COTYLE (ko-ti-1-) , s. m d'après l'Académie
et mieux s. f. || 1° 'terme d'anatomie. Cavité d'un os dans laquelle la tête d'un autre 03 s'articule. Il 2° Organe semblable à une cotyle, annexé aux bras des céphalopodes.
— REM. On fait, dans les livres médicaux , et l'Académie à leur suite, cotyle du masculin; c'est une erreur; xotûXy] est du féminin soit pour signifier une mesure de capacité, soit pour signifier la cavité de la hanche. Ce mot est trop technique pour qu'il y ait force d'usage contre la forme correcte, et pour que l'on crée l'anomalie d'avoir cotyle féminin pour la mesure et masculin pour la cavité.
— HIST. xvie s. La boette dedans laquelle l'os de la cuisse est receu, nommée des Grecs cotyle, des Latins acetabulum, paré, iv, 34.
— ÉTYM. KotûXti , chose creuse (voy . le précédent). COTYLÉDON (ko-ti-lé-don), s. m. || 1° Terme de
botanique. Nom des lobes séminaux ou feuilles séminales, l'une des quatre parties essentielles de l'embryon des végétaux phanérogames. Le haricot au moment de la germination, ou lorsqu'il sort de la terre, se divise en deux parties qui sont les cotylédons. [| 2° Terme d'anatomie. Lobe charnu du placenta. j| Cotylédons utérins , renflements tuberculeux et pédicules jle la muqueuse utérine des ruminants à cornes, auxquels adhèrent les cotylédons du placenta. || 3° Genre de plantes à feuilles charnues et concaves.
— HIST. xvr s. Les cotylédons né sont autre chose qu'orifice des extrémités des veines et artères menstiuales, ainsi que les excrescences des cotylédons aux bestes brutes ne sont dites chorion, ains appendices d'iceluy; ainsi telle masse de chair aux femmes pour mesme raison ne doit estre appellée chorion, ains cotylédons tuméfiés et appendices d'iceluy, paré, i, 34.
— ÉTYM. KoTv),Y)8à>v, proprement petite cavité en forme de coupe, de xotûXy) (voy. cotyle).
| COTYLÉDONAIRE (ko-ti-lé-do-nê-r'), adj. Terme de botanique. Qui a rapport aux cotylédons.
— ÉTYM. Cotylédon.
COTYLÉDONÉ, ÉE (ko-ti-lé-do-né , née), adj. En parlant des végétaux, pourvu de cotylédons. S'est dit comme synonyme de phanérogame.
— ÉTYM. Cotylédon.
j COTYLÉMORPHE (ko-ti-lé-mor-f) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de cotyle.
— ÉTYM. Cotyle, et(j.opçT), forme. Mot préférable à cotyliforme, qu'on trouve quelquefois et qui est hybride.
f COTYLÉPHORE (ko-ti-lé-fo-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte de petites cupules. || Qui porte une cotyle, en parlant des bras de quelques céphalopodes.
— ÉTYM. KotOXy], cotyle, et «popô;, qui porte. Mot très-préférable à cotylifère, qu'on trouve quelquefois et qui est hybride.
f COTYLET (ko-ti-lè) , s. m. Terme de botanique. Genre de plantes grasses. C'est le nom donné par certains auteurs au genre de crassulacées appelé par l'Académie cotylédon, legoarant.
COTYLOÏDE (ko-ti-lo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Qui est en forme de cotyle. Cavité cotyloïde, celle de l'os iliaque dans laquelle s'articule la tête du fémur.
— ÉTYM. KotûXyi, cotyle, et e!8oç, forme.
f COTYLOÏD1EN, IENNE (ko-ti-lo-i-diin , diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la cavité cotyloïde. Ligament cotyloïdien.
— ÉTYM. Cotyloïde.
COU (kou) ou COL (kol), s. m. || 1° La partie du corps qui unit la tète au tronc. Le héron au long bec emmanché d'un long cou, la font. Fabl. vu, 4. Voyez un peu ce cou d'ivoire s'arrondir sur ces belles épaules, marmont. Contes moraux, Laurel. Elle offre, en détournant sa tête éblouissante, D'un cou semé de lis la beauté ravissante , delille, Géorg. 1. || Populairement et par pléonasme. 11 sera pendu par son cou. || Avoir un cou de grue, le cou d'une grue, avoir le cou long et grêle. || Avoir un cou de cygne, avoir le cou blanc et gracieux, en parlant d'une femme. On dit aussi pour louer le cou d'une femme : cou d'ivoire, d'albâtre, de lis. || Se jeter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec effusion. Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard , corn, le Ment. 11, 5. La petite d'Hudicourt a été huit ou dix jours à la cour toujours pendue au cou du roi, sév. t72. Télémaque se jeta au cou de Mentor, fén. Tél. xxn. Télémaque saute à son cou, id. ib. xi. Je voulus me jeter à son cou pour l'embrasser, id. ib. iv. Il Mettre la corde au cou, passer la corde autour du cou de quelqu'un pour le pendre; et fig. ruiner, perdre. La trop grande indiilgpnce de son père lui a
mis la cordeau cou, Dict. del'Acad. \\ Se mettre la corde au cou, se perdre soi-même, se mettre dans une position d'où on ne peut se tirer. || Mettre le pied sur le cou de quelqu'un, lui faire violence. Il Couper le cou, trancher la tête. Cette révolte n'empêcha pas Antiochus de faire couper le cou au grand prêtre Onias, volt. Phil. m, I39.|| Tordre le cou, donner la mort. Pour le dîner on tordra le cou à quelques poulets. J'aimerais.... que monsieur Satan vous vînt tordre le cou, mol. l'Etour. 1, U. y Êlre dans l'eau jusqu'au cou. y être presque totalement plongé. Son maître était jusqu'au cou dans les boues, la font. Or. || Et fig. Je puis vous promettre, s'il se détermine à ce que vous voulez, de m'y mettre jusqu'au cou pour le succès, st-sim. 510, 28). H Fig. Tendre le cou, s'offrir comme une victime, subir quelque grande violence ou injustice sans résister. || Fig. Rompre le cou à quelqu'un, à une affaire, l'empêcher de réussir, y Se rompre, se casser le cou, se blesser grièvement en tombant; et fig. perdre tous ses avantages, toutes ses espérances. j| Prendre ses jambes à son cou, s'enfuir au plus vite.... Rendez-moi mon bijou, Et je prends, pour partir, mes jambes à mon cou, regnard, Démocr. v, 5. Il Avoir son cou chargé de quelque chose, porter une charge considérable, avoir une grave responsabilité. || Fig. Ta main sera sur le col de tes ennemis, boss. Hist. n, 2. Ce peuple [juif] était d'un cou roide et dur d'entendement, volt. Phil. 11, )36. y 2" Le cou ou le col d'une bouteille, la partie longue et étroite par laquelle on l'emplit et on la vide. || Cou de chemise, voy. col. Il 3° Cou de cygne, partie courbée de l'avanttrain d'une voiture. || Terme de marine. Cou de cigogne, cou de cygne, tige en fer fixée au pont. Il Terme de manège. Cou de cygne, encolure en cou de cygne, encolure de certains chevaux. || 4° Terme de zoologie. Cou-blanc, nom du motteux. || Coujaune, nom de la fauvette de St-Domingue {Sylvie pendante de Latham). || Cou-rouge, le rougegorge. H Cou-tors, le torcol. || Cou-coupé, le gros bec du Sénégal. || 5° Terme de botanique. Cou de chameau, narcisse des prés (narcissus pseudo-narcissus, L ). Il Cou de cigogne, géranium commun dans les bois.
