‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 414 sur 462 · CORÉE (ko-rée) , s. f. Voy. chorée · texte numérisé non relu

CORÉE (ko-rée) , s. f. Voy. chorée

COR

f 2. CORÉE (ko-rée), s. f. Variété de pommes à cidre du Calvados.

f CORÉGENCE (ko-ré-jan-s'), s. f. Dignité, fonctions de corégent.

t CORÉGENT (ko-ré-jan), s. m. Prince qui partage avec un autre les fonctions de régent du royaume.

— ÉTYM. Co, avec, et régent.

CORELIGIONNAIRE (ko-re-li-jio-nè-r') .s.m. etf.

Celui, celle qui professe la même religion qu'un autre. Il défendit les intérêts de ses coreligionnaires.

— REM. Pourquoi l'Académie, qui écrit corrélation, corrélatif, avec deux r, écrit-elle coreligionnaire avec une seule r?

— ÉTYM. Co, avec, et religion.

f CORESSE (ko-rè-s'), s. f. Terme de pêche. Magasin où l'on prépare les harengs saurs à Dunkerque et à Calais.

f CORET (ko-rè), s. m. Espèce de petite coquille (planorbe) très-abondante au Sénégal dans les eaux douces.

f CORETTE (ko-rè-f), s. f. Terme de botanique. Corette potagère (corchorus olitorius, L.), plante d'Egypte cultivée aussi en Asie et en Amérique pour ses feuilles qui sont alimentaires; dite aussi guimauve potagère, mauve des Juifs. || On le trouve aussi dans les dictionnaires écrit corète.

t CORGE (kor-j') ou COURGE (kour-j') ,s. f. Terme de commerce. Paquet de 20 pièces de toile de coton des Indes.

— ÉTYM. Probablement courge 2.

CORIACE (ko-ri-a-s') , ad). Qui est dur comme du

cuir. Chair, viande coriace. Les Orientaux ont tiré parti de la graine coriace et acerbe du café par la torréfaction, bi-.rn. de st-p. Harm. liv. i, Tabl. génér. \\ Fig. C'est un homme coriace, se dit d'un avare de qui on a peine à tirer quelque chose. Il faudrait être doué d'une patience bien coriace , hamilt. Gramm. to. La troisième [fille de Larochefoucauld], plus coriace que les autres, voulut absolument un mari, st-sim. 337, 175. Parouba se mit à genoux et dit: Les cieux annoncent Dieu; tout l'équipage était autour du vénérable Freind, regardaifet admirait; le coriace Birton avança sans rien regarder et parla ainsi.... volt. Jenni, io.

HIST. xve s. Pour ce qu'ilz sedoubtoient d'estre

congneus, ilz entrèrent en la forest, si enveloppèrent leurs escuz d'une herbe qui porte fueilles en manière de vigne, et qui a les rinceaux longs et codas, Perceforest, t. vi, f" 94.

— ÉTYM. On le tire du latin corium, cuir. Furetière remarque que le peuple prononçait, de sou temps, corjace; ce qui est singulier.

CORIACE, ÉE (ko-ri-a-sé, sée), adj. Qui a la résistance, la ténacité du cuir. || Peu usité.

— ÉTYM. Lat. corium (voy. cuir).

f COR1AIRE (ko-ri-ê-r'), adj. Terme didactique.

Qui sert au tannage des cuirs. || S. f. Terme de botanique. La coriaire, autre nom de la corroyere à feuille de myrte (coriaria myrtifolia).

— ÉTYM. Lat. corium, cuir.

CORIAMBE (ko-ri-an-b') , s. m. Voy. choriambe.

CORIANDRE (ko-ri-an-dr'), s. f. Plante aromatique de la famille des ombellifères {coriandrum sativurn, L.), dont les graines vertes ont une odeur de punaise, et, sèches, un goût très-agréable. Dragées de coriandre. || Fig. Le roi le paya [le premier président] de propos et de la commiss.on de travailler à la diminution du blé dans la ville et banlieue de Paris; il fit semblant d'être content des discours et de cette coriandre, et n'en vécut pas moins enragé, st-sim. 69, t33.

— HTST. xvie s. Dragée commune, ou anis, fenouil, coriande confits, paré, vin. 14. Anis, coriandre, noix demuguette, id. xv, 21. Au lieu du pain, ils usent d'une certaine matière blanche comme du coriandre confict, mont., i, 237.

— ÉTYM. Lat. coriandrum , de xopiocvov , coriandre ; génev. coriande. Le d a été appelé par la nasale n.

f CORIAR1NE (ko-ri-a-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Alcaloïde trouvé dans la coriaire.

