‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 52 sur 462 · A CC · texte numérisé non relu

A CC

— ÉÎYM. .1 et l'anglais shbre, rivage, accore, étai ; '■o shore up, accorer.

ACCORE, ÉE (a-ko-ré, rée) , part, passe. Navire accoré.

ACCORER (a-ko-ré), v. a. Terme de marine. Ëtayer avec "des accores un bâtiment en construction ou en réparation.

— ÉTYM. Accore.

|ACCORNÉ,ÉE(a-kor-né, née), ad;. Terme de blason. H se dit des animaux qui ont des cornes, quand elles sont d'une autre couleur que l'animal.

— ÊTYM. À et corne.

ACCORT, ORTE (a-kor , kor-t') , adj . || 1° Qui est de gentil esprit, qui est a la fois avisé etgracieux.il poursuivait Pompée et chérit sa mémoire; Il veut tirer à soi, par un courroux accort, L'honneur de sa vengeance et le fruit de sa mort. corn. M. de Pomp. îv, 4. Son éloquence accorte, enchaînant avec grâce L'excuse du silence à celle de l'audace, n>. Olh. n, i. Voyant i ne beauté folàtrement accorte . Régnier, Sat. vu. Je ne sais comment II faut se taire accort ou parler faussement, id. Sat. m. || 2° Insinuanl et quelquefois flatteur. Je vis de jeunes Grecques, vives, jolies, accortes, chateaur. llin. n-,.46. D'humeur accorte, perrault , Chaper. rouge, 20. Aussi ce prince [Germanicus] était-il d'un esprit doux et accort, perrot d'abl. Tacite, 29.

— HIST. xvie s. C'est bien le plus grand mal qu'un homme puisse avoir, Que servir une femme accorte à décevoir, bons. 125. Le libertin courtisan est si accort, qu'il n'oublie aucun artifice pour couvrir ce qu'il sçait bien que plusieurs reprouvent, lanoue, 510. Lyon, regnard ; car vous tenez de la hardiesse et valeur del'un, et estes accort, prévoyant et advisé comme l'autre, carloix, v, 25. Tant estoit accort et ruzé en ses responses, m. vm, (4.

— ÉTYM. Voltaire, tout en remarquant que ce mot n'est plus en usage dans le style noble (ce qui est vrai; pourtant on pourrait l'y faire rentrer dans quelques cas bien choisis), le tire de accord. C'est uneerreur ; accort vient de l'italien accorto, avisé, de accorgere (accorgersi, s'apercevoir) pour accoreggere , de a et correggere (voy. corriger) : accorto, mot à mot, qui s'aperçoit, avisé, habile.

| ACCORTEMENT (a-kor-te'-man) , adv. D'une manière accorte. Ma bouche accortement saura s'en acquitter, corn. Méd. n, 5.

— HIST. xvr s. Quand il apparoit y avoir grande injustice en icelui [commandement], ne vaut-il pas mieux qu'il s'excuse accortement de l'accomplir [le commandement] ? lanoue, 220. Le nombre n'est pas petit de ceux qui sont abreuvez de ceste fausse opinion et qui la publient accortement es lieux où ils

. fréquentent, id. 492.

— étym. Accorte au féminin, et ment (voy. ment). ACCORTISE (a-kor-ti-ze)., s. f. Humeur accorte.

L'accortise italienne calma la vivacité française ,volt. I.iinii XIV, 37. Ses souplesses [d'Orry] et son accortise l'avaient attaché et lié avec M. de Luxembourg et ses amis, st-simon, 131, (96. Mme d'Espinoj n'étuit qu'une mortelle qui vivait avec Mme de Soubise dans l'accortise et la subordination de sa beauté et de sa faveur, id. 59, 245,

— ÉTYM. Accort.

ACCOSTABLE (a-ko-sta-bl') , adj. Qu'on peut aborder facilement. Les plats.... N'avaient ni le maintien ni la grâce accostable, Régnier, Sat. x. Si le maire était noble de son chef, nous le trouverions accostable, r. L. COUR. II, 297.

— ■ HIST. xvr s. L'ayant trouvé bien conditionné et de conversation fort accostable.... carl. m, 7. Lors vous trouvant aussi douce et traitable Qu'auparavant vous n'estiez accostable.... rons. si 7.

— - étym. Accoster.

I ACCOSTANT. ANTE ( a-ko-stan, stan-t'), adj. Qui accoste avec facilité, lie facilement conversation. Termes était poli et accostant, mais à peine lui répondait-on en fuyant , st-simon , 129, 177.

f ACCOSTE (a-ko-sf). Terme de marine. Commandement d'approcher. Accoste au quai. Substantivement, commander l'accoste.

— Étym. Impératif du verbe accoster.

ACCOSTÉ, ÉE(a-ko-sté,stée), part, passé. || 1° Accosté par un- individu do mauvaise mine. Le vaisseau fut accosté par une chaloupe. ||2°En blason, se dit de toutes les pièces de longueur, mises en pal ou en bande, quand elles en ont d'autres à leur côté.

ACCOSTER (a-ko-sté) , v. a. \\ 1° Aborder quelqu'un qu'on rencontre. [Gens qui] vous viennent accoster comme personnes ivres, Régnier, Sat. 11. Il 2° S'accoster de, v. réfl. Prendre pour compagnon, hanter, fréquenter. N'ayant point diné, Je in'accos-

ACC

tai d'un homme a lourde mine, volt. P. Diable. Accostez-vous de fidèles critiques ; Fouillez, puisez dans les sources antiques; Lisez les Grecs, savourez les kitins; Je ne dis tous, car Rome a ses Cotins, j. b. rouss. Ép.ni, 1 ,à Marot. \\ 3° En termes de marine, en parlant d'un bâtiment, d'une embarcation, venir se placer le long et à côté de. La chaloupe accosta le vaisseau. Ce vapeur accosta le quai.

— HIST. xir s. Ses homes se acosterentà lui, si li

distrent : Bel père, se li prophètes te deïst que

Rois, 363. Lez Oliver s'acoste le meschin [il se met près du jeune Olivier], Ronc. 50. Et à un pilier [il] s'est tenuz et acostez, Th. le Mart. 148. || xm° s. Maintes fois avint que en esté il aloit seoir au bois de Vincennes, après sa messe, et se acostoioit à unchesne, joinv. 199. Lez un fossé se plaint et plore.Et cil luicorent andoiseure Là où il se fu acostez, Ren. 18573. |[ xiv° s. Au lez devers la mer [il] les a fais acoster ; Les pors lor a tolus, et les pas destournez, Guesclin, 14782. || xve s. Les archers d'Angleterre estoient accostés aux deux lez du chemin, froiss. 1,1, 218. 1 1 xvi" s. J'avois le latin si prest et si à la main que mes précepteurs craignoient à m'accoster, mont. 1, 194. Junia s'estant accostée d'elle familièrement, elle la repoussa rudement, id. m, 180. M. de Vendosme vint acoster M. de Vielleville, carloix, iv, 16. Toutefois il s'acosta de lui pour se descharger de sa créance, id. ii, 7. [Dans le cortège] les archevesques de Cologne et de Mayence accostoyent [étaient à côté] l'empereur , sleidan ,

— étym. Wallon, acoister ; provenç. et espagn. acostar; ital. accostarc; de ad, à, et costa, côte (voy. côte). Joinvillea dit acostoier, verbe fait de à et costoyer, que nous disons côtoyer. Il y avait, dans l'ancien français, le substantif acost, qui signifiait action d'accoster : Et Renart si s'en vait fuyant Qui n'avoitsoing deson acost, Ren. 2591 5. On remarquera que nos anciens auteurs écrivaient généralement par un seul c accoster et les mots composés semblablement. Cela prouve qu'ils n'en prononçaient qu'un seul. Nous n'en prononçons qu'un seul non plus; pourquoi ne faisons-nous pas comme eux? C'est une simplification digne d'être recommandée à l'Académie.

ACCOTÉ, ÉE (a-ko-té, tée, part, passé. || 1° Accoté contre un arbre. || 2° En blason, se dit des pièces qui sont posées à côté d'une autre pièce de l'écu.

t ACCOTEMENT (a-ko-te-man), s. m. || 1° Terme d'horlogerie. Rencontre vicieuse d'une roue et d'un pignon, y 2° En termes de ponts et chaussées, espace compris entre la chaussée et le fossé, entre le ruisseau et la maison.

— ÉTYM. Accoter.

