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FORME

f CRUCIGÈRE (kru-si-jê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une croix.

— étym. Lat. crux, croix, et gerere, porter.

f CRUCIROSTRE (kru-si-ro-str'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a le bec croisé.

— ÉTYM. Lat. crux, croix, et rostrum, bec. CRUDITÉ (kru-di-té),s. /". || l°Étatde ce quiesteru.

La crudité des fruits, des viandes. Le fruit est mùr et garde, en sa douce apreté, D'un fruit à peine mùr l'aimable crudité, a.chén. Arcas et Palémon. || 2" Aliments crus. Manger des crudités. || 3" Terme de médecine. La crudité des humeurs, l'état des humeurs qui ne sont pas encore arrivées à ce que les anciens médecins nommaient coction. || Crudité des maladies, état où elles n'offrent encore aucun signe de coction. || 4" Mal d'estomac venant de la mauvaise qualité de certains aliments dont la digestion est difficile. || Fig. Tu dis.... Que mes vers à les ouïr lire Te font venir des crudités, malii. iv, (5. Nos faiseurs de notes ne rapportent dans leurs écrits que la crudité et l'indigestion de leur lecture , balz. liv. v, lett. 18. || 5° Fig. Qualité de ce qui est non mitigé, comme les substances qui ne sont pas mitigées par la cuisson ou la maturation. En ce sens il s'emploie dans les cas suivants. || Crudité de l'eau, état de l'eau qui contient une forte proportion de sels calcaires et qui est froide, indigeste. || Terme de peinture. Effet dur et tranchant des tons crus. || Expression qui est trop libre, ou qui a quelque grossièreté. Les crudités sont de mauvais goût. La politesse n'avait point appris aux héros d'Homère à se quereller noblement, et la crudité des injures qu'Achille dit h Agamemnon n'était encore que de la franchise, marmont. Ess. sur le goût, Œuvres, t. iv, p. 347, dans pougens.

— ÉTYM. Provenç. cruditat; ital. crudità ; du latin cruditalem, de crudus, cru.

f CRUDIVORE (kru-di-vo-r') , adj. Terme didactique. Populations crudivores, celles qui ne se nourrissent que d'aliments crus.

— ÉTYM. Lat. crudus, cru, et vorare, manger. CRUE (krue), s. f. \\ 1° Élévation du niveau des

eaux d'un cours d'eau, par suite de pluies ou de fonte de neiges. Ce fleuve [Nil], qui prend sa source dans l'Ethiopie, doit son accroissement à des nuages qui, retombant en pluie, occasionnent sa crue périodique, raynal, llist.phil.xi, 3. Montez à travers Blois cet escalier de rues Que n'inonde jamais la Loire au temps des crues, v. hugo, F. d'aut. 2. || 2° Croissance. Cet enfant, cet arbre n'a pas pris toute sa crue. || 3" Autrefois l'augmentation des tailles. La crue de la taille. || Dans l'ancienne pratique et en matière d'inventaire, le cinquième denier au-dessus de la prisée, lequel était attribué aux commissaires-priseurs, parce qu'alors ils étaient responsables. La crue est abolie. Estimation à juste prix et sans crue. || En un autre sens. Je ne sais qui a pu imaginer que nous demandions à prendre le soi de la ferme à bas prix, pour en tirer un petit profit qu'on appelle crue, volt. Lett. Dupont, lo oct. 1775.

— iiist. xme s. Ne scet l'en [l'on] dont celle creue [du Nil] vient, mez que de la volenté de Dieu, joinv. 220. || xve s. Qui du marchié le denier à Dieu prent, Il n'y peut mectre ne rabat ne creùe, en. d'orl. Rond. Octroionsque tout le sel qui sera vendu

es grenier à sel de nostre pays de Normandie.... soit vendu à la creue de douze deniers tournois sur chacun minot pour les deniers qui vendront [viendront] de ladite creue.... tourner et convertir au profit de nostre dit conseiller, vallet de viriville , Chron. de la Pucelle, p. 78. || xviBs. Que les creues des compagnies de gens de pied, et la levée des Suisses n'estoit à autre fin que pour ruiner les huguenots, castelnau, 196. Jomct les ordinaires commissions des creues et recreues, que l'on distribue par toutes les provinces , causées sur levées des deniers, pour la subvention de ses affaires, carl. iv, 5.

