IV.I'.I
— ÊTYM. Bourguign. aifaire; wall. "f:; provenç. afin, afaire; anc. citai, afaire; ital. ajfare; de d et faire. Ce mot était masculin dans l'ancien français, dans le provençal; il l'est encore dans l'italien. Lepremierexemple du féminin est, ici, du xvc siècle. Ce mot était nécessairement, àl'origine, du masculin, puisque c'est un infinitif, et que tous les infinitifs prs substantivement sont de ce genre. Ce qui aura probablement induit à le faire féminin, c'est sa terminaison féminine. Dans le xvme siècle la chancellerie avait conservé l'ancien genre, et sur les dépêches du roi on mettait : Pour les exprès affaires du roi, et non expresses. Chapelain, voulant se rendre raison du genre masculin dans l'ancien usage, dit que c'est que nous l'avons tiré de l'italien affart qui est de ce genre : c'est une erreur; affaire ne vient pas de l'italien affare. Il est, dès le xue siècle,
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— iiisï. xmc s. Durement s'estent et s'afa
Ren. 24352. il xvr s. La
s'affaisse et reserre selon que l'urine
— ÊTYM. À et faix; provenç. afaissar.
IFFAITAGE (a-fô-ta-j'), s. m. Terme de fau-
conne l'un oiseau de proie.
— étym. Affaiter.
AFFAITÉ, ÉE (a-fô-té, t.'e) , part, passé. Terme mnerie. B M I vin Ml n l ' j man), s. m. || 1° Terme mnei e.Action d'apprivoiser l'oiseau de proie. || 2 y, façonner les peaux à la tannerie.
— ÉTYM. Affaiter.
AFFAITER (a-fô-té) , v. a. Terme de fauconnerie. A, tu de proie.
— hist. xi' s. Il duist sa barbe, afaita son guernon, Ch. de Roi. 15. || xiii' s. Li Cyrien avoient ce pont rompu , et li baron firent toute jor labourer l'ost, et le pont afaitier toute la nuit, villeii. 74.
ir lor afete Tel viande con ele pot, Ren. 24576. Car si cum li loirres [leurre] afaite, Por venir au soir et au main , Le gentil espervier à main.... la Ri se, 7558. \'e fu [beauté fardi e ne guignée; Car el n'avoit mie mestier De soi tifer ne d'afetier, la Rose, lOiO. Chascunhome qui sereitgrant et fort, ou qui sereit champion afaitié, poreit par moult de gens, Ass. de Jerus. )jo. Par prière de affaictée demande, Interrogé se l'ung ou avou . À ce respons, s'aucuns le me demande. Entre deux eaues comme le poisson noue [nage],
CH. &'0RLÉANS, Bail. 105.
— étym. Provenç. afaitar, afachar; anc. espagn. afeitar; portug. affeitar ; ital. affaitare ; du latin affectare, de ad, à, et faclare, fréquentatif de facere, faire. Dans l'ancien français afaiter ou afailier avait le sens général de préparer, disposer, et est, au fond, le même que affecter.
AFFALÉ, ÉE (a-fa-lé, lée) , part, passé. Arrêté sur la côte. Au point du jour, nous nous trouvâmes affalés à la côte, ciiateaub. [tin. 11, too.
AFFALER (a-fa-lé), v. a. || 1° Abaisser, soulager un cordage pour l'aider à courir dans sa poulie et à descendre. || 2° Pousser vers la côte, en parlant du vent. Les vents ont affalé ce navire. Le navire est affalé. || 3° S'affaler, v.réfl. En parlant d'un marin, se glisser le long d'un cordage. En parlant d'un navire, s'échouer.
— ÉTYM. On le tire du flamand afhalen, tirer en bas. Le bas-breton a/fala ou affela, retomber, paraît emprunté au français.
AFFAMÉ, ÉE(a-fa-mé, mée) , part, passé.
|! 1° Pressé par la faim. Ventre affamé. Parasite affamé. Une garnison affamée par l'ennemi.... dans la
disette, une nuise affamée Ne peut pas, dira-t-on, sut) ter de fumée, boil. A. 1'. w.\\2" Substantive- »i"<t- I' miii'i'' comme un affamé. Il ne leur malpropretés dégoûtand'ôter l'appétit aux plus allâmes, y. n. || 3° Fig. Avide. Ce cœur nourri de ang et de gui rre affamé, rac. Mithr. n, 3. Si de de inori le ciel est affamé, in. Iphig. v, 2. i '''■' i du grand Henri la redoutable armée.... lasse du repos et de sang affamée, volt. Henr. vi. Ton péril el de gloire, Court d'exploits "il-, de vii toire en victoire, hoil. Sat. vin, ,... |e n" puis souffrir i lu eui - renommés, Qui, tés de gloire et d'argent affamés, id. .t. /'. iv. Où sera le juge assez hardi, assez affamé de faire un coupable.... peu iss. il, 134. Un bel air dont je suis affamée, sév. 146, Je suis affamée de p 'une et 1 17. J'y vois des gens affamés de richesses, de d honneur.... bourd. Pensées, 18. Tous leurs désirs sont satisfaits, et leurpléi-de su d" tout ce que les hommi s vides et . ir laterre, fén. Tél. xiv.