ACCOTER (a-ko-té), v. a. || i° Soutenir à l'aide d'une cale, appuyer par côté. Accoter sa tète. Accoter un pot, de peur qu'il ne se renverse. || 2° S'accoter, v. réfl. S'accoter contre une muraille. Heurtant contre une porte , en pensant m'accoter, Régnier, Sat.x. || 3° V.n. Etre couché sur le côté par la force du vent, en parlant d'un navire. || 4" En horlogerie, frotter l'une contre l'autre, eh parlant des pièces.

— HIST. xine s. Dedenz le cortil au vilein, S'entrèrent andui tout àplein;Le vilein ont moult redoté; Lez la paroi sontacoté, Ren. 12250. ||xv° s. Et je me sarray cy a terre , Et m'acoteray sur le coûte, Afin que j'entende et escoute, Myst. Resurr. de N. S.

— ÉTYM. Norni. acout, appui, acouter, appuyer; wallon, ascot, appui, ascoter, accoter. Dans le genevois, il y a cotte, étai, cale, cotter, serrer, as sujettir; dans le franc-comtois, conte, appui. Notre verbe vient donc de à et d'un radical cote ou cotte, radical qui est sans doute celui du verbe cotir (voy. cotih). Dans l'ancien français il est souvent difficile de distinguer accoter et accouder, qui se disait acouter.

ACCOTOIR (a-ko-toir) , s. m. || 1° Ce qui sert à s'appuyer par côté. Les accotoirs d'un carrosse, d'un fauteuil. Cela vous servira d'accotoir. j| 2" Etai sur lequel on appuie les navires en construction.

— étym. Accoter; bourguig. écotôrre , appui, dossier.

f ACCOUARDI, IE (a-kou-ar-di , die), part, passé. Rendu couard, devenu couard

f ACCOUARDIR (a-kou-ar-dir) , v. a. Rendre couard. Il Bon mot, anciennement français, et qui se comprend sans aucune explication.

— HIST. xill0 s. Par parole sont moult hardi ; Mais to'st restent acoardi, Quant vienent à un poi d'effort, Ren. I67I2.|| xive s. Il estoit. preux es armes, couraigeux et hardis; Oncques en un bon fait ne fut acouardis, Girard deRoss. v. <375. || xves. Ma dame,

ACC

(pie Jhesus honneure ! Me regardoit, cem'estoit vi9, Si liement que tous ravis Estoie, en soi seule esgardant; Mais tous m'aloieacouardant, froiss. Ep. Am. I|xvi° s. La demeure de la maison n'acouardit pas tellement ceux qui la suivent, qu'une bonne partie ne soit en bonne disposition de bien faire quand l'honneur le commande, lanoue, 210. Si du front m'as osté L'honneur, la honte et l'audace première, Acouardant mon ame prisonnière, Serveà ta volonté,

— ÉTYM. À et couard.

ACCOUCHÉE (a-kou-chée). || 1° Part, passé f. Cette femme ayant été accouchée par le forceps. || 2" 5. f. Femme qui vient d'accoucher. || Proverbe. Elle est parée comme une accouchée, se dit d'une femme fort parée, à cause de l'habitude qu'avaient les femmes de recevoir en toilette, dans leur lit. les visites de leurs amies. || Le caquet de l'accouchée, conversation frivole, que l'on nomme ainsi à cause du babil ordinaire dans les visites qui se rendent aux femmes en' couches.

— HIST. xvic s. Aux accouchées laissons Ces douceresses boissons ; Ce bon cidre caressons. J. le houx, < 1.

ACCOUCHEiMENT(a-kou-che-man),s. m. || i°Tout le travail de la mise au monde de l'enfant depuis les premières douleurs jusqu'à la terminaison. Accouchement heureux, laborieux. || 2° Action d'aider une femme à accoucher. Faire un accouchement, un cours d'accouchement. || 3° Fig. Difficulté qu'on éprouve à dire une chose, à prendre un parti. C'était un accouchement pour lui que de traiter ce point délicat.

— SYN. accouchement, enfantement. Le premier est un terme de médecine, et le second est un terme général. Le premier indique non-seulement l'enfantoment, mais tout ce qui le précède et le suit immédiatement; le second n'indique que l'action de mettre l'enfant au monde. Le premier a un sens passif : l'accouchement de cette femme par une sagefemme ; le second n'a qu'un sens actif.

— ÉTYM. Accoucher.

ACCOUCHER (a-kou-ché). || Ie F. n. Mettre au monde. Accoucher à terme, avant terme. Elle est accouchée de deux jumeaux. Et la triste Emilie est morte en accouchant, corn. Sert, v, 2. Que ses parents et ses voisins l'avaient vue grosse de la fille dont elle avait accouché, vertot, Rév. rom. v, co. Elle vient d'accoucher d'un garçon, sÉV. 3. || 2° Fig. et dans le style badin ou critique. L'un enfante des volumes, l'autre accouche d'épigrammes. Que votre esprit accouche enfin de ce que....' Le sort de ce sonnet a droit de vous toucher; Car c'est dans votre cour que j'en viens d'accoucher , mi i.. F.sav. 111, h. Mais enfin j'accouche d'un dessein Qui passera l'effort de tout le genre humain, regnard, Lég. iv, 2. Monsieur avait accouché de projets toute' la nuit, retz, ni, 476. Si quelquefois il n'enfantait pas heureusement ses idées, du moins il savait faire accoucher heureusement ses auditeurs des vérités cachées qui étaient en eux, desfont. Éloge <lr lienau. Il 3° S'expliquer. Parlez, accouchez enfin, et voyons ce qui vous inquiète. Le roi insistant, il fallut bien accoucher, et Chamillart lui dit que.... st-simon, tos, 12(1. y 4° v, a. Aider une femme à accoucher. Accoucher une femme. Ce chirurgien accouche bien.

— rem. Accoucher, r. n. se conjugue avec être quand il s'agit d'exprimer l'état, et avec avoir quand il s'agil d'exprimer l'acte : Elle est accouchée depuis un mois; Elle a accouché heureusement. Loc. rie. : Elle a accouché d'hier. Dites : Elle est accouchée d'hier.

— hist. xine s. Mahiusde Montmorency accoucha malades , et tant fu agrevés qu'il morut , villkii. su. Li quens del Perche s'acoucha de maladie, id. 29. La comtesse Marie si acoucha d'une fille, id. 180; Novellement est acouchée, A chascun [petit] donoit sa bouchée, Ren. 363. Et pour les diles maladies [ j' ] acouchai au lit malade en la mi carême, joinv. 237. Car trois jours devant ce que elle aeouchast, lui vinrent les nouvelles que li rois estoit pris, 1D.252. Et avint antre ces entrefates que la reine fust preste d'acouchier; et lo jor devant que ele acouchast.... merlin, f° 68, recto. || xiv" s. Si le [Piètre] leva de fons [fut sa marraine] la royne jolie, Qui d'une fille estoit à ce temps acouchie, Guesclin. 8621. || XVe s. Après advint que celle dame fut enceinte, et le dit roi, son mari, accoucha malade au lict de la mort, froiss. i. i. 4P. L'abbesse , qui belle et jeune et en bon point lors estoit, nagueres s'acouche malade, L. xi, Noue. 21. Advint qu'elle fut malade et au lit de la mort acou-

ACC

ehée, id. Nouv. si. La accoucha malade messlre Henry de Bar en une ville queon nomme 1 i 87. xvi' s. Ci dessous gil ■ e Une qu'amour si bien vaincui . : lis elle en fusl ai mal dont elle relevoit, st oei Us, 107. .. remmes s'accouchent sans plainl

en travail d'enfant, et puis enfin elle s'i ucha d'une

; m en la pri-

son d'un beau fils que.... id. Dion,

i mi B urguig. écouchai; picai I On voit par l'historique que ai u i'accoucher

signifie propremenl se coucher, s'aliter; ce n'est que peuà peu qu'il a pris le sens exclusif de se mettre au lit pour enfanter. De d et c mcher.

ACCOUCHEUR EUSï ! cheû z'), s.

m. et f. Celui, celle qui pratique li ements.

1 de chercher une nourrice, on la rait choisir par l'accoucheur, J. J. ROUSS. BOT. I. ÊTYW Ici oucher.

m i m m i i port, passé. Ac-

coudé sur le balcon, il regardail

m , m Dl \n N i ' kou-de man), s. m. 1 r. || t' Art militaire. État ; ement des soldats d'infanterie dans les

— i i \ m u ouder.

ACCOI Dl B S S'appuyer du

coude, il s'étail accoudé sur la table.

