XXI
— H1ST. xvi' s. Philippe, fils de l'empereur Maximilien, ou .pour le confronter plus honorablement, père de l'empereur Charles cinquiesme, mont, i, 30. Il fault.à la mode d'une information judiciaire, confronter les tesmoings, id. ii, 112.
— ÊTYM. Com. et front; provenç. et espagn. confrontar; ital. confrontare.
CONFUS. USE (kon-fu, fu-z'), adj. || 1° Terme de droit. Confondu, réuni. Tels et tels droits sont confus et réunis en sa personne. || 2° Où l'on ne peut fairede distinction, confondu, indistinct. Un assemblage confus. Un bruit confus s'élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits, rac. Athal. 11, 2. D'ailleurs un bruit confus par mes soins confirmé, id. Baj. 1, 2. Toute la Grèce éclate en murmures confus, id. Andr. 1, I. Quelle Babylone est plus confuse que cette église qui se vantait d'être sortie de l'église romaine comme d'une Bahylone? boss. Variai. IV, § 7. || 3° Obscur, embrouillé. Des notions vagues et confuses. Discours, style confus. Que de soucis flottants, que de confus nuages! corn. Pnly. m, t. La nature tremblante, incertaine, étonnée, D'un nuage confus trouble sa destinée, id. Iléracl. iv, 4. Soit qu il n'en ait conservé qu'une idée confuse , hamilt. Gramm. 5. Comme si Dieu avait à notre manière des vues générales et confuses, et comme si la souveraine intelligence ne savait pas comprendre dans ses desseins les choses particulières qui seules subsistent véritablement, boss. Marie-Thér. Les livres que les Egyptiens et les autres peuples appelaient divins, sont perdus il y a longtemps, et à peine nous en restet-il quelque mémoire confuse dans les histoires anciennes, id. Hist. 11, 13. Je crois connaître ret homme-là; j'ai une idée confuse de l'avoir vu quelque part, llsage, Cil Bios, iv, 8. Ceux qui habitent cette contrée [la cour] ont une physionomie qui n'est pas nette, mais confuse, embarrassée dans une épaisseur de cheveux étrangers qu'ils préfèrent aux naturels et dont ils font un long tissu pour couvrir leur tête, la bruy. toi. Pressentiments confus, faut-il que je vous croie? volt. Fa'iat. m, 3. Un confus souvenir vient encor m 'affliger, id. Œdipe, IV, 4. || 4° Embarrassé, en raison du sentiment d'une faute, ou par la modestie, la pudeur. Il a été tout confus d'être pris sur le fait. Et je suis plus confus, seigneur, de vos bontés, corn. Cinna, v, 3. Ils ne \eulent pas voir leurs ennemis confus, id. Nicom. v, 7. X mes confus regrets soyez donc moins sévère, id. Héracl. m, i. Et qui, sans se flatter, en secret s'examine. Est de son ignorance h3ureusement conlus, id. linit. i, 2. Et présentant la foudre à mon esprit confus, Le bras déjà levé, [ils] menaçaient mes refus, rac. lph. i, t. Le corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus, la font. Fabl. i, 2. Et saintement confus de nos égarements.... rac. Athal. v, 7. De tout ce que j'entends étonnée et confuse, Je crains presque, je crains qu'un songe ne m'abuse, id. Phèd. n, 2. De mes lâches bontés mon courage est confus, id. Andr. iv, 3. Son coeur entre l'amour et le dépit confus, id. ib. m, I. || Se dit aussi par une exagération de politesse. Je suis confus de vos prévenances. Vous me rendez confus.
— SYN. confus, déconcerté, interdit. L'homme confus est en proie à la confusion , c'est-à-dire à un trouble intérieur qui confond son esprit. L'homme déconcerté a perdu le concert de sa manière d'être, l'arrangement de sa tenue, l'équilibre de son attitude. L'homme interdit a perdu la parole. C'est ainsi que ces trois mots, répondant à l'idée commune de la situation d'un homme embarrassé, la représentent par des traits distincts.
— hist. xii" s. À tei crièrent li nostre père, e salf sunt fait; en tei espérèrent, e ne sunt confus, Liber psalm. p. 25. Ke li conselz ne soit confus, cant
il soit multepliet, Job, 443. || xiii" s. Adonques fu Lietart confus; Oue bien set qu'il en a mené Sa charue et aussi ses bues [bœufs] , Ren. 17432. || xivs. Et qui de vénerie ne sçauroit respondre, seroit confus, Madus, f°xiv, verso. || xv" s. Le roi Anglois fut tout confus, quand il oint ce rapport, froiss. i, i, "3. Il xvie s. Ce ne sera que une dyablerie plus confuse que celle des jeux de Doué, rau. Pant. in, 3. Les songes confuz. fallaces et incertains, id. ib. ni, <3. Il est Dieu et homme, composé de deux natures unies et non point confuses, calv. Instit. 37i. Les reprouvez ne conçoivent jamais sentiment de la grâce de Dieu qu'en confus, id. ib. 427. Ils sont poussez à prier par un sentiment gênerai et confus de leur nécessité, id. ib. 677. Il ne faut pas craindre qu'il nous veuille frustrer, ou que nostre attente soit confuse [confondue] quand nous viendrons à lui, id. ib. 704. Nostre beauté n'est en son poinct, q e confuse avec celle des femmes, puérile et imberbe, mont, ni, 286. Les estrangers estans venus d'ailleurs habiter Rome, n'estoient point encore bien meslez, ny entièrement incorporez et confus avec les naturels Romains, amyot, Numa , 4. Les rues furent toutes confuses et les maisons rebasties sans ordre quelconque, id. Cam. 55. Nicias se trouva si honteux et si confus, qu'il ne sceut que dire, id. Aie. 23. Un grand bruit de voix confuses, id. Timol. 36. Si vous voulez disputer avec eux, et par bons et valables argumens de théologie les rendre confus [les confondre], lanoue, 63. Quelques réchappez d'Orange les meslent, et, confus avec eux, emportent le chasteau, d'aub. Hist. 1, 1 47.
— ÉTYM. Provenç. confus; espagn. et ital. confuso; du latin confus us, participe passé de confundere (voy. confondre).
CONFUSÉMENT (kon-fu-zé-man), adv. D'une manière confuse, indistincte. Cet horrible débris d'aigles, d'armes, de chars, Sur ces champs empestés confusément épars, corn. Pomp. 1, I. Les perles avec l'or confusément mêlées, id. Médée, 11, 5. Par un si grand bruit semé confusément, id. Héracl. 11, 2. J'avais ouï parler confusément de cette lettre, sév. 343. Les oisillons, las de l'entendre. Se mirent à jaser aussi confusément Oue faisaient lesTroyens, quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement, la font. Fabl. 1, 8. Il [l'ouvrage de Tournefort] est fait pour mettre de l'ordre dans ce nombre prodigieux de plantes semées si confusément sur la terre et même sous les eaux de la mer, fonten. Tournefort. Hier confusément j'en appris la nouvelle, volt. Tancr. m, 4. Fables et vérités, ténèbres et lumière Flottent confusément devant notre paupière, Et l'un dit : c'est le jour! et l'autre : c'est la nuit! lamart. Harm. ni, 5.
