoncé de ce qu'une partie demande
a un tribunal de juger. Conclusions au fond principales, subsidiaires, ad'd ti ii, , Le tribu lallui a
adjugé ses conclusions. || Enoncé de ce qu'une partie
demande contre son adversaire. || Conclusions du ministère public, énoncé de l'opinion du ministère public ,ses réquisitions. Les conclusions du procureur général contre l'Encyclopédie n'ont-elles pas été plus ■orles que le mandement de notre archevêque' volt Vial. 30. L'avocat général Marigny'prend des conclusions contre l'héritier de la couronne [Charles VIII id. Mœurs, 79. On prend des conclus,..,,,, pu's on rend un arrêté conforme au bon plaisir du maire P. L. COUR.i, 164. H Conclusions conformes, conclusions contraires, conclusions du ministère public conformes ou contraires à la décision rendue.
— SYN. conclusion, conséquence. Dans un raisonnement, la conclusion est la proposition finale qui découle des prémisses. La conséquence est la proposition, finale ou non, qui découle des prémisses Un raisonnement n'a qu'une conclusion; ma, s il peut avoir plusieurs conséquences. Mais à un autre point de vue, la différence est que la conséquence est le lien intellectuel entre les prémisses et la conclusion; la conclusion, nommée aussi le conséquent est la proposition même qui est déduite. La conséquence peut être juste et la conclusion faussé si l'on part de principes faux.
— HIST. xive s. Donc, dis nt les autres, il faut que cet argument soit leu, et si orrons la conclus on de vos debas et comment il est jugié, Modus, fu lu, verso. Or fault respondre à la raison Qui faict fin et conclusion, ib. f°cxu. Celui qui ai me discipline ou mathématiques vers conclusions spéculatives, ohesme, Eth. 306. La conclusion s'en suit de nécessité, id. th. <98. Et après l'en doit estudier comme par eulx et de eulx l'en viegne aus termes et as conclusion, des sciences, id. ib.xi, 17. Les conclusions de plusieurs sciences sont nécessaires, si comme celles de géométrie, id. ib. 66 Et la conclusion Est telle,
beaux seigneurs, que nous vous livrerons l es clefs de la cité.... Guescl. 8713. En conclusion, il ordonnèrent que une preuve s'en feroit loyaument, bercheure, f" 6. y xve s. Pour arriver à une telle fin et conclusion, froiss. ii, 11, (26. Adieu, court; je te lesse; Trop m'as tenu; et pour conclusion, lo'ulz la poursuit, et saiges la delesse, e. desch. Intérieur des cours. Ma dite dame ne peut en cetie matière faire fors tant seulement conclusions civiles: les conclusions crimineuses appartiennent au procureur du roi, monstrel. llv. 1, ch. 48. Les seigneurs qui là estaient prirent conclusion d'estre le lendemain au conseil tous ensemble pour ceste besogne, fenin (407. Les pensées et conclusions [du duc .le Bourgogne] estaient grandes, comm. 1, 4. La mort qui depart touies choses et change toutes conclusions, id. m, 9. Pour conclusion, elle les rappella par sottise id. vu, 2. y xvie s. Sur le poinct de la conclusion [de l'accord], mont, i, 28. Il y a infinis exemples do pareilles conclusions populaires [résolutions], m. 11,38. Si furent leurs propos à la première rencontre les plus gracieux qu'il est possible : mais à la lui la conclusion n'en fut ny belle nv bonne, amyot Pomp. 47.
— ÊTYM. Provenç. conclusio ; espagn. conclusion: ital. conclusione; du latin coyielusionem , de conclusum. supin de concludere, conc
t CONCLUSUM (kon-klu-zom'),s. m. Décret de la diète germanique ou du conseil auli [ue. | ( e ,,, ,'t [s'emploie quelquefois par plaisanterie pour dire ce qui est conclu. Je voudrais connaître votre conclusum.
— ÊTYM. Lat. conclusum, chose conclue part passé neutre de conc udere.
fCONCOCTEUR, TRICE (kon-ko-kteur, ktri-s') adj. Terme de médecine. Qui procure la digestion la coction. '
— ÊTYM. Voy. C0NC0CTI0N.
CONCOCTION (kon-ko-ksion), s. f. Dans l'ancienne physiologie, la digestion des aliments || Dans l'ancienne pathologie, maturation des humeurs
— HIST. xvi' s. Par ce moyen on révoque nature de son mouvement à l'expulsion des humeurs , molestent, pour l'empescher à la concoclion des viandes, paré, Au lecteur.
—ÊTYM. Le latin concoctio, de cum, cl coctio coction.
tCONCOLORE (kon-ko-lo-r'), 1 tique. Qui est partout de même couleur.
— êtym. Le latin concolor, de cum, et , couleur.
CONCOMBRE (kon kon :,). s. m. || i" Plante potagère qui produit, f ruilsl 1 ;, , m prj cylindrique (cucumis ativus, L.). || Le fruit de cette
lD ' en , l du m u aux concombres ou
; ■ li'ii. n, BU. Il 2" Con- ,: mb ' ■■•"'* < mbre d'i ne (momon
COIN
CON
CON
elaterium, /..), plante qui ne ressemble au concombre commun que par son feuillage, et dont le fruit n'a guère ur d'une noix et donne
rait fort employé autrefois sous le nom d'elaterium et violemment purgatif. || 3° Concombre de mer, plusieurs échinodermes et quelques holothuries.
