CROSSE
— HIST. xv* s. Le suppliant arriva en ung lieu ou l'on jouoit à la boulle, près d'une attache ou criquet, du cange, crieia.
7 CRIQUET1S (kri-ke-ti), s. m. Terme de gravure. Petit bruit aigre que fait le burin sur un mauvais cuivre.
— ÊTYM. Criquet I .
CRISE (kri-z'), s.f || l-Terme de médecine. Change-
CRI
ment qui survient dans le cours d'une maladie et s'annonce par quelques phénomènes particuliers, comme une excrétion abondante, une hémorrhagie considérable, des sueurs, un dépôt dans les urines, etc. Crise heureuse. Crise funeste. Une opinion astrologique et fausse a attribué une influence à la lune sur les crises. Après cela nous [la terre] pouvons bien prétendre à envoyer des influences a la lune et à donner des crises à ses malades, fonten. Mondes, 2e soir. || Dans le langage commun, crise nerveuse, attaque de nerfs. || Crise magnétique, nom de l'état où tombent les personnes magnétisées. || 2° Fig. Moment périlleux et décisif. Une crise se prépare. Les affaires sont dans un état de crise. Une crise politique très-dangereuse. Mais les voici tous deux : l'affaire est dans sa crise, regnard, le Bol, 6. Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions, j. j. rouss. Ém. m. Dans les instants de crise la jeunesse est communément mieux avisée que la vieillesse, dider. Esa. s. Claude, liv. n. Je ne sais quelle humeur nos volontés maîtrise Et de nos passions est la certaine crise, Théophile, Sat. i. La vraisemblance [dans les tragédies de Racine] y est merveilleusement observée, avec une profonde connaissance du cœur humain dans les différentes crises des passions, rac. Lettres, 6e recueil, de Guilleragues à Hacine. Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage en danger de périr; il n'y a que les Polonais qui de ces crises mêmes aient su tirer un nouveau moyen de maintenir leur constitution, j. j. rouss. Gouv. de Pologne, en. 9. || Trouble dans la production. Crise industrielle, commerciale, dérangement, perturbation des opérations industrielles, des transactions commerciales, qui en suspend le cours. Crise financière, embarras considérable dans les finances publiques ou dans les affaires. Crise monétaire, embarras qui provient de la rareté de la monnaie. Les crises amènent tantôt le renchérissement des produits, tantôt l'avilissement des prix. La crise des vins. La crise des subsistances. || Oise ministérielle, moment où un ministère est dissous sans être encore remplacé. || Crise de la nature, nom- donné aux grandes convulsions qui surviennent dans le globe terrestre. Comme si la nature souffrait une espèce de crise et que la puissance céleste ne produisît qu'avec effort, montesq. Lett. pers. 39.
— ÊTYM. Kpicri;, de xpîveiv, séparer, juger.
f CRISIAQUE (kri-zi-a-k'), s. m. et f. Celui, celle qui est dans l'état de crise dite magnétique. || Adjectivement. Accès crisiaque.
— ETYM. Crise.
t CRISPATIF, IVE (kri-spa-tif, ti-v'), adj. Terme de botanique. Préfobation crispative , celle où les feuilles sont pliées et comme crispées.
— ETYM. Crisper.
CRISPATION (kri-spa-sion-, en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° L'effet que l'approche du feu produit sur les parties extérieures des choses en les resserrant et en les repliant sur elles-mêmes. || Même effet produit par le froid, parle vent, etc. || 2° Terme de médecine. État de spasme qui survient quelquefois chez les personnes nerveuses, les femmes hystériques, etc. || Fig. Causer des crispations, donner des crispations, causer une vive impatience, une vive irritation.
— ÉTYM. Crisper.
CRISPÉ, ÉE (kri-spé, spée), part, passe'. Qui offre l'état dit crispation. Dont la surface est un peu crispée par le souffle de quelque vent, desc. Monde, 15. || Qui est atteint de crispation. Enfin mon pied crispé touche au bord de l'abîme, lamart. Hliin , II, 242. Lorsque j'entendis parler d'aller faire la révérence à M. de T..., j'en devins réfractaire et crispée, mm de crëqui , dans le Dict. de dociiez. || Terme de botanique. Qui est muni de lanières fines et courtes dirigées en différents sens.
CRISPER (kri-spé), v. a. || i° Causer la crispation. Le froid crispe la peau. Le feu crispe le parchemin. || 2° Par extension, donner au visage une apparence comparée à la crispation. Le mécontentement crispa son visage. || 3° Fig. Causer une vive impatience. Leur nonchalance me crispe les nerfs. || 4" Se crisper, v. réfl. Les cheveux se crispent a une forte chaleur. || Éprouver et manifester une irritation. On voyait cet homme se crisper en écoutant leurs bravades.
— ETYM. Norm. crépir, se tirer, se tendre; il se crépu sur ses ergots, il se dresse sur la pointe des pieds; génev. grisper, agacer, impatienter; du latin crispai'e (voy. crêpe).
f CRISP1EL0RE (kn-spi-flo-r'), adj. Terme do
CRI
botanique. Qui a des pétales frisés ou ondulés sur les bords.
— ÉTYM. Lat. crispus (voy. crêpe), et flos, fleur t CR1SPIE0LIÉ, ÉE (k.i-spi-fo-li-é, ée), adj.
Terme de botanique. Qui a des feuilles frisées et ondulées sur les bords.
t CR1SPIN (kri-spin), s. m. Valet de comédie avec un costume et un caractère convenus; le crispin est tout en noir, en pantalon collant, et avec un petit manteau qui descend à peine jusqu'aux reins et dont il s'enveloppe souvent; il est attaché à son maître, mais lui fait cependant d'assez mauvais tours quand l'occasion s'en présente. Lesage a fait une comédie intitulée : Crispin rival de son maître. Le crispin, c'était Monrose, ne m'a pas paru merveilleux, p. L. cour. Lett. n, 137. |f Fig. C'est un crispin, se dit d'un homme qui a des allures du Crispin de la comédie. || Petit manteau à l'usage des femmes et des enfants. Il y a aussi desenspins pour les hommes.
— ÉTYM. Lat. Crispinus, nom propre, dérivé de crispus (voy. crépin). Hauteroche et Regnard ont plusieurs fois employé ce personnage. Poisson comédien célèbre, en détermina le caractère.
f CRISS (kris') , s. m. Poignard à l'usage des Malais. || On dit aussi crid. Ce peuple [malais] ne marche jamais sans un poignard qu'il appelle crid, raynal, Ilist. pliil. i, 16. Leur arme favorite, le crid, est d'un pied et demi de long; il a la forme d'un poignard dont la lame s'allonge en serpentant id. ib. n, iO.
— REM. Plusieurs officiers de marine qui ont été à Sumatra, où cette arme est fort commune, assurent que crid est à rejeter, et qu'il faut adopter
CriSS, LEGOARANT.
t CRISSEiMENT (kri-se-man), s. m. Action des dents qui crissent.
— ÉTYM. Crisser.
CRISSER (kri-sé), v. n. Produire un son aigre, en parlant des dents qui glissent les unes sur les autres.
— ÉTYM. Onomatopée.
f CRISSURES (kri-su-r') , s. f. plur. Crispures formées dans les barres ou les feuilles de métal.
— ÉTYM. CrLser.
t CRISTA1RE (kri-stè-r'), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes du Pérou.
CRISTAL (kri-stal), s. m. || 1° Cristal de roche, ou, simplement, cristal, quartz hyalin incolore, la plus dure de toutes les variétés de quartz, qui présente dans sa forme primilivedes prismes à six pans terminés par deux pyramides, et qui est d'une limpidité parfaite. M. Bourguet avait découvert que le cristal est formé de la répétition d'un nombre presque infini de triangles qui représentent, pour ainsi dire, le tout très en petit, bonnet, Consid. corps organ. Œuvres, t. v, p. aoi ) dans pougens. Le cristal, comme tous les corps bruts.... m. ib. p. 37). Le cristal de roche, dont on trouve des masses du poids de plusieurs quintaux, est la plus commune des pierres précieuses et la moins dure de toutes; il affecte ordinairement la figure d'une pyramide à six côtés, id. Contempl. nat. 3" part. ch. 4. Colore les métaux, et forme le cristal, Frère du diamant et son brillant rival, delille, Passage du St-Gothard. || Par extension. Semblable à de l'eau gelée dont le vil cristal se fond entre les mains qui le serrent et ne fait que les salir, boss. Anne de Gonz. || Terme d'astronomie ancienne. Ciel de cristal, ciel imaginé pour rendre raison de certaines conditions et apparences du ciel. Ces philosophes, pour expliquer une sorte de mouvement dans les corps célestes, faisaient, au delà du dernier ciel que nous voyons, un ciel de cristal qui imprimait ce mouvement aux cieux inférieurs, fonten. Mondes, i" soir. Mais on a vu des comètes qui, étant plus élevées qu'on ne croyait autrefois, briseraient tout le cristal des cieux par où elles passent et casseraient tout l'univers: et il fallut se résoudre à faire les cieux d'une matière fluide, telle que l'air, id. ib. || 2° Par analogie, nom d'un verre blanc d'une grande transparence, plus pesant que les verres ordinaires, et qui contient de l'oxyde de plomb. Flacon de cristal. Cristal de Venise, de Bohème. Dans un beau palais de cristal, Hélas 1 Urgande est retirée, berang. Pet. fée. 11 faut que je me conserve aussi soigneusement que si j'étais de cristal, p-alz. liv. I, lett. 4. Si j'avais un cœur de cristal où vous puissiez voir, sêv. 397. Je parle de cette foi vive qui.... le voit [l'agneau] non pas en énigme et comme à travers un cristal, mais face à face, mass. Avenl. Disp. C'est que l'amour, la tombe, et la gloire et la vie, L'onde qui fuit , par l'oude incessamment suivie, Tout
CRI
souffle, tout rayon ou propice ou fatal Fait reluire et vibrer mon âme de cristal, v. hugo, F. d'aut. i. || Objet en cristal. De beaux cristaux. Magasin de cristaux. Que de cristaux, de bronzes, de colonnes! Tributs de l'amour à Pamour,BÉRANG. Pauvre femme. Reste, reste avec nous, ô père des bons vins, Dieu propice, ô Bacchus, toi dont les flots divins Versent le doux oubli de ces maux qu'on adore ; Toi devant qui l'amour s'enfuit et s'évapore, Comme de ce cristal aux mobiles éclairs Tes esprits odorants s'exhalent dans les airs, A. chén. Elég. 22. Quand partout à l'entour de vos pas vous voyez Briller et rayonner cristaux, miroirs, balustres, Candélabres ardents, cercle étoile des lustres, Et la danse, et la joie au front des conviés, v. hugo, F. d'automne, xxxii. H Cristal de montre, verre de montre. ^"Poétiquement, cristal se prend pour eau limpide. Et de teindre de sang le cristal de son onde, botrou, Relis. 1, 2. Dans le cristal d'une fontaine Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois, la font. Fabl. vi, 9. Dans le cristal d'une onde pure, m. ib. Quand Junon sur l'Ida plut au maître du monde, Nous l'avait tenue au cristal de son onde, A. chén. 231. Quittez le cristal humide De nos ruisseaux toujours clairs, delav. Paria, 11, 6. Je consulte souvent le cristal d'un ruisseau; Mes rides s'y font voir; par ces vérités dures J'accoutume mes sens à l'ho"reur du tombeau, chaulieu, Retraite. Le Ladon venait mêler son cristal pur au cours de PAlphée, chateaub. Mari. 65. Ce sont de ces beaux jours de cristal de l'automne, qui ne sont plus chauds, qui ne sont pas froids; enfin j'en suis charmée, sév. t. v, lett. 463, p. 107, dans pougens. || 4° Terme de minéralogie. Solide polyédrique terminé par des facettes, planes, unies, régulières, qui sont placées symétriquement les unes par rapport aux autres, et dont les inclinaisons mutuelles suivent des lois déterminables. Les cristaux de sel marin sont cubiques. Il Cristal minéral, sel de Prunelle, l'azotate de potasse fondu dans son eau de cristallisation. || Cristal d'Islande, carbonate de chaux rhomboédrique. Il Terme d'ancienne chimie. Cristaux de lune, de Mars, de Vénus, l'argent, le fer et le cuivre réduits en forme de sels. |l 5° Cristaux du sang, cristaux qui se forment dans le sang tiré de la veine.
— HiST. xi° s. Toute [il] lui freint la boucle de cristal, Ch. de Roi. xciv. Flors et cristaus [du baume] il acravente jus, ib. cxliv. || xii8 s. Et cest anel à cristal noelé, Ronc. p. 31. Cil escu luisent, à pierres de cristal, ib. p. 78. Amont es haumes où luisent li cristal, ib. p. -144. Tu ies fleblette et tendre chose, E es plus fresche que n'est rose; Tu es plus blanche que cristal, Que nief [neige] qui cheit sor glace en val, Adam, Mystère, p. 21. || xme s. Les deux verrières sont de grâce Plus luisanz que cristauz ne glace, ruteb. 11, 43. Ce voit l'en clerement miex que par ung cristal, j. de meung, Test. 624. [j xiv" s. Deux petits barils, à entonnoir de cristal, à mettre basme, de laborde, Émaux, p. 234. Cristal est une pierre reluysant et clere, qui a couleur de eaue, car elle est engendrée de nege ou de la glace endurcie par moultz de temps, id. ib. Deux fourchettes d'argent dont le manche est de cristal, id. ib. || xve s. Une forme d'image plus claire que n'est cristal s'apparut à Robert l'ermite, froiss. m, iv, 44. Un grant pot de cristal, à deux ancesdemesmes,garny d'argent doré, de laborde, Émaux , p. 234. Ung hault gobelet de cristal ou de berique, enmanierede coupe, séant sur unpiéd'orcizelé, id. ib. Une petite salière dont le corps est d'une manière de cristal sur le vert, id. ib. Ung eschequier d'argent garny d'eschez de cristal, id. ib. Il xvr s. Ung chapellet de cristal vert, faict en façon de glands , garny d'or , id. ib. Une pierre de cristal , où est gravée la bataille de Pavie, aiant ung cercle d'or allentour, reposant sur une aultre pierre de cristal en columne de deux doigtz de long à huict quarrés, ID. ib. p. 235. Ung grand mirouer de cristal de roche, garny d'ebene,iD. ib. La froide bize ferme Le gozier des oiseaux, Et les poissons enferme Soubz le crystal des eaux, dubell. ii, 63, verso. Dans iceluy rocher, je feray enchâsser plusieurs pierres rares, comme sont calcidoines, jaspes, porfires, marbres, cristals, palissy, 70. Spécialement l'huile de cristal, bue en petite quantité avec du vin blanc, 0. de serres, 926.
