COUPÉE
f COI/RAILLER (kou-ra-llé, Il mouillées), v. n. Terme populaire. Courir fréquemment; et fig. mener une vie désordonnée ou de débauche.
— ÉTYM. Courir.
T COURALIN (kou-ra-lin) , s. m. Espèce de pirogue.
COURAMMENT (kou-ra-man), adv. D'une manière courante, avec facilité. Lire, écrire couramment.
— HIST. xvic s. Lequel leut couranteraent les dictes lectresen françoys, Pièce publiée par leroux de lincy, Bibl. des Ch. 5" série, t. il, p. t«5.
— êtym. Courant, et le suffixe ment; bourg. cor a mman .
COURANT, ANTE (kou-ran , rant-t') , adj. || 1° Oui court. || Adverbialement. Tout courant, en grande hâte. Elle envoie tout courant savoir de Mme du Châtelet, si S. M. [le roi de Prusse] passera, volt. Roi de Prusse, 14. || Tout courant, sans hésiter, sans peine. Il lit tout courant. || L'Académie met un trait d'union à tout-courant; ce qui est singulier et ne peut être suivi. || Terme de vénerie. Chien courant, chien qui court le lièvre, le cerf, etc. J'appelais une chienne courante, sév. 232. Un comte de Nassau Hautveiller amena de fort bons chiens courants pour le lièvre, st-sim. 49, 73. || 2° Oui coule continûment. Eau courante. Ruisseau courant. Le climat est sans pluie; on n'entend aux montagnes Bruire en ces lieux aucuns torrents; En ces lieux nuls ruisseaux courants N'augmentent le tribut dont s'arrosent les plaines, la fontaine, Quinquina, il. Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour; en effet nous ressemblons tous à des eaux courantes.... boss. Duch, d'Orléans. C'est un acte très-méritoire aux Indes, de prier Dieu dans l'eau courante, montesq. Esp. xxiv, 26. Il 3° Par extension, écriture courante, voy. courante 3. || Terme de marine. Pièces courantes, pièces qui glissent ou arrivent facilement et librement. || Cape courante, cape dans laquelle il reste assez de voiles pour qu'on puisse gouverner || Manœuvres courantes, les cordages qui servent constamment à la manœuvre. || 4° Oui est en cours. Le mois courant. Le terme courant. L'intérêt courant. Et créer une rente Dès le décès du mort courante, la font, l'abl. n, 20. Il 5° Qui a coins. Acheter au prix courant. C'était [30u florins d'or] tout au plus 200 livres de la monnaie de France courante de nos jours, volt. Mœurs, 81. Les lettres phéniciennes étaient le enractère courant de leur nation [les Cutéens] , m. Phil. 11, 2.)5. |! 6" Terme de banque. Compte courant, voy. compte. Il Main courante, voy. brouillard. Il 7° En parlant des mesures, aune courante, toise courante, mètre courant, mesure prise avec l'aune, la toise, le mètre, et considérée par rapport à sa longueur, sans avoir égard à la largeur. || 8° Terme de botanique. Feuille courante, feuille qui embrassi sa tige et s'allonge sur elle. || 9° Terme d'imprimerie. Titre courant, titre qui se répète au haut de chaque page. Il 18° Ordinaire, habituel. Il est chargé des
COti
affaires courantes. Pour les élections et autres af- ] faires courantes et momentanées, j. j. rouss. Polit. 9 L'avis courant que leurs complaisants ont soin de leur dicter, est toujours le leur, parce qu'ils n'en ont point à eux, d'alemb. Essai sur la soc. des gri ns de lettres. Œuvres, t. in, p. 39, dans pougens. Il Par analogie. Je n'aurai que les chagrins courants de la vie, sév. 341. || 11° S. m. Courant, le cours, la direction d'une eau vive. Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure, la font. Fabl. 1, 10. Un torrent n'a jamais causé plus de ravage Oue lorsqu'à son courant on ferme le passage, volt. Triumv. iv, 2. Il Terme de marine. Direction particulière du mouvement des eaux, qui se portent, comme fait un fleuve, vers un point fixe. Il y a sur cette côte des courants très-dangereux. Si la terre était entièrement inondée par les eaux de l'Océan, ces eaux pourraient, aussi bien que l'air, former sousl'équateur un courant perpétuel, et ce courant serait vers I est ou vers l'ouest, selon que la profondeur de la mer serait plus ou moins grande, d'alemb. Causes gén. des vents, Œuvres, t. xiv, p. 28, dans pougens. Des courants rapides s'opposent à l'arrivée des navigateurs, raynal, Hist. phil. xiii, 9. y Fig. Laissez-vous amuser, suivez le courant des plaisirs qu'on peut avoir en province, sév. 44. Bien loin d'être emporté par le courant rapide Des flots impétueux de ses bouillants désirs, corn. Imitation , 1, 3. Pour ne jamais sortir de l'état où vous êtes, vous n'avez qu'à suivre vos penchants, vous prêter à vous-même, vous