‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 413 sur 462 · COQUILLE · texte numérisé non relu

COQUILLE

— ÉTYM. Coquille.

COQUILLART (ko-ki-llar, Il mouillées, et non koki-yar), s. m. Pierre calcaire parsemée de coquilles.

— ÉTYM. Coquille. .

COQUILLE (ko-ki-lT, Il mouillées, et non ko-ki-

Ye) s f II 1° Enveloppe calcaire des mollusques testâcés. Les figures agréablement diversifiées des coquilles nous aident à juger de la variété qui règne dans l'organisation des animaux qui en sont les habitants et les architectes, bonnet, Contempl. nat. 3' part. ch. 2). Des expériences équivoques avaient trompé M. de Réaumur : la coquille ne croît point par apposition ou par transsudation; elle n'est point moulée sur le corps de l'animal; mais elle est une partie essentielle du corps de l'animal, id. Paling. philos, part. M", ch. 5. || Coquille de St-Jacques, espèce du genre peigne. Coquille de Pharaon, connue aussi sous le nom de bouton de chemise. || Or en coquilles, or de coquille, or de coquillage, sorte de pâte faite de miel et de feuilles d'or réduites en poudre dont on se sert en peinture pour dorer, et qui se vend dans des coquilles. || 2" Coquille qu'on rapporte de certains pèlerinages. Les pèlerins de St- Jacques en' Galice et ceux du mont St-Michel en Normandie rapportaient des coquilles à leur chapeau. Prenons, dit-elle, prenons donc Coquilles, rosaire et

bourdon, bérang. Peter, de Lis Je porte en

Rrouage du sel, Et mes coquilles vendre à ceux de St-Michel [c'est-à-dire je fais un travail inutile, je porte de l'eau à la rivière] , Régnier, Sat. iv. || Fig. A qui vendez-vous vos coquilles? à ceux qui viennent du Mont St-Michel; ou simplement, à qui vendez-vous vos coquilles? c'est-à-dire à qui vous jouezvous? prétendez-vous m'attraper? On dit dans le même sens : Portez vos coquilles ailleurs, c'est-àdire vous ne m'attraperez pas. || Bien vendre ses coquilles, faire valoir ses coquilles, ne pas donner ses coquilles, tirer un profit exagéré d'une opération ou d'un service. Ma doctrine est si belle qu'il faudroit l'acheter aux dépens de la vie de tous les hommes; c'est vendre cher ses coquilles J volt. Z)ia?. xxvm, 2. |] 3» Coque qui enveloppe l'œuf. Quand on a mangé un œuf à la coque, le bon usage est ou plutôt était de briser la coquille. La coquille se forme la dernière en fort peu de temps, et seulement avant la ponte,

buff. Animaux, Syst. sur la génér De ses frêles

coquilles En foule on voit sortir le peupledesoiseaux, Sous le sein maternel couvés dans leurs berceaux, delille, Par. perdu, vu. || Fig. Ne faire que sortir de sa coquille, être jeune et inexpérimenté. Faire sortir un esprit de sa coquille, donner occasion à un homme de faire paraître son esprit, desfontaines, Spectat. franc. Un collégien sortant de sa coquille, bérang. B. fille. || Rentrer dans sa coquille, reculer, céder prudemment dans une affaire fâcheuse. Le président de Bellièvre me dit ces propres mots: Je vais rentrer dans ma coquille, il n'y a plus rien à faire, retz, iv, 267. De là je suis venu à Paris, et, si la guerre continue, j'irai me remettre dans ma coquille jusqu'à la paix, montesq. Correspondance, 20. || Fig. Il [Béranger] grelottait dans sa coquille , Quand d'un luth je lui fis l'octroi, bérang. Epitaphe. || 4° Par extension , coque qui enveloppe la noix, l'amande, etc. Quand ses filles furent plus grandes, il leur ôta des mains les ciseaux et le rasoir, et leur apprit à lui brûler la barbe et les cheveux avec des coquilles de noix, rollin, Traité des Et. liv. v, 3epart. ch. 2. || 5° Terme d'arts. Objet en forme de coquille. Vase en coquille. || Terme de cuisine. Ragoût de poisson ou de viandes émincées, dont on remplit des vases d'argent en forme de coquilles. || Terme de sculp-

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ture. Petit ornement taillé sur le contour d'un quart de rond. || Terme d'architecture. Voûte formée d'un quart de sphère, qui fait la partie supérieure d'une niche en arcade de plein cintre. Coquille d'escalier, l'intrados de la voûte rampante d'un escalier tournant. || Terme de blason. Guy prit le nom de Laval, et brisa la croix de Montmorency de cinq coquilles, st-sim. (88, 8. || 6° Terme de métiers. Partie de la poignée d'une épée qui a la forme d'une double coquille. || Planche sur laquelle s'appuient les pieds du cocher d'une voiture. Bois de charronnage, pour une voie composée de 26 coquilles de 3 pieds et demi de long, DécZar. 22oct- 1715, tarif. \\ Lamede métal pour couvrir le moule de bois d'un bouton. || Chacune des moitiés d'un moule à deux parties. || Coquille de loquet, partie où l'on met le doigt. || Petit instrument de cuivre dont se servent les lapidaires pour tailler le diamant et les autres pierres précieuses. || Terme de métallurgie. Moule solide autour duquel on fait circuler de l'eau pour refroidir le métal après la coulée. || Terme de fonderie. Coquille à boulet, moule en fer ou en fonte. || Terme de cuisine. Sorte de fourneau vertical qui sert à rôtir la viande. || 7° Papier collé qui portel'empreinte d'une coquille; et adjectivement, papier coquille. || 8° Croûte qui s'élève dans plusieurs parties du pain. || 9° Terme d'imprimerie. Toute faute consistant dans la substitution d'une lettre à une autre. || 10° Ancienne coiffure de femme. || 11° L'ordre de la coquille, ancien ordre de chevalerie, institué en (292, par un comte de Hollande à l'honneur de St-Jacques. || Chevaliers à coquille, ou chevaliers de l'ordre de St- Michel, ordre institué par Louis XI, pour défendre contre les Anglais le Mont St-Michel. || Proverbe. Qui a de l'argent a des coquilles, c'est-à-dire quiconque a de l'argent a tout ce qu'il lui platt.

— REM. L'Académie remarque qu'on ne dit ni coquille de tortue ni coquille d'huître, et qu'il faut dire écaille. Cela est vrai pour tortue; mais quant à l'huître, le mot coquille est très-usité.

— HIST. xine s. H est acordé du commun des patenostriers de coural [corail] et de coquille, à Paris, que nus ne nule du mestier desus dit ne puisse ouvrer par nuit, Liv. des met. 68. ||xives. Une coquille d'argent pour mettre le sel , du cange , coquillia. || xves. Une coquille noire, de St Jacques, garnie d'or, et ung boton d'or au bout, laborde, Émaux, p. 223. À qui vendez- vous vos coquilles? Entre vous, amans pèlerins? ch. d'orx. Bond. || xvie s. Qu'ils s'en aillent maintenant, et vendent leurs coquilles en plein midi, cal vin, Instit. 45. Quand les genethliaques voudront faire valoir leurs coquilles sous couleur que c'est une chose sainte, id. ib. 124. Voulant les Dieux à la guerre animer, 11 fendoit l'air de sa coquille creuse, dubell.iv, 44, verso. Soudain que les prestres et beneficiers entendirent qu'ils detractoyent de leurs coquilles, Us incitèrent les juges de leur courir sus, palissy, 100. Fœneste : Vous voyez ce poignard à coquille? Enay: J'eusse plustost pris ce que je voi à vostre homme pour une targue que pour une coquille, d'aub. Fœn. i, t. Il maintenoit que les huitres, desquelles on rejettoit la coquille en la mer, se refaisoient comme auparavant, id. ib. ni, 6. Quel aise peuvent sentir les huguenots cousus dans leurs cuirasses, comme tortues dans leurs coquilles? id. Conf. il, v. Escargots ou limaçons avec leur coquille, escrevisses, huistres avec leur coquille, paré, xxiv, 38.

— ÉTYM. Ital. cochiglia; du latin conchylia, plur. neutre de conchylium (la forme conquilium se trouve dans un vieux glossaire), de^oy/OXiov, diminutif de KÔ-fX7) (v°y- conque). On peut aussi penser que coquille vient de coque (tiré lui-même de concha, /.oYya), avec la forme diminutive ille, comme dans flottille de flotte:

f COQUILLER (ko-ki-llé), v. n. Former des coquilles, se boursoufler, en parlant de la croûte du pain.

— HIST. xv° s. La paste du pain coquille [sorte de pain] d'un denier doit pezer huit onces deux estellins et obole, Ordonn. des rois de France, t. u, p. 352 bis. || xvie s. Le ventre coquille, blanc et poly, Roman d'Aleclor, p. 54, dans lacurne.

— ÉTYM. Coquille.

f COQUILLEUX, EUSE (ko-ki-lleû, lleû-z', Il mouillées), adj. Rempli de coquilles. Pierre coquilleuse, mauvaise pierre de construction.

— HIST. xvie s. Coquilleux, cotgrave.

— ÉTYM. Coquille.

\. COQUILLIER (ko-ki-llé, Il mouillées, et non ko-ki-yé), s. m. Collection de coquilles. || Montre qui les renferme.

— ÉTYM. Coquille

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2. COQUILLIER, 1ÈRE (ko-ki-llé, llê-r', H mouillées, et non ko-ki-yé) , adj. Terme de géologie. Oui renferme des coquilles. Pierre coquillière. Terrain coquillier.

— ÉTYM. Coquille.

f COQUILLON (ko-ki-llon, Il mouillées), s. m. Argent qui s'attache au bout de la canne, quand on le retire de la coupelle.

— ÉTYM. Diminutif de coquille.

COQUIN, INE (ko-kin, ki-n), s. m. et/". || l°Celui, celle qui a un caractère bas et fripon. Grâce pour les grands, grâce pour les coquins, pasc. Prov. 4. Vos patrons qui sont de francs coquins, sév. 155. Un coquin est celui à qui les choses les plus honteuses ne coûtent rien à dire ou à faire, la bruy. Théophr. Coquin. Je voudrais, pour le supplice d'un coquin, que, pendant quelques heures, chaque jour, il pût avoir le cœur d'un honnête homme, st-foix, Essai sur Paris, t. iv, p. 337, dans pougens. Le coquin dans le bois a volé quelque coche, régnard, Démocr. i, 2. Un misérable à qui on a ôté le nom de scélérat qu'on ne trouvait pas encore assez abject, pour lui donner celui de coquin comme exprimant mieux la bassesse et l'indignité de son âme, j. j. rouss. Dial. i. || Un lâche. Il a fui comme un coquin. || Un paresseux, un valet qui ne sert que de parade et n'a rien à faire. Tu te trompes, si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage, la bruy. il || 2° S. f. Une coquine, une femme débauchée, une femme qui trompe beaucoup d'amants. Dépenser son argent auprès de cette coquine de Middleton, hamilt. Gramm. s. Ma femme en ce pays et dans c-'ite figure! La coquine aura su par quelque ami présent Se faire consoler de son époux absent, rf.gnard, Démocr. v, t. || Adjectivement. Cette femme est bien coquine. || 3" Terme de colère sans signification déterminée. Tous les jours le coquin lasse ma patience, regnard, Ménechm. i, I. Que me vient donc conter cet assuré coquin? mol. Dép. am. m, 8. Comment vous avez peur d'offenser la coquine! Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeant, id. F. sav. n, 6. Où est-ce donc que nous sommes , et quelle audace est-ce là à une coquine de servante de parler de la sorte devant son maître? id. Mal. imag. i, 5. Ah! ah! vous voilà! je suis ravi de vous trouver, monsieur le coquin. — Scapin : Monsieur, votre serviteur ; c'est trop d'honneur que vous me faites, id. Scapin, u, 5. Quand nous faisons besoin, nous autres misérables. Nous sommes les chéris et les incomparables; Et dans un autre temps, dès le moindre courroux, Nous sommes les coquins qu'il faut rouer de coups, id. l'Etour. i, 2. C'est mon coquin de fils qui aura mis la main dessus sans doute, dancourt, Bourg, à la mode, ni, 3. J'ai laissé les dames avec ce gros coquin d'abbé, id. la Maison de camp. se. 8. Ma coquine [ma femme] les fait rester, id. ib. se. 7. C'est un bon tour que de faire épouser ma vieille gouvernante au coquin qui fit enlever ma jeune maîtresse, beaum. Mot. de Figaro, i, 4. || 4e Par plaisanterie et pour indiquer seulement ce qu'il peut y avoir de malicieux, de mystérieux. Vous êtes un heureux coquin. Cet enfant e=t un aimable petit coquin. Ah! petit coquin, je vous y prends. La curiosité rend ces coquines de femmes si insinuantes, j. j. rouss. Conf. vi. || 5° Adjectivement. Je vous nommerai, quand vous voudrez, vingt belles âmes qui ne sont ni sottes ni coquines, volt. Lett. Mme du Deffant, isjanv. 1761. || Métier coquin, métier qui ne donne aucune peine. Vie coquine, vie inoccupée, fainéante. || Populairement. Ver coquin, ver solitaire. || Proverbe. À coquin honteux plate besace.