— ETYM. Provenç. et espagn. cristal ; catal. cristall; ital. cristallo ; du latin crystallum, du grec xpv- (rxaXXo;, cristal, proprement glace, de x.pvo;, froid.
CRISTALLERIE (kri-sta-le-rie) , s. f. || 1" Art de fabriquer des objets en cristal. || 2° Fabrique de cristaux.
— étym. Cristal.
tCRISTALLLER (kri-sta-lié) , s. m. Graveur en
CRI
cristal artificiel. || Armoire où l'on range des cristaux.
— étym. Cristal.
f CRISTALLIÈRE (kri-sta-liê-r'), s. f. Mine de
cristal. || Machine sur laquelle on travaille les cristaux.
— ÉTYM. Cristal.
f CRISTALLIFÈRE (kri-stal-li-fê-r'), adj. Terme
didactique. Qui contient des cristaux.
— ÉTYM. Cristal, et le suffixe latin fer, qui porte.
CRISTALLIN, INE (kri-sta-lin, li-n'), adj.\\ 1° Qui a la transparence du cristal. Au bord d'un frais ruisseau dont les eaux cristallines Tombaient, parmi des rocs, du sommet des collines, delille, Trois règnes, m. Notre humble ruisseau.... Déroule sa nappe argentine Et dans son onde cristalline Aime à bercer le doux rayon , lamart. Ép. à V. Hugo. Il Terme d'anatomie. Lentille cristalline, le cristallin; capsule cristalline, capsule qui enveloppe le cristallin. La figure de l'humeur qu'on nomme l'humeur cristalline, desc. l'Homme. || 2° Terme de minéralogie. Qui appartient aux cristaux. Formes cristallines. Une substance à l'état cristallin. || Système, cristallin, ensemble de lois qui régissent les formes cristallines. || 3° S. m. Terme d'anatomie. Petit corps transparent et de forme lenticulaire, situé à la partie antérieure de l'humeur vitrée de l'œil. Les réfractions que la lumière éprouve dans le cristallin, volt. Dial. 25. Il est certain que le cristallin s'avanoe ou se recule, afin que les rayons de lumière viennent précisément se réunir sur la rétine, condillac, Conn. hum. sect. 6. || Terme d'astronomie ancienne. Chacun des cieux transparents et concentriques qui, suivant Ptolémée, enveloppent la terre au delà des cercles des planètes. Le premier, le second cristallin.
— hist. xve s. De la teste en dessus estoit en regard comme ung escharboucle,.... et en dessoubsau cristalin corsaige donnoit lumière, G. chastel. Expos, s. vérité. \\ xvr s. Ce qui se pourroit tenir dedans quelque montre de verre ou de cristallin, calv. 159. Je vous supply de prendre, pour tout mets, Un cristalin miroir, que vous transmets, marot, i, 373. Par le dedans ces cailloux sont blancs et cristallins, palissy, 45. Le second humeur, et moyen en situation, est appelle crystallin, pour la couleur claire et luisante qu'il a semblable au crystal, si on luy peut attribuer aucune couleur, paré, iv, 6. Ung voirre cristallin couvert, garny d'or, de laborde, Émaux, p. 235.
— ÉTYM. Provenç. cristallin; catal. cristalli; espagn. et ital. cristallino; du latin crystallinus, de crystallum, cristal.
f CRISTALLINE (kri-sta-li-n') , s. f. || 1° Terme de médecine. Phlyctènes transparentes, réunies quelquefois en grappe et environnées d'un cercle rouge, qui surviennent au prépuce. || 2" Terme de botanique. Nom de la ficoïde glaciale, dont quelques parties ont une apparence cristalline. || 3" Terme de chimie. Substance organique qui existe dans le cristallin.
— ÉTYM. Cristallin.
f CRISTALLINIEN, IENNE (kri-sta-li-niin, niè-n'),
adj. Terme d'anatomie. Appareil cristallinien, l'ensemble des organes représentés par la capsule du cristallin ou cristalloïde et le cristallin même.
— ÉTYM. Cristallin. f CRISTALLISABILITÉ (kri-sta-li-za-bi-li-té) ,
s. f. Terme de chimie. Propriété de se cristalliser, d'affecter la forme cristalline.
— étym. Cristallisable.
f CRISTALLISABLE (kri-sta-li-sa-bl') , adj. Terme
de chimie. Qui est susceptible de se cristalliser, de prendre une forme cristalline.
— ÉTYM. Cristalliser.
f CRISTALLISANT, ANTE (kri-sta-li-zan, zaD-t'),
adj. Terme de chimie. Qui se cristallise, qui est propre à se cristalliser.
CRISTALLISATION (kri-sta-li-za-sion), s. f. 1 1 l°Terme de chimie. Opération intime et moléculaire, par laquelle les corps prennent une forme régulière et polyédrique, soit en passant de l'état liquide ou gazeux à l'état solide, soit en se séparant d'une dissolution ou d'un composé dont ils faisaient partie. La cristallisation étend son domaine dans tout le règne minéral, quoique nous ne parvenions pas à la démêler partout, bonnet, Contempl. nat. 3e part, ch. 5. La cristallisation d'un sel toujours assujetti à prendre une même forme n'est-elle pas un phénomène aussi admirable que la génération constante des animaux? condorcet, Haller. || Fig. et par plaisanterie, congélation. J'ai passé un hiver sur les
CRI
bords du Rhin; j'y pensai geler à vingt ans; je ne fus jamais si près d'une cristallisation complète, p. l. cour, dans le Dict. de dochez. || 2" Terme de minéralogie. Concrétion de cristaux. De belles cristallisations.
— ÉTYM. Cristalliser.
CRISTALLISÉ, ÉE (kri-sta-li-zé, zée) , part.
passé. Substances cristallisées. Et tantôt, dans la nuit des antres souterrains, En blocs cristallisés il se livre à nos mains, delille, Trois règnes, 1. 1| Par extension, congelé. Ces flots cristallisés en montagnes de glace, id. ib. m.
CRISTALLISER (kri-sta-li-zé), v. a. || 1° Condenser en cristal. L'opération moléculaire qui cristallise un sel. H Terme de teinturier.' Cristalliser la soie, la laisser se couvrir de petits prismes d'alun. || 2" V. n. Se former en cristal. Le sel marin cristallise en cubes. Il 3* Se cristalliser, v. réfl. Se condenser en cristal. Il Avec suppression du pronom se. Faire cristalliser un sel.
— étym. Cristal.
t CR1STALLISOIR (kri-stal-li-zoir) et non CRIS-
TALLISEUR (kri-sta-li-zeur), qu'on trouve et dout la finale ferait ici contre-sens, s. m. Terme de chimie. Vase où l'on fait cristalliser une liqueur.
— ÉTYM. Cristalliser.
f CR1STALLO - ÉLECTRIQUE ( kri-stal-lo-é-lè-
ktri-k'), adj. Terme de physique. Qui se rapporte à l'électricité développée par la chaleur dans certains cristaux, par exemple la tourmaline et la topaze.
f CRISTALLOGÉNIE ( kri-stal-lo-jé-nie ) , s. f. Terme didactique. Science de la formation des cristaux.
— ÉTYM. Cristal, et le suffixe génie, production, f CUISTALLOGRAPIIE (kri-stal-lo-gra-f) , s. m.
Celui qui s'occupe de cristallographie.
CRISTALLOGRAPHIE (kn-stal-Io-gra-fie), s. f. Science qui apprend à décrire les cristaux avec le secours d'une langue de convention, composée de mots et de signes algébriques et géométriques.
— ÉTYM. Kpuff-caXXo;, cristal, et ypâçeiv, décrire (voy. graphique).
fCRISTALLOGRAPHIQUE (kri-stal-lo-gra-fi-k' ), adj. Terme didactique. Qui a rapport à la cristallographie.
— ÉTYM. Cristallographie.
f CRISTALLOÏDE (kri-stal-lo-i-d') , adj. Terme
d'histoire naturelle. Qui a l'apparence d'un cristal. Il S. f. Terme d'anatomie. La cristalloïde, la capsule cristalline ou du cristallin.
— ÉTYM. KpijcrxaXXoç, cristal, et eî8o;, forme, f CRISTALLOLOGLE (kri-stal-lo-lo-jie), s. /. Traité
des cristaux.
— étym. KpûffTaXÀo;, et ï-ôyoz, théorie, t CRISTALLOLOGIQUE (kri-stal-lo-lo-ji-k'), adj.
Qui est relatif à la cristallologie.
f CRISTALLOMANCIE (kri-stal-lo-man-sie) , s. /. Prétendue divination à l'aide d'une glace bien polie.
— ÉTYM. KpÔCTTaXXo:;, et le suffixe mande. f CRISTALLOMÉTRIE (kri-stal-lo-mé-trie), s. f.
Mesure des formes géométriques des cristaux.
— ÉTYM. KpûdTa).),o;, et jiÉTpov, mesure, f CRISTALLOMÉTRIQUE (kri-stal-lo-mé-tri-k'),
adj. Qui a rapport à la cristallométne.
j- CRISTALLONOMIE ( kri-stal-lo-no-mie) , s. f. Connaissance des lois de la cristallisation.
— ÉTYM. KpûoraXXoi;, et vôu.o;, loi.
f CRISTALLONOiMIQUE ( kri-stal-lo-no-mi-k' ) ,
adj. Qui a rapport à la cristallonomie.
f CRISTALLOPHYLL1N (kri-stal-lo-fil-lin) , adj. m. Terme de géologie. Terrain crystallophyllin, terrain talqueux ou cristallin.
— ÉTYM. KpOoToO.Xo;, et ©uXXov, feuille, f CRISTALLOPHYS1QUE (kri-stal-lo-fi-zi-k'), adj.
Qui concerne les phénomènes physiques des cristaux dans le clivage, dans la polarisation, etc.
— ÉTYM. KpOdTtxXXo;, et physique.
f CR1STALLOTECHNIE (kri-stal-lo-tè-knie), s. f.
Terme didactique. Art d'obtenir des cristaux complets avec les diverses modifications que chacun d'eux comporte. || Art de travailler les cristaux.
— ÉTYM. KpvtruaXXoç, et téxvt)i art.
f CRISTALLOTECUN1QUE (kri-stal-lo-tè-kni-k'),
adj. Qui a rapport à la cnstallotechnie.
f CRISTALLOTOM1E (kri-stal-lo-to-mie) , s. f. Art de couper les cristaux.
— ÉTYM. KpûtrcaXXoç, et TOU.T), coupe, t CRISTALLOTOM1QUE (kri-stal-lo-to-mi-k'),a4/.
Qui a rapport à la cristallotomie.
f CRISTATELLE (kri-sta-tè-1'), s. f. Genre de polypes qui vivent dans les eaux douces de France et d'Alleinague.
CRI
CRI
CRI
yo;j
f CRISTÉ , ÊE (kri-sté , stée) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est couronné d'appendices en forme de crû te.
— étym. Lat. cristatus, de crista (voy. crête).
f CKISTEL (kri-stèl), s. m. Un des noms vulgaires de la crécerelle. '
t CRISTELLE (kri-stè-1') , s. f. Instrument du fabricant de lisses.
f CRISTE-MARINE (kri-ste-ma-ri-n' ) , s. f. Un des noms de la passe-pierre, perce-pierre, bacile, fenouil marin (crithmus maritiynus, L.).
— HIST. xvr s. Dans les rochers des isles de Xaintonge l'on y cueille aussi de la criste-marine, autrement appellée perce -pierre, palissy, 247. La corne de cerf, le cerfueÙ, ache, chreste-marine, et autres menues herbes, o. de serres, 636.
— ÊTYM. Voy. CRITHME.
t CRISTI! (kri-sti) interjection, sorte de juron familier et abrégé, qui ne s'emploie que dans le style très-négligé. Les comiques contemporains en font usage. Cristi ! que j'ai envie de dormir.
— ÊTYM. Abrégé de sacristi.
f CRITÈRE (kri-tê-r'), s. m. Voy. critérium.
CRITERIUM (kri-tè-ri-om'), s. m. Terme de philosophie. Marque qui fait discerner, juger. Le critérium de la vérité. Dans cette foule de sentiments, quel sera notre critérium pour en bien juger? j. j. rouss. Sciences, n. \\ Au plur. Des critériums.
— REM. Quelques auteurs ont francisé ce mot et dit critère. Il est clair que l'étude des sciences et de l'organisation sociale est le véritable critère expérimental pour juger si une idée a ou n'a pas l'importance qu'y attache dans ses réflexions solitaires l'auteur d'une table de catégories, cournot, Traité de. l'enchaînement des idées, cité dans Revue de l'instr. publique, 26 déc. 186), p. 8H.
— ÉTYM. Lat. critérium, du grec xptxripiov, de xpîveiv, juger (voy. crise).
| CRITHME (kri-tm'), s. m. Perce-pierre ou bacile, plante (crithmus maritimus , L.).
— ETYM. Kpi9(xov OU xpr|9[i.ov.
f CRITHOMANCIE (kri-to-man-sie), s. f. Terme d'antiquité. Divination qui se pratiquait par des gâteaux d'orge offerts aux dieux.
