‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 430 sur 462 · I. — IKV · texte numérisé non relu

I. — IKV

COU

COU

COU

viennent également de convenue (voy. convenir). Dès le xm* siècle, converti a, du sens de réunion, passé à celui de réunion de religieux.

| COUVER (kou-vé), v. a. || 1° Se tenir sur les œufs pour les faire éclore, en parlant des femelles des oiseaux. La poule a couvé tant d'oeufs. J'avais d'abord regardé comme une fable ce que Diodore rapporte de l'industrie des Egyptiens, qui savaient, par une fécondité artificielle, faire éclore des poulets, sans faire couver les œufs par des poules ; mais tous les voyageurs modernes attestent la vérité de ce fait, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. i, p. 98, dans pougens. || Absolument. Cette poule veut couver. Elle bâtit un nid, pond, couve et fait éclore, A la hâte; le tout alla du mieux qu'il put, la font. Fabl. iv, 22. al [Dipbile] retrouve ses oiseaux dans son sommeil : iui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perche, il révéla nuit qu'il mue ou qu'il couve, la bruy. xin. || 2" Fig. Entretenir avec soin et mystère. Ennuyés de couver leur cruelle manie, malh. ii, ). Ce fier serpent qui couve un venin sous des fleurs, Régnier, Sat. vi. Je vous avoue, ma très-aimable chère, que je couve une grande joie, mais elle n'éclatera point que je ne sache votre résolution, sév. 183. N'est-ce pas sous un beau semblant d'obéissance et de modestie couver la rébellion et la violence dans le sein? boss. Var. Avert. v, § 14. Vous avez couvé le feu profane dans votre cœur, mass. Car. Tiédeur, 2. L'ouvrage d'un scélérat qui couvait de mauvais desseins, J. ;. rouss. )" dial. Je vois sur votre visage cette méditation profonde qui couve les germes du génie et les dispose à la fécondité, marmont. Contes mor. Connaiss. Quelque soit le destin que couve l'avenir, Terre [Italie], enveloppe-toi de ton grand souvenir, lamabt. Harm. ii, y» |) Couver des yeux, regarder avec plaisir, avec convoitise. Lorsqu'il est jaloux de son trésor et qu'il le couve des yeux, desc. Pass. tG9. Telle prenait Goût à le voir et des yeux le couvait [un jouvenceau], Lui souriait, faisait la complaisante, la font. l'saut. Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort, Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor, id. Fabi. vu , i . Gaillard corbeau disait en le couvant des yeux [un mouton] : Je ne sais qui fut ta nourrice, id. ib. n, )6. || Préparer, renfermer dans son sein. Ces grands mouvements Couvent, en leurs fureurs, de piteux changements, Régnier, Sat. iv. L'air calme couve une pluie, desc. Météor. 2. || Familièrnent. Couver une maladie, porter en soi les germes d'une maladie qu'on craint de voir apparaître. !| 3° V. n. Être entretenu sourdement, préparé en silence, sans paraître. Le feu couve sous la cendre. Tant qu'aucun souffle ne l'éveille, L'humble foyer couve et sommeille, lamart. Médit, n, 6. || Fig. C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit d'une passion, d'une haine prête à se réveiller. C'est le feu de l'Etna qui couvait sous la cendre, volt. Calil. v, 3. Le feu terrible qui paraissait presque éteint couvait sous la cendre, pour éclater bientôt avec plus de fureur que jamais, J. j. rouss. Ém. v. || il faut laisser couver cela, il ne faut le faire qu'après de mûres réflexions. || 4° Se couver, v. réfl. Etre en sourde préparation. Ne mettez point d'obstacle aux choses qui se couvent, boss. Devoirs, 2. Tous les gens un peu pénétrants virent bien qu'il se couvait, au sujet de mon livre et de moi, quelque complot qui ne tarderait pas d'éclater, j. j. rouss. Conf. xi. — HIST. xine s. Ce sunt cil qui en leur cuer covent leurnalice, Psautier, f" 37. Chose que li ton cuer covoit, Ren. 6720. Une geline oï cover, Qui desoz li avoit douze oes [œufs], ib. 23388. Tel mal ai dedenz moi cové, Par quoi me covendra finer; Bien voi ne puis longues durer, ib. 8058. Quatre loviax gisent enmi, Et ma dame Hersent la love, Qui ses loviax norrist et cove, ib. 36). Car bien est ores esprouvée La traïson qu'avez couvée, la Rose, 2954. Com plus couve li feus, plus art, ruteb. 38. J| xive s. La très grant traïson qu'il ont longtemps covée Fu en l'ost dessus dit très clairement provée, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Chartes, 3e série, t. il, p. 26). Et ainsi [le feu d'amour] se queuve et engendre, Com li charbons desouz la cendre, machault, p. 85. Et en droite aventure, je vous acertefie, Met-on les oefs couver, on l'a dit mainte fie, Guescl. 4460. || xvic s. Je me couve continuellement de mes pensées, et les couche en moy, mont, i, 78. Les tortues et les autruches couvent leurs œufs de la seule vue, id. i, )0). Les accoustrements nous eschaufl'ent de nostre chaleur, laquelle ils sont propres à couver et nourrir, id. i, 3)9. Un vieillard se faict tort et aux siens de couver inutilement un grand tas de richesses, id. ii, 76. Il couvoit de longtemps en son cœur le paganisme, id. m, 83. Que

