‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 431 sur 462 · COUVERT (kou-vêr; le t ne se lie pas; un cou · texte numérisé non relu

COUVERT (kou-vêr; le t ne se lie pas; un cou

vert élégant; dites : un kou-vêr élégant; au pluriel, Vs ne se lie pas: des kou-vêr élégants; cependant plusieurs lient : des kou-vêr-z élégants), s. m. || 1° Ce dont on couvre une table, nappe, assiettes, cuillers, fourchettes, etc. avant de servir les mets. On apporte la nappe et l'on met le couvert, Régnier, Sat. x. La vieille.... met le couvert, la font., Fauc. Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis; Je laisse à penser la vie Que firent ces deux amis, la font. Fabl. i, 9. Mais, que vois-je! de bons amis Que rassemble un couvert bien mis, bérang. Acad. et Cav. 1| Grand couvert, repas qu'un monarque fait en public avec un certain cérémonial. Mais je vois en pitié le Crésus imbécile Qui jusque dans les champs me transporte la ville; Avec pompe on le couche, on l'habille, on le sert, Et Mondor au village est à son grand couvert, delille, Homme des ch..i. || Petit couvert, repas sans cérémonie des rois et princes. Elles [les princesses] mangèrent à leur petit couvert, volt. Babyl. 4. || 2° L'assiette , la serviette, la cuiller, la fourchette, le couteau et le verre de chaque convive. Mettez un couvert pour Monsieur. Il y avait dans un coin cinq ou six couverts où se mettaient tantôt les unes [des princesses] tantôt les autres, mais qui n'étaient tenus par personne, st-sim. 32, <21. Alexandre dressa pour le festin une tente qui contenait cent tables, où par conséquent il pouvait y avoir neuf cents couverts, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. i9i , dans pougens. On lui apporta un couvert; il se jeta d'abord sur l'omelette avec tant d'avidité qu'il semblaitn'avoir mangé de trois jours, lesage, G il Blas, i, 2. || Avoir toujours son couvert mis chez quelqu'un, être certain qu'on y sera toujours reçu à dîner. || 3° La cuiller et la fourchette réunies. Une douzaine de couverts d'argent à filet. || 4° Etui garni d'un couvert et du couteau. Couvert de vermeil. 11 porte toujours son couvert en voyage.

— HIST. xv° s. Messire Gautier de Passac et messire Guillaume de Lignac demourerent avec les chevaliers et les menèrent en une belle chambre où on avoit couvert pour disner, froiss. h, in, 85. Madame ma mère vit que l'on servait madame la Dauphine à couvert, et madame la duchesse de Bourgogne point, de laborde , Émaux, p. 232. Quand madame la duchesse mangeoit là où monsieur le Dauphin estoit, l'on ne la servoit point à couvert, et ne faisoit on pas d'essay devant elle, mais beuvoit en sa coupe sans couvrir, id ib. || xvie s. Puis furent amenez en la grande sale, qu'ils trouvèrent si riche parée, et le couvert de quatre longues tables si bien ordonné que.... cahl. v, i'2.

— ÉTYM. Couvert i; bourguig. couvar. Mettre le couvert se disait ainsi parce que, aux tables des rois et des princes, les plats, hanaps, salières avaient un couvercle, sorte de garantie extérieure contre l'empoisonnement; de là couvert a pris le sens des assiettes, fourchette, cuiller, couteau, qu'on met devant un convive, et plus particulièrement encore, de la fourchette et de la cuiller.