— hist. xvie s. Pour reprimer la folie 'de ceux qui sottement et confusément disputent aujourd'hui du dormir ou de la mort des âmes, calv. Instit. 26. Confuséement [sans ordre], amyot, Num. 3). Cela faict, tuoient les chandelles pour paillarder confusément les uns avec les autres, d'aub. Hist.. 1, 88. Joinct qu'à l'adventure ay je quelque obligation particulière à ne dire qu'à demy, à dire confusément, à dire discordamment, mont, iv, 138.
— ÉTYM. Confuse, et le suffixe ment ; ital. confusamente. Cet adverbe devrait être confusément , l'accent y est venu par abus.
CONFUSION (kon-fu-zion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° État de ce qui est confondu, pêlemêle, indistinct. Il n'y a point eu de confusion à cette fête malgré l'affluence. Il est vrai , monseigneur, que je n'ai jamais aimé la confusion ni le désordre, balz. liv. 1, lett. 2. Profitez, pour cacher votre prompte retraite, De la confusion que ma disgrâce y jette, rac. Phèd. v, t. Dans la confusion que nous venons d'entendre.... id. Mithr. v, I.|| Confusion des pouvoirs, état d'un gouvernement où les pouvoirs sont mal limités, et, aussi, où les pouvoirs, étant limités, empiètent les uns sur les autres. Il Confusion du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel, état politique où la même main réunit ces deux pouvoirs. Dans l'empire des Arabes, le califat présentait la confusion des deux pouvoirs, spirituel et temporel. || Terme de jurisprudence. Confusion de droits et d'actions, ou, simplement, confusion, réunion en une même personne de droits concernant un même objet, de qualités qui s'entre-détruisent. || Spécialement. Réunion, dans la même personne, des qualités de créancier et de débiteur. La confusion est un mode d'extinction des obligations. || Confusion de part, doute sur la question de savoir à quel père appartient un enfant, quand une femme, se remariant à la fin du troisième mois de son veuvage, accouche six mois et
un jour après le second mariage. || Année de confusion, l'an de Rome 708, où le calendrier fut ré formé par l'ordre de Jules Cés;ir, et qui se compos 1 de 445 jours. || En confusion, dans un état où les choses sont confondues. Les objets paraissent sombres et en confusion le matin aux premières lueurs de l'aurore, fén. Tél. xxiv. Qui croira que, les caractères de l'alphabet ayant été jetés en confusion, un coup du hasard ait rassemblé toutes les lettres dans l'arrangement nécessaire pour décrire de grands événements?in. Exist. 5. Et d'autres faits de même importance dont les histoires humaines ne parlent qu'en confusion, boss. Hist. 11, 1. 1| La confusion des langues, l'impossibilité où les ouvriers de la tour de Babel furent de s'entendre, suivant le récit de la Bible, qui dit que Dieu confondit leur langue qui était la même pour tous, afin de châtier leur orgueil. Il Fig. C'est ici la confusion des langues, locution qui se dit de gens entre lesquels il n'y a point d'entente. || 2° Promiscuité. Ab lir le mariage, permettre une brutale confusion parmi les hommes, mass. Avent. Noël. \\ 3° Troubles publics, ébranlement de l'ordre établi. Dans les confusions d'une guerre civile, avec une puissance si énorme, un brouillon est à craindre, patru, Plaid. 7, dans richei.et. Est-ce que les temps de contusion ne sont pas encore accomplis? boss. Duch. d'Orl. Que dans cette effroyable confusion de toutes choses, il est beau de considérer ce que la grande Henriette a entrepris pour le salut de ce royaume! id. Reine d'Anglet. La confusion qu'il mettait dans l'Église, id. Hist. n, 12. Toute l'Eglise est remplie de confusion, iu. ib. I, 11. Il En confusion, en bouleversement. Les Gracques mirent tout en confusion, id. ib. 111, 7. Le péché mettrait tout en confusion, id. Unité, I. Cedroit met touten confusion, in. Avert. 5. || 4° Manquement à reconnaître les distinctions, les différences. Il commit une confusion regrettable, en atinbuant à un autre ce qui était de votre l'ait. Confusion de noms , de lieux, de dates, de personnes. || 5° Défaut d'ordre, de clarté. J 'espère démêler cette confusion., cohn.
Héracl. iv, 5 Chaque illusion Redoublait mon
effroi par sa confusion, corn. Ilor. 1, 3. D'où naît dans ses conseils cette confusion? rac. Ath. ni, 3. Cet ordre si nécessaire [dans l'arrangement des végétaux] n'a point été établi par la nature, qui a préféré une confusion magnifique à la commodité des physiciens, et c'est à eux à mettre, presque m elle, de l'arrangement et un système dans les (liantes, fonten. Tournefort. || 6° Profusion. Ce sens a vieilli. Il y avait à ce repas une grande confusion de mets. || En confusion, avec profusion. Ce sen.vieillit. La nymphe porte un vase d'où tombent en confusion des pièces de monnaie, fén. xix, i<n. Le plancher est fait de branches de bouleau ou de pin, qu'ils jettent en confusion pour leur servir de lit, regnard, Voy . en Laponie. || 7° Embarras que cause la honte de quelque faute, de quelque méprise, ou la modestie, ou la pudeur. Vous redoublez ma honte et ma confusion, corn. lior. iv, 2. Faites son châtiment de sa confusion, id. Cinna, iv, 3. Vous en devriez avoir confusion, mol. Amph. il, 2. Je n'ai point voulu faire confusion à personne, boss. Vie rel. Dans ma confusion que Roxane, madame, Attribuait encore à l'excès de ma flamme, rac. Baj. m, 4. Le souvenir de son innocence vous a couvert de confusion, mass. Car. Mélange. \\ En confusion, confus, honteux. J'en suis en confusion pour lui, mol. Précieuses, 6. || À. la confusion de, à la grande honte, au grand dépit de. Et, sans attendre d'ordre en cette occasion, Mon zèle ardent l'a prise à ma confusion, corn. Pomp. m, 2. Je le dis à ma confusion, sév. 377. Il faut reconnaître à la confusion du genre humain que.... boss. Hist. 11, 3. À ma confusion, Néron veut faire voir Qu"Agrippine promet par delà sou pouvoir, rac. Brit.