je couve quelque maladie causée d'excès, yveh , p. 582. Cela descouvrit la maladie cachée et secrette, qui de long temps se couvoit en la ville de Rome, amyot, Marins, 62. Les plus téméraires se prirent à crier que Crispinus ne couvoit rien de bon en son cueur, id. Othon, 4. La poule couvante ne les poussins esclos ne peuvent souffrir l'incommodité d'un mauvais logis, o. df. serbes, 358. Qui te retient, disoy je, ainsi tard endormie? Tu ne dois si longtemps en paresse couver; La femme d'un vieillard matin se doit lever, desportes, Œuvres, p. 327, dans lacurne. Elle y peut bien pondre, mais elle n'y couvera pas, cotgrave.

— ÉTYM. Berry et normand, couer; saintong. coûer; wallon, cover; génev. gonver; Franche- Comté, gouver ; provenç. coar ,■ catal. covar ; ital. covare; du latin cubare, être couché.

COUVERCLE (kou-vèr-W) , s. m. Ce qui est pour couvrir et fermer. Le couvercle d'une boîte, d'un put, d'une marmite. Polyphème referme la porte sur nous avec cet horrible rocher qu'il remur avec la même aisance que si c'eût été le couvercle d'un carquois, fén. xxi, 400. || Fig. Trouver couvercle à sa marmite, se dit, dans un parler très-libre, d'une femme qui trouve mari ou amant. Il n'est si décrépite Qui ne trouve, en donnant, couvercle à sa marmite, Régnier, Sat. xm. || Dans le même sens. Il n'est pas si méchant pot qui ne trouve son couvercle, c'est-à-dire il n'y a pas de femme, quelque disgraciée qu'elle soit, qui ne trouve à se marier.

— HIST. xm" s. Item un pot qui dessus le couvercle a un chevalerot [figure de chevalier], du cange, cavaillerii. Renart tint le covercle haut, EtTybert saut hors de plain vol, Et Renart letchaoir si fort Le covercle, et si l'empaint, Tybert en a la qeueataint, Ren. 2806. Ens au covercle [de la coupe] par desus, llloec ert paint comme Venus, Pallas et Juno ensement.... FI. et Bl. 465. ||xve s. Ha hay ! qui puet avoir osté Du monument et descouvert Le couvescle et entrouvert ? Résur. de N. S. J. C. || xvrs. Il teint le couvercle si ferme parle dedans, que plusieurs ensemble qui se preforcerent de l'ouvrir n'y sceurent onques rien faire, amyot, Rom. 46. Tel pot, tel couvercle, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. cooperculum, de cooperire (voy. couvrir).

f COUVERSEAU (kou-vèr-sô), s. m.\\ i" Planche mince dont on forme un couvercle pour les meules d'un moulin. || 2° Anciennement. Étoffe, tapisserie servant à couvrir des chaises et autres meublés.

— HIST. xv' s. Leur lit, leur habitation Estoit soubz arbres; les rainsel [rameaux] Furent leur toit et couversel, e. desch. Poésies mss. f°387, dans lacurne. Le mortier, c'est je veux complaire; le pillon, c'est vous n'aurez rien; Le couverceau, vous me faschez; La fiole, vous me plaisez, coquillard, Droits nouveaux.