— hist. xm' s. Cocopibres sont froides et m
rit degré, alebrant, f° 57. Hxvi" s. Pline prend le plus souvent le concombre pour le melon, confondant ces deux fruits sons mesme i lalion , o. de serres , 538. Des concombres communs y a il, blancs, verts, grisâtres, grands, moiens. pet ts, discernés par telles qualités, id. 546.
— ÉTYM. Génev. et Berry, cocombre; bourguig. cocombre; Saintonge, courombre, queucombre; provei ç. cogonibre; ital. cocomero; de l'accusatif latin cucumerem, où l'accent est sur la même syllabe que
les langues romanes. Marg. Buffet, Observ. p. «2, remarque, en iot.8, que beaucoup disent : bs, et d'auti cona mbrt ■ m. os que co-
combre est le meilleur. Maintenant cocombre est un ; i -me.
CONCOMITANCE (kon-ko-mi-tan-s') , s. f. Existence simultanée de deux ou de plusieurs choses. Li s formalités plus ou moins anciennes ou variées qui accompagnent la réception n'en sont que les
mitances, sï-sim. 300, (36. 11 est arrivé que par la i ollier — enfin je ne me
souviens pas bii n de tout cela, hegnard, Sérénade, se. 16. || En termes de théologie, par concomitance. Le sang de J. C. dans l'eucharistie est sous l'espèce du pain par concomitance.
— HIST. xvie s. Si le corps y est, aussi par conséquent et l'ame et la divinité y sont ensemble avec le corps ; si on leur nie ceste déduction qu'ils appellent concomitance, que feront-ils? calv. Jnslit. 1 1 33.
— Étym. Concomitant.
CONCOMITANT, ANTE (kon-ko-mi-tan , tan-t'), adj. Qui se produit en même temps, qui accompagne. Les événements concomitants font comprendre cette disposition des esprits. || Terme de médecine. Symptômes ou signes concomitants, ceux qui accompagnent les phénomènes essentiels et caractéristiques d'une maladie et ne sont qu'accessoires. || Terme d'acoustique. Sons concomitants, sons niques, ainsi nommés, parce qu'ils se produisent sp mtanémi ni el accompagnent ainsi touiours le son fonda uental. 11 l'aul remarquer que M. Ram f; dériver toute l'harmonie de la résonnance du corps sonore; et il est certain que tout son es I ." d troi autres sons harmoni-
ques concomitants ou accessoires qui forment avec lui un fait, tierce majeure, j. J. rouss.
.. . . ■ pi inr i a mus. || Terme de théolo I âce concomitante, celle que Dieu
■ l n is le cours des actions pour les rendre mé-
ritoires.
— i.tym. Le latin concomitari, de cum, avec, et comiîari, accompagner, de cornes, compagnon
| CONCORDAMMENT (kon-kor-da-man) , adv. D'une manière concordante. Tous les témoins ont déposé concordamment.
— HIST. xv' s. Avons esté empesché de concourdamment vacquer et entendre aux faiz et besoingnes, Preuves sur le meu tre du duc di Bourg, p. -'65,
dans LACURNE.
— ÉTYM. Concordant, et le suffixe ment.
CONCORDA IST.E (kon-kor-dan-s') , s f. || 1° Rapport de conformité. La concordance des témoignages. Je fus frappé de la concordance de leur songe, bern. de st-p. Paul et Vire/. || 2' Nom donné à différents livres où l'on s'est proposé d'accorder le passages des Écritures qui paraissent opposés les uns aux autres. Il La concordance de la Bible, index contenant tous les mots de la Bible, et indiquant tous les endroits où ils se trouvent. || Concordance des calendriers, tableau servant à établir le rapport qui existe entre le calendrier républicain et le calendrier grégorien. || 3° Terme de grammaire. Accord des mots entre eux. La concordance du substantif avec l'adjectif. Syntaxe de concordance, celle par laquelle deux ou plusieurs mots s'accordent entre eux; elle est opposée à la syntaxe de détermination ou de régime.
— HIST. xir s. Sire, fait cil, la concordance Ot [il ouit] de tei e del rei de France, benoît, ii, 6225. [Quelques-uns] ki par une concordance soi conjoindent encontre nos, Job, 453. ||xm" s. Il avoient oï tesmongnier alor pères et à lor aieus, que ceste concordance l'u fête entre le conte Raoul de Uermont et ses ho is de le '[la] conté de Clermont, : xxxii, il. Procureres ne pot fere pes ne mi e, m
acordance, ne concordance de le [la] querele son si gn ur, se li pooirs....n>. 86. Et furent faitsceses-
- mens [de St-Louis] par grand conseil de sages hommes et de bons clers , par les concor-
is des lois et des canons et des decretales, Ord. des rois de Fr. t. i, p. to7.
— étym. Concordant; espagn. concordancia ; ital. concordanza.
f I. CONCORDANT, ANTE (kon-kor-dan, dan-t'), adj. || 1°' tu régie- la concorde. Le prince de Monaco y ramena sa femme [à Monaco]; le ménage n'en fut pis plus concordant, st-sim. 348, 72. Ruse avait marié sa petite-fille à Portail; le mariage ne fut point concordant, id. 85, 112. j| 2° Qui est en rapport. Voici la doctrine catholique parfaitement concordante dans toutes ses parties, boss. Projet. Il Terme de droit. Qui s'accorde. Les présomptions doivent être graves, précises et concordantes. Il Terme de minéralogie. Stratification concordante , stratification à couches parallèles.
— HIST. xvi° s. Et quoy que feu à l'eau contraire soit. Humide chaut toutes choses conçoit: Et par ainsi concorde discordante À geniture est apte et concorlante, marot, iv, 35.