laisser entraîner mollement au courant, mass. Car.. Fausse confiance. || Les grands courants de l'opinion, les idées qui, à certains moments et dans certains pays, deviennent générales et en traînent tout. Rien ne résista à ce courant général de l'opinion eu France. Il 12" Courant d'air, vent. Fermez cette porte pour éviter les courants d'air. L'atmosphère est agitée par des courants qui sont les vents. || 13° Courant atmosphérique, dit, par analogie avec les courants de la mer, des vents qui suivent une direction déterminée. Le ballon rencontra les courants supérieurs. Il 14° Terme de physique. Courant électrique, progression en sens opposé des électricités de noms contraires, à travers un conducteurqui , par ses deux extrémités, est en contact avec une source d'électricité. Il 15° La période de temps qui court. Dans le courant de la semaine, de l'année. Harlay crut que cette grande affaire [du pas] lui coûterait à peine le courant d'un hiver à emporter, st-sim. 16. 193. Il Le courant, le mois qui court. Le cinq du courant. On dit elliptiquement, en termes de bourse et en ce sens : fin courant, c'est-à-dire fin du mois courant. || 16° En matière de rente, d'intérêt, le terme qui court. Il me doit les arrérages et le courant. Il 17° Terme de théâtre. Mettre une pièce au courant du répertoire, la mettre parmi les pi' ces qu'on joue habituellement. || 18° La manière ordinaire de se comporter. Suivez le courant de la maison pour la pauvreté, boss. Leltr. Corn. I5i. || Le courant du monde, la manière ordinaire du monde. Il se laisse aller au courant du monde. || Le courant du marché, le prix actuel des denrées. || 19° Le courant des affaires, les affaires ordinaires qui se succèdent les unes aux autres, par opposition aux affaires extraordinaires. Les portefeuilles qui ne renferment que le courant, boss. Leltr. abb. 22k. Il était trop distrait par le courant des affaires, trop souvent entraîné par les événements pour.... condorcet, Maurepas. || Un courant d'affaires, une masse d'affaires à traiter. || Être au courant des affaires, connaître bien celles qui se font régulièrement tous les jours. || Mettre, tenir quelqu'un aj courant d'une affaire, lui en donner connaissance exacte. || Être au courant, n'avoir plus d'arriéré, soit comme travail, soit comme dettes. Se mettre au courant, se débarrasser de l'arriéré. || 20° Terme de marine. Partie d'une manœuvre qui passe dans les poulies. || 21° Terme de charpentier. Courant de comble, comble considéré dans sa longueur.
— REM. On dit et on écrit souvent, surtout dans le langage du commerce, le 8, le (0 courant, au lieu de le 8, le to du courant. Il est certain que cette forte ellipse a l'inconvénient de présenter courant comme se rapportant au 8, au 10, etc.; mais du reste elle n'est pas plus forte que cette autre qui est très-ordinaire : («8, le to avril, au lieu de le 8, le 10 d'avril. Anciennement, jamais cette dernière ellipse ne se faisait. On ne la trouvera pas une seule fois dans la correspondance do Voltaire; mais il semble que l'usage lui a donné droit de bourgeoisie; il semlile aussi qu'elle entraîne l'ellipse congénère: le s, le to courant. Mme de Sévigné dil avec le nombre ordinal et ans de : le 4" ,1
COU 853
— HIST. Xie s. Li val profond et les exves [eaux] curant, Ch. de Roi. cxxxvi. || xn" s. Sor Velantif son bon cheval corant, Runr. p. 37. Corant i \int Margaric de Sebie, ib. p. 42. [L'eau] Qui tant par est ravinouseet corans, ib. p. 109. || xm' s. Il prenoient les nés [navires] toutes ardans à cros de fer, et les tiroient par vive force fors du port, et les menoient el corant del bras, villeii. xcvi. || xiv" s. Li pères et la mère si le heoient tant, Que souvent en leurs cuers aloient désirant Que fust mors ou noiez en une eaue corant, Guescl. 59. || xvie s. Un nœud courant, mont, ni, 152. Ceulx qui minent soubs terre, rencontrent souventefois es entrailles de la terre des rivières courantes, amyot, P. Mm. 23. Elle avoit a Haché un las courant à son col, toute preste à se pendre et estrangler, id. Pyrrh. 62. Il lisoit tout courant les rabins sans points et les expliquoit sans lire le texte, d'aub. Vie, mi. En manière de laqs courant, paré, xviii, 33. Elle commettra à la principale de ses servantes la charge des meubles courans par la maison, servans comme en quartier, 0. de serres, 880. [Courante, *•. f. dans le sens de courant, s. m.]X la faveur de la mer qui estoitcalme,