— ETYM. Kp'.8ï), orge, et le suffixe mancie.
f CR1THOPIIAGE (kri-to-fa-j') , adj. Terme de zoologie. Qui vit d'orge.
— ÉTYM. Kp'16-r), orge, et oayeïv, manger.
f CR1TICISME (kri-ti-si-sm'), s. m. Terme de philosophie. Système de Kant, fixant les limites dans lesquelles notre faculté de connaître s'exerce légitimement.
— ÊTYM. Critique.
f CRITICISTE (kri-ti-si-sf), adj. Terme de philosophie. Qui appartient au criticisme. || Substantivement. Partisan de ce système.
— ETYM. Critique.
CRITIQUARLE (kri-ti-ka-bl'), adj. Qu'on peut critiquer. Ceci est très-critiquable.
— ÊTYM. Critiquer.
t. CRITIQUE (kri-ti-k'), adj. || 1° Qui a rapport à la critique en fait d'ouvrages d'esprit ou d'art. Observations critiques. Dissertations critiques. Je me suis abstenu de toucher à leurs personnes, pour ne parler que de leurs ouvrages dont j'ai fait des éloges critiques plus ou moins étendus, la bruy. Disc, à l'Acad. fr. Préface. || 2° Porté à la censure. Ce greffier [le père de Boileau] doux et pacifique, De ses enfants au sang critique N'eut point le talent redouté, boil. Poésies div. <o. Toute parole libre leur paraît critique et séditieuse, fén. Tél. xiv. || Un esprit critique, homme qui voit tout par les endroits faibles et qui s'en explique librement. Gardezvous, dira l'un, de cet esprit critique; On ne sait bien souvent quelle mouche le pique, boil. Sat. ix. || Terme de philosophie sociale. L'esprit critique, l'esprit qui se développe à certaines époques de transition, qui s'occupe d'examiner les doctrines et les institutions, d'en rechercher les bases, et qui rejette celles qui n'ont pas résisté à cet examen. L'esprit critique est l'avant-coureurde l'esprit de révolution. || Age, époque critique, par opposition à époque organique, celle où l'esprit critique domine. Une période critique de cinq siècles a précédé la révolution française. || 3° Terme de médecine. Qui indique une crise. Phénomènes critiques. Pouls critique. || Temps ou âge critique, époque de la vie des femmes à laquelle cesse la menstruation, ainsi nommé à cause des indispositions ou des maladies plus ou moins graves qui y sont fréquentes. Les femmes galantes échappent difficilement au péril du temps critique; le dépit d'un abandon qui les menace achève de vicier lo sang et les humeurs dans
un moment où le calme qui naît de la conscience d'une vie honnête serait salutaire, raynal, Hist. phil. xix, 14. || Jour critique, jour dans lequel, suivant les remarques des médecins hippocratiques, une crise survient d'ordinaire. || Jour critique se dit aussi du jour où une femme a ses règles. || 4° Par extension, difficile, dangereux,décisif. L'instant critique est venu. Les moments critiques de la vie. Se trouver dans une position critique. Vous êtes dans l'âge critique où l'esprit s'ouvre à la certitude, où le cœur reçoit sa forme et son caractère et où l'on se détermine pour toute la vie, j. s. rouss. Ém. Vf. On voit par là que c'est dans le moment critique où les républiques se corrompent, qu'on y a besoin de l'éloquence, marmont. Élém. de litt. t. VI, p. 388, dans pougens. Un entretien digne de remarque qu'on entendit cette même nuit montrera tout ce qu'avait de critique sa position, et comment il la supportait, ségur, Hist. de Nap. xi, 2.
— HIST. xvi" s. Quelquefois aussi les fistules sont critiques de plusieurs autres maladies, paré, xi, 22.
— ÉTYM. KpiTixo;, de xpîveiv, juger (voy. crise).
2. CRITIQUE (kri-ti-k'),' s. m. || 1° Celui qui juge des ouvrages d'esprit ou d'art. Un habile critique. Craignez-vous pour vos vers la censure publique, Soyez-vous à vous-même un sévère critique, boil. Art p. i. Quoi 1 ce critique affreux n'en sait pas plus que nous ! m. Éptt. i. La plupart des critiques de profession ont un avantage dont ils ne s'aperçoivent pas peut-être, mais dont ils profitent comme s'ils en connaissaient toute l'étendue: c'est l'oubli auquel leurs décisions sont sujettes, et la liberté que cet oubli leur laisse d'approuver aujourd'hui ce qu'Us blâmaient hier, d'alemr. Éloges, du tlarsais. Zoïle d'Amphipolis, rhéteur, critique et grammairien, barthël. Anach. table 6e. J'ajouterai même, et notre expérience le prouve, que les bons critiques ne viennent que longtemps après les bons philosophes, condillac, Hist. anc. xi, 2. Le critique supérieur doit avoir dans son imagination autant de modèles qu'il y a de genres différents; le critique subalterne est celui qui, n'ayant pas de quoi se former ces modèles transcendants, rapporte tout, dans ses jugements , aux productions existantes , marmont. Elém. de litt. t. vi, p. 238. Chacun, vous dénonçant à la haine publique, Se dit : fuyez cet homme, il mord, c'est un critique, Gilbert, Mon apologie. Un critique, jaloux de plaire aux bons esprits, Toujours du bien public occupe ses écrits, m. ib. Le grand reproche que tous les critiques anglais nous font, c'est que tous nos héros [ de tragédie] sont des Français, des personnages de roman, des amants tels qu'on en trouve dans Clélie, dans Astrée et dansZaïde, volt. Dict.phil. Goût, §2. || Celui qui s'occupe de la discussion des anciens faits et des anciens textes. Saumaise, le plus grand critique de nos jours, mallebr. Recherche, liv. il, part. 3, ch. 3. || 2° Censeur de la conduite d'autrui. C'est un critique fâcheux. Quoi! je souffrirai, moi, qu'un cagot de critique Vienne usurper céans un pouvoir tyrannique, mol. Tari, i, t. Car il contrôle tout, ce critique zélé, id. ib. Les critiques du temps m'appellent débauché, Que je suis jour et nuit aux plaisirs attaché.... Régnier, Sat. v.
— ÉTYM. Critique t .
3. CRITIQUE (kri-ti-k'), s. f. || i° L'art de juger les productions littéraires, les ouvrages d'art, etc. Les règles de la critique. Critique littéraire, critique où l'on examine si l'ouvrage est composé de manière à plaire aux lecteurs, si les inventions en sont neuves, etc. Critique grammaticale, critique où l'on examine un ouvrage, un discours, une lettre, un poëme par rapport au style, si les phrases sont correctes, si les mots sont bien choisis, si les vers sont bien faits, si les figures sont à leur place. Les jolies façons de parler que voilà! Que vous êtes, madame, une rude jouteuse en critique! mol. Cril. de l'Éc. des femmes, m. Le plaisir de la critique nous Ole celui d'Clre vivement touchés de fort belles choses, la bruy. i. La critique souvent n'est pas une science, c'est un métier où il faut plus de santé que d'esprit, plus de travail que de capacité, plus d'habitude que de génie, id. t"6. Et mis sur la sellette aux pieds de la critique, Je vois bien tout de bon qu'il faut que je m'explique, boil. Sat. x. Si la critique est juste et pleine d'égards, vous lui devez des romerctments et de la déférence; si elle est juste sans égards, de la déférence sans remercîments; si elle est outrageante et injuste, le silence et l'oubli, d'alemb. Apol. de l'étude, Œuvres, t. iv, p. 221, dans pougens. L'esprit de critique, vraiment utile à la littérature et au bon goût, qui n'est autre chose que le discernement juste et lin des beautés et des dé-
fauts d'un ouvrage, io. Éloges, Sloncrif. Autrefois, dans le xvi* siècle et bien avant dans le xvn", les littérateurs s'occupaient beaucoup dans la critique grammaticale des auteurs grecs et latins; et c'est à leurs travaux que nous devons les dictionnaires, les éditions correctes, les commentaires des chefs-d'œuvre de l'antiquité, volt. Dict. philosophique ; gens de lettres. Je crois que les allusions à la politique contemporaine sont une faute dans l'art; ce n'est pas la censure qui doit les empêcher, c'est la critique, villemain, Littér. fr. i 8' siècle, 2e partie, 2e leçon. || 2° Jugement porté par un critique. C'est une des meilleures critiques qui aient été faites. Le Cid est l'un des plus beaux poèmes que l'on puisse faire; et l'une des meilleures critiques qui ait été faite est celle du Cid, la bruy. i. Il y a peu de bons livres dont on ne puisse faire une critique très-bonne , d'olivet, Hist. Acad. t. il, p. 322, dans pougens. || 3° Discussion des faits et des textes. Malgré les progrès que l'on a faits depuis dans les langues et dans la critique, mass. Panég. St Thom. Quiconque a quelque critique et un bon sens pour l'histoire, chateaub. t.<:ni<-, n, v, 9. Les histoires manuscrites n'étaient [ras à la portée de la critique universelle, comme elles sont aujourd'hui, volt. Russie, II, to. Bientôt Acusilaus, Phérécyde, Hécatée, Xanthus, Hellanicus et d'autres encore montrèrent plus de critique, barthél. Anach. ch. 66. La critique elle-même, dont on fait tant de bruit, n'est qu'un art de conjecture, l'art de choisir entre plusieurs mensonges, J. J. rouss. Ém. iv. || Critique philologique, critique où l'on considère si tous les mots, toutes les idées sont bien à l'auteur, s'il n'y a pas des phrases interpolées, ou des formes de style qui ne puissent pas lui appartenir. || Critique historique, critique où l'on cherche si tous les faits énoncés sont conformes à la vérité historique, ou au moins aux témoignages des principaux historiens, s'il n'y a pas d'anachronismes, etc. || Dans le langage philosophique, la critique opposée à l'affirmation d'une doctrine. C'est de la pure critique. || 4° Ce qui fait ressortir indirectement les défauts d'une chose. Sa conduite est une critique de la vôtre. Cette parodie est une critique fort spirituelle de la pièce. || 5° Blâme qu'on déverse sur autrui. Rien n'est à l'abri de sa critique. La jeunesse se livre à une critique présomptueuse, fén. Tél. xu. ....Il n'est grands ni petits Que de votre critique on ait vus garantis, mol. Écol. des femm. i, (. || 6° Les gens qui critiquent. Il ne peut échapper aux traits de la critique. || 7° Terme de pratique. Discussion rigoureuse des moyens proposés par la partie adverse. || 8° Ternie de philosophie. Nom donné quelquefois au système de Kant ou criticisme.
— SYN. critique, censure. Critique est plus général que censure; c'est l'examen attentif de la chose dont il s'agit, examen qui peut donner un résultat favorable ou défavorable. Au contraire, censure exprime toujours une correction, un blâme, une autorité qui prononce un jugement. La critique des livres les examine, les juge, et, s'ils lui paraissent bons, ne les censure pas; la censure prononce un jugement, résultat d'un examen qui condamne.
— ÉTYM. Critique i .
CRITIQUÉ, ÉE (kri-ti-ké, kée), part, passé. |[ i° Soumis à la critique. Les livres critiqués dans ce journal. Des textes ainsi critiqués et éclaircis. Je demeure d'accord de bonne foi que mes vers n'étaient pas bons, aussi ne furent-ils pas critiqués, lesage, Cil Blas, v, t. || 2° Blâmé. Sa conduite critiquée même par ses partisans.
CRITIQUER (kri-ti-ké), v. a. || 1° Faire l'examen critique des ouvrages d'art ou d'esprit. Critiquer un ouvrage, un auteur. On critiquait ce vers. 11 faut, autant qu'on peut, apporter des exemples illustres des choses qu'on dit, lorsqu'elles sont de conséquence, et c'est quelquefois faire honneur à un livre que de lo critiquer, maxlebh. Recherche, n, ni, i. 11 a bien critiqué le livre qu'il avait dans la têt', il n'a pas critiqué celui de l'auteur, montesq. Esp. Défense, 2» partie. || Absolument. Il vaut mieux admirer à tort que critiquer sans raison. || 2° Blâmer. Critiquer les actes d'un ministre. Il critique tout le monde. Un esprit chagrin qui critiquait toutes mes actions, fén. Tél. xiii. Critiquer gens, m'est, dit il, fort nouveau; Ce n'est mon fait, et toutefois, midame, Je vous dirai tout net que ce discours.... la font. Court. || 3° Se critiquer, v. réft. Faire la critique de soi-même, être un critique à soi-même, || Se critiquer l'un l'autre. Ils se sont critiqués avec acerbité.
— HIST. xvi" s. La maladie de soy criticquoit [avait
CRO
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une crise] et tendoyt à sa fin, encores que le médecin n'y survint, eab. Pant. III, 41. L'oraige me semble criticquer et finir en bonne heure, u>. ib. IV, 22.
— ÊTYM. Critique t .
fCRITIQUECR (kri-ti-keur) , s. m. Celui qui a la manie de critiquer. Les critiqueurs sont un peuple sévère, la font. Remède.
— ÉTYM. Critiquer.
t CR1TONIE (kri-to-nie), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des synanthérées.
fCROAILLEMENT (kro-a-lle-man, Il mouillées),
f. m. Voy. CRAILLEMENT.
f CROARD (kro-ar), s. m. Crochet dont le fondeur se sert pour arracher le laitier.
t CROASSANT, ANTE (kro-a-san, san-t'), adj. Qui croasse. Le peuple croassant, les corbeaux. || Fig. Sn dit de mauvais poètes, de mauvais musiciens.
CROASSEMENT (kro-a-se-man), s. m. Le cri des corbeaux. Là on n'entendait que le croassement ies corbeaux, ff.n. Tél. xvm. Les cris des pédants annoncent ce grand changement comme les croassements des corbeaux annoncent le beau temps, volt. Lett. Gallitzin, 14 août <767. || Fig. Les croassements de l'envie.
— HIST. xvi' s. Un souffle du vent contraire, le croassement d'un vol de corbeau, le faulx pas d'un cheval.... suffisent à le renverser [l'homme] et porter par terre, mont, ii, i90.