2. CONCORDANT (kon-kor-dan), s. m. Nom qu'on donnait à une espèce de voix entre la taille et la basse-taille, et qui pouvait chanter l'un et l'autre. Un bon concordant On dit aujourd'hui baryton.
f CONCORDANTIEL, ELLE (kon-kor-dan-si-èl, è-1'), adj. Terme didactique. Qui établit la concordance entre des textes, des calendriers, etc. Table concordantielle. Lexique concordantiel.
— ÉTYM. Concordance.
CONCORDAT (kon-kor-da; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel ïs se lie : leskon-korda-z et.... Concordats rime avec fracas, mâts, etc.), s. m. Il 1" Accord, traité fait entre le pape et un souverain concernant les affaires religieuses de l'Ëtat. H Traité entre le pape Léon X et le roi François Ie' qui convinrent que, les églises cathédrales et les métropolitaines ainsi que les abbayes venant à vaquer, les chapitres ni les monastères n'auraient plus droit d'élire leurs pasteurs, à moins que d'en avoir un privilège particulier du samt-siége, mais que le roi, comme patron de toutes les églises de son royaume, nommerait ces pasteurs; et que le pape ■ innerait les provisions sur le brevet du roi. Le chancelier Duprat fit ce fameux concordat, volt. Mœurs, 138. Il Traité fait en 1801 entre Napoléon premier consul et, le pape pour le rétablissement des rapports entre le gouvernement français el le | ape, et 'e règlement des affaires ecclésiastiques. || 2° Terme de commerce. Arrangement suivant lequel un failli obtient do ses créanciers facilité de payement tant par la remise d'une partie des créances que par les délais accordés. || 3" Convention entre les officiers d'un régiment de l'ancienne aimée pour indemniser ceux qui prenaient leur retraite.
— Hisr. xvi° s. N'oubliant le concordat qui jadis fut faict contre les empereurs, que nul empereur ne seroit jamais roy des Deux Siciles, Brant. Pescuyre.
— ÉTYM. Bas-latin conenrdatum , de concordare. f CONCORDATAIRE (kon-kor-da-tè-r') , CONCOR-
DATISTE (kon-kor-da-ti-sf) , adj. Se dit des ecclésiastiques qui approuvèrent le concordat de 1801. [j Terme de commerce. Failli concordataire, failli qui 1 obtenu un concordat.
— ÉTYM. Concordai
CONCORDE (kon-kor-d') , s. f. Union des cœurs ou des esprits. Si c'est pour nous unir d'une étroite
concorde.... rotrou, Bélisaire, m, 2 Leurcon-
1 irde impie, affreuse, inexorable, corn. Cinna', 1, 3. Par lui seul d'entre nous la concorde est bannie, volt. Catil. iv, 2. Il Formulaire de concorde, écrit ajouté par les Luthériens à la Confession d'Augsbourg, pour condamner les Zuingliens.
—HIST. XIIe s. E si cuncorde et pais li tiens, E que te faces crestiens, [il veut | Qu'amor ferme seit establie Entre vous dous sans tricherie, benoît, ii,
6 3 17. E dit qu'en la cuncorde, quant uni lesfist amis, Aveit l'uns dois à l'autre otrié e promis.... 27t. le mort. 53. Il xinu s. Qui mo-ult amoit mieux les descordes Qu'il ne fit les gentis concordes, Bat. des
7 arts. Si r'avions et pais et concorde, la Rose, H7I5. Quel concorde que Ii banisdeLX livres fâche à nous, il remaint banis as hommes de la chitédusqueadont qu'il ara payet i.x sols, tailliar, Recueil, p. 3y. y xive s. Je, dist-il, qui suys aucteur de concorde, bercheure, f° 38, verso. Contencion qui est ennemie et adversaire à concorde, oresme. Eth. 22:1. Amisté appeit estre uns chose semblable à concorde, oresme, Eth. 229. Neiiiiil, ce dit Bertran, par le mien serrement! De concorde, de paix, n'ai
ore nul talent, Guesc'. 22308. || xvi" s. 11 est certain que l'esprit n'est point répugnant à soy : quelle sera donc la concorde [conciliation] ? calv. Instit. 6i2. . — ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. concordia ; du latin concordia, de cum, avec, et cor, cordis, cœur (voy. cœur).
CONCORDER (kon-kor-dé), v. n. || i° Vivre dans la concorde, s'accorder. Ils ne peuvent concorder. [| 2° Être en rapport, correspondre. Leurs témoignages n'ont pas concordé. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— hist. xiie s. Ceo te prie chascun par sei : Concorde nos à nostre rei [fais notre paix], benoIt, ii, 4grg. Quand il soi doint [donne] concordeir az vraiement ploranz. Job, 446. Oreswarde cum proprement se concordent altres paroles encor de l'apostle à cez trois choses, st bern. 570. || xnr s. Et se il ne se pueent concorder, li vallés puet aler en la place au chevef Saint-Gervais, devant la meson la converse, Liv. des met. 132. Doubles est qui son fait ne concorde a son dit, Et qui se met à euvre que sa langue e condit, j. de meung, Test. "sa. Et s'il se puent ambedoi concorder d'enclore à moitiet terre etamoitiet coust, boin ert [sera], tailliar. Recueil, p. 225. Il xive s. Semblablement convient- il que l'appétit concupiscible se concorde, conferme et obéisse à raison, oresme, Eth. too. || xv" s. Si esioient lors grands divisions entre les gens d'Eglise, par le moyen des deux contendanls, lesquels on ne pouvoit concorder ni faire renoncer à l'Eglise universelle, monstrel. 1, ch. 49.
