‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 425 sur 462 · SYN. HOMME DE COUR, HOMME DE LA COUR · texte numérisé non relu

SYN. HOMME DE COUR, HOMME DE LA COUR

L'homme de cour est celui qui aie ton, les manières, l'esprit de la cour. L'homme de la cour est celui qui en fait partie. On peut être un homme de la cour sans être un homme de cour.

— HIST. xie s. Qu'il issit à dreit en la curt.. .. Lois de Guill. 6. Meillur vassal n'aveit en la curt nul, Ch. de Roi. xvi. || xn" s. [Il fut] A cort de roi et serviz et losez, Bonc. p. 18. En ceste cort [il] vous vient au roi piéger, ib. p. 1 85. Je deïsse et l'estre et l'errement De la grant court de France au dous renom, Où toute valor se baigne, hues de la kerté, Bomancero, p. 182.' La corz fu moult pleniere; quatorze rois i ot, Sax. xvn. À la cort le manda Fliostes par un garçon, Sax. xxn. E quant [il] vus volt tolir vostre curt e fauser, E apele autre curt, de ço le poez [tu le peux] grever, Th. lemart. 44. Se [il] ne peûst le roi dune el pais trover, Le prélat esteùst à la justice aler [il faudrait que le prélat allât à la justice], Ço qu'ai rei apartint en real curt finer, Ço qu'atainst al prélat en sa curt terminer, ib. 60. Les portes arses, e, en la cort, les herbes nées aussi corne en bois, Machab. i, 4. || xni' s. Et furent huit jours à court, ains qu'il peussent iestre oï, Clir. de Bains, 123. Et avoec els [eux] avoit grant plenté de bones gens, et moult sembloit bien court à riche prince, villeh. xciii. Si comme je vous ai dit, tint li empereres sa court au Noël, h. de valenc. xv.

Lasse! mortes sommes, Mes sires, ounësaiquex

hommes Est entrés dedens nostre court, la Rose, < 4431 . Ele [Courtoisie] ère en toutes cors bien digne D'estre emperieris ou roïne, ib. 1251. Il deit faire recorder les dittes conoissances en la court pleniere, Ass. de J. 89. En la court laie pren un pou d'espérance; En cort des clers n'aie jà jor fiance, En nus prelas nule hone attendance, Proverbes ruraux et vulgaus. Se bature est fête devant juge, en cort vestue, l'amende est à la volenté du seigneur, beaum. xxx. 20. Aussi bien convient il que la cors soit garnie por fere reçoit comme por jugement, id. xxxix, 8. Sire evesque, fist le roy, entre vous avez establi que l'en ne doit oyr nul escommenié en court laie, joinv. 291. Entre les chevaliers que monsieur Jehan de Valenciennes ramena, je en y trouvai bien quarante de la cort de Champaingne, id. 2t;i. ||»ves. Depuis avint que messire jean de Ghistelles fut si mal de cour [en cour] que.... froiss ii, 11 , 46. De tous poissons ot illec [à un repas] cours pleniere, eust. desch. Poésies mss. f°!34, dans l. curne. Aulcuns flatteurs envieux.... comme assez de telles gens a en cour communément, Bouciq. ni, ch. II. Au chevet du lit pour tous jeux, Pend un benoistier qui est gourd, Avec un aspergés joyeulx, Tout plam*i'eaue benoiste de cour, coquill. Droits nouveaux. Puis remonta à cheval, et s'en alla au palais, qui estoit tendu et pavé moult noblement; et là tint il court pleniere, et y souppa, et avecques luy à sa table soupperent les pairs de France et ceux de son sang, monstrel. t. m, p. 88, dans lacurne. Et disoit on que le dit banquet seroit fait à tous venans et comme court ouverte, 16. p. 77. À longueur de temps aura raison, si la cour, c'est à entendre le prince en son auctorité soubz lequel il vit, n'est contre luy, comm v, 18. A la cort le roi, chascuns > est pour soi, le-

ROUX DE LINCY, l'inr t. Il, p. 76. || XVI" S. Si tu SÇaVOJS

vivre de choux, tu ne ferois pas la courl ;~i un tyran, mont, n, 346. Conseiller en la cour département, id. III, 205. J'aymesloix et ma cour pour juger de moy, id. ni, 260. Misérable à mon gré, qui n'a chez soy où estre à soy, où se faire particulièrement la

COU

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cou

court, où se cacher! mont, ni, 28u. le veois soubs moy mon jardin, ma bassecourt, ma court, id. m, 288* A chasque court son traistre, leroux de lincy, Pr<<v. t. ii, p. 75 Le seigneur peut faire sai>ir le fief de son vassal par faute de service de cour et de plaids [c'est-à-dire quand il a manqué à assister aux plaids de sa seigneurie], Coustum. génér. 1. 1, p. 5as.