— HIST. xr s. Nous est venue maie confusion ,
Ch. de Roi. cxc. Nouveles De duel [deuil] et de domage et de confusion, Sax. xiv. Drois erapereres, dit Do, je suis vostre hom ; Si ne volroie vostre Bonfusion, Raoul de C. 242. Nos avoDS pensé de la confusion de tant de livres, Machab. il, 2. || xnie s. Confusions covri la moie face, Psautier, f° 80. || xiv s. Et disoit que toutes choses sont faites par la controversie des elemens du monde, par quoy il départirent de ce que il estoient ensemble en une confusion, oresme, Efh. 230. Souffrir et endurer très laides confusions pour un bien qui est comme nul ou petit, c'est condition de malvais, in. ib. 49. Cabataille de mer, c'est grant confusion, Baud.de Seb. 1, 654. H xvie s. Ez confusions publiques [dans les troubles, les malheurs], mont. 1, 47. Ces confusions
CON
mentent d'estre plustost appellées brigandages que guerres, lanoue, 25. Si ne doit on pas régler les choses selon les convoitises et confusions tes, id. 47. La discipline et l'entretenement liant, plus il y a d'hommes, plus il y a de Ire et de confusion, id. 262. Il y a, après, la diversité de rotondes, à double rang de dantele, ou bien fraises à confusion, d'aub. Fœn. I, 2. Je ne vis jamais une telle confusion d'opinions, id. ib. 1, n.
— ÉTYM. Provenç. confusio; espagn. confusion; ital. confusione ; du latin confusionem , de confusus
(VOV. CONFI s).
CONFUTATION (kon-fu-ta-sion) , s. f. Réfutation 11 est vieux.
—ÉTYM. Latin confutatio, Aeconfutare, confuter. f CONFUTEB (kon-fu-té), r. a. Réfuter. Vieux.
— HtST. xvi" s. Mais j'ai honte pourtant, Dont tel opprobre on m'a peu imputer, Et que sur champ ne l'a y sceu confuter, marot, iv, 54. Je confuteray, ou plustost vous monstreray , comme d'elle mesme se confute la remonstrance que vous fait le dit marquis, M. DU BH.I.AY, 190.
— ÉTYM. Latin confutare, de cum, et futare, accuser.
t. CONGE (kon-j') , s. m.\\i° Mesure de capacité chez les Romains, valant 3lil,24. || 2° Vase pour mettre l'huile de morue, lors de la pêche de Terre-Neuve. || 3° Vaisseau de bois ou de métal pour mesurer le minerai.
— ÉTYM. Latin congius.
f 2. CONGE (kon-j'), s. m. Terme de commerce. Variété de thé.
CONGÉ (kon-jé), s. m. || 1" Libération temporaire ou défin;ti\e d'un service quelconque, d'une fonction. On voit Régulus demander son congé au sénat, boss. Hist. 111 , 6. N'allez point de nouveau faire courir aux armes Un athlète tout prêta prendre son congé, boil. Épigrammes, as. S'il était nécessaire de demander les bons offices du roi de Prusse auprès de la cour de France, j'y serais d'autantplus autorisé, que, n'étant absent que par congé, vous seriez toujours à son service, volt. Lett. d'Étallonde, 20 déc. 1773. || Dans le langage militaire, la durée légale du service militaire. Mon congé finit dans six mois. Il a fait deux congés. || Pour les militaires, acte qui permet de quitter le service ou de s'absentertemporairementdu corps. Avoir son congé. Obtenir un congé de semestre. || Pour les fonctionnaires, pour les professeurs, permission de s'absenter. Uu congé de convalescence. || Dans la marine, espèce de passe-port dont doit se munir un capitaine pour aller en mer. || Dans l'ancienne législation, certificat qu'un garçon ou compagnon était tenu de prendre du maître qu'il quittait. H 2° Terme de collège. Intervalle de temps pendant lequel les classes sont suspendues durant l'année scolaire. Un congé de deux jours. Un jour de congé. Pour porter son préfet [d'études] à lui donner congé, J. J. rouss. Ém. iv. || 3" Permission, autorisation. Se marier sans le congé de ses parents. Je ne puis plus rien que par votre congé, corn. Cinna, m, 3. Le secret est à vous et je serais ingrat, Si sans votre congé j'osais en faire éclat, id. Héracl. 11, 2. Mais sans votre congé mon sang n'ose sortir, id. Hor. v, 2. Je lui donne.... congé d'être Sosie, mol. Amyh. 111, lu. Et si dans quelque chose ils vous ont outragé, Je puis vous assurer que c'est sans mon congé, id. l'Ètour. 1, 3. Pour y penser, je ne vous demanderai pas congé, sév, 346. Donnez-moi, ajoute-t-elle, congé de m'en retourner à Florence , anquet. Ligue , 11 , p. 25. ij 4° Permis donné par l'administration des contributions indirectes pour le transport d'une marchandise qui a payé les droits. On peut expédier le vin; voici le congé. || 5" Séparation d'avec une personne. Elle m'a donné congé, d'un cœur déjà tout détaché de la terre, sév. (44. || Audience de congé, audience qu'un ambassadeur obtient avant son départ. || Prendre congé, aller avant de partir saluer les personnes à qui on doit du respect et prendre leurs ordres, ou, simplement, faire ses adieux. J'abandonne Byzance et prends congé de vous, corn. Pulch. ni, t. 11 ne lui permit pas de prendre congé d'elle , id. Sertar. 1, 2. Il vous a vue chez la reine quand vous prîtes congé, sév. 4<j. Ils avaient été prendre congé à St-Germain, id. 408. Télémaque et Mentor prennent congé du roi, fén. Tél. xxin. || Fig. Prendre congé, renoncer à. Elle a pris congé Et des plaisirs et du commerce, bérang. Mail. Gn'g. || 6° Terme de droit. Acte par lequel un propriétaire ou un locataire signifie qu'une location cesse. Donner, recevoir congé. Accepter le congé. || Congé faute de plaider, va défaut congé, jugement par défaut uue
CON
le défendeur obtient à l'audience contre le demandeur qui ne se présente pas. || Anciennement , congé de cour, renvoi de la demande. || Terme d'eaux et forêts. Congé de cour, sentence de décharge délivrée à des adjudicataires. || 7° Sortie d'une personne à gages hors de condition. Ce domestique a demandé son congé. L'on me donne aujourd'hui mon congé, mol. Femmes sav. 11, s. Il Par extension. Donner à quelqu'un son congé, cesser de le recevoir, ne pas accueillir ses prétentions. Ce jeune homme recherchait une telle jeune fille, mais les parents lui ont donné son congé. Il avait donné congé à sa maîtresse, hamilt. Gramm. 4. Votre frère a eu son congé de Ninon, sév. 37. Rustic eût dû donner congé.... à semblable écolière, la font. Diable. J'ai ma pipe et vos embrassades; Venez me donner mon congé [me voir mourir], dérang. Vieux caporal. || Prendre son congé, se retirer, s'éloigner. ||8° Terme d'architecture. Nom de quarts île rond creux, qui font raccordement entre le fût d'une colonne et la ceinture. || Transition entre une moulure et un parement. Outil de menuisier qui sert à former cette moulure. || Ternie de serrurerie. Espèce de renfort évidé. || Proverbe. Pour boire de l'eau et coucher dehors, on ne demande congé à personne.