— ÉTYM. Provenç. concordar, concordiar ; espagn. concordar ; ital. concordare ; du latin concordare (voy. concorde).
f CONCOURANT, ANTE (kon-kou-ran , ran-t'), adj. Qui concourt. || En géométrie, lignes concourantes, lignes qui tendent à se rencontrer. || En mécanique, forces concourantes, forces dont les directions convergent vers un même point.
f CONCOURINE (kon-kou-ri-n'), s. f. 'ferme de commerce. Drogue qui sert à teindre en jaune.
CONCOURIR (kon-kou-rir), je concours, nous concourons; je concourais; je concourus; je concourrai; je concourrais; concours, concourons; que je concoure, que nous concourions; que je concourusse; concourant; concouru, v. n. || 1° Se joindre pour une action commune, pour un effet Commun, pour une opinion commune. La conduite de Dieu est admirable pour faire concourir toutes ch la gloire de sa vérité, pasc. Pror (8. Le prince les faisait concourir au bien public, boss. Hist. m,
6. Toutes ces choses concourent à établir les livres divins, id. Hist. 11. <:s. 'fout semblait concourir à le sauver, id. Polit. L'idée de la perfection et celle de la félicité sont deux 1 lées qui concourent, id. Culte, i. Si mon jugement ne me trompe pas, si, rappelant la mémoire des siècles passés, j'en fais un juste rapporta l'état présent, j'ose croire, et je vois les sages concourir âce sentiment, que les jours d'ave v glement sont écoulés et quai est temps désormais que la lumière revienne, id. Reine d'Anglet. Et si de la valeur le succès doit dépendre, J'espère que la mienne y pourra concourir, volt. Triumv. 11 , G. Son fait [d'une devineresse] consistait en adresse; Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse, Pu hasard quelquefois, tout cela concourait; Tout cela bien souvent faisait crier miracle, la font. Fabl. vu, 15. Au milieu de tant de gens concourant à leur plaire, 3. 3. rouss. Ëm. iv. |J Coïncider. Cette époque concourt avec le temps où.... boss. Hist. 1, to. Il 2° Terme de géométrie. Avoir, en parlant de lignes, une direction telle qu'elles doivent se rencontrer. Deux lignes qui concourent en un point. |j3° Avoir les mêmes droits, la même condition. Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement. Il Terme de droit. Se dit en parlanl des créanciers quand leur hypothèque est de même date. H On dit des provisions de làcourde Rome pour un bénéfice qu'elles concourent, quand elles sont datées du même jour, cas où elles sont toutes deux nulles. Il 4° Être en concurrence. Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, pour une chaire de droit, de médecine. Il [Philippe IV] envoya le comte de Fuentes déclarer au roi que les ministres espagnols ne concourraient plus dorénavant avec ceux deFrance [pour la préséance], volt. Louis XI V,
7. Il Se dit aussi en parlant des ouvrages envoyés à un concours. Ce livre a concouru pour les prix de l'Académie. || Subir les épreuves d'un concours. 11 concourt en ce moment à l'école de droit.
— hist. xvie s. Il estoit vulgaire, si d'aultres plus tortes qualité/, n'y concurroieut, de.... mont, m, 64. L'auctonté y concurre quand et la raison, ld. m, 67.
CON
CON
CON
— ÊTYM. Provenç. concurrrr; espagn. ccncumr ; ital. concurrere ; du latin coricurrere, de cum, et ewrrere (voy. courir).
CONCOURS (kon-kour; \'s ne se lie pas: un concours odieux, dites: un kon-kour odieux), s. ni. || 1° Action d'une foule qui se porte vers un point; affluence. Le concours des curieux était très-grand. I. 'audace d'une femme arrêtant ce concours.... rac. Athal. i, *. .le voulais éviter cette foule importune; Au devant de mes pas le concours s'est grossi, m. j. chrnier, Grarques, i, 5. Me refusant d'abord a ce concours d'hommages, ducis, llamlct , iv , 7 . Un airs pénitent de dévots pèlerins. De l'Helvétie entière inonde les chemins, masson, Ilelvétiens, v. || 2" Action de se trouver ensemble, rencontre. Un concours de voyelles formant un hiatus. Le favorable concours des circonstances. Le monde, formé, suivant Démocritc, par le concours des atomes. Fuyez des mauvais sons le concours odieux, non.. An p. i. Formé par un concours fortuit des premiers corps, boss Hist. n, 1. || Coïncidence. Le concours de deux époques. || Terme de géométrie. Le concours île deu\ lignes, leur intersection. || 3° Terme de jurisprudence. Se dit lorsque plusieurs prétendent droit a un même objet. Concours entre créanciers. Concours de privilèges, lorsque plusieurs créanciers privilégiasse disputent la priorité. || Concours d'actions, lorsque plusieurs actions concourent pour obtenir un même résultat. || 4° Action de concourir, de coopérer à un résultat. [Ces choses] dépendent du concours de deux causes, desc. Médit. 4. Et prêtant son concours à ce fameux ouvrage, rotrou, Sl-Gen. iv, 2. Il veut que Dieu l'y soutienne par un concours extraordinaire, bourd. Carême, i, Tentât. 197. Il fallait qu'il y eût un certain concours entre les opérations de l'àme, boss. Conn. de Dieu, 4. || Terme d'administration. Concours de l'État, des communes, intervention financière dans l'exécution des travaux publics, dans une entreprise. || 5° Lutte dans laquelle plusieurs concurrents se disputent des prix, des primes, des chaires; épreuve entre ceux qui prétendent a un emploi, à l'exécution d'une œuvre d'art. Le concours est ouvert. Un brillant concours. Mettre une chaire au coucours. || Concours général, et, absolument, concours, compositions, par classes respectives, entre l'élite des élèves des lycéeset collèges de Paris et du lycée de Versailles. || Dispute ou examen qui se fait à Rome pour obtenir certains bénéfices vacants.