+ CORINDE (ko-rin-d'), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des sapindees, dont les semences servent à faire des colliers pour les femmes.

t CORINDON (ko-rin-don), s. m. Pierre précieuse, la plus dure et la plus estimée après le diamant, et dont le caractère essentiel est d'être composée d'alumine pure et d'avoir pour forme cristalline un rhomboèdre aigu de 86,6 degrés. || Graine de l'Inde connue dans le commerce sous le nom de bois de merveille.

— ÉTYM. Korunâ, nom indien; du sanscrit kuruvinda, rubis, sel noir, cinabre.

COR

COR

f CORINOONIQrE (ko-rin-do-ni-k'), adj. Qai a rap| ort au corindon. || S. f- phir. Lescorindoniques, genre de roches pierreuses dans lequel on place l'émeri.

f CORINTHE (ko-rin-f), s. m. Corinthe blanc, variété de raisin nommée aussi passe ou passarelle.

— ÊTYM. Corinthe, ville de Grèce.

CORINTHIEN, IENNE (ko-rin-tiin, tiè-n'), adj.

Tenue d'architecture. Se dit de l'ordre le plus riche des quatre ordres que les Grecs comptaient : le cha- : est orné de deux rangs de feuilles, entre lesquelles s'élèvent de petits rangs qui forment les volutes: il fut suggéré par un panier plein de feuilles d'acanthe. Quoique le panier avec l'acanthe n'eussent aucun rapport avec le chapiteau d'une colonne et avec un bâtiment massif, il en imita la manière dans les colonnes qu'il fit depuis à Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et les ornements de l'ordre corinthien, rollin, Jlist. anc. Œuvres, t. xi. re part. p. 20, dans pougens. Une jeune fille de Corinthe prête à marier étant morte, sa nourrice posa sur son tombeau dans un panier quelques petits vases que cette fille avait aimés pendant sa vie, et, afin que le temps ne les gâtât pas sitôt étant à découvert, elle mit une tuile sur le pâmer, qui ayant été posé par hasard sur la racine d'une plante d'acanthe, il arriva, lorsque au printemps les feuilles et les tiges commencèrent à sortir, que le panier qui était sur le milieu de la racine, fit élever le long de ses côtés les tiges de la plante, qui, rencontrant les coins de la tuile, furent contraintes de se recourber en leur extrémité et faire le contournem"nt îles volutes; le sculpteur Callimachus, passant auprès ds ce tombeau, vit le panier et de quelle sorte ces feuilles naissantes l'avaient environné; cette forme nouvelle lui plut infiniment, et il en imita la manière dans les colonnes qu'il fit depuis a Corinthe, établissant et réglant sur ce modèle les proportions et la manière de l'ordre corinthien, Perrault, Pïtrwve, iv , (. || Substantivement. Le corinthien, l'ordre corinthien. Le dorique sans fard, l'élégant ionique, Et le corinthien superbe et magnifique, L'un sur l'autre placés élèvent jusqu'aux cieux Ce pompeux édifice où tout charme les yeux, la font. Psyché, I, p. 4).

— HIST. XVIe s. Quand j'ois nos architectes s'enfler de ces gros mots de pilastres, architraves, corniches, d'ouvrage corinthien et dorique et semblables de leur jargon, mont, i, 382.

— ÉTYM. Corinthe, ville de Grèce. C01US (ko-ri), s. m. Voy. cauris.

| CORISE (ko-ri-z'), s. f. Genre d'insectes hémiptères, de la famille des hjdrocorées, dont plusieurs espèces font des piqûres douloureuses.

| CORLIEU (kordieu), s. m. Terme de chasse. Le petit du courlis.

— ÊTYM. Voy. courlis.

CORME (kor-m'), s. f. Fruit du cormier.

— HIST. xve s. Le moyne estoit soubçonné qu'il avoit joué la fourbe à monsieur le duc de Guyenne et baillé la corme verte [le poison], et qu'iceluy moine fut cause de le mettre hors de la terre des vivans, Cabinet du roi Louis XI , à la suite du comines, t. îv, p. 218, dans lacurne. ||xvrs. Coings, cormes, nelles et cornoille, paré, xviii . 66. Subit la langue et le gosier leur deviennent si aspres que s'ils avoient pris du jus de cormes vertes, paré, xxiii, 46. Des pépins de cormes ou sorbes, 0. de serres, 633. Les cormes sont aussi appellées sorbes, du mot latin sorbus, et leur arbre sorbier. Le cormier ou sorbier sera planté en mesme lieu, sous mesme aer que ie pommier. — Il y a cormier masle, et cormier femelle; cestui-ci est seul fertile, 0. de serres, 693. Et le pavot qui les hommes endort, Et la cormeille au dur noyau de pierre, La corme aussi qui le ventre resserre, rons. 94 2.

