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SO

— ÊTYM. Peut-être cosser; de même que jet vient de jeter.

COSSU, CE (ko-su, sue), orf/'. || 1° Qui a beaucoup rie cosses, en parlant des tiges de pois, de fèves. || Fig. et populairement. En conter de cossues, faire des contes extravagants. || 2° Fig. et populairement, riche. C'est un homme cossu. Une toilette cossue.

— ÊTYM. Cosse t ; bourguig. champ cossit , champ qui a beaucoup de cosses de pois, et fig. ein paysan cossu , un paysan qui a de bonnes récoltes , beaucoup de biens.

COSTAL, ALE (ko-stal, sta-1'), ndj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes. Nerfs costaux. || Cartilages costaux, cartilages dont le nombre est égal à celui des côtes, douze de chaque côté. || Plèvre costale, portion de la plèvre qui revêt la face interne des côtes.

— HIST. xvie s. Le mésentère reçoit nerfs du costal venans de la sixième conjugaison, paré, i, 16.

— ÊTYM. Lat. costa (voy. côte).

f COSTÉ, ÉE (ko-sté, stée), adj. Terme didactique. Qui est marqué de côtes.

— ÉTYM. Côte.

f COSTIÈRE(ko-stiê-r'), s. f. Terme de construction. Voy. CÔTIÊRR.

t COSTIFÈRE (ko-sti-fê-r'), adj. Terme didactique. Qui porte des côtes.

— ETYM. Lat. costa, côte, et ferns, qui porte.

f COSTO-CLAVICULAIRE (ko-sto-kla-vi-ku-lê-r') ,

adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et à la clavicule. Ligament costo-claviculaire.

— ÊTYM. Côte, et clavicule.

t COSTO-STERNAL, ALE (ko-sto-stèr-nal, na-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et au sternum. Articulation costo-sternale-, l'articulation des sept premières côtes avec les cavités des bords latéraux du sternum.

— étym. Côté, et sternal.

t COSTO-THORACIQUE (ko-sto-to-ra-si-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et au thorax.

— ÉTYM. Côte, et thorax.

f COSTO -TRACHÉLIEN, ENNE (ko-sto-tra-kéliin, iiè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et aux apophyses transverses des vertèbres du cou.

— ÉTYM. Côte, et Tpây-ïiXoç, COU.

t COSTO-TRANSVERSAIRE (ko-slo-tran-svèr-sèr'). adj. Terme d'anatomie. Articulation costo-transversaire, articulation entre la tubérosité des côtes et le sommet des apophyses transverses des vertèbres dorsales.

— ÉTYM. Côte, et transrerse.

t COSTO- VERTÉBRAL, ALE (ko-sto-vèr-té-bral, bra-P), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux côtes et aux vertèbres. Articulations costo-vertébrales. Ligaments costo-vertébraux.

— ÉTYM. Côte, et vertébral.

f COSTO- XIPUOÏDIEN, ENNE (ko-sto-ksi-fo-idiin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux côtes et à l'appendice xiphoïde du sternum.

— ÉTYM. Côte, et xiphoïde.

t COSTDLE (ko-stu-F), s. f. Terme de zoologie. Petite côte. || Stries qui se voient à la surface de certaines coquilles.

— ÉTYM. Diminutif de costa, côte.

COSTUME (ko-stu-m'), s. m. |] 1° Vérité de coutumes, mœurs, usages , qui est reproduite par les poètes , les écrivains ou les artistes. C'est la fidélité au costume qui fait le mérite des compositions de ce poète. Cette louange qui vous est due d'avoir appris le costume aux Français, volt. Lelt. Mlle CUiiron, 23 juillet 1765. || 2" Terme de peinture. Fidélité à reproduire les édifices, les meubles, les armes d'un temps. Observer le costume. || 3° Manière de se vêtir. Le costume français. || Habillement spécial ou de cérémonie. Costume de bal i ostume de théâtre, de carnaval. Le costume imposant régnait dans les comices; Le costume entourait le lieu des sacrifices, delille, lmagin. vu. Toujours en grand costume elle suivait ses pas, Et plaçait les sujets à leur juste distance, id. ib.

— HEM. Costume n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1740, avec la note qu'il se prononce costumé, c'est-à-dire à l'italienne, note qui a disparu dans l'édition de t7G0.

— ÉTYM. Ital. costume, usage, coutume (voy. coutume). Ce mot, emprunté aux Italiens, ne paraît pas avoir, été employé en France avant le règne de Louis XIII; et c'est au sens italien d'usage, coutume, que Félibien et son ami Poussin s'i d'abord servis.

COSTUMÉ, ÉE (ko-stu-mé, mée) , part, passé. Costumé à la façon antique. || Bal costumé, bal où les danseurs, danseuses et assistants, ou la plupart, portent des travestissements qui reproduisent plus ou moins fidèlement des costumes de pays, de professions et de l'ancien temps.

COSTUMER (ko-stu-mé), v. a. ||1° Revêtir d'un certain costume. Elle avait costumé sa fille en bergère. || Terme de peinture. Ce peintre costume bien ses personnages. ||2° Se costumer, v. réfl. Cet acteur se costume bien. Se costumer en Turc.

— ÊTYM. Costume.

COSTUMIER (ko-stu-mié ; IV ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie : les co-stu-mié-z et les costumes), s. m. || 1° Celui qui vend ou qui loue des costumes de théâtre, de bal, etc. Louer un domino chez le costumier. || On le dit aussi au féminin. Une costumière. || 2" Celui qui a la garde des costumes dans un théâtre.

— étym. Costumer.

f COSTUS (ko-stns), .v. m. Terme de pharmacie. Racine de l'auklandia costus (Falconner), qui est employée comme aphrodisiaque et vermifuge.

— ÉTYM. Latin, costus; grec, xôcttoç.

f CO-SUJET (ko-su-jè), s. m,. Celui qui est, avec d'autres, sujet d'un gouvernement. Les générations prochaines ne croiront pas que, dans un siècle qui n'était pas tout à fait barbare, des citoyens, des co-sujets aient pu réclamer le droit de voter un impôt qu'ils ne payaient point, et de voter pour les autres et non pour eux-mêmes, Mirabeau, Collection, t. i, p. 73.

— ÉTYM. Co, avec, et sujet.

COTANGENTE (ko-tan-jan-f) , s. f. Terme de

géométrie. La tangente du complément d'un angle.

— ÉTYM. Co, avec, et tangente.

f COTARNINE (ko-tar-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde, produit par action de l'acide sulfurique et du peroxyde de manganèse sur la narcotine.

— ÉTYM. Transposition des lettres du mot narrai inr.