— F.TYM. Norm. court, grande ferme; bourguig. cor; provenç. cort; ital. et espagn. corie ; du baslat. curtis, cortis, dérivé il n latin cohors ou cors, basse-cour, enclos; grec, yoçtoç, qui a même radie il que le latin hortus, et l'allemand Garien, jardin. Le t qui appartient à cour dans tous les anciens textes et dans toutes les langues romanes, et qui se retrouve dans tous les dérivés, courtois, courtisan, etc. montre que le mot vient de curtis et non de curia, fausse étymologie qui commença à se montrer dans le xtv siècle où l'on se mit à nommer en latin les gens de cour curiales. Curtis a signilié d'abord la cour, l'enclos, la ferme, puis la résidence rurale des seigneurs et des rois, puis la résidence de leur conseil, de leur autorité et aussi de la justice. Dans l'ancien français, au nominatif singulier la cors, au régime la cort; au nominatif pluriel, les cort, au régime, les cors.

j COURÀBLE (kou-ra-bl') , adj. Terme de chasse. Bête courable, bête qui est bonne à courir. La taille du lièvre et celle du cerf sont les plus éloignées de la proportion des bêtes oourables, salnove, Chasse du lièvre, dans richelet.

— ÉTYM. Courir.

| CODRADE (kou-ra-d'), s. f. Terme de pêche. Espèce ,1e sardine du Croisic.

f COURADOUX (kou-ra-dou), s. m. Terme de marine. Espace renfermé entre les deux ponts d'un bâtiment. || Il est vieilli.

COURAGE (kou-ra-j'), s. m. || 1° L'ensemble des passions qu'on rapporte au cœur. Au moins, que les travaux, Les dangers, les soins du voyage Changent un peu votre courage, la font. Fabl. ix, 2. Vous voilà, vains honneursqui m'enfliez le courage, Écoulés en un jour comme -l'eau d'un orage, rotr. Bel. v 4. Sans que.... Il te reste aucun fruit que la honle et la rage Qu'un remords inutile allume en ton courage, cohn. Cinna, iw, 7. De tous deux Rodogune a charmé le courage, id. Rodoq. î, 6. Que tu pénètres mal le fond de mon courage! id. ib. iv, 5. Accordez votre bouche avec votre courage, Pratiquez vos conseils ou ne m'en donnez pas, id. Cour de Mèlite , I, 2. La honte suit de près les courages timides, rac. Alex, i, 2. Détrompez son erreur, fléchissez son courage, id. Phèd. i, 5. Quel courage endurci Soutiendra les assauts qu'on lui prépare ici '! id. Iphig. iv, 1. Le nom d'amant peut-être offense son courage, m. Phèd. ir, A. Mais de faire lléchir un courage inflexible, id. ib. Je ne sais maintenant qui retient mon courage Que de vingt coups de poing au milieu du visage.... regnard, Fol. amoureuses, l, 2. Un. étranger, Fatime, un captif inconnu Promet beaucoup, tient peu, permet à son courage Des serments indiscrets pour sortir d'esclavage, volt. Zaïre, I, 1. C'est même une lâcheté de courage, mass. Car. Doutes. Soumettez-lui les fiers courages Des plus nobles peuples du Nord, gresset, Ode au roiStanislas. || 2° La personne même, considérée au point de vue de la passion qui l'anime. Ce grand prince calma les courages émus, boss. Louis deBourb. Il devient un objet de mépris aux uns, et, ce qui est le plus insupportable à un grand courage, un objet de pitié aux autres, id. Beine d'Anglet. Combien recut-il d'avis secrets que sa vie n'était pas en sûreté! Et il connaissait, dans le parti, de ces fiers courages dont la force malheureuse et l'esprit extrême ose tout et sait trouver des exécuteurs, id. le Teliier. Ô la lâche personne! ah! le faible courage, mol. D.ép. am. îv, 4. Homère aux grands exploits anima les courages, boil. Art p. iv. Quels courages Vénus n'a- t-elle point domptés1? hag. Phèd.i, 1. Cela ne put étonner des courages qui étaient à toute épreuve, et qu'une suite non interrompue de prospérités remplissait d'assurance, rollin, Uisl. anc. ÔEuvres, t. vi,p. 4«h, dans pougens. || Homme courageux.[LaFrance]Pleine de mœurs et de courages, malh. il, 3. || 3° Zèle, bonne volonté, ardeur. Je vous servirai de grand courage. Donner courage aux faibles, pasc. dans cousin. Il ne perdit pourtant pas courage, id. Prov. 4. Il me disait que je devais prendre courage, fën. Tél. n. Je me sentis plein de courage contre les plaisirs, id. ib. || 4° Fermeté qui fait supporter ou braver le péril, la souffrance, les revers, etc. Ses négociations, ses traités, tout «e que sa prudence et «m courage opposaient à la fortune de l'Etat,