— ÉTYM. Féminin du participe crû; provenç. creguda; catal. crescuda; espagn. crecida.

CRUEL, ELLE (kru-èl, è-T), adj. || i° Qui aime à infliger des souffrances, la mort. Un tyran cruel. Le cruel Henri VI II fit périr plusieurs de ses femmes. Valérien ne fut cruel qu'aux chrétiens, boss. Hist. i, 10. J'ai mendié la mort chez des peuples cruels, rac. Andr. n, 2. Mes inhumaines sœurs sont d'autant plus cruelles, Qu'elles le sont par piété, lamotte, Odes, t. î, p. 500, dans pougens. Perfide par instinct et cruel par penchant, Son âme est un enfer et sa vie un long crime, masson, Helvél. n. Dans cette guerre à mort, leur donner la vie [aux prisonniers], c'eût été se sacrifier soi-même; on fut cruel par nécessité; le mal venait de s'être jeté dans une si terrible alternative, ségur, Hist. deNap. ix, 8. || Les plus cruels ennemis, les ennemis les plus acharnés. || Il se dit de quelques animaux. Le tigre est un animal cruel. || 2° Qui a un caractère de cruauté, en parlant des choses. Un ordre cruel. Une politique cruelle et ambitieuse. Une guerre cruelle, sanglante, acharnée. Cruelle bataille, rac. Théb. m, 4. On fit une cruelle boucherie de ces brigands, vertot, liéxol. rom. xi, p. )43. Loin de ces lieux cruels précipitez vos pas, rac. Iphig. iv, 40. Je suis persuadé plus que jamais de l'innocence des Calas et de la cruelle bonne foi du parlement de Toulouse, volt. Lett. d'Argental, 21 juin (76). Une guerre longue et cruelle, inutile à l'Autriche, funeste à la France, profitable aux seuls Anglais, et glorieuse au seul roi de Prusse, qui, après l'avoir soutenue pendant sept ans contre la moitié de l'Europe, l'a terminée sans perdre un village, d'alemb. hloges, milord Maréchal. Ses expériences n'avaient pu être faites sans assujettir un grand nombre d'animaux à des douleurs cruelles; et c'eût été acheter bien cher une vérité inutile; M. de Haller le sentait, condorcet, Haller. || 3° Dur, sévère, rigoureux, en parlant des personnes et des choses. Père, tuteur cruel. Une peine cruelle. Des devoirs cruels à remplir. C'est cette vertu même à nos désirs cruelle, Que vous louez encore en blasphémant contre elle, corn, l'oly. n, 2. Les dieux depuis longtemps me sont cruels et sourds, rac. Iphig. n, 2. Hélas! fus-je jamais si cruel que vous l'êtes? ID. Andr. i, 4. Tous deux haïs du peuple, et tous deux admirés; Enfin, par leurs efforts ou par leur industrie, Utiles à leurs rois, cruels à la patrie, volt. Henr. vu. Ses parents, à la fois jacobites et catholiques, étaient opprimés, à ce dernier titre, sous des lois cruelles, indignes de la sagesse et de l'humanité des lois anglaises, mais qu'une fausse politique avait crues nécessaires dans le siècle dernier, condorcet, d'Arci. || 4° Douloureux, fâcheux. C'est une chose cruelle que d'être abandonné de ses amis. Quels reproches cruels ne nous ferons-nous pas? corn. Sertor. n, 2. Je dois tous annoncer, Léandre, une nouvelle, Mais la trouverez-vous agréable ou cruelle? mol. VÉtour. n, 40. Le ciel eut pour ses vœux une bonté cruelle, la font. Fabl. vu, (7. C'est une cruelle chose que de mettre sa vie entre les mains d'un médecin, qui croit fermement qu'il va prendre possession d'une souveraineté en Italie, sév. t. x, lett. toi 2, dans pougens. Ce ne peut être que cette seule curiosité qui vous ait fait faire une si cruelle imprudence, m"°de lafayette, Princ. deClèvcs, Œuvres, t. il, p. 185, dans pougens. Non, vous ne verrez pas cette fête cruelle, rac. Baj. n, 6. Ah! souvenir cruel, id. Andr. i, 4. Et ton nom paraîtra dans la race future Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, id. Brit. v, 6. [C'est lui qui] Veut, la force à la main, m'altacher à son sort Par un hymen pour moi plus cruel que la mort, id. Mithr. i, 2. Mesdames [les sœurs du roi] savaient combien est cruelle pour ceux qui souffrent, la perte du médecin dont ils attendent la conservation de leur vie ou la fin de leurs douleurs, condorcet, Bourdelin. \\ Destin , sort cruel, destin, sort tout à fait contraire. Que ma destinée est cruelle! mol. le Fest. m, 4. || 5" Insensible. Beauté cruelle. El même en ce moment où ta bouche