— ÉTYM. Berry , corbe; du latin cornum, corme. t CORME (kor-mé), s. m. Boisson fermentée faite

avec des cormes.

— HIST. xvie s. Vin, peré, corme, bière, paré, t. m, p. 637.

— êtym. Corme.

CORMIER (kor-mié-, IV ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les kor-mié-z et les cormes), s. m. Nom du sorbier domestique (sorbus domestica, L.). Le bois du cormier est fort dur. Ce marbre [le tranchant d'une hache de pierre] avait été inséré comme une greffe dans la tige fendue d'un cormier, chateaub. Natch. 11, 28. L'if en arc est ployé, le cormier fait des dards, delille, Géorg. 11.

— HIST. xiii" s. Il escria s'enseigne pour sa gent raloier, Plus de cinquante mile à lor ars de cormier Repairent à l'estour por Brohadas vengier.

Ch. d'Ant. vin, i»>80. [| xvie s. Poiriers, pommiers, cormiers, 0. de serres, 631 Corniers, cornouillers, meuriers, id. 64 2.

— êtym. Corme. Cor, dans l'ancien français, dérive directement de cornum, nom de l'arbre en latin.

f CORMIÈRE (kor-miè-r') , s. f. Terme de marine. La dernière pièce de bois à l'extrémité de la poupe.

CORMORAN (kor-mo-ran), s. m. Oiseau aquatique de l'ordre des palmipèdes. Le cormoran, appelé aussi le pélican chinois, dressé à cet emploi, va chercher pour ses maîtres, en plongeant, le poisson qu'il avalerait sans doute lui-même si un anneau ne resserrait pas son cou, armand, Gazette médicale de Paris, année 1860, p. 8)1. Le cormoran, le bon apôtre, Lesayantmis [les poissons] en un endroit Transparent, peu creux, fort étroit, Vous les prenait sans peine un jour l'un, un jour l'autre, la font. Fabl. x, 4. Il Les pêcheurs disent aussi cormarin ou cormaran.

— HIST. xve s. Contre l'aigle trop ont cuer chault, Quant prandre voient leur poulaille S. brehiers, à villenaille, 5. cosmarans qui se font baux [hardis] Pour l'aigle et ne sont que ribaux, e. desch. Poésies mss. f" 319, dans lacurne. De cormaransou de butors, Et d'autres semblables oyseaulx, ib. f° 488. Il xvie s. Les animaux qui n'ont qu'un boyau tout droit qui vient de l'estomach au siège, comme le loup-cervier et le cormoran, paré, i, 45.

— ÉTYM. Provenç. corpmari; catal. corbmari; portug. corromarinho. Il n'est pas douteux que les mots provençal, catalan et portugais viennent de corvus, corbeau, elmarinus, marin; et l'on serait tenté de voir dans cormoran une altération de corbmarin ; mais les étymologistes, vu la provenance du mot qui paraît originaire des côtes de l'Ouest, y reconnaissent une formation pléonastique et hybride, de cor pour corb, corbeau, et le bas-breton môrvran, de môr, la mer, et bran, corbeau.

CORNAC (kor-nak), s. m. Nom qu'on donne dans les Indes au conducteur d'un éléphant, qui, assis sur le cou de l'animal, tient en sa main, au lieu de bride, deux crochets de différente grandeur, dont il se sert pour le gouverner, en le frappant au front. i| Par extension, conducteur de toute sorte de bêtes sauvages. || Fig. Homme qui se fait l'introducteur, le preneur d'un autre. C'est le cornac de ce poêle.

— êtym. Sanscrit, karnikin, éléphant.

f CORNACHINE (kor-na-chi-n'), adj. Terme de médecine. Poudre cornachine, purgatif composé d'antimoine diaphorétique, de diagrède et de crème de tartre, mêlés en parties .égales.

f CORNADE (kor-na-d'), s. /'. Coup de corne. Pendant qu'au péril de cent mille cornades je combats des taureaux.... scarron, Dom Japhet rt'Arm. 1, G.

— ÉTYM. Corne.

i. CORNAGE (kor-na-j'), s. m. Terme de vétérinaire. Bruit que les chevaux poussifs font entendre en respirant et que l'on a comparé à celui que produit une corne dans laquelle on souffle. || Dit aussi sifflage.