COTE (ko-t'), s. f.\\i° Terme d'administration. La part imposée à chaque contribuable. Cote mobilière. Cote foncière. Payer sa cote. ||2° Cote mal taillée, arrêté de compte approximatif. Il ai fait de tout cela une cote mal taillée. Le régent demanda l'avis à Besons, qui barbouilla et qui proposa une cote mal taillée, st-sim. 42s, t52. Locution prise de marquer la cote, ce qui était à payer, sur un morceau de bois auquel on faisait une entaille. || 3° Terme de finance. Indication du prix des effets publics, des valeurs de bourse, du change, etc. || 4° Marque alphabétique, ou numérale servant à classer chaque pièce d'un procès ou d'un dossier. Ces pièces sont sous la cote A, la cote B. || La couverture même. || 5° Terme d'arpentage. Chiffre qui, dans les nivellements, indique les différences de niveau.

— HIST. xvie s. Cela fit faire une cotte mo-taillée de capitulation, tellement que le capitaine Mathieu ne laissa pas d'en faire la guerre depuis, d'aub. llist. il, 290. Tous héritages, tant fiefs que mains fermes, venus et escheus par succession soit de ligne directe ou collateralle, sont reputez patrimoniaux, et doivent en succession tenir et suivre la cotte et ligne de celuy duquel primitivement ils viennent, Coustum. génér. t. 11, p. 853.

— ÉTYM. Provenç. cofa, cotla; catal. quota; espngn. cota, cuota ; du latin quota pars, quelle partie (voy. quote). Dans d'Aubigné, cotte mo-taillée est pour cotte mal taillée, mal, dans ces sortes de compositions, se prononçant mau , comme dans mau-clerc (mal-clerc).

CÔTE (kô-f), s. f. || 1° Terme d'anatomie. Os plat et courbé, situé obliquement sur les parties latérales de la poitrine et articulé en arrière avec les vertèbres, et en avant directement ou indirectement, avec le sternum. Il s'est cassé une côte. Vraies côtes, celles d'en haut qui se joignent au sternum. Fausses côtes, ou côtes flottantes, celles d'en bas qui n'aboutissent point directement à cet os. || Il a les côtes en long, se dit d'un homme bizarre, capricieux, qui ne fait rien comme les autres, et aussi d'un homme paresseux. || Familièrement. Rire à s'en tenir les côtes, rire excessivement. [| Par exagération. Rompre les côtes à quelqu'un, le battre à outrance. || Fig. Cette affaire aune côte rompue. V. rompu. || Mesurer les côtes à quelqu'un, le battre à coups de bâton, de plat d'èpée, etc. || On dit populairement dans le même sens : tricoter les côtes. || On lui compterait les côtes, se dit d'une personne, d'un animal très maigri'. ; mes lousdelacôte

(i 'Adam, n >von tous une même origine. 0 i

quis indocile, Qui.... Croit que Dieu tout exprè3 d'une côte nouvelle A tiré pour lui seul une lemme fidèle, boil. Sat. vin. El si, durant un jour, notre premier aïeul, Plus riche d'une côte, avait vécu tout seul. Je doute, en la demeure alors si fortunée, S'il n'eût pas prié Dieu d'abréger la journée, id. ib. x. || Il s'imagine être de la côte de saint Louis, il se croit issu d'une très-noble race. Que voulez-vous donc dire avec votre gentilhommerie? Est-ce que nous sommes, nous autres, de la côte de saint Louis?MOL. Bourg, gentilh. in, 12. || Fig. Serrer les côtes à quelqu'un , le presser vivement , le poursuivre avec chaleur. || Côte à côte, loc. adv. Tout à côté l'un de l'autre. Ils marchaient côte à côte. Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur l'onde et tantôt se plonger, la font. Fabl. m, 12. || Fig. Sa tendresse voudrait se mêler d'ailer côte à côte de la mienne, sév. 343. || 2" 'ferme de vétérinaire. Côte arrondie, indice d'une poitrine développée ; côte plate , indice de respiration peu étendue. || 3° Terme de boucherie. Côtes couvertes du bœuf, morceau qui se trouve entre l'aloyau et le paleron, des deux côtés de l'échiné. Côtes découvertes, celles qui sont situées sous le paleron. || Côtes d'aloyau, les côtes du bœuf, ayant un peu de filet jusqu'aux côtes couvertes. || Train de côtes, la partie du bœuf qui contient les côtes, à partir de la troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule. Plats de côtes découverts, la partie placée sous l'épaule et le paleron. Plats de côtes couverts, la partie inférieure de l'entre-côte et des côtes, près de la poitrine. Côtes de surlonges, la partie qui se trouve sous le collier. || La côte, maniement pair ou double, commun aux deux sexes, qui repose sur les dernières côtes, particulièrement sur celle qui limite le flanc avec la poitrine. ||4" Saillie longitudinale de la surface de beaucoup de tiges et de fruits. Pomme de reinette à côtes. Voilà un melon ; il faut qu'elle en mange une petite côte, sév. 569. || Nervure médiane et principale dans un grand nombre de feuilles. || Tabac sans côtes, celui dont on a ôté la nervure avant de le corder. || 5° Terme de marine. Les côtes d'un navire, les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent jusqu'au plat bord. C'est le synonyme vulgaire de couple. || 6° Côte de luth, pièce du cotps d'un luth. || 7° Terme d'architecture. Listels qui séparent les cannelures d'une colonne. || Côtes de coupe, saillies qui séparent la duuelle d'une voûte sphérique en parties égales. || Partie en saillie qui dans une croisée sert à recevoir les volets. || 8° Fig. Le penchant d'une colline. Côte fertile, bien exposée, plantée de vignes. || Ami-côte, à mi-chemin sur le penchant d'une colline. Bâtir à mi-côte. J'approche d'une petite ville, et je suis déjà sur une hauteur d'où je la découvre; elle est située à mi-côte; une rivière baigne "ses murs et coule ensuite dans une belle prairie, la bruy. v. || Fig. Être au pied de la côte, c'est-à-dire être à bout de ressources, par allusion sans doute à un marcheur épuisé qui ne peut plus monter une côte ||9°Terme de marine. Rivage de la mer. Une côte basse, sablonneuse, escarpée. Ranger la côte, aller le long de la côte. Donner à la côte, échouer. Le courant portait à la côte. Il lui donna le gouvei nement de toute la côte de la mer, val gel. Q. C. liv. ii, ch. 8. Toute la côte était couverte d'hommes, d'armes, de chevaux et de chariots en mouvement, fén. Tél. xx. La plupart des peuples des côtes de l'Afrique sont sauvages et barbares, montesq. Esp. xxi, 2. Les côtes de cette grande île {Madagascar] sontgénéralementmalsaines; ce malheur tient à des causes physiques qu'on pourrait changer, raynal, Hist. phil. iv, 4. || Se dit, par extension, des approches de la terre, jusqu'à une certaine distance au large. Une côte pleine d'écueils. Les pirates qui couraient nos côtes. La flotte d'Énée éta.t sur ces côtes, fên. Tél. i. Le jeune homme répondit qu'il avait voulu voir comment les côtes de France et faites, qu'il était venu et allait s'en retourner, volt. l'Ingénu, i. || Faire côte, faire naufrage à la côte. || Côte de fer, côte formée par des ruchers escarpés et perpendiculaires. || Gardes-côtes, voy. garde, s. m. || Au plur. Les contrées voisines de la mer. |! 10° Terme de commerce. Côte de soie, capiton ou fleuret. || Côte rouge, côte blanche, fromages de Hollande. || 11° Terme de vannier, Net . ures qui sont formées par l'entrelacement des menus osiers autour des plus gros.