sans vent ne fureur de courante, nos galleres
M. du bell. 597. Et même dans Régnier : Au gouffre du plaisir la courante m'emporte, Sat. vu.
— étym. Courir.-
1. COURANTE (kou-ran -f), s. f. || 1° Ancienne danse très-grave, qui se dansait sur un air à trois temps. Elle commençait par des révérences, après quoi le danseur et la danseuse décrivaient en pas île courante une figure réglée qui formait une sorte d'ellipse allongée. Le pas de courante se composait de deux parties : la première, nommée spécialement temps de courante, consistait à faire un plié relevé en même temps qu'on ramenait le pied de derrière à la quatrième position en avant par un glissé. La seconde partie du pas de courante consistait en un demi-jeté d'un pied et un coupé de l'autre pied. On voit par cette description que la courante était plutôt une marche noble et pleine de belles attitudes qu'une danse proprement dite, puisqu'un ne s'enlevait pas de terre. Donner une courante. Le bal se d nnait tous les soirs, où de très-méchants danseurs dansèrent de très-mauvaises courantes, scarron, Rom.com. 2" part. ch. t7. Baptiste le trèscher N'a point vu ma courante , et je le vais chercher, mol. Fdch. n, 5. Ma franchise va danser la courante aussi bien que mes pieds, id. Préc. «3. Il ne dansa qu'avec Mme de Crussol qu'il priadene lui point rendre sa courante, sév. 184. Le roi mena la reine et honora l'assemblée de trois ou quatre courantes, et puis s'en alla au Louvre avec sa compagnie ordinaire, sév. t. 1, Lett 6( , dans pougens. Je veux que nous dansions ensemble une courante, regnard, Distrait, m, 4. ||2° L'air sur lequel on la danse. Comme à de mes amis, il faut que je te chante Certain air que j'ai fait de petite courante.... (Il chante la courante) N'est-elle pas belle? mol. Fdch. n, 5.
— HIST. xvi« s. Courante [sorte de danse], j. marot, v, 212. l'anser la volte, la courante, la fissaye et autres danses dissolues, bouchet, Serées, liv. 1, p. 133, dans lacurne. La volte, la courante, la fissaye, que les sorciers ont amenez d'Italie en France, id. ib. p. 1 36 .
— ÉTYM. Courir, peut-être parce qu'on ne tournait pas en place comme dans la pavane, et qu'on ne sautait pas comme dans les branles et les gigues. Il paraît, d'après Bouchet, qu'il y a eu une courante qui était une danse dissolue.
2. COURANTE (kou-ran-t'), s. f. Terme populaire. Diarrhée. De parler elle s'effraya; Dont il eut bien fort la courante, scarron, Virg. trav. dans leroux, Dict. com.
— ÉTYM. Courant. On a dit courance au xv* siècle : Et ne mangeoient les poures gens que prunes et fruitz, dont la courance se preit dans l'ost, et y moururent beaucoup de nos gens, 0. de la marche, Me'm. liv. 11, p. 505, dans lacurne.
t 3. COURANTE (kou-ran-f), *-. f. Sorte d'écriture cursive.
— ÉTYM. Courant.
f 4. COURANTE (kou-ran-f), s. f. Meule supélieure d'un moulin , mieux dite tournante.
— êtym. Courant.
i COURANT1LLE (kou-ran-ti-U', il raouil.
4'. f. Tenu.' de ; èche. Sorte de filet pour les th. ms,
— ÉTYM. Courant; ainsi nommé parce qu'on l'abandonne au courant.
COURANT1N, INE kou-ran-tin, ti-n'), s. m. et f.