— HIST. xir" s. Truant estoit, pautonier et coquin, Garin le loher. dans le Dict. de dochbz. || xiv" s. Or sont venuz meschans devins, Sorceliers, arquimaus, coquins, Qui vuelent, par art d'invoquer, Sans Dieu les malades saver, l'Apparition Jehan de Meung, dans p. paris, Mss. fr. t. vi, p. 253. Les quels jeunes hommes ou chemin trouvèrent un homme en habit de quoquin, du cange. <• quinus. Un homme queiant et demandant l'aumosne, qui estoit vestuzd'un manteau tout plain de paleteaulx, comme un coquin oucaimant, id. ib. || xve s. Quatre coquins ou au moins gens poures qui queroient et mandioient leur vie, id. ib. Truans coquins qui par feintise Faingent maulx en mainte guise En ces moustiers et font tel presse Qu'à peine y puet [peut] l'en oïr messe, eust. desch. Poésies mss. f° 3i-2, dans lacurne. Par ma teste, moquin moquait, H seroit bien quoquin quoquart Qui en cest euvre loyaument N'ouvreroit et diligemment, Mr. de Ste

COR

Geneviève. || XVI'S. Arrière aussi laHabertine, Qui a faiet la muse coquine, dubell.vii, 79 , recto. Ou soit que ce petit coquin [son chat] Privé sautelast sur ma ie, m. vu, *o, verso. Et ne savez-vous pas que la nature est coquine? elle aimoit.... marg. Nouv. xuv. Elle faisoit response qu'elle ne le feroit jamais cocu; mais oui bien, coquin [gueux, ruiné] ,^ ip. ib. ux. \yant ramassé 36 soldats" sans aucun officier, il résolut d'aller attendre son coquin de fils à un passape qu'il ne pouvoit éviter, d'aib. Vie, clv. Â coquin honteux plate besace, leroux de lincy, Prov. t. il, p. 74. Un très homme de bien et d'honneur et nullement coquin ny pressant demandeur après son roy, brant. Cap. fr. t. m, p. 255, dans lacurne. Je pensois lors estre le plus grand seigneur de la troupe, et à la fin je me trouvai le plus coquin [gueux], montluc, Mém. t. 1, p. 48, dans lacurne. Coquin, c'est un mendiant volontaire qui haleine ordinairement les cuisines que les latins appellent coquinas, pasquier, Recherches, vin, p. 7 1 8, dans lacurne. Tantost estendu, s'il luy plaist, À l'ombre d'un vieil chesneilestÀ l'envers sur l'herbe coquine, baïf. Œuvres, p. 90, dans lacurne. Proverbe commun qui dit qu'il n'est vie que de coquins, quand ils ont assemblé leurs bribes, h. est. Apol. d'Hérod. p. 358, dans lacurne. Jaloux de la gibecière comme un coquin de sa poche, desper. Contes, t. 11 , p. 1 07 , dans lacurne. Pour preuve de ce [elle] employoit les œillades et jambes coquines [action d'avancer la jambe d'une manière provocante] et mille paroles de mignardise et douceur par elle practiquées. Arrests d'amour, lui.

— ÉTÏM. Bas-lat. coquinus, que l'on dérive de coquus, cuisinier, comme qui dirait marmiton. Cela est très-probable. Pourtant Diez se demande si on ne devrait pas le rattacher au Scandinave kok, gosier, remarquant, à l'appui, que les autres langues romanes n'ont pas le mot coquin. On a proposé d'y voir un dérivé de coq, comme coquet, seulement avec un sens péjoratif d'ordinaire; ce qui permettrait d'expliquer que coquin n'a pas toujours un mauvais sens (par exemple, ces coquins d'enfants indique une impatience mêlée d'amour); mais les emplois anciens de ce mot ne sont pas favorables à cette conjecture.

f COQUINER (ko-ki-né), V. n. Mener la vie d'un coquin, d'un gueux; mendier.

— H1ST. xvc s. Icellui Regnault dit au suppliant que son père aloit coquinant aval la ville, du cange, coquinus. Pierre Perreau, homme plain d'oisiveté, alant mendiant et coquinant par le pais, id. ib. || xvie s. L'instabilité de parler des courtisans qui de jour à autre changent leur manière de dire pour emprunter ou plus tost mendier des mots aulbeins et coquiner phrases estrangeres , st -julien , Mesl. hist. p. 593, dans lacurne. Quand l'hiver fut vestu de neige et de bruine, Elle [la cigale] vint du fourmi la prudence louer, Et près de son grenier à traicts d'ailes rouer [tourner], Flatant comme celui qui pour son pain coquine, perrin, Poésies, p. 10, dans lacurne. Coquiner envers toutes sortes de gens, charron, Sagesse, p. < 27 , dans lacurne.

— ÉTYM. Coquin.

COQUINER1E (ko-ki-ne-rie) , s. /. || 1° Action de coquin. Il m'a fait une coquinerie. || 2° Le caractère du coquin. Sa coquinerie est bien connue.

— hist. xur s. Cheste mains ci truanderie Est nommée et coquinerie, du cange, coquinus.

— ÉTYM. Coquiner.

t COQUINET (ko-ki-né), a-, m. Petit coquin, petit voleur. Ah! que ce coquinet [de libraire] ôte mon nom [d'une édition] ! 11 ne faut pas être brûlé tous les six mois, volt. Lett. d'Argental, 19 mars 4 76t.

— ÉTYM. Diminutif de coquin.

f COQU10ULE (ko-ki-ou-F), s. f. Nom vulgaire de plusieurs graminées, et, entre autres, de la feluque ovine.

t. COR (kor), s. m. Tumeur épidermique, dure et circonscrite qui se forme aux pieds.

— HIST. xvic s. Clous nommés des vulgaires cors, sont durillons qui viennent aux jointures des orteils; leur cal est dur et espais, comme la corne de lanterne; c'est pourquoy sont appelles corst paré, v, 2A. Si j'ay un cor qui me presse l'orteil, me voylà renfrongné , mal plaisant et inaccessible , mont. 11. 323.

— ÉTYM. Lat. cornu, corne (voy. corne).

2. COR (kor), s. m. || l'Instrument à vent, en cuivre, contourné en spirale et terminé par un large pavillon. Cor de chasse, cor appelé aussi trompe, sur lequel on ne peut exécuter que des chasses ou des fanfares. Donner du cor. Sonner, jouer du cor. La fantaisie de son mari est de sonner du cor à la

COR

ruelle de son lit, sév. 395.... Quand aux bois Le bruit des cors, celui des voix N'a donné nul relâche à la tremblante proie, la font. Fabl. x, i. On sonna si souvent du cor, que.... hamilt. Gramm. n. Allons, chasseur, vite en campagne, Du cor n'entends-tu pas le son? bérang. D. Chasse. Joyeux chasseurs d'IUe-et-Vilaine, De votre cor je prends le ton, bérang. Chasse. || Cor d'harmonie ou cor proprement dit, le même instrument, mais garni de coulisses qui permettent de l'accorder exactement avec d'autres instruments, et de corps de rechange à l'aide desquels on peut jouer dans tous les tons. Duo pour cor et harpe. Trio pour flûte, cor et guitare. || Cor à pistons, autre espèce décor où des pistons qu'on fait mouvoir avec les doigts allongent ou raccourcissent la longueur du tube, et permettent de donner justes les tons et les demi-tons sans être obligé de boucher plus ou moins le pavillon. Le cor à pistons a plus de ressources que le cor, mais il n'a pas un aussi beau timbre. || Cor anglais , instrument à anche qui est à la quinte au-dessous du hautbois. || Cor de basset (voy. basset). || Cors russes, espèces de trompes dont chacune n'a qu'un son et est insufllée par un paysan ou serf, dressé à faire entendre au moment convenable la note unique qu'il a à produire; on les réunit en nombre pour exécuter des symphonies. || Chasser à cor et à cri, chasser au son du cor et à la huée, comme pour les bêtes fauves. || Fig. À cor et à cri, loc. adv. Vivement; avec éclat. Vouloir, demander, poursuivre une chose à cor et à cri. Il demande le coadjuteur à cor et à cri, sév. 185. || 2° Cor se dit aussi du musicien. C'est un excellent cor. C'est le premier corde l'Opéra. H 3° Cor de mer, coquille dont on se sert pour sonner, parce que la pointe qui la termine, forme une embouchure facile.

— HIST. xie s. Compain Rolant, car sonez vostre corn, Ch. de Roi. lxxxi. Li empereres a fait soner ses corns, ib. cxxxiv. || xne s. En Saragoze fait soner graille et cor, Ronc. p. 39. Li autre l'unt laissié tut sul emmi l'estur, E le corn unt baillié en main à pécheur, Ne l'espée Deu traire nen osent pur pour, Th. le mart. 28. ||xme s. Un cor a pris, ses chiens apele, Si conmande à mètre sa sele, Et sa mesnie crie et huie, Ren. H 95. La noise que il menoient de leur nacaires et de leur cors sarrazinois estoit espoventable à escouter, joinv. 2(3. Voiz de cor en batalle senefie aide, Psautier, f" 23. || xve s. Elle m'a fait souvent monter À cheval, faire mes effors, Aller, chevaucher, tempester, Et courir à cry et à cors, coquillard, Monologue de la botte de foin. Hxvi0 s. Lors eux, cuidans que fusse en grand crédit, M'ont appelle monsieur à cry et cor, marot, Épigr. Partout roullent les fruits du plein cor d'abondance, baïf, Œuvres, p. 132, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. corn; ital. corno; du latin cornu, cor et corne (voy. corne).

f 3. COR (kor), s. m. Terme de pêche. Voy. corbeau.

— ÉTYM. Lat. corvus, corbeau.

f i. COR (kor), s. m. Mesure de liquides en u chez les Hébreux et valant d'après Saigey

f CORACES (ko-ra-s'),s. m. plur. Terme de zoologie. Nom donné à la famille des corbeaux.

— ÉTYM. Kôpaij, corbeau.

t CORACIEN, IENNE (ko-ra-siin, siè-n') , adj. Terme de zoologie: Qui ressemble au corbeau.

— ÉTYM. K6pa$, xôpaxoç, corbeau (voy. corbeau).

f CORACIN (ko-ra-sin), s. m. Terme de pêche. Poisson nommé aussi corbeau.

— ÉTYM. Lat. coracinus, de xopaxïvo;.

f CORACO.... Préfixe du langage anatomique et qui signifie l'apophyse coracoïde. Joint à un autre mot il indique la situation de la partie dont il s'agit : coraco-brachial, coraco-claviculaire, coraco-hyoïdien, coraco-cubital, etc.

f CORACOÏDE (ko-ra-ko-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Apophyse coracoïde, l'apophyse qui termine en dehors le bord supérieur ou cervical de l'omoplate.

— HIST. xvr s. L'omoplate a une autre petite apophyse, appelée coracoïde en grec, à cause qu'elle représente un bec de corbeau, paré, xm, 9.

— ÉTYM. KopotxoEiSri;, de xâpaÇ, xôpaxoç, corbeau, et £180;, forme.

t CORACOÏDIEN, IENNE (ko-ra-ko-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Ligament coracoïdien, ligament qui, avoisinant l'apophyse coracoïde, convertit en trou l'échancrure du bord supérieur de l'omoplate.

— - ÉTYM. Coracoïde.

COR

t CORAIGNE. Mot inscrit dans les dictionnaires, mais qui n'existe pas et qui résulte d'une fausse lecture pour cocaigne ou cocagne. Petite boule de pastel (voy. cocagne 2).