— ÉTYM. Croasser.
CROASSER (kro-a-sé), v. n. || 1° Il se dit des corbeaux qui crient. Un songe, une vapeur, Un corbeau qui croasse, enfin tout vous fait peur, mair. Soplwn. v, 4. Comparez.... Le corbeau qui croasse au brillant rossignol, deulle, Trois règnes, vu. || 2° Fig. Ses rivaux obscurcis autour de lui croassent, eoil. Ép. vu. Vainement de Dijon l'impudent écolier Croassa contre lui [Delille] du fond de son bourbier, volt. Ép. xciv. Je ne doule point que le public ne soit étourdi et fatigué d'entendre, depuis quelques années, de vieux corbeaux croasser autour de ceux qui, d'un vol libre et d'une plume légère, se sont élevés à quelque gloire par leurs écrits, la bruy. Dise, à l'Acad. fr. Préface. Or à présent que le Parnasse Est vilainement infesté, Ce n'est plus qu'un mont déserté Où maint et maint corbeau croasse, la fare, à Rousseau.
— HIST. xvi's. Ils crouaillent comme corbeaux, pabé, Ânim. 25.
— Êtym. Onomatopée. Crô, corbeau dans le patois des Vosges.
CROATE (kro-a-f), s. m. Voy. cravate, s. m.
i. CROC (krok), s. m. Mot qui exprime le bruit que fait une chose qui se brise sousia dent, sous le pied, etc. Cela fait croc sous la dent. Sa galère aussitôt fit croc Et puis crac... scarron, Virg. trav. v.
— ÊTYM. Onomatopée.
2. CROC (kro; le c ne se prononce pas, même devant une voyelle, excepté dans croc-en-jambe, dites : kro-k en jambe; au pluriel, krô; l'sse lie : des krô-z aigus), s. m. || i° Sorte de grappin de fer ou de bois auquel on suspend quelque chose. Pendre de la viande au croc. Apprends-moi ton métier, camarade, de grâce; Rends-moi le premier de ma race, Qui fournisse son croc de quelque mouton gras, la font. Fabl. xn , 9. || Pendre au croc un habit, l'y suspendre quand on le quitte. Je pendis au croc une seconde fois mon habit, pour en prendre un de mon maître et me donner l'air d'un médecin, lesage, Gil Blas, il, 3. || Fig. Pendre son épée au croc, mettre les armes au croc, quitter le métier des armes, la vie militaire. Je veux pendre l'épée au croc, mol. les Préc. \i. Si Dieu ne change mes résolutions, je mettrai bientôt mon armure au croc, p. l. cour. Lett. i, 285. || Mettre un procès au croc, le pendre au croc, cesser de ie poursuivre. || Être au croc, être interrompu, empêché. Quoi! la pièce [comédie] est au croc une seconde fois, piron , Mélrom. iv, 6. || Avoir à son croc, avoir certaines choses utiles accrochées au croc. Bonne chasse, dit-il [le loup en apercevant un cheval], qui t'aurait à son croc, la font. Fabl. v, 8. || Fig. Amour n'avait, à son croc, de pucelle Dont il crût faire un aussi bon repas, la font. Comment l'espr. || Fig. Mille autres moutons comme moi. Pendus aux crocs sanglants du charnier populaire, Seront servis au peuple-roi, a. ciiên. 269. || 2" Longue perche dont le bout est armé d'un crochet. Un croc de batelier. Une partie des soldats était occupée à tirer avec des crocs les corps entassés dans les maisons [dans le siège de Carthage par Scipion Ëmilien] , chateaub. Ilin. in , < 57. || Les crocs de la ville, se disait, à Paris et dans d'autres grandes villes, de grands crocs dont on se servait
pour abattre les maisons qui brûlaient, à l'effet d'éteinare le feu. Enfin sous mille crocs la maison abimée Entraîne aussi le feu qui se perd en fumée, boil. Sat. vi. || 3° Terme d'agriculture. Croc on crochet, instrument aratoire à une, deux eu plusieurs dents aiguës, faisant avec le manche un triangle plus ou moins ouvert. Le croc est principalement employé dans la petite culture. || 4°Terme de marine. L'extrémité recourbée d'un grand nombre d'ustensiles de fer. || Croc à émerillon, celui qui tourne sur l'estrope ferrée d'une poulie. || Dans le langage des marins. Coup de croc, petit verre d'eau-de-vie, dit aussi coup de sec. Nous prîmes un coup de croc. || 5° Dents recourbées ou pointues de certains animaux. Ce matin a de grands crocs Sa gueule
faisait une laide grimace, Qui, parmi de l'écume, à qui l'osait presser, Montrait de certains crocs.... mol. Princ. d'Élide, i, 2. || Par extension, pince d'écrevisse. Eh bien! cet animal aux longs crocs, au pas lent [l'écrevisse], Montre au sage étonné que ce spectacle enchante, Les débris renaissants de sa serre tranchante, delille, Trois règnes, vu. || 6° Terme de botanique. Croc de chien, arbre épineux des Antilles, ainsi nommé parce que ses épines arrêtent les chiens à la chasse; le fruit en est une prunelle jaune. || 7° An plur. Moustaches recourbées en crochet. Sa bouche était surmontée de deux crocs de moustache rousse.
— REM. Le peuple dit souvent un croc pour un voleur, un escroc; mais ce paraît être une corruption du mot escroc, et non une figure du mot croc.
— HIST. xn* s. E chaesnes, e crocs, e phieles, e mortiers e encensiers, tut de fin or, Rois, 257. ||xiii's. Il prenoient les nés [nefsj toutes ardans à croesde fer, et les tiroient par vive force fors du port, vili.eh. xcvi. Et fu li vaissiaus [une outre] saciés fors à graus de fier, et fu aportés à terre, Chr. de Rains, 96. Il s'en vont querre le cheval, Qui aloit noant [nageant] contreval, Du croc le prennent par les renés, Bl. et Jeh. 2723. Ausinc doit famé par tout tendre Ses raiz por tous les hommes prendre; Car por ce qu'el ne puet savoir Des quiex el puist la grâce avoir, Au mains por ung à soi sachier, À tous doit son croc atachier, la Rose, <3"98. El feu le jettent erranment, Od crocs de fer ens le butèrent, marie, Purgatoire, 889. Deable à leur croc les ensaichent, Enz en enfer dedenz les saichent, g. de coinsy, Ste Leocade, v. 373. ||xiv" s. Lors jetèrent lor ancre, et les grans cros d'achier, Dont il firent ensamble leur vaissiaus attachier, Baud. de Seb. iv, 7io. || xv* s. De moy ne serez escondit, S'aucune chose desirez À vostre bien, quant l'escriprez; Paine mectray, d'entente franche. Que l'ayez de croq ou de hanche, en. d'orl. Réponse à Frédct. Ayans [dans un combat singulier] bastons accoustumés.... sans avoir alesnes, ne crocs, broches, poinsons, fers barbelez, aguilles, pointes envenimées.... monstr. t. i ch. ix, P- 8i <i"2, dans lacurne. Je vueil gaifrnermon pain en toute place, Sans ressongnier [craindre] justice ne ses cros, eust. desch. Poésies mss. f" 236, dans lacijrne, au mot cros. || xvr s. Et toi, misérable goutteux, as-tu pendu plaisir au croc? goupille, Plaisants devis, dans leroux de lincy, Prov. t. n, p. <64. Maintenant de croc et de hanche, que toutes voyes estoient licites contre les Luthériens, tant fussent elles estranges, laplanche, Fstat de la Fr. sous Franc. Il, p. t46, dans lacurne. Il pressa de là en avant le sauvage qui l'avoit pressé, et quant et quant lui donna de croc et hanche si bien qu'il le mit tout plat sur l'herbe, D. Flores de Grèce, f°cxx, dans lacurne.
— ÊTYM. Provenç. croc; ital. crocco ; d'un radical qui est également germanique et celtique : anc. scandin. krôkr; angl. crook; kymri, crôg ; breton, krCik. Il n'est pas sûr que graus, dans la Chronique de Rains, soit crocs; ce peut être un mot ayant pour radical grap (voy. grappin).
CROC EN JAMRE (kro-kan-jan-b'), s. m. || l°Tour dans la lutte qui consiste à faire manquer le pied à l'adversaire en passant la jambe derrière la sienne. D'un croc-en-jambe par après, Je le renverserai sur l'herbe, scarron, Jodelet maître et valet, dans leroux, Dict. coin. Parmi les tours de souplesse, c'était un avantage considérable de se rendre maître des jambes de son antagoniste, ce que nous appelons supplanter, donner le croc-en-jambe, rollin, Hisl. anc. Œuvres, t. v, p. 67, dans pougens. || 2° Fig. Manière adroite de supplanter quelqu'un. Un courtisan lui a donné un croc-en-jambe. Rameau, qui fut chargé des changements indiqués par Mme de la Poplinière, m'envoya demander l'ouverture de mon grand opéra, pour la substituer à celle que je venais de faire; heureusement je sentis le croc-en-
jambe, et je la refusai, j. j. rouss. Conf. vu. \\Au plur. Des crocs-en-jambe, que l'on prononce comme au singulier, c'est-à-dire sans faire sentir Vs.
— ETYM. Croc, en, el jambe. Au xvi* siècle il y a un autre tour de lutte qui est désigné par croc et hanclie (voy. l'hist. de croc).
t CROCÉIPENNE ( kro-sé-i -pè - n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a des ailes safianées.
— ÊTYM. Lat. croceus , safrané, et penna, aile. t. CROCHE (kro-ch'j, adj. Courbé en crochet.
Jambes croches. Genou croche. || Fig. Avoir la main croche, être d'un naturel rapace.
— HIST. xiv* s. De leurs croques [bâtons recourbés] , dont ilz apuyoient leurs hottes, [ils] escarmoucherent plusieurs cops l'un contre l'autre, docange, croqiim. || xv* s. Ils eurent débat ensemble pour cause de certaine vigne à croches [coursons], es quelles croches le dit Mauclerc avoit getté certaines pierres, du cange, crocha. || xvi* s. La main à demy serrée et les doigts un peu croches [signifiaient] consentement, mont, ii, 23).
— ÉTYM. CrOC 2.
2. CROCHE (kro-ch'), s. f. Terme de musique. Note qui vaut le quart d'une blanche ou la moitié d'une noire. Double, triple, quadruple croche, notes qui n'ont que la moitié, le quart, le huitième de la valeur d'une croche. La musique pour eux n'est pas la science des sons, c'est celle des noires, des blanches, des doubles croches; et, dès que ces figures cesseraient d'affecter leurs yeux, ils ne croiraient jamais voir réellement de la musique, j. j. rouss. Dissert, sur la mus. mod. Préf. || Demi-croche, note qui vaut la moitié d'une croche, et qu'on nomme ordinairement double-croche.
— ÊTYM. Croche i , ainsi dite à cause de la forme. f CROCHECHAT (kro-che-cha) , s. m. Nom donné
dans quelques localités du sud-ouest aux tailleurs.
— HIST. xv* s. Que se aucuns cousturiers appeliez crochechatz, qui besoignent en chambre et maisons secrètement et ne paient aucuns devoirs au Roy ne à la ville.... Règl. du t8 mars (483, approuvés par ordonn. de mars i486.
— ÉTYM. Croche t , à cause de la position des tailleurs travaillant sur l'établi.
f 1. CROCIIF.R (kro-ché), v. a. || 1° Égaliser les boucles du tricot. || 2° Terme de marine. Passer le croc d'une poulie là où elle doit agir. Crocher des palans sur des élingues pour hisser des fardeaux. |! Croche! Commandement pour faire prendre à un matelot un cordage sur lequel il doit haler, etc.
— ÊTYM. Croc 2.
f 2. CROCHER (kro-ché), v. a. Terme de graveur. Tirer au burin les queues des notes de musique.
— ÊTYM. Croche 2.
| CROCHES (kro-ch'), s. f. plur. Espèce de tenailles avec lesquelles on tient sur l'enclume le? barres de fer rouge.
— ÊTYM. Croche t.