I 1 lui ou celle qui, aimant à courir, quitte pour
cela sa besogne. C'est un couianun, une couraniiuo.
COU
COU
Il 2° Celui qu'on emploie à des courses, à des commissions. Employé d'abord comme courantin dans une étude. || Mot" vieilli. On dit aujourd'hui petit clerc, ou, par plaisanterie, saute-ruisseau. \\ 3° S. m. Fusée qui court le long d'une corde tendue.
— ÉTYM. Courant.
} COURAQUET (kou-ra-kè), s. m. Un des noms vulgaires de la rousserolle, plante.
| COCRATARI (kou-ra-ta-n), s. m. Arbre de la Guyane, dont l'écorce fournit des lanières aux indigènes et dont le bois est bon pour la charpente.
f COURAU (kou-rô) , s. m. Terme de pêche. Petit bateau; allège.
fCOURAYKR (kou-rè-ié), v. a. Terme de marine. Appliquer une couche de courée sur la carène. || On trouve aussi couroyer.
— ÉTYM. Voy. COURÉE.
f COURBABLE (kour-ba-bF) , adj. Qui peut être courbé.
— ÉTYM. Courber.
t COURBAGE (kour-ba-j'), s. m. Terme didactique. Action de courber.
— étym. Courber.
f COURBAN (kour-ban), s. m. Fête musulmane qui se célMire annuellement le <0 du mois consacré au p'ierinage et dans laquelle on immole un grand nombre de lrebis.
— étym. Arabe, kqnrbûn, sacrifice.
f COURBANT, ANTE (kour-ban, ban-t'), adj. Terme didactique. Qui est susceptible de se courber. || Terme de marine. Bois courbant, bois dont les fibres suivent une certaine courbure.
f COUKBAR1L (kour-ba ni), s. m. Le cœur du bois de Vhymenœa courbaril , L. dont l'écorce laisse écouler une résine dite animé occidental ou copal tendre.
T COURBAR1NE (kour-ba-ri-n') , s. f. Terme de chimie. Résine de courbaril.
f COURBATON (kour-ba -ton), s. m. Terme de marine. Fortes pi' ces de bois qui servaient de contreforts dans une galère.
COURBATU, UE (kour-ba-tu, tue), adj. || 1° Terme <le manège, signifiant l'état d'un cheval qui n'a pas la respiration et les membres libres, soit qu'il ait été trop poussé, soit que le mal vienne d'une cause intérieure. Comme un vieux cheval de renvoi , Maigre, harassé, courbatu, Venait la débile monture Aux funérailles de Voiture, sarrazin, Pompe fun. de Voit. || 2° Par extension, il se dit des personnes qui éprouvent une grande lassitude. Je me sens tout courbatu.
— hist. xve s. Courbatuz [parlant des maris qui servent mal leurs femmes], Aresla amorum, p. 414, dans lacurne. || xvies. La requeste des maris umbrageux, courbatus, boucquineux, farouches, trop tristes, pensifs et désolés, du verdier, Bibl p. 2 1 18, dans lacurne. Courbatu [en parlant d'un homme assommé de coups], rab. p. 63, dans lacurne.
— ÉTYM. Quelques-uns tirent ce rot de courbature; mais comment courbature aurait-il donné courbatu? pas plus que conjecture ne pourrait donner conjectu. Courbatu semble formé de court et battu; le sens de cette composition serait battre de court, battre à bras raccourci, très-bien battre. Celte conjecture est vraisemblable et par conséquent préférable à cette autre : courb-battu, battu de manière à. se courber. Le verbe n'est pas usité; cependant il l'est dans les campagnes des environs de Paris: la fièvre le courbât.
COURBATURE (kour-ba-tu-r'), s. f.\\i° Terme de vétérinaire. Malaise d'un cheval courbatu. || Vieille courbature, synonyme de phthisie pulmonaire chez le c1 jval. || 2° Chez l'homme, indisposition caractérisé.' par une sensation de brisement ou de contusion les muscles et des membres et une extrême lassitude.
— HIST. xvie s. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse, courbes et courbatures, loysel, as.
— ÉTYM. Ménage le dérive de curvatura , disant rue la courbature fait courber les chevaux. Mais voyez à courbatu les difficultés de cette dérivation, courbatu ne pouvant avoir été formé de courbature, tandis que courbature dérive régulièrement de courbatu.
t COURBATUE 10, ÉE (kour-ba-tu-ré, réé), part, passé Tout courbaturé.
t COURBATURER (kour-ba-tu-ré), v. a. Donner, causer une courbature. || Se courbaturer, v. re'/l. Se donner une courbature.