— HIST. xuc s. D'une des costes de l'home voiroment.... Honc. p. ir>>. || xiit* s. Je mengue costes de laitues, porce qu'elles mi font dormir, alebrant, f- .'>:. On escril mu et u continuelmenl coste à coste tout à une ligne, i itr.put, f° 10 En coste jdej la

COT

rovne [elle] se va agenouiller, Berte, xi. Jamais ne gerrez [vous ne vous coucherez] à ma coste, Quant receu avez tel-oste, Ren. 507. Quant cil joli valet passaient, Et jes [je les] veoie passer Qui me regardaient en coste, Et jadis lurent mi chier hoste, la Rose, <3055. Et en la fin de son sermon dit ainsi, que il avoit leue la Bible et les livres qui vont en coste la Bible, joinv. 288. ||xive s. Nouvelle et première porée : ostez les grosses costes comme l'en fait des choulx, Ménagier, II, 6. ||xv s. Le bon et saige. qui ad ce besoin m'avoit conduit jusques au Hct, demoura de couste moy estourdy, estonny et comme en litargie, a. chart. VEspérance ou a>ns>ilatinn des 3 vertus. Là fit tendre en belle plaine son pavillon, et aussi ses compaignons firent, coste le sien, tendre les leurs, Bouciq. i, ch. \0. Quant j'apperçoy que veoir [elle] ne me daigne, Fors que de cost'e et trop estrangement.... e. desch. Poésies mss. 1° 142, dans lacurne. Il xvie s. Quand les Corinthiens eurent achevé de monter celle coste, ilz meirent leurs targes et pavois en terre pour reprendre un peu d'haleine, amyot, Timol. :<c. Et se feit porter depuis la cour du roy jusques à la coste de la mer Mediterrane, id. Pélop. 5G. Ce chien suivit tousjours son maistre, nageant en mer coste à coste de sa galère, depuis la coste de terre ferme, jusques en l'isle de Salamine, id. Caton, H. Depuis les clavicules jusques à l'extrémité des costes tant vrayes que fausses et diaphragme, paré, i, *. On donne au malade un tronc ou coste d'asphodèle ou de férule à mascher, id. vin, 2. Les costes de poirée ou blette seront choisies, grosses et tendres, coupées de la longueur de demi-pied, o. de serres, 848. Le sieur Cornelio et le comte de Gayas armez et la pique sur le col coste et coste [à côté l'un de l'autre] , montluc, Mém. t. i, p. 492, dans lacurne. Chevaux courants de toute leur roideur, accouplez coste à coste l'un de l'aultre, mont, i, 358.

— ÉTYM. Berry et saintong. coûte; wallon, cuise; provenç. et ital. costa; espagn. cuesta ; du latin costa, côte

COTÉ. ÉE (ko-té, tée), part, passé. Marqué d'une cote. Pièces cotées.

CÔTÉ (kô-té), s. m. || 1" La partie droite ou gauche du corps des animaux, del'aisselle à la hanche, et, par extension, la partie droite ou gauche de tout le corps, y compris le bras, la jambe, etc. Il était perclus de tout le côté gauche. Se coucher sur le côté. Il porte l'épée au côté. Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés, boil. Sat. vi.... Les arbres parlent peu, Dit le bon la Fontaine; et ce qu'un bois m'inspire, Je veux à mes côtés trouver à qui le dire, delille, Homme des cit. i. 1| Se tenir les côtés de rire, rire immodérément. Le roi se tenait les côtés de rire, hamilt. Gramm. 7. Embrasse-moi, dit Matta se tenant les côtés, id. ib. 3. L'hôte et l'hôtesse éclatèrent de rire et se tinrent longtemps les côtés, volt. Cand. M. || Il est sur le côté, il est si malade qu'il ne peut bouger. || Fig. Être en voie de disgrâce, être abattu. Pauvre esprit, te voilà d'abord sur le côté, hamilt. Gramm. 2. || Mettre, jeter quelqu'un sur le côté, le coucher, le renverser par terre. D'un coup d'épée il le jeta sur le côté. || Mettre quelque chose sur le côté, donner à cette chose une position inclinée. j| Mettre une bouteille sur le côté, la vider. || Être aux côtés de quelqu'un, être auprès de sa personne. Moi-même, sur son trône à ses côtés assise, Je suis à cette loi comme une autre soumise, rac. Esth. i, 3. Debout à ses côtés, le jeune Êliacin Comme moi le servait en longs habits de lin, id. Athal. n, 2. Idoménée, qui le croit [Télémaque] à ses côtés, s'étonne de le voir qui court au milieu delà campagne, fën. Tél. xi. || Fig. Mais entendez crier Rome à votre côté.... corn. Citina. m, 2. Le reste do l'Asie à nos côtés rangée, id. Nicom. n, 3. || Le côté de l'épée, le côté gauche du corps, celui où l'on porte l'épée. ||Fig. Mettre quelque chose du côté de l'épée, faire passer quelque chose du côté de l'épée, c'est mettre à couvert quelque somme, de quelque façon qu'on l'ait gagnée, bien ou mal. Mais prompt, habile et diligent À saisir un certain argent, Somme aux inspecteurs échappée, Il a du côté de l'épée Mis, ce diton, quelques deniers, la font. Lettres, xxi. || Le côté du cœur, le. côté gauche du corps; et fig. l'affection. Ce petit gaillard vous plaît, il est du côté du cœur. || Point de côté, douleur aiguë qui se fait sentir dans la région des côtes. || Terme de manège. Porter un cheval de côté, le faire marcher sur deux pistes, dont l'une est marquée par les épaules, l'autre par les hanches. || Ternie de cuisine. Haut côté, les côtés d'un mouton. || Terme de fnarinc. Mettre un bâtiment sur le côté, l'incliner

