XXVII
— étym. Agnatus, de ad (voy. À) et nalus, né (voy. né).
AGNATION (ag-na-sion) , s. f. Qualité des agnats; lien de consanguinité entre eux.
— ÉTYM. Agnatio, de agnatus (voy. agnat). AGNATIQUE (ag-na-ti-k'), adj. Qui appartient aux
agnats.
— ÉTYM. Agnat.
AGNEAU (a-gnô), s. m. AGNELLE (a-gnè-1'), s. f. \\ 1° Petit d'une brebis. L'agneau et l'agnelle. |] 2° Viande de boucherie, chair d'un agneau. Cet agneau est fort tendre. Côteletted'agneau. || 3° Agneau pascal, l'agneau que les Juifs mangeaient à la fête de Pâques. 1| 4° Fig. Le lion rugissant est un agneau paisible. RAC. Esth. ii, 9. Faibles agneaux livrés à des loups furieux, id. ib. i, 5. Et lions au combat , ils meurent en agneaux, corn. Poly.w. fi. || Proverbe. Étredoux comme un agneau, être d'une humeur, d'une nature fort douce. Il est doux comme un agneau en particulier, MONTESQ.LeM. pers. 4 8. Avec Destin seul, il était doux comme un agneau, scarr. Rom. com. ch. v. || 5° En langage mystique, l'agneau sans tache, l'agneau qui efface les péchés du monde, Jésus- Christ. || 6" En termes de blason, symbole de la douceur et de la franchise. Agneau pascal , celui qui est peint tenant une banderole.
— HIST. xne s. [Ils sont] Et simple comme aignel, et fier comme liepart , Sax. xxix. || xnie s. Dehors semblans aigniaus pitables , Dedens sommes leus ravissables, la Hase, 1 1 92. Ou [au] manliau n'ot pas penne vaire, Mes moult vies et de poure afaire, D'agniaus noirs, velus et pesans , id. 2(5. Sept signaulx y a en ung livre Que Dieu qui siet ou trosne livre  l'aignel qui sept cornes a Et sept yeulx.... j. demeuno, ï'r. 123. || xvi" s. L'aigneau qui plus en son parc lui plaisoit, marot, h, 218. Un aigneau ayant trois testes en une, paré, xix, 20. L'agneau qui aura teté une chèvre sera plus farouche que ne porte son naturel, paré, xvm, 24.
— étym. Bourguig. ainille; picard, aignieu; Berry, aigneau, igneau; wallon, ognai; Nainur, agnia; provenç. agnel, arihel; ital. agnello ; d'agnellus, diminutif d'agnus, agneau; dans l'anc. lat. arnus. L'ancien françaisdéclinait ce mot: nominatif li agna us, régime le agnel; pluriel^' agnel, régime les agna us. Ménage dit: «Tous les Parisiensgénéralement prononcent anneau, au lieu d'agneau : un quartier d anmau , qui est une prononciation très-vicieuse à cause de l'équivoque; et cependant, ces messieurs étant les maîtres du langage, il faut parler comme eux. » La prononciation véritable a repris le dessus sur celle que Paris avait au xvne siècle; il est possible que cette prononciation qui supprime le g ait d'anciennes racines ; car il y avait dans la haute antiquité française, en certains lieux du moins, tendance à atténuer les consonnes ; et dans le bour guignon, comme on a vu, le g est supprimé aussi.
AGNEL (a-gnel) . s. m. Ancienne monnaie d'or française dont le type était un agneau pascal,
AGN
— HIST. xive s. Celle monnoie à l'aignel.... li denier d'or à l'aignel , Ordonn. des R. de Fr. <3o4,
t. I,p. 536 et 537.
— ÉTYM. Voy. AGNEAU.
f AGNELAGE (a-gne-la-j'), s. m. Mise bas de la brebis.
— ÉTYM. Agneler
AGNELER (a-gne-lé),i\ n. Mettre bas, en parlant de la brebis. || Se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. L'Académie ne dit pas s'il faut écrire : elle agnèle ou agnelle, agnèlera ou agnellera. Comme elle n'a rien décidé, on fera bien d'adopter agnèle, agnèlera, etc.
— HIST. xme s. Une brebix ot aingnelé , marie, / aile, 44. || xive s. Pierre dist à son berger ces paroles : Tu ne fais pas bien de inoy laisser en ceste saison, qui est la plus nécessaire de l'an pour les bestes qui aignelent, du cange, aignelines. || xvie s. Une brebis conceut et aignela d'un lyon , chose monstrueuse en nature, paré, xix, 20. Ainsi les brebis de la métairie empreignées les premières, les premières aussi aignelent elles, o. de serres,
— ÉTYM. Agneau; wallon, ogneler ;Namur, cgnièler; Berry, igneler.