COUVERTE (kou-vèr-f), s. f. || 1° Terme de manufactures de terres fines. L'émail dont est revêtue la terre mise en œuvre, faïence ou porcelaine, et qui est composé de substances facilement vitrescibles. C'est sur ia couverte que l'on peint. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, on peut assurer qu'il n'y a point de porcelaine dont la couverte soit plus agréable à la vue, plus égale, plus unie, plus solide et plus fine, raynal, Hist. phil. v, 7. De quels métaux fondus la pâte blanchissante Forma d'un riche enduit leur couverte brillante, delille, Trois règnes, iv. || La portion extérieure de la porcelaine qui est à demi vitrifiée .par la cuisson. On donne le nom de couverte à cetle couche qui constitue proprement la porcelaine, raynal, Hist. phil. v, 27. || 2° Couverture. Un garde-robe gras servait de pavillon, De couverte un rideau, Régnier, Sat. xi. Hors d'usage en ce sens. || Aujourd'hui, couverture de laine employée par les militaires. || Chez les emballeurs, enveloppe extérieure de toiles qui viennent du Levant. || Châssis sur la forme du papetier. || 3° Terme de marine. Toiture des bâtiments désarmés; pont supérieur. || 4° Terme de fauconnerie. L'une des deux grandes pennes du milieu de la queue d'un faucon. || Vol à la couverte, chasse où l'on approche le gibier à la faveur de quelque couvert, haie ou bosquet.

— HIST. xiv" s. Pour ce convint que il jurast; S'il ne l'eust fait, il estoit mast; Mais il joua d'une couverte Et se sauva de plus grant perte, Liv. du bon Jeh. 2950. Il s'est, à la couverte, armé souffisamment, Baud. de Seb. vm, 895. ||xv* s. Si chevauchèrent bien un grand temps à la couverte tousdis

en costiant Postaux Anglois, froiss. i, i, 91. || xvies. Quand il eut bien fait du mauvais, il fut contraint de s'apaiser pour une couverte de Catalogne que lui donna le sire André, desper. Contes, xi.

— ÉTYM. Couvert ^ ; provenç. cuberta; espagn. cubierta.

COUVERTEMENT (kou-vèr-te-man), adv. D'une manière couverte, cachée. M. de Mayenne se servit, quoique couvertement, des seize, qui étaient les quarteniers de la ville, retz, ii, 266. On corrompt mes sujets, on conspire ma perte, Tantôt couvertement, tantôt à force ouverte, desmarets, Mirame, i, \.

— HIST. xme s. Car li plusor songent de nuit Maintes choses couvertement Que l'on voit puis apertement, la Rose, (9. Et cil meisme qui estoient contre lui estoient si ami couviertement, Chr. de Bains, p. VU. || xve s. Quand jour fut, ces marchands qui estoient couvertement armés.... froiss. i, i, 1 34 . || xvie s. Dès la naissance de l'Eglise chrestienne telles diversitez ont aparu, qui se sont continuées tantost couvertement, tantost ouvertement, et dureront jusqu'à la fin du monde, lanoue, 70. Les femmes Scythes crevoient les yeulx à touts leurs esclaves et prisonniers de guerre, pour s'en servir plus librement et couvertement , mont, m ,

— ÉTYM. Couverte, et le suffixe ment; provenç. cuberlament ; espagn. cubiertamente ; ital. copertamente.

