‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 423 sur 462 · COUCHER (kou-ché; IV ne ..e lie jamais), s. m · texte numérisé non relu

COUCHER (kou-ché; IV ne ..e lie jamais), s. m

nation ou sur le ventre, et coucher sur l'un ou l'autre côté. I| 3° Couchée. Il ne paya rien pour son coucher. || 4" Manière dont on couche. Un bon coucher. 11 est délicat pour le boire, pour le manger et pour le coucher. Le coucher dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil à ce corps si tendre, boss. la Vallière. || La garniture du lit, matelas, etc. || 5° Terme d'astronomie. Moment où un aslre passe scus l'horizon. Au coucher du soleil. De beaux couchers de soleil. Les couchers et les levers du soleil. Les astronomes distinguent trois couchers des étoiles: le cosmique, l'acronyque et l'héliaque. || Se dit aussi des tableaux qui représentent le soleil se couchant. Il a dans sa galerie un très- beau coucher de soleil.

— HIST. xvic s. Il luy fut donné deux autres villes, l'une pour son vestir, l'autre pour son coucher, amyot, The'm. 53. La mollesse au vestir et coucher, mont, i, 183,

t COUCIIERIE (kou-che-rie) , s. f. Terme populaire. Commerce charnel.

— étym. Coucher.

COUCHETTE (kou-chè-f), s. f. || 1<> Bois de lit,

et surtout petit lit, comme ceux des enfants. Une couchette de bois de noyer. Tout est aux écoliers couchette et matelas, la font. Fabl. v, u. On appelait les lits couches quand ils avaient dix ou douze pieds de long sur autant de large, et couchettes quand ils n'avaient que six p.eds de long et six de large, saint-foix, £..s. Paris, Œuvres, t. m, p. 71, dans pougens. || 2 Couche. Mais le plus heureux des maris, En quittant sa couchette, Demain se pavanera, biïrang. Célibat. || Un mignon de couchette, un beau fils, un jeune homme bien fait et de toilette élégante. De ce beau mignon de couchette, scarron, Virg. trav. u. Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette, Le malheureux tison de ta flamme secrète, mol. Sganar. se. 6.

— HIST. XVe s. Et incontinent s'en alla jetter dessus une couchelte estant en la chambre , j. de troyes, Chron. (4G5. Il aperçut d'aventure, aux pieds de la couchette, un bahut qui estoit à sa femme, louis xi, Nouv. xxvu. || xvr s. Battre très bien sa femme et la faire coucher en la couchette, et celle qu'il aimoit au grand lit, marc Nouv. xxxvii.

— ÉTYM. Diminutif de concile.

COUCHEUR , EUSE (kou-cheur, cheû-z'),s.

m. et f. || 1° Celui, celle qui couche avec une aulre personne. Son coucheur cette nuit se retourna cent fois, la font. Gascon puni. || Il n'y a rien à faire avec cette veuve depuis qu'elle a un coucheur, qu'elle est remariée. || Un mauvais coucheur est celui qui fait du bruit la nuit, qui découvre son camarade, qui l'empêche de dormir; et fig. un homme difficile à vivre, querelleur. Soit que le lit où il coucha ne fût pas bon, ou que Doguin ne fût pas bon coucheur, il ne put dormir de toute la nuit, scarron . Roman com. ch. 5. || 2" Coucheur ou couihart, ouvrier qui dépose la feuille de papier sur les feutres. || Coutheuse, celle qui, dans le point d'Alençon, coucfie la bride; c'est une es pèce de réseau.

— hist. xvi" s. Il avoit assez souvent ouï due quel coucheur c'estoit, desper, Contes, mil.

COUCHIS (kou-chi), s. m. || 1° Couche de sable et de terre sur laquelle on établit le pavé d'un pont. || Pièces de bois qu'on pose sur les fermes des cintres pour supporter une voûte pendant sa construction. il Couchis de lattes, le lattis d'un plancher. || Assemblage de bouts de planches posées horizontalement dans une tranchée de fondation. || 2° Terme de jardinage. Synonyme de marcotte. || Nouvelles pousses de la garance.

— ÉTYM. Coucher.

f COUCUOIR (kou-choir), s. m. Instrument de

reueur. || Petit instrument de buis avec lequel les doreurs prennent les feuilles d'or.

— étym. Coucher.

t COUCUURE (kou-chu-r'), s. f. Défaut des dents

d un peigne d'acier qui se renversent. || Terme de broderie. Le point d'un fil qui, couché le long du dessin, est embrassé de distance en dislance par un autie fil. F

COUCI-COUCI (kou-si-kou-si) , loc. adv. X peu près tout au plus. Ai-je pas réussi En tout ce que .1 ai dit depuis? — Couci-couci, mol. l'Étour. iv, 5. Puisse l'enfant sans merci Vous forcer à rendre hommage  quelque Iris de village, Dont le cœur fourbe et volage Vous aime couci-couci, deshollières, dans kichelet.

— ÉTYM. liai, cosi cosl, ainsi ainsi; de cum, avec, et sw, ainsi. On l'a aussi écrit à l'italienne: Je prétends être noble et non pas, Dieu merci, De ceux qui seulement le sont cosi cosi , th. corn. Don Bertrand Cigaral, iv, I. Vu l'étymologie, il serait mieux d'écrire par deux ss coussi coussi que, comme on fait, par un c. C'est ainsi du reste qu'on l'a souvent écrit: Celui [feu] qui brûla notre Troie, X comparer à celui-ci, N'était qu'un feu coussicoussi, scarron, Virg. trav. v.