CORAIL (ko-rall, 22 mouillées, et non ko-ra-ye), s. m. Il 1° Production marine calcaire, remarquable par sa forme rameuse et souvent par sa couleur d'un rouge éclatant. Collection de coraux. Le corail, fixé aux rochers sous-marins, sous la forme d'arbuscules plus ou moins branchus, d'un rouge éclatant, est l'axe pierreux de certains polypes de l'ordre des alcyoniens. Il envoya à l'Académie en 1710 une assez ample relation de ses recherches, et la belle découverte des fleurs du corail y est comprise, fonten. Marsigli. Le savant Hérissant a achevé de démontrer, après les Jussieu et les Guettard, la nature vraiment animale des coraux et des productions analogues, bonnet, Contempl. nat. 10° part. ch. 29. Le corail n'est donc point un polypier; il n'est point le nid d'un certain polype; mais il fait réellement corps avec les polypes qui concourent à sa formation, id. Palingén. philos. xi° part. ch. 6. Éponges, polypiers, madrépores, coraux, Des insectes des mers miraculeux travaux, delille, Homme des champs, ni. Qu'un ver emprisonné formerait le corail; Mais ce noble arbrisseau, ces pierres, cet émail Ne sont que l'ornement et le luxe du monde, id. Trois règnes, v. || Fig. Bouche, lèvres de corail, bouche, lèvres fraîches et vermeilles. Il Au plur. Collection de pièces de corail. Il y a dans ce cabinet des coraux très-rares. || 2° Terme de botanique. Bois de corail, arbrisseau d'Amérique, qui porte une graine aussi rouge que le corail de celte couleur. On en fait des bracelets. || Corail des jardins, le piment annuel. || Corail fait au pluriel coraux.

— REM. On disait aussi cora2 au commencement du xvii" siècle : Sa bouche est de coral, Régnier, Dial. Sur cet amas brillant de nacre et de coral, Qui sillonne les flots de ce mouvant cristal, corn. Tois. d'or, n, 3.

— HIST. xn° s. Jayonces, safirs, calcédoines, Esmeraudes, bonnes sardoines, Et bons coraus et crisolites, Et diamans et ametistes, Romancero, p. 59. |] xiiie s. Les patenostriers de coural et de coquille à Paris, Liv. des met. 68. As pies par devers le so lel Avoit un coral brun vermel . FI. et Bl. 617. Il xive s. Deux peires de paternoster, l'un de coral, l'autre de geet, de laborde, Émaux, p. 224. Un arbre de courail, à langues de serpent, id. ib. Courail croist en la mer rouge, et, tant comme il est couvert d'eau, c'est bois blanc et mol, mais si tost que il est hors de l'eaue et que il est touché de l'air, il rougist et devient pierre, id. ib. || xvie s. De ma bouche asseichée Qui n'a plus de coral, st-gel. 229. Y aura plusieurs branches de corail duquel les racines seront toutes au pied du rocher, à fin que les dits couraux ayent apparence d'avoir creu dedans ledit fossé, palissy, 63. La poudre des coraux, paré, xxi, 2. Deux drachmes de coral rouge bruslé et lavé neuf fois avec eau rose, id. xx bis, 14. Les coraux blancs et rouges, id. t. ni, p. 636. Les corails sont plantes lapidifiées, qui produisent racines et branches, id. Animaux, 21 .

— ÉTYM. Provenç. coralh ; espagn. coral; ital. corallo; du latin coralium ou corallium, du grec xopâXXiov, xoupàXiov.

f CORAILLÉ, ÉE (ko-ra-llé, liée, Il mouillées), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui contient du corail.

— ETYM. Corail.

j- CORAILLER (ko-ra-llé, Il mouillées), v n. Crier, en parlant du corbeau.

f CORAILLÈRE (ko-ra-llè-r', 22 mouillées), s. f. Terme de manne. Petit bâtiment pour la pèche du corail. On dit aussi coraline.

— ÉTYM. Corail.

CORAIIXEUR (ko-ra-lleur, Il mouillées, et non ko-ra-yeur), s. m. Celui qui va à la pêche du corail. Il Adjectivement. Un navire corailleur.

— étym. Corail.

f CORAÏSCIIITE(ko-ra-i-chi-t'), s. m. Nom d'une tribu principale de la Mecque, à laquelle Mahomet appartenait.

fCORALRAG (ko-ral-bagh) , s. m. Terme de géologie. Calcaire marneux ou siliceux, riche en polypiers.

— étym. Mot anglais, de cora2, corail, et bag, sac.

f CORALINE (ko-ra-li-n'), s. f. Synonyme déco-. raillère.

f CORALLA1RE (ko-ral-lû-r') adj. Terme d'his*

toire naturel h-. Qui tient du corail. Polypi -1

Il Qui a l'apparence du corail. Agate corallaire.

COR

f CORALLF (ko-ra-1'), s. m. Terme de zoologie. Genre de serpents établi aux dépens du genre boa.

f COR ALLÉ, ÉE (ko-ral-lé, lée), adj. Ternie 'le pharmacie. Qui contient du corail. Remède corallé.

f CORALLIFORME (ko-ral-li-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme du corail.

— ÉTYM. Corail, et forme.

t CORALL1GÈXE (ko-ral-li-gè-n') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui produit le corail. Les archippls coralligènes qui naissent dans les mers australiennes.

— ÉTYM. Corail, et le suffixe Ytv?);;, pris à tort pour qui engendre, puisqu'il signifie qui est engendré.

CORALLIN, INE (ko-ral-lin, li-n'), adj. Rouge comme du corail. Lèvres corallines.

— HIST. xvr s. Soit qu'en riant ses lèvres coralines Montrent deux rancs de perles crystalines, du bellay, il, 27, recto. Porter un colier de coral rouge, coralline, jaspe, de la pierre hématites, o. de serres, 033.

— étym. Lat. corallinus, de corallium (voy. corail).

CORALLINE (ko-ra-li-n'), s. f. Plante cryptogame de la classe des algues, à rameaux incrustés d'une matière calcaire, ce qui l'a fait prendre longtemps pour un polypier. La coralline est vermifuge.

■— étym. Corallin.

fCORALLIIVÉ, ÉE (ko-ral-li-né, née), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a du rapport avec le corail.

— ÉTYM. Corail.

fCORALLOÏDE (ko-ral-lo-i-d') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'apparence du corail.

— ÉTYM. Corail, et eiSo;, forme.

f CORALLOPÈTRE (ko-ral-lo-pè-tr') , s. m. Polypier fossile.

— ÉTYM. Corail, et le latin petra, pierre. CORAN (ko-ran), s. m. Livre qui contient la loi

religieuse de Mahomet. Cette réponse se trouve dans l'antépénultième chapitre du Coran, volt. Mœurs,!.

Voy. ALCORAN.

— étym. Arabe, korân, lecture, du verbe karn, lire : la lecture par excellence, comme nous disons la Bible, l'Écriture, en attachant à ces mots un sens de respect.

f CORBAT (kor-ba), s. m. Un des noms du cormoran.

CORBEAU (kor-bô), s. m. ||l°Gros oiseau carnassier de la famille des passereaux ; il a un plumage très-noir. Et m'ouvrez un passage à l'empire des morts, Dérobant aux corbeaux le butin de mon corps, rotb. Antig. i, 6. Et ton cœur sacrilège aux corbeaux exposé, id. St-Genest, m, 2. Maitre corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage, LAFONT.FaW. i, 2. Eh! bonjour, monsieur du corbeau, Que vous êtes joli, que vous me semblez beau! id. ib. L'oiseau de Jupiter enlevant un mouton, Un corbeau témoin de l'affaire, Et plus faible de rems mlais non pas moins glouton, En voulut sur l'heure autant faire, id. Fabl. n, <6. 1 1 Noir comme un corbeau, se dit souvent d'une personne qui a les cheveux noirs et le teint brun. || Le corbeau passait

pour être de mauvais augure Un songe, une

vapeur, Un corbeau qui croasse, enfin tout vous

fait peur, mair. Sophon. v, 4 Un corbeau Tout

à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau, la font. Fabl. ix, 2. Et des affreux corbeaux les noires légions Fendent l'air qui frémit sous leurs longs bataillons, delille, Géorg. i. || Se dit familièrement dans ce sens en parlant des personnes. Quel corbeau de mauvais augure! || 2° Terme de chasse. Synonyme de corbine, corneille, choucas, crave, freux. || 3° Autrefois, nom donné à des gens qui dans un temps de contagion enlevaient les pestiférés soit pour les porter à l'hôpilal soit pour les enterrer. J'entrai jusques au second étage, où je trouvai deux corps nus, étendus sur la table de la chambre; alors je me retirai bien étonné, et en sortant je rencontrai des corbeaux qui me demandèrent ce que je cherchais, bassompierre, Mémoires, 023 , in-<2, t. i, p. («3 ( Collection petitot, 2e série, t. xix, p. 364). || Populairement, nom qu'on donne quelquefois aux porteurs des morts. || Ces dénominations viennent de ce que le corbeau recherche les corps morts pour s'en repaître. || Nom donné quelquefois par dénigrement aux prêtres à cause de leurs vêtements noiis. || 4°Termed astronomie. Constellation de l'hémisphère austral. || 5° Terme d'architecture. Grosse console, moindre en hauteur qu'en saillie, dont l'usage est pour soulager la portée d'une poutre; ces corbeaux sont quelquefois de fer. || 6° Dans l'ancien art militaire, espèco de grappin et de pont

COR

volant. Les Romains suppléèrent à cet inconvénient [la supériorité des Carthaginois dans la manœuvre des vaisseaux] par une machine qui fut inventée sur-le-champ et que depuis on a appelée corbeau, par le moyen de laquelle ils accrochaient les vaisseaux des ennemis, passaient dedans malgré eux et en venaient aussitôt aux mains, rollin, Ilist. anc. t. i, p. 3H, dans pougens. || 7e Terme de pêche. Corbeau de mer. Poisson qui a le dos bleu, le ventre blanc, les côtés rouges, et la tête fort grande. || Proverbe. Nourris un corbeau, il te crèvera l'œil, c'està-dire souvent le mal est rendu pour le bien.

— HIST". xne s. E j'arai cumanded à corps que la vitaille te truissent e guarisum, Rois, 3tu. || xnr s. De Renart, si comme il concilia le corbel du fromage, Ren. 7186. D'un leu [loup] cunte, ki vint jadiz Où uns corbiaus s'esteit assiz Desour le dos d'une berbiz, marie, Fabl. 50. Je ne sai s'en [si on] apelle potences ou corbiaus, Qui soustiennent leurs cornes [de la coiffure des femmes], que tant tiennent à biaus; Mes tant os-je bien dire que sainte Elizabiaus N'est mie en paradis pour porter tiex borriaus, j. de meung, Test. (268. || xives. Ensi com je quidoie au palais retourner, Vinrent doy noir corbant mon corps avironner, Beaud. de Seb. m, 363. Et la tor est quarrée et lée; De sus par est si bien ornée ; La coverture et li corbel Furent moult orgueillox et bel, Blanchandin, ms. de Si-Germain, ("ils, dans lacurne. || xvies. Vénitiens à Trevy font posade. Comme corbeaulx dormans sur la charoigne, J. marot, v, 100. Nul lait noir, nul blanc corbeau, leroux de lingy, Prov. t. i, p. < 73. De mauvais corbeau mauvais œuf, oudin, Curios. fr. Mourut aussi de la maladie.... Rosée, procureur en la cour, et fallut pour l'enterrer envoyer quérir des corbeaux à Paris, l'estoille, Journal du règne de Henri IV, La Haye, na, t. m, p. 383, année 1606. Il n'est loisible à un voisin mettre ou faire mettre et asseoir les poultres de sa maison dedans le mur moitoyen d'entre luy et son voisin, sans y faire ou faire faire ou mettre jambes parpaignes ou chesnes et corbeaux suffisans de pierre de taille pour porter les dittes poultres, Coust. gc'nér. t. i, p. 35.

— ÉTYM. Berry, corbin; wallon, coirbd ; du latin correllus , diminutif de corvus, dont le radical corse trouve dans x6p-aÇ, xop-uvy) , cor-nix; sanscr. kdrava ; mots qui ont une ressemblance frappante avec l'hébreu harab, corbeau. Dans le vieux français, au nominatif singulier, li corbels ou li corlunix; au régime, le corbel. Le primitif corb ou corp se trouve dans l'ancien français.