COUVERTURE (kou-vèr-lu-r') , s. f. || 1» Toile. drap, étoffe quelconque qu'on étend ou qu'on dresse sur une chose pour la couvrir. Couverture de canapé. Les capuchons sont les plus anciennes couvertures de tête que les ecclésiastiques aient portées à l'église, thiers, Hist. des perruques, ch. 4. || 2" Papier, peau, etc. qui sert à couvrir un livre. La couverture d'un livre. Une riche couverture. || On dit plutôt reliure, quand la couverture est en peau. || 3° Absolument, la couverture d'un lit. Une couverture de laine. Il mit la tête sous les couvertures, hamilt. Gramm. 9. De peur que son père ne découvrît par la lumière qui était dans sa chambre toutes les nuits, qu'il les passait à travailler, il étendait devant sa fenêtre les couvertures de son lit qui ne lui servaient plus qu'à cacher qu'il ne dormait pas, fonten. Hartsoeker. Des domestiques qui étaient entrés dans sa chambre lui jetèrent des couvertures sur la tête et l'étouffèrent [Démétrius], rollin, Hist. anc. t. vm, p. 576, dans pougens. || Faire la couverture, replier le drap et la couverture et préparer le lit de façon à ce qu'il n'y ait plus qu'à se glisser dedans. |j Mettre un homme dans la couverture, le berner; et fig. se moquer de lui. Je fus berné vendredi après dîné.... j'eus beau crier et me défendre ; la couverture fut apportée, et quatre des plus forts hommes du monde furent choisis pour cela, voit. Lett. 9. Une des choses qui m'effrayait le plus était que, lorsque j'étais bien haut et que je regardais en bas, la couverture me paraissait si petite, qu'il me semblait impossible que je retombasse dedans, id. ib. || Fig. Tirer la couverture à soi, de son côté, se faire sa part plus grosse qu'il ne serait juste. || 4e Pièce d'étoffe en fil ou en laine, plus ou moins ornée, et attachée par un surfaix sur le corps des animaux et surtout des chevaux, pour les protéger contre le froid, la malpropreté, les insectes. || 5° Terme de jardinage. Objet mauvais conducteur du calorique, employé par les jardiniers pour protéger les semis ou plantes contre le froid ou les rayons du soleil, et qui est fait de paille, de litière, de feuilles, de branches sèches, de paillassons, de caisses en bois, de cloches. ||6" Ce qui forme la surface extérieure d'un toit, (ouverture en tuile, en chaume, etc. || 7" Le droit, en Espagne, de se couvrir devant le souverain, droit dont L'octroi est l'objet d'une certaine solennité. D'abord le nouveau grand ou celui (pu succède à un autre, car cela est pareil pour la couverture, visite tous les grands; j'y menai mon fils; ensuite il en choisit un pour être son parrain. .... Je remarquai la bonté du roi, qui, en peine que mon fils manquât à se couvrir à temps, lui fit deux fois signe de le faire comme il se relevait de son inclination après le cobrios [couvrez-vous] ; il obéit, et s'étant couvert , il fit, comme c'est l'usage, un remercîment au roi de demi-quart d'heure, pendant lequel il mit quelquefois la main au chapeau et le souleva deux fois, à une desquelles le roi mit la main au sien, st-sim. 576, 264. La couverture de mon second fils se fit le i" février, jour pour jour, précisément quatre-vingt-sept ans depuis la réception de mon père au parlement, comme duc et pair do France, id. 589, ci. ||8° Fig. Prétexte, masque,

COU

cou

cou

faux-semblant. Des excuses de mal faire et des couvertures de crimes. Puis outre le saint vœu qui sert

de couverture Régnier, Sat. xm. L'étroite parenté

leur sert de couverture, tristan, Mort de Chrispe, 11, 2. C'est pour servir de prétexte et de couverture à l'avarice et à l'ingratitude, patru, Plaidoy. s», dan.'-. richelet. Il paraît que tout ce qu'il [Henri VIII] publia sur l'embarras de sa succession ne fut qu'une couverture, tant de ses nouvelles amours que du dégoût qu'il avait conçu de la reine sa femme, boss. Var. vu, § 51. Il fallait trouver quelque couverture à un défaut si visible, id. ib. xv. M. le Prince, sensible à la gloire d'une couronne pour un gendre qu'il estimait, cachait sous cette couverture la joie du repos de sa famille, st-sim. 48, 62. || 9° Terme de banque et de commerce. Provisions, cautions données pour assurer un payement. Ce négociant me doit beaucoup, mais j'ai de bonnes couvertures. Il Terme de bourse. Dépôt de titres ou d'espèces exigé souvent du client par l'intermédiaire pour diminuer les risques que ce dernier a à courir dans la conclusion des marchés à terme. || 10° Morceau de gros acier forgé recouvrant un morceau d'acier fin. || Plaque d'une serrure. || Planches inclinées pour garantir de la pluie des piles de bois. || 11° S. f. plur. Plumes recouvrant le dessus et le dessous des pennes des ailes et de la queue des oiseaux.