COUCOU (kou-kou). s. m. || i» Oiseau du genre des pies qui dépose ses œufs dans le nid des autres oiseaux. Le coucou est un oiseau voyageur. L'élégant historien du coucou a essayé de justifier les procédés singuliers et presque dénaturés de l'oiseau, bonnet, Contempl. nat. 5e part. ch. 6. Un misérable oiseau pensa me rendre fou À force de crier coucou , coucou, coucou, bours ault, Merc. gai. m, 4. Elle [Junon] tient de sa droite une grenade, symbole mystérieux qu'on n'explique point aux profanes, de sa gauche, un sceptre surmonté d'un coucou, attribut singulier qui donne lieu à des contes puérils, barthél. Anacli. ch. 53. L'oiseau nommé "coucou des Canaries répétait son chant monotone, chateaub. Voy. Amer. 340. || 2° Pendule à coucou, ou, simplement, coucou, nom d'horloges venues d'Allemagne, qui, au lieu de sonner l'heure, font entendre le cri du coucou. || Se dit aussi, par extension, de toutes ces petites horloges de bois qui se font en Allemagne et ne sonnent pas l'heure, mais auxquelles on adapte souvent un réveille-matin. || Nom que les voleurs, dans leur argot, donnent aux montres. || 3° Jouet d'enfant en forme de soufflet imitant le cri du coucou. |] 4° Terme de jardinage. Fraisier qui fleurit beaucoup, mais ne fructifie pas. || 5° Petite voiture publique pour les environs de Paris. || 6" Terme de botanique. Le narcisse des bois. || La lychnide fleur de coucou. || Pain de coucou, la primevère officinale. || 7° Sorte de jeu de carte,, appelé aussi as qui court. || 8° Coucou! cri que fait en jouant l'enfant qui croit être bien caché. || 9° Synonyme mitigé de cocu.

— HIST. xme s. Villains vestu de gris entre les chevaliers Resanble le cucu entre les espriviers, geffhoi. Notices et extraits, p. 83. Quant du coucou oient le cri, Ne sorent quex oisiaus ce fu, marie, Fable 22. || xve s. Qui au gieu mourra, je conclus, Sur lui chantera li cucus, Et tint li tavernier aussi; Atant fine le gieu joli, e. deschamps, le Dict dà jeu de dés. || xvic s. J'ay beau lui remonstrer, je ne fais non plus que le coucou aux cannes, cotgrave,

—ÉTYM. Onomatopée. Génev. cocu; latin, cucuius; grec, x'ixxu? ; allem. Kuckuk; ital. cucolo; esp. cmco.

t COUCOUEU (kou-kou-é) ou COUCOULEU (koukou-lé) , v. n. Se dit du cri du coucou.

— ÉTYM. Coucou.

t COUCOUMELLE (kou-kou-mè-1') , s. f. Nom vulgaire de l'oronge blanche, sorte de champignon.

t COU-COUPÉ (kou-kou-pé), s. m. Nom vulgaire du gros-bec fascié, qui vient du Sénégal. || Au plur. Des cous-coupés.

— ÉTYM. Cou, et coupé; dit ainsi à cause de la couleur de son collier qui tranche avec celle du corps.

t COUCOURELLE (kou-kou-rè-1'), s. f. Variété de figue.

COUDE (kou-d'), s. m. || i" La partie de l'articulation du bras avec l'avant-bras qui est opposée à la saignée, ou, anatomiqueuienl, angle saillant formé par l'apophyse olécrane à la partie postérieure île l'articulation du brasavecl'avant-hras. Il lui donna un coup de coude. [Un homme déguenillé qui a] Ses grègues aux genoux, au coude son pourpoint, Régnier, Sat. u. Plusieurs se parlèn ni des yeux et du coude en se retirant, et puis à l'oreille bien bas, ST-SIM. «0, 13. Je ne puis pardonner les coups de coude que je reçois régulièrement et périodiquement , montesq. Lett. pers. 24. || Coude à coude, si

COU

COU

cou

près qu'on se touche les coudes. En ce cercle Mme la princesse était à la tête des duchesses, en retour comme elles, et coude à coude de la première, st-sim. 64, 73. || Fig. Mettre les mains jusqu'au coude dans quelque chose, en prendre sans réserve, et aussi s'enfoncer tout à fait dans quelque chose, dans quelque sujet. On dit dans le même sens, mettre le bras jusqu'au coude. || Fig. Hausser le coude, aimer à boire, faire un excès de boisson. M. le duc de Bourgogne fut si aise qu'il en haussa le coude jus qu'à tenir des propos si joyeux qu'il ne pouvait le croire le lendemain, st-sim. 271, 170. || Terme de vétérinaire. Région du membre antérieur ayant pour base l'olécrane on partie principale de l'os cubitus. || 2° Endroit de la manche qui correspond au coude. Son habit est percé au coude. Sa mère [de l'abbé de Mailly] l'y força [à l'état ecclésiastique], et lui laissa percer les coudes jusqu'à ce qu'il se fit prêtre, st-sim. 150. 185. Dois-je trouver mauvais qu'un méchant pourpoint noir, Qui m'a duré deux ans, soit percé par le coude? scareon , dans eichelet. || 3° Angle saillant, brusque changement de direction. Cette muraille fait un coude. La rivière faisait un coude au pied du verger, j.j. rouss. Hél. iv, il. Ici le' chemin qui se dirigeait E. et 0. fait un coude et tourne au N. chateaub. /fin. H, 235. || Endroit d'un cep d'où sort la branche qui donne le raisin. || Coude de baïonnette, partie cylindrique et courbée de la baïonnette des fusils de munition. || Bout de tuyau de plomb servant à raccorder, dans le tournant d'une conduite, les tuyaux de fer. || Bout de tuyau en tôle par lequel on change la direction d'une suite de tuyaux de poêle. || Proverbes. Il ne se mouche pas du coude, on le voit bien sur sa manche, locution par laquelle on fait valoir d'une façon très-familière et quelquefois ironique l'habileté* de quelqu'un. On dit aussi dans le même sens : il ne se mouche pas du pied. || Quand on a mal aux yeux, il n'y faut toucher que du coude, c'est-à-dire il ne faut pas porteries doigts à un œil malade, et, figurément, il ne faut pas toucher aux choses pénibles, douloureuses.