CORBEILLE (kor-bè-11', il mouillées, et non korbè-ye), s. f. || 1° Sorte de panier léger, fait ordinairement d'osier. Une corbeille de fleurs, de fruits. Quand elle entre dans les temples des dieux et qu'elle porte sur sa tête les choses sacrées dans des corbeilles,' on croirait qu'elle est elle-même la divinité qui habite dans les temples, fém. Tél. xxii. Dès que les deux époux eurent touché le seuil de la porte, on plaça pour un instant une corbeille de fruits sur leurs têtes; c'était le présage de l'abondance dont ils devaient jouir, barthél. Anach. ch. 77. Flore sur leur tapis a versé sa corbeille, delille. Jardins, iv. || Corbeille de mariage, parures et bijoux que le futur envoie à sa fiancée dans une corbeille d'ornement. Il a dépensé tant pour là corbeille. || 2° Ouvrage d'osier, creux et assez haut, servant d'ordinaire à mettre le pain. Je me mis par son ordre dans une grande corbeille d'osier, couverte d'un ouvrage de soie fait de sa main; puis les deux esclaves qui m'avaient apporté furent appelés, lesage, Gil Blas, v, \. || Corbeille de terre, ouvrage de treillage pour contenir des fleurs. || Se dit aussi d'un espace de terre couvert de fleurs et disposé en forme de corbeille au milieu d'une pièce de gazon, et. par extension, d'une contrée verdoyante et fleurie. Ce beau pays, jadis soumis au sceptre de l'antique Nélée, présentait une corbeille de verdure de plus de 800 stades de tour, chateaub. Mart. 9. || 3° Terme d'architecture. Forme génératrice du chapiteau autour de laquelle se groupent les ornements , violletleduc. Il Ouvrage en forme de panier rempli de fleurs ou de fruits, qui se place sur une cariatide, ou qui termine quelque décoration d'architecture. || 4°Terme de guerre. Panier rempli de terre, qu'on met sur un parapet pour se couvrir. || 5° Terme de bourse. Espace réservé, à la Bourse de Paris, au milieu de la salle commune, où se réunissent les agents de change pour consommer leur transactions. || 6°ierme de botanique. Corbeille d'or, nom vulgaire de l'alysson des jardins.

— HIST. xne s. Une corbille [il] trova merveilles grant; Plus de cent pains i a mis maintenant, Bat.

COR

d'Aleschans, v. 3956. || xme s. De flors assés [il] a fait cuellir, Et corbeilles grandes emplir, FI. et RI. 229t. || xiv" s. Une grant corbeille d'argent blanc, à quatre et à deux anneaux, de la borde, Émaux, p. 225. La grant corbeille de l'aumosne, d'argent blanc, avec le baston, et est la dite corbeille ciselée des armes de France, id. ib. || xves. Une grande corbeille servant pour tirer le pain de dessus la table, id. ib. Son Jhesus qui si bien venger Le devoit, où est-il aie?... Je cuide, quant il l'appela, Qu'il faisoit ou ven ou corbeille, Mart. de St-Étienne. Par femme fut en la corbaille à Home Virgile mis, dont ot moult de hontaige; Il n'est chose que femme ne consumme [d'après le conte du moyen âge de Virgile mis dans une corbeille par une femme], eust.descii.

Bail, de l'empire des femmes. || xvic s L'es-

trange merveille, Qui enfermée estoit en la corbeille, marot, iv, 85. Corbeilles, mandes, paniers, 0. de serres, 200.

— ÉTYM. Berry, garboueille ; du latin corbicula, diminutif de corbis, panier.

f CORBEILLÉE (kor-bè-llée, Il mouillées), s. f. Le contenu d'une corbeille.

— ÉTYM. Corbeille.

| CORBEJEAU (kor-be-jô) ou CORBIGEAU (korbi-jô), s. m. Un des noms du courlis. Au coucher du soleil, on y voyait voler le corbigeau et l'alouette, bern. de s. -p. Paul et Virg.

fCORBICULÉ, ÉE (kor-bi-ku-lê, lée), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une corbeille. || S. m. Nom donné au tibia des insectes quand il a la forme d'une corneille.

— ÉTYM. Lat. corbicula (voy. corbeille).

f CORBIEU (kor-bieu). Juron qui est le même que corbleu, l'un et l'autre pour côrps-Dieu; voy.

CORRLEU.

CORBILLARD (kor-bi-llar, Il mouillées, et non cor-bi-yar; le d ne se lie jamais; au pluriel, l's ne se lie pas: les kor-bi-llar et les chevaux: cependant quelques-uns lient cette s: les kor-bi-llar-z et les chevaux), s. m. || 1° Nom donné autrefois au coche d'eau de Paris à Corbeil. || 2° Par extension, grand carrosse. Inusité en ce sens. Trois grands corbillards comblés de laquais, grands comme des Suisses et chamarrés de livrées tranchantes, parurent dans la cour et débarquèrent toute la noce, iiamilt. Grain m. 12. y 3° Char sur lequel on transporte les morts. L'un veut guider le.coi billard, Et l'autre d'un ton nasillard Me psalmodie une prière, bérang. Mon enterr.

— HIST. XVIe s. Corbillat, grande barque dont on se sert pour aller en un lieu près Paris, oudin, Dict.

— ÉTYM. Corbeil. Dans une gravure d'Iswelinc, qui représente le plan de l'île Saint-Louis et des deux ponts, avec les rues projetées et exécutées vers 16)8, on remarque sur la Seine un coche d'eau, nommé corbillac, parce qu'il faisait le trajet de Paris à Corbeil. Richelet écrit conformément à l'étymologie, cnrbeillard.

CORBILLAT (kor-bi-lla, M mouillées, etnonkorbi-ya), s. m. Petit corbeau.

— REM. L'Académie écrit cornillas, le petit d une corneille. Pourquoi cette différence entre cornillas et corbillat ?

— ÉTYM. Diminutif de corbeau.

CORBILLON (kor-bi-llon, Il mouillées, et non

kor-bi-yon), s. m.||.l" Sorte de petite corbeille. On sert le pain bénit dans un corbillon. On vit le comédien Destin couché sur un matelas, un corbillon sur la tête, qui lui servait de couronne, scarron, Rom. com. ch. 2. ||2° Jeu de société, où l'on doif répondre par un mot rimant en on à la demande: que met-on dans mon corbillon? Je prétends que ma femme, en clarté peu sublime, Même ne sache pas ce que c'est qu'une rime; Et s'il faut qu'avec elle on joue au corbillon.... Je veux qu'elle réponde : une tarte à la crème, mol. Êe. des f. I, 1. 1| Petite corbeille dans laquelle on met les enjeux. || 3° Terme de marine. Un demi-baril où l'on met chaque jour le biscuit pour l'équipage. || Proverbe. Changement de corbillon fait appétit de pain bénit, ou, simplement, changement de corbillon fait trouver le bon, c'est-à-dire il y a parfois plaisir à changer. Les changements de corbillon sont admirables,

SÉV. 367.

— HIST. xine s. Quatre rat à moie [mue] Faisoient monnoie D'un viex corbillon , Fatrasies, jubinal, t. 11, p. 220. Se pains est aportés à col de la vile de Paris en marchié ou en autres jours, il porra avoir tant de corbillons comme il li plaira, Liv. des met. 310. Talemelier puent, au diemenche, porter leur pain en leur corbeillons ou en leur

COR

leur esta] ou buffez ou tables, portant que li eslaus ne soit plus Ions que de B pies, Liv. des met. l«. ||xrv*s. Mettre en garde le surplus en corheillons et corbeilles, Ménagier, il, 4. xv" S. H donna tout, chascun le scet, Table, tret- \. pain, corbilion, villon, Épitaphe. || xvi* s. as] in corbilion tissu d'ozier attique , Avoit l'enfant Erichtone enfermé, marot, iv, 85.

— ÉTYM. Diminutif de corbeille.

f CORBILLOT (kor-bi-llo, Il mouillées), s. m. Le même que c > r l ■ ; liât.

CORBIN (kor-bin), s. m. || 1° Corbeau. Inusité en ce sens. || 2° Bec-de-corbin, bec-à-corbin, nom d'instruments recourbés et terminés en pointe. || Canne à bec-de-corbin. canne dont la poignée est faite en forme de bec. || Nez en bec-à-corbin, nez qui a une forme recourbée. || Autrefois, espèce de hallebarde armée d'un crochet que portait une compagnie particulière des gardes du roi. Gentilhomme à bec de corbin ou au bec de corbin.... Rodillard de Choupille, Noble au bec de corbin, grand gruyer de Ben y. El qui fut votre père, étant bien mon mari, regnard, Distrait . i, 4. || Ces sortes de gardes. Cauvisson eut une place dans les cent gentilhommes de la maison du roi, c'est-à-dire les becs de corbin,

— ÉTYM. Lat. corvinus, dérivé de corvus, corbeau. t CORB1NE (kor-bi-n'), s. f. Espèce de corbeau

d'Europe. || Corneille vulgaire.

— ETYM. Corbin, un des noms du corbeau.

f CORBIVEAU (kor-bi-vô), s. m. Sorte de corbeau d'Afrique.

| CORBLEU (kor-bleu). Sorte de juron. Avec moi, corbleu! Il [le roi] verra beau jeu , bérang. Carabas. Par la corbleu! gardez d'échauffer trop ma bile, mol. Syan. i, I. M'interdire! corbleu! voilà donc de vos œuvres! gresset, Méchant, v, 9.

— HIST. XIIe s. Outre, cuivers! li cors Deu te honnie, Ronc. p. 58. || xme s. Une marastre [j] avoie, le cors Dieu la gravent, Bertc, xlvii. Et Aliste sa fille, cui li cors Dieu maudie, ib. lx. Par le carbiu! mar i fut fait. Lai d'Ignaur. Qu'est-ce? dist li vilains, me diras-tu eil [autre chose]? Par le cuer beu! se je te tenoie, tu ne m'escaperoies hui mais, Clir. de Rains, 237. Por le cuer bieu, qu'avez vos fet? Ren. 9349. Por la char bieu, ne savez-vous Conques nul bien ne sot li rous? ib. 1 8) 77. Renart, fet il, par le cuer bé, Tu m'as hui honni et gabé, ib. 4641. y xve s. Par le corps bieu, c'est une robe, Plaine de quoy? Cbarbieu, de paille? villon, Archer de Bagnolet.

— ÉTYM. Corbleu, corbieu ; altération de prononciation pour corps Dieu , c'est-à-dire corps de Dieu, Dieu en personne; altération suggérée par le désir de ne pas mettre le nom de Dieu dans des locutions .irrévérencieuses. Par le corps de Dieu est un juron fait comme sambleu (le sang de Dieu, de .lésus- Christ), morbleu (mort-Dieu, la mort de Dieu, de Jésus-Christ), ventrebleu (le ventre de Dieu). Dans corps Dieu, Dieu est au régime; ce qui marquait le rapport que nous exprimons aujourd'hui par la préposition de, comme dans hôtel-Dieu.

f CORBULE (kor-bu-P), s. f. Terme de conchyliologie. Genre de coquilles mannes, petites, bivalves, de la famille des pandores.

— ÉTYM. Diminutif du latin corbis, corbeille. CORCELET (kor-se-lè), s. m. Voy. corselet.

f CORCERONS (kor-se-ron) , s. m. plur. Terme de pêche. Morceaux de liège dits aussi flottes, attachés aux empiles.

— ÉTYM. Angi. kork, liège.

f CORCHORE (kor-ko-r'), s. f. Genre de plantes de la famille des liliacées et appartenant aux régions intertropicales.

— ÉTYM. Kof/opo;, espèce de légume.

f CORCULE (kor-ku-1'J, s. m. Terme de botanique. Nom donné quelquefois au germe.

— ÉTYM. Latin, corculum, petit cœur, diminutif de cor, cœur.

t CORDACE (kor-da-s'), s. f. Terme d'antiquité. Sorte de danse inconvenante qui n'était dansée que par des gens ivres ou grossiers.

— ÉTYM. KôpôaÇ.

CORDAGE (kor-da-j'), s. m. ||1° Toute corde qui sert à la manœuvre d'un navire, au jeu d'une machine. On tend les cordages, on lève les voiles, fén. Tél. xxiii. Il Se dit aussi des cordes des maçons, etc. Il 2° Manière de mesurer le bois à la corde.

— HIST. xvie s. Quand vous serez hors d'aage, Et que vos nerfs sembleront un cordage, MAROT, II, 65. Comme le sanglier qui, après maintes feintes, est contraint de se jeter dans les cordages, yver, p. «07. Il s'attacha seulement à manier les voiles et

COR

le cordage, amyot, Phoc. 5. Seront les di's priseurs et arpenteurs tenus d'art ester sur lo lieu et par chacune pièce de terre qu'ils priseront et corderont la quantité et estimation d'icelle, auparavant entrer au -e et estimation des autres terres qui seront à priser, Coust. génér. t. 11, p. 815.

— ÉTYM. Corde.

t CORDAGER (kor-da-jé) , v. n. Faire du petit cordage. || Peu usité.

— ÉTYM. Cordage.

f CORDA SSON (kor-da-son), s. m. Terme de commerce. Sorte de toile grossière.

f CORDAT (kor-da), s. m. Terme de commerce. Grosse serge de laine croisée et drapée. |] Toile d'emballage.