— HIST. xiie s. E [tu] dunas à mei la coverture de la tue salut, e la tue destre receut mei, Liber psahn. p. 20. À ma dolor n'a mestier couverture ; Si souspris sui , que je ne sai que faire, Couci, p. <2fi. Por ce ke il puist ferir et ocire les dévotes pensées, s'atapist il desor la covreture de dolor, Job, 446. Fiert soi [le feu] es tours, et el maistre clochier; Lescovretures covint justrebuchier, Raoul de C. 60. || xme s. Toute la couverture [du lit] à ses deus mains [elle] saisi, Berte, lxxxix. La covreture de la sele Ert d'un brun paile de Castele, FI. el Bl. •H87. j! xve s. Et le bourgeois qui trahit les avoit, se mit à fuire par couverture avec eux [afin de couvrir sa trahison], froiss. i, i, <90. Je vous vouldroye prier que vous me prestissiez ung de ces escu: à porter à ceste assemblée et les couvertures [cottes] et tout l'autre habillement, Lancelot du lac, t. m, f" t)6. Sire chevalier, que povez vous avoir de ainsi seigner? Certes, dit Nero par couverture [feinte], c'est pour la douleur de ma playe qui se est reprinse à seigner , Perceforest , t. v , f" 33. || xvi' s. Les femmes saisissent à deux mains toute couverture de contraster à leurs maris, mont, m, 8(. L'harquebuserie sans couverture se renverse aisément, lanoue, 324. Les nappes, les couvertures du lit, il vendoit tout cela, desper. Contes, lxxix. Elle leur monstra un flambeau ardent de dessus un figuier sauvage, en estendant derrière quelques tapis et couvertures, amyot, .Rom. 49. Des couvertures de licts, id. Lyc. 23. Ses faultes n'ont aucune couverture ne couleur honnesie, id. Thés, et Rom. comp. 6. Il ordonna que les couvertures des maisons se feissent avec la cognée, et les huisseries avec la sie seulement, id. Lyc. 23. Leur commune voix [des chirurgiens] est que ce fut le roy St Louys, le tirant en couverture [preuve] de l'appointé qui fut fait entre maistre François Fromond et Kobert de Langres, chirurgiens du roy jurez du chastelet d'une part, et maistre François de Troyes prevost d'autre, pasquier, Recherches, îx, p. 82< , dans lacurne.

— ÉTYM. Couvert i; bourguig. couwture; rouchi, couverlo; wallon, cofeteu; provenç. coopertura, cubertura; catal. cuberlora; espagn. cobertura; ital. copritura. L'ancien français avait aussi covertor, covertur, couvretoir, qui étaient masculins etvenaient de coopertorium. Fort sont li lac [liens] et grant li couvertour, Ce n'est pas gas, Enquelz cil est ki aime par amours, Poésies mss. avant 4300, t. i, f" 63, dans lacurne.

COUVERTURIER (kou-vèr-tu-rié ; IV ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie: des kou-vèr-tu-rié-z' achalandés) , i. m. Fabricant ou marchand de couvertures de lit.

— ÉTYM. Couverture; provenç. coberturier. COUVET (kou-vè ; le t ne se lie pas dans le parler

ordinaire; au pluriel, 1'* se lie: les kou-vè-z et la braise) , s. m. Petit pot de cuivre ou de terre qui sert de chaufferette aux marchandes se tenant en plein aî'r.

— ÉTYM. Couver; génev. covet; bourguig. côvà, couveau, chaufferette.

COUVEUSE (1? <u-veû-z'), s. f. Poule qui couve. Une bonne couv ise. || Four hydraulique où l'on fait les couvaisons artificielles, soit de graine des vers à soie, soit d'œufs de poule.

— rflST. xvie s. En quelque lieu qu'on loge les couveuses, o. de serres, 359.

— ÉTYM. Couver; picard, couvoèrc.

COUVI (kou-vi), adj. m. Des œufs couvis, œufs gâtés soit par un commencement de couvaison, soit pour avoir été trop longtemps gardés.

— HIST. xve s. Nous allons par péché périssant pour plusieurs dieux, où sommes obéissant; dont puons trop plus que l'œuf couvy, et tout par nostre folye, Perceforest, 1. 1, f" 64.