— HIST. xie s. E s'il passe la devise [règle] sans le congé à la justice.... Lois de Guill. 5. Sire, dist Guenes, douez mei le cungied , (7t. de Itol. xxv. Prenent conget, à cel mot s'en tornerent,t'(>. exciv. Il xne s. Congié [permission] [je] demande à Guibor l'honorée, Ronc. p. I6t. Je n'ai congié que plus raison [je] vous die, ib. p. <74. Et. comment Conviendra-ii qu'à la fin congié [je] prenne? Couci, xxn. Et s'il ne fust de remanoir viltance Et reproche, j'alasse demander À ma dame congié de demeurer, ib. xxiv. Senz le congié le rei ne deilst nuls duner Igliseen tut suri fiu.... Th.lemarl. 59. || xmes. Dont pristrent li message congié à l'empereour Kyrzac, villeh. lxxxvii. Congié [elle] a pris du roy, si prent à souspirer, Berte, xvn. Et grant foison de chevaliers et de pucieles prendent congiet au Roi et passèrent mer, Chr. de Rains, p. 13. Quant li castelains vit qu'il ne le pooit retenir, si li octria le congiez , ib. p. 55. La charretée doit de coutume quatre sols et seize deniers de congié , Liv. des met. 273. Sovent me semont [Bel-accueil] d'àprochier Vers le bouton et d'atouchier Au rosier qui l'avoit chargié ; De ce me donnoit-il congié, la Rose, 2886. Di, Faus semblant, par quel congié Es-tu venu en ma présence? ib. 4 0508. Qui done congié [congédie] à son sodeer [soudoyer], et il ne le paie de ce que il li deit de ses sodées, et il li die.... Ass. de J. 1, 210. Et elle entent qu'elle se peut marier sans congé prendre vers vos, ib. 1, 265. Et ot cascuns congié de soi marier aillors, beaum. xvni. <8. Il xv s. Quand le roi les assiegeoit à puissance et ils veoient qu'ils ne pouvoient eschapper, ils se boutoient en ces croûtes [grottes, souterrains] et s'en alloient sans prendre congé, froiss. ii, m, 23. Il suffit, dit le sire de Corasse; or va, je te donne congé pour celle nuit, id. ii, in, 22. Et nous emmenèrent avec eux bien une lieue loin, pour doute que nous ne le vous notifions trop tost, et puis nous donnèrent congé de le vous venir dire, id. i, i, 44. Le roy d'Angleterre commanda qu'on donnast congé à ce varlet [qu'on lui reudît la liberté], comm. iv, 7. Le roy leur respondit [aux envoyés], et puis leur donna congé, id. iv, 8. Ung marchant, lequel luy estojt venu demander ung congé pour tirer une quantité de vin de Gascongne sans rien payer, id. iv, (0. Il xvi* s. Pantagruel, prenant congié du bon Gargantua son père , monta sus mer au port de Thalasse, rab. Paul, iv, \. 11 veint luy demander congé de se faire mourir, mont, i, 82. Néron, prenant congé de sa mère qu'il envoyoit noyer, id, i, 270. Ils ont leur congé, au plus ioing, à vingt et deux ans, id. m, 286. Branle et congié [sorte de pas ou figure de danse] je fays en toute humblesse, Touchant pas simple, ung tout seul je n'en lesse, J. marot, v, 270. Qu'il faisoit deshonneur à Sparte, de vouloir enlever ce corps de Lysander par le congé et la rnercy des ennemis, amyot, Lysand. 55. Par quoy il donna congé à ces conducteurs barbares [il les congédia], id. Lucull. 37. Au congé prendre, il luy envoya de beaux et riches presens, qu'il relu/a, id. ib. 39. Je te donne congé de porter ces afiiquel s d'or comme à un fol, id. Artax. 6. Frontenac, en lui quittant le nom et la principale charge de la guerre, portoit sa part du fardeau , comme aussi Lanoue lui quittoit l'authonté des sauvegardes et des congez de mer, d'aub. Ilist. 11, 1 38.
— ÉTYM. Wallon, cangi ; provenç. comjat, con-
CON
jat; catal. comiat; ital. congedo; du latin commeatus, de commeare, aller, s'en aller, passer, d-cttra, et meare, aller (voy. méat): l'e ou l'ï se changeant en j dans ces sortes de mots : somniare, soi.ger, serviens, sergent, etc.
CONGÉABLE (kon-jé-a-bl'), adj. Terme de droit. Bail, tenure à domaine congéable, tenure autrefois en usage dans la Bretagne avec faculté pour le bailleur de congédier à volonté le preneur, en lui remboursant ses améliorations.
— HIST. xvi°s. Les maisons, fiefs, domaines congeables dependans du fief noble, et autres terres nobles, soyent d'ancien patrimoine ou d'acquêts, et les meubles seront partagés noblement entre les nobles, Coustiun. gêner, t. 11, p. 826.
— ÉTYM. Ane. franc, congeer (voy. congédier). t CONGÉDIABLE (kon-j é-di-a-bl'), adj. Qui peut
ou doit recevoir son congé. C'est un des hommes congédiables. || Substantivement. Tous les eongédiables du régiment.
— ÉTYM. Congédier.
CONGÉDIÉ, ÉE (kon-jé-di-é, ée), part, passé. Il 1° Qui a reçu son congé. Les hommes congédiés à la fin du service militaire. || 2" Qui a reçu une audience de congé. Ambassadeur congédié. || 3" Renvoyé hors de condition. Domestique congédié. Il 4" Qui a reçu quelque indication de s'éloigner. Congédié sans cérémonie.
T CONGÉDIEMENT (kon-jé-di-man), s. m. Terme de marine. Renvoi soit du capitaine, soit des gens de l'équipage.
— ÉTYM. Congédier.
CONGÉDIER (kon-jé-di-é), v. a. || 1° Délivrer un congé à des soldats, à des marins. Congédier des troupes. Je voulais sur-le-champ congédier l'armée, rac. Iphig. 1, I. Pendant que le parlement songe à congédier l'armée, cette armée réforme elle-même à sa mode le parlement, boss. Reine d'Anglet. || 2° Congédier un ambassadeur, lui donner l'audience de congé. Il 3° Indiquer qu'on veut que quelqu'un se retire. Après m'avoir expliqué ce qu'il voulait, il m'a congédié. Le cruel! de quel œil il m'a congédiée! rac. Andr. v, t . Il y a dans les cours deux manières de ce que l'on appelle congédier son monde ou se défaire des gens, se fâcher contre eux ou faire si bien qu'ils se fâchent contre vous et s'en dégoûtent, la bruy. viii. Il Congédier sa suite, renvoyer les personnes dont on est accompagné. Si d'un coupable espOT mon âme était séduite. Aurais-je, au gré du roi, congédié ma suite? delrieu, Artax. 11, 7. || Ecarter les prétentions. Il recherchait telle fille en mariage, mais on l'a congédié. || 4° Donner son congé à une personne en condition. Il a congédié ses domestiques. Il Terme de fauconnerie. Congédier l'oiseau, cesser de l'employer.