— ÊTYM. Corner.

f 2. CORNAGE (kor-na-j'), s. m. Terme de droit féodal. Droit qui se levait sur les bêtes à cornes.

— HIST. xvie s. Sur chascun ayant bœufs, quatre

pour couple de bœufs, et se appelle le dict droict de cornage, thaumassière, Coust. de Berry , ch. 98, art. 5.

— ÉTYM. Corne.

fCORNAILLE (kor-na-il'. Il mouillées) , s. f. Râ pures de cornes employées comme engrais.

— HIST. xvie s. On le menaceoit que s'il se marioit en cette maison, qu'il seroit marié en une cornière de la ville, et que la vaisselle qu'on luy donneroit en mariage seroit de cornailles, bouchet. Serées, liv. I, p. 285. dans lacurne.

— ÉTYM. Corne.

t CORNA ILLER (kor-na lié, Il mouillées), r. n. Ne pas entrer, en parlant d'un tenon, carrément dans la mortaise.

— ÊTYM. Corne.

f CORNAL (kor-nal), s. m. Espèce de pintade de la Guinée.

t CORNALIÈRE (kor-na-liè-r') , s. f. Terme d'eaux et forêts. Douve cornue.

— ÉTYM. Corne.

CORNALINE (kor-na-li-n'), s. f. Agate demi transparente, et ordinairement d'un rouge foncé, dont on fait des cachets et autres bijoux.

— HIST. xiv" s. Un signet, où il a une corneline < u laquelle a un lyon qui mangue une autre beste, assis sur une verge d'or, neellée à lettres et à deux e Loilles.aux deux côtés, a jour, de lauorde, Émaux,

p. 227. Il xvi° s. Un livre d'heures, escript en parchemin, enrichi de rubis et turquoises, couvert de deux grandes cornalynes, id. ib.

— ÉTYM. Provenç. anc. espagn. et portug. corne lina; ital. cornalina et corniola; allem. Carneol, du latin cornu, corne, parce que la couleur en ressemble à l'ongle rosé du doigt (l'ongle assimilé à la corne); de là le nom d'ôvu?, ongle, qu'elle porlait jn grec.

<■ CORNARD (kor-nar-, le d ne se lie jamais: un cor-nar effronté; au pluriel, Vs ne se lie pas: des kor-nar effrontés; mais plusieurs la lient : kor-nar-z effrontés), s. m. || 1° Qui a des cornes. Un diable, cornard effronté, Vilains, ici guetie vos belles, bérang. Contrat de m. || 2° Terme d'injure. Celui dont la femme est infidèle. L'un amasse du bien dent sa femme fait part X ceux qui prennent soin de le faire cornard, mol. Éc. des f. 1 , t. Ménélaûs, le franc cornard, scarron, Virg. trav. 11. || 3° Cornard ou conard, membre d'une société bouffonne en Normandie, au xvie siècle. Il y avait en Normandie un abbé de conards qu'on promenait sur un char, volt. Mœurs, 82. ||4° Instrument dont se servent les fondeurs de glaces pour ouvrir leur four.

— HIST. xme s. S'est plus cornars qu'uns cers rames Riches hons qui cuide estre amés, la Rase, 4825. Il xvc s. Moult est uns clers qui a bon bénéfice, Dont il se puet seurement gouverner, Foui et cornart [sot], oultrecuidé et nice, Qui mendains veult au secle retourner, eust. desch. Poésies mss. f° 357. Il xvie s. Les triomphes de l'abbaye des conards, titre d'un livre imprimé à Rouen en <587, du cange, nbbas. Les conards ont leur confraine à Notre Dame de Bonnes-nouvelles où ils ont un bureau pour consulter de leurs affaires. Ils ont par choix et élection un abbé mitre, crosse et enrichi de perles, quand solennellement il est traîné en un charriot à quatre chevaux le dimanche gras et autres jours de baccanales , id. ib. Un arest rendu par devant l'abbé des cornards en ses grands jours tenus a Rouen, id. ib.

— ÉTYM. Corne ; bourguig. conard.

f 2. CORNARD (kor-nar) , adj. m. Cheval cornard (voy., corneur).

t CORNARET (kor-na-rè) , s. m. Terme de botanique. Martynie annuelle.