— nisr. xu"s. Sur l'erbe \

Raoul s'i est couchiés et acoutez, li. de Cambrai, ■ i nu* s. Et la mauvaise vieille s'est lez lui tée, /■'■ i I <■' •,'UI ,"lr

aco'uter, ib. H». D s'est Rollan acouteiz,

Viane, •--"■ EtRenart, qui tant à mal est, Desus le puis s*esl acout el mariz i i

trespensez, Ben. 06 1 5. Et ainçois que h rais fusl

rerent il en la sale où li rois Hen toit ace aie, Chr. de Rains, p. H.

s. Dessus une fenestre s'est al Guesclin, dai cubitus. [| xvi* s. El s'es-

taut acouldé à l'une des fenestres de sa cha

CARLOIX. Il . '■'.

— ÉTYM. Norm. acouter; picard, akeuta venc. aeodar, aco\ dar. acoltar; espagn. ai

de adeubtfare, de ad, à. el cubitus, coude (voy. coude).

ACCOUDOIR a-kou-doir), s. m. || 1" Ce qui sert à s'accouder , 8° En architecture, balustra mur à hauteur d'appui devanl une croisée, on trémité d'un mur de terrasse, ou entre les piédestaux et les socles des colonnes. || Loc. vie. Une accoudoire.

— itisT. xvic s. Mectre on la dicte garde rob plattes-bendes et, par le devant, acouldouers, BU des Chartes, l série, t. in, p. 03. On a dit aussi accoudiere : 11 donna de n cheval, etle fit sauter par dessus les acco v lans la Loire,

DES TERIERS, Coilt. 57.

— ÉTYM. Accouder.

f ACCOUÊ, ÉE (a-kou-é, ée), part, passé. Attaché par la queue. Chevaux accoués ensemble.

tACCOUER(a-kou é), p. a. || 1 Attacher des chevaux ensemble, de manière que le licou de celui qui suit soit lié à laqueue de celui qui précède ; de la sorte ces animaux marchent à la file. || 2°Termedei Se dit de l'action du veneur qui suit le cerf et le joint peur lui donner le coup au défaut de I ou lui couper le jarret. Le Teneur vient d'accouer le cerf. Le cerf est accoué.

— hist. xvie s. Nous n'avons pas faict marché, en nous mariant, de nous tenir continuellement accoliez l'un à l'aultre, mont, iv, ios.

— ÉTYM. À et queue. Provençal, acoatar; italien, accodare. Accouer est proprement suivre à la queue.

ACCOUPLE (a-kou-pP), s. f. Terme de vénerie. Lien avec lequel on attache les chiens ensemble.

— Htsr. xv s. Les acouples de ses nerfs qui les tenoient ensemble, percefor, t. v, f. 95.

ACCOUPLÉ, ËE (a kou-plé, plée), part. \ || 1° Bœufs accouplés. Mots mal accouplés ensemble. || 2° En termes d'architecture, colonnes accouj celles qui, étant deux à deux, s'entre-touchent par leurs bases et leurs chapiteaux. || 3° Au jeu de trictrac, dames accouplées, deux dames sur la même flèche.

ACCOUPLEMENT (a-kou-ple-man), s. m. ||1° Assemblage par couples. Accouplement de bœufs pour la charrue. Accouplement de colonnes, arrangement de colonnes disposées deux à deux. || 2° Conjonction du mâle et de la femelle, en parlant des animaux. Le mulet vient de l'accouplement de l'àne et de la jument. Dans l'espèce des cailles il y a des

ACC

nts, et pas un seul couple. || 3° Con-

on eu parlant îles hommes; mais alors ce mol

g une a odieuse, ou bien il esl modifié pai

thète qui 51 i I idée trop

physique d'accouplement. Des cavités où l'on a dit

que ces gens là fai laienl leui i accouplements, j. j.

,:,,: v.. Conf. t. Descolosses deboul regardant autoui

d'eux Ramper des monstres nés d'accouplements hi

deux, '.- Ht go, Orient i. Accouplemenl fatal el de i

dieui détesté, mai b. Tu menais Le blond hyménée

Qui devail solennellement De ce fatal accouplement

■ r l'heureuse journée, id. i\

— nis r . wi' s. L'homme en l'accouplement....

— ÉTYM. I

ACCOUPLER V. a. || i°l

couples, deux a deux i i - deux r ni mal

.m ne vont ili m être acul i iui prix, i. j. oui ffi l.

ii, 13. || 2' En i animam .

Ile. , 3" S'accoupler, i - réfl. S'u nir pour la reproduction, en parlanl des animaux. au commencement de l'hiver.

— Htsr m' s. Si's [si les] acopl n deu et deus aschevaus, Ronc. IBO. ||xmes. Deus ciens [chiens] acoplés, Ch. d'Ant. vi, 502. Mou

-, \ lui se voudra acou] llii , Se ja

/; ,,. 2400. Li braconierles ebiens descopient; El li brai

n moult se herice, Ren. 1222. L res -aiis plus d'aresl A fa 1 ai opler les levrie

1 us engins avoient si acouplez aus chau-

il l'ait peur b lier le lluin, que

nulz n'osoit aler aus chas chastiaus,

|| xivc s. Au rnast [ils] ont les enfants loiés acouples. Et ilrei

nés,Baud. de Svb. ix, f , 1 I piUars qui

;. blasmi r; Bertran :

acoupler, Guesclin, 20383. s. Si ce diable le

d ■ oi de

. L. xi, Nouv. 70.||x\n" s. Jamais l'homme

1er avi la femme, pari , xvm,

ms donl il accouployt sou-

Vent lés hommes el les femmes, en compaignies où

u . Pant. u, ie. H acoubla

[es do oucedextre touchoyl le

guausi !!■'. '■! le | - uausche lom lioyl le dextre,

m. Pant. n, ii». C'est mal accouplé, 1 e me 1

10T, IV, tftè.

Car m 11 1 ' Mi s iui j , lu seras

- iossier et lourdaut, ce me semble, Si par art peux en accoupler ensemble Quelque peu.... , . . B5 . ; ■ . 80. Il nieit aussi tost la main ;, i*es] imme ilz estoient accouplez

ensemble [aux prises].... amyot, Alex. 27. ÉTYM. I rry, accoubler.

ACCOURCI,IE (a-kour-si, sie), part, passé. Pai un chemin accourci. Lue phrase heureusement accourcie. Ceux qui.... Virentdès le malin leur beau p.nr accourci, mai.ii. i, i. Le eur est-

il accourci? fléch. Serm. 1. <G8.

f ACCOURÇIE, .v. m. Terme de marine. Pa ménagé dans le fond de cale et des deux côtés pour aller d à la proue le long du vaisseau.

ACCOURCIR (a-kour-cir) , v. a. ||1° Rendre plus Accourci r une robe, un bâton, un discours, une scène. LesParquesontaccourcilefildesesjours.il .. ■■:. Et ma jalouse humeur t'est un monstre plus fort Que tous ceux dont tes bras ontaccourci le sort, rotrol-, Ucrc. m. 1, 3. Que n'ont tant de géants accourci mon destin? id. ib.iu, 3. Le beau lil de tes jours ne peut être accourci, tristan, Mariane, 111, 3. Il 2° Accourcir son chemin, prendre un chemin de traverse qui diminue la distance. || Absolument : Prenez le bois, et vousaccourcirez. || 3° Rendre brève une syllabe qui est longue. Un Romain aurait sifflé un acteur qui eût allongé ou accourci une syllabe mal à propos, d'olivet , Pros. Fr. || 4° Terme de chasse. Accourcir le trait, le ployer àdemi ou tout à fait pour tenir le limier plus court. || 5° S'accourcir, v. réfl. Devenir plus court. [11] s'allonge, s'accourcit, Ses muscles étendant, bëonier, Sat. r. S'il arrive que ce muscle s'accourcit, desc. Pass. 7. Je souhaitai que ma vie pût s'accourcir, fi.n. Tél. v. Lorsque les jours s'accourcissaient, le roi travaillait le soir chez Mme de Maintenon, st-simon, 4 1 7 , 13. Il Locut. vie. Les jours accourcissent. Dites : Les jours s'accourcissent, ou les jours diminuent. Accourcir n'est pas un verbe neutre.