— HIST. xvi" s. Quand il se fait un concours [réunion] de plusieurs personnes pour quelque occasion, amyot, De la curiosité. 22.
— ÉTYM. Espagn. coucurso ; ital. concorso ; du latin concursus, de on», et cursus, cours.
t CONCRESCIBILITÉ (kon-krè-ssi-bi-li-té),.*. f. Qualité de ce qui e t concrescible.
jCONCRESCIBLE I kon-krè-ssi-bl') , adj . Terme didactique. Qui peut prendre une consistance concrète.
— ÉTYM. Latin concrescere, se réunir, de cum, et crescere , croître : croître avec (voy. croître).
CONCRET, ETE (kon-krè, krè-t'), adj. || 1° Terme didactique. Qui a une consistance plus ou moins solide, par opposition à fluide. Les coquilles fossiles liées par une vase plus ou moins concrète. || 2" Terme de grammaire et de logique. Terme concret, celui qui exprime une qualité considérée dans un sujet, par exemple un papier rouge, par opposition à terme abstrait, celui 'lui exprime une qualité séparée du sujet, par exemple la rougeur. || Verb -analyse peut se
résoudre en deux termes : le verbe être et un attribut. Aimer est un verbe concret, car il se décompose en être aimant. || 3" Terme d'arithmétique. Nombre concret, nombre qui exprime l'espèce d'unités: dix soldats, cent moutons sont des nombres concrets; dix, cent sont des nombres abstraits. || 4° Terme île philosophie. Science concrète, science qui a pour domaine un objet particulier, par opposition à science abstraite, celle qui s'occupe des lois générales d'un certain domaine. La géologie est une science concrète, ayant pour sujet la terre, et la chimie est une science abstraite, ayant pour objet les lois générales de la composition et de la décomposition moléculaires.
— REM. L'Acadé nie écrit concrète avec un seul t, et muette avec deux t, ce qui n'est pas conséquent.
— HIST. xvic s. La liqueur demeure concrette et glacée, paré, xviu, 44.
— ÊTYM. Provenç. concret ; espagn. et ital. concret n ; du latin concrelus, du supin concretum, de concrescerc, se réunir, de non. etcresccrc, croître: woitre avec.
f CONCUÉTÉ, ÉE (kon-kré-té, tée), part, passé. Devenu concret. L'opium concrète sur les capsules incisées du pavot dont il découle.
t CONCRÉTER (SE) (kon-kré-té; l'accent aigu se change en accent grave devant une syllabe muette: il se concrète , excepté au futur et au conditionnel : il se concrétera, il se concréterail) , v. réft. Terme didactique. Se coaguler, se prendre.
— REM. Destutt de Tracy a forgé dans son Traité d'idéologie, ch. 6, le barbarisme concrairc : « Cette opération de l'esprit.... n'a point de nom dans la langue française, on peut l'appeler concrairc par opposition à abstraire. » Il aurait beaucoup mieux valu dire concréter activement pour l'opération de former des idées concrètes.
— ÊTYM. Concret.
CONCRÉTION (kon-kré-sion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de s'épaissir, de se solidifier. La concrétion du lait. || 2° Agrégation de parties solides. Concrétion saline, pierreuse. || Terme de médecine. Production de nouvelle formation, organisée ou non, qui se forme dans l'épaisseur des tissus, dans les articulations, dans les conduits et réservoirs. Concrétions arthritiques, biliaires. |i 3° Terme de chirurgie. Adhérence de parties qui doivent être séparées.
— hist. xvie s. Ceste humidité est engendrée après la mort par l'exhalation et concrétion des esprits, taré, n, 10.
— ÉTYM. Provenç. concrecio ; ital. concresione; dulatin concretioncm, de concretum (voy. concret).
f CONCRÉTIONNAIRE (kon-kré-sio-nê-r'), adj. Terme de géologie. Hoches concrétionnaires, roches disposées en masses ou rognons.
— ÊTYM. Concrétion.
f CONCRÉTIONNÉ, ÉE (kon-kré-sio-né, née), part, passé. Terme de minéralogie. Qui a le caractère d'une concrétion. || Terme de géologie. Qui a été formé par infiltration ou par dépôts successifs, comme les stalactites.
f CONCRÉTIONNER (SE) (kon-kré-sio-né), v. réft. Terme didactique. Se former en concrétion.
— ÊTYM. Concrétion.
CONÇU, UE (kon-su, sue), part, passé de concevoir. || 1° Formé dans le sein de la mère. || Fig. Formé dans le cœur, dans l'esprit. Les jalousies conçues sur de fausses apparences, mol. les Préc. se. 5. Cet horrible dessein Ne fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein, rac. lirit. tv, 3. || 2" Disposé, arrangé, combiné. Projet bien conçu. D'une paix mal conçue elle m'a fait le gage, corn. Ilodog. m, 3. Jamais contre un tyran entreprise conçue Ne permit d'espérer une si belle issue, id. Cinna, i, 3. || Exprimé, rédigé. Discours conçu en termes menaçants. Les sentiments des saints Pères, conçus et exprimés en leurs propres termes, pasc. l'rov. 3.
f CONCUBIN (kon-ku-bin) , s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Celui qui vit avec une concubine. || Au plur. L'homme et la femme qui vivent en concubinage. Les libéralités étaient interdites entre concubins.