boss. Beine d'Anglet. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs, id. le Tellier. La vraie épreuve du courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt, la font. Fabl. vi, 2. Le vrai courage trouve toujours quelque ressource, fén. Tél. vi. Ce jeune roi, bien fait, vigoureux, d'une mine haute et fière, avait dans ses yeux la fureur et le désespoir; il était comme un beau cheval qui n'a point de bouche, son courage le poussait au hasard, et la sagesse ne modérait point sa valeur, id. ib. n. D'un courage naissant sont-ce là les essais? rac. Iphig. i,2. Le monde, injuste estimateur des choses du ciel, ne laissera pas d'admirer et de faire valoir le courage de ce sacrifice, mass. Car. Besp. hum. Dessus ses grands chevaux est monté mon courage, mol. Sgan. 21. La philosophie peut éclairer; mais d'une âme faible elle n'en saurait faire une âme forte; il y a bien des sortes de courages, condillac, Hisl. anc. n, 10. Le vrai courage est une confiance éclairée que rien ne trouble, id. ib. il, H. || Courage d'esprit, fermeté de l'intelligence qui fait saisir les idées hardies, par opposition à courage de cœur, qui fait braver 1rs périls présents. Ces sortes d'idées hardies, pourvu qu'elles le soient dans de certaines bornes, partent d'un courage d'esprit, rare même parmi ceux qui ont le courage du cœur, fonten. Chazelles. || Donner courage, inspirer du courage. César qui lisait sa peur sur son visage, Le flattait par pitié, pour lui donner courage, corn. Pomp. m, 1. || Prendre courage, ne pas se laisser abattre; reprendre courage, se relever après avoir été abattu moralement. Prends courage, ma fil'e, et sache qu'aujourd'hui Ton roi te veut servir et de père et d'appui, corn. Cid, n, 9. I| Perdre courage, se décourager. Battus sans jamais perdre courage, boss. Ilist. i, 9. || Il se dit aussi des animaux. Ce chien a du courage. || Familièrement. Prendre, tenir son courageàdeux mains, faire effort pour s'affermir dans une résolution. || Courage! interjection d'encouragement, d'excitation. Allons, courage! Du courage! Mais courage, il s'émeut, je vois couler des larmes, corn. Poly. iv, 3. Ménage, qui a dit tant de mots et qui en a dit si peu de bons, avoit pourtant raison de s'écrier à la représentation des Précieuses ridicules : courage, Molière! voilà le bon comique, marmont. Élém. de littér. t. vi, p. 171, dans pougens. I! 5" Dureté de cœur (le courage de la fermeté ayant, par exagération, passé à la dureté de cœur, à l'insensibilité). Je n'ai pas le courage de lui refuser cela. Le traître eut le courage de livrer son meilleur ami. Sans que les larmes d'un si bon roi pussent amollir le courage de ces tigres qui le trahissaient si lâchement, vaug. Q. C. 317. || Proverbe. Il n'y a plus que courage, ou il n'y a plus que le courage, locution qui se dit pour encourager en avertissant qu'on est au bout de la peine, du travail, de la course, etc.