— éty>i. Corde.

CORDE (kor-d'),s. f. || 1° Terme de musique. Partie de boyau de mouton nettoyée, tendue, séchée et préparée pour être montée sur certains instruments tels que violon et guitare; et aussi fil de métal passé par les filières qu'on monte sur certains j instruments tels que la harpe, le piano, etc. Corde de boyau ou corde à boyau. Cordes de boyaux, le cent pesant estimé à 30 livres, Déclar. du roi,nov. 1640, tarif. Dirions-nous que les cordes d'un violon seraient venues d'elles-mêmes se ranger sur un bois? fénel. Exist. vi. Je mets sous ses yeux un instrument à cordes, j. j. rouss. Ém. iv. Nous croyons entendre des fables, lorsqu'on nous dit que, chez les Grecs, une corde ajoutée à la lyre était une innovation politique; que les sages même en auguraient un changement dans les mœurs, une révolution dans l'État, marmoni. Élém.litt. t. xix, p. 312, dans pougens. || Flatter la corde, la toucher légèrement. Il Double corde, manière de jouer du violon ou du violoncelle, en touchant deux cordes à la fois et en faisant ainsi deux parties différentes. La double corde produit souvent beaucoup d'effet. Il Fig. Voltaire a brisé la corde la plus harmonieuse du sa lyre, en refusant de chanter cette armée de martyrs, chateaub. Génie, 11, I, 5. Il faudrait être insensé pour rejeter un culte qui a ajouté de nouvelles cordes à l'âme, id. ib. Il, ni, 4. || La grosse corde, le soi argenté du violon, le sol et Vut argentés du violoncelle. || Fig. Toucher la grosse corde, parler de ce qu'il y a de principal dans une affaire. Il La grosse corde, le principal personnage. M. de Turenne était dans le moment la grosse corde du parti, retz, 11, 307. || Toucher la corde sensible, parler de ce qui intéresse le plus. Il ne faut point toucher à cette corde-là, mol. les Âm. magn. 1, 2. Il faut toucher cette corde délicatement, boss. Lett. quiét. 416. En causant, je touchai sa corde favorite, l'érudition, didek. Sat. sur les caractères. || Dans l'ancienne musique, violon à cordes avalées, violon accordé à la quarte. || Terme d'anatomie. Cordes vocales, les ligaments inférieurs de la glotte. Cordes sonores, petits conduits membraneux que contiennent les canaux demi-circulaires de l'oreille interne. Il Notes de la gamme. La voix de ce chanteur est belle dans les cordes élevées. La corde fondamentale. Dans l'accord de septième, sol si ré fa, soi tout seul est la corde fondamentale. || 2° Tortis fait de matière textile. La corde d'un puits, d'une cloche. Il Mettre une chose en corde , lui donner la forme d'une corde. Tabac en corde. || Fig. Si la corde ne rompt, c'est-à-dire si les moyens employés pour réussir ne manquent pas. Nous allons voir beau jeu si la corde ne rompt, mol. l'Étour. m, io. Un dauphin [fils de Louis XIV] qui n'a jamais été rien ni de rien, et sur qui la corde a cassé de tant d'espérances, de craintes et de projets, st-sim. 295, 28. || Tirer sur la même corde, agir de concert. I| Corde sans fin, la corde qui entoure la roue des tours, des rouets à filer, etc. j| Corde nouée, ou corde à nœuds, grosse corde garnie de nœuds pour monter le long des murs. Il Corde se dit aussi d'une corde qu'on suspend en guise de rampe dans un escalier. Tenez bien la corde. Ne lâchez pas la corde. || Corde dont les enfants se servent pour sauter, soit que, tenant un des bouts dans chaque main, ils la fassent rapidement passer sous leurs pieds, soit que, deux personnes tenant chacune un bout et la faisant tourner, l'enfant saute à chaque tour. Sauter à la corde. Acheter une corde. || Terme de marine. Corde de défense, paquet de grosses cordes pour rompre le choc ou empêcher les avaries. Naviguer à mâts et à cordes, naviguer vent arrière avec toutes les voiles serrées. Il Terme de pêche. Maîtresse corde, la plus forte de celles dont on se sert pour pêcher aux cordes. Pêcher aux cordes, pêcher avec une longue corde à laquelle on attache des lignes. Il Terme de manège. Grande longe que l'on tient

COR

a l'entour du pilier où le cheval est attaché pour le faire manœuvrer. Faire donner un cheval dans les cordes, le dresser à sauter. || Fig. et bassement. Chier des cordes, aller péniblement, à la selle. |l 3° Corde de jeu de paume, grosse corde tendue au milieu du jeu de paume et garnie de filets jusqu'en bas pour arrêter la balle qui ne passe pas par-dessus. Friser la corde. Mettre sous la corde. || Fig. Cette affaire a passé à Heur de corde, il s'en est peu fallu qu'elle n'échouât. || Fig. Friser la corde, courir un grand danger, être au moment de périr, de se ruiner ou de faire quelque mauvaise affaire. || 4" Corde qui, dans les hippodromes, sert à limiter le champ dans lequel courent les chevaux. Tenir la corde se dit de l'écuyer qui, dans une course de chevaux, est le plus près de la corde. Il tient, il a gagné, il a perdu la corde. Et fig. Tenir la corde se dit d'une personne qui a une avance ou un avantage sur les autres. || 5° Corde d'estrapade, corde avec laquelle on guindait ceux qui étaient condamnés à avoir l'estrapade. Donner trois coups de corde à quelqu'un, le guinder trois fois en haut et le laisser retomber de sa pesanteur à un pied de terre. On a dit aussi trait de corde pour coup d'estrapade. Il 6° Gros câble tendu en l'air sur lequel certains bateleurs font des exercices. Danseur de corde. || Danser sur la corde, marcher, sauter, courir ou danser sur une corde tendue à une hauteur plus ou moins grande. Et fig. Être engagé dans quelque chose de hasardeux. || 7° Corde qu'on met aux arcs et aux arbalètes. Tendre la corde. Commençons dans deux jours, et mangeons cependant La corde de cet arc: il faut que l'on l'ait faite De vrai boyau.... la font. Fabl. vin, 27. Il Fig. Avoir deux cordes, plusieurs cordes à son arc, plus d'une corde à son arc, avoir plusieurs ressources. || Terme de géométrie. La corde d'un arc, la ligne droite qui joint les deux extrémités de cet arc. Pour le faire [passer l'Escaut] , Vendôme suivait la corde, qui était très-courte; pour l'empêcher, Marlborough avait à marcher sur l'arc fort étendu et courbé, st-sim. 203, 107. Un bras de mer forme comme la corde de l'arc des montagnes, chateaub. Itin. <56. || Terme de vénerie. Demicorde, endroit fourré de bois, où se réfugient les bêtes fauves. || 8° Terme d'horlogerie. Corde de montre, corde de boyau qu'on mettait autrefois aux montres et qui servait à tendre le grand ressort; elle est aujourd'hui remplacée par une petite chaîne en acier. Cette montre est au bout de sa corde. || Terme de relieur. Ficelles de diverses grosseurs dont les relieurs se servent pour faire les nervures des livres qu'ils relient. || Corde à feu, mèche de corde servant à mettre le feu aux artifices. || 9° Corde pour étrangler ou pendre; mort par la strangulation ; supplice de la potence. Sans nulle miséricorde, Je serais digne de la corde, Régnier, Mac. Un traître qui.... Par argent ou faveur s'est sauvé de la corde, m. Sat. v. C'est avec la corde, le fer ou le poison qu'on ôte pour l'ordinaire la vie aux coupables, barthél. Anach. ch. 19. Quoi! dit-il, sans mourir je perdrai cette somme ! Je ne me pendrai pas ! Et vraiment si ferai, Ou de corde je manquerai, la font. Fabl. ix, 16. || La corde au cou, dans l'attitude d'un criminel qui va être pendu; et fig. sans condition, à merci. Edouard III exigea que six bourgeois vinssent lui demander pardon la corde au cou, volt. Mœurs, 75. || Mettre la corde au cou à quelqu'un, le perdre, le ruiner. En l'écoutant seulement [le projet de Georges et du RégentJ , disait Alberoni, elle [la Hollande] se mettait la corde au cou, stsim. 500, 42. || Filer sa corde, se livrer à des actes qui doivent conduire à la potence, qui doiveni mener à la ruine. || Il a frisé la corde, se dit d'un homme qui a échappé à grand'peine a la potence, à une condamnation capitale. Cette locution provient d'une confusion avec friser la corde du jeu de paume. || Se racheter de la corde, corrompre le juge de manière à échapper à une juste condamnation. Justice est sans miséricorde A l'égard d'un petit larron; Mais au gros elle fait pardon, Quand il se peut racheter de la corde, dans iiiciielet. || Avoir de la corde de pendu dans sa poche, se dit de celui qui gagne toujours, quia constamment du bonheur; locution tirée d'une vieille et absurde superstition qui attribue à la corde de pendu des vertus magiques. || Un homme de sac et de corde, un vrai scélérat, un homme capable de tout, ainsi dit parce qu'on pendait avec la corde ou noyail dans un sac les scélérats. || 10" ferme de tisserand. Fil dont une étoffe est tissue. Ce drap a la corde fine. Habit usé jusqu'à la corde. || Fig. Cela est usé jusqu'à la torde, cela est rebattu à satiété. C'est un homme qui est de mise un quart d'heure

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de suite, qui le moment d'après baisse, dégénère et perd le peu de lustre qu'un peu de mémoire lui donnait, et montre lacorde, la bruy. ii. j| Cethomme montre la corde, laisse voir l'embarras de sa position, de ses affaires. Vos soins sont usés, on voit la corde, sév. (51. Le prétexte étant si mince, on voyait la corde et le fond, id. (58. Le roi montra la corde [ce qui le blessait] par le refus chagrin qu'il fit tout net à Monsieur [d'employer à la guerre le duc de Chartres] pour qu'on ne lui en parlât plus, stsim. 91 , 203. || 11° Mesure de bois à brûler, qu'on prenait avec une corde et qui équivaut à peu près à quatre stères. La corde de Paris valait 3,8 stères; la corde de grand bois 4,4, et la corde de port 4,8. Une corde de bois. || Bois de corde qui se nomme à présent bois de stère, le bois qui se mesure, à la différence des fagots, falourdes, etc. qu'on achète au nombre. || 12° Terme d'anatomie. Corde du tympan, rameau du nerf vidien qui s'introduit dans la caisse du tympan. || Terme de pathologie. Engorgement oblong et plus ou moins douloureux de l'urèthre, qui survient souvent dans la blennorrhagie. Il Tension d'un muscle causée par quelque lésion. 11 avait mal au bras et y sentait une corde qui le gênait. [[Terme de vétérinaire. Corde de farcin, engorgement des vaisseaux lymphatiques sous-cutanés, qui ressemble à une corde. || 13° Nom, au billard, de deux clous placés sur les deux bandes des côtés, en deçà desquels un joueur doit placer sa bille pour commencer à jouer. || 14° Un des noms de la lamproie. || 15° Sous corde, Inc. adv. qui, dans le commerce, signifie en ballot, sans défaire la corde qui lie le ballot, par opposition à en détail, pièce à pièce. Leur avons permis de vendre des bas par sixains entiers et sous corde, Lettr. pat. 26 janvier 1735. Il Proverbes. Il ne faut, point parler de corde dans la maison d'un pendu, c'est-à-dire il ne faut point parler en une compagnie d'une chose qui puisse faire à quelqu'un un secret reproche. || Le fouet et la corde en sont dehors, se dit d'une affaire épineuse sans doute, mais où il n'y a point de peine afflictive à craindre, d'extrême danger à courir.