— REM. Col est une forme archaïque qui est d'un usage rare, excepté quand il s'agit du goulot d'un vase, d'un passage dans une montagne, de la partie d'une chemise qui entoure le ccu, etc.
— HIST. xie s. De son col [il] jeté ses grandes pels de martre, Ch. de Roi. xx. || xne s. Au col le comte [au cou du comte], Ronc. p. 26. Et son col blanc, son chef blond et luisant, Couci, v. || xra* s. Asseiz plus, ce poeiz savoir, L'acheta [le paradis] sainz Piere et sainz Poulz, Qui de si précieux avoir, Com furent la teste et li coux, L'aquistrent, se teneiz à voir [vrai], ruteb. 127. Les bras au col doit l'en [l'on] mener Son anemi pendre ou noier, la Rose, 7462. Il xve s. Et ce est l'aise des Brabançons; car, où que ils soient, ils veulent estre en vins et en viandes et en délices jusques au cou, froiss. ii, m, 4 44.
— ÉTYM. Picard et bourguig. co ; provenç. col, espagn. cuello; ital. collo; du latin collum. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cols ou li cous (cou, prononciation qui est devenue la plus habituelle parmi nous); au régime, le col (col, prononciation qui est restée dans quelques cas exceptionnels).
t COUA (kou-a), s. m. Genre d'oiseaux répandu dans les parties chaudes des deux hémisphères.
f 4. COUAC (kouak), s. m. Onomatopée burlesque qui se dit pour exprimer les fautes que font avec les instruments à anche ou à bocal les débutants qui n'ont pas l'embouchure. On le dit aussi des chanteurs. Faire des couac. || Au plur. Des couac.
— HIST. xvje s. Le renard d'une vistesse soudaine empongne la grole, la quelle ne seut tenir aucune contenance que de faire coua, palissy, 88.
f 2. COUAC (kouak), s. m. Terre argileuse dont les nègres sont très-avides.
f COUAGGA (kou-a-gga), s. m. Terme de zoologie. Espèce du genre cheval originaire d'Afrique, à raies gris roussâtre en travers de la tête, crinière courte et droite, dit aussi cheval du cap, cheval zébroïde, dauw ou daw.
— ÉTYM. Onomatopée prise du cri de cet animal. f COUAILLE (kou-a-11'), s. f. Nom, en Bretagne,
des extrémités d'un étang qui restent à sec pendant la saison des eaux basses.
— ÉTYM. Queue (voy. ce mot).
f COUAQUE (kou-a-k'), s. m. Sorte de mets fait en Amérique avec la racine râpée de manioc, eucore fraîche, qu'on étend sur des plaques de fer
cou
cou
cou
rondes pour la soumettre à l'action du feu, en la remuant en divers sens, legoaram.
; COUAB (koù-àr), s. m. Nom, en Sologne, de la
COUARD (kou-ar; le d ne se Lie jamais), s. m. 1 Poltron, lâche. C'est un franc couard, y Adj. imme couard. Une femme couarde. De vaillant mard, de fidèle fait traître, malh. i, 4. || Terme lason. I in couard, lion qui porte la queue entre les jambes. || 2° Terme do manège. Tronçon de la queue du cheval. || 3° Terme de boucherie. Nom d'une région du bœuf dite aussi boni du cimier, ou cimier, ou abords, ou bords du bassin, qui comprend dans son ensemble la base de la queue, la partie postérieure de la croupe, les parties latérales de l'anus (et de la vulve chez la femelle seulement), et enfin l'angle de la fesse. || 4" Extrémité par laquelle on applique le manche à la faux.