— SYN. accourcir, raccourcir. Proprement raccourcir devrait, signifier accourcir de nouveau ce

ACC

qu'on a déjà accourci. L'usage ne lui a pas laissé ce sens précis, et il l'a confondu avec accourcir. 11 esl fâcheux que la nuance que donnait la composition du mot ait disparu

HIST. xne s. Cortoiseraent se sont apârillié; Li auquant ont loi- estriers acorcié, /(. de Cambrai, 04. H xnie s. Les quarante jours que li home poent prendre, ne lor pot li quens [comte] acorchier, mais les pot, i'il reul , 31 u m. i xv, t. Dieu a pooir d'alongiet nos vies et d'acourcir, joinv. 200. Car ma ni bien lor vie, Ains que l'umor smt d. faillie, /(( Rose, 17193. || xv° s. Si le voyage y estoit accoursé , les chrestiens y viendraient communément, toujours conquérant avant, ntoiss. III, IV, i.'.. || x\ r s. Ny les maladies ne l'accourl'espoir d'une longue vie], mont, i, 7s Mou accourcirons le temps à force d'honnestes propos, marc Nouv. 10. La main de Dieu n'est point accourcie, qu'il ne nous puisse sauver, 1 1 son oreille n'est point estoupée, qu'il ne nous puisse ouïr, calv. inst. 589. il s'avança pour desloger Pluviaud de Marans, et, par la, commencer d'accourcir le commerce el les vivres aux Rochelois, d'aub. Hist. i, 3j:.. Je ferai accourcir ceux qui s'élèveront contre moi, ID. ib. m, -ici la pauvreté, des mus. s

héritage, La quelle est à ceux-là réservée en partage, Qui, dédaignant la cour, fascheux el malplaisans, Pour allonger leur gloire accourcissent leurs ans, nu bellay, le Poète courtisan.

ii vu. À et court ; provenç. acorchar, accorsar; citai, acursar; espagn. acortar ; ital. accorciare. Dans l'ancien français le verbe est généralement de onjugaison, acorcier.

ACCODRCISSEMENT (a leur si se man), s. m. Diminution d'étendue ou de durée. Accourcissement du chemin , des jours.

— HIST. xvi" s. Boiteux à raison de raccourcissent ni de lajamb i, pare, xvii, <3.

— ÉTYM. Iccoùrcir.

ACCOURIR (a kou-rir), v. n. J'accours, j'accourus, j'accourrai, accourant, accouru; se conjugue cou n. Courir vers. Il accourt à Paris. On accourait de toutes puis vers le lieu de l'incendie. On accourut lui annoncer l'heureuse nouvelle. J'accoui i, pour vous en faire un funeste rapport, corn. Rod. v, i. Mon père, à ma venue, accourt les bras ou - ROTROU, livre, m. iv, 2. Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fête ' rac. Esth. i, 2. A vos genoux bientôt s'il accourait se rendre .' m cis, Abuf. i, 3. Accourez, peuples ; venez contempler dans la première place du monde la rare et majestueuse beauté d'une vertu toujours constante , boss. Marie-Thérèse. Au premier bruit d'un mal si étrange on accourait àSaint-Cloud, id. Duch. d'Orl. Phalante accourait au secours de 'son frère, fën. Tél. xvi. Quand on fit les funérailles du roi, pendant quarante jours les peuples les plus reculés y accoururent en foule, m. ib. n. Vous m'êtes, en dormant, un peu triste apparu; J'ai craint qu'il ne fût vrai ; je suis vite accouru. Ce maudit songe en est la cause, la font. Fab. vin, 1 1.

— REM. Accourir se construit avec l'auxiliaire arot'r et l'auxiliaire être. L'on se sert du premier quand on a particulièrement l'intention d'exprimer l'action d'accourir; et du second, quand on a l'intention d'exprimer l'état d'une personne qui est accourue. Elles ont accouru en hâte nous porter secours ; elles sont accourues et ont contemplé ce triste spectacle.

— HIST. XIe s. De son palais vers les autres [il] acurt, Ch. de Roi. 18-2. |jxue s. Li Sarazins acortù grant espois [hâte], Ronc. p. 20. Jo n'ai pas trait m'espée, ne jo ne li cur sure; IS'autrui ne baillerai lac'ruiz, qui k'i acure [quelque soit celui qui y accoure], Th. le Mart. 36. || xme s. Lor gent les en relèvent qui là sont accouru, Bertc, <0I. S'ele est bêle, luit i aquerent, Tuit la porsivent, l'eneurent, la Rose, 8629. PorDieu et por sa mère ne nous décevons pas, Nousveonsque lamort aqueurt plus que le pas, j. de mf.ung, Test. 162. || xve s. Et vinrent messagers accourans jusques à Paris, froiss. il, 265. || xvie s. Tel défaut nous contraint d'accourir aux médecins en la nécessité, o. de serres, 885.

— ÉTYM. A et courir; provenç. accorre ; espagn. acorrer; ital. accorrere.

tACCOURRES(a-kou-r'), s. f. plur. Plaines entre deux bois, où l'on place les dogues et les lévriers qui doivent coiffer l'animal au débucher.

f ACCOURSE (a-kour-s'), 6-. f. Terme d'architecture. Galerie extérieure par laquelle on communique dans les appartements.

ACCOURU, UE (a-kou-ru, rue) , part, passé d'accourir. La foule accourue à ce spectacle.

ACC

ACCOUTRÉ, ÉE (a-kou-tré, trée), part, passé. || 1» Femme simplement accoutrée. || 2° Fig. Accoutré de toutes pièces, maltraité en paroles ou en

ACCOUTREMENT (a-kou-tre-man), s. m.\\l° Le vêtement considéré dans son ensemble. L'or.... N'est pas moins en leurs mœurs qu'en leurs accoutrements, malh. vi, 10. Le bailli, grave personnage, Endossera l'accoutrement Sous lequel assez rarement II rend justice en ce village, chaul. à la Duch. du Maine. || 2° En mauvaise part, vêtement arrangé bizarrement. Dans un misérable accoutrement. L'intendant qui devait accompagner le roi fut choqué de l'accoutrement de MM. les Scrittori, r. l. cour. Lettr. n, 81.

— hist. xvic s. Accoustré et revestu tout ne plus ne moins et des mesmes accoustremens que le sont tels ouvriers, amyot, Aie. 65. Comme les accoutremens nous eschaufent, non de leur chaleur, mais de la nostre qu'ils conservent, charron, Sagesse,

— ÉTYM. Accoutrer; bourguig. ëcoutreman;Bevry, accoustrement (l's se prononce).

ACCOUTRER (a-kou-tré), v. a. \\ 1° Mettre des habits sur le corps de quelqu'un. On l'a plaisamment accoutré. || 2° Fig. Maltraiter en paroles ou en actes. Pendant son absence, on a parlé de lui, et on l'a accoutré de toutes pièces. Le pèlerin.... de horions laidement l'accoutra, la font. Contes, Coc. || 3° S'accoutrer, v. réfl. Cette femme n'a pas dégoût, elle s'accoutre ridiculement.

— HIST. xiiic s. Luxure confond tout là où ele s'acoutre, j. de meung, Test. 1809. || xve s. Et ses divers tours m'a monstrez, Biens et maulx ensemble accoustrez, Non pas petis, mais tous oultrez, al. chart. Livre des quatre Dames. Car d'eulx vous prenez la matière, Et des cieulx la forme première Pourquanque soitque Iabeuriez, Ou à vos labeurs aceoustriez, l'Alch. à Nat. 42. Quelque deux mille lances.... qui n'estoient point si bien acoustrez que ceulx de dedans Paris pour la longue paix qu'ils avoient eue, comm. i, 8. Les mieulx parés et acoustrez qui pourraient estre , id. ii, 4. Luy fi st faire quatre grosses nefz qu'il luy fist acoustrer au port de la Vere [Hollande], id. iii, 6. |[xvie s. Ils leur permettoient d'accoustrer leurs cheveux et embellir leurs armes et leurs habillemens, amyot, Lyc. 46. Pisistratus donna à entendre que ce avoient esté ses ennemis, qui l'avoient ainsi mal accoustré [blessé], id. Sol. 63. Il fit aussi accoustrer et fortifier le fort île Pirœe, id. Thém. 38. Toutes sortes de viandes exquisement accoustrées, id. Lucull. 80. Ses gens lui avoient fait accoustrer à disner, carl. m, 12.