— HIST. xii" s. D'enfer puet saint iglise les portes depecier; N'est mie sages hum qui la volt trebuchier; Semble hùmme qui à corde volt le mund jus sachier, Th. le mart. 85. Les cordes de enfern me unt lied, e les laz de mort m'unt saisid, Rois, 205. || xme s. [Ils] lui ont mis celé corde, ce fu grant cruauté, Berte, xv. Biaus fillues [filleul], faites prendre une corde, et le [la] me faites mettre entour le col, Chr. des Rains, p. 43. Nus cordier ne puet ne ne doitnule corde faire de quelque manière que ele soit.... Liv. des mit. 4(. Feme sait moult de renaît; Deux cordes a en son arc, ils. de poésies fr. avant <300, t. il, p. 723, dans lacurne. |jxives. Lors te souviengne de celle mort, Et te gard d'aler en son port, Et te gard bien qu'elle ne te morde, Ne qu'à ton coul mecte la corde, Le liv. du bon Jeh. 4229. || xves. Car les exemples anciens Nous sont et cordes et liens De nous garder des grans périls Que nous trouvons, parleurs escripts, e. desch. Poésies mss f°529, dans lacurne. Car sa doulce miséricorde De justice attrempe la corde, Afin que trop griement ne fiere, Mir. de Ste Genev. ûr nous trayons donc sur Aele, respondirent les deux chevaliers, et ainsi nous aurons deux cordes à un arc, froiss. ii, m, 79. Qui plus despend que n'a vaillant, Il fait la corde à quoy se pend, leroux de lincy, Prou. t. n, p. 402. || xvic s. Il y aura beau jeu, si la chorde ne rompt, rab. Paru, iv, 5. Des boyaulx on fera chordes de violons et herpès, id. ib. 6. Tu n'as Cousteau, serpe ne serpillon, Qui sceust coupper corde, ne cordillon.... marot, ii, 43. La royne tenoit pour criminels tous ceux qui touchoient cette corde, d'aub. Hist. i, 96. D'assiéger et prendre le roi dedans Dieppe, ou lui faire quitter la partie et s'embarquer pour gagner l'Angleterre : à la vérité c'eust esté perdre le roiaume qui estoit sous la corde, id. ib. m, 218. Curio, qui defendoit pour lors le party de Caesar, tira à sa corde Antonius, amyot, Anton. 7. Comme ce cordier là que l'on paint en la description des enfers, laisse consumer à un asne paissant auprès de luy, autant de chorde de genest, comme il en peult plier et tordre, id. De la tranq. d'âme, 30. Corde triplée est de durée, leroux de lincy, Prov. t. ii, p. 164. X gros larron grosse corde, cotgrave. à longue corde tire qui mort d'autrui désire, id. La lieue de l'. urgogne contient cinquante portées de longueur, la portée douze cordes, ia corde douze aulnes de Provins, l'aulne deux pieds et demi, le pied douze poulces, Coust. génér. t. i, p. 9(5. Persista toujours en^ ses dénégations; à raison de quoy il ordonna qu'il fust mis à la corde; mais plus on luy bailloit la

question forte et cruelle, plus se rendoit opiniastre, Ntiits de Straparole, t. n, p. 299, dans lacurne.

— ÉTYM. Wallon, coide; provenç. et ital. corda; espagn. cuerda ; du latin chorda, proprement boyau , puis corde à boyau, puis corde en général, de

yooïr,.

f l. CORDÉ, ÉE (kor-dé, dée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un cœur de carte à jouer.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur.

2. CORDÉ, ÉE (kor-dé, dée), part, passé. || 1° Mis en corde. Du chanvre cordé. || 2° Qui a la forme d'une corde. Racine cordée, racine filandreuse et ligneuse. || Terme de blason. Arcs, instruments de musique cordés, ceux dont les cordes sont d'un autre émail que le corps. || Terme de vétérinaire. Flanc cordé, flanc présentant une cavité profonde en avant de l'angle de la hanche. || Terme de pathologie. Chaudepisse cordée, nom vulgaire de la blennorrhagie dans laquelle il se forme une sorte de corde par la violence de l'inflammation. || Terme de pêche. Lamproie cordée, lamproie qui se corde et cesse d'être bonne à manger.

— ÉTYM. Corde.

CORDEAU (kor-dô), s. m. || 1" Petite corde pour mesurer et aligner. Des rues tirées au cordeau. Tout est tiré au cordeau dans Saturne et dans Jupiter, volt. Microm. 4. Vieux soldats de plomb que nous sommes, Au cordeau nous alignant tous, bérang. Fous. Vous ne voyez rien d'aligné, rien de nivelé, jamais le cordeau n'entra dans ce lieu; la nature ne plante rien au cordeau, j. j. rouss. Hél. iv, H. || Fig. Ce petit bel esprit, orateur du barreau, Alignant froidement ses phrases au cordeau, volt, la Vanité. || 2" Corde menue dont on se sert pour conduire un bateau. Tirer au cordeau. |) Dans les courses de chevaux, tenir le cordeau se dit dans le même sens que tenir la corde, pour signifier être, parmi les coureurs, le plus près de la corde intérieure du champ de course. Les coureurs tirent au sort à qui aura le cordeau. || 3" Corde dont on se servait pour étrangler. On dit aujourd'hui de préférence cordon. Et le plus saint d'entre eux, sauf le droit du cordeau. Vivait au cabaret pour mourir au bordeau, Régnier, Sat. x. Elle n'est plus vivante! — Quoi! si tôt? par le feu, le fer ou le cordeau? tristan, Mort de Chrispe,v, (0. Celui-ci se l'attache [le lacs] et se pend bien et beau; Ce qui le consola peut-être Fut qu'un autre eût, pour lui, fait les frais du cordeau, la kon't. Fabl. ix, )6. L'empire romain mis à l'encan, et celui des Ottomans exposé tous les jours au cordeau nous marquent l'aveuglement de ceux qui ne font consister l'autorité que dans la force, retz, ii, 93. Louis le Hutin fit périr sa femme Marguerite de Bourgogne par le cordeau, volt. Mœurs, 75. Le prix de tant de peines [du vizir] a été souvent l'exil ou le cordeau, id. ib. 93. || ^Lisières de certaines étoffes de laine de dernière qualité. || 5° Terme de pèche. Cordeau de nuit, la ligne de fond pour les anguilles. || Cordeaux, morceaux de ficelle, attachés de distance en distance à la ligne de fond.

— HIST. xii° s. Par la ventaille [du casque] [il] fait les cordais [tresses de sa barbe] sacher, Ronc. p. (34. || xivc s. Pren un cordel, et puis l'attache à la lesse, Modus, f° lxxxii, verso. Les Cordeaux si peu amorsés es oches qu'ilz chieent [tombent] legierement, se l'esprevier se fiert dedans, ib. cxxni. || xy° s. Et disoient là les aucuns que le duc de Bretagne avoit fait et brassé to.ut ce cordel, froiss. m, iv, 29. Furent ammenez à Paris tous liez en un chariot et le cordel au col; mais madame de Guyenne leur sauva la vie par sa prière, Hist. d'Àrtus m, connest. du duc de Bret. p. 771 , dans lacurne. || xvie s. Un usurier à la teste pelée D'un petit blanc acheta un cordeau Pour s'estrangler , marot, m, (82. Il commencea à faire aligner et tirer le cordeau pour la citadelle, carl, vi, a.

— ÉTYM. Diminutif de corde; wallon, coirdai; namur. coirdia; provenç. et espagn. cordel.

f CORDÉE (kor-dée)", s. f. ||i"Ce qui peut être contenu dans une corde. Une cordée de bois. || 2"Terme de pêche. Ficelle à laquelle sont attachés plusieurs hameçons.

— HIST. xvie s. Et ceste longue cordée de fortunes et de rencontres, mont, m, 230,

— étym. Corde.

t CORDELAT (kor-de-la), s. m. Étoffe de laine grossière.

— ÉTYM. Corde.

CORDKLÉ, ÉE (kor-de-lé, lée), part, passé, cheveux cordelés. |] Terme d'histoire naturelle. Qui est marqué comme de tours de cordes.

CORDELER (kor-de-lé. VI se double quand la syllabe qui suit est muette: je cordelle; je cordellerai), v. a. Tordre ou tresser en forme de corde.

— HïST. xvie s. Bourdeille avec ses cheveux gris cordelez, d'aub. Fcen. iv, (3.

— étym. Cordelle.

CORDELETTE (kor-de-lè-f ), s. f. Petite corde. || Terme de conchyliologie. Elévation longue et étroite qui règne le long d'une coquille.

— HIST. xive s. Sachet de toile pendu à une cordelette, Ménagier, n, 5. Bien attachié à une forte et longue cordelette, Modus, f° lxxiv. || xvr s. Il faut mettre entre les dents du patient une cordelette, et frapper dessus, paré, vin, 2. Le baston sur le quel les dames d'Italie font, à l'aiguille, des cordelettes et autres menus ouvrages, Nuits de Straparole, t. n, p. 369, dans LACURNE.

— ÉTYM. Diminutif de cordelle.

CORDELIER (kor-de-lié; IV ne se lie jamais; au

pluriel, l's se lie; les cordeliers et leur couvent; dites: les kor-de-lié-z et....), s. m.||l°Nom des religieux de l'ordre de St-François d'Assise, qui sont habillés de gros drap brun ou noir avec un petit capuce, un chaperon et un manteau de même étoffe, et qui ont une ceinture de corde où il y a trois nœuds : on les appelle aussi franciscains et frères mineurs. Ils se divisent en conventuels ou de la grande observance à qui il est permis de posséder des immeubles, et en observantins ou de l'étroite observance qui ne peuvent rien posséder. Les cordeliers embrassent les sentiments de Scot, parce que Scot était cordelier, mallebr. Recherche, v, 6. Un cordelier, son orateur [de Jean duc de Bourgogne], nommé Jean Petit, soutint, en présence du dauphin qui présidait, que le duc d'Orléans, par diverses actions, s'était montré un impie et un tyran, saint-foix, Ess. Paris. Œuvres, t. v, p. (57, dans pougens. || Aller sur la haquenée, sur la mule des cordeliers, voyager le bâton à la main. || Avoir la conscience large comme la manche d'un cordelier, être peu scrupuleux. || Parler latin devant les cordeliers, parler avec assurance d'une chose qu'on connaît mal devant des gens qui la connaissent bien. || Être gris comme un cordelier, être ivre, par un mauvais jeu de mots sur le vêtement gris que les cordeliers portaient autrefois. || 2" Dans la Révolution française , membre du club des cordeliers . club ainsi nommé parce qu'il siégeait dans un ancien couvent de cordeliers. Camille Desmoulins avait été membre de ce club, et c'est pour cela qu'il intitula le Vieux cordelier le journal où il blâmait les excès révolutionnaires et qui le fit bientôt périr sur l'échafaud. || 3° S. f. Cordelières, religieuses de l'ordre de St-François d'Assise, qui doivent leur fondation et leur établissement à Blanche, fille du roi saint Louis. Leur habit se rapproche de celui des cordeliers.

— HIST. xme s Cil cordeler ....Qui tousjours vont deschauz et se frotent au lange, Chantepl

ms. de St-Germain, f" lui, dans i.aclrne. Or sui Robers, or sui Robins, Or cordeliers, or jacobins, la Rose. 11210. [[ xive s. Li uns des cordeliers, qui estoit moult prodons, Salua hautement chevaliers et barons, Gucscl. 3705. Aus ordres mendians, ;i la gent cordelière Donna tant de florins, que cil à voit [voix] legiere Crioient hautement.... Baud. de Seb. 1, 89(. Il xvc s. Vous en sçavez assez, et seroit parler latin devant les cordeliers, comm. ni, 4. Il xvie s. Et que surtout il se gardast que son mari ne le vist aller aux cordeliers, marg. AToi<r. xxxv. 11 la trouva encore en la chapelle, si désespérée, que, s'il lui eut esté licite de se rendre cordelière, elle y fut demeurée, id. ib. exiv. Un mal et un cordelier, rarement seul par sentier, leroux de lincy, Prov. t. 1, p. 9.

— ÉTYM. Cordelle; bourguig. codelei.

CORDELIÈRE (kor- de -liè-r'), s. f. || 1° Corde à

plusieurs nœuds que les religieux et religieuses de St-François portent autour du corps. || Par analogie, corde élégante en laine ou en soie pour serrer une robe de chambre autour du corps. || 2° Espèce de collier que l'on mettait autour des armoiries et particulièrement des armoiries des veuves ei des filles, pour marquer la dévotion à saint François d'Assise. L'an (470, Claude de Montagu ayant été tué au combat de Bussy, Louise de la Tour d'Auvergne, sa veuve, prit pour devise une cordelière à nœuds déliés et rompus, avec ces mots : j'ai le corps délié, Dict. des ordres relig. Cordelière. || 3° Autrefois, petite tresse à plusieurs nœuds que les femmes portaient autour du cou. Il 4° Torsade de soie, d'argent ou d'or. [[ 5" ferme d'architecture. Baguette sculptée en forme de corde. |) 6° Terme de typographie. Petit rang de vignettes de fonte pour cadres.

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COR

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— hist. xvc s. Quatre cha ses d'or, l'une faite à corde iere. l'autre à petites boucles pleines, l'autre....

OYj Observ. sur Charles Vlll, p. 368, dans

ne. || xvie s. Velour cramoisi, semé de

- d'or, p. choque, dans leroux de lincy. Bibl.