— ÉTYM. Autre forme de couvé ; Berry, coui.

f COUVOIR (kou-voir), s. m. Appareil à couver artificiellement des œufs.

— HIST. xvie s. La hauteur de la couche appellée couvoir [dans un jardin] montera jusqu'à deux ou trois pieds sur terre.... au couvoir, en telle manière dressé et accommodé , sera semée la graine de melon, o. de serres, 643.

— ÉTYM- Couver.

f COUVRAILLE (kou-vra-11' , Il mouillées), s. f. Nom des semailles dans quelques contrées.

— ÉTYM. Couvrir.

COUVRE-CHEF (kou-vre-chèf; Chiffiet, Gramm. p. 208, au xvne siècle, dit que r/ne se prononce jamais), s. m. || 1° Bonnet, chapeau. Jupiter fit à Typhon leur grand chef D'une montagne un couvre-chef, scarron, Gigantomachie. Ayant sur soi ce nouveau couvre -chef, la pont. Psaut. Elle [Mme la duchesse] était sur son lit en robe de veuve bordée et doublée d'hermine, pareille à celle des duchesses veuves, et comme elles ayant le couvre-chef, stsim. 262, 7. || Aujourd'hui il ne se dit plus que par plaisanterie. || 2° 'ferme de chirurgie. Bandage pour la tête, ainsi appelé parce que les circonvolutions recouvrent la tête. \\Au plur. Des couvre-chefs.

— HIST. xine s. Quiconques veut estre (eisseiandes [ouvrière] de queuvrechiers de soie à Paris, Liv. des met. 99. S'il vuet à s'amie novele Donner cuevrechief ou cotele, la Rose, 9808. |] xve s. Chacun de nous prit sa buire et les emplismes, et puis nous mismes au retour vers la ville, nos visages enveloppés de couvre-chefs, froiss. ii, m, )6. Ladicte damoyselle estoit en son habit de dueil et n'avoit que ung couvre chief sur la teste, qui estoit habit humble et simple et pour leur faire pitié par raison, comm. v, (7. Pour faire draps et cravechiez , Nappes, touailles et oreillez.... la Nativité de N. S. J. C. Mystère. ||xvies. Les femmes mariées, icy prez, en forgent, de leur couvrechef, une figure sur leur front, pour se glorifier de la jouissance [d'être mariées]; et, venant à estre veufves, le couchent en arrière et ensepvelissent soubz leur coeffure, mont. ni, 332. J'ayme mieulx mourir l'espée au poing à la deffense de la muraille pour le service du roy, que languir en mon list le couvrechief en la teste, pour naturelle mort attendre, jean d'auton, Ann. de Louis XII, ms. f° 27, dans lacurne.

— ÉTYM. Couvrir, et chef dans le sens de tête; wallon , courchi.

t COUVRE-FACE (kou- vre-fa-s'), s. f. Ancien terme de fortification. Pièce à peu près pareille aux contre-gardes. \\Au plur. Des couvre-faces.

— ÉTYM. Couvrir, et face.

COUVRE-FEU (kou-vre-feu), s. m. || 1° Ustensile dont on se sert pour couvrir le feu et le conserver. || 2" Coup de cloche qui marquait l'heure de se retirer chez soi et d'éteindre feu et lumière. Sonner le couvre -feu. Elles [les femmes publiques] étaient obligées de s'y rendre à dix heures du matin et d'en sortir dès qu'on sonnait le couvre-feu, saintfoix, Ess. Paris, Œuvres, t. ni, p. 73, dans pougens. [| Au plur. Des couvre-feu.

— HIST. xme s. S'il ne portent lanterne et candelle ardant, puis ke li oloke de cuevrefu ara soné, tailliar, Recueil, p. 398. Nus crespignier ne puet ne ne doit ouvrer ne faire ouvrer en nule seson, puis l'eure que quevre feu est sonez à Saint Merry, Liv. des met. 86. S'oïrent covre-feu soner, Et con il l'orent entendu, Onques n'i ont plus atendu, Ren.