CORNE (kor-n'), s. f. || 1° Terme d'histoire naturelle. Nom d'éminences coniques et dures qui naissent sur le front des ruminants, sur le nez du rhinocéros. Les bêtes à cornes, les bœufs, les vaches, les chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes. Son front large est orné de cornes menaçantes, bac l'hèd. v. 6. Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles, Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutînt en tout a des cornes pareilles, la font. Fabl. v, 4. On les fera passer [les oreilles du lièvre] pour cornes, Dit l'animal craintif, et cornes de licornes, id. ib. || Fig. Attaquer, prendre le taureau par les cornes, entamer une affaire par le côté le plus difficile, et aussi attaquer en face les difficultés. || Montrer les cornes, se mettre en état de défense. M. de Fréjus commença, tout petit garçon qu'il était encore, à montrer les cornes au cardinal de Noailles, st-sim. 450, 38. Il Lever les cornes, se mettre en état d'agir contre son supérieur. || Terme de vétérinaire. Catarrhe des cornes, affection de la membrane muqueuse des sinus frontaux du bœuf, caractérisée par l'inflammation et une sécrétion abondante de mucosités. Il Fig. Les cornes lui en sont venues à la tête, il en a été tout surpris || 11 est aussi étonné (pie si les cornes lui venaient à la tête, se dit pour exprimer .Fétonnement d'un homme pour quelque nouvelle, quelque événement. Contez cela au <n,i |. juteur pour lui faire venir des cornes a la tôle, sév. ie'. D Faire les cornes A quelqu'un, faire avec les doigts disposés de manière à repiésenter des cornes, un geste qui est un geste de raillerie et injurieux. On dit aussi dans le même sens : montrer les cornes. Il Mettre des cornes à un enfant qui ne sait pas ses leçons, qui l'ait mal ses devoirs, lui placer derrière les oreilles des feuillets de papier roulés en forme de cornes. Je n'ai dormi qu'un moment, Et voilà son rudiment, Le coquin m'en fait des cornes, dérang. M' d'école. || Fig. Porter des cornes, avoir des cornes, être trompé par sa femme, par allusion sans doute aux cernes, symbole de moquerie. Cocu de long el de travers, Sot au delà de toutes bornes, Comment te plains-tu de mes - Toi qui souffres si bien les cornes1? mai. n. iv, IB. Je 1 point porter des corne-., m je puis, mol. Éc. des maris, 1, 2. Voilà un Paut de vou-