COT

d'un côté, lui faire prendre de la bande. Le niât avait mis le vaisseau sur le côté, fén. Tél. vi. || Mettre un bâtiment sur le côté, l'abattre en carène. || Le côté dio t d'une voile, la partie de la chute de cette voile où les tailles sont régulières. || Faux côté, côté faible d'un navire, côté sur lequel il incline davantage. || 2° Partie latérale. Les côtés du chemin. Ce côté de la rivière est le moins profond. || Les bas côtés d'une église, les nefs latérales, qui sont plus étroites et d'ordinaire moins hautes que la nef centrale. Les bas côtés du chœur.... sont les parties qui ont le plus résisté à l'effort du temps, chateaub. Génie, m, v, 5. D'autres temples étaient divisés en trois nefs par deux rangs de colonnes; celle du milieu était entièrement découverte et suffisait pour éclairer les bas côtés qui étaient couverts, barthél. Anach. ch. 12. || Les bas côtés d'une route, d'un boulevard, d'une promenade , les voies latérales moins hautes que la chaussée. || 3" Côté plein, muraille pleine, par opposition à arcade. Le petit monument de marbre qui couvre le saint sépulcre a la forme d'un catafalque, orné d'arceaux demi-gothiques engagés dans les côtés pleins de ce catafalque, chateaub. Itin. n, 224. || 4" Le côté droit, le côté gauche d'une assemblée délibérante, celui qui est à la droite, celui qui est à la gauche du président. H Le côté de Pépître, le côté de l'évangile, le côté droit, le côté gauche de l'autel. 1| Le côté du roi, le côté de la reine désignaient autrefois le côté droit, le côté gauche du théâtre. || Terme d'architecture. Le côté droit ou gauche d'un bâtiment doit s'entendre par rapport au bâtiment même, c'est-à-dire en supposant que le bâtiment a une droite et une gauche par rapport à sa façade. || 5" Point opposé à un autre. Le côté espagnol des Pyrénées. Il est de l'autre côté du bois. Mettez-vous de l'autre côté de la table. Pourquoi me tuez-vous? Eh quoi! ne demeurezvous pas de l'autre côté de l'eau? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, cela serait injuste de vous tuer de la sorte; mais, puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste, pasc. Pensées, part, i, art. 9. || Fig. Tout le tort est de son côté, sév. 55. || Familièrement. De l'autre côté , dans la pièce-voisine. Passons de l'autre côté, s'il vous plaît, pour causer à notre aise. || 6" Face, pan d'un objet. Les côtés d'une pyramide. On avait sculpté des emblèmes sur lus quatre côtés du monument. || En parlant des étoffes, le côté de l'envers, lecôtéde l'endroit. || Fig. Aspect sous lequel on envisage les personnes et les choses. Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté, mol. Éc. des f. iv, 8. On regarde les gens par leurs méchants côtés, id. Mis. i, 2. Quand sur une personne on prétend se régler, C'est par les beaux côtés qu'il lui faut ressembler, id. F. sav. i, \. Mélanchthon avait pris ce bon mot du beau côté, boss. Var. 5. Il prend tout du bon côté, id. Lett. quiét. 354. La justice prend toujours les choses d'un mauvais côté, regnard, Sérénade, 40. Ce qu'on souhaite est vu du bon côté; Ce qu'on possède est vu de l'autre, l'a motte, Fabl. n, 17. Ils regardaient l'affaire par cent côtés, dont aucun n'était dans son vrai jour, volt. Babouc. \\ 7° Ligne qui circonscrit quelque chose. Les trois côtés d'un triangle. Si je pense à une figure de mille côtés et à une de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, ce n'est pas par des perceptions que je les distingue, ce n'est que parles noms que je leur ai donnés, condillac, Conn. hum. sect. n, ch. 2. || Terme de géométrie. Côté d'un angle, une des lignes qui le forment. || 8° Dans le sens le plus indéterminé, partie d'une chose, endroit. Attaquer la place du côté le plus faible. De quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort en face qui couvre de ténèbres tous nos plus beaux jours, boss. Duch. d'Orl. \\ Fig. Le côté faible d'une chose, ce en quoi elle pèche. Le côté faible d'une personne, son défaut habituel, ou ce qu'elle sait le moins, ou sa passion dominante. || Fig. De mon côté, quant à moi, pour ma part. Je vais, de mon côté, prendre telle et telle mesure. Je veux voir à quel point une femme hardie Saura de son côté pousser la pertuiie, volt. Zaïre, iv, 5. || Du côté de.... dans les rangs de, parmi. De notre côté, il y eut trois morts et dix blessés. Du côté des Athéniens, Périclès, Nicias, Alcibiadc ; de celui des Lacédémoniens, Brasidas, Gylippe, Lysandre s'y distinguèrent d'une manière particulière, roli.in, Hist. anc. Œuvres, t. ni, p. 24, dans pougens. || D'un côté, d'une part; d'autre côté, d'autre part. Quand d'un côté je considère leur puissance et de l'autre ma faiblesse. D'un et d'autre côté l'action est si noire, corn. Rodog. v, 4. D'un et d'autre côté je vous vois soulagée, ic. Cid, v, 5. Il ne leur arrivera