— ÉTYM. Couvrir; provenç. cubresel, couvercle, l . COUVERT, ERTE (kou-vêr, vèr-t'), part, passé

de couvrir. |( 1° Garni, muni de quelque chose qui couvre. Maison couverte en tuile. || Clos et couvert, logé dans une maison qui est bien close et qui a bonne toiture. Le propriétaire doit tenir son locataire clos et couvert. || Fig. Se tenir clos et couvert, se tenir en lieu de sûreté. || Terme de marine. Batterie couverte, batterie de bouches à feu renfermée entre deux ponts. || Ailes couvertes, ailes des insectes qui sont tout à fait cachées sous les élytres. J| Terme de botanique. Fruit couvert, fruit que le calice, persistant autour de l'ovaire, et se fermant vers le sommet, enveloppe en entier. || Fig. Servir quelqu'un à plats couverts, ne lui confier un secret qu'en partie, et aussi lui rendre de mauvais offices secrètement. || 2° Vêtu. Il n'était couvert que de simple serge. Un homme bien couvert. Mais que veut ce soldat couvert à la romaine? mair. Sophon. iv, ). Dans ce désordre à mes yeux se présente Un jeune enfant couvert d'une robe éclatante, rac. A thaï, ii, 5. || D'après de Caillières, )690, dire un homme bien couvert, était une façon de parler du dernier bourgeois. || Qui a son chapeau sur la tête. Le chancelier Guy de Rochefort était assis et couvert, volt. Mœurs, ))0. || Terme de musique. Couvert, mot qui indique qu'on doit couvrir d'un drap les timbales afin d'en amortir le son. || 3° Mots couverts, paroles qui cachent un sens différent de celui qu'elles expriment. C'est me conseiller de mourir, en paroles couvertes, sév. 2)9. || Mots couverts, paroles honnêtes qui en font entendre d'obscènes. || 4° Allée couverte, allée taillée en berceau. || Pays couvert, pays très-boisé. || 5°Chargé, plein de. Une table couverte de mets. Pays couvert de bois. Ces portiques, ces lieux que vous voyez déserts, De

nombreux citoyens seront bientôt couverts, volt. Tancr. m, 3. L'océan était couvert de ses flottes, raynal, Hist. phil. ix, 8. || Par extension. Bientôt nos amis Viendront couverts du sang que je vous ai promis, rac. Andr. v, 4 Le héros en prière Demeura tout couvert de feux et de lumière, boil. Lutr. vi. Tu gémis et tes yeux de larmes sont couverts, volt. Alz. iv, 7. || Fig. Un discours couvert djapplaudissements. Et j'aime mieux voir morts que couverts d'infamie Ceux que vient de m'ôter une main ennemie, corn. Hor. iv, 2. Nous mourrons, je le sais, mais tout couverts de gloire, volt. Orphel. iv, 6. || 6" Protégé, défendu. Couverte de toutes parts, la France est capable de tenir la paix avec sûreté dans son sein, mais aussi de porter la guerre partout où il faut, boss. Marie-Thér . Marie est couverte de la vertu du Très -Haut, id. iv, Annonc. I. Dans la gloire éternelle, les fautes des saints pénitents, couvertes de ce qu'ils ont fait pour les réparer et de l'éclat infini de la divine miséricorde, ne paraissent plus, id. Louis de Bourbon. Mannheim.... est au confluentdu Neckeretdu Rhin, et couverte d'un côté par un marais, lafayette, Mém. Cour de France, Œuvres, t. n, p. 37) , dans pougens. Aimé du souverain, de ses rayons couvert, Vous ne servez qu'un maître, et le reste vous sert, volt. Brut. n. 2. Que l'accusé couvert de votre autorité, Sorte de son palais et parle en liberté, m. j. chéN. Tibère, v, 5. || Terme d'art militaire. Cette porte est couverte par une demi-lune. Chemin couvert, chemin sur le bord extérieur du fossé et où l'assiégé est à l'abri du feu des assiégeants. || 7° Caché. Et lorsque sous mon nom il se livre à sa perte, Tiendrai-je sous le sien ma fortune couverte? corn. Héracl. iv, ). Il tient en ma faveur leur naissance couverte, id. ib. v, 3. Mais, tenons, s'il se peut, notre douleur couverte, mol. Mélic. ii, 2. Tes yeux sur ma conduite incessamment ouverts M'ont sauvé jusqu'ici de mille écueils couverts, rac. Brit. i, 4. Votre empire n'est plein que d'ennemis couverts, id. Alex, ii, 2. Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux, id. Andr. n, 2. Au milieu d'ennemis couverts ou déclarés, la bruy. x. Quoi! vous le soupçonnez d'une haine couverte? rac. Brit. v, |

