II, 15G
— ÉTYM. Com, et frère; provenç. confraire, cofraire ; catal. confrare; anc. espagn. confrade ; espagn. mod. eofrade ; ital. confrate.
CONFRÉRIE (kon-fré-rie), s. f. || 1» Association formée par des laïques en vue d'une œuvre de piété, de charité, de dévotion. Vous [Henri III] faisiez des confréries, des vœux, des pèlerinages, des oratoires. fén.xix,398. Il Confrérie blanche, association qui s'était formée pour combattre les Albigeois.. Confrérie noire, celle qui les soutenait. || 2° Familièrement. Ceuxque l'hymen fait desa confrérie, lafont. Belph. L'époux n'aura dedans la confrérie Sitôt un pied que.... m. Papef. Messieurs les poètes, j'ai l'honneur d'être de votre confrérie, desfont. || Par plaisanterie, la grande confrérie, les maris trompés. En tout cas, ce qui peut m'ôter ma fâcherie, C'est que je ne suis pas seul de ma confrérie, mol. Sganar. se. 17.
— HIST. xiii" Si vos en apel à Ruen devant dant Huon ledoien, Au couvent, à la confrairie, Ren. 21465. Par vous, par vostre lecherie, Sui-ge mis en laconfrarie Saint Ernol, le seignor des cous [cocus], la Rose, 9)68. Nus ne puet estre mesureres de blé ne de nule autre manière de grain, se il n'a le congiet du prevostdes marcheans et des jurés de laco»fraerie, Liv. des met. 2). Et quant aucuns de celé confrérie mesfesoit à aucun des confrères, li mestre d'icelleconfrerie en voloienttenirdroit, Liv. dejust. 9. || xiv° s. Moi et Daniot sommes tout d'une confrarie, Guescl. 10335. || xvie s. C'est multiplier en confrairie la chose la plus une et unie [l'amitié], et de quoy une seule est encore la plus rare à trouver au monde, mont, i, 217.
— ÉTYM. Con/rère; provenç. confrairia; catal. confraria; espagn. confradia.
f CONFRICAT10N (kon-fri-ka-sion), î. f. Terme de pharmacie. Action de réduire en poudre par le frottement. || Action d'exprimer avec îes doigts les sucs d'un fruit ou les sucs contenus dans un sac a filtrer.
— ÉTYM. Provenç. confricacio; espagn. confricacion; du latin confricatianem, de confricare, de cuni , et fricare, frotter (comp. friction).
CONFRONTATION ( kon -fron-ta - sion ) , s. f. || 1° Tei me de procédure criminelle. Action de confronter. Ordonner la confrontation de l'accusé avec les témoins. On recommencera à travailler à cette chambre [la chambre ardente pour juger l'affaire des poisons] plus tôt qu'on ne pensait; on dit qu'on a bien des confrontations à faire, sév. 403. || 2° Par extension. La confrontation des écritures fit reconnaître le faux.
— HIST. xvie s. Les confrontations du jardin devers le costé du vent de sus, seront prairies, palissy, 80. Quant ce fust au recolemens et confrontations des tesmoins,ils se trouvèrent fort variables, castelnau, 7.
— ÉTYM. Confronter ; provenç. confrontatio ; espagn. canfrontacion ; ital. confrontazione.
CONFRONTÉ, ÉE (kon-fron-té, tée), part, passé. Les accusés confrontés avec les témoins. || Ternie de blason. Se dit lorsque, l'écu étant parti, il y a, dans chaque côté, deux animaux qui se regardent.
CONFRONTER (kon-fron-té), v. a. || 1° Mettre des personnes en présence pour comparer leurs dues. On lui confronta les voisins et les domestiques de la maison, scarr. Ram. com. n, )4. Voilà comment Dieu, pour ainsi parler, lui confrontera des troupes de séculiers dont la vie et les exemples feront sa honte et sa condamnation, boukti. Pensées, t. n p. 444. || 2° En matière criminelle, mettre en présence des témoins et des accusés, pour constatée leurs dires contradictoires. Confronter les témoins 4 l'ace ê, avec l'accusé, «'n a confronté Penautier à la l'.i invilliers, se v. 296. La loi condamnait un homme sans que les témoins lui eussent été confrontés, montesq. Esp. xxvi, 3. ,\ l'instant les conjurés sont saisis et confrontés, dujer. Ess. s. Claudeets. Néron.
CON
Enfin nn lui confronta Lesage, et un autre prêtre nommé d'Avaux, volt. Louis XIV, 26. On confronta plusieurs témoins au prince, id. Russie, 10. || 3° Comparer des personnes, des choses pour saisir la conformité ou les différences. Confronter deux écritures, la copie à l'original. Confronter deux étoffes l'une avec l'autre. Je confronte la théorie des savants avec l'expérience des laboureurs, je tâche de corriger ce que je vois de défectueux dans les spéculations des uns et dans la pratique des autres, marmont. Contes mor. Scrvp. || Ahsolument. Une personne qui a lu, médité, consulté, confronté toute sa vie, la bruy. ii. || 4° V. n. Terme de pratique. Être attenant. Le bois confronte du côté du levant au pré d'un tel. L'Egypte du temps des Perses ne confrontait point à la mer Rouge, montesq. Esp.