loir planter des cornes à Ju] >urt,

COU

COR

Lucien, t. I. dans richelet. Une femme qui ait déjà planté cornes au front de son mari , volt. PMI. ni, 3-29. || 2° Attribut que la mythologie donnait aux représentations des fleuves et aux satyres. Qui n'a vu dessous leurs combats Le Pô mettre les cornes bas? malh. iv, 5. || 3" Attribut que la légende chrétienne a donné aux Niables. Le diable et ses cornes. Le Tasse, en donnant des cornes à Satan, l'a lendu presque ridicule, chateaub. Génie, n, v, 9. || Fig. Voilà qui fut fait, je lui trouvai des cornes [je le trouvai laidl, sév. 233. || Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un grand mangeur. || 4° Corne de cerf, le bois du cerf lorsqu'il est employé dans les arts. Oui croirait avilir l'honneur de ses châteaux, Si de cinquante cerfs les cornes menaçantes N'ornaient pompeusement ses portes triomphantes? Deluxe, Homme des champs, i. || Terme de vénerie. Corne, la tète du chevreuil. || Corne de narval ou de licorne de mer, dent conique, droite et longue de la mâchoire supérieure d'un cétacé. | Terme de pathologie. Cornes cutanées, productions morbides aui s'observent chez l'homme, surtout chez les vieillards, à la face, aux mains et aux autres parties du corps habituellement découvertes. || 5" Substance compacte, blanchâtre ou noirâtre, terne ou luisante, dure ou molle, qui revêt ordinairement des parties du corps de certains animaux. || La partie dure qui est aux pieds du cheval de l'âne, etc. Voyant son maître en joie, il [l'âne] s'en vient lourdement, Lève une corne tout usée, La lui porte au menton fort amoureusement, la font. Fab. iv, 5. || Substance cornée. Tabatière, peigne de corne. L'autre [porte des enfers] est faite de corne, et du sein des lieux sombres Elle donne passage aux véritables ombres, delille, Lnéide,vi. || C'est de la corne, se dit d'une viande qui est dure. |[ 6° Nom de différents ustensiles. || Corne d'amorce, corne de bœuf façonnée en étui et renfermant de la poudre. || Terme de jeux. Tenir la corne, avoir les dés et jouer pour son compte. Corne est ici pour cornet. \\ Terme de vétérinaire. Donner un coup de corne à un cheval, le saigner au palais avec une corne de cerf ou de chevreuil dont le bout est pointu et affilé. || Il n'a pas besoin qu'on lui donne un coup de corne pour avoir de l'appétit, se dit d'un homme qui mange de grand appétit. || Petite palette en corne, dite aussi chausse-pied, dont on se sert pour mettre ses souliers. || Instrument à vent, dont se servent les vachers et qui est ordinairement fait d'une corne. Les Romains se formaient en bataille aux éclats de la corne et du lituus, chateaub. Mart. 193. || 7° Appendice assimilé à une corne. || Petites touffes de plumes qui sont sur la tête du duc, sorte d'oiseau de nuit. || Éminences pointues que le céraste d'Egypte [serpent] porte au-dessus de chaque œil. || Prolongement qui surmonte la tête ou le corselet de divers insectes. Ce cerf-volant a de belles cornes. || Pédicules qui supportent les yeux des limaçons. Les limaçons montrent leurs cornes. A peine étais-je assis 'sur une de ces bornes Que deux gros limaçons me présentent les cornes, boursault, Merc. gai" m, 4. || Terme de botanique. Appendices qui naissent sur la fructification de certains cryptogames. Éperons dé certaines fleurs. || Terme d'anatomie. Nom de diverses parties, plus ou moins saillantes à la surface des organes dont elles dépen: dent. Les cornes de l'os hyoïde. Les cornes de l'utérus. H 8° Terme du langage poétique. Corne d'abondance, corne de la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter, de laquelle il avait voulu, pour récompense, qu'il sortît sans cesse une abondance de toutes sortes de biens. Il le dépeignait tenant en main la corne d'abondance, fén. Tél. xiv. D'augustes déités Qui viennent sur les pas de la belle espérance Verser la corne d'or où fleurit l'abondance, a. chén. 36. || Corne d'or ou d'abondance. On nommait ainsi autrefois le port de Constantinople, parce que le commerce y transportait tous les produits de l'univers. || 9° Angle saillant et recourbé comme une corne. Les cornes d'un autel antique. || Les cornes de la charrue, nom donné au manche de la charrue, parce qu'il présente en effet deux bâtons qui vont en s'écartant l'un de l'autre comme des cornes. Nouveau Cincinnatus, on l'a vu [M. Lullin de Châteauvieux] tenir alternativement les rênes du gouvernement et les cornes de la charrue, bonnet, dsagedes feuilles, 5" mém. || Chapeau à trois cornes, chapeau dont le bord a été relevé en trois parties, de manière à présenter trois pointes ou cornes. 11 n'est guère en usage que chez les ecclésiastiques. Dans le chapeau d'ordonnance qu'on nomme souvent à trois cornes par suite d'anciennes habitudes, une des cornes s'est aplatie et a disparu; il n'en

reste vraiment que deux. Le capuce et la toque à trois cornes Ont extorqué des hommages sans bornes. volt. P. diable. || Corne ducale, bonnet que portait le doge de Venise et qui avait une pointe arrondie sur le derrière. || Faire une corne à un livre, y faire une marque en pliant le coin d'une page. || Cornes du croissant de la lune, les parties du croissant qui sont tournées vers la région du ciel opposée au soleil. Voilà deux grandes cornes [le Péloponnèse et l'Egypte] arrachées au croissant des Turcs, volt. Lett. à Cath. 45. || Terme de marine. Corne d'artimon, vergue qui porte la voile du mât de ce nom. || Terme de géographie. Sommet anguleux d'une montagne, dit aussi aiguille et dent. || 10° Terme de fortification. Ouvrage à cornes, pièce extérieure, dont la tête est fortifiée de deux demi-bastions, joints par une courtine, et fermés de deux côtés par deux ailes parallèles l'une à l'autre. Prendre les dehors du plus bel ouvrage à cornes, sév. 301. C'est la prise d'un ouvrage à cornes, id. -172. || 11° Terme d'architecture. Corne d'abaque, encoignure du tailloir des chapiteaux corinthiens. Ij Corne de bélier, ornement qui sert de volute au chapiteau ionique composé. || Corne de vache, espèce de voûte, en cône tronqué. || Maison corne en coin, maison mal orientée. || 12° Terme de botanique. Corne de cerf, nom vulgaire de la sènebière corne de cerf et du plantain. || 13° Corne d'Ammon, genre de coquillage fossile, en forme de corne de bélier. Voy. ammon. || 14° Terme de métiers. Éminence qui dépasse le rebord d'un réchaud. || Nom de plusieurs outils de tonnelier et de charron. || Raie blanche sur la tranche de cuir indiquant qu'il a été mal tanné. || Proverbes. Il entend de corne, il a mangé de la vache, se dit de quelqu'un qui a mal entendu. || On prend les hommes par les paroles et les bêtes par les cornes.