— HIST. xir s. Par som le coûte [la main] lui fu du cors partie, Ronc. p. H5. Sur un cute à un moine li sainz huem s'apuia, En sun séant s'assist.... 1%. le mari. 139. || xmes. À genous et à coûtes [elle] va la terre incliner, Berte, xliii. Mes ce vit il bien tout sans doute Que plus la longor du coûte Fu ele levée en l'air amont , ruteb. h, (36. Tant ont no chevalier aus Sarrazins caplé, Que desci que aus keutes en sont ensanglenté, Cli.d'Ant. ni, 696. Si vous loe et conseille que toutes les foiz que il nous geteront le feu, que nous metons à coûtes et à genoulz, et prions nostre Seigneur que il nousgete de ce péril, joinv. 222. ||xive s. Vindrent à l'église où il avoit fait espier le conte, et vint par derrière si comme le conte estoit à coudes et à genoulx sur le pavement, Chr. de St- Denis, f» 253, dansLACURNE. Il xvr s. Ils se font demander la paix à coudes et à mains jointes, d'aub. Hist. 11, 185. Pour eslargir les coudes des Roiaux [les mettre à l'aise], n>. ib. m, 218. Lui estant permis de s'en aller la mèche esteinte et le mousquet sous le coude, id. ib. ni, 337. Le ply du coulde, paré, iv, 23. Ce nom de coulde est usurpé en trois significations : car quelquesfois il est pris pour toute la partie de la main comprise entre le bras et le poignet ; quelquesfois pour l'os intérieur de la susdite partie; quelquesfois pour la partie supérieure du dit os, laquelle tourne dans l'orbite du bras et est appellée olecranon, id. iv, 26. La vertu assignée aux affaires du monde est une vertu à plusieurs plis, encoignures et coudes, pour s'appliquer et joindre à l'humaine faiblesse» mont, iv, 131. Ce qui faict veoir tant de cruautez inouies aux guerres populaires, c'est que cette canaille de vulgaire s'aguerrit et se gendarme, à s'ensanglanter jusques aux coudes et deschiquetter un corps à ses pieds, n'ayant ressentiment d'aultre vaillance, id. ni, 109.

— ÉTYM. Picard, keute; Berry, code; provenç. code,coide; catal. coke; espagn. codo ; ital. cubito; du latin cubitus.

COUDÉ, ÉE (kou-dé, dée), part, passé. Qui présente un coude, un angle saillant. Le mur coudé en cet endroit. Si j'ai préféré des haricots coudés naturellement, c'a été pour éviter les dérangements que j'aurais pu y occasionner en les coudant moimême, bonnet, Usage des feuilles, 5e mm. || Arbre, ou essieu coudé, essieu qui porte les grandes roues de la locomotive.

COUDÉE (kou-dée), s. f.\\ 1° Mesure de longueur d'environ un pied et demi, ainsi nommée parce qu'elle représente à peu près la distance du coude

au bout du doigt du milieu. On distinguait plusieurs coudées : coudée naturelle chez les Égyptiens, de 450 millimètres; coudée royale, de 525; coudée olympique, de 462; coudée haschémique, de 640. L'empereur Julien marque dans une lettre à Ecdice, préfet d'Egypte, que la hauteur du débordement du Nil s'était trouvée de quinze coudées le 20 septembre [en 362], rollin, Hist. anc. Œuvres, t. 1, p. 36, dans pougens. Elle [une machine] jetait une pierre du poids de trois cents livres et une flèche de douze coudées à la distance d'un stade, c'est-à-dire à cent vingt-cinq pas de là, id. ib. t. x, p. 37. La hauteur de la figure [la Minerve de Phidias] est de vingt-six coudées; elle est debout, couverte de l'égide et d'une longue tunique ; elle tient d'une main Ja lance, et de l'autre une victoire haute de près de quatre coudées, Èarthél. Anach. ch. 12. Il 2° Familièrement, coudée prise dans le sens d'usage du coude et usitée seulement dans la locution : avoir ses coudées franches, avoir, quand on est assis avec plusieurs personnes, quelque espace autour de soi , de manière à n'être pas gêné par ses voisins ; et fig. n'être ni contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire. Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton , mol. G. Dand. 1, 3. Vous avez toutes vos coudées franches pour votre syndic, sév. 176. Villars était ravi de se débarrasser de l'électeur et. de ses troupes, pour avoir ses coudées plus franches, st-sim. 120, 61.

— hist. xiie s. Roiz fu Nabugodonosor ; Une image fist faire d'or, Soisante coltées [lisez coltés] de haut tour, Et siz coltées out de laour [largeur], Roman de Rou, ms. p. 145, dans lacurne, au mot collée. Il xvr s. Par là, Caen eut ses coudées plus larges, d'aub. Hist. ni, 22s. Estendre ses coudées, oudin, Curios. fr. Respondons à l'ambition, que c'est ellemesme qui nous donne goust à la solitude; car que fuit elle tant que la société? que cherche elle tant que ses coudées franches? mont, i, 273.