CRU

'cruelle Vient si tranquillement m'annoncer le trépas, rac. Andr. iv, 5. Avec quels yeux cruels sa rigueur obstinée Vous laissait à ses pieds peu s'en faut prosternée! id. Phèd. ni, 1. Eh! comment font tant de jeunes filles qui, pendant des mois entiers, résistent à leur penchant, cachent leur amour, et paraissent non-seulement insensibles, mais encore cruelles à un amant qui leur platt? saint-foix, Oracle, se. 7. || Dans le langage familier. Cette femme passe pour n'être pas cruelle, elle cède facilement à ceux qui la poursuivent. || 6" Un cruel homme, un fâcheux, un ennuyeux personnage; une cruelle femme, une femme bien insupportable. || 7° Substantivement. La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles; On a beau la prier; La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier, malh. vi, 18. Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur, rac. Iphig. n, 5. Un cruel (comment puis-je autrement l'appeler?) Par la main de Calchas s'en va vous immoler, id. Ipliig. ni, 6. Je ne t'ai point aimé, cruel? qu'ai-je donc fait? id. Andr. w, 5. || 8° Femme qui n'écoute pas un amant. Venge-toi d'une ingrate et quitte une cruelle, corn. A'î'com. v, 4. Soulagez mon tourment, disais-je à ma cruelle; Ma mort vous ferait perdre un amant si fidèle Qu'il n'en est point de tel en l'empire amoureux, la font. Poésies mêlées, xlv. Mon fils me parle de la grosse cousine d'une étrange façon; il ne désire qu'une bonne cruelle pour le consoler un peu, sév. t. vu, p. 649, p. 17, dans pougens. Les cruelles ne me sont rien, Je ne crains que les infidèles, fonten. Poésies past. Œuvres, t. iv, p. 22, dans pougens. Ceux qui son) accablés des rigueurs d'une cruelle y viennent soupirer, montesq. Gnide, 1. Si elle vous nomme audacieux, vous l'appellerez cruelle; les femmes aiment beaucoup qu'on les appelle cruelles, beaumakch. Barbier, iv. 5. || Familièrement. Ne pas trouver de cruelles , être toujours heureux en amour. Jamais surintendant ne trouva de cruelles, boil. Sat. vm. || Familièrement. Faire le cruel, se montrer dédaigneux à l'égard des femmes. || 9° S. f. Cruelle, nom qu'on donne à de l'eau-de-vie rendue plus brûlante par l'addition de substances acres.

— REM. 1. On dit (les exemples rapportés le prouvent) être cruel à quelqu'un. Mais on dit aussi : être cruei envers quelqu'un. || 2. Il faut faire attention à la différence de sens que produit quelquefois la place de cruel: un homme cruel, c'est un homme nui a de la cruauté; un cruel homme, c'est un hemme insupportable.