CROCHET (kro-chè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des kro-chè-z aigus; crochets rime avec traits, jamais, paix, succès), s. m. || 1° Petit croc. Un crochet de fer. Cette porte, ce volet est retenu en dedans par un crochet. Qui n'avait pour serrure autre engin qu'un crochet, Régnier, Sat. xi. || Fig. Aller aux mures sans crochet [sans crochet pour tirer les branches à soi], entreprendre quelque chose sans avoir les choses nécessaires pour y réussir. || Clou à crochet, clou dont la tête a la forme d'un crochet. || Broder au crochet, broder avec une aiguille à pointe recourbée et à manche. || Terme de chirurgie. Nom de certains instruments dont les accoucheurs se servaient souvent autrefois pour extraire de la matrice un fœtus qui ne pouvait en être expulsé par les contractions utérines. IJ 2° Crochet de serrurier, petite branche de fer recourbée dont on se sert pour ouvrir les serrures dont les clefs sont perdues. || 3° Crochet de botte, dit aussi tire-bottes, morceau de fer courbé ou coudé, à charnière ou non, qu'on passe dans le tirant d'une botte pour aider à la chausser. J'ai perdu un crochet de bottes. Une paire de crochets de bottes. || 4° Terme d'agriculture. Voy. croc. || 5° Crochet de chiffonnier, bâton armé d'un petit croc en fer pour ramasser les chiffons. || 6° Instrument dont on se sert pour peser. || 7° Crochet à blaireau, instrument pour tirer les blaireaux et renards de leurs trous. || 8° Terme de doreur. Instrument de fer recourbé avec lequel on remue l'or et le vif-argent, quand on les a mis dans le creuset pour les amalgames. || 9" Terme de pêche. Perche munie d'un instrument de fer pour tirer hors des rochers les coquillages, les crustacés et les
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poissons. || 10° Le crochet d'une tuile, le petit rebord qui sert à l'arrêter sur la latte. || Petite attache du fourreau de l'épée. || Patte de fer dentée contre laquelle bute la planche que rabote le menuisier. |[ 11° Terme de marine. Excédant en bois qu'on laisse quelquefois au bas des caisses des mâts de perroquet et de cacatois, pour les arrêter, quand on les guindé. || Crochet de voilier, crochet servant à contenir la toile qui est sur ses genoux pendant qu'il la coud. || 12° Ciseaux en forme de crochet à l'usage des tourneurs. || 13° Dents aiguës de quelques animaux. Les crochets venimeux d'un serpent. || Terme de vétérinaire. Crochets ou dents angulaires, quatre dents qui, chez le cheval et les espèces du même genre, sont placées (deux à chaque mâchoire, une de chaque côté) dans l'espace interdentaire, plus près de la dent du coin que de la première molaire. || Crochet, adjectif invariable, dont on se sert dans ces locutions: cheval crochet, jument crochet , chevaux crochet, pour exprimer que les pinces sont trop en dedans. Cet adjectif a pour opposé panard, [j Par extension, nom donné à d'autres parties crochues chez les animaux. Les crochets qui terminent les jambes de ce fourmilion sont si aigus qu'Os ont prise sur le verre même, bonnet, Observ. 41, insectes. Leur tête armée de deux crochets ne ressemble point à celle des autres animaux, id. Consid. corps organ. Œuvres, t. vi, p. 246, dans pougens. || Terme de fauconnerie. Les ongles des griffes de l'aigle. || 14° Petite mèche de cheveux frisés, arrondie et collée sur le front ou sur les tempes. Ses cheveux frisaient à la vieille mode, le crochet sur les tempes, j. j. rouss. Ccnf. iv. Nous avons toutes deux enragé tout le jour Contre un maudit crochet qui prenait mal son tour, régnard, le Distrait, i, 2. Sans oublier les deux crochets que ses cheveux noirs faisaient sur les tempes, selon la mode de ce temps-là, j. j. rouss. Conf. 1. 1| On dit aujourd'hui accroche-cœur. || 15°Les crochets d'un commissionnaire, sorte de hotte ouverte ou de support sur lequel les portefaix placent les objets qu'ils portent à dos. || Fig. Être sur les crochets, être aux crochets de quelqu'un, vivre à ses dépens. Nous avons déjà séjourné quinze jours sur mes crochets, je vous prie que nous comptions ensemble, regnard, Attendez-moi sous l'orme, se. 1. || 16° Terme de jardinage. Taille en crochet, façon de tailler certaines branches fruitières du pêcher. || 17° Brusque changement de direction. La route fait un crochet en cet endroit. Il a fait un crochet pour m'éviter. Je fis le crochet à droite en approchant de la barrière, J. j. rouss. Prom. 6. || Terme de fortification. Crochets de tranchée ou de retour, petites places d'armes pratiquées aux brisures des boyaux. || 18° Au plur. Terme d'imprimerie. Les crochets sont au nombre des signes dont on se sert dans l'écriture, autres que les lettres; les crochets sont différents des parenthèses; celles-ci se font ainsi ( ), au lieu que les crochets se font en ligne perpendiculaire, terminée en haut et en bas par une petite ligne horizontale [], du marsais, t. v, p. 99. J'ai mis entre deux crochets de parenthèse quelques mots qui ne sont pas dans le cérémonial, st-sim. 445, 206. || La parenthèse est le membre de phrase enfermé; mais on prend souvent parenthèse pour le caractère même et alors on l'appelle parenthèse quand il est arrondi, et crochets quand c'est une ligne droite terminée par des angles. || On nomme aussi crochets certaines figures recourbées qui servent à lier ensemble deux ou plusieurs articles. || 19° Trait qui se meta la queue de certaines notes de musique. || Maladie de l'œillet, sorte de nœud qui se forme sur la tige des marcottes et lui fait faire le crochet. || 20° Au plur. Terme d'architecture. Ornements terminés par des feuillages et des bourgeons enroulés. || 21° Crochet de matelot, nom vulgaire et marchand d'une coquille (pterocera chiragra) , encore appelée griffe du diable et grande araignée mâle, legoarant.
— HIST. xin* s. Lors va tout pendre à un crochet, Et vest sa robe séculière, la Rose, 49614. || xivc s. Le charretier prist un baston qui pendoit à corde aus chevilles de sa charrete, appelle le croichet, dont l'en lie la charrette, du cange, crochetum. À la quelle danse l'en joue du croichet des jambes par telle manière que souvent l'en chiet à terre, id. ib. Le quel bergier haussa un croquet qu'il tenoit en sa main, dont il rechassoit ses brebis, id. croqum. || xv° s. 11 prist une eschace appellée crochet, id. ib. [11 faut en cuisine] Crochet, havet; carsenefust, L'en s'ardist [se brûlât] la main à saichier [tirer] La char du pot sans l'acrochier, eust. desch. Poésies mss. f°497, dans lacurne. || xvi° s. Son cheval, s'estant mis dans la haie de Maulevrier, passa par
DICT. D3 LA LANGUE FtlAN^* *"»E.
les boucheries, et le laissa pendu au crochet de veaux, d'aub. Fœn. m, 5. Quelques-uns lui conseilloient de forcer le Pont-de-Say, mais luy ne se voulut attachera rien n'ayant pas les crochets [au fig.] qu'il falloit, id. Hist. i, 265. De se présenter au pape sans latin, c'estoit aller aux mures sans crochet, desper. Contes, vu. Le seigneur chastellain a droit de police, faire bans, cris, proclamation en sa ville ou bourg, mettre et induire peine sur ses sujets selon la qualité du cas, aussi bailler aulnes, pois, balances et crochets, Coust. génér. t. n, p. 545. Nous avançâmes avec six pièces de canon de six livres de balle menez au crochet pour forcer les barricades, bassompierre, Mém. t. iv, p. 9, dans lacurne.
— étym. Diminutif de croc; picard, crouket'; bourguig. creuchô.
f CROCOETABLE (kro-che-ta-bl'), adj. Qui peut être ouvert avec des crochets de serrurier. Serrure crochetable.
— étym. Crocheter.
{ CROCHETAGE (kro-che-ta-j'), s. m. ||1° Action de crocheter. || 2° Terme d'agriculture. Binage exécuté avec le croc ou crochet.
— étym. Crocheter.
CROCHETÉ, ÉE (kro-che-té, tée), pari, passé. De ce caveau la porte crochetée, piron, Contes.
f CROCHETEE (kro-che-tée) , s. f. Terme de marine. Etendue d'une toile à voiles, que l'ouvrier fait sans reprendre son crochet,
— ÉTYM. Crochet.
CROCHETER ( kro-che-té. La syllabe che prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je crochète, je crochèterai; ou elle double le l: je crochette, je crochetterai; l'Académie ne dit rien sur la conjugaison de ce verbe), ». a. Ouvrir une serrure avec un crochet. || Par extension. Crocheter une porte, l'ouvrir avec efTraction. || Fig. Ils [Chevreuse et Beauvilliers] m'ont laissé ignorer ce qui se passa, et je n'ai pas cru devoir crocheter des amis si respectables, st-sim, 334, 124.
— HIST. xve s. Aucuns larrons et gens de mauvaise vie que on appelle communément crocheteurs , ont en nostre pays de Languedoc crocheté plusieurs églises et autres lieux, Du cange, crochetum. \\ xvie s. Crochetastes vous oneques bouteilles? rab. Gar. 1 , Prol. Ung pélican, ung crochet, et quelques aultres ferremens dont il n'y avoyt porte ny coffre que il ne crochetast, id. Pant. n, 16. Perdre tout respect et contenance pour crocheter soubdain, où que nous soyons, les lettres qu'on nous apporte, mont. ii, 42. Ils se mettront à crocheter les lettres missives d'autruy, amyot, De la curiosité, 15. Je pourrois crocheter quelque bénéfice que je ferois tenir par un cuisinier de prestre, palissy, 82. Durant ces affaires on lui crocheta le buffet, et quatre cens livres dedans. — Un rossignol à crocheter, d'aub. Fœn. m, 3. N'y ayant bague qu'il ne crochetast ny lance qu'il ne rompist, Mém. d'Angoulesme, p. 28, dans lacurne, Ne faut fureter ni crocheter les secrets des princes, charron, Sagesse, p. 41 1, dans lacurne. De peur que les paquets ne fussent crochetez et ouverts, Rabelais, Lettres, p. 17, dans lacurne.
— ÉTYM. Crochet ; génev. crocheter, agrafer. CROCHETEUR (kro-che-teur)', s. m. || 1° Portefaix
qui fait usage de crochets. Et qu'il n'est crocheteur ni courtaud de boutique Qui n'estime à vertu l'art où sa main s'applique , Régnier , Sat. v. Parler comme à St-Jean parlent les crocheteurs, id. Sat. ix. Il n'a écrit que pour la lie de Romulus et pour les crocheteurs du marché de Rome, balz. le Barbon. Cette argenterie fut apportée chez moi et laissée par des crocheteurs, st-sim. 386, 218. Un beau crocheteur n'est pas un bel homme, dider. Lett. à Mlle Voland. Nous autres anatomistes, m'a-t-il dit une fois, nous sommes comme les crocheteurs de Paris, qui en connaissent toutes les rues jusqu'aux plus petites et aux plus écartées, mais qui ne savent pas ce qui se passe dans les maisons, fonten. Mery. Un crocheteur mit le sabre à la main vis-à-vis des Quinze- Vingts; le maréchal le tua d'un coup de pistolet, retz, Mém. 1. 1, liv. 2, p. (75, dans pougens. Cette description est si burlesque, qu'on dirait d'un crocheteur qui est de confrérie, fonten. Rem. sur Aristophane, (F.urres, t. ix, p. 415, dans pougens. || Santé de crocheteur, santé robuste. || 2° Crocheteur de serrures, de portes, voleur avec effraction. || Par extension. Un coureur de cabarets, un crocheteur débourses, qui va pochetant quelques ôcus çà et là chez le premier venu qu'il rencontre, j. j rouss. Lett. à M. de Tonnerre, Corresp. t. vu, p. 87, dans pougens.
— rem. Crocheteur, celui qui force les portes,
vient de crocheter) crocheteur, portefaix, vient da crochet; mais crochet aurait dû donner crochetier ; il y a donc eu une paronymie qui a confondu crochetier dans crocheteur.
— HIST. xv* s. C'est ung crocheteur trop habille Pour embler joye qui tant vault; Copper une oreille lui fault; Il est fort larron entre mille, ch. d'orl Rondeau. Et audit temps par la justice ordinaire de Paris furent prins larrons, crocheteurs et autres malfaicteurs, j. de troyes, Chron. 1466. Bon crocheteur toutes portes crochette, Faifeu, p. 16, dans lacurne. || xvie s. Quelque crocheteur, en portant un faix par la ville, le heurta assez indiscrètement, desper. Contes, lxx. Faire comme le crocheteur, descharger à la porte, oudin, Curios. fr. Comme les joueurs de comédie, vous les voyez sur l'eschaffaud faire une mine de duc et d'empereur; mais tantost après les voylà devenus valets et crocheteurs misérables, mont. 1,326. Crocheteurs et menu peuple, qui se desbauchent de leurs maisons les testes, et ne demandent que à remuer, pour piller et saccager, condé, Mémoires, p. 598.
— étym. Crocheter.
f CROCHETIER (kro-che-tié), s. m. Ouvrier qui fait des crochets d'agrafe. || Celui qui fait des crochets pour les portefaix.
— étym. Crochet.
f CROCHETON (kro-che-ton), s. m. Chacune des deux petites branches des crochets d'un portefaix.
— étym. Crochet.
t CROCHEU (kro-cheu), s. m. Outil percé de trous pour mettre les pointes des cardes quand on veut leur faire prendre de nouveaux angles. || Instrument à l'usage des cordiers.
— ÉTYM. Croc I.
CROCHU, UE (kro-chu, chue), adj. Recourbé en croc. Un fer crochu. Nez crochu. Un bec crochu. Des ongles crochus. Sur la même ligne M. de Montchevreuil et M. de Villars s'accrochèrent l'un à l'autre d'une telle furie; les épées, les rubans, les dentelles, les clinquants, tout se trouva tellement mêlé, brouillé, embarrassé; toutes les petites parties crochues étaient si parfaitement entrelacées que nulle main d'homme ne put les séparer, sév. 502. || Atomes crochus, atomes supposés crochus, dans le système de Démocrite et d'Épicure, afin de s'arrêter quand ils se rencontrent. || Fig. Avoir les mains crochues, être porté à dérober. Et que leur main crochue, à voler toujours prête, Aime mieux écorcher que de tondre la bête, boursault, Merc. gai. v, 7. || Terme de manège. Cheval crochu, dit aussi clos du derrière, cheval qui a les jarrets trop rapprochés l'un de l'autre. || Terme de minéralogie. Cassure crochue, celle dont la surface présente de petites aspérités contournées. || Terme d'anatomie. Os crochu ou unciforme, le quatrième os de la seconde rangée du carpe, ainsi nommé à cause de l'éminence recourbée qu'il présente en avant et en dedans.
— hist. xiii» s. Et puis li mist-on le [la] croche en la main qui estoit crochue desures et aguë par desous, Chron. de Rains, p. 104. Recorbillies et croçues Avoit les mains icele ymage, la Rose, 186. || xvi" s. Par quoi il feut force qu'ils [les Épicuriens] fournissent encores à leurs atomes des queues courbes et crochues pour les rendre aptes à s'attacher et se coudre, mont, ii, 292.
— ÉTYM. Croc; provenç. crocut.
f CROCIDURE (kro-si-du-r') , s. m. Terme de zoologie. Nom d'un genre de mammifères qui a été séparé des musaraignes.
— étym. Kpoxiç, duvet, et oùpà, queue.
f CROCINE (kro-si-n') , s. f. Terme de chimie. Jaune de safran. ,
— étym. Lat. crocus, safran.
f CROCIPÈDE (kro-si-pè-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes de couleur safranée.