. t. ii, p. iso. Je leur donne le

s liées en cordelière, je les pends

sselles, Satyr. Mén. p. 98.

— i.i y m. i ordelier.

■j- CORDEL1NE fkor-de-li-n') , s. f. fcisière d'une . il,-- soie. |, Petite tringle servant à prendre le i qu'il faut pour faire le cordon d'une bouteille.

— ÊÏYM. Cordelle.

CORDELLE (kor-dè-1'J , s. f. Corde dont on se sert pour le halage des bateaux en rivière et, sur

pour divers usages de chaloupes. Nos matelots nous liraient à la eordelle, CHATEAUB. Ilin. III, 70. Il Par extension. Une clef.... Qui tire à sa c une noix d'arbaleste, Régnier, Sat. x. |[ Fig. On a souvent parlé ailleurs de toute cette eordelle de bâtardise [de toute la séquelle dos bâtards de

XIV], st-sim. 484, <2. || C'est un homme de sa eordelle, o'esl un homme de son parti, de sa cabale.

— msr. xi; t° s. C'est cil qui, por aprivoisiei ' son chat et puis II- rapele, Por le lier à sa cordele, /./ Rose, 9772. Ha! Bel-Acueil, ge sai de vi

vous béent a décevoir, Et faire tant par lor flavele [parole] Qu'il vous traient à lor cordele, ib. i en tele voie pot aler quarete l'une après I' mais bestes n'i poent aler'fors en cordele, beaiim. xxv, 2. Moult tient bien de sa gent la compaigne serrée, S'ont lor sas [sacs] à lor cols à cordele torsée, Ch. d'An t. compl. 95. Or me dites, por Dieu, tuit nos rendons As frères des cordeles ou as autres maisons [si nous nous faisons tous cordeliers], Doctrinal, ms. de St-Germain, f° I03,dans lacurne. || nv' s. Une déliée eordelle qui soit si forte qu'elle puisse soffrir le tirer que le chevreul fera quant il sera prins, Modus, f" LXXI'. || xve s. Ils s'encontrerent de plein eslai et de droite visée et aussi bien comme s'ils L'eussent ligné à la eordelle, froiss. H, m, 59. Et [le duc d'Yrlande] attraioit toutes manières de chevaliers et d'escuyers à sa eordelle et opinion, id.'ii, iii, 74. ||xvr s. Les Vitelliens avoient jà tiré à leur eordelle les deux plus grands [fils de Brutus], pource qu'ilz hantoient familièrement ensemble comme cousins germains, AMVni , Publ. 5. Touchant son cueur, je l'ay en ma eordelle, Et son mari n'a sinon le corps d'elle, ma- ROT, il, 397. Il se servit d'un sien compagnon, qui d'une fenestre en hors tiroit une eordelle ceinte à travers le corps du travaillant, d'aub. Hist. i, 316. Bestail en eordelle [bétail mené avec une corde], Coust. génér. 1. 1, p. 370. La mort cruelle Qui de ceux-là romp la eordelle, qui s'entraimoient uniquement. Opuscules de P.Énoc, p. 83 , dans lacurne.

— étym. Diminutif de corde ; bourguig. codelle ; wallon, coirdale; namurois, coirdèle; Berry, tirer àla eordelle, tirer à soi; provenç. et ital. cordella.

CORDER (kor-dé), r. a. || 1° Mettre en corde. Corder du chanvre. || Par extension, corder du tabac, rouler des feuilles ensemble. Corder un ballot, le ficeler. || 2° Mesurer à la corde. Corder du bois. || 3° Se corder, v. réfl. Se tresser en corde. Il y a des matières qui se cordent bien mieux les unes que les autres.. || Se durcir au milieu, en parlant de piaules de racines. Voici !c temps que les ra cordent. || Â une certaine époque de l'année, les lamproies se cordent, c'est-à-dire ont une dureté longitudinale dans le corps et cessent d'être bonnes eer. || Être mesuré à la corde, en parlant du beis. Le bois tortu ne se corde pas bien.

— REM. On dit souvent dans le peuple corder peur : être, vivre en bonne intelligence : Ci cordent bien. Corder en ce sens n'a sans doute rien de commun avec, corder, mettre en corde; ce semble être une apocope de accorder.

— hist. xine s. Li premiers trousiaus donra quatre deniers, et tout li autres trousiau cordé après, deux deniers, Lie. des met. 281. N'aurés de moi, par le cors Dé, Fors cote' et sorcot de cordé, la Ho e, o:i:i(s. Il xve s. Par ma foi, Perrot! il n'esl pas en ma puissance, mais venez par ci: et faites apporter vos eschelles cordées [faites de cordes], i

il, m, 99. Escheles cordées à graves de fer, pour jeter sur les murs et attacher, aux guérites , in. i, i , <99. Et cordée comme une lamproyc, coquillart, Enqueste entre la simple et la rusée. || xvic s. 5000 paires de souliers communs, U000 panes de souliers cordez, d'aub. Hist. ni. «7.

— ÉTYM. Corde; provenç. cordar.

CORDERIE (kor-de-rie), s. f. Atelier où l'on l'a-

des cordes. || L'art du cordier. Il perfectionna l'art de la corderie; il prouva qu'en tordant moins les câbles, on avait des cordages aussi forts, plus durables, moins pesants, qui exigeaient et moins de matière et moins de main-d'œuvre, condorcet, Duhamel. || Endroit où l'on dépose les cordes.

— ÉTYM. Corder.

CORDIAL, ALE (kor-di-al, a-1'), adj. || 1° Terme de médecine Réconfortant. Potion cordiale. Des remeaes cordiaux. Afin d'augmenter la gaieté de nos repas indiens par ces douces et cordiales productions de l'Europe, bern. de s. -p. Paul et Virginie, p. 102. || Substantivement. Les cordiaux, médicaments qui ont la propriété d'augmenter promptement la chaleur générale du corps et l'action du cœur et de l'estomac. Avait-elle rempli cette boîte pour son époux de cordiaux achetés du fruit de ses épargnes? chateaub. Génie, i, v, H. || 2° Fig. Qui est dévoué de cœur, qui vient du cœur. C'est un ami cordial. Son accueil fut très-cordial.

— msr. xiie s. Chascun pleure sa terre et son païs, Quant il se part de ses coraux amis, Couci, xxiv. [| xme s. Tu ne leur dois mie estre si tendrement coreux, Que tu en entroblies les poures langoreux, i. de meiino, Test. 382. il xvie s. La cordiale affection de laquelle tousjours ha chery ses subjeetz, rab. Garg.i, 3). Une opiatte cordialle, id. Pant. v, Prol. Il les a voulu amener à une droite repentance et cordiale, se mdnstrant si humain envers eux, calv. Instit. 483. Ce ne sont pas tant remèdes pour adoucir le mal que venins arrousez de miel, afin de n'offenser point trop par leur rudesse le premier goust, ains tromper et entrer aux parties cordiales avant qu'estre sentuz, m. ib. 499. Une crainte cordiale de son nom [de Dieu], id. ib. 609. Il ne s'y doit ouir autres prières que cordiales, id. ib. 7os. La façon de prier doit provenir d'un désir cordial, in. ib. 677. Vin blanc ou eaux cordiales. — Luy sera appliqué sur la région du cœur un epitheme cordial, paré, ix, 24. Attendu que par crainte ilz décernent de mesmes choses qu'ils l'eroient par vraye et cordiale amitié , amyot, Démétr. 40. La modestie, la recognoissance cordiale et sérieuse de son peu est un bon tesmoignage de bon et sain jugement, charron, Sagesse, p. 233, dans lacurne.

— étym. Provenç. et espagn. cordial; ital. cordiale; du latin cor, cordis, cœur. L'ancien fiançais disait coral et non cordial. Pourtant cordial se trouve dans cordialmcnt dès le xive siècle.

CORDIALEMENT (kor-di-a-le-man), adv. D'une manière cordiale. 11 m'a parlé cordialement. Je vous embrasse très-tendrement et très-cordialement, c'est un mot de ma grand'mère, sév. 439. Est-ce là agir sincèrement et cordialement? pasc. Prov. 2. Le roi alla au bout de la salle des gardes au-devant de lui [Jacques II] ; le roi d'Angleterre se baissa fort comme s'il eût voulu embrasser ses genoux; le roi l'en empêcha et l'embrassa à trois ou quatre reprises fort cordialement, sév. 505. Je le pardonne non point seulement de bouche ni en apparence, mais sincèrement, mais cordialement, bourd. Pensées, t. n, p. 80. || Par antiphrase, haïr cordialement quelqu'un, franchement et ouvertement. MM. Servien et le Tellier se haïssaient cordialement, retz, Mém. t. ni, liv. iv, p. 327, dans pougens. •

— HIST. xiii" s. Por quoi je le devroie amer trop corelment, j. de meung, Test. 252. || xivc s. Et l'admonestèrent qu'elle amast cordialmcnt son mari, Vénagief, i, 5. Pensez très ententivement et cordialment à tous vos pechiés pour vous en deschareier, ib. i, 3. || xve s. Aimer cordiallement, Percef{ rest, t. iv, f° 138. || xvie s. Aussi ils ne l'aiment pas cordialement de leur costê comme estans les enfuis, mais sont poussez d'une affection mercenaire, calv. Instit. 428. 11 avoit une sœur, laquelle luy estoit Ibrl fidèle et l'aimoit cordialement, amyot, l'ab. 43.

— ÉTYM. Cordiale, et le suffixe ment. L'ancien français disait corelment.

CORDIALITÉ (kor-di-a-li-té) , s. f. Bienveillance ouverte et sincère , franche. Accueillir avec cordialité. Parler avec cordialité. Il ne m'y manqua que d'un moment, et le moment m'eût infailliblement donné la liberté; j'en ai la même obligation à M. d'Hacqueville ; mais je suis assuré que, de l'humeur et de la cordialité dont il est, il n'en eut pas la même joie, retz , Mém. t. m, liv. iv, p. 4io,dans pougens. Elles s'embrassèrenl en pleurant; et il y eut même entre elles de la cordialité et de la franchie, ain ndii que l'entrevue ne se faisait pas dans un pains, voit. Babylone, 5.

— HIST. XVIe S. Cordial;!'', niïilN, Dict.

— étym. Cordial.

CORDIER (kor-dié; IV ne se lie jamais; au plu ne], l's se lie : les cordiers et les cordes, dites : les ■■-/. et. les cordes), s. m. || 1° Fabricant de cordes. || 2° Terme de pêche. Celui qui pêche aveu des cordes garnies d'hameçons. |j Adj. Bateau cordier, celui qui va à cette pêche. Pêcheur cordier.

— HIST. xme s. Il puet estre cordier à Paris qui veut, c'est à savoir faisierres de cordes de toutes

manières de fil, Liv. des met. 44. ||xve s Cy est

uns horns, Voire deux meurdriers et larrons.... Donnez-leur l'ordre du cordier [pendez-les], e. desch. Poésies mss. f° 235, dans lacurne. || xvi" s. Faire comrue le cordier, gagner sa vie à reculons, oudin. Curios. franc.

— ÉTYM. Corde; provenç. cordier; portug. cordoeiro ; ital. corda jo.

+ CORDIFOLIÉ, ÉE (kor-di-fo-li-é, èo),adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en cœur.

— étym. Lai. cor, cordis, cœur, et folium, feuille. CORDIEORME (kor-di-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui est en forme de cœur.

— étym. Lat. cor, cordis, cœur, et forma, fui me.

f CORDIGÈRE (kor-di-jè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une marque en forme de cœur.

— ÉTYM. Lat. cor, cordis, cœur, et gerere , porter. f CORDILLAS (kor-di-llà, Il mouillées), x. m.

Terme de commerce. Nom d'une ancienne étoile grossière de laine.

— HIST. xvie s. La plus fine partie destinera elle à faire des fines sarges, et des bons draps, des burats, des reverches, des cordillats, o. de serres, 88;t.

— étym. Corde.

f CORDILLE (kor-di-11', Il mouillées), s. m. Terme de pêche. Jeune. thon qui sort de l'œuf.

— ÉTYM. Diminutif.de corde, à cause de la ténuité du jeune poisson.

f CORDIMANE (kor-di-ma-n') , adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes faiies en foi me de cœur.

— étym. Lat. cor, cœur, et inanus, main.

f CORDITÈLE (kor-di-tè-1'), adj. f. Terme de zoologie. Qui jette des fils solitaires en manière de cordes; se dit de l'araignée qui, au lieu de toile, fait de ces fils.

— ÉTYM. Corde, et le latin tela, toile.

f CORDOMÈTRE (kor-do-mè-tr') , s. m. Terme de musique. Instrument pour mesurer la grosseur des cordes.