— SYN. 1° cœl'r, •courage. Courage est un dérivé de cœur, et c'est cette dérivation qui permet de les distinguer, puisque, par là, courage doit contenir quelque chose de plus. En tant que considérés comme ce genre de fermeté qui l'ait mépriser le danger, cœuret courage sont synonymes ; et dans cette phrase de Molière : Et le cœur est digne de blâme Contre les gens qui n'en ont pas (Amph. i, 2), courage irait aussi bien. Mais bien que l'on dise combattre avec courage, on ne dit pas combattre avec cœur. Donc ce que la dérivation ajoute à cœur pour former courage, c'est que courage exprime la manifestation du cœur. Quand le cœur se manifeste par des actes extérieurs, il prend le nom de courage. || 2° courage, bravoure. Courage est plus général que bravoure; justement parce que courage tient étroitement à cœur, il exprime tous les genres de courage aussi bien à la guerre que dans la paix. Au contraire bravoure n'exprime que le courage dans le combat.

— MST. xie s. Li reis est fiers , et sis curages pesmes, Ch. de Bol. iv. Mais je ne sai quels en est sis curages [intention], ib. xm. Gardez, de nous ne turnez le curage [que vous ne changiez de sentiment à notre égard], ib. li. En son curage [il] en est joieus et liét, ib. cxcvi. ||xue s. Entendez mon corage, Bonc. p. (3. Respont Rollant: ne me vient en corage [je n'en ai pas envie], ib. p. 47. Li cuens Holant o le courage fier, ib. p. 57. Rolanz fu preus et de moût fier corage, ib. p. 64. À Olivier [il] en a dit son corage, ib. p. 81. Par vasselage [fermeté], son corage [ses sentiments] il cela, ib. p. 1 68. Et de moût bon corage [ili a réclamé Jhesu, ib. p. 196. Mais je n'ai pas corage [intention] que plus le res-

pirons, ib. p. 206. Au mont [monde] n'a [il n'y a], voir, si cruel traïson Qu'en bel semblant et corage félon, Couci, ix. Je doi avoir grant joie en mon enrage, ib. xix. Tant [j'] ai en lui [elle] ferme assis mon corage Qu'ailleurs ne pense.... ib. [Je] Chanterai pour mon courage Que je veuil réconforter, Dame de faiel, dans Couci. Diex! Que ferai? Dirai lui [à elle] mon coraige? Irai-je lui dont [donc] s'amour demander? quesnes, Romancero, p. 83. Chanter m'esteut, que mVn est pris coraige, ib p. 85 Tel cinq cent chevalier Qui n'ont cuer ne corage de Saisnes guerroier, Sax. xvi. En tous essamples s'est granment reconfortez; Mais nepurquant mult ert el corage trublez, Th. le mart. 65. Puel cel estre qu'ensi se voleient vengier De mei . quant lur curage [intention] ne porent avancier? ib. 89. Ço est la lei à hume, ke hum te serve en simplicited e purted de sun curage, e tu li faces merci, Bois, 145. || xm' s. Damoisele, fait ele, fraignez vostre corage; Trop avez hui menée grant dolor et grant rage, audefr. le bast. Romancero, p. 14. Et bien créant en Dieu et de moult bon courage, Berte, lxx. Seignor, famé est et foie et sage, Et moult est foie de corage, Ren. 7)08. El [Papelardisej fait dehors le marmiteus, Si a le vis [visage] simple et piteus, Et semble sainte créature; Mais sous ciel n'a maie aventure Qu'ele ne pense en son corage, la Rose, 4i 7. Li valés fu jones et biaus, Si estoit bien d'autel ange Cum s'amie, et d'autel corage, ib. 12*6. En tel cas prent on aucune fois l'autrui coze, et si n'est pas larrecins, car larrecins n'est pas sans avoir corage d'embler, beaum. xxix, 12. Mais li coi monte as preus et as gentis, Ch. d'Anl. n, 4uo. || xiv s. Vouloir estre honouré entre les grans et des grans, il vient de bon courage et tel se monstre home, oresme, Eth. 123. Chetif courage , id. ib. 106. La famé de Richart dit moût hautement de mauvais courage au dit exposant.... du cange, ootdere. || xve s. Le duc commença à rire et s'excusa, et ne dit pas si très tost ce qu'il avoit sus le courage, froiss. il, m, 47. On pardonne bien de bouche, mais tousjours demeurent les haines en courages, id. il, ii, 241. Leurs gens n'avoient nul courage de bien faire ni eux défendre, id. ii, m, 17. fit qui eust voulu poursuir, on eust chassé les dits Anglois jusques à la mer, veu le courage que chacun avoit; car ung François eust abatu dix Anglois, Chron. du siège d'Orléans, 1429, Bibl. des Chartes, t. m, 2e série, p. 207. Vallet, va quérir en message Centurion au fier courage; Va tost, dy ly qu'il veigne cy, la Pass. de N. S. J. C. En pre-ence de cette noble compagnie, et mesmes plusieurs autres nobles hommes et vertueux courages cy presens , math, de coucy, Hist. de Charles VII, p. 678, dans lacirne. || xvr s. Les courages des ennemis sont abbattus, mont, i, 24. Un mauvais luicteur se. feit médecin: courage, lui dict Diogenes; tu as raison; tu mettras à cette heure en terre ceulx qui t'y ont mis aultrefois, id. m. 210. Remplissant des haines parricides les courages fraternels, id. iv, 201. Epaminondas, sans faire semblant de rien, avoit de longue main conduit la prattique de lever le courage ">ux jeunes hommes Thebains, amyot, Pélop. 13. Il ,eit renaistre es courages des soudards une envie de se trouver aux prises.... id. Pélop. et Marcel, comp. 3. Philopremen le laissa dire, combien qu'il en fust fort despit en son courage [intérieurement], id.