) Je ne sais quel ennemi couvert Révélant nos

secrets, vous trahit et me perd, id. Mithr. iv, 2. Jalousies tantôt couvertes, tantôt déclarées, boss. Hist. m, 6. Ecouta-t-il Jason, quand sa haine couverte L'envoya sur nos bords se livrer à sa perte ! corn. Médée, H, 2. Ce feu, tantôt couvert, tantôt soufflé avec violence, désolait ces beaux climats, volt. Scarmentado. || Terme de musique. Quinte, octave couverte, synonyme de quinte, octave cachée. || 8° Dissimulé. C'est un homme couvert. || Se tenir couvert, cacher ses pensées, ses projets. Il [Monsieur] se tint couvert au dernier point au sujet des trois ministres, retz, Mém. liv. m, p. 464, dans pougens. Il On dit dans le même sens : clos et couvert. || 9° Vin couvert, vin d'une couleur rouge foncée. Il y pleut [dans l'Ile des Plaisirs] du vin couvert quand le temps est chargé, et, dans les plus beaux jours, la rosée du matin est toujours du vin blanc, fén. xix, 38. || 10° Drap couvert, drap qui n'a pas été tondu d'assez près.

2. COUVERT (kou-vêr; le t ne se lie pas; un couver épais; au pluriel, \'s ne se lie pas : des cou-vêr épais; cependant plusieurs lient: deskou-vêr-z épais), s. m. || 1° Logis où l'on est couvert des intempéries. Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage Le vivre et le couvert : que faut-il davantage? la font. Fab. vu, 3. Des hommes ayant souvent à peine le couvert et la pâture, volt. Mœurs, )44. On donne le couvert à des passants embarrassés de leur gîte, j. j. rouss. Ém. v. La solitude a préparé à l'oiseau le vivre et le couvert, chateaub. Génie, i, v, 7. X. Dieu ne plaise, dit le lévite, que je loge chez un peuple infidèle, et qu'un Cananéen donne le couvert a un ministre du Seigneur, j. j. rouss. Léo. d'Éphr. ch. n. || Terme de blason. Château ou tour avec un comble. || 2° Terme de fortification. Ouvrage défendu par un autre. || Glacis qui sert de parapet au grand chemin des rondes. || 3" Ombrage que donne un massif d'arbres. Ce jeune bois donne un beau couvert. Ces boutures de peupliers et des. épines qui, après avoir pris racine, ont fait un peu de couvert, buffon, Exp. sur les végét. 2' mém. || 4° Sous le couvert , avec une enveloppe qui portf l'adresse d'un tiers. Je supplie V. A. R. d'adresser les ordres sous le couvert de M. du Breuil. volt, Lett. Prusse, 12. On m'a déjà adressé quelques volumes sous le couvert du général Miollis, p. l. cour. I.ett. H, 16. || Fig. Sous le couvert de l'amitié, en prenant les dehors de l'amitié. Sous le couvert des formes