— ÉTYM. Couvrir , et feu; angl. curfew.

t COUVRE-GIRERNE (kou-vre-ji-bèr-n'), s. m. Etui , soit de toile écrue , soit de cuir verni , dont on enveloppe la giberne. [| Au plur. Des couvre-gibernes.

— ÉTYM. Couvrir, et giberne.

f COUVRE-JOINT (kou-vre-join), i. m. || 1» Terme de maçonnerie. Maçonnage qui cache le joint de deux dalles. || 2" Terme de menuiserie. Tringle de bois dont on couvre les joints des planches. || Au plur. Des couvre-joints.

— ÉTYM. Couvrir, el joint.

t COUVRE-LIT (kou-vre-li), s. m. Pièce d'étoffe

ou de tapisserie servant a couvrir des lits. [\Au plur. Des couvre-lits.

— étym. Couvrir, et lit.

t COUVRE-LUMIÈRE ( kou-vre-lu-miê-r'), s. m. Terme de marine. Autrefois petite plaque en plomb ou en cuivre, aujourd'hui petit dénie en piomb ou en cuivre, dont on recouvre la lumière des canons, pour empêcher que rien n'y entre. || Au plur. Des couvre-lumières.

— ÉTYM. Couvrir, et lumière.

COUVRE-PIED (kou-vre-pié), s. m. Petite couverture qui sert à couvrir les pieds. || Couverture en laine ouvragée, ou en étoffe blanche, ou en autre étoffe, généralement assortie aux rideaux, et qui s'étend sur le lit tout entier pour l'orner et cacher le dessous.

— REM. L'Académie ne dit rien sur le pluriel. De son côtéLaveaux remarque : « On devrait écrire, au singulier, un couvre-pieds, car il s'agit de ce qui couvre les pieds et non le pied. Mais, puisque l'usage veut qu'on écrive couvre-pied sans s au singulier, on doit l'écrire de même au pluriel; car, au singulier comme au pluriel, il a la même signification.» Â ce que dit Laveaux, il faut ajouter que, au pluriel, s'il n'y a pas de faute à écrire des couvre-pied, il n'y en a pas non plus à écrire des couvre-pieds-

— ÉTYM. Couvrir, et pied.

| COUVRE-PLAT (kou-vre-pla) , s. m. Couvercle qu'on place sur un plat. || Au plur. Des couvre-plats.

— ÉTYM. Couvrir, et plat.

f COUVRE -PLATINE (kou-vre-pla-ti-n' ), s. m. Morceau de cuir qui couvrait la platine d'un fusil pour la défendre de l'humidité. || Plaque de plomb dont on recouvre la batterie-platine d'un canon. || Ait plur. Des couvre-platines.

— ÉTYM. Couvrir, et platine.

f COUVRE-SHAKO (kou-vre-cha-ko), s. m. Couverture de shako en toile cirée. || Au plur. Des couvre-shakos.

— ÉTYM. Couvrir, et shako.

COUVREUR (kou-vreur), s. m. Ouvrier qui fait ou répare les couvertures de maison. Un homme de cœur pense à remplir ses devoirs, à peu près comme le couvreur pense à couvrir.... Le premier n'est guère plus vain d'avoir forcé un retranchement, que celui-ci d'avoir monté sur de hauts combles, ou sur la pointe d'un clocher, la bruy. ii. Et des couvreurs, grimpés au toit d'une maison, En font pleuvoir l'ardoise et la tuile à foison, boil. Sat. vi. La tête ne tourne point aux couvreurs sur les toits, j. j. rouss. Ém. u. || Adjectivement. Compagnon couvreur.

— hist. xuie s. Et li couvreres ki autrement le [la maison] couverroit, il seroit à dis livres [d'amende], tailliar, Recueil, p. 225. Charrons, couvreurs de mesons et toutes autres manières d'ouvriers qui euvrent du trenchant en merrien, Liv. desmét. <04. || xve s. Cil Vautre estoit un couvreur de maisons,

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