— HIST. xne s. Je dis as mesfaisanz: ne voilez (veuillez] exalcer la corne, Liber jpsalm. p. 100. Si ad enpaint Rein&lt qu'ariere rehusa [recula] , E le corn del mantel hors des mains li sacha, Th. le mart. H8. Sedechias, li fiz Chanaa, se fist cornes de fer, si dist.... Rois, 335. E Sadoc prist une corne à ulie [huile] del tabernacle, e enuinst à rei Salomun, ib. 2-23. || xiii" s. [La mitre] a deux cornes, dont l'une senefie confession et l'autre satisfacion, Chron. de Rains, p. 105. Jehan le Ermin , qui estoit artillier le roy, ala lors à Damas pour acheter cornes et glus pour faire arbalestres, joinv. 258. Belin [le bélier] s'esmuet de grant ravine-. Quant vint au leu [loup], ses cornes cline, Ren. 6428. Et Turc aux ars de cor les vont bien destruisant, Chanson d'Antioche, t. i, p. 31. || xive s. Item un arc de cor d'arbaleste ou prix de vingt sols, de laborde, Emaux, p. 223. Arbalestes de cor et d'if, id. ib. || xve s. Les dames et damoiselles menoient grands et excessifs estats, et cornes merveilleuses hautes et larges, et avoient de chascun costé en lieu de bourleis deux grandes oreilles si larges que, quand elles vouloient passer l'huys d'une chambre, il falloit qu'elles se tournassent de costé et baissassent, ou elles n'eussent pu passer, juv. des ubsins, llist. de Charles VI, p. 336, dans lacurne. Et eurent les Anglois sur corne [furent battus], Vigiles de Charles-Vil, t. h, p. 97, dans lacurne. Pour bailler aux Anglois sur corne, ib. p. 57. Et elle, qui fut tant esbahie que se cornes lui fussent venues, de primesaut ne sut que repondre, louis xi, Nouv. xxxi. || xvic s. Plusieurs garçons lui faisoientdes cornes par derrière, en signe de moquerie, marg. Nouv. m. Afin que, quand vos maris vous donneront les cornes de chevreuil, vous leur en donniez de cerf, id. ib. m. On veoit croistre la nuict des cornes à tel qui ne les avoit pas en se couchant,- mont, i, 92. S'humilier et baisser les cornes, id. ii, 227. Des couppes d'argent, des tasses et gobelets faits en forme des cornes d'abondance, amyot, P. Mm. 55. Suivoient six vingt bœufs gras et refaicts, ayans toutes les cornes dorées et les testes couronnées de festons, id. ib. 56. Et la recueille Ion ne plus ne moins qu'une rosée dedans la corne du pied d'un asne, pour ce qu'il n'y a autre sorte de vaisseau qui la puisse contenir, id. Alex. 123. Le mareschal d'Aumont faisoit la corne [l'aile] gauche, aiant à chacun de ses estriers un régiment françois, d'aub. Hist. m. 229. Il se sent tant mon obligé, que c'est pour l'amour de moy qu'il porte cette corne de cheveux, d'aub. Conf. 11, t. Les elephans, estant irrités , chargent les hommes sur leurs cornes, et les jettent si haut, que.... paré, Animaux, 13. La corne-de-cerf, le cerfeuil, le nazitor ou cresson alenois, et autres menues herbes, 0. de serres, 536. Nous fismes une autre grande attaque, en la q.ielle nous ecornasmes la moitié de la corne, bas-

COR

sompierre, Mém. 1. 11, p. 234, dans lacurne. Doncq quel proufit vient il à l'humain gendre [au genre humain] Dessus son chief les cornes d'orgueilprendre? Les triomphes de Pétrarque , trad. par le baron d'opede, f° 97, dans lacurne. Bœufs portent cornes, et veaux cornettes, des accords, Bigarr. F 48, dans lacurne.

— ÉTYM. Bourguig. cône; wallon, coine; provenç. corn; espagn. cuerno ; ital. corno ; du latin cornu ; grec, xépaç; allem.. Horn. On remarquera dans l'historique, arc de cor: c'est un arc fait de deux cornes reliées par le milieu avec du bois d'if; que cor puisse provenir de cornu, c'est ce que prouvent les cors du cerf.

f 2. CORNE (kor-n'), s. f. Le fruit du cornouiller, dit aussi cornouille.

— HIST. xme s. Cornes sont froides et sekes; mais quant eles sont bien meures, si ne sont pas si froides, alebrant, f°56, verso.