— iiist. xi" s. Pour tout l'or Deu [il] ne volt estre cuard, Ch. de Roi. i.xix. || xir' s. Mais li cohart n'i auront [en paradis] ja pardon, Honc. p. 71. Et non porquant la terre d'outremer [je] Voi en si très grant balance Qu'en chantant [je] veuil prier le roi de France Que ne croie cowairt ne losengier [qui lui conseillent de quitter la croisade], quesnes, Romancero, p. (00. Quant il ont en bataille fiché leur estendart , Ne le maintiennent mie à guise de coart , Sax. xix. Li reis ad dons [deux] privez, Sorel e dan Blanchart, Tost funt ilel buen malvais e del lundi cuart. Th. le mart. 56. [|xincs. Il n'i ot si coart qui maintenant ne fust garnis de hardement, h. de valen'c. iv. Ce dist Renaît: trop ies coarde, Ce fis ge por toi esmaier, Einsi te voloie essaier, Ren. 1800. Se il [le bailli] estoit couars, il n'oseroit courocier le rice home qui aroit à fere contre le povre, beaum. 20. || xive s. Il n'est pas dit couart pour ce, se il craint infâme ou que l'on ne face villanie à ses gens, oresme, Eth. 79. ||xves. Si sont Lombards de leur nature riches et couards; nous y ferons nostre profit, froiss. in, iv, 20. Peu de chose est de fol espoir, Et c'est assés, au dire voir; Carie cowart il fait hardi; Et le joli, Selon les mours qui sont en li, Il li fait ordenance avoir, jd. Virelay. Il xvi° s. Auprès du feu couards tiennent gros termes, J. marot, p. 38, dans lacurne. C'est une qualité tousjours couarde et basse, mont. 1, 6. Nous le rendons servile et couard [l'entendement] , pour ne luy laisser la liberté de rien faire de soy, id. I, IG3. 11 n'y a homme si couard qui n'ayme mieulx tumber une fois, que demourer tous jours en branle, id. i, 251. Ouy, dit-il, je suis couard, voi rement timide es choses villaines et deshonnestes, amyot, De la mauv. honte, 6. Moy plus couard, je ne requiers sinon.... Mourir oisif en ton giron, Cassandre, rons.
— ÉTYM. Provenç. coart; espagn. et portug. cobarde;iu\. codardo; du latin cauda, queue (voy. ce mot) : qui est de la queue, c'est-à-dire qui se tient en arrière, ou qui porte la queue basse comme les animaux qui ont peur. Coart est le nom du lièvre dans le roman de Renaît.
f COUARDEMENT (kou-ar-de-man) , adi'. D'une manière couarde, lâchement.
— HIST. xme s. Je vous di que mieus doit plaire S tous, cil qi, sans retraire, Furnistçou q'il entreprent, Que cil qi couardement Le laist : car j'os tesmongnier K'ille fait par cuer lanier, Bibl. des Chartes, 4e série, t. v, p. 347. ||xvies. Plusieurs gladiateurs se sont veus, au temps passé, aprez avoir couardement combattu, avaller courageusement la mort, offrant leur gosier au fer de l'ennemi et le conviant,
— ÉTYM. Couarde, et le suffixe ment.
+ COUARDER (kou-ar-dé), v. n. Se conduire en couard.
— HIST. XIe s. Mal seit du cuer qui au piz [poitrine] se cuarde, Ch. de Roi. 85. || xne s. Geste bataille [troupe] n'ira pas cohardant, Roncisv. p. 131. I] xme s. Je m'en trais [de la fontaine] lors un poi en sus, Que dedens n'osai regarder; Ains commençai à coarder, Quand de Narcissus me sovint, la Rose, <52i. jj xive s. Aux uns dit: prenez l'avant garde; Gardez que nulz ne se couarde, Le livre du bon Jehan, <34t. || xvie s. Estre vaillant et couard er de crainte; Vouloir mourir et vivre par contrainte,
— ÉTYM. Couard.
COUARDISE (kou - ar - di - z') , s. f. Poltronnerie, lâcheté. Ma couardise est extrême D'avoir eu le moindre effroi, la font. l'Amour mouillé.
— hist. xie s. On'|ues n'aimai cuard ne cuàrdie, Ch. de Roi. cxu. Home qui fas^e cuardie, ib. clxx. Il xne s. Que par lui soit coardie pensée, Roue.
DTCT DR I.A LANGUE FB.ANC.AISt:.
p. < 3a. [| xmc s. Et [elle] fu mère Rolant, qui fu sans couardie, Berte, cxliv. Et toutes ces coses qu'il lairoit à fere par couardise, beaum. 20. || xiv"s. Et eu celui qui est fort, ire, couardie, hardiesse ne font nulle rébellion contre raison ou peu, oresme, Eth. 32. Fortitude est plus contraire à couardise ipie à trop grant hardiesse, id. ib. 53. ||xves. Et ilirai partout où je irai, qu'il m'aura refusé par couardise une jouste de fer de lance [le sire de Lancinant défiant au combat le capitaine de Carvilac], froiss. n, 11,' 43. Tant se tourmenter de la mort, c'est grande foiblesse et couardise, charron, Sagesse, p. 358, dans LACURNE.
— ÉTYM. Couard; provenç. coardia ; espagn. cobardia; ital. codardia.