— ÉTYM. Coude; provenç. copdada; catal. colsada. Il y a aussi une forme masculine : provenç. coydat. C'est une forme masculine semblable {collé) qu'il faut lire dans le passage du roman de Rou cité dans l'historique; avec coltées, dans les deux vers, la mesure n'y est pas; avec colte's elle y est. Or, il est de règle que, ces vieux poètes versifiant très-bien, la mesure doit toujours être exacte.

t COUDELATTES(kou-de-la-t'), s. f.plur. Terme de marine. Pièces de bois pour recevoir la tapière, dans une galère.

COU-DE-PIED (kou-de-pié), s. m. || 1° Terme d'anatomie. Articulation de la jambe avec le pied. Il 2° Dans le langage ordinaire, partie antérieure et supérieure du pied, sur laquelle se noue ordinairement la chaussure. \\ Au plur. Des cous-de-pied.

— REM. L'Académie dit que quelques-uns écrivent, abusivement, coude-pied. C'est, en effet, une faute; non pas parce que le pied n'a point de coude, raison qu'allèguent quelques grammairiens, car il n'a pas non plus de cou ; mais parce que cou-de-pied est l'ancienne locution, et que c'est effectivement à un cou que nos anciens ont comparé cette articulation.

— HIST. xii* s. Uns grans sollers aveit, ke uns frères li porta ; Entur le col del pié à nuals les laça, Th. le mort. 50. || xvr s. Il estoit blessé sur le col du pied d'un coup d'espée , m. du bell. 475. La branche sera choisie droite, polie, grosse, comme le col du pied, 0. de serres, 80 i.

— ÉTYM. Cou, de, et pied.

COUDER (kou-dé), v. a. Plier en forme de coude. Couder une barre de fer. J'ai fait entrer, dans un grand poudrier de verre blanc, de dix pouces de hauteur sur trois pouces de largeur, deux des haricots étiolés, en les coudant de manière que leur sommité a été inclinée en bas dans l'intérieur du poudrier, bonnet, Usage des feuilles, supplément 2«. Il Se couder, v. réfl. Prendre la forme d'un coude. ' — ÉTYM. Coude.

f COUDOIEMENT (kou-doî-man) , s. m. L'action de coudoyer les autres.

— ÉTYM. Coudoyer.

f COUDOIR (kou-doir), s. m. Traverse pour poser le bras dans un canapé.

— ÉTYM. Couder.

j COUDONNIER (kou-do-nié), s. m. Un des noms vulgaires du coignassier.

— ÉTYM. Lat. cotoneum, coing (voy. coing). COUDOYÉ, ÉE (kou-do-ié, iée; d'autres disent

kou-doi-ié, iée), part, passé. Heurté du coude. Mais Evrard, en passant, coudoyé par Boirude, Ne sait point contenir son aigre inquiétude, boil. Lutr. iv.

COUDOYER (kou-do-ié; quelques-uns disent koudoi-ié), je coudoie, tu coudoies, il coudoie, nous coudoyons, vous coudoyez, ils coudoient; je coudoyais, nous coudoyions, vous coudoyiez, ils coudoyaient; je coudoierai; je coudoierais; coudoie, coudoyons, coudoyez; que je coudoie, que nous coudoyions, que vous coudoyiez: que je coudoyasse; coudoyant; coudoyé, v. a. || 1° Heurter quelqu'un du coude. Il faut prendre garde de coudoyer les gens. Je coudoyai les plus proches pour me faire place, d'ablancourt, Lucien, t. 11, dans richf.let. Jetez-vous dans la foule et tranchez du notable, Coudoyez un chacun, point du tout de quartier; Pressez, poussez, faites le diable, mol. Impr. Remerc. au roi. J'ai trop de répugnance à coudoyer un mort, mol. l'Étour. 11, 5. || 2° Fig. La décence même y babille, Et par la gaîté qui prend feu, Se laisse coudoyer un peu, bérang. Gourmands. Le vieil arbre que l'âge ploie. Le donjon qu'un moulin coudoie, v. hugo, F. d'aut. 34. || Fig. et familièrement. On n'est pas tous les jours coudoyé par un homme de génie, c'est-à-dire un homme de génie se rencontre rarement. Sans être coudoyé par un Démosthène ou par un Cicéron, dider. Essai sur Claude. || 3° Se coudoyer, v. réfl. Se toucher l'un l'autre du coude. Nous étions si serrés à table, qu'il était impossible de ne pas se coudoyer. On s'arrête, on s'assied, on voit passer la foule Qui sur l'étroit degré se coudoie et se foule, lamart. llarm. ni, 6.

— HIST. xvie s. À pied je me crotte jusques aux fesses, et les petites gens sont subjects par ces rues à estre chocquez et coudoyez, àfaulte d'apparence,

— ÉTYM. Coude.

COUDRAIE (kou-drê) , s. f. Lieu planté de coudriers. H Par extension, toute espèce de bocage. L'ébat qu'on prit sous la coudraie. la font. Trog.

— HIST. xirs. Je l'ai veu Là jus sous la coudroie , Romancero, p. 07.||xvr s. Es olivetes, amendaies eteoudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, 0. de serres. 642. Sous ces adresses nous édifierons la coudraie, soit ou par plant enraciné, ou par branche, id. 68 f.

— ÉTYM. Coudre 1 .

| COUDRAN (kou-dran), s. m. Terme de marine. Goudron.

— ÉTYM. Voy. goudron.

f COUDRANNER (kou-dra-né) , t\ a. Terme de marine. Tremper une corde dans le goudron.