— HIST. xve s. Le suppliant respondi : ort, vil, villain, concubin, je ne te crains, du çange, concubinarius.
— ÉTYM. Voy. CONCUBINE.
CONCUBINAGE (kon-ku bi-na-j'), s. m. État d'un homme et d'une femme non mariés qui vivent en- ■ Il a fallu, dans ces pays, flétrir le concubinage, MONT) ' Esp xxiii, c. Madelon : Quoi ! débuter d'abord par le mai ig ' - Gorgibus : Et par où veux-tu donc qu'ils dé iu il par le concilia i? MOL. Préc. se. 5. Ce libertinage [du duc >1 Orléans et de Mme d'Argenton], devenu abandon depuis tant d'années , s'approfondissait de plus en plus, et il était devenu non-seulement concubinage, mais ménage public, st-sim. 253, 445.
— hist. xve s. Iceltui Jaquet et Perrette demouroient ensemble en quoqubinaige, du cange, concubinarius. || XVIe s. Donation en mariage, ni concubinage, ne vaut, i.oysel, 127.
— ÉTYM. Concubine.
CONCUlîlN.URE (kon-ku-bi-nê-r'), s. m. Celui qui vit en concubinage.
— HIST. xvi" s. Cela fut très bien dit contre les paillars et coneuhinaircs, la boétie, 312. Don de concubinairc à concubine et de concubine à concubinaire frequentans et conversans ordenairemenl ensemble, ne vaut, Coustumier génér. t. n, p. 177.
— ÊTYM. Concubine.
f CONCUBINAIREMENT (kon-kn-bi-nè-re-man), adv. À la façon des concubinaires.
— HIST. XVIe s. C'estoit à cause des femmes que l'on detenoit concubinairement par force, carl. vi, 5.
— ÉTYM. Concubinaire , et le suffixe ment.
t CONCUBINAT (kon-ku-bi-na), s. m. Chez: les Romains, sorte d'union légale, mais inférieure, qui ne produisait pas les effets civils des justes noces.
— ÉTYM. Voy. concubine.
CONCUBINE (kon-ku-bi-u'), s. f. Femme qui vit avec un homme sans être mariée avec lui. Henri VIII ne pouvait déclarer la tante de l'empereur concubine, volt. Mœurs, 135. || Dans l'antiquité et dans l'Orient, femme qui fait partie du harem d'un prince. Darius se faisait suivre par trois cent soixante-cinq concubines, et toutes en équipages de reines, vaugel. 0. C. liv. m, ch. ». Il À Home, la femme unie par le concubinat.
— hist. xive s. Il [Sardanapalus] restoit tousjours enclos avecques ses concubines, oresme, F.th. v, 9. Il xve s. Et dirent ainsi, que ce duc de Lancastre s'eloit trop forfait et vitupéré quand il avoit espousé sa concubine, froiss. m, iv, 50.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. concubina; du latin concubina, de cum, et cubare, coucher (voy. couver).
CONCUPISCENCE (kon-ku-pi-ssan-s'), s. f. Terme de dogmatique. Le fond d'inclination naturelle qui nous fait désirer la jouissance des biens sensibles et surtout des plaisirs charnels. Une concupiscence naissante, fléciuer, i, -'tas. Ils vous ont porté à chercher votre bien dans les concupiscences qui sont le partage des animaux, pasc. Car. ig. Que si, lâchant la bride à sa concupiscence, Il emporte la jouissance Où l'a fait aspirer ce désir déréglé.... corn. Imit. 1 , G. Les passions de son cœur lui cacbent presque toujours la vérité et ne la lui laissent paraître que lorsqu'elle est teinte de ces fausses couleurs qui flattent la concupiscence, malebr. Recherche, vi, 1.
— SYN. concupiscence, cupidité, avidité, convoitise. La concupiscence est un état habituel de l'âme qui la porte vers la jouissance de toutes les sortes de biens sensibles. La convoitise est un vif désir de quelque chose que nous désirons posséder. L'avidité est un désir insatiable. La cupidité est, d'une façon restreinte, le désir d'avoir de l'argent, ilc> richesses.
— HIST. xiv s. Concupiscence apetice [devient plus petite] par li résister, oresme, Eth. xi, 17. Et un autre fait adultère par sa concupiscence, et y despent du sien et en suefre damage, m. ib. 1 i 3 . Il xvr' s. Il ne fut jamais modéré en ses concupiscences, ny par pauvreté lorsqu'il estoit jeune, ny parl'aage après qu'il fut devenu vieil, amyot, Sy/la et Lysand. 5. La vertu qui règle la concupiscence, et qui limite ce qui est modéré et opportun es voluptez, sr: nomme tempérance, id. De la vertu morale, 2. Le mariage estoit un nom d'honneur et dignité, non de folastre et lascive concupiscence,
— ÉTYM. Provenç. concupiscentia ; espagn. concupiscencia; ital. concupiscenza ; du latin concupiscentia, de cum, et cupere, désirer (voy. cupide).
f CONCUPISCENT, ENTE (kon-ku-pi-ssan, san-t'), adj. Qui est livré à la concupiscence.
— ÉTYM. Voy. concupiscence.
CONCUPISCIBLE (kon-ku-pi-ssi-bl'), adj. Terme
de scolastique. Appétit concupiscible, l'inclination qui porte l'àme vers ce qu'elle considère comme un bien. Les philosophes appellent appétit concupiscible celui où domine le désir, boss. Conn. de Dieu, 1,6. Les anciens philosophes, en analysant l'àme humaine, y admettaient trois facultés, la concupiscible, l'irascible et la laisonnable, behn. de st-p. llarm. liv. v, harm. anim.