f COUCHAGE (kou-cha-j'),6\ m. \\ i" Action de coucher à l'auberge. J'ai payé tant pour mon couchage. Il 2° Ensemble des objets qui servent au coucher. Un bon couchage. Il Terme d'administration militaire. Literie des troupes. || 3° Terme d'horticulture. Action de coucher, dans une fosse peu profonde, des rameaux destinés à y prendre racine et à devenir des marcottes. [| Action de mettre les graines en couche.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHANT, ANTE ( kou-chan, chan-t' ), adj. Il 1° Qui se couche; mot qui ne se dit guère qu'avec chien et soleil. || Chien couebant, chien d'arrêt, qui se baisse quand il sent le gibier. On dresse les chiens couchants en telle sorte que.... desc. Pass. 1, 50. Contades était un gentilhomme d'Anjou dont le père était connu du roi par plusieurs présents de chiennes couchantes fort belles et fort bien dressées, st-sim. 160, 103. Il Fig. Faire le chien couchant auprès de quelqu'un, tâcher de capter sa bienveillance par de basses soumissions. Quand il m'est inutile, il fait le chien couchant, mol. VÉtour. iv, 2. Il Soleil couchant, qui est près de disparaître sous l'horizon, y Fig. Huet, Fontenelle ont écrit à quatre-vingts ans; il ya de très-beaux soleils couchants, volt. Lett. Hénault, 7 sept. 1768. || On adore plutôt le soleil levant que le soleil couchant, on flatte plutôt la puissance à son début qu'à son déclin. j| 2" S. m. L'occident. Du levant au couchant, du More jusqu'au Scythe, Les peuples vanteront et Bérénice et Tite, corn. Tite et Bérén. v, 5. Du zèle qui pour toi [Dieu] l'enflamme et le dévore, La chaleur se répand du couchant à l'aurore, rac. Esth. Prol. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore [en y portant la guerre par nos mains], id. Mithr. m, i. La Lusitanie est terminée au couchant par l'Océan, au nord par le fleuve Durais [le Duero], rollin, Histoire anc. Œuvres, t. 1, p. 243. Il Fig. et poétiquement. Vieillesse, déclin. En cet âge penchant Où mon peu de lumière est si près du
couchant, malh. vi, a\ Suffisamment instruit
Que le plus beau couchant est voisin delà nuit, la font. Poésies mêlées, Disc, à Mme de la Sablière. Sur mon couchant enfin ma débile paupière Me ménage avec soin ce reste de lumière, rotrou, Vencesl. iv , 4. Tout passé qu'est le roi dans un âge penchant, Son fils par caractère est plus près du couchant, mair. Soliman, 1, i . Tant de choses éclatantes ont eu leur orient et leur couchant, volt. Louis XI V, i 9.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHE (kou-ch') , s. f. || 1° Lit, dans le style poétique et soutenu. Qui vous a si matin tiré de votre couche?ROTROu, Vencesl. iv, 4.Sonsangà gros bouillons sur cette couche verte [lit de gazon].... corn. jKodog. v, 4. L'aurore matinale Vient frapper de ses feux la couche nuptiale, delille, Trois règnes, vi. Sur sa couche de mort il vit pour sa famille, Sent tomber sur son cœur les larmes de sa fille, id. ib. vm. A ces mots, sur sa couche imprimant son visage, id. Enéide, iv. Si, par nous abrité, 11 s'endort sur la couche De l'hospitalité, bérang. Exilé. || Souiller la couche, abuser de la femme de quelqu'un. Volage adorateur de mille objets divers, Qui va du di«u des morts déshonorer la couche, rac. Phèd. n, 5. Il Souiller la couche, se dit aussi de la femme qui manque à la fidélité conjugale. || Familièrement. Bois de lit. Couche de bois de noyer. || 2° Mariage. Les fruits de sa couche, ses enfants. Dieu a béni leur couche, leur a donné des enfants. Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche ; D'aucun gage, Narcisse, ils n'honorent sa couche; l'Empire vainement demande un héritier. rac. Brit. u, 8. Et jouir de la couche et des embrassements D'un homme qui fuyait fous ces engagements, mol. École des f. 111, 2. || 3" Linge dont on 1 nveloppe les petits enfants. Une don/aine do couches. Il 4° Enfantement. Être en couche, être dans le travail de l'enfantement et aussi être dans
l'état qui suit l'enfantement. Relever de couche, se dit du rétablissement de la santé après l'enfantement. Il arrive tant d'accidents aux femmes en couche, sév. 10). Il m'a mandé l'heureuse couche de sa femme, id. 2)9. Je sais bien que vous êtes en couche, id. 259. La première personne qui vient au-devant de lui [pèlerin], c'est sa femme relevée de couches, chateaub. Génie, 111, v, 6. || On dit également couche au singulieret au pluriel pour indiquer un seul enfantement. Les couches de cette femme ont été heureuses. Faire ses couches. || Fausse couche, expulsion du produit de la conception qui survient avant le terme de la viabilité du foetus. Il craint que cette émotion ne lui cause une fausse couche, sév. 20. il Fig. Fausse couche, avortement. La raison a fait bien des fausses couches avant de mettre ces deux enfants au jour, volt. Roi de Puisse, 164. Il Les lochies sont vulgairement appelées suites de couches. || Suite de couches, se dit aussi des maladies ou indispositions qui suivent les couches. || Les couches de la Vierge, dévotion à la Vierge où on lui chante des saluts neuf jours avant Noël. || 5° Terme de jardinage. Préparation de parallélogrammes larges et épais de plusieurs décimètres, formés de fumier, de feuilles, de mousses ou de toutes autres matières fermentescibles, susceptibles de s'échauffer et de conserver leur chaleur pendant un certain temps. Nous vîmesbriller si pompeusement tous les trésors de la Hollande [des tulipes] sur quatre couches de fumier.... j. j. rouss. Bel. îv, f t. H Couche chaude, celle qui se fait avec du fumier de cheval dans son premier feu, ou peu de temps après sa sortie de l'écurie; elle fournit une chaleur élevée, mais qui baisse rapidement si on ne la ranime avec des réchauds ou bourrelets de fumier chaud renouvelé souvent. || Couche tiède, celle qui se fait avec du fumier de cheval, de vache et des feuilles, le tout bien mélangé; la chaleur en est moins forte que celle de la couche chaude, mais elle se prolonge plus longtemps. Ces deux couches se chargent avec du terreau pur ou une terre mélangée, par quart ou par moitié, de terreau, suivant le temps que doivent y rester les plantes. || Couche sourde, celle qu'on établit dans une tranchée creusée en terre et à laquelle on donne une forme bombée en dessus, recouverte entièrement d'une terre ameublie et mélangée de terreau. Les couches sourdes sont maintenues chaudes par un bourrelet épais de fumier chaud et sec mis dans les sentiers qui les bordent. || 6° Se dit des choses qu'on met par lits, surtout des fruits, de certains aliments, de certains médicaments, etc. Une couche de beurre, de confitures. Une couche de lard. Arranger différentes choses par couches. || 7° Lame ou lit de substances qui ont, relativement, de l'étendue et peu d'épaisseur. Comme les différentes couches de l'atmosphère sont capables de dilatation et de compression , d'alemb. CEuvres, t. xiv, p. 29, dans pougens. Il Couches géologiques, lits de substances terreuses ou pierreuses. Couches de Purbeck, assise inférieure du terrain wealdien. Couches de Weymouth, calcaires marneux alternant avec des marnes et appartenant à l'étage supérieur du terrain jurassique. Dans mon ouvrage sur les ossements fossiles, je me suis proposé de reconnaître à quels animaux appartiennent les débris osseux dont les couches superficielles du globe sont remplies, cuvier, Révolut. p. 7. Il Terme de maçonnerie. Substance étendue qu'on applique sur une autre pour la couvrir. Revêtir un mur d'une couche de plâtre. || Terme de paveur. Sable qu'on répand avant ou après un pavage. Il Terme de doreur. Feuille d'or ou d'argent qu'on laisse sur l'objet qu'on veut dorer ou argenter. Il Terme de botanique et d'anatomie. Portion de tissu disposée en lame plus ou moins épaisse. Couches ligneuses. Couche musculaire. || 8" Terme de peinture. Enduit. Donner trois couches de blanc à l'huile, y Couche de teinte, la dernière couche de peinture. Il Fig. Madame, farouche et particulière, avec sa couche de gloire, n'en voulut pas faire plus que Mme la Daupliine, st-sim. 129, 172. || Trèspopulairement. Avoir ou se donner une couche, une belle couche, sa petite couche, se gi Il Fig. Trop de peuples, trop de ravages se succédèrent; trop de couches de barbarie furent données coup sur coup, avant que les premières eussent le temps de disparaître et de céder à la force des ;, turgot, 2e dise, en Sorbonne.