— ÉTYM. Lat. crocus, safran, et pes, pedis, pied, f CROCIQUE (kro-si-k') ou CROCONIQUE (kro-ko-
ni-k'), adj. Terme de chimie. Acide crocique ou croconique, corps qui se trouve dans le produit volatil formé par l'action de l'oxyde de carbone sur le potassium.
— ÉTYM. Lat. crocus, safran ; à cause de la couleur jaune de ce produit.
CROCODILE (kro-ko-di-1'), s. m. Espèce de grand lézard amphibie qui habite les contrées chaudes. Le crocodile, ce terrible amphibie, dont la voracité est extrême, qui hante les grands fleuves de l'Inde, de l'Afrique et de l'Amérique, et qui ressemble tant par sa forme au lézard, est, comme lui, ovipare et pond comme lui dans le sable, bonnet, Contempl. nat. n* part. ch. 5. De son double séjour équivoque
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habitant, Le crocodile sort de l'arène féconde, Et balance indécis entre la terre et l'onde, delille, Farad, perdu, vu. || Fig. C'était s'attendre à la pitié d'un crocodile, hamilt. Gramm. 8. Crocodile trompeur, De qui le cœur félon est pire que.... mol. Dép. amour, i, 6. Ah! crocodile qui flatte les gens pour les étrangler, mol. G. Dand. ni, 8. || Larmes de crocodile, larmes d'hypocrite, douleur feinte par le moyen de laquelle on s'efforce de surprendre ; locution tirée de la fable d'après laquelle le crocodile pleurait pour attirer les passants. Le crocodile ainsi tue en versant des pleurs, La sirène en chantant, et l'aspic sous les fleurs, rotrou, Bélis. v, f>. Larmes de crocodile, yeux lascifs, doux langage, Soupirs, souris flatteurs, tout est mis en usage, Quand il s'agit d'attraper un amant, la font, dans le Dict. de dochez.
HIST. xvie s. On fait un médicament du crocodile, nommé crocodilée, contre les suffusions et cataractes des yeux, paré, Monstres, app. 4. || xvie s. Quant à la force, il n'est animal au monde en butte de tant d'offenses que l'homme; il ne nous fault point une baleine, un éléphant et un crocodile ny tels autres animaulx, desquels un seul est capable de desfaire un grand nombre d'hommes, mont, ii, 474.
ETYM. Lat. crocodilus, de xpoxôoeiioi;; pro-
venç. cocodrilh, cocodrilhe, et aussi calcatrics, s. f.; anc. franc, cocatrix ;espagn. cocodrilo; ital. coccodrillo.
f CROCONIQUE (kro-ko-ni-k'), ad]. Terme de chimie. Voy. crocique.
t CROCYDISME (kro-si-di-sm') , s. m. Terme de médecine. Synonyme de carphologie.
— REM. On écrit à tort crocidisme, par un i, le verbe grec étant xpoxuôiÇeiv.
ÉTYM. Kpoy.uSi<7|iè;, action de ramasser de petits flocons, de xpoxùç, petit flocon.
| CROIE (croî), s. f. Terme de fauconnerie. Sorte de gravelle des oiseaux de proie.
| CROILER (kroi-lé) ou CROLER (kro-lé), v. n. Terme de fauconnerie. Se vider par le bas.
CROIRE (kroi-r'; en 1703, la prononciation indiquée est crere, sur le théâtre on disait je croa et non pas je cres; plusieurs prononcent crere, ditChifflet, Gramm. p. 20( ; je crais, dit Vaugelas; la prononciation longtemps incertaine, comme on voit, est maintenant fixée), je crois, nous croyons, vous croyez, ils croient; je croyais, nous croyions; je crus, nous crûmes; je croirai; je croirais; crois, croyons, croyez; que je croie, que nous croyions, que vous croyiez, qu'ils croient; que je crusse; croyant; cru, crue, v. a. 4° Être persuadé qu'une chose est vraie, réelle; 2° ajouter foi à, obéir à, suivre l'avis; 3° en croire; 4° penser, présumer, s'imaginer; 5° s'en rapporter à, compter sur; 6" u. n. ajouter foi; 7° avoir la foi; 8° croire à, avoir confiance en; 9° croire à, être persuadé de l'existence de....; 40° croire en, être persuadé de l'existence de....; 4 1° se croire, avoir certaine opinion de soi ; être cru. || 1° V. a. Etre persuadé qu une chose est vraie, est réelle. Un Turc, un hérétique qui ne croit ni ciel, ni saint, ni Dieu, ni loup-garou, mol. D. Juan, I, 4. Mais encore faut-il croire quelque chose dans le monde; qu'est-ce que vous croyez? id. ib. ni, 4. La promptitude à croire le mal sans l'avoir assez examiné est un effet de l'orgueil et de la paresse, larochef. Max. 267. Incrédules les plus crédules, ils croient les miracles de Vespasien pour ne pas croire ceux de Moïse, pasc. Pe>is. Part, n, art. 4 7. Vous ne pouviez plus mal choisir que d'accuser le Port-Royal de ne pas croire l'Eucharistie, id. Prov. 4 6. Il ne croit donc pas le sacrifice de la messe, id. ib. Le pape entreprend donc sur nos libertés dans cette bulle où il veut nous obliger de croire ses décisions, id. ib. 4 9. Quand les pères ont condamné Eutychès, parce qu'il ne croyait qu'une nature en Jésus-Christ, a-t-il dit que non et qu'il en croyait deux? id. Lett. de Nicole au P. Ânnat. En montrant la vérité, on la fait croire, id. dans cousin. C'est un aveuglement de vivre mal en croyant Dieu, id. ib. Que dirai-je de ceux qui croyaient la transmigration des âmes? doss. Hist. n, 6. Tels sont les prodiges qu'il faut croire quand on ne veut pas croire les miracles du Tout-puissant? id. ib. n, 43. Au troisième jour il ressuscite, il paraît aux siens qui l'avaient abandonné et qui s'obstinaient à ne pas croire sa résurrection, id. ib. Il, 6. Ces hommes délicats qui ne croient pas la vérité de Jésus-Christ et de la parole, fléch. Serm. i, 69. Les uns croient la Providence, les autres la nient, fén. Pyrrh. Ce qu'il croyait il le voyait, au lieu que les autres croient ce qu'ils voient, fonten. Carré. Le gou-
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verneur ne savait que croire des dieux, il était obsédé d'Epicuriens, id. Oracles, ch. 4 4. Il a recours au Dieu de ses pères; il redoute ses jugements qu'il faisait semblant de ne pas croire, mass. Car. Doutes sur la relig. Nous nous laissons mollement entraîner au cours fatal qui nous emporte sur le préjugé général que nous ne croyons rien, id. ib. Vous tremblez sur un avenir que vous vous étiez vanté de ne pas croire, id. ib. Vérit. de la relig. Ceux de Formose croient une espèce d'enfer, montesq. Espr. xxiv, 4 4. Ces auteurs, me repartit-il, n'ont pas cherché dans l'Écriture ce qu'il faut croire, mais ce qu'ils croient eux-mêmes, id. Lett. pers. 4 34. Si quelque chose justifie ceux qui croient une fatalité à laquelle rien ne peut se soustraire.... volt. Louis XIV, 25. Vous croyez tous les maux que votre Ame redoute, id. Mérope, i, 2. Si ces philosophes croient l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme, j. J. rouss. Hél. m, 48. || Croire une chose comme l'Évangile, comme un article de foi, la croire fermement. || Croire tout comme arucle de foi, être extrêmement crédule. || Familièrement. J'aime mieux le croire que d'y aller voir, se dit de choses qu'on dédaigne de vérifier, ou qu'on n'a pas le temps ou le moyen de vérifier. || Si vous ne le croyez pas, allez-y voir, se dit à une personne qui doute. || Terme de pratique. Croire un titre, le recevoir pour preuve. || Faire croire une chose, la persuader. Nous serions coupables de faire croire une fausseté. Je fis croire et je crus ma victoire certaine, rac. Andr. I, 4. || Se faire croire, obtenir créance. Ce voyageur raconte de telles choses, qu'il a beaucoup de peine à se faire croire, ô bienheureux soupirs, favorables moments, Où l'un et l'autre cœur, plein de doux sentiments, Aime et le dit et se fait croire! la font. Daphné, m, 4. || Se faire croire une chose, se la persuader à soi-même. L'homme est ainsi fait qu'à force de lui dire qu'il est un sot, il le croit; et, à force de se le dire à soi-même, on se le fait croire, pasc. Pensées, art. xxiv, 38, éd. Lahure, 4860. || 2" Ajouter foi à, obéir à, suivre l'avis. Croyez-vous cet' homme-là? Il ne croit pas les médecins. Je vous crois. Croyez-moi, ne faites point cela. Il croit cette âme basse et se montre sans foi; Mais, s'il croyait la sienne, il agirait en roi, corn. Pomp. n, 4. Ah! ah! qui des deux croire? Ce discours au premier est fort contradictoire, mol. l'Étour. i, 4. Les sages le prévirent; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties? boss. Reine d'Anglet. Un honnête homme qui dit oui et non mérite d'être cru; son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles et lui attire toute sorte de confiance, la bruy. v. Non, ou vous me croirez, ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la vue et la douleur, rac. Brit. iv, 3. Oui, monsieur, je vous crois, comme mon propre père, id. Plaid, i, 7. Qui l'aurait crue [la maréchale de Clérambault], on eût fait son repas sans quitter les cartes, st-sim. 4 04, 4 16. Souffle sur ton amour, ami, si tu me crois, a. chén. 4 69. || Par extension. J'ai failli, je l'avoue, et mon cœur imprudent A trop cru les transports d'un désir trop ardent, corn. Nie. n , 2. Et croire la pitié qui me pourrait surprendre, rotrou, Bélis. iv, 8. Et de mille remords son esprit combattu Croit tantôt son amour et tantôt sa vertu, rac Andr. v, 2. || S. m. Le croire, l'action d'ajouter foi. Jamais on ne toucha mieux le naturel de la croyance en matières de choses humaines que quand on a dit que le croire est une courtoisie; car, comme c'est une courtoisie de croire à un homme d'honneur, aussi est-ce une incivilité bien rustique de démentir de braves et fidèles écrivains, garasse, Rech. des recherches, p. 806, dans lacurne. || 3° En croire, locution dans laquelle en, signifiant proprement sur cela, est devenu explétif. Ne vous alarmez pas, elle ne m'en croit pas, corn. Perthar. i, 4. Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve, mol. Georg. Dand. n, 8. Les enfants n'en veulent plus croire leurs grands-pères, boss. Hist. il, 2. De cette sorte, saint Jean-Baptiste, qu'on jugea digne d'être le Christ, n'en fut pas cru quand il montra le Christ véritable, id. ib. n, 40. On aimera mieux qu'un faussaire soit prophète qu'Isaïe, ou que Jérémie, ou que Daniel; ou bien chaque siècle aura porté un faussaire heureux que tout le peuple en aura cru, id. ib. n, 43. M'en croirez-vous ? Lassé de ses trompeurs attraits, Au lieu de l'enlever, fuyez-la pour jamais, rac Andr. m, 4. Ah! fallait-il en croire une amante insensée? Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée? id. ib. v, 3. Quelle faiblesse à moi d'en croire un furieux? id. Mithr. ni, 4. Je m'en fie
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à Burrhus; j'en crois même son maître, ib. Brit. v, 4. Là, si vous m'en croyez, d'un amour éternel Nous irons confirmer le serment solennel, id. Phèd. v, f. Ah ! si vous m'en croyez, ne m'interrogez pas, volt. Œdipe, ni, 4. J'obéis sans rien craindre et j'en crois les oracles, id. Sémiram. v, 4. || À l'en. croire, s'il faut l'en croire, locutions qui expriment le doute. À l'en croire, tout est perdu. || Par extension. En croirez-vous cette lettre? S'il en croit votre ardeur, je suis sûr du trépas; Mais peut-être, madame, il ne l'en croira pas, corn. Sertor. v, 4. Et vous n'en croirez pas toute cette colère, id. Toi- ' son, iv, 3. En crois-tu mes soupirs? en croiras-tu mes larmes? id. Héracl. v, 3. J'en ai cru le hasard, rotrou, Bélis. n, 4 0. Si j'en crois leurs alarmes, rac Andr. i, 4. Que n'en croyais-je alors ma tendresse alarmée? id. Iphig. i, 4. Que si j'en crois ma gloire, il y faut renoncer, id. ib. n, 7. En croirez-vous toujours un farouche scrupule? id. Phèd. i, 4. Je connais mal peut-être une loi si nouvelle, Mais j'en crois ma vertu qui parle aussi haut qu'elle, volt. Alz. in, 5. Et j'en croyais trop tôt un déplaisir mortel, id. Zaïre, iv, 7. Ciel! que vois-je! en croirai-je ma vue? id. Triumv. n, 4. N'en croyez pas, madame, un orgueil téméraire, id. Mérope, i, 3. || En faire croire, dire des mensonges, tromper la crédulité. À qui vous veut ouïr, vous en faites bien croire, corn. Ment, i, 6. Il en ferait bien croire h des esprits mal faits, quinault, la Comédie sans comédie, n. 5. || 4° Penser, présumer, s'imaginer. Que va-t-on croire de moi? Vous ne sauriez croire combien cela me contrarie. 11 a cru bien faire. Je vous pardonne d'avoir cru sur la foi du P. Bauny qu'Aristote ait été de ce sentiment, pasc Prov. 4. Si on leur fait entendre que vous croyez pouvoir faire votre salut en calomniant vos ennemis, pasc Prov. 4 5. Je ne crois pas que j'en pusse sortir, si on y recevait de vos nouvelles, sÉv. 464. Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis, boil. Sot. ix. Un homme ne veut point croire qu'il soit orgueilleux, ni lâche, ni paresseux, il veut croire qu'il a raison, boss. Connais, i, 46. Elle croyait servir l'État, elle croyait assurer au roi des serviteurs en conservant à Dieu des fidèles, id. Reine d'Anglet. Assiéget-il quelque place, il invente tous les jours de nouveaux moyens d'en avancer la conquête ; on croit qu'il expose les troupes; il les ménage en abrégeant le temps des périls par la vigueur des attaques, id. Louis de Bourbon. Augustin crut que la pénitence n'avait rien qui déshonorât le sacerdoce, fléch. Panég. i, p. 260. Vous croyez qu'un amant vienne vous insulter? Il vous rapporte un cœur qu'il n'a pu vous ôter, rac Andr. n, 4. Mais cependant, seigneur, que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie? id. Iphig. i, 2. Que croira-t-on de vous, à voir ce que vous faites? id. Andr. m, 4. Les grands ne comptent le reste des hommes pour rien et ne croient être nés que pour eux-mêmes , mass. Pet. carême, Obstacl. Jésus-Christ souffre à notre place et les grands croient que tout doit souffrir pour eux, m. ib. X voir le climat affreux de la Moscovie, on ne croirait jamais que ce fût une peine d'en être exilé, montesq. Lett. pers. 50. Il en est de l'esprit et du goût comme de la philosophie ; rien n'est plus rare que d'en avoir, plus impossible que d'en acquérir, et plus commun que de s'en croire beaucoup, d'alemb. Essai sur la société des gens de lettres, Œuvres, t. m, p. 44, dans pougens. || Trop croire de, avoir une trop haute opinion de. Rome a trop cru de moi, corn. Bot. il , 4 . Et j'y pouvais un jour, sans trop croire de moi, Prétendre, en les servant, un honorable emploi, mol. l'Étour. v, 3. || Je crois, à ce que je crois, employés comme incise, c'està-dire d'après mon opinion, selon mon sentiment. Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Il avait, à ce que je crois, étudié la question la matinée. || Je crois bien, signifie en certaines circonstances déterminées par le contexte : cela n'est pas étonnant. Il n'aime plus cette personne, je crois bien, elle n'est plus la même, pasc P. div. 38. || Regarder comme. On le crut fou. Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant; il faut encore moins pour être estimé tout te contraire, la bruy. v. || Croire quelque chose à quelqu'un, croire qu'il possède cette chose. Je lui crois beaucoup d'habileté. Je croyais à cet homme plus de droiture qu'il n'en a. || 5° S'en rapporter à, compter sur. Je croirais ses conseils et je verrais Pyrrhus, rac Andr. m, 6. J'ai prononcé sa grâce et je crois sa promesse, m. Baj. ni, 5. Je fus sourde à la brigue et crus la renommée, id. Brit.