— HIST. xive s. Que l'appétit concupiscible se concorde, conforme et obéisse à raison, oresme, Thèse de meunier. L'autre puissance est concupiscible, et généralement tout appétit sensitif, id. Eth. 31. Il xvr' s. La partie intelligente [de l'âme] résiste bien souvent à la concupiscible et irascible, amyot. De la vertu morale, 4. La faculté concupiscible, paré, xv, 52. La vertu concupiscible ou désireuse, id. xvm, 3.
— ÉTYM. Co?icupiscibilis (voy. concupiscence)
t CONCURÉ (kon-ku-ré), s. m. Prêtre qui exerçait la charge de curé concurremment avec d'autres.
— ÊTYM. Con, et curé.
CONCURREMMENT ( kon-ku-rra- man ) . adv.
Il 1° Par un concours mutuel, ensemble. Ils ont agi concurremment. Il faut que le criminel, concurremment avec la loi, se choisisse des juges, montes^. Esp. xi, g. Vous avez saisi mon système: il consiste à attribuer concurremment le droit de faire la paix ou la guerre aux deux pouvoirs que la constitution a consacrés, Mirabeau, Collection, t. m, p. 340. Il 2° En concurrence l'un de l'autre. Ils briguaient
CON
CON
CON
cette charge concurremment. || 3° Ternie île pratique. Au même rang. Ces créanciers viennent en ordre concurremment.
— ÉTYM. Concurrent, et le suffixe ment.
CONCURRENCE (kon-ku-rran-s') , s. f. || 1° Prétention de plusieurs personnes à un même objet. Un fils qui veut entrer en concurrence avec son père , mol. l'Av. îv , 4. Dans les mouvements de l'ambition et les vivacités des concurrences, mass. Car. Conf. Doux et patient dans les concurrences infinies des intérêts et des passions, id. Carême, Samar Dieu rompait une société de plaisirs par des dissensions et des concurrences, id. Profession religieuse, Sermon 4. Tout se réduisit à deux méthodes [pour construire les vaisseaux] : l'une de M. du Quesne si fameux et si expérimenté dans la marine, l'autre de M. Renan jeune encore et sans nom ; la concurrence seule était une assez grande gloire pour lui, fonten. Renau. C'est vous qui leur gagnez sur moi la préférence, Moi que déshonorait la seule concurrence, volt. Catil. II, I. Vous voyez toutefois qu'en cette concurrence Un monarque entre nous met quelque différence, corn. Cid, i, 3. Après une amitié de vingt ans, tous deux se crurent 'les droits h une même place, et cette concurrence, qui aurait détruit peut-être sans retour une amitié commune, ne put altérer celle de MM. d'Aici et le Roi, condorcet, d'Arci: || Èire en concurrence, être en balance, incertain. Grâce à Dieu, mon bonh -ur n'est plus en concurrence, mol. Éc. des L v, 3. |! Entrer en concurrence avec, balancer. Nul intérêt n'était jamais entré dans son âme en concurrence avec la vérité, mass. Or. fun. Conty. Le niérite qui entre en concurrence avec lui, id. Petit car. Tentât. || 2° Terme de commerce. Rivalité entre marchands ou fabricants ou entrepreneurs. Redouter, soutenir la concurrence. La concurrence que certains produits français font aux produits anglais sur les marchés de l'Amérique. || En termes d'économie politique, le principe de la libre concurrence, liberté pour les individus de concourir dans toutes les branches de la production. Concurrence des bras, des capitaux. C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises, montesq. Esp. xx. 10. L'effet, d'un régime réel de liberté et de concurrence est de nous mettre tous dans une situation où chacun peut tirer île ses forces et de ses ressources tout ce que légitimement elles peuvent donner, dunoyer, Liberté du travail, t. i, p. 450. I| 3° Terme de jurisprudence. Égalité de droit . de position, d'ordre. Venir en concurrence avec tel et tel créancier. || Droit qui appartient à différents juges ou officiers publics de connaître d'une affaire. j| 4" Concurrence d'office, terme de bréviaire, qui se dit lorsqu'aux secondes vêpres d'une fett double il se trouve un autre office de fête double qui se doit célébrer le jour suivant. || 5° Jusqu'à concurrence, jusqu'à la concurrence de, jusqu'à ce que telle somme soit remplie, acquittée. Vous rembourserez jusqu'à concurrence de tant. || Absolument. Jusqu'à due concurrence.
— HIST. xvc s. Aucune fois la concurrence Des signes et les mocions Avec les opposicions , eust. desch. Poésies mss. 1° 450, dans lacurne. || xvie s. Si elle meriloit ce beau nom, ce debvoit estre en concurrence, non par privilège, mont, i, 69. [Nous nous liâmes] d'une faim , d'une concurrence pareille, in. i, 2(3. Nous avons formé une vérité par la consultation et concurrence de nos cinq sens, id. Il, 359. La réduction de l'Eglise en bonne concurrence et union de doctrine, m. du bell. 246. Alors ilz departoient à leurs gens des biens qu'ilz y trouvoient, jusques à la concurrence de ce qui leur pouvoit estre deu de soulde, amyot, Eumènes, 15. Il y avoit desja quelque peu de picque entre eulx, et ceste concurrence [pour la préture] les meit encore plus avant en querelle, amyot, Brutus, 8.
— ÉTYM. Concurrent.