Il 9° À certains jeux, l'enjeu qu'on met sur une carte. La moindre couche était de 20 francs. Tant de couche et de belle, se dit pour avertir qu'on met tant sur la carte et que celui qui est pris paye tanl à ceux qui onl encore leurs cartes. || 10" Terme
COU
cou
militaire. Couche it fusil, disposition plus ou moins courbés d'une crosse. Plaque de couche, semelle de la crosse. || 11° Toile dans laquelle on met le pain pour le faire lever. H 12° Terme de brasseur. Disposition du grain dans le germoir, en un tas carré, avant la fabrication de la bière. || 13- Terme de charpente Pièce de bois pour supporter des étais ou pour retenir des terres. || 14" S. f. plur. Terme de marine. Assemb'.age de pièces qui entrent dans la composition d'un mal.
— hist. xne s. 11 de terre levad, e sur une culche s'assist, ltois, U4. En sa culche dormeit, ib. 4 58 || \iiie s. Un grant tapis d'ovre [œuvre] entaillé Sur la cuche [il] jeta e mist, Lai del désiré. Neis [même] au soir, quant ge me couche, Ains que vous reçoive en ma couche, Si cum prodons fait sa moillier, la Rose, 8904. Sor tex [telles] couches cum ce devise, Sans rapine et sans convoitise, S'entre acoloient et baisoient Cil cui li geu d amors plaisoient, ib. 84C9. De ta fille [Jésus] feïs ta mère; Tiex fu la volonté du père; De la crèche te fit-on coche, Sans orguel est qui là se couche, ruteb. ii, "0 Loing [elle] trova de son hospital Une femme qui aloit mal; La bone dame fist la couche, Dedenz une granche l'acouche, L'enfant récent et en fut ba lie m ii, 203. Et assemblé sunt [les animaux], et en' leur colche seront raloé, Psautier, f°425. || xv» s Et douce main pour remuer Le pacie-nt et le ruer Doucement en lit ou en couche, eust. desch. Poésies mss. f 420, dans lacurne. A deux coups av perdu six francs; Pour autres six voulez-vous bien ? Couche, je ne refuse rien, id. ib. f°375. Porté fu le rov de sa couche en son lit, christ, de pisan, Charles V, m, ch. 71, || xvi« s. Couche [enjeu], j mabot t. v, p. 108. ils dormoyent à terre sans li'ct ne couche, Calvin, lnstit. 4013. L'enfant sera puis enveloppé en une couche ou linge, paré, xvi, 37 Nous diviserons le potager par planches, couches quarreaux. vazes , diversement nommes, o de serbes, 50s! La hauteur de la couche [à melons! anpellée couvoir, montera jusques à deux ou trois' 'pieds sur terre, id. 543. La couche nuptiale mont, i, 97. Il requit les dieux que tout ce qu il toucherôit se convertist en or.... son vin feut or, son pain or et la plume de sa couche, id. ii, 339. De quelle espèce d'animaulx a jamais nature tant honoré les couches, la naissance et l'enfantement [il s'agit des alcyons pour qui la mer devient calmej .' id ii 197 En quaresme sont toutes maladies semées', c'est la vraye pépinière, la naïfve couche de tous maulx, rab. Pant. v, 29.
— ÉTYM. Provenc. colga (voy. coucher).