— HIST. xnes. E Samuel à itant les cungead, puis chascuns al suen turnad, Rois, 28. || xmes. Issiez tantost hors de ma terre, Quar vous eu congié sans doute, Et la vous vée et defiens toute, Fabl. et contes anc. t. iv, p. 3oi. |{ xv° s Que vous laissiez le voyage qu'avez commencé, en congiaut vostre ost, monstrel. liv. I, eh. )8t. Et pour ce que ils disoient que on pourrait avoir aulcun mauvais soupçon sur eux pour ce que ils estoyent congédiés de son service, il voult que bonnes lettres eussent, Bouciq. iv, ch. 9.
— ÉTYM. Congé; provenç. conjiar. L'ancien français est congeer ou congier ; plus tard une consonne a été intercalée : congé-d-ier.
f CONGÉLABILITÉ (kon-jé-la-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est congelable.
— ÉTYM. Congelable.
f CONGELABLE (kon-je-la-bl'), adj. Qui peut se congeler. Ces réservoirs d'eau [étangs qui ne gèlent jamais dans lé Haut-Canada] non congelantes sont souvent formés par les castors eux-mêmes, chateaub. Amer. 128.
— étyh. Congeler.
t CONGÉLATEUR (kon-jé-la-teur) , i-. m. Appareil servant à congeler un liquide en l'entourant d'un mélange réfrigérant.
— ÉTYM. Congeler.
t CONGÉLATIF, 1VE (kon-jé-la-tif, ti-v'>, adj. Qui produit la congélation.
— HIST. xvi" s. Les eaux congelatives qui se lapifient au dedans des tuyaux, palissy, 145.
— étym. Congeler.
CONGÉLATION (kon-gé-la-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || i" Action de congeler, c'est-àdire réduction d'un liquide à l'état solide, par la soustraction d'une partie de son calorique latent. Congélation de l'eau, du mercure, etc. || 2" Résultat de cette action. Cinquante degrés au-dessous de la
CON
CON
:ion, volt. te», à Cath. 127. Par nue sin- congénital qui a un sens tout différent (voy. congé
gularité remarquable ce maximum [de densité de l'eau] ne répond point au degré de congélation, mais au-dessus, vers quatre degrés de thermomètre, laplace. Expos, i, H. Le temps que chacun des pôles emploie chaque année à se charger de ses congélations ordinaires, bernakd. de s.-p. Étude, 4. || 3" Mortification des parties vivantes par l'effet du froid. La congélation des orteils. || 4° Abusivement. Action de se coaguler, de se figer. La congélation d'une huile. || 5° Stalactite ou concrétion calcaire qui se forme dans certaines grottes. || Terme d'architecture. Ornements imitant les glaçons et employés pour décorer les fontaines.
— HiST.xiV s. La prime congélation Du mercure, est donc mine à plomb, Traité d'alch. 335. |) xvi" s. On n'appelle point le lait fromage auparavant sa congélation, palissy, 356. Pourriture, corruption, pertuisement, congélation des dents, p^ré, xv, 27. De la stupeur, congélation ou endormissement des dents, id. ib.
— ÉTYM. Provenç. congelacio; espagn. congélation; ital. congela ztone; du latin congelationem , de congelare, congeler
CONGELÉ, ÉE (kon-ge-lé, lée), part, passé. Les frimas congelés sont les seules guirlandes Qui garnissent la roche où nous nous enfonçons, lamart. Joe. ni, < 17.
CONGELER (kon-ge-lé. L'e muet de ge se change en è devant une syllabe muette : je congèle, je congèlerai ; mais on ne voit pas pourquoi il ne se conjugue pas comme appeler, avec deux l, ou appeler comme congeler avec l'accent grave), n. a. \\ 1° Faire passerun liquide à l'étatde glace. Le froid congèle l'eau. || 2° Abusivement, figer, coaguler. 11 faut un trèspetit abaissement de la température pour congeler l'huile d'olive. || 3° Se congeler, v. réfl. Être mis à l'état de glace. L'eau se congèle à la température zéro. || Se coaguler. Le bouillon de jarret de veau se congèle en un moment.
— H!ST. congeler, coaguler, figer. La congélation est le produit d'un abaissement de tempe-rature au-dessous de zéro. La coagulation ne suppose aucun abaissement de température; elle se produit par la chaleur, par des acides, par la présure, et convertit le liquide en une masse tremblante, peu solide. La présure coagule le lait; la chaleur coagule le blanc d'œuf. Se figer est dû à l'action d'un refroidissement, mais sans qu'il soit nécessaire de descendre à zéro, et d'ailleurs ne se dit que des liquides gras : l'air froid fige la graisse des viandes. L'eau se congèle et ne se coagule ni ne se fige; l'albumine se coagule', l'huile se fige; c'est par abus qu'on dit -qu'elle se congèle.
— hist. xive s. Mieulx te vauldroit faire un autre office Que tant dissoudre et distiller Tes drogues, pour les congeler Par alambics et descensoires, Nat. àl'alch. 38. || xvie s. Quand les sauniers ont mis l'eau de la mer en leurs parquetages, pour la faire congeler à la chaleur du soleil et du vent, palissy, <63. Sur elle en tomba une goutte [d'ambre], Qui tout a coup se congela, marot, m, 153. Sang congelé et espandu dessus ladure-mere, paré,viii, 18.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. congelar ; ital. congelare; du latin congelare, de curn, et gelare, geler.
f CONGÉMENT (kon-jé-man) , s. m. Terme de coutume. Renvoi du preneur à bail congéable par le bailleur.
— ÉTYM. Congé.
t CONGÉMINATION (kon-jé-mi-na-sion), s. f.
Terme didactique. Formation double et simultanée.
— HIST. xvr s. Congemination, cotgrave.
— ÉTYM. Latin cum, et geminatio, doublement.
CONGÉNÈRE (kon-jé-nê-r'), adj. Terme didactique. Qui est de même genre. || Ternie d'anatomie. Muscles congénères, ceux qui concourent à produire le même effet; par opposition aux muscles antagonistes, qui agissent en sens contraire. || Terme de physiologie. Hybridité congénère, hybridité produite par deux animaux appartenant à un même genre.
|| Terme de grammaire. Se dit des mots de la même famille.