— HIST. xne s. Cruez hom est Rollant, Ronc. p. 20 Ja de crueul au desseure [dans le triomphe] N'orrés [vous n'ouirez] dire bon recort, Couci, iv. Ha! douce riens cruels, tant mar [je] vous vi, Quant pour ma mort nasquites sans merci, ib. rx. Au mont [monde] n'a [il n'y a], voir, si cruel traïson Qu'un bel semblant et courage félon , ib. ix. Lors vous truis je [je vous trouve] cruel si durement, ib. x. Car tant est fors et crueus sa prisons, ib. xui. Mais j'ai de ce moult cruel avantage, Qu'il les m'esteut sur mon cuer obéir, ib. xix. Celé [ma dame] me fut crueus à Pacointier, ib. xxi. Je chanterai, car plus ne m'en puis taire, Pour conforter ma cruel aventure, ib. p. )25. [Ils] Ne leur poissent [pussent] faire un plus cruel cembel [combat] , Sax. ix. Si que li rois puist dire.... Qu'onc vers lui ne plaidierentsi cruel aversaire, ib. xxxi. || xni" s. [Toi] Qui ainsi m'as traie de traïson crual, Berte, xxvi. Tant cum Gauvains li bien apris Par sa cortoisie ot le pris, Autretant ot de blasme Keus Por ce qu'il fu fel et crueus, ib. 2)06. Et por ce que lor espée esperituel est plus cruel que le [la] temporel, porce que l'ame y enquort, doivent moult garder cil qui l'ont en garde, qu'il n'en fièrent sans reson, beaum. xlvi, ) ) . Trop sont li mal cruel à soustenir Ke fine amours me fait sentir souvent, Bibl. des Chartes, t. v, 4e série, p. 487. ||xv" s. Les aucuns en donnent le droit de la guerre qui fut en ce temps si grande et si cruelle en Flandre, froiss. n, il, 62. Le prince de Galles, qui estoit courageux et cruel comme un lyon, print ce jour grant plaisir à combattre et chacer ses ennemis, id. liv. i, p. 4 95, dans lacurne. Tout homme armé doit estre par effect Crueulx devant, piteus après victoire, e. desch. Poésies mss. f» 109, dans lacurne. || xvi's. Mais la cruelle, accoustumée X tromper son poursuivant . S'enfuit comme une fumée Qui se perd au gré du vent, rons. 549. Par trop cruel à son ennemy Sera rude à son amy, leroux de lincv, Prov. t. il, p. 367.

ETYM. Bourguig. crual, crouel; provenç. cru-

zel, cruel; espagn. cruel; ital. crudele, du latin crudelis, dérivé de crudus. Dans l'ancien français au nominatif singulier cruels ou crueus pour les deux

CRU

genres; au régime cruel pour les deux genres, au pluriel nominatif cruel pour les deux genres; au régime cruels ou crueus. De cette forme cruels ou crueus, on avait tiré un adjectif irrégulièrement formé crueus, crueuse : De plus crueuse beste ne fu parole oie, Berte, n; En si crueuses batailles et si périlleuses, froiss. I, i, t.

CRUELLEMENT (kru-è-le-man), adv. || 1° D'une manière cruelle, avec cruauté. Il le fait mourir cruellement. Cruellement docile aux leçons de ton maître, volt. Fanât, m, 8. || 2" D'une façon douloureuse. Cruellement humilié. Cruellement blessé, mais trop fier pour me plaindre, volt. Zaïre, iv, 2. Cruellement»trompé, je t'ai trompé toi-même, id. Tancr. v, 6. La marmotte a les quatre dents de devant assez longues et assez fortes pour blesser cruellement, buff. Marmotte. Enfin on atteignit Gjatz avec la nuit; mais cette première journée d'hiver avait été cruellement remplie; l'aspect du champ de bataille, de ces deux hôpitaux abandonnés, cette multitude

de caissons livrés aux flammes, ces Russes fusillés

ségur, Hist. de Nap. ix, 8. || 3° Familièrement. Cruellement laid, très-laid. Chamillart se trouva d'autant plus flatté [de la demande de la Feuillade] que sa fille était cruellement vilaine, st-sim. 99, 68. L'esprit y est toujours naturel et exempt de ce jargon ridicule, à la fois puéril et barbare, dont plusieurs de nos pièces modernes sont si cruellement infectées, d'alemb. Éloges, Boissi. Sa gloire, cruellement obscurcie par la fin de son règne, au moins si on en juge par les événements, id. Éloges, Card. d'Est.