COUCHÉ, ÉE(kou-ché,chée),parr. passif. H 1° Etendu sur un lit. Les gens de la maison couchés et endormis Presque tous les hommes, quoique couchés sur des fleurs, ne sauraient dormir, s'il y en a une seule feuille pliée en deux, fonten. Liai, des morts, Milon et Smyndiride. \\ 2° Par extension, étendu sur le sol ou sur quoi que ce soit. 11 approche du roi couché sur la poussière, rac Theb. v, 3. Dans ses propres États privé de sépulture, Ou couche sans honneur dans une foule obscure, id. Mtthr. i, 3. Le comédien couché dans son carrosse jette de la boue au visage de Corneille qui est à pied, la bruy. xii Quoi mortes! quoi, déjà sous la pierre couchées! Quoi' tant d'êtres charmants sans regards et sans voix' v. hugo, Orientales., 33. || Terme de blason. Pièce couchée, pièce dont la face regarde le coté droit de l'écu. |" Terme de botanique. Plante couchée, plante qui étale ses rameaux sur la terre, sans que ceux-ci y envoient des racines. || 3° A soleil couché, un peu après que le soleil est couche. Avant soleil couché. Après soleil couché. || 4" Kedi^é 11 y eut une proposition couchée en ces termes,' boss. Var. 4. Cette condition est couchée en 'ermes formels dans le prophète Isa'ie.... id. Paix, 2. Voi'ci comment il [ce compromis] est couché dans les Écritures, id. Satisf. 4. Ces cinq articles ainsi abrégés et couchés en règles générales, sont, je ne l'ignore pas, sujets à mille difficultés, J. J. rouss. Paix perpët. || 5° Inscrit. Elle se trouvait encore couchée sur l'état des dépenses, hamilt. Gramm. 7. N'étant pas couché sur l'état de sa maison, je n'eus rien J J. Rouss. Conf. u. Vous êtes couché sur l'état en qualité d'ingénieur des troupes de débarquement m. Hél. m, 25 l'aurais regret d'être
obligé d'écrire, Et de vous voir couché dans mon procès-verbal, mol. Tari, v, 4. || Proverbe. On est plus couché que debout, c'est-à-dire la vie est bien confie à l'égard de l'éternité.
COUCHÉE (kou-chée), s. f. L'endroit où l'on couche en voyige. Et la couchée encore assez distante, lafont. Orais. Iln'y aqu'une couchée d'ici à Vanne9,
sév. 5C8. Je vous suis à toutes vos couchées; vous erez demain àChàlon, où vous trouverez une de meslettres, id. 333. Mademoiselle pleura de la séparation de tout ce qu'elle connaissait; mais on sut après, qu'elle s'était con-olée dès la première couchée st-sim. 62, 35. Zadig suivit l'ermite à la dernière couchée, volt. Zadig,iO. Il passa la journée à méditer ce beau dessein , et il en remit l'exécution à la première couchée, le sage, Gil Blas, i, 3. || le souper et le logement des voyageurs dans une hôtellerie. J'y entrai sans un sou pour payer ma couchée, j. j. rouss. Conf. iv.
— hist. xvie s. Puis après, pour faire une entrée honorable à Paris, avoit pris sa couchée à Sainct- Denis, d'aub. Hist. i, 205.
— étym. Couché; provenc. colcada.
f COUCHE-POINT (kou-che-poin), s. m. Tré-
pointe du talon d'un soulier ou d'une botte. || Au plur. Des couche-points.
(.COUCHER (kou-ché), v. a. || 1° Mettre au lit. Coucher un enfant. Les valets de chambre viennent coucher leurs maîtres. Les garçons de la noce venaient coucher l'épousée. || 2° Étendre quelqu'un ou quelque chose tout de son long sur la terre ou sur quoi que ce soit. Coucher une échelle. On coucha le blessé sur un matelas. Coucher une bouteille sur le côté la vider. || Terme d'horticulture. Plierles rameaux jusqu'à terre et les couvrir de terre pour qu'ils prennent racine. || Terme de doreur. Coucher d'assiette, coucher une couleur rougeatre pour servir de préparation à recevoir l'or. Coucher de fond, étendre une couleur sur les rouleaux de papier avant de les imprimer. || Fig. Coucher quelqu'un sur le carreau, l'étendre sur la place mort ou grièvement blessé. Dieu dans un moment a couché ce géant [Galériusl sur la terre, chateaub. Mart. il, 3)4. Ainsi le trait fatal dans les rangs se promine, Et comme des épis les couche dans la plaine, lamart. Med. H. 15. Ils couchèrent sur la plaine environ mille cavaliers, plus de quinze mille fantassins et bon nombre d'éléphants, le p.catrou, dansDESFONTAiNES. 113° Incliner pencher, rabattre quelque chose. La pluie et le vent couchent les blés. Coucher le poil d'un chapeau. Coucher des galons, une dentelle sur une étoffe La brise qui soulève ou couche les épis, lamart llarm. i, 5. || Terme de marine. Coucher un bâtiment , l'incliner pour le caréner. On dit aussi que le vent couche un bâtiment, quand il 1 incline sur le côté. || Terme de manufacture. Ranger avec la brosse le poil sur un drap tondu à fin. || Fig. Coucher le poil à quelqu'un, le flatter, le cajoler. || 4°Coucher en joue, donner au fusil une position couchée horizontale, en l'ajustant à l'épaule et contre la joue pour tirer. || Fig. Que l'on couchait en joue et de plus d'un endroit, Celle dont il a vu qu'une lettre en avance Avait si faussement divulgué la naissance, mol. VÉt. iv, 4. 11 crut que ces longues paupières n'avaient jamais couche que lui en joue hamilt. Gramm. 7. La villageoise est belle et jeune, je l'avoue; Don Alphonse, en passant, peut la coucher en joue, scarron, Dom Japltet, i I Si tu t'aperçois que quelque parent de don Gonzale ait de grandes assiduités auprès de lui et couche en joue sa succession, tu m'en avertiras aussitôt, le sage, Gil Blas , iv, 7. || 5° Etendre en couche Coucher une couleur, de l'or, de 1 argent sur.... || Terme de peinture. Coucher des couleurs, les étendre avec le pinceau l'une à côté de l'autre avant de les fondre. || 6" Coucher quelque chose par écrit mettre par écrit. Couche de ses faveurs 1 histoire'par écrit, Régnier, Sat. x. Nous faisons profession de ne coucher dans ces mémoires que ce que nous tenons'de celui même dont nous racontons les faits hamilt. Gramm. 4 4. Voici comment Luther coucha l'article vi du sacrement de l'autel, boss.