— ÉTYM. Voy. cornouille.

t. CORNÉ, ÉE (kor-nè, née), ■part, passé de

corner 1. Les chiens cornés par le veneur. || Fig. Mauvais propos, cornés dans toute la ville.

2. CORNÉ, ÉE (kor-né, née), part, possède corner 2. À quoi on a fait une corne. Carte cornée.

3. CORNÉ, ÉE(kor-né, née), ad). || 1" Qui est de la nature ou qui a l'apparence de la corne. |j Terme d'anatomie. Tissu corné, nom générique sous lequel on réunit les ongles, les cornes, les sabots. La substance cornée de l'ergot [d'un coi] irait0 assez celle d'une corne, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. vi, p. 78, dans pougens. || 2° Terme d'anc chimie. Lune cornée, argent corné, le chlorhydrate d'argent. || 3° Pierre cornée, pierre de la nature du jaspe. H 4° Terme de pêche. Harengs cornés, harengs près de frayer, qui deviennent coriaces quand ils ont été mis dans le sel.

— hist. xvie s. Quant aux masles [boucs] cornés ou escornés, 0. de serres, 329.

f t. CORNEAU (kor-nô), s. m. Terme de cli Chien issu du mâtin et du chien courant.

f 2. CORNEAU (kor-nô), s. m. Terme de marine Conduit des bouteilles et de la poulaine.

— ÉTYM. Corne.

CORNÉE (kor-né), s. f. Terme d'à uatomie. La tunique transparente de l'œil, et la plus épaisse, celle qui en revêt le cinquième antérieur, par laquelle pénètrent les rayons lumineux et qui laisse voir la couleur du fond de l'œil. Quoique nous soyons encore bien éloignés de connaître tout le mécanisme de l'œil, nous savons cependant que la cornée est plus ou moins convexe, condillac, Conn. hum. sect. 6. Il Autrefois on distinguait la cornée transparente, celle dont il s'agit plus haut, et la cornée opaque, qui est la sclérotique dite vulgairement blanc de l'œil.

— HIST. xvie s. La conjonctive et partie de la cornée. — S'il y a du pus entre la cornée et l'uvée , sera vacué par incision, pake, Inlrod. 2.

— étym. Corné 3.

f 2. CORNÉE (kor-née), s. f. Terme d'artificier.

La quantité de matière combustible qu'on verse à la fois dans une cartouche d'artifice.

— étym. Corne.

CORNÉENNE (kor-né-è-n:) , s. /'. Terme de

gie. Substance pierreuse qui fart la base des diverses roches mélangées.

— ÉTYM. Corne.

j CORNEILLARD (kor-nè-llar, Il mouillée-- . s.

m. Petit de la corneille.

— ÉTYM. Corne'': , \. CORNEILLE (kor-nè-U', Il mouillées; et non

kor-nè-ye), s. f. Oiseau plus petit que le corbeau et noir comme lui. Les cris de la corneille ont annoncé l'orage; Le bélier effrayé veut rentrer au hameau, st-lambert, Saisons, n. Seule errante lents sur l'aride rivage, La corneille enrouée appelle aussi l'orage, delille, Géorg. 1. || Corneille ci; telée, sorte de corneille qui a une partie du noir et le reste grisâtre. Corneille chair. 1 Çorneilled'église, le choucas. || La corneille d'Ésope, ou la corneille de la fable, se dit d'une personne se parant avec ce qui ne lui appartient pas. || Fig. Bayer aux corneilles, s'amuser niaisement à regarder en l'air la bouche ouverte. Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles; Jour de Dieu! je saurai vous frotter les oreilles, mol. Tart. 1, V\\ Familièrement. Y aller de cul et de tête comme une corneille qui abat des noix, s'employer à quelque chose avec zèle, sans doute, mais avec maladresse et sans réflexion. Il Dans l'antiquité la corneille fournissait des présages. Hélas! s'écria Ésope, les présages sont bien trompeurs! moi qui ai vu deux corneilles, je suis

COR

battu; et mon maître , qui n'en a vu qu'une, est prié de noce, la vont, fie d'Esope.

HIST. xiir s. Et la corneille a en ses cris Le k

qui est en lettre mis, jubinal, Senejiance de l'A,

B, C. t. n p- 280. En tant eom il se dementoit,

I ieve sa teste et venir voit Une cornaille a la volée,

p*n. 22844. Au temps que les corneilles braient Et

la froidure s'achemine.... ruteb. u, gg. Sor un fust

t une cornille, Qui de novel s'estoit baignie,

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