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pas, comme à ceux du caractère opposé, d'être d'un côté de grands hommes, et de l'autre des enfants, fontf.n. Boerhaave. Près du grand L'Hôpital montrer le grand Caton , D'un côté Condillac et de l'autre Platon, delille, [magin. vu. || De ce côté, de cette part. Je n'ai rien à craindre de ce côté. || De côté et d'autre, des deux côtés. Les parents accoururent de côté et d'autre pour accommoder l'affaire, montesq. Lett. pers. 70. || 9° Direction. Je vais de votre côté. De quel côté vient le vent'? Après dîner, chacun s'en va de son. côté, sév. 82. Votre dessein était-il d'aller du côté de la ville? mol. Don Juan, m, 4. || Fig. Ne savoir de quel côté tourner, ne savoir que faire, que devenir. De quel côté pencher? à quel parti me rendre? corn. Cinna, in, 3. || De tous côtés, de partout. La foule accourait de tous côtés. De tous côtés on allait à son secours. Seigneur, de tous côtés le peuple vient en foule, corn. Nie. v, 5. || Regarder de quel côté vient le vent, observer les conjonctures pour régler sa conduite, et, le plus souvent, en mauvaise part, n'avoir d'autres règles de conduite que les circonstances. || 10° Parti. C'est le côté le plus juste. Caton fut du côté de Pompée. || Avoir quelqu'un de son côté, l'avoir de son parti. Tant que vous n'auriez point les juges de votre côté, pasc. Prov. 7. 11 me dit qu'il y en avait de ceux de son côté qui tenaient.... id. ib. t. Quand la malignité a la raison de son côté, id. P. div. 99. Ils ne font rien pour mettre le monde de leur côté, mass. Myst. Pent. Mettons Dieu de notre côté, et alors nous serons les plus forts, id. Car. Motifs. || Mettre les rieurs de son côté, faire, dans une discussion, que les assistants rient de la personne avec qui l'on discute. || 11° Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père. Le côté paternel. Le côté maternel. || Etre du côté gauche, être d'une naissance illégitime; locution tirée de ce que, dans les mariages inégaux, l'époux donnait à l'épouse non la main droite mais la main gauche. || Se dit aussi d'une personne qui vit en concubinage. Elle l'a épousé? oui, du côté gauche. || 12° Terme de typographie. Côté de première, la forme où se trouve la première page de la feuille. || 13° Du côté de, loc. prép. Vers, en faveur de, quant à. Regardez du côté du couchant. Placez- vous du côté du président. C'est la seule chose qui m'oblige quelquefois de tourner la tête du côté du monde, balz. liv. i, lett. 3. On la décrie du côté de la tendresse, voit. Lett. 88. Tous mes vœux sont déjà du côté d'Aristie, corn. Sert, i, 2. Pour lui mettre l'esprit en repos du côté de Jouarre, boss. Lett. Corn. 30. Pour moi, demeuré seul, une juste colère Tourna bientôt mes vœux du côté de son frère, rac. Baj. i. t. Je veux que vous n'ayez rien à vous reprocher du côté de la modération, mass. Car. Pardon. Du côté de la fortune, le revers que vous éprouvez est accablant, marmont. Contes mor. Ecole des Pères. || 14° De côté, loc. adv. En biais, obliquement. Il faut vous tourner un peu plus de côté. || Regarder de côté, du coin de l'œil. Près du feu, deux amants, pleins d'un tendre délire, D'un regard de côté se parlent sans rien dire, delille, Trois règnes, i. || Fig. Regarder de côté, regarder avec dédain, ressentiment ou embarras. || De côté, à droite ou à gauche, pour que l'espace reste libre. Ranger une chose de côté. Mettez ce fauteuil de côté, il gêne le passage. Se mettre, se ranger de côté, quitter le milieu du passage pour faire place à quelqu'un ou à quelque chose qui s'avance. Je me mis de côté pour éviter la voiture. || De côté, en passant, négligemment. Vu que par l'homme en place un mot dit de côté D'un faux air de crédit ilatte leur vanité, delille, Homme desch. i. || À part, en réserve. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il met tous les ans quelque chose de côté, il fait des économies. || À l'écart. Je mets de côté toutes les raisons que vous aviez de lui pardonner. || Mettre, laisser de côté, abandonner, ne pas se servir de. On laissa de côté plusieurs officiers de mérite. ||15° Â côté, loc. adv. Dans une direction latérale, oblique. [Le drôle] Prend à côté, pourvoit à ses affaires, Laisse son maître , à travers champs s'enfuit, la font. Orais. Tout père frappe à côté, id. Fabl. vin, 20. || Fig. Le poète d'abord parle de son héros; Après en avoir dit ce qu'il pouvait en dire. Il se jette à côté, id. ib. I, <4. || Donner à côté, s'éloigner du but, et aussi se méprendre. |! À peu de distance. Serrez-vous, marchez à côté. Est-ce loin? non, c'est tout à côté. || À côté de, loc. prép. Tout auprès, adroite ou à gauche de. Sa maison esta côté de la mienne. Se mettre à côté de quelqu'un. Il marchait à côté du grand prêtre, rac. Athal. n, 5. || Fig. Peut-être Babylone, honorant ma mémoire, Mettra Sémiramis à côté des grands

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rois, volt. Sémirnm. n, ~. || Passer à côté d'une difficulté, d'une question, ne pas l'aborder, éviter de la résoudre. Être à côté de la question, ne pas bien la saisir, s'en écarter.

— svn. de Tors côtés, de toutes parts. Il y a, entre ces deux locutions, la différence qu'il y a entre côte et part, c'est-à-dire que côte exprime plus spécialement une direction que ne fa'dpart. La foule accourut de tous côtés est synonyme, sans nuance bien sensible, de : la foule accourut de toutes parts. Mais on dira : cette forteresse est commandée de tous côtés, mieux que de toutes parts; car ici il importe de spécifier les côtés, les directions.

— hist. xi" s. Gent [il] ot le cors et les costez ot larges, Ch. de Roi. xx. Ma bonne espée que ai ceinte au costet, ib. lxxxii. || xir s. [Â] Gautier [il] en bande les flans et les costez, Iionc. p. 94. Nu à nu du costé son roit espié [il] lui vire, Sax. x. Joab sacha l'espée e ferid Abner enz el costed , si l'ocist felonessement, Rois, 132. || XIIIe S. Et del costet de mi Robin, raynouard, costat. Quant on me veut meurdrir delez vostre costé, Berte, xv. Chi vous lairrons ester de Namur qui gist en mauvais costei, Chr. de Rains, 232. Un quadrangle du quel li uns des costés soit de trois pies, Comput, f° 17. Se [sa] tere esquiet de costé à celi^jui est mariés, comme d'oncle ou d'antain, de frère ou de sereur, beaum. xiii, <3. Moût de diverses coustumes sont en parties d'eritages qui vienent en descendant ou par esqueance de costé, id. xiii, i. Et avec ce il jureront que il ne prenront, ne ne recevront, pareulz ne par autres, ne or, ne argent, ne bénéfices par de costé [indirectement], ne autres choses, joinv. 294. Tu feras celé chose [un dez] de six costez quarrée, Jeu de des, jubinal, t. n, 230. || xve s. Et dit qu'il se trairoit avant du costé devers Boulogne, froiss. i, i, 3)5. Si s'adressa sur Mgr Geffroy de Chargny, et là, en parlant à lui, il changea un peu de contenance, car il le regarda sur costé en disant.... id. i, i, 329 Trop a souvent le corps las et travaillé, qui continuellement se gist sur ung costé, Perceforest , t. v, f° 44. Se sont si avant entremeslées icelles choses d'un costé et d'autre, que grieve chose m'est à porter, dont il me desplaist tant que plus ne peut, monstrel. liv. n, ch. 89. Ils virent bien que la force n'eust pas esté de leur costé, Bouciq. I, 32. Et se tenoit droit, la main au costé, qui moult luy avenoit, regardant jouer les autres enfans pour juger de leurs coups, id. i, 3. Et combien que je n'aye demouré sur le lieu, si fus-je informé, comme les affaires passoient , et le povez bien aisément entendre pour la congnoissance et nourriture que j'avoye eu de l'ung costé et de l'autre, comm. v, 13. || xvic s. Ayant à ses costez ledit seigneur, mont, i, <27. Du costé de l'occident, id. i, 238. Il n'auroit devant ny derrière luy, ny à costé, rien qui ne lui feist guerre, id. i, 356. Assis de costé [sur sa mule] comme les femmes, id. i, 354. Je ne vise pas de ce costé là, id. iv, 28. Les suyvants d'Alexandre portoient comme lui la teste à costé, id. iv, 32. Il invita à disner les principaux parens de sa femme, sans toutefois appeler ceux du costé de lui, desper. Contes, vi. Theseus du costé de sa mère estoit issu de Pelops, amyot, Thésée, 3. II se tenoit tousjours assis, ayant deux de ses serviteurs à ses costez, id. Péric. 52. Ainsi l'assault estant donné de tous costez, et tout en un mesme temps, les gens d'Icetes furent incontinent rompus, id. Timol. 31.