t point d'oreilles, c'i a-dire quand on a faim i n n'écoute rien.
ait' v mi i; , r. a. || l" Priver de vivres,
faire souffrir de la faim. Affamer une ville, l'ennemi, i iffamait les Romains dans leurs murailles.... rors. Hist. m. g. ||2°Terme de pêche. Attirer à l'aide d'un appât les sardines à Heur d'eau, à l'endroit où on tend un filet.
— HIST. xiii ■ s. Je ne man j ai pieça, toute sui afa- : . Berte, xlvi. Si fil se sont à lui clamé Que
ml el afamé, Ren. 186. Renart à porpenser que il est fox nais, Se einsi se let .. Grant grâce nous fist nostre
tir que il nous délivra, laquelle i m Ile] nous ne deussions pas avoir prise sans affamer, joinv. 2io. Et re poons nous voir tout cler, pource que par affamer la prist le roy Jehan au tens de nos pères, id.
démon qui nos tenoit en grief servage, Qui venoit los armes [âmes] tenieir, Et n'en voloit panre [prendre] autre gage. Pour les chetives affameir En sa chartre antive et ombrage, ruteh. n , n. || xivcs. Il fit vilainement ceux dedens afamer, Dont ilz se commencerentmoiiltàe.spoanter,fw<(.\<\ i 202. || xvs. Il 'es pensoit plutost avoir par affamer que par assaut, Fiioiss. I, i, ino. L'intention des Anglois estoil de tenir ces Escots là endroil assiégés.... et les cuidoient bien affameren leur pays, id. i,i,42. Mon-
ur . pour Dieu merci ! prenez garde dessus
(ils, car il s'affame là en la prison où il git , m. il , m , M. || xvic s. Au contraire Alexandre affa- . avarice, rons. oc*.
— ÉTYM. Wallon, afuhant , affamé; bourguig. efanli, efaimai; provenç. afamar; ital. affamare; de ad (voy. À) et fames. faim (voy. faim).
t AFFANGISSEMENTS (a-fan-ji-se-man), s. m. plur. Terme d'eaux et forêts. Amas de vase dans le lit di '-oursd'eau.
— ÉTYM. Affangir, verbe qui ne se trouve pas, mais qui est régulièrement formé de à et fange.
f AFFANURE (a-fa-nu i j, s. f. Salaire en nature que reçoivent les ouvriers employés à faire les récoltes.
— étym. Affanner, autre forme du verbe ahaner, cultiver la terre (voy. ahaner).
t AFFÉAGE (a-fé-a-j'), s. m. Droit qui était dû pour chaque feu d'un village.
— ÉTYM. Afféager.
AFFÉAGÉ, ÉE (a-fé-a-jé, jée), part, passé.
AFFÉAGEMENT ( a-fé-a-je-man ) . s. m. Action d'afféager.
AFFÉAGER (a-fé-a-jé), v. a. Terme d'anciennes coutumes. Aliéner une partie de son fief à tenir eu arrière-fief ou en roture.
— étym. À et fief.
f AFFECTANT, ANTE (a-fè-ktan, ktan-t'), adj. Qui affecte, qui touche, qui cause de la peine. Ce récit est très-affectant.
AFFECTATION ( a-fè-kta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Manière qui s'éloigne du naturel. Affectation dans la parure, dans le langage, dans le style. Sans affectation. Il avait de l'affectation dans le port et dans les manières, hamilt. Gramm. c. Ne montrez aucune affectation en quoi que ce soit, doss. Lett. Corn. 59. On remarqua que les hérétiques le faisaient par affectation, id. Comm. Que dirai-je de ces affectations de voir et d'être vues ? fléch. t. m, p. 59. L'affectation dans le geste, dans le parler et dans les manières est souvent une suite de l'oisiveté ou de l'indifférence ; et il semble qu'un grand attachement ou de sérieuses affaires jettentl'homme dans son naturel , la bruy. i i ,
AFF
La mignardise et l'affectation l'accompagnent [une femme coquette] dans la douleur et dans la lièvre, elle meurt parée et en rubans de couleur, m. 3. || 2° Imitation, faux-semblant. Affectation de douleur, de vertu. L'affectation de l'archaïsme est sensible chez cet écrivain:. Il n'y a dans ce discours qu'affectation et mensonge. La réflexion de saint Augustin est bien vraie, qu'il n'y a personne qui se paie avec plus d'affectation ni plus d'ostentation de l'apparence de la vérité et de son nom, que les docteurs du mensonge et les partisans de l'hérésie, bourd. Pensées, t. i, p. 276. Il a du bon et du louable, qu'il offusque par l'affectation du grand et du merveilleux, la bruy. i 4 . || 3° Attribution, imputation. L'affectation de cette somme aux dépenses courantes. || En droit canon , attribution exclusive d'une place, d'un bénéfice ou d'une prébende à certains sujets. || En jurisprudence, obligation dont un héritage est chargé par hypotbJ que. || Faculté que l'on accorde à un établissement d'industrie de prendre, à un prix modique et pendant un certain temps, les bois nécessaires à l'alimentation de cet établissement.