Variât iv, § 35 Tu te souviens qu'au village
on t'a dit Que ton maître est nommé pour coucher par écrit Les faits d'un roi.... boil. Lp. XI. On vient d'exiler un conseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté sa plume à coucher les remontrances que le corps a cru devoir faire au roi, montesq. Correspondance, 61. Le vieil officier, de son coté, se piquait de savoir bien coucher par écrit, le sage, Gil Blas, vu, 42. || 7° Inscrire. Coucher quelqu'un sur une liste,' sur l'état des pensions. Coucher un article en recette, en dépense. Dans peu de temps, j'espère Y voir coucher [dans un testament; mon nom en riche caractère, regnard, Lég. i, 4. || 8° Terme de jeu. Mettre comme enjeu. Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte. Coucher gros, jouer très-gros jeu, et fig. risquer beaucoup. || On dit, au neutre, coucher de tant. || Fig. Coucher gros, avancer quelque chose d'extraordina>re; vieux en
COU
ce sens. La corneille.... Qui, croassant partout d'un orgueil effronté, Ne couche de rien moins que l'immortalité, Régnier, Sal. il. Vous couchez d'imposture et vous osez jurer! corn, le Menteur, ni, 5. Il ne couche pas moins que de faire employer pour lui toutes les puissances, Trévoux. Tu couches d'imposture et tu m'en as donné, mol. VÉt. î, 4 0. SI 9" V. n. Prendre son repos de nuit. Coucher dans un lit, sur un matelas. Coucher sur la dure. Chambre à coucher. Pygmalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, de peur d'être égorgé, fén. Tél. liv. m. || 10° Loger ou passer la nuit. 11 coucha dans une hôtellerie. Coucher en ville. Coucher dans la rue. Elle le retenait souvent à coucher, hamilt. Gramm. g Vous ennuyezvous point De coucher toujours seul? une esclave assez belle Était à mes côtés; voulez-vous qu'on l'appelle? la font. Fabl. vin, 44. J'ai couché plus mal quelquefois, dit-il; ayez seulement soin de cet enfant qui me conduit et qui est plus délicat que moi, marmont. Bélisaire, i. || Coucher à la belle étoile, et, populairement, coucher à l'enseigne de la lune, coucher en plein air. || Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi, ou, simplement, coucher dans son fourreau, coucher tout habillé. || 11° Coucher avec une femme, avoir commerce avec elle. Jupiter, en couchant avec Alcmène, fait une nuit de 24 heures, volt. Moeurs, miracles. On ne pouvait coucher ensemble la première nuit des noces, ni même les suivantes, sans en avoir acheté la permission, montesq. Esp. xxvm, 41. Un autre vous promet de vous faire coucher avec les esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femme, id. Lett. pers. 58. Déjà, pour commencer dans l'ardeur qui m'enflamme. Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme, mol. Sqanar.M. ||12°Se coucher, t>. réfl. Se mettre au lit. Ils se sont couchés fort tard. Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris? boil. Sat. vi. Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil, Tous les jours je me couche avecque le soleil, lu. ib. Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenu, fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables.... id. Sat. x. 11 se couche tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, la bruy. I. T'attendre aux yeux d'autrut, quand tu dors c'est erreur; Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte, la font. Fabl. xi, 3.|j Familièrement. Se couchercommeles poules, semeitre au lit de trèsbonne heure. || Populairement. Allez vous coucher, c'est-à-dire laissez-moi tranquille. || 13" S'étendre. Le reste.... se couche contre terre et sans faire aucun bruit Passe une bonne part d'une si belle nuit, corn. Cid IV, 3. Éconduit, il [le courtisan ] insiste; repoussé iltientbon; qu'on le chasse, il revient; qu'on le batte, il se couche à terre, p. t. cour. Simple discours. || Terme de manège. Le cheval se couche en vache, lorsque, dans le décubitus sternal, les talons de ses sabots et les extrémités des branches du fer viennent heurter et contondre la peau du sommet du coude. || Se coucher sur la volte, se dit d'un cheval qui, malgré son cavalier, force ses inclinaisons dans les changements de direction. || Être couché étendu. Ce collet est mal taillé, il ne se couche pas' bien sur l'habit. Sur deux tréteaux bon couchait une porte, Régnier, Sat.xi.|| 14» Passer audessous de l'horizon, en parlant des astres. Le soleil se couchera bientôt. A Paris., la Grande Ourse ne se, couche jamais. || Proverbes. Pour boire de 1 eau et coucher dehors il ne faut demander congé à personne. || Il ne faut pas se dépouiller avant de se coucher c'est-à-dire il ne faut pas faire, de son vivant, donation de son bien à des enfants ou à des héritiers. || Comme on fait son lit on se couche, c'est-a-dire il faut se résigner à subir les conséquences de sa enduite. 1| Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès, se dit très-familièrement à une personne qui reruse une offre que l'on croit raisonnable.
— REM 1. Se coucher signifie se mettre au lit. s'^endre pour dormir: nous nous sommes couchés à minuit; et coucher, v. n. signifie passer la nuit, le temps du sommeil : il a couché en ville Ainsi il ne faut pas dire : il est allé coucher, mais il est allé se coucher, quand on parle de se mettre au ht; mais on «brait • il est allô coucher dans la rue. c est-à-dire. U est allô passer la nuit dans la rue. ||2. Coucher, v n ne se construit qu'avec l'auxiliaire ai oir; cependant Racine a dit : Il y serait couché sans manger ni sans boire. Plaid, i, 4. C'est une licence que rien n'empêcherait d'imiter en poésie.
— HIST. xie s. Sur un perron de marbre hloi se culche ,Ch. de Bol. u. Descent à piet, à la terre se culche, ib. cxlviii. Quant il se dresse, h -
cou
est culcheï, ib. CLXXVil. S'en ma merci [il] ne se ouiztà me< piez.... ib. ci.xxxix.
— xii' s. El el sepoucre cocher ei repouser, Konc. p fi. Quant à les pies el - se coucha à bandon, t'/>. p. 48. [Il] Coche s'adens, durement s'ifumelie, ib. p. 65. nés le matin jusqu'à soleil couchant, ib. p. 88. Sa chemise qu' [il] eut vestue, fdj M'envoia
imbrasser; La nuit, quant s'amour m'arguë, [je] La met delez moi couchier, Dame de faiel, dans
. E à la nue terre se culchout en ses dras Que il i lit le jur, ne changout alires pas, Th. le mari. loi.