— ÉTYM. Bourguig. coulai; saintong. et Berry, coûté; provenç. costat; espagn. costado ; ital. costato; du bas-latin costatum, de costa, côte. On a dit aussi costei qui vient de costalis, et qui a donné coteau (voy. ce mot).

COTEAU (ko-tô), s\ m. \\ 1° Penchant d'une colline; petite colline. Coteau planté de vignes. Les coteaux qui bordent la Saône. J'ai des argus aux coteaux d'alentour Qui feront leur devoir d'y veiller nuit et jour, rotr. Antig. iv, 1. Si, par exemple, une grande plaine a une pente vers un coteau et s'y termine, toutes les eaux que la plaine recevra du ciel seront déterminées à couler vers ce coteau, qui les rassemblera encore , et elles se trouveront en abondance au pied, fonten. Couplet Ô coteaux du

Taygète, Par les vierges de Sparte en cadence foulés, Oh! qui me portera dans vos bois reculés! delille, Géorg. n. Et, comblant les vallons et rasant les coteaux, D'un sol heureux formait d'insipides plateaux, id. Jardins, i. Et le coteau renvoie Bien avant dans la nuit les éclats de leur joie, id. Imagin. vu. En Champagne, en Bourgogne, Les coteaux sont grêlés, bérang. On s'en..., \\ 2° Ordre des coteaux, nom badin qu'on a donné, dans le xvn° siècle,

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aux gens d'un goût fin et délicat, qui non-seulement savaient distinguer les meilleurs vins, et de quel coteau ou de quel vignoble ils venaient, mais qui avaient la même délicatesse de goût pour tout ce qui sert à la bonne chère. Un profès de l'ordre des coteaux, ou, simplement, un coteaux, était un gourmand du premier ordre, en faisant entrer dans cette idée tout ce qui fait les délices de la table. Le dîner de M. de Valavoir effaça entièrement le nôtre par l'extrême délicatesse qui a surpassé celle de tous les coteaux, sév. (24. Qu'ils se contentent d'être gourmets ou coteaux, la bruy. ix. Surtout certain hâbleur à la gueule affamée, Qui vint à ce festin, conduit par la fumée, Et qui s'est dit profés dans l'ordre des coteaux, A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux, boil. Sat. m. || Saint-Évremont dînant chez M. de Lavardin, évêque du Mans, cet évêque se prit à le railler sur sa délicatesse, a Ces messieurs, dit-il en parlant de lui, du comte d'Olonne et du marquis de Bois-Dauphin, outrent tout à force de vouloir raffiner sur tout.... Pour le vin, ils n'en sauraient boire s'il ne vient d'un des trois coteaux d'Aï, d'Haut- Villiers et d'Avenay. » Saint- Évremont ne manqua pas de faire part à ses amis de cette critique; et ils répétèrent si souvent ce que le prélat avait dit des coteaux, qu'on les appela les trois coteaux; et bientôt on imagina l'ordre des coteaux.

— HEM. L'orthographe devrait être coteau, puisque l'ancienne forme est costeau; mais l'usage a effacé l'accent dans l'écriture, après l'avoir effacé dans la prononciation. Il faudrait aussi supprimer l'e (cotau) comme le montre l'étymologie.

— HIST. xvie s. Le soleil ayant tiré et enlevé les vapeurs du brouillas jusques à la cyme des cousteaux, amyot, Timol. 3C.

— ÉTYM. Provenç. costal; bas-latin, costale, coteau, dans un texte du xive siècle, de costa, côte.

f CÔTELÉ, ÉE (kô-te-lé, lée) , adj. Terme didactique. Qui est couvert décotes. || Se dit d'une coquille couverte de saillies longitudinales.

— HIST. xives. Prenez des aguilles qui sont faictes pour enter les pennes d'oyseaulx, et sont pointues aux deux bouz et costelées comme une aguille à peletier, Modus, f°xciv, verso.

— ÉTYM. Côte.

CÔTELETTE (kô-te-lè-f), s. f. Côte de mouton, de veau, de porc frais. Une côtelette au naturel, une côtelette grillée sans autre apprêt. Une côtelette de veau en papillote. Nous venions de temps en temps dans la belle saison, ma femme et moi, manger le soir une côtelette, bern. de st-p. Arcad. || Côtelettes de mouton, les côtes prenant de la fin du filet jusqu'à l'épaule. Côtelettes découvertes, celles qui sont sous l'épaule. || Côtelettes de filet de veau, celles qui prennent un peu avant le bout du rognon avoisinant le ventre et qui se prolongent jusqu'aux côtelettes proprement dites.

— HIST. xives. Seconde assiette: civé de lièvres et les costellettes, pois coulés, saleures et grosse char, Ménagier, n, 4. Costellettes de fresche saleure, rostiessurîe gril, ib. il, 5.

— ÉTYM. Diminutif de côte.

| COTELINE (ko-te-li-n'), s. f. Terme de commerce. Sorte d'étoffe de fil et de coton.

f COTEPAI.IS (ko-te-pa-li), s. m. Terme de commerce. Étoffe légère, de soie et de poil de chèvre, qui était fort à la mode il y a une trentaine d'années.

COTER (ko- té), v. a. \\ 1° Indiquer la cote du prix d'une marchandise, du taux d'une valeur. Coter le cours des effets publics, le prix des sucres. || 2" Noter. Coter à la marge le numéro d'un article. Si vous aviez coté les endroits, vous m'auriez soulagé de quelques petits soins, boss. Lett. abb. 139. Je prétends en coter seulement les endroits [de l'affaire de la bulle Unigenitus] qui m'ont passé par les mains, st-sim. 318, < 55. || 3° Classer au moyen d'une cote alphabétique ou numérique. Coter les pièces d'un procès. || 4" Terme d'architecture. Écrire sur un plan, sur une coupe, ou sur une élévation géométrale, les mesures de chaque partie. || Terme d'arpenteur. Noter les niveaux.

— HIST. xve s. S'il estoit en ma puissance vous pouvoir cotter ou le mois ou la semaine ou le jour de mon retour, je vouslecotterois, L'amant ressuscité, p. 47, dans lacurne. ||xvies. On cottoit [attribuait] la perte du courage qu'on avoit veu à Monsieur, à la naissance de telles enormitez, d'aub. Hist. n,

— ÉTYM. Cote; provenç. quotar ; ital. quotare.

t COTEREAU (ko-te-rô), s. m. Nom donné aux mercenaires du xin" siècle, dits aussi routiers, qui,

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à diverses reprises, ont désolé la France par leurs brigandages.