AGNELET (a-gne-lè), s. m. Petit agneau. À poursuivre lesloups les agnelets s'ébattent, mol. Le Dép. n, 8. Et moi loup j'en ferai scrupule.... Thibaut l'agnelet passera Sans qu'à la broche je le mette, la font. Fàb. x, c.
— HIST. xiii0 s. Et li bergiers li a osté Son aingnelet, si l'emporte, marie, Fable, 44. Cist r'ont en lor rais atachïes, Dont jamès n'ierent relachies, Les noires brebis dolereuses, Lasses, chetives, morineuses, Qui ne voldrent aler la sente Qua li biaus
aignelés présente, la Rose, 20414. || xvi" s
Voulut gaiger à Jecquet son compère , Contre un veau gras, deux aignelets bessons, marot, i, 218. Les petits aignelets qu'allaictera une chèvre, auront leur laine plus dure, paré, xvm, 24.
— ÉTYM. Agnel. Dans l'ancien français, le nominatif était li agnelès, le régime le agnelet.
| AGNELIN (a-gne-lin), s. m. Peau d'agneau mégissée à laquelle on a laissé la laine.
AGNELINE (a-gne-li-n'), adj. f. Terme de commerce. Laine agneline, laine des agneaux tondus pour la première fois.
— HIST. xme s. Nus ne puet mètre aignelins avec laine pour draper, et se il le fet, il est de chascune drapée en dix sous d'amende, Liv. des Met. )2i. Nus chapeliers de feutre ne doit faire chapiaus de feutre fors que d'aignelins purs sanz bourre, id. 248.
— étym. Agnel.
f AGNELLE, s. f. Voy. agneau.
fAGNELLEMENT ou AGNÈLEMENT (a-gnè-leman), s. m. Action d'agneler. L'agnellement a lieu vers le cent-cinquantième jour après la conception.
— HIST. xvie s. Et encores que les mères aiment leurs petits , sera bon qu'ils demeurent ensemble les deux premiers jours del'aignellement, o. de serres, 318.
— étym. Agneler.
AGNÈS (a-gnès'), s. f. Jeune fille très-innocente et très-timide. Cette fille est une Agnès. La fausse Agnès, comédie de Destouches.
— ÉTYM. Nom propre pris ici pour un nom commun, 'AyvYiç , de âyvoç , pur, chaste, du sanscrit yaj, vénérer.
AGNUS (a-gnus'), s. m. Cire bénite parle pape, sur laquelle est imprimée la figure d'un agneau. On donnait cesagnus aux petits écoliers qui disaient bien leur leçon. Il est mort [Satan]! disent tous les moines ; On n'achètera plusd'agnus, bérang. Mort du Diable. Chercher à la fois Et les agnus de Rome et les faveurs des rois, volt. Lett. vers. 76. Jusqu'au lever de l'astre de Vénus, Il reposait sur la boîte aux agnus, gresset, Ververt, ch. i.
— étym. Agnus, agneau.
AGNUS-CASTUS (ag-nus' ka-stus'), s. m. Arbrisseau, dit aussi vitex, gattilier commun (vitex agnus castus, L.) et dont les branches sont pliantes. Ses fleurs en longs épis d'un blanc violet, étaient l'emblème de la chasteté chez les anciens.
— HIST. xvie s. Prenez une dragme de semence d'agnus castus, paré, xxiii, 20.
— ÉTYM. Mot hybride formé de âyvoç, nom grec de l'agnus castus , dit ainsi de àyvô;, pur, à cause que les femmes couchaient dessus lors de la célébration de certaines fêtes à Athènes , et du mot latin castus (voy. chaste), qui n'est que la rédupli cation de la même idée.
f AGNUS DEI (ag-nu-sdé-i) , s. m. Terme de li-
AGR
turgie. L'endroit de la messe où le prêtre, se frappant la portrine, répète trois fois à haute voix une prière qui commence par les mots Agnus Dei. La messe en était à l'agnus Dei.
— ÉTYM. Agnus, agneau (voy agneau), et Dei, de Dieu (voy dieu).
t AGONALES (a-go-na-1') , s. f. plur. Terme d'antiquité romaine. Fêtes en l'honneur de Janus.
— ÉTYM. Agnnalia, de agonalis, de àyûv, combat (voy. agonie).