CONCURRENT, ENTE (kon-ku-rran, ran-t') , s. m. et f. |i 1" Celui, celle qui prétend à une chose en même temps qu'un autre. Il s'est débarrassé de la foule importune, Du turbulent espoir de tant de concurrents, corn. Pulch. il, l. La reine des dieux serait bien aise de nuire à sa concurrente, la font. Psych. liv. il, p. 4 57. L'orgueil assortit mal ces superbes rivaux [Pompée et César], Et, bien que concurrents, ils ne sont pas égaux , bréueuf, Phars. i. Tous chemins vont à Rome; aussi nos concurrents Crurent pouvoir choisir des sentiers différents, la font. Fabl. xn, 27. On dit que Psyché lui dispute [à Venus] la prééminence des charmes; c'est justement le moyen de la rendre furieuse; sa concurrente fera fort bien de ne pas tomber entre sus mains,
la font. Psyché, n, p. 4 4 7. Mais si pour concurrent je n'avais que mon frère, bac. Phèd. n, 2. On ne sent aucune jalousie dans M. Leibnitz ; il excite tout le monde à travailler; il se fait des concurrents s'il peut, fonten. Leibnitz. Concurrent malheureux à cette place insigne, volt. Catil. i, 5. L'oracle est accompli dans tous ses points , excepté dans celui qui exige qu'il terrasse ses rivaux; mais il a fait plus, il a sauvé la vie du seul concurrent qu'il pouvait craindre, volt. Princesse de Babyl. 2. || 2" Terme de commerce et d'adjudication. Celui qui fait concurrence; celui qui dispute une enchère. || 3" Adjectivement. Qui concourt, qui agit simultanément. Il y a des muscles qui se meuvent ensemble pour s'aider les uns les autres; on les peut appeler concurrents, boss. Connaùs. n, 2. || Jours concurrents, jours surnuméraires aux cinquante-deux semaines de l'année (l'année commune étant de 52 semaines et un jour, et l'année bissextile de 52 semaines et deux jours) ; ainsi nommés, parce qu'ils concourent avec le cycle solaire ou qu'ils en suivent le cours. La première année du cycle solaire on compte un concurrent; la deuxième deux; la troisième trois; la quatrième quatre; la cinquième six, parce que cette année est bissextile; la sixième sept ; la septième un, et ainsi de suite, en recommençant toujours par un après avoir compté sept, parce qu'il n'y a que sept concurrents, autant que de lettres dominicales.
— HIST. xiii0 s. Li autres nombres a nom concurrens, parce qu'il cort avoec les réguliers por nionstrer par quel jor cascuns mois entre, Comput, f° 4. || xvr s. L'autre roy Agesilaus son concurrent [compagnon, co-roi], se trouvant lors en fort bas. aage, amyot, Agesilaus, 32. Au mesme temps, Curion, compagnon et concurrent de Faonius en cest office d'aedile, id. Cal. d'Uliq. 62. C'est une louange propre et singulière à Dion qu'il n'a point e i de concurrent ny d'aide à ce faire , comme Brutus eut Cassius, id. Dion et Brutus, 4. Pour cela il fault que puissance et fortune soyent concurrentes en un, avec justice et prudence, id. Dion, 4.
— ÉTYM. Provenç. concurren ; espagn. concurrente; ital. concorrenle ; du latin concurrere , concourir (voy. concourir).
CONCUSSION (kon-ku-ssion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Exaction, malversation dans l'administration des deniers publics/bosie de la livrée a passé par une petite recette à une sous-ferme: et par les concussions, la violence et l'abus qu'il a fait de ses pouvoirs, il s'est enrichi sur les ruines de plusieurs familles, la bruy. vi/|| Terme de droit. Perception frauduleuse, par un fonctionnaire, de taxes qui ne sont pas dues.
— HIST. xvi" s. Le mut esternua en insigne véhémence et concussion [secousse] de tout le cors, rab. Pant. m, 20. C'est une chose merveilleuse, que la foy soustient les cœurs des fidèles au milieu de telles concussions et si rudes, calv. Instit. 434. Les oiseaux qui tumbent de l'air en terre ne cheent pas pource que l'air, agité par aucune véhémente concussion, se rompe ny se fende.... amyot, Pntnp. 39. En l'exercice duquel estât il se gouverna si honnestement, qu'il ne fut jamais souspeçonné de corruption ny de concussion quelconque, id. Cicéron, 4 4. Exemptes d'avarice, cruauté, ambition, injustice et de toute concussion, cahl. ix, t. Par tel tremblement est faite une secousse et concussion de tous les humeurs contenus dedans le corps, paré, lutrod. 25.
— ÉTYM. Lat. concussio, proprement secousse, ébranlement, et, par extension, extorsion ; 'du supin concussum, de concutere, de cnm, et cutere, frapper.
CONCUSSIONNAIRE (koti-ku-ssio-nê-r'). || 1° S. m. Celui qui se rend coupable de concussion. Un concussionnaire qui ne pardonnait pas àSénèquele châtiment de ses extorsions, dider. Ess. sur Claude. j| 2° Ailj. Ministre, percepteur concussionnaire.
— HIST. xvic s. Et neantmoins ne se peut Opimius garder d'estre concussionnaire et larron, amyot, Opim. 54. Aussi à la vérité, il ne fust jamais concussionnaire, carl. VI, 44.
— ÉTYM. Concussion.
CONDAMNABLE (kon-da-na-bl'), adj. Qui mérite d'être condamné, d'être blâmé. Action condamnable. Il est condamnable d'avoir ainsi parlé. Ah! d'un si grand service oubli trop condamnable, rac. Esth. 11, 3. Vous voulez voir encor cet objet condamnable, volt. Tancr. u, 5.
— HIST. xvie s. Ils seroyent condamnables si ils y parvenoyent au détriment public ou particulier,