— ÉTYM. Coudran.

f COUDRANNEUR (kou-dra-neur, s. m. Terme de marine. Celui qui goudronne les cordes.

— ÉTYM. Coudranner.

t. COUDRE (kou-dr), s. m. Coudrier, noisetier.

— HIST. xne s. Belles et droites vont les coudres croissant, Ronc. p. <56. ||xme s. Desor une coudre menue, Tien. 239(2. Se l'execucion de mort a de quoi soldre, Lors en envoient l'ame en Dieu plus droit que coldre, I. de meung. Test. <096. Et remirer ces biaus moriers [mûriers], Ces pins, ces codres, ces loriers, la Rose, «298. || xvie s. Il avoit un coudre blanc en main avec un petit fusil, d'aub. Fœn. 11, io. Glands, fannes, cornouilles, cormî"=. couldres [noisettes], et semblables fruits bastards que les arbres sauvages produisent, 0. de serres. 336. Les barreaux sont de til [tilleul], et la perchetie blanche Qui traverse la cage est d'une coudre franche, RONS. 736.

— ÉTYM. Bourg, queudre; picard, keudre, caure; Berry, cœudre; normand, la coudre; ital. côrilo; paysdeCôme, côler; bas-lat. colrina, dans un texte du ixe siècle; du latin corylus, noisptier.

2. COUDRE (kou-dr'), je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent; je cousais; je cousis, nous cousîmes; je coudrai; je coudrais; couds, cousons, cousez, qu'ils cousent ; que je couse, que nous cousions; que je cousisse; cousant; cousir, v. a. H 1° Attacher au moyen d'un fil passé dar aiguille. Coudre deux morceaux d'étoffe. Coudre une pièce à un vêtement. Coudre un bouton, un cahier. La vieille crut qu'on pouvait sans dommages Du livre affreux détacher quelques pages; Elle en prend quatre, et les coud proprement Pour relier un volume vivant [l'enfant de choeur dont la culotte était déchirée], gresset, Lutrin rir. || Absolument. Elle coud très-bien. Je l'ai vue heureuse et parée; Elle cousait, chantait, lisait, bérang. Jeanne la rousse. Et c'est assez pour elle, à vous en bien parler, De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer, mol. Éc. desf. 1, t. H Fig. On ne sait quelle pièce y coudre, on ne sait quel remède y apporter. || Coudre la peau du renard à celle du lion, joindre la ruse à la force. Car, disait-il , partout où la peau du

COL

cou

lion ne peut atteindre, il faut y coudre la peau du renard, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iy, p. 77, dans poiigens. Vous savez coudre avec encor plus d'art l'eau de lion avec peau de renard, la font. Pot ties mêlées, xi.n . ii Turenne. || 2" Par extension. X sa naissance on le coud dans un maillot, j. j. rouss. Ém. i. Il Terme de treillageur. Arrêter les parties d'un treillage en bois par des liens de fer. || Terme de vannier. Lier les sarments avec de l'osier. || Terme de pèche. Coudre un filet, joindre plusieurs filets de la même espèce pour en former un grand. || Terme de marine. Coudre un bordage, le r sur les membres. || 3° Fig. Assembler , mettre bouta bout. Si l'on cousait ensemble toutes les heures que l'on passe avec ce qui plaît, l'on ferait à peine d'un grand nombre d'années une vie de quelques mois, la bruy. iv. Il 4° Assembler sans art. 11 croyait avoir tout sauvé en cousant à ses expressions le mot de sacramentel, noss. l'nr. 4. De sorte que, pour ne point rompre le fil de la pièce, on s'avisa de les coudre au sujet du mieux que l'on put, MOL. Fâcheux, préf. Je ferais comme un autre, et, sans chercher si loin, J'aurois toujours des mots pour les coudre au besoin, roil. Sat. n. Je sais coudre une rime au bout de quelques vers, id. ib. vu. Quand on ne s'applique qu'à des actions détachées, on coud des lambeaux qui ne sont point faits les uns pour les autres, fén. xxi, 39. On leur apprend à coudre des phrases de Cicéron, j. j. rouss. Ém. n. J'ai suivi leur projet quant à l'événement, Y cousant en chemin quelque trait seulement, la font. Fabl. vi, t.

— HIST. xii" s. Bêle Yolans en ses chambres seoit, D'un bon samit une robe cosoit, Romancero , p. 39. Bêle Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Cost un fil d'or, l'autre de soie, ib. p. 53. Mère, de quoi me chastoiez? Est-ce de coudre ou de tailler? ib. p. 54. Adès senti les pointes li clers de la custure, Cum li saint le cusurcnt après la tailleure, Th. le mart. (68. || xine s. Et fu li vaissiaus bien cousus et poiés, et fu assis en l'aiguë [l'eau], Chron. rie Retins, p. 95. Une meschine i troverez; Jo quid ke vus la conustrez : À chandele custlapucele, Lai del désiré. Celé ki esveillée iu E le bliaut aveit cûsu, ib. Un vermeil samit [elle] ot vestu, Estoit à las molt bien cosu, Lai de Melion. Se aucuns cavatiers [savetier] mesprent en son mestier, si comme se il keust mauveisement un soulier ou de mauvais fil.... Liv. des met. 233. Et pour ce qu'il convient que il taillent et cousent les robes aus haus homes aussi bien par nuit come par jour, ib. i 44. Ces povres chapes mau cozues, ruteb. 256. || xve s. Si l'emportèrent entre leurs bras dedans la forteresse, et luy cousirent, bandèrent et appareillèrent ses playes et le gouvernèrent si bien qu'il guarit , froiss. liv. i, p. 225, dans lacuhne. || xvie s. Quand la peau du lion n'y peult fournir, disoit-il, il y fault couldre aussi celle du regnard, amyot, Lysand. H. Ilz luy montraient leurs mains cousues à coups de flesches avec leurs pavois, id. Crassus, 48. Ayant les cheveux et la barbe tous hérissez et pouldreux, et le visage desfaict et cousu pour les ennuis qu'il avoit supportez, id. Cicéron , 60. Il cousut celle pierre en sa ceincture, et puis nia qu'il l'eust prise, id. Anton. 104. L'on couche le patient dedans l'une de ces auges, et puis le couvre l'on de l'autre, et les coust on l'une à l'autre, id. Artax. 20. Toutes les deux trouppes se revinrent coudre ensemble; et cette seconde meslée s'opiniastroit à bon escient, quand.... d'aub. llist. i, 278. Peu de gens voulant coudre la besongne que cette chaude teste entreprenoit, id. ib.i, 303. Toutcelacombattoit cousu de façon que les testes des chevaux alloient jusques aux arçons des ennemis, id. ib. il, 287.