cou

COU

cou

judiciaires, en usant loyalement ou déloyaleuient des formes qu'imposent les lois. || 5° Â couvert, loc. adv. Les troupeaux ne pouvaient trouver d'étables pour être mis à couvert, fén. Tél. i. || Fig. Ma fourbe est à couvert, l'autre a tout avoué, mair. Soliman, m, 9. 11 n'est pas de ces rois qui, loin du bruit des armes, Sous des lambris dorés donnent ordre aux alarmes, Et, traçant en repos d'am- Ditieux projets, Prodiguent à couvert le sang de leurs sujets, corn. Victoires du roi. Mettre à couvert son honneur, la font. Contr. Pour savoir, dites-vous, si Jansénius est à couvert, il faut savoir s'il défend la grâce efficace à la manière de Calvin, pasc. Prov. <8. Afin de vous mettre par là à couvert du côté des juges, id. ib. il. Voilà tout ce qu'on peut souhaiter pour mettre l'honneur à couvert, m. ib. 7. Cette définition vous met fort à couvert, sév. 442. Pour mettre la conscience à couvert, boss. Var. 7. On mettait à couvert la faiblesse et l'innocence, mass. Prière, 2. || Mettre son bien, sa fortune à couvert, les garantir contre les dangers de les perdre, contre des répétitions qui pourraient les compromettre. Voyant ses affaires embarrassées, il a mis la dot de sa femme à couvert. On leur permet de mettre une partie de leur bien à couvert, pasc. Prof. 8. Mazarin prit ses mesures pour mettre à couvert ses richesses, volt. Louis XIV, 6. || Terme de commerce. Être à couvert, avoir des garanties sûres pour les avances faites à quelqu'un. || 6° À couvert de, loc. prépos. Dans une situation où l'on est couvert, et défendu contre quelque chose. Être à couvert du canon. Une tente où l'on pourra se mettre à couvert de tout, sév. 435. Vous qui mettez sa tête à couvert delà foudre, corn. Hor. v. 3. C'est attendre l'issue à couvert de l'orage, id. Pulch. m, I. La vengeance dont Dieu avait voulu les mettre à couvert, boss. Hisl. u, 9. || Fig. Je veux me voir en vous renaître de ma cendre, Et, par vous à couvert des outrages du temps, Commencer à mon âge un règne de cent

ans, rotr. Vencesl.i, < Nous, à couvert de toutes

ses poursuites, De ce coup hasardetfx ne craindrons point les suites, mol. l'Étour. m, 7. Quand on est faite comme vous, on doit être à couvert de toutes ces sortes de craintes, id. Festin de P. n, 2. Il entre [dans la rivière], et son cheval le met À couvert des voleurs, mais non de l'onde noire, la font. Fabl. vm, 23. Je me crois à couvert des rhumatismes, sév. 282. Dans ces refuges où ia pudicité est à couvert des tentations du désespoir et de l'indigence, fléch. Pantg. n, p. 32 1. Etant seul à couvert des traits de la satire, boil. Sat. ix. Votre vertu vous met à couvert du trépas, rac. Théb. il, 2. On y est [dans la vertu] du moins à couvert des dégoûts du monde et des passions, mass. Car. Dégoûts. La vertu la plus entière n'est plus à couvert de la contradiction des langues, id. ib. Pet. nombre des Élus. Que n'opposez-vous pas pour vous mettre à couvert de ce devoir? in. ib. Mot. de conv. Elle mit à couvert de la contagion le trésor de la grâce, id. Av. Conc. Pour mettre son héros à couvert de surprise, volt. Calil. n, t. || Dans un tout autre sens, à couvert de, protégé par. Le régiment était à couvert d'un bois. Â couvert de sa mauvaise mine, sév. 498. Il n'a songé qu'à se mettre à couvert de Rome, boss. Lett. quiet. 464.

— syn. X couvert, à l'abri. X l'abri ajoute une idée de protection qui n'est pas dans la locution à couvert. Celui qui est à couvert est simplement couvert; celui qui est à l'abri est protégé, défendu, garanti.

— HIST. xmc s. 11 deit jurer sur sains que il n'a, ne autre por lui, dou sien à covert ne à descovert, de quei il li puisse fere que plege.... Ass. de J. I, 192. Meson en laquele ele doit avoir le covert por son cors garder et garantir, beaum. xxx, too. || xvie s. S'estant jecté hors du couvert d'un moulin à vent, mont, i, 49. Il ne change, pour hyver et temps qu'il face, le mesme bonnet qu'il porte au couvert, id. i, 260. Nul moyen de loger à couvert ses blecez, id. i,356. Il le fit lever, lui priant de lui donner le couvert pour cette nuit. — Endurez que je demeure ici à couvert, attendant qu'il soit jour, desper. Contes, xliii. Un grand couvert [hangar] comme haie de marché, y sera dressé, o. de serres, 21. Ce que les veneurs en leurs termes appellent couvert, l'opposans à la campagne , pithou, Coust. de Troyes, p. 636, dans lâcurnë. O combien de biens faits obmis, et de mechancetez se commettent sous le couvert des formes, lesquelles l'on ne sent pas, charron, Sagesse, p. 43, dans lacurne.

— étym. Couvert \; provenç. cubert ; portug. coberta; ital. coperto.

Page 1