— ÉTYM. Courbature. Ce mot nouveau est régulièrement formé de courbature , comme conjecturer l'est de eonjreturr. Il n'a pas d'autre sens que cour-
batlre, qui n'est resté usité que dans le parler populaire de certains cantons. Il est un peu comme clôturer qu'on dit souvent parce qu'on ne connaît pas ass^z le verbe clore. Ces allongements de mots ne sont pas toujours une richesse dans la langue.
COURBE (kout-b'), adj. || 1° Qui est en forme d'arc ou de sinuosité; ou, suivant la définition géométrique, qui n'est ni droit ni composé de lignes droites. Une ligne courbe. Une surface courbe. Encore que son mouvement se fasse en ligne courbe, desc. Monde , 7. Le même bâton qui me parait droit dans l'air me paraît courbe dans l'eau, boss. Conn. de l'irn, ni, 8. Et ses sonores espingoles Et son courbe damas, v. hugo, Orient. 21. ||2" S.-/1. Terme de géométrie. Lignecourbe. Décrire une courbe. La courbe que décrit la terre autour du soleil. Toutes les courbes peuvent passer pour des suites infinies de lignes droites infiniment petites, fonten. Bernoulli. Un géomètre ne doit pas être moins glorieux d'avoir donné son nom à-une courbe ou à une espèce entière de courbes qu'un prince d'avoir donné le sien à une ville, id. Tschirnhaus. Quelle est la courbe suivant laquelle un vaisseau doit être taillé pour être le meilleur voilier qu'il soit possible? montesq. Lett. pers. 97. Nous ne sommes point nés pour mesurer des courbes, volt. Lettr. Prusse, ^9. Alors, pour lui donner une idée de la géométrie des courbes, on lui fit lire un traité fort élémentaire des sections coniques; et, quand il eut acquis ces notions, il entendit sans effort le livre de M. Trabaud sur le mouvement et sur l'équilibre, condillac, Gramm. Motif des études, Œuvres, t. v, p. cxlvii, dans pougens. Après trois ans d'étude, âgé seulement de dix-sept ans, il donna une nouvelle solution du problème de la courbe d'égale pression dans un milieu résistant, condorcet, d'Arci. Mais sur d'heureux contours glissant avec mollesse, D'une courbe facile elle aime la souplesse, delille, lmagin. m. || Courbes algébriques , courbes dont l'équation ne contient que des fonctions algébriques, par opposition à courbes mécaniques ou transcendantes. On a donné le nom de courbes géométriques à celles dont on a su mesurer exactement la marche; mais lorsque l'expression ou l'échelle de cette marche s'est refusée à cette exactitude, les courbes se sont appelées courbes mécaniques, buff. Homme, Arithm. morale. \\ 3° Terme d'architecture. Courbe rampante, se dit du limon courbe d'un escalier. || Les courbes, en charpenterie, sont des pièces de bois coupées en arc. || Terme de marine. Courbe de capucine, celle qui lie en partie l'étrave avec l'éperon. || Courbes d'écubier, deux pièces de bois larges et épaisses qui joignent l'étrave l'une à droite, l'autre à gauche. Pièces de fer analogues aux courbes en bois où qui les suppléent. || 4° Crossetles de la vigne. || 5» Terme de vétérinaire. Tumeur osseuse, située en dedans du jarret, sur l'extrémité inférieure et interne du tibia. ]| 6° Sur les rivières, une courbe de chevaux, deux chevaux accouplés qui tirent les bateaux.