Philop.io Unquejesçeusseavoircourag» lasche,

id. Comment dise, le flatt. 58. Un bon courage décore visage, leroux de lincy, Prov. t. H, p. 430.

— ÉTYM. Bourguig. coraige; provenç. et catal. coratge; espagn. corage; portug. coragem ; ital. coraggio ; d'une forme coraticum (comme le prouvent le t'g du provençal et le double g de l'italien), dérivée de cor, cœur. Palsgrave, p. 62, au xvie siècle, dit qu'on prononçait couraige.

COURAGEUSEMENT (kou-ra-jeû-se-man) , adr.

Avec courage, fermeté. Ils ravagent tout ce qui est entre la Somme et l'Oise, et, tant que personne ne leur résiste, ils tiennent courageusement la campagne, ils tuent nos paysans et brûlent nos villages, voit. Lclt. 74. Si Gustave en doutait, vous ne le verriez pas Si courageusement s'avancer au trépas, piron, G. Wasa, iv, 8.

— HIST. xvi" s. Comme il combattait fort courageusement contre ceulx qu'il avait en teste, amyot, Pyrrh. 7o.

— ÉTYM. Courageuse, et le suffixe menti provenç coratjosamens.

COURAGEUX, EUSE (kou-ra-jeu, jeu-z'l, adj. || l"Qui a du courage. Se montrer courageux dans le malheur. Une âme courageuse. Plus vites qi.e les aigles, plus courageux que les bons, boss. Louis de

Bourbon. Le premier qui se présenta [au tournoi] était un seigneur très-riche, fort vain, peu courageux, très-maladroit et sans esprit, volt. Zadig, 19. [Apprends que l'amour est] Courageux et surtout hors de cette faiblesse, Qui force à se chercher et pour soi s'intéresse, corn. Imit. m, 5. || Substantivement. Le courageux est assuré contre les périls dans les entreprises considt rallies; mais le magnanime va plus loin encore, boss. dans le Dict. de dochez. || 2°Qui dénote du courage. Trait courageux. Un courageux dévouement. On opina par boules sur la punition qu'il [l'abbé de SainUPierre] avait encourue; toutes les boules, à l'exception d'une seule, furent pour l'exclure de nos séances; cette boule courageuse fut donnée par Fontenelle, d'alembert, Éloges, abbé de St-Piirre.

HlST. xii* s. Od [avec] gent hardie e cora-

juse, Fiere e estrange e bataillose, benoît, ii, 1063. Berengers fu corageus et hardiz, Ronc. p. 03. Et corageus as armes et fier comme liepart, Sax. xix. |j xin* s. il sunt félon et outrageus, De tous maus faire corageus, la Rosi-, 9214. [| XVI* s. 11 n'estoit point de mémoire que jamais ils eussent esté batus en bataille rengée.... au moyen de quoy ilz estoient si courageux [fiers] et si terribles que personne ne les osoit attendre, 'amyot, Pélop. 32. Si ses escritps rapportent aucune chose de ses conditions, c'estoit un grand personnage, droicturier et courageux, non d'une vertu superstitieuse, mais philosophique et généreuse, mont, iv, 63.

— ÉTYM. Courage; provenç. coratjos, coratgos; anc. espagn. corajoso ; ital. coraggioso.

| COURAI (kou-ré), s. m. Terme de marine. Voy.

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