— HIST. xvie s. Aux parties où les muscles congénères sont égaux en grandeur, force et nombre, paré, vin, H.
— étym. Latin congeneris, de cum, avec, et genus, genre (voy. genre).
CONGÉNIAL, ALE (kon-jé-ni-al, a-1'), adj. Qui s'accorde avec le génie de.... Des amusements congéniaux à son âge. Bonaparte se tourna vers l'Orient, doublement congénial à sa nature par le despotisme et l'éclat, chateaub. cité dans les Dictionnaires.
— REM. L'Académie a confondu congénial
nital)
— ÉTYM. Latin cum, et genius, génie (voy. ce mot) : qui est de même génie, de même caractère.
CONGÉNITAL, ALE (kon-jé-ni-tal, ta-1'), adj. Terme de médecine. Qui naît avec. Maladie congénitale. Déplacements congénitaux.
— REM. L'Académie dit congénital ou congénial. C'est une confusion vicieuse. Congénial dans le sens de congénital serait un barbarisme; ces deux mots ont une signification et une origine différentes.
—ÉTYM. Latin cum, et genitus, né (voy. génital): né avec.
t CONGÉRIE (kon-jé-rie), s. f. Terme de rhétorique. Synonyme d'accumulation.
— étym. Latin congeries, amas, de cum,etgerere, porter.
f CONGESTIF, IVE (kon-jè-stif, sti-v' ) , adj. || Ie Terme de botanique. Préfoliaison congestive, celle où le limbe des feuilles est replié irrégulièrement sur lui-même. || 2° Terme de médecine. Qui a rapport à la congestion.
— ÉTYM. Voy. congestion.
CONGESTION (kon-jè-stion) , s. f. Terme de médecine. Afflux du sang dans les vaisseaux d'un organe d'ailleurs sain.
— SYN. congestion, engorgement. La congestion est l'effet de l'exagération des forces circulatoires dans un organe. L'engorgement est un résultat passif dans la distribution des liquides.
— KIST. xvie s. Les causes des apostemes sont fluxion et congestion, paré, v, i.
— ÉTYM. Latin congestio, de congestum, supin de congerere, amasser, de cum, et gerere, porter (voy. gérer).
| CONGESTIONNER (kon-jè-stio-né), v. a. Terme de médecine. Amasser, accumuler par congestion. || Se congestionner, v. réfl. Recevoir par congestion un afflux de sang.
— ÉTYM. Congestion.
CONCLURE (kon-ji-ê-r'), s. m. || i" Distribution
extraordinaire d'argent ou de vivres que les empereurs romains faisaient au peuple. || Adjectivement. 11 y avait sooo Juifs à Rome qui recevaient les libéralités congiaires de blé, volt. Phil. v, 3o4. || 2" Vase qui tient un congé.
— ÉTYM. Latin congiarium, de congius, congé. f CONGLACIATION (kon-gla-si-a-sion) , s. f.
Terme de physique très-peu usité. Action de se convertir en glace.
— ÉTYM. Com, et glacer.
CONGLORATION (kon-glo-ba-sion), s. f. Action
d'entasser, d'accumuler diverses choses les unes sur les autres. || Nom d'une figure- de rhétorique, qui consiste à réunir plusieurs arguments, plusieurs raisons, pour prouver une même chose.
— ÉTYM. Latin conglobatio, de conglobare, conglober.
CONGLORÉ, ÉE (kon-glo-bé, bée), part, passé. Qui est amassé, assemblé. || i" Terme d'anatomie. Glandes conglobées, les glandes ou ganglions lymphatiques, à cause de leur forme. || 2° Terme de botanique. Feuilles ou Heurs conglobées, les feuilles ou fleurs assemblées en boule. || 3° Terme de rhétorique. Accumulé par conglobation.
f CONGLORER (kon-glo-bé) , v. a. Réunir en globe, en boule. || Se conglober, v. réfl. La matière du soleil, longtemps écartée dans l'espace, s'est conglobée, volt. Dial. vu, \.
— HIST. xvi6 s. Par quoy le nourrissement arresté et comme conglobé en lieu estroit, paré, xx, io.
— ÉTYM. Latin conglobare, de cum, et globus, globe.
f CONGLOMÉRAT (kon-glo-mé-ra), s. m. Terme de minéralogie. Agrégation de substances diverses.
—ÉTYM. Latin conglomérats (voy. conglomérer).
f CONGLOMÉRATION (kon-glo-mé-ra-sion), s. f. Action de réunir des substances diverses, des personnes nombreuses. L'administration municipale de Paris fait avec activité d'énormes travaux, des dépenses immenses pour conjurer les dangers d'une conglomération trop continûment et trop rapidement croissante, Presse scientifique, 1861, 1. 1, p. 240.
— ÉTYM. Conglomérer.
tCONGLOMÉRATIQUE(kon-glo-mé-ra-ti-k'),atf].
Terme de géologie. Qui contient des conglomérats.
— ÉTYM. Conglomérat.
CONGLOMÉRÉ, ÉE (kon-glo-mé-ré, rée), part.
passé. Réuni en peloton. || Terme d'anatomie. Glandes conglomérées, nom donné aux glandes en grappe, à cause de la multitude de granulations qu'elles présentent.
CONGLOMÉRER (kon glo-mé-ré. L'accent aigu de
CON
mé se change en accent grave, quand la syllabe qui suitest muette : je conglomère ; excepté au futur et au conditionnel : je conglomérerai, je conglomérerais; ce qui forme une anomalie regrettable), v. a.\\i" Terme de physique. Amasser en peloton, entasser. Ils formèrent à leur confluent d'horribles contre-marées qui conglomérèrent les sables, les cailloux.... bktîn. de s.-p. Étude IV. || 2" Se conglomérer, v. réfl. Être congloméré. A chaque position où la force centrifuge devenait égale à la pesanteur, un anneau de matière cessait, dans le plan de l'équateur solaire, de suivre le mouvement de retraite de cette atmosphère [du soleil]; cet anneau se conglomérait ensuite en planète isolée, babinet, Comptes rendus, Ac. des se. t. lu, p. 48 1.
— ÉTYM. Lat. conglomerare , de cum, et glomerare, pelotonner.
f CONGLUTINANT,ANTE(kon-glu-ti-nan,nan-t'), <tdj. Terme de médecine. Remède conglutinant, remède qui a la vertu de conglutiner. || Substantivement. Les conglutinants.
f CONGLUTINATIF, IVE (kon-glu-ti-na-tif. ti-v'), adj. Synonyme de conglutinant.
CONGLUTTNATION (kon-glu-ti-na-sion), s. f. Action de conglutiner.
— HIST. xvie s. Conglutinalion, oudin, Dict.
— ÉTYM. Lat. conglutinatio , de conglutinare , conglutiner.