— ÉTYM. Berry, accoustrer (l's se prononce) ; bourguig. écoutrai; provenç. acotrar. Mot d'origine obscure. Sylvius le tire de adeonsternere ; Caseneuve , de cultellatus qui, dans le moyen âge, a signifié plissé, vestis cultellata , habillement plissé, et, de là, habillement en général; mais rien n'indique que ce mot ait passé dans la langue vulgaire. D'autres le tirent de cotte, jupe, ancien allemand chozsa. Génin le tire de couslre, cuistre, custos : Accoutrer, dit-il, c'est arranger, mettre en ordre, comme faisoit le coustre des ornements de l'église. On peut penser, à cause du sens et de l'orthographe, kcoudre, cousu, cousture ; et Diez a donné cette étymologie. Il y a pourtant une objection : c'est le provençal acotrar, qui, dans cette hypothèse, devrait être acostrar. Il faut remarquer que les exemples cités par Raynouard appartiennent seulement à la Chronique des Albigeois, écrit qui est du xmc siècle ; on pourrait supposer qu'il est venu du français dans le provençal : mais cela n'est qu'une conjecture, et l'étymologie de accoutrer reste incertaine.

f ACCOUTREUR (a-kou-treur) , s. m. Ouvrier tireur d'or qui resserre et polit le trou de la filière.

— étym. Accoutrer.

ACCOUTUMANCE (a-kou-tu-man-s'), s. f. Action de s'accoutumer. La jeunesse change de goûts par l'ardeur du sang, et la vieillesse conserve les siens par l'accoutumance, larochef. Réfl. -109. C'est une marque de l'accoutumance au péché, que de pécher sans remords, boss. Habit, 1. Lorsque J. C. a assuré que son joug était doux et léger, il nous a ordonné en même temps de le porter chaque jour : l'onction est attachée à l'accoutumance, mass. Carême, Salut. L'accoutumance ainsi nous rend tout familier, la font. Fab. iv, to.

— REM. « Ce mot, dit Bouhours, qui commençait à vieillir du temps de Vaugelas, s'est rétabli peu

ii; on le dit et on l'écrit tous les jours... Cependant Marg. Buffet, Observ. p. 60, en tcoh, remarque que c'est un méchant terme qui ne se dit

ACC

plus. Aujourd'hui , ii est de nouveau devenu peu usité; mais il n'est pas perdu, et ce serait en effet dommage de le perdre.

— hist. xme s. Il ne s'en pooit pas tenir Qu'il ne lui portast révérence Par la force d'accoustumance , la Rose, 62G8. || xive s. Les autres par malvese acoustumance, les autres pour la très grant malice et perversité de leur nature, oresme, Eth. 203. Et est telle qualité acquise par estude ou par acoustumance, id. ib. 32. Convient que l'ame de l'auditeur soit préparée par bones acoustumances à ce que elle se delette et esjoisse en bien, id. ib. 325. || xv° s. Urbain VI voult retrancher aux cardinaux plusieurs choses de leur droit et outre leurs acoustumances, froiss. ii, ii, 48. || xvie s. Elle gaigna cela par l'accoustumance qui.... mont, i, 105.

— ÉTYM. Accoutumer ; picard , aeoutumanche ; provenç. acosdumnansa ; ital. accoslumansa.

ACCOUTUMÉ, ÉE (a-kou-tu-mé, mée), part, passé etadj. || 1" Qui a pris une habitude. Accoutumé à la guerre. Accoutumé; dès la jeunesse, aux luttes populaires. Tribu accoutumée à vivre sous les armes. Peu accoutumé à entendre la vérité. Une âme accoutumée aux grandes actions Ne se peut abaisser à des soumissions, corn. Cid.n, 7. Vous irritez un roi dont vous voyez l'armée Nombreuse, obéissante, à vaincre accoutumée, id. Nie. m. 2. Vos maux sont accoutumés désormais à ces divins remèdes, mass. Recherch. Nourri dans l'abondance, au luxe accoutumé, volt. Ilenr. x. À ces viles grandeurs ton âme accoutumée, id. Fanal, i, 4. Mon âme à la vengeance est trop accoutumée, id. Orphel. v, 4. Maraison, chaque jour, s'y voit accoutumée, id. Zaïre, i, 1. Accoutumé à vivre de peu, fën. Tél. v. || 2° Passé en habitude, habituel, ordinaire. A l'heure accoutumée. Cérémonies accoutumées. Cela a manqué à la fortune accoutumée de César. Reprends auprès de moi ta place accoutumée, corn. Cinna, v, 3. Forme accoutumée, id. Othon, iii, 4. Au milieu d'un petit nombre de témoins domestiques et accoutumés, le personnage cesse, et l'homme prend saplace, mass. Or. fun. Madame. \\ 3° Â l'accoutumée, loc. adv. À l'ordinaire, comme de coutume. Me promenant un jour, à l'accoutumée, balz. le Prince, arant-propos. Vous agirez donc à l'accoutumée, par le seul sentiment de la vertu, id. liv. vra, lett. iv. Le pape n'osa recevoir l'hommage annuel du royaume de Naples, que le connétable Colonne se préparait à lui rendre à l'accoutumée, saint-simon , 96, 22. Il [le P. Tellier] ne me parla plus pour cet emploi, mais d'ailleurs toujours à son accoutumée, id. 369, 129. David jouait de la harpe devant Saûl comme à l'accoutumée, volt. Phil. iv, 315. Nous entrons enfin dans la grotte dont il tient la clef; tout s'y passe comme à l'accoutumée, arnault, le Sexagénaire, t. m, p. 232.

ACCOUTUMER (a-kou-tu-mé) || 1° V. a. Faire prendre une coutume. Vous avez accoutumé votre fils à ne point vous cacher ses secrets. Accoutumer un taureau à la charrue. Accoutumer un État libre à la servitude. Il accoutuma ses troupes à.... La bonne éducation des enfants qu'on accoutumait à l'obéissance, au travail, à la sobriété, à l'amour des arts ou des lettres, fën. Tél. n. Accoutumez vos peuples à suivre inviolablement les règles, id. ib. ni. D'autres peuples, profitant de votre imprudence, attirent chez eux les étrangers et les accoutument à se passer de vous, id. ib. Il trouve moyen de nous apaiser, de nous accoutumer insensiblement au discours do sa passion, mol. Préc. Rid. 5. Et l'indigne prison où je suis renfermé, A la voir de plus près m'a même accoutumé, rac. Baj. n, 6. La main qui vous opprime et que vous soutenez, Les accoutume au joug que vous leur destinez, corn. Sert, m, 2. || 2° Avoir accoutumé, v. n. (Usité seulement aux temps composés: j'ai accoutumé, j'aurai accoutumé, que j'aie accoutumé, que j'eusse accoutumé; il veut, avec un infinitif, la préposition de) Avoir coutume. Il cite ce passage selon les Septante, comme il avait accoutumé, boss. Hist. ii, 7. Les hommes n'ayant pas accoutumé de former le mérite, pasc. Rel. 5). Je n'ai point accoutumé de dissimuler mes défauts, corn. Ex. d'Hor. La colère du roi, comme dit Salomon, Est terrible, et surtout celle du roi lion; Mais ce cerf n'avait pas accoutumé de lire , la font. Fab. vin ,14. Allez, monsieur, on voit bien que vous n'avez pas accoutumé de parler à des visages, mol. Mal. im. m, 6. Comme les rois, par grandeur et par dignité, ont accoutumé de traiter leurs grandes affaires par l'entremise de leurs ministres, fléch. Panég. i. 279. Ils sont accablés d'un fardeau qu'ils n'ont pas

ACC

.accoutumé de porter, id. ib. n,354. Quelles précautions n'avait-il pas accoutumé de prendre! id. Letell. Je ne sais ; mais vous n'avez pas accoutumé d'être ainsi, brueys , le Muet, ni, 2. Les animaux qui ont accoutumé de ne sortir que pendant la nuit, fën. Tél. xviii. Thaïes avait accoutumé de remercier les dieux de trois choses : d'être né raisonnable plutôt que bête; homme plutôt que femme; grec plutôt que barbare, id. Philosoph. Thaïes. L'ambition dont il était dévoré se trouvant jointe à une vanité excessive, il prit le chemin qu'ont accoutumé de tenir ceux qui affectent la tyrannie, vertot, R év. rom. vu, 217. L'avocat ou conseil qu'on avait accoutumé de donner aux accusés, volt. L. XV, chap. 42. Une terre sur laquelle nous avions accoutumé de lever le cens, montesq. Esprit, xxx, 15. Les vierges avaient accoutumé de laver leurs robes d'écorce dans ce lieu, chateaub. Atala , 23.j. || En ce sens, accoutumer prend aussi pour sujet un nom de chose. La connaissance des premiers principes n'a pas accoutumé d'être appelée science , desc. Rép. 2. Mes lettres n'avaient pas accoutumé de se suivre de si près ni d'être si étendues, pasc. Prov. 16. || Construit ordinairement avec l'auxiliaire avoir, il peut prendre- aussi l'auxiliaire être: On est accoutumé de se laisser aller au péché par les caresses des femmes, pasc. Prov. 15. Le soin qu'on eut de garnir la salle d'une foule de docteurs, moines et mendiants, qui n'étaient pas accoutumés de s'y trouver, fit dire à Pascal.... volt. L. xiv, chap. 37. Cette solitude, il [le duc d'Orléans] était trop accoutumé du bruit pour la pouvoir supporter, saint-simon, 326, 19. || Des grammairiens ont signalé comme une locution vicieuse l'emploi de l'auxiliaire être; on voit que de très-bons auteurs s'en sont servis, et il ne peut y avoir aucun scrupule à s'en servir aussi après eux. || On remarquera que, neutre , ce verbe n'est employé qu'aux temps composés ; mais il n'en faut pas conclure qu'il ne soit pas verbe neutre ; l'emploi que nous en faisons de cette manière n'est qu'un débris de l'ancien usage, suivant lequel accoutumer pouvait être neutre aux temps simples comme aux temps composés (voy. historique).