— ÉTYM. Wallon, keûse, coudre, kosou, cousu; namurois, keûze; rouchi, keute; satntongeois, coudut, cousu; provenç. coser, cozir, cuzir; catal. cour; espagn. coser; portug. cozer ; ital. cucire; bastat. cucire, dans les Gloses d'Isidore, de consuere, de cum, avec, et suere, coudre (voy. suture). I a forme est très-contracte, mais régulière : consuere, donne cou-re, et, par l'attraction de la dentale par l'r, coudre, puis dans les temps primitifs reparaît Vs du radical : je cousais, je cousis.

t COUDRÊE (kou-drée), s. f. Terme d'agriculture. Terre desséchée.

t COUDREMENT (kou-dre-man) , s. m. Terme de tanneur. Opération qui consiste à tremper les peaux, les unes après les autres, dans une dissolution de noix de galle.

f COUDRER (kou-dré), v. a. Terme de tanneur. Soumettre les cuirs au coudrement.

COUDRETTE (kou-drè-f), s. f. Coudraie. Tien-

nette Qui par hasard dormait sous la coudrette, la font. Troq. On dansa hors du village, sur le gazon, sous la coudrette, p. l. cour, ii, «9.

— REM. Coudre étant féminin dans l'ancien français, coudrette en est un diminutif et signifie proprement un petit coudrier; la coudrette, dite ainsi d'une façon générale, signifie un ensemble de coudriers, et par conséquent une coudraie.

— HIST. xvi" s. Toy Perrot, prens en don ceste belle chevrette [cornemuse] : Son ventre est fait de cerf, son anche de coudrette, bons. 745.

— ÉTYM. Coudre 1; Ardennes, courette, fruit du coudrier.

COUDRIER (kou-dri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie :les kou-dri-é-z et les noisettes), s. m. Noisetier. Baguette de coudrier. C-'est d'une baguette de coudrier que se servent ceux qui fout tourner la baguette. Les coudriers noueux, les palmiers toujours verts, delille, Géorg. II.

— REM. Dans l'ancienne versification, coudrier était de deux syllabes, comme les mots analogues, ouvrier, sanglier, etc.

— HIST. xvie s. Des coins de bois de coudrier ou sap u, pare, xiv, 9. Grenadier, coignier, coudrier, o. de serres, 637. Le fruit du coudrier est diversement appelle, avelaineset noisetes, id. 681. Je mis, pour t'essayer encores devant-hier, Dans le cri ux de ma main des fueilles de coudrier, rons. ici.

— ÉTYM. Coudre* ; Ardennes et rouchi, caurier ; wallon, côri.

t COUÉ, ÉE (kou-é, ée), adj. Terme de chasse. Qui a sa queue. Animaux coués, animaux à qui l'on n'avait point ôté la queue. || Inusité.

— ÉTYM. Queue (voy. ce mot).

COUENNE (koua-n'), s. f. \\ l°La peau du cochon raclée. Couenne de lard. ||La peau des marsouins. || 2° Terme de médecine. Nom donné quelquefois à certaines taches congénitales ou altérations locales de la peau. | Couenne inflammatoire, couenne pleurétique, concrétion d'un blanc jaunâtre, formée à la surface du sang provenant d'une saignée qu'on laisse se cailler dans un vase. La couenne se montre dans les maladies inflammatoires en général, et surtout dans les phlegmasies de la plèvre ou du poumon.

— HIST. xine s. Rasis, Constantin, Avicenne I ont lessié la couenne, laRose, 16164. [| xives. Oindre l'escorce ou couane du porc, Ménagicr, u, 5. Comme un laboureur des champs a plus dure coane que le fils d'un roy, ib. ni, 2. Quand les sangliers ont boutée et renversée la terre et la couenne de l'erbe pour querre les vers 'de la terre qu'ils mengent, Modus, f" xxxi, verso. \\ xvie s. On en voit naistre d'aucuns ayans en quelque endroit du corps la figure et la substance d'une coinne de lard, paré, xxii, 3. Coenne de lard, id. ib. Cornue, cuenne, récipient, aludel, materas, id. m, 638.