— hist. xiv° s. En celle année furent occis en la contrée de Bourges en Bery sept mille hommes et plus, appelés costereaux, que aucuns gens appellent brigans; tels gens comme costereaux, brigans, gens de compagnie, pillars, robeurs. larrons , c'est tout un, du cange, coterelli.

— étym. Colarelli dans un texte de <<79, coterelli, mot dont l'origine est incertaine ; on a indiqué coterel, sorte d'arme, dont la dérivation de culter, couteau, par un diminutif collerellus est fort douteuse; et cota, hutte (voy. cottage), d'où coterellus paysan, coterelli, gens de campagne rassemblés pour le brigandage ; ce qui est plus probable (voy. coterie).

t COTERET (ko-te-rè), s. m. Nom des deux principales pièces du métier à tapisserie de haute lisse.

— ÉTYM. Voy. COTRET.

COTERIE (ko-te-rie), s. f.\\l° Mot ancien, qui signifiait un certain nombre de paysans, unis ensemble pour tenir les terres d'un seigneur. || 2° Aujourd'hui, compagnie de personnes qui vivent entre elles familièrement, ou qui cabalent dans un intérêt commun. Cela l'avait rendu si cher dans toutes leurs coteries, que.... hamilt. Gramm. to. Deux années ne passent point sur une même coterie; il y a toujours, dès la première année, des semences de division, pour rompre dans celle qui doit suivre, la bruy. vu. On n'a qu'à s'informer de leurs sociétés, de leurs coteries, j. J. rouss. Hél.u, M. Ce qui m'empêchait de vous écrire, c'étaient les coteries [clubs] auxquelles je me trouve livré aujourd'hui, p. l. cour. Lett. i, <G. Qui diantre me poussait à vouloir être de l'Académie, moi qui m'étais moqué quarante ans des coteries littéraires? id. i, t2i. Voltaire et sa coterie Sont à l'index en Barbarie, bërang. Ste ail. Là, chaque coterie a ses arrangements; Chacun y fait emplette et d'amis et d'amants, delille, Trois règnes, m.

— hist. xive s. Trente six mencaudées de terre tenues en coterie du seigneur de Falesque, du cange, coteria. || xve s. Comme Robin de Chaumont escuier tenisten fief et coterie certaines terres de Jehan de Gouy.... id. ib. Tenir en cotterie par l'usage de coustume localle, si est tenir toutes terres en possession de main ferme, c'est à dire qui n'est tenu en fief que rurallement, on appelle entre les coustumiers terre vilaine, et ne doit hommage, service, ost ne chevauchée, fors la rente au seigneur aux termes accoustumez et à la mort double rente en plusieurs lieux, bouteiller, Somme rural, titre 84. ||xvi°s. En vilainie, cotterie [biens tenus à cens cottier ou sur cens] ou roture, n'y a bail [il n'y a pas de gardien ou baillistre des héritages], loysel, 189, 547.

— ÉTYM. Bas-latin, coteria, société de villageois réunis pour tenir d'un seigneur quelque héritage, de cota, cabane (voy. cottage). Diez, à tort, le tire de cote, quote-part.

f CÔTE-RÔTIE (kô-te-rô-tie),s.m. Vin fort estimé du Rhône. Du vieux côte-rôtie; vin est sous-entendu : du vieux (vin de) côte-rôtie.

— ÉTYM. Nom d'une localité ainsi dite, parce que c'est une côte rôtie par le soleil.

f COTEVET (ko-te-vè), s. m. Un des noms de la corbine.

COTHURNE (ko-tur-n') , s. m. || 1° Chaussure élevée des anciens, qui montait jusqu'au milieu de la jambe, et qui était employée particulièrement au théâtre dans la représentation des tragédies. Ils se tiennent sur des cothurnes; c'est une chaussure haute, quelquefois de quatre ou cinq pouces; des gantelets prolongent leurs bras ; la poitrine , les flancs, toutes les parties du corps s'épaississent à proportion, barthél. Anach. ch.70. || 2°Fig. Legenre tragique. On ne doit élever sur le cothurne que des personnages pris dans les hauts rangs de lasocirté, chateaub. Génie, n, il, 8. On dirait que je suis le savetier qui raccommode toujours les vieux cothurnes de Crébillon, volt. Lett. d'Argental, il sept. 1763. Je me suis fait faire une paire de sabots; mais, si vous faites jouer Oreste, je les troquerai contre deux cothurnes, sous l'ombrage de vos ailes, in. ib. 19 mars I7GI. || Chausser le cothurne, composer des tragédies; enfler son style. Mais quoi! je chausse ici le cothurne tragique, boil. Sat. x. Je ne vois autre chose depuis la mort du roi que des gens qui, par des noms de personnages de ce temps-là, dont ils sont ou dont ils se font, chaussent le cothurne et éblouissent les sots, st-sim. 264, 40. À la mention de ce mariage, elle [la duchesse d'Orléans] se douta pour la première fois que Mme de Castries fût sa cousine germaine, et tout aussitôt chaussa le cothurne sur l'indigne alliance des Noient , id. 434,36.

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îl faut prendre un style qui est le cothurne pour moi, sév. ->0\.

— ÉTYM. Lat. cnthurnus, de vôOopvo:, cothurne. f COTHURNE, ÉE (ko-tur-né, née), adj. Terme

d'antiquité. Qui est chaussé du cothurne. Melpomène est représentée cothurnée.

COTI.1E (ko-ti, lie), part, passé de cotir. Fruit coti.

f COTICE (ko-ti-s') , s. f. Terme de blason. Nom de bandes qui en côtoient d'autres, et qui prennent ce nom, lorsqu'elles passent le nombre de huit.

— HIST. xv* s. Le conte de Sanserre a une bande d'argent à deux cotisses d'or potencées, Jehan de Saintré, 58. [| xvic s. La cottice est plus estroite que la bande, là colombiers, Théâtre d'honn. t. i, p. 143,

dans LACURNE.

— ETYM. Bas-lat. colicium , tunique, de cota (voy. cotte).

f COTICÉ, ÉE (ko-ti-sé, sée), adj. Terme de blason. Garni de cotices.

— ÉTYM. Cotice.

f COTIER (ko-tié), adj. Terme d'ancienne coutume. Qui a rapport à un héritage censuel et non noble. Juges cotiers, hommes cotiers, juges, hommes appelés à juger les causes qui étaient soumises à la justice de leur seigneur. || S. m. Homme tenant d'un seigneur en roture.

— HIST. xvie s. Quand un fief ou héritage cottier est tenu de plusieurs conseigneurs, Coustum. génér. t. i, p. 592. Un tenancier cottier ne peut sans le consentement de son seigneur féodal bailler l'héritage qu'il tient cottierementàcensou surcens, ib. p. 593.

* — ÉTYM. Voy. COTERIE.