s'accoutumer , r. réfl. Contracter une habitude. S'accoutumer aux armes. II s'était accoutumé à se contenter de peu. Une volonté indocile qui ne peut s'accoutumer au joug, bourd. Pensées, t. n, p. 74. Ses yeux même pourront s'accoutumer aux miens, rac. Bérên. ni, 2. Ah! ma sœur, puisqu'enlin mon destin éclairci Veut que je m'accoutume à vous nommer ainsi.... corn. Hér. ni, 1. Bientôt on s'accoutume à des maîtres nouveaux, volt. Irène, v, G. Descends du haut des cieux, auguste vérité, Que l'oreille des rois s'accoutume à t'entendre, 10 Henr. 1. Comment avez-vous pu vous accoutumer au secret dans une si grande jeunesse? fën. Tél. m. Ils deviendraient comme un homme qui a de bonnes jambes et qui, perdant l'habitude de marcher, s'accoutume enfin au besoin d'être toujours porté comme un malade, id. ib. vin. Mais du nom des Césars Rome toujours charmée, Sous un si noble joug s'est trop accoutumée, M. de Néron, v. 1. Il S'accoutumer veut d'ordinaire à avec l'infinitif; maison dit aussi de. On s'accoutume de donner, comme le monde, à toutes les passions, des noms adoucis, mass. Conf. Fuite du monde. Il vous importe de vous accoutumer de bonne heure de haïr l'injustice, voit. Lett. 9. y S'accoutumer avec. Il a eu beaucoup de peine à s'accoutumer avec.ee voisin nue le hasard lui a donné. Il faut s'accoutumer de bonne heure avec ces sortes d'idées, si l'on veut se les rendre familières.

— syn. s'accoutumer a, s'accoutumer avec. On emploiera de préférence arec, quand s'accoutumer s'approchera du sens de se familiariser. On s'accoutume avec quelqu'un, quand on se fait à ses manières. S'accoutumer avec le péril, c'est devenir familier avec le péril et en faire une sorte de connaissance; s'accoutumer au péril, c'est, y étant souvent exposé, le considérer comme une chose habituelle et qui ne surprend plus. S'accoutumer avec exprime donc quelque chose de plus intime, de plus étroit.

— hist. xmc s. En leur ferres n'est il mie accoustumé que il le facent, villeh, 94. Il apartiei t au bailli savoir quix avocas acoustument à pledier par devant lui, beaum. v, 19. Nous n'avons pas accoustumé que homs de poesté face procureur, id. ib. 80. Li tiers ensoines si est, s'il est acoustumés de maladie qui vient soudainement, id. lxi, 6. Si vous prie je pour l'amour de Dieu premier et pour l'amour de moi, que vous les acoustumez à laver [les pieds aux

ACC

es le jeudi saint], joinv. iw. , mv s II mun parler acou

i Jherusalem au pi Icre, qu'il vi rm par 1 us l. - - ints ' i ai u i oustumés, U 15, i assez accoustumée que....

nsi estoil il ai c iustu ises onl tanl acoustuini d mt ils

mce pai ava , mies qu'on avoil accou

es choses , mon r. i, 17. J'ai accoustu considerei . id, i, [uons le, accoustumons

les hommes à....

i, 106. Sa femm i, le b enveign ■ stumez de p

ID. IV, 2t meut accou à le nour-

rir], o. 3, 3M. Numa voulo

i ir m ne parler p iinl aui isanl , imyoi . \ ama , 35, i stuméde travailler lus hommes, chambi

toit au plus haut estage, in. Vil. 65. lu es : coustumé à ... là où . quant à moi, ji a une <ii.'.... ii'. t'ai, i s. Il s irs Le premier a à re-

tourner , in. Ph enusturuez

ÊTYM i et I mituinr ; 1

Tenç. acostumar i espa

tostit m

Ai ( RÉD1T1 11 I. ,i

l i n pai lant des personnes. Banqui

Être accrédité au barreau i lus accrédité

parmi mots. Gens p •■ 'est un

itre les mains d'un juge ao Pens i

voit l'iniquité dominante, l'iniquité honorée, ac-

|i. 32. Son

/; ist. i,

m. Et voyant c

qu'en bégayant prêcher la vi rite, boil. Ép. mi. Ambassadeur accrédité auprès d une cou parlant des choses. L'opinion la j

Bruits s i tablir sur la terre, a ;, mvent eu i

plus d'une I [ui l'ont fa t

connaître, i 1 rp. v, t.

ACCRÉDITER (a kr ». 1" Mettre en

liité est ce qui accrédite 2 liter un ministre

auprès d'un

connaître. || 8° Donner cours, autoriser. Accréditer un bruit, une opinion. Ceti< si ac-

créditée que.... Des bruil indus que la haine

-tant, Walstein, i. i . 4" S'accréditer, v.réfl. se mettre en créd i Ce chef s'accrédite partout par son activité t com-

bien il lui était important pour la conversion des infidèles de s'accréd , afin qu'ils devinssent par là plu s dociles à L'écouter, bourd. Pensas, t. u, p. 195. 5' Prendre cours ou faveur. La Bhose s'accrédite. Les bruits de guerre s'accréditaient. Fausse opinion qui s'est accréditée. L'alchimie s'accrédita singulièrement durant le moyen âge. On dirait que, pour s'accréditer, La fable en sa naissance ait voulu l'imiter, l. rac. Relig. m. Quand ses disciples, s'apercevant que l'école de leur maître commençait à déchoir, et que celle de Jésus C.hnst s'établissait de jour en jour et s'accréditait, BOtmn. Pensées, t. u, p. isi.

— êtym. À et crédit.

t ACCRF.MEMTTIEL.ELLi; (a-kkré-man-tUsi-èl, 9-1'), adj. Terme de physiologie. Génération accrémentitielle, celle qui consiste en ce qu'une partie organique, brisant les liens qui l'unissaient à l'individu par lequel elle a été formée et avec lequel elle ne formait qu'un primitivement, se développe en un individu distinct et en tout semblable à celui d'où elle procède. Cela a lieu dans beaucoup de végétaux et d'animaux inférieurs.

— ÊTYM. Voy. accrémentition.

t ACCRÉMENTITION(a-kkré-men-ti-sion), s. f. Terme de physiologie. Génération paraccrémentition, phénomène caractérisé par la naissance d'éléments anatomiques entre ceux qui existent déjà et sembla ■ bits à eux, à l'aide et aux dépens d'un blastème

qu'ils onl fourni peu , d'où

9 tissus.

— ÊTYM. I '

ment , de ( voy. ao

\i i RESC1 lVTjENTI taniqu

! —ÊTYM, l '.CCROÎ-

mi m no\ (a kkré-tion), s, | lepb/j -

pper.

— ÊTYM. il '

\(i i;iu .i :

robe '.u / m kro, ou. suivanl d'auti :rô) ,s. m. i°Di

chirure ce qui acci < clou, uni

i un accroc. || 2" Ce qui ac- J'ai rencontré un accroc qui a di ,. i i cha la con

clusion d'ui . ■ te. I i tl

. mais il e croc. 11

accroc fait a la d n ivelle distraction] , biî-

— ÊTYM. ! et croc.

ACCROCHÉ, ÉE a kro cl ■ ■. chée), part.

l : . croche à des

ronces, a un clou. Voiture accrochi char-

rette qui la i i l'improviste ]

lais.... 2 ' aux hommes

erochées, mol. Amph. u , .-,. H 3 ' ce procès demeura ac-

croché jusqu'à l'hiver si ;. 49.