— xm" s. De paour [elle] va a dens sur la terre couchier, Berle, xix. En croi sur l'herbe drue dou-
i [elle] se couchoit, ib. xxvm. Vous deus dedens ma chambre ensemble je coucherai, ib. lvii. Itois, ce n'est pas ma fille qui ci estoit couchie, ib. xc. Quant il vinrent laiens, si se coucierent el
COU
Il 1° Action de se mettre au lit. J'étais à son coucher. || Le coucher du roi ou, simplement, le coucher, réception qui précédait le coucher du roi. Je viens du coucher, où le discours n'a roulé que sur vous, iiamilt. Gramm. 7. || Petit coucher, l'intervalle de temps entie le bonsoir que le roi donnait à tout le monde étranger, et le moment où il se couchait effectivement, pendant lequel il demeurait avec les officiers les plus nécessaires de sa hambre ou avec ceux qui avaient un privilège particulier pour y rester. Pour aller au Louvre au petit coucher, mol. Préc. se. 8. || On écrit aussi couché. Moi, pourvu que je puisse être au petit couché, Je n'ai point d'autre affaire où je sois attaché, mol. Mis. il, 5. || Dicton juridique. Au coucher se gagne le douaire, le douaire n'est point acquis à la femme avanl que le mariage ne soit consommé. ||2" Position d'une personne étendue horizontalement. Cou-
COU
reposèrent jusques à l'endemain après la messe que cher en supination ou sur le dos, coucher en pro
il alerent au castiel où li cuens estoit, h. nE valenc xvi. Li rois Loeys ses pères se coucha au litmortiel, et le convint partir de cest siècle, Chr. de Iiains, p. 10. Dont sont tous nos François cochié à genoillon ; Or oïez de Jhesu, en qui croire devon, Coin a fait grant vertu, por confondre Mahon, Ch. d'Ant. ni, 618. Si tost com ou sépulcre [le St-Sépulcre] iert m'ofrande eoucie, Et je l'aurai baisié et m'ori son fenie, ib. i, 9J2. Par devant le segneur desoz qui il conque et lieve, beaum. 58. Et s'il ne le trueve d'aventure, il doivent aler fere lor semonce à lor ostel où il est couquaus et levans, id. 50. Du^u'à tant que les paroles sont couquies en jugement, id. vi, 14. Quant je fus couchié en mon lit, là où je ■Hisse bien mestier [besoin] de reposer, joinv. 230. il m'apoia, au passer que je fis, de son glaive entre les deux espaules, et me coucha sur le col de mon cheval, id. 225.
— xve s. Mon très redouté et souverain seigneur, je me mets et couche du tout en vostre ordonnance et en la disposition de vostre haut et noble conseil, froiss. il, m, 93. Après ce coup là veïssiez Autres coups aller et lenir, Et flourins aller et venir; L'un couchoit de seize lous francs, e. desch. Poésies rnss. f°392, dans lacurne, au mot effacer. Auquel [Brissonnet] il fais,, il conseiller de se faire prestre et que il le feroil cardinal, à l'autre couchoit [promettait] d'une duché, comm. vu, 2. Qui sçauroient le coucher en meilleur langage que moy', il. Prol. Coucher une lance en arrest, id. i, 3. 11 dresse le bras dexlre à tout la lance au poing ....et quant il fut temps de coucher, il coucha tout droit bonne lance, et tourna sur son ennemy, Perceforest, t. v, f°6. Couchier à dix, lever à six, le roux de lincy, Prov. '. Il, p. 104.
— xvie s. Mais qu'il s'allast coucher, et qu'il couchast bien soigneusement la médaille sur ses roignon,, mont, i, 95. Au lieu de coucher ces advis sur ses meurs, chascun les couche en sa mémoire, id. i, tie. Les femmes couchant à part de leurs maris, id. i, 237. On les couchoit sur des charriotes pleines de bruyère, id. i, 238. Je couche de peu [J'avance, je risque peu], car.... il. iv, <24. Il les portait l'un après l'autre par terre à chacune rencontre, sans que jamais sa lance fut couchée en vain, yver, 1'. 531. La confiscation des meubles appartient au seigneur duquel le confisqué est couchant et levant [domicilié], loysel, 84o. Drogues couchées avec le pinceau, palissy, 3(3. Nous ne laisserons pas de coucher par escript les choses dignes de mémoire que nefus avons peu amasser du roy ÎSuma, amyot, Nnma, 2. Il ne luy resloit plus qu'à coucher l'edict en bons termes, id. Solon, 25. Ils les trouvèrent qu'il estoit ja soleil couché, id. Pyrrh. 2. Il se trompoit, car il n'eust seu coucher d'un nom plus désagréable aux habitans que celui du roi. d'aub. Hist. il, 441. Se coucher en chapon le morceau au bec [se coucher de très-bonne heure], Débat de folie et d'amour, p. 99, dans lacurne. Qui se couche avec les chiens, se levé avec les puces, cotgrave. Oui avec malheureux couche, il a froid, quoiqu'il lui touche, Leroux de lincy, Prov. t. Il, p. 383. Ils ne sont pas trestous couchez encore, qui auront malvais repos anuict, palsgr. p. 422.
— ÉTYM. Bourguig. cochai; picard et rouchi, eouker; wallon, coûkî; namurois, couchi; provenç. colpar. colcar; ital. colcare , corcare, coricare ; du latin collorare, mettre, poser, de col, pour cum, ave,:, et locare, placer (voy. louer). Le sens g m rai de placer a éié réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position ana'ogue à celle qu'on a dans le lit : coucher une lance en arrêt. L'espagn. et le portug. colgar signifient appendre.