— HIST. xm* s. Et quant il meffont, li baillis les doit plus cruelment punir de lor meffet que mile autre manière de gent, beaum. 25. || xve s. [Le prince doit] Requérir crueusement Son ennemi, et mener doucement Ses vrais subgiez, sans asservir nulli, e. desch. Des vertus nécess. au prince.

— ÉTYM. Cruelle, et le suffixe ment; provenç. cruzelmen; catal. crudelment ; espagn. cruelmentc ; ital. crudelmente. L'ancien adverbe était cruelment, régulièrement formé, et crueusement, irrégulièrement formé.

t CRUENTATION (kru-an-ta-sion ), s. f. Nom donné par les anciens médecins au phénomène du .suintement et même du jaillissement de sang, plus ou moins de temps après la mort, par les plaies d'une personne tuée; phénomène auquel on attachait une valeur superstitieuse et fausse pour la découverte des meurtriers.

— ÉTYM. Lat. cruenlatio, de même radical que cruor (voy. ce mot).

t CRUMÉNIEÈRE (kru-mé-ni-fê-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une bourse.

— ÉTYM. Lat. crumena , bourse, et fer, qui porte.

t CRUMÉ1VOPHTHALME ( kru-mé-nof-tal-m' ) , adj. Terme de zoologie. Se dit de poissons qui ont l'œil entouré d'une bourse. || S. m. pi. Les cruménophthalmes, famille de poissons de mer du genre des scombres.

— ÉTYM. Mot hybride formé du latin crumena, bourse, et du grec oç9a),u.ô?, œil.

CRÛMENT (kru-man) , adv. D'une manière crue, sans ménagement ni correctif. Mademoiselle, personne n'est encore mort de votre absence, hormis moi; et je ne crains point de vous le dire aussi crûment, parce que je crois que vous ne vous en souciez guère, voit. Lctt. MO. Ne lui laissez point penser tout crûment qu'on la sacrifie, sév. 44). Oui, pour vous, dit Cloris, qui passez cinquante ans... Car, pour vous découvrir le fond de ma pensée, Je me plais aux livres d'amour. Cloris eut quelque tort de parler si crûment, la font. Ballade. Je sens qu'un prince très-délicat sur la charité du prochain pourrait s'effaroucher aisément de ce qui est dit un peu crûment par rapport à sa délicatesse, st-sim. 265, 6G. Non d'un vrai sec et crûment historique, Mais de ce vrai moral et théorique, Qui, nous montrant les hommes tels qu'ils sont, De notre cœur nous découvre le fond, j. b. rouss. Ép. il, 4. Rendre crûment la vérité commune est le talent d'un ouvrier; faire mieux que n'a fait la nature ellemême et l'embellir en l'imitant est l'art réservé au génie, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. vu, p. 45, dans pougens. Les femmes, à qui l'on reproche tout crûment dans les Harangueuses [d'Aristophane] de se soûier, de ferrer la mule et bien d'autres espiègleries, id ib. t. ix, p. 398.

— hist. xvie s. Ce propos, encore qu'il soit dit un peu trop cruement et témérairement, pourroit sembler véritable, amyot, Phoc. t.

— ÉTYM. Crû pour crue, et le suffixe ment.

DICT. i)E [J T.ANSU'ï FRANÇAISE.

CRU

f CRUOR (kru-or), s. m. Terme d'anatomie. Matière colorante du sang, ou, plus souvent, le caillot lui-même, et, quand il y a couenne, la partie du caillot colorée par les globules sanguins.

— ÉTYM. Lat. cruor, sang. Il y a dans le celtique: irlandais, cru; kymri, crau, sang.

| CRUORIQUE (kru-o-ri-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au cruor. Éléments cruoriques du sang, parties solides de ce liquide, qui, par leur réunion, constituent le caillot.

— ÉTYM. Cruor.