—HIST. xni' s. Et quant à point se sentira, Et par les rues s'en ira, Si soit de beies aleures, Non pas trop moles ne trop dures, Trop eslevées, ne trop corbes, Mais bien ples&ns en toutes torbes, la Rose, 4 3739. Mt's certes je ai si grant fain Que tote en ai corbe l'eschine, Ren. 1054 9. || xivc s. L'escuier dont je di n'i fist arrestement, Print un courbe coutel qui tranchoit roidement, Piètre trancha le chief, voiant toute la gent, Cuescl. 16822. Le concave et le curve d'une ligne circulaire, oresme, Eth. 30. La gielle [sorte d'engin] doit estre ung peu courbe devers le gros bout, Modus, f° cxxm, verso. || xvie s. L'ame qui est triste à cause de la grandeur du mal et qui chemine courbe et foible et les yeux défaillants, et l'ame qui a faim, te donnera gloire et justice, calvin, 99. Cette charge tient l'esprit courbe [affaissé] et croupy, mont, i, 139. Un aviron droict semble courbe en l'eau, id. i, 319. Pour dresser un bois courbe, on le recourbe au rebours, id. iv, 4 51. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse-, courbes et courbatures, loysel, 44 8. Contre les courbes [des chevaux] faut employer cataplasme fait de sauge, o. de serres, 982. Un jardin aiant des allées droites, des costés droits, des diagonales et des curves, id. 594. L'aedilîtas curulis, ainsi nommée à cause de certaines chaires qui ont les pieds courbes, amyot, Marius, 5. — ÉTYM. Provenç. et catal. corb; espagn. et ital. coruo; du latin curvus.
COURBÉ, ÉE (kour-bé, bée), part, passé. || 1° Rendu courbe. Un bâton courbé. Tantôt vous tracerez la course de votre onde ; Tantôt d'un fer courbé dirigeant vos ormeaux, Vous ferez remonter leur sève vagabonde Dans de plus utiles rameaux, J. b. rodss.
COU
Odes, ni, fa. || Terme de blason. Se dit des fasces un peu voûtées en arc. I| 2° Infléchi , en parlant des personnes. Je ne suis pas courbé sous le poids des années, boil. Sat. i. Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait a pas pesants, la font. Fabl. i, 16. On ne voyait de tous côtés que des femmes tremblantes, des vieillards courbés, de petits enfants les larmes aux yeux, qui se retiraient dans la ville, fén. Tél. i. Oh! que ne suis-je couvert de cheveux blancs, courbé et pioche du tombeau comme Laërte, mon aïeul! id. Tél. Vf. L'ambitieux, courbé sous le fardeau des ans, De la fortune encore écoute les promesses, deshoulières, Poésies, t. i, p. 171 . dans pougens. Et notre dernier roi , courbé du faix des ans, volt. Zaïre , n, I. Des sacrificateurs courbés par la vieillesse, id. OEdipe, I, <. H Terme de botanique. Qui est infléchi sur soi-même. || Fig. Courbés sous nos tyrans nous attendons leurs coups, volt. Orphel. v, 5. Que les enfants de ta mère soient courbés devant toi, id.
PMI. IV, 77.
f COURBEMENT (kour-be-man), s. m. Action de courber; état de ce qui est courbé.
— HIST. xvr? s. Courbement, robert est. Dict.
— étym. Courber; provenç. corbament.
COURBER (ksur-bé), v. a. || 1° Rendre courbe.
Courber un bâton. La vieillesse viendra courber ton corps, fén. Tél. xix. Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse, la font. Fabl. vu, <»• Puis l'infirme vieillesse, arrivant tristement, Presse d'un malheureux la tète chancelante, Courbe sur un bâton sa démarche tremblante.... a.chén. Élég. 33. || 2° Fléchir, baisser. Peut-être Assuérus, frémissant de courroux, Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole, Commandera qu'on nous immole, RAC. Eslh. n, 9. Vous avez jusqu'ici.... Résisté sans courber le dos; Mais attendons la fin, la font. Fabl. I, 22. On courbe l'homme, et il reste plié; il prend cette attitude pour celle que lui donne la nature, il s'endort dans sa misère, st-lambert, Saisons, iv, note 4. On courbait la tête sous les bénédictions des évêques, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Fig. Ce Dieu, tyran cruel, monarque imaginaire, Sous le sceptre odieux du pouvoir arbitraire . Devait courber nos fronts.... delille, Parad. rerdu, vi. Las de courber mon front sous un injuste empire, c. dei.av. Vép. sicil. i, 2. || 3° Y. n. Courber sous le faix, plier, fléchir. Quatre monstres marins courbent sous ce fardeau, corn. Toison d'or, il, 3. L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire: Il courbait sous