AGONIE (a-go-nie) ,s. f.\\l° Etat dans lequel le malade lutte contre la mort. L'agonie n'a lieu que dans les maladies où la vie s'éteint par degrés. L'agonie des adultes est ordinairement pénible et douloureuse. L'agonie est caractérisée par une altération profonde de la physionomie, l'aphonie, la sécheresse ou la lividité de la langue, des lèvres, le râle, la petitesse et l'intermittence du pouls, le froid des extrémités qui s'étend graduellement au tronc. Il faut suer, veiller, fléchir, dépendre, pour avoir un peu de fortune, ou la devoir à l'agonie de nos proches, la bruy. 6. Les tourments mérités d'une lente agonie, delav. Vêpres sicil. iv, 4. || Il a été à l'agonie, ila été dans un extrême danger de mort. Le pauvre Léon a été à l'agonie, sév. 86. La cloche funèbre sonne ses dernières agonies [du trappiste] .chateaubr. Génie, iv, in,6. |] 2" Fig. L'empire romain étant à l'agonie. Il 3" Extrême angoisse, grande peine d'esprit. Il est dans de continuelles agonies. Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde, pasc. Myst. t.
— HIST. xvie s. Ceulx qu'on veoid défaillants de foiblesse en l'agonie de la mort, mont, ii, 51. Il passa lanuict en grande agonie, et puis mourut, amyot, Sylla, <75. Il y demoura toute la nuict en grande détresse et grande agonie de divers pensemens [perplexité], id. Cicéron, 59.
— ÉTYM. Ital. agonia ; de àyamot, combat, angoisse, de àyûv, lieu d'assemblée, combat, de otyciv, conduire, mener (voy. agir). On trouve agonie dans Oresme, xive s. mais avec le sens grec d'exercice.
\ AGONIR (a-go-nir), v. a. Accabler d'injures. || Mot populaire et du plus mauvais langage.
— ÉTYM. Norm. Agonir. On a demandé s'il ne serait pas pour uhonir, verbe ancien, encore usité en Normandie, pour faire honte.
AGONISANT, ANTE (a-go-ni-zan,zau-t'). || i°Adj. Qui est à l'agonie. Un malade peut être agonisant, et cependant revenir à la vie. Quand elle vit que les forces du roi étaient épuisées et qu'il était comme agonisant.... fénel. Tél. vin. || 2" S. m. La prière des agonisants. Le ministre saint s'entretient avec l'agonisant de l'immortalité de son àme, chateaibr. Génie, i,i, H. || Il ne se place qu'après le substantif: Un homme agonisant, une femme agonisante.
AGONISER (a-go-ni-zé) .v. n. || i" Être àl'agonie. L'abbé se meurt: il agonise, sév. 54. || 2° Fig. La nuit quand la veilleuse agonise dans l"urne, v. hugo,F. d'aut. 23.
— ÉTYM. Ital. agonizzare ; de agonizare, de àytovi'Çeiv, combattre (voy. agonie).
AGONISTIQUE (a-go-ni-sti-k') . i'. f. Partie de la gymnastique chez les anciens, qui avait rapport aux combats des athlètes.
— ÉTYM. 'AYtovidT'.xri , de àywviÇetv , combattre (voy. agoniser).
AGONOTHÈTE (a-go-no-tè-f) , s. m. Président des jeux sacrés chez les Grecs.
— ÉTYM. 'AywvoBéTri;, de àyûv, combat (voy. agonie), et xiOsvat, poser (voy. thèse).
f AGORA (a-go-ra), s. f. Le marché, la place publique dans les villes grecques.
— ÉTYM. 'Ayopà, de àyeipîiv, rassembler.
| AGORANOME ( a-go-ra-no-m') , s. m. Sorte d'édile à Athènes.
— ÉTYM. 'Ayofiav6[J.o;, de àyopà, marché, et vsjuiv, diriger, gouverner.
AGOUTI (a-gou-ti), s. m. Terme d'histoire naturelle. Quadrupède de l'ordre des rongeurs, qui a l'apparence du lapin.
AGRAFE (a-gra-f) , s. f. \\ 1° Sorte de crochet qui s'attache à un anneau. Porte de l'agrafe, petit anneau auquel on attache le crochet. Agrafe de diamants, agrafe montée en diamants. || 2° En termes d'architecture, crampon de fer qui sert à empêcher que les pierres ne se désunissent. || Ornement sculpté placé en tête des arcs. || Espèce de boucle en fer qui sert à fermer en même temps la croisée et les volets.
— HIST. xvie s. Ils vindrent jusques au pied de la muraille, et avecques une longue pique, et une chorde, ayant une agraffe de fer, ils y montèrent, lanoue, 064. Pièges, agrafies, fosses, trapes, rets,