CÔTIER, IÈRE(kô-tié, tiè-r'), adj. || 1" Qui a rapport aux côtes, qui habite les côtes. Douane côtière. Population côtière. Navigation côtière, le cabotage. Chargements cotiers, chargements qui se transpoftent par le cabotage. || Pilotes cotiers, pilotes qui connaissent parfaitement les côtes, les rades, les ports, les rivières, et qui entendent la manière d'y gouverner les vaisseaux. Le pilote côtier nous quitta après nous avoir mis hors des passes. Il s'emploie aussi substantivement dans ce sens : un côtier. || 2° Terme de géographie. Fleuve côtier, fleuve qui longe un bassin. L'Orne est un fleuve côtier du bassin de la Seine.

— HIST. xvie s. Au quel poinct se rendra l'arbre, quand par le temperement des branches costieres [placées de côté], aura esté retenu de verser hors, résistant aux vents, o. de serres, 639. [Dans une dispute] L'un va en orient, l'aultre en occident.... au bout d'une heure de tempeste, ils ne sçavent ce qu'ils cherchent; l'un est bas, l'autre hault, l'autre costier [à côté], mont, iv, 40.

— ÉTYM. Côte.

CÔTIÈRE ( ko - 1 iê-r' ), s. f. |l 1° Suite de côtes de mer. Il croise sur cette côtière. Peu usité. || 2°Planche de jardinage qui va un peu en talus et qui est exposée au midi. On dit plus ordinairement ados. || 3° Terme de construction. Bloc de* pierre placé du chaque côté d'un four de forge. || Les côtières, pilastres servant de revêtement aux côtés d'une cheminée dont le corps ou tuyau est en saillie sur le mur d'une pièce. || 4° Chacune des deux parties d'un moule à couler les tuyaux de plomb.

— HIST. xne s. Bretaigne [ils] unt tut avironnée, Les mers s'en vont lès les costeres, benoît, Chron. i, 1284. || xine s. Les espondes furent d'ivorie [prononcez ivoire] , Et les costieres ensement, Parlonop. v. 10304. Et ïi rois s'estoit trais devers la costiere del mont, pour cou que li solaus leur feroit emi le vis, Chr. de Ilains, <49. Parmi la costiere d'un val Est entrez dedenz le vergier, Ren. 19262. || xive s. Et Bertran du Guesclin estoit sus la costiere, Guescl. ■H20. |i xve s. Et encore fit-il une bataille sur costiere toute pure d'archers [uniquement composée d'archers] pour reconforter, si mestier estoit, les plus lassés, froiss.i, i, ) 20. Finirons nous de guerroier? Tout est destruit en plaine et en costiere, e. desch. Poésies mss. f" 228, dans lacurne. Et si prochain se mit du prestre, qu'il le pouvoit, en célébrant, de costiere [de côté] apercevoir, louis xi, Nouv. lxxiv.

— ÉTYM. Côtier.

COTIGNAC (ko-ti-gna; le c ne se prononce jamais, pas même quand suit un mot commençant par une voyelle) , s. m. Confiture de coings. Cotignac d'Orléans. || Cotignac de Bacchus, s'est dit pour fromage. ô doux Cotignac de Bacchus, Fromage, que tu vaux 'l'écus! st-amand, dans richelet.

— HIST. xive s. Pour faire eoudoignac, prenez des coings.... Ménagier, n, 5. |j xvies. Parachevans leurrepast par quelque confection da cotoniat, rab. Garg. i, 23. S'il toussoyt, c'estoient boytes de cou-

COT

dignac, m. Vont, iv, 32. Le cotignat pris devant le past astraint le ventre, paré, vin, 14.

— ÉTYM Coing, par l'intermédiaire d'une forme cotonealum , de cotoneum, qui appartient au coing, au coignassier. Cotignat est la forme régulière, et cotignac en est une altération; ital. cotognato.

t'cOTIGNELLE (ko-ti-gnè-F), s. f. Infusion spiritueuse de coings.

— ÉTYM. Voy. COTIGNAC.

COTILLON (ko-ti-llon, Il mouillées, et non ko-tiyon), s. m. || 1° Cotte ou jupe de dessous. Cotillon de serge. Cette fille Oui frétille N'a pourtant qu'un cotillon, bérang. Frétill. || Fig. et familièrement. Aimer le cotillon, être adonné aux grisettes, aimer les femmes. || Général du cotillon, s'est dit, dans le xvmesiècle, par plaisanterie, des généraux faits par l'influence de la maîtresse du roi. || 2° Jupon des paysannes. Et voilà pour t'avoir, Georgette, un cotillon, mol. École des f. iv, 4. Légère et court- vêtue, elle allait à grands pas, Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, Cotillon simple et souliers plats, la font. Fabl. vu, (O. Certaine nièce assez proprette Et sa chambrière Pàquette Devaient avoir des cotillons, id. Fabl. vu, H. || 3° Sorte de branle, où la danse est fréquemment interrompue par de petites actions partielles et ridicules, comme de ramasser un chapeau par terre avec les dents sans y mettre les mains, d'allumer un papier attaché au dos de quelqu'un qui remue sans cesse pour qu'on ne l'allume pas, etc. Le cotillon ne se danse qu'à la fin des bals. Danser un cotillon. Le cotillon se danse à autant de personnes que l'on veut. |j Air pour cette danse. || Autrefois, danse à quatre ou huit personnes, chacun faisant son personnage à son tour; et, aussi, nom de la contre-danse anglaise ou country-dance (voy. contre-danse 2). Je veux que nous dansions ensemble le rigaudon, la chasse, les cotillons, la jalousie et toutes les autres danses nouvelles, regnard, Critique du lég. se. 8. || 4° Au jeu de la guinguette. Remuer le cotillon , mêler le talon , et y prendre une carte en échange de celle qu'on a é( .rtée.

— REM. Comme on écrit colle, il faudrait, pour être conséquent, écrire cotlillon.

— HIST. xvie s. Avecques sa cotte laisser sa honte, et la reprendre avecques son cottillon, mont, i, 96.

— ÉTYM. Diminutif de cotte. L'ancien français avait un autre diminutif, c'est cotele.

f COTIN (ko-tin), s. m. Un des noms vulgaires du fustet.

t COT1NGA (ko-tin-ga), s. m. Terme d'ornithologie. Genre de l'ordre des passereaux dentirostres, comprenant des oiseaux à plumage paré de couleurs brillantes et vivant dans les contrées chaudes de l'Amérique. .

fCOTIQUE BLANC (ko-ti -ke-blan), s. m. Nom vulgaire d'une coquille univalve (cyprée anneau).

COTIR (ko-tir), v. a. Meurtrir, en parlant des fruits. La grêle a coti ces poires. Coti est un terme populaire et assez barbare qu'on dit en fait de fruits qui, étant tombés sur quelque chose de dur, se sont meurtris ou froissés en dedans sans être écorchés ou entamés en dehors, la q'uintinye, dans

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