— ÉTYM. Normand, quouane, gazon, sens qui se trouve à peu près dans un des exemples de l'historique; picard, quouane, bête, poltron; wallon, coiène; génev. couanne de lard, grande saleté, force, vigueur, avoir la couanne d'oser; provenç co

ital. cotenna, codenna ; napol. cotena. Origine difficile à déterminer, qui parait pourtant bien être le latin cutis, peau. La difficulté est de trouver un suffixe enna ou ena ; si le mot venait de cutaneus, il serait en français couaine; et, si l'on supposait que couaim se serait changé en couenne, il faudrait admettre que ce mot vient du français dans les autres langues romanes; ce dont on n'a aucune preuve. Grandgagnage dit qu'en wallon on trouve cote di laine, peau de mouton, et que dans une ordonnance de 1735 on lit : Ordonnons que les laines d'agneaux et autres qui ne tiennent pas à la cotte.... Cote parait bien venir de cutis; mais le suffixe n'est pas expliqué. COUENNECX, EUSE (koua-neû , neù-z'). adj. Terme de médecine. Couvert d'une couenne. Sang couenneux. Angine couenneuse, maladie très-grave dont un des caractères est l'exsudation d'une fausse membrane à la gorge.

— ÉTYM. Couenne; wallon, conièse.

f COUET (kouèj, s. m. Terme de marine. Nom de certaines grosses cordes de vaisseau, qui s'amarrent aux voiles et qui sont différentes des écoutes.

t. COUETTE (koi-f ou kouè-t'), s. f.\\l° Lit de plumes. Coucher sur une couette. Elle les [les draps] lit venir à moitié de la couette, Régnier, Sat. xi. i| 2° Pièce creuse, de fer ou de métal, dans laquelle tourne le pivot d'une porte ou l'arbre d'une ma,chine. || 3° Terme de marine. Couettes, ou coittes, ou cottes, s. f. l'Iur. Nom de deux fortes pièi bois, qui, plai i i ts un bâtiment en construction, glissent avec lui quand on le lance à la mer,

— HIST. xnc s. E li liz saint Thomas esteit appareilliez Desus un chaelit qui tut esteit quiriez D'une cuilte purpointe, d'un poi d'estraim junchiez, Th. le mart. 102. N'estoit pas de fuerre esfflié La couche ne de contes aspres , la Charrette, il 98. || xni* s. Kieutes [ils] i portent et lapis, Lai de Melion. Et ainçois que li rois fust couciés, entrèrent il en la sale où li rois Henris estoit acousté sour une coûte, Chr. de Rains, p. 15. Et quant par nuit dormir votaient, En leu de coites aportoient En lor casiaus monceaus de gerbes, laRose, 8438. Ausinc [sur l'herbe] y poïst l'en sa drue [amie] Couchier comme sur une coite, ib. (403. Et en aucun liu est il qu'on pot penre en cascun ostel une queute por les sorvenans, beaum. xxxii, o. Ne coûte ne coussin, linceuil ne oreillier, Berte, xxxvm. Je sui sans coules et sans liz; N'a si povre jusqu'à Senlis, ruteb. 3. || xiv" s. De la coeteet dou coessin, ducange, coisinus. || xve s. Une povre couste de vieille toile enfumée pour estnper le feu, froiss. ii, ii, i 57. Si le menèrent glorieusement les prelatz et princes jusques en sa chambre, là où il se tint en sa quayte jusques à my heure après midy, g. chastel. Citron, des ducs de Bourg, p. i, ch. 9. ||xvie s. Or encor que fort peu vinssent aux mains sur les couetes et fagots, desquels la brèche estoit remparée.... d'aub. Hisi. ii , 280. Ils garnissent les nids de plume, laine, ou d'autre matière molle, comme s'ils leur préparaient une coulte ou un matelas, paré, Anim. 4. Ils couvrent les pommes avec du foirre , des linges, des couvertes, mesme avec des cottes de plume, o. de serres, 248. À défaut de poule couvante, poserés les œufs dans un large pannier parmi de la plume de coette , id. 371. Coettes, cuissins, oreillers, materas, id. 881.

— ÉTYM. Génev. coitre , couatre; norm. coete, keute; provenç. cousser, coiser, s. m. et cota, s. f.; espagn. et portug. colcha; du latin cûleita (et culcilra qui a donné coitre dans le genevois, cola dru dans l'ancien espagnol, éditrice dans l'italien). VI qui se trouve dans la plus ancienne l'orme et dans le portugais, prouve que ce mot ne peut venir du grec y-oîti); dans les formes où 17 a disparu, il est arrivé ce qui est arrivé aussi en d'autres mots, par exempledans moût ou mot pour moult , molt. lu d'autres termes, les formes sans / s'expliquent par une suppression dont il y a des exemples ailleurs, tandis que les formes avec l ne pourraient s'expliquer que par un radical où cette lettre existerait.

f 2. COUETTE (kou-è-f). s. f. Petite queue. Mot très-familier. || Un des noms de la mouette.

— ÉTYM. Diminutif de queue.

y COUFFE (kou-f) , s. m. Terme de commerce. Sorte de balle, de panier usité à Marseille et dans le Levant. Couffe de séné. Le sol était jonché de sacs de coton, de couffes de riz, chatealb. Itin. n, 2°. H On trouve aussi couffle.

— HIST. xive s. De chascun cartal, un cofel; et d'un dimieg cartal, un dimieg cofel, du cange, cnfellus. || xv° s. Il print la coffe, la quelle estoit toute plaine d'eaue, et lagette sur lesdittes femmes, m. ib.

— ÉTYM. Latin, cophinus, corbeille (voy. coffre).

| C0UF1QUE (kou-fi-k'), adj. Terme de philologie. Caractères coufiques, caractères dont se servaient les Arabes avant le ive siècle de l'hégire. L'écriture coufique n'a pas de points diacritiques.

— ÉTYM. Coufa, ville de l'Irak arabe, où cette écriture était en usage.

f COUGUAR (kou-gar) , s. m. Espèce de grand chat d'Amérique, dit aussi lion d'Amérique, tigre rouge, puma (felis concolor, L.).