les fruits, la font. Fabl. x, 2. Ils [des arbres] courbent sous le poids des offrandes sans nombre, id. Plul. et Bauc. |l 4°Se courber, v. réfl. Devenir courbe. La poutre se courbant sous le poids qu'elle supportait. Ce trône était ombragé de lilas qui se courbaient en voûte, marmont. Contesmrr. Mari sylphe. Jusqu'aux fonds azurés où la voûte des airs S'unit, en se courbant, au vaste sein des mers, st-lambert, Saisons, n. Il Avec suppression du pronom réfléchi. On fit courber' par force des arbres l'un vers l'autre, et l'on attacha à chacun de ces arbres un des membres du corps de ce parricide, rollin, Hisl. anc. Œuvres, t. vi , p. 450, dans pougens || T.° Plier le corps. Se courber pour ramasser quelque chose. Mais du haut de la porte enfin nous l'avons vue, Un poignard à la main sur Pyrrhus se courber, Lever les yeux au ciel, se frapper et tomber, rac. Andr.y, 5. Lui-même, se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], boil. Lutrin, ui.|| 6° S'incliner. L'insolent devant moi ne se courba jamais. rac. Esth. n, l. Cette tète élevée vers les cieux n'est pas faite à l'image du Créateur pour se- courber devant un homme, raynal, Hist. phil. xix, io. Séraphins, prophètes, archanges, Courbez-vous, c'est un roi; chantez, c'est un martyr! v. hugo. Odes, i, 5. || Fig. [La véritable grandeur] se courbe par bonté vers ses inférieurs et revient sans effort dans son naturel, la bruy. h. || 7° S'humilier sous la volonté d'un supérieur. Tout se courbe devant cet homme. || Se dit aussi, dans le langage élevé, des objets inanimés, ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire, les ondes se courber sous elle et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice des mers ! boss. Reine d'Anglet. Et la mer se courbant sous vos flottes puissantes, delille, Enéide, iv. .
— HIST. xn' s. Jo guarderai à mun oes [service] set milie humes ki encore miches ne curberent le genuil devant Baal, Rois, 322. ||xiue s. Corbés sui por le fes de mes péchiez qui trop est griés [lourd] .
cou
cou
cou
ier, f° 47. || xvie s. Il n'en ont veu aulcun esdenté ou courbé de vieillesse, mont, i, 236. La figure [de ma bibliothèque] en est ronde; elle Vient m 'offrant, en se courbant, d'une veue touts mes livres, in. m, 289. En un endroit où la rive se courboit en forme de croissant, amvot, Publ. 35. Leurs espées estoient forgées de fer fort mol, de sorte qu'elles se courboient et plioient incontinent, id. Cn m. 70. On ne voyoit autre chose que gens courbez vers la terre qui fouilloient des pierres, 1D. Anton. 68.
— ÉTYM. Berry , corber, corbir ; provenç. cor- . bar, curvar ; anc. espagn. corvar ; ital. curvore ; du
latin curvare (\oy. courbe).
f COURBET (kour-bè), s. m. Grande serpe avec avec laquelle ou coupe les taillis, on abat les branches. || Nom des parties d'un bât de mulet qui sont un peu élevées en arc.
— HIST. xvi* s. Fagots taillés au courbet, Nouv. coust. qên&r. t. n, p. i4n.
— ÉTYM. Diminutif de courbe.
COURBETTE (kour-bè-f) , s. f. || 1" Terme de manège. Air relevé de manège consistant en un saut dans lequel le cheval lève et fléchit les deux membres antérieurs, pendant que, tenant les hanches basses, il les avance sous le ventre. Faire aller le cheval à courbettes. Déjà Phébus, voisin de ses moites retraites, Ne semble plus mener ses chevaux qu'à courbettes, la. font. Ragolin, I, t. || Fig. Faire aller un homme à courbettes, avoir plein pouvoir sur lui, le gourmander. || 2" S. f. plur. Fig. Politesses, provenances trop humbles. À quoi servent, monsieur, les façons que vous faites? Parlez donc, je suis las de toutes ces courbettes, regnard, Folies amour, il, 3. Les princes du sang furent ceux qui parurent avoir le moins de part à tant de courbettes [du duc du .Maine], st-sim. 362, 29. || Faire des courbettes, ramper devant quelqu'un. Tout en me faisant de grandes courbettes, il travailla tellement à la sourdine, que, ne pouvant porter l'ambassadeur à me donner mon congé, il me mit dans la nécessité de le prendre, j. j. rouss. Conf. vu. Ce qui n'empêchera pas que, traité comme Sancho, je ne reçoive partout cent courbettes moqueuses, avec autant de compliments de respect et d'admiration, m. Corresp. Lettre à M. de Si-Germain , t. vu, p. 217 , dans pougens.