— SYN. AFFECTATION , AFFÉTERIE. Avoir de l'affeC-
tation ou de l'afféterie, c'est s'éloigner du naturel; mais ce qui les distingue, c'est que affectation est un terme général qui exprime toutes les manières par lesquelles on peut s'éloigner du naturel; tandis que l'afféterie est spécialement l'affectation des grâces. L'affectation est fausse; l'afféterie est mignarde.
— HIST. xvie s. Affectation [désir], rab. Nouv. prol. liv. iv. Toute affectation, nomméement en la gayetô, est mesadvenante au courtisan, mont, i, t 92. Le trop d'affectation servit aux François à faire voir le but du livret, d'aub. Hist. il , 64.
— È,TYH.Affectatio,àJe affectarc (voy. affecter). AFFECTÉ, ÉE (a-fè-kté, ktée), part, passé et adj.
|| 1° Qui a de l'affectation, où il y a de l'affectation. Ce qui est affecté déplaît ou ne plait pas longtemps. Geste affecté. Style affecté. On n'aime pas une prononciation affectée. Marchant d'un pas affecté, boss. Vall. 2. Vous dites que vous êtes incompatible avec cette personne, quetoutesses manières semblent affectées pour vous aigrir, mass. Car. Pardon des ojf. Sije n'avais à sa mine affectée Lu de sapassionles signes évidents, Régnier ,ÉU(j. il. Des termes qui, sans êtro étudiés ni affectés, me font concevoir les plus hautes idées de l'Être divin, bourd. Pensées, t. i, p. 421 . || 2" Simulé. Douleur affectée. Avec une déférence affectée. La fausse délicatesse de goût et de complexion n'est telle au contraire, que parce qu'elle est feinte et affectée; c'est Emilie qui crie de toute sa force sur un petit péril qui ne lui fait pas peur, la bruy. 44. || 3° Attribué, assigné, imputé. Les fonds affectés à cette dépense. Les eaux étaient affectées à Farrosement. Suivant l'intention de ce système, les fonds [du roi] doivent être affectés sur tous les revenus du royaume, de quelque nature qu'ils puissent Être , vacb. Dime, p. 132. On ne s'avisa de bâtir cette ville que pour assurer la mémoire de Bucéphale , et, par conséquent, elle est affectée à l'honneur dos chevaux, fonten. Démélrius, Érostrate. || 4° En tenues de spiritualité, tombant sous le coup de. Jemi déclare prévaricateur, c'est-à-dire transgresser affecté de la loi.... Vousêtes des blasphémateurs affectés du Dieu véritable, mass. Car. llechuie. || 5° Ému, touché. Plus affecté qu'il n'était convenable. Affecté par ce récit jusqu'aux larmes. || 6" En termes de médecine, affligé. Affecté d'un catarrhe. Notre malade est attaqué, affecté, possédé de cette sorte de folie, mol. Pourc: i, H.
— SYN. affecté, apprêté, composé. Ces trois termesquine sont que peu synonymes, ne se touchent que parce qu'ils désignent un changement que l'on fait à dessein dans sa propre manière d'être. Affecté est des trois le plus général; on est affecté de toutes les façons , tandis que l'on n'est composé ou apprêté que d'une seule. Celui qui est composé a l'apparence de la gravité; celui qui est apprêté a de la raideur, comme la toile gommée ou la dentelle empesée, et est dépourvu d'aisance.
AFFECTER (a-fè-kté), v. a. || 1° Rechercher avec ambition, rechercher avec soin, rechercher avec trop de soin, avoir une sorte de prédilection pour. L'Angleterre affectait la souveraineté des mers. Cet auteur affecte l'archaïsme. La place que cette dame affecte dans l'église. Il aimait à emprunter et à faire valoir les idées des autres, et il aurait plutôt affecté que manqué l'occasion de leur en rendre une espèce d'hommage, fonten. Dodart. L'empire de la mer que leur république affectait, boss. Hist.
1, 8. Il fut soupçonné d'affecter la tyrannie, in. UisL m, 7. il avait affecté la divinité, id. Démons,