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rv, 2. Un malheureux sans nom, si l'on croit l'apparence, volt. Mérope, u, i.||6° V. n. Ajouter foi. Je crois sur sa parole, et lui dois tout crédit, corn. Sertor. n, 4. Juste retour, monsieur, des choses d'icibas; Vous ne vouliez pas croire, et l'on ne vouscroit pas, mol. Tart. v, 3. || Être porté à se soumettre aux autorités supérieures, célestes. L'esprit croit naturellement, et la volonté aime naturellement, de sorte que, faute de vrais objets, il faut qu'ils s'attachent aux faux, pasc. Pensées, part, i, art. 10. Qu'il croie par raison ou par erreur, boss. Hist. u, 13. Du monde des humains inexplicable histoire! Partout c'est le besoin d'adorer et de croire, delille, Imagin. vm. || 7° Avoir la foi. À" la première prédication des apôtres, beaucoup crurent. Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée, corn. Poly. v, 5. Il y a trois moyens de croire : la raison, la coutume, l'inspiration, pasc. Pensées, art. xxiv, 43, éd. Lahure, 1860. Le miracle qu'elle attendait est arrivé; elle croit, elle qui jugeait la foi impossible, boss. Anne de Gonz. \\ 8° Croire à, avoir confiance en, ajouter foi à. Il [Attila] croyait fort aux devins, et c'était peut-être tout ce qu'il croyait, corn. Attila, Préf. Quoil vous ne croyez pas au séné, ni à la casse, ni au vin émétique? — Et pourquoi veux-tu que j'y croie? mol. le Fest. m, 1. Allez, ne croyez point à monsieur votre père, id. Tart. u, 2. Direz-vous qu'ils la reçoivent [cette constitution] extérieurement, mais que dans leur âme ils n'y croient pas? pasc. Lett. de Nie. au P. Annat. 0 ciell qu'on doit peu croire Aux dehors imposants des humaines vertus 1 gresset, Edouard III, II, 6. || 9° Croire à, être persuadé de l'existence de, de la vérité de. Il proteste de son innocence; mais je n'y crois pas. Comment n'eussent-ils pas cru aux oracles? ils croyaient bien aux songes, fonten. Oracl. i, 8. Le mot célèbre de Fontenelle à un prince qui lui disait qu'il croyait peu à la vertu : monseigneur, il y a d'honnêtes gens, mais ils ne viennent pas vous chercher, condorcet, Maurepas. Ainsi de nouvelles erreurs entretiennent dans des erreurs anciennes; et on croit à toutes avec d'autant plus de confiance, qu'on croit à un plus grand nombre, condillac, Hist. anc. m, 3. Je crois à la victoire et non pas à la paix, luce de lancival, Hector, v, 4. Je ne crois plus aux Dieux, je crois aux fils ingrats, c. delav. Paria, m, 4. Il est dit : croyez à l'Église; mais il n'est pas dit : croyez aux miracles, à cause que le dernier est naturel et non pas le premier; l'un avait besoin de précepte, non pas l'autre, pasc Pensées, art. xxxui, 8, éd. Lahure, 1860. (| 10° Croire en, être persuadé de l'existence de. Croire en Dieu. Attend pour croire en Dieu que la fièvre le presse, boil. Sat.i. |] Croire en soi, avoir une idée exagérée de son mérite. || 11° Se croire, v. réfl. Avoir certaine opinion de soi. Cet homme se croit habile. Pour être plus qu'un roi, tu te crois quelque chose, corn. Citma, m, 4. Il n'y a que deux sortes d'hommes : les uns justes qui se croient pécheurs, les autres pécheurs qui se croient justes, pasc. Pensées, art. xxv, 72, éd. Lahure, 1860. || Penser quelque chose au sujet de soi. Il se croyait au moment de réussir. Je me croirais haï d'être aimé faiblement, volt. Zaïre, I, 2. || Avoir confiance en soi. Tout est illustre en eux quand ils daignent se croire, corn. Pomp. n, ). Écoutez tout le monde, croyez peu de gens, gardez-vous bien de vous croire trop vous-même , fén. Tél. xxiv. || Être cru. Ce qui se dit souvent finit par se croire. || S'en croire, obéir au sentiment qu'on a. Mais, si je m'en croyais, je ne le verrais pas, rac. Andr. n, i. |1 S'en croire beaucoup, s'en croire beaucoup trop, avoir en ses forces ou son mérite une confiance exagérée. || Proverbe. Croyez cela et buvez de l'eau, c'est-à-dire buvez de l'eau pour mieux digérer de pareils contes.
— KEM. 1. Croire, suivi de que, dans une phrase affirmative, veut l'indicatif: Je crois que cela est. Mais autrefois il n'en était pas ainsi; et le sens dubitatif qui est naturellement attaché à croire faisait qu'on mettait volontiers le subjonctif: La plus belle des deux je crois que ce soit l'autre, corn, le Ment. I, 4. Je croyais bien qu'on fût damné pour n'avoir pas de bonnes pensées, mais.... pasc. Prov. 4. Vous croyez donc qu'il faille avoir Beaucoup de peine à Rome en fait que d'aventures? la font. Cand. Elle croyait que le petit Noirmoutier dût être aveugle, sé<f. 6. Je croyais que tout fût perdu, id. 114. Je croyais que vous n'eussiez point fait réponse au cardinal, id. 128. Il croyait que ce dût être le 15e de ce mois, id. 324. Malgré ce rejet actuel du subjonctif, on l'admettra sans peine dans une phrase telle que celle-oi : Nous nous demandons sans cesse ce qu'on
croitque nous soyons, mass. Myst. Incam.]\ 2. Croire suivi de que, dans une phrase négative ou interrogative, veut le subjonctif : Je ne crois pas qu'il vienne. Croyez-vous qu'il le fasse? Avez-vous cru qu'il partit si tôt? Je ne croyais pas qu'il payât. Croyez-vous encore qu'il ait de l'habileté, après toutes les sottises qu'il a faites? || 3. Croire, dans une phrase interrogative, suivi de que, peut être suivi du futur de l'indicatif ou du conditionnel : Croyez-vous qu'il payera ses dettes ? Aviez-vous cru qu'il payerait ses dettes? Les grammairiens se sont efforcés d'établir une différence de sens entre ces constructions et celles où l'on met le subjonctif; croyez-vous qu'il paye? aviez-vous cru qu'il payât? mais toutes les différences paraissent arbitraires. || 4. Croire se construit avec un verbe à l'infinitif sans préposition intermédiaire; on n'imitera donc pas les exemples suivants: Ils [les évêques de Beauvais et Beaufort] crurent d'en venir facilement à bout, larochef. Mém. 9. Mais enfin croyez-vous de vivre toujours? j. j. rouss. Ém. v. || 5. On a dit en croire à ; Vous n'en avez cru ni à ma parole ni à l'expérience, boss. cité dans le Dicl. de bescuerelle. Il est mort; cependant si j'en crois à mes yeux.... créb. Electre, iv, i. Cet homme, car déjà j'en crois à ma fureur, bernis, Religion, i, 233. Cette locution n'est pas incorrecte en soi, puisqu'on dit activement en croire; mais elle est peu usitée.
— SYN. 1° CROIRE QUELQUE CHOSE, CROIRE A QUEL- QUE chose; croire quelqu'un, CROIRE À quelqu'un. Croire quelque chose, c'est l'estimer véritable : Je crois ce que vous me dites. Croire à quelque chose, c'est y ajouter foi , y avoir confiance, s'y fier : Je ne crois pas à l'efficacité de ce remède. Croire quelqu'un, c'est ajouter foi à ce qu'il dit: Il ne faut pas croire les menteurs. Croire à quelqu'un, c'est croire à son existence : Croire aux sorciers, c'est croire qu'il y en a; Croire les sorciers, c'est croire ce qu'ils disent. || 2° faire croire, faire accroire. Faire croire, c'est persuader à autrui une chose que l'on croit vraie ou que l'on croit fausse. Faire accroire, c'est persuader à autrui une chose que l'on sait fausse. Aussi faire croire peut se dire des choses comme des personnes : Ce nuage de poussière me fit croire qu'une troupe de cavaliers venait; mais faire accroire ne peut se dire que des personnes.
— hist. xi" s. Il dit au rei : jà mar crerez Marsile, Ch. de Roi. xiv. Iert i sis nies [son neveu y sera] li quens Rolans, ce crei [je crois], ib. xlii. Mort sont li conte, se est qui mei en creit, ib. xlii. Del rei paien, sire, por ver [pour vrai] créez, ib. lui. [Il] Ne creit en Deu le fil sainte Marie, ib. cxn. Respont li dus: sire, je vous en crei, ib. cclii. Li reis creit Deu, faire veut son service, ib. cclxvui. ù-eire [elle] veut Deu, chrestientet demande, ib.
— xh* s. Ostages bien creûz [en qui on puisse se fier], Ronc. p. 12. Se ne créez mes dits, ib. p. 22. Créez [croyez] mon los [conseil], ib. p. 27. Si voirement come nous le creon, ib. p. 48. Las! se jel pert, de ce sui bien creanz, Jamais n'ert jor que n'en soie dolans, ib. p. 86. Et si [il] cresra sainte crestienté, ib. p. 117. Dame, cil dex en cui [nous] somes créant, ib. p. 121. [Dame] qui croit faus druz [amant] menteor, Couci, i. Je sai moult bien qu'ele croit les félons, ib. xni. Conseil [il] aura creu moult fol et enfantif, Sax. xxiv.
— xm" s. Biaus sire, nous avons vos lettres veûes, qui nous dient que nous vos créons de tout ce que vos dires, villeh. lxvi. Et vos feistes moût mal quant vos les creutes, id. cxxiii. Les lettres disoient que autant les creUt-on comme lor seigneurs, id. x. Bien fait qui se porvoit En croire ce qu'il doit, Ce dit li vilains, Proverbes du comte de Bret. Ms. de St-Germ. f° H4, dans lacurne. Çà est li bons vins de Soissons; Sor l'erbe vert et sor les jons Fait bon boivre àhenap [coupes] d'argent; Caiens [céans] croit l'en [l'on fait crédit] toute la gent; Caiens boivent et fol et saige, cortois d'artois, Ms. de St-Germ. f° 83, dans lacurne. Se croire me voulez, bien serez assenée [dirigée], Berle, xlvi. Constance, dist Symons, jecroi que elle ait faim, ib. xlix. Sachiez, vous en avez mauvais conseil creu, ib. li. Un certain messager qui bien faisoit à croire [en qui on se pouvait fier] Pour bien faire message, n'estoit pas com le loire, ib. lxvi. Je croi qu'ele soit morte, ib. xcv. Ains croi [je] que sans point de demore, Son hommage [tu] li renoiasses, Ne jamès par amor n'amasses, la Rose, 4264. Amors, qui te fait en li croire, Te toit ton sens et ta mémoire, Et de ton cuer les iex avugle, ib. 6929. Et trouva que le Vieil de la Montagne ne creoit pas en Mahommet, ainçois creoit en la loy de Haali, qui fu oncles de Mahom-
met, joinv. 260. Il a maini prsuhomme chevalier en la terre des Crestiens et des Sarrazins, qui onques ne crurent Dieu ne sa mère, id. 275. Le saint roi se esforça de tout son pooir, par ses paroles, de moi faire croire en la loi crestienne, id. 197. Ertaut de Nogent fu le bourgois du monde que le conte creoit le plus, id. 205. Moult de ses gens li loerent [conseillèrent] que il attendist tant que ses gens feussent revenus, parce que il ne li estoit pas demouré que la tierce partie de ses gens; et il ne les en voult onques croire, id. 214.