— HIST. xvi* s. Un grand coursier syrien, qui d'agiles bonds et courbettes faisait voler autour de soi une épaisse poussière, yver, p. 534. Il monta sur un cheval d'Espagne, le plus beau que j'aie veu rie longtemps, et se manioit très bien, et faisoit de très belles courbettes, brantome, Dames gai. t. n, p. 29k, dans lacuhne.
— étym. Courber.
t COURBETTER (kour-bè-té) , v. n. Terme de mapége. Faire des courbettes.
— étym. Courbette.
f COURBINE (kour-bi-n'), s. f. voy. corbine.
t COURBOTTE (kour-bo-f), s. f. Balancier auquel on attache les chaînes des soufflets de forge.
f COURBU (kour-bu), s. m. Variété de raisin.
COURBURE (kour-bu-r'), s. f. État, forme d'une chose courbée. La courbure d'un arc. La courbure de la terre. Son lit [d'un fleuve] en longs courants, des vallons sinueux Suivra les doux contours et la molle courbure, dei.ille, Jardins. m.Songrand travail l'ut de donner à ces matériaux le degré de courbure qu'exigeait la sorte d'ouvrage qu'elle voulait construire, bonnet, Observ. 28. Insectes, t. n, p. -'95, dans pougens. || Terme de géométrie. Rayon de courbure, le rayon du cercle osculate'ur. Courbe à double courbure, celle dont les éléments ne sont pas situés dans un même plan, comme l'hélice ou la courbe d'une vis. || Terme d'horticulture. Action de courber une branche trop vigoureuse. || Terme d'architecture. Revers des feuilles de chapiteau.
— ÉTYM. Courber.
jCOURCAILLER (kour-ka-llé, M mouillées), v. n. Se dit du cri de la caille.
COURCAILLET (kour-ka-llè, Il mouillées; et non kour-ka-yè), s. m. Nom qu'on donne au cri des cailles. || Sifflet qui imite ce cri et qui sert d'appeau pour les attirer. Et des courcaillets pour les cailles, scarron, Virg. trav. iv. || On a porté autrefois des habits, des chausses en courcaillet, parce qu'elles étaient plissées de la même manière que cet appeau.
— HIST. xvr s. Un gentilhomme qui avoit un de ses bas de chausses bandé au haut de la cuisse et l'autre en courcaillet, d'aub. Fœn. il, <3. Les hommes ont inventé certains petits instruments de cuir et d'os, nommez courcaillets, qui peuvent exprimer ia voix de la caille; la quelle, oyant le courcaillet,
pensant que ce soit les femelles, et voulant les venir trouver, tombe dans les filets, belon, Chap. de la caille.
— KTYM. Onomatopée.
| COURCE (kour-s'), s. m. Bois que laisse un vigneron en taillant la vigne.
jCOURCET (kour-s''), s. m. Grande serpe pour tailler les arbres.
f COURCIIOT (kour-cho), s. m. Ver à soie malade.
COURCIVE (kour-si-v') , s. f. Terme de marine. Voy. coursive.
—HIST. xvie s. Recommença sa salue aussi belle et furieuse que devant, des canons de courcie de seize galères et des autres pièces d'arquebusades , tellement que tout estoiten feu,BRANT. Dames gai. t. il, p. 29«, dans 'lacurne.
f COURÇON (kour-son), s. m. Terme d'art militaire. Pieu caché dans l'eau. || Bois qui n'a pas la longueur prescrite. || Pièce de fer pour serrer les moules d'une pièce de fonte. || Sorte de fer qui est en barres très-courtes.
— ÉTYM. Court.
f COUREAU (kou-rô), s. m. Terme de marine. Sinuosité entre des bas-fonds et des roches que i'eau recouvre.
— HIST. xvie s. Il arriva qu'un des bateaux qui avoient passé la troupe fut assablé et ne put estre ramené de là le courau comme les autres, d'aub. Hist. m, M.
i. COURÉE (kou-rée),s. f. Terme de marine. Mélange de suif, de soufre et de résine, dont on enduit la carène des bâtiments.
— ÉTYM. C'est la forme féminine de corroi (voy. ce mot).
f 2. COURÉE (kou-rée), s.f. Terme de boucherie. Se dit dans quelques provinces pour le poumon de la bête.
— ÉTYM. Bourguig. corée; du latin cor, cœur f COURESSE (kou-rè-s') , s. f. Espèce de couleuvre.
— étym. Courir.
f COURET (kou-rè), s. m. Terme de marine. Voy.