— ÉTYM. « Le couguar , nom que nous avons donné à cet animal et que nous avons tiré, par contraction, de son nom brésilien euguacu ara , que l'on prononce cougouacouare, buffon, Hist. nul. t. ix, p. 216, note. » C'est Margraffqui a donné ce nom de euguacu ara, reproduit par Pison et ;

par Ray; mot guarani qui esl écrit plus correctement guaçu ara dans le Dict. guarani du P. Ruiz, et guazu ara dans l'Histoire du Paraguai d'Azara.

j COUI (koui) , s. m. Fruit gros, dont l'écorce dure sert à faire des ustensiles, et qui est rempli d'une pulpe blanche, aigrelette, employée comme remède populaire. On en fait un sirop, dit sirop de calebass . C'est le calebassier proprement dit (crescentia cuji te, L.).

f COUIER (kou-ié) , s. m. Corde qui attache la pouj e 'i un bateau au rivage.

— Étym. Queue, la poupe étant comparée à la queue.

f COUILLARD (kou-Uar, Il mouillées), s. m. Terme île marine. Sorte de (. t]

Il Pièce d'un moulin.

COU

cou

-j-COUILLON (kou-llon, 11 mouillées) , s. n%. Terme de marine qui n'est guère usité que dans la Méditerranée. Peut tapon d'étoupe placé clans une poche que l'on fait faire a une voile, de manière à former une espèce de bouton auquel on amarre du bitord pour tendre la voile.

— ÊTYM. Dit par assimilation avec un mot obscène . couillon , couille, qui vient du latin coleus, grecxo/côc, testicule.

f COU-JAUNE (kou-jô-n'), s. m. Nom vulgaire du genre fauvette. || Au plur. Des cous-jaunes.

COULAGE (kou-la-j'), s. m.\\ 1° Action de s'écouler par...., de se per re. Le coulage du sel au travers de ces trémies grillées en dérobe ordinairement dix livres par minot, vaub. Dîme, p. <40. Déduisez les façons, l'impôt, le coulage [du vinj, etc. vous trouverez net t4ti ou I5u fr. pour le bonhomme, p. l. cour, il, 283. || Action de couler la lessive. || Introduction . dans un moule, d'un métal qui a été mis en fusion || 2° Fig. Déchet, perte, résultant d'un gaspillage quelconque. Il y a ici beaucoup de coulage.

— ÉTYM. Couler.

COULAMMENT (kou-la-man), adv. D'une manière

coulante, aisée. Il écrit coulamment. Tout lui fournissait [à Mlle Rose, béate à extases] de quoi dire et instruire naturellement, aisément, coulamment, st-sim. 87, i:h. Il [Pavillon] succédait aussi coulamment à Benserade dans l'Académie française qu'à Racine dans l'Académie des inscriptions, sainte-beuve, Une ruelle poétique sous Louis .17 V.

— ÊTYM. Coulant, et le suffixe ment.

t. COULANT, ANTE (kou-lan, lan-f), adj. || i°Qui

coule. Quelques-unes des plus coulantes parties du sang, desc. Mêth. 5. || Vin coulant, vin léger et agréable à boire. || Nœud coulant, nœud qui se serre et se desserre sans se dénouer. || 2° Qui verse en abondance. Cette terre coulante de lait et de miel, boss. h, Visit. i. !| 3" Fig. Terme de littérature. Qui est comme s'il coulait, aisé, naturel. Ses vers sont bien coulants. Ses vers sont d'un beau style et sa prose est coulante, boil. Sat. m. Le ton de la conversation y est coulant et naturel, j. j. houss. llel. il, 14. R:eu n'est plus coulant ni plus harmonieux que l'endroit où le poète décrit la douce et insinuante éloquence de Nestor, rollin, Traité des Et. n, i. || Dans un sens analogue, dessin coulant. || 4" Être coulant en affaires, être facile, accommodant. Je l'ai trouvé très-coulant. Il m'avait fait entendre que, si je m'engageais à quitter la plume, on serait coulant sur le passé, j.j. rouss. Confess. xn. Qui peut voir aujourd'hui ces mêmes ministres [pasteurs protestants], jadis si coulanis et devenus tout à coup si rigides, chicaner sur 1 orthodoxie d'un laïque et laisser la leur dans une si scandaleuse incertitude? j.j. rouss. Lett. de la mont. il.

— hist. xin" s. Si a bonnes portes coulans [à coulisses], Por faire ceus defors doulans, Et pour emprendre et retenir, S'il osoient avant venir, la Rose, 3839. || xve s. En ai-je bien eu deus mille Des frans; que sont-il devenu? Si coulant sont et si menu, Quand ma bourse en est pourveûe; Tost en ai perdu la veûe, fhoiss. Le dit dou florin. Plus que Pi thon merveilleux à oultrage, Escorpion qui seult poindre les nus, Cuerplus coulant que couleuvre en marage [marais], Souriecte qui a les dens agus, e. desch. Poésies mss. f°38, dansLACURNE. || xvi°s. En un lieu glissant et coulant, suspendons nostre créance, mont, h, 24 i. Le sang s'engendre tout soudain .par la transmutation de quelque chair qui se tourne promptement en liqueur coulante, amyot, P. Mm. 23. Les sangsues qui habitent es eaux claires et coulantes, paré, xv, 69'. Afin de rendre les parties plus glissantes et coulantes, id. xviii, 32. En manière de lacq colai , m. t. n, p. 629. Ils tariront le coulant des fontaines, rons. C53.

— ÉTYM. Couler.

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