M l ROCHE-COEUR, che de che-

veux en hou.; la tempe. Des accroche

ACClU)<:ni-\ir.NT(a-kro-che-man), s. m. ||1° lotion d'accrocher. L'accrochement d || 2 Fig. Difficulté, c; Bien d s accroche-

ments survinrent danscette i :

— HIST. xvr s. atendre à Sa Majesté toutes les difficultés et accrochements qui

à la conclusion de la ;

CARLOIX, VU, ^2.

—ÊTYM. iccrocher.

ACCROCHER (a-kro-ché), r. o. || 1° Attacher, suspen e de crochu.

Accrochez ce tableau au clou qui est à la muraille. Le hasard a-1 il accroché, par un concours mes, les parties du cor] - || 2° Ai

à ce clou, il accrochera i t. Les buiss

crochent la laine des brebis. 3 En termes de maiccrocher un vaisseau, y jeter les gi a venir ai I 1er, heurter

une voiture avec le moyeu d'un i autre, qui en passe trop près. Cette charrette va accrocher votre voiture. D'un carrosse en tournant il accroche uno il. Sut.w. || Absolument. Ce cocher est ma- ■ , il accroche souvent. |{ 5" Fig. Embarrasser, retarder. Les bâtards ne songèrent plus qu'à embarrasser et accrocher l'affaire, ST-SIMON, 4CG, 1115. Il 6° Attirer à soi une personne, gagner, obtenir quelque chose. A force de démarches il a accroché une bonne place. D'Huxelles accrochait de jeunes officiers qu'il adomestiquait, st-simon, 1 16, 7. Sa rivale n'avait pas manqué de l'accrocherde conversation, iiam. Crarn. 7. |j 7° S'accrocher, v. réfl. Votre habit va s'accrocher à ces ronces. Les atomes s'accrochent ensemble. Nos braves s'accrochant se prennent aux cheveux, boil. 5at.m. ||8' Fig. S'accrocher à tout, faire tout ce qu'on peut pour se soutenir. S'accrocher à quelqu'un , s'attacher à la fortune de quelqu'irn. L'amour-propre s'accroche à tout , boss. Obi. 2. Nous tenons à tout, nous nous accrochons à tout, j. j. B.OB5. Ém. u. Cette àme simple qui ne cherche qu'à s'accrocher à ce qui l'environne, id. Eél. i, 6 4. Ce vilain et dangereux escargot [l'abbé deVaubrun] se produisit à la cour et chercha à s'y accrocher, st-simon, 78, 4.

— HIST. xmc s. As autres choses que son aversaire aura dittes, responde le miaus [mieux] que il saura, sanz ce que il s'acroche à prover autrement que par sa saisine et sa teneure, Ass. dcJer. •HO. Coveitise ne sait entendre À riens qu'à l'autrui acrochier, la Rose, <92. Et s'ele [la femme] plusors en acroche [hommes] , Gart , comment que la chose cueure [coure] , Qu'ele ne mete à deus une heure, ib. <3805. Qui en porroit ung [bouton] acrochier,Il le devroitavoir moult chier [cher] , ib. 1659.

Il XVe s. Si [ils] les jetoient [les crocs] dedans les nefs de l'une à l'autre, et les acrochoient ensemble,

ACC

1, 1, « --î 1 . Il xvr s. Les puissans accrochent mrs sur leurs poun ivoysyns, palsgr. p. 417. ÊTYM Accroc; bourguig. écrôché.

ACCROIRE .1 kroi 1. D'après Vaugclas on prononçait di ri temps accraire. Un dictionnaire da 1786 indique li s deux prononciations , a-krè-re et a u eul ment a l'infinitif et avec faire 1" Faii 1 croire, faire croire ce qui n'est pas vrai. Non qu il j fui pai un désir de gloire, possible alors il vous l'a fait accroire, vui.i , . Sol. u, 2, Quand on voudrait faire accroire un chi rau pasc. Prou 9. J'aurais assez d'auvotre père que.... Mi L.

i Icare, 11 , *, i.Onlui fera accroire tout cho 1 i, al 1 1 louange, bourd. Pensées, t.n, tout mi peuple que c ont là les li ■ ., 1 os. Ilist. 11, r.i. Il 2" En faire

erde sornettes à quelqu'un, le tromper paroles. Ce n'est pus vous, Mon ieiaccroire, bai./., liv. vi, lett. vï. ]| 3° S'en faire accroire, présumer trop de soimême, s'attribuer un mérite qu'on n'a pas. Comme gens entendus [ils] veulent s'en faire accroire, îtiîgnier, Sat. 11. Vous savez mieux que personne au monde si je m'en fais accroire dans ce que je viens de vous dire, se arr. Bom. com. 2" part. a. Je ne Fais pas accroire... marmo.nt. Coni. mor.

— HIST. xii" s. Si idunkes fu ocis et al coeu [cuisinier] fu livre/; 1 1 l. eus manja le cuer; quant li fu

ire que senz cuer

Vh Vart 3i.|| xmc s. Et li rois li

carga [lui chi , iere etd acroire,

s'il en avoit 1 tier, Chr. de Reins, 244. Nus ne

vus devoil t.mi deçoivre, Que nedeûssiez aperçoivre Qui mensonge vous fait acroire Et qui vous conte

retire, Ren. 13709. ||xv° s. Adoncfit le comte quinghen asavoir parmi la cité que, si ses gens ai n acru prisa crédit], on se traïst

avant, et on seroitpayé, froiss. 11,11,83. Et quand à l'accroire [à faire crédit] on ne leur faisoit bonne chère, ils disoient: Que nous demandez- vous? encore vaut il tmp mieux que qous despendons les bicnsde ce pays que les François les trouvent et -aient aise, m. u, II, 3G. Je irai ; mais il fait mal d'accroire; Ce savez vous bien àl'estraine, le Patelin. ||xviQ s. Ferons nous accroire ànostrepeau que les coups d'es-

e la chatouillent? mont, i , 30 1 . Les propres con-

tions sont tousjours accrues, les louanges

mescrues, id. iv, 34. Hz ont feinct d'avoir commu-

1 avec les dieux, fiction utile et salutaire à

ceulx mesmes à qui ilz le faisoient à croire, amyot,

Suma, 8. Numa leur faisoit à croire qu'il avoit veu

les visions estranges , id. Numa, <3. C'est e ut hommes qui pouvoient facilement persuader et faire à croire tout cequ'ilz vouloient, id. Caton, 47. Les armes prent, et d'un hardy courage Passe les monts pour venger cest outrage ; Cent ans d'accru [pris à crédit] à une heure se paye, j. marot, v. 87.

— ÊTYM. A et croire; Berry, accreire et ancreire; wallon, acretîre, faire crédit (comme dans Froissant) ; provenç. acreire; :espagn. acreer. La langue ancienne a souvent confondu acroire avec à croire, écrivant faire acroire ou faire à croire, surtout dans un temps où les accents n'existaient pas; mais il est certain qu'il y a eu un verbe acroire, et qu'il vaut mieux écrire dans les anciens textes faire acroire que faire à croire.

* ACCROISSEMENT (a-kroi-se-man), s. »i.||i° Action de croître, de pousser. L'accroissemen? de nos corps. L'accroissement des plantes. Pendant que Bernard plante et arrose, Dieu donne l'accroissement, fén. t. xvn, p. 237. Plantons, arrosons, et laissons au Seigneur l'accroissement, mass, Incarn. Plus ces membres croissent et se fortifient, plus le corps prend d'accroissement et acquiert de force, bourd. Pensées, t. 11, p. 3 14. Le faon ne quitte pas sa mère dans les premiers temps, quoiqu'il prenne un assez prompt accroissement, buff. Cerf. || 2" Augmentation , agrandissement, extension. L'accroissement du fleuve. Un conquérant enflé de l'accroissement de son empire. De perpétuels accroissements d'honneur et de gloire. Les accroissements successifs de la Russie. Les soucis accompagnent l'accroissement de la fortune. La gloire de Turenne reçut un nouvel accroissement. Une reine, si grande par tant de litres, le devenait tous les jours par les grandes actions du roi et par le continuel accroissement de sa gloire, boss. Marie- Thérèse. Le Seigneur, éloigné de ce lieu saint par vos profanations, ne donne plus l'accroissement à nos travaux, kass. Car Respect, temples. L'indulgenced'Auguste en fait Tac-

ÀCC

croissement file ce mal] , tristan, Mort de Chrisp. îv, I. Tant cette doctrine reçoit d'accroissement par le temps, PASC.Prov. 13. Demandons à l'esprit de Dieu qu'il anime nos discours et qu'il nous porte par sa grâce à un accroissement de vertus que nous remarquons dans ce saint, flécii. Panég. n. iso. En voyant les accroissements de ces pernicieuses doctrines m. ib. n,2<7. Ces accroissements de charité que la grâce produit dans les cœurs dociles, in. ib. n , 4<!9. || 3° Terme de droit. En parlant d'une chose, d'une valeur , d'un fonds territorial , action par laquelle cela accroît au profit du possesseur. Les terrres que l'atterrissement ajoute a un riv.age appartiennent au propriétaire par droit d'accroissement. || 4" En minéralogie, accroissement des cristaux, propriété des cristaux de se grossir sans changer de forme.