CRURAL, ALE (kru-ral, ra-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la cuisse. L'artère crurale. Les nerfs cruraux. || Plexus crural, réunion des branches antérieures des quatre dernières paires de nerfs lombaires et- des quatre premières paires de nerfs sacrés. || Arcade crurale, repli formé par l'aponévrose abdominale et qui est fixé d'une part à l'épine iliaque antérieure supérieure, de l'autre au pubis. || Canal crural, aussi nommé anneau crural, anneau fémoral, canal par où passent les vaisseaux cruraux à leur sortie de l'abdomen.

— HIST. xvie s. La huitième ramification fait les iliaques, jusques à ce qu'elles soyent hors du péritoine, où les crurales commencent, paré, i, 22. Le muscle crural, id. iv, 37.

— ÉTYM. Lat. cruralis, de crus, jambe.

f CRUSCA (krou-ska), s. f. Académie de la Crusca, académie célèbre, établie à Florence en (582, pour le perfecttonnement de la langue italienne. Il faut voir aussi une autre espèce de ménagerie, c'est la salle de l'académie de la Crusca, où le siège de toutes les chaises sur lesquelles on se met est une hotte et le dos une pelle à four; le directeur est élevé sur un trône de meules; la table est un pétrissoir; les garde-robes sont des sacs; on tire les papiers d'une trémie; celui qui les lit a la moitié du corps passé dans un blutoir et cent autres coïonneries relatives au nom de la Crusca, qui signifie son de farine; car le but de son institution est de bluter et ressasser la langue italienne, pour en tirer ce qu'il y a de plus fine tleur de langage, rejetant ce qu'il y a de moins pur, de brosses, Lettres sur l'Italie, t. n, lettre 2.

t CRUSCANTISME (krou-skan-ti-sm'), s. m. Purisme, en parlant de la langue italienne. Il avait rapporté [de l'université] une assez forte dose de cruscantisme, j. j. rouss. Conf. in.

— ÉTYM. Crusca.

CRUSTACÉ, ÉE (kru-sta-sé, sée), adj. || 1" Terme de zoologie. Qui a l'apparence d'une espèce de croûte. Les vers dont le corps est logé dans un tuyau crustacé ou pierreux semblant lier les insectes avec les coquillages, bonnet, Conlempl. nat. 3e part, ch. 20. Les œufs des insectes sont de deux genres : les uns Font membraneux, comme ceux des tortues et des reptiles; les aui^s sont crustacés, comme ceux des oiseaux, id. tô. t. vin, p. <2i, dans pougens. H Terme de botanique. Péricarpe crustacé, celui qui est mince, très-fragile, et que l'eau ne peut ramollir. || 2° Terme de zoologie. Qui est revêtu d'une sorte de croûte, d'une écaille. || S. m. plur. Nom d'une classe comprenant tous les animaux articulés, qui ont la tête confondue avec le thorax, une croûte extérieure plus ou moins calcaire, des pieds articulés au nombre de 5 à 7 paires, et qui respirent, soit par des branchies, comme les crabes, les écrevisses, les cloportes, soit par la peau, comme les lernées. || 3° Terme de médecine. Qui est accompagné de croûtes à la peau. Dartre crustacée. Lèpre crustacée.

— Étym. Lat. crusta, croûte.

t CRUSTACÉEN, ENNE (kru-sta-sé-in, è-n'),adj. Terme de zoologie. Qui a rapport aux crustacés.

f CRUSTACITE ( kru-sta-si-t' ) , s. m. Crustacé fossile.

t CRUSTODERME (kru-sto-dèr-m'), adj. Terme de zoologie. Se dit de poissons qui ont la peau dure et croûteuse. || S. m. pi. Les crustodermes, tribu de poissons qui ont la peau ainsi constituée.

—ÉTYM. Mot hybride formé du latin crusta, croûte, et du grec Sépua, peau.

t CRUSTULIFORME (kru-stu-li-for-m') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un échaudé.

— ÉTYM. Lat. crustula, diminutif de crusta, petite croûte, et forme.

CRUZADE (kru-za-d') , s. f. Cruzade vieille, monnaie d'or des Portugais, valant 3 fr. 30 c. Cruzade neuve, monnaie d'argent valant un peu moins de 3 francs.

— ÉTYM. Portug. cruzado, de crus, croix (voy. croix); ainsi dite de ce qu'elle a été fabriquée a

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