— xiv" s. Et il s'en croient au jugement de ceulz qui sont bons et sages, oresme, Eth. 243. Qui croit paroles doucereuses souvent les trouve venimeuses, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 387. Vous parlez saigement; Se ne croy vo conseil, jammais Diex ne m'ament [m'amende]; Car de boin conseil croire, vienent li bien souvent, Baud. de Seb. vm, 460.
— xvc s. Il estoit moult aimé et cru en la ville, froiss. 1, 1, 190. Puis que nature s'entremit D'entailler si digne figure, Il est à croire qu'elle y mit De ses biens à comble mesure, alain chart. Excusalion de maître Alain. Et le roy, croyant ces choses, s'en alla audit pais de Normandie, jean de troyes, Chron. 1475. Et pour ce à vous bien confesser me doy De croire [prêter] ainsi, dont j'ai grant repentance, Quant on n'a pas renvoyé devers moy Un prest que fis.... eust. desch. Poésies mss. f° 343, dans lacurne. Suppliant au roy ne vouloir legierement croire contre luy et son filz, comm. i, i. Le bruyt d'artillerie faisoit croire de tous les deux costez quelque grande entreprinse, id. i, U. Quant le roy eut ce ouy, il dit à Tanor: Tanor, ne me croyez jamais, se celluy qui là a parlé n'est Salphar de Liban, Perceforest, t. VI, f° 107. Le roy y estoit en personne, qui à ce siège ne croyoit personne [ne s'en rapportait à personne], ib. t. v, f° 1 01 . Il ne fut pas maistre pour lors ne cru de faire son vouloir, louis xi, Nouv. i.
— xvi" s. 11 appert par les livres des anciens Pères que cela estoit receu sans difficulté, de dire croire l'Eglise, et non pas en l'Eglise, calv. Instit. 811. Us l'envoyarent vivre en la forest de Bière; je croy qu'elle n'y soit plus maintenant, rab. Car. 1, 21. Messieurs, je croy que vous soyez faict mal, pardonnez le nous, id. Pant. n, 26. Je croy en Dieu le père tout-puissant.... Je croy la saincte et catholicque Eglise Estre des sainetz et des fidèles une Vraye union, entre eux en tout commune.... Finalement croi la vie éternelle, marot, iv, 342. Je croy que, avant que recepvez ceste réponse, vous aurez du roy ce que avés demandé, marg. L. 50. Je vous supplie le croire de ce que je l'ay prié vous dire, id. ib. 49. S'il en faut croire du Bellay, mont, i, 25. Je ne croy pas que ces mouvements se feissent avecques discours [réflexion], id. i, 50. Si ce sont médecins, je les crois en ce qu'ils disent de.... id. 1, 68. Je crois de la medecinetout le pisou le mieulx qu'on vouldra, id. 1, 130. Ils croyent les âmes immortelles, et les mauldites estre logées du costé de l'occident, id. i, 238. Les grands esprits font un aultre genre de biencroyants, id. 1, 389. Au moins se trouveroit-il une chose qui se croiroit par les hommes d'un consentement universel, id. 11, 319. 11 ne fault pas croire à chascun, dict le précepte, id. ii, 331. Du mont souvent armée devalla, Croyant pour vray qu'en la campaigne il soit: Puis ne trouvant personne, s'en alla, Et croit qu'il est monté par autre voye, la boétie, 487. Je n'en diray pas davantage, sinon que je me fay croire qu'elle en viendroit à bout en huit jours, lanoue, 437. Et, pour cela, il s'en faisoit croire, et parloit, d'une braveté grande, desper. Contes, xlii. Ses amis allèrent enhortans le peuple assistant de croire à ce qu'il avoit dit, amyot, Solon, 11. Les Megariens le creurent facilement, id. ib. 12. Ne croire point aux dieux, id. Pe'ri'c. 60. U leur feit à croire que Alexandre s'estoit, en dormant, apparu à luy, id. Eum. 25. Plusieurs croient que le poëte et l'historien soient d'un mesme mestier; mais ils se trompent beaucoup, rons. 514. Legier croire [croire légèrement] fait décevoir; Il faut congnoistre avant que aymer, l'Amant rendu Cordelier, p. 514, dans lacurne. Ne croire à Dieu que sur bons gages, cotgrave. Fol ne croit jusques à tant qu'il reçoit, id. Pour néant demande conseil qui ne le veut croire, id. Qui sempres croit et asne meine, son corps ne sera jà sans peine, id.
— ÉTYM. Saintong. crére; wallon, creure; Berry, creire; provenç. creire; espagn. créer; portug. crerj ital. credere ; du latin credere.
CROISADE (kroi-za-d'), s. f. \\ 1" Expédition contre les Mahométans, entreprise par les chrétiens pour le recouvrement de la Palestine, rrêcker la croisade
CRO
CRO
CRO
Au temps des croisades. Cette province qu'on appelle aujourd'hui Turcomanie, tomba bientôt après sous le pouvoir du turc Soliman, qui, maître de la plus grande partie de l'Asie Mineure, établit le siège de sa domination à Nicée et menaçait de là Constantinople au temps où commencèrent les croisades, volt. Mœurs de l'Orient au temps des croisades. Tel était l'état de l'Asie Mineure lorsqu'un pèlerin d'Amiens suscita les croisades, id. ib. De la i" croisade. On sait combien l'abbé Suger, aussi grand homme d'État que l'abbé de Clairvaux était grand orateur, s'opposa à cette croisade malheureuse que Louis le Jeune entreprit par le conseil de saint Bernard, d'alemb. Abus de la crit. Œuvres, t. x, p. 276, dans pougens. Parmi les préparatifs de la croisade, on ne doit pas oublier le soin que prenaient les croisés de faire bénir leurs armes et leurs drapeaux, MicHAUD.ffwt. desCrois. i, an 1095. || Par extension , l'expédition contre les Albigeois; les expéditions en Espagne pour combattre les Maures qui occupaient ce pays. Lisez l'histoire de la croisade contre les Albigeois; lisez celle de la conquête du Mexique ; vous verrez que les croisés n'avaient pas commis moins d'horreurs dans le Languedoc que les Espagnols en commirent dans l'Amérique, saintfoix, Ess. Paris, Œuvres, t. iv, p. 31 9, dans pougens. || 2° Fig. Tentatives pour diriger l'opinion sur ou contre quelque chose. Â la sortie des troubles révolutionnaires, quelques esprits entreprirent une croisade contre les idées qui venaient de triompher. Croisade contre les préjugés. Il y a environ quatre ans que je prêche cette petite croisade , volt. Lett. à Cath. U9. || 3° Synonyme de croisure ou de croisement, en parlant des cocons. || 4° Constellation antarctique, dite aussi Croix du Sud, composée de quatre étoiles en croix, qui sert à distinguer le pôle, au delà de la ligne, comme la Petite Ourse de notre côté.
— HIST. xmc s. Ce fu aussi comme une prophecie de la grant foison de gens qui moururent en ce douz [double] croisement, joinv. 201. Ce que la chasuble estoit de sarge de Reins, senefie que la croiserie sera de petit exploit aussi, comme vous verres se Dieu vous donne vie , id. 299. || xv* s. Au quel temps fut par nostre saint père le Pape ordonné une croiserie sur les Pragois, monstrel.i, 236. Une croisée pour aller sur les Turcs et infideiles de nostre foy, math, de coucy, Hist. de Charles VII, p. 702, dans lacurne. Il xvi' s. L'espalier peut estre dressé, soit en traversant aucun desdits jardins, par croisades et autrement, ou posé ailleurs pour eu faire de longues allées, droites, curves, et d'autres figures, 0. de serres, 650. Croisades [signes de croix que le prêtre fait sur l'hostie], h. est. ApoL d'Hcrod. p. 655, dans lacurne. Si pour cela elles ne s'amendent, on leur fera faire [à des religieuses] des croisades [se tenir les bras étendus en forme de croix] au meilleu du dit chœur, du cange, crux.
— ÉTYM. Croiser ;provenç. crozada; espagn. crufada; ital. crociata. Croisade est récent et refait sur l'espagnol et l'italien ; autrefois on disait croiserie ou croisement ou croisée.
f CUOISAT (kroi-za), s. m. Monnaie d'argent marquée d'une croix et d'une image de la sainte Vierge, qui se fabriquait à Gênes et qui valait environ un écu et demi de France.
— ÉTYM. Croix.
^ . CROISÉ, ÉE (kroi-zé, zée), part, passé. || 1° Qui est en croix. Ayant les jambes croisées. Je vis au pied d'un buisson, à trente pas de moi, une espèce de soldat qui, sur deux bâtons croisés, appuyait le bout d'une escopette, lesage, GilBlas, i, 2. || Avoir les bras croisés, croiser ses bras sur sa poitrine. Et les deux bras croisés, du haut de son esprit, 11 regarde en pitié tout ce que chacun dit, uoi.Mis. n, 5. Lorsque, les bras croisés sur sa large poitrine.... lamart. Nouv. méd. 7. || Fig. Demeurer les bras croisés, demeurer dans l'inaction. Et ta vertu, qui craint de trop paraître au jour , Attend les bras croisés qu'il t'immole à ton tour, corn. Attila, v, 5. M. de Lorraine ne demeurera pas les bras croisés, se/. 3t 7. || Terme de botanique. Feuilles croisées, rameaux croisés, feuilles, rameaux qui se suivent et se croisent à angle droit. || 2° Coupé à angle. Un chemin croisé par un autre. || 3" Fig. Contrarié, gêné, traversé. Croisé dans ses démarches par un adversaire habile. Que cet esprit règne seul et ne soit point croisé par un autre, montesq. Esp. v, 6. C'est dans les pays de la liberté que le négociant trouve des contradictions sans nombre; et il n'est jamais moins croisé par les lois que dans les pays de la servitude, id. ib. xx, 12. Deux petits princes d'Allemagne ne peuvent faire l'échange d'un fief ou
d'un domaine, sans être croisés ou secondés par les I maintiennent le centre d'une roue. || Terme de ma cours devienne, de Versailles ou de Londres, raynal, rine. Partie de l'ancre qui forme la croix sur la verge. ]Iist. phil. xix, 3. || 4° Étoffe croisée, et, substantive- || La grande envergure des voiles vue en mer; la ment, du croisé, étoffe fabriquée à quatre marches longueur de leurs vergues en rade. || Terme d'imau moins et dont les fils de la trame sont plus serrés primerie. Pièces de bois qui, se croisant, sont attaque dans l'étoffe à deux marches. || 5° Terme d'ana- chées aux tourillons d'en haut d'une presse. || Outil
tomie. Ligaments croisés, deux ligaments très-forts situés à la partie postérieure de l'articulation fémorotibiale. || G" Rimes croisées, celles qui sont alternées, au lieu d'aller par couples. N'est-ce pas plutôt aux poèmes d'une longue étendue qu'il eût fallu permettre les rimes croisées? je le croirais, non-seulementparce que les vers masculins et féminins entrelacés n'ont pas la fatigante monotonie des distiques, mais parce que leur marche libre, rapide et fière, donne du mouvement au récit, de la véhémence à l'action, du volume et de la rondeur à la période poétique, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. xi, p. 467. Voici le commencement de la belle ode de Pétrarque à la fontaine deVaucluse en vers croisés, volt. Mœurs, 82. || Vers croisés, ceux où des vers de mesure inégale reviennent à tour de rôle et avec symétrie. Ce sont, par exemple, des vers croisés si l'on met deux alexandrins puis un vers de huit syllabes, puis deux alexandrins, un vers de huit syllabes et ainsi de suite. || 7" Terme de guerre. Feux croisés, feux convergents qui prennent en écharpe les points battus. || 8° Terme de danse. Chassé croisé, chassé que le danseur et la danseuse font en même temps l'un à droite et l'autre à gauche. || 9° Terme d'escrime. Tireur croisé, tireur qui n'est pas bien en ligne, et qui a le pied droit trop en dedans. || 10" Terme de physiologie et d'élève de bestiaux. Race croisée, race qui est le résultat d'un croisement. || 11° Qui a pris part à une croisade. Les princes croisés.
2. CROISÉ (kroi-zé), s. m. Celui qui prenait la croix pour combattre les infidèles. L'armée des croisés. On fit la revue près de Nicée, et il se trouva cent mille cavaliers et six cent mille hommes de pied, en comptant les femmes; ce nombre, joint avec les premiers croisés qui périrent sousl'hermite Pierre et sous d'autres, fait environ onze cent mille, volt. Mœurs, 1 " croisade. Jérusalem fut prise par les croisés le 5 juillet (099, tandis qu'Alexis Comnène était empereur d'Orient, Henri IV, d'Occident, et qu'Urbain II, chef de l'Église romaine, vivait encore, id. ib. Le plus politique de tous ces croisés et peutêtre le seul, fut Bohémond, fils de ce Robert Guiscard conquérant de la Pouille, id. ib. Les croisés trouvèrent partout des trahisons, de la perfidie, et tout ce qu'on peut attendre d'un ennemi timide, montesq. Rom. 23. || Nouveaux croisés, les confédérés polonais sous Stanislas Auguste.
— HIST. xne s. Tout a croisiés amoureus à entendre D'aler à Dieu ou de remanoir ci, Coud, xxiv. |[ xine s. Et après [il] i envoia un suen cardonal, maistre Perron de Chappes, croisié, et manda por lui le pardon tel com vos dirai, villeh. i. On ne doit pas fere assesseur d'omme que cil ne puist justicier qui le fet., s'il le trueve en meffet; si comme de clerc ou de croisié, beaum. 37. Quiconques est croisié de le [la] crois d'outremer, il n'est tenus à respondre en nule cort laie, id. xi, 8. Et quant elle sot que il fu croisié, ainsi comme il meismes le contoit, elle mena aussi graud deul comme se elle le veist mort, joinv. 208.
— ÉTYM. Croiser.