— HIST. xinc s. Tels miracles comme vous avez oï, et tel acroissement à l'empire de Constantinople fis! nostre Sires as chrestiensà celui termine, H. de val. x. || xiv" s. Lacongnoissancede cesto fin donne grant aide et grant acroissement de bien à vie humaine, oresme, Elh. 2. Une de celles puissances ou vertus est cause de nourissement et de acroissement, id. Elh. 3o. Far convivre et converser avecques les bons est faitte une exercitation et accroissement de vertu, si comme disoit le poète Theognis, id. Elh. 284. Puissance augmentative par quoy est fait acroissement, id. ib. ix, 15. || xvic s. Arminius qui seul empeschoit l'accroissement de la domination en ces contrées-là, mont. m, 23G. Ce n'esloit pas un petit accroissement de forces et d'authorité , amyot, Phil. 25.

— ÊTYM. Accro itre; provenç. acreisemen; espag. acrecimiento ; ital. accreseirnento.

\ ACCROÎT (a-kroi),s. m. En parlant d'une plante, Facilité à croître.

— HIST. xvie s. Il bordera ses allées d'arbres, de ceux qui seront de plus facile accroist, et de plus grand profit et plaisir, o. de serres , ic.

ACCROÎTRE (a-kroî-tr'. Se conjugue comme croître: j'accrois, j'accrus, accroissant, accru. Un dictionnaire de 1780 donne pour prononciation akré-tr', prononciation aujourd'hui tout à fait abandonnée; ilne parle pas d'a-fcroî-tr'). || 1° V. a. Donner de la croissance, de l'agrandissement, de l'extension. Accroître sa fortune. Cette ardeur d'accroître tous les jours son nom. Le royaume de Juda fut accru par de nouvelles conquêtes. Peutêtre fils] ne feraient qu'accroître mon malheur, rac. Pli. v, 7. Ne cours point à ta honte, et fuisl'occasion D'accroître sa victoire et ta confusion, corn. Mcd. v, 8. Ils ont beau vers le ciel leurs murailles accroître, malii. ii, ta. J'accroîtrai, s il se peut, son rang et ses emplois, rotrou, Bel. i, 2. j| 2" Accroître quelqu'un , lui donner plus de pouvoir, d'honneur. Ce prince avait tellement accru son ministre.... Je mourrai satisfaite après cet orgueilleux Sous qui César m'abaisse à force de l'accroître, rotrou, Béhs. n. 17. || 3" V. n. Devenir plusgrand. Son avidité accroît avec sa richesse. Vos dangers sont accrus volt. Adél. iv, 5. Mes désirs toutefois sont accrus de moitié, Depuis que j'ai connu votre ardente amitié, mair. Soph. iv, 1. La beauté de l'infante était beaucoup accrue, la font. Fiancée. || 4° En termes de droit, revenir au profit de quelqu'un. La part des absents accroît aux présents. || 5" ^accroître, v. réjl. Prendre de l'accroissement. Cette propriété s'est accrue entre mes mains. Rome s'accroît de la ruine d'Albe. Sa famille s'accrut d'une fille. Ton courage ne fera que s'accroître. Sa réputation s'accroissait de jour en jour. Mes ans se sont accrus, mes honneurs sont détruits, rac. Mith. m, 5. Cet amour s'est longtemps accru dans le silence, id. Mith/r. i,t. Rome s'accroissait, mais faiblement, uoss. Ilist. i, 7. Je sais qu'il [ton état] doit s'accroître, et que tes grands destins Ne se borneront point chez les peuples latins, corn. Hor. i, ).

— REM. Accroître, v. n. se construit avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être. Dans le premier cas on pense à l'acte d'accroissement ; dans le second, à l'état d'accroissement. Ses richesses ont accru par un heureux coup de bourse ; ses richesses sont accrues à un point incroyable.

— hist. xi'- s. Les humes le rei sont venu devant ie rei David, si lui ont dit : Deus accreissed le num Salemun sur le luen, Rois, 2-26. E vit Judas et si freie que li mal sunt acreii en la terre, Machab. i, 3. || xme s. Quant il furent acreii de gent, si s'esbaudirent plus et chevauchierent plus seulement que devant, villeh. <55. De chou [ce] que vous iestes accreû, est il biel [beau] à monseigneur, h. de val. <s. La gent nostre seigneur va tousjours acroissant, Et li Turs orguillous forment amenuisant, Ch.

ACC

d'Ant. vin , 1350. Li peuples comencha àaccroistre, et guerres et maltalent furent commencié, beaum. xlv, 3). Vous en acrestroiz [accroîtrez] votre pris, Rom. de la Poire. Se cist s'amie eiist creiie, Moult e-jst sa vie accreûe, la Rose, iô'J7o. Guillaumes, par la grâce de Dieu, rois des Romains et toudis acroisaus, ducange, augustus. || xives. Donquesestdelettacion bonne chose, car tout bien en estacreu, oresme, Elh. 2'JG. Encore acroist la misère par la mémoire du bon temps passé, id. ib. 22. || xv" s. Naturellement la plus part des gens ont l'œil ou à s'accroistre ou à se saulver, comm. i, 9. Il combattoit pour gens qui ne l'accreurent jamais, pour service qu'il leur fist, m. vin, 9. || xvies. Les nuisibles herbes s'accroissans parmi, au vide qu'elles y treuvent, le suffoquent, o. de serres, 113.

— ÉTYM. Provenç. acreisser ; espagn. acrecer ; ital. accrescere ; d'accrescere, de ad, a, et crescere (voy. croître).

ACCROUPI, IE (a-krou-pi, pie), part, passé, || 1° Assis sur ses talons. Accroupi auprès du feu. Il 2" En termes de blason, se dit des animaux assis.

ACCROUPIR (S') (a-krou-pir), r.rr'/L S'asseoir sur les talons. La vieille s'accroupit auprès du feu. Chacune sur le cul au foyer s'accroupit Régnier, Sal. xi.

— HIST. xine s. Quand il est à l'eve venus, Si s'acropi por soi laver, Ren. 5852. Desus Renart s'est acroupiz: Haï! fait-il, com sui traïz! Renart, 7793. || xive s. Ay, Dieux! ce dit Piètre, voi me ci acroupi ; Je serai atrappé, et si ai tantfuï, Guescl. 16413. Quele ribaudaille sont ceux-là qui nous veullent acroupir? carpentier, t. i, col. 49. || xvi° s. Logez pesle mesle plusieurs ensemble dessouhs petites tentes et cabannesestouffées,demourans accroupis tout le long du jour, sans pouvoir rien faire, amyot, Péric. 6G. Je luy ay appris à faire acroupir le chapeau à ses perruques, d'aub. Conf. il, I. Renjeunissez, saillez de vos cavernes, Vieux accroupis, par aage exani-

més,MAR0T, II, 232.

— ÉTYM. À et croupir; ;bourguig. écrepi; provenç. acropit, vil, avili.

ACCROUPISSEMENT ( a-krou-pi-se-man ), s. m. Etat d'une personne accroupie.

— ÉTYM. Accroupir.

ACCRU, UE (a-kru, krue), part, passé. Ses biens accrus par une sage économie. L'hérésie accrue par tant de factions et de cabales. Athènes par mon père accrue et protégée, rac. Phèdre, n,

2 accru de leurs soldats, Nous verrons notre

camp grossir à chaque pas, id. Mithr. m, \.

ACCRUE (a-krue), s. f. || 1° Agrandissement d'un terrain par le retrait des eaux, par l'extension des bois, etc. || 2° Maille qu'on ajoute à chaque rangée pour accroître la largeur d'un filet.

— HIST. xvic s. Toutes accrues [terres envahies par les bois voisins] sont réputées vaines pastures,

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