CONGLUTINÉ, ÉE (kon-glu-ti-né, née), part, passé. Les fragments d'un os conglutinés par le cal.
CONGLUTINER (kon-glu-ti-né), v. a. Joindre deux ou plusieurs corps par le moyen de quelque substance visqueuse qui les tient unis. || Se conglutiner, r. réfl. Être conglutiné. Les deux fragments de l'os se conglutinèrent.
— HIST. xive s. Tant metez ce jus [d'une plante] à la chaleur du soleil, qu'il se tienne conglutiné et pris comme cire gommée, Ménagier, n, 5. ||xves. Comme raisiné Qui conglutiné Ce qu'elle atrape, Femme est encline, Toujours elle hape Ce qu'elle agrape , le Blason des faulces amours, p. 270, dans lacurne. I, xvr s. Le second point est approcher les labiés [lèvres d'une plaie] ensemble, d'autant que, si elles n'estoient jointes, ne pourroient se conglutiner et reunir, paré, vu, 5.
— ÉTYM. Lat. conglutinare, de com, et gluten, colle (voy. glu). .
t CONGLUTINEUX, EUSE (kon-glu-ti-neû, neûz'), adj. Terme de médecine. Visqueux, gluant. Des humeurs putrides, tenaces et conglutineuses, mol, Am. méd. n, 5.
— ÉTYM. Lat. conglutinosus (voy. conglutiner). f CONGRATULANT. ANTE (kon-gra-tu-lan ,
lan-t'), adj. Qui congratule. Ne vous embarquez nullement Dans ces douceurs congratulantes, mol. Amph. m, H.
-f- CONGRATULATEUR, TRICE (kon-gra-tu-lateur, tri-s'), s. m... et f. Celui, celle qui congratule. || Adjectivement. Un de-ces prologues congratulateurs, v. hugo, Notre-Dame, cité par legoarant.
— ÉTYM. Congratuler.
CONGRATULATION (kon-gra-tu-la-sion) . s. f.
Action de congratuler. Il ne voulait pas recevoir les congratulations des peuples, boss. Hist. n, s. C'est ce qu'avaient dit publiquement les théologiens dans le synode, et ils n'en avaient pas moins mérité les congratulations et les louanges de toute cette compagnie, id. Variât, xiv. || Ce mot vieillit; présentement on se sert plutôt de félicitation avec des égaux ou des inférieurs, de compliment avec des supérieurs.
— HIST. xvie s. Il y a certes je ne sçais quelle congratulation de bien faire qui nous resjouit en nous mesmes, et une fierté généreuse qui aceompaigne la bonne conscience, mont, ni, 259. Le car Ursin avoit esté depesché légat, portant la croix a or pour venir en France apporter les congratulations du pape sur le fait de la St Barthélémy, d'aub. Hist. u 7t. Il y a de la congratulation, de la complaisance et saiisfaction à bien faire, charron, Sagesse,
— ÉTYM. Lat. congratulatio, de congratulari,
congratuler.
f CONGRATULATOIRE (kon-gra-tu-la-toi-r , adj. Qui contient une congratulation. Epître congratulatoire.
— ÉTYM. Congratuler.
CONGRATULÉ, ÉE (kon-gra-tu-lé, lée), part.
passé.
CONGRATULER (kon-gra-tu-lé), r. a. [| 1° Faire un compliment de félicitation. I! congratule Théodème sur un discours, la brut. Théophr. 5. Toutes les mères, ravies en admiration, congratulèrent
CON
, i d'avoir mis au monde de tels enfants, rolin, lltst. anc. t. il, p. ni:, dans pougens. Colin ni fit [à Jeannot] ces lignes pour le congratu-
YOLT. Jeannot. || 2° Se congratuler, v. rèfl.
un sortit en se congratulant, j. b. rouss. iré.i,
— REM. 1. On dit présentement féliciter ou comp intenter, sauf quand il y a une nuance de plaisanterie, cas où congratuler est employé; il n'est
are en français qu'un mot qui vieillit se délais la catégorie du langage de plaisanterie. || 2. Voltaire, sur la Théodore de Corneille, a dit (à propos de cette phrase de Corneille : Et certes il y a de quoi congratuler à la pureté de notre théâtre) : « Congratuler à ne se dit plus; cette phrase est latine: tibi gratulor. » Congratuler à ne se dit plus en effet, niais c'est un archaïsme, comme on peut voir par l'historique.
— HIST. xive s. Li latins tramistrent leurs legaz à Rome à conjoïr et à congratuler de la concorde des pères et du plèbe, bercheure, f°69, verso. || xvies. Le roi envoyant ses ambassadeurs au pape eleu pour luy congratuler sa promotion, p. pithou, 7.
— ÊTYM. Lat. congratulari , de cum, et gratulari, féliciter, dérivé de g rat us , agréable (voy. gré).
i. CONGKE (kon-gr'), s. m. Poisson de mer, de forme semblable à celle de l'anguille, atteignant quelquefois deux mètres de longueur, et constituant un aliment assez bon , quoique peu savoureux (muraua cnnger, t.).
— HIST. xinc s. Et congres qui sont gros et Ions, Fabliaux, barbazan, t. iv, p. 94. || xives. Congre : eschaudez-lé et estuvez comme une anguille, Ménagier, il, 5. Rost de poisson, gelée, lamproies, congres, ib. n, 4. || xv* s. Chiens de mer, marsouins, saumons, Congres, turboz et leurs semblatiles. Qui sans escailles sont inusables, E. desch. Poésies mss. f°485, dans lacurne.
— ÊTYM. Latin conger, congre.
| 2. CONGRE (kon-gr'), s. m. Garenne à poisson pratiquée en lit de rivière à l'aide de pieux.
— ÉTYM. Peut-être le même que l'ancien français congle, joug, bas-latin conjugla: les congles dont on joint les bues, texte de <265, dans Du Cange; ou plutôt de même radical que congréer, qui, dans l'ancien français, signifiait rassembler.
fCONGRÉÂGE (kon-gré-a-j') , s. m. Terme de marine. Action de congréer un cordage.
— ÉTYM. Congréer.
f CONGRÉER (kon-gré-é) , v. a. Terme de marine. Entourer un cordage avec du fil , de manière à remplir les vides entre les torons.
— HIST. xme s. Il se congrient [les vers] es cors par chaleur et par humeurs, ruteb. 257. || xve s. Par guerres et divisions ont peu estre congreées haines et mautalens , chastel.un , Exposition sur vérité mal prise.
— ÉTYM. Lat. congregare, rassembler (voy. consrégé). Le terme de métier congréer a gardé, ce qui arrive assez souvent, la forme, archaïque du mot. Provenç. congriar.
-j CONGRÉGANDINE (kon -gré-gan-di-n'), s. f. Religieuse de la congrégation de Notre-Dame.