— ÉTYM. Corde, et mètre, mesure.

CORDON (kor-don), s. m. || 1° Une des petites cordes dont la corde est composée, une corde totale étant formée de plusieurs cordes partielles tordues ensemble. || Terme de marine. Aussières commises pour servir à la composition du grelin. || Cordon de chanvre, chanvre prêt à filer. || 2° Sorte de petite corde. La bête scélérate À de certains cordons se tenait par la patte, la font. Fabl. m, 8. || 3" Corde par laquelle un portier ouvre, de sa loge, la porte. Les portiers tirent le cordon pour ouvrir. Portier, ce soir, gardez-vous de m'attendre; Je veux sortir: le cordon s'il vous plaît, bêrang. Cordon. || 4° Tissu fait ordinairement d'une matière plus précieuse que le chanvre. Cordon de fil, de soie, de coton, de laine. Cordon rond, plat. Cordon de montre. || Cordon de chapeau, ou, simplement, cordon, le cordon ou ruban dont on entoure la forme d'un chapeau, soit pour le tenir en état, soit pour l'orner. Couvert d'un vieux chapeau de cordon dépouillé, boil. Sat. x. || Cordons de souliers, les cordons qui servent à attacher les souliers. || Fig. N'être pas digne de dénouer les cordons des s ailiers de quelqu'un, lui être très-inférieur en mérite. |(Lcs cordons de la bourse, les liens qui la ferment. || Fig. Tenir les cordons de la bourse, avoir le maniement de l'argent dans le ménage. Qu'on soit bien l'ait, qu'on ait quelque talent; Que les cordons de la bourse ne tiennent [ne soient pas fermés] , la font. Magn. || Délier, desserrer, dénouer les cordons de la bourse, donner de l'argent. || 5" Lacet de soie qui sert à étr.n Le Grand Seigneur envoya le cordon au pacha. Ne savez-vous pas [Timon qu'on ne manque à Athènes ni de cordons coulants ni de précipices? i-én. xix, 202. || 6° Cordon d'un ordre de chevalerie, ruban auquel on porte attachées les marques de cet nuire, passé ordinairement en écharpe, de droite à gauche, ou de gauche à droite. Porter le cordon de plusieurs ordres. Cette multitude nombreuse, éblouie el subjuguée par les décorations extérieures, et à qui un cordon en impose plus qu'un bon ouvi a i e .: i loges, Clei embaut. J'aime à fron i ' - gothiques El le i i ordon; d i

COR

.... Nouv.Diog. Que de géants là 1 is Itre! Vieux ou nouveaux, tous nobles a cordons' id. Dix mille f, || Le grand cordon de la Lésion d'honneur. || Cordon rouge, ruban large et couleur de feu, auquel est attachée une croix de Saint-Louis. Et aussi la personne qui porte ce cordon. Il Le cordon bleu était l'insigne des chevaliers de . du Saint-Esprit. Un cordon bleu, un homme décore du cordon de cet ordre. 11 y avait plusieurs cordon< bleus. Un vieux Parahère, cordon bleu, lui demanda en parlant de la dernière bataille qu'il avait perdue : Monsieur, pourquoi la donniez^ vous? Monsieur lui répondit le duc de Weimar, c'est que je gagner; et puis se tourna : Qui est ce sot cordon bleu-là? sév. 208. Dans le doigt d une dame un marquis cordon bleu Vit un gros diamant brillant et plein de feu, boursault, dans richelet. Us [les maréchaux] préfèrent au cordon bleu De 1 honneur l'étoile sacrée, bérang. Deux cous || Par extension. Je n'ai pas trouvé dans le Ménagiana ce que j'avais .lit à M. Ménage et dont il était convenu, que l'Académie française était le cordon bleu des b, aux esprits; il le disait souvent, comme venant de moi Segrais, Mémoires, anecdot , t. h, p. 5. | familièrement et par plaisanterie. Un cordon bleu une cuisinière très-habile. Il Le cordon noir ruban large, moiré et noir auquel était attachée la croix de l'ordre de Saint-Michel. || 7° Terme de blason. Marque qui accompagne l'écusson d'un dignitaire ecclésiastique. Les cardinaux ont un cordon rouge, d où pendent, de chaque côté, quinze houppes de même couleur, en cinq rangs. Les archevêques ont le cordon et dix houppes de sinople, en quatre rings. Les évêcmes l'ont aussi de sinople, mais nont que six i oappesen trois rangs. || 8» Cordelette bénite que portaient les membres de certaines confréries. Et 1 ordre du cordon des pères recollets, Régnier, Sat. xni. || Cordon de Saint-François,- ceinture dont les religieux de Saint-François sont ceints. || Confrérie du cordon de Saint-François, confrérie instituée en mémoire des liens dont Jésus-Christ futattache. Etre du cordon de Saint-François. || 9°Termedebotamque. Cordon ombilical, filet plus ou moins développé, plus ou moins délié, qui est fixé d'une part au placenta, et de l'autre à l'ombilic de la graine. || Cordon p'istillaire, ensemble de vaisseaux qui vont du stigmate aux ovules. || Terme d'anatomie. Cordon ombilical, et, absolument, cordon, le cordon qui unit le placenta au fœtus. Nouer, couper le cordon. || Cordons nerveux, les principales divisions d'un nerf. |l 10° Terme de jardinage. Cordon, forme donnée à certains arbres fruitiers, tels que le pommier ouîe poirier, pour en faire des bordures. Ils sont placés à 1 mètre de distance, courbés à 25 centimètres de hauteur, palissés sur un fil de fer jusqu'à ce que chaque tige ait atteint \ mètre de longueur; alors on les greffe les uns sur les autres, ils se soutiennent d'eux-mêmes. || Forme donnée à la vigne en treille 11 Cordon de gazon, étroite bande de gazon le long de certaines plates-bandes. || 11° Rangée d'objets placés en file. Un cordon de lampions. Autour de cet amas de viandes entassées, Régnait un long cordon d'alouettes pressées, boil. Sat. m. || Cordon de martres, plusieurs queues de ces animaux attachées ensemble. || Terme d'eaux et forêts. Lisière, bordure d'arbres. || 12° Terme de fortification. Cordon de muraille, pierres en forme de cordon qui ceignent les murailles des places fortes. Aux ouvrages de terre, le cordon s'appelle fraise. || 13° Terme d'architecture. Ornement des murs, consistant dans une bande extérieure de pierre arrondie, qui règne dans toute leur longueur. || 14° Terme de guerre. Suite de postes établis pour couper certaines communications. La communication étant interdite par un cordon de troupes, volt. Roi de Pr. 159. || Cordon sanitaire, ligne de défense établie, soit aux frontières d'un Etat, soit aux limites d'une province, d'un département, et composée de troupes ayant pour consigne de s'opposer à l'introduction des hommes, des animaux et de tous autres objets suspects provenant des lieux où règne une maladie contagieuse. || 15° Bord façonné qui règne autour d'une pièce de monnaie. || 'sorte de lien de fer qui est à chaque moyeu de carrosse, ou près des rais de la roue. || Terme d'artillerie. Cercle de renfort, d'ornement ou de division dans une bouche à feu; on dit aussi astragale. || 16° Veine de cailloux qui empêche de travailler le bloc d'ardoise. || 17° Cordon noir, espèce du genre sylvie, oiseau.

— insr. xm" s. Chevalier en mon vivant, N'amai onc fors Marion, La cortoise, la vaillant, Qui m'a donné riche don, Panetière de cordon, Ms. de poésies franc, avant 1300, t. n, p. 550, dans lacurne.

En la corde s'encordent cordée à trois cordons, ruteb. 181. || xive s. Il avoient tendu, par noble establison, De soie un petit fil, menu fu le cordon, Guescl 21533. || xvi° s. Car vous sçavez qu'à gorge blanche et grasse Le cordon noir n'a point mauvaise g-ace marot, n, 119- Un grand chapeau à large rebras et doubles cordons, amyot, Démétr. 57. Il demanda à son homme de chambre un cordon d'esmeraudes qu'il avoit porté le jour de devant ses nopces, d'aïïb. Hist. il, (22. Tel larron, tel cordon,

COTGRAVE

— ÉTYM. Corde; bourguig. codon; provenç. cordo; espagn. cordon; ital. cordone.

CORDONNÉ, ÉE (kor-do-né, née), part, passé. Le duc d'Anjou porta la toison d'or avec un ruban noir cordonné, en attendant d'en rece\oir le collier en Espagne, st-sim. 83, 86. || Coquille cordonnée, coquille marquée de saillies en forme de cordons.

CORDONNER (kor-do-né), v. a. Tordre en forme de cordon. Cordonner de la soie. Cordonner des cheveux, les tresser.

— étym. Cordon.

CORDONNERIE (kor-do-ne-rie) , s. f. Le métier

de cordonnier. Apprendre la cordonnerie. || Atelier de cordonniers. || Lieu où l'on vend des chaussures. |j Dans certains établissements, lieu où l'on dépose les chaussures.

— HIST. xme s. Quiconques fet le mestier de cordouanerie de soulers et de hueses, il doit chascun an douze deniers au roy, Liv. des met. 229.

— ÉTYM. Cordonnier.

CORDONNET (kor-do-nè ; le t ne se lie pas dans

le parler ordinaire; au pluriel, Y s se lie: des kordo-nè-z élégants; cordonnets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Petit cordon pour attacher, nouer ou enfiler quelque chose. || 2° Grosse soie torse pour coudre, faite avec la bourre de soie traitée par le peignage. || Ganse de soie ou de fil ferrée par un bout. || 3° Terme de monnaie. Marque empreinte sur la tranche des pièces d'or ou d'argent.

— ÉTYM. Diminutif de cordon ; provenç. cor-

donet.

CORDONNIER , 1ÈRE (kor-do-nié , niè-r) , s.m. et f. Il 1° Celui, celle qui fait les chaussures. Lisez mon nom, vous le pouvez, messieurs; Mon cordonnier l'a mis autour de ma semelle, la font. Fabl. xu, 17. En même temps ils mirent à leur tète un Kelesiski, maître cordonnier, qui leur fit un corps de doctrine qu'on appela les formes de Kelesiski, boss. Variât, xi, § 173. Je suis cordonnier pour femmes, lesage, Les trois commères , actei, se. 9. Apollodore me dit: il est fils d'un cordonnier, et gendre de Cotys, roi de Thrace; il s'appelle Iphicrate [général athénien], barthél. Anach. ch. 7. || 2° Nom vulgaire donné à une espèce de goélands bruns et noirs. || Poisson du golfe de Guinée. [| Proverbes. Les cordonniers sont les plus mal chaussés, c'est-adire ceux qui ont les choses en main négligent de s'en servir, d'en tirer parti. || Cordonnier, mêlezvous de votre pantoufle , se dit quelquefois pour avertir quelqu'un de ne pas parler de ce qu'il ne connaît pas, de ce qui est au-dessus de sa portée, par allusion à ce qu'on raconte du peintre Apelle, qui acceptant la critique d'un cordonnier pour la chaussure d'un de ses personnages, le renvoya aux pantoufles quand il voulut critiquer d'autres parues du tableau. C'est une imitation du proverbe latin : Ne sutor supra crepidam (que le cordonnier n'aille pas au-dessus de la bottine).

— HIST. xme s. Nuz cordouaniers ne puet ne ne doit mètre bazane avecques cordouan en nule œuvre qu'il face, Liv. des met. 228. Mais onques, ce ne fet douter, Cordoaniers n'ot bons solers ; N'ainc drapiers ne fu bien vestus, Hist. litt. t. xxm, p. 59 1 . || xive s. Et mettroit le charpentier en l'angle a et le corduennier en b, oresme, Elh. i5i.||xves. 11 estoit fils d'un cordouanier d'une petite ville, comm. vu 3. Il devint amoureux de la femme d'un cordoùannier. - Il fit tant qu'il parla à la belle cordouanniere, louis xi, Nouv. lxvii. || xvie s. La pluspart n'est non plus propre à exercer cest office que seroit un cordouannier à labourer les champs, calv. Inslit. 504. Cordonnier, id. ib. 878. A quoy ayde cette coustume que les mariages sont deflendus de l'un mestier à l'aultre; ne peult une de race courdonniere espouser un charpentier, mont, ni, 32). Gain du cordouanier entre par l'huys et ist [sort] par le fumier, leroux de lincy, Prov. t. n,

— étym. Ane. franc, cordouan, cuir, ainsi du

de la ville de Cordoue,'où on le préparait; provenç.

cordoneir; ital. cordovaniere.

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