— ÉTYM. Voy. CONGRE'. É.
f CONGRÉGANISME (kon-gré-ga-ni-sm'), S. in. Néologisme né sous la Restauration, pour signifier le système d'opinions opposé au système libéral d'alors, et que la Congrégation voulait faire prévaloir.
CONGRÉGANISTE (kon-gré-ga-ni-sf), s. m.
|| Ie Membre d'une congrégation de laïques, dirigée par des ecclésiastiques. || Chez les Jésuites, un congréganiste se dit d'un écolier, d'un bourgeois qui est de la congrégation de ces pères. || Sous la Restauration, membre ou partisan de la Congrégation. || 2° Adj. Aujourd'hui, dans le langage officiel, on distingue les écoles laïques et les écoles congréganisles dirigées par les frères des écoles chrétiennes ou par les sœurs de diverses obédiences.
— ÉTYM. Voy. CONGRÉGATION.
CONGRÉGATION (kon-gré-ga-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Réunion, assemblée. Quand des congrégations de savants se formèrent, l'incrédulité naquit avec l'amour-propre, chateaur. Génie, m, n, 2. Une congrégation d'hommes de tant d'états différents doit faire d'une ville un séjour de délices, bern. dest p. ( k. ind. || La congrégation des fidèles, L'Église romaine. || 2° Compagnie de religieux ou de prêtres séculiers soumis à une même règle. Congrégation d'hommes, de filles. Les bénédictins de la congrégation de St-Maur. || Autrefois, division d'un ordre religieux formée de membres de l'ordre qui, dans son sein et sous sa règle commune,
avaient un régime et des statuts particuliers. || 3° Confrérie de dévotion mise sous l'invocation d'un saint. || Chez les Jésuites, espèce de confrérie d'écoliers, d'artisans, de bourgeois, qui s'assemblent ordinairement tous les dimanches, dans une chapelle chez les Jésuites, et qui, toutes les fêtes de la Vierge et tous lus mois, se confessent au père qui à soin de lacongrégation.|| Absolument, sous la Restauration , la Congrégation, association religieuse et politique qui passait pour être dirigée par les Jésuites, et qui avait des opinions opposées à celles du libéralisme d'alors. || Salle, chapelle où s'assemblent les congreganistes. || 4° À la cour de Rome, certain nombre de cardinaux et d'ecclésiastiques choisis ou députés par le pape pour éclaircir ou décider quelque affaire qui regarde l'Église. La congrégation desRites, de la Propagande. || 5" Nom de certaines divisions ecclésiastiques dans les pays protestants. Les ministres sont élus par chaque congrégation.
— hist. xiie s. Espérez en lui, tute congregatiun de pople , espandez devant lui vos cuers , Liber psalm. p. 79. || xiiie s. Et toutes les congrégations et li peules de Paris les convoiierent jusques à Saint- Denis, Chr. de Rains, p. 1 98. Bien est la chose desseignie, Qu'ele avoit à élection La greigneur congrégation, ruteb. il, 77. || xive s. Et touz ceulz qui font sacrifices et congregacions pour teles choses, il attribuent honeurs as diex, oresme, Eth. 246. X tout [avec] leur congrégation, Dont je ne fais pus mention, j. bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 10. Sénat n'estoit autre chose que le conseil ou la congrégation des sénateurs où l'on fesoit les ordonences du peuple roumain, bercheure, f° 3. L'ame s'en duelt; ah! com dolente vie De laisser Dieu en congrégation De telz péchiez! e. desch. Intéi leur des cours. || xvie s. Il nous fault discerner l'église de Dieu, de la congrégation de* infidèles et des meschans, calv. Instit. 839. Le blasphémateur du nom du Seigneur mourra de mort, toute la congrégation du peuple le lapidera, lanoue, 8. Il estoit parvenu à entrer dans la congrégation de propaganda fide, d'aub. Vie, cxxix. Et fut arresté qu'il se feroit, en ceste capitale ville de vostre duché de Guienne, une congrégation de tous ceulx de leur ligue; la quelle congrégation nous ne pouvons appeler autrement que une vraie recognoissance de leurs forces, condë, Mémoires, p. si 9.
— ÉTYM. Provenç. congregatio; espagn. congregacion; ital. congregazione ; du latin congregationem.de cum. et gregare, degrex, gregis, troupeau.
t CONGRÉGATIONALISTE (kon-gré-ga-sio-nalis-t'), s. m. Sectaire chrétien des États-Unis.
f CONGRÉGÉ, ÉE (kon-gré-jé , jée), adj. Terme didactique. Qui est réuni en masses, en tas. || S. f. Ursuline qui ne faisait point de vœux.
— HIST. xive s. Il cuident que, à mettre les lois, il ne convient autre chose fors congregier, amasser ou assembler les loys anciennement approuvées, oresme, Eth. 331. || xvie s. [Il ordonna] De congreger les centaures qui feirent Guerre a Saturne et qui le desconfeirent , j. marot , v, <2. Celui qui promet de faire tout ce que deux ou trois estans congregez en son nom demanderont.... calvin, Instit. 709. La poulie congrege et assemble ses petits poussins, les gardant sous ses ailes, paré, Animaux, 12. Les docteurs de la faculté de théologie seront congregés et assemblés , condé , Mémoires , p. fi09.
— ÉTYM. Provenç. congregar, congriar; espagn. congregar; ital. congregare ; du latin congregare (voy. congrégation).
i. CONGRES (kon-grê; Y s se lie : les con-grê-z européens), s. m. || 1° Assemblée de ministres plénipotentiaires , qui se rassemble pour régler certains points de droit international. Assembler, ouvrir un congrès. Qu'en un congrès, se partageant le monde, Des potentats soient trompeurs ou trompés, bérang.' Nouv. Diogène. || Nom collectif, désignant le sénat et la chambre des représentants aux États-Unis et en Belgique. || Assemblée des représentants du peuple belge en 1830, munie de pleins pouvoirs pour décider de la forme du gouvernement. || 2° Réunion de personnes qui, appartenant à divers pays ou provinces, se rassemblent pour échanger leurs idées ou se communiquer leurs études sur un objet où elles sont compétentes. Congrès scientifique. Congrès archéologique. Congrès de statistique. Le congrèsde la paix. Le congrès de la propriété littéraire.
— REM. De Caillières, en 1690, dit: «Le congrès de Nimègue, etc.; il faut dire l'assemblée de Nimègue. Le mot de congrès, employé pour exprimer une assemblée ou conférence de ministres, est sale et barbare. » Ce qui avait jeté de la défaveur sur ce mot, c'est l'emploi de congrès dans le sens qui suit
CON 735
(voy. congrès 2). Ce sens étant oublié aujourd'hui. congrès est rentré dans le plein usage.
— ÉTYM. Lat. congressus, réunion, de congredi, marcher avec, de cum, et gradi, marcher (voy.